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Abdoulaye Wilane, porte-parole du Parti socialiste : « Avec la vente des cartes, le Ps a amorcé un nouveau départ »

09 Fév 2018
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Après l’exclusion de Khalifa Sall et Cie, le Ps a officiellement lancé la vente de ses cartes de membre. Selon le porte-parole Abdoulaye Wilane, les socialistes ont amorcé un nouveau départ qui sera matérialisé par la constitution d’un fichier des militants et la remobilisation des troupes en direction des prochaines élections.

Le Ps a lancé, la semaine dernière, la vente de ses cartes. Quels sont les enjeux de cette opération ?
Depuis quelques semaines, le Parti socialiste est dans une nouvelle démarche que nous avons bien voulue exprimer à travers une nouvelle initiative politique. Nous prenons cette initiative pour un nouveau départ, parce qu’il s’agit pour nous, dans le cadre des missions traditionnelles des formations politiques, de rester inextricables à l’œuvre de construction nationale, de prendre en charge les préoccupations des Sénégalais, mais aussi d’offrir aux citoyens un cadre d’expression qui peut être considéré comme un patrimoine commun à tous les Sénégalais, c’est-à-dire une formation politique digne de ce nom qui puisse leur permettre de donner ici et maintenant des réponses actuelles, c’est-à-dire écrire leur page d’histoire. D’une certaine manière, nous sommes associés à l’exercice du pouvoir au niveau étatique, mais nous avons des parcelles de responsabilité dans les collectivités locales. Nous avons un parti qui a un leader dont l’intelligence des situations l’amène à décliner cette nouvelle initiative politique. Nous avons initié des rencontres de proximité pour nous partager ce que nous faisons ensemble. C’est ainsi qu’après avoir reçu les unions régionales, il a rappelé que le mandat des structures actuelles arrive à terme en 2018 et que nous devons absolument renouveler. Ce qui veut dire qu’au de-là du besoin, de l’impératif de nous compter pour savoir qui sommes-nous, nous avons également besoin de donner aux instances de base une nouvelle légitimité. Nous avons décidé, en marge du rassemblement des femmes qui avait pour objectif de célébrer notre leader dans le cadre d’une opération dite « sargal Ousmane Tanor Dieng », de procéder à la vente officielle des cartes. Nous avons commencé cela avec les innovations que nous voulons apporter.

Quelles sont ces innovations ?
Nous voulons vendre une carte non falsifiable. Cette vente des cartes sera un moment fort d’animation, de mobilisation et de massification, mais ce sera le prétexte pour nous de constituer le fichier central du parti à travers une base de données. Cette base peut désormais être une sorte de mémoire, de fichier des militants du parti. Comment va-t-on procéder ? A chaque fois que quelqu’un vient pendre sa carte, soit par le biais d’un téléphone portable ou d’un ordinaire connecté à internet, un lien est fait avec le niveau central pour mettre le nom, la date et le lieu de naissance et le lieu de vote. L’enjeu est qu’au de-là de nous compter, cela nous permettra, demain, si nous voulons élargir les bases de la légitimité du secrétaire général ou le candidat du parti, de faire des primaires qui impliquent l’ensemble des militants. Si nous voulons associer des citoyens qui veulent participer à des primaires socialistes ouvertes, il faudra avoir un fichier électoral.

C’est donc un enjeu de légitimité démocratique, de modernisation et de maîtrise de nos données. Si vous allez en France où il y a plus de 60 millions d’électeurs, les partis politiques les plus représentatifs n’atteignent pas plus de 300.000 électeurs. Ici au Sénégal, dans le premier temps, nous avons imprimé 300.000 cartes.

Comment ces cartes seront-elles distribuées ?
Wilane Ps 2Il est demandé aux 138 coordinations de venir prendre les cartes dans les plus brefs délais. Nous voulons que les cartes aillent aux militants. C’est la raison pour laquelle nous avons adopté une circulaire par laquelle le secrétaire général organise la vente des cartes. Il ne sera toléré aucun blocage. Au-delà de la circulaire, une réunion de la commission nationale de supervision de la vente des cartes sera organisée. Le 17 février, nous allons convoquer un séminaire de l’ensemble des secrétaires généraux de coordination à Dakar. L’objectif consiste à faire une mise à niveau sur ce que nous voulons faire et la manière de le faire, dans un délai de trois mois. Nous serons aux élections en 2019. Puisque notre parti a une vocation de conquête du pouvoir, nous allons profiter de l’occasion pour faire une mise à niveau. Cela veut dire que le Parti socialiste est en mouvement. A chaque fois que le Parti socialiste bouge, c’est tout le Sénégal qui bouge.

Qui est habilité à acheter la carte ?
N’importe quel Sénégalais qui n’a pas été exclu du parti et qui veut venir militer. Toutes les dispositions de constitution d’un fichier du parti sont prises. Tout militant qui achète la carte remplit une fiche et joint dans son dossier une copie de sa carte d’identité.

Au total, combien de militants seront enrôlés ?
Nous avons édité 300.000 cartes de membre. Si nous épuisons ces cartes, d’autres seront éditées. Chaque coordination reçoit un nombre de cartes équivalent au nombre de cartes écoulées lors des derniers renouvellements. Nous tiendrons également compte de quelques éléments factuels que nous avons engrangés à l’occasion d’élections. Le président de la République a pris le décret fixant la date du scrutin présidentiel de 2019 ; nous savons que les jeunes Sénégalais qui auront 18 ans à cette date vont voter. Ces jeunes seront appelés à acheter des cartes. Il nous a été signalé plus d’une centaine de cadres dans les administrations publiques et privées qui ont décidé de militer dans le parti et il y en aura d’autres dans les localités où des camarades dissidents avaient été exclus. Il y a de nouveaux visages. Le Ps s’ouvre aux Sénégalais qui ont 30 ans, parce qu’ils sont convaincus que le patrimoine commun qui est le Ps leur offre l’opportunité de participer à la vie politique du Sénégal. Ils sont tous ravis que le Ps diffère des autres formations politiques. Ils sont d’accord que pour avoir un parti comparable au Ps, il faut avoir une formation politique qui a été aux responsabilités et qui s’est retrouvée dans l’opposition et cherche aujourd’hui le pouvoir. C’est pourquoi les Sénégalais disent que la seule formation politique qu’il y a dans ce pays est le Ps. Nous accueillons ces personnes les bras ouverts.

Voulez-vous dire que ceux qui ont été exclus ont été remplacés ?
Ça s’est toujours passé comme ça dans le Ps. A chaque fois que quelqu’un décède ou est exclu du parti, son suivant immédiat dans la hiérarchie des instances du parti le remplace. Il est impossible d’indiquer une coordination où les 55 membres du bureau sont exclus. Ce sont des individualités qui ont été exclues. Les personnes exclues ne dépassent pas 100. Nous savons ce que nous faisons. Il y a des situations qui, quand elles vous arrivent, vous poussent à prendre vos responsabilités. Au Sénégal, le Ps n’est pas le seul parti où des personnes sont exclues. Nous sommes résolument orientés vers l’avenir

La vente des cartes aboutira-t-elle à une candidature d’Ousmane Tanor Dieng à la prochaine présidentielle ?
Je ne suis pas le porte-parole d’Ousmane Tanor Dieng. J’ai toujours assumé sa défense parce que c’est la personne morale du parti. Au Ps, tout le monde est fier de ce que nous ayons un leader et non un chef. On s’appelle camarade. Si Ousmane Tanor Dieng a envie d’être candidat à la tête du parti ou du pays, c’est lui qui doit le décliner. Je porte la parole du parti. Des instances du parti ont proposé qu’Ousmane Tanor Dieng soit le candidat de l’unité et du rassemblement. C’est le cas des camarades de Kaffrine. C’est également le cas des femmes socialistes. D’autres ont fait de même. Il y a des camarades qui disent que c’est Macky Sall doit l’être puisque nous sommes ensemble depuis cinq ans. D’autres pensent que s’il doit être Macky Sall, on doit s’asseoir pour parler de programmes et de comment nous devons encore être ensemble. Des camarades émettent souvent des critiques sur notre compagnonnage avec Macky Sall. La question de la candidature fera l’objet de discussions. Mais il faut retenir que pour 2019, le Ps investira celui qui défendra sa vision, ses ambitions pour le Sénégal.

Votre désormais ex-camarade Barthelemy Dias a cité le nom d’Ousmane Tanor Dieng dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Vos commentaires ?
Lorsque qu’une affaire est en jugement, je m’abstiens d’en parler. Etant député, je suis astreint à la séparation des pouvoirs. N’étant pas un spécialiste du droit, je devrais m’en tenir à l’autorité de la chose jugée. Maintenant qu’on convoque une personne dans le cadre d’un plaidoyer ou d’une plaidoirie, cela peut arranger celui qui le fait parce qu’il est dans son rôle. Y ajouter un commentaire ne me paraît pas décent. Celui dont j’ai entendu le propos sur Ousmane Tanor Dieng a rapporté que le secrétaire général du Parti socialiste en 2009 leur a dit : vous êtes à la veille d’élections présidentielles, votre ville a des fonds politiques. Il faut en faire une gestion vertueuse en parlant d’une gestion à bon escient. Les mots ont leur sens. Il l’a dit aussi bien en wolof qu’en français. En wolof, il a dit : il faut être à la hauteur des attentes et des espoirs placés en vous par les populations de votre ville. Je souhaite que la justice s’administre dans la sérénité ; que ceux qui sont responsables soient habités par la sérénité et le sens de l’honneur ! Ça ne sert à rien de dire, je ne suis pas le seul à l’avoir fait. Je n’aurais pas réagi comme ça.

Après les rencontres avec les coordinations et les mouvements, quelle sera la prochaine étape ?
Dans le cadre de la nouvelle initiative politique, après les femmes, samedi 10 février, dans la matinée, plus de 200 cadres vont être reçus par Ousmane Tanor Dieng. C’est important d’avoir des cadres dans un parti. Après les cadres, ce sera autour du mouvement des jeunes. Une fois qu’on aura fini ces rencontres de proximité avec les mouvements, nous allons mettre en branle la machine de mobilisation. Tous les départements seront visités par une délégation du bureau politique ou une délégation conduite par le secrétaire général du Ps. Nous allons montrer que nous sommes la locomotive des initiatives qui font vivre le cœur de la démocratie au Sénégal. C’est un Ps nouveau qui ne manque pas d’ambitions de pugnacité qui prouvera que rien ne peut s’envisager sans la prise en compte de nos idées, de nos personnes ressources, mais également de notre représentativité. Nous avons fait une véritable démonstration de force avec les femmes. Elles sont venues en laissant en rade le plus grand nombre. Les localités comme Dagana, Louga, des régions périphériques sont venues de manière symbolique. Quiconque ne connaît pas le Ps doit savoir que ce sont des petits qui nous défient, mais il faut être très grand pour nous terrasser. Le Ps est loin d’être un parti en voie de disparition. Il se bonifie et est en bonne santé. Si nous présentons un candidat en 2019, ce candidat sera remarqué par ses résultats positifs dès le premier tour.

Propos recueillis par Babacar DIONE

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