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Affaires et Finances (3288)

Compte tenu de la bonne santé de la filière avicole sénégalaise et de ses performances, Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal, souhaite une plus grande protection de cette industrie. Il visitait, hier, avec une importante délégation de l’association consumériste, les unités de production de la Sedima.

Le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao, a réitéré son soutien total à l’industrie avicole sénégalaise. En visite à la Sedima, un fleuron de l’industrie avicole sénégalaise, il a souhaité que les mesures de protection prises par l’Etat soient maintenues. « C’est l’occasion de demander que les mesures de protection qui ont été initiées puissent être résolument maintenues pour la protection de l’industrie avicole », a déclaré M. Ndao. Il indique que cette politique de l’Etat a permis à la filière, encore fragile, d’engranger des performances, ces dernières années, et de générer de milliers d’emplois.

Momar Ndao a rappelé que l’Ascosen mène, depuis 2006, ce combat pour la protection de la filière avicole. Aujourd’hui, il se dit satisfait de constater que ce sous-secteur se porte bien, porté, entre autres, par une plateforme comme la Sedima. «Nous avons maintenant une industrie avicole qui fait travailler des milliers de Sénégalais. De plus, une étude du ministère de l’Elevage dit qu’il y a 42% de résidus dans les viandes bovines, 14 % dans les viandes ovines et caprines et 3 % de résidus d’antibiotiques sur la volaille », a expliqué le président de l’Ascosen.

Interpellé sur l’ouverture des frontières, Momar Ndao a réaffirmé son opposition en avançant plusieurs raisons. La première, selon lui, est d’ordre sanitaire.  Selon lui, il y a des problèmes de traçabilité des produits contaminés par la grippe aviaire. Il y a aussi le fait que l’Union européenne a autorisé l’engraissement de la volaille par la protéine de porc : ce qui pose un problème d’éthique pour la population sénégalaise constituée à plus de 90 % de musulmans. «Si l’on doit protéger le consommateur, on doit le protéger face à tout cela », a déclaré Momar Ndao.

Revenant sur la Sedima, le président de l’Ascosen dit avoir vu une usine qui travaille avec « les normes internationales », notamment à travers les process qu’elle utilise et l’importance qu’elle accorde à l’environnement. « Tout cela démontre qu’on peut faire du bien localement », a soutenu M. Ndao. La Sedima considérée, aujourd’hui, comme un fleuron de l’industrie sénégalaise, a réalisé un chiffre d’affaires de 42 milliards de FCfa, en 2017. La holding est composée de cinq entités.

Maguette NDONG

Une étude commandée par Onu Femmes montre que les femmes entrepreneures ne tirent pas assez profit de l’article 33 de la loi du 28 juillet qui vise à favoriser leur émergence. Elles connaissent très mal ou pas assez les textes régissant les marchés publics.

Une grande majorité des femmes entrepreneures ignore le dispositif mis en place par l’Etat du Sénégal pour leur permettre un meilleur accès à la commande publique, constate un rapport commandé par Onu Femme et réalisé par le cabinet Kpmg. Pourtant, c’est pour assurer une autonomisation économique des femmes, stimuler leur activité entrepreneuriale en éliminant les obstacles sur le chemin de leur accès aux marchés publics que le Sénégal s’est doté de l’article 33 de la loi du 28 juillet sur la promotion et le développement des Pme. Cet article stipule que « des mesures spécifiques destinées à favoriser l’émergence de l’entrepreneuriat féminin sont initiées en accord avec la stratégie du ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ». Mais dix ans après son adoption, seulement moins de 10 % des femmes entrepreneures, qui ont rempli les questionnaires en ligne, connaissent cette loi, notamment son article 33, indique le rapport intitulé « Evaluation du dispositif de discrimination positive en faveur des entreprises des femmes dans l’accès aux marchés publics au Sénégal ». « Corrélativement, les femmes interrogées ont globalement une faible maîtrise du processus et des modes de passation des marchés publics », note l’étude. Une faible proportion, c’est-à-dire moins de 5 %, dit connaître le processus et les modes de passation des marchés publics.

Kpmg a soumis des questionnaires à 85 femmes entrepreneures et 23 institutions impliquées dans la promotion de l’entrepreneuriat féminine. A l’arrivée, seules 38 cibles ont rempli les questionnaires. Les données recueillies font ressortir quelques constats. Les auteurs du rapport estiment qu’on peut réformer les procédures et possibilités de participation aux contrats publics en éliminant ou en réduisant les obstacles qui découragent les femmes entrepreneures. Cependant, pour l’efficacité de telles mesures, il faut les assortir de sanctions. La mise en application de la loi n°2008-29 souffre d’une grande faiblesse du dispositif de mise en œuvre, de certaines questions restant sans réponses. Par exemple, on se demande qui est en charge de la mise en œuvre de cette disposition ; l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ou le ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ? Il faut aussi préciser les critères définissant la notion d’ « entreprises appartenant aux femmes ».

L’autre constat est que les femmes connaissent mal ou très peu les règles organisant les marchés publics alors que la maîtrise des procédures de soumission, d’évaluation, d’attribution et d’exécution est importante pour prétendre à la commande publique. « L’ignorance de ces règles et de ces procédures réduit donc toute la portée de la discrimination positive voulue en faveur des femmes entrepreneures à travers l’article 33 de la loi 29-2008 », estiment les auteurs du rapport. Ainsi, à cause de cette ignorance, beaucoup de femmes ne postulent pas à des marchés publics pour lesquels elles auraient pu avoir des chances de succès. Ou bien elles soumettent des dossiers de mauvaise qualité. Aussi, méconnaître la loi peut exposer les femmes qui ont gagné un marché à des pénalités et sanctions pour non-conformité avec le cahier des charges. La rédaction des offres pose problème à 45 % des femmes, tout comme 40 % d’entre elles peinent à maîtriser les capacités techniques à exécuter un marché. Les pièces administratives à fournir sont aussi des obstacles, selon 45 % des interrogées. D’où la nécessité de faire bénéficier aux femmes entrepreneures une formation pour une bonne maîtrise des règles de passation et d’exécution des marchés publics, recommande le rapport.

Un autre frein, c’est l’écosystème financier d’appui aux Pme qui « semble incomplet ou inadapté » par rapport aux attentes des entrepreneures, poussant 95 % d’entre elles à financer leurs activités sur fonds propres. Seulement 40 % recourent à des revenus venant d’autres sources dont 6 % qui ont cherché à contracter un crédit-bail, crédit commercial ou autres. Le tiers de ces femmes n’ont « rien essayé sur ces deux dernières années », constate le rapport. Près de la moitié des femmes entrepreneures juge « inutile » de chercher des financements, estimant qu’ils sont difficiles à obtenir et à coûts élevés. Certaines craignent de ne pas pouvoir les rembourser. Alors, le rapport conseille « l’amélioration des conditions d’accès au financement (…), une question centrale pour les femmes entrepreneures.

Les femmes ignorent également le dispositif institutionnel et les programmes publics destinés à les accompagner, 1 % dit avoir une connaissance des programmes et institutions gouvernementaux qui peuvent les appuyer dans les procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Le paradoxe, c’est qu’il existe une « pléthore » de ces programmes et structures. Ce qui pose le problème de leur vulgarisation auprès de leur cible. Autre constat : il y a un manque d’informations sur le profil et le nombre de femmes entrepreneures au Sénégal.

Or, de telles informations sont capitales pour une meilleure organisation et un suivi des efforts de l’Etat et des partenaires pour appuyer et dynamiser l’entrepreneuriat féminin au Sénégal.

Malick CISS

LA SOLUTION PAR L’INFORMATION ET DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
Au vu de toutes ces limites qui handicapent les femmes entrepreneures, dans la compétition aux marchés publics, les auteurs du rapport d’Onu Femmes ont émis quelques suggestions pour inverser la tendance. Ils notent que « l’enseignement majeur à retenir de cette étude, c’est que la seule définition de quotas dans les marchés publics ne semble pas être le moyen le plus approprié et le plus efficace pour stimuler la participation et l’accès des femmes entrepreneures à la commande publique ». Ils préconisent des mesures d’accompagnement telles que la révision du cadre juridique et règlementaire (exemple : rendre obligatoire la publication par l’Armp d’un rapport national sur le genre et l’accès aux marchés publics), améliorer le dispositif institutionnel et les mesures d’accompagnement, créer des programmes spéciaux en partenariat avec les institutions financières pour des prêts bancaires à des conditions décentes. Les auteurs estiment nécessaire aussi de combler les gaps d’information, de renforcer l’intégrité et la transparence.

M. CISS

Momar Ndao ne partage pas le combat du mouvement « Auchan dégage ». Au contraire, il y voit plutôt « une dépravation d’une approche politique » qui a commencé avec Senac Sa dans sa gestion de l’autoroute à péage. Il estime qu’Auchan, avec ses 25 magasins, ne peut pas mettre en péril les 12 000 boutiques de l’agglomération dakaroise. Il souligne que l’enseigne emploie plus de 500 jeunes sénégalais et distribue les produits de 235 fournisseurs locaux. « Avant, les gens pensaient que le supermarché était réservé aux personnes riches. Quand les Sénégalais ont découvert qu’ils peuvent acheter moins cher dans un cadre plus accueillant, ils sont allés acheter à Auchan», argumente le président de l’Ascosen. Momar Ndao voit même d’un bon œil cette présence, soulignant que dans les quartiers, les gérants des boutiques faisaient la pluie et le beau temps en violant les règles édictées par l’autorité. « Le boutiquier ne respecte aucun prix conseillé par l’Etat du Sénégal à plus forte raison les produits qui ne sont pas administrés. Ils sont vendus à des prix inaccessibles aux populations. En plus, il n’y a pas de sécurité sanitaire dans la distribution ; ils éteignent leur congélateur le soir et le produit peut être détruit avant sa date de péremption », confie Momar Ndao. Toutefois, il reconnaît que l’Etat doit adopter un cadre réglementaire adapté pour gérer les grandes surfaces afin de permettre le développement harmonieux des affaires.

M. NDONG

La levée de boucliers des commerçants regroupés autour de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) contre l’implantation de la chaine  de distribution agro-alimentaire française « Auchan » au Sénégal qui, selon eux, « tue à petit feu le secteur économique sénégalais », avec la bénédiction de l’Etat, a fait réagir le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il soutient que les accusations portées contre l’Etat du Sénégal qui aurait accordé des facilités à Auchan au détriment de ses concurrents sont fausses et dénuées de tout fondement.

 Les allégations et autres problématiques posées par les détracteurs de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan » faisant état de facilités qui lui seraient accordées par l’Etat du Sénégal au détriment de ses concurrents ne sont pas vraies, a déclaré le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il est formel : « Je dois tout de suite dire que ce n’est pas vrai.

L’investissement, au Sénégal, est, aujourd’hui, régi par le Code des investissements. Quand vous êtes dans les activités de négoce, vous ne bénéficiez d’aucune facilité venant dudit code », a t-il déclaré, hier, sur les ondes de la Radio télévision sénégalaise. Selon M. Mbaye, « l’autre problématique posée est relative à la concurrence déloyale de Auchan qui ferait du dumping ». Sur cette question, il soutient que la direction du commerce intérieur n’a pas encore d’éléments probants attestant qu’Auchan fait de la vente à perte ; ce qui, souligne-t-il, est prohibée. Il a précisé que le fait de pratiquer des marges faibles n’est pas en soi une pratique répréhensible.

En ce qui concerne les stades de commerce (Gros, Demi-gros et Détail), Ousmane Mbaye note qu’avant 1994, chaque acteur voulant exercer une activité était obligé de choisir parmi ces stades.

« Mais dans le souci de rendre accessibles les produits et les prix aux consommateurs, cela a été libéralisé », a –il indiqué. Faut-il revenir à cette réglementation d’avant 1994 ? Le directeur du commerce intérieur soutient que la question est ouverte. « On peut en discuter. Mais, si tel devrait être le cas, il nous faudrait aussi définir le périmètre du micro-détail », a-t-il fait savoir. L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) en tournée nationale s’oppose à la présence de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan », estimant que la survie des commerçants est menacée. L’organisation commerçante a mis en place une coalition pour s’opposer à ce qu’elle qualifie de « retour à l’esclavage par l’économie » et exige des pouvoirs publics qu’ « Auchan dégage ».

Mamadou Lamine DIEYE

Une journée de partage a réuni, hier, l’Agence des aéroports du Sénégal, les commandants régionaux et les acteurs des transports aériens pour discuter du devenir des aéroports régionaux.

L’Agence des aéroports du Sénégal (Ads) a convié, hier, les commandants d’aéroports et les acteurs des transports aériens à une journée de réflexion et de partage sur les aéroports régionaux. La rencontre avait pour but de discuter de questions essentielles tournant autour du devenir de ces aéroports et leurs différentes composantes : le personnel, les infrastructures et les équipements.

L’objectif d’une telle démarche vise à définir de façon concertée le plan d’action qu’ils comptent établir pour un développement durable et ordonné des plateformes régionales. «Le vaste programme de rénovation des aéroports régionaux va induire de profondes mutations pour accompagner tous ces efforts afin de conserver les avantages concurrentiels du Sénégal dans la sous-région en matière de gestion aéroportuaire et faire de Dakar un hub aérien. Dans cette dynamique, tous les moyens humains et matériels doivent être mis à contribution pour favoriser un regain des activités et au-delà une optimisation des ressources générées par la gestion aéroportuaire au niveau des régions », a déclaré Pape Mael Diop, à l’ouverture des travaux.

Le Directeur des Ads estime que les acteurs doivent s’approprier ce vaste programme qui va moderniser les aéroports et permettre de mieux développer le tourisme et faciliter le déplacement des Sénégalais. D’un montant de 100 milliards de FCfa, ce programme commencera avec Saint-Louis et Matam avec un prolongement de la piste. L’aéroport de Ziguinchor sera aussi réhabilité. Selon le directeur des Ads, au sortir de ce programme, le Sénégal aura des aéroports aux normes. Pape Mael Diop a rappelé que le financement des aéroports régionaux avait toujours été assuré par les recettes tirées des activités de l’aéroport de Dakar et dans une moindre mesure des appuis accordés par l’autorité étatique. Ce système de péréquation qui avait toujours prévalu permettait d’assurer tant bien que mal leur bon fonctionnement.

Babacar DIONE

Dans son élan de développer le réseau autoroutier du pays, le gouvernement du Sénégal, avec le concours des bailleurs, compte lancer les travaux de l’autoroute Mbour-Kaolack et l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis, dans le premier trimestre de 2019. Une réunion a été tenue, hier, à Thiès pour sensibiliser les populations des communes impactées à vite libérer les emprises.

Les infrastructures occupent une bonne place dans le programme prioritaire du Plan Sénégal émergent (Pse). Après l’autoroute Dakar-Aéroport Blaise Diagne (Aibd)-Sindia, le gouvernement compte lancer le projet autoroutier Mbour-Fatick-Kaolack, mais aussi la construction de l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis. Ces deux projets démarreront, selon le directeur régional de l’Ageroute de Thiès, Khoult Ndiaye, au plus tard dans le premier trimestre de l’année 2019. Une réunion du Comité régional de développement(Crd) a été présidée, hier, par le gouverneur de la région pour présenter le projet et sensibiliser les populations des zones impactées à prendre les dispositions nécessaires pour libérer les emprises le plus rapidement possible. L’autoroute Mbour-Kaolack qui sera longue de 100 kilomètres avec deux fois deux voies extensibles, permettra non seulement, selon Souleymane Diouf, chargé de projet à l’Ageroute, de renforcer le réseau routier et autoroutier du Sénégal, mais aussi de développer le corridor Dakar-Bamako et Dakar-Lagos. Pour ce qui est de la côtière Dakar-Saint-Louis, elle sera longue de 195 kilomètres, avec aussi deux fois deux voies. Elle fonctionnera avec un système de péage fermé. « Mbour-Kaolack est le plus grand corridor du Sénégal. Nos voisins maliens utilisent cet axe pour le transport des marchandises venant du port de Dakar et autres. De plus, celle-ci va améliorer le trafic et permettre plus de sécurité dans cet axe très accidentogène. Pour la côtière, elle nous permet de relier le Nord de la capitale mais aussi le Maroc. Elle va également aider à améliorer la sécurité routière », a déclaré Khoult Ndiaye. Selon lui, l’étude de faisabilité du projet Mbour-Kaolack est très avancée. « Après la libération des emprises, on pourra même parler d’étude technique d’exécution. Pour la côtière, elle est moins avancée mais avec cette autoroute, les bailleurs de fonds se sont réunis et ont tous donné leur accord de principe pour le financement », a-t-il fait savoir.

Le gouverneur de la région de Thiès, Amadou Sy, soutient qu’à travers ce comité régional de développement, tenu sur demande du ministre des Infrastructures, ils cherchent à travailler rapidement sur la construction de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack mais aussi sur la côtière Dakar-Saint-Louis. « L’une des difficultés majeures dans la réalisation de ce type de travaux est la libération des emprises. Elle prend beaucoup de temps et allonge inutilement les délais alors que si on appliquait la règlementation en vigueur, on irait beaucoup plus vite. Mais le chef de l’Etat nous a demandé d’associer les populations dans tout ce qui est fait », a-t-il déclaré. Selon lui, les retards dans l’exécution des travaux rendent les infrastructures beaucoup plus chères. En plus de cela, les chantiers, tant qu’ils ne sont pas finis, créent des désagréments aux populations.

Ndiol Maka SECK

En marge de son assemblée générale qui a pris fin samedi, la Banque africaine d’import export (Afreximbank) a lancé à Abuja une plateforme d’informations sur la clientèle panafricaine dénommée Mansa. L’objectif visé à travers cet instrument est de stimuler le volume des échanges commerciaux africains.

La seconde journée de l’Assemblée générale d’Afreximbank tenue, à Abuja, au Nigeria a été marquée par la mise en place de Mansa, une plateforme d’informations sur la clientèle panafricaine qui apportera une source « fiable unique » de données requises pour effectuer les vérifications nécessaires sur les contreparties en Afrique.

En effet, la plateforme tire son nom de Mansa Musa, puissant dirigeant de l’empire du Mali au 14ème siècle, qui a donné plus de place à l’Afrique dans le monde et a développé le commerce dans le continent en faisant de Tombouctou le centre des affaires. L’objectif de cet outil innovant est d’accroître le volume du commerce au sein de l’Afrique et de limiter les risques liés à la conformité, en renforçant les liens entre les banques et entreprises hors d’Afrique souhaitant faire des affaires avec les banques et entreprises africaines.

Le président d’Afreximbank, Dr. Benedict Oramah, explique que cette nouvelle plateforme est le prolongement naturel de la mission d’Afreximbank « de développer et diversifier le commerce africain ». Selon lui, Mansa stimulera le commerce africain en permettant de faire des vérifications sur le client tout en réduisant la charge opérationnelle et les coûts de mise en conformité.

Autrement dit, Mansa se veut la plateforme centralisée de référence qui permet d’effectuer les vérifications sur les clients à travers le continent africain. En fournissant des informations complètes, elle mettra fin à l’évaluation subjective des clients et éliminera l’idée souvent « injuste » qu’il est risqué de faire des affaires avec des entreprises africaines. Mansa permettra également de mieux connaître le climat des affaires dans un pays et donnera des informations sur des services associés sur le continent.

D’après Oramah, Afreximbank a dirigé la création de cette plateforme sur la clientèle qui permettra également aux établissements financiers et aux sociétés d’Afrique de répondre aux attentes des clients et des partenaires commerciaux tout en assurant une bonne conformité réglementaire. Avec cet outil de données, la banque ambitionne de relever les nombreuses contraintes qui freinent le développement du commerce. A en croire le président d’Afreximbank, il y a actuellement un déficit commercial  de 120 milliards de dollars à combler et un gap annuel de 93 milliards pour ce qui est du financement des infrastructures commerciales. L’autre défi, c’est l’augmentation de la part de l’Afrique estimée à 3 % dans le commerce mondial.

De notre envoyé spécial à Abuja (Nigéria), Abdou DIAW

LE NIGÉRIA AMBITIONNE DE RÉDUIRE SA DÉPENDANCE AU PÉTROLE
Lors de la clôture de l’assemblée générale, samedi à Abuja, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a annoncé son intention de diversifier son activité économique en investissant des secteurs porteurs autres que le pétrole. « Notre gouvernement a adopté une politique de croissance économique inclusive. Nous sommes déterminés à atteindre cet objectif en réduisant notre dépendance excessive au pétrole brut », a indiqué le président nigérian. Il ajoute qu’à ce jour, l’Etat du Nigeria a investi de « façon dynamique » dans l'infrastructure pour soutenir son potentiel de croissance dans l'agriculture et les minéraux solides. « Nous autorisons également de nombreux entrepreneurs nigérians dans les économies du divertissement et du numérique », confie M. Buahri, en mettant en exergue le rôle prépondérant joué par son pays dans le continent. « En Afrique, le Nigéria a un rôle unique et important à jouer. Nous sommes une vaste nation de près de 200 millions de personnes, avec une diversité de langues, de cultures, de dotations naturelles et d'aspirations. Cependant, ce que nous avons tous en commun, c'est qu'à tous les niveaux, le Nigeria est une nation commerçante », a déclaré le président du Nigéria.

A. DIAW

1ER ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE BABACAR NDIAYE : HOMMAGE À L’ARCHITECTE DU PROJET AFREXIMBANK
L’ombre de notre compatriote Babacar Ndiaye, ancien président de la Banque africaine de développement (Bad), a plané sur la 25ème assemblée générale d’Afreximbank. Les dirigeants de cette institution ont saisi l’occasion, vendredi 13 juillet (date marquant le 1er anniversaire du décès de Babacar Ndiaye), pour rendre un hommage au premier Sénégalais président de la Bad, considéré également comme l’architecte principal du projet Afreximbank. « Nous remercions le regretté Dr. Babacar Ndiaye d'avoir dirigé le projet de cette banque d’import export de la vision à la réalité. Il a travaillé avec ténacité, tact et courage pendant six ans pour mener à bien le projet, surmontant une vive opposition, notamment de la part de certains membres du Conseil d'administration de la Banque africaine de développement », a témoigné Dr Benedict Oramah qui a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en sa mémoire. Selon lui, l’ex-président de la Bad a redessiné le projet pour créer un partenariat public-privé unique dans un cadre multilatéral, réduisant ainsi le rôle de la Banque africaine de développement. Pour M. Oramah, Dr Ndiaye est parti, mais son esprit continue à vivre, alimentant les ambitions des agents d’Afreximbank.

A. DIAW

Le bureau des douanes de Vélingara sera bientôt érigé en bureau de plein exercice ; ce qui lui permettra d’effectuer toutes les procédures de dédouanement sur place pour alléger les charges des opérateurs économiques de la région de Kolda. La promesse a été faite, jeudi dernier, à Kolda, par le directeur général des Douanes, lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques. Oumar Diallo s’est engagé également à réduire le nombre de postes de contrôle sur les principaux axes routiers et a demandé aux opérateurs économiques de jouer franc jeu en s’acquittant des taxes et autres impôts. Il leur a demandé, en outre, de réclamer un reçu, chaque fois qu’ils remettent de l’argent à un agent des douanes. Pour la baisse des taxes sur les véhicules importés réclamée par les importateurs, Oumar Diallo a été on ne peut plus clair.

La Douane ne peut ni augmenter ni diminuer ces taxes qui sont fixées, selon lui, sur la base des textes communautaires de l’Uemoa. Il accède, néanmoins, aux revendications relatives à la mise en place d’un bureau de dédouanement à Kolda pour permettre aux opérateurs économiques de faire toute la procédure sur place au lieu de se déplacer jusqu’à Dakar. Il insiste, par ailleurs, sur la nécessité, pour les importateurs, d’avoir des papiers en règle notamment le certificat d’origine et la facture, chaque fois qu’ils achètent de la marchandise à l’étranger. Il dénonce, au passage, la falsification des documents, une pratique à laquelle certains d’entre eux se livreraient au détriment du Trésor public. «Le principal objectif de cette tournée, c’était de présenter aux opérateurs économiques, la nouvelle approche que la direction des douanes a décidé d’amorcer pour se rapprocher davantage des opérateurs économiques, mais aussi, des importateurs et exportateurs et des industriels en mettant la douane à leur disposition, c’est-à-dire, en faisant ce que nous appelons la douane de proximité », déclare Oumar Diallo. Il annonce l’élargissement des compétences de certains bureaux situés aux frontières pour que les marchandises qui ne sont pas interdites ou prohibées puissent être dédouanées sur place au moment de leur introduction dans le territoire national. Il envisage la création de nouveaux points d’entrée aux frontières où les importateurs pourront dédouaner les marchandises en provenance de la République de Guinée et de la Guinée-Bissau et espère que ces mesures leur permettront de faire toutes les procédures de dédouanement sur place et de récupérer rapidement leurs marchandises sans difficulté. Le directeur général des Douanes a rencontré, vendredi, dans le sud du département de Vélingara, son homologue de la République de Guinée, après ceux de la Gambie et de la Guinée-Bissau, lors de son périple dans la région de Ziguinchor.

Mamadou Aliou DIALLO

Le changement d’année de base pour les comptes nationaux du Sénégal a eu des effets positifs sur la plupart des agrégats macroéconomiques du pays.

Un document de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe) permet d’avoir des éléments de comparaison des progrès du Sénégal par rapport aux pays membres de l’Uemoa. Le Sénégal reste toujours en deuxième position du revenu par tête, qui est passé de 1.054 à 1.363,774 dollars, derrière la Côte d’Ivoire (1.531 dollars). En 2016, le revenu par tête qui était de 955 dollars sur l’année de base 2014, bondit à 1.211,3 dollars avec le changement. Par ailleurs, les courbes calculées à partir des deux années de base montrent une résorption du déficit budgétaire, qui recule de -3,525 à -2,839 % du Pib en 2017. Ce déficit devrait se détériorer en 2018, les deux années de base affichant toutes -3,5 % du Pib. Le maintien de la cible de déficit budgétaire à 3,5 % du Pib a permis, avec le changement de base, d’élargir l’espace budgétaire de 108 milliards de FCfa dans la loi de finance rectificative 2018. Cet argent est allé aux dépenses sociales (revendications salariales dans l’éducation et la santé) et de sécurité. Quant à la pression fiscale, elle se détériore avec la nouvelle année de base, passant de 20,61 à 16,949 %. Concernant la dette publique, son ratio avec le Pib s’améliore de 65 à 53,453 % alors que le plafond fixé par l’Uemoa est de 70 %. Ce qui laisse au Sénégal qui sollicite souvent le marché financier international, une plus grande marge. Cependant, il y a des implications en termes d’endettement. Selon la Dgppe, «le ratio de liquidité (service rapporté aux recettes budgétaires) est encore élevé même s’il affiche une baisse depuis 2012 ». En effet, ce ratio est passé de 46,8 % en 2012 à 33,7 % en 2017. D’où la « nécessité de renforcer les recettes budgétaires afin d’améliorer l’indicateur de liquidité ».

Quant au compte courant, le déficit s’est aggravé, progressant de -4,632 % en 2017 à -8,315 % en 2017 (année de base 2014). Lors de la cérémonie de publication des résultats de la rénovation des comptes nationaux, jeudi dernier, à Diamniadio, Pierre Ndiaye expliquait cette dégradation par la hausse du prix du baril, induisant une augmentation de la facture pétrolière. Mais en 2018, on devrait connaître une amélioration du déficit de -7,955 %.

M. CISS

Dans sa recherche d’efficacité pour une meilleure prise en charge du secteur dans ses Etats-membres, la Commission sous régionale des pêches va mettre en œuvre une série de programmes de 2018 à 2022. L’entité qui regroupe le Cap-Vert, la Gambie, la République de Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone a élaboré un plan stratégique. La formulation de ce nouveau plan de cinq ans devra s’appuyer sur les réalisations et les enseignements tirés de la mise en œuvre du précédent plan et introduire de nouvelles approches permettant à la Csrp d’atteindre son niveau d’institution de référence et d’innovation en gestion durable des ressources halieutiques. Pour Malal Sané, son secrétaire permanent, « c’est la première fois que la Csrp, grâce à son secrétariat permanent, soumet au comité de coordination un projet de plan stratégique ». Mais le défi, ce n’est pas seulement d’élaborer un plan stratégique, il faut trouver des ressources notamment financières, pour une mise en œuvre efficace dudit plan. Après les évaluations internes et externes faites du précédent Plan stratégique, les responsables de la pêche sous-régionale se sont rendu compte qu’il y avait des difficultés liées à la disponibilité des ressources financières pour faire face aux défis contenus dans ledit plan. Des écueils qu’il faut surmonter s’ils veulent que le secteur de la pêche continue de contribuer davantage à l’économie des Etats-membres. « Malheureusement, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche Inn) continue de constituer un défi majeur dans la sous-région ouest-africaine. C’est pourquoi, nous avons récemment signé un protocole d’accord avec l’Union européenne qui, avec une enveloppe de 3,6 millions d’euros, va nous aider à faire face à cette pêche », s’est félicité M. Sané.

Sur  ce point, le représentant du ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, a souligné que des mesures prises dans ce sens pourraient aider à lutter contre la pêche illicite. Babacar Banda Diop, conseiller technique du ministre Oumar Guèye, a souligné que « la pêche Inn est un fléau pour notre sous-région, parce qu’impactant très négativement sur la gestion, la viabilité et l’utilisation durable des ressources halieutiques ».

Ousseynou POUYE


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