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Affaires et Finances (2551)

L’investissement direct non financier chinois au Sénégal a dépassé en huit mois 66 millions de dollars (plus de 33 milliards de FCfa).

L’ambassadeur Zhang Xun a rappelé, hier, lors du séminaire sur les médias qui avait comme thématique : «Chine-Afrique, une communauté de destin», les excellentes relations entre son pays et le Sénégal. « Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, le Sénégal se trouve en tête du développement des relations sino-africaines ». Selon le diplomate, pour les huit premiers mois de l’année 2017, l’investissement direct non financier chinois au Sénégal a dépassé 66 millions de dollars. « Ce chiffre est déjà supérieur au total de l’année derrière qui était de 45,09 millions de dollars ; ce qui reflète les potentialités de la coopération entre les deux pays », a déclaré l’ambassadeur. Zhang Xun a apprécié que les deux chefs d’État, Xi Ping et Macky Sall, réussissent à hisser le niveau des relations sino-sénégalaises. « Dans sa coopération avec le Sénégal, la Chine met l’accent sur l’optimisation structurelle, le renforcement de la qualité et de l’efficacité et la montée en gamme de cette coopération. Nous veillons à la transformation de cette coopération, du rôle principal du gouvernement en la priorité accordée aux investissements et financements par les entreprises, du commerce de marchandises en la coopération sur la capacité de production et le commerce de sous-traitance... », a-t-il précisé. Selon le diplomate, le gouvernement chinois encourage les entreprises chinoises à discuter avec la partie sénégalaise de nouveaux modes de coopération en vue d’alléger la charge d’endettement du Sénégal, à investir et à s’installer dans le parc industriel de Diamniadio pour favoriser l’industrialisation du Sénégal. « Nous travaillons à ce que les entreprises sénégalaises et les institutions chinoises viennent plus nombreuses pour mener la coopération dans les domaines aussi variés que le pétrole, l’énergie solaire, la transformation des produits agricoles et la recherche scientifique », a dit le diplomate.

Dans sa coopération avec le Sénégal, la Chine garde à l’esprit le concept de développement donnant la primauté à l’homme, a indiqué Zhang Xun. « La Chine soutient activement les efforts du gouvernement sénégalais visant à mettre en œuvre le Plan Sénégal émergent (Pse) », a dit le diplomate. Zhang Xun a mis en exergue le lancement des travaux de forages multi-villages avec la construction de 181 systèmes d’approvisionnement en eau et la réhabilitation de 70 puits. Ce projet financé à un taux préférentiel permettra à plus de 2 millions de Sénégalais des régions intérieures d’accéder à l’eau potable. Il s’y ajoute le don de 200 décortiqueuses et moulins pour moderniser l’agriculture, le démarrage des travaux du pont de Foundiougne, sans compter les projets de l’aménagement de l’esplanade du Musée des civilisations noires et l’élargissement de l’hôpital pour enfants de Diamniadio prévu pour la mi 2018.

Par ailleurs, a relevé M. Zhang Xun, les échanges et dialogues entre les parties, les think tank et les médias des deux pays s’avèrent davantage intensifiés. « À travers ces visites croisées, on assiste au renforcement de la confiance mutuelle politique, à l’approfondissement des échanges sur les expériences d’administration et de gouvernance et à la consolidation de la compréhension mutuelle et de soutien réciproque sur les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de parts et d’autres », a indiqué l’ambassadeur.

S. O. FALL

La Chine va «bientôt» réhabiliter le barrage d’Affiniam, un important ouvrage hydro-agricole de la région de Ziguinchor (Sud), a annoncé lundi le conseiller économique et commercial de son ambassade à Dakar, Lv Yifeng. « Nous allons bientôt réhabiliter le barrage d’Affiniam que nous avons construit il y a 30 ans », a-t-il dit lors de son intervention à un séminaire sur « la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique » à Somone, dans la région de Thiès (Ouest).

Ce barrage joue un rôle important dans la riziculture au Sénégal. Depuis 1987, cet ouvrage hydro-agricole mis en place avec l’aide de la Chine facilite la récupération de terres cultivables d’Affiniam, une localité située dans la région de Ziguinchor. Le départ des experts chinois dans les années 1990 a entraîné des difficultés de maintenance de l’ouvrage. Des experts agronomes chinois sont présents à Podor (Nord) et Sangalkam (Ouest), depuis une dizaine d’années, dans la coopération agricole entre la Chine et le Sénégal, a par ailleurs rappelé Lv Yifeng.

(APS)

La ferme de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) sise à Tivaouane Peulh dispose désormais d’un système de pompage solaire grâce au don de l’entreprise indienne « Shakti pumping life », dirigée par Atul Janawade. Le coût s’élève à 25.000 dollars américains, soit 13.930.750 de FCfa. Selon Babacar Ndiaye, directeur des infrastructures à Anida, ce champ de panneaux solaires comprend 26 palettes et permet d’avoir 30 mètres cubes par heure. « La pompe solaire qui alimente le forage se substitue totalement au groupe électrogène de 30 kva. Nous avons pris les prédispositions pour sécuriser davantage son autonomie », a dit le technicien. M. Ndiaye ajoute qu’en 7 heures, ce dispositif solaire pourra irriguer jusqu’à 5 hectares. « Mieux, nous avons prévu une prédisposition grâce à un commutateur qui va basculer sur du thermique lorsqu’on épuise le temps d’ensoleillement. L’autre avantage, c’est la puce électronique 4 Gm de la Sonatel. Du bureau de l’Anida, je peux savoir le débit, l’intensité de l’irrigation », a fait savoir Babacar Ndiaye. Il a rappelé que dans le plan stratégique 2016-2020 de l’Anida, le solaire occupe une place de choix. « L’avenir des exploitations agricoles, c’est de maîtriser les énergies renouvelables pour que leurs revenus ne soient pas plombés par le coût du gasoil. Ce créneau, nous y croyons », a-t-il déclaré.

Papa Abdoulaye Seck, le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a vanté les avantages de l’activité agricole qui peut être un moyen de lutter contre l’émigration clandestine. « Nous allons donner des instructions à l’Anida et à l’Ancar (Agence nationale de conseil agricole et rural) afin qu’on puisse cultiver du riz à Tivaouane Peulh », a-t-il affirmé suite à une interpellation du maire, qui souhaite, d’abord, un aménagement du lac. Le ministre a fait part de son inquiétude par rapport à l’avancée des constructions entourant la ferme de l’Anida. « Si cela continue, le président de la République sera obligé de prendre ce dossier en main », a déclaré Papa Abdoulaye Seck. Le directeur général de l’Anida, Elhadji Malick Sarr, a salué ce geste qui est « d’une importance capitale ». « Cette ferme de Tivaouane Peulh a réalisé le record des fermes Anida de l’année dernière. Chaque agriculteur a pu avoir un revenu annuel de 2,2 millions de FCfa sur une superficie de 10 hectares. Il y avait 30 paysans. Beaucoup d’entre eux n’y croyaient pas. Maintenant, d’autres veulent travailler dans cette ferme », a-t-il dit.

Le maire de Tivaouane Peulh, Momar Sokhna Diop, a souligné que cet équipement solaire va soulager les paysans. « Si ces plaques solaires s’étendent sur tout le Sénégal, les rendements agricoles vont connaître une hausse », a-t-il déclaré, en tressant des lauriers au ministre Papa Abdoulaye Seck. « Vous êtes en train de changer structurellement l’agriculture», a-t-il lancé. « Notre développement ne passera que par l’activité agricole. En décortiquant notre taux de croissance, nous nous rendons compte de l’importance de l’agriculture. Nous ne ménagerons aucun effort pour garder ce périmètre agricole de Tivaouane Peulh », a-t-il ajouté.

Serigne Mansour Sy CISSE

Pour réduire sa consommation d’énergie, la Soboa a signé, hier, avec Green Yellow, un accord de partenariat qui permettra à cette entreprise de réaliser une économie d’énergie sans investir.

Le directeur général Damien Baron révèle que la Soboa paie 1,4 milliard de FCfa par an. Pour le gasoil, la facture s’élève à 365 millions de FCfa par an contre 415 millions pour le fuel et 380 millions pour l’eau. « Ce qui fait un total de 2,5 milliards de FCfa par an », a précisé le directeur général de Soboa. Il soutient que ce partenariat est d’une importance économique et écologique considérable pour son entreprise. « Avec ce partenariat, nous pouvons faire des économies d’énergie de près de 10% », a ajouté M. Baron. Il a précisé que ce partenariat est un modèle pour son entreprise et le groupe. « C’est un contrat d’accompagnement. C’est le premier projet d’efficacité énergétique de type industriel dans la sous-région et il permettra de réaliser un gain de 10 à 30% d’économie d’énergie pour Soboa», a déclaré Ismaël Adjovi, directeur général de Green Yellow Sénégal. « Avec le Contrat de performance énergétique (Cpe), nous mettons à votre service des solutions sur mesure et clés en main afin de vous garantir d’importantes économies d’énergie », a insisté M. Adjovi. « Notre objectif, poursuit-il, c’est de permettre à Soboa de faire jusqu’à 30 % d’économie d’énergie sans investir grâce au Cpe ». Il affirme que Green Yellow maîtrise tout le processus des projets d’efficacité énergétique, à savoir l’étude, la conception, les travaux, le pilotage, le financement, le monitoring et la garantie de performance.

Pour aider Soboa, un plan de génération de gain a été mis en œuvre. « Green Yellow s’engage et garantit la performance dans la durée grâce au monitoring des consommations », affirme M. Adjovi. Il est d’avis que le le contrat de performance énergétique est une formule gagnant-gagnant.

Aliou KANDE

Dialogue social, législation du travail, emploi des jeunes, règlement des conflits sociaux. Toutes ces questions ont été passées au peigne fin lors de la rencontre, hier, entre le Conseil du patronat (Cnp) et le directeur général de l’Organisation internationale du travail (Oit).

Après sa rencontre avec les ministres en charge du Travail et de l’Emploi, le directeur général de l’Organisation international du travail, Guy Ryder, a rencontré, dans la journée d’hier, le Conseil national du Patronat (Cnp), l’une des organisations patronales les plus représentatives au Sénégal. Lors de cette séance de travail, le président du Cnp, Baidy Agne, a plaidé pour les employeurs. Il a demandé au directeur général de l’Oit « à toujours accorder une oreille très attentive aux employeurs » qui prennent toujours le risque d’investir pour créer de l’emploi et de garantir un système de protection sociale aux employés. Baidy est revenu sur plusieurs sujets notamment le dialogue social, la législation du travail, l’emploi des jeunes, le règlement des conflits sociaux…

Pour la question du dialogue social, Baidy Agne reconnaît qu’il est de qualité au Sénégal. Toutefois, il existe encore des divergences entre les différentes parties sur des « questions de grande importance », précise-t-il. Même si ce dialogue est bien entériné, il reste encore beaucoup à faire pour le règlement des conflits sociaux. Baidy Agne note qu’il y a un nombre élevé de licenciement de délégués du personnel pour « faute lourde, indiscipline ou insubordination ». Pour cela, il invite à une « évolution des comportements humains » dans les entreprises pour éviter certains conflits sociaux. Sur la législation du travail, le président du Cnp déplore l’ancienneté des conventions dont la plus récente date de 1982. Ces conventions, dit-il, ne sont plus inadaptées à l’environnement actuel et aux nouveaux métiers.

Dans son intervention, le directeur général de l’Oit a salué le dynamisme du secteur privé sénégalais. Guy Ryder note que le Sénégal a une « croissance économique respectable » et une bonne vision de l’avenir sur le moyen et long termes avec le Plan Sénégal émergent. Cependant, il n’a pas manqué de demander à Baïdy Agne « quelle est la place réservée au secteur privé dans ce plan ». Dans sa réponse, le président du Cnp confirme que le secteur privé est bien impliqué dans le Pse mais qu’il veut l’être davantage.

En outre, Guy Ryder a déploré l’émigration clandestine. Selon lui, cette situation est liée au manque d’opportunités d’emplois décents dans les pays en développement. C’est pourquoi, dit-il, de millions de jeunes en quête d’emploi tentent de rejoindre l’Europe par des embarcations de fortunes. Pour faire face à cette tragédie, le directeur général de l’Oit indique que les pays en développement doivent accorder la priorité à l’emploi des jeunes. Un avis largement partagé par le président du Cnp. Baidy Agne indique qu’il faut donner le maximum d’opportunités aux jeunes pour qu’ils puissent rester au Sénégal et travailler pour le pays. Pour lui, l’avenir de l’emploi se situe dans le numérique. « L’avenir se construit sur le numérique. Avec le numérique, dans les deux, trois, quatre ans nous pourrons créer 100.000 emplois », déclare M. Agne.

Aliou Ngamby NDIAYE

Cinquante-cinq milliards de FCfa. C’est le budget du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers dans la région de Ziguinchor (Puma) qui va s’investir dans le désenclavement, la sécurité frontalière et le développement durable. Hier, son comité de pilotage et sa coordination nationale ont partagé, avec le comité régional de suivi, la matrice des actions prioritaires prévues et le programme envisagé.

L’objectif de la rencontre était d’optimiser le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers dans la région. Le coordonnateur national dudit programme, Moussa Sow, a insisté sur la nécessité de procéder à un classement des sur priorités pour que, dit-il, les actions du programme puissent impacter très tôt et aider les populations bénéficiaires à acquérir les besoins primaires qui sont en manque important dans les zones ciblées ». Le Puma vise à contribuer au développement durable des zones et populations frontalières par la réalisation d’infrastructures, d’équipements sociaux de base et d’activités génératrices de revenus.

Selon M. Sow, le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers a déjà démarré dans la région de Ziguinchor. Deux postes de santé sont en train d’être construits dans les localités de Kourang et de Tendiné (Bignona), 33 moulins et décortiqueuses de riz ont été distribués dans 33 villages, le programme de formation des jeunes des zones frontalières a également débuté pour permettre à ces derniers de mener des activités rentables et de prétendre à des emplois salariés. « C’est une manière d’aider ces jeunes des zones frontalières à acquérir des techniques professionnelles pour faire face à la vie », a indiqué le coordonnateur national du Puma.

A l’issue du Crd (réunion du comité régional de développement) d’hier sur le partage la matrice d’actions prioritaires du Puma dans la région de Ziguinchor, le gouverneur Guedj Diouf a annoncé des Comités départementaux de développement pour partager davantage les actions à mener avec les acteurs à la base : maires, chefs de villages et de quartiers, etc. « L’objectif visé est que chacun puisse comprendre ce qui est en train d’être fait et assurer lui-même le suivi », a souligné le patron local de l’administration territoriale.

El Hadj Moussa SADIO

Un marché au poisson d’un coût de près de 200 millions de FCfa constitué d’un hangar comprenant un hall de vente, d’une chambre isotherme, d’un laboratoire d’analyse sensorielle et de contrôle sanitaire, d’une salle de traitement et de conditionnement des produits, d’un bloc administratif, d’une salle polyvalente, d’une infirmerie, verra le jour avant le mois d’août.

Oumar Guèye, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime qui avait à ses côtés son collègue des Affaires étrangères Me Sidiki Kaba, a procédé, samedi dernier, à Tambacounda, à la pose de la première pierre du marché au poisson de ladite ville. Il a souligné que la pêche est inscrite parmi les moteurs de croissance sectorielle de l’Axe I du Pse et cela lui assigne un rôle central dans le renforcement de la sécurité alimentaire ainsi que la création de richesses et d’emplois. Tambacounda, région carrefour, avec des potentialités hydrographiques importantes, polarise d’intenses activités de commercialisation des produits halieutiques estimés à 4 348,37 tonnes pour une valeur de 2 265 648 247 de FCfa. Pour le ministre de la Pêche, cette infrastructure va offrir aux acteurs de la pêche de la région et des régions limitrophes un cadre adéquat pour la commercialisation des importantes quantités de produits halieutiques produits dans la région ou qui y transitent. « Cette infrastructure va offrir aux acteurs de la pêche de la région et des régions limitrophes, un cadre adéquat pour la commercialisation des importantes quantités de produits halieutiques produits dans la région ou qui y transitent », a déclaré Oumar Guèye. Le marché au poisson devant être construit dans un délai de huit mois pour un coût de près de 200 millions de FCfa, en compagnie de son collègue des Affaires étrangères Me Sidiki Kaba, du député-maire Mame Balla Lô, du président du Conseil départemental, Sina Cissokho et du gouverneur El hadji Bouya Amar. Ils ont posé symboliquement cette brique non loin du service de l’élevage sis au quartier Liberté. Marquée par une forte mobilisation, la rencontre a enregistré la présence de maires d’autres communes de la région, de pêcheurs et de mareyeurs. Les autorités religieuses, les associations de jeunes et de femmes, entre autres, étaient aussi représentées.

L’infrastructure est constituée d’un hangar comprenant un hall de vente, une chambre isotherme, un laboratoire d’analyse sensorielle et de contrôle sanitaire, une salle de traitement et de conditionnement des produits. S’y ajoute un bloc administratif avec deux bureaux, une salle polyvalente pour les réunions et formations, une infirmerie, un bloc vestiaires-sanitaires et un logement pour gardien. La région compte 48 sites ou villages de pêcheurs, plus de 1.216 pêcheurs, 266 mareyeurs et près de 377 femmes qui travaillent dans la filière artisanale des produits transformés et du micro-mareyage. Avec un parc piroguier de 425 unités de pêche opérationnelles, la région a enregistré, en 2016, une production de 1 179 tonnes pour une valeur commerciale estimée à 941.651.537 FCfa. Les interventions de l’Etat dans le sous-secteur de la pêche sont nombreuses dans la région, selon M. Guèye.

Réponse à une veille doléance
Il a cité la dotation de vingt pirogues métalliques motorisées aux acteurs de la zone de Gouloumbou pour améliorer leurs conditions de travail et renforcer la sécurité de la pêche. Il y a le raccordement du complexe frigorifique de Tambacounda aux réseaux de la Sénégalaise des eaux et de la Senelec en vue de sa mise en service effectif qui va accompagner le marché au poisson.

Il y a également la mise à disposition de 420 gilets de sauvetage dont 120 sous forme de don aux acteurs de la zone de Gouloumbou. En plus de l’allocation d’un quota de 34 moteurs dans le cadre du programme de subvention des moteurs de la pêche artisanale.

La pose de la première pierre du marché au poisson de Tambacounda, le cinquième construit sur l’étendue du territoire national au niveau des agglomérations stratégiques comme Touba, Dakar, Kaolack, selon Me Sidiki Kaba, le ministre des Affaires étrangères, constitue une réponse à une vieille doléance de la population, tout en matérialisant la mise en œuvre des instructions du chef de l’Etat. M. Kaba a rendu un vibrant hommage aux mareyeurs et pécheurs de ce pays en leur demandant vivement d’accompagner les efforts de développement du gouvernement depuis l’arrivée aux commandes du président Macky Sall. Les mareyeurs comme Ndèye Diop et Mbaye Babacar Diop ont demandé plus de financements.

Pape demba SIDIBE

Le Sénégal et le Cameroun renforcent leurs relations dans le domaine de la navigation aérienne. La compagnie aérienne Camair-Co a inauguré sa desserte à Dakar avec l’arrivée d’une délégation d’environ 130 personnes. Selon l’ambassadeur Jean Koe Ntonga, ce choix répond à une vieille doléance des populations des deux Etats. «De par la position géostratégique du Sénégal en Afrique de l’Ouest, les ressortissants camerounais résidant dans les pays voisins qui ont gardé un excellent souvenir des années Camair, prendront Camair-Co pour le Cameroun à partir de Dakar, considérée comme un hub naturel dans le transport aéroportuaire de la sous-région », a déclaré l’ambassadeur Jean Koe Ntonga devant la délégation composée d’officiels et d’hommes d’affaires, des acteurs culturels et d’autres citoyens africains.

Camair Co

L’aéroport international Blaise Diagne a été choisi pour accueillir le premier vol. « Les populations des deux pays sont d’avis que le démarrage des activités de la compagnie contribuera au développement du tourisme. Elle contribuera au brassage des populations et des familles et à la promotion des relations d’affaires entre opérateurs économiques camerounais et leurs partenaires sénégalais et ceux des autres pays desservis », a ajouté le diplomate.

« Je me réjouis qu’elle participe comme d’autres compagnies aériennes le font déjà à la réalisation des objectifs de développement économique, social et culturel dans le Pse », a ajouté l’ambassadeur.

Jean Koe Ntonga s’est réjoui des relations de coopération et d’amitié entre les deux pays. « Ces relations sont fondées sur l’histoire et sur les affinités socioculturelles des peuples camerounais et sénégalais. Elles procèdent aussi de la haute volonté politique des deux chefs d’Etat, Paul Biya et Macky Sall, de consolider et de donner vie à notre coopération mutuellement bénéfique », a affirmé l’ambassadeur. Il a rappelé la visite effectuée à Dakar en 2014 par le président Biya et son épouse lors du XVème sommet de la Francophonie, d’une part, et la visite à Yaoundé du président Macky Sall au lendemain du XVIème sommet de la Francophonie, d’autre part.

Il a aussi souligné que les rapports entre les deux Etat sont régis par un cadre juridique de plusieurs accords parmi lesquels un traité d’amitié et de coopération signé en 1972 instituant la Grande commission mixte de coopération qui a déjà tenu plusieurs sessions, un accord commercial et un accord relatif au transport aérien et civil, tous en vigueur.

Babacar DIONE

La Fondation Sococim vient d’allouer 2,3 millions de FCfa au Gie « Diarigne Sa Rew ». La remise de cette enveloppe s’est déroulée au foyer « Keur Jigeen Yi » ou maison rouge dans le quartier de Dangou Missirah à Rufisque-nord. L’objectif de cet appui sous forme de « prêt sans intérêt » est de donner les possibilités aux femmes de ce groupement qui s’activent dans la « transformation et la commercialisation » de céréales locales d’accroître leur activité en leur permettant d’acheter des « quantités importantes » de mil qui constitue la « principale matière » avec laquelle elles travaillent. «Cet appui est une manière d’autonomiser les femmes et la communauté de manière générale parce que ces femmes quand elles travaillent, elles ont des ressources pour leurs familles et l’éducation de leurs enfants », a déclaré Patricia Diagne, l’administrateur général de la Fondation.

Selon elle, la Fondation Sococim n’est pas seulement une institution de financement ; elle accompagne aussi les femmes bénéficiaires dans le domaine de la gestion pour qu’elles développent leurs activités, sans mettre en péril leur exploitation. Patricia Diagne a exhorté ces femmes de Rufisque-nord à proposer des produits de qualité qui seront reconnus à l’international. Aminata Diané Dièye, la présidente du Gie « Diarigne Sa Rew », a salué ce financement qui, selon elle, vient à point nommé. « Ce financement est arrivé à un moment où nous traversons une période difficile à cause du prix élevé du mil qui est la principale matière avec laquelle nous travaillons. Nous remercions la fondation Sococim qui l’a mis à notre disposition», a déclaré Mme Dièye.

M. NDONG

Une semaine après l’ouverture officielle de la campagne de commercialisation arachidière, ce n’est pas encore le grand rush ni dans les marchés hebdomadaires encore moins chez les industriels alors que les prévisions de production sont nettement en hausse pour cette campagne.

Démarrée officiellement le 1er décembre 2017, la campagne de commercialisation arachidière a du mal à s’installer dans la région de Kaolack, réputée pourtant être le cœur du bassin arachidier. Si dans quelques marchés hebdomadaires les graines font l’objet d’intenses négociations à l’instar de Thiaré dans le département de Kaolack et Dinguiraye dans celui de Nioro, on est loin du rythme de croisière dans cette partie centrale du pays. « La commercialisation de l’arachide implique la fixation par arrêté du prix aux producteurs, une disponibilité du produit et l’engagement des opérateurs à l’acheter. A ce jour, nous avons identifié 491 points de vente », a déclaré Alassane Sow qui suit la commercialisation à la Direction régionale du développement rural (Drdr) de Kaolack. Une semaine jour pour jour, près de 28 millions de FCfa ont été échangés dans la zone de Thiaré et celle de Nioro avec respectivement 60 tonnes équivalent à 12,5 millions de FCfa et 71 tonnes pour 15,4 millions de FCfa. Des marchés où le prix officiel d’au moins 210 FCfa le kilogramme n’est pas souvent respecté, dénoncent certains responsables d’organisations de producteurs qui pointent du doigt des opérateurs privés stockeurs. Une baisse du prix qui fait craindre une spéculation effrénée sur le produit favorisant le phénomène du « Mbapatt ». Une appréhension légitime, selon Ibrahima Badiane, le président de l’association des paysans du Saloum, qui sollicite l’intervention des pouvoirs publics pour tuer dans l’œuf cette pratique frauduleuse. Un recours aux marchés parallèles favorisé par le faux départ de la campagne de commercialisation chez les industriels pour différends en dépit des longues files de camions qui attendent d’être déchargés.

« Nous sommes confrontés à un différend avec la Sonacos sur le taux d’abattement. A l’issue d’une rencontre avec la direction de l’entreprise, il était fixé à 1,8% du taux d’abattement mais, arrivé à l’usine, cet accord n’était pas respecté. D’où notre refus de livrer les graines aussi longtemps que ce point d’accord ne sera pas effectif », a déclaré Cheikh Tall, le président de la zone centre de la Fédération nationale des organismes privés stockeurs/transporteurs (Fnops/T) lors d’un point de presse jeudi dernier. Du côté de la Sonacos, on minimise en faisant remarquer que la reprise des déchargements depuis vendredi avec un rythme journalier de plus de 1.250 tonnes pour atteindre l’objectif de 100.000 tonnes pour l’usine de Sonacos-Lydiane. Quelques kilomètres plus loin, à l’usine de Copeol installée sur le terre plein du port commercial de Kaolack, le non-paiement d’un reliquat par l’Etat plombe la collecte. « L’Etat nous doit encore de l’argent concernant la subvention de l’année dernière. C’est un crédit de 1,5 milliard de FCfa », affirme Abdou Aziz Lô, responsable des approvisionnements de l’huilerie dont les prévisions de collectes se situent autour de 100.000 tonnes pour cette campagne.

L’année dernière, la campagne de commercialisation dans la région avait permis de collecter 131.000 tonnes pour une valeur marchande de 28,8 milliards de FCfa.

Elimane FALL

Implanté en 2014 au Sénégal, le Groupe Auchan est en train de se positionner comme leader dans le commerce moderne, en termes de prix, de diversité de l’offre et de la qualité du service. Le Groupe est en train d’acquérir les magasins Citydia, ce qui lui permettra de réussir un bon maillage de la capitale et de certaines régions. Dans cet entretien, le Directeur général, Laurent Leclerc, revient sur la politique commerciale de son Groupe, tout en dégageant les perspectives dans les 4 prochaines années.

Pouvez-vous nous présenter le Groupe Auchan Retail arrivé au Sénégal ?
Concernant le groupe, sachez que pour construire un commerce moderne, Auchan Retail met ses clients au cœur de toutes ses orientations : prix discount, choix et diversité de l'offre, qualité du service, adaptation aux habitudes de consommation locale, prise en compte des comportements d’achat multicanaux. Le groupe est le 11e distributeur alimentaire mondial avec 51,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires hors taxe et est présent dans 17 pays. Nous disposons de 3.715 points de vente et sommes le 35ème employeur mondial avec 345.365 collaborateurs.

Et votre déploiement à l’international ?
Dans chaque pays, une approche locale en synergie avec les écosystèmes nationaux autour de 4 axes fondamentaux : répondre aux besoins de consommation de l’ensemble des clients du pays, participer, en synergie avec les écosystèmes locaux, au développement économique du pays, encourager l’emploi et l’employabilité dans chaque pays et agir en acteur responsable. Au Sénégal, Auchan Retail s’est implanté depuis septembre 2014. C’est le 1er groupe de distribution d’envergure internationale à investir directement en Afrique de l’Ouest. Déjà, Auchan est le premier distributeur à ouvrir dans la banlieue de Dakar et dans les régions (hors station balnéaire de Saly) Thiès aujourd’hui, Travaux en cours à Mbour (ouverture mi-décembre) et Guédiawaye, obtention du permis de construire à Keur Massar. Nous avons près de 1.000 collaborateurs, dont 98 % de Sénégalais avec plus de 10 milliards FCfa de chiffre d’affaires hors taxe en 2016 réalisés sur 11 points de vente aujourd’hui.

En quoi consiste réellement le projet d’Auchan Retail au Sénégal ?
Pour Auchan, il s’agit de contribuer, à la démocratisation d’un commerce moderne, accessible à tous et répondant aux attentes de la grande majorité de la population sénégalaise. Le projet qui s’inscrit entièrement dans la vision du Plan Sénégal émergent (Pse) avec la modernisation graduelle de l’économie locale dont le développement des infrastructures commerciales, est un axe majeur. Il accompagne, au Sénégal, la démocratisation d’un commerce moderne, accessible à tous, offrant prix discount, choix et diversité de l'offre, qualité du service, adaptation au mode de consommation local, une réponse diversifiée aux différents modes d’achat (ex : magasin implanté directement dans les quartiers ou lancement du e-commerce). Et il concerne l’ensemble du territoire sénégalais avec des implantations adaptées à chaque zone (petit magasin de quartier, supermarché, hypermarché…).

Qu’est-ce qui a poussé votre groupe à s’implanter au Sénégal en 2014 ?
Le Sénégal est un pays démocratique faisant preuve d’une grande stabilité politique et économique. C’est une référence en Afrique de l’Ouest. En outre, nous nous inscrivons dans la vision du Plan Sénégal émergent.

Quelle est l’ambition du Groupe Auchan au Sénégal et quels sont vos projets en Afrique de l’ouest ?
Auchan souhaite devenir la référence des commerçants modernes dans le pays. Ceci en synergie avec les écosystèmes locaux, Auchan change la vie de ses clients grâce à la démocratisation d’un commerce moderne, accessible à tous et répondant aux attentes de la grande majorité de la population sénégalaise. Notre priorité aujourd’hui est de réussir au Sénégal.

Quels sont les volumes d’investissements prévus sur ces quatre années ?
Auchan Retail Sénégal, c’est un investissement de 65 milliards de FCfa en 4 ans, 50 magasins à Dakar et dans les régions à l’horizon de 4 ans, dont les 9 magasins Citydia de Dakar ou encore le projet de Mbour. La priorité sera donnée aux produits locaux avec la création de filières sur les fruits et légumes avec des garanties de volumes auprès des exploitants.

Comment s’est déroulé le processus d’acquisition des magasins Citydia ? Où en êtes-vous réellement ?
Sur ce dossier, il y a quelques mois, nous avons été contactés par les dirigeants de Citydia pour échanger sur la possibilité de reprendre leur réseau de magasins. En effet, leur contrat de franchise arrivait à échéance et il ne souhaitait pas poursuivre dans ce métier. Nous y avons vu une belle opportunité pour accélérer notre développement et servir nos clients. Durant toutes les négociations, la sauvegarde de l’emploi a été la priorité des deux parties. A ce jour, nous avons conclu la reprise de 3 magasins et sommes en cours de finalisation pour les 6 autres. Nous espérons pouvoir conclure l’ensemble de l’opération avant la fin du premier trimestre 2018.

A terme, combien de magasins envisagez-vous ouvrir dans le pays ? Aussi, quelle est la part des produits sénégalais vendus dans vos magasins ? Ne peut-on pas craindre une invasion de produits importés ?
Nous verrons. Pour ce qui est des 4 années à venir, nous envisageons d’atteindre 50 magasins à Dakar et dans les régions. Concernant nos ventes, un produit sur 5 vendus dans nos magasins est issu de la production locale. Nous avons la volonté de faire grandir cette part tous les jours. C’est un moyen de satisfaire un plus grand nombre de clients avec des produits par essence moins chers que les produits importés.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’acteurs locaux avec lesquels vous travaillez ?
Je précise que 100% des viandes et poissons vendus dans nos magasins sont des produits sénégalais, 90 % des légumes. Toute la production locale fruitière est présente dans nos magasins pendant la saison. Nous avons aussi d’autres produits comme ceux d’entretien et parfumerie, le concentré de tomate, l’arachide, les yaourts…

Vous évoquez la création de filières agricoles au Sénégal. Quels sont ces projets ?
Nous travaillons actuellement sur la filière légumes pour nouer des partenariats avec les producteurs en leur garantissant des volumes à l’année. Les choses avancent rapidement. Nous avons identifié plusieurs partenaires potentiels à Bayar, à Saint Louis, à Popenguine. L’idée est de travailler en direct avec les producteurs en s’engagent sur des volumes de commande sur plusieurs années. Ils pourront, avec cette aide, réaliser les investissements nécessaires au développement de leur outil agricole.

Vous annoncez atteindre 3.000 emplois à créer en 4 ans. Comment y parvenir et quels profils recherchez-vous ?
Nous recrutons dans des métiers très divers : employés libre-service, vendeurs, hôtes et hôtesses de caisse, professionnels de l’alimentaire, du management, gestion de centre de profit, systèmes d’information, comptabilité et finances, marketing, achats et négociation…

Quelle est la part des employés sénégalais dans vos effectifs ? Sont-ils à des postes de responsabilité ? Est-ce qu’ils ne sont pas confinés dans des rôles subalternes et avec un management confié à des expatriés ?
Tout d’abord, nous privilégions les recrutements de collaborateurs sénégalais et encourageons le retour de la diaspora sénégalaise. Nous avons donc 98 % de collaborateurs sénégalais. Le reste est constitué de collaborateurs français et africains de l’ouest. Les échelons de la direction sont composés à 75 % de collaborateurs sénégalais. Cette part tend à s’accentuer au fil du temps. Les collaborateurs français expatriés sont ici à durée déterminée pour transmettre leurs compétences et savoir-faire afin de permettre aux collaborateurs sénégalais de devenir des experts des métiers de la grande distribution.

Le groupe Auchan Sénégal est mis en cause dans un supposé scandale financier et foncier à Mbour. Qu’en est-il exactement ?
A Mbour comme partout ailleurs, nous respectons les lois et procédures administratives en vigueur. Depuis le démarrage de ce projet, en 2015, nous avons, bien sûr, respecté l’ensemble des procédures administratives prévues par la loi sénégalaise dont l’étude d’impact, la résolution du conseil départemental, avis des autorités concernées, avis favorables de la Ccod, l’approbation du bail par les autorités compétentes, obtention du permis de construire… Nous tenons d’ailleurs à ce sujet à partager l’indignation des journalistes qui ont été accusés d’être soudoyés par Auchan pour écrire des articles qui nous seraient favorables. Auchan respecte une charte éthique très claire à ce sujet. Ces accusations sont donc totalement infondées tout autant que celle d’un soit disant scandale financier.

Il semble que le préfet de Mbour n’aurait pas approuvé la convention de mise à disposition du terrain. Où en est cette affaire ?
La convention a déjà été signée par le maire et le président du conseil départemental. Le préfet nous a demandé de rectifier deux éléments mineurs pour valider définitivement le document (plan d’aménagement définitif de l’espace entre la route et le magasin, rappel de la procédure à suivre concernant l’autorisation d’exploitation). En revanche, le préfet a signé l’attribution du terrain au conseil départemental et le permis de construire.

Pourquoi avoir versé une partie de votre participation financière à la construction du complexe culturel de Mbour directement sur le compte de l’entrepreneur chargé de la construction du futur supermarché Auchan ?
Cette disposition était prévue dans les accords validés par les autorités compétentes. Sachant qu’en plus, cela nous permet d’être partie prenante directe du projet pour garantir sa réalisation dans les délais. En outre, nous avons versé uniquement la moitié du budget pour le lancement des travaux. Le reliquat devant être versé au fur et à mesure des différentes étapes de la construction.

Dans vos magasins, les prix sont attractifs surtout dans ceux nouvellement implantés. Malgré cette politique, certains clients craignent que vous augmentiez les prix une fois que vous serez dans une situation de quasi-monopole ?
Tout d’abord, nous tenons à préciser que nos prix sont identiques dans tous nos magasins. Les seules différences concernent les promotions et la gamme de produits présente dans nos linéaires : à produits identiques, il n’y a aucune différence. Nous sommes aujourd’hui en mesure de pratiquer ces prix grâce à l’organisation de notre entreprise. Demain, nous conserverons les mêmes prix pour continuer à satisfaire nos clients. Nous avons également la volonté de développer le « made in Sénégal » : ce qui devrait nous permettre de poursuivre notre politique de prix bas. C’est ce que nous faisons dans tous les pays où nous sommes implantés et qui nous permet d’être l’enseigne leader en prix dans 12 pays sur 14.

Des pays d'Europe centrale et orientale se plaignent de la politique des industriels de l'agroalimentaire qui distribuent sur leurs marchés des produits alimentaires vendus sous la même étiquette dans les pays d’Europe de l’Ouest, mais avec une qualité moindre et une composition différente. Comment rassurer vos clients sénégalais qu’il n’aurait pas dans vos magasins des produits de double qualité ?
D’abord, les produits vendus dans nos magasins Auchan à la marque Auchan sont totalement identiques à ceux des magasins français. Ensuite, nous sommes très attentifs à la qualité des produits importés par les grossistes locaux. Nous sommes prêts à importer directement certaines gammes si les représentants de la marque au Sénégal nous proposent des produits de qualité inférieure. Enfin, un produit sur cinq vendu dans nos magasins est « made in Sénégal » et nous avons la volonté de faire grandir cette part tous les jours.

Entretien réalisé par Cheikh THIAM et Mamadou GUEYE

Après le chantier du prolongement de la Vdn, le président de la Bid s’est rendu sur celui du Train express régional du côté de l’ancienne grande gare. Sur place, Hajjar Bandar a pu constater l’évolution des travaux de ce projet dans lequel sa banque a contribué à hauteur de 196 milliards de FCfa. Ensuite, il a eu droit, en compagnie du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a un exposé du directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, sur la pertinence de ce projet structurant. En marge de cette visite, le président de la Bid a félicité le président Macky Sall et le peuple sénégalais pour les efforts qu’ils sont en train de faire pour placer le Sénégal sur les rampes de l’émergence. « En une journée et demie, j’ai pu me rendre compte des efforts qu’est en train de réaliser le Sénégal pour son développement. L’Aibd, le prolongement de la Vdn, le Train express régional en sont la parfaite illustration », a-t-il déclaré. Avant d’assurer que la coopération dynamique entre le Sénégal et le Groupe de la Bid, établie depuis 1976, va se renforcer au bénéfice exclusif des populations. « Depuis 1976, un montant cumulé de 2,5 milliards de dollar a été approuvé pour le Sénégal et a servi à financer des secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’énergie, l’agriculture, les infrastructures de transports, l’eau et l’assainissement. La Bid va continuer à appuyer les efforts du Sénégal. Ensemble, nous sommes déterminés à construire un avenir meilleur pour les populations », a-t-il ajouté.

Elh. I. THIAM

En visite, hier, sur le chantier du deuxième tronçon de la Voie de dégagement nord (Vdn) situé entre le Cices et le Golf club de Guédiawaye, le président de la Banque islamique de développement (Bid), qui finance le projet à hauteur de 38,5 milliards de FCfa, a pu constater de visu le « bon rythme d’avancement des travaux ».

Doucement mais sûrement, le tracé de la deuxième section de la Voie de dégagement nord (Vdn) longue de 9 kilomètres allant du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) au Golf club de Guédiawaye et qui va raccorder la première et la troisième section, est en train de se dessiner. Il en est ainsi du viaduc (pont) d’une longueur d’un kilomètre que le directeur général de l’Ageroute, Ibrahima Ndiaye, considère comme « le plus grand et le plus long du Sénégal ». Situé entre les quartiers de Nord-Foire, des Habitats à loyer modéré (Hlm) Grand Médine, de Yoff et des Parcelles Assainies, cet ouvrage gigantesque va changer le visage de cette zone densément peuplée. En plus de la route principale, l’Ageroute, en charge des travaux, a décidé de construire une piste cyclable et des contre-allées de part et d’autres pour desservir les populations riveraines, en plus de l’aménagement d’espaces déambulatoires en-dessous du pont. A quelques kilomètres de là, à Cambérène, tout près du mausolée de Seydina Issa Laye Thiaw, un autre pont bowstring (surmonté d’arcs) est en construction. La structure métallique est déjà debout. A côté, les arcs en fer lourd attendent d’être montés. Une fois la construction finie, cet ouvrage aura une hauteur de 40 mètres, soit l’équivalent de 15 étages, a fait savoir le chef du projet, Ibrahima Sall, ingénieur à l’Ageroute. Pour dérouler le projet, il a fallu faire déguerpir 233 installations irrégulières, déplacer et indemniser 75 familles pour un montant de 2,7 milliards de FCfa.

En plus de ces deux ouvrages d’art spéciaux et d’envergure, il est prévu des bretelles d’entrée et de sortie sur la Vdn, l’éclairage public sur toute la longueur de la route, la construction de carrefours giratoires sous le viaduc, la construction de murs de soutènement et de quatre passerelles pour la traversée des piétons. Mais l’Ageroute ne construit pas qu’une route, elle participe aussi à la lutte contre les inondations dans cette zone. C’est ce qu’a expliqué Ibrahima Sall, le chef du projet. Selon lui, des ouvrages de drainage ont été construits tout le long du projet puis connectés au réseau primaire afin de capter les eaux de pluies qui stagnaient dans certains quartiers environnants. A cela s’ajoute la formation de 25 soudeurs qui sont spécialisés dans les techniques de soudure appliquées dans les chantiers de pétrole. D’ailleurs, d’après le directeur général de l’Ageroute, une étude sur l’impact des projets au Sénégal entre 2005 à aujourd’hui a révélé que la Vdn est le projet qui a eu le plus d’impact positif sur les populations.

En visite sur le chantier hier, le président de la Banque islamique de développement (Bid) qui finance le projet à hauteur de 38,5 milliards de FCfa, Hajjar Bandar, s’est félicité de l’état d’avancement des travaux. Démarré il y a deux ans, le projet a atteint un niveau d’exécution physique de 70 %. La fin des travaux est prévue en octobre 2018, a assuré le directeur généra de l’Ageroute. Plus que l’évolution des travaux, qui rend davantage fier le président de la Bid, c’est le nombre d’emplois créés et l’impact positif qu’aura ce projet sur la vie des populations riveraines. « Je me félicite de voir que l’écrasante majorité des personnes 320 personnes qui travaillent dans ce projet sont des Sénégalais. Notre banque soutient particulièrement les projets créateurs d’emplois et qui ont un impact positif sur les populations », a-t-il dit. La Bid qui est devenue le premier partenaire technique et financier du Sénégal en matière d’infrastructures entend, selon son président, continuer à soutenir le Sénégal non seulement dans le domaine des infrastructures mais aussi dans les autres secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation…

Elhadji Ibrahima THIAM

Son engagement a permis aux populations des villages affectés par le projet de l’aéroport de Diass et aux dirigeants de cette structure de parvenir à un accord. Mme Hélène revient, dans cet entretien, sur sa médiation. Elle évoque également les questions en suspens.

Comment avez vous avez été impliquée dans le processus de négociation entre l’Etat et les populations affectées par l’Aéroport international Blaise Diagne ?
J’ai été amenée à m’impliquer suite à une visite que la commission de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Equipement et des Transports a effectuée à l’Aéroport International Blaise Diagne en décembre 2014. A ce moment la situation était difficile sur le site. La tension était vive entre l’Aibd et les populations des trois villages qui se situaient dans l’emprise de l’aéroport. Et le délogement forcé des habitants du village de Mbadatte en mars 2013 vers le site de recasement avait installé une psychose au sein des populations des deux autres villages que sont Kessoukhat et Kathialit. Elles s’attendaient à être déplacées manu militari à tout moment. Les travaux à effectuer dans cette partie du site notamment le giratoire de Kessoukhat et le mur de clôture étaient bloqués parce que les ouvriers n’osaient pas s’aventurer dans les villages impactés. Donc, les risques de confrontation étaient réels.

Après cette visite, je suis restée à l’écoute de la commission de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Equipement et des Transports dont je n’étais pas membre. Dans cette affaire qui date de 2002, beaucoup d’acteurs se sont impliqués mais ils n’ont pas réussi à trouver une solution. Native du département de Thiès, les populations sont venues me voir en mars 2015. Elles avaient eu écho du rôle que j’ai joué dans l’affaire Dangote. Toutefois, j’avais un handicap puisque je n’étais pas membre de la commission et à l’Assemblée Nationale, ce sont les commissions dédiées qui portent les dossiers. J’ai été voir la présidente de la commission, Ndèye Lucie Cissé, avec les membres du Collectif des PAP (Populations Affectées par le Projet). Elle était hésitante au regard de la complexité du problème mais elle m’a fait confiance et donné carte blanche.

Quelle a été votre démarche ?
J’ai d’abord proposé la mise en place d’un collectif de parlementaires composé de membres de la commission et des députés des trois départements de la région de Thiès. Nous nous sommes rendus dans les villages affectés par le projet pour écouter les populations et faire l’état des lieux. Le jour de la visite sur le terrain, nous avons trouvé sur place le représentant du Forum civil à Mbour, Ibou Niang, qui était également sur ce dossier. Ensemble, nous avons mené la facilitation entre les différentes parties. C’était un moment où la tension était vive. Le village de MBadatte qui était situé là où est construit le pavillon présidentiel avait été déguerpi manu militari. Pour continuer les travaux, les autorités avaient décidé de déplacer les sépultures du cimetière du village à celui du site de recasement. C’était un drame pour les populations dudit village. Cela a exacerbé la tension entre l’Aidb et les populations. Celles-ci avaient menacé de diffuser le film de cette scène traumatisante. En tant que facilitateurs, nous leur avons conseillé d’y renoncer. De fil en aiguille, nous avons réussi à renouer le fil dialogue. Nous avons proposé l’organisation d’un forum pour que les parties discutent, dépassent cette situation et trouvent une entente sur les points de contentieux. Le Forum civil nous a aidés à préparer les termes de référence; et, en mai 2015, nous avons pu organiser cette rencontre à Saly. Elle a réuni, durant deux jours, les autorités de l’Aibd, le Groupe Opérationnel de Thiès (GOT) dirigé par le gouverneur, le maire de Keur Moussa, les représentants des populations, le Forum civil et une dizaine de parlementaires dont l’Imam Mbaye Niang qui était membre du bureau de l’Assemblée et la Présidente de la Commission de l’Urbanisme, de l’Habitat, de l’Equipement et des Transports. Au terme des travaux, un protocole d’accord a été signé le 08 mai 2015 entre les différentes parties relativement au paiement des impenses et des pertes de récoltes, à la libération du domaine aéroportuaire et du périmètre de sécurité, aux ayants droit des villas et parcelles du site de recasement, à l’occupation des terres restantes par les PAP, à la sécurisation et à l’aménagement des 304 hectares de terre de culture, à l’accès à l’emploi et aux réclamations.

Comment votre nom et celui de Imam Mbaye Niang ont émergé de la facilitation ?
Avant mon implication, Imam Mbaye Niang qui faisait partie de la 11e législature a dû jouer sa partition. Lors du forum, nous avons tenu à l’impliquer parce que nous voulions compter sur son expertise dans le domaine de l’aéronautique et sa connaissance du dossier. Et il nous a beaucoup aidés notamment pour amener le périmètre de sécurité autour de l’aéroport de 500 à 350 mètres. Personnellement, j’ai porté l’initiative avec le soutien de mes collègues que je tiens à remercier vivement. Par ailleurs, j’ai assuré la modération du forum ainsi que le suivi de la mise en œuvre du protocole tel que prévu dans l’accord. Cela fait deux ans et demi maintenant, et ce rôle j’ai essayé de l’assumer pleinement et bénévolement malgré le niveau d’effort requis à tel point qu’aucune des parties ne veut discuter sans ma présence.

Y avait-il des blocages dans la mise en œuvre du protocole ?
La mise en œuvre n’a pas été facile. De part et d’autre, il y a eu des lenteurs dans la concrétisation des engagements alors que le protocole avait fixé des délais. Mais, à chaque fois autour du GOT, nous avons pu nous tenir un langage de vérité. J’ai voulu être à équidistance des parties en les ramenant à leurs engagements. Je rends grâce à Dieu et remercie les autorités administratives de Thiès (le gouverneur, le préfet, le sous-préfet de Pout et tous les chefs de services techniques) ainsi que le Dg de l’Aibd et toute son équipe pour leur ouverture d’esprit, leur écoute et leur disponibilité. Il faut reconnaître que l’Aibd a fait des efforts pour rendre l’argent disponible. Mais il y a des réclamations qui sont en instance et qui doivent être traitées. En 2002, les familles réticentes ne s’étaient pas signalées; ce qui fait qu’il y a un gap énorme entre la base de données et la situation réelle. Je pense aussi que les PAP méritent la reconnaissance et l’hommage de la nation.

Qu’est-ce qui est retenu pour les terres restantes ?
Il faut d’abord noter que l’Etat a construit 342 villas de 400m2 au niveau du site de recasement situé à Soun pour réinstaller les populations. C’est un processus complexe et douloureux qui nécessite la prise en compte de plusieurs paramètres socioculturels notamment en milieu rural. Par ailleurs, le droit des populations de disposer du reliquat des ressources foncières de leur terroir constitue le soubassement de toutes ces années de lutte. Il a donc été retenu d’évaluer l’assiette foncière restante en dehors des 4.500 hectares de l’aéroport, des servitudes aéroportuaires et de l’impact des projets de l’Etat tels que la Zone économique, le TER et l’Autoroute. L’évaluation faite avec le GOT a permis de relever une assiette de 176 hectares comme terres restantes. Une partie de ces terres est actuellement occupée par les populations qui attendent une délibération de la commune sur une superficie de 100 hectares afin de sécuriser leurs habitations et leurs parcelles eu égard à la spéculation foncière dans la zone. Je lance un appel aux autorités pour que les lenteurs relevées dans ce processus soient dépassées.

Quid de l’emploi des jeunes ?
C’est une revendication légitime après 15 ans de lutte et tous ces sacrifices consentis. Certains emplois devraient être dévolus automatiquement aux populations affectées par le projet, et notamment aux jeunes et aux femmes qui, du fait de leur vulnérabilité, risquent de sombrer dans la pauvreté. L’Etat a fait l’effort de désaffecter 304 hectares dans la forêt classée de Thiès mais il faut qu’il aide les populations à en faire des fermes modernes. Il importe également que les populations s’organisent pour faciliter l’accompagnement de l’Etat et des autres structures.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Le dialogue entre Organisations paysannes (Op) et chercheurs doit être permanent pour une meilleure productivité agricole.

La recherche et l’innovation doivent être au service du développement agro-économique. La rencontre régionale du Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (Roppa) sur « le dialogue des organisations paysannes (Op)-recherche », ouverte, hier, à Dakar, s’inscrit dans ce contexte. Relancée en 2013, à Freetown (Libéria), cette troisième rencontre du genre coïncide avec la publication du premier rapport du Réseau sur le suivi des exploitations familiales de la région. L’un des objectifs de cette rencontre, précise le Premier vice-président du Roppa, Ibrahima Coulibaly, c’est de faire en sorte que les résultats de la recherche parviennent aux producteurs. « Si les résultats de la recherche restent dans les stations, les laboratoires, il n’y a aucune chance qu’elles contribuent au développement de l’agriculture dans la région », a dit M. Coulibaly. Le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Lamine Lô, a rappelé que la recherche agricole occupe une place importante dans le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas), en ce sens, souligne-t-il, « qu’elle joue un rôle cruciale dans la sécurité alimentaire et le développement agricole dans nos pays ». La rencontre, poursuit-il, vient à point nommé.

Commentant le rapport du Roppa, il précise qu’il met en évidence neuf préoccupations majeures autour desquelles la relance du dialogue Organisations paysannes-recherches devra s’effectuer. « Cet exercice devra, dit-il, être orienté vers l’appropriation de la recherche par les utilisateurs que sont les producteurs dans leur grande diversité. Nous serons dès lors persuadés que les résultats de la recherche sont réellement vulgarisés auprès des organisations paysannes qui en sont les bénéficiaires », a-t-il expliqué.

Pour le chargé du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao/Waapp) au Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf), Dr Niéyidouba Lamien, cette rencontre constitue un « début de solution » au problème relatif au manque de vulgarisation des résultats de la recherche. Alors que le codirecteur de la Plateforme de partenariat Afrique-Europe en recherches agricoles pour le développement à Agrinatura, Dr Rémi Kahane, s’est réjoui du « changement de mentalités » opéré dans le cadre de ce dialogue. « Depuis quelques années, constate-t-il, nous apercevons que les producteurs acceptent d’exposer leurs problèmes à la recherche et la recherche de s’ouvrir davantage aux besoins des populations ».
La meilleure façon pour que les résultats de recherche soient adaptés, c’est d’associer les producteurs en amont dans les programmes conduisant à ces innovations, souligne-t-il. Le président du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), Nazirou Sall, soutient que cette rencontre est l’occasion de dégager les pistes de partenariats entre Organisations paysannes et chercheurs.

Souleymane Diam SY

Les docteurs Monique Milambo Bukumba et Lucien Numbi Lukunga, chefs de services au Laboratoire de Lumumbashi dans la province du Haut Katanga (Rdc), étaient en formation à Dakar à Isra productions vaccins. Pendant trois mois (4 septembre au 3 novembre 2017), les deux docteurs ont été formés en techniques de production et de contrôle des vaccins contre la peste des petits ruminants (Ppr) et la maladie de Newcastle (Mnc). L’Institut sénégalais de recherche agricole indique que les deux stagiaires ont reçu leurs attestations de fin de stage le 30 novembre 2017. « L’Isra s’est senti très honoré de cette sollicitation qui est une reconnaissance de son label en matière de production de vaccins vétérinaires en Afrique. Domaine dans lequel il s’impose de plus en plus, au point de s’ériger en lieu de convergence des stagiaires pour bénéficier de son expertise à l’image des agents du Laboratoire national vétérinaire (Lanavet) de Garoua au Cameroun qui y ont séjourné récemment », s’est réjoui le directeur de l’unité, Dr Yaya Thiongane, rapporte le communiqué. Il a salué « la bonne intégration et l’assiduité » dont ont fait montre ses stagiaires tout en exprimant sa fierté pour le travail accompli par son équipe durant le séjour de ses hôtes.

Selon le communiqué de l’Isra, la République démocratique du Congo a décidé de procéder à la réouverture du Laboratoire vétérinaire de Lubumbashi (Lvl) et de relancer la production locale de vaccins après avoir, pendant longtemps, suspendu les activités de ses trois principaux laboratoires vétérinaires à cause « de la guerre civile et des calamités naturelles » qui ont secoué ce pays au cours de ces dernières années.

A cause de l’arrêt des activités de ces laboratoires, rapporte le communiqué, la Rdc a vu ses « productions animales se réduire à cause de l’indisponibilité de vaccins vétérinaires qui constituent les seuls moyens de riposte contre les épizooties ». « Une situation qui a fini d’impacter négativement sur son cheptel dont elle n’exploite que 2 % sur un potentiel estimé à 80 millions de bovins », explique l’Isra. Pour redémarrer les activités de ses laboratoires, l’Isra a orienté Monique Milambo Bukumba et Lucien Numbi Lukunga vers « Isra productions vaccins, reconnue comme une structure de référence dans la production de vaccins en Afrique ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Hier, s’est ouverte la deuxième édition du forum des investisseurs de la microfinance axée sur le thème : « La finance inclusive : quelle contribution pour l’émergence économique ? ». Le Premier ministre du Sénégal, Mahammad Boun Abdallah Dionne, venu présider la cérémonie d’ouverture, a énuméré « des recommandations pertinentes pour l’atteinte de l’inclusion financière et sociale qui constitue un des axes fondamentaux du Plan Sénégal émergent (Pse) ».

La deuxième édition du forum des investisseurs de la microfinance s’est ouverte hier à Dakar. Elle s’inscrit dans la volonté du chef de l’Etat, Macky Sall, de faire de 2018 « une année sociale, c’est-à-dire l’année du marqueur vers l’atteinte des objectifs collectifs, d’un Sénégal émergent et inclusif ». « Un Sénégal de tous, un Sénégal pour tous », a dit le Premier ministre du Sénégal, Mahammad Boun Abdallah Dionne, venu présider la rencontre. Il a félicité les acteurs du système décentralisé qui, à la base et au quotidien, sont les principaux acteurs « des performances notées en fin 2016 ». Au regard des indicateurs issus des statistiques produites par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest en mars 2017, le Sénégal est le leadeur de la zone Uemoa, avec 208 systèmes financiers décentralisés, plus de 2,5 millions de membres clients, une offre d’épargne de plus de 280 milliards de FCfa, des crédits de plus de 306 milliards de FCfa et un taux de pénétration de la microfinance de 18,4 % par rapport à la population totale.

En dépit de ces performances, l’analyse-diagnostique réalisée lors de l’élaboration de la troisième Lettre de politique sectorielle de la microfinance a permis d’identifier les contraintes et fragilités dont la persistance pourrait entraver l’évolution soutenue du secteur. Pour surmonter ces difficultés, l’Etat du Sénégal a adopté la stratégie sectorielle 2016-2020 dont la mise en œuvre devrait permettre, pour les quatre prochaines années, d’accroître les performances du secteur à travers quelques actions ciblées, a indiqué Mouhammad Boun Abdallah Dionne. Il a rappelé que le président de la République a manifesté sa détermination à soutenir les financements inclusifs par la mise en place d’instruments. Selon lui, il s’agit de veiller à la poursuite du processus de mobilisation de ressources financières et de la mise en place du fond national de la microfinance.

Aux yeux du Premier ministre, il est aussi essentiel de créer une délégation dédiée à l’emploi rapide dotée de 30 milliards de FCfa par an. Il y a aussi la mise en place de la phase 2 de la plateforme d’appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora sénégalaise. Il en est également de l’opérationnalisation du programme de promotion de la microfinance islamique, de la promotion de la finance digitale par la consolidation du projet « Mobile Banking », de la poursuite du programme national d’éducation financière pour les membres et clients et le grand public, de la mise en place de la centrale des risques pour le secteur de la microfinance.

Consolidation du secteur de la Microfinance
Mouhammad Boun Abdallah Dionne juge également nécessaire l’élaboration d’un programme cadre d’appui au redressement des Sociétés financières décentralisées en difficulté et le développement de produits plus adaptés à la demande rurale.

Pendant deux jours, à travers les ateliers thématiques, les participants engageront la réflexion afin d’aboutir à des solutions pertinentes pour l’amélioration de la performance du secteur de la microfinance. Le thème principal de la conférence, « La finance inclusive : quelle contribution pour l’émergence économique », traduit la volonté de franchir un nouveau cap en assurant le passage de la microfinance à la finance inclusive. Il permet de poser le débat sur la finalité même de la microfinance, en particulier sur les enjeux et défis liés à la conciliation entre la logique de rentabilité et la vocation sociale de la microfinance. Dans sa communication, Mamadou Lamine Guèye, président de l’Apsfd, a réitéré sa détermination à «apporter une nouvelle impulsion à l’effort de consolidation du secteur de la microfinance ». Il réaffirme son «engagement militant et actif sur la nécessité de réussir une forte mobilisation autour des préoccupations des financements, des besoins des populations, particulièrement les jeunes et les femmes en milieu défavorisé ».

De son côté, Doudou Kâ, administrateur général du Fongip, note que « l’inclusion financière constitue un levier important dans la lutte contre la précarité des populations ; d’où la nécessité de la favoriser à travers une distribution équitable des fruits de la croissance ». Il a préconisé des « instruments de financements innovants facilitant l’accès au crédit à travers un système de garantie faible ». Au cours des échanges, il est attendu des recommandations pertinentes pour l’atteinte de l’inclusion financière et sociale, un axe fondamental du Plan Sénégal émergent (Pse).

Oumar BA

Le pavillon présidentiel de l’Aibd portera le nom du village de Mbadatte en reconnaissance à l’acte hautement citoyen posé par ses habitants. En effet, les populations de ce village ont accepté de céder leur lieu d’habitation pour la réalisation de travaux d’intérêt public. En baptisant le pavillon présidentiel « Mbadatte », le président Macky Sall a accédé ainsi favorablement à la requête du maire de Keur Moussa, Momar Ciss, qui s’est dit fier d’abriter dans une partie de sa commune ce joyau. « Ce jour est une date qui marquera un tournant décisif dans l’histoire des communes de Diass et de Keur Moussa. L’évènement qui nous réunit aujourd’hui est l’aboutissement de l’engagement d’un homme qui a mis la patrie avant le parti, à savoir le président Macky Sall. Mais connaissant la position stratégique qu’occupe les infrastructures dans notre politique de développement, l’aboutissement de ces travaux n’est nullement une surprise », a-t-il relevé. Il a aussi sollicité que les populations déplacées soient privilégiées dans les recrutements de personnels de l’aéroport.

A sa suite, le maire de Diass a également témoigné sa reconnaissance au chef de l’Etat pour cette infrastructure érigée en partie sur son territoire communal. « Cet ouvrage va sans aucun doute ouvrir une ère nouvelle. Grace à vous et à vos partenaires M. le président, Diass sera connue et citée du monde entier. Notre commune apparaîtra dans les heures suivantes, si ce n’est déjà fait, sur les écrans des aéroports du monde entier », s’est-il glorifié.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

Le projet de développement rizicole basé sur une technique de sélection variétale appelée la double haploïdie mis en œuvre par Africa-Rice, l’Alliance entre la Corée du Sud et les pays africains pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (Kafaci) et l’Alliance pour la révolution verte de l’Afrique (Agra), est en phase avec les objectifs du Plan Sénégal émergent (Pse), a déclaré, hier, le directeur général de l’Isra, Dr Alioune Fall. Il s’exprimait à l’ouverture d’un atelier sur la technique des haploïdes doublés qui réunit du 4 au 12 décembre 2017, au centre de formation d’Africa-Rice, à Boudiouck, une trentaine de représentants de pays africains francophones et anglophones. Dr Alioune Fall a expliqué que la double haploïdie est une technique de sélection variétale consistant à prélever des cellules haploïdes issues de gamètes d’une plante pour provoquer le doublement de leur stock chromosomique afin d’obtenir une lignée stable en seulement deux générations alors que la fixation (souvent incomplète) des principaux caractères sélectionnés par voie traditionnelle nécessite 6 à 8 générations d’autofécondation nécessitant plus de 10 ans le temps nécessaire à l’obtention d’une variété.

Selon le directeur de l’Isra, ce projet a pour objectif de doper, de manière significative, la production rizicole au Sénégal et dans de nombreux pays africains. Il s’agit, a-t-il déclaré, de permettre aux pays africains encadrés et assistés par Africa-Rice et ses partenaires de produire les quantités de riz dont ils ont besoin pour se nourrir. Dr Alioune Fall pense qu’avec cette méthode, ces pays africains ont la possibilité, avec ces formations, d’envisager d’exporter de grandes quantités de riz.

Dr Karim Traoré s’est réjoui de cette nouvelle technique d’approche variétale qui permet l’application de la culture in vitro sur le riz en vue de partir de la propagation des tissus pour créer de nouvelles variétés de semences de riz par le croisement de différentes variétés en laboratoire. Il a noté que ce laboratoire, le premier en Afrique entièrement équipé, est implanté à la station d’Africa-Rice située à Ndiaye dans la région Nord du Sénégal. Dr Karim Traoré a remercié tous les partenaires pour leurs appuis.

Cette rencontre scientifique animée par Africa-Rice, avec l’appui de ses partenaires sud-coréens, a enregistré la présence de Dr Karim Traoré, représentant régional d’Africa Rice au Sénégal, de Dr Lee Young-Hee, directeur général de l’Institut national des sciences des plantes, de Dr Issoufou Kapran d’Agra et d’autres experts.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

LA COOPÉRATION ENTRE LE SÉNÉGAL ET LA CORÉE DU SUD MAGNIFIÉE
Dr Lee Young-Hee a réitéré l’engagement de la Corée du Sud à aider les pays africains membres de la Kafaci à relever les défis de l’autosuffisance en riz. « Nous croyons fermement que ce projet est crucial pour la sécurité alimentaire et le développement des pays africains. Par conséquent, nous avons étendu le projet de développement de riz Kafaci à 20 pays à travers le « Partenariat pour le développement du riz en Afrique » de 2017 à 2025, en collaboration avec Agra, Africa Rice et Centre Conforts et Développement (ConDev) ».

Le projet, a-t-il souligné, vise à améliorer la productivité rizicole des pays participants, en développant des variétés de riz d’élites qui sont adaptables aux conditions locales. Les principaux objectifs de ce projet sont de développer 55 variétés de riz à haut rendement tolérantes au stress biotique en croisant les variétés coréennes de riz Tong-il et de riz africain, pour soutenir des projets pilotes et le renforcement des capacités des producteurs de riz. Dr Issoufou Kapran a, au nom de la présidente d’Agra, Mme Agnes Kalibata, soulignant que c’est un honneur pour lui de participer à cet important atelier de formation sur la reproduction de riz double haploïde.

Mb. K. Diagne

« Avec cet aéroport, le Sénégal sera sans nul doute la vitrine d’une Afrique qui se redresse et qui se regarde avec fierté », a affirmé Mouhamed Moussa, directeur général de l’Asecna. Selon lui, avec l’édification de cette infrastructure, le président Macky Sall place notre pays au cœur de l’actualité du transport aérien africain et mondial. « L’inauguration d’un aéroport est un évènement très rare sur l’année. Depuis les indépendances, nous avons été habitués à des travaux pour rendre plus beau des ouvrages légués par le temps passé. En admirant ce chef-d’œuvre, j’ai la forte conviction que l’Afrique entend se projeter résolument vers un renouveau », a soutenu le patron de l’Asecna. Pour Mouhamed Moussa, l’Aibd sera incontestablement une porte d’entrée en Afrique et une porte de sortie pour tous les Africains vers d’autres continents, un hub mondial de transport aérien. « Les travailleurs de l’Asecna sont prêts à prendre en charge cet ouvrage avec toute l’efficacité et le professionnalisme requis. L’Agence a pris toutes les dispositions pour assurer le bon fonctionnement de l’Aibd », a-t-il rassuré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

C’est un secret de polichinelle. L’aéroport de Diass aura un impact économique important dans son environnement immédiat, pour le Sénégal et pour la sous-région. Les villages riverains vont devenir des villes avec les activités qui vont se développer tout autour. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le secteur de l’immobilier à Thiès, indique le gouverneur de Thiès. « La plupart des personnes qui avaient des maisons conventionnées ont préféré résilier leur contrat avec l’Etat pour les louer aux entreprises qui effectuent les travaux de l’aéroport (les Turcs) », note Amadou Sy.

Certains hommes d’affaires anticipant sur ce développement économique de la zone ont commencé à investir dans les secteurs du logement, du transport. Idem pour le secteur des transports.

Puisque l’aéroport sort de Dakar, la plupart des activités qui étaient menées seront partagées avec les autres villes comme Mbour et Thiès. Les gens qui descendaient à Dakar pourront aller à Mbour et à Thiès ou quitter le jour même de leur vol les régions de l’intérieur comme Diourbel, Kaolack, Louga, Saint-Louis sans rater leur vol avec les infrastructures en construction. L’autoroute Ila Touba est connectée à Aibd à partir du pont de Thiombock, une connexion qui continue sur Thiès, Touba et Saint-Louis. « C’est comme une roue économique qui va tourner et qui va emballer tout le système », estime le gouverneur de Thiès. Dans le secteur du tourisme, un frémissement est noté dans la région de Thiès. Les réceptifs affichent complets, entraînant le sourire des hôteliers et poussant certains à vouloir ouvrir d’autres réceptifs. « En tant que gouverneur de Thiès, je reçois chaque jour des demandes d’ouverture de structures dans la zone de Mbour. Les gens sont en train de transformer la ville en Las Végas », confie Amadou Sy. Autre domaine qui pourra tirer profit de cette infrastructure, c’est l’agriculture surtout la filière horticole. L’aéroport dispose d’une aérogare fret d’une capacité de 50.000 tonnes par an, soit 130 tonnes par jour. Celle-ci possède tous les équipements nécessaires à une prise en charge optimale du fret, comme les détecteurs à rayon X, les chambres froides, les bascules de pesage et les étagères à stockage vertical. Les produits périssables pourront être stockés dans les chambres froides. Des acteurs de l’agriculture pensent qu’avec les productions record d’oignons, cette plateforme pourrait être utilisée comme lieu de stockage du surplus de la production nationale qui sera réinjecté sur le marché pendant les périodes de baisse ou de non production. Ainsi, elle sera un outil de régulation du national. Comme on le voit, l’aéroport de Diass va créer des dividendes qui profiteront à tous les secteurs d’activités et à de nombreux sénégalais.

Mamadou GUEYE

Face aux velléités de grève des travailleurs de l’Asecna, le président Macky Sall a demandé au ministre des Transports aériens, Maïmouna Ndoye Seck, a engagé le dialogue pour trouver des réponses aux problèmes qu’ils ont posés. Car, pour le chef de l’Etat, un ouvrage « exceptionnel » comme l’Aibd doit être géré de manière « efficace et apaisée ». Cela dit, Macky Sall a salué le travail abattu par tous les opérateurs qui interviennent sur la plateforme aéroportuaire. Dans ses félicitations, il n’a pas oublié le directeur général d’Aibd S.A et l’ensemble de son équipe, les partenaires techniques et financiers : la Banque islamique de développement et la Banque africaine de développement, entre autres, qui sont restés « fidèles au contrat de confiance qui nous lie depuis des années, nous ont accompagnés de tous temps, y compris durant les moments difficiles notamment ».

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

La Banque africaine de développement (Bad) et la Banque islamique de développement (Bid) ont joué un rôle crucial dans la matérialisation du projet de l’Aibd qui, de l’avis de Amadou Hott, vice-président de la Bad en charge du secteur de l’énergie, aura des impacts sociaux et économiques certains. Il souligne que le modèle de montage financier du projet est singulier. « C’est le fruit d’une collaboration étroite et féconde entre le Sénégal et ses partenaires techniques et financiers qui ont apporté un financement total de 379 millions d’euros avec la Bid et la Bad avec co-arrangeurs », a-t-dit.

En droite ligne du Pse mais également en cohérence avec les cinq priorités de la Bad, Amadou Hott a rappelé que cette banque accompagne le Sénégal dans la réalisation de ses projets depuis plus de quatre décennies avec un portefeuille de 101 opérations pour un montant global de 1.300 milliards de FCfa. « Les interventions de la Bad au Sénégal se sont traduites par un triplement du portefeuille entre 2016 et 2017. Quatre cent quarante-sept (474) milliards de FCfa ont été mobilisés à ce jour pour le financement du Pse sur la période 2014-2018, soit 120 % de notre engagement initial. Le financement de l’Aibd par la Bad, en collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers, répond à une approche intégrée de développement d’infrastructures à la fois structurantes et transformatrices pour le Sénégal », a-t-il relevé.

Bandar Hajjar, président de la Bid, a déclaré que l’Aibd est un aéroport à la pointe de la technologie qui transformera l’industrie aéronautique en Afrique de l’Ouest. «Favoriser la mobilité des personnes est un pilier important de notre cadre stratégique décennal et du programme quinquennal de la Bid. La mise en service de l’Aibd favorisera l’intégration régionale entre les pays africains et le reste du monde. Ce projet contribuera également à renforcer les activités économiques, la création d’emplois et la modernisation de nos villes », a-t-il déclaré. Et M. Hajjar ajoute : « Ce projet change complètement les règles du jeu pour l’économie du Sénégal. C’est une expression éloquente de l’émergence du Sénégal en tant que centre économique en Afrique ». Le président de la Bid a souligné que les relations entre le Sénégal et la banque se renforcent davantage. En effet, 117 projets d’une valeur de 2,5 milliards de dollars ont été approuvés pour le Sénégal depuis son adhésion à la Bid en 1976. Cette banque est le bailleur principal du projet du Train Express Régional (Ter).

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

Bâti sur 4 500 hectares repartis sur la Commune de Diass et celle de Keur Moussa, dans la région de Thiès, l’aéroport international Blaise Diagne est un bijou qui ne manquera de susciter des convoitises. Aïssatou Thioubou liste les mesures prises pour empêcher la spéculation foncière.

Qu’est-ce que prévu pour sécuriser l’assiette foncière et ses emprises pour éviter que ce qui est arrivé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor ?
L’Etat en général et les autorités aéroportuaires en particulier sont conscients de la nécessité de sauvegarder l’espace aéroportuaire en évitant les occupations anarchiques. A ce titre, différentes mesures sont prises :

- La construction, par Aibd Sa, d’un mur de clôture des 4 500 hectares. Environ 40% dudit mur sont déjà réalisés ;

- La délimitation d’une zone de protection de 350 mètres autour du mur de clôture, qui doit être libre de toute occupation ;

- La surveillance continue du domaine aéroportuaire, grâce à une convention signée avec la Dscos. Elle organise régulièrement des patrouilles dans la zone, ce qui a pour effet de décourager les tentatives d’occupation par des promoteurs immobiliers véreux.

Par ailleurs, un Plan de Servitudes Aéronautiques (PSA) a été élaboré et un comité régional de servitudes mis en place par arrêté du gouverneur de la région de Thiès. Enfin, la Direction de l’Urbanisme et de l’Architecture a élaboré le Schéma directeur d’urbanisme et d’aménagement (Sdau) de la zone autour de l’aéroport ainsi que des plans d’urbanisme de détail dont celui de l’aéroport et celui de Diass. C’est pour dire que les mesures sont en train d’être prises et les outils de planification existent et permettent d’éviter les occupations irrégulières.

Quels sont les impacts environnementaux pour un projet de cette envergure ?
Une étude d’impact environnemental et social du projet avait été réalisée. En phase d’exploitation, le gestionnaire de l’aéroport devra surveiller des paramètres tels que le bruit des avions, la qualité de l’air, la production et la gestion les déchets solides et liquides, etc. Il est à noter que dans les cahiers de charge du gestionnaire de l’aéroport, figure la certification ISO 14 001. Cela signifie que ce dernier devra mettre en place les procédures idoines qui lui permettront de maîtriser les impacts négatifs lies à l’exploitation de l’aéroport.

Un volet reboisement est-il prévu ?
Effectivement. En relation avec l’inspection régionale des Eaux et Forets de Thiès, Aibd Sa a reboise 1.200 hectares, pour un montant de plus de 350 millions de FCfa. Le choix pour ces reboisements s’est porte sur les Forêts Classées de Thies et de Bandia et la réserve de Popenguine.

Des mécanismes de compensations sont-ils prévus pour les personnes affectées par le projet ?
Le Plan de réinstallation révisé de 2010 avait permis d’identifier les types de pertes liées aux travaux de construction de l’aéroport et précisé les modes d’indemnisation. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Aibd Sa a privilégié les compensations en nature sur les indemnisations financières. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’aménagement d’un site de recasement comprenant 342 logements et tous les équipements socio-collectifs dont une case de santé, une école de 12 classes, un centre socio-collectif, un marché, un complexe sportif, etc.

En outre, tous les bénéficiaires sont affectataires de terres agricoles sur lesquelles Aibd Sa et Anida s’associeront pour ériger une ferme agricole moderne. Tout cela après avoir payé plus d’un milliard de FCfa aux personnes affectées pour pertes d’impenses et de récoltes. Même les femmes qui pratiquaient la cueillette de fruits, racines et feuilles dans la forêt ont été indemnisées pour un montant de plus de 50 millions de FCfa.

Qu’est-ce qui est retenu pour les terres restantes du projet de l’aéroport ?
Pour être en phase avec les objectifs de l’Etat de faire du Sénégal un hub aérien, Aibd Sa a pensé à un faisceau de projets. Il s’agit notamment d’un centre de maintenance aéronautique qui contribuera à attirer les compagnies aériennes chez nous, mais aussi une cité aéroportuaire. L’idée est d’aménager, entre autres, des centres d’affaires, des sièges pour multinationales, des hôtels, etc. Ces investissements favoriseront le développement d’activités extra-aéronautiques et conséquemment la consolidation du pôle de développement économique autour de l’aéroport tel que conceptualisé par l’Etat du Sénégal.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

L’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a été inauguré hier par le chef de l’Etat Macky Sall en présence de ses homologues du Gabon, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et du Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe.

De la pose de la première pierre, le 4 avril 2007, à l’envol, une décennie s’est écoulée. A l’époque, face aux sceptiques, le président Abdoulaye Wade avait eu ces mots : « Certains diront que c’est un pari fou, mais bientôt, nous retournerons sur nos pas pour inaugurer cet aéroport ». Dix ans plus tard, le destin a voulu que ce soit son Premier ministre d’alors et aujourd’hui son successeur à la magistrature suprême, Macky Sall, qui inaugure cet écrin posé au pied des massifs de Diass.

L’événement qui n’arrive pas souvent a été fêté en grande pompe. C’était l’ambiance des grands jours dans l’enceinte et aux alentours du nouvel aéroport. Sur l’esplanade coincée entre le pavillon présidentiel et l’aérogare pèlerin, les grands chapiteaux installés pour l’occasion n’ont pas pu contenir la nombreuse foule bigarrée qui a fait le déplacement. Diass, Keur Moussa, Pout, Thiès, Mbour, etc., les populations sont venues de partout. En attendant l’arrivée du chef de l’Etat et de ses invités de marque que sont les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, gambien Adama Barro, bissau-guinéen José Mario Vaz et le chef du gouvernement de Sao Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, l’assistance est tenue en haleine par les mélodies de l’Ensemble lyrique du théâtre Daniel Sorano et les prestations de différents artistes.

Arrivés sur les lieux vers 11 heures 20, le président Macky Sall est ses hôtes sont allés directement à l’aérogare passagers ornée de drapelets aux couleurs du Sénégal. Hymne national, coupure de ruban et dévoilement de la plaque inaugurale, puis débute une visite guidée sous la conduite du directeur général de l’aéroport, Xavier Marie.

Sécurité et surêté
Les quatre chefs d’Etat empruntent tout le circuit passager en effectuant toutes les formalités administratives qui mènent jusqu’à l’embarquement comme pour s’assurer que l’aéroport est fonctionnel. Après un détour à la Tour de contrôle, ils rejoignent le lieu de la cérémonie sous les vivats et une forêt de pancartes. Commence alors un ballet aérien avec douze aéronefs dont l’avion présidentiel (Pointe Sarène) qui, comme un symbole, a été le premier appareil à prendre son envol sur la piste. Le chef de l’Etat déclare qu’à travers l’avion présidentiel, « c’est le Sénégal qui prend son envol » en ce 7 décembre, correspondant à la Journée internationale de l’aviation civile. « C’est tout un symbole auquel s’ajoute l’histoire, celle de Blaise Diagne qui appartient à notre patrimoine historique en tant que premier député noir d’Afrique élu à l’Assemblée nationale française en 1914 », a-t-il dit.

« C’est cela qui porte notre vision de Sénégal émergent, il nous faut des infrastructures de qualité qui facilitent leur connectivité nationale et internationale, qui crée des emplois et d’autres activités génératrices de revenus et contribue à la transformation structurelle de l’économie nationale. Ces infrastructures permettront à l’Aibd de jouer pleinement son double rôle de plateforme aérienne internationale et d’instrument de développement conforme à l’équité territoriale et utile à l’économie nationale », a-t-il déclaré. Si l’inauguration de ce nouvel aéroport de classe mondiale est un réel motif de satisfaction pour le président Macky Sall, il n’en demeure pas moins que la question de sa bonne gestion le préoccupe. Il invite à « réfléchir sur nos habitudes et nos attitudes », notamment en ce qui concerne le respect des règles de l’aviation civile. « La sécurité et la sûreté sont deux paramètres irréductibles. D’où les exigences d’organisation, de rigueur, de discipline qui doivent en tous temps et en tous lieux être observées ici. Cette condition n’est pas négociable. Je demeure convaincu qu’il y aura une application rigoureuse de ces normes », a-t-il soutenu.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

HOMMAGE AUX PRÉDÉCESSEURS
Pr Aibd DiscoursConscient que dans la vie d’une nation, il y a des moments symboliques qui ne se reproduisent que rarement, le président Macky Sall a profité de cette occasion pour rendre hommage à tous ses prédécesseurs, notamment à Me Abdoulaye Wade pour qui il a eu des mots aimables dans son discours en Wolof. « Chacun d’eux a apporté sa pierre à la construction de l’œuvre nationale. Notre génération doit se sentir fière et humble de contribuer à l’édification de ce patrimoine commun qui est aussi un legs pour les générations futures », a-t-il dit.

Comme toute œuvre d’infrastructure majeure, complexe et à la pointe du progrès, Macky Sall a rappelé que l’Aibd a vu le jour grâce à une somme d’efforts considérables et d’une ingéniosité technique et financière rompue à toutes épreuves. Cela étant, il estime que cet aéroport n’est pas à lui mais appartient à tous les Sénégalais. « Depuis le lancement des travaux en avril 2007 par le président Abdoulaye Wade à qui il faut rendre hommage, des hommes et des femmes, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, ont consacré du temps aux immenses efforts à la réalisation de cet ouvrage », a-t-il dit. Après tant d’efforts, le président Macky Sall estime que le Sénégal est prêt pour le décollage. Un décollage qui, renchérit-il, « s’appuie sur une vision qui donne un cap : celui du Sénégal émergent à l’horizon 2020-2035 ». Le cap ainsi fixé, il a appelé les uns et les autres à « être dans le temps de l’action ». Car, estime-t-il, « dans un monde globalisé, le progrès des nations dépend de leurs capacités à relever le défi de la compétitivité, de la précision et de la vitesse ». C’est ce qui a motivé, selon lui, la construction de l’aéroport et les autres projets majeurs comme le Ter, Ila Touba, l’autoroute Aibd-Thiès et Aibd-Mbour. Sans compter les deux nouveaux ports qui seront construits non loin de là, à savoir le port multifonctionnel de Ndayane avec Dubaï Port World et le port minéralier de Bargny avec Sénégal minéral port dont les travaux ont été lancés le 27 novembre dernier par le Premier ministre.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
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LE PAVILLON PRÉSIDENTIEL BAPTISÉ MBADATTE
Le pavillon présidentiel de l’Aibd portera le nom du village de Mbadatte en reconnaissance à l’acte hautement citoyen posé par ses habitants. En effet, les populations de ce village ont accepté de céder leur lieu d’habitation pour la réalisation de travaux d’intérêt public. En baptisant le pavillon présidentiel « Mbadatte », le président Macky Sall a accédé ainsi favorablement à la requête du maire de Keur Moussa, Momar Ciss, qui s’est dit fier d’abriter dans une partie de sa commune ce joyau. « Ce jour est une date qui marquera un tournant décisif dans l’histoire des communes de Diass et de Keur Moussa. L’évènement qui nous réunit aujourd’hui est l’aboutissement de l’engagement d’un homme qui a mis la patrie avant le parti, à savoir le président Macky Sall. Mais connaissant la position stratégique qu’occupe les infrastructures dans notre politique de développement, l’aboutissement de ces travaux n’est nullement une surprise », a-t-il relevé. Il a aussi sollicité que les populations déplacées soient privilégiées dans les recrutements de personnels de l’aéroport.

Pr Bongo AibdA sa suite, le maire de Diass a également témoigné sa reconnaissance au chef de l’Etat pour cette infrastructure érigée en partie sur son territoire communal. « Cet ouvrage va sans aucun doute ouvrir une ère nouvelle. Grace à vous et à vos partenaires M. le président, Diass sera connue et citée du monde entier. Notre commune apparaîtra dans les heures suivantes, si ce n’est déjà fait, sur les écrans des aéroports du monde entier », s’est-il glorifié.

100 MILLIARDS POUR LA RÉFECTION DE CINQ AÉROPORTS RÉGIONAUX
Le président Macky Sall veut redessiner une nouvelle carte du Sénégal concernant les transports aériens. C’est ce qui explique la mise en place d’une compagnie aérienne, Air Sénégal S.A qui va démarrer en début 2018 avec une flotte de deux avions. Cela, en attendant la mise en service de deux appareils Airbus 330 Néo dont la signature du contrat d’achat est prévue dans quelques jours. Il estime qu’avoir des avions est bien, mais disposer d’aérodromes dignes de ce nom où atterrir l’est tout aussi. C’est pourquoi, à côté de la création d’une compagnie nationale, il a été décidé de la rénovation complète de cinq aéroports régionaux : Saint-Louis, Matam, Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou. Le financement est déjà bouclé pour un montant de 100 milliards de FCfa et les travaux vont démarrer dès le début de l’année 2018, a assuré le chef de l’Etat. « Le trafic aérien doit revivre, c’est une condition essentielle du Sénégal émergent. Pour ce faire, il nous faut aussi une compagnie aérienne nationale qui vole à la hauteur de notre vision. C’est pourquoi, nous avons créée la compagnie Air Sénégal S.A sur des bases viables tenant compte des réalités et exigences d’un secteur où l’improvisation n’a pas de place », a-t-il déclaré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

L’ADIE CONNECTE L’AIBD À L’INTRANET
L’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) accompagne l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) en terme de connectivité. Grâce à son réseau fibre optique, elle a connecté à l’intranet les administrations présentes sur la plateforme aéroportuaire. Les passagers au départ pourront aussi se connecter gratuitement grâce au réseau Wifi mis en place par l’Adie.

MOUHAMED MOUSSA, DG DE L’ASECNA : « LE SÉNÉGAL, LA VITRINE D’UNE AFRIQUE QUI SE REGARDE AVEC FIERTÉ »
Mohammed Moussa Asecna« Avec cet aéroport, le Sénégal sera sans nul doute la vitrine d’une Afrique qui se redresse et qui se regarde avec fierté », a affirmé Mouhamed Moussa, directeur général de l’Asecna. Selon lui, avec l’édification de cette infrastructure, le président Macky Sall place notre pays au cœur de l’actualité du transport aérien africain et mondial. « L’inauguration d’un aéroport est un évènement très rare sur l’année. Depuis les indépendances, nous avons été habitués à des travaux pour rendre plus beau des ouvrages légués par le temps passé. En admirant ce chef-d’œuvre, j’ai la forte conviction que l’Afrique entend se projeter résolument vers un renouveau », a soutenu le patron de l’Asecna. Pour Mouhamed Moussa, l’Aibd sera incontestablement une porte d’entrée en Afrique et une porte de sortie pour tous les Africains vers d’autres continents, un hub mondial de transport aérien. « Les travailleurs de l’Asecna sont prêts à prendre en charge cet ouvrage avec toute l’efficacité et le professionnalisme requis. L’Agence a pris toutes les dispositions pour assurer le bon fonctionnement de l’Aibd », a-t-il rassuré.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

RETOMBEES ECONOMIQUES : DES DIVIDENDES QUI PROFITERONT À TOUS LES SECTEURS
C’est un secret de polichinelle. L’aéroport de Diass aura un impact économique important dans son environnement immédiat, pour le Sénégal et pour la sous-région. Les villages riverains vont devenir des villes avec les activités qui vont se développer tout autour. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le secteur de l’immobilier à Thiès, indique le gouverneur de Thiès. « La plupart des personnes qui avaient des maisons conventionnées ont préféré résilier leur contrat avec l’Etat pour les louer aux entreprises qui effectuent les travaux de l’aéroport (les Turcs) », note Amadou Sy. Certains hommes d’affaires anticipant sur ce développement économique de la zone ont commencé à investir dans les secteurs du logement, du transport. Idem pour le secteur des transports. Puisque l’aéroport sort de Dakar, la plupart des activités qui étaient menées seront partagées avec les autres villes comme Mbour et Thiès. Les gens qui descendaient à Dakar pourront aller à Mbour et à Thiès ou quitter le jour même de leur vol les régions de l’intérieur comme Diourbel, Kaolack, Louga, Saint-Louis sans rater leur vol avec les infrastructures en construction. L’autoroute Ila Touba est connectée à Aibd à partir du pont de Thiombock, une connexion qui continue sur Thiès, Touba et Saint-Louis. « C’est comme une roue économique qui va tourner et qui va emballer tout le système », estime le gouverneur de Thiès. Dans le secteur du tourisme, un frémissement est noté dans la région de Thiès. Les réceptifs affichent complets, entraînant le sourire des hôteliers et poussant certains à vouloir ouvrir d’autres réceptifs. « En tant que gouverneur de Thiès, je reçois chaque jour des demandes d’ouverture de structures dans la zone de Mbour. Les gens sont en train de transformer la ville en Las Végas », confie Amadou Sy. Autre domaine qui pourra tirer profit de cette infrastructure, c’est l’agriculture surtout la filière horticole. L’aéroport dispose d’une aérogare fret d’une capacité de 50.000 tonnes par an, soit 130 tonnes par jour. Celle-ci possède tous les équipements nécessaires à une prise en charge optimale du fret, comme les détecteurs à rayon X, les chambres froides, les bascules de pesage et les étagères à stockage vertical. Les produits périssables pourront être stockés dans les chambres froides. Des acteurs de l’agriculture pensent qu’avec les productions record d’oignons, cette plateforme pourrait être utilisée comme lieu de stockage du surplus de la production nationale qui sera réinjecté sur le marché pendant les périodes de baisse ou de non production. Ainsi, elle sera un outil de régulation du national. Comme on le voit, l’aéroport de Diass va créer des dividendes qui profiteront à tous les secteurs d’activités et à de nombreux sénégalais.

Mamadou GUEYE

LES TURCS DISPOSÉS À CRÉER UNE ACADÉMIE DE L’AVIATION À AIBD
Aibd AtrLes investisseurs turcs sont prêts à créer une académie de l’aviation à l’Aibd comme ils l’ont fait au Kosovo où ils gèrent aussi un aéroport, selon le Pdg de Summa-Limak.

Les hommes d’affaires turcs sont prêts à créer une académie de l’aviation au sein l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass. Le Pdg de Summa-Limak l’a fait savoir, hier, lors de l’inauguration de cette infrastructure. « Nous avons mis en place une académie de l’aviation dans le nouvel aéroport que nous gérons au Kosovo. Nous sommes prêts à réaliser des projets similaires au Sénégal », a indiqué Nihad Ozdemir. Pour lui, les aéroports sont pour un pays des portes qui s’ouvrent sur le monde. Et l’Aibd sera la nouvelle porte dont le Sénégal sera fier. « Nous sommes ravis d’avoir contribué à ce processus et d’avoir pu honorer tous nos engagements et à temps. Nous sommes prêts à faire de nouveaux investissements au Sénégal dans d’autres secteurs d’activités. Nous sommes ici pour apporter de la valeur ajoutée à ce pays », a-t-il déclaré.

Le directeur général Aibd Sa a remercié le chef de l’Etat qui s’est personnellement investi pour que le projet aboutisse. « M. le président, votre implication personnel aura été décisive pour mener à bien ce projet. A votre accession à la magistrature suprême en 2012, le chantier de l’Aibd était à un taux d’exécution de 30 % alors que l’exécution financière approchait les 50%.

L’histoire retiendra que c’est grâce à votre engagement que des solutions innovantes ont été trouvées », a soutenu Abdoulaye Mbodj. A l’en croire, il a fallu remettre les choses à l’endroit, redresser et assainir certaines situations, rationaliser les méthodes et les procédures. Et tout cela a permis de restaurer les relations de confiance avec les partenaires financiers pour redémarrer les travaux en 2013 alors que le chantier était presque à l’arrêt. En 2015, a expliqué M. Mbodj, un nouveau coup d’arrêt a été observé « du fait des réclamations que l’Etat a rejetées à juste titre pour préserver les ressources financières du pays ». Là aussi, a-t-il souligné, c’est grâce à l’implication du chef de l’Etat que cet obstacle a pu être surmonté avec l’accord de sous-traitance signé entre le groupement Summa-Limak et le groupe Saudi Bin Laden. « Cet accord a permis à notre pays de faire une économie de 64 milliards de FCfa et de finaliser les travaux de l’Aibd », s’est félicité le directeur général de l’Aibd Sa. Abdoulaye Mbodj a également remercié tous ses collaborateurs dont « les efforts ont permis de mettre sur pied un aéroport de classe mondiale répondant aux meilleurs standards internationaux. « Sa capacité d’accueil est de 3 millions de passagers par an mais extensible jusqu’à 10 voire 20 millions de passagers. Il est doté d’une piste pouvant accueillir les gros porteurs, d’une aérogare à deux niveaux et d’une aérogare pèlerins avec toutes les facilités requises pour les pèlerins et les accompagnants », a noté M. Mbodj.

LE MINISTRE DES TRANSPORTS AÉRIENS ET LES TRAVAILLEURS DE L’ASECNA INVITÉS À DIALOGUER
Face aux velléités de grève des travailleurs de l’Asecna, le président Macky Sall a demandé au ministre des Transports aériens, Maïmouna Ndoye Seck, a engagé le dialogue pour trouver des réponses aux problèmes qu’ils ont posés. Car, pour le chef de l’Etat, un ouvrage « exceptionnel » comme l’Aibd doit être géré de manière « efficace et apaisée ». Cela dit, Macky Sall a salué le travail abattu par tous les opérateurs qui interviennent sur la plateforme aéroportuaire. Dans ses félicitations, il n’a pas oublié le directeur général d’Aibd S.A et l’ensemble de son équipe, les partenaires techniques et financiers : la Banque islamique de développement et la Banque africaine de développement, entre autres, qui sont restés « fidèles au contrat de confiance qui nous lie depuis des années, nous ont accompagnés de tous temps, y compris durant les moments difficiles notamment ».

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

LA BAD ET LA BID SE FÉLICITENT D’UN PROJET QUI VA CHANGER L’ÉCONOMIE DU SÉNÉGAL
La Banque africaine de développement (Bad) et la Banque islamique de développement (Bid) ont joué un rôle crucial dans la matérialisation du projet de l’Aibd qui, de l’avis de Amadou Hott, vice-président de la Bad en charge du secteur de l’énergie, aura des impacts sociaux et économiques certains. Il souligne que le modèle de montage financier du projet est singulier. « C’est le fruit d’une collaboration étroite et féconde entre le Sénégal et ses partenaires techniques et financiers qui ont apporté un financement total de 379 millions d’euros avec la Bid et la Bad avec co-arrangeurs », a-t-dit.

En droite ligne du Pse mais également en cohérence avec les cinq priorités de la Bad, Amadou Hott a rappelé que cette banque accompagne le Sénégal dans la réalisation de ses projets depuis plus de quatre décennies avec un portefeuille de 101 opérations pour un montant global de 1.300 milliards de FCfa. « Les interventions de la Bad au Sénégal se sont traduites par un triplement du portefeuille entre 2016 et 2017. Quatre cent quarante-sept (474) milliards de FCfa ont été mobilisés à ce jour pour le financement du Pse sur la période 2014-2018, soit 120% de notre engagement initial. Le financement de l’Aibd par la Bad, en collaboration avec d’autres partenaires techniques et financiers, répond à une approche intégrée de développement d’infrastructures à la fois structurantes et transformatrices pour le Sénégal », a-t-il relevé.

Bandar Hajjar, président de la Bid, a déclaré que l’Aibd est un aéroport à la pointe de la technologie qui transformera l’industrie aéronautique en Afrique de l’Ouest. «Favoriser la mobilité des personnes est un pilier important de notre cadre stratégique décennal et du programme quinquennal de la Bid. La mise en service de l’Aibd favorisera l’intégration régionale entre les pays africains et le reste du monde. Ce projet contribuera également à renforcer les activités économiques, la création d’emplois et la modernisation de nos villes », a-t-il déclaré. Et M. Hajjar ajoute : « Ce projet change complètement les règles du jeu pour l’économie du Sénégal. C’est une expression éloquente de l’émergence du Sénégal en tant que centre économique en Afrique ». Le président de la Bid a souligné que les relations entre le Sénégal et la banque se renforcent davantage. En effet, 117 projets d’une valeur de 2,5 milliards de dollars ont été approuvés pour le Sénégal depuis son adhésion à la Bid en 1976. Cette banque est le bailleur principal du projet du Train Express Régional (Ter).

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

AISSATOU THIOUBOU, DIRECTEUR ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL DE L’AIBD : « DES MESURES PRISES POUR ÉVITER LES OCCUPATIONS IRRÉGULIÈRES »
Aissatou Thioubou AibdBâti sur 4 500 hectares repartis sur la Commune de Diass et celle de Keur Moussa, dans la région de Thiès, l’aéroport international Blaise Diagne est un bijou qui ne manquera de susciter des convoitises. Aïssatou Thioubou liste les mesures prises pour empêcher la spéculation foncière.

Qu’est-ce que prévu pour sécuriser l’assiette foncière et ses emprises pour éviter que ce qui est arrivé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor ?
L’Etat en général et les autorités aéroportuaires en particulier sont conscients de la nécessité de sauvegarder l’espace aéroportuaire en évitant les occupations anarchiques. A ce titre, différentes mesures sont prises :

- La construction, par Aibd Sa, d’un mur de clôture des 4 500 hectares. Environ 40 % dudit mur sont déjà réalisés ;

- La délimitation d’une zone de protection de 350 mètres autour du mur de clôture, qui doit être libre de toute occupation ;

- La surveillance continue du domaine aéroportuaire, grâce à une convention signée avec la Dscos. Elle organise régulièrement des patrouilles dans la zone, ce qui a pour effet de décourager les tentatives d’occupation par des promoteurs immobiliers véreux.

Par ailleurs, un Plan de Servitudes Aéronautiques (PSA) a été élaboré et un comité régional de servitudes mis en place par arrêté du gouverneur de la région de Thiès. Enfin, la Direction de l’Urbanisme et de l’Architecture a élaboré le Schéma directeur d’urbanisme et d’aménagement (Sdau) de la zone autour de l’aéroport ainsi que des plans d’urbanisme de détail dont celui de l’aéroport et celui de Diass. C’est pour dire que les mesures sont en train d’être prises et les outils de planification existent et permettent d’éviter les occupations irrégulières.

Quels sont les impacts environnementaux pour un projet de cette envergure ?
Une étude d’impact environnemental et social du projet avait été réalisée. En phase d’exploitation, le gestionnaire de l’aéroport devra surveiller des paramètres tels que le bruit des avions, la qualité de l’air, la production et la gestion les déchets solides et liquides, etc. Il est à noter que dans les cahiers de charge du gestionnaire de l’aéroport, figure la certification ISO 14 001. Cela signifie que ce dernier devra mettre en place les procédures idoines qui lui permettront de maîtriser les impacts négatifs lies à l’exploitation de l’aéroport.

Un volet reboisement est-il prévu ?
Effectivement. En relation avec l’inspection régionale des Eaux et Forets de Thiès, Aibd Sa a reboise 1.200 hectares, pour un montant de plus de 350 millions de FCfa. Le choix pour ces reboisements s’est porte sur les Forêts Classées de Thies et de Bandia et la réserve de Popenguine.

Des mécanismes de compensations sont-ils prévus pour les personnes affectées par le projet ?
Le Plan de réinstallation révisé de 2010 avait permis d’identifier les types de pertes liées aux travaux de construction de l’aéroport et précisé les modes d’indemnisation. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Aibd Sa a privilégié les compensations en nature sur les indemnisations financières. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’aménagement d’un site de recasement comprenant 342 logements et tous les équipements socio-collectifs dont une case de santé, une école de 12 classes, un centre socio-collectif, un marché, un complexe sportif, etc.

En outre, tous les bénéficiaires sont affectataires de terres agricoles sur lesquelles Aibd Sa et Anida s’associeront pour ériger une ferme agricole moderne. Tout cela après avoir payé plus d’un milliard de FCfa aux personnes affectées pour pertes d’impenses et de récoltes. Même les femmes qui pratiquaient la cueillette de fruits, racines et feuilles dans la forêt ont été indemnisées pour un montant de plus de 50 millions de FCfa.

Qu’est-ce qui est retenu pour les terres restantes du projet de l’aéroport ?
Pour être en phase avec les objectifs de l’Etat de faire du Sénégal un hub aérien, Aibd Sa a pensé à un faisceau de projets. Il s’agit notamment d’un centre de maintenance aéronautique qui contribuera à attirer les compagnies aériennes chez nous, mais aussi une cité aéroportuaire. L’idée est d’aménager, entre autres, des centres d’affaires, des sièges pour multinationales, des hôtels, etc. Ces investissements favoriseront le développement d’activités extra-aéronautiques et conséquemment la consolidation du pôle de développement économique autour de l’aéroport tel que conceptualisé par l’Etat du Sénégal.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

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