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Politique (4272)

Suite au tollé international suscité par ses propos injurieux et racistes, le Président américain a vite fait de réagir au moyen de deux tweets, pour démentir en avoir été l’auteur. Non sans avoir dit être victime d’une déformation desdits propos.

«Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion du DACA était dur, mais ceci n'était pas le langage utilisé. Ce qui était vraiment dur, c'est la proposition extravagante faite - un grand revers pour DACA! Je n’ai jamais rien dit de désobligeant sur les haïtiens autres qu'Haïti est, évidemment, un pays très pauvre et agité. Je n’ai jamais dit «sortez-les". J'ai une merveilleuse relation avec les Haïtiens. Probablement je devrais enregistrer les réunions futures - malheureusement, il n’y a pas de confiance!», a-t-il déclaré.

Amadou DIOP

Le Gouvernement de la République du Sénégal dénonce et condamne fermement ces propos inacceptables qui portent atteinte à la dignité humaine, celle de l’Afrique et de sa diaspora en particulier, ainsi qu’à la coexistence pacifique et aux bonnes relations entre les peuples", a ajouté le Gouvernement.

Le Gouvernement de la République du Sénégal a appris, avec une vive indignation, les propos outrageants et racistes contre Haïti et l’Afrique tenus par le Président Donald Trump lors d’une réunion le 11 janvier 2018 à la Maison-Blanche.

Le Gouvernement de la République du Sénégal dénonce et condamne fermement ces propos inacceptables qui portent atteinte à la dignité humaine, celle de l’Afrique et de sa diaspora en particulier, ainsi qu’à la coexistence pacifique et aux bonnes relations entre les peuples. En conséquence, sur instructions de Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall, l’ambassadeur des Etats-Unis à Dakar a été convoqué, ce jour, par le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur qui lui a formellement remis la présente note de protestation du Sénégal.

B. DIONE

Après une suspension de quelques jours, liée à un désaccord entre les parties prenantes, les concertations sur le processus électoral reprennent mardi.

Elles seront présidées par l’ambassadeur Saïdou Nourou Bâ, président du Cadre de concertation sur le processus électoral, selon une source proche de cet organe. Elles avaient été suspendues suite à un désaccord entre les parties prenantes. En effet, les trois pôles (la majorité, l’opposition et les non-alignés) avaient buté sur la caution, le parrainage et le bulletin unique. Cela avait poussé le facilitateur, Saïdou Nourou Bâ, à suspendre les travaux. Ceux-ci avaient commencé le 21 novembre dernier sous la présidence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye.

La majorité présidentielle, les non-alignés et les partis de l’opposition, à l’exception du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de ses alliés, y avaient pris part. Les échanges ont permis de trouver, de manière consensuelle, un facilitateur. Ce dernier a été installé par le ministre de l’Intérieur. Faisant face, le Pds et ses alliés avaient lancé une initiative dans le but de pousser le gouvernement à organiser des élections transparentes.

Pour visiblement maintenir la dynamique des concertations, le Président de la République a réitéré son appel au dialogue, le 31 décembre dernier, lors de son discours à la Nation. «  Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous oppose », avait-il alors déclaré. Selon Macky Sall, l’objectif visé à travers cet appel est de « conforter la vitalité démocratique du Sénégal ». Le Chef de l’Etat avait ainsi rappelé les actes qu’il a posés pour le démarrage des concertations sur le processus électoral entre la majorité, l’opposition et la société civile, à savoir la désignation de l’ambassadeur Saïdou Nourou Bâ comme facilitateur.

« La Nation sénégalaise est à l'image de notre baobab géant, multiséculaire et solidement enraciné, dont la sève nourricière irrigue et entretient toutes les composantes », avait-il argumenté. Et le Président d’insister sous une formule imagée : « Quant à nous, éphémères voyageurs dans le temps, nous parcourons tout juste le bout de chemin qui nous réunit sous l’ombre apaisante de cet arbre. Nul n'est assez fort pour prétendre s'y établir tout seul.  Et nul n'est trop faible pour y être privé de sa place. C’est cela le Sénégal de tous, le Sénégal pour tous ».

Babacar DIONE

Le président de la République du Sénégal, Macky Sall, a dénoncé, hier, les propos de son homologue américain, Donald Trump qualifiant l'Afrique, Haïti et le Salvador de « pays de merde ». 

« Je suis choqué par les propos du Président Trump sur Haïti et sur l'Afrique. Je les rejette et les condamne vigoureusement », a martelé le chef de l'Etat dans un tweet. Macky Sall a poursuivi : « L'Afrique et la race noire méritent le respect et la considération de tous », a ajouté le président Sall.

Selon les médias américains, Trump, recevant des Sénateurs pour évoquer la question de l'immigration a qualifié Haïti, le Salvador et des pays africains de « pays de merde ». Les intellectuels africains ainsi que les acteurs politiques n'ont pas caché leur indignation. « Cette honteuse déclaration est à condamner fermement par tout le monde surtout ses pairs africains ; elle est aux antipodes des efforts d'ouverture qu'avait initiés Obama et ses prédécesseurs », a déclaré Dr Bakary Samb, directeur de Timbuktu Institute joint par téléphone. Selon Bakary Samb, la sortie de Trump est « la preuve que les Américains doivent encore apprendre à mieux connaître et respecter le monde dont ils se croient être au centre ».

« Notre Institut qui accueille des stagiaires américains et développe des programmes sur la prévention de l'extrémisme et la culture de la paix dans le monde s'étonne parfois des réactions et déclarations de Donald Trump qui sont contraires aux idéaux et valeurs que nous partageons avec nos partenaires américains », a dit Bakary Samb. Pour Moustapha Fall Tché, leader de l’Alliance patriotique de liberation (Apl), les pays africains doivent tenir compte de la déclaration en refusant de traiter avec lui. « Trump doit aussi se passer de l'Afrique s'il estime que c’est un pays de merde », a-t-il dit.

Babacar DIONE

Porteur d’un message du Président Macky Sall, Abdoulaye Sally Sall a été reçu, jeudi matin, en audience, par Ali Bongo Ondimba, en présence des ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur, du Secrétaire général de la présidence gabonaise et du conseiller diplomatique du président gabonais. Au cours de l’entretien, le Président gabonais et son hôte sénégalais ont évoqué des sujets d’intérêt commun. Le ministre conseiller personnel du Chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Sally Sall a remercié le Président gabonais qui a personnellement fait le déplacement au Sénégal, lors de l’inauguration de l’Aéroport international Blaise Diagne, le 7 décembre 2017. Les deux hommes, qui ont passé en revue la coopération bilatérale entre les deux pays, se sont réjouis de l’excellence des relations entre le Sénégal et le Gabon. Une forte communauté sénégalaise vit au Gabon et est présente dans les tous secteurs d’activités : les affaires, l’éducation, la santé, etc. Le Sénégal accueille de nombreux étudiants gabonais qui viennent se former dans presque toutes les filières.

L’excellence des relations entre les deux pays peut être appréciée par les dispenses de visa. En effet, les Sénégalais détenteurs de passeports de service diplomatique sont dispensés de visa pour entrer ou séjourner au Gabon et inversement. De plus, les deux chefs d’Etat nourrissent l’ambition de placer leur pays sur les rampes de l’émergence avec le Plan Sénégal émergent et le Plan stratégique Gabon émergent.

Le Président Ali Bongo Ondimba en a profité pour présenter ses condoléances au Président Macky Sall et au peuple sénégalais suite au rappel à Dieu du Khalife général des mourides, Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, mardi dernier.

M. GUEYE

Le Khalife général de la famille omarienne a prodigué des conseils au Président Macky Sall, lui demandant de ne pas changer, en restant tolérant et toujours à l’écoute des populations.

Thierno Bachir Tall parle peu. Et quand il le fait, il ne prend pas de gants. Il dit ce qu’il pense, donne son point de vue, notamment sur la marche du pays. Il arrive même qu’il partage quelques bonnes pratiques. Comme c’est le cas, hier, à son domicile, à l’occasion de la visite de son « fils » Président de la République, Macky Sall. D’emblée, le Khalife a magnifié l’action du Chef de l’Etat à la tête du pays. Thierno Bachir Tall a rappelé le projet de modernisation des foyers religieux. Projet, s’est-il félicité, qui touche, aujourd’hui, toutes les familles religieuses du pays. « Je sais aussi tout ce que votre gouvernement fait en faveur des couches vulnérables et des nécessiteux. Continuer sur cette lancée, vous ne le regretterez pas », a dit le chef religieux qui dit tirer ses propos du saint Coran. « Il est dit dans le Coran que quiconque aide les nécessiteux, les vulnérables, Dieu mettra à sa disposition des anges pour le protéger et l’accompagner », a-t-il expliqué. Thierno Bachir Tall a conclu en ces termes, s’adressant toujours au Chef de l’Etat : « N’ayez pas peur quand vous êtes avec Dieu. Tout ce que je vous recommande, c’est de ne pas changer, de rester tolérant et toujours à l’écoute des populations ».

Affluence au domicile du Khalife
Cette année aussi, les fidèles ont répondu massivement à l’appel de la famille de Cheikh Omar Foutiyou Tall. Ils sont venus de partout pour prendre part à la 54e édition de la ziarra annuelle dédiée à Thierno Mountaga Daha Tall. Il y avait ainsi beaucoup de monde au domicile de Thierno Bachir Tall. Donc, des va-et-vient incessants. Surtout au mausolée de Thierno Mountaga Daha Tall qui jouxte la mosquée. Et ce sont des centaines de délégations en provenance des régions de l’intérieur du Sénégal, du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie, du Niger, du Burkina Faso, du Nigeria, de la Guinée-Conakry, de la Gambie, de la France, d’Italie et des Etats-Unis qui sont venues à Louga pour renouveler leur acte d’allégeance.

Après le départ du Chef de l’Etat, le Khalife général de la famille omarienne a renoué avec la tradition, consacrant le reste de son temps à recevoir les délégations et à échanger avec elles. Et à chaque fois, c’est le même rituel : prières, échanges et rappel du sens de l’événement. De riches échanges ont été enregistrés, axés principalement sur le Coran et les enseignements du prophète Mohamed (Psl).

Par Abdoulaye DIALLO (envoyé spécial) Assane Sow (photos)

Le Khalife général de la famille omarienne n’a pas aussi oublié son « ami et complice » Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amin, défunt khalife général des tidianes. « Nous ne cesserons jamais de prier pour Al Amin qui honorait toujours de sa présence cette ziarra. Véritablement, il était et restera un ami de la famille de El Hadj Omar Foutiyou Tall », s’est exprimé Thierno Bachir Tall tout en rendant un vibrant hommage au défunt guide religieux.

Cérémonie de clôture prévue aujourd’hui à 16 heures
La cérémonie de clôture de cette 54e ziarra annuelle dédiée à Thierno Mountaga Daha Tall est prévue aujourd’hui, au stade Djiby Diouf (ex-Watell), en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, qui conduira la délégation officielle du gouvernement. Les familles religieuses y seront naturellement représentées. L’occasion sera saisie pour formuler des prières pour les Sénégalais et la Ummah islamique.

Abdoulaye DIALLO (envoyé spécial)

Le Président Macky Sall était, hier, à Louga, chez Thierno Bachir Tall dans le cadre de la 54e édition de la ziarra dédiée à Thierno Mountaga Daha Tall. Occasion saisie pour rendre un hommage appuyé au défunt khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké.

Il n’y a pas eu de folklore ni de pancartes. Même pas de tee-shirts à l’effigie du Chef de l’Etat. La visite de Macky Sall, hier, à Louga, dans le cadre de la 54e édition de la ziarra dédiée à Thierno Mountaga Daha Tall, s’est donc déroulée dans une sobriété absolue, comme l’avait souhaité Thierno Bachir Tall. L’événement étant célébré, cette année, dans un contexte particulier marqué par la disparition de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, « ami et confident » de Thierno Bachir Tall. Les deux guides partageaient beaucoup de choses. Ils avaient aussi une parfaite convergence de vues. « Je suis l’une des rares personnes que Sidy Mokhtar téléphonait souvent », a confié Thierno Bachir Tall qui est largement revenu sur la vie et l’œuvre du défunt khalife général des mourides, ses bienfaits et sa considération pour la famille de Cheikh Omar. « Sidy Mokhtar soutenait toutes les activités initiées par la famille Tall. Je ne pleure pas parce que j’ai perdu quelqu’un qui me soutenait. Je pleure parce que j’ai perdu un frère en Islam, un ami qui a beaucoup fait pour ce pays », a dit Thierno Bachir Tall, visiblement très affecté par le rappel à Dieu du Khalife général des mourides. « C’est une perte immense pour le Sénégal et la Ummah », a insisté le guide religieux qui a formulé d’ardentes prières pour le disparu. C’est donc un Khalife général triste et très affecté qui a reçu, hier, à son domicile, le Président de la République. Macky Sall, comme s’il s’attendait à cela, n’a pas été surpris de voir son « père et guide », Thierno Bachir Tall, dans cet état. Il dit être « très bien placé » pour savoir les relations d’estime et de respect réciproque qui liaient les deux chefs religieux. « Thierno Bachir m’envoyait auprès de Sidy Mokhtar. Et vice versa. Leur amitié était connu de tous », a témoigné le Chef de l’Etat qui, à son tour, a rendu un hommage appuyé au défunt khalife général des mourides.

Prières pour une paix durable au Sénégal
« Nous n’oublierons jamais ce que Sidy Mokhtar a fait pour le Sénégal et la Ummah islamique », a-t-il souligné. Thierno Bachir Tall et le Président Sall ont prié pour le nouveau khalife des mourides, Serigne Mountaga Bassirou Mbacké, pour que Dieu l’assiste et le guide, conformément aux enseignements du Coran et de la sounna.

Le Président de la République a profité de cette commémoration pour demander et obtenir des prières pour un Sénégal de paix et de prospérité. « Plus que jamais, notre pays a besoin de paix et de stabilité pour construire son développement », a dit Macky Sall, « certain » que toutes les prières formulées par Thierno Bachir Tall seront acceptées. « Thierno Bachir, petit-fils de El Hadj Omar Tall ; cela suffit pour demander et obtenir tout ce que l’on veut », a expliqué le Président de la République qui a rendu un vibrant hommage à l’aïeul de la famille omarienne qu’il a qualifié de «  guide des guides » pour son rôle inégalé dans le rayonnement de l’Islam en Afrique.

Par Abdoulaye DIALLO (envoyé spécial)

A l’occasion du Sommet africain sur la paix, la sécurité et le développement durable, qui se tiendra à Dakar, du 18 au 20 janvier, à l’initiative de la Fédération pour la paix universelle (Fpu) et de l’Association internationale des parlementaires pour la paix, le Prix du leadership et de la bonne gouvernance sera décerné au Président Macky Sall qui va le présider.

Le Prix du leadership et de la bonne gouvernance représente la plus haute distinction de ladite fédération qui vient récompenser, d’après son président, Dr Thomas Walsh, le leadership et l’intégrité du Président de la République, Macky Sall, sur les valeurs humanistes et universelles. Cette rencontre va regrouper plus de 1200 participants, dont 15 anciens Chefs d’Etat, 6 présidents d’Assemblées nationales des différents pays, près de 35 ministres de gouvernement (particulièrement de l’Education et de l’Agriculture), 200 parlementaires, des centaines de leaders religieux, des femmes dirigeantes, des jeunes et des membres de la société civile qui vendront de 60 pays d’Afrique et d’autres régions du monde. « Notre objectif, c’est de promouvoir la paix et le développement durable. Promouvoir le dialogue, la coopération interreligieuse, le respect mutuel et le dialogue à travers le monde ; un monde uni. Nous insistons sur l’importance de la famille comme base d’une société stable et de la paix dans le monde. Donc, la paix, la sécurité et le développement seront des éléments clés lors de ce sommet », a indiqué Dr Walsh.

Selon lui, l’’idée est de mettre aussi fin aux inégalités (avec la réalisation de programmes d’infrastructures) et à l’injustice et aussi de promouvoir « une seule famille en Dieu ». « Ce sommet est extrêmement important pour nous, et nous comprenons et respectons les traditions religieuses et interreligieuses au Sénégal », a-t-il insisté. Sur ce, il a adressé ses reconnaissances au Président Macky Sall pour sa sagesse et ses encouragements pour la tenue du Sommet au Sénégal.

Le député Pape Sagna Mbaye a rendu un hommage appuyé au Président Macky Sall pour sa clairvoyance et d’avoir accepté la tenue de ce sommet à Dakar. « Nous tenons à nos valeurs, mais nous restons ouverts parce que nous avons la claire conscience que le monde d’aujourd’hui est un village planétaire. Avec la ferme volonté de nos dirigeants, des chefs traditionnels…, nous allons pouvoir tenir haut le flambeau et le transmettre aux jeunes », a-t-il déclaré. Poursuivant, le parlementaire a ajouté qu’avec une jeunesse formée et éduquée, nous pouvons penser avoir un monde beaucoup plus heureux pour les siècles prochains. Le Pr Oumar Ndongo, président du Comité scientifique du sommet, qui s’exprimait au nom du président du Comité de pilotage, a, pour sa part, souligné l’obligation de coopération pour que la richesse soit partagée. Quant au Dr Paterne Zinsou, secrétaire général de la Fpu/section Afrique de l’Ouest, il n’a pas manqué de se féliciter de la coopération interreligieuse qui existe au Sénégal. Le thème principal retenu pour cette rencontre est : « Nouvelle Afrique : interdépendance, prospérité mutuelle et valeurs universelles ».

L’événement verra aussi l’inauguration de l’Assemblée africaine et de la section sénégalaise de l’Association internationale des parlementaires pour la paix ainsi que le lancement de l’Association interreligieuse pour la paix et le développement, entre autres activités retenues.

Amadou DIOP

La réunion de l’Alliance nationale des cadres progressistes (Ancp) du 9 janvier dernier a été mis à profit par les têtes pensantes du parti du président Moustapha Niasse pour examiner la situation politique nationale et passer à la loupe la vie de l’Alliance des forces de progrès (Afp). Une occasion pour l’Ancp de saluer les « initiatives multiples récemment prises » par le secrétaire général pour « impulser une dynamique nouvelle » et une « participation active » à la vie du parti dans le sens indiqué par leur leader.

Les membres de l’Ancp, sous la houlette de leur coordonnateur, Alioune Sarr, ont d’abord sacrifié à la tradition du nouvel an et formulé des vœux de paix et de succès pour leur secrétaire général, Moustapha Niasse, leurs camarades ainsi qu’au peuple sénégalais. Ils ont ensuite annoncé l’adhésion d’un groupe de six cadres à l’Ancp, signe de « l’attractivité que suscite l’Afp auprès de ces derniers ». Examinant la situation politique nationale, l’Ancp dit marquer « son indignation devant l’assassinat de 13 jeunes sénégalais, victimes d’une barbarie innommable, par des bandes armées dans la forêt classée de Boffa, à Bourofaye, et s’est inclinée pieusement et respectueusement devant leur mémoire », souligne la déclaration sanctionnant les travaux. Aussi, tout en présentant ses condoléances à leurs familles ainsi qu’à toute la nation sénégalaise, elle s’est associée au deuil national de deux jours décrété par le Président de la République et le félicite pour cette initiative ». En outre, les cadres progressistes engagent le Gouvernement à « prendre toutes les mesures pour retrouver ces criminels et les réprimer avec toutes les rigueurs de la loi pénale », poursuit le texte. Non sans appeler les forces vives de Casamance à « répondre positivement à l’appel à la paix définitive lancé par le Président Macky Sall à l’occasion de son adresse à la Nation de la fin de l’année 2017 ».

Par ailleurs, l’Ancp s’est « félicitée des résultats économiques encourageant que vient de réaliser notre pays, notamment avec le Pib qui va, selon les projections, connaître une hausse de 6 à 7% ». Une évolution qu’elle a jugée « très positive » avec des productions record sur l’arachide et l’oignon enregistrées et les bonds qualitatifs enregistrés dans la production rizicole, contribuant ainsi à l’autosuffisance alimentaire en riz ». Il en est de même du « taux d’inflation inférieur à 1 %, grâce aux efforts consentis en matière de régulation des prix et les perspectives heureuses qui se dessinent en matière de soutien à la Pme sénégalaise et de l’ouverture vers le secteur des Tic pour accompagner les efforts de compétitivité des Pme au niveau international ». Dans cette perspective, « des activités de formation et de renforcement des capacités, en direction des marchands ambulants, sont inscrites dans le plan d’actions de l’Ancp », note le texte.

Abordant le point sur la vie du parti, la coordination de l’Ancp s’est réjouie des « initiatives multiples récemment prises » par le président Moustapha Niasse pour « impulser une dynamique nouvelle au fonctionnement, à la massification et à la démocratisation de leur formation politique ». Sur ce, la Coordination des cadres « exhorte ses membres à s’acquitter correctement de leurs responsabilités au sein des sept commissions mises en place par le secrétaire général ainsi qu’au sein du Secrétariat politique exécutif (Spe) et de l’Inter-commission ».

M. L. DIEYE

Le Chef de l’Etat l’a vivement dit : il ne veut pas d’une administration qui ne respecte pas le peuple. En clair, Macky Sall veut que la puissance publique soit au service exclusif des citoyens. Le choix du thème de cette rentrée, « Le contrôle juridictionnel de l’administration », est une façon, pour lui, de renouveler sa volonté d’asseoir une administration moderne, respectueuse de la règle de droit, du citoyen et des libertés fondamentales.

« L’administration ne doit pas être un monstre qui est là pour opprimer. Au contraire, par ses moyens humain et matériel, elle a pour mission principale de mettre l’intérêt général en avant, dans le respect du citoyen », a indiqué le Chef de l’Etat. En réalité, il y a, au Sénégal, un cadre qui organise la limitation de l’administration par le droit, et partant, par le juge. Cheikh Tidiane Coulibaly, procureur général près la Cour suprême, est d’avis que ce cadre devrait faire l’objet de réformes, pour tenir compte de l’ancrage de l’Etat de droit et de la modernisation de la justice tant souhaités par les pouvoirs publics. Dès lors, l’on se pose la question : quelle posture pour le juge en cas de recours pour excès de pouvoir ? C’est simple,a répondu le président de la Cour suprême.

Selon lui, il doit défendre la liberté du citoyen, le protéger contre l’administration, sans mettre en cause la sauvegarde de l’ordre public. C’est que le juge cumule deux fonctions : il est à la fois gardien des droits et libertés garantis par la Constitution et gardien de l’ordre public. D’où la pertinence de la proposition du Président de la République qui demande à trouver « un juste équilibre », autrement dit une puissance publique qui s’exerce dans le respect du droit et des libertés fondamentales. « En tout état de cause, ayons confiance à l’administration, corrigeons les imperfections et poursuivons ensemble l’œuvre de construction d’un Etat de droit pour tous », a conclu le Président Sall.

Abdoulaye DIALLO et Aliou Ngamby NDIAYE (textes)
et Pape SEYDI (Photos)

Le Président de la République avait promis, lors de la Rentrée solennelle des Cours et tribunaux de l’année 2016-2017, d’accompagner l’Ordre des avocats pour la construction d’une Ecole des avocats. Dans son intervention, le bâtonnier de l’Ordre, Me Mbaye Guèye, a félicité Macky Sall d’avoir tenu toutes ses promesses.

Il a informé que l’école sera construite à Diamniadio et « l’Ordre des avocats a déjà reçu notification de l’attribution du terrain ». Mieux, a-t-il ajouté, « un premier acompte sur la participation de l’Etat est disponible ». Me Guèye a ainsi fait savoir qu’il ne reste que le lancement des travaux de construction de l’institut dans le Pôle urbain de Diamniadio. Toutefois, l’avocat a informé que le Barreau souhaite que le Président de la République puisse procéder à la pose de la première pierre de l’édifice. Aussi, l’année dernière, le bâtonnier avait déploré la résistance dans l’application du règlement n°5 de l’Uemoa concernant la présence de l’avocat dès l’interpellation de son client. Me Mbaye Guèye s’est félicité de « l’avancée significative » qui a été notée sur cette question, car la circulaire pour la mise en œuvre effective de cette recommandation a déjà été signée par le ministre de la Justice.

A. DIALLO et A. Ng. NDIAYE

Le Président de la République, Macky Sall, a réitéré, hier, sa volonté de promouvoir une justice indépendante et impartiale, au service exclusif du peuple sénégalais.

Macky Sall a réaffirmé, hier, que rien ne l’arrêtera dans sa volonté de moderniser la justice et d’instaurer l’Etat de droit au Sénégal. « Je reste et demeure attaché à l’Etat de droit et au renforcement de la justice. C’est une volonté qui ne souffre d’aucune ambigüité », s’est exprimé le Chef de l’Etat à l’occasion de la Rentrée solennelle des Cours et tribunaux. Devant le corps judiciaire dans son entier, le Président de la République a annoncé la poursuite des réformes dans le secteur de la justice, dans le seul but, a-t-il assuré, de consolider les acquis démocratiques et de promouvoir un Etat de droit au service exclusif du peuple. Pour ce faire, il dit être disponible et reste ouvert au dialogue sur toutes les questions. Y compris sur celle relative à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature.

« Aucun sujet ne doit être tabou. Je suis prêt à discuter de tout. Je suis même prêt qu’on ouvre le débat sur la présidence du Conseil supérieur de la magistrature », a dit Macky Sall qui a soutenu qu’aucun acte n’est de trop pour asseoir une justice indépendante et impartiale. Ce « nécessaire » dialogue, le Chef de l’Etat le veut « sincère », « inclusif » et où tout le monde aura son mot à dire, à savoir les avocats, magistrats, notaires, membres de la société civile et universitaires. « Je suis prêt à aller le plus loin possible pour la modernisation de la justice », a-t-il expliqué tout en revenant largement sur les efforts accomplis par son gouvernement pour rapprocher la justice des justiciables : instauration des Cours d’appel de Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor, construction des tribunaux de Grande instance et des Maisons de justice. « Nous devons nous inscrire dans une recherche perpétuelle d’amélioration de la justice. C’est pourquoi cette démarche inclusive sur les mécanismes d’amélioration et de perfectionnement de notre justice doit être menée avec beaucoup de rigueur et de responsabilité », a insisté le Président Sall.

Abdoulaye DIALLO et Aliou Ngamby NDIAYE (textes)
et Pape SEYDI (Photos)

CONTROLE JURIDICTIONNEL DE L’ADMINISTRATION : LE SÉNÉGAL ENREGISTRE DES « AVANCÉES SIGNIFICATIVES »
Me Sangone FallLe Sénégal a fait des avancées significatives dans le contrôle juridictionnel de l’administration, s’est félicité le conseiller référendaire à la Cour suprême, Sangoné Fall, qui a prononcé, hier, le discours d’usage de la Rentrée solennelle des Cours et tribunaux.

Le discours d’usage de la Rentrée solennelle des Cours et tribunaux pour l’année 2017-2018 a été prononcé par le conseiller référendaire à la Cour suprême, Sangoné Fall. Axé sur « Le contrôle juridictionnel de l’administration », ce thème a été retenu par le Chef de l’Etat, Macky Sall, président du Conseil supérieur de la magistrature. Le juge administratif, selon le magistrat Sangoné Fall, est « un rempart contre l’arbitraire ». Quand il y a contentieux entre l’administration et les administrés, le juge administratif est appelé à intervenir. Il doit garantir le respect scrupuleux des droits fondamentaux. Son rôle consiste à encadrer l’action de cette administration. Il contrôle la gestion des moyens financiers mis à la disposition de cette administration, a expliqué le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Guèye. Malgré que l’Etat soit « un monstre sacré » avec des « pouvoirs régaliens », « l’administration doit agir en conformité avec la Constitution et les lois qui fixent le cadre, le fondement et les limites de son action ».

Cela constitue, à son avis, les fondamentaux d’un Etat de droit qui caractérise « l’émanation de la démocratie libérale ». Le juge administratif se doit aussi de protéger les droits des administrés contre la puissance publique. Cependant, Sangoné Fall a indiqué que l’environnement politique et législatif dans lequel s’opère le contrôle du juge administratif a beaucoup évolué à travers « l’influence du droit communautaire », la « privatisation du droit administratif » ou même « l’exigence du renforcement de l’Etat de droit ». A cela s’ajoute la nouvelle configuration de l’organisation judiciaire au Sénégal. Ainsi, le conseiller référendaire à la Cour suprême a noté que « l’examen du contrôle juridictionnel de l’administration sénégalaise, à travers la jurisprudence de la Cour suprême, révèle des avancées significatives ».

Malgré ces bonds considérables, M. Fall a informé que le système a encore des limites. Pour preuve, le délai de traitement des contentieux est toujours d’un an après l’introduction du recours auprès du greffe de la Cour. Pire, le droit à un recours, a déploré le magistrat, est même remis en cause par « une formalité excessive », notamment « l’obligation de signifier la requête, outre l’absence de 39 prérogatives du juge administratif sur l’exécution de sa décision ». Face à tous ces manquements, le conseiller référendaire à la Cour a insisté sur le besoin de réformer le système de contrôle juridictionnel de l’administration. Des réformes qui, a-t-il dit, vont permettre « d’améliorer l’intervention du juge administratif dans le contrôle de l’administration ».

Pour permettre au juge administratif de faire correctement son travail, Sangoné Fall a appelé l’administration à comprendre « qu’elle doit se soumettre au droit en usant, le cas échéant, des voies de recours au même titre que les particuliers ». A défaut d’une réforme intégrale du système de contrôle, le magistrat a suggéré la mise en application de « mesures tendant à prendre concrètement en charge la recherche de l’efficacité du rôle assigné aux juges pour encadrer l’action administrative et la limiter en cas d’arbitraire ou de violation de la loi ». Autres recommandations, le magistrat Fall a proposé la mise en place d’un comité de travail qui aura en charge de réfléchir sur « l’organisation du contrôle », le cadre légal d’évolution de l’administration, la saisine du juge et ses pouvoirs ».

Abdoulaye DIALLO et Aliou Ngamby NDIAYE (textes)
et Pape SEYDI (Photos)

LE CHEF DE L’ETAT EN DÉFENSEUR DES LIBERTÉS FONDAMENTALES
Rentree des Cours 18Le Chef de l’Etat l’a vivement dit : il ne veut pas d’une administration qui ne respecte pas le peuple. En clair, Macky Sall veut que la puissance publique soit au service exclusif des citoyens. Le choix du thème de cette rentrée, « Le contrôle juridictionnel de l’administration », est une façon, pour lui, de renouveler sa volonté d’asseoir une administration moderne, respectueuse de la règle de droit, du citoyen et des libertés fondamentales.

« L’administration ne doit pas être un monstre qui est là pour opprimer. Au contraire, par ses moyens humain et matériel, elle a pour mission principale de mettre l’intérêt général en avant, dans le respect du citoyen », a indiqué le Chef de l’Etat. En réalité, il y a, au Sénégal, un cadre qui organise la limitation de l’administration par le droit, et partant, par le juge. Cheikh Tidiane Coulibaly, procureur général près la Cour suprême, est d’avis que ce cadre devrait faire l’objet de réformes, pour tenir compte de l’ancrage de l’Etat de droit et de la modernisation de la justice tant souhaités par les pouvoirs publics. Dès lors, l’on se pose la question : quelle posture pour le juge en cas de recours pour excès de pouvoir ? C’est simple,a répondu le président de la Cour suprême.

Selon lui, il doit défendre la liberté du citoyen, le protéger contre l’administration, sans mettre en cause la sauvegarde de l’ordre public. C’est que le juge cumule deux fonctions : il est à la fois gardien des droits et libertés garantis par la Constitution et gardien de l’ordre public. D’où la pertinence de la proposition du Président de la République qui demande à trouver « un juste équilibre », autrement dit une puissance publique qui s’exerce dans le respect du droit et des libertés fondamentales. « En tout état de cause, ayons confiance à l’administration, corrigeons les imperfections et poursuivons ensemble l’œuvre de construction d’un Etat de droit pour tous », a conclu le Président Sall.

Abdoulaye DIALLO et Aliou Ngamby NDIAYE (textes)
et Pape SEYDI (Photos)

MAMADOU BADIO CAMARA, PREMIER PRÉSIDENT DE LA COUR SUPRÊME : 56 RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR JUGÉS EN 2017
Les chiffres émanent de Mamadou Badio Camara, Premier président de la Cour suprême. Cinquante-six recours pour excès de pouvoir ont été reçus par la Cour suprême, en 2017, qui en a jugé 45, dont 16 annulations de décisions administratives, 21 rejets et 8 irrecevabilités, a-t-il infirmé. Il résulte de l’analyse, a dit le président Camara, des décisions rendues que les motifs d’annulation des décisions administratives tiennent principalement à l’incompétence (matérielle ou territoriale) de leur auteur, à la violation de la loi (notamment du Code de l’environnement et du Code général des collectivités locales), au défaut de motifs (absence de précision des considérations de fait ou de droit ayant motivé de la décision attaquée) et au défaut de base légale.

Quant aux décisions d’irrecevabilité, a soutenu Mamadou Badio Camara, elles découlent du non-respect, par les requérants, des délais de recours et des requêtes introduites contre des actes insusceptibles de recours pour excès de pouvoir. Ce n’est pas tout ; la Cour suprême a aussi rendu 20 décisions en référé sur les 10 derniers mois, soit une moyenne de deux par mois. Il s’agit de référé-suspension, procédures connexes à des requêtes en annulation et tendant à faire suspendre l’exécution de la décision attaquée jusqu’à examen au fond de l’affaire par la Cour. Au total, 451 affaires nouvelles ont été jugées par la Cour suprême, toutes chambres confondues, en 2017.

A. DIALLO et A. Ng. NDIAYE


CHEIKH TIDIANE COULIBALY, PROCUREUR GENERAL PRES LA COUR SUPRÊME : « RAPPORTS DE FRANCHE COLLABORATION ENTRE L’EXÉCUTIF, LE LÉGISLATIF ET LE JUDICIAIRE »
Le procureur général près la Cour suprême a plaidé pour des « rapports de franche collaboration » entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Selon Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly qui intervenait, hier, lors de la Rentrée solennelle des cours et tribunaux, cela va permettre « d’avoir l’équilibre nécessaire pour le bon fonctionnement de l’Etat ».

Le procureur général près la Cour suprême a rappelé qu’il n’est pas recommandé aux magistrats de « chercher à conquérir et revendiquer leur indépendance » jusqu’à « remettre en cause le pouvoir politique ». De la même façon, Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly a indiqué que « le législatif et l’exécutif ne doivent pas non plus chercher à exercer sur le judiciaire un contrôle inapproprié ».

« La justice doit demeurer neutre et impartiale, grâce à une indépendance garantie et un contrôle limité », a-t-il recommandé. En outre, face aux crises récurrentes que connait la société sénégalaise, le procureur général près la Cour suprême a invité la justice à jouer le rôle de régulateur, car elle dispose de « tous les atouts » pour assurer cette mission.

Mais, pour ce faire, a-t-il dit, cette dernière doit être « mieux équipée, mieux organisée et plus modernisée ». « La justice doit être le tiers impartial à même de trancher tout litige qui lui est soumis. Mais, à l’instar de tout pouvoir, elle doit, dans une juste mesure, être contrôlée afin d’éviter tout débordement », a expliqué M. Camara.

A. DIALLO et A. Ng. NDIAYE


ME MBAYE GUEYE, BATONNIER DE L’ORDRE DES AVOCATS : « LA JUSTICE RESTE DEBOUT »
Mbaye Gueye batonnierLe bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Guèye, a relevé, hier, pour s’en féliciter, que la justice sénégalaise continue de bénéficier de la confiance des citoyens.

Ce qui est dit sur la justice ne reflète pas toujours la vérité. Ce sont des idées reçues. Parfois même des contrevérités. La réalité, a dit le bâtonnier de l’Ordre des avocats, c’est que Dame justice est encore sur ses deux jambes. « Malgré ce qui est dit, l’institution judiciaire léguée par nos illustres prédécesseurs reste debout », a déclaré, hier, Me Mbaye Guèye lors de la Rentrée solennelle des Cours et tribunaux. « La justice sénégalaise reste encore debout et continue de bénéficier de la confiance de nos concitoyens », a-t-il insisté. Contrairement à certaines idées véhiculées, a soutenu le bâtonnier, la justice n’est pas « à genou », encore moins « à terre ». Selon lui, elle est animée par des hommes et des femmes de valeurs qui, pour l’écrasante majorité, font correctement leur travail », a-t-il tenu à recadrer. D’après Me Guèye, la justice ne se joue pas à travers des « interventions intempestives dans les médias » où par la « commande d’articles de presse pour se mettre en valeur ». La justice, a-t-il dit, « trouve son efficacité dans la discrétion, la réserve, la retenue et la sérénité ». S’adressant au Président de la République, Macky Sall, par ailleurs président du Conseil supérieur de la magistrature, le bâtonnier de l’Ordre des avocats a prié ceci : « Puisse Dieu vous donner les moyens et la force de procurer à chaque Sénégalais sa part de justice. Et ce ne serait que justice ».

Toutefois, Me Mbaye Guèye a invité le Chef de l’Etat à « continuer à apporter des réformes pertinentes à la justice ». Ces réformes, a-t-il avancé, doivent permettre de « respecter davantage le pouvoir d’appréciation du magistrat ». A son avis, « l’ère du procureur tout puissant doit être révolue ». « La liberté est tellement sacrée et précieuse que la décision qui en prive un citoyen doit provenir d’une autorité neutre qui doit se déterminer après avoir entendu le poursuivant et la personne poursuivie. Rien ne peut être placé au dessus des droits et de la liberté », a-t-il souligné.

Le bâtonnier a, en outre, demandé à ce que la procédure pénale au Sénégal soit revisitée. De même, il a rappelé qu’il est temps d’instaurer dans notre pays un juge des libertés et de la détention. « Méfions-nous de cette perception d’une justice inéquitable causée par l’action de l’administration y compris de l’administration de la justice. Si la finalité de la mission de l’administration y compris celle de la justice est de poursuivre l’intérêt général et de garantir les droits et libertés des citoyens, alors il est temps que des réformes soient apportées, afin qu’il ne soit plus possible, au Sénégal, d’aller facilement en prison », a plaidé Me Guèye.

A. DIALLO et A. Ng. NDIAYE

LES TRAVAUX DE L’ECOLE DES AVOCATS BIENTÔT LANCÉS
Le Président de la République avait promis, lors de la Rentrée solennelle des Cours et tribunaux de l’année 2016-2017, d’accompagner l’Ordre des avocats pour la construction d’une Ecole des avocats. Dans son intervention, le bâtonnier de l’Ordre, Me Mbaye Guèye, a félicité Macky Sall d’avoir tenu toutes ses promesses.

Il a informé que l’école sera construite à Diamniadio et « l’Ordre des avocats a déjà reçu notification de l’attribution du terrain ». Mieux, a-t-il ajouté, « un premier acompte sur la participation de l’Etat est disponible ». Me Guèye a ainsi fait savoir qu’il ne reste que le lancement des travaux de construction de l’institut dans le Pôle urbain de Diamniadio. Toutefois, l’avocat a informé que le Barreau souhaite que le Président de la République puisse procéder à la pose de la première pierre de l’édifice. Aussi, l’année dernière, le bâtonnier avait déploré la résistance dans l’application du règlement n°5 de l’Uemoa concernant la présence de l’avocat dès l’interpellation de son client. Me Mbaye Guèye s’est félicité de « l’avancée significative » qui a été notée sur cette question, car la circulaire pour la mise en œuvre effective de cette recommandation a déjà été signée par le ministre de la Justice.

A. DIALLO et A. Ng. NDIAYE

« Inna Lillahi wa inna ilayi raji-ôune ! Inna lillahi ma akhadha wa lahou ma a’ta, wa koullou chay-ine indahou bi ajalin moussama fal taçbir wal tahtassib (« Nous sommes à Allah et vers Allah nous retournons ! Allah reprend un jour ce qu’il donne ! Toute chose lui appartient et chaque chose a une fin définie par Lui »). Ainsi, introduisait sa lettre de condoléances Abdoulaye Makhtar Diop, Grand Serigne de Dakar, chef supérieur de la Collectivité lébou. Il qualifie la disparition de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, Khalife général des mourides, de « grosse perte qui vient de s’abattre sur toute la communauté musulmane et toute la Ummah islamique ». Cette disparition de « l’illustre homme de Dieu, serviteur de l’Islam, érudit et médiateur social », a-t-il ajouté, est tout aussi « une cruelle épreuve pour la famille religieuse mouride et l’ensemble des confréries du Sénégal ».

Abdouklaye Makhtar Diop rappelle que la communauté lébou est liée à la communauté mouride par des relations séculaires, depuis la rencontre entre Cheikh Ibra Binta Guèye Mbengue et le vénérable Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké sur le chemin de l’exil au Gabon, relations entretenues et consolidées par le défunt Khalife. Aussi présente-t-il ses condoléances au nouveau Khalife avec lequel, dit le Grand Serigne, il entretient « des relations familiales » et également à l’ensemble des membres de cette grande confrérie. Il prie pour qu’Allah, le Tout-Puissant, accueille Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké dans son Paradis.

D. MANE

« C’est avec une grande tristesse que la Nation a appris le rappel à Dieu du Khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké. Pour tout ce qu’il a représenté, en tant que guide religieux, soufi réputé, régulateur social et bâtisseur infatigable, sa disparition constitue une perte immense pour le pays. Le Sep de Bby présente ses condoléances à la communauté mouride, à la Ummah islamique et à toute la nation sénégalaise, et prie pour que le Miséricordieux l’accueille en son Paradis céleste».

El. H. A. THIAM

« C’est comme si c’est Thiénaba qui a perdu son Khalife. Parce que Serigne Sidy Mokhtar Mbacké et Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Seck étaient comme un seul homme. Ils avaient des liens très étroits. D’ailleurs, le défunt Khalife des mourides n’a jamais voulu d’intermédiaire entre lui et notre Khalife. Il avait donné des instructions à ses proches comme quoi à chaque fois que Serigne Cheikh appelle, qu’on le lui donne directement. C’est un homme qui a œuvré pour l’unité des confréries au Sénégal. Dès son accession au khalifat, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Seck lui a rendu une visite de courtoisie. Il en a profité pour lui faire part de ses inquiétudes sur la division des musulmans et s’est porté volontaire pour jouer les bons offices. Ce travail a donné les résultats que nous connaissons tous. Les fêtes musulmanes sont célébrées en même temps par tous les grands foyers religieux.

En plus, à chaque Gamou, le défunt Khalife couvrait notre Khalife de cadeaux. Un jour, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Seck l’a appelé pour lui faire savoir qu’il lui faisait trop de cadeaux. Serigne Sidy Mokhtar lui a répondu que les largesses sont à la dimension de l’homme à qui elles sont destinées. Le désormais ancien Khalife général des mourides invitait également, à chaque veille de célébration du Magal de Mbacké Cadior, son ami et père Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Seck. Les deux saints hommes avaient de longs échanges. Toutefois, les relations entre Touba et Thiénaba ne datent pas d’aujourd’hui. Du temps de Serigne Ibrahima Seck, Serigne Abdou Lahat Mbacké était venu lui rendre visite. L’ancien Khalife de Thiénaba lui avait dédié une maison qui, jusqu’à présent, est appelé Touba Thiénaba ».

Ndiol Maka SECK

« Tout d’abord, je dis que c’est de Dieu que nous venons et c’est à Lui que nous retournons. Nous présentons nos sincères condoléances à toute la Ummah islamique. Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké était un homme généreux qui a œuvré d’arrache-pied pour l’unité des musulmans. Il n’a laissé aucune famille religieuse en rade. Il s’est illustré dans sa crainte révérencielle envers Dieu et l’amour pour son Prophète Mohamed (Psl). Il a suivi les traces de son père, Cheikh Mouhamadou Lamine Bara, et son illustre grand-père, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. C’est une perte énorme pour le Sénégal. Que Dieu l’accueille à son Paradis ».

S. M. S. CISSE

« En Dieu nous venons, en Lui nous retournons. Avec la disparition de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, le Sénégal a perdu un rassembleur. Il était un homme de Dieu, un homme bien, ouvert, qui a œuvré pour l’unité des musulmans en général et des confréries en particulier. Il ne voulait pas entendre dire qu’untel est mouride, untel tidiane, khadr ou layène. Tout le monde était pareil à ses yeux. Il était un homme calme et serein. Un vrai homme de Dieu. D’ailleurs, ce matin, nous avons organisé des séances de récital du Coran à son hommage.

Il a poursuivi les relations que Mame Borom Touba entretenait avec notre grand-père. A l’occasion des cérémonies religieuses que nous organisons ici, il nous gratifiait de beaucoup de cadeaux. Nous présentons nos condoléances à toutes la communauté musulmane, au Président de la République, Macky Sall, aux partis d’opposition et à la société civile. Avec la disparition de Serigne Sidy Mokhtar, c’est le Sénégal qui a perdu un de ses plus valeureux fils ».

Ndiol Maka SECK

Mgr Benjamin Ndiaye a présenté, hier, à Dakar, les condoléances de l’Église catholique à la communauté mouride suite au décès de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, Khalife général des mourides. L’archevêque de Dakar a décrit le défunt comme « une belle figure empreinte de simplicité, un homme de Dieu ».

« C’est avec tristesse et grande peine que j’ai appris le rappel à Dieu de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, Khalife général des mourides. Je voudrais, en cette circonstance, présenter mes condoléances attristées à sa famille, à toute la communauté mouride et à la population sénégalaise ». C’est par ces mots que l’archevêque de Dakar a présenté, hier, les condoléances de l’Eglise catholique sénégalaise à la communauté mouride. Selon Mgr Benjamin Ndiaye, « c’est une belle figure empreinte de simplicité qui s’en va, d’homme de Dieu retiré du monde. Il a nous a laissés le souvenir du sourire très accueillant ». Poursuivant, l’autorité diocésaine a informé avoir « eu la joie de lui rendre visite et de le saluer, il y a presque un an. C’était en janvier 2017. J’ai profité de l’occasion pour lui dire merci pour un geste d’attention qu’il avait eu envers moi et, derrière moi, toute la communauté chrétienne ».

Mgr Ndiaye a indiqué que les condoléances sont présentées au nom de la communauté chrétienne, en communion avec les évêques des différents diocèses du Sénégal et particulièrement Mgr André Guèye, chargé des relations islamo-chrétiennes au sein de la Conférence épiscopale des évêques du Sénégal. « Je sais qu’il ne manquera pas de faire, en notre nom à tous, la démarche à Touba pour aller présenter nos condoléances à la communauté mouride ».

Le père évêque a formulé des prières à l’endroit du défunt. « Nous assurons toute la communauté mouride de notre communion dans la prière et nous demandons au Seigneur d’accueillir son serviteur dans son humilité et sa simplicité auprès de Lui. Que désormais il fasse partie de tous ceux qui intercèdent pour nous auprès de Dieu, pour que nous continuons notre chemin jusqu’au jour où Dieu voudra que nous le rejoignons ».

Eugène KALY

Petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, disparu à l’âge de 93 ans, a été, pendant 7 ans et 7 mois, le guide suprême de la communauté mouride. Educateur hors normes, il a œuvré pour le rayonnement continu de l’Islam, suivant les traces de son grand-père et celles de ses prédécesseurs.Le défunt Khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, étaient adulé par des milliers de fidèles, installés un peu partout au Sénégal et sur tous les continents, prêts à le suivre dans toutes ses entreprises. Il s’était engagé pour faire de Touba un foyer islamique, à la gloire de Cheikh Ahmadou Bamba, son fondateur, mais surtout donner aux mourides les ressorts spirituels et les ressources intérieures leur permettant de retrouver leurs repères et de construire leur destin ici-bas et dans l’au-delà. Le Khalife qui vient de nous quitter avait une expérience confirmée en matière de planification stratégique et de développement des ressources humaines et organisationnelles.

Serigne Sidy Mokhtar Mbacké est le septième khalife de Cheikh Ahmadou Bamba. Il est arrivé au khalifat au septième mois (1er juillet) de 2010. Il a porté à sept le nombre de minarets de la Grande mosquée qui en comptait, avant son khalifat, cinq. Il est le septième fils de son père, Serigne Bara Mbacké Ibn Khadimou Rassoul. Sept (7) fois quatre (4) donnent 28, un chiffre correspondant au nombre de récitals du Coran faits quotidiennement dans la Grande mosquée, à la valeur numérique de Touba et à l’âge de Cheikh Ahmadou Bamba quand naquit Serigne Bara Mbacké, ascendant de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké. Selon les connaisseurs, les nombres 7 et 28 ont leur importance dans l’Islam.

Volonté de Cheikh Ahmadou Bamba
Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké a réalisé beaucoup d’ouvrages à Touba pour rendre le meilleur culte à Dieu. Homme d’entreprise, il consultait régulièrement ses frères en Dieu et se promettait d’entraîner dans son œuvre pour Serigne Touba tous ceux qui auraient envie de le suivre. Véritable conducteur d’hommes, il était également entouré de précieux collaborateurs comme son neveu Serigne Cheikh Thioro Mbacké qui abattait, à ses côtés, un immense travail de coordination. Ce dernier a toujours considéré la demeure de son oncle et khalife comme un « laboratoire de recherche de programmes pour le développement continu du mouridisme et de l’Islam ».En effet, des idées et des projets, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké en avait plusieurs par jour. Il passait le plus clair de son temps à servir les inconditionnels de Touba, finançant, à coups de millions FCfa, des associations islamiques, offrant des bourses d’études à des élèves et étudiants du système arabo-islamique, ainsi que des billets d’avion pour le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. La conséquence de son mécénat humanitaire est la sortie d’un grand nombre de jeunes de l’ignorance et de l’obscurantisme. Son pari à travers ces actions, c’est d’exécuter la volonté de Cheikh Ahmadou Bamba qui veut que ses fils et petits-fils soient des croyants-modèles, des protecteurs, des éducateurs et formateurs de talibés.

Fraternité en Dieu
A la tête de la communauté mouride, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké ne cessait d’appeler à la fraternité en Dieu. Ses adresses à la communauté des croyants, à plusieurs occasions, avait fini de convaincre sur la sincérité de son propos. Le défunt Khalife général des mourides était adopté par tous les foyers religieux du Sénégal, du fait de son attachement aux seules valeurs de l’Islam, une religion de paix, favorisant le brassage et le dialogue. Serigne Sidy Mokhtar Mbacké était considéré comme « le serviteur de toutes les confréries ». C’est dire qu’il n’avait de préoccupation que la propagation de la religion du prophète Mouhamad (Psl), l’unité des croyants et la sauvegarde du patrimoine de Cheikh Ahmadou Bamba.

Formé dans les meilleurs « daaras » (écoles de formation religieuse) de son grand-père, Cheikh Ahmadou Bamba, et de son ascendant, Serigne Bara Ibn Khadimou Rassoul, dans le Baol et le Ndiambour, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké est d’un solide savoir enrichi au contact de grands soufis et mouftis. Son éloignement par rapport à tout ce qui n’est pas agréé par Dieu avait fait de lui un saint ascète. Il vivait dans un dénuement volontaire pour s’élever, par l’esprit, à l’idéal supérieur qui est de faire corps avec Dieu. Comme ses prédécesseurs, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké a fait honneur à sa signature devant Cheikh Ahmadou Bamba, en soignant constamment la belle image de Dieu et en lustrant l’empreinte du prophète Mouhamad (Psl) partout au Sénégal.

Ch. A. AMATH et M. DIEYE

La communauté mouride a perdu, en 2017, plusieurs personnalités. Au-delà de toute la communauté, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, le défunt Khalife général des mourides, aura été le plus touché pour avoir perdu plusieurs membres de sa famille : Serigne Modou Aïssa Mbacké, Serigne Bassirou Bara Mbacké, tous les deux fils de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Khadim Rassoul. Il s’y ajoute les décès de Serigne Abdou Fattah Mbacké et son jeune frère, Serigne Issakha Mbacké de la famille de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, et Serigne Modou Ablaye Fall Ndar de la communauté Baye Fall.

M. DIEYE

Si Serigne Mouhamadou Lamine Bara Falillou a inauguré l’ère des petits-fils khalifes, Serigne Sidy Mokhtar était surnommé le « Khalife de la renaissance », en référence au titre de l’ouvrage écrit sur lui par son neveu, porte-parole permanent et assistant personnel, Serigne Cheikh Thioro Mbacké. Serigne Mountakha Mbacké Bassirou, lui, pourrait être considéré comme le Khalife de la continuité.

En fait, il était présent dans la sphère décisionnelle de Touba depuis qu’il occupe le titre de Khalife de la concession paternelle de « Darou Minam », fief de la famille de son père, Serigne Bassirou Mbacké ibn Cheikh Ahmadou Bamba. La tâche ne sera pas donc difficile, eu égard à sa grande proximité avec ses frères qui l’ont devancé à la tête de la communauté mouride, Serigne Mouhamadou Lamine Bara Falillou et Serigne Sidy Mokhtar Mbacké. Ces derniers avaient fait de lui un proche collaborateur, un confident et homme de confiance. Aussi a-t-il été au cœur du pouvoir à Touba ces dernières années.

Dans la ville sainte et dans les principales concessions familiales de la famille de Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Mountakha a fini de faire l’unanimité autour de sa personne. D’abord, par sa piété et sa simplicité,puis par son grand sens des relations familiales. Une chose facilitée certainement par la place qu’occupe son défunt père, Serigne Bassirou, dans la marche du mouridisme. Quatrième fils de Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Bassirou Mbacké est né peu de temps après le départ de son père en exil en 1895. Ainsi, il ne l’a vu qu’à son retour. Cela n’affectera guère leur relation, car Serigne Bassirou a été le fils qui aura le plus passé de temps avec Cheikh Ahmadou Bamba à son retour d’exil et dans ses différents lieux de résidence surveillée dont Diourbel et Thièyene Djolof. Une proximité qui a renforcé son engagement au service du mouridisme et ses excellentes relations avec tous ses frères. Une proximité qui lui a donné aussi la légitimé de produire l’une des biographies les plus connues de Cheikh Ahmadou Bamba : « Les bienfaits de l’Eternel ». Un ouvrage qui, comme celui d’un autre disciple et contemporain de Cheikh Ahmadou Bamba, « L’Abreuvement du commensal dans la douce source d’amour du Serviteur » de Serigne Mouhamadou Lamine Diop « Dagana », fait partie des livres les plus utilisés par ceux qui font des recherches sur la vie et l’œuvre de Serigne Touba.

Adoration de Dieu et culte du travail
C’est cet héritage spirituel, intellectuel et relationnel laissé par son père que Serigne Mountakha perpétue depuis 2007, quand il a succédé à son grand-frère, Serigne Moustapha Bassirou, à la tête de la concession familiale de « Darou Minam ». Cette famille a aussi en charge la gestion de la ville de Porokhane où est enterrée Mame Diarra Bousso, la mère du fondateur du mouridisme. Serigne Mountakha n’aura pas donc beaucoup à apprendre en sa qualité de Khalife général des mourides, tant sa vie a été moulée dans les préceptes du mouridisme. Rien aussi dans sa démarche ne va différer de celle de son prédécesseur, Serigne Sidy Mokhtar, c’est-à-dire l’adoration de Dieu et le culte du travail, conformément aux enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba.

Et ce, même dans le choix des hommes qui vont l’accompagner. Il va sans doute suivre les pas de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké qui avait instauré un partage des responsabilités et un savant dosage en faisant appel à toutes les familles religieuses de Touba pour la gestion des affaires de la cité religieuse. Très lié à l’actuel porte-parole, Cheikh Bassirou Abdou Khadre Mbacké, qui porte d’ailleurs le nom de son père, Serigne Mountakha a, dit-on à Touba, contribué à sa reconduction comme porte-parole et président du Comité d’organisation du Magal à l’accession au khalifat de Serigne Sidy Mokhtar. C’est dire qu’à Touba les hommes passent et l’institution qu’est le mouridisme demeure davantage.

Oumar NDIAYE

Suite au rappel à Dieu du Khalife général des mourides, Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, le Président de la République, Macky Sall, et les membres du Gouvernement, dans un communiqué qui nous est parvenu, s’inclinent devant la mémoire de l’illustre disparu et présentent, en cette douloureuse circonstance, leurs condoléances attristées à la Ummah islamique, à la famille de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké et à l’ensemble de la communauté mouride. D’après le document, Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, entièrement tourné vers son créateur, « avait fait de sa vie et de sa mission un sacerdoce pour la propagation de l’Islam, l’unité des croyants et la préservation du legs de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké ».

Les autorités estiment que la nation sénégalaise vient ainsi de perdre « un de ses remparts les plus solides qui, toute sa vie durant, a incarné les valeurs de générosité, d’humilité et le culte du travail, et qui a hautement contribué à la modernisation de la ville Sainte de Touba ».

A cet effet, le Gouvernement exprime son « soutien et sa solidarité » à la communauté mouride ainsi qu’au nouveau Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, et prie pour qu’« Allah accorde sa grâce et sa miséricorde à l’illustre disparu, en l’accueillant en son Paradis, et à ses héritiers, la résilience nécessaire pour endurer sa disparition et continuer son œuvre ».

D. MANE

A l’ombre et chargé de missions à plusieurs reprises de Serigne Saliou Mbacké, il a été le premier envoyé à avoir posé la première pierre pour la construction de la Grande mosquée « Massalikoul Jinane » de Colobane, à Dakar. Il a assumé la même tâche sous les magistères de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké et du Khalife général Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Il parle peu et seulement sur instruction ou « ndiguël ».

Homme des missions difficiles, il appelle souvent au recueillement et à des récitals de Coran. Sa voix captivante, une fois qu’elle tonne dans les ondes, est écoutée par tous les disciples.

Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, le huitième Khalife général des mourides, n’apparait aussi que très rarement dans les manifestations. Adepte de la lecture du Coran et des khassaïdes de Serigne Touba, il n’a de cesse d’exhorter les disciples à suivre les préceptes de l’Islam. Toujours emmitouflé dans son grand boubou blanc, il incarne la paix et la pureté. « Le visage angélique, avec des cils blanchis et une barbe circulaire, et un rire contagieux, il parle avec le cœur », indique Lamine Diouf. « C’est un homme plein de lumière ». Serigne Mountakha Bassirou est aussi un homme généreux et d’une grande accessibilité. Sa cour est souvent envahie par les démunies de Touba. Aimé et adulé par toute la communauté musulmane, beaucoup de guides religieux sont passés par son entregent pour avoir une audience avec ses prédécesseurs au khalifat de la communauté mouride. Sa vie, il la voue à l’Islam et à Khadim Rassoul. A chacune de ses sorties, il exhorte les disciples au travail licite, à l’adoration de Dieu et à suivre les enseignements de Khadim Rassoul.

Fils de Serigne Bassirou Mbacké, il est le frère cadet de Serigne Moustapha Bassirou et le frère aîné de Serigne Issakha Mbacké, l’ancien ambassadeur. Sa forte personnalité, la confiance et le respect de ses pairs ainsi que de ses prédécesseurs lui ont valu leur confiance pour présider la prière mortuaire du défunt Khalife. Serigne Mountakha Mbacké reste une référence, un guide d’une religiosité et d’une spiritualité sans commune mesure.

Il est également d’une humilité déconcertante. Tous ses actes et propos sont d’inspiration islamique qui est à la base des enseignements de Khadim Rassoul. Contempler la personne de Serigne Mountakha ou savourer ses propos constitue une source d’extase pour la majorité des disciples et de beaucoup de musulmans. Troisième petit-fils khalife de Khadim Rassoul, après El hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou et Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, des prières sont formulées à son endroit pour une bonne santé et une longe vie. Qu’Allah les entende !

Mamadou DIEYE

Pour sa première adresse en tant que Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké a pris l’engagement de jeter les bases d’une amitié en béton entre les foyers religieux du pays et de préserver le patrimoine spirituel et culturel de Cheikh Ahmadou Bamba.

Cette déclaration a été faite au premier jour du décès de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, deuxième petit-fils à gérer les mystères de Khadimou Rassoul dont il fut, pendant 7 ans et 7 mois, le 7ème Khalife. La perte de ce rassembleur a été vivement ressentie au Sénégal où de partout des délégations sont venues présenter leurs condoléances à la communauté mouride dont le guide spirituel est, aujourd’hui, Serigne Mountakha Mbacké, troisième petit-fils désigné « intendant des mystères de Serigne Touba ».

Les marques d’estime et de sympathie manifestées par Serigne Pape Malick Sy, porte-parole du Khalife général des Tidianes, et autres Ahmed Iyane Thiam, Serigne Mawdo Cissé de Pire ont constitué un réconfort pour le nouveau Khalife général des mourides mais aussi pour Serigne Moustapha Mbacké, le fils aîné de l’illustre disparu. Tous deux se sont réjouis de voir « la peine de la toute la communauté mouride partagée par l’ensemble des foyers religieux du Sénégal et par le Président de la République, Macky Sall, présent à Touba ».

Après avoir remercié les uns et les autres, Serigne Mountakha Mbacké a appelé les croyants à la fraternité en Dieu. Revenant encore sur la perte ressentie par la famille Mbacké, avec la disparition de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, le nouveau Khalife général des mourides a rendu hommage à celui qu’il a qualifié de « maitre, ami et guide ». C’est pourquoi il s’est engagé à faire de son mieux pour assurer le lourd héritage que lui a légué son prédécesseur dont il a promis de suivre dans la préservation du patrimoine de Touba, tout en tendant la main aux guides des autres obédiences religieuses du pays. Il n’a pas terminé sans réitérer ses remerciements au Président Macky Sall et aux familles religieuses pour leur compassion et leur soutien affectif. Connu dans tous les foyers religieux du Sénégal, du fait de son attachement aux seules valeurs de l’Islam, Serigne Mountakha Mbacké est déjà considéré comme « le serviteur de l’Islam ». C’est dire que le nouveau guide spirituel de Touba n’a de préoccupation que la propagation de la religion du prophète Mouhamad (Psl) et l’unité de la Ummah islamique. Sa nouvelle charge suscite donc l’espoir, car il saura consentir les meilleurs efforts dans l’affirmation et la consolidation de la religion, quand on sait qu’il en a les capacités et dispositions. Formé dans les meilleurs « daaras » (écoles de formation religieuse) de son grand-père, Cheikh Ahmadou Bamba, et de son ascendant, Serigne Bassirou Mbacké Ibn Khadimou Rassoul, Serigne Mountakha Mbacké est âgé de 88 ans.

Cheikh Aliou AMATH (Envoyé spécial) et Mamadou DIEYE (Correspondant)


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Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.