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Affaires et Finances (3278)

Les pays les plus pauvres du monde risquent d’être davantage vulnérabilisés par la facture des importations alimentaires. Selon la Fao, cette facture engloutit, à elle seule, 28% des recettes d’exportation de marchandises des Pays les moins avancés (Pma), soit presque le double de celle de 2005.

Les importations alimentaires pèsent de plus en plus lourd sur les pays les plus pauvres du monde, alerte l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), dans son dernier rapport sur « Les perspectives de l’alimentation mondiale », publié le 10 juillet dernier. Depuis 2000, la facture mondiale des importations alimentaires a triplé, atteignant 1,43 milliard de dollars, en 2017. Les pays les plus vulnérables aux pénuries alimentaires se retrouvent, eux, avec une facture multipliée par cinq. Ce qui constitue un fardeau pour ces pays. Les importations ont augmenté à un taux annuel moyen global de 8 % depuis 2000, mais l’on note une hausse à deux chiffres pour les pays les plus pauvres. Ainsi, la facture des importations engloutit, à elle seule, 28 % des recettes d’exportation de marchandises des Pays les moins avancés (Pma), soit presque le double de celle de 2005. Alors que les pays développés, avec leur Pib par habitant plus élevé, dépensent seulement 10 % de leurs recettes d’exportations pour acheter à l’extérieur de quoi manger. Selon la Fao, le coût des importations alimentaires devrait augmenter de près de 3% en 2018 du fait de l’accroissement du commerce international de poisson, notamment des pays développés, mais aussi des céréales qui constituent la denrée de base pour la plupart des pays à faible revenu et à déficit vivrier. Si la tendance se poursuit, met en garde l’organisation onusienne, les pays pourraient « payer plus cher pour moins de nourriture », même si la production mondiale et les conditions commerciales ont été favorables ces dernières années. Les échanges concernant les céréales devraient rester solides en 2018/2019 du fait de la forte demande d’importations pour presque toutes les principales céréales. Les prix des produits de mer devraient être « élevés et même records » au 2ème trimestre de 2018.

Cette année, la production mondiale de sucre est attendue en hausse de 11,1%, soit un niveau record de 187,6 millions de tonnes, dépassant largement la consommation mondiale. Cependant, estime la Fao, « malgré le plus grand excédent de sucre jamais enregistré dans l'histoire, un prix plancher pour les prix internationaux du sucre sera probablement fixé suite à la hausse des cours mondiaux du pétrole brut, car davantage de sucre sera utilisé pour fabriquer de l'éthanol ».

Malick Ciss

Dans son rapport 2018 consacré au commerce en Afrique et publié au 2ème jour de son assemblée générale, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) annonce le décaissement d’un montant de 25 milliards de dollars (près de 12.500 milliards de FCfa) destiné au financement du commerce intra-africain jusqu’en 2021.

Afreximbank compte investir 25 milliards de dollars, soit environ 12.500 milliards de FCfa, dans le développement du commerce intra-africain, a indiqué l’institution financière dans son dernier rapport annuel publié, avant-hier, à Abuja, à l’occasion de son assemblée générale. En effet, la Banque a accordé la priorité au commerce intra-africain, au développement de l'industrialisation et des exportations et au leadership commercial en tant que piliers de son plan stratégique dénommé : « Impact 2021 ». Dans la mise en œuvre, Afreximbank a ouvert des lignes de crédit s'élevant à 800 millions de dollars à 55 banques à travers l'Afrique. L’institution financière entend étendre ces lignes à au moins 500 banques africaines d'ici à 2021. Afin de diversifier les sources de croissance et de développer les échanges entre pays africains, la Banque soutient le développement de parcs industriels et de zones économiques spéciales dans la région.

Afreximbank travaille également en collaboration avec la Commission de l'Union africaine pour soutenir la mise en œuvre de la Zone libre-échange continental (Zlec) à travers un certain nombre d'initiatives stratégiques, y compris la première foire commerciale intra-africaine, cette année, au Caire, en Egypte, pour connecter les acheteurs et les vendeurs africains. A cela, s’ajoute le développement d'une plateforme intra-africaine de paiements et de règlements commerciaux qui facilitera la compensation et le règlement des transactions commerciales intra-africaines en devises africaines; le lancement en 2018 d'une plate-forme africaine de référentiel de contrôle de la clientèle visant à améliorer l'accès au commerce en réduisant les coûts de mise en conformité. La banque compte aussi créer un Comité panafricain du commerce et de l'investissement du secteur privé pour renforcer la participation du secteur privé africain aux négociations commerciales et à la formulation des politiques d'investissement.

Abdou DIAW, envoyé spécial à Abuja (Nigeria)

Favoriser les infrastructures dans le financement du commerce africain
L’économiste Bissau guinéen, Paulo Gomes, par ailleurs, ancien directeur exécutif de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne, a invité les Etats africains à accorder une place centrale aux infrastructures dans le financement du commerce en Afrique. « Le continent doit mettre à sa disposition les financements nécessaires pour son commerce, surtout favoriser les infrastructures pour soutenir le développement des échanges commerciaux », a préconisé M. Gomes. Dans la même veine, Dr Caleb Fundanga, directeur exécutif de l’Institut de gestion macroéconomique et financière pour l'Afrique orientale et australe, soutient que les banques de second rang africaines peuvent contribuer au financement des activités commerciales du continent. Toutefois, il juge nécessaire de renforcer leurs liquidités afin de mieux répondre aux besoins de financements des acteurs. Il faut aussi, à son avis, augmenter le capital d’Afreximbank en levant des fonds sur le marché financier. « Cette banque d’import-export doit avoir assez de fonds pour répondre aux besoins de financements du commerce des Etats », a déclaré Dr Fundanga. Il propose également la création, dans les pays africains, d’organismes de crédits à l’exportation.

A. DIAW

HAUSSE DE 10,6% DE LA VALEUR DU COMMERCE DE L’AFRIQUE AVEC LE RESTE DU MONDE
En 2017, la valeur du commerce de l'Afrique avec le monde a augmenté de 10,6 %, passant de 820,76 milliards de dollars à 907,63 milliards de dollars, en partie grâce à la poursuite du commerce bilatéral avec la Chine. Cette augmentation, selon Afreximbank, a dépassé celle des échanges intra-africains qui ont encore progressé de 5,6 %, passant de 121,51 milliards de dollars à 128,25 milliards de dollars. Cette progression s’explique par la hausse du commerce mondial, l’amélioration de la croissance économique africaine et l’augmentation des prix des produits de base. S’agissant des champions du commerce intra-africain, ils sont restés largement les mêmes en 2017 qu'en 2016 avec l'Afrique du Sud, la Namibie et le Nigeria contribuant à plus de 35 % du commerce entre pays africains.

A. DIAW

EMMANUEL AKYEAMPONG, PROFESSEUR A HARVARD : « L’ÈRE DES AVANTAGES COMPARATIFS EST RÉVOLUE »
Directeur de la faculté Oppenheimer du Centre d'études africaines de l'Université Harvard aux Etats Unis, le professeur Emmanuel Akyeampong a fait une communication sur l’histoire du commerce et de la finance en Afrique lors d’un panel à l’Assemblée générale d’Afreximbank. D’après lui, l’Afrique a toujours souffert des effets des fluctuations des prix des matières premières dans le monde. Il estime que le continent ne peut plus continuer de se baser sur le principe des avantages comparatifs. Elle doit, selon lui, plutôt en se focalisant sur le développement de ses industries locales en mettant l’accent sur les produits manufacturiers dans le marché local.

A. DIAW

Les travaux du pont à péage de Foundiougne sont à un niveau d’exécution satisfaisant voire très satisfaisant, a déclaré, avant-hier, le préfet du département, Gorgui Mbaye.

Il présidait une réunion du comité de suivi des travaux mis sur pied au lendemain du lancement du chantier par le président Macky Sall. « Nous avons effectué une visite de chantier avant la réunion de suivi. Et nous avons constaté un bon niveau d’exécution des travaux par l’entreprise chinoise chargée de la réalisation des travaux. Une douzaine de pieux a été déjà réalisée, ce qui est très important, sachant que pour un pieux, il faut une quinzaine de jours pour le réaliser », a dit le préfet.

A travers ces pieux, se profile, à l’horizon, la plateforme qui constitue le préalable à tout autre travail de caractérisation du pont qui va définitivement désenclaver la ville de Foundiougne et les îles du Saloum. L’ouvrage facilitera également l’accès à la Gambie. Le directeur régional d’Ageroute Kaolack-Factick-Kaffrine, Oumar Diouf, qui coordonne la partie sénégalaise dans ce projet, confirme.

«La pose de la plateforme a atteint 500 mètres de longueur à partir du quai de Foundiougne. Les travaux de coulage des pieux devraient reprendre à partir du village de pêche  de Ndakhonga pour compléter la longueur totale du pont de près de 1300 mètres », indiqué M. Diouf.

Les coupures d’électricité principale inquiétude
La seule inquiétude des responsables de l’entreprise chinoise est liée aux coupures intempestives d’électricité constatées dans la zone ces derniers jours. Elles sont certainement dues à l’hivernage qui s’installe de manière progressive. Les responsables des travaux souhaitent être informés des coupures pour leur permettre, selon le préfet Gorgui Mbaye, « de faire démarrer leurs groupes électrogènes. Ils ont demandé une augmentation de la puissance mise à disposition par la Senelec pour leur permettre d’utiliser toutes leurs machines. Le représentant de la Senelec a promis de transmettre ces observations pour amener la société d’électricité à jouer sa partition et à éviter les pannes régulières en dépit de nombreux efforts consentis pour l’amélioration du réseau de distribution du courant électrique. « Ce qui éviterait des retards dans le délai de construction du pont », a souligné le préfet de Foundiougne. Le pont de sera  raccordé à la route nationale N° 9, avec ses caractéristiques et standards d’aménagements d’une coupe transversale d’une largeur de 11,40 mètres et deux trottoirs de 1,5 mètre bordés de garde-corps de type normalisé S8. Il sera réalisé avec deux voies de 3,70 mètres chacune, une chaussée en toit en dévers de 2 % et ses 32 travées de 40 mètres chacune dont deux dites navigables pour permettre le passage des bateaux vers ou en provenance de Kaolack.

Le coût du projet est de 41,600 milliards de FCfa, financés par Eximbank China avec une contrepartie sénégalaise de 255.193.309 de FCfa.

Mohamadou SAGNE

Les mareyeurs du marché de Soumbédioune réclament un meilleur cadre de travail. Ils l’ont fait savoir à l’issue d’une assemblée générale, sur l’esplanade dudit marché. Selon le président de l’association « Takou liguey gueum sa bop », Ameth Diop, le nouveau quai de pêche, qui vient d’être inauguré, ne peut pas contenir tous les mareyeurs du marché, estimés à plus de 300 personnes. A l’en croire, l’infrastructure ne peut pas accueillir plus de 100 mareyeurs. Sur ce registre, El Hadji Kébé, membre de l’Association « Takou liguey gueum sa bop » trouve très exigu le quai de pêche avec ses places de moins d’un mètre-carré. « Le quai de pêche est très petit. Il ne peut pas contenir 100 personnes. En plus, la carte de mareyeurs est exigée pour bénéficier des places. Nous demandons à ceux qui veulent nous aider de nous refaire simplement ce marché.

Les places prévues pour les vendeurs de poissons au quai sont limitées. Les autorités doivent savoir que nous perdons beaucoup d’argent à l’arrivée de la pluie. Il n’y a pas de toiture et nos produits pourrissent fréquemment. Encore, nous voulons un service d’ordre pour sécuriser le marché, dont l’hygiène laisse à désirer », se plaint-il. Aussi, poursuit Ameth Diop, pendant l’hivernage, « nous travaillons dans des conditions difficiles parce que le marché est envahi par des eaux de pluies ». Par ailleurs, les mareyeurs de Soumbédioune ont lancé un appel aux bonnes volontés pour leur faciliter l’accès au financement. « Nous demandons aux autorités de nous aider. Les femmes mareyeuses sont des battantes ; elles travaillent dans des conditions difficiles », a-t-il fait comprendre. Sa conviction est que ces financements leur permettront d’être autonomes. « Ce qui nous intéresse, c’est notre marché. Le vendeur de poissons ne veut que travailler pour satisfaire les besoins de sa famille. Nous voulons juste des financements pour travailler », a, pour sa part, ajouté Adja Marième Ndiaye.

S. Diam SY

Autorités et populations ont salué l’ouverture, par la Bicis, d’une nouvelle agence. Elle est située dans le complexe commercial d’Auchan.

La Bicis a inauguré, jeudi 12 juillet 2018, sa nouvelle agence de Mbour, sise dans le complexe commercial d’Auchan. Cette agence qui porte à trois le nombre de points de vente de cette banque dans le département, après celles de Saly et de Grand Mbour, répond à certaines réalités liées aux mutations qu’a connues Mbour depuis quelques années. «Il était utile d’épouser l’évolution du pays et les mutations économiques du Sénégal, notamment dans le cadre du Pse. Mbour est un pôle économique important, le deuxième port du pays. C’est pourquoi, nous avons décidé de renforcer le secteur avec prochainement l’ouverture d’une autre agence à Diamniadio », a déclaré Patrick Pitton, administrateur directeur général de la Bicis.

Selon lui, il fallait également offrir aux clients et à la population de Mbour un cadre digne d’un service bancaire. « Sécurité, confort, convivialité tel qu’exigés par le Groupe Bnp Paribas auquel appartient la Bicis, sont les piliers sur lesquels nous agissons pour donner satisfaction à nos clients », a dit M. Pitton.

Des témoignages de clients et surtout d’autorités de Mbour (Préfet, Maire, commissaire de police, directeur d’école, etc.) ont salué l’ouverture de cette nouvelle agence et ont marqué leur adhésion à la politique de la Bicis de se rapprocher davantage de ses clients dans un contexte de sécurité et de confort avec des agences qui répondent à toutes les commodités qu’exige le secteur de la banque. Le préfet de Mbour, Saër Ndao, a exprimé sa satisfaction de voir s’implanter la nouvelle agence en pleine ville et l’engagement du Groupe Bnp Paribas à contribuer au développement du terroir par le biais de cette initiative. Même sentiment de joie chez le maire de la ville de Mbour, Fallou Sylla, pour qui, cette nouvelle implantation ne peut être que bénéfique à sa localité.

L’agence Bicis Mbour est située dans le Complexe commercial d’Auchan. Elle renforce davantage l’ancrage de la Bicis dans le paysage bancaire sénégalais en portant le nombre des agences de son réseau à 33 points de ventes sur l’ensemble du territoire.

Oumar KANDE

Le président de la République a invité le gouvernement à accélérer le processus de mise en place d’un fonds national de la statistique.

La cérémonie d’hier a servi de tribune au chef de l’Etat pour souligner les progrès réalisés par notre pays dans la production de données statistiques. Macky Sall a rappelé que depuis novembre 2017, le Sénégal est le 4ème pays en Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud, les Seychelles et l’île Maurice, à adhérer à la Norme spéciale de diffusion des données du Fmi. Il se dit d’autant plus heureux que cela pourrait « mettre fin à la fois à la polémique stérile » sur les statistiques. «L’Ansd donne ses statistiques de façon tout à fait indépendante. C’est la clé de voûte du système statistique national. Elle a su assurer la production de données aux standards internationaux en termes de qualité et de délais », a déclaré le président Sall.

Les performances de l’Agence sont, à son avis, la résultante d’une volonté politique forte et des efforts conjugués de l’ensemble des acteurs. C’est pourquoi, il accueille favorablement le renforcement des moyens de l’agence. Dans la même lancée, il a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur d’un système statistique national indépendant et performant. Macky Sall a demandé ainsi au gouvernement d’accélérer le processus de mise en place d’un fonds de développement de la statistique déjà fortement recommandé par le Conseil national de la statistique. Il a, dès l’entame de son discours, salué la qualité de l’administration sénégalaise constituée de « cadres compétents, chevronnés dans tous les secteurs de la vie nationale ». «Les statistiques, c’est l’affaire des professionnels. On peut les interpréter comme on veut mais on ne peut pas remettre en cause les fondements même qui caractérisent l’étude des statistiques, les échantillonnages, les méthodes de calculs. C’est de la science, des mathématiques. On ne peut pas mettre la politique dans les mathématiques et dans la science. On peut maintenant dire qu’on n’est pas d’accord sur les chiffres donnés, encore faudrait-il être capable de prouver pourquoi vous n’êtes pas d’accord ? », a-t-il dit.

M. CISS et A. KANDE

Le déficit budgétaire du Sénégal a subi une « forte tendance à la baisse », à la faveur du changement d’année de base des comptes nationaux, a fait savoir Pierre Ndiaye, directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe). En 2017, ce déficit se situait à 2,8 % contre 3,5 % en 2016, soit au-dessous de la norme de 3 % fixée par l’Uemoa. Cet impact positif place le Sénégal au même niveau que des pays comme l’Ile Maurice, la Malaisie, la Turquie, etc. « Cela a permis d’avoir un élargissement de l’effort budgétaire de 108 milliards de FCfa », a dit M. Ndiaye.

Ce montant a servi à prendre en charge le maintien des prix à la pompe pour amortir la hausse du prix du baril de pétrole, mais aussi pour absorber les revendications salariales dans l’enseignement et la santé et effectuer des dépenses dans le domaine de la sécurité.

M. C. et A. K.

La région sud du pays va accueillir le premier agropole intégré du Sénégal. Prévu à Adéane (Ziguinchor), cet agropole qui sera lancé au plus tard en janvier 2019, a déjà reçu 56 milliards de FCfa d’intentions de financements.

56 milliards de FCfa d’intentions d’investissements ont été identifiés pour le démarrage du projet d’agropole sud prévu à Adéane (Ziguinchor). Le laboratoire d’échanges du projet agropole Sud a présenté, hier, aux partenaires financiers, une pré-validation des résultats intermédiaires, en présence du ministre de l’Industrie et des Pme, Moustapha Diop. Toutefois, les investisseurs attendent, en contrepartie, de l’Etat, la réalisation des infrastructures publiques (routes, éclairage, etc.) ainsi que des mesures incitatives estimée à 11 milliards de FCfa. A terme, l’agropole Sud va générer 8.869 emplois d’ici à 2020, 33.652 tonnes de noix de cajou et 53.000 tonnes de mangue. Le Plan Sénégal émergent (Pse) prévoit la création de trois agropoles : au Nord, au Centre et au Sud du pays.

Ce laboratoire d’échanges du projet agropole Sud s’inspirant de la méthodologie d’un cabinet privé malaisien appelée «Big fast result (Bfr)» constitue un cadre d’échanges et d’harmonisation regroupant différentes parties. Entamé le 26 juin dernier, le laboratoire du projet agropole Sud se tient sur cinq semaines. En trois semaines, près de 120 personnes ont été mobilisées pour définir les plans détaillés de mise en œuvre du projet ainsi que le business plan, les indicateurs de performance.

Babacar Gning, directeur général adjoint du bureau opérationnel chargé du suivi du Pse (Bos/Pse), souligne qu’il s’agit d’une « démarche innovante consistant à mettre, au devant, le secteur privé pour financer des projets de développement ». Le choix des filières s’explique, selon lui, par le fait que Ziguinchor est l’une des principales régions productrices de mangue (80%) et d’anacarde (55%). Le ministre de l’Industrie et de la Pme, Moustapha Diop a rappelé que les agropoles sont des projets prioritaires du Pse « permettant à notre pays de devenir un pays industrialisé d’ici à l’horizon 2035 ». « Les agropoles vont nous permettre de régler définitivement les problèmes de transformation et de valorisation des produits agricoles », a-t-il assuré. Au terme, poursuit le ministre, il est attendu 18.000 emplois, 85 milliards de FCfa de contribution au Pib, 120 milliards de FCfa des exportations et 235 milliards de FCfa d’investissements extérieurs (pour les trois agropoles). Dans ce chantier, Moustapha Diop estime que le secteur privé aura un rôle important à jouer pour la construction et l’exploitation de ces agropoles.

18.000 emplois attendus
Pour le démarrage de l’agropole Sud, le ministre soutient que toutes les actions seront menées avec diligence d’ici à décembre prochain notamment la création de la société de la construction et d’exploitation (Sce), l’inscription des fonds dans le budget 2019 pour la réalisation des aménagements primaires, la sécurisation du foncier, les incitations fiscales, etc. Déjà, la mairie d’Adéane a affecté 500 hectares au projet. Le lancement de l’agropole Sud est prévu au plus tard en janvier 2019, informe-t-il.

Le président directeur général de Pemandu (cabinet privé de redressement de la Malaisie), Dato Sri Idris Jala, avait, auparavant, partagé l’expérience de son pays en création d’agropoles. Il a surtout suggéré la tenue d’une journée « portes ouvertes » pour une meilleure appropriation du projet. Une proposition partagée par le directeur de cabinet du ministre en charge du Suivi du Pse, Me El Ousseyni Kane. Les partenaires financiers ont réaffirmé leur disponibilité et leur engagement à accompagner notre pays dans la mise en place de ces agropoles. En attendant, le laboratoire du projet agropole Sud dispose encore de deux semaines pour discuter sur les 18 projets identifiés.

Souleymane Diam SY

ETUDE DE FAISABILITÉ : LA TUTELLE DÉGAGE 250 MILLIONS DE FCFA
Pour l’étude de faisabilité de l’agropole Sud, le ministre de l’Industrie, Moustapha Diop, a informé, hier, les partenaires, avoir signé un ordre de virement d’un montant de 250 millions de FCfa, en attendant le reliquat. Une annonce dont s’est félicité le directeur général du Bos/Pse, Ibrahima Wade. Selon lui, cet engagement financier permettra de réaliser les études environnementales et de design de l’agropole sud.

S. D. SY

Le président de la République a présidé, hier, à Diamniadio, la cérémonie de publication des résultats du Projet de rénovation des comptes nationaux du Sénégal (Prcn). Macky Sall a magnifié le travail effectué par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a lancé, depuis mars 2015, le projet de rénovation des comptes nationaux (Prcn) du Sénégal, avec l’adoption du système de comptabilité nationale de 2008 (Scn 2008), qui a comme nouvelle année de base 2014. Ainsi, une nouvelle série de comptes nationaux reflétant, au mieux, la structure actuelle de l’économie du pays est désormais disponible. Hier, le président de la République a présidé la cérémonie de publication des résultats. Macky Sall a déclaré que cette rencontre s’inscrit dans son ambition renouvelée de renforcer le pilotage des politiques publiques, en particulier le Plan Sénégal émergent (Pse). En vérité, affirme M. Sall, la conduite optimale du développement requiert des comptes nationaux complets, cohérents, pertinents, permettant d’opérer des choix politiques judicieux. «Il ne peut y avoir une politique prospective, une planification rigoureuse qui ne soit adossée à des données statistiques fiables qui permettent de partir du réel et du concret pour se projeter vers le futur », a-t-il dit. Selon lui, une bonne qualité de ces comptes exige une production soutenue de données macroéconomiques fiables et leur renouvellement tous les cinq ans. Ce qui a, à son avis, conduit au projet de rénovation des comptes nationaux avec deux volets : le changement d’année de base et le recensement général des entreprises.

S’aligner sur les standards internationaux
L’objectif, explique le chef de l’Etat, est de fournir des informations de qualité, reflétant, au mieux, la structure actuelle de l’économie sénégalaise et rendre conformes nos capacités statistiques aux standards internationaux. Macky Sall a précisé que notre pays vient d’actualiser ses comptes nationaux et d’élaborer une nouvelle année de base conforme au système de comptabilité des Nations-Unies. Ces comptes nationaux, poursuit-il, ont permis de mieux mesurer la contribution des différentes activités au Produit intérieur brut (Pib), de mesurer les dépenses de consommation des ménages, les investissements publics et privés ainsi que la part de richesse créée. M. Sall estime que ces résultats obtenus par l’Ansd marquent un pas important dans le suivi-évaluation du Pse et des politiques sectorielles. Il a souligné que la production de données statistiques actualisées sur le Pib, le revenu national et les autres indicateurs, combinée aux données à caractère social comme celles sur l’emploi, favorise un suivi plus efficace des progrès réalisés.

Le chef de l’Etat a révélé que c’est dans cet esprit qu’une étude d’impact des projets Pse est en cours en termes de création d’emplois. Cette étude est en train d’être réalisée avec l’Ansd, la Banque africaine de développement (Bad), le Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos). Il a exhorté les départements ministériels et les partenaires techniques et financiers à se rapprocher de l’Ansd pour nouer des partenariats afin d’évaluer l’impact des projets.

Malick CISS et Aliou KANDE

FONDS NATIONAL DE LA STATISTIQUE : LE CHEF DE L’ETAT FAVORABLE À L’ACCÉLÉRATION DU PROCESSUS
Pr et Dg AnsdLe président de la République a invité le gouvernement à accélérer le processus de mise en place d’un fonds national de la statistique.

La cérémonie d’hier a servi de tribune au chef de l’Etat pour souligner les progrès réalisés par notre pays dans la production de données statistiques. Macky Sall a rappelé que depuis novembre 2017, le Sénégal est le 4ème pays en Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud, les Seychelles et l’île Maurice, à adhérer à la Norme spéciale de diffusion des données du Fmi. Il se dit d’autant plus heureux que cela pourrait « mettre fin à la fois à la polémique stérile » sur les statistiques. «L’Ansd donne ses statistiques de façon tout à fait indépendante. C’est la clé de voûte du système statistique national. Elle a su assurer la production de données aux standards internationaux en termes de qualité et de délais », a déclaré le président Sall.

Les performances de l’Agence sont, à son avis, la résultante d’une volonté politique forte et des efforts conjugués de l’ensemble des acteurs. C’est pourquoi, il accueille favorablement le renforcement des moyens de l’agence. Dans la même lancée, il a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur d’un système statistique national indépendant et performant. Macky Sall a demandé ainsi au gouvernement d’accélérer le processus de mise en place d’un fonds de développement de la statistique déjà fortement recommandé par le Conseil national de la statistique. Il a, dès l’entame de son discours, salué la qualité de l’administration sénégalaise constituée de « cadres compétents, chevronnés dans tous les secteurs de la vie nationale ». «Les statistiques, c’est l’affaire des professionnels. On peut les interpréter comme on veut mais on ne peut pas remettre en cause les fondements même qui caractérisent l’étude des statistiques, les échantillonnages, les méthodes de calculs. C’est de la science, des mathématiques. On ne peut pas mettre la politique dans les mathématiques et dans la science. On peut maintenant dire qu’on n’est pas d’accord sur les chiffres donnés, encore faudrait-il être capable de prouver pourquoi vous n’êtes pas d’accord ? », a-t-il dit.

M. CISS et A. KANDE

DÉVELOPPER LA FISCALITÉ MINIÈRE
Le chef de l’Etat a instruit les services du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan à développer la fiscalité minière, notamment pétrolière. Parce que le Sénégal sera désormais un pays de production. «Nous produisons de l'or, bientôt nous allons produire du gaz et du pétrole », a-t-il dit. Macky Sall recommande également de relever le défi de mobilisation des recettes fiscales.

Il estime que le potentiel fiscal national doit être mieux exploité pour éviter la création de nouveaux impôts ou la hausse de ceux existants. Autres instructions du président de la République, l’accélération de la seconde phase du Plan d'actions prioritaires (Pap 2) du Pse dans une démarche participative et inclusive.

M. C. et A. K.

DÉGRADATION DE LA PRESSION FISCALE
Cependant, la pression fiscale a subi les contrecoups du changement d’année de base. Elle se situe maintenant aux alentours de 15 à 16 %. A la grande joie de Baïdy Agne, représentant du secteur privé national. « Nous étions parmi les meilleurs, nous avions autour de 20 % de pression fiscale avec l’ancienne base. Mais grâce à la nouvelle base, nous voyons que la pression fiscale devient faible. Cela veut dire que nous avons un défi important si nous voulons respecter les critères de l’Uemoa qui sont de 20 % », estime Pierre Ndiaye, Directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe). Pour y parvenir, il faut poursuivre la rationalisation des dépenses fiscales, continuer la simplification de la fiscalité et moderniser les administrations fiscale et douanière.

M. C. et A. K.

LE RATIO DETTE/PIB BAISSE DE 60 À 50%
La dette publique a subi les effets du changement d’année de base. Situé autour de 60 % en 2016, le ratio dette/Pib est tombé maintenant à environ 50 % alors que l’Uemoa fixe à ses membres un plafond de 70 %, a fait savoir Pierre Ndiaye de la Dgppe. « En termes de solvabilité, cela veut dire que le Sénégal n’a pas de problème de dette », conclut-il. Concernant le ratio des liquidités (part des recettes utilisées pour financer le service de la dette), « nous sommes encore à un niveau très élevé même si ce ratio s’inscrit en baisse depuis 2012 », note-t-il. Il était de 46,8 % en 2012 mais il a continuellement baissé pour atteindre 33,7 % aujourd’hui, « c’est encore élevé », constate le patron de la Dgppe. Par ailleurs, le déficit des comptes courants de la balance des paiements s’est dégradé en 2017-2018, la vulnérabilité du Sénégal sur ce point ayant comme source la hausse du prix du baril de pétrole. Mais les perspectives, avec les découvertes de pétrole au Sénégal, laissent espérer un amoindrissement de cette vulnérabilité.

M. C. et A. K.

FORTE TENDANCE BAISSIÈRE DU DÉFICIT BUDGÉTAIRE
Le déficit budgétaire du Sénégal a subi une « forte tendance à la baisse », à la faveur du changement d’année de base des comptes nationaux, a fait savoir Pierre Ndiaye, directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe). En 2017, ce déficit se situait à 2,8 % contre 3,5 % en 2016, soit au-dessous de la norme de 3 % fixée par l’Uemoa. Cet impact positif place le Sénégal au même niveau que des pays comme l’Ile Maurice, la Malaisie, la Turquie, etc. « Cela a permis d’avoir un élargissement de l’effort budgétaire de 108 milliards de FCfa », a dit M. Ndiaye. Ce montant a servi à prendre en charge le maintien des prix à la pompe pour amortir la hausse du prix du baril de pétrole, mais aussi pour absorber les revendications salariales dans l’enseignement et la santé et effectuer des dépenses dans le domaine de la sécurité.

M. C. et A. K.

LES RAISONS D’UN CHANGEMENT D’ANNÉE DE BASE
Pr Ansd FamilleLe Sénégal s’est retrouvé avec un Pib en hausse de 29,4 % en 2014 en calquant la rénovation de ses comptes nationaux à cette année. En remplaçant l’année de base de 1999 par 2014, notre pays se conforme au dernier manuel sur les comptes nationaux adopté par les Nations-Unies (Scn 2008). Dans le calcul des comptes nationaux, l’année de base constitue l’année de référence des agrégats macroéconomiques. Mais la qualité des comptes se dégrade au fur et à mesure que l’on s’éloigne de celle-ci ; d’où la nécessité de procéder à des changements pour tenir compte des changements affectant les structures de l’économie d’un pays. Plusieurs raisons expliquent la nécessité, pour le Sénégal, de procéder à un changement de l’année de base de ses comptes nationaux, explique le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), Babacar Ndir. Il y a eu un vieillissement de l’année de base qui remontait à 1999. Ce vieillissement, explique M. Ndir, « est de nature à dégrader nos comptes ». Il fallait aussi s’adapter aux normes internationales. Le changement d’année de base a donc permis une meilleure couverture du Pib du Sénégal et d’avoir une structure plus actuelle de son économie. En conséquence, le Sénégal dispose de données de références pertinentes pour le suivi des différentes politiques, ajoute le directeur général de l’Ansd.

Les principaux changements ont tenu compte des statistiques sur les entreprises avec le recensement général des entreprises (Rge 2016), l’Enquête nationale sur les Pme-Pmi de 2013, l’Enquête nationale sur les unités de production informelle, les enquêtes de suivi de la pauvreté mais aussi des données administratives concernant la pêche continentale, l’aquaculture, etc. Avec les nouvelles normes, la recherche-développement dont les dépenses étaient considérées comme de la consommation, est maintenant perçue sous l’angle de l’investissement.

M. CISS et A. KANDE

UN IMPACT POSITIF SUR LES AGRÉGATS MACROÉCONOMIQUES
Le changement d’année de base des comptes nationaux du Sénégal a un impact positif sur les agrégats macroéconomiques. Ces répercussions ont été expliquées par le directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe), Pierre Ndiaye. Avec la réévaluation du Pib de 29,4 %, la richesse nationale passe de 7.555 à 9.775 milliards de FCfa alors que les estimations pour l’année 2018 portent sur 12.660 milliards de FCfa, soit 22,5 milliards de dollars, selon M. Ndiaye.

Aussi, il a fallu réviser le taux de croissance pour 2015 (6,7 %), les modifications donnant plus de poids au secteur secondaire. Le revenu par tête sur la base de 1999 était de 1.054 dollars, le changement d’année de référence l’a fait bondir à plus de 1.364 dollars. Ce qui a fait dire à Pierre Ndiaye que « nous nous rapprochons un peu plus de la Côte d’Ivoire ». La position du Sénégal dans le classement de la Banque mondiale devrait aussi évoluer. « Le Sénégal devrait apparaître dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, avec un Pib situé entre 1.006 dollars et 3.955 dollars par tête », annonce le patron de la Dgppe. Tout comme l’Indice de développement humain (Idh) du Pnud devrait être réajusté. Idem pour les agences de notation dont certaines comme Moody’s ont réévalué leur note pour le Sénégal de B1 à B3.

M. C. et A. K.

LES PARTENAIRES, LE PATRONAT ET LES CHERCHEURS APPRÉCIENT POSITIVEMENT
Les résultats obtenus par l’Ansd dans la conduite du Prcn ont été salués par les partenaires techniques et financiers, le patronat, le monde universitaire. Parlant au nom du G50, Lise Filiatrault, ambassadeur du Canada au Sénégal, affirme que ce travail a été techniquement rigoureux et conforme aux standards internationaux. « Le projet met à la disposition du gouvernement, des partenaires, des documents utiles pour la planification. Le Sénégal s’est doté d’agrégats qui reflètent son niveau économique », a indiqué Mme Filiatrault. Elle a salué les innovations introduites par l’Ansd lors du Recensement général des entreprises (Rge), l’enquête sur l’emploi, la consommation des ménages.

La représentante de l’Ue, tout comme celui de la Bad, ont tous salué les résultats du Prcn. « La présentation des résultats a prouvé que le Sénégal a fait de grandes avancées », a commenté Baïdy Agne, président du Conseil national du patronat. Le président de l’Unacois, Idy Thiam a, à son tour, salué les résultats. Au nom du monde universitaire, le Pr Birahim Bouna Niang affirme que ce travail de l’Ansd peut être considéré comme un acquis non sans appeler à sa consolidation.

M. C. et A. K.

ZONE DE LIBRE ECHANGE CONTINENTAL : MACKY SALL POUR L’ACCOMPAGNEMENT DU SECTEUR PRIVÉ
Le secteur privé national doit être accompagné pour être prêt dans la mise en œuvre de la Zone de libre échange continental africain (Zleca) a dit le chef de l’Etat. Il a invité le ministère du Commerce à poursuivre les discussions avec ce secteur. 48 Etats sur 54 ont déjà signé le traité instituant la Zleca. « On s’achemine vers ce marché commun. Il faut que notre secteur privé soit accompagné », a-t-il dit.

M. C. et A. K.

Mise en œuvre des droits des agriculteurs, élargissement de l’assurance qualité et financement de l’investissement en faveur du développent des systèmes semenciers paysans, sont les trois propositions faites par le Comité ouest africain des semences paysannes (Coasp) et la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen) en vue de l’harmonisation de la législation semencière régionale.

Le Comité ouest africain des semences paysannes (Coasp) et la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen) ont fait trois propositions pour l’harmonisation de la législation semencière régionale. La proposition de ces deux organisations fait suite à la rencontre qui se tient à Dakar (9 au 11 juillet), du Comité régional des semences et des plants d’Afrique de l’Ouest (Cedeao-Cilss-Uemoa). «Le manque de transparence et d’inclusivité nous laisse fortement croire que c’est un complot qui est en train d’être monté contre les paysans et la souveraineté alimentaire », s’indignent, dans un communiqué, ces deux organisations. Dénonçant les semences chimiques qu’on veut imposer aux paysans, elles plaident pour le renforcement de ce qui marche déjà : les semences paysannes. «Jusqu’à ce jour, l’utilisation des semences produites, sélectionnées et échangées entre paysans, reste très majoritaire. Ces semences, d’une grande diversité, offrent une série de variétés que les paysans maîtrisent très bien dans diverses zones agro écologiques, pour la production alimentaire, la nutrition et même des expressions culturelles, dans des conditions naturelles qui renforcent la santé des sols, des êtres vivants, y compris l’homme et la biodiversité », estiment les responsables de ces organisations. « Mais au fil des ans, un arsenal juridique, imposé par l’industrie agroalimentaire, est mis en place pour obliger les agriculteurs à utiliser des semences non diversifiées. Inconvénient : ces semences nouvelles nécessitent l’utilisation massive d’engrais et de pesticides chimiques de synthèse, en plus des énergies fossiles associées pour les opérations culturales mécanisées dans de grandes étendues de monoculture », dénoncent-ils.

Ces deux organisations ont, dans la foulée, fait trois propositions qu’elles estiment être meilleures pour l’humanité. Il s’agit de la mise en œuvre des droits des agriculteurs. Sur cette question, le Coasp et la Copagen soulignent que l’article 9 du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’agriculture et l’alimentation (Tirpaa), ratifié par la plupart de nos Etats, donne aux agriculteurs et paysans la possibilité de préserver leur autonomie à travers leurs dynamiques de productions/échanges de semences paysannes. La seconde proposition consiste à élargir l’assurance de qualité en soutenant la systématisation des modèles paysans. «En fonction des spéculations, des conditions environnementales et des groupes communautaires, des systèmes de contrôle et de maintien de la qualité ont toujours existé. La recherche et le législateur devraient s’approcher des dépositaires de ce savoir pour les renforcer plutôt que de vouloir mettre en place un système d’assurance unique et favorable exclusivement aux semences chimico-industrielles », soulignent le Coasp et la Copagen. La dernière proposition a trait au financement et à l’amélioration de l’investissement en faveur du développent des systèmes semenciers paysans.

Aliou KANDE

La mutation institutionnelle du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) lancée, le 28 juin dernier, par le Conseil d’administration va permettre, entre autres, de résorber au moins 40 % du gap de financement des Pme.

«La mutation institutionnelle du Fonds de garantie des investissements prioritaires va permettre de promouvoir un cadre approprié et suffisamment normé pour répondre aux nouvelles attentes de l’Etat, des partenaires (Banques, Sfd et autres) mais surtout des principaux bénéficiaires (Pme, Tpe de jeunes et de femmes) », indique un document dont copie nous est parvenu.

Avec cette mutation lancée le 28 juin, le Fongip pourrait devenir un établissement financier. Selon le document, il sera en cohérence «avec l’écosystème actuel composé du Fonsis, de la Bnde, de la Cncas, de la Bhs et de la Cdc et des banques privées. « Avec l’Etat actionnaire unique ou avec la participation de la Caisse de dépôts et de consignations (Cdc) dans le capital, le Fongip serait, à l’issue de ce processus, d'environ douze à dix-huit mois, un établissement financier de cautionnement et de prêt (aux Sfd), agréé par la Bceao et sera sous forme juridique d’une société anonyme à participation publique majoritaire » ; lit-on dans le document. Selon le texte, « ce nouveau statut devrait permettre à l’Etat de se doter d’un instrument financier plus performant et autonome tout en s’assurant, en permanence, de l’orientation de la société dans les secteurs prioritaires du Pse pour une gouvernance adaptée ».

Ainsi, note le document, au moins, 40 % du gap de financement des Pme pourraient être comblés. En 2015, ce gap est estimé à 500 milliards de FCfa, selon le texte. 7 grands fonds sont attendus. Un fonds destiné « à faciliter l’accès aux crédits à long terme pour l’acquisition de logements au profit des personnes à revenus irréguliers et des Sénégalais de la diaspora », « un fonds de garantie destiné au refinancement des marchés publics pour assurer la trésorerie des Pme (Fogamar) ainsi qu’un fonds de garantie destiné aux entreprises exportatrices (Fogarex) qui n'ont aucun soutien financier pour leur développement ». « Un fonds de garantie pour le financement du développement économique local à travers un accompagnement soutenu des activités génératrices de revenus et des projets d’investissement des collectivités territoriales (Fogaville) afin de parachever le financement de l'Acte 3 de la décentralisation ; un fonds de garantie pour le financement des investissements productifs portés par les Sénégalais de l'extérieur (Foharise), et un fonds de garantie pour la bonification des prêts des Sfd (Fonboni) sont attendus », ajoute le texte qui souligne que d'autres fonds thématiques et sectoriels pourraient être développés en fonction de l'évolution de l'économie nationale.

Plusieurs de ces fonds spécifiques sont mis en place depuis 2015 par l'administrateur général du Fongip, Doudou Kâ. Mais « leur mise en œuvre se voit confrontée à des contraintes de mobilisations des ressources pour la trésorerie nécessaire et surtout des contraintes réglementaires liées au statut actuel du fonds ». Les auteurs du document estiment que la prise en charge de la problématique du financement de la Pme doit amener le gouvernement du Sénégal à poursuivre la construction d'un puissant levier public de garantie en phase avec l'ambition définie par le conseil d'administration du Fongip.

Babacar DIONE

Les changements climatiques n’épargnent pas le secteur de la pêche. Le secteur qui subit, de plein fouet, ses conséquences. Avec comme principale incidence la raréfaction de la ressource en plus des intempéries qui sont souvent fatales aux pêcheurs. Une situation à laquelle les pouvoirs publics ont décidé de faire face à travers la mise en place de la plateforme nationale pêche et changement climatique dont la section locale a été lancée, mercredi dernier à Mbour. Cette plateforme est un cadre de concertation fonctionnel qui regroupe tous les acteurs de la pêche : de l’administration des pêches aux acteurs de la recherche universitaire, en passant par les partenaires techniques et financiers comme l’Usaid Comfish, le Pnud et la Fao, entre autres. Bref, tous les acteurs qui peuvent influer favorablement dans le développement de la pêche maritime, a dit Aïssatou Fall Ndoye Guèye, secrétaire générale national de la Plateforme. Mme Guèye soutient que les impacts des changements climatiques sur les activités de la pêche sont nombreux.

Et beaucoup d’études ont montré que ces changements ont une influence non seulement sur l’environnement marin et côtier avec l’érosion côtière ou les effets de la houle, mais aussi il y a les effets sur la ressource qui constitue l’amont sur l’activité pêche. « Et si nous avons des impacts sur l’habitat du poisson avec des stress environnementaux, avec des changements de température, il y a une migration des poissons vers d’autres cieux où il y a des températures plus favorables », a estimé Aïssatou Fall Ndoye Guèye. Il y a également l’acidification des océans qui fait que, pour les récifs coraux qui constituent le refuge des poissons, avec des éléments nutritifs, peuvent avoir des modifications capables de perturber le réseau tropique. Lequel constitue toute la chaine entre la production primaire et la capture du poisson. C’est pourquoi Mme Guèye est d’avis que les acteurs doivent changer de comportements afin de s’adapter à la nouvelle donne.

La lancinante question de la nécessité du port du gilet de sauvetage ou encore le respect des consignes de sécurité avant d’embarquer ont été rappelés aux acteurs pour amoindrir les risques à défaut de les éviter en pleine mer. « C’est désormais une obligation vu les intempéries notées et les événements qui surviennent en mer sous l’effet des changements climatiques et de la houle», a affirmé Mme Guèye.

Ousseynou POUYE

La Banque mondiale a nommé  Hafez Ghanem au poste de vice-président pour la Région Afrique, indique un communiqué de l’institution. Il succède à Makhtar Diop qui devient vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures. Expert du développement ayant à son actif plus de trente années d’expérience, M. Ghanem a pris ses nouvelles fonctions le 1er juillet dernier. Il sera responsable d’un portefeuille régional de plus de 600 projets pour un engagement total supérieur à 71 milliards de dollars. Selon le document, la Banque mondiale poursuivra, sous la houlette de M. Ghanem, son ambitieux programme pour le continent où elle s’attache à promouvoir une croissance inclusive et à réduire la pauvreté en finançant des projets visant à valoriser le capital humain, encourager le développement du secteur privé, accroître la productivité agricole, améliorer l’accès aux infrastructures, renforcer la résilience au changement climatique et promouvoir l’intégration régionale.

Une importance particulière sera également accordée aux programmes et projets offrant des opportunités d’emplois aux jeunes et promouvant l’égalité entre les sexes. La Banque mondiale intensifiera également son action en faveur des pays fragiles ou en conflit.

Hafez Ghanem a travaillé dans plus de trente pays en Afrique, en Europe, en Asie centrale, au Moyen-Orient. Il était vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et dirigeait, à ce titre, le programme de l’institution dans la région, soit un portefeuille de projets, d’assistance technique et de financements représentant plus de 13 milliards de dollars. «Alors que les pays d’Afrique subsaharienne cherchent à accélérer la croissance, mettre fin à l’extrême pauvreté et à mieux s’intégrer à l’économie mondiale, le Groupe de la Banque mondiale reste résolument à leurs côtés pour déployer des stratégies de développement et de financement innovantes », souligne la même source.

Aliou KANDE

Le président de la Banque africaine de développement (Bad), Akinwumi Adesina a créé un prix spécial pour l’excellence en leadership, en mémoire de l’ancienne directrice générale du bureau régional de développement et de prestation de services en Afrique australe, feue Tonia Kandiero, disparue en juin 2017. Selon le communiqué de la Bad, ce prix entend distinguer un membre du personnel de la Banque qui aura démontré un « vrai talent pour guider et inspirer les autres ».

Ce prix, explique-t-on, viendra récompenser celui ou celle qui, au sein de la Banque, sait faire preuve d’innovation, prendre des risques et surtout, présenter des résultats exceptionnels et participer pleinement au dynamisme de la Banque tant à l’interne que dans ses relations avec ses clients. Il s’agit également d’honorer la priorité donnée à l’apprentissage comme volet essentiel de l’aide que la Banque apporte à ses pays membres régionaux, notamment les connaissances acquises pour améliorer la performance de sa prestation de services. Akinwumi Adesina, président de la Bad cité dans le document a qualifié Tonia Kandiero de « véritable leader et d’exemple qui personnifiait un niveau d’excellence rare ». Avant sa nomination au poste de directrice générale de la Bad pour la région de l’Afrique australe, Tonia Kandiero, née au Malawi, a occupé les fonctions de représentante résidente en Tanzanie, chargée de gérer l’un des plus gros portefeuilles bénéficiaires du Fonds africain de développement. Universitaire et chercheure de formation, titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’Université Howard, à Washington, Tonia Kandiero a rejoint la Banque en 2007 comme chercheure-économiste principale. De 2007 à 2009, elle a occupé le poste de chercheure-économiste principale au bureau de l’économiste en chef de la Bad. De 2009 à 2011, elle a travaillé comme macro-économiste en chef, mettant l’accent sur la préparation et la mise en œuvre du premier document de la Bad sur la stratégie d’intégration régionale ainsi que sur des travaux à caractère macroéconomique et sectoriel, relatifs aux échanges commerciaux et à l’intégration régionale. Avant de rejoindre la Bad, Tonia Kandiero avait exercé au Trésor national de l’Afrique du Sud comme directrice de la politique commerciale et de la politique macroéconomique, puis en tant que directrice de la politique de développement global et de l’économie internationale.

Aliou KANDE

La coopération espagnole au Sénégal a dépassé son objectif de 32,7 milliards de FCfa pour atteindre 33 milliards sur la période 2014-2017. L’appui de Madrid a principalement bénéficié aux régions du Nord et à celles de la Casamance naturelle, dans les domaines du développement rural, la promotion de l’équité et de l’égalité de genre, etc.

L’Espagne devait contribuer à hauteur de 32,7 milliards de FCfa dans le cadre de sa coopération avec le Sénégal. A l’arrivée, le royaume a dépassé cet objectif en injectant 33 milliards de FCfa.

Ces chiffres de 2017, provisoires, ont été communiqués, hier, à Dakar, lors de la revue conjointe de la coopération entre les deux pays, faisant le bilan de l’impact de la coopération espagnole sur la période 2014-2017. L’accord de la deuxième Commission mixte de coopération a été signé le 2 décembre 2013. Le Cadre association pays Sénégal-Espagne définit les priorités sectorielles et géographiques « où nous nous sommes proposés d’atteindre la somme de 32,7 milliards de FCfa d’aide officielle au développement à la fin de la période 2014-2017. A l’heure actuelle, l’Espagne a dépassé cet objectif », a déclaré l’ambassadeur espagnol, Alberto Virella, en présence du ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. Ce dernier a salué le caractère prioritaire du Sénégal dans la coopération espagnole. La coopération entre l’Espagne et le Sénégal est l’une des plus actives, estime le ministre et a un effet positif sur les conditions de vie des populations.

Madrid a concentré son action dans les régions riveraines du fleuve Sénégal (Saint-Louis et Matam) et dans celles de la Casamance naturelle (Kolda, Sédhiou et Ziguinchor). La coopération espagnole apporte son appui à travers deux objectifs qui font partie des grands axes du Pse : « consolider le processus démocratique et l’Etat de droit » et « promouvoir des opportunités économiques pour les pauvres ».

Le Nord et la Casamance, principaux bénéficiaires
A propos de l’appui à la gouvernance, l’action espagnole a permis « une évolution significative » des recettes fiscales dans les communes de Bounkiling et Tanaff (région de Sédhiou). 37 souks ont été construits dans les marchés de la région. La coopération espagnole a contribué à la modernisation de 14 bureaux d’état civil dans la région, permis d’enregistrer plus de 100.000 enfants, de renforcer les capacités de 2.500 acteurs locaux et d’équiper 111 centres d’état civil et 312 mécanismes décentralisés de notifications des naissances.

Le développement rural n’a pas été oublié, avec un appui au programme des « Fermes Naatangué », permettant la modernisation de l’agriculture familiale, l’introduction de techniques d’irrigation durable (goutte à goutte), l’incorporation de panneaux solaires, l’amélioration de la sécurité alimentaire, etc. 51 fermes sur un total de 105 ont été réceptionnées, avec 18 % de femmes bénéficiaires. Pour diversifier la production, 318 poulaillers, 475 bergeries, deux fermes piscicoles et 155 étables ont été construits. Dans la lutte contre le changement climatique, 5.143 cuisines améliorées ont été distribuées, réduisant la charge de travail des femmes et la pression sur les ressources naturelles. Ainsi, on a noté une baisse de 45 % de la consommation de bois dans la région de Kolda.

Dans les régions de Saint-Louis et Matam, la Cellule de lutte contre la malnutrition a bénéficié d’un accompagnement. Les interventions ont permis de dépister dans le Nord 21.117 enfants, soit 11,37 % de cette tranche d’âge de 6 à 59 mois à Podor et dans la région de Matam. On a noté un impact positif des dépistages dans 90 % des cas diagnostiqués. Pour améliorer les capacités de stockage des produits agricoles, 27 magasins d’une capacité totale de 16.420 tonnes sont sortis de terre. Soit une capacité de stockage équivalant à 46 % du potentiel stockable dans la vallée du fleuve, principalement à Dagana.

Pour la promotion de l’équité et de l’égalité du genre, 87 % des personnes formées sont des femmes. Aussi, on note que 95 % des personnes bénéficiaires de formation en techniques durables d’irrigation sont des femmes. 207 puits ont été creusés pour l’irrigation. Autant d’actions qui ont fait dire au ministre Amadou Bâ que la coopération espagnole s’est intensifiée ces dernières années.

Malick CISS

La mangue sénégalaise est devenue, depuis quelques temps, une véritable niche sur le marché international. Les récentes statistiques indiquent que 17 168 tonnes de mangues ont été exportées en 2017, toutes destinations confondues, contre 6.000 tonnes en 2014.

La campagne horticole bat son plein en ce qui concerne la mangue sénégalaise. Pour s’en rendre compte, il faut juste faire un détour dans les Niayes, principale zone de production de la mangue au Sénégal. A Sangalkam, par exemple, l’activité est rythmée, depuis le 30 juin dernier, par la récolte des mangues dans tous les vergers de la contrée. Ici, le conditionnement est devenu une réalité pour nombre d’acteurs de la commercialisation, notamment les exportateurs. Contrairement à une rumeur qui a circulé dans la presse ces dernières semaines, les autorités chargées de veiller au respect des normes dans la filière, tiennent à préciser que l’exploitation de la mangue sénégalaise sur le marché de l’Union européenne (Ue) n’est pas interdite.


Au contraire, la mangue sénégalaise est devenue une véritable niche sur l’international. Une embellie confirmée par les récentes statistiques indiquant que les exportations de mangues sur le marché international ont atteint la barre des 17.168 tonnes dont 75 % en direction de l’Union européenne, en 2017, contre 6.000 tonnes en 2014. Selon les statistiques, les volumes exportés vers l’Union européenne ont été multipliés par 16 en 18 campagnes avec un taux de croissance moyen annuel de l’ordre de 19 % de 2000 à 2017.

63% de la production horticole
Durant cette campagne, plus d’une trentaine de certificats d’origine pour la mangue sénégalaise ont été délivrés par les services de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex), indique un communiqué. Des pays de l’Union européenne comme la France, la Hollande, l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne, restent les destinations les plus convoitées par les exportateurs de mangue au Sénégal.

Une étude sur le secteur indique que la production de mangue au Sénégal a enregistré un bond qualitatif en passant de 120.000 tonnes à 130.000 tonnes en l’espace d’une année, soit environ 63 % de la production horticole. Le même document estime les superficies couvertes par les vergers de mangue à environ 25.000 hectares dans la zone des Niayes. De 1998 à 2016, les exportations de mangue au Sénégal sont passées de 288 tonnes à 16.000 tonnes en 2016 pour un chiffre d’affaires estimé à 10 milliards de FCfa, selon l’Asepex. « La filière est devenue une véritable mine d’or pour ses acteurs », estime Amacodou Diouf, directeur général de « Buur Sine international », qui s’active dans l’exportation de mangue.

Dossier de Seydou Prosper SADIO

LE CONTRÔLE QUALITÉ, UN FACTEUR DÉTERMINANT
ManguiersEn raison de la présence constatée, ces dernières années, de la mouche des fruits, communément appelée mouche blanche et de l’augmentation du nombre des interceptions des lots de mangues aux frontières de l’Union européenne (Ue), il est demandé à tous les pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de mettre en place des mesures correctives de contrôle qualité et des plans d’actions pour le respect des normes.

A ce propos, le Sénégal a mis à contribution la Direction de la protection des végétaux (Dpv) pour lutter contre le phénomène sur le terrain. « A la date du 4 juillet 2018, nous n’avons enregistré que deux notifications d’interceptions de conteneurs destinés à l’exportation pour des raisons de non-conformité phytosanitaire et d’absence de certificat d’origine », a déclaré Abdoulaye Ndiaye de la Dpv.

Pour éviter que cette campagne ne soit compromise à cause des notifications de non-conformité, de nouvelles dispositions pour renforcer le système de traçabilité et d’archivage des opérations d’inspection et de certification phytosanitaire, ont été mises en place par la Dpv, a-t-il souligné. Il s’agit de répondre aux exigences des partenaires commerciaux et de veiller à la réputation de «l’Origine Sénégal», a indiqué le technicien.

Cette année, la présence régulière des services d’inspection et de contrôle de la Dpv, dans les stations de conditionnement et le retraçage de toutes les activités de certification phytosanitaire ont été également des mesures prises par l’Etat. Un manuel de procédure a été aussi soumis aux acteurs de la filière. Abdoulaye Ndiaye indique que le document décrit l’organisation et les modalités pratiques de mise en œuvre du système d’inspection et de certification phytosanitaires des mangues fraîches destinées à l’exportation vers l’Union européenne et les pays hors Afrique. Il fournit des informations sur les exportateurs de mangues vers l’Ue et les pays hors Afrique, des fiches d’évaluation et des procédures de catégorisation basées sur le profil à risque des exportateurs de mangues ainsi que le traitement des notifications de non-conformité phytosanitaire, nous renseigne-t-on. Ces opérations permettent à la Direction de la protection des végétaux de disposer d’informations fiables, dans les 72 heures, avant chaque conditionnement par le concours des agents déployés sur le terrain, selon le chef de la division législation phytosanitaire et de la quarantaine de la Dpv.

Outre ces mesures, certaines entreprises de conditionnement reçoivent des visites régulières des structures européennes spécialisées dans la certification comme l’agence allemande Kiwabcs qui, selon Amacodou Diouf, effectue, au moins, trois descentes annuelles sur le terrain pour recueillir des données concernant la conformité des itinéraires techniques de la production dans les vergers. « Du 15 mai au 2 juillet 2018, les agents de la Dpv ont été présents 135 fois dans les stations de conditionnements », note Abdoulaye Ndiaye. Il ajoute, en outre, que la Dpv et les structures dédiées peuvent procéder à l’arrêt immédiat de la délivrance de certificat phytosanitaire pour tout exportateur qui enregistre trois notifications de non-conformité phytosanitaire.

S. P. SADIO

DES EFFORTS POUR MIEUX SE POSITIONNER À L’INTERNATIONAL
Si pour certains les bonnes performances de la mangue sénégalaise sonnent comme une réussite, pour d’autres, cela ne doit pas cacher des difficultés de la filière telles que le manque d’organisation, le respect des normes phytosanitaires, etc.

Les bonnes performances engrangées par la filière mangue, depuis un certain temps, ne doivent pas occulter tout le travail qui reste à faire pour mieux positionner le label sénégalais sur le marché international, en Europe particulièrement, estime Amacodou Diouf, directeur général de « Buur Sine international ».

Selon M. Diouf, il s’agit de veiller au respect des normes pour améliorer l’offre exportable en quantité et en qualité. Il déplore également le manque d’organisation noté dans la filière surtout en ce qui concerne les exportations. « Certains hommes d’affaires évoluant dans le secteur doivent veiller davantage à se conformer aux normes phytosanitaire exigées par le marché international et sauvegarder la renommée de la production sénégalaise », a déclaré M. Diouf. Il appelle à « plus d’honnêteté » et estime que la mangue est l’une des filières les plus dynamiques du secteur horticole au Sénégal. Amacodou Diouf n’a pas manqué d’inviter les acteurs à miser sur le conditionnement et la transformation pour créer plus de valeur ajoutée à la mangue sénégalaise. A cet effet, le patron de « Buur Sine international » invite les banques nationales à accompagner davantage les acteurs pour booster les investissements dans le secteur horticole au Sénégal.

S. P. SADIO

Kent BioLA KENT BIO, UNE VARIÉTÉ TRÈS PRISÉE
A Sangalkam, on a pu constater, de visu, les efforts que certaines entreprises de conditionnement sont en train de fournir pour répondre aux normes édictées par les marchés internationaux ouverts à la production sénégalaise. La mangue Kent sénégalaise reste l’une des variétés les plus prisées en Europe, selon Thioro Pouye, responsable de l’unité de conditionnement de Buur Sine international, une entreprise qui s’active dans l’exportation des fruits et légumes en Allemagne. Dans ce marché, Buur Sine international a déjà réussi à exporter plus de 300 tonnes de mangues Kent bio sur un objectif de 700 tonnes, cette campagne, a souligné Amacodou Diouf, directeur général de ladite entreprise. L’intensité de l’activité dans la zone des Niayes traduit, selon le chef de la division de la Législation phytosanitaire et de la Quarantaine des plantes de la Direction de la protection des végétaux (Dpv), Abdoulaye Ndiaye, que la campagne se passe dans une bonne atmosphère. A la date du 2 juillet 2018, les volumes exportés s’élevaient à 2.818 tonnes dont 2.118 tonnes vers l’Union européenne.

S. P. SADIO

LE MARCHÉ AMÉRICAIN TOUJOURS IMPÉNÉTRABLE
Interpellé sur le cas du marché américain encore fermé aux exportations de mangues sénégalaises, le chef de la division Phytosanitaire et de la Quarantaine des plantes de la Dpv, soutient que la seule contrainte reste liée à l’exigence de fumigation (traitement chimiques contre les mouches de fruits) qui est une pratique non encore utilisée par le Sénégal. « Le Sénégal n'exporte donc pas encore de mangue aux Etats-Unis », confirme-t-on à l’Asepex. L’African growth and opportunity act (Agoa) n’a pas encore réussi à booster les exportations sénégalaises de fruits et légumes sur le marché des Etats-Unis, selon les acteurs. Sur 6.000 produits acceptés sur le marché américain par l’Agoa, une soixantaine est exportée par le Sénégal, selon une étude.

Dossier de Seydou Prosper SADIO

Le Projet de mise à l’échelle de technologie de lutte contre les mouches et autres maladies ravageurs de la mangue a été lancé, hier, à Thiès, en présence de la directrice générale de l’Ancar, de l’adjointe au gouverneur et de plusieurs responsables de la filière.

Financé par l’Etat du Sénégal à travers le Fonds national de recherches agricoles et agro-alimentaires (Fnraa), pour un montant de 300 millions de FCfa, le Projet de mise à l’échelle de technologie de lutte contre les mouches et autres maladies ravageurs de la mangue va durer trois ans. « Ce projet fait suite à un autre qui a été financé dans le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Waapp) et qui avait produit des résultats importants en termes de réduction de pertes. Ses résultats devaient être mis à l’échelle, c’est-à-dire que nous devons faire en sorte qu’il y ait un taux de pénétration plus important dans les différents bassins de production de la mangue au Sénégal mais aussi prendre en compte les autres chaînes de valeur de la production », a déclaré la directrice de Ancar/zone des Niayes, Binta Mbengue Dièye.

Selon elle, en plus de la mouche de mangue, il y a l’apparition de nouvelles maladies aussi problématique pour la valorisation, la transformation. Seulement 2 % des productions de mangue sont transformées. « Il y a également l’équation de la faible production due au fait que les vergers ne sont pas bien entretenus. Ce sont toutes ces problématiques que ce nouveau projet veut prendre en charge à travers des renforcements de capacité pour la meilleure gestion des maladies et ravageurs dans leur globalité mais également l’accompagnement des femmes transformatrices dans la formation et l’amélioration de leurs conditions de travail. Le volet recherche est bien pris en compte avec l’Isra et l’Université Gaston Berger (Ugb) qui vont aider dans l’identification des variétés produites au Sénégal », a souligné Mme Dièye.

Le directeur du Fnraa estime que le financement de ce projet résulte d’une volonté affichée par les plus hautes autorités de ce pays particulièrement le Premier ministre qui leur a instruit, sur la base d’une cinquantaine de projets qu’ils avaient proposés, de financer celui-ci sur fonds propres. « L’idée est de faire en sorte que les résultats et les acquis du premier projet soient consolidés et amplifiés. C’est la raison pour laquelle, après des critères discriminants très sélectifs, ce projet a été retenu pour prendre en charge les préoccupations de ce secteur en relation avec la politique agricole du pays. Il y a des réussites dans la première phase, mais ce qui nous intéresse le plus, c’est ce qui reste à faire », a fait savoir le Dr Pape Sall. Il a noté que l’environnement concurrentiel incite à s’inscrire dans une dynamique de qualité. Et pour cela, de gros efforts sont à faire pour accompagner les producteurs et les transformateurs pour qu’ils puissent répondre aux normes de qualité imposées par les pays importateurs. « C’est-à-dire qu’à chaque segment, on arrive à apporter un plus. Non seulement il y a les bonnes pratiques qu’il faut consolider et renforcer, mais aussi sur le plan de la présentation, il y a tout un dispositif qui a été mis en place pour répondre à ces normes. Les consommateurs deviennent de plus en plus exigeants parce qu’il y a des problèmes de santé publique qui se posent à tous les niveaux », a-t-il laissé entendre.

Ndiol Maka SECK

16% DES EXPORTATIONS EN FRUITS ET LÉGUMES EN 2017
La filière mangue est l’une des chaines de valeurs du secteur agricole disposant d’un potentiel intéressant. Selon un document de l’Ancar, en termes de quantité, la mangue représente 50,7 % sur une production totale en fruits de 253.000 tonnes. Elle mobilise 23.600 acteurs dont 44 % de femmes. Le volume des exportations en 2017 est de 17.168 tonnes sur un total d’exportation de légumes estimé à 106.000 tonnes, soit 16%.Toutefois, tout le potentiel d’exportation estimé à 50.000 tonnes n’est toujours pas exploité.

Nd. M. SECK

LES ACTEURS DE L’HORTICULTURE : « LE SÉNÉGAL EST DANS LE LOT DES PAYS MIS EN DEMEURE PAR L’UE »
La mangue est leader en termes de volumes des produits exportés par le Sénégal. Il est aussi le premier fruit produit au Sénégal. Cependant, la filière risque de perdre ce leadership. Avec plus de 20 interceptions en 2017, notre pays a rejoint le groupe des pays mis en demeure par l’Union européenne pour la mauvaise qualité de ses mangues atteintes par la mouche dénommée « mouche de quarantaine ». Selon Cheikh Ngane, producteur-exportateur, président de la Coopérative fédératrice des acteurs de l’horticulture et président du Comité national de lutte contre la mouche de fruit sur la mangue, « depuis 2005, nous avons eu la mouche de fruit qui est entrée dans la zone Cedeao ». « C’est vrai que nous n’avons pas démarré l’exportation en même temps que la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Burkina Faso qui ont commencé bien avant nous. Mais nous avons eu la chance de les rejoindre et de nous placer juste après la Côte d’Ivoire en termes de volume. Mais avec la mouche, les pays qui reçoivent nos mangues deviennent de plus en plus réticents », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’Europe, le principal marché, a durci les conditions. « Par exemple, un conteneur, c’est 20 tonnes et si l’inspecteur voit qu’une seule mangue est piquée, vous perdez la cargaison.

C’est ce qu’on appelle interception, c’est-à-dire que ça ne rentre pas dans le pays et la marchandise est détruite. En plus de cela, vous êtes surveillés. C’est ce qui fait que ces dernières années, les autres pays ont reçu des lettres de mise en demeure. Il n’y avait pas encore trop d’interception chez nous. Mais depuis l’année dernière, nous avons rejoint le peloton dans les dégâts », a fait savoir M. Ngane. A l’en croire, cette année, au Sénégal, les exportateurs se sont dits que s’il y a six interceptions, ils arrêtent. « Mais aujourd’hui, nous avons à peine démarré et nous avons eu deux interceptions. Cela veut dire que nous sommes sur une liste rouge », a regretté l’exportateur.

Nd. M. SECK

Le directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex), Dr Malick Diop, a démenti les informations faisant état d’une « supposée interdiction » des exportations de la mangue sénégalaise aux Etats-Unis, par les autorités américaines, à cause d’infestation de celle-ci par la mouche blanche.

Selon lui, « la mangue sénégalaise est de « qualité labélisée » conforme aux normes et est « l’une des meilleures signatures » en Europe ». Toutefois, il a précisé que « le Sénégal refuse de se soumettre à la fumigation imposée comme conditionnalité par les Etats-Unis d’Amérique (Usa) pour faire entrer la mangue dans son territoire, avançant que l’acceptation de cette condition « peut toucher à la crédibilité même du made in Sénégal ». « Le problème est que les Américains veulent que la mangue soit fumigée avant d’entrer dans leur marché, alors que nous ne sommes pas pour cette option. Nous refusons cela pour la simple raison que la mangue made in Sénégal est d’une qualité labellisée, au goût très agréable et exempte de mouche de fruit », explique-t-il. « Si l’on accepte que notre mangue soit fumigée dans ces zones, alors que ce sont des exportations epsilones, cela peut toucher à la crédibilité même du made in Sénégal », insiste Dr Malick Diop.

Selon le directeur général de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex), « en Europe, le Sénégal est dans le lot des pays qui ont le plus de crédibilité, l’une des meilleures signatures ». «Il n’a jamais été question d’une inscription du Sénégal sur une liste rouge par les importateurs européens ; c’est archi faux », précise-t-il. Dr Malick Diop ajoute : « nous sommes en train d’augmenter, de manière substantielle, les exportations sénégalaises». Il a soutenu que le quota de mangues exportées en Europe est passé de 8.500 tonnes à 11.500 tonnes, puis de 15.000 t à 17.000 tonnes. Pour maintenir le cap et conforter cette dynamique de performances, il dit que le Sénégal a travaillé, ces derniers jours, pour améliorer davantage la qualité, notamment pour éviter la mouche blanche ou autre. A l’en croire, « le dispositif de contrôle est fait de telle sorte que, dans les zones de conditionnement de la mangue, il y a la présence obligatoire d’un agent de la Direction de la protection des végétaux (Dpv) qui s’occupe de la vérification de la qualité de la mangue à exporter, conformément aux normes édictées».

Revenant sur le marché américain, Dr Malick Diop rappelle que le Sénégal bénéficie de « l’American groath opportunity act (Agoa) ». «Théoriquement, on peut exporter de la mangue vers les Etats Unis», dit-il.

Mamadou Lamine DIEYE

La filière mangue est l’une des chaines de valeurs du secteur agricole disposant d’un potentiel intéressant. Selon un document de l’Ancar, en termes de quantité, la mangue représente 50,7 % sur une production totale en fruits de 253.000 tonnes. Elle mobilise 23.600 acteurs dont 44 % de femmes. Le volume des exportations en 2017 est de 17.168 tonnes sur un total d’exportation de légumes estimé à 106.000 tonnes, soit 16%.Toutefois, tout le potentiel d’exportation estimé à 50.000 tonnes n’est toujours pas exploité.

Nd. M. SECK

La mangue est leader en termes de volumes des produits exportés par le Sénégal. Il est aussi le premier fruit produit au Sénégal. Cependant, la filière risque de perdre ce leadership. Avec plus de 20 interceptions en 2017, notre pays a rejoint le groupe des pays mis en demeure par l’Union européenne pour la mauvaise qualité de ses mangues atteintes par la mouche dénommée « mouche de quarantaine ». Selon Cheikh Ngane, producteur-exportateur, président de la Coopérative fédératrice des acteurs de l’horticulture et président du Comité national de lutte contre la mouche de fruit sur la mangue, « depuis 2005, nous avons eu la mouche de fruit qui est entrée dans la zone Cedeao ». « C’est vrai que nous n’avons pas démarré l’exportation en même temps que la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Burkina Faso qui ont commencé bien avant nous. Mais nous avons eu la chance de les rejoindre et de nous placer juste après la Côte d’Ivoire en termes de volume. Mais avec la mouche, les pays qui reçoivent nos mangues deviennent de plus en plus réticents », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’Europe, le principal marché, a durci les conditions. « Par exemple, un conteneur, c’est 20 tonnes et si l’inspecteur voit qu’une seule mangue est piquée, vous perdez la cargaison. C’est ce qu’on appelle interception, c’est-à-dire que ça ne rentre pas dans le pays et la marchandise est détruite. En plus de cela, vous êtes surveillés. C’est ce qui fait que ces dernières années, les autres pays ont reçu des lettres de mise en demeure. Il n’y avait pas encore trop d’interception chez nous. Mais depuis l’année dernière, nous avons rejoint le peloton dans les dégâts », a fait savoir M. Ngane. A l’en croire, cette année, au Sénégal, les exportateurs se sont dits que s’il y a six interceptions, ils arrêtent. « Mais aujourd’hui, nous avons à peine démarré et nous avons eu deux interceptions. Cela veut dire que nous sommes sur une liste rouge », a regretté l’exportateur.

Nd. M. SECK

L'Africa finance Corporation, l'institution financière de développement des infrastructures leader en Afrique, a annoncé la nomination de Samaila D. Zubairu en qualité de 3ème président-directeur général du groupe. Il succède à Andrew Alli dont le mandat prend fin. La nomination de M. Zubairu clôt un processus de recherche de six mois au cours duquel plus de 100 personnes ont posé leur candidature pour ce poste. Le nouveau Pdg de Afc a été le premier directeur financier de Dangote Cement Plc, période durant laquelle il a lancé le plus grand mécanisme syndiqué de financement de projets pour une entreprise locale afin de concrétiser le projet Obajana Cement. Il a géré l’ouverture à la concurrence du bassin hydrographique de Dangote Industries Limited à des filiales cotées à la Bourse nigériane. M. Zubairu se dit conscient de la position qu'occupe l'Afc, sur le marché, la mieux placée pour surmonter les défis liés à l'infrastructure multi sectorielle en Afrique. Dr. Okwu J. Nnanna, président du conseil d'administration de l'Afc, a salué les qualités exceptionnelles du nouveau Pdg en matière de création et de réalisation de marchés et de levée de fonds, qui continueront de faciliter la capacité de l'Afc à offrir un changement transformateur par l'intermédiaire de l'investissement dans les infrastructures alors que l'organisation entre dans une nouvelle ère.

Abdou DIAW

Les systèmes financiers décentralisés (Sfd) contribuent à hauteur de 10% au crédit de l’économie nationale. Une performance magnifiée, hier, par le ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ, à l’ouverture de la rencontre de concertation entre la direction de la Réglementation et de la supervision des systèmes financiers décentralisés (Drs-Sfd) et l’association des professionnels des Sfd.

En 2017, les dépôts des systèmes financiers décentralisés (Sdf) ont atteint 307 milliards de FCfa et l’encours de crédits 363 milliards de FCfa, soit 10% du crédit à l’économie. Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, indique que ces résultats sont rendus possibles grâce à une bonne présence des Sfd sur le territoire national avec 897 points de service. Il a présidé, hier, la rencontre entre la direction de la réglementation et de la supervision des Sfd et l’association des professionnels de ces structures. Le ministre a salué la contribution importante des Sfd dans l’inclusion financière et surtout dans l’économie nationale. Le président de l’Ap/Sfd, Mamadou Lamine Guèye, s’est réjoui des avancées notoires enregistrées dans le secteur en termes d’accès au financement et de lutte contre la pauvreté. Toutefois, malgré ces performances, les professionnels du secteur sont toujours confrontés à des difficultés, a déploré M. Guèye.

Celles-ci sont liées, entre autres, au dispositif prudentiel de la réglementation, à un manque de visibilité (fiscale), à un problème d’accès aux ressources financières. A ses yeux, ces contraintes ont une incidence négative sur la viabilité financière et le développement institutionnel et organisationnel des Sfd. A cet égard, il a plaidé pour la levée des contraintes fiscales, l’encadrement des interventions directes de l’Etat, la mutualisation des ressources des différents fonds étatiques à travers la mise en place d’un fonds national pour l’inclusion financière, etc.

Politique de redistribution
Pour le ministre de l’Economie solidaire et de la Microfinance, Aminata Angélique Manga, cette journée de concertation constitue un « espace d’échanges sur les défis et enjeux de la micro finance », avant de solliciter un appui pour la mobilisation des ressources nécessaires à l’exécution des programmes de son département comme le Programme de promotion de la micro finance islamique (Promise) d’un montant de 47 milliards de FCfa, la Plateforme d'appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora sénégalaise (Plasepri II), le Programme national d’éducation financière et le mobile banking. Le secteur de la micro finance est à la croisée des chemins, a rappelé son collègue de l’Economie. Dans cette perspective, Amadou Bâ a assuré que son département compte accompagner les Sfd pour « engager les réflexions sur les problématiques liées notamment à la fiscalité et au financement ainsi qu’à la mise en place d’un cadre réglementaire propice à la consolidation et à l’émergence d’un secteur de la micro finance plus inclusif et porteur de changements notoires pour l’économie et pour les populations ».

La conseillère technique du directeur national de l’Agence de la Bceao, Astou Lô Ndiaye, a rappelé que son institution a érigé l’inclusion financière au rang de ses priorités car permettant, à son avis, d’atteindre « une croissance inclusive et une économie sociale ». L’année sociale décrétée par le Sénégal ne pourra se faire sans une inclusion financière, ajoute-t-elle. Le délégué général à l’Entrepreneuriat rapide (Der), Pape Amadou Sarr, a indiqué que les Sfd apparaissent comme un « partenaire incontournable dans la mise en œuvre des stratégies et des objectifs de la Der.

Seulement, il a déploré « le taux d’intérêt appliqué par les institutions de micro finance qui frise l’usure ». Dans cette optique, souligne-t-il, la Der souhaite travailler « avec les personnes qui ne sont pas bancables ou qui n’ont pas accès au service financier en leur accordant des ressources à un taux d’intérêt de 6, 7 ou 8% ; et leur permettant d’être de potentiels clients pour les Sfd. « La Der se veut un système catalyseur », explique-t-il, tout en militant pour une « meilleure politique de redistribution des ressources ».

Souleymane Diam SY

Dans son initiative « Orange Corners », l'ambassade des Pays-Bas au Sénégal a organisé, hier, dans sa résidence, à Dakar, sa première discussion interactive sur l'entrepreneuriat, en présence de jeunes porteurs de projets, des représentants des institutions de l’Etat et des écoles de formation. Ces acteurs ont échangé sur le thème : « Quel rôle pour le gouvernement dans l’écosystème des startups ? ». Selon l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Theo Peters, le Sénégal dispose d'un potentiel énorme afin de créer un environnement encore plus dynamique pour les entrepreneurs.

Le diplomate a lancé cette initiative afin de rassembler les acteurs de l'écosystème et de discuter des défis, des obstacles et des solutions de l’entrepreneuriat. « Les entrepreneurs jouent un rôle clé dans le développement économique du Sénégal en créant des solutions innovantes qui ont un impact positif », a indiqué M. Peters. Pour lui, contribuer à l'entrepreneuriat en Afrique fait partie de la politique ambitieuse des Pays-Bas en matière d'aide, de commerce et d'investissement visant à trouver des solutions gagnant-gagnant à l'échelle mondiale. C'est pourquoi, justifie-t-il, le Royaume des Pays-Bas a développé Orange Corners (référence à la couleur nationale de ce pays), une initiative visant à contribuer à un écosystème entrepreneurial florissant en Afrique, qui renforce les compétences, la confiance. « Aux Pays-Bas, nous croyons qu’investir dans l’entrepreneuriat en Afrique, c’est investir dans l’avenir. Il y a un écosystème pour l’entrepreneuriat où tous les acteurs ont un rôle à jouer ; ce sont les universités, les instituts de formation, les entrepreneurs, les entreprises, le gouvernement… Chacune de ces parties doit jouer le rôle qui lui revient pour promouvoir l’emploi des jeunes », a soutenu l’ambassadeur. Des structures de l’Etat telles que la Délégation à l’emploi rapide (Der), l’Adepme ont pris part à cette rencontre.

Abdou DIAW

Le ministre de l’Industrie et de la Petite et Moyenne industrie s’est rendu, jeudi, à la Nouvelle société textile sénégalaise (Nsts) pour s’enquérir des difficultés que traverse cette entreprise. Il a annoncé de nombreuses pistes de sortie de crise qui seront mises en œuvre pour une relance définitive de la Nsts.

Le ministre de l’Industrie et de la Petite et Moyenne industrie a visité, avant-hier, la Nouvelle société textile sénégalaise (Nsts). Moustapha Diop a trouvé une Nsts à l’arrêt depuis plus de 8 mois. Même si un plan de relance a été annoncé depuis 2015, la société tourne au ralenti. Le directeur de la société, Ibrahima Macodou Fall qui a accueilli le ministre et sa délégation informe que des investissements importants ont été réalisés pour l’achat de machines. M. Fall a voulu les montrer à ses hôtes du jour. Grâce à l’intervention de l’Etat, la Nsts a pu se relancer avec le démarrage de l’activité de filature. Le tissage qui nécessite de gros investissements, n’a toujours pas repris. Le ministre Moustapha Diop, après avoir fait le tour de la société, a pu noter que « la Nsts est au bord du gouffre ». Dans les salles, certaines machines, à l’arrêt depuis très longtemps, sont recouvertes de poussière. Même si elles peuvent toujours fonctionner, elles nécessitent un grand nettoyage. L’arrêt de la Nsts, selon le ministre de l’Industrie, est dû au « non renouvellement de la ligne de crédit annuel de 400 millions de FCfa par la Bnde ». Pour la relance de l’usine, la Banque nationale de développement économique (Bnde) donnait 400 millions de FCfa. Cependant, celle-ci n’a pas respecté ses engagements de remboursement. Ainsi, la banque a fini par ne pas renouveler cette ligne de crédit.

A cause de cet arrêt, informe le ministre, plus de 160 employés sont au chômage. Toutefois, il indique que le gouvernement est déterminé à aider la Nsts à sortir de cette situation. A la date du 9 mai 2018, rappelle-t-il, le comité de restructuration des entreprises en difficulté s’est réuni pour se pencher sur le cas de cette société. Lors de cette rencontre, révèle le ministre, plusieurs solutions de sortie de crise ont été proposées. La première, dit-il, est d’amener la Bnde à accepter d’acquérir une partie du foncier de la Nsts pour recouvrer ses créances. La deuxième proposition a été de demander à la Nouvelle société textile sénégalaise d’accepter de vendre son foncier hors usine pour financer son fonds de roulement. Le comité de relance des entreprises en difficulté avait aussi proposé l’entrée du Fonsis dans l’actionnariat de la Nsts pour contrôler l’activité. La dernière proposition de sortie de crise, ajoute Moustapha Diop, est de négocier avec la Bnde pour qu’elle puisse refinancer le fonds de roulement. « Pour le besoin en fonds de roulement, dès ce lundi, nous avons une réunion avec le directeur de la Nsts pour voir comment lever des fonds sur le marché financier permettant à la Nsts de redémarrer très rapidement ses activités », indique le ministre.

Aliou Ngamby NDIAYE

Le rapport 2018 sur l’Indice de transparence de l’aide publié par «Publish what you fund » (Publiez ce que vous financez) classe la Banque africaine de développement (Bad) au quatrième rang parmi quarante-cinq organisations de développement. Selon un communiqué reçu à notre rédaction, l’institution financière gagne six places par rapport à 2016. Ce classement récompense l’amélioration des capacités opérationnelles de la Banque ainsi que l’efficacité de ses systèmes et de ses processus. « La Banque africaine de développement respecte, en effet, des exigences de qualité dans la préparation de ses rapports et elle observe les règles de divulgation de ses programmes, projets, aides et interventions financières », indique le communiqué. L’Indice de transparence de l’aide (Ati) est la seule évaluation indépendante de la transparence de l’aide au sein des principales agences humanitaires et de développement. Il exige une publication rapide et précise, complète et proactive de toutes les formes d’aide et d’activités de développement qui y sont liées. L’indice a révélé que bien que les organisations fournissent des informations sur les objectifs de leurs opérations, seules quatre institutions financières de développement (Ifd) – la Banque asiatique de développement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement –, publient des détails ou des résumés concernant les estimations d’impact, les documents d’évaluation et d’analyse ainsi que les résultats des avant-projets.

Réagissant à ce classement, le président de la Bad, Akinwumi Adesina déclare : « des relations proactives avec les parties prenantes et une gouvernance ancrée dans la transparence sont déterminantes et elles sont au centre de notre action. Toute notre action vise à obtenir des résultats qui font de la Banque africaine de développement la principale institution de financement du développement en Afrique. Ce récent classement dans l’indice mondial de la transparence de l’aide illustre le respect par la Banque de ses priorités stratégiques et de son engagement indéfectible en faveur du programme de développement et de transparence de l’Afrique ». Signataire de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (Iita) depuis avril 2011, la Banque a récemment lancé un portail qui concerne ses projets.

Aliou KANDE


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