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Mamadou Ndione, économiste, responsable de l’Apr : « Le pétrole et le gaz vont accélérer le développement inclusif du pays »

24 Mai 2018
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Selon le responsable de l’Alliance pour la République à Diass, dans le département de Mbour, Mamadou Ndione, le Sénégal pourra gagner, à terme, 80% des revenus de son pétrole et de son gaz après recouvrement des investissements. C’est pourquoi, M. Ndione qui est par ailleurs directeur général du Cosec estime que l’appel aux concertations sur les ressources naturelles est un acte patriotique qui va au-delà des partis politiques.

Diass abrite le nouvel aéroport international Blaise Diagne, quelles sont les nouvelles perspectives économiques que peut susciter cette infrastructure dans votre localité ?
Effectivement, depuis le 7 décembre 2017, l’aéroport international Blaise Diagne offre plus de perspectives à Diass. Le président Macky Sall a pu faire plus de 2/3 des travaux dans un cadre efficient faisant économiser au moins 100 milliards de FCfa au Sénégal et permettant à notre pays de contrôler 34% du capital de la société exploitant l’aéroport au moment où dans le premier schéma retenu par l’ancien régime, l’Etat n’avait rien dans ce capital. La perspective pour Diass est de s’adapter vite aux services connexes. Il faut reconnaître qu’il n’y avait pas, dans la commune, l’anticipation nécessaire pour créer un véritable réceptacle de ces services connexes. Dans un autre cadre, une commune accueillant le plus moderne des aéroports d’Afrique de l’Ouest tirera profit des retombées fiscales. L’ambition ne doit pas être seulement de compter sur la fiscalité, mais de bâtir une vision locale en adéquation avec les grands chantiers de l’État.

Dans les réseaux sociaux notamment, on voit vos soutiens demander qu’on vous confie la commune de Diass en 2019. Etes-vous candidat pour briguer ce poste ?
Les élections locales sont encore loin. Nous avons l’élection présidentielle à gagner pour permettre au Président Macky Sall de continuer son travail immense déjà palpable et largement bénéfique aux populations. Après l’élection présidentielle, on verra. Une chose est sûre, je n’ai pas d’ambition crypto-personnelle. Mon ambition est collective et j’ai eu en 2013 à partager ma vision locale dans un livre «20 axes du projet pour tous les villages de la future commune de Diass». Un an plus tard, en 2014, il y a eu la communalisation intégrale. Ma vision partagée avec mes concitoyens de Diass reste intacte. C’est une vision qui cadre avec celle du chef de l’État.

On s’achemine vers la présidentielle et les locales. Le département de Mbour est très stratégique, mais aussi trop disputé. Que fait l’Apr en particulier et la mouvance présidentielle en général pour le gagner ?
Dans le département de Mbour, l’Apr a un cadre unitaire autour du coordonnateur, le ministre directeur de cabinet du président de la République. Nous avons commencé un travail d’animation mensuelle dans les 16 communes du département. A Diass, tous les week-ends, nous sommes sur le champ politique avec des activités diverses.

Quel regard portez-vous sur les critiques formulées contre le pouvoir après la mort de l’étudiant Fallou Sène ? 
Le décès de l’étudiant Fallou Sène est très douloureux pour tout le peuple à commencer par le chef de l’État qui a beaucoup fait pour les universités. Je m’incline devant sa mémoire et présente mes condoléances à sa famille, au chef de l’État ainsi qu’à l’ensemble du peuple sénégalais. Il y a eu dysfonctionnement quelque part puisque l’État avait déjà pris les dispositions de paiement des bourses bien avant, en émettant les chèques. Que s’est-il passé ? Le chef de l’État a instruit l’Inspection générale d’Etat (Ige) pour y voir clair. En attendant, il a pris des mesures en changeant le recteur et le directeur du Crous. Les décisions et mesures correctives seront prises par le président de la République pour éviter ce genre de situation. Concernant les réactions de l’opposition, je crois que dans certaines situations, le silence est préférable au manque de délicatesse qu’on a noté dans les tentatives de récupération politique.

Vous vous intéressez à l’exploitation et à la gestion du pétrole et du gaz. Comment les rentes issues de ces ressources peuvent-elles donner un coup de fouet à l’émergence du Sénégal ?
Le Sénégal pourra gagner, à terme, 80% des revenus de son pétrole et de son gaz, après le recouvrement des investissements. Cela, si l’on se base sur : les 10 à 20% de Petrosen, les parts du Sénégal comprises entre 35 et 58% dans une fourchette comprise entre zéro à 120.000 barils/jour conformément aux contrats signés, les 25% d’impôts sur les sociétés quand l’exploitation va commencer, les impôts sur les salaires et autres. Cela sans compter les dizaines voire les centaines de milliers d’emplois à créer. Le chef de l’État qui est un des meilleurs spécialistes nationaux de ces questions pétrolières et gazières l’a très tôt compris. C’est la raison pour laquelle, il a, depuis lors, pris quatre mesures importantes. D’abord, il y a l'adhésion, depuis 2013, au processus Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), avec obligations de publications croisées des revenus tirés de ces ressources. Le citoyen peut librement consulter, dans le site web de Itie Sénégal, les contrats signés ainsi que les sommes versées par les entreprises exploitation et reçues par l’État. D’ailleurs, dans le dernier rapport de suivi de l’état de mise en œuvre de la norme Itie dans 51 pays, le Sénégal a été cité en modèle. Ensuite, il y a eu, en 2016, la mise en place du Comité d’orientation stratégique sur le Pétrole et le Gaz (Cos/Petrogaz) qui a pour mission d’assister le président de la République et le gouvernement dans la définition de la politique de développement du secteur pétrolier et gazier et d’assurer le suivi de la mise en œuvre. La troisième mesure est le lancement, en 2017, de l’Institut national du pétrole et du gaz dont les travaux de construction sont en cours pour un montant global de 20 milliards de FCfa, pour une durée de travaux de 14 mois. Enfin, la quatrième disposition majeure est l’appel à une réflexion autour de la question de la meilleure utilisation des ressources pétrolières et gazières qui ne commenceront à être véritablement exploitées qu’en 2021. Pour dire simplement que le président Macky Sall, en bon spécialiste des questions pétrolières et gazières, a pris les dispositions pour que cette manne profite aux générations actuelles et futures.

Est-ce que le pouvoir réfléchit aussi à des schémas économiques pour diversifier notre économie grâce à ces rentes ?
Aujourd’hui, nous avons un taux de croissance de 7,2% sans véritablement cette rente pétrolière et gazière. Nous sommes largement sur la voie de l’émergence à l’horizon 2035. Ces ressources pétrolières et gazières sont très importantes et permettront de booster, à la fois, nos politiques publiques et notre secteur privé en termes d’investissements massifs sur les infrastructures, le capital humain, les institutions et sur le tissu économique dans son ensemble pour créer plus de résilience de notre pays qui, ne l’oublions pas, est dans l’espace Cedeao et demain dans la Zone de libre échange continentale (Zlec), offrant un marché plus vaste. L’avantage du Pse avant l’exploitation de cette manne pétrolière et gazière est que la feuille de route est déjà balisée. Le pétrole et le gaz seront des sortes d’ascenseurs vers l’émergence qui, déjà, est sur les rails.

Il est aussi question de créer un fonds grâce à ces ressources mais aussi d’une loi d’orientation stratégique, quelles doivent être les priorités de ce fonds pour qu’il soit véritablement une arme beaucoup plus efficace en faveur du développement économique du Sénégal ?
Affirmatif, le chef de l’État entend proposer une loi d'orientation après une large concertation de tous les acteurs publics, privés, politiques et ceux de la société civile pour s'accorder sur une clef de répartition entre les budgets annuels d’investissement et de fonctionnement et la part à réserver aux générations futures à travers un Fonds souverain d’investissements. Comme je l’ai dit tout à l’heure, les revenus tirés du pétrole et du gaz, en plus d’accélérer la correction du gap infrastructurel, pourraient permettre, par exemple, de baisser nos impôts pour rendre notre économie plus compétitive. Elles permettront également d’avoir en interne beaucoup plus de leviers financiers pour nos entreprises nationales. Sans ces revenus déjà, le chef de l’État est en train de casser la transmission intergénérationnelle de la pauvreté avec des programmes comme la Cmu, le Puma, le Pudc, les bourses de sécurité familiale, etc. A partir de 2021, quand commencera l’exploitation de ces ressources, nous auront des leviers plus rapides et plus amples pour accélérer le développement inclusif. Le Président Macky Sall fait du social un atout pour l’économique et l’économique un facteur de distribution social des revenus. Il a déjà commencé par rétablir les équilibres macroéconomiques en lançant, dans la même séquence temporelle, des programmes sociaux et infrastructurels d’envergure.

Que pensez-vous de l’appel aux concertations sur le pétrole et le gaz lancé par le chef de l’État ?
Le Président Macky Sall est un adepte de la concertation. Il l’a fait dans le secteur de l’éducation, de la santé et dans l’entreprise avec la création du Haut conseil du dialogue social qui est cadre paritaire État-employeurs-travailleurs. Sur le pétrole et le gaz, l’appel du chef de l’État est pour que tous s’accordent sur l’utilisation de ces ressources afin d’éviter, demain, des situations de tensions fratricides. C’est un appel patriotique qui va au-delà des partis politiques. Il va sans dire que ceux qui sont intéressés par l’avenir du Sénégal répondront à cet appel. Les autres ont le droit de rester dans des postures rétrogrades et crypto-personnelles. C’est leur droit. Est-ce leur devoir ? Allez savoir. Ceux qui refusent de discuter de l’avenir du pays ont sans doute d’autres préoccupations crypto-personnelles.

Propos recueillis par Aly DIOUF et Babacar DIONE

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