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Toussaint manga, député, membre du parlement panafricain : «Le Sénégal a participé dignement à toutes les séances»

26 Mai 2018
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Elu vice-président du Caucus des jeunes de l’Afrique au Parlement panafricain, le député Toussaint Manga promet de porter la voix de la jeunesse du continent auprès de l’Union africaine pour la prise en compte de ses préoccupations. Dans cet entretien, le jeune député du Parti démocratique sénégalais (Pds) a abordé plusieurs questions dont le débat à l’Assemblée nationale, la candidature de karim Wade et la transhumance politique.

Vous venez de participer à une session du parlement de l’Union africaine (Ua) à Johannesburg, quel bilan en tirez-vous ?

C’était notre baptême de feu. C’était notre première entrée et nous avons prêté serment dès notre arrivée pour être membre à part entière du parlement. La session a coïncidé avec le renouvellement des instances du parlement. La situation n’était pas donc si favorable que çà pour nous, vu que nous avons trouvé sur place d’autres parlementaires qui ont siégé avant nous. Ces députés avaient la chance de se connaître et avait la possibilité d’avoir des leviers diplomatiques pour avoir des responsabilités dans le parlement. Toutefois, le Sénégal a participé dignement à toutes les séances.

Qu’est-ce qui a été déterminant pour que vous soyez membre du bureau de ce parlement continental ?

L’Assemblée nationale du Sénégal a été installée au mois de septembre et entre temps, il y a eu deux sessions en octobre et en mars auxquelles nous n’avons pas assisté. Nous étions donc bleus à la session qui s’est tenue récemment. Ce n’était pas alors évident. Mais le parlement panafricain a aussi ses réalités. Il est divisé en groupes sous régionaux (Ouest, Centre, Sud, Est et Nord). Au-delà de cette caractéristique, il y a des réalités linguistiques avec la division en francophones, anglophones, lusophones et arabophones. Ce sont là deux paramètres sur lesquels il faut jouer pour faire partie des membres du bureau. Dans le groupe de l’Afrique de l’Ouest, j’ai été porté à la tête du Caucus des jeunes, lequel Caucus a proposé ma candidature au poste de vice-président du Caucus du parlement pour la jeunesse panafricaine. Et puisque l’Afrique de l’Ouest n’avait pas présenté un candidat pour la présidence, ma candidature à la vice-présidence a été retenue. En ma qualité de médecin, j’ai été intégré dans la Commission Santé. Dans cette Commission, il y a un Caucus pour la lutte contre la Tuberculose dont je suis rapporteur et membre du bureau qui est constitué de trois personnes à savoir le président, le vice-président et le rapporteur.

Et quelle est la mission assignée au Caucus des jeunes ?

L’Afrique est un continent en majorité jeune et la jeunesse est très importante pour le développement du continent. Aujourd’hui,  dans la politique de l’Union africaine, la jeunesse est également importante. En tant qu’organe consultatif, le Caucus doit beaucoup travailler pour sensibiliser l’Union africaine et les Etats membres sur l’importance de la prise en charge de la politique liée à la jeunesse dans nos pays. Ainsi donc, il est impératif de mettre sur place, dans chaque parlement national, un Caucus pour la jeunesse.  

Quelle action concrète comptez-vous mener au Sénégal pour la jeunesse ?

Au Sénégal, il y a déjà un Réseau des jeunes parlementaires dirigé par mon collègue Abdou Mbow. Nous allons ensemble travailler en synergie et voir les préoccupations de la jeunesse et voir en tant que parlementaires le plaidoyer que nous pourrons faire pour améliorer les conditions des jeunes. Néanmoins, nous sommes dans un cadre macro et nous raisonnons en termes de continent. Autrement dit, le plan d’actions que nous pouvons faire au Sénégal sera intégré dans le plan d’actions global du parlement panafricain. Il n’y a pas une politique sectorielle pour le Sénégal seulement. C’est une politique globale et uniforme sur le plan continental.

Vous avez parlé de baptême de feu mais qui est toutefois couronné de consécrations, quel a été votre sentiment ?

Fier d’être Sénégalais. Ce n’était pas évident. Lorsque 54 Nations se retrouvent, chacun vient avec sa manière de penser, de voir les choses mais aussi fait état de ses préoccupations. Lorsqu’on est jeune et que l’on se bat pour représenter dignement son pays et pour faire partie de ces jeunes qui prennent des responsabilités pour le continent, on ne peut qu’être fier et se battre pour un bilan positif. Nous voulons, au soir de notre mandat, présenter un bilan positif à nos collègues qui nous ont fait confiance.

Vous êtes un jeune engagé et vous avez fait la prison, qu’est-ce qui explique cet engagement ?

Il n’y a rien de particulier. Il faut avoir des convictions : croire à quelque chose et croire en soi. Nous avons Me Wade comme référence et nous croyons à son projet de société qui est calqué sur le libéralisme. En tant que jeune politique, nous devons apporter notre contribution à l’édifice. Cela peut être dur, cela peut ne pas être facile mais quand on sait ce qu’on veut, on est prêt à s’engager, quelle que soient les difficultés.

Le 19 avril dernier à l’Assemblée nationale, vous avez cristallisé les attentions en déchirant le projet de loi sur le parrainage et en refusant de quitter le parloir. Comment expliquez-vous votre action ?

Le 19 avril, toute ma démarche était basée sur le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il est temps, pour nous, de redonner une autre image de l’Assemblée. La loi organique régissant le règlement intérieur de l’institution doit être respectée. Le député doit se respecter en respectant lui-même le règlement intérieur de l’institution. Depuis un certain moment, dans le fonctionnement de l’assemblée, le règlement intérieur est violé pour essayer de gérer de façon politique les choses. J’estime qu’en tant que jeune, on ne peut pas laisser cette pratique perdurer. Il est temps, aujourd’hui, que nous puissions avoir une Assemblée qui respecte les règles qui sont érigées. Si la majorité veut qu’il y ait sérénité au sein de l’institution, elle doit respecter le règlement intérieur sinon ce sera toujours ainsi. Dans le règlement intérieur, le premier tour est obligatoire. C’est à partir du second tour qu’on peut, au cas où il n’y a pas d’intervenants, voter. Malheureusement, ils nous ont imposé un vote sans débat et l’on a boycotté. Nous continuerons à nous battre pour qu’au sein de l’Assemblée, le règlement intérieur soit scrupuleusement respecté.

Justement, ces pratiques que vous dénoncez vous ont été reprochées lorsque vous étiez aux affaires, est-ce qu’il ne faudrait pas revoir le concept de majorité mécanique ?

Ce n’est pas là le problème. Le problème c’est l’acceptation du débat démocratique. Il faut respecter les textes qui régissent le fonctionnement de l’hémicycle. L’Assemblée est sacrée.

Mais lorsque vous étiez au pouvoir, on vous reprochait les mêmes pratiques…
Le 23 juin, il y a eu un débat à l’hémicycle. Les députés ont pris la parole. Ce que je reproche au président, c’est d’avoir refusé le débat interne. Quand on était  au pouvoir, la majorité votait les lois. C’est tout à fait normal. Par contre, je ne me rappelle pas, sous notre magistère, que la majorité ait eu à refuser la parole à l’opposition. Le député a le droit de poser des questions préjudicielles. Il a le droit de prendre la parole. On ne peut pas refuser cela aux députés. Il  a refusé le débat au premier tour. Le consensus ne peut pas être au dessus de la Loi. Si un autre jour, les droits de la minorité ne sont pas respectés, nous serons debout pour dire non.  Une présence des forces de sécurité ne nous empêchera pas de défendre nos droits.

A votre sortie de prison, vous aviez alerté contre les conditions de détention des détenus. Avez-vous le sentiment d’avoir été entendu ?

Dans la vie, l’expérience est utile parfois. Il n’y a jamais eu de bonnes conditions de détention à la prison de Reubeuss. Les problèmes continuent à persister. Si le ministre de la justice veut réellement connaître les problèmes des prisons, il doit faire des visites inopinées la nuit au moment où les détenus sont dans les cellules. Il verra comment ils dorment. En réalité, quand le ministre vient faire une visite, ce sont les chefs de chambre qui sont sélectionnés. Ces derniers ne vont pas dire les vrais problèmes, parce qu’ils ont peur de perdre ce privilège de  chef de chambre.  

Vous avez été leader du mouvement estudiantin, quelle appréciation faites-vous des problèmes qui secouent les universités ?

C’est triste. Le problème des bourses ne devait plus continuer à se poser. Lorsque Me Wade a réussi à passer du billetage à la bancarisation, les banques qui ont pris la garantie de payer doivent être en mesure de verser le montant de la bourse à chaque étudiant ayant droit en un seul coup. Qu’il y ait des lenteurs sur le paiement des bourses, il y a anguille sous roche dans la démarche que les gens utilisent pour payer. En observant la gestion de la crise, j’ai constaté que le gouvernement n’a pas mesuré l’ampleur et l’importance des problèmes des étudiants. Il a seulement discuté avec les étudiants de l’Ugb. Je me dis que le gouvernement essaie de noyer le poisson dans l’eau. Pour le gouvernement, en recevant les étudiants de l’Ugb, le problème est réglé. Ce n’est pas connaître le mouvement étudiant. Le président doit recevoir toutes les cinq universités pour trouver une solution globale.

Nous sommes à quelques mois de la présidentielle de 2019. Le débat sur la validité de la candidature de karim Wade est posé. Votre position ?

Karim Wade est candidat. Il  n’y a pas un débat. C’est le président Macky Sall qui veut instaurer un débat  parce qu’il ne veut pas l’affronter. Karim Wade sera candidat. Il viendra. Il battra campagne. Sur son retour, c’est à nous de choisir le timing. Nous rassurons les militants pour leur dire d’être prêts. Nous sommes le plus grand parti du pays. Personne ne peut éliminer notre candidat. Nous avons les moyens politiques pour imposer la candidature de karim Wade.

D’aucuns estiment que Karim Wade ne jouit plus de ses droits politiques et civils…
Cette question n’est pas juridique. Elle est politique. La candidature de karim Wade et celle de Khalifa Sall sont juridiquement valables.

Est-ce que votre candidat ne risque pas d’être en retard ?

Il n’y aura aucun retard. Nous avons sillonné le pays. Le Pds est en train de travailler. Nous avons demandé à nos militants d’être prêts. Ce n’est pas parce que Karim n’est pas là que nous ne travaillons pas. Le parti vit.

Ecartez-vous l’idée d’un plan B ?
Est-ce que le président Sall a un plan B ?  Notre parti a déjà investi Karim Wade.  

D’aucuns parlent de l’ancien Premier ministre Hadjibou Soumaré…
Je n’ai pas entendu parler de ça.

Quel regard portez-vous sur la démarche des responsables du parti qui ont rejoint le pouvoir ?
On n’y peut rien. Chacun a sa manière de voir. Chacun a sa dignité. En tant que jeunes, nous devons refuser la facilité. Eviter d’aller vers le côté sucrée. Pour qu’un pays se développe, nous avons besoin d’un régime qui travaille, mais d’une opposition très forte et vigilante qui pousse le pouvoir à travailler. Nous poussons Macky Sall à travailler. Ça aurait été difficile pour le pays si Macky Sall gouvernait sans opposition. Les pays où il n’y a pas une opposition forte vivent des dérives. Les Sénégalais doivent reconnaître que le Pds, en tant que parti d’opposition, joue un grand rôle pour le développement du pays.

Toussaint Manga transhumant, cela est-il possible ?
Jamais. Vous ne l’entendrez jamais.


Propos recueillis par Babacar DIONE?et Aly DIOUF

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