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Politique (3932)

Des députés de l’opposition comme Madické Niang, président du groupe parlementaire «Liberté et Démocratie », a dénoncé le manque de sincérité et de transparence du budget. Alors que d’autres, dont Mamadou Lamine Diallo et Ousmane Sonko, se sont émus du niveau d’endettement du Sénégal. Mais, pour le ministre Amadou Bâ, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Il a assuré que cette dette est suivie et maîtrisée et que le Sénégal fait partie des quatre pays de l’Afrique de l’Ouest à faible risque de surendettement. « Notre budget est en perpétuel mouvement. Si on devait le résumer, on dirait "audace et prudence". Tous les pays du monde s’endette, c’est normal et naturel. Nous sommes dans une logique de transparence absolue. Si les institutions bancaires acceptent de prêter au Sénégal, c’est parce que nous avons une situation macroéconomique équilibrée et une gestion budgétaire rigoureuse », a-t-il argué. Néanmoins, le ministre a déclaré qu’il faut faire attention et se prémunir contre les risques de change, en particulier contre les fluctuations du dollar, car, selon lui, « personne n’est à l’abri d’un choc ».

Preuve que les partenaires font confiance au Sénégal, Amadou Bâ a déclaré avoir reçu, en cours de séance, un Sms de la Bid informant qu’elle approuvait un financement de 60 millions de dollars, soit 40 milliards de FCfa, en faveur du Pudc. Une convention qui sera signée le 23 décembre prochain. Par ailleurs, il a souligné, avec force, que le Sénégal, au regard de sa situation macroéconomique, est capable d’assurer des taux de croissance de 7 % sur le long terme, sans même l’apport des ressources pétrolières et gazières.

Elh. I. THIAM

Le débat sur le coût du Train express régional s’est invité dans les échanges. Cependant, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a appelé les uns et les autres à ne pas faire dans l’extrapolation en ajoutant dans le financement de ce projet le coût de la fiscalité.

Il a rappelé que beaucoup de projets au Sénégal ont été financés de la même façon, donnant ainsi l’exemple du stade Léopold Sédar Senghor et l’hôpital Dalal Jamm. « Il ne faut pas singulariser le Ter ; il a été financé de la même manière que ces deux projets. Le Ter, ce sont deux tranches. Une tranche ferme entre Dakar et Diamniadio et une tranche conditionnelle qui n’est pas encore financée et devant aller de Diamniadio à l’Aibd. Les engagements que nous avons, aujourd’hui, concernent Dakar-Diamniadio. Une fois arrivé à Diamniadio, il va falloir trouver les financements pour que le Ter arrive à l’Aibd en 2021. Nous y travaillons », a expliqué Amadou Bâ. Pointant du doigt le manque d’ambition des responsables de l’opposition, le ministre a martelé que le Sénégal doit pouvoir avoir un train électrique. Selon lui, le projet du Ter doit être fait. Et ce, aux meilleurs standards comme l’autoroute à péage dont la réalisation, qui a soulevé beaucoup de salives à l’époque, s’est révélée, avec le temps, être une nécessité. « Les Sénégalais aspirent à l’émergence. La facilité avec laquelle le financement a été mobilisée montre que le Sénégal est crédible et que ce projet est rentable. La Bid, la Bad, l’Afd, le Trésor français ne jettent pas leur argent ; c’est les insulter que de le penser. Le Sénégal est crédible et prions qu’il continue de l’être », a-t-il conclu.

Elh. I. THIAM

Dans l’élaboration du Ptip 2018-2020, la dimension régionale a été prise en compte. Certainement, une manière pour le gouvernement de poursuivre la mise en œuvre des recommandations issues des Conseils des ministres décentralisés dans les différentes régions. Sur le plan budgétaire, il s’agit de mettre l’accent sur d’importants projets et programmes localisés dans ces zones.

Parmi les investissements, il y a ceux prévus dans le Programme de désenclavement Phase 1 (aménagement et bitumage de la route Salémata-Kédougou) et Phase 2 (aménagement et bitumage des routes de la Boucle du Boudié sur 135 km, y compris 8 km de voies urbaines à Sédhiou). Il y a aussi le projet de construction du pont de Foundiougne, la réalisation de l’Université du Sine-Saloum, le projet de construction des hôpitaux de Touba, Sédhiou, Kédougou et Kaffrine, le développement agricole en tiers sud dans la région de Kolda, le projet de construction d’une troisième usine de traitement d’eau à Keur Momar Sarr (Kms 3) et ses renforcements en aval dans la région Louga. Son également prévus le projet de protection de la langue de Barbarie, à Saint-Louis et le projet de développement du port de Ziguinchor. Au total donc, dans le Ptip 2018-2020, le montant réservé aux programmes et projets dans les régions s’élève à 6.257 milliards de FCfa.

Elh. I. THIAM

Les crédits des charges communes sont arrêtés à 227,8 milliards de FCfa en 2018 contre 209,7 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de plus de 18 milliards de FCfa. Comme les autres textes, il a été adopté par les députés à la majorité des voix.

Comme les trois autres textes, celui portant sur les dépenses communes est passé comme lettre à la poste puisque la majorité des députés l’a adopté. Ces crédits sont arrêtés à 227,8 milliards de FCfa en 2018 contre 209,7 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de plus de 18 milliards de FCfa.

Administrés par le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, ces crédits budgétaires sont destinés à la prise en charge des dépenses de personnel non réparties entre les autres institutions et ministères, au remboursement des droits indûment perçus, aux dépenses permanentes (eau, électricité et téléphone), aux dépenses relatives à l’équipement des services administratifs en mobilier et matériels roulants, aux frais d’actes et de contentieux gérés par l’Agence judiciaire de l’Etat. Ils servent aussi aux dépenses liées au programme de vérification des importations de la douane, aux provisions pour imprévus et crédits globaux, aux indemnités d’expropriation et de préemption, au Fonds national d’entreprenariat rapide, au programme de suivi des opérations financières de l’Etat et au programme d’intelligence économique.

Elh. I. THIAM

Dernier des quatre textes sur lesquels les députés devaient se pencher, hier, le projet de Loi n°27/2017 portant Loi de Finances pour l’année 2018 a été adopté sans débats. Cela, après le rejet d’une motion préjudicielle déposée par le président du Groupe parlementaire Liberté et Démocratie dont les membres ont préféré quitter l’Hémicycle.

Le projet de Loi de Finances pour l’année 2018 a été adopté par la majorité des députés. Mais cette adoption s’est faite dans la cacophonie puisque une partie de l’opposition du groupe parlement «Liberté et Démocratie» a préféré bouder les travaux. Cela, après qu’une motion préjudicielle déposée par leur président, Madické Niang, a été rejetée. En effet, ce dernier a dit avoir constaté beaucoup de manquements et de confusions dans les chiffres contenus dans le texte qui leur a été soumis et voulait donc que son examen soit renvoyé. « Les chiffres qui figurent dans ce projet de Loi ne sont ni sincères, ni équilibrés encore moins transparents. Par exemple, on continue d’affecter des fonds aux secrétaires d’Etat alors qu’ils n’existent plus dans la structure gouvernementale.

C’est la même chose avec le Ministre porte-parole du gouvernement qui n’existe plus et qui est remplacé par un Secrétaire général du gouvernement Porte-parole du gouvernement. C’est une mascarade», a martelé l’ancien ministre de la Justice sous Abdoulaye Wade sur le préau de l’Hémicycle. Mais, auparavant, le ministre Amadou Bâ avait pris son contrepied en lui rétorquant ceci : « Honorable, vous faites une confusion entre la Loi de Finances et le Budget-programmes, cela n’a rien à voir ». C’est après coup que la motion a été rejetée et que proposition a été faite par le président du Groupe parlementaire « Benno Bokk Yaakaar », Aymérou Gningue, d’adopter ce texte sans débats dès lors qu’il résume l’ensemble des travaux qui ont été faits jusqu’ici. Ainsi donc, comme cela avait été annoncé depuis longtemps, le projet de Loi de Finances initiale, pour 2018, est arrêtée en équilibre à 3.709,1 milliards de FCfa contre 3.360 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de 349,1 milliards de FCfa en valeur absolue et 10,4 % en valeur relative.

Elh. I. THIAM

Le choix de l’ancien ambassadeur Seydou Nourou Bâ par le président de la République, Macky Sall, pour présider aux destinées du Comité de suivi du processus électoral, qui sera installé aujourd’hui à 10 heures, à la Direction générale des élections, est diversement apprécié par la classe politique.

C’est pour épargner le pays de contentieux pré et/ou post-électoraux inutiles que le chef de l’Etat a décidé de mettre sur pied ce comité confié à l’ancien diplomate. Avec des avis partagés, le Pds continue de poser des préalables pendant que l’Apr rétorque qu’il n’est pas du ressort de l’opposition de poser des conditionnalités.

ABDOU MBOW, PORTE-PAROLE ADJOINT DE L’APR : « LE CHEF DE L’ETAT A LES PRÉROGATIVES DE NOMMER AUX POSTES »
Tout en reconnaissant à l’opposition le droit d’exprimer son choix et/ou sa préférence pour un tel ou un autre pour diriger le ministère de l’Intérieur, M. Mbow précise que « il revient toutefois au président de la République, seul détenteur du pouvoir constitutionnel, de nommer à tous les emplois civils et militaires, de choisir librement ses collaborateurs ». Aussi, à l’endroit des opposants qui revendiquent une personnalité neutre pour organiser des élections, le porte-parole adjoint de l’Apr reconnaît que même si « l’opposition a le droit de dire sa préférence pour un tel ou un autre pour diriger le ministère de l’Intérieur, c’est le président de la République qui a les prérogatives constitutionnelles de nommer qui il veut, et personne ne peut le guider dans ses choix », déclare-t-il sur la Rfm. Non sans rappeler que l’organisation des élections au Sénégal n’est pas le fait d’un homme, mais bien de toute une administration rompue à la tâche. La vieille tradition électorale et la maturité démocratique du Sénégal nous ont valu deux alternances avec des élections organisées par le pouvoir en place. Pour en déduire que « personne ne peut truquer des élections dans ce pays ».

Pour M. Mbow, il faut surtout essayer de comprendre le sens de cet appel au dialogue, car « il y a un temps pour la surenchère et la politique politicienne et un temps pour les élections. Mais, il y a surtout un temps où tout le monde doit se donner la main pour des concertations sérieuses sur des questions d’intérêt national ». Aussi, « c’est un débat erroné de parler d’opposition significative, parce qu’il y a des indépendants et des partis à l’image du Pur qui sont partis seuls sous leur propre bannière aux dernières législatives et qui ont glané des sièges de députés ».

MAGUETTE SY, PDS : « NOUS ATTENDONS LA FEUILLE DE ROUTE »
Selon Maguette Sy du Pds, « la nomination de l’ancien ambassadeur Seydou Nourou Bâ représente un coup d’éclair dans le ciel sombre du processus électoral sénégalais ». Considérant que celui qui est nommé attend la feuille de route de celui qui le nomme, « nous allons attendre la feuille de route de l’ambassadeur pour savoir ce que Macky Sall veut », dit-il sur la Rfm. Pour être plus précis, « nous attendons de savoir ce qu’il veut, et nous allons décliner nos attentes », ajoute le responsable politique. Séparant l’homme de la mission et se refusant tout jugement à priori, il déclare : « Nous nous attendons à ce qu’il soit une personnalité neutre ». Pour M. Sy, si le dialogue est une bonne initiative et une nécessité, l’opposition ne veut nullement subir une bis repetita du « coup fourré de la Cena » qui a servi de faire valoir pour le régime de Macky Sall « pour organiser la dernière mascarade électorale ». A son avis, « on ne peut pas, avec plus de deux millions de Sénégalais écartés du fichier électoral et qui n’ont pas pu voter, l’exil et l’emprisonnement des adversaires politiques, tous potentiels candidats à la présidentielle de 2019, appeler à un dialogue sincère ».

Sur ce, il réitère leur exigence d’un audit complet du fichier électoral et le départ du ministre de l’Intérieur. « Nous ne pouvons pas faire un dialogue avec un ministre de l’Intérieur partisan pour l’organisation des élections », fait savoir Maguette Sy. Mieux, soutient-il, « il faut que les travaux, si travaux il y a, soient conduits par une personnalité neutre ». M. Sy rappelle qu’au sortir des législatives l’opposition a décliné « ses attentes et positions claires dans un livre blanc publié ».

M. L. DIEYE (Correspondance particulière)

Le président Macky Sall est arrivé, hier, à Tokyo à 16 heures locales (7 heures Gmt) pour une visite de travail de quatre jours (11 au 14 décembre). Le chef de l’Etat est l’invité spécial du Premier ministre japonais Shinzo Abe dont le pays organise un Forum de haut niveau sur la Couverture maladie universelle (Cmu), le 14 décembre, en partenariat avec la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

Accompagné d’une délégation dont des ministres et hauts fonctionnaires, le président Macky Sall a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport Haneda par des officiels japonais et Cheikh Niang, ambassadeur du Sénégal au Japon. Dans la délégation qui accompagne le président Sall, on peut compter Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l’Action sociale, et Mme Marième Badiane, ministre d’Etat à la présidence de la République et présidente des femmes de l’Alliance pour la République (Apr). Rappelons qu’en août 2016, à Nairobi, au Sommet Afrique-Japon, Tokyo s’était engagé à assister le Sénégal à hauteur de 41 milliards de FCfa dans son programme de Couverture maladie universelle (Cmu).
Durant son séjour, le président de la République aura des entretiens avec le Premier ministre japonais sur la coopération entre nos deux pays. Il est également prévu des rencontres avec le secteur privé japonais et la communauté sénégalaise.

Sur la route de Tokyo, le président Macky Sall a effectué, lundi, une escale d’une heure trente minutes à Atkan, au Kazakhstan. Sous un froid très vif, il a été accueilli par le maire de la ville, Tokjanov Erali, qui lui a offert un dîner a son honneur. C’était l’anniversaire du président sénégalais. Aussi, a-t-il eu droit, de la part de ses hôtes Kazakhs, à une belle prestation d’une troupe folklorique avec des chansons aux airs bucoliques rappelant les vastes steppes kazakhes. En guise de cadeau, le maire lui a offert une chaude tenue traditionnelle du pays, ce que le président Sall a vivement apprécié tout en remerciant M. Erali des marques d’estime à son égard et à sa délégation. Il a aussi félicité les artistes kazakhs et les a même filmés avec son téléphone portable.

Après Tokyo, le chef de l’Etat prendra part au Sommet de la Cedeao, samedi prochain, à Abuja, au Nigeria, avant de rejoindre Dakar le même jour. C’est au cours de ce sommet que l’organisation régionale va statuer sur la demande d’adhésion du Maroc.

De notre envoyé spécial, Ibrahima MBODJ

L’Assemblée nationale a approuvé, hier, le projet de Loi n°28/2017 portant sur le Programme triennal d’investissements publics 2018-2020. Il porte sur un montant de 6.257,843 milliards de FCfa, soit une augmentation de 1.466,056 milliards de FCfa par rapport au précédent Ptip.

Pour les trois prochaines années (2018-2020), l’Etat compte investir plus de 6.257 milliards de FCfa dans l’ensemble de ses projets et programmes au nombre de 715 dont 90 % déjà en cours d’exécution. C’est ce que révèle le texte du projet de Loi n°28/2017 relatif au Programme triennal d’investissements publics (Ptip) soumis, hier, à l’approbation de l’Assemblée nationale qui l’a finalement adopté après un vif débat.

Comparé au Ptip 2017-2019, on note une hausse de 1.466,057 milliards de FCfa soit une hausse de 30,6 % en valeur relative. Le financement de ce Ptip provient des ressources internes pour 3.248,392 milliards de FCfa et des ressources externes pour 3.009,451 milliards de FCfa. Ce financement extérieur est alimenté par des subventions à hauteur de 700,241 milliards de FCfa et par des prêts à des conditions concessionnelles estimés à 2.309,210 milliards de FCfa. Les ressources nécessaires à la mise en œuvre du Ptip sont déjà acquises à 96 %, soit un volume de 6.064 milliards de FCfa, d’après le document de la Commission de l’Economie générale, des Finances, du Plan et de la coopération économique.

Défendant ce texte, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, explique cette augmentation significative, d’une part, à l’accroissement des ressources propres de l’Etat affectées à l’investissement et, d’autre part, par l’envergure des projets et programmes que l’Etat a mis en œuvre avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers dans le cadre du Pse comme le Train express régional (Ter). Selon le ministre, « l’augmentation substantielle et régulière, notamment depuis 2014, du Ptip peut être imputée au Pse dont les résultats, jugés remarquables et en adéquation avec les ambitions portées, sont tributaires d’une importante mobilisation de ressources financières ».

Sur le financement du Ptip, Amadou Bâ a expliqué que la prédominance des ressources internes s’inscrit « dans cette vision qui devrait permettre d’éviter un niveau de dépendance pouvant être source de fragilité dans le choix d’investissement et la prise en charge des priorités nationales » alors que les besoins élevés de financement du Pse sont à la base de l’augmentation des financements extérieurs prévus sur la période triennale.

A l’en croire, la programmation des investissements publics a été mise en cohérence avec les Objectifs de développement durable (Odd). Aussi, a-t-il précisé, la recherche de cohérence entre les Odd et les orientations stratégiques du Pse a abouti à l’alignement des 17 Odd aux trois axes stratégiques du Pse.

Si on analyse la répartition des prévisions d’investissements par axe stratégique du Pse, on remarque que la « Transformation structurelle de l’économie et croissance » se retrouve avec la part belle avec 62% du Ptip (3.789,863 milliards de FCfa), « Capital humain, Protection social et Développement durable » mobilise 25% du Ptip (1.564,461 milliards de FCfa) et les 13% restants (813,519 milliards de FCfa) sont allés à l’axe « Gouvernance, Institution, Paix et Sécurité ».

L’année 2018 étant déclarée « année sociale », le Ptip accorde une place de choix à l’intensification des dépenses à fort impact social. Cette option va se matérialiser par l’introduction de nouveaux projets d’envergure nationale comme le Fonds pour l’entreprenariat rapide (Fer), le renforcement des ressources destinées aux bourses de sécurité familiale et l’augmentation des ressources dédiées à l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes.

Elhadj Ibrahima THIAM


« LA SEULE VOCATION DE CE BUDGET EST DE RÉGLER LES PRÉOCCUPATIONS DES SÉNÉGALAIS »
Des députés de l’opposition comme Madické Niang, président du groupe parlementaire «Liberté et Démocratie », a dénoncé le manque de sincérité et de transparence du budget. Alors que d’autres, dont Mamadou Lamine Diallo et Ousmane Sonko, se sont émus du niveau d’endettement du Sénégal. Mais, pour le ministre Amadou Bâ, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Il a assuré que cette dette est suivie et maîtrisée et que le Sénégal fait partie des quatre pays de l’Afrique de l’Ouest à faible risque de surendettement. « Notre budget est en perpétuel mouvement. Si on devait le résumer, on dirait "audace et prudence". Tous les pays du monde s’endette, c’est normal et naturel. Nous sommes dans une logique de transparence absolue. Si les institutions bancaires acceptent de prêter au Sénégal, c’est parce que nous avons une situation macroéconomique équilibrée et une gestion budgétaire rigoureuse », a-t-il argué. Néanmoins, le ministre a déclaré qu’il faut faire attention et se prémunir contre les risques de change, en particulier contre les fluctuations du dollar, car, selon lui, « personne n’est à l’abri d’un choc ».

Preuve que les partenaires font confiance au Sénégal, Amadou Bâ a déclaré avoir reçu, en cours de séance, un Sms de la Bid informant qu’elle approuvait un financement de 60 millions de dollars, soit 40 milliards de FCfa, en faveur du Pudc. Une convention qui sera signée le 23 décembre prochain. Par ailleurs, il a souligné, avec force, que le Sénégal, au regard de sa situation macroéconomique, est capable d’assurer des taux de croissance de 7 % sur le long terme, sans même l’apport des ressources pétrolières et gazières.

Elh. I. THIAM

« LE TER A ÉTÉ FINANCÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE L’HÔPITAL DALAL JAMM »
Amadou Ba Ass NatLe débat sur le coût du Train express régional s’est invité dans les échanges. Cependant, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a appelé les uns et les autres à ne pas faire dans l’extrapolation en ajoutant dans le financement de ce projet le coût de la fiscalité.

Il a rappelé que beaucoup de projets au Sénégal ont été financés de la même façon, donnant ainsi l’exemple du stade Léopold Sédar Senghor et l’hôpital Dalal Jamm. « Il ne faut pas singulariser le Ter ; il a été financé de la même manière que ces deux projets. Le Ter, ce sont deux tranches. Une tranche ferme entre Dakar et Diamniadio et une tranche conditionnelle qui n’est pas encore financée et devant aller de Diamniadio à l’Aibd. Les engagements que nous avons, aujourd’hui, concernent Dakar-Diamniadio. Une fois arrivé à Diamniadio, il va falloir trouver les financements pour que le Ter arrive à l’Aibd en 2021. Nous y travaillons », a expliqué Amadou Bâ. Pointant du doigt le manque d’ambition des responsables de l’opposition, le ministre a martelé que le Sénégal doit pouvoir avoir un train électrique. Selon lui, le projet du Ter doit être fait. Et ce, aux meilleurs standards comme l’autoroute à péage dont la réalisation, qui a soulevé beaucoup de salives à l’époque, s’est révélée, avec le temps, être une nécessité. « Les Sénégalais aspirent à l’émergence. La facilité avec laquelle le financement a été mobilisée montre que le Sénégal est crédible et que ce projet est rentable. La Bid, la Bad, l’Afd, le Trésor français ne jettent pas leur argent ; c’est les insulter que de le penser. Le Sénégal est crédible et prions qu’il continue de l’être », a-t-il conclu.

Elh. I. THIAM

LA MAJORITÉ ADOPTE LE TEXTE SANS DÉBAT, UNE PARTIE DE L’OPPOSITION BOUDE
Dernier des quatre textes sur lesquels les députés devaient se pencher, hier, le projet de Loi n°27/2017 portant Loi de Finances pour l’année 2018 a été adopté sans débats. Cela, après le rejet d’une motion préjudicielle déposée par le président du Groupe parlementaire Liberté et Démocratie dont les membres ont préféré quitter l’Hémicycle.

Le projet de Loi de Finances pour l’année 2018 a été adopté par la majorité des députés. Mais cette adoption s’est faite dans la cacophonie puisque une partie de l’opposition du groupe parlement «Liberté et Démocratie» a préféré bouder les travaux. Cela, après qu’une motion préjudicielle déposée par leur président, Madické Niang, a été rejetée. En effet, ce dernier a dit avoir constaté beaucoup de manquements et de confusions dans les chiffres contenus dans le texte qui leur a été soumis et voulait donc que son examen soit renvoyé. « Les chiffres qui figurent dans ce projet de Loi ne sont ni sincères, ni équilibrés encore moins transparents. Par exemple, on continue d’affecter des fonds aux secrétaires d’Etat alors qu’ils n’existent plus dans la structure gouvernementale. C’est la même chose avec le Ministre porte-parole du gouvernement qui n’existe plus et qui est remplacé par un Secrétaire général du gouvernement Porte-parole du gouvernement. C’est une mascarade», a martelé l’ancien ministre de la Justice sous Abdoulaye Wade sur le préau de l’Hémicycle. Mais, auparavant, le ministre Amadou Bâ avait pris son contrepied en lui rétorquant ceci : « Honorable, vous faites une confusion entre la Loi de Finances et le Budget-programmes, cela n’a rien à voir ». C’est après coup que la motion a été rejetée et que proposition a été faite par le président du Groupe parlementaire « Benno Bokk Yaakaar », Aymérou Gningue, d’adopter ce texte sans débats dès lors qu’il résume l’ensemble des travaux qui ont été faits jusqu’ici. Ainsi donc, comme cela avait été annoncé depuis longtemps, le projet de Loi de Finances initiale, pour 2018, est arrêtée en équilibre à 3.709,1 milliards de FCfa contre 3.360 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de 349,1 milliards de FCfa en valeur absolue et 10,4 % en valeur relative.

Elh. I. THIAM

LES RÉGIONS AU CŒUR DES PRIORITÉS
PtipDans l’élaboration du Ptip 2018-2020, la dimension régionale a été prise en compte. Certainement, une manière pour le gouvernement de poursuivre la mise en œuvre des recommandations issues des Conseils des ministres décentralisés dans les différentes régions. Sur le plan budgétaire, il s’agit de mettre l’accent sur d’importants projets et programmes localisés dans ces zones.

Parmi les investissements, il y a ceux prévus dans le Programme de désenclavement Phase 1 (aménagement et bitumage de la route Salémata-Kédougou) et Phase 2 (aménagement et bitumage des routes de la Boucle du Boudié sur 135 km, y compris 8 km de voies urbaines à Sédhiou). Il y a aussi le projet de construction du pont de Foundiougne, la réalisation de l’Université du Sine-Saloum, le projet de construction des hôpitaux de Touba, Sédhiou, Kédougou et Kaffrine, le développement agricole en tiers sud dans la région de Kolda, le projet de construction d’une troisième usine de traitement d’eau à Keur Momar Sarr (Kms 3) et ses renforcements en aval dans la région Louga. Son également prévus le projet de protection de la langue de Barbarie, à Saint-Louis et le projet de développement du port de Ziguinchor. Au total donc, dans le Ptip 2018-2020, le montant réservé aux programmes et projets dans les régions s’élève à 6.257 milliards de FCfa.

Elh. I. THIAM

LES DÉPENSES COMMUNES ESTIMÉES À PLUS DE 227 MILLIARDS DE FCFA
Les crédits des charges communes sont arrêtés à 227,8 milliards de FCfa en 2018 contre 209,7 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de plus de 18 milliards de FCfa. Comme les autres textes, il a été adopté par les députés à la majorité des voix.

Comme les trois autres textes, celui portant sur les dépenses communes est passé comme lettre à la poste puisque la majorité des députés l’a adopté. Ces crédits sont arrêtés à 227,8 milliards de FCfa en 2018 contre 209,7 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de plus de 18 milliards de FCfa.

Administrés par le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, ces crédits budgétaires sont destinés à la prise en charge des dépenses de personnel non réparties entre les autres institutions et ministères, au remboursement des droits indûment perçus, aux dépenses permanentes (eau, électricité et téléphone), aux dépenses relatives à l’équipement des services administratifs en mobilier et matériels roulants, aux frais d’actes et de contentieux gérés par l’Agence judiciaire de l’Etat. Ils servent aussi aux dépenses liées au programme de vérification des importations de la douane, aux provisions pour imprévus et crédits globaux, aux indemnités d’expropriation et de préemption, au Fonds national d’entreprenariat rapide, au programme de suivi des opérations financières de l’Etat et au programme d’intelligence économique.

Elh. I. THIAM

Le budget 2018 du ministère de l’Education nationale est adopté à la somme de 413 042 396 140 FCfa contre 402.790.138.000 FCfa en 2017, soit une augmentation de 10 252 258 140 FCfa.

Samedi, lors du vote du budget du ministère de l’Education nationale, les députés sont largement revenus sur les « difficultés » qui minent ce secteur. Ils ont, à tour de rôle, selon leur localité, déchiffré les besoins. Parmi les préoccupations énumérées, on peut essentiellement retenir : déficit en tables-bancs, présence accrue d’abris provisoires, inondations dans certains établissements scolaires, déficit de professeurs dans certaines localités, refus de certains enseignants de se présenter dans des lieux d’affectations jugés lointains. C’est donc un ministre de l’Education nationale qui a attentivement écouté les parlementaires lui faire part des préoccupations de leurs concitoyens quatre tours d’horloge durant.

En matière d’infrastructures, les députés se sont félicités des importants investissements du gouvernement pour la construction et la réhabilitation de certains établissements scolaires. A ce titre, les parlementaires ont salué l’ambitieux programme de résorption des abris provisoires. Certains ont suggéré de commencer cette éradication par les abris provisoires qui bordent les routes des villages ; ce qui assure une image plus reluisante de l’environnement des localités.

Aminata Diao, député de Kolda, a plaidé pour « une diminution conséquente de ceux-ci, à défaut de la fin des abris provisoires ». Sur cette question, Déthié Fall, député de Rewmi, a recommandé une augmentation du budget à hauteur de 40 milliards de FCfa ; ce qui, selon lui, viendrait mettre fin à la présence des abris provisoires. En effet, d’après M. Fall, 6000 abris provisoires ont été recensés. Avec une estimation de 7 500 000 de FCfa pour le coût de la construction d’une classe, 40 milliards s’avèrent suffisants pour venir à bout de cette problématique. Pour le député Mamadou Diop Decroix, en attendant de trouver une solution pérenne, il est nécessaire de maintenir les abris provisoires tout en pensant à mettre sur pied une politique de long terme qui viendrait définitivement mettre fin à ce phénomène. En réponse, le ministre Serigne Mbaye a souligné que l’Etat du Sénégal envisage, d’ici à 2020, de dégager la somme de 220 milliards de FCfa, dont 127 milliards de FCfa seront exclusivement dédiés à la prise en charge de la question des abris provisoires. En effet, l’Etat du Sénégal est déterminé à totalement enrailler les abris provisoires du système éducatif sénégalais, a-t-il affirmé. Toujours selon le ministre, 45 milliards de FCfa seront dégagés dans le programme « de lecture pour tous ».

De manière progressive, le stock des 8.822 abris provisoires, représentant, en 2011, un taux de 18 % des salles de classe, a sensiblement diminué grâce à l’apport des ressources tirées du Bvi affecté aux collectivités locales et au crédit tiré du département. Ce taux est ramené à 9,4 %, soit 6.369 salles de classe, a fait savoir Serigne Mbaye Thiam.

Les députés ont insisté sur l’urgence dans la construction des lycées et collèges de proximité afin de réduire le nombre important d’élèves qui abandonnent les études du fait de l’éloignement de leur domicile ou de l’absence de famille d’accueil dans leur localité d’affectation.

Le ministre a, en outre, précisé que le remplacement des abris provisoires implique la construction clés en main de salles de classe, de blocs d’hygiène, de blocs administratifs ainsi que de murs de clôture pour les lycées et collèges.

Oumar BA

LOI DE FINANCES 2018-MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE : DÉVELOPPER LES FILIÈRES SCIENTIFIQUES
SciencesDans la promotion de la politique éducative, les députés ont unanimement adhéré à l’option du gouvernement de développer des filières scientifiques. La création de lycées d’excellence et la rénovation des Blocs scientifiques et technologiques (Bst) accentueraient, selon eux, la promotion des disciplines scientifiques.

Il est également souhaité l’extension de ce programme dans les établissements scolaires des régions périphériques. Le ministre de l’Education nationale a indiqué que du matériel sera gratuitement fourni aux élèves des séries scientifiques. Dans le cadre du renforcement de ces séries, le lycée d’excellence de Diourbel donne déjà des résultats satisfaisants, a-t-il relevé, faisant remarquer que les conditions de sélections rigoureuses permettent, chaque année, d’admettre, dans ce lycée, une soixantaine d’élèves particulièrement brillants. Sur les 363 candidats au concours de cette année, 32 filles et 28 garçons ont été sélectionnées pour entamer leurs études à partir de la classe de seconde. Lors de sa prise de parole, le député Toussaint Manga a fustigé « la posture de l’Etat du Sénégal dans la gestion de l’affaire Yavuz Selim, qui, à son avis, a été utilisé par un dirigeant qui voulait en découdre avec un adversaire politique ».

En réponse, Serigne Mbaye Thiam a réfuté toute « prétendue immixtion étrangère dans le système éducatif sénégalais ». Selon lui, « un Etat ne peut privilégier les relations avec une association sur celles d’avec un Etat partenaire pour des intérêts nationaux ». Vu le rôle central de l’éducation nationale, certains parlementaires ont plaidé pour l’augmentation de son budget.

En réponse, le ministre a indiqué que le secteur global de l’éducation a bénéficié, de 2012 à 2018, d’une enveloppe de 3797.500.000.000 de FCfa, et pour le sous-secteur de l’éducation, 2610.000.000.000 de FCfa. Cette donne confirme l’intérêt de l’éducation pour l’Etat qui constitue un pilier essentiel de l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse).

O. BA

LOI DE FINANCES 2018-MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE : PROMOTION DES « DAARAS » MODERNES
L’avenir des langues nationales, l’alphabétisation et les « daaras » préoccupent les élus. Selon Ndiassé Kâ, « l’éducation et la formation de ressources humaines compétentes contribuent efficacement à l’émergence du pays ». Sur ce, il a invité à un équilibre entre l’éducation dite formelle et celle dite informelle. Des parlementaires inscrits dans la même logique sont persuadés qu’une allocation budgétaire plus conséquente permettrait de relancer les secteurs de l’alphabétisation, des langues nationales et de l’apprentissage du Coran.

En réponse, Serigne Mbaye Thiam a souligné que dans le cadre de la rénovation de l’enseignement arabo-islamique, à travers les « daaras », il a été élaboré un cadre législatif et réglementaire. Il a ainsi été adopté, en décembre 2016, un projet de loi et deux projets de décret validés par les partenaires réunis en atelier. Ainsi, l’enseignement arabo-islamique sera intégré dans le système éducatif avec la construction de 64 « daaras » devant être livrés en février et décembre 2018. Les apprenants auront le choix de poursuivre leurs études entre l’éducation arabo-islamique, l’intégration dans le système d’enseignement général ou l’orientation vers la formation professionnelle, a expliqué le ministre.

S’agissant de l’alphabétisation, les crédits alloués aux langues nationales sont passés de 960 millions de FCfa en 2016, à 1,077 milliard de FCfa en 2017. Ils seront portés à 1,287 milliard de FCfa en 2018, a annoncé M. Thiam.

O. BA

Dans la promotion de la politique éducative, les députés ont unanimement adhéré à l’option du gouvernement de développer des filières scientifiques. La création de lycées d’excellence et la rénovation des Blocs scientifiques et technologiques (Bst) accentueraient, selon eux, la promotion des disciplines scientifiques. Il est également souhaité l’extension de ce programme dans les établissements scolaires des régions périphériques.

Le ministre de l’Education nationale a indiqué que du matériel sera gratuitement fourni aux élèves des séries scientifiques. Dans le cadre du renforcement de ces séries, le lycée d’excellence de Diourbel donne déjà des résultats satisfaisants, a-t-il relevé, faisant remarquer que les conditions de sélections rigoureuses permettent, chaque année, d’admettre, dans ce lycée, une soixantaine d’élèves particulièrement brillants. Sur les 363 candidats au concours de cette année, 32 filles et 28 garçons ont été sélectionnées pour entamer leurs études à partir de la classe de seconde. Lors de sa prise de parole, le député Toussaint Manga a fustigé « la posture de l’Etat du Sénégal dans la gestion de l’affaire Yavuz Selim, qui, à son avis, a été utilisé par un dirigeant qui voulait en découdre avec un adversaire politique ». En réponse, Serigne Mbaye Thiam a réfuté toute « prétendue immixtion étrangère dans le système éducatif sénégalais ». Selon lui, « un Etat ne peut privilégier les relations avec une association sur celles d’avec un Etat partenaire pour des intérêts nationaux ». Vu le rôle central de l’éducation nationale, certains parlementaires ont plaidé pour l’augmentation de son budget.

En réponse, le ministre a indiqué que le secteur global de l’éducation a bénéficié, de 2012 à 2018, d’une enveloppe de 3797.500.000.000 de FCfa, et pour le sous-secteur de l’éducation, 2610.000.000.000 de FCfa. Cette donne confirme l’intérêt de l’éducation pour l’Etat qui constitue un pilier essentiel de l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse).

O. BA

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