banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Youssou Diallo répond a mamadou Lamine Loum : «Dire que le Pse n’est pas un Plan prospectif ne résiste pas à l’analyse»

05 Jui 2018
634 times

Le président du Club Sénégal émergent juge réducteurs les propos de l’ancien Premier ministre, Mamadou Lamine Loum sur le Plan Sénégal émergent. Pour Youssou Diallo, le Pse a permis au Sénégal d’avoir des performances économiques jamais atteintes. C’est pourquoi, il estime que « dire que le Pse n’est pas un Plan prospectif ne résiste pas à l’analyse ».

L’ancien Premier ministre, Mamadou Lamine Loum, a porté un certain nombre de jugements sur le Pse. Quelle réponse apportez-vous ?
Le Premier ministre a fait un certain nombre de jugements sur le Plan Sénégal émergent. Lorsque je l’ai entendu, en tant que président du Club Sénégal émergent, non seulement j’étais très surpris, mais aussi j’ai été très déçu à cause de la considération et du respect que j’ai pour l’homme. Il est ancien Premier ministre et son jugement ne peut être considéré comme celui de n’importe quel intellectuel du pays. C’est un homme d’Etat de très haut niveau. C’est un ancien ministre de l’Economie et des Finances et de surcroit Premier ministre du Sénégal qui a joué un rôle important dans le pays sur le plan de la construction économique. De sa part, un argumentaire sur le Pse devrait avoir tout le sérieux et toute la rigueur nécessaires dans l’analyse. On a entendu quelques phrases péremptoires qui semblaient montrer qu’en vérité, le Pse n’en était pas un plan. C’est terrible, surtout que le Pse, sous la direction du président

Macky Sall, a permis au Sénégal de réaliser des résultats jamais atteints par notre pays, sur les plans économique et social. Mamadou Lamine Loum  a été ministre de l’Economie et des Finances, puis Premier ministre dans la période post dévaluation. Il est plus facile de mettre en croissance une économie post dévaluation qu’une économie normale. Dans une économie post dévaluation, on est dans une situation de déflation. Il est plus facile de réaliser des performances dans une situation de déflation que dans une situation économique normale. Mais en dépit de cela, les gouvernements successifs Sakho-Loum et du Premier ministre, Mamadou Lamine Loum  n’ont jamais atteint un taux de croissance de 6%. Du point de vue de l’évolution économique du pays, notre économie, comme le souligne un important document de la Banque mondiale, a eu, en 1961, un revenu par tête de 1.100 dollars. Et de 1961 jusqu’en 2015, l’action économique du gouvernement sénégalais a été une action de rattrapage du revenu par tête de 1961.

La dévaluation est intervenue après que le revenu par tête a atteint  le niveau de 840 dollars quand on a dévalué. Il avait décru. Ce n’est qu’avec le Pse, en 2015, que pour la première fois, depuis l’indépendance, le Sénégal rattrapait le revenu par tête de 1961 et le dépassait. Aujourd’hui, le revenu par tête du Sénégal, grâce à l’action du Pse, est au-dessus de 1.100 dollars. C’est un résultat palpable. La moindre  des choses était de reconnaître que le Pse a inversé la tendance  de contre-performance économique dans notre pays. Un document aussi sérieux que le Pse doit être analysé avec beaucoup d’attention. Il y a eu un certain nombre de caractérisations de la part de quelqu’un qui est un homme d’Etat. Mamadou Lamine Loum a eu des erreurs de jugement.  Nous attendons autre chose de lui. Il pouvait faire une critique objective du Pse en montrant ses acquis et ses limites. On aurait accepté. Mais quand il cloue au pilori le Pse de cette façon, il va nous être difficile de l’accepter.

Il estime que le Pse est un programme de gouvernement, mais pas un de développement…
Le Pse est un Plan à long terme qui est partagé en séquences de  cinq ans. Ce sont ces séquences qu’on peut appeler programme de gouvernement. Nous venons de terminer le Programme d’actions prioritaires 2015-2019. Nous allons entrer dans le programme d’actions prioritaires 2019-2023. Le Pse, en lui-même, est un plan de développement économique et social sur le long terme.  De ce point de vue, il s’est trompé dans l’argumentaire. Le Pse est un plan prospectif dans le sens que le plan prospectif peut être défini  comme une évolution future de la société  et qui permet de dégager des éléments. Le Plan prospectif est un plan dont la démarche, vise par une approche rationnelle et holistique,  à préparer aujourd’hui ou demain. Le Pse définit les contraintes et les risques de l’économie sénégalaise. Il dégage des visions, des scénarios par rapport à l’évolution tendancielle de l’économie sénégalaise. Il définit un certain nombre de ressources à affecter à notre économie pour atteindre les objectifs futurs.  Dire que le Pse n’est pas un Plan prospectif ne résiste pas à l’analyse.

Partagez-vous ses propos selon lesquels le Pse n’est pas un projet de société ?
Il faut que les gens soient un peu plus modestes. Les deux projets de société qui s’affrontaient au 20ème siècle sont  le capitalisme et le socialisme. Pour le capitalisme, ce sont l’économie de marché, la liberté et la concurrence. Pour le socialisme, ce sont la suppression de l’économie de marché, la nationalisation des moyens de production et la prise du pouvoir par le prolétariat. Aujourd’hui, tout le monde se réclame de l’économie de marché, de la liberté. Nous n’avons plus des luttes pour des projets de société. Nous avons des luttes pour la mise en œuvre de projets politiques. Ces projets politiques  sont assis sur des projets de développement économique et social  pour donner un mieux être aux populations.  Parler de projet de société dans la société où nous vivons est réducteur. Et ça ne correspond pas à une réalité bien complète. Quand il dit que le Pse n’est pas un projet de société, ni un plan du peuple, nous  ne comprenons pas. En démocratie, un plan du peuple n’existe pas. Du point de vue de la République, le peuple est défini comme l’ensemble des personnes soumises aux mêmes lois et qui forment une nation. En d’autres termes, le peuple est la somme de l’ensemble des personnes. Est-ce qu’en démocratie on peut avoir un programme de développement économique et social dans lequel l’ensemble des citoyens se retrouvent ? Ce n’est pas possible. Ce serait la pensée unique.

Un plan du peuple n’existe pas en démocratie. Par contre, on peut avoir une vision politique sous jacente qui permet d’élaborer un plan de développement économique et social. Pour le cas du Sénégal, le Yonou Yokouté a été le programme qui a permis au président, Macky Sall, de faire une offre politique que les Sénégalais ont adoptée et qui lui a permis d’aller au second tour. A partir du second tour, il a fallu faire un certain nombre de réajustements avec sa coalition pour gagner les élections. Le président Sall a su que la société sénégalaise est une société démocratique où il n’y avait pas une pensée unique. Même le point de vue pour lequel les Sénégalais avaient voté n’était pas la parole d’évangile. Et le Yonou Yokouté qui a inspiré son plan de développement économique a été ajusté pour en faire un plan de gouvernement où se retrouvent ceux qui avaient voté pour lui et ceux qui avaient voté contre.

Propos recueillis par Babacar DIONE

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.