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Politique (4768)

En conférence de presse hier, à son siège sur la Vdn, le comité directeur du Parti démocratique sénégalais a dénoncé, «une véritable déclaration de guerre» de la part du pouvoir en place, suite au rejet de la demande d’inscription de leur candidat, Karim Wade, à la prochaine élection présidentielle.

Le comité directeur du Parti démocratique sénégalais qui a rencontré hier la presse à son siège, a martelé que son candidat Karim Meïssa Wade n’a perdu aucun de ses droits civils, civiques et de famille.  «Il est électeur et éligible, ce que par ailleurs avait confirmé l’ancien garde des sceaux, ancien ministre de la justice, Maître Sidiki Kaba» a déclaré le secrétaire général adjoint du Pds Oumar Sarr qui livrait le message contenu dans la déclaration liminaire. «Le Parti démocratique sénégalais (Pds) considère que les violations répétées de la Constitution, des lois et des règles de notre démocratie constituent une véritable déclaration de guerre», a dénoncé le maire de Dagana.

Le Pds rappelle que son candidat, Karim Meïssa Wade, qui jouit de tous ses droits civils, civiques et de famille, réunit toutes les conditions de l’article 28 de notre Constitution pour participer à la prochaine élection présidentielle. «La commission administrative du Koweït n’a notifié à Karim wade aucun rejet, refus d’inscription ou radiation, au contraire, c’est un récépissé qui lui a été délivré le 16 février 2018, confirmant ainsi son inscription sur la liste électorale», a soutenu Oumar Sarr. Dans ces conditions, a-t-il renchéri, « l’administration, (la commission administrative siégeant à l’ambassade du Sénégal au Koweït ou les services centraux du ministère de l’intérieur), est forclose à la date du 02 juillet 2018 à évoquer le rejet d’une demande d’inscription sur la liste électorale, matérialisée depuis le 16 avril 2018 et qui est devenue définitive ».  Mieux, «la commission, agissant hors délai, est irrecevable et n’a aucune compétence pour procéder à la modification, au changement de statut ou à la radiation de Karim Wade du fichier électoral, la révision du fichier électoral étant terminée depuis le 30 avril 2018 ».

Selon Oumar Sarr, Karim Wade n’a reçu aucune notification d’une modification de son statut comme la loi l’exige. C’est pourquoi le Pds et son candidat Karim Wade continuent sereinement de préparer l’élection présidentielle du 24 février 2019». Oumar Sarr a rappelé que le ministère de l’Intérieur ne peut ni ajouter, ni modifier, ni supprimer une inscription, encore moins interpréter une décision de justice. «Karim Wade, candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds) à l’élection présidentielle de 2019 est donc définitivement inscrit sur la liste électorale. Il dispose d’un récépissé en bonne et due forme délivré par la commission administrative du Koweït. Il n’a, et ne peut, ni être omis ni radié du fichier électoral. Même en faisant du «Maa Tay» Macky Sall ne peut retirer son nom du fichier électoral», a-t-il appuyé. Le Parti démocratique sénégalais a aussi averti qu’il n’acceptera pas qu’une élection soit organisée sans son candidat désigné, Karim Meïssa Wade.

Amadou DIOP

 

Le Conseil constitutionnel a rejeté, hier, le «recours en inconstitutionnalité de la loi n°21 – 2018 du 18 juin 2018, portant modification de la loi n°2017-12 du 18 janvier 2017, abrogeant et remplaçant la loi n° 2014 du 15 avril 2014 portant code électoral. Ledit recours a été introduit par l’opposition, le 21 juin dernier».

Cette requête en annulation a été portée par plusieurs députés de l’opposition dont Mamadou Lamine Diallo, Madické Niang et Moustapha Guirassy. Ils ont estimé que la loi viole la Constitution.

Dans son arrêt daté du 02 juillet 2018, le Conseil constitutionnel a estimé que les dispositions des articles L132 et L138 de la loi adoptée par l’Assemblée nationale sont conformes à la Constitution.

Le Conseil souligne également que les autres dispositions de la loi adoptée sous le numéro 22-2018 ne sont pas contraires à la Constitution. Les députés de l’opposition, membres du Front national de résistance disent avoir déposé un recours parce qu’ayant jugé la loi anticonstitutionnelle. «Nous voulons que cette loi soit annulé pour anticonstitutionnalité», avait déclaré le député Mamadou Diallo. Un acte qualifié de « fuite en avant » par le président du groupe parlementaire « Bennoo Bokk Yaakaar », Aymérou Gningue. «C’est encore la fuite en avant de l’opposition qui refuse de participer aux concertations initiées par le président Macky Sall et son gouvernement et qui, en dernier ressort, quand elle est battue démocratiquement et par la force des arguments, cherche à installer l’opinion dans un dilatoire sans fin. Le parrainage qui est dans la loi électorale depuis 1992 pour les candidats indépendants ne peut souffrir, aujourd’hui, d’aucun jugement d’anticonstitutionnalité. Et que par conséquent, le dilatoire de l’opposition n’est que jeu politicien», avait-il déclaré.  

Pour rappel, l’adoption de cette loi entraîne l’élargissement du parrainage à toutes les candidatures aussi bien pour les indépendants que pour ceux des partis politiques et coalitions de partis politiques légalement constitués. Et c’est cette exigence que l’opposition conteste toujours. Elle a d’ailleurs voté contre, lors de la plénière au cours de laquelle la loi a été adoptée par les députés de la majorité. Ces derniers n’avaient pas manqué d’exhorter le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique qui défendait le projet, à poursuivre le dialogue et la concertation dans l’élaboration des autres mesures d’application des dispositions sur le parrainage.

Babacar DIONE

Interpellé sur la présence ou non de Karim Wade sur les listes provisoires, le directeur de la communication de la direction générale des élections, a répondu par la négative, avant d’en expliquer les motifs. «Quand nous avons parlé de radiation d’électeurs, il s’agit d’électeurs décédés ou condamnés à des peines imposant qu’ils ne figurent plus sur les listes électorales. Pour ce qui est de Karim Wade, il a introduit une demande d’inscription sur les listes électorales, sa demande a été rejetée parce que l’article L31 dit que «ne doit pas être inscrit sur la liste électorale les individus condamnés pour crime, les condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis, ou à une peine d’emprisonnement avec sursis d’une durée supérieure à un mois, assortie d’une amende pour l’un des délits suivants : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiants, détournement et soustraction commis par les agents publics, corruption et trafic d’influence, contrefaçon et en général pour l’un des délits passible d’une peine supérieure à 5 ans d’emprisonnement.

Le même article dit que ceux qui sont condamnés à 3 mois sans sursis ou une peine d’emprisonnement supérieure à 6 mois avec sursis pour un délit autre que ceux que je viens de citer. C’est cela qui a fait que les services centraux sur ce que dit l’article, ont estimé que Karim Wade ne devait pas être inscrit sur les listes électorales », a expliqué M. Cissé.

Mieux, il précise que n’ayant pas participé à la refonte partielle des listes, «Karim n’y figurait pas avant la révision exceptionnelle des listes électorales et du fait que sa demande a été rejetée sur appréciation des services centraux, il n’y figure pas encore.

Cependant, il faut préciser que chaque citoyen dispose, durant cette période de contentieux, du droit de saisir le tribunal d’instance ou bien de saisir le chef de la représentation diplomatique ou consulaire qui, en l’espèce, agirait comme s’il s’agissait d’un magistrat, sa décision s’imposerait à l’administration et les voies de recours supplémentaires lui restent ouvertes. Au demeurant, il ne s’agit pas d’un électeur radié, dans la mesure où Karim ne s’était pas déplacé lors de la refonte des listes électorales,  comme tous les autres citoyens qui ne s’étaient pas déplacés, avait été enlevé des listes », a-t-il précisé.  

Oumar FEDIOR

Suite à la décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao, condamnant l’Etat du Sénégal dans l’affaire qui l’oppose au député-maire Khalifa Ababacar Sall, le 29 juin dernier, le front démocratique et social de résistance nationale (Frn) a demandé la libération «sans délai et sans condition» de Khalifa Ababacar Sall et de ses codétenus.
D’après le Fnr, la juridiction sous-régionale considère que le droit à l’assistance d’un conseil, le droit à la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable des requérants ont été violés. «Elle reconnait également que la détention et la levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa Ababacar Sall sont arbitraires. Enfin, la Cour de justice de la Cedeao conclut que la responsabilité de l’Etat du Sénégal, par le truchement de ses autorités policières et judiciaires, est engagée», rapporte le Frn. Ainsi, « Le Frn  se félicite de cette décision de la juridiction supra nationale qui rétablit la vérité des faits dans cette affaire.  Il exige, par ailleurs, de l’Etat du Sénégal et de Macky Sall le respect scrupuleux de la décision et, par voie de conséquence, la libération, sans délai et sans condition, de Khalifa Ababacar Sall et de ses codétenus en détention arbitraire depuis bientôt seize mois», précise-t-on dans un communiqué reçu à notre rédaction. Car, pour ledit front, cette décision confirme, si besoin en est encore, les griefs pertinents que les conseils de Khalifa Ababacar Sall avaient soulevés sans succès devant les juridictions sénégalaises.
Amadou DIOP

Bissau -Une séquence historique s’étire en Guinée-Bissau avec la formalisation de la dissidence de membres de l’emblématique Paigc. Ceux-ci entendent participer aux prochaines élections législatives,  et ainsi s’emparer du pouvoir, pour dénoncer la « trahison » des dirigeants actuels du parti.

#Le Mouvement pour l’alternance et la démocratie-Groupe 15 (Madem) bissau-guinéen a organisé, avant-hier, son congrès constitutif.  Initié par 15 députés de l’historique Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (Paigc), le Madem entend formaliser son existence en un cadre légal qui lui permettra de prendre part aux élections législatives de novembre prochain.

Amené par le richissime Braima Camara,  le Mouvement du G-15 a tenté, hier, une démonstration de force avec ses 2015 délégués venus des neuf régions du pays. Pour ses initiateurs, l’essentiel est de mobiliser et de « montrer surtout à l’actuelle direction du Paigc que nous constituons la majorité dans ce pays », a souligné M. Camara, le coordonnateur national du mouvement.  Loin de renoncer au Paigc, de nombreux membres du G-15 veulent se retrouver,  à l’issue des législatives, pour diriger le prochain gouvernement et même reprendre les rênes du parti. Néanmoins, l’ancien chef du gouvernement, Umaru Sissokho Mballo pense, qu’à l’image de l’Apr au Sénégal ou d’En marche en France, le Madem peut continuer sa marche victorieuse après les élections et montrer que l’heure se conjugue avec de nouvelles formations politiques et rompre ainsi avec le passé ».

Toutes les composantes du mouvement nourrissent une foi à toute épreuve en leur victoire aux prochaines élections. Une foi qui fonde la « nécessité de légaliser notre cadre et d’y aller pour engranger le maximum de sièges de députés sur les 101 de l’Assemblée nationale ». Le Parti pour le renouveau social (Prs) avait promis de parrainer les candidats du Madem qui, craignant de n’avoir pas assez de membres sur la liste, ont choisi de formaliser leur mouvement, a expliqué Rogerio Dias,  ancien ministre de la Culture et de la Communication. Les dissidents du Paigc reprochent à la direction du parti d’avoir écarté « les responsables historiques et légitimes du parti des sphères de décision », selon M. Dias. Pour l’ancien Premier ministre de (2016-2018), Umar Sissokho Mballo, la direction a « trahi la ligne du parti et nous n’avions pas d’autre alternative que de nous constituer en mouvement ». Le président du Paigc, Domingos Simaos Preira, également député dans la législature actuelle,  est absent du territoire national. Les différents délégués au congrès vont discuter, durant ces deux jours,  des statuts et du règlement du mouvement. Ces statuts seront déposés, aujourd’hui, au ministère de la Justice pour conférer au mouvement une existence légale lui permettant de participer à l’élection. Une fois le pouvoir acquis, Braima Camara espère faire de la Guinée-Bissau une « terre de démocratie où règne la solidarité et la fraternité entre tous ses fils ». Il a mis en avant le principe fondamental de la majorité en démocratie en haranguant ses militants tout en soulignant être « ouvert » et développé une « démarche inclusive » pour accueillir d’éventuels autres militants convaincus par la même cause : œuvrer pour le développement socioéconomique du pays.

De notre envoyé spécial, Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

 

Leader de Synergie républicaine, un parti membre de la coalition, Macky 2012, Mamadou Moustapha Diagne estime que l’opposition « n’a aucune chance de gagner la prochaine présidentielle ». Pour M. Diagne, pour « achever » cette opposition, la mouvance présidentielle doit expliquer, de manière intelligente et intelligible, le bilan de Macky Sall».

Votre parti a récemment demandé au président de la coalition Macky 2012 de remobiliser ses forces. Pourquoi cette proposition ?
Synergie républicaine a constaté que le président de notre coalition, Macky 2012, est en  train de recevoir des opposants en vue certainement, de les enrôler dans notre mouvance. Cette stratégie d’affaiblissement de l’opposition n’est pas une mauvaise chose en soi ; mais encore faudrait-il bien cibler ceux et celles  qu’on doit démarcher. En effet, je ne crois pas que ceux qui ont bénéficié des largesses de Wade et qui n’ont pas empêché sa déroute, puissent nous apporter une plus-value électorale appréciable. D’abord, ils ne viennent pas avec une bonne image aux yeux du Sénégalais, ensuite ils ne peuvent pas garantir un effet d’entraînement de leur base, s’il leur en reste encore. Alors la bonne stratégie pour le président, c’est d’abord de remobiliser ceux qui l’aiment et qui croient en son action : les militants de l’Apr, les alliés de la 1er heure de Macky 2012 et enfin ceux de “Bennoo Bokk Yaakaar”. Il n’a pas besoin de recréer le monde. Ceux qui lui souhaitent véritablement un 2éme mandat se trouvent dans ses propres forces.

Comment cette remobilisation doit se faire ?
Il doit continuer à pacifier les foyers de tension au sein de l’Apr, motiver et demander à ses responsables qui bénéficient de position d’appuyer les militants  de l’Apr à la base de façon plus conséquente. Parallèlement, il doit recevoir Macky 2012, les autres sous coalitions et définir avec elles une stratégie pour une victoire dès le 1er tour. Il faut détruire cette image qui porte à croire que “Bennoo Bokk Yaakaar” c’est cinq partis : le Ps, l’Afp, la Ld, le Pit, et l’Apr.

Quelle action concrète la mouvance doit mener pour faire face à l’opposition ?
Nous avons une opposition qui, pratiquement, n’a aucune chance de gagner. Elle est paralysée par le manque de leadership crédible. Idrissa Seck s’est tiré une balle dans le pied, le Pds manque de courage en s’entêtant à vouloir présenter Karim comme candidat, les autres n’ont aucun ancrage sociologique et politique qui leur permet de porter une contradiction sérieuse au président. C’est une opposition qui verse dans le nihilisme et le catastrophisme. Pour l’achever, il nous faut principalement expliquer, de manière intelligente et intelligible, le bilan du président Macky Sall aux électeurs en insistant notamment sur ses grands projets dont le Pudc, le Puma, le projet Promoville, la Cmu, le Ter, mais aussi les découvertes de pétrole et de gaz, les constructions et les réfections dans les cités religieuses.

Est-ce que l’unité du camp présidentiel n’est pas souvent fragilisée par les échanges de propos aigre doux entre hauts responsables ?
Oui, vous avez raison, le linge sale se lave en famille. Les bravades, les attaques crypto-personnelles et les insultes  publiques ternissent l’image de notre régime. Il nous faut éviter particulièrement l’arrogance et la suffisance. Gérons nos contradictions en interne et renvoyons aux populations, une image teintée de modestie, de vertu et de sobriété á l’image de son excellence le président Macky  Sall qui symbolise le modèle parfait du citoyen que notre école cherche á construire.

Quelle est la clé pour gagner au premier tour ?
Il faut travailler sur trois  axes fondamentaux à savoir une excellente présentation du bilan du Chef de l’Etat en vue de sa bonne appropriation par les bénéficiaires et électeurs. Ce qui nécessite, en conséquence,  une revue des fondamentaux de notre communication et un repositionnement des hommes et des femmes qui l’animent, une remobilisation de nos forces accompagnée par l’élaboration d’une bonne stratégie de campagne qui prend en compte la représentativité de chaque organisation de la mouvance et une résolution rapide des problèmes sociaux par le gouvernement qui devra nécessairement apporter des solutions immédiates aux problèmes sociaux : l’eau, l’éducation, la santé, la formation et l’insertion des jeunes , le financement des femmes. Les programmes en cours doivent être diligentés pour atteindre le maximum de bénéficiaires.

Propos recueillis par
Babacar DIONE

 

Après la refonte du fichier, les listes provisoires sont disponibles. Face à la presse, la direction générale des élections a décrit les grandes lignes. Ainsi, les citoyens n’y figurant par omission ont une période de 15 jours pour être rétablis dans leurs droits. Le directeur de la communication, M. Bernard Cissé, n’a pas manqué d’expliquer les raisons de l’absence de Karim Wade sur les listes provisoires.

Par décret Numéro 2018, 476 du 20 février 2018, le Chef de l’Etat Macky Sall, avait demandé, conformément au Code électoral, une révision des listes électorales en vue de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Cette étape du processus électoral est désormais bouclée et les listes provisoires sont désormais disponibles. Face à la presse, la direction générale des élections est revenue sur les grandes lignes de cette liste. Selon M. Bernard Demba Cissé, directeur de la communication, « avec cette révision qui a eu lieu du 1er mars au 30 avril 2018, au Sénégal et à l’étranger, il s’agissait, pour les citoyens, de faire des demandes d’inscription, de changement de circonscription, de duplicata pour cause de pertes, d’altération de la carte d’identité, de changement de lieu de vote, de changement de statut, de correction, de photo, de radiation…Conformément à l’article 7, les demandes ont pris fin le 23 avril 2018. Mais les commissions étaient restées pour prendre en compte, dans la période du 24 au 30 avril, les décisions de justice ou celles des représentations diplomatiques ou consulaires au cas où un citoyen contesterait un rejet de la demande », dit-il. Au total, la révision passée a enregistré un total de 495 919 mouvements, dont 440 547 au Sénégal, et 55 272 à l’étranger. Dans le détail, M. Cissé révèle que «381.052 demandes d’inscription ont été notées, 59 248 demandes de modification d’adresse électorale, 58 demandes de changement de statut, 189 demandes de radiation. A l’étranger, 50 052 demandes d’inscription ont été notées, 5214 demandes de modifications, 6 demandes de changement de statut… », poursuit le directeur de la communication de la Dge.

Un délai de 15 jours pour introduire un recours
Et à partir de ce lundi, les listes sont transmises aux préfets, sous-préfets, présidents de conseil, aux chefs de représentation diplomatiques. Mais elles ne seront pas affichées. «Les préfets, sous-préfets…dressent un PV de réception des mouvements et des rejets. Ce PV est affiché sur les tableaux. C’est cette formalité d’affichage du PV de réception et non d’affichage des listes qui vaut publication des listes provisoires issues de la dernière révision des listes électorales. Les citoyens concernés pourront consulter les listes selon les diligences et dispositions que chaque autorité responsable prendra », cadre-t-il.

La direction générale des élections donnent aux citoyens ayant formulé une demande lors de la révision, l’occasion d’introduire un recours en cas d’omission ou d’erreur. «A partir de ce mardi 3 juillet, ils ont un délai de 15 jours pour saisir le tribunal d’instance de leur ressort ou le chef de la représentation diplomatique ou consulaire pour ceux qui sont à l’étranger, en cas de rejet, d’omission ou d’erreur, ils doivent se munir du récépissé remis par la commission de révision.  Ils peuvent introduire le recours directement ou par l’intermédiaire de la Cena.

Cette étape passée, le ministre arrêtera et publiera la liste des électeurs. Il faut que les populations concernées par cette révision se rapprochent des commissions pour éventuellement être rétablis dans leurs droits. Notre système électoral étant soumis au droit, l’administration électorale se soumettrait comme par le passé, aux décisions de justice. Et au final, les listes définitives seront publiées, selon le code électoral, l’administration a au moins jusqu’au moins à 30 jours des élections», a-t-il précisé.            

Oumar FEDIOR

LES RAISONS DU REJET DE LA DEMANDE D’INSCRIPTION DE KARIM WADE
Interpellé sur la présence ou non de Karim Wade sur les listes provisoires, le directeur de la communication de la direction générale des élections, a répondu par la négative, avant d’en expliquer les motifs. «Quand nous avons parlé de radiation d’électeurs, il s’agit d’électeurs décédés ou condamnés à des peines imposant qu’ils ne figurent plus sur les listes électorales. Pour ce qui est de Karim Wade, il a introduit une demande d’inscription sur les listes électorales, sa demande a été rejetée parce que l’article L31 dit que «ne doit pas être inscrit sur la liste électorale les individus condamnés pour crime, les condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis, ou à une peine d’emprisonnement avec sursis d’une durée supérieure à un mois, assortie d’une amende pour l’un des délits suivants : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiants, détournement et soustraction commis par les agents publics, corruption et trafic d’influence, contrefaçon et en général pour l’un des délits passible d’une peine supérieure à 5 ans d’emprisonnement.

Le même article dit que ceux qui sont condamnés à 3 mois sans sursis ou une peine d’emprisonnement supérieure à 6 mois avec sursis pour un délit autre que ceux que je viens de citer. C’est cela qui a fait que les services centraux sur ce que dit l’article, ont estimé que Karim Wade ne devait pas être inscrit sur les listes électorales », a expliqué M. Cissé.
Mieux, il précise que n’ayant pas participé à la refonte partielle des listes, «Karim n’y figurait pas avant la révision exceptionnelle des listes électorales et du fait que sa demande a été rejetée sur appréciation des services centraux, il n’y figure pas encore.

Cependant, il faut préciser que chaque citoyen dispose, durant cette période de contentieux, du droit de saisir le tribunal d’instance ou bien de saisir le chef de la représentation diplomatique ou consulaire qui, en l’espèce, agirait comme s’il s’agissait d’un magistrat, sa décision s’imposerait à l’administration et les voies de recours supplémentaires lui restent ouvertes. Au demeurant, il ne s’agit pas d’un électeur radié, dans la mesure où Karim ne s’était pas déplacé lors de la refonte des listes électorales,  comme tous les autres citoyens qui ne s’étaient pas déplacés, avait été enlevé des listes », a-t-il précisé.  

Oumar FEDIOR

 

Me Madické Niang a invité à réfléchir sur le problème de la dette. «C’est important que ce problème soit pris en charge. Ne laissons pas le poids énorme de la dette exporté par les générations à venir et demain le Sénégal ne pourra jamais atteindre le cap de l’émergence », a-t-il averti. Avant de poursuivre: «sur l’orientation budgétaire, j’ai un problème. C’est qu’aujourd’hui, on est en train de perdre la souveraineté budgétaire sur l’investissement. Parce que nos ressources internes, par rapport à l’investissement, diminuent de plus en plus.  Cela me pose de sérieux problèmes. Nous avons besoin de cette souveraineté nationale sur l’investissement parce que simplement nous avons à créer de la richesse pour le Sénégal.»

Le ministre de l’économie, des finances et du plan a informé, lors du débat d’orientation budgétaire, que la période 2019-2021 sera consacrée à l’amplification de la politique d’emploi des jeunes, des femmes et de l’entrepreneuriat, entre autres.

«En dépenses, comme en 2018, la période 2019-2021 sera consacrée à l’amplification de la politique de l’emploi des jeunes, des femmes et de l’entrepreneuriat, le renforcement du capital humain et de la protection sociale ainsi que la gouvernance locale, le tout, dans un contexte qui sera marqué par le renforcement des moyens destinés aux forces de défense et de sécurité de notre pays», a annoncé Amadou Bâ.

Pour le ministre, cette option matérialisée par le concept d’année sociale, a été bien traduite dans la loi de finances initiale 2018 et renforcée dans la loi de finances rectificative 2018 adoptée vendredi dernier par les députés.  «Mieux, elle continuera de s’incarner encore dans les lois de finances à venir puisque le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2019-2021 conserve les principaux programmes qui constituent les marqueurs identitaires de notre programme économique et social…», a-t-il soutenu.  

Il a ainsi énuméré, entre autres, le Pudc, le programme Promovilles, les bourses de sécurité familiale, le Pracas, le Pula, la couverture maladie universelle…Par ailleurs, «c’est pourquoi, les dépenses en capital augmenteront de 440,7 milliards de FCfa en valeur absolue sur la période 2019-2023, mais aussi les dépenses courantes de 267,7 milliards de FCfa pour renforcer les crédits alloués aux universités au titre de l’application du régime complémentaire de retraite des enseignants du supérieur, aux bourses et allocations d’études et aux œuvres universitaires», a-t-il renseigné. «Quant aux dépenses du personnel, elles connaîtront une hausse de 375,3 milliards de FCfa pour prendre en charge notamment l’impact budgétaire de la mise en œuvre des accords conclus avec les syndicats de l’éducation, de la santé et de la justice. Les charges des comptes spéciaux du trésor connaîtront une hausse de 22% imputable à l’impact budgétaire du régime complémentaire  de retraite du personnel cotisant au Fnr (fonds  national de retraite) et à l’augmentation des ressources allouées au compte de prêts», a-t-il, en outre, indiqué.

Réagissant sur le service de la dette, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a fait comprendre qu’il est maîtrisé.

En clair, «pour ce qui est du service de la dette, il se situerait à 2. 455,2 milliards de FCfa et demeurerait maîtrisé puisque la dette est toujours contractée dans les meilleures conditions possibles et conformément aux standards de viabilité et de liquidité », a-t-il garanti.


Vers une restructuration des entreprises en difficultés

Dans la gestion du secteur parapublic, un point important concerne les entreprises en difficultés. C’est ainsi qu’au titre du programme 2018, la restructuration de ces entreprises s’articulera autour de la poursuite et de la consolidation des mesures de redressement pour la Lonase, La Poste, la Nouvelle société textile du Sénégal et les Nouvelles éditions africaines du Sénégal. Trois autres entreprises telles que la Rts, l’Aps et le Cereeq vont également intégrer le plan de restructuration.  Le contenu du Dpbep explique dans les détails la situation de chacune de ces entités. A ce titre, il revient sur trois dossiers. Pour la Lonase, 33 milliards de FCfa de créances de l’Etat sur cette société ont été utilisées pour sa capitalisation. En outre, le taux de la redevance que cette société paie à l’Etat est passé de 10% à 5%, toujours dans l’optique  de soutenir l’assainissement financier de cette société. C’est ainsi que le résultat net de la Lonase évolue favorablement de 2015 à 2017. Pour le groupe Sn la Poste, une convention de dettes croisées a été signée en 2017. Elle dégage un reliquat en faveur de l’Etat de 174 milliards de FCfa. Tout ou une partie de ce reliquat sera utilisé pour la recapitalisation. Le plan de restructuration 2018 prévoit deux mesures phares : la réforme du système de garantie des opérations de La Poste par le trésor ; la mutation institutionnelle de Poste Finances en banque postale, aux fins de lui rendre son autonomie financière. Un plan d’apurement de la dette due à l’Etat sera également élaboré et il sera compatible avec la restructuration en cours.

 

Samedi dernier, le ministre de l’économie, des finances et du plan, Amadou Bâ, avait informé qu’au total, pour 2019, les ressources de la loi de finances seront d’environ 4.000 milliards de FCfa, provenant de l’effort de mobilisation des ressources internes mais également de ressources externes. Il faisait face aux députés pour présenter le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2019-2021.

Face aux parlementaires, avant-hier, le ministre de l’Economie, des Fiances et du Plan, Amadou Bâ, s’est réjoui de la présentation du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) 2019-2021 à l’Hémicycle. Il a fait comprendre que le débat d’orientation budgétaire est un exercice important de transparence dans une démocratie puisqu’il permet, non seulement de faire le point sur la situation et les perspectives économiques et sociales du pays, mais aussi de discuter de sujets importants que sont la trajectoire des recettes et dépenses de l’Etat, la situation financière des collectivités territoriales, des entreprises publiques et organismes de protection sociale, entre autres. Le ministre a souligné qu’au total, pour 2019, les ressources de la loi de finances seront d’environ 4000 milliards de FCfa, provenant de l’effort de mobilisation des ressources internes mais également de ressources externes acquises au moindre coût et affectées exclusivement aux projets économiquement rentables et socialement utiles.

Pour le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, l’option retenue de renforcer la mobilisation des ressources extérieures pour le complément de financement de l’investissement résulte notamment de la confiance des partenaires techniques et financiers du Sénégal. Il a rappelé, dans ce sens, que ces partenaires s’étaient engagés au cours du groupe consultatif de février 2014 à hauteur de 3.729 milliards de F Cfa. «Aujourd’hui, quatre ans après, nous sommes à 5.963,4 milliards de FCfa de financements mobilisés auprès des mêmes bailleurs, soit un taux de réalisation de 160% », a soutenu le ministre. C’est pourquoi, dit-il, le président de la République a souhaité, après plusieurs années d’assainissement du cadre macroéconomique, de rationalisation des dépenses, que notre politique budgétaire s’attache davantage à redistribuer à nos concitoyens les fruits bien mérités de la croissance forte et durable que le Pse a mis sur les rails.

Civisme fiscal
A Ba Ass Nat 18Par ailleurs, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a rapporté que sur la période 2019-2021, la dynamique amorcée se maintiendra puisque le taux de croissance moyen projeté est de 7%, à la faveur de la mise en œuvre du deuxième Plan d’actions prioritaires (Pap) du Pse en cours de préparation et qui portera sur la période 2019-2023. «Le premier s’achève cette année avec les excellents résultats obtenus qui confirment la pertinence du Pse. Le Sénégal n’abandonnera pas pour autant le dogme de la rigueur budgétaire, qui est le gage de la confiance des marchés et des bailleurs de fonds, car le déficit budgétaire ne dépassera pas 3% durant les trois prochaines années, il sera même de 2,9% en 2021», a-t-il insisté.

Pour cela, il a renseigné que l’accent sera mis sur la modernisation des administrations fiscale et douanière car le développement fulgurant de certaines technologies, notamment dans le domaine du numérique, permet à ces administrations de réaliser des gains de temps importants et d’améliorer donc leur rendement budgétaire. «Mais il ne faut pas perdre de vue que les marges de progression fiscale se rétrécissent de plus en plus», a-t-il alerté. Amadou Bâ a aussi indiqué qu’il n’aura échappé à personne que 2017 a été une année de croissance pour la plupart des économies (avec un taux moyen de 3,8%). «2018 devrait le confirmer (les prévisions tablent sur 3,9%). L’économie sénégalaise, elle, n’a jamais été aussi forte. En effet, le taux de croissance du Pib réel se maintient sur un rythme de plus de 6% pour la troisième année consécutive. En 2017, cette croissance a été de 7,2%, soit un point de pourcentage de plus que l’année 2016, reflétant la poursuite des grands projets d’investissement et le renforcement de l’ensemble des secteurs productifs», a-t-il confié. Globalement, a-t-il renchéri, c’est une croissance portée par les secteurs primaire (12,9%) et tertiaire (6,6%), le secteur secondaire progressant moins lentement, de 4,5%. «En 2018, nous devrions faire légèrement moins que 2017, pour nous situer tout de même à 7% dont: 7,8% pour le secteur primaire (il s’agit donc d’un léger repli), 6,9% pour le secteur secondaire (il va être plus performant qu’en 2017) et 6,7% pour le secteur tertiaire (il va rester stable). Pour ce qui est du taux de l’inflation projeté à 2,2% contre 1,7% en 2017, il s’explique par l’impact négatif de la remontée des cours du baril et ceux de certaines matières premières », a-t-il expliqué.

 D’après Amadou Bâ, le recensement général des entreprises auquel l’agence nationale de la statistique et de la démographie a procédé en 2017, a certes révélé des pans importants de notre économie qui ne sont pas correctement fiscalisés. «Il s’agit, pour l’essentiel, de micro-entreprises, souvent constitués d’une seule personne physique, peu  ou pas alphabétisée, peu ou pas formée, exerçant une activité de survie avec des moyens rudimentaires et un accès limité aux circuits de financement.

Or, conformément aux instructions du président de la République, la politique fiscale du Sénégal s’efforce de ne pas apparaître comme confiscatoire. Il est donc important d’éviter d’écraser d’impôts ces micro-entreprises informelles», a-t-il fait savoir. La stratégie consiste plutôt, selon lui, à les habituer au paiement de l’impôt, pour développer leur civisme fiscal, en la matière, la pédagogie s’avérant plus appropriée que la répression.

Amadou DIOP et Abdou DIAW (Textes), Ndèye Seyni Samb (Photos)


L’APPUI AUX COLLECTIVITÉS TERRITORIALES EN HAUSSE DE 10,682 MILLIARDS DE FCFA EN 2019
D’après le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, l’effort financier de l’Etat pour les collectivités locales a connu de fortes évolutions. En effet, il indique que 42 milliards de FCfa de ressources avaient été transférées aux collectivités locales en 2017, entre les fonds de dotation, les ristournes d’impôts et taxes et les budgets d’investissements décentralisés en santé et éducation. Ce montant, rassure le ministre, atteindra 52,682 milliards en 2019, 53,280 milliards en 2020 et 53,886 en 2021. Toutefois, avertit-il, une politique de décentralisation réussie ne peut pas reposer sur le seul effort budgétaire de l’Etat ; ce n’est ni viable sur le plan budgétaire, ni conforme au principe de libre administration des collectivités territoriales, sur les plans juridique et politique. C’est pour cette raison, justifie le ministre, que le code général des impôts a été récemment réformé pour consacrer la suppression définitive de la patente, l’un des plus vieux impôts du système fiscal sénégalais et la création d’une contribution économique locale.

La situation des organismes de protection sociale ainsi que celle des entreprises publiques ont été également l’un des sujets couverts par le débat d’orientation budgétaire. S’agissant du premier point, le ministre a rassuré que l’Ipres et la Caisse de sécurité sociale (Css) se portent bien et investissent beaucoup dans leur modernisation, afin de mieux prendre en charge la gestion de leurs prestations.

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LA PENSION MINIMALE MISE EN ŒUVRE DÈS 2019
S’agissant plus spécifiquement des retraites des travailleurs, des projets sont prévus pour la période couverte par le Dpbep et ils vont porter principalement sur la mise en œuvre de la pension minimale, une des principales résolutions de la conférence sociale 2017 ; la généralisation du régime complémentaire (extension aux non cadres) ; l’introduction d’un régime complémentaire basé sur la capitalisation, l’introduction d’un régime d’affiliation volontaire en direction des travailleurs non salariés et des Sénégalais de la diaspora…

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CAPITALISATION DE 431 MILLIARDS DE FCFA POUR UNE SOIXANTAINE D’ENTREPRISES
Pour ce qui concerne le secteur parapublic, il continue d’avoir un poids important dans l’économie nationale, constate le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. Il explique cette situation par le fait que la capitalisation de la soixantaine d’entreprises composant ce secteur s’élevait à 431,589 milliards en 2016, en hausse de 7,908 milliards par rapport à l’exercice précédent du fait de l’augmentation de capital opérée par la Lonase. Cependant, note le ministre, l’Etat actionnaire gagne aussi de l’argent puisqu’au titre de ses participations financières, à la date du 30 décembre 2016, les dividendes encaissés s’élevaient à 44,9 milliards. La politique de l’Etat s’inscrit aussi et surtout dans une démarche de renforcement de la culture de performance, avec la vulgarisation des lettres de missions, des plans stratégiques et des contrats de performance. L’objectif est d’améliorer le management des entités concernées, en le rapprochant de celui des entreprises privées données en modèles.

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AMADOU BA, MINISTRE DE L’ECONOMIE : « AMPLIFIER LA POLITIQUE D’EMPLOI DES JEUNES »
Le ministre de l’économie, des finances et du plan a informé, lors du débat d’orientation budgétaire, que la période 2019-2021 sera consacrée à l’amplification de la politique d’emploi des jeunes, des femmes et de l’entrepreneuriat, entre autres.

«En dépenses, comme en 2018, la période 2019-2021 sera consacrée à l’amplification de la politique de l’emploi des jeunes, des femmes et de l’entrepreneuriat, le renforcement du capital humain et de la protection sociale ainsi que la gouvernance locale, le tout, dans un contexte qui sera marqué par le renforcement des moyens destinés aux forces de défense et de sécurité de notre pays», a annoncé Amadou Bâ.

Pour le ministre, cette option matérialisée par le concept d’année sociale, a été bien traduite dans la loi de finances initiale 2018 et renforcée dans la loi de finances rectificative 2018 adoptée vendredi dernier par les députés. «Mieux, elle continuera de s’incarner encore dans les lois de finances à venir puisque le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2019-2021 conserve les principaux programmes qui constituent les marqueurs identitaires de notre programme économique et social…», a-t-il soutenu.

Il a ainsi énuméré, entre autres, le Pudc, le programme Promovilles, les bourses de sécurité familiale, le Pracas, le Pula, la couverture maladie universelle…Par ailleurs, «c’est pourquoi, les dépenses en capital augmenteront de 440,7 milliards de FCfa en valeur absolue sur la période 2019-2023, mais aussi les dépenses courantes de 267,7 milliards de FCfa pour renforcer les crédits alloués aux universités au titre de l’application du régime complémentaire de retraite des enseignants du supérieur, aux bourses et allocations d’études et aux œuvres universitaires», a-t-il renseigné. «Quant aux dépenses du personnel, elles connaîtront une hausse de 375,3 milliards de FCfa pour prendre en charge notamment l’impact budgétaire de la mise en œuvre des accords conclus avec les syndicats de l’éducation, de la santé et de la justice. Les charges des comptes spéciaux du trésor connaîtront une hausse de 22% imputable à l’impact budgétaire du régime complémentaire  de retraite du personnel cotisant au Fnr (fonds national de retraite) et à l’augmentation des ressources allouées au compte de prêts», a-t-il, en outre, indiqué.

Réagissant sur le service de la dette, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a fait comprendre qu’il est maîtrisé.

En clair, «pour ce qui est du service de la dette, il se situerait à 2. 455,2 milliards de FCfa et demeurerait maîtrisé puisque la dette est toujours contractée dans les meilleures conditions possibles et conformément aux standards de viabilité et de liquidité », a-t-il garanti.

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Moustapha Niasse Ass Nat 18MOUSTAPHA NIASSE, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE : « TOUJOURS PENSER D’ABORD À L’INTÉRÊT GÉNÉRAL »
Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a indiqué que le débat d’orientation budgétaire est l’expression d’un volet important des missions du parlement.

«L’idéal démocratique dans un parlement doit porter sur les principes de discipline, de respect mutuel, dans l’observation stricte des règles de la morale publique et, dans un esprit de tolérance basé sur la recherche d’un consensus dynamique et positif, chaque fois que de besoin, pour contribuer à la construction, par des étapes, d’une société marchant vers l’émergence, le progrès», a-t-il expliqué. Il a ajouté : «il y a eu des dérives regrettables qui, au-delà des considérations politiques, ont été générées parfois par le «moi haïssable».

Mais nous n’avons pas le droit de craindre l’avenir, car nous avons le sentiment du devoir accompli et bien accompli. Notre pays a besoin de tranquillité et le temps des vieilles rancœurs doit être dépassé».

Aussi, pour Moustapha Niasse, l’idéal démocratique plonge également ses racines dans la réalité d’une majorité et d’une minorité sans l’existence desquelles aucun débat démocratique ne peut être opérant. Cependant, « nul n’a intérêt, dans une démocratie, à évoluer, lorsqu’un débat a lieu sur des questions essentielles portant sur l’intérêt du pays, à ce que le niveau d’énervement conduise à des blocages inutiles. Nous devons tous penser au pays, avant de songer à nous-mêmes», a-t-il invité, avant de déclarer close la session ordinaire unique de l’année 2017-2018.

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VERS UNE RESTRUCTURATION DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉS
Dans la gestion du secteur parapublic, un point important concerne les entreprises en difficultés. C’est ainsi qu’au titre du programme 2018, la restructuration de ces entreprises s’articulera autour de la poursuite et de la consolidation des mesures de redressement pour la Lonase, La Poste, la Nouvelle société textile du Sénégal et les Nouvelles éditions africaines du Sénégal. Trois autres entreprises telles que la Rts, l’Aps et le Cereeq vont également intégrer le plan de restructuration.  Le contenu du Dpbep explique dans les détails la situation de chacune de ces entités. A ce titre, il revient sur trois dossiers. Pour la Lonase, 33 milliards de FCfa de créances de l’Etat sur cette société ont été utilisées pour sa capitalisation. En outre, le taux de la redevance que cette société paie à l’Etat est passé de 10% à 5%, toujours dans l’optique  de soutenir l’assainissement financier de cette société. C’est ainsi que le résultat net de la Lonase évolue favorablement de 2015 à 2017. Pour le groupe Sn la Poste, une convention de dettes croisées a été signée en 2017. Elle dégage un reliquat en faveur de l’Etat de 174 milliards de FCfa. Tout ou une partie de ce reliquat sera utilisé pour la recapitalisation. Le plan de restructuration 2018 prévoit deux mesures phares : la réforme du système de garantie des opérations de La Poste par le trésor ; la mutation institutionnelle de Poste Finances en banque postale, aux fins de lui rendre son autonomie financière. Un plan d’apurement de la dette due à l’Etat sera également élaboré et il sera compatible avec la restructuration en cours.

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AYMEROU GNINGUE, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE BBY : « L’ÉQUITÉ TERRITORIALE EST LE VECTEUR DE LA POLITIQUE DU PRÉSIDENT MACKY SALL »
Pour le président du groupe parlementaire “Benno Bokk Yakaar”, Aymérou Gningue, le pays est en marche. Il en veut pour preuves, entre autres, les 133 milliards de FCfa pour les écoles, les 434 milliards de FCfa pour les universités, les 2000 kilomètres de pistes, les 229 forages, les 91 châteaux d’eau, le programme Promoville et le Puma. «Le pays est donc en marche. Alors donnons au Président Macky Sall la possibilité d’achever ce qu’il a entamé et d’accomplir son ambition pour le Sénégal (en allusion à un second mandat)», a-t-il suggéré. Surtout, «l’équité territoriale est le vecteur de la politique du Président Macky Sall. C’est ça le fondement qui structure sa politique parce que c’est un homme qui est contre l’injustice», a-t-il précisé.

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ME MADICKÉ NIANG, PRÉSIDENT DU GROUPE « LIBERTÉ ET DÉMOCRATIE » : « LE SÉNÉGAL EST EN TRAIN DE PERDRE LA SOUVERAINETÉ BUDGÉTAIRE SUR L’INVESTISSEMENT »
Me Madické Niang a invité à réfléchir sur le problème de la dette. «C’est important que ce problème soit pris en charge. Ne laissons pas le poids énorme de la dette exporté par les générations à venir et demain le Sénégal ne pourra jamais atteindre le cap de l’émergence », a-t-il averti. Avant de poursuivre: «sur l’orientation budgétaire, j’ai un problème. C’est qu’aujourd’hui, on est en train de perdre la souveraineté budgétaire sur l’investissement. Parce que nos ressources internes, par rapport à l’investissement, diminuent de plus en plus. Cela me pose de sérieux problèmes. Nous avons besoin de cette souveraineté nationale sur l’investissement parce que simplement nous avons à créer de la richesse pour le Sénégal.»

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Les attaques à main armée se multiplient dans le département de Ziguinchor, renouant cette partie de la Casamance avec la violence après une accalmie de plus de cinq ans. En effet, des hommes armés y ont encore sévi, dans la nuit de jeudi dernier.

L’attaque a été perpétrée à Baghagha, un village de la commune d’Adéane. Les assaillants y ont fait irruption vers 4 h du matin, brutalisant certaines populations et dépossédant d’autres, notamment des boutiquiers, de leurs biens (marchandises, bétail, argent, téléphones portables, radios, téléviseurs, bijoux…). Ils ont presque tout emporté. Selon des témoignages, un mareyeur a été délesté de cinq bœufs. Puis, les hommes armés ont tabassé des enfants, avant de les contraindre à transporter leur butin hors du village. Ils ont finalement relâché ceux-ci après un parcours de plusieurs kilomètres, en profondeur dans la brousse, vers la frontière avec la Guinée-Bissau. C’est ainsi que de nombreux blessés ont été dénombrés au sein des villageois.      

Cette énième attaque, qui a plongé les Ziguinchorois et les autres habitants du reste du département dans la consternation, est venue allonger la liste des actes barbares que des individus armés, supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), ont perpétrés, ces temps derniers, dans la région méridionale du Sénégal. Il s’agit de la tuerie de la forêt de Boffa, en janvier, du braquage qui a eu lieu en mars sur la route d’Oussouye, à hauteur du village de Baffican, du braquage du village des pêcheurs qui se trouve au pied du pont de Niambalang et de l’endommagement à l’explosif dudit pont. Il s’y ajoute l’attaque à main armée dont le village de Samick a fait l’objet le mercredi 23 mai 2018, suivie quelque temps après de l’incendie d’un véhicule « clando » sur la route Etafoune-Kaguitte », dans la commune de Nyassia.                       

El Hadj Moussa SADIO

 

La loi n°18/2018 modifiant la loi n° 2002-08 du 22 février 2002 abrogeant et remplaçant certaines dispositions de la loi n°81-52 du 10 juillet a été votée, hier, par l’Assemblée nationale. Cette disposition vise à améliorer les conditions de vie de certaines catégories de retraités du Fonds national de retraite (Fnr).

L’Assemblée nationale a voté, hier, le projet de loi n°18/2018 modifiant la loi n° 2002-08 du 22 février 2002 abrogeant et remplaçant certaines dispositions de la loi n°81-52 du 10 juillet 1981 portant code des pensions civiles et militaires de retraite. Cette loi avait consacré un certain nombre de mesures qui ont l’avantage de restaurer l’équilibre financier du Fonds national de retraite (Fnr). Elle avait permis, explique-t-on dans le rapport général de la commission de l’économie générale des finances, du plan et de la coopération économique, le relèvement de l’âge de la retraite de 55 ans à 60 ans, l’assainissement des dépenses avec la modification du mode de calcul de la retraite pension, calcul basé sur la moyenne des émoluments des trois dernières années et la rationalisation des avantages qui ne sont pas assis sur des cotisations, l’amélioration des recettes par le biais de l’élargissement de l’assiette qui prend en compte, en sus de la solde indiciaire et de l’indemnité d’enseignement, le complément spécial de solde, l’indemnité de résidence ainsi que les augmentations et ajustement de solde.

« Nonobstant l’envergure de cette réforme, il est apparu dans la pratique que le mode de calcul des pensions limitait, dans ses dispositions relatives à l’écrêtement prévu au dernier de l’article 28, l’efficacité du régime, dans sa vocation à servir aux retraités un revenu de remplacement satisfaisant », a-t-on constaté. Soucieux de renforcer la protection sociale des retraités, ajoute-t-on dans le document, le gouvernement a décidé d’étendre l’assiette soumise à cotisation à l’indemnité spéciale de recherche de l’enseignement.

Ces deux mesures, combinées à la retraite complémentaire, permettront d’atteindre un taux de remplacement de 45 %. Ces réformes, qui entrent en vigueur à partir de juillet 2018, auront un impact budgétaire de 6,3 milliards de FCfa à inscrire dans la loi de finances rectificative 2018.

Représentant le gouvernement, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a indiqué que ce texte découle d’un « consensus fort ». C’est ainsi que le président de la République a décidé de faire droit à cette « revendication légitime et justifiée », a-t-il rappelé, tout en précisant que ce sont les enseignants de la hiérarchie A, les non fonctionnaires de la hiérarchie A1, A spécial à partir de l’indice 3828, les officiers supérieurs de l’armée, les professeurs d’université, les magistrats, les inspecteurs qui sont concernés par cette disposition.

Toutefois, précise-t-il, ce texte n’a pas pour objet de toucher la limite d’âge des agents concernés déjà pris en compte par la loi n° 2002-08 du 22 février 2002 et qu’il ne concerne que ces catégories de retraités du Fnr et non ceux de l’Ipres. « Ce texte concerne exclusivement l’élargissement de l’assiette, la suppression de l’écrêtement c’est-à-dire, il y a une partie du revenu qui n’entrait pas dans la base de détermination de la retraite », a expliqué le ministre.

Le déficit budgétaire passe de 367 à 475,7 milliards de FCfa

Pour faire face aux nombreux enjeux du moment, le gouvernement a jugé nécessaire de prendre la décision de déclarer la cible de déficit budgétaire en accord avec les partenaires techniques et financiers. Ainsi, le déficit budgétaire va passer de 367 milliards de FCfa comme prévu dans la Lfi 2018 à 475,7 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 108,7 milliards de FCfa en valeur absolue.
En valeur relative, le déficit augmente de 0,6 point, car il se situera à 3,5 % du Pib projeté en 2018, contre 2,9 % en 2017. Ainsi, la hausse du déficit de 0,6 point du Pib ne saurait dégrader les ratios d’endettement du pays. Cependant, dans la Lfr pour l’année 2018, les recettes fiscales vont connaître une baisse de 65,2 milliards de FCfa pour s’établir à 2.145,8 milliards de FCfa, alors que les recettes non fiscales enregistrent une hausse de 32,1 milliards de FCfa par rapport aux prévisions de la Lfi 2018.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a indiqué que l’examen de cette loi de finances rectificative est une «occasion unique en rapport à certaines préoccupations soulevées de tout bord ». Sa conviction est que « le gouvernement aurait pu être félicité par l’ensemble des parlementaires du fait de la transparence et de la sérénité dont il a fait preuve ». « Ce qui a fondamentalement changé, explique-t-il, c’est la vision qui a été mise en œuvre et qui doit faire plaisir à l’ensemble du peuple sénégalais ». « Le Sénégal était habitué à un taux de croissance de moins de 3 ou 4%. Aujourd’hui, le Sénégal a une croissance moyenne de 6% », ajoute Amadou Bâ.  A l’endroit du député Me Madické Niang qui a vigoureusement contesté les chiffres figurant dans la Lfr, le ministre de l’Economie soutient qu’« on ne peut pas contester les chiffres. Du point de la logique et de la rigueur scientifique qui permet d’arriver à des documents de qualité, il n’y a absolument rien à dire même si l’erreur est humaine ». Selon lui, les véritables chiffres de recettes en exécution en 2017 sont déjà disponibles ici (à l’Assemblée nationale). C’est la première fois, dans l’histoire de l’Uemoa, mais aussi du Sénégal, au mois d’octobre, que le texte a été déjà adopté par le conseil des ministres sans que la Cour des comptes ne les vus. « C’est dire que le gouvernement n’a rien à cacher. Dans l’exécution du budget aussi bien en recettes qu’en dépenses, le ministre des Finances encore moins celui du Budget, ne sont pas dans le processus. Les dettes publiques sont ordonnancées par le directeur de la Dette », explique Amadou Bâ.
Aussi, poursuit-il, le ministre des Finances n’est même pas informé du paiement de la dette publique. « Nous avons une administration robuste, solide, qui fonctionne bien », dit-il. Il en est de même, selon lui, pour le processus de mobilisation. Les mesures que nous prenons, que ça soit celles fiscales ou des dépenses, ne sont pas dictées par des dossiers en cours.

Le coût de la hausse du baril de pétrole estimé à 166,2 milliards de FCfa

Pour les dépenses du budget liées à la hausse du prix du pétrole, l’Etat devait à la Société africaine de raffinage (Sar) et aux distributeurs 37,2 milliards de FCfa à fin 2017 auxquels s’ajoutent les 60 milliards de FCfa qu’il devra payer pour les mêmes raisons en 2018. Pour éviter le renchérissement des factures d’électricité supportées par les populations, l’Etat est obligé de verser, pour cette année, 52 milliards de FCfa à la Senelec au titre de compensation tarifaire et 14 milliards de FCfa aux distributeurs de produits pétroliers au titre des pertes commerciales. Le coût résultant directement de la hausse du prix du baril et devant être supporté par l’Etat en 2018 est estimé à 166,2 milliards de FCfa.

Les ressources internes baisseront de 43,1 milliards de FCfa

Dans la Lfr 2018, les recettes fiscales vont connaître une baisse de 65,2 milliards de FCfa pour s’établir à 2.145,8 milliards de FCfa. Par contre, les recettes non fiscales enregistreront une hausse de 32,1 milliards de FCfa par rapport aux prévisions de la Lfi 2018. Globalement, les ressources internes passeront de 2.439,8 milliards de FCfa à 2.396,7 milliards de FCfa, soit une baisse de 43,1 milliards de FCfa en valeur absolue et de 1,8 % en valeur relative. Toutefois, grâce à la confiance renouvelée des partenaires au développement, se traduisant par la mise en œuvre rapide des projets d’envergure, mais également et surtout la qualité de la signature du Sénégal, qui ont conduit récemment au succès de l’opération Eurobond 2018 et à une bonne capacité de mobilisation des ressources, les ressources externes du budget général de la Lfr 2018 programmés à 1.266,7 milliards de FCfa, enregistrent une hausse de 9,4 % par rapport à la Lfi 2018. Pour ce qui concerne les dépenses, par rapport à la Lfi pour l’année 2018, certains postes du budget de l’Etat, pour les motifs évoqués plus haut, vont connaître une augmentation : 5 % sur les charges de la dette publique, soit 42,2 milliards de FCfa; 7, 9 % sur la masse salariale, soit 50 milliards de FCfa ; 10  % sur les autres dépenses courantes dont 66,7 milliards de FCfa pour la prise en charge de la subvention à la Senelec, le remboursement des pertes commerciales des distributeurs de produits pétroliers et le financement du nouveau régime de retraite des enseignements du supérieur.

Redemarrage des chantiers de promovilles des ressources additionnelles prévues

Interpellé sur l’arrêt du Programme de modernisation des villes (Promovilles) dans plusieurs localités du pays, le ministre Amadou Bâ a expliqué que les 5,150 milliards de Fcfa de crédits ouverts au titre du budget en cours ont été « engagés et totalement payés ». A cet effet, il a annoncé que l’Etat vient d’ailleurs de signer des conventions de financement avec la Bid et la Bad pour un montant de 150 milliards de FCfa. Toutefois, en tenant compte de l’envergure nationale de ce programme, le gouvernement compte trouver des « ressource additionnelles » ou des « solutions alternatives » pour la reprise de tous les chantiers actuellement à l’arrêt.

Fonds de dotation
Les collectivités locales vont bientôt rentrer dans leurs fonds

Les collectivités locales qui se plaignaient du retard de la mise en place des fonds de dotation vont bientôt rentrer dans leurs fonds. Car le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a signalé que le Trésor public a déjà procédé à des avances d’un montant total de 37 milliards de FCfa. Un montant quasiment égale aux engagements pris en faveur de ces mêmes collectivités locales. Toutefois, le ministre a annoncé que les fonds prévus seront mis en place au mois de juillet 2018. Comme cela s’est passé dans les années précédentes.

Par Maguette NDONG et Souleymane Diam SY (Photos Ndèye Seyni SAMB)

Les députés ont approuvé, hier, le projet de loi de finance rectificative (Lfr) défendu par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. Ledit projet a été arrêté à 3774,7 milliards de FCfa, soit une hausse de 65,6 milliards de FCfa en valeur absolue et 1,77 % en valeur relative. Cette hausse se justifie par les engagements pris par le gouvernement auprès de certains secteurs comme l’éducation, la santé et la sécurité principalement.

Le projet de loi de finances rectificative pour l’année 2018, examiné et voté par l’Assemblée nationale, hier, a été arrêté à 3.774,7 milliards de FCfa contre 3.709,9 prévus par la Loi de finances initiale (Lfi) 2018. Soit une hausse de 65,6 milliards de FCfa en valeur absolue et de 1,77 % en valeur relative. Cette hausse est enregistrée uniquement au budget général car les prévisions des comptes spéciaux du Trésor sont restées inchangées, précise-t-on dans le rapport général de la Commission de l’économie générale, des finances, du plan et de la coopération. La Lfr 2018 se justifie également par les récentes mesures prises au profit des ménages des travailleurs, des secteurs de l’éducation et de la santé, mais aussi des étudiants et qui, en partie, montrent encore le caractère social du budget 2018.

Un budget toujours social
Il s’agit, entre autres, de la régularisation immédiate des arriérés d’indemnités pour les heures supplémentaires concernant le secteur de la santé pour un montant de 675 millions de FCfa, de la sécurisation totale des salaires de contractuels du secteur de la santé pour un montant d’un milliard de FCfa, de la prise en compte de l’augmentation du taux des indemnités dites « heures de nuit », au profit du secteur de la santé pour 1,7 milliard de FCfa. Egalement, pour des raisons d’équité au secteur de la justice et de la sécurité (1,4 milliard de FCfa, de la prise en charge de la prime d’astreinte dédiée aux militaires pour un montant de 4,2 milliards de FCfa. A cela s’ajoutent l’allocation supplémentaire au secteur de l’éducation d’un montant de 23 milliards de FCfa par an pendant une durée de trois ans afin de régler définitivement la question des « rappels » dus aux enseignants, l’augmentation, à partir de fin octobre 2018, de l’indemnité de logement des enseignants qui va passer de 60.000 à 75.000 FCfa par mois. Les autres raisons sont la prise en charge de l’incidence financière de la réforme du régime de retraite des enseignants du supérieur, de l’augmentation du montant des bourses et aides sociales des étudiants qui passent de 18.000, 36.000 et 60.000  à respectivement 20.000, 40.000 et 65.000 FCfa, soit un impact de 6,5 milliards de FCfa, la baisse des prix des tickets de restaurant du petit-déjeuner (de 75 à 50 FCfa), du déjeuner et du dîner (150 à 100 FCfa) des centres des œuvres universitaires pour un montant de 1,8 milliard de FCfa.

Il y a enfin le renforcement des crédits destinés aux frais de formation des étudiants orientés dans les universités privés pour un montant de trois milliards de FCfa et l’impact du recrutement de 15 magistrats de la Cour des comptes dans le plan stratégique 2016-2019 pour un montant de 310,3 millions de FCfa.


Une hausse pour s’adapter aux nécessités de la conjoncture

L’augmentation du budget général, malgré une conjoncture internationale difficile, s’explique en bonne partie par la capacité de résilience de l’économie sénégalaise aux chocs extérieurs. Selon le rapport général de la Commission de l’économie générale, des finances, du plan et de la coopération, la loi de finances initiale 2018 a été préparée sur la base d’un prix du baril de pétrole estimé à 54 dollars et un taux de change fixé à 606 FCfa pour un dollar. Ces projections tenaient compte de certains paramètres qui plaident fortement pour un maintien des cours à un niveau modéré. Cependant, aujourd’hui, le monde fait face à une situation géopolitique internationale qui a entraîné une hausse du prix du baril de pétrole qui avoisine la barre des 75 dollars. Cette situation aurait dû avoir pour conséquence, au Sénégal, la révision à la hausse des prix de carburant à la pompe et de l’électricité consommée par les ménages et les entreprises de production. « La Lfr est un gage de sincérité et de clarté dans la gestion de la chose publique. Si la Lfi est un acte prévisionnel, la Lfr va plutôt, en cours d’exercice, corriger les évaluations de la Lfi présentée en octobre dernier et les adapter aux nécessités de la conjoncture », explique-t-on dans le rapport. Conformément à sa politique sociale lancée en 2018, le président de la République, a-t-on précisé, a réaffirmé sa ferme volonté d’épargner les populations et les entreprises de production, d’une hausse des charges qui pourrait affecter le pouvoir d’achat des ménages, les coûts de production des entreprises et partant, leur valeur ajoutée.

Cette décision du gouvernement a entraîné une moins-value importante de recettes de l’Etat tout en augmentant ses charges. A titre d’exemple, dans la Lfi pour l’année 2018, les prévisions de recouvrement de 32,2 milliards de FCfa inscrites au titre du prélèvement pour le Fonds de sécurisation d’importations de produits pétroliers (Fsipp) sont ramenées à 19,1 milliards de FCfa. L’assiette de cet impôt est faite de sorte que lorsque le prix du pétrole augmente, son rendement baisse, explique-t-on, dans le rapport général. Les dispositions du projet de loi de finances rectificative pour l’année 2018 révèlent que la gestion des finances publiques reste marquée par la poursuite de l’accroissement des recettes budgétaires, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et l’amélioration de la qualité des dépenses d’investissement.

 

Le président de la République, Macky Sall, a présidé, hier, l’ouverture du 40ème moussem culturel d’assilah, au Maroc. Le thème retenu cette année est : « Intégration en Afrique : consensus et dysfonctionnement ».  Il a estimé qu’en dépit des obstacles, l’objectif d’intégration en Afrique doit rester intact tant à l’échelle continentale que régionale.

Le président de la République a insisté sur sa vision de l’intégration en Afrique. C’était hier, dans la ville d’Assilah, au Maroc, à l’ouverture du 40ème moussem culturel international. « En dépit des obstacles et des dysfonctionnements, je suis d’avis que l’objectif d’intégration doit rester intact tant à l’échelle continentale que régionale », a-t-il déclaré. Pour le chef de l’Etat, face à la déferlante de la mondialisation et aux grandes alliances économiques qui prospèrent, seul un ensemble continental intégré et solidaire permettra à l’Afrique de survivre à l’ère où s’entrechoquent opportunités, risques et incertitudes. « La dynamique de l’intégration est une œuvre de longue haleine. Comme les marcheurs dans le désert à la quête de l’oasis, il nous faudra franchir les dunes et déjouer les mirages », a insisté Macky Sall qui avait à ses côtés Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Maroc, et Mohamed Benaïssa, président de la commune d’Assilah, secrétaire général de la Fondation Forum d’Assilah et ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc. Le colloque a eu pour thème : « Intégration en Afrique : consensus et dysfonctionnement ».

Macky Sall a rappelé les efforts réalisés par les pères fondateurs depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (Oua)  en 1963 et le lancement de l’Union africain en 2002 avec notamment la dynamique créée par le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) dont le Sénégal assure actuellement la présidence en exercice. Il a estimé qu’il reste beaucoup à faire. « Il y a des efforts à faire pour lever toutes les entraves à la libre circulation des personnes et des biens, notamment les barrières non tarifaires, les tracasseries et perceptions indues aux frontières », a-t-il lancé. Macky Sall a estimé que l’intégration se construit à la fois par la vision politique qui en définit les contours et les projets qui traduisent cette vision en actes. Ainsi, a-t-il souligné, « la signature, le 21 mars dernier à Kigali par 44 pays africains du traité portant création de la Zone de Libre-échange Continentale africaine (Zleca), marque une étape qualitative vers l’objectif d’intégration ». Il a rappelé que la Zleca vise à établir une libre circulation des personnes, une union douanière en 2022, et une Communauté économique africaine en 2028. «  

Entre temps, il y a bien du chemin à faire. Il faudra apaiser des méfiances, vaincre des réticences et mener à bien les négociations sur la libéralisation des secteurs et l’harmonisation des politiques commerciales », a-t-il averti. De plus, a poursuivi le chef de l’Etat, l’expérience montre que le processus d’intégration s’accompagne d’un transfert progressif de souveraineté qui ôte à l’Etat une partie de ses moyens de régulation. « Il y a donc un équilibre à trouver entre les impératifs de l’Etat-Nation et les nécessités du destin commun », a-t-il laissé entendre.

Le président Sall a estimé que dans le contexte de la menace terroriste, il faudra concilier le droit de libre circulation et l’obligation de contrôle pour des raisons de sécurité. Il a aussi souligné que les Communautés économiques régionales offrent la meilleure voie pour aller au regroupement à l’échelle continentale; à la fois pour des raisons de continuité  géographique, de cohérence économique et d’affinités socioculturelles.

A titre d’exemple, il a cité la Cedeao qui « est une expérience communautaire réussie dans des domaines aussi divers que la prévention des conflits, le rétablissement et le maintien de la paix, l’encadrement des processus électoraux, le commerce et le développement ». « Au nombre de ses succès, figurent la libre circulation des personnes et des biens, le passeport et la carte d’identité communautaires, le Tarif extérieur commun et le projet de monnaie commune », a dit le chef de l’Etat. Il a souligné que les anciens ont montré la voie à travers les routes transsahariennes, de Sijilmassa au Maroc, à Tombouctou au Mali, Aoudaghost en Mauritanie et plus loin, jusqu’au nord du Sénégal. «  Pour eux, le désert n’était pas un obstacle, mais un relai et un carrefour d’échanges économiques, sociaux, culturels et spirituels.
Telle doit rester notre ambition. Assilah nous en donne l’envie », a-t-il martelé.

Babacar DIONE


31ème sommet de l’Ua en Mauritanie
Macky Sall à Nouakchott

Le chef de l’Etat, Macky Sall, après avoir présenté, comme invité d’honneur, une communication sur l’intégration africaine au Forum international d’Assilah, au Maroc, est arrivé hier, à Nouakchott, en Mauritanie, pour prendre part au 31e Sommet de l’Union africaine prévu les 1 et 2 juillet 2018. Ce Sommet a pour thème : «Remporter la lutte contre la corruption: une voie durable vers la transformation de l’Afrique», informe un communiqué de la Présidence de la République. Le document précise que le Chef de l’Etat, président du Comité d’orientation des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Nepad, présentera, dans le cadre de la retraite, ses propositions sur la réforme du Nepad. Il aura également des entretiens bilatéraux avec plusieurs de ses homologues et des dirigeants d’institutions africaines et internationales. Il sera de retour à Dakar lundi.                              

D. MANE

 

Le Pr Fatou Sow Sarr a apprécié, à sa juste valeur, la décision de la France de l’élever au grade de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur. «Soyez assurés que cette décoration est un défi pour moi de poursuivre jusqu’au bout cette quête d’idéal, avec le même engagement qui m’habitais dès mon adolescence », a-t-elle déclaré.  Et la sociologue d’ajouter : «  les avancées faites par le Sénégal sont remarquables à tous égards, mais ce qui reste à faire est encore beaucoup plus important ».

La directrice du laboratoire genre de l’Ifan a exprimé sa reconnaissance à la France et à toutes ces personnes qui l’ont toujours accompagnée. Elle a rappelé l’histoire qui lie le Sénégal à la France et surtout l’engagement qu’avait la femme à l’époque. « Cette décoration qui m’est faite au nom de mon combat pour les questions de la femme, mais au nom du combat pour la justice et l’égalité tout court, revêt une connotation singulière pour moi. Je ne peux m’empêcher de penser à l’histoire qui lie nos deux peuples et qui a débuté dans le Waalo de mes ancêtres et à la place que les femmes y ont occupée. C’est la reine Ndaté Yalla Mbodj qui a ouvert la confrontation avec Faidherbe au Nord en 1855 et c’est Aline Sitoé Diatta qui l’a clôturée au Sud, pour avoir été la dernière personne à être déportée pour fait de résistance en 1943 », a dit Fatou Sow Sarr.

De surcroit, elle a salué la liberté d’expression accordée qui lui a toujours permis de véhiculer ses messages et de faire valoir ses idées envers les femmes. « Je dois aussi dire à quel point je suis heureuse et fière de vivre dans un pays où je peux exprimer ma pensée sans risque majeur », a-t-elle souligné.

Consciente de cette distinction d’une envergure internationale, elle n’a pas tardé à soulever l’engagement que tout un chacun devrait avoir et surtout le défi à relever à son niveau. « Je reçois cette prestigieuse distinction avec beaucoup d’humilité, et je mesure la portée du symbole. La prise de conscience de cet héritage nous condamne, chacun et chacune d’entre nous, à donner sa part à la consolidation de l’histoire de nos peuples », a-t-elle conclu.

Baye Ndongo FALL
(stagiaire)

Le Gouvernement du Sénégal a appris, avec consternation, le meurtre de notre compatriote Mamadou Amath DEME au Brésil, dans la ville de CAMAMU.
Le Gouvernement condamne vigoureusement ce meurtre. L’Ambassadeur du Sénégal à Brasilia  a été immédiatemment instruit de demander l’ouverture d’une enquête impartiale pour déterminer les causes et circonstances du décès de notre compatriote et d’apporter toute l’assistance nécessaire pour le rapatriement du corps.

En cette douloureuse circonstance, le Gouvernement présente ses condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble de la communauté sénégalaise établie au Brésil.
Fait à Dakar le 28  juin 2018

 

Durant trois jours, les Sénégalais de la Diaspora vont se retrouver à Nantes, dans le cadre de leur deuxième congrès, initié par la Fédération internationale des Sénégalais de la diaspora. L’objectif de la rencontre est de créer une vaste entité regroupant l’ensemble des organisations des migrants sénégalais.

La diaspora sénégalaise en conclave. La rencontre prévue les 28, 29 et 30 juin à Nantes va regrouper l’ensemble des entités qui regroupent les migrants sénégalais dans le monde. Organisé par la Fédération internationale des Sénégalais de la Diaspora (Fsd), le deuxième congrès des Sénégalais de l’extérieur aura pour objectif, selon Modibo Soumaré, le coordonnateur du comité ad-hoc,  de « mettre sur pied la vision, les structures, les procédures et les conditions d’une diaspora unie, enracinée, organisée, résiliente, patriote et actrice incontournable du développement du Sénégal et des pays d’accueil ». Cette diaspora est estimée, à l’heure actuelle, par l’Organisation mondiale des migrations (Oim), à plus de trois millions de personnes vivant ou travaillant à l’étranger. Elle constitue aussi « un puissant mouvement social » avec l’envoi, chaque année, de 900 milliards de francs Cfa. Une grande partie de cette somme sert notamment à soulager les besoins des familles restées au Sénégal. Il s’y ajoute que la diaspora reste malheureusement divisée. Or, signale M. Soumaré, l’union des migrants est « une condition obligatoire » pour faire valoir leurs droits et intérêts. 

« Si les migrants sénégalais s’unissent á l’échelle globale pour mutualiser et gérer leurs ressources d’une manière commune, transparente et continue, cette même manne financière pourrait se transformer en plateforme financière permettant de diminuer les frais de transactions tout en améliorant les options d’épargne et d’investissement », estiment les initiateurs de ce congrès de Nantes. Il s’agira donc, au cours de cette rencontre de trois jours, de mettre en place « une plateforme organisationnelle fédératrice » en impliquant les députés de la diaspora, les associations sociales, culturelles et religieuses. Mais aussi en tenant compte des réseaux sociaux  et des valeurs sénégalaises d’union des esprits et des cœurs. Les thématiques de ce congrès ainsi que les ateliers vont prendre en compte « les préoccupations des migrants ».
 

Maguette NDONG

Une manifestation tous les mercredis, un Sit-in devant la Rts, la plateforme les « Sentinelles de la résistance » est décidée à durcir la lutte pour obtenir la libération de Khalifa Sall et Barthélémy Dias.

On ne les entendait plus, mais après une longue pause due au mois de Ramadan, les souteneurs de Khalifa Sall et Barthélémy Dias réunis au sein de la plateforme « Sentinelles de la résistance », ont décidé de reprendre du service. Pour durcir la bataille devant les menant à la libération de leurs deux leaders, ils ont décliné une nouvelle feuille de route qu’ils ont partagée avec la presse.

Selon Ababacar Mbaye, un des dirigeants, «la plateforme va d’abord tenir un Sit-in devant la direction générale de la Rts ». « Cela va remplacer les marches que nous organisions les vendredis. Ensuite, nous allons manifester tous les mercredis pour montrer à Macky Sall que certains Sénégalais continueront à braver l’autorité qu’il veut imposer dans ce pays », argue-t-il.

Pour son camarade, M. Youssou Mbow, la bataille est d’autant plus légitime que ces arrestations de Khalifa et Barthélémy n’ont pas de soubassement juridique. «Ce qui arrive à Barthélémy en prison, ne relève que des consignes venant du pouvoir politique visant à l’humilier, comme il a tenté de le faire avec Khalifa Sall. Il y a un acharnement sur nos deux camarades », clame-t-il.

O. FEDIOR

 

Un nouveau souffle dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, dans le cadre des différentes actions politiques entreprises par Me Malick Sall à travers son mouvement Mtm « Malick pour tous- tous pour Macky ». Ce nouveau mouvement de soutien pour la réélection du président Macky Sall en 2019, vient d'être porté sur les fonts baptismaux par les populations de la région de Matam, acquises déjà à la cause du célèbre avocat Maître Malick Sall, illustre et digne fils de Danthiady, localité située dans la commune de Matam.

Convaincus des nombreuses réalisations du président Macky Sall dans notre pays et plus particulièrement dans l’axe Nord, depuis le 25 mars 2012, les membres de ce mouvement entendent sillonner tous les coins et recoins du delta et de la vallée du fleuve Sénégal, en vue de montrer les réalisations du chef de l'Etat dans les domaines de l'hydraulique, de la santé, des infrastructures économiques, sociales et culturelles, de l'électrification rurale, de l'agriculture, de l’élevage, de la pêche maritime et continentale, de l’aquaculture, etc.

Selon Daouda Guissé, journaliste et ancien directeur de la station régionale de la Rts de Matam, à la retraite, scénariste et comédien, membre du staff politique de Me Malick Sall, l'originalité et la particularité de ce mouvement, «  se trouvent dans sa démarche novatrice, de rupture, consistant à contribuer efficacement à la réélection du président Macky Sall à l’issue du prochain scrutin présidentiel de 2019, à rassembler des artistes de gros calibre, des journalistes célèbres, et plusieurs autres porteurs de voix comme Mamadou Amadou Sy, ingénieur agronome, Oumar Abdoul Karim, professeur, etc.". Un important programme, a-t-il précisé, vient d'être concocté pour des tournées de sensibilisation et d'information dans les régions de Saint-Louis et de Matam. Le slogan " un c'est peu, deux c'est mieux" sera le cri du cœur des membres de ce nouveau mouvement dont l'objectif est de faire comprendre aux populations du Sénégal en général et celles de la vallée en particulier, que le seul et bon choix demeure le président Macky Sall.

Selon le coordonnateur du mouvement, Daouda Guissé, il s'agira, dans un premier temps, d'installer des cellules sur toute l'étendue de la vallée, avant le grand rassemblement de Wourossogui dans les prochaines semaines. Il a enfin rappelé que le parrain de ce mouvement, Maître Malick Sall, a toujours apporté son soutien financier et matériel à toutes les manifestations de L'Apr organisées dans la région de Matam, à l’occasion de la campagne électorale pour le référendum et les dernières élections législatives.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

 

Réuni le 25 juin, le Conseil national de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) s’est penché sur beaucoup de questions brûlantes de l’heure. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les camarades d’Abdoul Mbaye ont un tout autre regard sur la situation du pays.

L’Act estime que les déclarations faisant état d’une situation économique reluisante et d’un Trésor public particulièrement liquide, «sont fausses ». Ainsi, appelle-t-il, la réalité reste celle des populations vivant des pénuries d’eau potable prolongées, d’une famine dans les zones rurales, d’un appauvrissement croissant dans les villes.

Elle est aussi celle des conséquences d’une liquidité resserrée de l’Etat qui se traduit par un gonflement de la dette intérieure, la réduction des activités des entreprises détentrices de créances publiques impayées, des municipalités privées de ressources, une augmentation de taxes à l’importation et la création de nouveaux impôts. L’Act n’est pas surpris par les tensions vécues par la trésorerie de l’Etat motivant la création de nouveaux impôts et le relèvement de taxes, y compris à la veille de la période de Ramadan sur des produits alimentaires», fustige l’Act.  

Par ailleurs, concernant la pénurie d’eau notée dans la capitale, l’Act demande au gouvernement de « recourir à un discours de vérité pour justifier cet état de fait et lui enjoint de mettre en œuvre des solutions immédiates pour alléger les souffrances des populations ». Elle appelle également à l’utilisation de véritables compétences, tant gouvernementales que techniques, pour trouver des solutions à cette problématique importante consistant à  mettre à la disposition des populations sénégalaises une eau de qualité dans la durée ».

Pour ce qui est de la production agricole pourtant jugée correcte, l’Act estime «la nécessité, pour le Sénégal, de recourir à une aide alimentaire extérieure pour sauver de la faim une proportion importante de sa population rurale et de son cheptel, prouve qu’il y a une volonté de masquer la réalité marquée par une production agricole notamment céréalière, masquant des baisses réelles de production constatées ».

Oumar FEDIOR

 

Me Abdoulaye Tine a réitéré, samedi, sa candidature à la présidentielle prochaine. Il considère que la rupture que le régime actuel avait promise n'a finalement pas eu lieu. Par conséquent, il a appelé les Sénégalais à être des acteurs du changement et à ne pas se limiter à attendre le changement.

Leader du parti Union sociale et libérale ( Usl), Me Abdoulaye Tine, candidat à la présidentielle de 2019, s’organise pour maximiser ses chances.  C'est dans ce cadre que s'inscrit la dernière sortie du leader de l’Usl, samedi à Pikine, où il a laissé entendre qu'en lieu et place de la rupture promise par le régime, c'est plutôt un changement dans la continuité auquel ses compatriotes sont en train d'assister. A l'en croire, pour qu'il y ait une véritable rupture, il faut une césure dans les partis politiques. Selon lui, cette césure n’existe pas encore dans les formations politiques sénégalaises.

Se prononçant sur le débat autour du dialogue prôné par le Chef de l'Etat sur la gestion du pétrole et du gaz découverts au Sénégal, Me Abdoulaye Tine a d'abord estimé que le dialogue est à la démocratie, ce que la morale est à la religion. "Le dialogue ne doit pas être une stratégie politique. Malheureusement, c'est bien le cas chez nous", a-t-il indiqué. En d'autres termes, Me Abdoulaye Tine considère que le régime a pris le soin de signer un contrat sur ces ressources naturelles découvertes chez nous, puis a choisi les personnes avec qui travailler. "C'est après qu'il a pensé à appeler au dialogue et à la concertation. C'est trop tard car on est à neuf mois de la présidentielle", a-t-il avancé. "Le régime doit assurer l'entièreté de sa responsabilité", a-t-il ajouté. Sur la situation économique et sociale de la banlieue, Me Abdoulaye Tine est d'avis qu'il faut installer des zones franches urbaines pour vaincre le chômage et la pauvreté dans la banlieue.

Abdou DIOP

 

Dans un communiqué de presse, l’Assemblée nationale informe que les députés sont convoqués en séance plénière ce vendredi 29 juin. A l’ordre du jour, l’examen du projet de loi n°18/2018 modifiant la loi n°2002-08 du 22 février 2002, abrogeant et remplaçant certaines dispositions de la loi n°81-52 du 10 juillet 1981 portant Code des pensions civiles et militaires de retraite. Les députés vont aussi examiner le projet de loi n°22/2018 portant loi de Finances rectificative (Lfr) pour l’année 2018. Cette session sera suivie par un débat d’orientation budgétaire, le samedi 30 juin.

Traditionnellement, la Lfr permet non seulement de procéder à des réglages techniques d’un point de vue budgétaire pour assurer la crédibilité, la sincérité et l’annualité budgétaire. Elle permet aussi de faire face à de multiples dépenses essentielles dans les secteurs prioritaires de l’économie qui, soit présentent un caractère nouveau, soit étaient presque impossibles à quantifier, par leur nature ou par la complexité des contrats liant l’Etat à certains fournisseurs. Les ressources additionnelles nécessitant une Lfr proviennent généralement, soit du dynamisme des services de recettes – une réévaluation des prévisions fiscales –, des crédits du budget général qui n’ont pas été utilisés jusqu’à la date de clôture des engagements ou des ressources provenant de la coopération internationale.

Seydou KA

 

Le président de la République, Macky Sall, va présider, vendredi, le Colloque du 40ème Moussem culturel international de la ville d’Assilah (29 juin-20 juillet), au nord du Maroc, a annoncé le bureau de la Fondation Forum d’Assilah.  

Ce colloque, prévu vendredi et samedi à la bibliothèque Prince Bandar Bin Sultan, à Assilah, a pour thème : ‘’Intégration en Afrique : consensus et dysfonctionnement’’. Pour le coordinateur de la rencontre, le professeur Khalid Chegraoui de l’Institut des études africaines de Rabat, « malgré les nombreux acquis et évolutions du continent,le grand espoir suscitépar la création de l’Union africaine (Ua) ainsi que le processus d’intégration demeurent confronter à de nombreux défis, entraves et dysfonctionnements ». « En raison des supposés échecs ou dysfonctionnements, il y a urgence de déployer de nouveaux efforts et de nouvelles réflexions, avec des paradigmes et des questions plus endogènes au continent afin de relancer les Communautés économiques régionales (Cer), vers plus de convergence de l’ensemble de leurs politiques’’, déclare-t-il dans des propos rapportés par un document des organisateurs. Selon lui, au-delà des constats, il s’agit de voir quels nouveaux paradigmes, méthodologies et approches pour une meilleure intégration africaine.

Les divers participants venant des pays d’Afrique et hors du continent tenteront notamment de répondre à la question de savoir comment contourner, dépasser et résoudre les dysfonctionnements.

Ils s’efforceront aussi d’apporter une réponse à la question : « Quel rôle pour les cultures et civilisations africaines pour une future Afrique unie ? ». Le Sénégal sera représenté par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, le directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Raphaël Ndiaye, ainsi que par Alioune Sall, directeur exécutif de l’Institut des futurs Africains de Pretoria. Au programme de la 40ième édition de « Moussem culturel », il est prévu d’autres colloques, dont celui axé sur le thème : « Sauvegarde et transmission des musiques dans le monde de l’Islam ». Selon les organisateurs, il y aura des ateliers de peinture murale, d’arts plastiques, d’écriture pour enfants et des concerts de musique. Le poète sénégalais Amadou Lamine Sall sera honoré lors de ce festival marocain, pour avoir été le lauréat de la onzième édition du Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine. Une récompense que l’écrivaine Fama Diagne Sène avait déjà remportée en 2011.

(APS)

Au lendemain de l’adoption de la loi sur le parrainage, les ambitions présidentielles de beaucoup de personnalités s’amenuisent. Avocat au barreau de Paris et leader de l’Union sociale libérale, Me Abdoulaye Tine, 43 ans, refuse de faire partie des candidats qui abdiquent. Tout en attaquant la loi sur le parrainage devant la Cour de justice de la Cedeao, il s’est lancé à la quête de signatures à travers son parti qu’il dit implanté dans les 14 régions du Sénégal et dans la Diaspora pour surmonter la barrière administrative afin de proposer aux citoyens un autre projet de société.

Vous avez créé l’Union sociale libérale en 2014. Qu’est-ce qui fait la spécificité de votre formation politique ?
C’est un parti qui est en croissance. Nous l’avons fondé le 12 mai 2014. Nous avons attendu jusqu’à l’obtention du récépissé qui a été signé par le ministre de l’Intérieur, le 24 septembre 2016, pour fixer la date de lancement qui a eu lieu le 27 février 2017. Depuis lors, le parti a continué sa stratégie d’implantation à travers les 14 régions du Sénégal. Aujourd’hui, sur les 557 communes, le parti est dans 357 communes. Des 101 pays de la Diaspora où les Sénégalais ont des consulats, nous sommes présents dans plus de 54 pays. Nous avons créé un laboratoire d’idées pour penser notre programme. Nous en avons lancé un à Dakar en février. Deux autres seront lancés à Paris et aux Etats-Unis. Cela vise à permettre à la Diaspora sénégalaise de participer à la coproduction du projet présidentielle que nous voulons proposer aux Sénégalais. Le parti est constitué de citoyens de la société civile ou de citoyens qui n’étaient pas dans les appareils politiques. Nous avons aussi beaucoup de personnes qui sont dans les appareils politiques et qui ont décidé de rejoindre notre parti. Plusieurs personnalités locales ont rejoint le parti à Pikine. Nous avons des citoyens de tous bords qui ont décidé de dépasser les clivages partisans. Ce qui importe pour eux, c’est de se mettre autour d’un projet pour servir l’intérêt national.

Les grands leaders politiques détiennent des bases affectives. Est-ce le cas pour vous ?
J’ai une base affective. La salle où nous avons tenu notre rencontre à Pikine a été remplie de monde. Je suis un enfant de Pikine. Je suis né dans cette ville. J’ai fait l’école primaire à l’Ecole 10 et le cycle moyen au Cem Fallilou Diop. J’ai obtenu mon Bac au lycée Limamoulaye. C’est après la maîtrise en Droit public que je suis parti à Paris. J’ai fait plusieurs institutions dont les Nations-Unies, le service international du barreau de Paris, mais je n’ai jamais coupé le lien avec cette localité. Même si ma famille n’y vit plus, il n’en demeure pas moins que lorsque j’arrive à Pikine, je me sens totalement chez moi. J’ai aussi une base affective aux Parcelles assainies où ma famille avait déménagé. Ma base affective oscille entre les deux localités, mais il y a une dominante pikinoise

Pourquoi êtes- vous candidat à la présidentielle ?
Je suis candidat à la présidentielle de 2019 pour plusieurs raisons. La première est qu’aujourd’hui, avant de lancer un parti politique, nous nous sommes investis en tant qu’acteur de la société civile pour qu’en 2012, nous puissions avoir un changement. Lorsque le pouvoir s’est installé, dès les premières années, notre analyse était que ce qui est en train d’être fait n’était pas conforme à notre engagement. C’est à partir de ce moment que nous avons commencé à réfléchir pour trouver des modalités alternatives. Avant de déposer les statuts du parti, nous avons commencé à écouter les citoyens sénégalais. Beaucoup de citoyens ont été interrogés. Et nous sommes arrivés à deux conclusions. La première est que les intellectuels ne sont plus dans les partis politiques, contrairement aux premières années de l’indépendance où on a eu Léopold Sédar Senghor, Galandou Diouf et tous les autres qui ont créé cette jeune nation. Quand on demande aux intellectuels pourquoi ils ne sont plus dans le jeu politique, ils répondent que la politique est souvent caractérisée par des complots, des règlements de compte, des scandales. La deuxième raison est que le parti majoritaire au Sénégal est celui des sans parti. Des gens qui vivent et qui ne sont affiliés à aucun parti politique. Ce manquement d’engagement ne s’explique pas par un manque d’amour pour le pays. Tous ces citoyens auscultent la marche de la Nation, mais ne s’engagent pas parce qu’ils ne se retrouvent pas dans le champ politique. Ils estiment que les politiciens les prennent pour des enfants et c’est pendant les élections qu’ils vont vers eux. Après les élections, ils disparaissent. C’est pourquoi nous avons décidé de créer un cadre qui va permettre à toutes ces personnes de se réconcilier avec la politique et de s’engager. Quand nous avons tenté de réussir ce double tour de force, notre analyse nous a conduit à marquer les clivages qui ont construit jusque-là l’espace politique sénégalais à savoir les socialistes et les libéraux. La Russie organise avec une logique capitaliste la Coupe du monde. Si Staline se réveille aujourd’hui, il ne reconnaîtrait pas l’ex-Urss. Quand Wade est arrivé au pouvoir, il a fait beaucoup de social même s’il se réclame du libéralisme. C’est sous les socialistes que la santé a été privatisée. L’Etat s’est désengagé dans plusieurs secteurs stratégiques. Nous avons estimé que la vérité se trouve entre les deux idéologies. Les Sénégalais sont à la recherche d’une doctrine capable d’identifier les problèmes, d’apporter des solutions et de bâtir un système de développement qui sera spécifique.

Quel plus comptez-vous apporter à la scène politique ?
Nous sommes convaincus qu’il y a une dynamique d’amorce lourde qui est en train de se faufiler. L’aboutissement de cette tendance sera forcément l’implosion du système politique sénégalais tel que nous l’avons connu. Quand on écoute les Sénégalais de la Diaspora ou d’ici, le discours est le même. Nous avons eu une première alternance et nous avons été trompés. Nous avons eu une seconde alternance et nous avons vu ce que cela a donné. Le régime actuel avait fait campagne autour du «Yonou Yokouté». Après la victoire, il nous a promis l’émergence en 2035. D’ici à 2035 qu’est-ce qu’on va faire ? Est-ce que nous pourrons continuer à nous soigner, à manger à notre faim ? Il faut qu’on continue à vivre. C’est pourquoi notre cible électorale est le parti des sans parti. Nous avons entrepris de constituer un appareil politique pour construire un nouvel électorat et une nouvelle génération d’acteurs pour réaliser les changements que les Sénégalais jugent indispensables.

Comment comptez-vous franchir l’obstacle du parrainage ?
Quand nous avons créé le parti, nous avons anticipé sur cette hypothèse. Ce n’est pas pour rien que nous avons décidé d’implanter le parti dans les 14 régions du Sénégal. Ce qui nous a permis de créer un mouvement des élèves et étudiants sociaux-libéraux. Nos étudiants peuvent nous amener une bonne partie des signatures. Mais nous ne sommes pas pour le parrainage. Il y a un argument officiel, mais il y a des motifs cachés. On a réussi à exiler certains et à mettre d’autres en prison. Pour ceux qui restent, le pouvoir a décidé de mettre un obstacle administratif quasi insurmontable. C’est pourquoi, j’ai attaqué cette loi devant la Cour de justice de la Cedeao. Je n’ai pas de doute que la Cour va trancher au nom de la légalité. Dès la semaine prochaine, nous allons ressaisir la Cour pour que l’affaire soit jugée en procédure d’urgence, parce que le gouvernement a changé la donne en retirant son projet de loi initial en mettant un autre pour donner un coup d’accélérateur à la procédure. Nous irons jusqu’au bout. Nous avons vu l’arrêt qui a été rendu au Burkina Faso concernant les membres du parti de Blaise Compaoré. Nous sommes convaincus que la Cour va nous donner raison. Comme elle l’a fait le 24 mai dernier dans l’affaire Nino Vieira. Après trois ans de procédure, nous avons fait condamner la Guinée-Bissau pour avoir manqué au droit à la vie et de n’avoir pas donné l’accès à la justice à ses héritiers.

La nécessité d’éviter les candidatures fantaisistes a été invoquée pour justifier le parrainage ? Avez-vous l’impression d’être parmi les personnes visées ?
Loin de là. Nous n’avons pas cette impression. Depuis la création du parti, je suis convaincu d’une chose : en politique, il y a deux temps. Il y a le temps de la mobilisation sur le terrain. Il y a le temps de la mobilisation par le discours à travers les médias. Nous n’avons pas créé un parti pour faire du bruit pour que les gens nous entendent afin que nous puissions entrer dans les coalitions. Nous avons un parti porteur d’un projet alternatif. C’est la raison pour laquelle nous travaillons sur le terrain. L’élection présidentielle est une élection majoritaire. Vous n’êtes pas obligés d’aller dans tout le Sénégal. Nous avons fait tous les départements. Cela nous permet de régler le problème du parrainage.

Pourquoi vous attaquez-vous à la loi sur le parrainage?
Quand il est arrivé au pouvoir, Abdou Diouf a trouvé une loi qui limitait le pluralisme qui disait qu’on ne peut pas avoir plus de quatre courants. Il a estimé que cette loi était anticonstitutionnelle. Il a changé cela en 1983 en adoptant le pluralisme intégral. La loi sur le parrainage remet en cause cette ouverture. Aujourd’hui, nous avons près de 300 partis politiques sénégalais. Avec le parrainage, il est demandé au candidat d’avoir au moins 52.000 électeurs. Cela veut dire que sur tous les partis politiques qui existent, moins de 100 partis auront le nombre demandé. L’idée consistant à dire que c’est pour parer les candidatures fantaisistes n’est pas recevable. Le maximum de candidats qu’on a eu à une élection présidentielle est de 15. Le verrou existe déjà. Les 65 millions de FCfa qui représentent la caution sont énormes. C’est beaucoup d’argent. Le parrainage est un double verrou. Mettre sur le même pied le parti politique et l’indépendant consiste à vider de sa substance les valeurs qui guident la création d’un parti politique. Si la collectivité est mise à la même enseigne que tout le monde, la création d’un parti n’aura plus d’intérêt. Quand on dit que le parrainage permet de mesurer la représentativité, cela veut dire que le fait de parrainer est un engagement de vote. Si ce n’est pas un engagement de vote, il ne peut pas permettre de mesurer la représentativité de quelqu’un. Le gouvernement demande des signatures alors que nous avons une population majoritairement analphabète.
Beaucoup ne savent pas signer. Comment les signatures seront authentifiées ?

Cela est pris en charge par la Loi électorale…
Le Conseil constitutionnel ne peut pas faire le contrôle dans un délai d’un mois. Certains invoquent les nouvelles technologies pour expliquer la possibilité de contrôler. Je défie quiconque. Je connais le nombre de juges que compte le Conseil constitutionnel. Je sais qu’il n’a pas la capacité de faire le contrôle. C’est pourquoi nous combattrons le parrainage par toutes les ressources de l’Etat de droit. Même promulguée, la loi sera attaquée pour exception d’inconstitutionnalité. Et le Conseil constitutionnel ne pourra pas dire qu’il n’est pas compétent. On va lui demander d’apprécier au vu de la hiérarchie des normes la validité de cette loi par rapport aux pratiques constitutionnelles.

Propos recueillis par Babacar DIONE


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