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Affaires et Finances (1521)

La capitale Sénégalaise abrite une « Foire des Métiers du Futur » à l’initiative de l’Ong Ashoka-Sahel. La rencontre qui se tient ce 25 mars 2017 permettra de réfléchir sur les réponses à apporter au chômage qui touche environ 12,9 % des jeunes au Sénégal où 60% de la population a moins de 20 ans. A travers cette initiative, Ashoka-Sahel vise, selon un communiqué, à promouvoir une nouvelle façon de penser les voies de l’avenir professionnel des jeunes. Les organisateurs comptent également saisir l’opportunité pour interpeller les autorités et divers acteurs de la société sur la question des métiers du futur. L’évènement verra la participation de plus d’une centaine d’étudiants, de lycéens, d’acteurs de la société civile, de responsables d’entreprises privées et publiques. Ils espèrent en faire un cadre à travers lequel les entrepreneurs partageront avec les jeunes leurs expériences à travers divers canaux et activités. « Cette rencontre permettra aussi de montrer le savoir-faire des entrepreneurs sociaux et entreprises privées dans la recherche de solutions aux problèmes de l’emploi des jeunes au Sénégal », a déclaré Coumba Touré, représentante régionale d’Ashoka pour le Sahel. Partout à travers le monde, le développement des technologies, du numérique, de la robotique… est en train de changer de manière significative la nature de certains métiers. «Nous comptons, à travers cette rencontre, informer sur les besoins de notre société dans les années à venir. Nous voulons aussi d’une certaine manière provoquer un esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes », a-t-elle ajouté.

Ashoka Sahel avait organisé les 18 et 19 décembre 2015 des journées de réflexion sur le thème : « Ré-imaginer le changement dans l’éducation et l’emploi des jeunes », avec la participation de nombreux acteurs et experts ainsi que des entrepreneurs du secteur de l’éducation. Présente à Dakar depuis 1992, Ashoka Sahel s’active dans la promotion de l’entrepreneuriat social à travers diverses activités. Pour la foire du 25 mars 2017, qui se tiendra à la « Place du souvenir », en plus d’un panel, le programme offrira aux jeunes participants la possibilité de rencontrer des innovateurs ou entrepreneurs sociaux.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime et son homologue gambien James F. P. Gomez ont signé, hier, des accords de pêche. Les deux parties se sont engagées à promouvoir et à développer l’aquaculture, à travers des projets communs.

De nouveaux accords de pêche ont été signés, hier, entre le Sénégal et la Gambie. A travers ces accords, les deux gouvernements représentés par les ministres de tutelle se sont engagés à mettre l’accent sur « la nécessité de prendre en compte la gestion durable des pêches, de lutter contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (Inn), de promouvoir l’évaluation et la connaissance des stocks des ressources, de développer l’aquaculture et d’encourager les opérateurs privés à une plus grande participation pour renforcer leurs liens d’amitié et de fraternité. Les deux parties se sont également engagées à promouvoir et à développer l’aquaculture, à travers des projets communs et à encourager les initiatives privées dans ce domaine.

Le ministre sénégalais de la pêche a exprimé ses remerciements à son homologue gambien, James F.P. Gomez, pour l’accueil « chaleureux et fraternel » qui lui a été réservé, ainsi qu’à toute la délégation qui l’accompagne.

Auparavant, les deux ministres ont eu un tête-à-tête et coprésidé une séance de travail élargie aux deux délégations. Ils ont renouvelé leur engagement à faire du secteur de la pêche, de l’aquaculture et des activités connexes « un axe stratégique de la coopération entre les deux pays », compte tenu de l’importance de ces deux secteurs pour le développement socioéconomique et la sécurité alimentaire.

Les experts des deux pays ont eu plusieurs séances de travail au cours desquelles ont été discutées les questions relatives, entre autres, aux redevances des licences de pêche, aux possibilités de pêche, à la gestion des ressources halieutiques, au débarquement des poissons, à l’embarquement des marins, à la promotion de l’aquaculture, au développement du partenariat privé, à la formation, à l’appui pour l’obtention de l’agrément à l’export, la certification sanitaire et à la recherche halieutique. La partie sénégalaise s’est engagée à offrir, chaque année, cinq bourses de formation dans le domaine de la pêche, de l’aquaculture et des affaires maritimes ainsi que des stages professionnels, pour toute la durée de validité de l’Accord. Cet accord permettra à la partie gambienne de « bénéficier de l’expertise sénégalaise en matière d’immatriculation des embarcations de pêche ».

La signature de l’accord, selon le communiqué final de cette rencontre, est « une concrétisation des très hautes instructions des deux chefs d’État gambiens et sénégalais », exprimées lors de la visite officielle au Sénégal du président Adama Barrow du 02 au 04 mars 2017. «Les deux chefs d’État, tenant compte des liens historiques et multiséculaires très forts entre le Sénégal et la Gambie se sont engagés à renforcer la coopération bilatérale notamment dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture, au bénéfice des deux peuples », indique le communiqué final.

250 licences pour la pêche artisanale
Le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, Oumar Guèye, estime que ces accords permettront au Sénégal d’avoir 250 licences pour la pêche artisanale et industrielle pour exercer dans les eaux territoriales gambiennes. Ces accords vont également permettre aux deux États d’échanger sur les expériences en aquaculture, protection de la ressource, surveillance et en lutte contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (Inn). Le chef du département de la Pêche a été reçu par le ministre des Transports, des travaux et des infrastructures de Gambie, Bai Lamin Jobe, avec qui il a discuté des possibilités des liaisons maritimes à rétablir entre Banjul et Dakar.

Mamadou SY (envoyé spécial à Banjul)

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ a signé, hier, en Arabie Saoudite, avec le président de la Banque islamique de développement (Bid), le Dr Bandar Mohammed Hajjar, deux accords de financement. Le premier porte sur le Programme de développement durable du pastoralisme dans le Sahel-composante Sénégal de 30,79 millions de dollars, soit près de 18 milliards de FCfa. Le second est un avenant à l’accord de financement du Projet de Train express régional (Ter) Dakar-Aibd.

La Banque islamique de développement (Bid) vient de mettre à la disposition du Sénégal, 30,79 millions de dollars américains, soit près de 18 milliards de FCfa, indique un communiqué du ministère des Finances. Cette enveloppe est destinée au financement du Programme de développement durable du pastoralisme dans le Sahel/Composante Sénégal. L’accord de financement a été signé, hier, en Arabie Saoudite par Amadou Bâ, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan et Dr Bandar Mohammed Hajjar, président de la Bid. La même source précise que ce financement profitera à près de 550.000 pasteurs et agro-pasteurs dans les régions de Saint-Louis, Matam, Louga, Kaffrine et Tambacounda. Entre autres composantes de ce programme, on peut relever le développement des infrastructures du pastoralisme et la gestion des ressources naturelles ; l’amélioration des chaînes de valeur des bovins et des petits ruminants ; l’accès à la finance islamique et l’appui au renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles. En Arabie Saoudite, Amadou Bâ a également signé avec le président de la Bid, l’avenant à l’accord de financement du Projet de Train express régional (Ter) Dakar-Aibd.

Selon le document, Amadou Bâ s’est réjoui de l’approche intégration que la Bid mène, de manière systématique, notamment en Afrique subsaharienne avec le « Programme régional cadre de développement d’une résilience face à la récurrence de l’insécurité alimentaire au Sahel», sous l’égide du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss), et celui de l’hydraulique relatif aux « plateformes multifonctionnelles autour des points d’eau », sous l’égide de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa). Quant à l’avenant relatif au Projet du Ter, M. Bâ affirme qu’une impérieuse nécessité a milité pour la réallocation des ressources financées par la Bid et qui seront principalement réaffectées à la composante Infrastructure du Projet. Cette composante comprendra désormais la conception, la construction et l’installation d’une double piste, de l’infrastructure ferroviaire et de toutes les structures reliant la Ville de Dakar à Diamniadio dans la phase I. L’infrastructure comprend également la construction de ponts et structures associées, les travaux de drainage et d’assainissement, la construction de toutes les composantes rails standards et métriques, la conception et la construction des installations d’entretien pour l’infrastructure et le matériel roulant ainsi que les travaux de protection de l’environnement. Selon le document, le dynamisme de la coopération entre la Bid et le Sénégal, s’exprime à travers une «compréhension mutuelle, un dialogue constructif, une flexibilité de notre chère partenaire dans l’alignement aux priorités du Sénégal, avec réalisme et pragmatisme, à travers des financements structurants comme en atteste celui dégagé pour le Ter, qui porte sur un montant de 300 millions de dollars US, soit 197 milliards de FCfa de la Bid ». Ce montant est le plus élevé jamais approuvé par la Bid, en faveur d’un pays membre en Afrique Sub-saharienne.Il précise que ce financement prendra en charge d’autres volets notamment le contrôle et la qualité des travaux ainsi que l’audit financier et comptable.

Aliou KANDE

Les organisateurs du Salon international pour l’alimentation, la transformation des aliments et l’emballage se fixent comme challenge de faire du Sénégal le carrefour international de rencontres d’affaires pour les professionnels du secteur. Et ils peuvent compter sur l’appui du gouvernement.

Le Salon international pour l’alimentation, la transformation des aliments et l’emballage (SIES) se déroule présentement à Dakar dans l’enceinte du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices). L’événement qui a reçu, hier, la visite d’Alioune Sarr, le ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel rassemblent décideurs, acheteurs et professionnels de l’industrie des aliments et des emballages. L’objectif du salon est d’asseoir un cadre d’échanges optimal pour promouvoir les investissements et conquérir des parts de marché en Afrique. Les représentants de sept pays ont rehaussé la rencontre de par leur présence. Les produits exposés sont, entre autres : café, thé, pâtes, biscuits, machines, intrants. Alioune Sarr, ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel qui a visité les expositions, a souligné « l’importance du salon qui fait la promotion des produits alimentaires et des emballages ». « C’est une excellente initiative qui accompagne la promotion des produits des Pme-Pmi », a-t-il affirmé. « C’est une occasion pour les Pme et Pmi d’avoir accès à ces conditionnements de qualité. Le contenant est de plus en plus valorisé en même temps que le contenu. Ce genre de rencontre permet à ceux qui s’affairent dans ce marché de pouvoir nouer des contacts et des relations utiles», a magnifié le ministre. Il a réaffirmé sa volonté d’accompagner ce secteur, soulignant que le gouvernement du Sénégal a plusieurs fois guidé des groupements dans le cadre de formations axées sur la confection des emballages. En effet, l’emballage est devenu un élément de compétition qui confère une importance à la promotion des nouvelles technologies. Cette rencontre entre professionnels est un cadre idéal de coopération et participe à promouvoir la croissance économique en encourageant le développement des affaires. D’où l’importance accordée aux échanges. « Ce plateau veut installer un cadre partenarial entre les acteurs afin de résoudre les problèmes cruciaux en matière d’emballage », a indiqué Ahmed El Aoud, un exposant tunisien.

Magueye Seck, promoteur de cette foire, souligne que la tenue de cette cinquième édition découle du constat que les producteurs sénégalais ont besoin d’emballer leurs produits. « Avant, il était question du salon international pour l’alimentation d’un côté et d’un autre le salon international de l’emballage. Vu que l’un et l’autre sont complémentaires, nous avons décidé de les coupler. Nous travaillons en étroite collaboration avec la République de Turquie», a-t-il expliqué. Il a révélé que l’Allemagne sera l’invité d’honneur de la prochaine édition.
Le Salon international de l’emballage est un événement destiné aux professionnels du secteur pour la promotion de leurs activités et de leurs produits.

Oumar BA

Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime qui conduisait une délégation sénégalaise composée d’experts, de techniciens et d’acteurs de la pêche, est à Banjul depuis mercredi soir pour la signature de nouveaux accords de pêche avec la partie gambienne, représentée par le ministre gambien de la Pêche, James Gomez, en vue de redynamiser la coopération des deux pays dans différents domaines.

En prélude à la signature des nouveaux accords de coopération entre le Sénégal et la Gambie dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture prévus aujourd’hui, les délégations des ministères sénégalais et gambiens de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, et son homologue gambien James Gomez ont entamé, hier, à Banjul, des discussions sur les différents secteurs concernés par les deux départements ministériels.

Les deux délégations ministérielles se sont réunies hier à huis clos pour échanger sur les principaux points de l’ordre du jour des accords qui devront être signés ce jour à Banjul en vue de renforcer le partenariat existant entre les deux pays en matière de pêche et d’économie maritime.

Le ministre sénégalais de la Pêche et de l’Economie maritime avait, dès son arrivée avant-hier à Banjul, déclaré au président de la République de Gambie qu’il était venu pour concrétiser les recommandations faites par les deux chefs d’Etat afin d’accélérer les projets initiés dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays.

A la tête d’une délégation comprenant des représentants de l’administration et du secteur privé, le ministre Oumar Guèye, qui avait été reçu en audience par le président Adama Barrow, avait transmis au président Barrow le message de salutation de « son frère et ami » Macky Sall. Rappelant la qualité des relations de coopération existant entre le Sénégal et la Gambie, il a noté que ces deux pays constituent un même peuple.

O. Guèye a fait part au président gambien, Adama Barrow, de sa volonté de travailler ensemble avec son homologue gambien pour rendre le secteur de la pêche plus dynamique au bénéfice des populations sénégalaise et gambienne. « Comme vous l’aviez convenu avec le président Macky Sall, nous sommes là pour la signature d’accords de pêche en vue d’accélérer les chantiers entrepris par nos deux pays », a estimé le ministre Oumar Guèye.

Pour sa part, le président gambien Adama Barrow a noté qu’il est en contact permanent avec le président Macky Sall qu’il considère comme un ami et frère. « Nous sommes en contact permanent depuis mon arrivée au pouvoir. Nous sommes contents du travail qu’il a accompli », a-t-il déclaré au cours de cette audience accordée au ministre sénégalais de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye.

« Le président Macky Sall et moi, nous nous comprenons bien et savons que le travail que nous avons entrepris ensemble ne doit pas trainer. Nous devons travailler vite avec le gouvernement sénégalais pour accélérer la construction des infrastructures communes aux deux pays ». Pour ce faire, a-t-il noté, les deux pays doivent unir leurs efforts pour répondre aux préoccupations et intérêts des deux peuples. Entre autres projets, le président Barrow a rappelé la construction du pont de Farafenni pour faciliter le transport de personnes et de bien entre les deux pays.

« Le travail, une fois qu’il est sur la bonne voie, le mieux à faire, c’est de l’accélérer », a-t-il souligné, tout en invitant les populations des ceux pays à s’unir pour relever les défis de développement.

Des acteurs de la pêche veulent être pris en compte
En marge de cette rencontre des deux délégations ministérielles, les représentants des pêcheurs, mareyeurs et transformateurs et transformatrices de produits halieutiques sénégalais établis dans les différentes localités de la Gambie ont rencontré le ministre Oumar Guèye pour échanger avec lui sur les principales difficultés rencontrées dans leurs différentes activités. Ils ont tous salué l’engagement de l’ambassadeur du Sénégal en Gambie, Pr Saliou Ndiaye, à répondre favorablement à leurs sollicitations.

Au cours de cette rencontre, ils ont fait part au ministre des difficultés rencontrées dans les secteurs de la pêche, de la transformation des produits halieutiques et du mareyage.

« En tant que Sénégalais établis en Gambie, nous avons besoin des appuis de la part du ministère de la Pêche au même titre que nos compatriotes qui sont au Sénégal », a défendu le président des pêcheurs et mareyeurs sénégalais établis en Gambie, Samba Kory Ndiaye. Les pêcheurs, mareyeurs et femmes transformatrices de produits de pêche résidant en Gambie ont, au cours de cette réunion, accueilli favorablement cette signature des accords de pêche entre le Sénégal et la Gambie qui devront prendre en compte leurs préoccupations qui tournent principalement autour de leur sécurité en mer, de la conservation et de la transformation, ainsi que le transport et la commercialisation de leurs produits. Ils ont également fait part à la tutelle des difficultés rencontrées dans le paiement des taxes imposées par la Gambie depuis l’avènement de l’ancien président sur les pirogues sénégalaises à raison de 45 000 dalasis par unité.

De notre envoyé spécial à Banjul, Mamadou SY

Croissance, inégalités et chômage. Voilà les thématiques sur lesquelles des experts africains, réunis à Dakar, dans le cadre de la 10e Réunion annuelle conjointe du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l’Intégration, sont appelés à trouver des réponses pour assurer le développement économique, durable et inclusif de l’Afrique.

La 10e Réunion annuelle conjointe du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l’Intégration s’est ouverte hier à Dakar. Cette rencontre, qui réunit des experts de haut niveau issus de différents secteurs, est axée sur « Croissance, inégalités et chômage ».
Ouvrant les travaux, le ministre sénégalais du Budget, Birima Mangara, a appelé ses homologues et les experts en charge de la Planification à favoriser la transformation structurelle dans les stratégies et plans de développement « afin de gagner les défis de la croissance, de l’inégalité et du chômage ». « C’est grâce à la conduite d’une politique budgétaire intelligente, avec des réformes ciblées dans les secteurs de l’éducation, de la santé et dans le marché du travail, que l’on vaincra les affres de la pauvreté », a indiqué le ministre. Le thème offre l’opportunité d’analyser les liens entre les variables, en vue « d’élaborer une politique cohérente de développement ». Les travaux devraient aider à identifier les stratégies propres à renforcer la croissance inclusive et à promouvoir l’emploi, particulièrement pour les femmes et les jeunes. En effet, les sociétés les plus solidaires connaissent généralement une croissance accélérée et dans la durée. Et si les inégalités en Afrique subsaharienne pouvaient être réduites aux niveaux observés en Asie du Sud-est, la croissance pourrait être plus élevée.

Le Sénégal, à l’instar d’autres pays africains, s’est engagé dans un processus de transformation structurelle de son économie dans le but de parvenir à l’émergence à l’horizon 2035 : « une émergence dans la solidarité et dans un État de droit ». Mais, face à la multiplicité et à la complexité des enjeux économique, social et environnemental auxquels les gouvernements sont de plus en plus confrontés et exacerbés par les mutations rapides et multiformes de l’économie, il est impératif d’améliorer la qualité de vie des populations africaines, en particulier en facilitant l’emploi des jeunes et en élargissant l’accès aux services sociaux de base. « Réaliser l’ambition d’une productivité développante suppose la promotion de l’inclusion sociale, notamment pour les couches vulnérables », a affirmé M. Mangara. Il a rappelé que le Sénégal, s’inspirant de l’exemple brésilien, expérimente, depuis 2012, l’octroi ciblé de bourses de sécurité familiale et promeut la Couverture maladie universelle.

La secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) chargée de la Diffusion du savoir, Giovanie Biha, a fait un constat amer des conditions de vie des populations. « Malgré les nombreuses avancées enregistrées par les indicateurs de l’éducation, de la santé et de la qualité de vie, le nombre d’Africains soumis à la pauvreté absolue reste très élevé », a-t-elle déclaré. A son avis, « les pauvres sont plus démunis en Afrique que dans les autres régions du monde. Et le fossé entre les nantis et les démunis continue de s’y creuser ».

Lutte contre les flux illicites de capitaux
La restructuration des services fiscaux et administratifs recommandée
Le représentant du président de la Commission de l’Union africaine (Ua), le commissaire aux Affaires économiques Antony Mothae Maruping, a appelé les gouvernements africains à examiner les voies et moyens pour mettre un terme aux flux illicites de capitaux comme l’a rappelé, mercredi, Dimitri Sanga, de la Commission économique pour l’Afrique. « Étant donné que nous allons beaucoup compter sur les ressources alternatives à l’intérieur de nos pays, il nous faudra restructurer nos services fiscaux et administratifs pour retenir nos capitaux », a-t-il déclaré. M. Maruping espère, lui, que le continent est en mesure de mettre un terme à ces flux illicites de capitaux avec les progrès qui sont en train d’être réalisés.

Par Souleymane Diam SY

La secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) chargée de la Diffusion du savoir, Giovanie Biha, a invité les gouvernements africains à profiter des opportunités qu’offrent l’urbanisation rapide du continent et la classe moyenne en pleine expansion pour une véritable transformation structurelle. « Ce sont des tendances majeures qui, si elles sont bien gérées, ont un véritable potentiel transformateur », a-t-elle déclaré. Étant la région du monde qui s’urbanise le plus rapidement, l’Afrique devrait voir plus de la moitié de sa population vivre et travailler dans les zones urbaines d’ici à 2025. Ce qui en ferait un continent majoritairement urbain. Mme Biha a indiqué que le Rapport économique sur l’Afrique 2017 portant sur « Urbanisation et industrialisation au service de la transformation de l’Afrique » a cerné les difficultés et possibilités qui se font jour quand il s’agit d’optimiser l’avantage urbain pour le mettre au service de l’industrialisation africaine, en définissant les moteurs, catalyseurs et politiques porteuses.

Le représentant du président de la Commission de l’Union africaine, Antony Mothae Maruping, a, pour sa part, estimé que l’Afrique doit tirer profit du dividende démographique en investissant dans sa jeunesse. « Si nous ne le faisons pas, cette jeunesse peut être une bombe à retardement », a averti le commissaire aux Affaires économiques de l’Ua. « Nous parlons toujours des jeunes comme un groupe spécial alors que c’est un groupe principal, car représentant plus de 60 % de la population africaine », a-t-il ajouté.

S. D. SY

Il a fallu un compromis pour que la cérémonie d’ouverture de la 10e Réunion annuelle conjointe du Comité technique spécialisé de l’Union africaine, sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l’Intégration ait lieu. La divergence entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique a refait surface, à cette occasion, au grand dam des initiateurs de cette importante rencontre. Prévue à 9h 30 minutes, celle-ci s’est déroulée après 12 heures. Les motifs de ce retard sont liés au fait que le royaume chérifien a occupé les sièges réservés à la délégation de la Rasd. Les organisateurs étaient obligés de trouver d’autres sièges à la délégation de la Rasd. Dans l’après-midi, les divergences entre les deux parties ont refait surface. Le représentant de la Rasd a fustigé l’attitude du Maroc qui a délibérément occupé leurs sièges à la cérémonie d’ouverture. De son côté, le représentant du Maroc a indiqué que son pays a réintégré l’Union africaine non pas pour la diviser mais plutôt pour la renforcer. Après une longue séance de concertation au sommet, le président sortant du Bureau des experts de la Réunion annuelle du Comité technique spécialisé a annoncé la suspension de la séance pour régler ce différend. «En dépit des difficultés, la réunion aura belle et bien lieu», a assuré Outgoing Chair.

S. D. SY

Le ministre de l’Élevage et des productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, qui participait, avant-hier, à un atelier d’information du « Projet d’appui à la coopération pour les activités postérieures à l’éradication de la peste bovine dans le monde, la surveillance sanitaire », a noté que le Sénégal compte éradiquer la peste bovine d’ici à 2025.

Un atelier d’information et de partage de la stratégie de communication du «Projet d’appui à la coopération pour les activités postérieures à l’éradication de la peste bovine dans le monde, la surveillance sanitaire et le renforcement des capacités connexes dans le domaine de la santé animale», s’est tenu avant-hier à Dakar. Ledit projet financé par le Département de la défense des États Unis s’élève à 2 millions de dollars, soit 1.231.200.000 de FCfa.

Le ministre Aminata Mbengue Ndiaye, en charge de l’Élevage et des Productions animales a déclaré à la cérémonie d’ouverture de cet atelier, que la peste bovine qui a fait des ravages et décimé des troupeaux de bétail en Afrique, Asie et en Europe-, est une maladie virale hautement contagieuse, meurtrière, capable d’affecter les bovins et les ruminants sauvages. « La peste est inscrite sur la liste des maladies de l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie). Sur le plan clinique et lésionnel, la peste bovine est caractérisée par le jetage buccal et nasal, le larmoiement, les érosions buccales, la diarrhée et les taux élevés de morbidité et de mortalité », a-t-elle souligné. Absente au Sénégal depuis 1968, précise-t-elle, notre pays avait arrêté la vaccination en 1996, après quatre décennies de campagne de vaccination de masse, avec l’appui du Programme conjoint (Pc-15), de la Campagne panafricaine de lutte contre la peste bovine (Parc) et du Programme panafricain de contrôle des épizooties (Pace), financés par l’Union européenne (Ue).

« Au terme, notre pays a été déclaré provisoirement indemne de peste bovine en 1997, reconnu indemne de la maladie en 2003 et indemne d’infection bovipestique en 2005 par l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie) », a ajouté le ministre de l’Élevage. « Pour éviter toute résurgence intentionnelle ou accidentelle de la peste bovine (une maladie animale transfrontalière), le Sénégal a déjà procédé à la destruction de matériels infectés au laboratoire national de l’élevage et recherches vétérinaires, en mai 2016, suivis de la décontamination, mais aussi de transfert de son stock, composé de souches vaccinales, de vaccins d’organes et de sérums (…), conformément à la réduction de risques biologiques du 30 juin au 2 juillet 2015 », a avancé le ministre.

Solutions concrètes pertinentes
Elle a noté que, d’ici à l’horizon 2025, le Sénégal compte éradiquer cette maladie, même si l’Oie ambitionne de le faire en 2035. Selon elle, cet atelier important se déroule dans un contexte marqué par la post-éradication de la peste bovine, une maladie redoutable eu égard à son impact socioéconomique considérable. Elle a également rassuré que son département ministériel ne ménagera aucun effort, pour l’opérationnalisation du Projet.

Pour le représentant par intérim de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), Reda Lebtahi, cet atelier vise à procéder à toute séquestration et destruction du virus de la peste bovine, à renforcer le système de surveillance afin de permettre la détection précoce de la maladie. Poursuivant, il a fait savoir que l’objectif global de cette démarche est de trouver ensemble, des solutions concrètes pertinentes et rapides aux problèmes pratiques, qui peuvent se poser dans la santé animale. Silvia San Marco, consultante en communication pour le développement à la Fao a, quant à elle, souligné que l’objectif général de ce Projet, qui dure de septembre 2014 à mars 2017, est de maintenir le monde libre de la peste bovine. Cette rencontre avait réuni des représentants des services vétérinaires, du Directoire des femmes en élevage (Direl), du Laboratoire national de l’élevage et de recherches vétérinaires (Lnerv), de l’Unité d’information et de valorisation de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Unival-Isra), du Conseil national de la maison des éleveurs, du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), entre autres participants.

Serigne Mansour Sy CISSE

Quatre femmes sénégalaises titillent l’hégémonie des hommes au sein des entreprises, en ce mois des femmes. « Jeune Afrique » a dressé leur portrait, histoire de saluer leur réussite et de leur donner plus de visibilité.

Grâce à leurs compétences et à leur endurance, de plus en plus de femmes s’imposent à des postes d’influence dans les entreprises africaines. La preuve est ce classement des 50 femmes d’affaires les plus influentes en Afrique francophone. Cette classification, première du genre, est l’œuvre du magazine « Jeune Afrique », il retrace le parcours de dames qui ont réussi à casser le plafond de verre. La mieux classée parmi les Sénégalaises est Anta Babacar Ngom Bathily, directrice générale adjointe de la Société anonyme des brasseries du Cameroun. Elle est à la 32ème place. En 2016, son père l’a propulsée à la tête de l’entreprise familiale. Les projets n’ont pas manqué pour cette multi-diplômée de Dauphine, Sciences-Po et York University. La deuxième sénégalaise est Khady Dior Ndiaye. Elle est classée 39ème, c’est la directrice générale de Citibank en Côte d’Ivoire pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Après le Sénégal, où elle a exercé pendant trois ans comme directrice générale, cette diplômée de Georgetown a gravi un nouvel échelon à la mi-2016 en devenant directrice de Citibank pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Marie Odile Sène Kantoussan est la troisième Sénégalaise de ce Top 50. Elle est à la 47ème place. Elle est numéro deux de la société de gestion et d’intermédiation CGF dont elle est la directrice générale. Société dont elle a augmenté le capital et conduit dans de nouveaux locaux. La dernière sénégalaise de cette liste est Anna Bâ, la présidente-directrice de Sipres. Cette dame est l’actionnaire majoritaire de son entreprise. Elle est l’une des rares dirigeantes à évoluer dans le secteur de la promotion immobilière. Elle a aussi le mérite de promouvoir les femmes dans son entreprise. En 2016, 65% des salariés de Sipres étaient des femmes. Ce classement est dominé par les Maghrébines, notamment les Marocaines et les Tunisiennes avec une ascendance des premières citées.

Sokhna Anta Ndiaye (stagiaire)

Le ministère du Commerce, en relation avec l’Usaid et le West Africa Trade and Investment Hub a organisé, hier à Dakar, un atelier de formation et de renforcement de capacités à l’endroit du Comité national sur la facilitation des échanges (Cnfe). Une rencontre qui a permis aux partenaires techniques et financiers de s’engager aux côtés des autorités pour l’harmonisation et la facilitation des échanges commerciaux.

Cette deuxième session, après celle organisée en septembre dernier, revêt une importance capitale, car elle permet de poursuivre les actions déjà entreprises tout en faisant l’état des lieux. La réalisation de ces résultats nécessite des réformes de certaines politiques et pratiques existant tant aux niveaux national que régional. L’accord sur la facilitation des échanges exige, de tous les membres de l’Organisation mondiale du commerce (Omc), qu’ils établissent un Comité national de facilitation des échanges (Cnfe) pour huiler la coordination et la mise en œuvre des dispositions locales de cet accord. Les pays qui ont un comité national de facilitation, ont joué un rôle essentiel en fournissant des conseils aux gouvernements sur les divers aspects de la facilitation des échanges. Le Sénégal qui a adhéré à la plupart des conventions internationales et sous-régionales relatives à la facilitation des échanges, applique déjà beaucoup de ces dispositions. L’Accord offre une opportunité d’accomplir certaines réformes qui pourraient renforcer la compétitivité des entreprises ouest-africaines dans le commerce mondial. Pour Marcelle Attiogbe da Silveira, l’Usaid West Africa Trade and Investment Hub met l’accent sur l’efficacité du Comité de facilitation des échanges comme un instrument de la mise en œuvre de la consolidation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce. La représentante du gouvernement du Sénégal, Asta Aminata Diatta, s’est, quant à elle, réjouie de l’organisation de cet atelier de renforcement de capacités, tout en magnifiant le dynamisme dont font montre les participants. « La facilitation des échanges est apparue, ces dernières années, comme une question essentielle pour le système commercial multilatéral. Sa mise en œuvre prévoit une assistance technique en faveur des pays les moins avancés, ainsi que de ceux en développement », fait-elle savoir. Avant d’indiquer que « la perspective de la mise en œuvre correcte de cet accord suppose qu’il y ait une bonne compréhension des concepts de la facilitation, mais également du rôle que chaque structure étatique devra jouer pour permettre au Sénégal d’être conforme en ce qui concerne l’accord sur la facilitation des échanges ».

Mouhamadou Lamine Diop (stagiaire)

Casablanca abrite, à partir d’aujourd’hui et ce, jusqu’à demain (16 et 17 mars), la cinquième édition du Forum international Afrique développement. L’initiative est du Groupe Attijariwafa Bank. Le thème de cette année porte sur « les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique». Plus de 1.500 personnes attendues pour cette rencontre de deux jours.

La 5ème édition du Forum international du Club Afrique développement (Faid) s’ouvre, aujourd’hui, à Casablanca au Maroc. L’initiative est du Groupe Attijariwafa Bank. Le thème de cette année porte sur « les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique ». La cérémonie d’ouverture sera présidée par Mohamed El Kettani, président directeur général du Groupe Attijariwafa Bank et Salahéddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc. Selon un document remis à la presse, ce Forum qui accueillera plus de 1.500 personnes en provenance de plus de 20 pays, dont au moins 500 convives, se veut une plateforme de rencontre d’affaires et donne l’occasion d’échanger des idées sur les problématiques de développement économique du continent. Il a pour ambition de mettre en avant les grands projets de développement et également les projets d’investissement afin de mettre en exergue tout le potentiel économique de l’Afrique. Cette édition, précise-t-on, verra la participation de représentants d’institutions (politiques, gouvernementaux, hauts fonctionnaires, experts internationaux, institutions financières internationales), d’entreprises (personnalités et décideurs économiques, entrepreneurs, dirigeants de société, représentants des fédérations professionnelles, investisseurs) et des délégations de journalistes panafricains, internationaux et marocains. La présente édition s’articule autour de trois temps. Le premier temps portera sur la réflexion et les débats autour des enjeux et des réponses à apporter aux problématiques de développement du continent africain par l’organisation de workshops thématiques. L’autre temps fort sera consacré à des rencontres et des échanges B to B, véritable catalyseur d’opportunités commerciales, de coopération et d’investissement. Enfin, il est prévu un temps de présentations et d’échanges sur les grands projets structurants de développement économique, le marché de l’investissement. Trois thématiques seront déclinées cette année sur thème central de l’inclusion. Le premier thème abordera le « rôle des acteurs privés et reconfiguration du business ». Le second sera axé sur «l’urbanisation : accélération de l’inclusion sociale ». Le troisième thème porte sur «comment accélérer l’inclusion financière».

Pour le marché de l’investissement, huit pays seront à l’honneur. Il s’agit du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire, de la Tunisie, du Burkina Faso, de l’Égypte, du Rwanda, de Madagascar et du Nigéria. Cette séquence sera marquée par quatre temps forts à savoir des stands pays ; des pitchs de projets ; des rencontres B to G (business to government) et la signature de partenariat. Pour les stands pays, il sera question de mettre à la disposition des participants, toute la documentation et les informations relatives aux opportunités d’investissement, à la réglementation et au dispositif d’incitations propre à chaque pays.

Présentation du Pse
Le Sénégal sera bien représenté à cette cinquième édition du Forum international Afrique développement. Il est annoncé la présence de Abdoul Aziz Tall, ministre en charge du suivi du Pse. Il y aura également la présence de Seydou Sy Sall, délégué général à la promotion des pôles urbains de Diamniadio et du lac rose, Ibrahima Kane et Abdou Karim Fofana, respectivement directeurs généraux du Fonsis (Fonds souverain d’investissement stratégique) et de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État (Agpbe). Ce sera une occasion, pour ces quatre représentants du Sénégal, de faire des présentations sur le Pse, notamment sur ses principaux projets. Des présentations seront également faites sur le Pôle urbain de Diamniadio et le Fonsis.

A. KANDE

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et le directeur général du Bureau régional de la Banque africaine de développement (Bad) pour l’Afrique de l’Ouest, Janvier Litse, ont signé, hier, un accord de prêt d’un montant de 26,7 milliards de FCfa pour le financement du projet de construction du pont de Rosso, entre la Mauritanie et le Sénégal, dont le coût global est évalué à 57, 5 milliards de FCfa.

La Bad a accordé à l’État du Sénégal un prêt de 26,7 milliards de FCfa, soit 46,5% du coût total évalué à 57, 5 milliards de FCfa, destinés au financement du Pont de Rosso. Cette contribution de la Bad, destinée au financement du projet de construction du pont de Rosso, entre la Mauritanie et le Sénégal, comprend un prêt Fad à la Mauritanie d’un montant environ 20, 6 milliards de FCfa et un montant Fad au Sénégal d’un montant de 6,1 milliards de FCfa. Le projet est cofinancé par la Bad, la Banque européenne d’investissement (Bei), l’Union européenne (Ue), ainsi que le gouvernement de la Mauritanie.

La construction d’un pont sur le fleuve Sénégal à Rosso, accompagnée de la mise en place de mesures de facilitation des transports et du commerce, devrait permettre une augmentation très sensible du trafic des voyageurs et des marchandises entre les deux rives. Cela va également contribuer au développement des activités de transport le long des corridors transafricains Tanger-Lagos et Alger-Dakar, d’une part, et entre l’Europe et l’Afrique Subsaharienne, d’autre part. Selon Janvier Litse, directeur général du Bureau régional de la Bad pour l’Afrique de l’Ouest, « il est noté que la contribution de l’Ue au projet sur un montant de 20 millions d’euros se fait via la facilité d’Investissement pour l’Afrique, récemment mise en place pour fournir des ressources de mixage sous forme de don pour compléter le financement des projets d’intégration régionale ».

Ces dernières années, la mobilisation des ressources du groupe de la Bad en faveur du Sénégal connait un accroissement sans précédent. Pour la période 2016-2020, le financement prévu en faveur du Sénégal dans le Document stratégie pays (Dsp), adopté par le Conseil de la Banque est de l’ordre de 870 milliards de FCfa comparé à 410 milliards de FCfa sur la période couverte par le précédent Dsp (2010-2015), soit un accroissement de 110 %, a dit le représentant de la Bad.

Le projet a été conçu selon une approche intégrée afin de maximiser son impact sur le développent et promouvoir une croissance partagée. « En plus des travaux de construction du Pont, des viaducs et des routes d’accès, le projet comporte des aménagements connexes comprenant, notamment la réhabilitation des infrastructures socioéconomiques de base, la construction d’infrastructures marchandes, l’appui aux jeunes et aux femmes, l’aménagement de voiries urbaines et de pistes rurales connexes », informe M. Litse.

Pont de Rosso, un chaînon essentiel sur le corridor transafricain
Le ministre de L’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, rappelle, dans son intervention, que, dès son accession à la magistrature suprême, le président de la République, Macky Sall, a fait de la réalisation du pont de Rosso une priorité, afin de faciliter et d’accroître sensiblement les échanges avec les partenaires en Afrique de l’Ouest et du Nord dans une perspective de promouvoir l’émergence du Sénégal. Cette infrastructure moderne, qui répond aux normes standards internationaux, va grandement améliorer les conditions de transport des personnes et des biens entre le Sénégal et la Mauritanie avec un effet direct sur le relèvement du niveau des échanges économiques entre les deux pays.

« En outre, souligne-t-il, le pont de Rosso constitue un chaînon essentiel sur le corridor transafricain Lagos-Dakar-Nouakchott-Tanger-Le Caire. C’est donc un choix politique fort des deux États qui vise à renforcer l’intégration et la coopération en Afrique ».

Par ailleurs, a-t-il ajouté, avec ce nouveau financement au profit de l’État du Sénégal, la Bad porte le volume de ses engagements en cours d’exécution dans le secteur public sénégalais à plus de 387, 685 milliards de FCfa. Cela traduit l’option prise par la Banque d’intervenir dans des secteurs porteurs de croissance.

« En acceptant d’accompagner le Sénégal et la Mauritanie dans la réalisation de cette infrastructure structurante et stratégique, la Bad manifeste tout son engagement à soutenir le développement et l’intégration des pays africains, notamment par le renforcement des échanges commerciaux », s’est réjouit le ministre.

Oumar BA

Au moins, sept pays de la sous-région ouest-africaine, selon le Pnud, ont fait part de leur volonté de s’inspirer du Pudc, devenu désormais un label sénégalais. Le Togo est le premier à adopter ce modèle.

Le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) élaboré par le gouvernement et mis en œuvre par le Pnud fait des émules. Aujourd’hui, selon cette agence du Système des Nations Unies, au moins sept pays de la sous-région ouest-africaine ont fait part de leur volonté de s’inspirer de ce programme. « Le caractère innovant de ce programme a incité le Pnud à vouloir le labelliser pour répondre à la sollicitation de nombreux pays désireux de s’en inspirer et/ou de reproduire le modèle’, lit-on ainsi dans un document de présentation. Si parmi les dix-huit pays représentés à l’atelier régional de capitalisation, les 17 sont venus en prospection, pour le Togo, on est déjà en plein dans la phase de mise en œuvre du modèle du Pudc. En novembre 2016, c’est une délégation de haut niveau conduite par le ministre d’État, ministre des Finances du Togo qui est venu au Sénégal pour comprendre le concept et le processus de ce modèle. Au cours de ce séjour, la délégation a rencontré et le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ et le président de la République Macky Sall pour des séances de travail. Ainsi, le Togo s’est inspiré de l’expérience du Sénégal (mêmes principes directeurs, mêmes modes opérateurs), mais avec quelques innovations en rapport avec les réalités et les spécificités propres à ce pays.

Le Sénégal est la deuxième économie après la Côte d’Ivoire dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Il est l’un des pays les plus actifs en commerce au sein de la zone. Cependant, a déploré le directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô, « le commerce intra-Uemoa reste faible ». « Lorsque vous prenez le total des exportations des huit pays comparé aux flux à l’intérieur de l’Union, il ne représente que 17 % », a-t-il regretté, alors que « ce qui caractérise une zone monétaire, c’est le commerce intra-zone ».
 
L’autre indicateur non moins important reste la mise en œuvre depuis le 1er janvier 2000 d’une Union douanière marquée par un régime de libéralisation des échanges intracommunautaires. A ce niveau, a constaté M. Lô, « l’intégration commerciale au sein de la zone s’avère toujours faible comparativement aux potentiels d’échanges commerciaux entre pays partageant une même monnaie et des politiques communes ». Selon lui, les effets attendus d’une Union douanière tardent à se manifester pleinement. La zone Uemoa devra, à ses yeux, « consolider et élargir ses parts de marchés dans les échanges internationaux ».

Souleymane Diam SY

Le haras national de Kébémer et celui du Quesnay en France ont scellé une convention de partenariat qui ouvre de belles perspectives à la filière équine au Sénégal.

Tout est parti d’un passionné du cheval et des courses hippiques, Ndiaga Sarr. Lougatois et grand voyageur, c’est lui qui a rencontré et convaincu Christiane Head-Maarek, icône de l’international hippique, à venir au Sénégal. Une démarche payante : Mme Maarek, propriétaire du prestigieux haras du Quesnay en France et Dr Mamadou Barro, directeur général du haras national du Sénégal, ont signé une convention de partenariat. Une convention qui ouvre de réelles perspectives à la filière équine. Des échanges d’expériences et d’expertises sont en vue.

Le haras du Quesnay assurera une assistance pour le renforcement et la mise à niveau du plateau technique et se chargera de répondre aux besoins du haras national en matière de formation et de perfectionnement : échographie, maréchalerie, insémination artificielle congelée, médecine, diagnostic et chirurgie équine. Mieux, le haras du Quesnay aidera au renforcement des effectifs des reproducteurs du haras national par la mise à disposition d’étalons et de juments de race pure. Avant de parapher le document qui lie désormais les deux institutions, Dr Barro a fait visiter à Mme Mareek toutes les installations du haras national : l’écurie des étalons, celle des juments, le service de reproduction, la clinique vétérinaire, la maréchalerie et le magasin de paille.

« Plus de sang de cheval que de sang humain »
Occasion donnée aux responsables de chacune de ces entités de partager et d’expliquer. Tous ont mis le doigt sur les difficultés, les atouts et les projets. Bien évidement, Christiane Head-Maarek qui ne vit que pour le cheval écoutait attentivement. Main droite dans la poche, elle ne cessait de poser des questions, donnant parfois de bienveillants conseils. Et quand Dr Barro a repris la parole pour dire que la visite était terminée, Mme Maarek n’en revenait pas. « Oh lala, déjà », s’exclama-t-elle. Elle voulait encore et encore savoir sur le haras national.

En réalité, Mme Maarek est comme ça : elle ne sent pas le temps passer quand on parle de cheval. « Pour dire vrai, je suis séduite par la qualité de vos infrastructures », a laissé entendre Christiane Head-Maarek, s’adressant au Dr Barro. Note d’une experte. Le haras national peut compter sur son expérience et sa générosité. « Si je n’avais pas reçu de soutien et d’assistance, je n’allais pas faire tout ce que j’ai pu faire. Donc, oui je vais vous aider », a assuré Mme Maarek. Il ne pouvait en être autrement. Dans ma famille, dit-elle, « on a plus de sang de cheval que de sang humain ». C’est que Christiane Head, mariée à Gilles Maarek, journaliste hippique au « Parisien », quotidien français, vient de l’une des plus grandes dynasties du sport hippique. Elle est une marque reconnue sur les hippodromes du monde entier. Avec un parcours tout simplement impressionnant : plus de 3000 courses gagnées dont 80 Groupes 1, c’est-à-dire les plus importantes et les mieux dotées. Mieux, Mme Maarek reste la seule femme à avoir remporté la plus célèbre des courses : le mythique prix de l’Arc de Triomphe. « C’est cette grande professionnelle, qui est également membre du conseil d’administration de France Galop et présidente des syndicats français et européen des entraîneurs de chevaux de galop que le haras national du Sénégal a le privilège de recevoir dans ses mûrs.

Un grand honneur pour tous les éleveurs et passionnés de cet animal exceptionnel qu’est le cheval », s’est réjoui Dr Barro, qui compte beaucoup sur l’appui de Mme Maarek et de son prestigieux haras pour réaliser son ambition : faire du haras national du Sénégal un centre de référence en reproduction et une véritable industrie du cheval.


1 516 juments inséminées en 4 ans
Malgré ses difficultés qui ont pour noms manque de reproducteurs, déficit de matériel et faiblesse des moyens, le haras national mène plusieurs activités essentiellement orientées vers l’amélioration génétique de la race chevaline et de la clinique équine. Des campagnes de vaccination contre la peste équine y sont périodiquement menées. Le centre réalise aussi de nombreuses inséminations. 1.516 juments ont été inséminées entre 2013 et fin 2016. Véritable lieu de partage de savoir et de savoir-faire, le haras national accueille aussi des dizaines d’étudiants stagiaires de l’École des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar, de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et de l’Université Alioune Diop de Bambèye. « Ce qui renforce davantage la notoriété du haras », convient le directeur général Dr Mamadou Barro qui est formel : en assurant de nombreux services relatifs à l’amélioration génétique des races locales, à la clinique équine, à l’appui-conseil en faveur des éleveurs, au bien-être du cheval, à la formation et à des activités qui lui sont connexes (écotourisme), le haras national contribue « incontestablement » au développement socioéconomique du pays. 

Abdoulaye DIALLO

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a révélé, hier, que la diaspora contribue, chaque année, à hauteur de 950 milliards de F Cfa dans l’économie nationale. Pour Amadou Bâ, la diaspora mérite plus de 15 députés à l’Assemblée nationale. « C’est pour montrer que tout cela se tient, c’est cohérent. Il est impossible d’avoir une politique économique crédible et viable sans prendre en compte la diaspora », a commenté le ministre de l’Économie, avant de saluer « la pertinence et la cohérence de la politique économique du chef de l’État ».

S. D. SY

Le Comité de la balance des paiements a organisé, hier, la Journée annuelle de diffusion des comptes extérieurs du Sénégal, en présence du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. Il a, à cette occasion, magnifié les résultats encourageants de la balance de paiements du Sénégal dont le solde global est ressorti excédentaire de 160,5 milliards de F Cfa.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a magnifié, hier, les résultats encourageants de la balance de paiements du Sénégal au titre de l’année 2015. Il présidait la neuvième Journée de diffusion des comptes extérieurs du Sénégal, portant sur « l’évolution du commerce extérieur au sein de l’Uemoa : évolutions récentes et perspectives ». Les données fournies par le Comité de la balance de paiements, en partenariat avec l’Agence nationale de la Bceao, montrent que le solde global de la balance des paiements est ressorti excédentaire de 160,5 milliards de FCfa, après 217,9 milliards de FCfa en 2014. Cette évolution résulte principalement, selon le ministre de l’Économie, du déficit du compte courant, en liaison avec l’atténuation continue du déficit du compte commercial ressorti à 1.274,4 milliards de FCfa contre 1.383,2 milliards de FCfa en 2014 et 1.471 milliards de FCfa en 2013.

A cet égard, a-t-il relevé, « le déficit du compte courant rapporté au Pib s’est encore amélioré pour la quatrième année consécutive en s’établissant à 6,9 % contre 8,8 % en 2014, 10,4 % en 2013 et 10,7 % en 2012 ». Selon les estimations, il serait attendu à 5,7 %, soit une baisse de plus de la moitié de son niveau en cinq ans, dit-il. Pour Amadou Bâ, cette situation ne doit pas masquer les efforts à poursuivre pour atténuer le déficit structurel du compte courant. D’où l’intérêt, selon lui, du thème retenu pour cette rencontre. Les échanges devront susciter, à son avis, des réflexions à mener sur les politiques économiques « à mettre en œuvre, afin de réduire sensiblement le degré de dépendance extérieure du pays, dans un contexte de mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) ».

La balance de paiement, un outil important d’aideà la décision
S’agissant de la balance des paiements, il a rappelé qu’il est un « outil important d’aide à la décision » et constitue le « reflet de la situation réelle d’un pays à économie ouverte, de sa capacité à entretenir des relations économiques et financières ordonnées avec le reste du monde ». « Elle permet, a-t-il expliqué, à un pays, une insertion dans les courants d’échanges internationaux, et reflète l’état et l’évolution de son besoin ou de sa capacité de financement ». Le ministre de l’Économie a ainsi exhorté la direction du Commerce extérieur, membre du Comité national, qui a présenté le thème de cette rencontre, à fournir à la Bceao, dans les délais fixés, des réponses de qualité sur les relations entretenues avec l’extérieur.

« La fiabilité des données collectées permet d’apprécier davantage le dynamisme de l’économie dans le but de concevoir des politiques appropriées visant à encourager et à orienter les actions d’investissement aussi bien du secteur privé que du secteur public », a noté M. Ba qui s’est aussi réjoui du fait que le Comité national ait déjà validé les balances des trois premiers trimestres de l’année 2016. Pour sa part, le directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô, a indiqué que « la politique économique de notre pays est sur la bonne voie ». Mais il faut, a-t-il ajouté, « accélérer le rythme, la cadence ». La réduction du déficit de la balance de paiements passe, à son avis, par l’augmentation des exportations et surtout par la diminution des importations. Dans cette perspective, a laissé entendre le directeur national de la Bceao, « le potentiel des ressources naturelles du Sénégal devrait être davantage exploité et les programmes d’investissement intensifiés avec un accent particulier sur le Partenariat public-privé (Ppp) pour une meilleure contribution des nouvelles filières exportatrices à la croissance économique ». A terme, souligne-t-il, « nous espérons avoir une balance excédentaire lorsque le Sénégal commencera à exporter son pétrole, et si la production est à la hauteur des espérances ».

Intégration économique : Le directeur national de la Bceao juge le commerce intra-Uemoa faible
Le Sénégal est la deuxième économie après la Côte d’Ivoire dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Il est l’un des pays les plus actifs en commerce au sein de la zone. Cependant, a déploré le directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô, « le commerce intra-Uemoa reste faible ». « Lorsque vous prenez le total des exportations des huit pays comparé aux flux à l’intérieur de l’Union, il ne représente que 17 % », a-t-il regretté, alors que « ce qui caractérise une zone monétaire, c’est le commerce intra-zone ».
 
L’autre indicateur non moins important reste la mise en œuvre depuis le 1er janvier 2000 d’une Union douanière marquée par un régime de libéralisation des échanges intracommunautaires. A ce niveau, a constaté M. Lô, « l’intégration commerciale au sein de la zone s’avère toujours faible comparativement aux potentiels d’échanges commerciaux entre pays partageant une même monnaie et des politiques communes ». Selon lui, les effets attendus d’une Union douanière tardent à se manifester pleinement. La zone Uemoa devra, à ses yeux, « consolider et élargir ses parts de marchés dans les échanges internationaux ».

Souleymane Diam SY

Lors de du panel portant sur le thème : « Le Pudc comme modèle d’accélération du développement national et de réalisation des Odd », s’il y a eu un point sur lequel les différents panélistes ont été unanimes, c’est celui-ci : le Pudc est un bon levier qui peut permettre d’atteindre les Objectifs de développement durable.

Dans sa communication, le Dr Moubarack Lô a fait le constat que les modèles du développement, jusqu’ici mis, en œuvre au Sénégal et dans la plupart des pays africains n’ont pas permis d’améliorer fortement la qualité de vie dans le monde rural. « Les différentes initiatives menées se sont révélées inefficaces pour réduire fortement la pauvreté rurale, en raison du maintien d’un haut niveau de croissance démographique, de l’importance du «gap» de pauvreté à combler ainsi que de l’inadaptation de l’approche mise en œuvre pour lutter contre la pauvreté », a-t-il dit. D’où l’urgence, selon l’économiste, de « repenser les choix de développement national ». C’est en ce sens que, pense M. Lô, le Pudc est pertinent. « Il est conforme à l’axe 2 du Plan Sénégal Émergent à savoir l’amélioration du bien-être des populations à travers la protection des groupes vulnérables et l’accès aux services sociaux de base et les innovations qu’il apporte sont des facteurs d’accélération du développement rural », a-t-il estimé, ajoutant que « ses principes directeurs sont novateurs, qu’il est une contribution avérée à l’atteinte des Odd et qu’il a des atouts certains par rapport aux modèles et aux modalités classiques de gestion du développement national ». Plus qu’un modèle, Dr Moubarack Lô souligne que le Pudc « c’est un esprit ».

Mieux encore, le Pr Mamadou Kamara de l’université Gaston Berger de Saint-Louis souligne que « le Pudc est un état d’esprit ». Grand seigneur, lui qui était dans le camp des sceptiques quand la mise en œuvre du Pudc a été confiée au Pnud au détriment de l’administration centrale, a reconnu que ce choix était bien judicieux. Convaincu par les premiers résultats sur le terrain, l’enseignant-chercheur estime que le Pudc constitue « un atout majeur pour l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement et le développement durable ». « Le Pudc est donc un modèle de développement local, une véritable révolution tranquille conçu à partir de la base et qui se propage au supérieur. Il doit devenir l’une des clés du succès de la réforme de l’Acte 3 de la décentralisation et de la construction de la cohésion sociale et territoriale de la Nation.

Abordant sa communication sur l’angle du Genre, la sociologue Fatou Sow Sarr, a déclaré que le Pudc est un « exemple à suivre » car, avec ce programme, pour une fois, l’adage qui veut que « les Sénégalais réfléchissent, les autres mettent en valeur », est démenti. Dans un contexte de décentralisation et d’avènement de la parité, le Pudc est une réelle opportunité, au-delà de l’autonomisation, de « jeter les bases d’une société égalitaire et respectueuse de la dignité humaine », a-t-elle dit. C’est pourquoi, avec les opportunités d’entreprenariat qu’offrent les pistes de désenclavement, elle a appelé le Pnud à injecter une partie de ses frais de gestion en faveur des femmes afin de leur permettre de participer aux compétitions à égalité avec les hommes. « Les actions posées par le Pudc en faveur des femmes en termes d’autonomisation leur ont permis d’avoir un gain de temps qu’elles pourront investir dans d’autres activités créatrices de richesses. Malheureusement, les femmes ne partent pas à égalité avec les hommes », a-t-elle remarqué.

Modèle de réussite
EleveursUn homme parti de rien et qui, aujourd’hui, se présente comme l’un des plus grands capitaines d’industrie sénégalais, c’est bien Babacar Ngom, président du Groupe Sedima. D’un investissement de 60.000 Fcfa en 1976 dans l’achat de 120 poussins, il en est, quarante ans plus tard, à un capital de 2 milliards de Fcfa pour un chiffre d’affaires de 32 milliards de Fcfa. Animant le sous-thème relatif au rôle du secteur privé dans l’accélération du développement économique et social, M. Ngom a indiqué que le plus important, pour lui, ce n’est pas d’avoir réussi à faire des résultats comptables à neuf chiffres mais plutôt d’être parvenu à créer une filière alimentaire employant des centaines de Sénégalais. « Produire ce que nous mangeons est un acte de souveraineté et manger ce que nous produisons est un acte de civisme », a-t-il lancé. Partant du postulat que l’État ne peut pas tout faire, le patron de Sedima soutient que les opérateurs économiques doivent être encouragés à s’investir davantage dans le développement de l’initiative privée pour créer de la valeur ajoutée et se positionner parmi les acteurs du développement du Sénégal. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, des initiatives comme le Pudc doivent être fortement encouragées et démultipliées du fait de leurs retombées positives sur les entreprises du secteur privé. Par ailleurs, M. Ngom a fait un vibrant plaidoyer pour le développement de l’agriculture, fondement de l’agro-industrie.

Accélération des procédures, gestion efficace, ancrage institutionnel…Ces préalables pour la réussite de la mise en œuvre du programme
La session portant sur la capitalisation du Pudc a permis de revenir sur les leçons apprises dans sa formulation, sa mise en œuvre, sa pérennisation et sur ses bonnes pratiques.

En 2015, le gouvernement du Sénégal, avec l’appui technique du Pnud, a décidé d’élaborer et de mettre en œuvre le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) dans le but de lutter contre les inégalités sociales entre les populations rurales et urbaines quant à l’accès aux services sociaux de base et aux ressources nécessaires à l’amélioration des conditions et du cadre de vie en milieu rural, à travers la mise en place d’infrastructures socioéconomiques.

Ainsi, au deuxième jour de l’atelier régional de capitalisation sur le Pudc, la première session a porté justement sur le thème central de cette rencontre. Il s’est donc agit, au cours de ce panel, de revenir sur le processus de formulation de ce programme, sur sa mise en œuvre et sa gestion, sur sa pérennisation et sur les bonnes pratiques. Il ressort des échanges que la réussite d’un tel programme d’urgence passe par une mise en œuvre accélérée utilisant des procédures allégées tout en respectant la qualité.

Mais encore faudrait-il que certains préalables soient réunis, selon Ngoné Sow du Pnud. Ceux-ci ont pour noms : leadership du gouvernement, engagement, pro-activité, innovation et confiance. « Tous ces aspects ont été au rendez-vous pour la bonne formulation du Pudc », a déclaré la chargée de communication de Pnud Sénégal. En effet, le Pudc est basé sur une approche par la demande qui permet de répondre aux préoccupations réelles des populations, la mise en cohérence entre les données issues des besoins exprimés et les résultats du profil de pauvreté, une cartographie détaillée des besoins, un ciblage détaillé permettant de hiérarchiser les besoins des populations rurales et de les rationaliser en tenant compte des actions des partenaires au développement…

Approche par la demande et par les communautés
Forage TéssékéréCependant, un tel programme ne peut être conduit sans un dispositif et des outils de gestion efficaces. Dans sa présentation, Mathieu Ciowela, Directeur Pays Pnud Sénégal, est largement revenu sur cet aspect. Le premier acte fondateur a été la mise en place d’un cadre juridique. Il a été suivi par la tenue d’un Comité d’examen et de validation présidé par le Premier ministre. Pour M. Ciowela, le partenariat entre le gouvernement et le Pnud illustre la manière dont l’expertise, les ressources gouvernementales et celles des agences internationales de développement peuvent être mises en commun pour créer une synergie et répondre efficacement aux problèmes de développement des pays émergents et en développement. Il a rappelé que le Pudc est exécuté dans le respect des règles et procédures du Pnud telles que définies par les politiques de gestion des programmes et opérations (Popp).

Abordant la question de la pérennisation, la consultante Coumba Fall estime que celle-ci et la viabilité des investissements constituent les plus grands défis du Pudc. « Permettre aux villages d’accéder à l’eau, à l’électricité et aux équipements post-récolte et de transformation, et tracer des routes pour relier les villages aux infrastructures sanitaires et éducationnelles n’est pas en soi une nouveauté. La particularité du programme, c’est son ancrage institutionnel, son intégration dans les plans et programmes de la plupart des ministères techniques, les procédures transparentes d’urgence utilisée par le Pnud et sa volonté d’innover par la valorisation intégrée des investissements par une approche chaîne de valeurs », a-t-elle dit.

Au regard de tout ce qui précède, l’Expert Chaîne de valeurs, Ibrahima Dia, a identifié quelques bonnes pratiques que chaque pays intéressé par ce modèle de programme d’urgence à caractère socioéconomique pourrait s’approprier. Il s’agit du développement d’une approche par la demande et par les communautés, de l’articulation des projets d’investissement des ministères et le Pudc, du partenariat novateur public-privé-communautés pour l’accès à l’eau, de la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation géoréférencé, de l’approche simultanée dans la mise en œuvre des activités, du benchmarking des pratiques en termes de coûts et de délais, de la communication stratégique sur les résultats, le processus et la mobilisation des ressources…

Elh. I. THIAM


Le Togo à l’école sénégalaise du Pudc
Au moins, sept pays de la sous-région ouest-africaine, selon le Pnud, ont fait part de leur volonté de s’inspirer du Pudc, devenu désormais un label sénégalais. Le Togo est le premier à adopter ce modèle.

Le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) élaboré par le gouvernement et mis en œuvre par le Pnud fait des émules. Aujourd’hui, selon cette agence du Système des Nations Unies, au moins sept pays de la sous-région ouest-africaine ont fait part de leur volonté de s’inspirer de ce programme. « Le caractère innovant de ce programme a incité le Pnud à vouloir le labelliser pour répondre à la sollicitation de nombreux pays désireux de s’en inspirer et/ou de reproduire le modèle’, lit-on ainsi dans un document de présentation. Si parmi les dix-huit pays représentés à l’atelier régional de capitalisation, les 17 sont venus en prospection, pour le Togo, on est déjà en plein dans la phase de mise en œuvre du modèle du Pudc. En novembre 2016, c’est une délégation de haut niveau conduite par le ministre d’État, ministre des Finances du Togo qui est venu au Sénégal pour comprendre le concept et le processus de ce modèle. Au cours de ce séjour, la délégation a rencontré et le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ et le président de la République Macky Sall pour des séances de travail. Ainsi, le Togo s’est inspiré de l’expérience du Sénégal (mêmes principes directeurs, mêmes modes opérateurs), mais avec quelques innovations en rapport avec les réalités et les spécificités propres à ce pays.

La pauvreté régresse
Nguinté moulins PudcMise en œuvre depuis juin 2016, ce programme, comme au Sénégal, bénéficie de l’appui technique du Pnud. Il compte quatre composantes : développement d’infrastructures et d’équipements socioéconomiques de base ; renforcement de capacités institutionnelles des acteurs nationaux et locaux ; développement de entrepreneuriat rural et développement d’un système de géolocalisation des infrastructures. Pour mener à bien ce programme, le gouvernement togolais a dégagé un budget de 155 milliards de FCfa. Mais contrairement au Sénégal, il sera déroulé aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, 23 préfectures sur les 35 que compte le Togo sont concernées, en plus de 5 villes et de 15 quartiers du Grand Lomé.
Ce choix s’explique par la montée de la pauvreté en milieu urbain, a indiqué Mme Khardiata Lô Ndiaye, Représentante-résidente du Pnud au Togo. « Les zones choisies ont été longtemps marginalisées, très peu desservies par les projets et programmes en cours. Parce que la dernière enquête qui a été faite au Togo montre que même si la pauvreté est endémique, elle a beaucoup régressé quand même en milieu rural par contre, elle a augmenté dans les quartiers pauvres et les zones périphériques. C’est la raison pour laquelle, il était indispensable, pour le Pudc Togo, d’embrasser ces zones urbaines particulièrement défavorisées », a-t-elle souligné.

Après 10 mois de mise en œuvre, les premiers résultats commencent à s’afficher sur le terrain. A partir des leçons apprises de la mise en œuvre du Pudc au Sénégal, nous avons essayé d’économiser sur certaines étapes de sorte que la mobilisation de l’expertise internationale nous a permis, tout de suite, de partir de la documentation existante pour satisfaire les besoins urgents. Cela nous a permis de sélectionner des entreprises pour la réalisation de 400 km de pistes. Aujourd’hui, nous en sommes à plus de 20 % de réalisation. Il en est de même pour les infrastructures scolaires et de santé. Nous avons, en moins de six mois, lancé la construction de 229 salles de classes, de 100 blocs latrines, de 16 centres de santé accompagnés d’ambulances, de véhicules de supervision », a confié Ali Tagba, Coordonnateur national du Pudc Togo. Qui ajoute : « Quand une expérience est bonne, on ne doit pas se faire prier pour se l’approprier ». C’est fort de ce paradigme qu’à peine le Pudc a démarré au Sénégal, le gouvernement togolais, après échanges de hauts niveaux, a jugé bon d’expérimenter ce programme au Togo. Ainsi, Mme Ndiaye n’a pas manqué de saluer l’esprit « magnifique » de coopération et de collaboration qui a existé entre le Sénégal et le Togo, assimilant le Pudc à un « vecteur de coopération sud-sud ». Les performances qu’enregistre le Pudc au Sénégal et au Togo, ont commencé à donner des idées à certains pays de la sous-région comme le Mali et le Niger qui réfléchissent déjà à l’adopter et à l’adapter pour répondre aux besoins urgents de leurs populations.

D’ailleurs, le ministre nigérien du Développement communautaire et de l’Aménagement du territoire, Amani Abdou a indiqué que les leçons apprises à Dakar vont certainement accélérer l’élaboration et la mise en œuvre d’un modèle du Pudc dans son pays. « Nos deux pays font face aux mêmes défis, donc le Niger pourrait bien s’en inspirer », a-t-il dit.

Elhadji Ibrahima THIAM

Harouna Dia, Conseiller special du président de la République : « C’est une fierté de voir le Pudc prendre une dimension internationale »
Très impliqué dans la conception et l’élaboration du Pudc, le Conseiller spécial du président de la République, s’est dit « fier » de voir ce programme prendre « une dimension internationale ». Harouna Dia a rappelé que le Pudc est né des besoins exprimés par les populations lors des tournées du président Macky Sall lorsqu’il était opposant. « Le Pudc n’est rien d’autre que la traduction en programme économique de ces besoins formulés par les populations. Et aujourd’hui, ce programme a dépassé tout ce qu’on pouvait espérer », a-t-il dit en marge du panel de clôture de l’atelier de capitalisation sur le Pudc. « On était optimiste, mais la vitesse d’exécution et l’adhésion des populations qui, partout, réclament le Pudc, nous surprennent et nous rendent fiers », a-t-il ajouté. Estimant que « tout est concret dans le Pudc », M. Dia qui se fait très discret dans les médias, s’est félicité que ce programme ait pu inspirer d’autres pays au point qu’on parle même de le labelliser. « C’est tout à l’honneur du président de la République Macky Sall », a-t-il dit.
 
Elhadji I. THIAM

Dans cet entretien, le Haut-commissaire de l’Omvs tire un bilan positif des 45 ans d’existence de l’organisation. Kabine Komara évoque également les défis à relever dans les domaines de la production, du transport et de la distribution d’énergie, de la navigabilité du fleuve Sénégal, entre autres, pour accélérer la réalisation des grands projets.


L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal a bouclé, le 11 mars 2017, ses 45 années d’existence. A l’heure du bilan, ses réalisations et initiatives ont-elles répondu aux attentes placées en elles ?
Je réponds sans hésitation : oui ! La création de l’Omvs en 1972 résulte de la volonté des dirigeants des trois pays membres fondateurs (Mali, Mauritanie et Sénégal), rejoints en 2006 par la Guinée, d’appliquer une approche transfrontalière dans l’exploitation rationnelle des ressources, pour engager solidairement les investissements nécessaires, stimuler la croissance dans les pays et améliorer les conditions de vie des populations. Ensemble, ils recherchent des financements pour réaliser des investissements qu’il leur serait difficile, voire impossible de réaliser séparément. La réalisation des grandes infrastructures régionales permet une maîtrise progressive du fleuve et de tirer profit des multiples usages de l’eau. L’Omvs contribue à résorber le déficit énergétique des pays membres, à atteindre la sécurité alimentaire grâce au développement de l’agriculture irriguée et à la diversification des cultures, à lutter contre la pauvreté locale en appuyant un faisceau d’activités socioéconomiques au bénéfice des plus démunis.

Notre Organisation est un instrument stratégique dans le développement des États membres et dans la gouvernance mondiale de l’eau. Il faut comprendre que la disponibilité de l’eau crée des opportunités qui ont un impact bien au-delà du bassin du fleuve Sénégal. Prenons l’exemple du barrage de Diama construit en 1986, à 30 km de l’embouchure du fleuve, pour stopper les remontées d’eaux salées et stocker 500 millions de mètres cubes d’eau. Cette réserve d’eau permet certes l’agriculture irriguée sur les 2 rives, mais aussi approvisionne en eau potable les villes de Nouakchott à 100 % et de Dakar à 50 %.

Dans le domaine de l’énergie, grâce aux deux ouvrages hydroélectriques que nous avons réalisés, Manantali (800 GWh/an) et Félou (320 GWh/an), l’Omvs met à la disposition des États une énergie propre et bon marché puisqu’elle est cédée à un prix très avantageux aux Sociétés nationales d’électricité (moins de 40 FCfa le KWh, alors que le thermique produit est cédé à plus 100 FCfa). Nous avons formulé une politique énergétique commune (Pec) pour augmenter, améliorer et intégrer la production d’énergie pour les États membres. Ainsi, à l’horizon 2025, avec les trois barrages prévus en République de Guinée, (Koukoutamba, 297 MW, Balassa, 181 MW, et Boureya, 114 MW) et les deux au Mali (Gouina, 140 MW et Gourbassi 18 MW), nous pourrons générer, à moyen terme, 826 MW supplémentaires d’hydro-électricité. Avec ces réalisations et les projets en cours (Manantali 2) et prévus, notre réseau interconnecté de transport et de distribution d’énergie passera de 1.700 à 4.000 km. La Pec devrait donc contribuer largement à résorber le déficit énergétique dans nos pays et même permettre à l’Omvs d’exporter de l’Énergie dans la sous-région. Nous sommes, par ailleurs, en phase avancée de mobilisation du financement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba, d’une puissance installée de 280 MW. Ce barrage qui est le plus grand site de l’espace Omvs sera le premier grand ouvrage de l’Omvs en Guinée. J’aimerais également évoquer le Projet de gestion intégrée des ressources en eau (Pgire 1 et 2), dont les montants d’investissements cumulés pour les deux phases atteignent 350 millions de dollars US. Il a permis à l’Omvs d’appuyer sensiblement les politiques nationales de sécurité alimentaire et de développement social. Ainsi, de nombreuses actions ont été menées pour l’augmentation des superficies aménagées, l’amélioration de l’irrigation (construction de canaux et faucardage d’axes hydrauliques envahis par le typha) et le développement de l’agroforesterie. Les appuis au secteur de la pêche ont été multiformes et à impacts socioéconomiques directs et sensibles. Avec ce projet, nous avons distribué plus de 4 millions de moustiquaires imprégnées à longue durée d’actions (Milda) et des millions de comprimés destinés à la lutte contre la bilharziose. C’est notre modeste contribution pour la santé des populations du bassin.

Avec les appuis de l’Afd et de la Fao, nous sommes en train d’actualiser le Plan d’actions régional pour l’amélioration des cultures irriguées. Nous organiserons, par la suite, une table ronde pour mobiliser d’autres financements pour appuyer le secteur agricole.

En permettant la mobilité des personnes et des biens, va certainement changer considérablement l’environnement économique et social dans nos pays, et, au-delà, dans la sous-région. Et ces résultats sont obtenus dans la solidarité, la concertation et la concorde, ce qui n’est pas ce dont nous sommes le moins fiers. Sans doute au regard des besoins de nos pays, tributaires d’une croissance démographique extrêmement rapide, il nous faut redoubler d’efforts pour être en phase avec les attentes exprimées par nos plus hautes autorités.

Le projet de navigabilité du fleuve Sénégal peine à se matérialiser. Quelles sont les actions mises en œuvre pour accélérer ce projet ?
En vérité, le Projet navigation est un volet d’un très grand projet d’infrastructures, le Système intégré de transport multimodal (Sitram), déclaré comme prioritaire par les chefs d’État et de gouvernement de l’Omvs. Il consiste en la réalisation d’infrastructures fluviales et routières complémentaires pour assurer le transport des biens et des personnes sur le bassin du fleuve Sénégal. La composante dédiée au transport fluvial dans le cadre du Sitram représente un coût d’investissement estimé aujourd’hui à 180 millions d’euros.

La navigabilité du fleuve Sénégal a toujours été notre ambition, mais elle avait jusque-là trop souffert du manque de financements pour sa réalisation. Pourtant, en vérité, l’Organisation n’a jamais cessé de se pencher sur ce projet. Depuis les années 2000, un certain nombre de jalons positifs a été posé avec la création, en 2011, de la Société de gestion et d’exploitation de la navigation sur le fleuve Sénégal, Sogenav, l’élaboration et l’adoption d’un Code international de la navigation sur le fleuve Sénégal, et surtout la réalisation des études techniques préliminaires indispensables.

Ces dernières années, la mise en œuvre du Sitram a connu un coup d’accélérateur. Avant la fin 2017, nous devrions disposer de toutes les études complémentaires relatives notamment à la réalisation du chenal navigable, du port fluviomaritime de Saint-Louis et du port terminus d’Ambidédi (Mali), de l’étude d’impact social et environnemental ; à la rénovation de l’écluse du barrage de Diama, etc. Nous avons financé, sur fonds propres, la réhabilitation des quais de Rosso en Mauritanie, Podor au Sénégal, et Ambidédi au Mali, futures escales dans le projet navigation. Ces investissements pourront d’ores et déjà booster la navigation saisonnière existante, en attendant le financement requis pour l’aménagement total du chenal et la réalisation de toutes les infrastructures prévues.

Enfin, nous sommes en contact avancé avec Afcons, une Société indienne spécialisée dans le montage et la réalisation de projets d’aménagement et d’infrastructures dans les domaines des travaux maritimes et des grands travaux de génie civil. Afcons nous a adressé des offres techniques et financières et proposé un schéma de financement innovant basé sur un crédit acheteur d’Eximbank Inde. Le processus de mise en œuvre des Accords avec Afcons et de mobilisation de financement d’Eximbank Inde est en cours. Au cas où son offre serait jugée conforme pour l’essentiel, il sera procédé à une séance de négociations afin de déterminer le coût définitif du projet. Cette procédure ouvre, à coup sûr, une nouvelle ère au Projet Navigation, et sa réalisation à l’horizon 2019.

L’Omvs a été sacrée en 2015 meilleur organisme de gestion intégrée de ressources en eaux, à l’échelle du monde. Qu’est-qui vous vaut, concrètement, cette haute distinction ? Que devez-vous ou comptez-vous faire, avec les quatre États membres pour conforter ce statut ?
Cette distinction, accordée par un Think Tank international dont les avis font autorité, le Strategic Foresight Group, consacre un modèle rare d’intégration sous- régionale et de gestion concertée de ressources en eau partagées. L’étude scientifique qui a abouti à ce classement a comparé 84 organismes de gestion des eaux transfrontalières dans 205 bassins fluviaux transfrontaliers dans 148 pays. Les critères scientifiques pour mesurer la coopération comprennent les paramètres techniques, économiques et politiques, qui vont de l’existence d’une commission à la fréquence des concertations interministérielles, en passant par la conception et la gestion de projets techniques communs, le suivi et le contrôle commun de la ressource, ou encore la forte volonté politique et l’intégration etc. Autant de paramètres sur lesquels l’Omvs a obtenu de bons scores. En réalité, c’est le président de Sfg qui a exprimé le mieux la singularité de l’expérience Omvs. En effet, a-t-il souligné, dans la plupart des bassins transfrontaliers du monde, la gestion de l’eau est abordée en termes de perte (de «parts», de prérogatives, de souveraineté, d’opportunités, etc.), ce qui en fait une source potentielle ou effective de conflits. Or la particularité de l’Omvs est que la gestion de la ressource est fondée sur la notion de bénéfices, ce qui a permis la mise en commun des besoins et des moyens pour saisir les opportunités et réaliser de grandes choses. Une perspective qui est plus psychologique et politique que technique, et qui, à son avis, est la seule capable de faire de la gestion de l’eau un vecteur de paix.

Notre devoir, aujourd’hui, est de continuer à mériter cette distinction en redoublant d’efforts pour moderniser l’organisation, améliorer la gouvernance, accélérer la réalisation des grands projets pour assurer des retombées macro et micro dans nos pays, et surtout renforcer le partage d’expériences avec les autres organismes de bassins africains notamment pour contribuer à la paix.

Il reste, sans doute, beaucoup à faire, pour optimiser l’atteinte des objectifs de développement intégré du bassin du fleuve Sénégal. Comment, entrevoyez-vous le futur du bassin ?
Maîtriser l’avenir du bassin est une préoccupation ancienne de l’organisation. C’est pourquoi, l’Omvs s’est dotée d’un ensemble d’outils de planification et de gestion dont le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage), l’Etude régionale stratégique (Ers), le Plan d’actions pour l’amélioration des cultures irriguées (Paraci), la Politique énergétique commune (Pec), le Plan directeur de transport de l’énergie, le Plan d’actions environnemental stratégique (Pas), le tableau de bord besoins ressources, le modèle de répartition des coûts et charges.

Grâce à ces outils, nous disposons d’une vision claire de notre intervention dans les différents secteurs à court, moyen et long terme. Le grand défi pour l’avenir du bassin concerne la lutte contre les changements climatiques. Fort heureusement, nous disposons de quelques atouts importants. En effet, nous sommes le premier organisme de bassin à avoir fait adopter par les chefs d’État, une déclaration sur le changement climatique en mars 2015 à Conakry, soit près de 9 mois avant la tenue de la conférence planétaire Cop 21 à Paris. La déclaration a décidé que chaque État doit intégrer, dans son plan national, la dimension changement climatique à l’échelle du bassin. Par ailleurs, notre espace dispose d’un immense potentiel d’énergie nouvelle et renouvelable (énergie hydroélectrique, solaire et éolienne) que nous avons convenu de valoriser dans notre Politique énergétique commune.

Lors de la 69ème session ordinaire, vous avez lancé un appel pour la protection du Massif du Fouta Djalon. Qu’est-ce qui motive cet appel ?
Le Massif du Fouta Djallon, en République de Guinée, abrite les têtes de source des trois affluents qui forment le fleuve Sénégal : la Falémé, le Bafing et le Bakoye. C’est dire que le massif est d’une importance écologique vitale pour le bassin du fleuve Sénégal et pour d’autres bassins, tels que ceux du fleuve Niger et du fleuve Gambie. Aujourd’hui, le milieu naturel du massif fait l’objet de modifications importantes sous les effets conjugués des activités humaines ainsi que des changements climatiques. Les usages des sols (mise en culture, pâturage, feux de brousse…), associés à la poursuite du déboisement, ont un impact sur les ruissellements et l’érosion des bassins versants qui se traduit par une modification du régime hydrologique des cours d’eau. Ces modifications ont des impacts négatifs sur les conditions de vie et les activités des populations locales, sur les espèces animales et végétales menacées, et surtout sur les ressources en eau tant au sein du massif qu’à l’échelle des territoires riverains des fleuves transfrontaliers de la sous-région.

C’est pour remédier à cette situation que l’Omvs souhaite mettre en place l’Observatoire régional de l’eau et de l’environnement du Massif du Fouta Djallon. Cette structure permettra de procéder à une surveillance continue des ressources naturelles et de l’environnement de ce territoire et d’anticiper sur tout ce qui peut compromettre la pérennisation des ressources en eau du bassin. Un accord est en vue avec la Cedeao ; l’Agence française de développement et l’Union européenne sont disposées à nous accompagner dans sa mise en place.

Les partenaires techniques et financiers ont, jusque-là, assez fortement soutenu les projets et programmes de l’Omvs. Sont-ils dans les mêmes dispositions pour le futur du bassin ?
En effet, le défi de taille aujourd’hui, c’est la mobilisation de financements pour nos projets et programmes à un moment où les ressources disponibles sur le marché sont moins importantes. Aujourd’hui, l’Omvs est à la recherche de 4 milliards de dollars, représentant les besoins en financements pour ses projets de barrages, d’irrigation et de production d’électricité. Grâce à notre crédibilité, nous avons des pistes sérieuses qui devraient incessamment se confirmer. Pour le Projet Manantali 2 par exemple des intentions fermes de financement on été obtenues pour la réalisation de certaines lignes de transport d’énergie prioritaires, et nous ne doutons point que le reste suivra rapidement. Dans les semaines à venir, une table ronde des bailleurs consacrée au financement de ce projet est prévue.

Quelles sont les stratégies mises en place par votre institution pour être moins dépendante des ressources financières mises à sa disposition par les États membres ?
Vous touchez là une préoccupation majeure. L’autonomie financière de notre organisation est un défi que nous sommes déterminés à relever pour soulager les États et donner plus de vitalité à l’Omvs. L’architecture institutionnelle de l’Omvs s’est élargie et complexifiée ; les structures qui la composent présentent des situations très diverses sur le plan de leurs ressources financières et de leurs besoins. Nous devons donc mobiliser des sources de financement pérennes et innovants notamment en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement du système Omvs ou les autres obligations telles que la maintenance du patrimoine ou le suivi environnemental et hydrologique. Nous avons entamé, avec l’appui de nos partenaires, une réflexion approfondie sur le mode de gouvernance du système Omvs d’une part, et les possibilités de mise en œuvre de financements innovants d’autre part. Les études sont en cours.

Avez-vous confiance en l’avenir ?
Je voudrais d’abord rappeler que l’Omvs d’aujourd’hui est le résultat de l’implication, de l’expertise et du dévouement d’un ensemble de structures constitué du Haut commissariat, de nos sociétés de gestion du patrimoine (Sogem pour les barrages de Manantali et Félou, Soged pour celui de Diama, Sogenav pour la navigation), des Cellules nationales et des experts des États qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de nos programmes. C’est pourquoi je veux saisir l’occasion que vous m’offrez pour saluer les efforts conjugués des responsables d’hier et d’aujourd’hui, membres du Conseil des ministres, anciens Hauts commissaires, Pca et directeurs, experts de toutes les entités de cette vaste famille qu’est l’Omvs.

Je voudrais ensuite exprimer une grande confiance en l’avenir, axée sur les valeurs solides de notre organisation et le soutien constant et toujours déterminé de nos plus hautes autorités. Nous avons un grand devoir de reconnaissance et de gratitude envers les Pères Fondateurs de l’Oers et l’Omvs, et les chefs d’État successifs qui ont pris la relève et ont su perpétuer la vision et les valeurs. Depuis ma prise de fonction, leurs excellences les présidents Mohammed Ould Abdelaziz, Alpha Condé, Ibrahim Boubacar Keita et Macky Sall n’ont jamais ménagé leur soutien à l’organisation. Qu’ils en soient remerciés. Vive l’Omvs ! Vive la coopération exemplaire entre la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Le Site d’exposition et de commercialisation artisanale (Sica) de Mékhé, un des trois prévus par le gouvernement pour rendre plus visible les produits artisanaux, sera bientôt inauguré, a révélé Mamadou Talla, ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat.

Ces espaces qui seront des lieux de rendez-vous avec le public vont permettre aux artisans de mieux valoriser leurs produits, a dit le ministre Talla au cours d’un entretien à Louga, avec des journalistes en marge des cinquièmes journées de la formation professionnelle sur le théme : ’’Promouvoir l’équité et l’égalité des genres pour une formation de qualité au service du développement’’. De plus en plus, ces Sica, d’un coût de 300 millions, seront installés à travers le pays afin de suppléer les villages artisanaux, selon le ministre, évaluant à plus de 150 millions la valeur des machines installés à Mékhé. Animé d’une volonté de mettre les artisans dans des conditions de compétitivité au même titre que leurs homologues marocains par exemple, M. Talla notera que deux autres localités comme Thionck Essyl et Diamniadio ont été les lieux d’implantation des deux autres Sica.

Parmi les initiatives prises par son département pour booster le secteur, le ministre Talla identifie la mécanique automobile électronique signalant que ‘’des valises diagnostics ont été octroyées à des mécaniciens pour rendre performantes leurs activités’’.

A ce propos, 150 valises diagnostics seront mises à la disposition des mécaniciens qui, souvent, étaient obligés de les louer, a indiqué le ministre Talla annonçant la généralisation de cette stratégie à travers le pays.

APS

A la place de membre à part entière de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’option retenue par l’Organisation communautaire est de faire du royaume chérifien « un associé privilégié ».

L’annonce est du président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain De Souza, selon qui, « l’organisation va mettre au point une Commission paritaire pour que, dans un mois et demi, on puisse signer un accord de partenariat économique déclarant le Maroc associé privilégié de la Cedeao ». Deux mois après son retour à l’Union africaine, le royaume du Maroc avait introduit une demande d’adhésion du Maroc à la Cedeao en qualité de membre à part entière. La requête du royaume chérifien n’a pas mis du temps pour être étudiée par l’organisation communautaire.

Selon Marcel Alain De Souza, le président de la Commission de la Cedeao, « nous allons mettre au point une commission paritaire pour que, dans un mois et demi, on puisse signer un accord de partenariat économique déclarant le Maroc comme associé privilégié de la Cedeao ». A l’en croire, c’est cette option qui a été retenue plutôt que celle « d’astreindre le Maroc comme membre à part entière et qui risque de créer un précédent dangereux pour l’organisation ». Qui plus est, « nous nous heurtons aux textes de l’Union africaine qui a découpé l’Afrique en cinq commissions économiques régionales », a-t-il estimé. « Le Tchad avait fait les mêmes démarches et juste après le roi du Maroc, la Tunisie, dont j’ai reçu l’ambassadeur, m’en a également fait la requête pour intégrer notre espace », a-t-il informé. En outre, il s’est dit « heureux » que la Cedeao « suscite autant d’engouement » et cela, à son avis, remet au gout du jour l’impérieuse nécessité et l’urgence « d’accélérer le processus d’intégration » et voir si tout ceci peut amener à « booster les relations que nous avons avec les pays frères comme le Maroc et la Tunisie ». Pour le roi, la question est de savoir les limites géographiques de l’Afrique occidentale et s’il faut le prolonger jusqu’au Nord mais « la décision relève de la conférence des chefs d’État » de l’Organisation communautaire ouest africaine », a fait savoir le président de la Commission de la Cedeao, Marcel De Souza.

M. De Souza recevait, le 2 mars dernier à Abuja (Nigeria), les lettres de créances du nouvel ambassadeur du Maroc auprès de la Cedeao, Moha Ou Ali Tagma.

Mamadou Lamine DIEYE

6 millions de personnes n’ont pas d’électricité à cause d’un retard d’investissement, selon le directeur général de la Senelec Mouhamadou Makhtar Cissé qui révèle que l’entreprise ambitionne de permettre une accessibilité à tous d’ici à 2020. Il a fait cette déclaration lors de la conférence du journal « Le Quotidien ».

« La situation de la Senelec, les réalisations et manquements dans la disponibilité et l’accessibilité de l’électricité sur l’étendue du territoire, la mise en œuvre du mix énergétique et le coût de l’électricité », ont été les axes de la conférence des grands rendez-vous initiée par le journal d’informations générales «Le quotidien». Avant-hier, la conférence a été assurée par Mouhamadou Makhtar Cissé, le directeur général de la Senelec, qui informe d’entrée qu’au Sénégal, 6 millions de personnes n’ont pas d’électricité à cause d’un retard d’investissement. « Cela est un vrai débat », a-t-il affirmé. Il a souligné que la Senelec ne peut que s’améliorer rationnellement et raisonnablement. Auparavant, le directeur général avait indiqué que l’énergie a toujours été un facteur de blocage de la croissance.

Pour ce faire, un Plan d’actions prioritaire a été élaboré par la Senelec, évalué à 250 milliards de F Cfa qui s’étale de 2016 à 2019. Cette stratégie vise une optimisation des ressources, une fiabilisation des unités de production, un soutien des activités pour permettre à l’outil Senelec d’être performant. M. Cissé a reconnu que la société est une boîte dans laquelle, l’État et les bailleurs ont injectés beaucoup d’argent ; donc, elle doit éclairer les consommateurs. Il a souligné qu’en 2012, il y avait 38 jours de coupure dans l’année contre 3 jours de blackout en 2016. Ce qui est une baisse. M Cissé a précisé que les découvertes minières (gaz pétrole) nous permettrons d’avoir un accès universel à l’électricité. L’ancien directeur général de la Douane a fait savoir que d’ici à fin 2017, le Sénégal aura atteint 21% d’énergies renouvelables.

Mouhamadou Makhtar a insisté sur l’option stratégique que le Sénégal a prise pour vendre de l’électricité au Mali. Il dira que si notre pays avait refusé, la Côte d’Ivoire allait le faire. « Je préfère être vendeur qu’être acheteur », a-t-il argumenté. Pour des départements qui n’ont pas d’électricité comme Goudiry, il dira qu’il est dépourvu de lignes de transport, capables d’acheminer le courant et que la Senelec s’active à le faire. « D’ici à 2020, nous voulons une accessibilité de 24h/24 ; faire de la Senelec une entreprise performante et attractive toujours au service de la satisfaction des clients et du développement économique et social du Sénégal », a dit M. Cissé, qui ajoute que la Senelec est la première banque du Sénégal qui prête aux usagers pendant deux mois sans intérêt avant de recouvrer au 3ème mois. « L’on accepte de payer nos factures de téléphone sans avoir vu le compteur et l’on refuse d’honorer à nos factures d’électricité ; c’est un problème de confiance», a-t-il plaisanté. Cette ambition cache mal une réalité qui grève gravement la trésorerie de ladite société : le vol de l’électricité cause 25 milliards de FCfa de perte. Et pourtant sans subvention, la boite a réalisé un bénéfice de 30 milliards de FCfa en 2016. Le modérateur Abdoulaye Sakho a précisé que le service public repose sur une mission d’honneur.

Serigne Mansour Sy CISSE

La cinquième session de la douzième Assemblée nationale populaire s’est ouverte dimanche dernier à Beijing. Une occasion saisie par le Premier ministre Li Keqiang pour présenter le rapport d’activités du gouvernement, en 2016, et d’annoncer les perspectives pour 2017.

En 2016, le Pib de la République populaire de Chine a atteint 74,4 Trillions de Yuan (environ 7.440 Trillions de FCfa). L’information est livrée par le Premier ministre chinois Li Keqiang dimanche dernier à Beijing lors de l’ouverture de la cinquième session de la douzième Assemblée nationale populaire. Devant le président Xi Jinping, le Premier ministre, au nom du Conseil des affaires de l’État, présentait le rapport d’activités 2016 du gouvernement. A l’en croire, le Pib a connu une augmentation de 6,7%, dépassant, de loin, ceux des autres pays en développement. Ainsi, le pays contribue à hauteur de 30% à la croissance économique mondiale. Les prix à la consommation des ménages ont augmenté de 2% et les bénéfices des entreprises industrielles se sont accrus de 8,5% en 2016, après avoir connu un repli de 2,3% l’année précédente. La consommation d’énergie par unité de Pib a diminué de 5%.

Ce qui fait dire à Li Keqiang que « la qualité et la rentabilité du développement économique ont nettement augmenté ». Dans le domaine de l’emploi, la situation s’est avérée meilleure que prévue. 13,14 millions de nouveaux emplois ont été créés dans les agglomérations urbaines. En fin d’année, le taux de chômage enregistré dans ces milieux a atteint 4,02%, ce qui, en fait, est le plus bas depuis des années. La réforme et l’ouverture sur l’extérieur, note le Premier ministre, ont été approfondies et des progrès décisifs faits dans la réforme des secteurs prioritaires et des maillons clefs de l’économie. Selon lui, la restructuration économique s’est accélérée et les nouveaux moteurs de développement renforcés. Ainsi, la part du secteur tertiaire s’est élevée à 51,6% ; l’industrie a connu un développement relativement rapide et la production agricole s’est maintenue à un niveau stable. Dans ce sillage, le nombre d’entreprises nouvellement inscrites au registre de l’administration industrielle et commerciale a augmenté de 24,5%, soit 15.000 en moyenne par jour. Si l’on y ajoute les nouveaux entrepreneurs et commerçants indépendants, ce chiffre est de 45.000 pour toutes les catégories d’acteurs du marché.

Un taux de croissance de 6,5% visé en 2017
Pour l’année 2017, la Chine table, au minimum, sur un taux de croissance de 6,5%. D’après le Premier ministre Li Keqiang, cette prévision « épouse la réalité et les lois économiques et permettra d’orienter et de stabiliser les anticipations du marché et de modifier les structures économiques. Il répond également aux exigences de l’édification de la société de moyenne aisance, de maintenir une croissance régulière en assurant l’emploi et en améliorant les conditions de vie de la population ». Le pays vise également, rapporte le Premier ministre, une hausse d’environ 3% des prix à la consommation des ménages, la création de 11 millions d’emplois dans les agglomérations urbaines, un taux de chômage enregistré inférieur à 4,5% pour les citadins, un import-export stabilisé et marqué par une tendance à la hausse, un équilibre global de la balance des paiements internationaux, une synchronisation de l’augmentation des revenus des habitants et de la croissance économique ainsi qu’une baisse de plus de 3,4% de la consommation d’énergie par unité de Pib et une nouvelle diminution des émissions des principaux polluants.

Un déficit public à 3%
La Chine compte appliquer une politique budgétaire de relance et une politique monétaire prudentielle. Le taux de déficit public devrait s’établir à 3%, soit un déficit de 2, 38 Trillions de Yuans dont 1, 55 Trillions de Yuan pour les finances centrales et 850 milliards de Yuan pour les instances locales. Les autorités locales seront autorisées à émettre 800 milliards de Yuans d’obligations spéciales, et à poursuivre l’émission d’obligations. Adopter le même taux de déficit (3%) que l’année dernière, soutient Li Keqiang, vise à permettre un nouvel allègement fiscal et parafiscal, soit une réduction de 350 milliards de Yuans d’impôts et de 200 milliards de Yuans de charges pour les entreprises sur toute l’année, et ce, de manière à aider effectivement les acteurs du marché. Afin de couvrir les besoins de premier rang, les affectations budgétaires, poursuit Li Keqiang, devront suivre le principe dit « diminuer les dépenses secondaires au profit des dépenses prioritaires ». L’État table également sur une augmentation d’environ 12% de la masse monétaire.

Les « Quatre intégralités » de Xi Jinping
Le président Xi Jinping est le « noyau dirigeant » du comité centrale (sept membres) du Parti communiste chinois (Pcc). Il est le secrétaire général du Pcc et numéro un du système travaillant pour un « socialisme chinois ». Sa pensée politique plus connue sous le terme « Blueprint » est caractérisée par les dispositions stratégiques des « Quatre intégralités ». Il s’agit de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance ; de l’approfondissement intégral de la réforme ; de la promotion intégrale du gouvernement de l’État en vertu de la loi ; de l’application intégrale d’une discipline rigoureuse dans les rangs du parti. 

2,4 millions de personnes sorties de la pauvreté
Le développement des infrastructures est l’une des politiques les plus importantes de l’État central. En 2016, fait remarquer le Premier ministre, la Chine a mis en service plus de 1.900 km de nouvelles voies ferrées pour le Tgv, construit ou rénové plus de 6.700 km d’autoroutes et 290.000 km de routes rurales, mis en chantier 21 ouvrages hydrauliques majeurs. L’année dernière, le nombre de nouveaux usagers des réseaux de télécommunication mobile 4G a atteint 340 millions et plus de 5,5 millions de km de câbles optiques ont été installés. Les conditions de vie se sont améliorées puisque la hausse réelle du revenu disponible moyen des habitants a été de 6,3% ; 12,4 millions de personnes sorties de la pauvreté dont plus de 2,4 millions relogées dans des régions plus prospères. Plus de 6 millions d’habitations rudimentaires en ville et plus de 3,8 millions de maisons délabrées dans les campagnes ont été rénovées. Toutes choses qui font dire à Li Keqiang que « l’économie chinoise a du potentiel, de la résilience et des avantages incomparables pour progresser vers un avenir prometteur ». L’organisation réussie du sommet du G20 par la Chine à Hangzhou a, soutient le numéro deux chinois, permis d’obtenir des résultats encourageants « qui ont une valeur pionnière, directrice et institutionnelle et de laisser une marque chinoise profonde sur la gouvernance économique mondiale ». Durant l’année écoulée, les efforts de la Chine ont aussi porté sur le renouvellement et le renforcement du macro contrôle de l’économie, à l’amélioration de la structure de l’offre, à l’abaissement des coûts de production, à l’approfondissement de la réforme et de l’ouverture, la formation de nouveaux moteurs de développement, la formation de nouveaux pôles et zones de croissance, la progression du développement vert, la satisfaction de la population, l’harmonie et la stabilité de la société, la réaffirmation d’un peuple multiethnique, etc. A. DIOUF

Ancrer le Renminbi dans le système monétaire mondial
La Chine va canaliser davantage de ressources financières vers l’économie réelle, en donnant la priorité au Sannong (paysans, agriculture et régions rurales) et aux Pme et Tpe. Tout en poursuivant la réforme visant à soumettre le taux de change du Yuan aux règles du marché, le pays va s’efforcer d’ancrer solidement sa monnaie dans le système monétaire mondial.

Aly DIOUF, correspondant à Beijing

A l’initiative du Pnud et du gouvernement du Sénégal, Dakar va accueillir, les 13 et 14 mars, un atelier régional portant sur le thème : l’expérience sénégalaise du Pudc comme un modèle de réussite pour un développement inclusif ayant un effet immédiat sur la transformation des conditions de vie des populations sénégalaises. Une vingtaine de pays est attendue.

Près de deux ans après son lancement et sa mise en œuvre avec l’appui technique du Pnud, le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), financé sur fonds propres par le gouvernement du Sénégal, a fini d’afficher de bons résultats. Des réalisations concrètes sont notées dans ses différentes composantes que sont l’électrification rurale, l’hydraulique rurale, les pistes rurales et les équipements agricoles et post-récoltes au point qu’aujourd’hui, ce programme est considéré comme un modèle de réussite pour un développement inclusif ayant un effet immédiat sur la transformation des conditions de vie des populations sénégalaises.

Fort de ce succès, le Pnud et le gouvernement du Sénégal ont décidé d’organiser, les 13 et 14 mars prochain, un atelier régional portant sur le business-modèle du Pudc considéré comme un exemple de développement innovant pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd).Il sera présidé par le chef de l’État, Macky Sall. « La contribution du gouvernement du Sénégal à ce programme constitue une première en Afrique aussi bien en mobilisation des ressources internes pour la mise en place d’infrastructures de base et la réduction des inégalités, que dans la coopération entre le Pnud et les pays », lit-on dans une note d’information.

Cette rencontre de deux jours s’inscrit dans une logique de procéder à « une capitalisation de cette expérience qui fait déjà l’objet d’une demande de massification et d’une réplique dans certains pays africains », poursuit le document. De manière spécifique, en plus de permettre aux différents participants de comprendre les processus et les liens entre les Objectifs de développement durable et la lutte contre les inégalités sociales. Il sera question, au cours de cet atelier, de partager l’originalité du partenariat État du Sénégal et le Pnud. L’approche méthodologique, le partage et la massification du modèle de développement Pudc à l’échelle régionale et internationale, seront au centre des échanges. Il s’agira également de partager l’analyse des résultats et des meilleures pratiques/leçons apprises, d’échanger sur la durabilité du programme, de tisser de nouveaux partenariats de développement par la mobilisation de ressources additionnelles.

Elhadji Ibrahima THIAM

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