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Nicolas Ndiaye, Sg par intérim de la Ligue democratique : « Malgré les remous, notre parti est resté intact »

29 Mai 2018
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Nicolas Ndiaye, Sg par intérim de la Ligue democratique : « Malgré les remous, notre parti est resté intact » Photo d'archives

Le secrétaire général par intérim de la Ligue démocratique (Ld), Nicolas Ndiaye, réaffirme l’ancrage de son parti dans “Bennoo bokk yaakaar”. Dans cet entretien, le député a abordé plusieurs points de l’actualité dont la présidentielle de 2019, le remous que le parti a connus.

La Ligue démocratique a récemment connu des remous. Peut-on dire, aujourd’hui, que cette crise est du domaine du passé ?
Cela est du domaine du passé, parce que nous nous sommes séparés des camarades qui avaient mis en place un mouvement qui était illégal, contraire aux statuts et au règlement intérieur du parti. Nous nous sommes séparés d’eux et donc maintenant nous considérons que la page est tournée. Ils ont formé leur propre parti avec leur propre dénomination et donc nous sommes maintenant deux partis différents et chaque parti suit son chemin. Mais c’est regrettable. Je continue à penser que la séparation pouvait être évitée. Même s’il y a séparation, elle aurait pu se dérouler d’une autre manière. Ce qui a provoqué notre séparation a trait aux élections législatives. Certains voulaient qu’on aille seul, d’autres voulaient qu’on aille dans le cadre de Bennoo Bokk yaakaar. Nous nous sommes réunis en avril 2017 pour prendre une décision. Avant, des consultations avaient été faites. Sur les 45 fédérations, 42 ont été consultées. Les jeunes, les femmes, le troisième âge et les cadres ont été également consultés. Un plus grand nombre de militants voulait qu’on aille dans le cadre de Bennoo bokk yaakaar. Après les consultations, le bureau politique s’est réuni le 08 avril 2017. Après un large débat démocratique, on a voté d’une manière au bulletin secret et la majorité des militants des membres du bureau politique a voulu qu’on aille dans le cadre de Bennoo bokk yaakaar. Cette décision semblait être acceptée. Malheureusement, après les élections, des camarades se sont réunis pour mettre en place Ld debout, un mouvement dans le parti. Ce qui est anti statutaire. Malgré toutes les démarches, ils ne sont pas revenus dans le parti et en février, ils ont convoqué un prétendu huitième congrès de la Ld et ont décidé de mettre en place leur propre parti. Ce qui s’est passé est triste, lamentable mais heureusement que l’écrasante majorité de la Ld est toujours là. Le parti est resté intact. Mais cela est une leçon que nous tirons pour éviter au maximum ces situations dans l’avenir.

Qu’est-ce qui explique, à vos yeux, que la plupart des partis politiques qui ont marqué leur ancrage dans Bennoo bokk yaakaar ou ont fait le choix d’accompagner le président Maacky Sall se mettent à se déchirer ?
L’accusation simple et facile qu’on donne est que c’est Macky Sall qui divise. C’est la mouvance présidentielle qui divise. C’est entièrement faux. La division est interne au parti. Un parti, pour résoudre ses problèmes, doit faire fonctionner la démocratie interne. Un parti ou tout groupe d’hommes a un mode de fonctionnement, des règles écrites ou non écrites. Et pour les partis, ce sont des règles écrites. Quand la majorité va dans un sens, la minorité doit se soumettre. On doit chercher le consensus, mais si le consensus n’est pas possible, on doit faire fonctionner la règle de la démocratie. Et si la séparation est inévitable, il est plus mûr, plus responsable que les protagonistes puissent s’asseoir et se séparer  à l’amiable. Un parti a pour vocation la transformation sociale d’une société donnée en fonction de son idéologie, de sa sensibilité. Comme instrument de transformation sociale, le fonctionnement du parti doit préfigurer la société qu’on veut mettre en place. Si un parti veut mettre en place une société démocratique, elle doit commencer par l’instaurer à l’interne.

La Ld va-t-elle soutenir Macky Sall en 2019 ?
A moi seul, je ne peux pas vous dire ce que nous allons faire. Nous allons convoquer les instances régulières de notre parti, soit le bureau politique, soit le congrès qui est prévu pour les 06 et 07 octobre comme date indicative et nous allons prendre les décisions par rapport à la présidentielle. Mais par contre, par rapport à notre ancrage dans Bennoo bokk yaakaar, il n’y a pas de doute. Nous sommes toujours dans Bennoo bokk yaakaar. Depuis 2012, le président Macky Sall qui dirige le pays et la coalition Bennoo bokk yaakaar est en train de travailler. Bien sûr la perfection n’est pas de ce monde, mais nous pensons qu’il a assez bien travaillé et il a un bilan largement positif. En plus, nous nous concertons régulièrement en conférence des leaders. Il y a aussi le secrétariat exécutif de Bennoo bokk yaakaar qui est un cadre de concertations. Et dans ces cadres, chacun dit les choses comme il les voit. Macky Sall consulte régulièrement ses alliés. Par conséquent, nous maintenons notre ancrage dans Bennoo bokk yaakaar qui est une coalition plurielle qui tend à instaurer plus de démocratie dans notre pays, au lieu de la monarchie qu’on voulait instaurer. Et cette conception monarchique du pouvoir de la part du Pds est toujours là. Et çà constitue toujours un danger. La preuve est que c’est Karim Wade qui est le candidat du Pds et c’est le Pds qui est toujours le premier parti de l’opposition.

L’opposition continue de récuser le parrainage…
J’ai voté cette loi parce que je pense qu’elle est juste. Quand on veut prétendre être candidat à une élection présidentielle, c’est raisonnable. Parce que quand on ne peut pas être parrainé par 0,8 à 1 % des électeurs, c’est une illusion que de vouloir se présenter comme candidat, que de vouloir être président de la République. Tous les pays démocratiques usent du parrainage et même les pays qui n’en sont pas encore là,  arriveront inéluctablement au parrainage. Le parrainage permet de mettre en meilleure santé notre démocratie. Maintenant, la conséquence certainement c’est que ça va diminuer  le nombre des candidats en filtrant les candidatures fantaisistes. Et ce n’est pas une violation du secret du vote parce que le parrainage n’est pas un vote.

Une frange de l’opposition rejette l’appel à la concertation du chef de l’Etat. Vos commentaires ?
Macky Sall a appelé à une concertation sur plusieurs points. Après le vote de la loi sur le parrainage, il y aura une concertation sur le code électoral. Et cette concertation permettra de discuter avec l’opposition avec comme objectif qu’elle ait des garanties, soit rassurée grâce à certaines dispositions électorales que le parrainage ne pourra pas légalement éliminer des candidats d’une manière indue. Que l’opposition soit rassurée que le parrainage va se faire d’une manière très claire, que la sélection des candidats va se faire d’une manière très claire et tout le monde aura des garanties. Cette concertation n’est pas fermée et mon plus grand souhait est d’inviter toute l’opposition à venir.

Quid des concertations sur le pétrole et le gaz ?
Je souhaite que toute l’opposition vienne. Nos pays sont fragiles. Seule la concertation peut permettre d’aboutir à un consensus.  Sur le parrainage, les concertations permettront de fixer les règles du jeu par une entente commune. Plusieurs pays se sont déchirés à l’occasion d’élections. Le Sénégal heureusement n’a jamais connu ces déchirements. C’est un acquis important que nous devons maintenir et pour le maintenir, la concertation est un maître-mot. La concertation sur le pétrole et le gaz est aussi importante. Le pétrole constitue, dans beaucoup de pays, une malédiction. Dès qu’on découvre du pétrole quelque part, le pays est en feu et en sang parce que c’est d’énormes richesses. Et les compagnies pétrolières, je ne jette pas l’anathème sur elles, mais elles ne sont pas des enfants de cœur. On a vu des pays où des compagnies pétrolières ont des partis politiques. Des pays où elles financent des mercenaires, des milices ou des armées.

Le seul garant, c’est la vigilance citoyenne. C’est l’unité nationale. C’est pourquoi, une concertation regroupant l’opposition, le pouvoir, la société civile et les organisations représentatives des citoyens sur cette manne que Dieu a mis entre nos mains, peut nous aider à renforcer d’abord notre unité, ensuite à faire bloc pour parler d’une seule voix face aux compagnies pétrolières afin d’exploiter ces ressources naturelles au bénéfice du peuple sénégalais. Si nous ne sommes pas unis et nous ne faisons pas preuve de lucidité, le pétrole peut devenir une calamité au lieu d’être une manne pour le bien-être du peuple sénégalais. C’est pourquoi on doit prendre très au sérieux cet appel du président  au dialogue, à la concertation sur les ressources pétrolières et gazières.

Et nous avons une tradition de concertation et de dialogue dans ce pays qu’il nous faut maintenir.

Propos recueillis par Amadou DIOP

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