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Politique (4768)

En meeting de massification, la coalition “Bennoo Bokk Yaakaar” de Sadio, conduite par le maire Sidy Ndiaye et le conseiller à la présidence, Ndongo Ndiaye, a profité de la réunion des femmes pour renouveler l’engagement à réélire le président Macky Sall, dès le premier tour.

«J’ai signé un pacte avec vous comme je l’ai signé avec toutes les femmes de la région de Diourbel et du Sénégal, conformément au souhait de Son Excellence Macky Sall, le président  de la République. Ma politique n’a pas de limites. La seule chose que je vous demande, c’est  d’aider le Président dans sa politique pour un deuxième mandat pour qu’il réalise ses ambitions pour les femmes et le peuple sénégalais, conformément à sa feuille de route », a déclaré Gallo Bâ responsable de l’Alliance pour la République dans le département. Il présidait un meeting de la coalition, “Bennoo Bokk Yaakaar” à Sadio.  Devant le maire de Sadio, Sidy Ndiaye et Ndongo Ndiaye, Conseiller du chef de l’Etat et les femmes qui sont sorties en masse, Gallo Bâ a indiqué que cette partie du département de Mbacké n’est pas en reste dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent.

Les femmes ont promis de jouer les premiers rôles pour la victoire du camp présidentiel dans la commune de Sadio. Le maire de Sadio, Sidy Ndiaye, a félicité Gallo Bâ et lui a réitéré son engagement et sa détermination à l’accompagner  dans sa politique de vulgarisation des projets du chef de l’Etat. Ndongo Ndiaye, conseiller du chef de l’Etat, a invité les militants de l’Apr et ceux de ses alliés de Bby à plus d’ouverture, pour massifier la coalition et remporter les élections dès le premier tour.  « Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’enjeu est unique, c’est la réélection du Président Macky Sall au premier tour en 2019. Ainsi, nous devons nous entendre, travailler ensemble pour le seul et unique objectif qu’est la réélection du Président Macky Sall. Il faut aussi s’ouvrir et accueillir à bras ouverts les nouveaux venus », a-t-il lancé. Evoquant l’affaire Idrissa Seck, il a invité les populations de Mbacké en particulier, et celles du Sénégal en général à s’abstenir d’écouter « les responsables politiques sans bilan qui cultivent l’appartenance confrérique, pour assouvir des ambitions politiciennes ».

Mamadou DIEYE

 

Conseiller en planification et maire de la commune de Sindian, située dans le département de Bignona, Yancouba Sagna est aussi leader du mouvement politique «Bourabé». Dans cet entretien, il revient sur son soutien à la réélection du président Macky Sall et sur son compagnonnage avec Ousmane Sonko. Ainsi, pour le maire de Sindian, l’ambition du président de la République recoupe la vision de son mouvement.

Monsieur le maire, qu’est-ce qui motive votre soutien au Président Sall à la prochaine présidentielle?

Nous n’avons fait qu’accepter la main tendue du président de la République en rapport à sa volonté de prendre en charge les besoins de nos populations, de résoudre les problèmes de notre localité. Dès l’instant qu’il a accepté de tenir compte de notre vision, encore une fois, nous acceptons de soutenir le président  dans sa volonté de faire davantage pour le pays et en particulier pour nous autres qui avons dit «Bourabé». « Bourabé» est un mouvement qui participe au développement économique, social, culturel et environnemental de son cher Sénégal, de sa localité, de son terroir. Ce qui nous mobilise, ce sont des actions pour l’équilibre,  l’équité et le développement de nos populations, le développement de nos terroirs. C’est un mot diola qui signifie « le jour se lève ». Pour dire que le moment est venu, mobilisez-vous pour la réalisation de vos préoccupations, pour le développement. C’est dire donc que nous sommes prêts pour nous engager dans la voie de soutenir le président pour 2019 et nous y allons avec détermination. Parce qu’aussi, le Président a dit qu’il a entendu le cri de cœur du «Bourabé». C’est cela notre objectif, et c’est la raison pour laquelle nous soutenons le président dans son ambition qui recoupe notre vision.

Est-ce à dire qu’aujourd’hui la page d’Ousmane Sonko avec qui vous avez cheminez lors des dernières législatives  est définitivement tournée ?

Nous avons toujours dit «Bourabé». Même lorsqu’on a travaillé durant les dernières législatives, nous l’avions fait dans une coalition qui s’appelle «Ndaw Askan Wi» avec comme tête de liste Ousmane Sonko. Lors du référendum, nous avions travaillé avec le Président de la République qui nous avait demandé de le soutenir pour qu’on puisse travailler pour le développement de notre localité, de nos populations. Nous avions travaillé avec le président. Par la suite, lors des législatives, nous avons émis notre volonté de  prendre en charge les préoccupations de nos populations en demandant de nous  investir comme candidat mais les gens ne nous ont pas suivi en disant qu’on n’est pas représentatif. Nous avons dit alors allez-y et Sonko nous a tendu la main et nous avons dit que nous sommes prêts à travailler pour les populations. Ce qui nous mobilise ce sont les préoccupations de nos populations. Ce que nous avons fait c’est de répondre à l’appel du président en restant «Bourabé». « Bourabé» continue de rester «Bourabé» mais le mouvement continue de soutenir le président de la République. Ce que nous demandons c’est que tout ce qui est politique de territorialisation puisse arriver chez nos populations. Que les politiques publiques puissent arriver à nos localités.
Concrètement, comment vous comptez  réussir cet accompagnement du  président en 2019 ?

C’est en mettant à sa disposition, l’arsenal, la logistique et la stratégie « Bourabé ». Maintenant comme nous l’avons dit et lui avons signifié, nous sommes disponibles à respecter l’engagement que nous avons pris, à aller à la base pour dire aux populations que le Président est disposé à accompagner  notre volonté, notre développement. Ce que nous pouvons faire, c’est prendre date avec lui et travailler dans ce sens. On ne s’engage pas à moitié, on n’y va à fond. Pour rappel, sur l’ensemble des communes du pays, seule la commune de Sindia a été gagnée par la coalition « «Ndaw Askan Wi» que nous avons soutenue lors des dernières législatives. Et ce n’est pas négligeable.

Propos recueillis par Amadou DIOP

 

Le sommet du G7 remplit l’état fédéré du Québec. De Chicoutimi à Ontario en passant par Ottawa, Montréal et Québec, les Sénégalais sont venus de partout, malgré le ramadan, pour accueillir leur chef d’Etat, le temps d’un sommet. Une rencontre entre la communauté sénégalaise et le Président Macky Sall est prévue ce soir au château Frontenac de Québec.

La rencontre entre le Président Macky Sall et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, est prévue dimanche 9 juin aux environs de 10h. Mais bien avant cela, le président de la République va accorder plusieurs audiences dans le cadre de sa visite officielle au Canada, dans le Québec. Déjà, la ville de Québec a mis ses beaux atours. Les drapeaux provençaux et national flottent sur les principales artères de la ville, devant le Palais des congrès, au centre-ville, à Charlevoix et à Richelieu.

Le programme du chef de l’Etat, Macky Sall est connu. Toutes les dispositions sont prises pour une éclatante participation au sommet du G7 qui s’ouvre ce vendredi dans la province du Québec.

L’accueil solennel et populaire prévu par la communauté sénégalaise est bien planifié. C’est à 16 heures que le Président est attendu au pays de l’érable (Canada). Au château Frontenac, sis dans le vieux Québec, au salon Montmagny, une rencontre est prévue avec la communauté sénégalaise de 18h 40 à 21 heures. Le lendemain, le Président Sall devra rencontrer son homologue  Kenyan, aux environs de 11h. Vers 13h 30, il est prévu une rencontre avec les responsables de l’Apr, avant celle avec le Premier ministre québécois, Philippe Couillard. Une réception offerte par M. Couillard en l’honneur du Président Macky Sall est prévue à 17h avant le dîner offert par la gouverneure du Canada.

La cérémonie officielle du G7 est prévue samedi. Madame l’ambassadeur, Viviane Laure Bampassy et ses collaborateurs  ont accompagné les citoyens sénégalais dans cette mobilisation qui se veut populaire et solennelle, à en croire Fatoumata Gaye du réseau des femmes rurales du Fouta au Canada.

Une sécurité garantie
La gendarmerie royale du Canada, la police, le Gis (Groupe intégré de sécurité) quadrillent et veillent au grain. Malbaie, et autres environs sont des zones sensibles.  Les lieux de manifestations contre l’événement sont connus. Les écoles dans ces périmètres à risques seront fermées. Mieux, un communiqué des services de police, transmis par  Mme Côté de la police, renseigne que «tous les secteurs de la ville, du 7 au 9 juin, demeureront accessibles». «Tout va fonctionner», rassure-t-elle. De leur côté, les marcheurs du Réseau de résistance anti G7, peaufinent aussi leurs stratégies tout comme ceux de  «Vision mondiale».

Mamadou Aicha NDIAYE
à Québec

 

Le Président Macky SALL a réuni le Conseil des ministres, mercredi 6 juin à 11h, au Palais de la République.

Entamant sa communication sur la consolidation du dialogue national autour de la gouvernance vertueuse, transparente de nos ressources naturelles et la Conférence nationale sur le développement durable le Chef de l’Etat salue la bonne tenue de la troisième édition de cette rencontre.

Ainsi, le Président de la République salue la participation remarquable de tous les acteurs concernés, félicite le ministre de l’Environnement et du Développement durable et ses services pour le succès de ces assises ainsi que la pertinence des recommandations retenues.

En outre, le Chef de l’Etat rappelle sa décision, prise en 2014, d’instituer l’organisation de la Conférence nationale sur le Développement durable pour marquer davantage sa volonté de préserver et de valoriser, avec l’implication effective de toutes les forces vives de la Nation, notre patrimoine de ressources naturelles face aux risques écologiques et économiques et les dégradations de l’Environnement.

Dès lors, le Président de la République indique que c’est dans cet esprit que le Comité d’Orientation stratégique sur le Pétrole et le Gaz (COS- PETROGAZ) a été mis en place et l’Institut National du Pétrole et du Gaz (INPG) créé, pour consolider la dynamique de gestion concertée, responsable et transparente des ressources naturelles du Sénégal.

A ce titre, le Président de la République informe le Conseil du lancement, le 12 juin 2018, des travaux du Dialogue national sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières afin d’instaurer une Gouvernance inclusive et transparente de nos ressources naturelles et d’asseoir un consensus national durable sur les orientations stratégiques qui encadrent le développement, au service exclusif de la Nation, de l’industrie pétrolière et gazière.

Poursuivant sa communication autour de la bonne organisation des examens et concours sur l’ensemble du territoire national, le Président de la République se félicite du réaménagement consensuel du calendrier scolaire et de la stabilisation progressive de la situation dans les universités et écoles d’enseignement supérieur. Ainsi, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions pour une parfaite organisation des examens et concours, notamment le Baccalauréat, sur l’ensemble du territoire national en veillant notamment, à l’implantation optimale des centres d’examens, à la sécurisation impérative des épreuves des différents examens et au paiement, à temps, de toutes les indemnités et autres frais réglementaires accordés aux enseignants examinateurs et superviseurs.  

Rappelant par ailleurs, l’importance stratégique de la modernisation du système de transport dans la consolidation des activités économiques sur l’ensemble du territoire national, le Président de la République engage le Gouvernement, sur la base de modes de financement adaptés, à soutenir les initiatives et partenariats innovants afin d’intensifier le renouvellement du parc national de véhicules de transport, notamment celui des gros porteurs.

A ce titre, le Président de la République demande également au Gouvernement de procéder, dans les meilleurs délais, à l’évaluation technique et financière de tous les programmes de renouvellement des véhicules de transport urbains et interurbains mis en œuvre.

Le Chef de l’Etat a terminé sa communication sur le suivi de la coopération, des partenariats et son agenda diplomatique.

Le Premier ministre a rendu compte de la coordination des activités gouvernementales.

Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur à fait le point de la situation africaine et internationale.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a fait le point de la conjoncture économique nationale et internationale.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a rendu compte de l’état d’avancement de la préparation de la campagne agricole.

Le ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de Vie a fait part aux membres du Conseil de l’évaluation à mi-parcours, du Programme décennal de Gestion des Inondations (PDGI 2010 – 2022).

Le ministre du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des PME, a fait une communication portant sur la création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF).

Le ministre en charge du suivi du PSE a fait le point de l’état d’avancement des projets et réformes.

Au titre des textes législatifs et réglementaires, le conseil a examiné et adopté :

  • le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier les conventions sur les Privilèges et immunités du Fonds mondial de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme ;
  • le projet de loi portant Code des Communications électroniques ; le projet de loi portant statut du « DAARA ».

NOMINATIONS
Au titre des mesures individuelles, le Président de la République a pris les décisions suivantes :
  • Monsieur Oumar SOW, Géographe Urbaniste, est nommé Directeur général de l’Urbanisme et de l’Architecture au ministère du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de Vie ;
  • Monsieur Mamadou Alpha SIDIBE, Géographe, précédemment Directeur de l’Aménagement et de la Restructuration des Zones d’Inondation, est nommé Directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations au ministère du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de Vie ;
  • Monsieur Al Hassane DIOP, Economiste, précédemment en service à la Direction des Financements et des Partenariats Public-privé, est nommé Directeur des Financements et des Partenariats public-privé au ministère de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat, poste vacant ;
  • Monsieur Mamadou Alhousseynou SARR, Ingénieur-statisticien-économiste, est nommé Directeur des Stratégies et de la Prospective au ministère de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat, poste vacant ;
  • Monsieur Ibra DIAKHATE, Aménagiste, titulaire d’un DESS en Aménagement, Décentralisation et Développement territorial, est nommé Inspecteur technique au ministère du Tourisme.

 

Les députés ont voté, vendredi dernier, plusieurs lois relatives « aux substances appauvrissant la couche d’ozone, au travail dans la pêche, etc. Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a défendu l’ensemble de ces projets devant les députés.

Les députés ont adopté le projet de loi n° 09/2018 autorisant le président de la République à ratifier la convention n°185 de l’Oit sur le travail maritime et le projet de loi n°15/2018 autorisant à ratifier la convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers et des lacs internationaux, signée le 17 mars 1992, à Helsinki. Ainsi, pour la loi autorisant le président de la République à ratifier l’amendement au protocole de Montréal sur les substances appauvrissant la couche d’ozone, adopté à Kigali le 15 octobre 2016, le ministre Sidiki Kaba a d’emblée indiqué que l’amendement de Kigali s’inscrit dans la logique de la remédiation aux dommages cubes par la couche d’ozone par l’homme. Ainsi, «le Sénégal gagnerait à ratifier cet instrument important pour la protection de l’environnement, les générations actuelles et futures, pour être en cohérence avec ses orientations politiques, économiques et sociales et ses engagements internationaux», a-t-il indiqué.  Quant à la loi autorisant le président de la République à ratifier la convention n° 188 de l’Oit sur le travail dans la pêche, elle permettra aux pêcheurs et au secteur de la pêche, de disposer également d’un ensemble complet de normes couvrant les différents domaines du droit social. En clair, l’objet de la convention est de veiller à garantir un travail décent aux pêcheurs du monde entier par le biais d’un instrument juridique moderne susceptible d’être largement ratifié.

Au sujet de la loi autorisant le président de la République à ratifier la convention n°185 de l’Oit sur le travail maritime, elle constitue un nouveau traité international à part entière qui a été élaboré en réaction à la précarité ambiante qui caractérisait le travail maritime. «L’objectif de cette présente convention, de l’avis du ministre, est de garantir, à tous les marins, le droit à un travail décent, d’assurer aux marins une meilleure protection en cas d’abandon ou d’invalidité de longue durée dues à un accident de travail, de renforcer les réglementations nationales en matière de contrôle des navires et de respect des obligations des armateurs envers leurs employés.

  Enfin, la loi autorisant le président de la République à ratifier la convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers et des lacs internationaux devrait permettre d’améliorer la gestion des eaux transfrontalières, tant de surface que souterrains. «Elle a également contribue à la mise en place d’une plateforme qui permet aux parties de discuter de la coopération en matière d’eau transfrontalières et de partager les connaissances et les expériences dans de nombreux domaines liés a la gestion et à la protection de l’eau», a éclairé le ministre qui a rappelé que le Sénégal est l’un des pionniers dans la gestion durable des cours d’eau transfrontaliers.

Amadou DIOP

Les femmes de “Bennoo bokk yaakaar” ont manifesté leur souhait et leur engagement à réélire le président Macky Sall en 2019.

« Nous devons agir en synergie afin de massifier la coalition pour une grande victoire », a lancé Ndèye Marème Badiane, présidente des femmes de la coalition “Bennoo Bokk Yaakaar”.

Elle s’exprimait en marge de la conférence religieuse animée par Oustaz Pape Macodou Hanne, sur le thème « La place de la femme dans la société et dans la religion ». Cette conférence organisée par les femmes de “Bennoo” a eu pour parrain, le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne. Vêtues de boubous blancs, les femmes de la mouvance présidentielle se sont fortement mobilisées. L’objectif, selon la présidente, Ndèye Marème Badiane, était de montrer l’importance du thème de cette année et surtout l’implication des femmes dans les instances de décisions. Elle a rappelé la considération et l’estime qu’avait la femme dans les sociétés anciennes. « Il est temps de retourner aux valeurs traditionnelles et religieuses pour la bonne gestion du pays », souligne-t-elle. La ministre d’Etat a également souligné l’implication des femmes dans la justice. «Nous devons être engagées  et marquer fortement notre présence dans la justice. Montrer au monde entier que la femme a partout sa place », a-t-elle dit.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

La Rencontre des  acteurs et mouvements pour l’émergence (Rampe)  dénonce les propos du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) qui a appelé le président Macky Sall à démissionner ou à renoncer à sa candidature en 2019.

Pour la Rampe, les propos du Front patriotique pour la défense de la République sont des propos antidémocratiques, un aveu d’échec à l’avance. «J’ai tenu à faire un point de presse parce que le Front patriotique pour la défense de la République a, de façon hasardeuse, puisque aucun argumentaire n’est derrière, demandé la démission du président de la République ou qu’il renonce à sa candidature à la prochaine  élection présidentielle. L’opposition ne pose jamais un débat sur le bilan mais plutôt un débat subjectif parce qu’on a le meilleur programme dans ce pays», a dénoncé Hamady Dieng, le coordinateur de la Rampe. M. Dieng a précisé que l’investiture du candidat Macky Sall ne relève pas de l’opposition. Selon lui, elle relève des militants de la coalition du président et de tous les Sénégalais épris de paix et de justice et qui souhaitent voir le développement harmonieux du pays. Pour le coordinateur de la Rampe, aucune autorité encore moins une opposition ne peut demander à un président de la République, ou à un Sénégalais de renoncer à sa candidature.

«Dans un contexte où presque on est à 6 mois des élections, comment une opposition, sans aucune raison, sans aucun argument et au regard des résultats fabuleux  contenus dans le bilan du président Macky Sall, de façon péremptoire, peut se lever gratuitement pour demander à un président  de la République, légitiment élu et qui a droit à un deuxième mandat et qui l’obtiendra, de démissionner ?», s’est-il interrogé. Il a affirmé que le Sénégal n’est pas en crise.

«Les institutions de ce pays fonctionnent correctement. Il n’y a aucune difficulté. Toutes les questions de la République sont prises en charge. Les crises dans des secteurs peuvent arriver, mais regarder la maîtrise, la façon avec laquelle le président est en train de les régler, de les prendre en charge. C’est un signe de maturité et de responsabilité», a-t-il appuyé. «Nous ne laisserons donc personne nous divertir autour des questions qui ne sont pas d’actualité. Je suis convaincu que cela rélève d’une fuite en avant de gens qui ont compris qu’ils ont totalement perdu parce que même pour rassembler les 65.000 signatures  de parrainage, ils sont dans le doute», a dit Hamady Dieng. Le leader de la Rampe n’a pas manqué d’appeler la classe politique, de façon générale, et particulièrement la mouvance présidentielle, à construire son unité autour du président de la République pour définitivement installer les fondamentaux de l’émergence de demain. «Mais en même temps, nous appelons nos frères qui militent dans  l’opposition à savoir raison garder. La démocratie se construit sur un dialogue certes, mais il faudra que ce dialogue soit accepté par tous les acteurs. Le dialogue se construit sur la base des idées, des propositions, et toute autre démarche est une démarche rétrograde qui fait reculer le Sénégal», a-t-il soutenu. Sur la crise scolaire, il a regretté l’usage fréquent de la violence, invitant à l’apaisement et à la compréhension. Dans ce sens, il a confié que le président n’a jamais cherché à diviser les étudiants.

Amadou DIOP

Le responsable de l’Alliance pour la République dans le département de Ziguinchor et d’autres soutiens du chef de l’Etat ont porté sur les fonts baptismaux le mouvement « Ufmd/Doolel Kollere » qui va œuvrer pour le renforcement de la base affective du chef de l’Etat en Casamance et dans les autres contrées.

En plus de mener des activités politiques pour élargir l’électorat du président Sall, les acteurs du mouvement « Ufmd/Doolel Kollere » comptent participer à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse). « Nous voulons construire l’avenir ensemble », lit-on dans le communiqué. Selon le texte, le mouvement comprend quatre organes, à savoir un bureau politique et d’orientation (Bpo), un Comité exécutif (Ce), un Directoire politique national (Dpn) et des Comités territoriaux de développement (Ctd). Justifiant les raisons de la création du mouvement, le communiqué signé par le secrétaire général, Yaya Diao, maire de Samine, rappelle « qu’au sortir des élections législatives de 2017, après presque une année de constats, d’analyses des actions et activités politiques, économiques et sociales, Doudou Kâ et ses camarades qui s’étaient déjà regroupés au sein d’un autre mouvement ont décidé d’innover en mettant en place une nouvelle dynamique politique plus élargie, plus représentative, plus durable et plus inclusive de toutes les forces qui la composent ».

« Le Mouvement Ufmd/Doolel kollere va contribuer significativement à la réélection du président Macky Sall au premier tour à la prochaine élection présidentielle et permettra de construire l’avenir, ensemble », souligne le document.

B. DIONE

Le mouvement « Agir pour l’émergence » a été lancé, à Dakar par Mamadou Thiam, membre du Pôle de communication de la présidence de la République. Il entend œuvrer pour la réélection de Macky Sall.

Membre du pôle Communication de la présidence de la République, Mamadou Thiam a procédé au lancement du mouvement « Agir pour l’émergence » pour œuvrer à la réélection du président de la République, Macky Sall, à la présidentielle de 2019. « Pour que la dynamique de l’émergence puisse être poursuivie, il est essentiel de consolider le leadership du président, Macky Sall, qui a une ambition pour les Sénégalais d’aujourd’hui et ceux de demain », a déclaré Mamadou Thiam. Le lancement a eu lieu en présence de plusieurs responsables de la mouvance présidentielle, dont le ministre d’Etat auprès du président de la République, Mbaye Ndiaye, Seydou Guèye, Porte-parole du gouvernement, Elhadji Hamidou Kassé, coordonnateur du pôle communication de la présidence. « Nous ne pouvons pas rester insensible à tant de compétences, à tant de résultats palpables, mesurables et vérifiables », a souligné Mamadou Thiam. « Il est impossible de travailler avec cet homme sans adhérer à sa vison », a-t-il insisté.

Le président du mouvement “Agir pour l’émergence” a dit que sa structure est composée essentiellement de technocrates convaincus par le leadership du président de la République. « Nous allons l’accompagner politiquement à travers la mobilisation. Nous allons aussi l’accompagner à travers la communication. Nous allons aussi l’accompagner dans la mise en œuvre réussie des politiques publiques », a-t-il lancé. Le mouvement entend sensibiliser sur les réalisations du président de la République à travers le slogan « Macky mofi diar, diar nafi liguey nafi ». Mamadou Thiam a annoncé également le démarrage d’un programme dénommé «jang diarigne sa rew» dans l’optique de permettre aux jeunes créateurs de projet d’avoir un métier.

Babacar DIONE

Le parti And Jëf /Parti africain pour la démocratie et le socialisme/Authentique (Aj/Pads/A) a organisé, avant-hier, un débat sur la gestion des ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz. 

Aj/Pads/A a indiqué qu’une aube nouvelle se lève avec des enjeux systémiques inéluctables sur la vie socioéconomique du pays avec la découverte de pétrole au Sénégal. «Elle fera fi des deux modèles que sont le libre-échange et l’interventionnisme de l’Etat. En matière d’exploitation du pétrole, le modèle dominant est le libéralisme porté par les multinationales face aux altermondialistes dont les positions ne font pas encore le poids face aux forces de l’argent. Il va falloir donc faire preuve de réalisme et coopérer avec les majors tout en défendant les intérêts de notre pays», lit-on dans une déclaration sanctionnant la fin des travaux.

Selon la note, le débat a été enrichi par les communications de panélistes de haut niveau dont Mazide Ndiaye, membre du groupe consultatif de la Banque mondiale, ayant travaillé sur la gestion du pétrole au Tchad et Pape Toure, juriste pétrolier, expert maritime en logistique du pétrole, doctorant sur les questions du pétrole et responsable des cadres d’Aj/Pads/A. Ils se sont intéressés, entre autres, aux questions liées à la destination envisagée de la production, à l’utilisation prévue des revenus générés, aux formes de partage envisagées, à la manière de faire profiter les couches vulnérables de cette nouvelle manne, etc. Ainsi, «les différentes interventions ont permis de dégager des recommandations fortes qui seront approfondies par un groupe de travail. Ce groupe élaborera un document qui fondera la position du parti sur les questions concernant la gestion du pétrole et du gaz » renseigne en outre le document.

A. DIOP

L’antenne du Club Sénégal émergent (Cse) de Pikine a été installée, samedi, à l’occasion d’une cérémonie tenue au théâtre de verdure Fodé Dossouba.

L’antenne de Pikine est la seconde antenne déconcentrée du club installée après celle de Paris et la première sur le territoire national.

Après avoir remercié le maire de Pikine qui est venu avec une forte délégation du conseil municipal, le président du Cse a magnifié la présence massive des imams, des autorités coutumières et politiques, en un mot de toutes les populations du département. Il a ensuite présenté les membres du bureau du Cse présents et a rendu un vibrant hommage à messieurs Oumar Sow coordonnateur du pôle développement des antennes déconcentrées et Mansour Sow coordonnateur de l’antenne de Pikine. Pour synthétiser son argumentaire, le président du Cse a déclaré que sur le plan des ressources humaines, Pikine réunit les qualités requises pour l’émergence.

Revenant au thème choisi: «bilan des réalisations et perspectives du Pse dans le département de Pikine», Youssou Diallo a précisé que le club joue son rôle de structure de veille et d’alerte et surtout de force de proposition pour le Pse.

«Entre ceux qui disent que tout va mal et ceux qui disent que tout va bien, il y a la réalité sur laquelle le club appelle les populations de Pikine à se prononcer de manière objective et participative afin de dessiner des perspectives», a-t-il souligné.  Il a précisé que les conclusions et recommandations issues des échanges seront transmises par le Cse au président de la République.  Youssou Diallo a laissé entendre que depuis 2014, le Pse, «sous la conduite éclairée et experte du président Macky», a enregistré des résultats remarquables sur tous les plans économique, social, humain, infrastructurel, constatables partout. «Mais, pour améliorer de manière décisive les conditions des populations, ces performances doivent être consolidées et amplifiées sur, au moins, une période de 5 à 7 ans. Pour terminer, il déclare que Pikine est une vitrine concrète pour illustrer que le Pse avance dans la bonne direction», a-t-il soutenu.

Abdou DIOP

Le chef de l’Etat a reçu, hier, une délégation de la commission de l’Union africaine conduite par le commissaire en charge du commerce et de l’industrie. Au menu des discussions, la mise en œuvre de la zone de libre échange continental. Une zone qui va booster le développement économique et social de l’Afrique. 

Israël vient de nommer un nouvel ambassadeur au Sénégal. Il s’agit de Roi Rosenblit, un diplomate chevronné qui a en charge le département Iran et Irak au ministère israélien des Affaires étrangères. Agé de 50 ans, Roi Rosenblit qui va remplacer  Paul Hirschson en août prochain a une expérience de 24 ans dans la diplomatie israélienne.

« J’espère que nous allons travailler avec le gouvernement sénégalais et tout  le peuple sénégalais pour donner un nouvel élan à nos relations », nous a confié le diplomate qui dit modestement qu’il vient à Dakar « pour apprendre ». En effet, le nouvel ambassadeur d’Israël à Dakar a servi, au cours de sa riche carrière diplomatique, au Qatar, à Oman, en Russie et au Caire. Dakar va donc être son premier contact avec l’Afrique sub-sahrienne. Polyglotte et grand connaisseur du Moyen-Orient, Roi Rosenblit parle notamment l’anglais, l’arabe et unpeu le russe. Il a commencé à apprendre le français. Le nouvelambassadeur d’Israël à Dakar est marié et père de trois enfants.

M. NDONG

Le président du Club Sénégal émergent juge réducteurs les propos de l’ancien Premier ministre, Mamadou Lamine Loum sur le Plan Sénégal émergent. Pour Youssou Diallo, le Pse a permis au Sénégal d’avoir des performances économiques jamais atteintes. C’est pourquoi, il estime que « dire que le Pse n’est pas un Plan prospectif ne résiste pas à l’analyse ».

L’ancien Premier ministre, Mamadou Lamine Loum, a porté un certain nombre de jugements sur le Pse. Quelle réponse apportez-vous ?
Le Premier ministre a fait un certain nombre de jugements sur le Plan Sénégal émergent. Lorsque je l’ai entendu, en tant que président du Club Sénégal émergent, non seulement j’étais très surpris, mais aussi j’ai été très déçu à cause de la considération et du respect que j’ai pour l’homme. Il est ancien Premier ministre et son jugement ne peut être considéré comme celui de n’importe quel intellectuel du pays. C’est un homme d’Etat de très haut niveau. C’est un ancien ministre de l’Economie et des Finances et de surcroit Premier ministre du Sénégal qui a joué un rôle important dans le pays sur le plan de la construction économique. De sa part, un argumentaire sur le Pse devrait avoir tout le sérieux et toute la rigueur nécessaires dans l’analyse. On a entendu quelques phrases péremptoires qui semblaient montrer qu’en vérité, le Pse n’en était pas un plan. C’est terrible, surtout que le Pse, sous la direction du président

Macky Sall, a permis au Sénégal de réaliser des résultats jamais atteints par notre pays, sur les plans économique et social. Mamadou Lamine Loum  a été ministre de l’Economie et des Finances, puis Premier ministre dans la période post dévaluation. Il est plus facile de mettre en croissance une économie post dévaluation qu’une économie normale. Dans une économie post dévaluation, on est dans une situation de déflation. Il est plus facile de réaliser des performances dans une situation de déflation que dans une situation économique normale. Mais en dépit de cela, les gouvernements successifs Sakho-Loum et du Premier ministre, Mamadou Lamine Loum  n’ont jamais atteint un taux de croissance de 6%. Du point de vue de l’évolution économique du pays, notre économie, comme le souligne un important document de la Banque mondiale, a eu, en 1961, un revenu par tête de 1.100 dollars. Et de 1961 jusqu’en 2015, l’action économique du gouvernement sénégalais a été une action de rattrapage du revenu par tête de 1961.

La dévaluation est intervenue après que le revenu par tête a atteint  le niveau de 840 dollars quand on a dévalué. Il avait décru. Ce n’est qu’avec le Pse, en 2015, que pour la première fois, depuis l’indépendance, le Sénégal rattrapait le revenu par tête de 1961 et le dépassait. Aujourd’hui, le revenu par tête du Sénégal, grâce à l’action du Pse, est au-dessus de 1.100 dollars. C’est un résultat palpable. La moindre  des choses était de reconnaître que le Pse a inversé la tendance  de contre-performance économique dans notre pays. Un document aussi sérieux que le Pse doit être analysé avec beaucoup d’attention. Il y a eu un certain nombre de caractérisations de la part de quelqu’un qui est un homme d’Etat. Mamadou Lamine Loum a eu des erreurs de jugement.  Nous attendons autre chose de lui. Il pouvait faire une critique objective du Pse en montrant ses acquis et ses limites. On aurait accepté. Mais quand il cloue au pilori le Pse de cette façon, il va nous être difficile de l’accepter.

Il estime que le Pse est un programme de gouvernement, mais pas un de développement…
Le Pse est un Plan à long terme qui est partagé en séquences de  cinq ans. Ce sont ces séquences qu’on peut appeler programme de gouvernement. Nous venons de terminer le Programme d’actions prioritaires 2015-2019. Nous allons entrer dans le programme d’actions prioritaires 2019-2023. Le Pse, en lui-même, est un plan de développement économique et social sur le long terme.  De ce point de vue, il s’est trompé dans l’argumentaire. Le Pse est un plan prospectif dans le sens que le plan prospectif peut être défini  comme une évolution future de la société  et qui permet de dégager des éléments. Le Plan prospectif est un plan dont la démarche, vise par une approche rationnelle et holistique,  à préparer aujourd’hui ou demain. Le Pse définit les contraintes et les risques de l’économie sénégalaise. Il dégage des visions, des scénarios par rapport à l’évolution tendancielle de l’économie sénégalaise. Il définit un certain nombre de ressources à affecter à notre économie pour atteindre les objectifs futurs.  Dire que le Pse n’est pas un Plan prospectif ne résiste pas à l’analyse.

Partagez-vous ses propos selon lesquels le Pse n’est pas un projet de société ?
Il faut que les gens soient un peu plus modestes. Les deux projets de société qui s’affrontaient au 20ème siècle sont  le capitalisme et le socialisme. Pour le capitalisme, ce sont l’économie de marché, la liberté et la concurrence. Pour le socialisme, ce sont la suppression de l’économie de marché, la nationalisation des moyens de production et la prise du pouvoir par le prolétariat. Aujourd’hui, tout le monde se réclame de l’économie de marché, de la liberté. Nous n’avons plus des luttes pour des projets de société. Nous avons des luttes pour la mise en œuvre de projets politiques. Ces projets politiques  sont assis sur des projets de développement économique et social  pour donner un mieux être aux populations.  Parler de projet de société dans la société où nous vivons est réducteur. Et ça ne correspond pas à une réalité bien complète. Quand il dit que le Pse n’est pas un projet de société, ni un plan du peuple, nous  ne comprenons pas. En démocratie, un plan du peuple n’existe pas. Du point de vue de la République, le peuple est défini comme l’ensemble des personnes soumises aux mêmes lois et qui forment une nation. En d’autres termes, le peuple est la somme de l’ensemble des personnes. Est-ce qu’en démocratie on peut avoir un programme de développement économique et social dans lequel l’ensemble des citoyens se retrouvent ? Ce n’est pas possible. Ce serait la pensée unique.

Un plan du peuple n’existe pas en démocratie. Par contre, on peut avoir une vision politique sous jacente qui permet d’élaborer un plan de développement économique et social. Pour le cas du Sénégal, le Yonou Yokouté a été le programme qui a permis au président, Macky Sall, de faire une offre politique que les Sénégalais ont adoptée et qui lui a permis d’aller au second tour. A partir du second tour, il a fallu faire un certain nombre de réajustements avec sa coalition pour gagner les élections. Le président Sall a su que la société sénégalaise est une société démocratique où il n’y avait pas une pensée unique. Même le point de vue pour lequel les Sénégalais avaient voté n’était pas la parole d’évangile. Et le Yonou Yokouté qui a inspiré son plan de développement économique a été ajusté pour en faire un plan de gouvernement où se retrouvent ceux qui avaient voté pour lui et ceux qui avaient voté contre.

Propos recueillis par Babacar DIONE

Si l’on ne se fie qu’aux statistiques relevant de la conduite de la politique sociale initiée par le Président de la République, sans nul doute, Macky Sall est aujourd’hui, six ans après son accession au pouvoir, à un niveau de performance jamais atteint par l’un de ses trois prédécesseurs qui ont été à la tête du pays de 1960 à 2012. Des avancées qui ont directement et positivement impacté la condition de la femme, de l’enfant, et du travailleur, pour ne pas dire les couches les plus vulnérables de la société sénégalaise.

66,5 milliards de FCfa pour doter 300.000 ménages de bourse de 25.000 FCfa
L’instauration de la Bourse de sécurité familiale pour les familles défavorisées, conditionnée à des critères de revenus, d’inscription et d’assiduité à l’école des enfants, afin de combattre les injustices sociales et les inégalités pour une meilleure répartition des richesses nationales, n’a pas relevé d’une chimère. Ce programme qui a bénéficié, jusqu’ici, de 66,5 milliards de FCfa de crédits budgétaires, a permis de mettre à la disposition de 300.000 ménages pauvres, une bourse de 25.000 FCfa par trimestre pendant 5 ans. Soit 100.000 FCfa par an, pour renforcer leurs moyens d’existence et capacités éducatives et productives. Cette année, ce sont 40 milliards de FCfa qui sont prévus pour ce programme phare du président Macky Sall.
 
La Cmu, c’est 52,7 milliards de FCfa au bénéfice de 2.469.804 Sénégalais, 11.321 césariennes gratuites
Dans la même veine, la mise en œuvre du programme de Couverture maladie universelle (Cmu), en vue d’améliorer l’accès aux soins pour tous et de relever le taux de couverture de l’assurance maladie de 20% à 75%, a mobilisé des ressources internes de 39 milliards de FCfa entre 2013 et l’année dernière.

En 2018, ce sont 13,7 milliards de FCfa qui sont programmés pour ce programme. Au total, en six ans, 50 milliards de FCfa ont été mobilisés en faveur de la Cmu. Quels résultats ont produit ces concours financiers ? D’une part, ils ont permis de porter le nombre de mutuelles de santé à 675 et d’enrôler 2.469.804 bénéficiaires dont 1.482.942 membres des ménages bénéficiaires du Programme national de bourses de sécurité familiale (Pnbsf) et 17.192 détenteurs de la Carte d’égalité des chances.

D’autre part, cela a permis de prendre en charge 11.321 femmes dans la gratuité de la césarienne, 2.499.665 cas d’enfants de moins de cinq ans pour des consultations curatives, 556 malades souffrant d’insuffisance rénale chronique. Toutes choses qui ont permis que le taux de couverture du risque maladie de la population générale atteigne 47% en 2017.
L’hémodialyse passe de 10.000 FCfa à… la gratuité

Toujours soucieux du bien-être familial, Macky Sall a mis fin, trois ans seulement après son accession à la magistrature, au cauchemar que subissait une bonne frange de la population sénégalaise : les insuffisants rénaux. Le 1er juillet 2012, entre en vigueur la gratuité de l’hémodialyse. Cette nouvelle mesure d’une haute portée sociale parachève l’allègement de la prise en charge des personnes souffrant de l’insuffisance rénale chronique.

Pour l’apprécier à sa juste valeur, il faut savoir que jusqu’à une période récente, chaque patient dépensait, en moyenne, 6 millions de FCfa par an. En 2010, la séance passait de 35.000 FCfa à 10.000 FCfa dans le public et 60.000 FCfa dans le privé. La prise en charge par l’Etat de ces dépenses ruineuses est une vraie bouffée d’oxygène pour ces milliers de Sénégalais insuffisants rénaux. Enfin, cette mesure de gratuité est accompagnée par la construction et l’équipement de centres de dialyse pratiquement dans toutes les régions du Sénégal.

Macky Selfie Jeunes

Baisses du loyer (entre 29 et 4%), des droits d’enregistrement (de 5 à 1%)
Si Macky Sall a compris que la santé n’a pas de prix, pour initier les politiques hardies précitées, sans nul doute, il a su qu’un toit sûr est au cœur des préoccupations des familles sénégalaises. C’est dans cette optique qu’il faut comprendre sa volonté d’endiguer la poussée inflationniste qui frappait les prix des loyers des locaux à usage d’habitation, qui affecte considérablement les revenus des ménages et qui anéantit les efforts faits pour accroître le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Ainsi, en janvier 2014, il décide de la baisse substantielle du coût du loyer, soulageant les budgets des ménages d’une charge jusqu’ici pesante et incompressible. Cette baisse est de 29% pour les loyers inférieurs à 150.000 FCfa, 14 % pour ceux compris entre 150.000 et 500.000 FCfa, et 4% pour ceux dépassant 500.000 FCfa.

Egalement, pour soulager les ménages, l’Etat fait de la promotion de l’habitat social une des priorités de sa politique sociale. C’est ainsi que la production de logements sociaux est passée de 4.000 en 2012 à 7.200 en 2015 et 10.000 en 2016. Avec ce rythme soutenu, les 15.000 logements inscrits dans le Plan Sénégal émergent (Pse) seront facilement atteints.

Transformation gratuite des titres précaires en titres fonciers

Et le 22 février 2017, en réunion du Conseil des ministres, Macky Sall prend une autre décision révolutionnaire : la transformation gratuite des titres précaires en titres fonciers, par la simplification de procédures et la sécurisation des transactions.
 
Avec un nombre de 122.206 titres fonciers recensés au Sénégal, la résolution prise par le Chef de l’Etat pour la régularisation des titres précaires va permettre aux populations concernées de se doter d’un titre foncier pour une meilleure sécurité, et d’accéder facilement, et de manière gratuite, à la pleine propriété foncière.
 
Enfin, dans ce domaine, il n’est pas inopportun de relever la baisse de 5 à 1% des droits d’enregistrement sur les transactions immobilières pour l’habitat social.
 
Baisse de 15% sur les factures d’électricité, gain de 30 milliards de FCfa pour les consommateurs
Avoir un toit pour loger sa famille est une chose. Pouvoir faire face aux charges qu’induit cet acquis n’est pas évident. Alors, Macky Sall décide d’agir sur une de ses charges domestiques qui plombent le plus le pouvoir d’achat des ménages : le coût de l’électricité. Et il décide de sa réduction matérialisée par une baisse de 10% de la grille tarifaire, qui permet aux masses populaires sénégalaises d’économiser 15% de leurs anciennes factures bimestrielles d’électricité.

Ainsi, une famille qui payait 10.000 FCfa d’électricité économise 1.500 FCfa tous les deux mois. Cette baisse représente un gain de 30 milliards de FCfa en faveur des consommateurs. Et le futur promet d’autres baisses substantielles. Grâce à nos récentes découvertes de gaz et de pétrole, de nouvelles opportunités s’offrent à notre pays d’assurer son indépendance énergétique.

Hausse des salaires après que l’Etat a renoncé à 29 milliards de FCfa de recettes fiscales annuelles
Parallèlement au combat qu’il a engagé pour doter le Sénégal de mécanisme aidant à éradiquer la précarité sociale, Macky Sall s’est soucié, toujours à l’entame de son magistère, au mieux-être des salariés. Et l’une des mesures phares de la refonte de la fiscalité en 2013, a été la baisse minimale de 29 milliards de FCfa par an sur les salaires. Cette mesure de haute portée sociale est salutaire dans la mesure où le salaire connaît une hausse. En effet, l’Etat a renoncé annuellement à des recettes pour améliorer et renforcer le pouvoir d’achat des salariés et, par ricochet, leur niveau de vie. C’est pour la première fois, dans l’histoire du Sénégal, qu’un gouvernement diminue, de manière aussi substantielle, la fiscalité sur les travailleurs.

Le renforcement du pouvoir d’achat du salarié apparaît aussi en filigrane dans une autre mesure prise en faveur de l’employeur, constitutive d’un allègement des obligations déclaratives pour les entreprises intermédiaires. Celles-là qui ont un chiffre d’affaires variant entre 50 et 200 millions de FCfa, et qui acceptent de travailler avec un centre de gestion agréé, bénéficient d’un abattement fiscal de 15%.

Triplement de la retraite des Fonctionnaires ; revalorisation pour les enseignants et les étudiants
Etant compris que tout travailleur est appelé, un jour, à faire valoir ses droits à une retraite, Macky Sall a cru bon de réformer la retraite complémentaire. Une mesure salutaire appréciée à sa juste valeur - surtout par le corps enseignant qui représente plus de 60% de l’ensemble des fonctionnaires -, qui a consisté à mettre en place un second régime de retraite dont le taux de cotisation sera de 6%, réparti entre l’Etat et les agents fonctionnaires, en raison respectivement de 3,6% et 2,4%. Cette réforme, qui a été discutée pendant deux ans, entre en vigueur cette année. Elle a un impact budgétaire de 5,9 milliards de FCfa en 2018 répartis comme suit : un montant de 4,7 milliards dans la masse salariale (titre 2) en termes de part de l’Etat ; un autre de 1,2 milliard en transferts courants aux universités.

Ce dernier montant que l’Etat doit consentir concerne deux composantes essentielles. D’une part, l’élargissement de l’assiette cotisable à l’Indemnité spéciale de recherche-formation (Isrf) du personnel universitaire à hauteur de 575 millions de FCfa. D’autre part, il s’agit de la hausse du taux de remplacement de la pension du personnel universitaire à 70% aux retraités de 2018 et de 2019 ; à 80% à ceux de 2020 et 2021 ; et enfin à 85% à partir de 2022.

Il convient de préciser que ce rapport, qui est actuellement de 20%, passe ainsi, avec la réforme, à 45% ; puis à 70% avec la subvention de l’Etat, soit un effort de 25 points de pourcentage ; avant d’être plafonné à 85%, soit encore un effort additionnel global de 40%. Pour rappel, le taux de remplacement correspond au rapport entre la première pension de retraite et le dernier salaire net.

En définitive, les retraités de l’enseignement connaîtront plus qu’un triplement de leurs pensions de retraites à partir de 2018. En année pleine, l’impact budgétaire serait de 11,2 milliards. A l’Assemblée nationale, l’opposition et la majorité ont unanimement voté le texte.

Si dans le volet infrastructures des secteurs de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, il est incontestable, au regard des réalisations, que Macky Sall a fait mieux que tous ses prédécesseurs réunis, il en est de même dans l’investissement humain.

En ce qui concerne les enseignants, en sus des 29,4 milliards de FCfa déjà inscrits dans le budget 2018, dans les rappels qui leur sont dus, une allocation supplémentaire de 20 à 25 milliards par an leur a été accordée. Sans compter la revalorisation substantielle de leur indemnité de logement qui va passer de 60.000 à 100.000 FCfa par mois. Cette augmentation se faisant sur la périodicité suivante : 15.000 FCfa en octobre 2018 ; 10.000 FCfa en janvier 2019 ; 10.000 FCfa en janvier 2020.

Enfin, ces mêmes enseignants vont bénéficier des acquis de la loi 2018-12 du 30 mars 2018, qui crée un régime complémentaire de retraite pour l’ensemble des fonctionnaires civils et militaires. Ce qui leur permettra de conserver, à la retraite, un niveau de vie comparable à celui de leur période d’activité, et qui nécessitera des ressources budgétaires nouvelles de 9 milliards de FCfa.

Last but not least, les dernières mesures prises par le président de la République en faveur des étudiants. Au cours du Conseil des ministres du 30 mai 2018, il a été décidé la baisse des prix des tickets de repas, l’augmentation du montant des bourses et des aides sociales et la dotation en moyens de transport, pour un coût global de 8.16 milliards de FCfa.

Le Pracas ou les acquis annonciateurs d’une révolution agricole
Pr 8 MarsUne forte majorité de la population sénégalaise s’activant dans l’agriculture, ce domaine ne pouvait que relever d’une priorité dans les politiques initiées par Macky Sall, qui l’a logé à bonne enseigne dans le Plan Sénégal émergent (Pse). Intitulé Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas), il opérationnalise le volet agricole du Pse. Pour sa première phase, ce programme avait principalement pour objectifs : l’autosuffisance en riz en 2017 avec une production de 1.600.000 tonnes de riz paddy ; l’optimisation des performances de la filière arachidière avec une production, en 2017, de 1.000.000 tonnes et un volume d’exportation de 100.000 à 150.000 tonnes par an.

Quels résultats à ce jour ? En 2017, la production de riz est évaluée à 1.011.269 tonnes, soit un taux de réalisation de 63,20% par rapport à la cible (1.600.000 tonnes) et une hausse de 6,94% par rapport à 2016. Comparée à la moyenne des cinq dernières années, elle a enregistré un taux de croissance de 52,45 %. Ce résultat s’explique, en partie, par les efforts fournis par l’Etat à travers la mise en valeur des terres. Les superficies rizicoles en 2017 ont augmenté de 7,76% par rapport à 2016. Ce qui corrobore la poursuite des efforts de l’Etat pour la relance de la riziculture et l’atteinte de l’autosuffisance en riz.

La production d’arachide s’établit à 1.405.223 tonnes en 2017, soit un taux de réalisation de 140,5% par rapport à la cible (1.000.000 de tonnes). Elle a connu un accroissement de 41,74% par rapport à la campagne agricole 2016-2017 et de 72,17% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. On note une tendance à la hausse de la production similaire à celle des superficies qui sont passées, pendant la même période, de 708.986 ha à 1.254.048 ha. Cette dynamique résulte des efforts entrepris par l’Etat dans la reconstitution du capital semencier. Pour la campagne agricole 2017-2018, la quantité de semences d’arachide certifiée mise en place s’établit à 55.000 tonnes. A ces facteurs, s’ajoutent la poursuite du renforcement du matériel agricole et la redynamisation de l’industrie de transformation de l’arachide.

La production céréalière est évaluée à 2.516.466 tonnes en 2017 sur un objectif 2.795.000 tonnes, soit un taux de réalisation de 90% et une hausse de 18% par rapport à 2016 et de 73 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Ce résultat s’explique, entre autres, par l’augmentation de 2,44% des superficies emblavées qui sont passées de 1.664.147 ha à 1.704.718 ha en 2017. Ceci, grâce aux efforts consentis par l’Etat dans la mise en place d’intrants de qualité et d’équipements agricoles.

S’agissant de la valeur ajoutée du secteur primaire, elle est passée de 821,78 milliards de FCfa en 2016 à 886,76 milliards de FCfa en 2017, soit une hausse de 8%. Le poids du sous-secteur agriculture dans la valeur ajoutée du secteur primaire dépasse, en moyenne, 54% sur la période 2012-2017.

30 milliards de FCfa pour concrétiser «joni» les rêves des femmes et jeunes entrepreneurs
Les jeunes et les femmes étant au début et à la fin des politiques de Macky Sall, cette année, il a initié l’entrepreneuriat rapide. C’est un budget de 30 milliards de FCfa qui est mis à disposition dans l’optique de promouvoir, d’encourager et d’accompagner l’entrepreneuriat des femmes et jeunes du pays.

Il s’agit de financements directs et rapides des entrepreneurs, de la garantie auprès des institutions financières et bancaires, de la promotion d’investissements innovants et l’accompagnement financier de projets catalyseurs et à fort effet de levier auprès des partenaires du Sénégal. La semaine prochaine, interviendra le déblocage des premiers financements.

Réalisé par Yakham C. N. MBAYE

L’examen du projet de loi N° 16/2018, autorisant le président de la République à ratifier l’Accord de coopération inter-état (Aci) portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs du champ Grand-Tortue-Ahmeyim, entre le Sénégal et la Mauritanie, a été une occasion, pour certains députés, de soulever la question de la clé de répartition à 50/50.

Ce partage équitable n’a pas été du goût de certains représentants du peuple qui ont interpelé, hier, le gouvernement avant de proposer le retrait dudit texte. Mieux, un amendement de la disposition relative à la clé de répartition des ressources entres les deux Etat a été même proposé. Mais quoique légitime par rapport au souci affiché pour la préservation et la sauvegarde des intérêts du peuple sénégalais, la représentation parlementaire doit faire confiance à l’équipe de techniciens sénégalais qui a, depuis 2015, participé, de New York, au siège de l’Onu, en passant par Paris, Dakar et Nouakchott, aux nombreuses séances de négociation pour proposer un document consensuel aux chefs d’Etat, objet de l’Accord.

En effet, ce document juridique communément appelé Aci n’est rien d’autre qu’un cadre de coopération entre les deux pays pour le développement et l’exploitation commune du gisement en partage. A travers cet accord, le Sénégal et la Mauritanie ont ainsi défini et fixé les conditions et les modalités, selon lesquelles les coûts y afférents ainsi que la production et les produits qui en découlent doivent être répartis équitablement à 50/50 des revenus.
Cette clé de répartition s’est d’abord fondée sur un heureux hasard qui a installé au bon milieu de la frontière maritime entre nos deux pays, un gisement de gaz naturel (voir carte). L’autre raison de partage repose sur la pratique de la prise en charge solidaire des charges d’exploitation pour les deux Etats à côté des compagnies partenaires que sont le nouvel opérateur British Petrolum (Bp) et Kosmos Energy. Le protocole d'entente permet de travailler au développement précoce du domaine, maximisant ainsi la valeur pour toutes les parties prenantes. Mais pour que les travaux de production puissent être lancés, il fallait nécessairement que l’Aci entre en vigueur à travers les instruments de ratification, selon les législations en vigueur dans nos deux pays. Aujourd’hui que c’est fait, pour la partie sénégalaise, il en sera de même pour Nouakchott pour le démarrage du projet de production. Mais sur le plan plus technique, d’autres négociations ont porté sur la fiscalité appliquée aux sociétés de service, l’accord d’unitisation et d’exploitation du champ, un accord sur le marketing du gaz naturel, le plan de développement du champ et la décision finale d’investissement.

Mbaye Sarr DIAKHATE

Les députés ont adopté, hier, dans leur écrasante majorité, le projet de loi autorisant le président de la République à ratifier l’accord de coopération inter-Etats portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs du champ Grand Tortue/Ahmeyim (Gta) entre le Sénégal et la Mauritanie, signé le 09 février 2018, à Nouakchott. Les ressources de gaz de ce champ sont évaluées a près de 560 milliards de mètres cubes, reparties équitablement entre les deux pays.

Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur qui défendait, hier, cette loi, a fait comprendre que la découverte a fait l’objet de travaux d’évaluation suivis d’essais de production entre 2016 et 2017. «Il en découle que les préliminaires bases sur le modèle dynamique effectué à partir de données sismiques 3D et de celles recueillies des puits ont révélé d’importantes ressources récupérables pour les réservoirs Gta évaluées a près de 560 milliards de mètres cubes, reparties équitablement entre les deux pays. Ces gisements se trouvent à cheval sur leur frontière maritime », a expliqué Me Sidiki Kaba. Aussi, dans l’exposé des motifs et du préambule de l’Accord, il ressort que des travaux de forage entrepris dans chacune des zones économiques du Sénégal et de la Mauritanie ont révélé l’existence de resserves de gaz naturels et l’existence des réservoirs du Champ Grand-Tortue/Ahmeyim (Gta) situés de part et d’autre de la frontière internationale maritime. Ainsi, au sens du présent Accord, le « champ » désigne tous les horizons géologiques, les réservoirs et les zones renfermant du gaz naturel situés au-dessus du périmètre de l’unité jusqu’à la profondeur qui sera définie d’un commun accord et spécifiés dans les décrets portant autorisation d’exploitation.

En rappelant que l’accord-cadre qui lie nos deux pays remonte au 14 janvier 2016  et porte sur la délimitation, l’évaluation, le développement et l’exploitation des ressources communes d’hydrocarbures de la zone, le ministre des Affaires étrangères a rapporté que les parties ont manifesté leur désir de s’accorder sur les conditions et les modalités efficientes inhérentes au développement et à l’exploitation du Champ Grand Tortue/Ahmeyim comme unité unique. «C’est au terme de ce processus de négociations avec leurs partenaires que les gouvernements du Sénégal et de la Mauritanie ont  signé, le 09 février 2018, à Nouakchott, cet accord de coopération inter-Etats pour le développement et l’exploitation de ces importants réservoirs», a-t-il indiqué. Toutefois, « afin d’assurer une application efficiente des aspects techniques entre les contractants que sont les compagnies nationales de l’accord de coopération inter-Etats, il est prévu, sous réserve d’une approbation des deux Etats, la conclusion d’un accord d’utilisation portant principalement sur les sociétés Bp et Kosmos Energy des deux pays. Dans l’inutilisation du champ gazier, l’accord cadre inter-Etats appliquera une pratique internationale pour le développement conjoint d’un champ de pétrole ou de gaz s’étendant entre deux pays », a détaillé Me Sidiki Kaba dans le rapport de la commission.

Tenir compte des besoins et préoccupations des populations
A son avis, cette norme internationale vise à développer efficacement le champ en misant sur la réalisation des économies d’échelle par la mutualisation des dépenses et la création de synergie, d’éviter le forage de puits et la

construction d’installations inutiles, d’assurer le partage équitable des dépenses d’investissements et des ressources.
 Dans leurs interrogations, les députés ont regretté les fausses informations véhiculées pour ternir la réputation des autorités étatiques suspectées de gérer les dossiers du pétrole dans la plus grande opacité. Ils ont ainsi souhaité une meilleure communication du processus d’évolution de ces importants projets pour lever les équivoques afin que les bienfaits attendus de l’exploitation de ce pétrole ne se transforment en cauchemar et en conflits sociaux. Ils sont aussi d’avis qu’une utilisation optimale de ces ressources énergétiques au bénéfice des populations a été prise en compte dans le document. «Sans des mesures énergétiques de bonne gouvernance, de transparence et d’information adéquate des populations, notre pays pourrait s’enliser dans des conflits douloureux », ont-ils alerté. Recommandant ainsi, une plus grande vigilance pour faire assurer le respect de cet accord afin qu’il ne connaisse pas les mêmes soubresauts issus de la violation des accords de pêche entre nos deux pays et qui ont donné lieu à des altercations occasionnant des pertes en vies humaines. Pour eux, la délimitation du périmètre de l’unité devrait tenir compte des besoins et des préoccupations des populations qui pourraient être confrontées à des difficultés d’exploitation des produits halieutiques. Ils veulent aussi que les intérêts stratégiques des pays soient préservés sans ternir les relations de bon voisinage qui doivent unir les populations des deux Etats. Les députés se sont félicités de la volonté d’assurer la formation et le renforcement des capacités des structures et des personnels à partir des redevances et des loyers superficiaires.

 

Un accord révisable
Réagissant aux interpellations des députés, le  ministre Sidiki Kaba  a informé que l’instruction du président de la République, au début des négociations, était d’inventorier toutes les difficultés vécues par des populations à travers les crises et les tensions de tous ordres qui ont affecté de nombreux pays après la découverte de gisements perliers, de diamant et de minerais de toutes sortes. Ainsi, « le vœu du président de la République est que les gisements découverts de part et d’autre de la frontière et équitablement répartis entre le Sénégal et la Mauritanie ne constituent pas une malédiction pour notre pays, mais une source de bonheur sans limites pour les populations. Cette préoccupation du chef de l’Etat est en conformité avec le Pse. Cet accord, de l’avis du ministre, est un « accord transparent, de paix et gagnant-gagnant ». D’ailleurs, c’est ce besoin de paix sociale que le Sénégal a mis en exergue dans toutes les négociations avec les pays riverains dans la création d’organismes fédérateurs comme l’Omvs, l’Omvg, pour la gestion et l’exploitation communes des eaux de nos deux fleuves. Tout compte fait, le ministre a rassuré sur la possibilité d’actualiser cet accord par une révision après chaque période de cinq ans pour l’adapter aux nouvelles réalités, notamment en cas de découvertes de nouveaux gisements. Sur la rentabilité de ces gisements, le ministre a expliqué que le Sénégal compte, en plus, les gisements situés à l’intérieur comme à Cayar et qu’il ne partage avec aucun autre pays. En 2021, lorsque débutera l’exploitation de ces nouvelles ressources, notre pays changera totalement de visage grâce à l’intelligence et au savoir-faire de ses fils.

Amadou DIOP

 

La coordinatrice nationale de la Convergence des jeunesses Républicaines (Cojer), Thérèse Faye Diouf, dont le nom a été mêlé à ceux des auteurs des incidents entre jeunes du Mouvement des élèves et étudiants Républicains (Meer), survenus mercredi dernier au Palais de la République, s’est inscrite en faux contre de ces accusations. Elle a regretté non sans demander à ses camarades de cultiver la discipline de parti, de respecter les institutions … et d’accepter les modalités mises en place lors des réunions.

Selon Thérèse Faye Diouf, son nom a été « cité à tort ». N’empêche qu’elle a demandé à ses camarades de la jeunesse estudiantine du parti présidentiel de « cultiver la discipline ». Revenant sur les incidents, elle soutient que « l’idée était que les cinq candidats envoient chacun une liste de huit personnes à Pape Samba Diop. Mais, il s’est trouvé que deux des cinq candidats ont mobilisé des cars que tout le monde a vu devant les grilles du Palais de la République ». Aussi, considérant qu’ « il fallait respecter les modalités de la rencontre avec le président de la République », à savoir accepter le choix du nombre de cinquante jeunes invités délégués du Mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer) et de la Convergence des jeunesses républicaines (Cojer), elle a jugé normal l’intervention des forces de l’ordre. « C’est très normal que les forces de l’ordre réagissent, au vu de la situation qui prévalait au Palais pour restaurer l’ordre», dit-elle. Toutefois, la directrice générale de l'Agence nationale de la petite enfance et de la Case des tout-petits (Anpectp), qui n'a pas manqué de mettre en garde les auteurs de tels actes regrettables, déplorables et condamnables, est d’avis que ces incidents sont à relativiser voire à positiver. Selon Mme Diouf, «on peut positiver ces évènements, car l’esprit n’était pas de faire du mal au parti». Sous ce rapport, pour lustrer l’image du parti présidentiel et de son leader, le Président Macky Sall, elle promet d’accompagner les jeunesses républicaines regroupées dans le mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer) en renforçant leurs capacités sur les nobles idéaux, valeurs et vertus qui fondent le parti présidentiel.

Mamadou Lamine DIEYE


Le Meer présente ses excuses à la famille républicaine

Le Mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer), à travers un communiqué, regrette les incidents survenus devant le Palais de la République et présente ses excuses à la famille républicaine.

Des violences ont été notées devant les grilles du palais de la République lors de l’audience que le chef de l’Etat avait accordé aux élèves et étudiants de son parti. Suite à ces incidents, le Mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer), à travers un communiqué, regrette cet épisode et présente ses excuses à la famille républicaine. Dans le communiqué signé par le Coordonnateur provisoire, Abdoulaye Diagne, le Meer rappelle que « l’heure n’est plus à la division encore moins aux querelles de clans au vu des échéances importantes qui nous attendent ».

Sur un autre registre, le Mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer), adresse ses « sincères remerciements » au président de la République, Macky Sall, qui a décidé de relancer cette structure du parti au pouvoir et « du choix porté sur notre camarade Abdoulaye Diagne aux fonctions provisoires de coordonnateur de notre mouvement ». « Fier de ce choix, le Meer entend jouer pleinement le rôle d’avant-garde du parti en tous lieux et en toutes circonstances et mériter, aux mieux, la confiance du président Macky Sall », lit-on dans le communiqué.

Le Meer félicite « vivement » le président de la République « pour les mesures historiques prises en vue d’améliorer les conditions de vie  et d’étude des étudiants  notamment la réduction des prix des tickets de restauration, l’augmentation des bourses ». « Le Meer national invite à l’utilisation de l’arme du dialogue et de la concertation avec toutes les autorités compétentes dans la résolution des conflits ou de quelque autre nature que ce soit », souligne le communiqué. Le Mouvement des élèves et étudiants de l’Apr renouvelle son engagement et sa détermination « à donner au Président Macky Sall les moyens d’accéder à un second mandat en 2019 et au premier tour ».

Aliou Ngamby NDIAYE

 

A Ouagadougou, le président de la République, Macky Sall, a effectué une visite à pas de charge. Sur invitation de son homologue burkinabé, il a participé au 50ème anniversaire du Cames, avant de rendre une visite de courtoisie au Mogho Naba, l’Empereur des Mossi. Auparavant, il avait rencontré la communauté sénégalaise vivant dans la capitale burkinabé.

Au terme du 50ème anniversaire du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames), célébré, hier, à Ouagadougou, le chef de l’Etat, Macky Sall, a invité ses pairs à tout faire pour renforcer les moyens de l’Enseignement supérieur dans le continent. Cela passe, selon lui, par le respect des cotisations afin de permettre au Cames de faire face aux nouveaux défis. «J’appelle tous les Etats à donner leur cotisation à temps, à renforcer les moyens de l’Enseignement supérieur et de la recherche et à intégrer des perspectives de l’enseignement supérieur parce que nous avons des démographies assez importantes d’année en année. Il faut donc des outils nouveaux de technologie d’information et de communication afin de résorber le gap», a dit le chef de l’Etat au terme de la cérémonie célébrant le demi-siècle du Cames. D’ailleurs, ses homologues du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, de la Guinée Conakry, Alpha Condé, et du Tchad, Idriss Déby ont promis de se retrouver tous les trois ans, afin de faire le point et dégager de nouvelles orientations en faveur du Cames. Le Conseil a également décerné l’Ordre des palmes académiques au Président du Burkina. Au nom de ses pairs, Roch Marc Christian Kaboré a magnifié ce geste de «haute portée». Selon lui, à travers cette distinction du Cames, c’est l’ensemble de la communauté universitaire qui leur rend hommage.

Rencontre avec les compatriotes
Avant de prendre part à cette cérémonie du Cames, le chef de l’Etat avait rencontré la communauté sénégalaise vivant au Burkina Faso. Une occasion saisie par lui de réaffirmer son engagement pour faire du Sénégal «une terre d’émergence». Les compatriotes sénégalais vivant au Burkina Faso, avec à la tête l’homme d’affaires, Harouna Dia, ont tout d’abord salué les nombreuses réalisations du chef de l’Etat dans bien des secteurs tels que l’énergie, la santé, la pêche, les infrastructures, etc. Ces sénégalais du Burkina n’ont pas manqué de revenir sur les difficultés qu’ils éprouvent en terre étrangères. Il s’agit notamment des tracasseries sur l’axe Dakar-Ouaga, l’accès au logement et le financement dédié aux femmes et aux jeunes. Des doléances bien notées par le chef de l’Etat qui a rappelé sa préoccupation de donner à chaque sénégalais un avenir meilleur où il puisse se trouver.

Macky Sall chez le mogho naba
L’Empereur des Mossis salue la clairvoyance de son hôte

A Ouagadougou, le président de la République, Macky Sall, a profité de son bref séjour pour effectuer une visite de courtoisie au Mogho Naba, l’Empereur des Mossis. En plus d’être un grand dignitaire de l’Afrique, le Mogho Naba est aussi le premier récipiendaire du Prix Macky Sall pour la promotion du dialogue en Afrique. «Votre action a été magnifiée, elle a été saluée. C’est la raison pour laquelle le Cirid, après une sélection rigoureuse pour sa première édition, a eu l’honneur de retenir votre majesté comme récipiendaire de ce prix Macky Sall pour la promotion du dialogue en Afrique», a dit le chef de l’Etat au chef coutumier du Burkina Faso. Tout en lui réitérant «les félicitations du peuple sénégalais» pour le rôle qu’il ne cesse de jouer dans son pays et en Afrique.

A son tour, le dignitaire s’est félicité de la «clairvoyance et de la vision» du président Sall et lui a témoigné toute sa reconnaissance par le fait d’avoir été choisi comme le premier lauréat de ce prix Macky Sall. «Vous êtes à l’écoute et au regard de votre pays, le Sénégal et des autres peuples comme le Burkina Faso. Cela symbolise le fait que vous êtes un arbre que les hommes et les femmes adulent et dont ils aiment les belles fleurs», lui a signalé le Mogho Naba. Pour lui, seuls la cohésion africaine et le dialogue des peuples méritent d’être encouragés.

Maguette NDONG

 

Bientôt la mise en place d’une Fédération sénégalaise de mini foot et l’organisation  d’un championnat national régulier sur toute l’étendue du territoire. C’est ce qui est ressorti de l’audience que le président  de la République a accordé à l’équipe nationale de mini foot qui vient de décrocher le titre de vice-champion d’Afrique à Tripoli, après avoir remporté la troisième place aux derniers championnats du monde.

Sur invitation de son homologue, son excellence Roch Marc Christian Kabore, président du Faso, le président de la République, Macky Sall a quitté Dakar, ce jeudi 31 mai 2018, pour se rendre à Ouagadougou.
Il prend part, dans la capital burkinabé, aujourd’hui, vendredi 1er juin 2018, à la cérémonie commémorative du 50e anniversaire du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieure (Cames). Le Chef de l'État sera de retour à Dakar le vendredi 1er juin 2018 dans l'après-midi.                        

A. DIOUF

 

 

Les mesures prises dernièrement par le président de la République, Macky Sall, en faveur des étudiants, sont saluées par Secrétariat exécutif permanent de Bennoo Bokk Yaakaar. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, les partisans de la mouvance présidentielle se réjouissent des décisions prises par le chef de l’Etat pour satisfaire les revendications estudiantines. `

Il s’agit principalement de l’augmentation des bourses, de la baisse du prix des tickets de restauration, de l’octroi de bus et d’ambulances pour les différentes universités du pays. « Ces mesures, assurément, traduisent la volonté forte du président de la République d’œuvrer pour un apaisement du climat social du secteur afin que l’espace universitaire retrouve le calme et la sérénité propices à une reprise normale des cours et à une quête continue du savoir », renseignent les responsables de Bennoo. Parallèlement à ces mesures, Bennoo se félicite aussi des limogeages du recteur de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et du directeur du Crous, après la mort de l’étudiant Mamadou Fallou Sène.

Enfin, Bennoo ne cache pas sa satisfaction de voir le président rassurer les étudiants du « suivi rigoureux » de la procédure pour faire lumière sur la mort de l’étudiant. Toutes ces décisions du président ont été couronnées par la nomination de l’artiste Omar Pène comme « Ambassadeur de bonne volonté auprès de la communauté estudiantine ».

Maguette NDONG    

 

Le président de l’Alliance pour la République (Apr) est décidé à prendre à bras le corps un mal qui handicape son parti depuis son accession au pouvoir : la léthargie du Mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer). Très dynamique du temps de l’opposition alors qu’il avait été fondé et dirigé par Thérèse Faye, aujourd’hui coordonnatrice de la Coordination des jeunesses républicaines (Cojer), le Meer n’est plus que l’ombre de lui-même.
Alors, avant-hier, Macky Sall a convié les principales têtes de file convoitant la direction de cette structure, dans les Universités du pays, aux fins de les unifier dans un processus de redynamisation du Meer. Et la rencontre a été fructueuse. Elle a abouti à la mise sur pied d’une structure dénommée Comité de Relance du Meer, forte de vingt membres, qui sera composée ainsi qu’il suit :

Pour Dakar et l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), chacun des cinq candidats déclarés à la future direction du Meer – Abdoulaye Diagne, Moussa Sow, Oumar Guèye, Mamadou Niang, Ciré Sangote – devra désigner trois délégués ; un sixième candidat, Pape Seydou Badji, qui s’est déclaré tardivement, a été coopté, mais sans possibilité de désigner des délégués.

Pour les Universités de Bambey, Thiès, Ziguinchor et Saint-Louis, qui ont déjà des coordonnateurs, elles seront représentées par ces derniers au sein du Comité de relance.
Ultérieurement, les établissements privés et l’Uvs (Université virtuelle du Sénégal) au nombre de douze, auront des représentants.Quid du fonctionnement de ce comité ? Il y aura une présidence tournante chaque mois. Et pour commencer, ce mois de juin, Abdoulaye Diagne de l’Ucad sera aux commandes. Moussa Sow prendra le relais pour juillet.

Enfin, en guise de «soupapes de sécurité» pour éviter d’éventuelles crises, Macky Sall a désigné trois facilitateurs, des anciens, membres fondateurs du Meer : Boubacar Camara, Diomaye Dieng et Assane Insa Mané.
Les membres de ce Comité de Relance du Meer, qui se sont engagés à œuvrer sans relâche pour la réélection de Macky Sall, devront proposer à ce dernier, dans les plus brefs délais, un programme d’activités.

Y. C. N. MBAYE

Après avoir obtenu un siège de député aux législatives de 2017, quelques mois après la création du Parti les démocrates réformateurs (Ldr/Yeesal), Modou Diagne Fada tire un bilan satisfaisant de la présence de sa formation politique dans le pays. Son parti entend jouer pleinement son rôle à la présidentielle. C’est pourquoi, le président du Conseil départemental de Kébémer dit qu’il n’exclut de soutenir aucun candidat d’obédience libérale, y compris Macky Sall. Dans cet entretien, il aborde d’autres sujets, dont la crise universitaire, les luttes de l’opposition.

Vous êtes le leader du Ldr Yessal, comment se porte votre parti ?
Le parti Les démocrates réformateurs (Ldr/Yessal) se porte bien. C’est un parti qui fonctionne bien à travers ses instances : le comité directeur, qui est l’instance d’exécution et d’orientation, mais aussi à travers son bureau politique, qui est l’instance de décision entre deux congrès, et qui comprend les 45 départements du Sénégal, les organismes internes et les organisations de la Diaspora. C’est un parti qui se porte aussi bien à travers le fonctionnement de ses organismes internes : ses jeunes, ses femmes, ses cadres, sa commission féminine etc. Toutes les structures internes fonctionnent et déroulent leurs programmes d’activités et prennent des initiatives. Le 06 mai dernier, nous avons tenu notre bureau politique, qui a rassemblé plus de quatre cents personnes, pour discuter de l’appel lancé à nous par le président de la République, Macky Sall. C’est vous dire que nous avons un parti qui fonctionne et qui est présent aussi sur toute l’étendue du territoire national et dans la Diaspora, un parti qui participe à la vie politique nationale. Nous sommes, aujourd’hui, membre de la coalition Disso qui regroupe plusieurs partis. Il nous arrive de nous prononcer sur la vie politique nationale, sur l’actualité.

Vous êtes issus d’un parti qui se réclame du libéralisme, et vous vous définissez en réformateur…
Nous sommes des libéraux réformateurs. La réforme est différente de la révolution. Cette dernière est assez prétentieuse. Pour nous, la réforme est qu’il y a des choses qui sont bien faites, il y a d’autres qui le sont moins. Nous travaillons à améliorer ce qui n’a pas été bien fait. Ou alors, il y a des choses qui sont démodés et nous devons travailler à les moderniser. En fait, la réforme est dynamique. Elle nous permet de contractualiser notre situation, nos points de vue, nos arguments, nos propositions, notre vision du pays en tenant compte de la nouvelle donne, du contexte, de l’évolution par rapport à certains sujets. C’est la raison pour laquelle, nous pensons que la doctrine réformiste colle bien à l’idéologie libérale.

Bien entendu, tout ça a une histoire récente. Nous avions réclamé, en son temps, la réforme des textes du Parti démocratique sénégalais, de son programme et de ses instances. Nous n’avions pas été entendus et quand nous avions été exclus, nous avions voulu maintenir le concept de la réforme. Aujourd’hui, c’est chose faite : c’est ce que nous appelons Ldr. Nous sommes d’obédience libérale. Nous prônons un libéralisme panafricain. L’occident à sa conception du libéralisme. Nous sommes des Africains, des Sénégalais. Nous avons aussi notre conception du libéralisme. Il faut bien comprendre que libéralismes s’écrit avec un s à la fin,  parce qu’il y a plusieurs libéralismes, sans pour autant sortir maintenant des fondamentaux du libéralisme. Nous croyons à une économie de marché, à la concurrence, à la compétition, à la préservation des libertés individuelles et collectives, la liberté de la presse et la liberté d’opinion, entre autres, qui sont les fondamentaux du libéralisme. Il y a des choses qui sont valables en Europe et qui ne le sont pas au Sénégal. Ce sont des valeurs défendues par des libéraux européens que nous ne défendons pas.

On voit souvent les responsables qui étaient dans le Pds dire qu’ils sont wadistes. En faites-vous partie ?
Oui.  Wade reste mon mentor en politique. C’est ma source d’inspiration. C’est l’homme politique que je respecte le plus au monde. Maintenant, est-ce que le wadisme existe ? Ça, c’est un autre problème ! Wade s’est toujours défini comme un libéral social, comme étant un travailliste, quelqu’un qui croit à la doctrine du mourisdisme. Si c’est ça le wadisme, ce sont bien des valeurs que nous partageons.

Avec le recul, pensez-vous avoir raison sur vos frères libéraux ?
Eux-mêmes me le disent en sourdine. Certains me disent : «Franchement, vous avez eu raison sur nous». Parce que la réorganisation du parti à laquelle j’avais appelée s’imposait. Le renouvellement des instances du parti auquel nous avions appelé devait aussi être réalisé. Si nous avions un plan B, éventuellement, en l’absence de Karim Wade, je crois qu’aujourd’hui, nous n’en serions pas là. Tous les militants du Pds honnêtes me disent que j’ai eu raison.

Est-il aujourd’hui trop tard pour discuter d’un plan B ?
Ça ne nous concerne plus, parce que nous ne sommes plus du Pds. Nous sommes dans d’autres perspectives en direction de la présidentielle. C’est trop tard. Le temps est trop juste, aujourd’hui, pour avoir un plan B au sein du Pds. Ou s’il y a un plan B, le porteur risque d’être seul dans cette dynamique. Je crois que le Pds est allé trop loin sur la candidature de Karim Wade pour revenir en arrière.

Vous avez participé aux législatives sous votre propre bannière, est-ce que ces élections vous ont permis de savoir ce que Modou Diagne Fada pèse réellement ?
Peut être non, parce que les élections étaient mal organisées. Il y avait une pléthore de listes et nous venions à peine d’avoir notre récépissé. Nous n’avions pas eu le temps de savoir ce que nous pesons à travers ces dernières élections législatives. Par contre, ce qui a été une source de motivation, une source de satisfaction, c’est que sur l’échiquier politique national, nous sommes septième.
Sur les quarante-sept listes qui étaient en lice, notre parti occupait le cinquième rang. Toutes les entités qui nous ont dépassées étaient des coalitions composées de plusieurs partis. Ce sont les coalitions Bennoo Bokk Yaakaar avec une centaine de partis, Wattu avec une vingtaine de partis, Manko Taxawou Sénégal avec une dizaine de partis. Le seul parti qui nous a devancé et qui était vraiment parti seul, c’est le Parti de l’unité et du rassemblement (Pur). Et tout le monde sait que le Pur est un parti politique assez particulier. C’est un parti qu’on ne peut pas comparer avec les partis traditionnels que nous sommes. Sinon, nous avons été devant tous les autres partis qui étaient partis seuls. Après avoir analysé, de très près, cette position et le nombre de voix que nous avons engrangées, nous nous sommes dit que notre parti, malgré sa jeunesse, s’est déjà implanté sur le territoire national. Figurez-vous qu’en termes de performances électorales, à part le département de Kébémer qui est mon département d’origine, le deuxième département qui vient c’est Saraya suivi de Goudomp, Kolda, Tambacounda. Cela montre que le parti est présent un peu partout à travers le Sénégal. Et en termes de voix, après le département de Kébémer, c’est le département de Pikine qui arrive en deuxième position et celui de Mbour en troisième position, avant les départements de Dakar et de Kolda. C’est vous dire que c’est un parti qui a une implantation nationale et cela nous a rendu assez célèbres après les législatives. Mais, je suis persuadé que Ldr/Yessal pèse plus que ça, qu’aux prochaines élections nous allons faire de meilleurs résultats.

Votre base affective c’est Darou Mousty, en dépit des assauts de l’Apr et ceux d’autres forces politiques, vous parvenez quand même à résister. Quels sont vos secrets ?
Notre secret c’est d’être présent sur le terrain aux côtés des populations. Quand nous étions aux affaires, les populations de Darou Mousty ont vu que nous les avons aidées. Nous avons beaucoup de réalisations là-bas, nous avons amené le gouvernement à faire beaucoup de réalisations là-bas. Nous avons créé beaucoup d’emplois et d’infrastructures. Les populations de Darou Mousty étant reconnaissantes, votent majoritairement pour nous à chaque élection. Aux législatives de 2000, nous avions gagné la Commune. Au référendum de 2016, le «Non» avait gagné. Nous avons aussi gagné les locales de 2014. Non seulement nous avons gagné la commune de Darou Mousty, mais la victoire était tellement éclatante qu’elle nous avait permis de gagner le département de Kébémer parce que Darou Mousty, c’est la principale localité du département en termes d’électorat. Cette victoire m’avait permis d’avoir un écart de quatre mille voix. Ainsi, aucune formation politique ne pouvait nous rattraper. Lors des dernières législatives de 2017 aussi, nous avons gagné la commune de Darou Mousty assez considérablement, même si le score a baissé compte tenu des difficultés que les populations avaient rencontrées pour voter, et la rétention des cartes d’électeurs des primo-inscrits à Darou Mousty.

En compagnie d’autres formations politiques, vous avez mis sur pied une coalition. Quels sont ses contour ?
La coalition pour une alternative démocratique «Disso» regroupe le parti Les démocrates réformateurs (Ldr) Yessal, l’Union centriste du Sénégal (Ucs) de Abdoulaye Baldé, Visa de Déthié Diouf, Pcds de Samba Bathily, Deuk bou Weur de Modou Fall et récemment la Grap de Djibril Ndiaye et un mouvement qui vient de Louga. D’autres partis sont attendus. A notre prochaine rencontre attendue le 04 juin prochain, d’autres vont adhérer. C’est une coalition qui s’agrandit de jour en jour, de semaine en semaine. La principale orientation sur laquelle nous sommes d’accord, est d’avoir le même candidat en 2019. Un candidat qui peut être choisi à l’intérieur de la coalition ou en dehors la coalition. Voilà un peu les principes autour desquels on s’est accordés.

Est-ce que ce candidat pourrait être choisi à l’intérieur de la coalition ?
On verra. Il faudrait qu’on en discute. Si ce n’est pas possible à l’intérieur, nous pourrons sortir de la coalition pour trouver un candidat. Mais en ce qui concerne notre parti, c’est le bureau politique qui l’a systématisé. Il nous a demandé, si nous ne sommes pas candidat, de soutenir un candidat d’obédience libérale. D’ailleurs, le bureau politique nous a demandé d’ouvrir des discussions avec tout candidat libéral qui solliciterait le soutien de notre parti. C’est dans ce cadre que des discussions sont engagées avec des candidats d’obédience libérale que j’ai fini de rencontrer. Dans les jours à venir, nous allons rencontrer d’autres candidats d’obédience libérale.

Vous avez une idée sur les profils ?
Ce qui nous intéresse, c’est l’intérêt supérieur du Sénégal. Ce n’est pas un problème d’homme, mais c’est un problème de programme, de système. Ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir exécuter notre propre programme ou alors faire exécuter notre programme par un candidat qui serait soutenu par notre parti. Et les discussions vont tourner autour de cela.

Nous nous sommes dit qu’il est plus facile d’arriver à des convergences programmatiques avec un candidat libéral qu’avec un candidat socialiste par exemple. Je crois que, d’ailleurs, la classe politique doit se réorganiser à travers les idées, les programmes pour permettre à l’électeur d’avoir une plus grande lisibilité. C’est la raison pour laquelle nous pensons que le débat idéologique n’est pas terminé. Le débat idéologique n’a pas commencé au Sénégal et le moment est venu pour qu’il commence, pour que les socialistes se mettent de côté, les libéraux d’un autre côté, les communistes d’un côté, pour que les Sénégalais puissent choisir les meilleurs profils, les meilleurs programmes, les meilleurs propositions pour le développement du pays. On voit que le problème n’est pas un problème de personne, quelle que soit la valeur intellectuelle, la valeur morale, les compétences d’un individu, à la tête du Sénégal, un an après, il sera critiqué.

Votre candidat pourrait-il être Macky Sall ?
Ce candidat peut être tout candidat d’obédience libérale. Macky Sall est libéral. Ce candidat peut être Macky Sall. Ce candidat peut également être quelqu’un d’autre du monde libéral.  Nous n’excluons, encore une fois, aucun candidat d’obédience libérale, y compris Macky Sall, pour bénéficier de notre soutien.

Est-ce qu’on peut voir Modou Diagne Fada derrière un candidat inconnu du terrain politique ?
Il y a beaucoup de candidats déclarés. Comme je l’ai dit à l’un d’entre eux : «J’espère que vous êtes seulement un candidat déclaré, mais vous n’allez pas vous présenter». C’est le moment des déclarations de candidature. C’est le temps de la surenchère et des discussions. C’est important que chacun affiche ses ambitions. Mais, avec les nouvelles conditions qui sont posées et la réalité du terrain, beaucoup de candidats déclarés vont revoir leurs ambitions en baisse et essayer de négocier avec d’autres candidats.Ldr/yessal considère que le pouvoir est incarné par quelqu’un qui est libéral, les principales forces de l’opposition sont incarnées par des candidats libéraux. Après avoir discuté avec les candidats d’obédience libérale qui ont sollicité le soutien de Ldr/yeesal, j’ai mandat pour décider.

Est-ce que Macky Sall a sollicité votre soutien ?
Il l’a sollicité publiquement. Quand il est venu présenter ses condoléances à la suite du rappel à Dieu de mon père, il a sollicité notre soutien. D’autres candidats d’obédience libérale ont aussi sollicité le soutien de notre parti. Nous avons beaucoup de candidats d’obédience libérale. On peut citer Macky Sall, Idrissa Seck, Pape Diop, Habib Sy, Samuel Sarr. Nous avons l’embarras du choix, mais nous n’allons taper à la porte de personne. Nous attendons d’être sollicités. Nous avons rencontré des candidats qui nous ont sollicités. Nous n’excluons pas de rencontrer le président Macky Sall pour échanger avec lui sur les aspects programmatiques qui doivent conduire le prochain mandat.

Mais, vu le chemin qu’il s’est défini, pensez-vous qu’il sera possible de trouver des points de convergence avec Macky Sall ?
Il est entouré par beaucoup de socialistes et de socio-démocrates, mais je crois que sa philosophie est libérale. Nous discuterons et nous verrons ce qui est possible d’être fait. Nous discuterons avec tous les candidats d’obédience libérale. Si nous devons parler avec un candidat, ce sera au su et au vu de tout le monde. Par contre, ce qui est clair et précis, est que Modou Diagne Fada ne vas pas transhumer. Je ne vais pas quitter l’opposition ou mon parti pour aller dans un autre parti. Nous n’allons pas quitter l’opposition pour prendre une fonction gouvernementale avant 2019. Je n’ai pas élu le président, Macky Sall. Il a été élu par d’autres personnes de 2012 à 2019, il n’a qu’à gouverner avec ceux qui l’ont élu. Maintenant, au moment de choisir un candidat, si nous sommes d’accord, nous n’excluons pas de le soutenir à l’élection présidentielle de 2019. Tout comme nous n’excluons pas de soutenir un autre candidat d’obédience libérale.

Que pensez-vous du tollé suscité par la sortie de l’ancien Premier ministre, Idriss Seck sur la Mecque ?
Pour être bref, le président Idrissa Seck a commis une erreur de communication. Par contre, je ne pense pas que cette erreur mérite tout le lynchage médiatique auquel on a eu droit ces dernières semaines. C’est ce lynchage qui a amené certains à penser qu’il y a eu peut-être de la politique derrière. Bien entendu, à sa place, je parlerai différemment du sujet. C’est une question sensible. Et il faut faire extrêmement attention avec la religion.

Le Chef de l’Etat a appelé à des concertations sur le pétrole et le gaz. Votre parti est partant ?
Si nous sommes invités, nous y serons. Nous sommes contre la politique de la chaise vide. Si nous sommes invités, nous allons poser le débat au sein du Comité directeur de notre parti qui décidera. Il y a de fortes chances que le parti comme il a l’habitude de le faire, décide d’y prendre part. Nous devons participer, donner nos points de vue. Dire les points sur lesquels nous sommes d’accord, dire aussi les choses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord et assumer nos positions.

Pour vous, ces discussions doivent tourner autour de quoi ?
Peut-être que le Président Macky Sall enverra les termes de référence. Il faut d’abord que les termes de référence soient publiés pour connaître les sujets autour desquels nous devons échanger.

Vous aviez participé aux concertations sur le processus électoral, alors qu’une frange importante de l’opposition avait boycotté. Pourquoi ce choix ?
Nous sommes autonomes. Ldr/Yeesal est indépendant. Nous ne sommes plus à la remorque de qui que ce soit ou de quelque parti que ce soit. Une situation se présente, nous l’analysons et nous prenons nos décisions. Quand nous avons reçu la lettre d’invitation du ministre de l’Intérieur, nous avons dit : «Nous y allons». Nous avons été à l’ouverture officielle. Nous avons ensuite désigné des plénipotentiaires à travers le cadre de l’opposition pour la régularité et la transparence des élections. Nos plénipotentiaires ont pris part aux travaux. Il y a des points sur lesquels nous avons marqué notre accord. Il y a aussi des points sur lesquels nous avons exprimé notre désaccord, notamment le parrainage. Nous n’avons jamais été pour le parrainage. Nous l’avons dit lors des concertations. Nous avons défendu la même position à l’Assemblée nationale. Nous avons voté contre le projet de loi relatif au parrainage.
 

D’aucuns parlent d’opposition radicale et d’opposition modérée. Dans quel camp vous vous situez ?
Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que nous n’insultons pas. Nous ne faisons pas de l’opposition crypto-personnelle. Nous ne faisons pas de l’opposition parce que nous avons une dent contre Macky Sall. Nous nous opposons aux programmes, aux idées, aux propositions. Si nous sentons qu’une idée est bonne, nous n’hésiterons pas à la défendre, même si elle vient du pouvoir.

Par contre, si l’idée n’est pas pertinente,  même si elle vient de l’opposition radicale, nous n’allons pas la porter. Nous avons une ligne de conduite. Nous sommes des libéraux centristes et nous essayons d’être objectifs dans nos prises de position, nos analyses, dans notre forme d’opposition. L’ambition que nous avons est non seulement de réformer la gouvernance, mais de réformer la façon de s’opposer dans ce pays.  J’ai fait de l’opposition ultra radicale quand j’étais plus jeune. C’était en 1988 et en 1993. Trente ans après, je ne peux plus me permettre  d’avoir la même méthode d’opposition. Parce qu’en 1988, il n’y avait pas de journaux privés, il n’y avait pas de télévisions et de radios privées. Il était très difficile de se faire entendre. Il était très difficile de se battre. Il fallait poser des actes spectaculaires, parfois même dramatiques pour que les radios Rfi ou Africa N°1 soient là pour vous couvrir. Ce n’est plus le cas. Nous avons maintenant des moyens de communication qui nous permettent de nous battre autrement. C’est la raison pour laquelle, nous devons réviser les formes de lutte archaïques portées par une certaine opposition. Je veux me moderniser, mais je ne suis pas dans cette opposition qui reste dans les tablettes de 1988 ou de 1993.

Vous êtes un ancien leader du mouvement étudiant. Quel regard portez-vous sur la crise qui secoue l’université ?
Il faut d’abord présenter à nouveau nos condoléances à la famille de Mouhamadou Fallilou Sène. Ensuite condamner la mort de cet étudiant, regretter toutes les destructions de biens à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.
En un mot, dire que ces évènements auraient pu être évités, parce que manger sans ticket ou «nguentee toubab», nous sommes tous passés par là. Et à y regarder de plus près, ce qui a été détruit comme bien coûte plus cher qu’un repas d’étudiant. Je crois que  les autorités universitaires, rectorales ou sociales qui ont réquisitionné les forces de l’ordre à l’intérieur de l’université ont fauté. On aurait dû leur laisser  faire leur «nguentee toubab», parce qu’un étudiant qui ne perçoit pas sa bourse, n’a plus de ressources pour manger. S’il n’a plus de ressources, il ne va pas mourir de faim. Comme les repas qui sont servis sont principalement supportés par l’Etat et que c’est l’Etat qui est responsable des bourses, ce n’était pas la peine de demander aux forces de l’ordre d’intervenir.

Il faut maintenant travailler à ce que de tels évènements ne se reproduisent plus. Il faut auditer la filière des bourses de bout en bout pour combattre les goulots d’étranglement. Tant qu’on ne les  retrouve pas de tels évènements peuvent se reproduire à l’avenir. Il faut d’abord un audit complet de la filière des bourses. Il faudrait aussi que ceux qui ont fauté soient sanctionnés. Les fonctionnaires qui ont fauté doivent être sanctionnés. De même, il faut mener une enquête sérieuse, rigoureuse pour situer les responsabilités.

Le maintien de l’ordre est une nécessité surtout dans un pays où la marche est dans le système déclaratif. Dans un pays où l’on peut marcher, on doit repenser le système de maintien de l’ordre. Ceux qui vont encadrer ces marches ou empêcher des troubles à l’ordre public ne doivent plus être armés. Ils peuvent avoir des grenades pour disperser, mais pas vraiment être armés.
Nous devons aussi travailler à réétudier la loi sur les franchises universitaires. J’ai fait six ans à l’université Cheikh Anta Diop. J’y suis entré par une année blanche. J’en suis sorti par une année invalidée. Ce qui veut dire que c’était un moment extrêmement instable, mais on n’a jamais tué d’étudiants et l’on a toujours fait des «nguentee toubab». Nous avons souvent occupé le Rectorat, les bureaux des Doyens.

Est-ce que vous usiez de la violence comme le fait la génération actuelle ?
Nous manifestions, mais ce sont les franchises universitaires qui nous protégeaient. Les forces de  l’ordre n’avaient pas le droit d’entrer dans le campus pédagogique, le campus social n’en parlons pas. Il faut réétudier cette loi sur les franchises.

Que pensez-vous de l’implication du président de la République ?
La crise est en train d’être gérée par le Chef de l’Etat qui reçoit les étudiants. C’est bien. Quand il y a mort d’homme, c’est un problème sérieux. Le président doit prendre ses responsabilités et se mettre en face des étudiants. Mais, il peut y avoir un retour de bâton. Demain,  à la moindre crise, les étudiants peuvent dire : «Si nous ne sommes pas reçus par le président de la République, nous n’allons pas lever le mot d’ordre». Il faudra, à un moment donné, que le dossier soit retransmis aux autorités académiques, sociales ou ministérielles pour que les négociations se poursuivent. Avec la division notée au sein du mouvement étudiant, il va toujours être difficile, pour un président de la République, de recevoir tout le monde.


Propos recueillis par Babacar DIONE, Photos : Pape SEYDI

 

Sans doute, le Conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractive (Itie) ne s’est pas trompé, en désignant, au début de ce mois, le Sénégal comme le pays modèle en Afrique.

Qualifiant, à cette occasion, «les progrès accomplis par le Sénégal (d’) impressionnants», Fredrik Reinfeldt, président de l’Itie, déclarait «félicite(r) le gouvernement et toutes les parties prenantes et les encourage à faire du Sénégal un pays pionnier pour la divulgation systématique et régulière des données Itie». En effet, après avoir adhéré à ce mécanisme majeur, en 2013, à l’initiative du président Macky Sall, le Sénégal a publié ses rapports Itie 2015 et 2016, le 16 octobre 2017, devenant le pays le plus ponctuel d’Afrique en termes de déclarations Itie.

Ce 1er juin 2018, moins d’un mois après cette gratification internationale, le président Macky Sall est encore à l’initiative d’un acte qui va participer à graver, dans le marbre, sa volonté de tout gouverner dans la transparence. Et faire taire, on peut l’espérer, les orfraies qui ont tenté d’effrayer les Sénégalais après l’accord signé avec la Mauritanie pour l’exploitation et le partage des gisements de gaz dénommés «Grand Tortue/Ahmeyin», situés à la frontière des deux pays. En effet, ce matin, ledit accord sera soumis au vote des députés pour autorisation de ratification au président de la République.

Pour rappel, c’est le 09 février 2018 que les présidents Macky Sall et Mohamed Ould Abdel Aziz avaient signé cet accord, à Nouakchott. L’opposition avait rué dans les brancards pour indexer un accord ficelé en catimini, dans la précipitation, au grand détriment du Sénégal qui a tenté d’apaiser son voisin, suite aux incidents mortels ayant opposé des garde-côtes mauritaniens à des pêcheurs de Saint-Louis.
L’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, s’était même empressé d’écrire au président Macky Sall, l’enjoignant de rendre public cet accord. Ce à quoi ce dernier avait répliqué, le 15 février, en pointant l’incurie de ses contradicteurs en matière de relations internationales, avant d’assurer que cet accord sera soumis, pour autorisation de ratification, aux députés, après avoir été adopté en Conseil des ministres ; une étape intermédiaire franchie, deux semaines plus tard, le 28 février.

Par la suite, le 05 mars, le président mauritanien s’exprimant dans les colonnes de Jeune Afrique,  avait indiqué que lui et son homologue sénégalais « (n’ont) pas cherché à satisfaire les intérêts de (leurs) États, mais ceux de (leurs) deux peuples, car en exploitant rapidement ce gisement, (ils) amélioreront leurs conditions de vie». Et Aziz ajoutait : «Ce ne sera certainement pas le seul (ndlr : accord du genre) que nous aurons à partager… C’est pourquoi il était de notre devoir d’y arriver, et rapidement. D’après les études de BP et Kosmos, l’exploitation commencera d’ici à l’horizon 2021. Macky Sall et moi avions la responsabilité de faire le bon choix pour rapprocher nos pays. Les infrastructures d’exploitation seront d’ailleurs installées à nos frontières».

Les discussions ayant abouti à cet accord sénégalo-mauritanien avaient débuté en 2016, après la découverte, au début de cette même année, du champ gazier «Grand Tortue/Ahmeyim», considéré comme le plus important gisement en Afrique de l’Ouest, avec des réserves estimées à quatre cent cinquante (450) milliards de m3.
Ce matin donc, à partir de 9h, en plénière, cet accord sera soumis au vote des députés – ainsi que quatre autres projets de loi. Tous seront soumis à examen en présence du ministre des Affaires étrangères, lors d’un débat public ouvert à tout Sénégalais désireux de le suivre.

Yakham C. N. MBAYE

 


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