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Mme Lise Filiatrault, ambassadeur du Canada : «Accompagner le Sénégal vers l’émergence»

12 Mai 2018
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Le Sénégal et le Canada sont liés par une coopération dynamique qui tient toujours compte des priorités des deux pays. C’est pour cela que l’ambassadeur du Canada au Sénégal, Son Excellence Lise Filiatrault signale qu’aujourd’hui, ce partenariat évolue vers l’émergence. Une orientation qui sera, sans doute, rappelée au cours de la revue annuelle de la coopération prévue ce 15 mai.

Vous venez de célébrer votre fête du Canada et vous préparez la revue annuelle de coopération entre le Sénégal et votre pays, est-ce que vous pouvez nous faire le bilan des relations bilatérales entre les deux pays ?
Nous avons célébré 56 ans de relations bilatérales entre le Canada et le Sénégal. Mansour Elimane Kane, le ministre du Pétrole et de l’Energie a bien représenté le gouvernement sénégalais à cette occasion. Il faut dire que notre relation est fondée sur la coopération pour le développement. C’est le socle de notre relation dès le début, mais après 56 ans, au fur et à mesure que les priorités du Sénégal et celles du Canada évoluent, on est de plus en plus dans un accompagnement du Sénégal vers l’émergence. Et cette croissance économique que vit le Sénégal ouvre bien des opportunités de partenariat économique entre nos deux pays ainsi que des opportunités d’affaires. Il y a cette dimension commerciale qui est grandissante entre nos deux pays. Il y a aussi le fait qu’avec le développement du Sénégal, nos deux pays sont des partenaires sur la scène internationale. Nous partageons beaucoup de valeurs communes et cela nous permet de travailler sur la scène internationale, au sein de la Francophonie ou des Nations Unies pour faire valoir des points comme les droits humains, la démocratie, l’état de droit, la présence plus importante des femmes comme actrices dans le développement dans toutes les sphères de la société. C’est une dimension sur laquelle on travaille très concrètement. La coopération pour le développement continue d’être un aspect très important et c’est pourquoi on s’apprête à faire une revue annuelle qui est un processus que nous faisons pour prendre le pouls de nos réalisations.

La formation professionnelle a toujours été un domaine important dans les relations entre le Sénégal et le Canada, est-ce que vous continuez toujours à la mettre parmi les priorités ?

L’éducation continue d’être un secteur prioritaire dans nos domaines d’intervention au Sénégal. Nous sommes le plus important bailleur de fonds dans ce secteur. Mais je dois vous rappeler que depuis la dernière année, il y a un changement avec la décision prise par le Canada de mettre en œuvre une politique féministe d’aide internationale. C’était en juin 2017. Le Canada et le Sénégal ont toujours travaillé dans ce domaine, mais cette année, on a voulu s’assurer que les femmes sont au cœur de nos bénéficiaires en étant des actrices de la coopération. En éducation de base, 6 millions de manuels scolaires ont été distribués à travers tout le pays et ces manuels scolaires ont pris en compte les questions de genre pour s’assurer qu’on représentait les filles dans des rôles qui reflétaient bien leurs capacités et leurs compétences. Un des objectifs communs entre le ministère de l’Education et nous, c’était de s’assurer qu’il n’y ait plus de femmes dans les postes de direction et je peux dire qu’entre 2014 et 2017, il y a plus de 1000 femmes qui ont atteint des postes de responsabilité. Nous sommes d’ailleurs satisfaits de voir le ministre de l’Education nommer la première femme au poste de secrétaire général du département. Pour en revenir à la formation professionnelle, il faut dire que c’est un secteur très important et en pleine croissance.
On a plus d’une quinzaine de partenariats entre des lycées techniques au Sénégal et des collèges et lycées techniques au Canada. Ce partenariat est surtout orienté dans des secteurs qui répondent au besoin des différentes régions telles que les mines, l’agro-alimentaire. A travers ce partenariat, on forme des jeunes et des filles pour mieux répondre aux besoins de l’entreprise. Il s’agit de faire en sorte que ces jeunes puissent avoir des emplois productifs quand ils sortent de ces établissements. On travaille aussi avec des jeunes qui ne sont pas nécessairement scolarisés et l’on s’est basé sur un modèle qui existait déjà au Sénégal, c’est-à-dire les apprentis. On a formalisé un peu pour les encadrer et leur donner une meilleure certification. On parle aujourd’hui de quelque 2000 jeunes qui ont pu bénéficier de ces formations, avec bien évidemment des jeunes filles.
 
La revue annuelle de la coopération entre le Sénégal et le Canada est prévue ce 15 mai, quels vont être les points qui seront débattus ?

La revue annuelle vise, en effet, à faire le point sur les résultats de l’année écoulée. Egalement, elle permet de s’assurer qu’on est toujours bien aligné pour répondre aux priorités du Sénégal et qu’on fait place à l’innovation. Parce qu’il y a des enjeux qui sont spécifiques au Sénégal sur lesquels il faut s’attarder. J’en donnerai deux exemples avec le changement climatique qui affecte le Sénégal et bien d’autres pays. C’est important que la coopération ajuste ses priorités pour répondre à ces nouveaux besoins. Tout récemment, on a commencé une nouvelle initiative en Casamance pour mieux prédire la pluviométrie. On a mis à disposition des pluviomètres qui vont aider à développer des programmes de compensation pour les agriculteurs et agricultrices en fonction des saisons bonnes ou moins bonnes. L’autre exemple d’innovation, est qu’on travaille conjointement sur une initiative régionale à laquelle participe le Sénégal. Il s’agit de l’Institut africain des sciences mathématiques. Le Sénégal abrite l’un de ces centres disséminés un peu partout sur le continent et c’est un centre qui vise à former les jeunes à un plus haut niveau en sciences mathématiques pour répondre aux enjeux de l’heure. J’ai eu moi-même l’occasion de rencontrer des jeunes filles qui étudient des domaines comme la cyber-sécurité. On a même essayé de mettre en contact ces jeunes avec des entreprises qui sont très intéressées à disposer de cette expertise et de ce savoir-faire. On vérifie donc souvent pour voir que notre coopération évolue et répond constamment aux besoins du Sénégal.

Le Sénégal et le Canada partagent la grande famille de la Francophonie, comment entendez-vous renforcer les relations au sein de cette structure ?

La paix et la sécurité sont des domaines d’action de la Francophonie et à ce niveau, j’étais récemment avec le ministre des Forces armées du Sénégal et un représentant de l’Oif, plus précisément de l’Institut en formation et éducation de la Francophonie (Ifef) basé à Dakar. Ensemble, on ouvrait une formation pour les femmes policières ou cadres de 20 pays francophones. Quel meilleur exemple que je pourrai vous donner d’une collaboration où le Sénégal et le Canada travaillent pour s’assurer d’une part qu’on a plus de femmes dans des postes importants pour les opérations de paix dans les Nations Unies et d’autre part pour s’assurer qu’il y a des personnes bien formées en langue française dans les domaines des opérations de paix. Toujours dans le domaine de la Francophonie, on a récemment visité en compagnie de notre ministre de la coopération et de la Francophonie un lycée technique de Thiès.

Pourquoi cet intérêt sur les femmes jusqu’à vouloir mettre en place une politique féministe ?

Nous avons fait des consultations très vastes avant d’arrêter cette politique basée sur toutes ces consultations, y compris au Sénégal et dans les pays de la sous-région. Parce qu’on s’est rendu compte qu’investir dans l’égalité permettait de réduire la pauvreté et d’en arriver à un monde plus prospère, plus inclusif et plus juste. Ce n’est pas qu’on travaille exclusivement avec les femmes, mais c’est important de s’assurer que les femmes et les filles aient leur juste place et qu’elles puissent jouer leur rôle et connaître leurs droits. Parce que c’est gage de succès en termes de prospérité économique et social pour un pays.

Le combat contre le terrorisme reste un enjeu international et, actuellement, il y a un procès au Sénégal de présumés jihadistes, est-ce que le Canada partage le même point de vue que le Sénégal dans ce domaine ?

On travaille déjà dans des fora internationaux sur des enjeux relatifs aux thèmes de la paix et de la sécurité. On a aussi un programme de formation et de développement de capacités anti-terroristes dans la région du Sahel.
Au sein de la Francophonie, on œuvre pour s’assurer qu’on a des compétences en français pour appuyer les opérations de paix. Le Canada vient juste d’annoncer un appui opérationnel à la Munisma, en renforçant la capacité aérienne de cette mission des Nations Unies au Mali. On sait que le Sénégal est un grand contributeur de troupes au Mali. C’est donc un autre axe de notre coopération dans le domaine de la paix et la sécurité.

Le Sénégal s’apprête à organiser la 4ème édition du forum économique à Montréal, quelles sont, selon vous les opportunités d’affaires que le Sénégal peut tirer au Canada ?

Il faudra attendre que la mission envoyée soit de retour pour voir quelles sont les perspectives à explorer. C’est un forum économique qui est organisé par l’ambassade du Sénégal au Canada et il y aura une forte délégation sénégalaise qui y sera. On a travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement sénégalais pour discuter des investissements possibles, des opportunités d’affaires. Il faut rappeler qu’ici au Sénégal, nous avons un bureau du Québec et Montréal c’est au Québec. C’est aussi une collaboration avec cette province pour faire en sorte que le Sénégal soit mieux connu comme une destination d’affaires pour nos entreprises. Il est clair que nous avons déjà nos entreprises présentes ici. Le Canada est bien connu dans le domaine des ressources naturelles. On a beaucoup d’entreprises minières, mais le Canada a une grande expertise en pétrole et gaz.

Est-ce que dans un secteur comme le tourisme, le Canada ou les Canadiens sont intéressés par la destination Sénégal ?

Je pense que dans ce secteur, il y a encore un travail à faire. Mais le Sénégal est une destination qui gagne à être davantage connue par les Canadiens et les Canadiennes. Par contre, c’est une destination très prisée de beaucoup de nos programmes de coopérations volontaires et cela c’est une façon de faire connaître le pays. On accueille beaucoup de jeunes et de moins jeunes qui viennent connaitre le Sénégal à travers des programmes de coopération.

Propos recueillis par Maguette NDONG

 

Last modified on lundi, 14 mai 2018 10:44
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