banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Affaires et Finances (2833)

Au mois de novembre 2017, les prix à la consommation ont connu une baisse de 1,1% comparativement au mois précédent, selon la Dpee. Cette tendance est principalement expliquée par un fléchissement du prix des poissons frais (-14,4%), atténuée par un renchérissement des légumes frais en fruits ou racine (+7,1%).

Sur une base annuelle, le niveau général des prix à la consommation a progressé de 0,2%, au mois de novembre 2017, essentiellement tiré par les « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (+0,2%), les « restaurants et hôtels » (+2,2%) et la « santé » (+0,5%).

Pour sa part, l’inflation sous-jacente (hors produits frais et énergétiques) au mois de novembre 2017 est ressortie à -0,3%, en rythme mensuel, et à 1,1% en glissement annuel. En termes d’origine, les prix des produits importés se sont repliés de 0,1 % entre octobre et novembre 2017. De même, ceux des produits locaux ont baissé de 1,5 % sur la même période. Sur un an, les prix des produits importés se sont stabilisés tandis que ceux des produits locaux se sont renchéris de 0,4% en novembre 2017.

M. SY

Suite à l’affaire du lait contaminé en France, le gouvernement sénégalais, à travers la Direction du commerce intérieur, a pris des mesures conservatoires. Il a décidé de retirer les produits concernés du circuit de commercialisation. Joint au téléphone, le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye, confirme l’information et souligne que la décision est exécutée en collaboration avec la Direction générale de la Santé. Il a indiqué que plus de 8 000 boites ont été retirées des pharmacies où ils sont exclusivement commercialisés.

Cette affaire a éclaté en France en septembre 2017 lorsque le diagnostic deux bébés malades a conclu qu’ils ont été atteints de salmonellose après avoir été intoxiqués en consommant du lait de premier âge produit par Lactalis. Depuis, une trentaine de nourrissons ont été atteints. Dans la presse hexagonale, le ministre de l’Economie, Bruno Le maire déclarait que Lactalis a été « défaillante », obligeant Emmanuel Besnier, le président de Lactalis a brisé le silence. Il a promis dans un entretien accordé au journal du dimanche que les victimes seront indemnisées.

M. GUEYE

Les agents de la Dpv, des Directions régionales et départementales du développement rural et de l’Ancar des régions du Sud et de l’Est sont réunis à Kolda dans le cadre de la sensibilisation contre la chenille légionnaire d’automne.  

Les acteurs de la lutte phytosanitaire sur la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugioperda) des régions de Kolda, de Tambacounda, de Kédougou, de Ziguinchor et de Sédhiou se sont réunis, jeudi, à Kolda pour réfléchir sur les moyens de faire face à la propagation de ce dangereux ravageur. Cet atelier qui est organisé avec l’appui du Projet Feed the Future Sénégal Naatal mbay vise à sensibiliser les agents de surveillance et d’avertissement de la Dpv, de l’Ancar et des Directions régionales et départementales du développement rural sur les dangers que représente cette vorace chenille pour les cultures, notamment pour le maïs. Elle suscite aujourd’hui une véritable inquiétude dans les cinq régions de l’axe sud-est qui représentent environ 50 % de la production nationale du maïs du Sénégal. « On est aujourd’hui à Kolda pour sensibiliser les acteurs de la lutte phytosanitaire sur un ravageur nouveau qui vient de faire son apparition et qui a des potentiels de destruction énormes. Il s’agit de la chenille légionnaire d’automne.

Il y a des clés d’identification qui sont spécifiques au ravageur lui-même. Le  formateur va y revenir pour que, de manière très claire et très simple, tous les participants à cet atelier puissent, en face de cette chenille, dire voilà ce qu’on nous a montré à l’atelier », déclare Ousmane Diène, chef de la Division de défense des cultures de la Dpv. La Direction de la protection des végétaux va étendre cette campagne de sensibilisation aux autres Instituts comme l’Isra qui n’ont pas pris part à cet atelier pour enrayer cette menace qui pèse sur les cultures.

La Spodoptera frugioperda a la capacité de réduire en l’espace de quelques temps plus de la moitié des cultures d’une région. Elle a été découverte pour la première fois sur le continent africain, en 2016, au Nigeria, avant de se propager l’année suivante dans d’autres pays au Sud du Sahara dont le Sénégal. Elle pond ses œufs sur les feuilles de la plante hôte pendant la nuit et les larves se nourrissent dans la spirale (cornée) de la feuille pour être à l’abri des oiseaux prédateurs. Les adultes migrent également pendant la nuit et peuvent voler sur une distance de 100 kilomètres par jour. Les échanges commerciaux facilitent également sa migration à travers le monde.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Le Sénégal et la Guinée-Bissau ont signé, avant-hier, à Dakar le procès-verbal du Comité technique de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du protocole d’application de la convention bilatérale en matière de pêche. La partie guinéenne dit être dans les dispositions de renouveler les licences de pêche accordées au Sénégal qui expirent le 31 mars prochain.

Mendes Viegas, ministre bissau-guinéen de la Pêche, a déclaré, avant-hier, à Dakar que son pays est disposé à renouveler les licences qu’il accorde aux pêcheurs sénégalais. « L’accord entre les deux pays date de longtemps. Le plus important est que l’accord sert l’intérêt des deux parties. La Guinée-Bissau est toujours ouverte à continuer cette coopération », a affirmé Mendez Viegas devant son homologue sénégalais Oumar Guèye, lors de la cérémonie de signature du procès-verbal du Comité technique de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du protocole d’application de la convention bilatérale en matière de pêche liant les deux Etats. « Ce qui a été fait est satisfaisant. Cela nous encourage à poursuivre la coopération », a dit le ministre bissau-guinéen.

Le protocole liant les deux pays prend fin le 31 mars 2018. Dans ce document, la Guinée-Bissau avait accordé 10 licences pour la pêche industrielle et 300 licences pour la pêche artisanale. Selon Mamadou Goudiaby, Directeur des pêches maritimes du Sénégal, à trois mois de la fin du protocole, le Sénégal a épuisé les licences destinées à la pêche industrielle. Le Sénégal a introduit une requête pour avoir une rallonge pour pêcher pendant les trois mois qui restent dans les différentes pêcheries ciblées que sont les produits pélagiques, la crevette, les céphalopodes et les espèces démersales. S’agissant de la pêche artisanale, sur les 300 licences octroyées, 286 ont été consommées. A en croire le Directeur des pêches maritimes, la Guinée-Bissau reste disposée à offrir d’autres possibilités de pêche au Sénégal d’ici la fin du protocole.

La partie guinéenne a demandé à être accompagnée dans le domaine de la formation et de la recherche. En réponse, le Sénégal a réitéré sa disponibilité à recevoir les candidats de la Guinée-Bissau dans les écoles sénégalaises de formation en pêche. « Le Sénégal est disposé à renforcer cette coopération en ce qui concerne la formation.

Les écoles sont ouvertes. Nous pouvons également coopérer dans le domaine de la recherche, mais aussi pour lutter contre la pêche illicite qui est un fléau mondial », a affirmé Oumar Guèye, ministre de la Pêche et de l’Economie maritime. Selon M. Guèye, les deux Etats vont œuvrer pour que la pêche soit profitable aux populations. Le ministre a demandé aux techniciens d’anticiper les travaux pour éviter une période de flottement à l’expiration du protocole le 31 mars. « L’idéal est que les travaux soient bouclés avant l’échéance, que nous puissions signer le nouveau accord de façon à ce qu’il n’y ait pas de vide. Nous sommes disposés à travailler pour un bon accord, dans un climat de solidarité entre nos peuples », a dit Oumar Guèye. Le ministre de la Pêche a rappelé que les deux pays sont dans un monde où la ressource halieutique est menacée. « C’est la raison pour laquelle la coopération entre les deux pays doit être sauvegardée, revue sous l’angle de la commission sous-régionale des pêches », a indiqué Oumar Guèye. « Nous avons intérêt à harmoniser beaucoup de chose. Le poisson ne connaît pas de frontières. C’est la même ressource qui quitte le Nord qui descend vers l’Ouest et remonte; d’où la nécessité d’une harmonisation de la législation », a ajouté M. Guèye.

Babacar DIONE

 

Pour pallier le déficit en eau du fleuve Sénégal, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) va procéder à des lâchers d’eau au barrage hyro-électrique de Manantali avant le 15 février prochain, a annoncé Hamed Diane Séméga, Haut commissaire de cette institution.  

Le manque de pluie de la saison hivernale 2017 a occasionné des difficultés dans l’approvisionnement en eau des régions nord du Sénégal, particulièrement la région de Matam affectée par le déficit en eau du fleuve Sénégal qui influe négativement sur les cultures de contre-saison. A l’issue d’une visite effectuée à Matam, le Haut commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, Hamed Diane Séméga, a répondu à la sollicitation de l’Etat du Sénégal pour garantir la disponibilité de la ressource en eau du fleuve et permettre aux producteurs agricoles de la contrée de pouvoir s’adonner à leur activité. « Avec la sécheresse, le manque de pluies de la saison dernière, il y a des risques sur la disponibilité des produits alimentaires tirés de l’agriculture. Donc, nous devrions prendre les mesures adéquates pour répondre à cette sollicitation », a dit M. Séméga. Après avoir dépêché des équipes techniques à Matam pour « constater le problème et apporter des solutions », il a été décidé qu’à partir du 15 février au plus tard, les lâchers d’eau seront effectués à partir du barrage de Manantali pour garantir la ressource en eau à Matam.

« Et de ce point de vue, l’Omvs sera en phase avec sa mission qui est celle de permettre aux Etats de faire face aux besoins de sécurité alimentaire », a soutenu Hamed Diane Séméga. Toutefois, il a appelé les populations et tous les acteurs « une gestion rationnelle de l’eau ». Il a rappelé qu’en plus des « aléas » liés à la pluviométrie qui affecte le cours d’eau du fleuve est venu se greffer «le phénomène du changement climatique qui n’est pas « un phénomène de mode » et qui affecte de façon significative l’hydraulicité du fleuve. « On voit le fleuve mais très peu de gens savent véritablement qu’il est menacé et son cours d’eau subit des attaques de tous genres qui rendent la disponibilité de la ressource assez difficile », a insisté M. Séméga. Ce don du ciel qui irrigue les champs permet aussi d’avoir de l’électricité », doit pousser chacun à « veiller à sa préservation en changeant les habitudes de prélèvement », a-t-il conclu.

Mamadou Lamine DIEYE (avec Rts)

 

L’Aéroport international Blase Diagne est bien lancé et, tous les jours, les responsables s’évertuent à maintenir le cap pour une montée en puissance de ce précieux outil de développement de la destination Sénégal.

Après un mois d’activités, l’Aéroport international Blaise Diagne a enregistré 1.000 mouvements d’avions, soit 163.000 passagers transportés en réussissant à déménager de l’aéroport de Dakar Yoff sans annulation ni interruption du trafic.

« Nous pouvons être fiers de la parfaite coordination du travail des uns et des autres », a déclaré, hier, le directeur général, de Limak-Aibd- Summa au cours d’une visite guidée pour la presse de Thiès.

A pas feutrés, le directeur général Xavier Mary a promené les journalistes dans les différents compartiments de l’aéroport de la salle d’arrivée des passagers où quatre tapis bagages sont installés aux côtés de deux zones de contrôle du passeport dont l’une va recevoir bientôt un système destiné aux détenteurs de passeports biométriques. A partir des couloirs des arrivées, six passerelles télescopiques à même de servir pour tous les types d’avions sont positionnées et débouchent dans la zone de transit pour un contrôle de sûreté. « Ils pourront, après une escale, remonter à la salle d’embarquement pour reprendre un autre avion ; ce qui nous positionne comme un hub pivot », a indiqué Xavier Mary.

Il assure que le dispositif est huilé pour permettre aux passagers de pouvoir quitter rapidement l’aéroport. « Si je prends ma propre expérience entre l’instant où l’avion s’est posé sur le tarmac et le bouclage de tous les contrôles, cela m’a pris 36 minutes », a-t-il confié. Outre ces atouts, les responsables de l’Aibd n’ont négligé aucun aspect pour mettre les passagers et même leurs accompagnants dans de bonnes conditions.

Les banques disposent d’un espace qui leur est dédié pour permettre à toute personne d’effectuer des opérations de retrait ou de change. Pour les voyageurs en attente d’embarquement, ils peuvent se restaurer à souhait avec les nombreux restaurants-bars. Concernant l’accessibilité de l’aéroport, Xavier Mary s’est réjoui de l’offre diversifiée de transport et de l’accompagnement de l’Etat. Des taxis jaunes, des taxis aérocab, des limousines, des bus classiques et express sont affrétés par les sociétés de transports pour desservir l’Aéroport international Blaise Diagne avec des tarifs bien étudiés pour satisfaire tous les usagers. « Tout ceci va aider à lutter contre le commerce à la sauvette et les activités clandestines ; un élément important pour l’attractivité de l’aéroport. De plus, le nouvel environnement respecte les normes internationales de l’aviation civile », a ajouté Xavier Mary. Pour le fret, les réglages ont été faits. « Chaque jour, c’est un travail d’amélioration du service qui s’opère ; passerelles, espace pour les clients mais aussi pour les travailleurs, entres autres offres de services », a soutenu le directeur général de Las, Xavier Mary.

Mbaye BA

XAVIER MARY, DIRECTEUR GENERAL DE LIMAK-AIBD-SUMMA : « LES SÉNÉGALAIS PEUVENT ÊTRE FIERS DE LEUR AÉROPORT »
Xavier Mary LasLe 7 janvier dernier, l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a bouclé un mois de fonctionnement ponctué par des hauts et des bas. Dans cet entretien, le directeur général de la société en charge de la gestion de cette plateforme, Limak-Aibd-Summa (Las), Xavier Mary fait le point.

Après un mois d’exploitation, pouvez vous nous faire le point sur la gestion de l’Aibd ?
C’est un premier mois d’exploitation qui est passé très vite avec différentes phases. D’abord l’ouverture s’est bien passée avec quelques ajustements. Nous avons connu de petits désagréments que nous avons dû corriger. Nous avons ouvert l’aéroport sans aucun retard et aucune annulation de vol. Le Sénégal peut être fier de cet événement parce que c’est assez rare dans le monde aéroportuaire de voir des aéroports qui transfèrent leurs activités sans désagréments sur les services offerts aux compagnies aériennes. Ensuite, nous avons subi un événement malheureux : la grève des contrôleurs aériens. Cela a causé d’énormes perturbations qui ont été dommageables pour les compagnies aériennes mais surtout pour les passagers qui ont beaucoup souffert. Ils sont restés dans l’aérogare sans nouvelles ; nous-mêmes nous n’en avions pas. Avec l’aide de nos équipes, nous avons essayé tant bien que mal de subvenir aux besoins et aux attentes des passagers en leur offrant des sandwichs et des boissons. Les conséquences de cette grève nous ont impactés pendant quelques jours comme les retards des bagages. Nous avons dû procéder à quelques ajustements de manière à régler ce qui n’allait pas afin de pouvoir offrir une bonne qualité de service.

Quels sont les ajustements que vous avez dû faire ?
Ces ajustements ont consisté en l’amélioration des procédures. Nous sommes passés des habitudes de Dakar Yoff à un nouvel environnement, car c’est toujours difficile pour les gens de se repérer, de maîtriser tout le fonctionnement. Par exemple, nous n’avions pas des passerelles à Dakar-Yoff, les toilettes ne sont pas aux mêmes endroits, de même que les bureaux des uns et des autres.

De plus, nous nous sommes aperçus que nous n’avions pas assez de chariots pour les deux étages. Nous avons vite comblé le manque en nous approvisionnant en chariots d’occasion dans un premier temps et très rapidement en chariots neufs. Aujourd’hui, nous avons un parc de plus de 1.000 chariots. Nous allons remplacer les chariots d’occasion par des chariots neufs. Ce sont de petits ajustements qui n’empêchent pas un avion de décoller et d’atterrir. Nous avons eu aussi quelques retards sur les cuves parce que Smcady n’avait pas son réseau hydrant (Ndr : système de canaux sous-terrain reliant les cuves aux avions) à temps. Cependant, l’approvisionnement en kérosène se faisait par camion. Cela ne pose aucun problème, il y a des aéroports où il n’y a que des camions pour approvisionner les avions. Cet aspect des choses a un peu retardé les vols parce que les débits avec les camions sont inférieurs, mais dès que le réseau hydrant est entré en service, tout est rentré dans l’ordre. Nous avons retrouvé des conditions d’exploitation normale.

Comment vous avez vécu de critiques sur les réseaux sociaux relatives aux désagréments ? Cela vous a-t-il surpris?
Je n’ai pas mal pris ces critiques, mais j’ai été surpris. A Chaque pays, à chaque région, ses habitudes. J’essaie de m’adapter à l’environnement dans lequel j’évolue. En revanche, je regrette que l’énergie dépensée à critiquer n’ait pas été dépensée à promouvoir. Les gens n’arrêtaient pas de dire que l’aéroport ne serait pas prêt, mais avec nos équipes, nous n’avons pas voulu écouter ces critiques, nous étions là pour ouvrir le 7 décembre et c’est ce que nous avons fait et cela s’est bien passé. Je regrette simplement que certaines catégories de Sénégalais ne soient pas fières de leur aéroport. Je pense que c’est important pour un pays d’avoir un aéroport de cette qualité et les Sénégalais peuvent en être fiers. Sur ce point, cela me fait penser que les Sénégalais et les Français sont similaires parce que les Français ont l’habitude de critiquer la France mais, quand ils sont à l’extérieur, ils disent que c’est le plus beau pays du monde.

Entre le 7 et le 31 décembre, Aibd a enregistré 25.000 passagers de plus par rapport à l’Aéroport de Yoff à la même période en 2016. Cela est dû à quoi ?
D’une part, cela est dû à l’augmentation du trafic. En effet, le trafic a augmenté au cours de l’année 2017 notamment au cours du mois de décembre. D’autre part, deux compagnies aériennes, Camair Co et Rwandair ont ouvert des lignes. Avoir deux nouvelles compagnies qui desservent Dakar, cela apporte forcément du trafic supplémentaire. On pourra bien se rendre compte, après une année d’exploitation, de l’impact l’aéroport international Blaise Diagne sur le trafic aérien. Mais pour le moment, c’est trop tôt. A notre niveau, il faut que nous arrivions à bien organiser nos mesures de passagers et de mouvements. Mais toujours est-il que la tendance est bonne.

Un mois après l’ouverture de l’aéroport, quels sont les échos que vous avez et des passagers et des compagnies aériennes ?
Les passagers nous renvoient une image positive. Ils sont heureux d’utiliser cet aéroport. Il y a plus de confort, plus de lumière, plus de services, c’est plus propre et il y a une offre de qualité bien supérieure que celle de l’ancien aéroport de Dakar. Les gens sont ravis. Ils le sont de plus en plus car notre offre de services s’élargit. Au départ, nous n’avions qu’un seul restaurant, nous allons en ouvrir un quatrième et les gens trouvent ce qu’ils veulent. Pour les lounges, c’est pareil. Nous avons commencé avec un seul, aujourd’hui nous en avons trois. En quelques jours, malgré la grève et les fêtes de fin d’année, nous avons réussi à compléter tout ce qui manquait et qui était attendu par tout le monde. De ce côté, les gens sont ravis. J’ai entendu des témoignages très sympathiques de passagers qui me disent qu’on se croirait dans un aéroport européen et que c’est bien mieux qu’à Yoff. Les compagnies aériennes, elles aussi, nous expriment des témoignages de satisfaction parce que leurs passagers sont mieux accueillis, elles-mêmes disposent de plus de place pour leurs opérations ; elles disposent aussi de moyens modernes comme les passerelles télescopiques, le courant pour les avions. Nous avons également des bâtiments neufs, climatisés et lumineux. Pour les compagnies aériennes, c’est quelque chose de satisfaisant. Le seul reproche que j’ai entendu, c’est l’éloignement de la ville de Dakar par rapport à l’aéroport, mais ce n’est pas une surprise pour personne parce que la construction de l’aéroport a commencé il y a dix ans. Donc, nul n’ignorait qu’il y avait cette distance entre Dakar et le nouvel aéroport. Mais fort heureusement, nous avons l’autoroute à péage pour relier l’aéroport.

Il y a combien de compagnies qui desservent Dakar et quel est le rythme du trafic journalier ?
Actuellement, nous avons 34 compagnies qui desservent Dakar. Le rythme du trafic dépend des jours. Par exemple, le flux est plus important les vendredis et les samedis. Le jeudi, le rythme n’est pas soutenu. Cependant, toutes les grandes compagnies atterrissent, le plus souvent, le soir ou la nuit.

Comme tout début, il y a assurément des choses à améliorer. En ce qui concerne Aibd, qu’est-ce qu’il faudra améliorer dans le fonctionnement?
L’amélioration est permanente. Aujourd’hui, nous sommes à un niveau de qualité de service honorable. Peut-être, nous devons faire évoluer l’offre commerciale avec plus de magasins qui offrent des produits innovants, locaux, de l’art. Il faudra aussi développer des projets de développement de l’aéroport de manière générale comme le projet de ferme solaire. Un aéroport est une infrastructure en perpétuelle évolution même parfois en perpétuel chantier. Aujourd’hui, il ne nous manque pas grand chose comparativement à ce qui se pratique dans les aéroports à standards internationaux.

Entretien réalisé par Mamadou GUEYE et Elhadji Ibrahima THIAM

Pour un port compétitif, il va falloir travailler à décongestionner la circulation et la fluidité à l’intérieur comme à l’extérieur du Port autonome de Dakar (Pad). C’est la conviction de son directeur général, Aboubacar Sedikh Bèye qui a effectué une visite sur les emprises de la plateforme portuaire.

Du boulevard de la Libération au rond-point de la gare, la circulation est au ralenti ce jeudi 11 janvier. Un transporteur a délibérément stationné son camion au milieu de la chaussée, obstruant du coup le trafic. Ce camion fait partie d’une longue file de véhicules en attente de leur chargement au Port autonome de Dakar (Pad). Ces files empêchent la fluidité du trafic sur ce boulevard et sur ses dépendances. Pourtant, les camionneurs détiennent des tickets d’entrée délivrés par le port. Certains ont le macaron du port tandis d’autres sont détenteurs de documents administratifs. Munis de ces documents, ils prétendent être dans leur bon droit pour justifier leur stationnement. Hier, le directeur général du Pad, Aboubacar Sedikh Bèye, et sa délégation ont visité les emprises du port. Le constat est sans appel. A l’extérieur, les camions, faute d’espace, sont garés de façon anarchique. A l’intérieur du port, il y a un triangle infernal qui dessert le Terminal à containers et le Wharf pétrolier en passant par les Terminaux vraquiers du Sénégal.

M. Bèye est formel. Ces camionneurs ne doivent pas stationner au milieu de la chaussée. D’autant que l’autorité portuaire dispose d’espaces non aménagés comme l’aire de stationnement des bus Dakar Dem Dikk appartenant au port, située à un jet de la direction générale. Outre les bus de la société publique de transport, une vingtaine de camions en panne ou en attente y sont garés et offrent un spectacle désolant.

De part et d’autre de ce boulevard, le décor est le même.

Le directeur général du Port, accompagné d’une forte délégation, a fait le tour des occupations anarchiques sur la plateforme portuaire. Les étapes qui ont le plus marqué l’attention de M. Bèye et son équipe restent la cuisine des dockers et le « marché clandestin » accolé au mur du port depuis 1960. Dans cette petite cuisine, une chaleur torride étouffe le visiteur. Les fourneaux des dizaines de restauratrices se tiennent comme des sardinelles. Les conditions d’hygiène et de sécurité laissent à désirer du fait du ruissellement des eaux usées.

Le directeur général du Pad n’a pas hésité à y entrer et à s’entretenir avec les restauratrices. Celles-ci lui ont fait part de leurs nombreuses doléances liées principalement à l’absence de toilettes, un cadre de travail décent, etc. Il y a véritablement urgences à apporter des solutions pour la sécurité des restauratrices et de leurs « boys ». A quelques mètres de là, se dressent des rangées de tables garnies de divers produits. En réalité, il s’agit d’une forteresse de tables qui se tiennent dans un petit espace. 492 personnes y font leurs business, d’après le délégué du marché.

Absence d’investissement
Après le boulevard de la Libération, cap sur la voie de contournement de Bel-Air, la partie nord du Pad. Le constat est le même. De part et d’autre des deux voies, des camions (en panne ou en attente de leur chargement) y sont stationnés en deuxième position. Ce qui engendre les embouteillages sur cet axe. Au môle 4, il y a un ballet incessant de camions. Ici, les facteurs de congestion ne manquent pas. Ils sont liés au fonctionnement des balises (Douanes) et du scanner. Ces facteurs sont gérables, assure le directeur général du Pad. Dans l’immédiat, il est possible de faire fonctionner aussi bien les balises que le scanner dans un cadre de concertation, ajoute Aboubacar Sedikh Bèye. Mais il estime que « l’état de la voirie n’est pas digne d’un port ». Il s’y ajoute que la croissance économique (6,8 % en 2017) et l’absence d’investissement nécessaire dans le port pour accompagner la croissance ont aggravé le congestion du port. « Cette congestion entame, reconnaît-il, la compétitivité du Pad et fait qu’il perd des parts de marché ». Cette situation fait, à son avis, que les clients ne sont pas satisfaits et que tous les acteurs portuaires ne peuvent pas faire leur travail dans de bonnes conditions.

Pour améliorer les conditions de travail, Aboubacar Sedikh Bèye pense à la réhabilitation du réseau ferroviaire et un travail en relation avec les services des Douanes. « Il faudrait que tous les services nécessaires à la sortie de containers soient présents au moment où le transporteur remplit toutes les conditions », dit-il, en indiquant que les problèmes notés sur les balises font qu’un camionneur peut rester un week-end. D’autres requièrent, selon lui, plus de temps comme le plan de circulation qui doit être révisé. M. Bèye a rassuré que le Pad est dans les dispositions pour investir, moderniser et améliorer son fonctionnement car il doit être, rappelle-t-il, « un endroit de sécurité ». « Nous ne badinerons pas sur cette question pour permettre à chacun de faire correctement son business », précise le directeur général du Pad. Il a salué les bonnes dispositions des acteurs portuaires à trouver des solutions à ce problème. Auparavant, le directeur général du Pad a présenté la feuille de route 2018 qui sera marquée par des efforts centrés sur la vision d’un port moteur du Pse, créateur d’emplois et de richesses.

Souleymane Diam SY

LES CONTRATS DES PRESTATAIRES DU PAD SERONT RENOUVELÉS
Le directeur général du Pad, Aboubacar Sedikh Bèye, a indiqué que les contrats des prestataires seront renouvelés. « Tout ce qui concourt à faire du Pad un port compétitif sera fait », a-t-il déclaré.

En toute rigueur, ajoute-t-il, ces contrats seront renouvelés, conformément aux directives du président de la République qui a décrété 2018 année sociale. Seulement, relève-t-il, ils ne seront pas reconduits sur 12 mois et que les chefs de département vont déterminer leur durée.

S. D. SY

ABOUBACAR SEDIKH BEYE SUR LES ACCIDENTS AU PORT : « LE PAD EST LE PORT LE PLUS SÛR ET SÉCURISÉ DE LA CÔTE OUEST-AFRICAINE »
Sur les d’accident notés dans la plateforme portuaire, le directeur général du Pad a exprimé son regret, tout en promettant d’améliorer les conditions de fonctionnement du port. Toutefois, relève M. Bèye, ces accidents doivent être repositionnés dans un contexte global eu égard aux indicateurs qui montrent que « le Pad est un port sécurisé ». « C’est le port le plus sûr et sécurisé de la côte ouest-africaine », déclare-t-il. « Il peut arriver de temps à autre qu’il y ait des accidents, il faut le regretter et faire en sorte qu’ils ne se reproduisent pas », relativise-t-il. Sur le mouvement d’humeur des transitaires, le directeur général du Pad souligne que le Terminal de la Sonacos a permis de régler une partie de leur plateforme revendicative. « Nous sommes ouverts au dialogue, à la discussion pour qu’ensemble, nous trouvions des solutions. Dans la gestion portuaire, chaque maillon de la chaîne doit fonctionner et le Pad se fait le devoir de faire en sorte que tout le monde travaille dans de meilleures conditions », a-t-il indiqué.

S. Diam SY

Sur les d’accident notés dans la plateforme portuaire, le directeur général du Pad a exprimé son regret, tout en promettant d’améliorer les conditions de fonctionnement du port. Toutefois, relève M. Bèye, ces accidents doivent être repositionnés dans un contexte global eu égard aux indicateurs qui montrent que « le Pad est un port sécurisé ». « C’est le port le plus sûr et sécurisé de la côte ouest-africaine », déclare-t-il. « Il peut arriver de temps à autre qu’il y ait des accidents, il faut le regretter et faire en sorte qu’ils ne se reproduisent pas », relativise-t-il. Sur le mouvement d’humeur des transitaires, le directeur général du Pad souligne que le Terminal de la Sonacos a permis de régler une partie de leur plateforme revendicative. « Nous sommes ouverts au dialogue, à la discussion pour qu’ensemble, nous trouvions des solutions. Dans la gestion portuaire, chaque maillon de la chaîne doit fonctionner et le Pad se fait le devoir de faire en sorte que tout le monde travaille dans de meilleures conditions », a-t-il indiqué.

S. Diam SY

Le directeur général du Pad, Aboubacar Sedikh Bèye, a indiqué que les contrats des prestataires seront renouvelés. « Tout ce qui concourt à faire du Pad un port compétitif sera fait », a-t-il déclaré.

En toute rigueur, ajoute-t-il, ces contrats seront renouvelés, conformément aux directives du président de la République qui a décrété 2018 année sociale. Seulement, relève-t-il, ils ne seront pas reconduits sur 12 mois et que les chefs de département vont déterminer leur durée.

S. D. SY

Le 7 janvier dernier, l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a bouclé un mois de fonctionnement ponctué par des hauts et des bas. Dans cet entretien, le directeur général de la société en charge de la gestion de cette plateforme, Limak-Aibd-Summa (Las), Xavier Mary fait le point.

Après un mois d’exploitation, pouvez vous nous faire le point sur la gestion de l’Aibd ?
C’est un premier mois d’exploitation qui est passé très vite avec différentes phases. D’abord l’ouverture s’est bien passée avec quelques ajustements. Nous avons connu de petits désagréments que nous avons dû corriger. Nous avons ouvert l’aéroport sans aucun retard et aucune annulation de vol. Le Sénégal peut être fier de cet événement parce que c’est assez rare dans le monde aéroportuaire de voir des aéroports qui transfèrent leurs activités sans désagréments sur les services offerts aux compagnies aériennes. Ensuite, nous avons subi un événement malheureux : la grève des contrôleurs aériens. Cela a causé d’énormes perturbations qui ont été dommageables pour les compagnies aériennes mais surtout pour les passagers qui ont beaucoup souffert. Ils sont restés dans l’aérogare sans nouvelles ; nous-mêmes nous n’en avions pas. Avec l’aide de nos équipes, nous avons essayé tant bien que mal de subvenir aux besoins et aux attentes des passagers en leur offrant des sandwichs et des boissons. Les conséquences de cette grève nous ont impactés pendant quelques jours comme les retards des bagages. Nous avons dû procéder à quelques ajustements de manière à régler ce qui n’allait pas afin de pouvoir offrir une bonne qualité de service.

Quels sont les ajustements que vous avez dû faire ?
Ces ajustements ont consisté en l’amélioration des procédures. Nous sommes passés des habitudes de Dakar Yoff à un nouvel environnement, car c’est toujours difficile pour les gens de se repérer, de maîtriser tout le fonctionnement. Par exemple, nous n’avions pas des passerelles à Dakar-Yoff, les toilettes ne sont pas aux mêmes endroits, de même que les bureaux des uns et des autres.

De plus, nous nous sommes aperçus que nous n’avions pas assez de chariots pour les deux étages. Nous avons vite comblé le manque en nous approvisionnant en chariots d’occasion dans un premier temps et très rapidement en chariots neufs. Aujourd’hui, nous avons un parc de plus de 1.000 chariots. Nous allons remplacer les chariots d’occasion par des chariots neufs. Ce sont de petits ajustements qui n’empêchent pas un avion de décoller et d’atterrir. Nous avons eu aussi quelques retards sur les cuves parce que Smcady n’avait pas son réseau hydrant (Ndr : système de canaux sous-terrain reliant les cuves aux avions) à temps. Cependant, l’approvisionnement en kérosène se faisait par camion. Cela ne pose aucun problème, il y a des aéroports où il n’y a que des camions pour approvisionner les avions. Cet aspect des choses a un peu retardé les vols parce que les débits avec les camions sont inférieurs, mais dès que le réseau hydrant est entré en service, tout est rentré dans l’ordre. Nous avons retrouvé des conditions d’exploitation normale.

Comment vous avez vécu de critiques sur les réseaux sociaux relatives aux désagréments ? Cela vous a-t-il surpris ?
Je n’ai pas mal pris ces critiques, mais j’ai été surpris. A Chaque pays, à chaque région, ses habitudes. J’essaie de m’adapter à l’environnement dans lequel j’évolue. En revanche, je regrette que l’énergie dépensée à critiquer n’ait pas été dépensée à promouvoir. Les gens n’arrêtaient pas de dire que l’aéroport ne serait pas prêt, mais avec nos équipes, nous n’avons pas voulu écouter ces critiques, nous étions là pour ouvrir le 7 décembre et c’est ce que nous avons fait et cela s’est bien passé. Je regrette simplement que certaines catégories de Sénégalais ne soient pas fières de leur aéroport. Je pense que c’est important pour un pays d’avoir un aéroport de cette qualité et les Sénégalais peuvent en être fiers. Sur ce point, cela me fait penser que les Sénégalais et les Français sont similaires parce que les Français ont l’habitude de critiquer la France mais, quand ils sont à l’extérieur, ils disent que c’est le plus beau pays du monde.

Entre le 7 et le 31 décembre, Aibd a enregistré 25.000 passagers de plus par rapport à l’Aéroport de Yoff à la même période en 2016. Cela est dû à quoi ?
D’une part, cela est dû à l’augmentation du trafic. En effet, le trafic a augmenté au cours de l’année 2017 notamment au cours du mois de décembre. D’autre part, deux compagnies aériennes, Camair Co et Rwandair ont ouvert des lignes. Avoir deux nouvelles compagnies qui desservent Dakar, cela apporte forcément du trafic supplémentaire. On pourra bien se rendre compte, après une année d’exploitation, de l’impact l’aéroport international Blaise Diagne sur le trafic aérien. Mais pour le moment, c’est trop tôt. A notre niveau, il faut que nous arrivions à bien organiser nos mesures de passagers et de mouvements. Mais toujours est-il que la tendance est bonne.

Un mois après l’ouverture de l’aéroport, quels sont les échos que vous avez et des passagers et des compagnies aériennes ?
Les passagers nous renvoient une image positive. Ils sont heureux d’utiliser cet aéroport. Il y a plus de confort, plus de lumière, plus de services, c’est plus propre et il y a une offre de qualité bien supérieure que celle de l’ancien aéroport de Dakar. Les gens sont ravis. Ils le sont de plus en plus car notre offre de services s’élargit. Au départ, nous n’avions qu’un seul restaurant, nous allons en ouvrir un quatrième et les gens trouvent ce qu’ils veulent. Pour les lounges, c’est pareil. Nous avons commencé avec un seul, aujourd’hui nous en avons trois. En quelques jours, malgré la grève et les fêtes de fin d’année, nous avons réussi à compléter tout ce qui manquait et qui était attendu par tout le monde. De ce côté, les gens sont ravis. J’ai entendu des témoignages très sympathiques de passagers qui me disent qu’on se croirait dans un aéroport européen et que c’est bien mieux qu’à Yoff. Les compagnies aériennes, elles aussi, nous expriment des témoignages de satisfaction parce que leurs passagers sont mieux accueillis, elles-mêmes disposent de plus de place pour leurs opérations ; elles disposent aussi de moyens modernes comme les passerelles télescopiques, le courant pour les avions. Nous avons également des bâtiments neufs, climatisés et lumineux. Pour les compagnies aériennes, c’est quelque chose de satisfaisant. Le seul reproche que j’ai entendu, c’est l’éloignement de la ville de Dakar par rapport à l’aéroport, mais ce n’est pas une surprise pour personne parce que la construction de l’aéroport a commencé il y a dix ans. Donc, nul n’ignorait qu’il y avait cette distance entre Dakar et le nouvel aéroport. Mais fort heureusement, nous avons l’autoroute à péage pour relier l’aéroport.

Il y a combien de compagnies qui desservent Dakar et quel est le rythme du trafic journalier ?
Actuellement, nous avons 34 compagnies qui desservent Dakar. Le rythme du trafic dépend des jours. Par exemple, le flux est plus important les vendredis et les samedis. Le jeudi, le rythme n’est pas soutenu. Cependant, toutes les grandes compagnies atterrissent, le plus souvent, le soir ou la nuit.

Comme tout début, il y a assurément des choses à améliorer. En ce qui concerne Aibd, qu’est-ce qu’il faudra améliorer dans le fonctionnement?
L’amélioration est permanente. Aujourd’hui, nous sommes à un niveau de qualité de service honorable. Peut-être, nous devons faire évoluer l’offre commerciale avec plus de magasins qui offrent des produits innovants, locaux, de l’art. Il faudra aussi développer des projets de développement de l’aéroport de manière générale comme le projet de ferme solaire. Un aéroport est une infrastructure en perpétuelle évolution même parfois en perpétuel chantier. Aujourd’hui, il ne nous manque pas grand chose comparativement à ce qui se pratique dans les aéroports à standards internationaux.

Entretien réalisé par Mamadou GUEYE et Elhadji Ibrahima THIAM

La croissance économique mondiale devrait se situer à 3,1 % en 2018, après avoir un taux atteint un taux de 2,7 % en 2017, selon le rapport 2018 de la Banque mondiale sur les Perspectives économiques mondiales publié avant-hier. Dans ce document, l’institution financière note que cette reprise risque d’être de courte durée.

Dans les économies avancées, la croissance fléchira légèrement en 2018 pour s’établir à 2,2 %, à mesure que les banques centrales éliminent leurs dispositifs d’après-crise et que la tendance à la hausse des investissements s’infléchit. Cependant,  dans l’ensemble des pays émergents et en développement, la croissance s’accélérera à 4,5 % en 2018 grâce à la reprise de l’activité économique dans les pays exportateurs de produits de base.

« La reprise de la croissance mondiale est encourageante, mais l’heure n’est pas à l’autosatisfaction », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. « C’est une excellente occasion d’investir dans le capital humain et physique. Si les responsables politiques à travers le monde privilégient ces investissements essentiels, ils pourront améliorer la productivité nationale, accroître le taux d’activité et aider à réaliser le double objectif du Groupe : mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée », a-t-il ajouté. Avec la reprise annoncée, la Banque mondiale estime que les responsables politiques devront porter leur regard au-delà des instruments monétaires et budgétaires pour stimuler la croissance à court terme et envisager des initiatives à même de renforcer le potentiel de croissance à long terme. Le ralentissement de la croissance potentielle s’explique, selon l’institution financière, par de nombreuses années d’érosion des gains de productivité, un faible niveau d’investissement et le vieillissement de la main-d’œuvre mondiale.

3,2 % en Afrique
En Afrique subsaharienne, la croissance devrait passer de 2,4 % en 2017 à 3,2 % en 2018. Cette accélération dépendra, toutefois, du raffermissement des prix des produits de base et de la mise en œuvre de réformes. La Banque mondiale relève qu’une baisse des prix des produits de base, une augmentation plus forte que prévue des taux d’intérêt mondiaux et des mesures insuffisantes pour améliorer la dynamique de la dette, pourraient freiner la croissance économique.                      

6,9 %  au Sénégal
La hausse soutenue des investissements dans les pays disposant de peu de ressources naturelles va sans doute favoriser une croissance robuste en 2018. Selon la Banque mondiale, cette croissance économique dans la région Afrique subsaharienne devrait bondir à 7,2 % en Côte d’Ivoire, 6,9 % au Sénégal, 8,2 % en Éthiopie, 6,8 % en Tanzanie et 5,5 % au Kenya où l’inflation faiblit.

Mamadou SY

La Direction de la protection des végétaux a lancé, lundi dernier, l’alerte générale contre des insectes ravageurs particulièrement voraces et qui s’attaqueraient à différentes cultures dans les régions de Kaolack, de Fatick et de Kaffrine.  

Des insectes ravageurs identifiés par les techniciens de la Direction de la protection des végétaux (Dpv) comme étant des chenilles légionnaires d’automne sont signalés dans notre pays, a révélé lundi des responsables de ladite structure en marge d’un atelier de sensibilisation des acteurs de la lutte phytosanitaire au Sénégal. « Ces chenilles sont présentes depuis le mois de septembre dernier notamment dans le département de Kaffrine. Il s’agit d’insectes particulièrement voraces qui s’attaquent à toutes les espèces végétales avec une préférence pour le maïs, tous les acteurs du monde rural sont concernés par la lutte qui est engagée contre ces chenilles », a indiqué Ousmane Diène de la Direction de la protection des végétaux lors d’un atelier à Kaolack qui a regroupé tous les démembrements du Ministère de l’Agriculture et l’Equipement rural. Les animateurs de l’atelier qui ont reçu l’appui du projet Feed the Future (Nataal Mbay) précisent que l’évaluation des dégâts engendrés par l’intrusion de ces chenilles dans les cultures serait en cours et préconisent des interventions ciblées pour atténuer leurs actions dévastatrices.

« Il faut préconiser des actions préventives pour protéger les zones de cultures contre ces chenilles dont la capacité destructrice est particulièrement forte. Il est impossible de les éradiquer mais on peut atténuer leur nuisance », a déclaré Ousmane Diène au cours d’un point de presse organisé en marge de l’atelier. Les actions phytosanitaires envisagées concernent la prochaine saison hivernale, si l’on tient compte de la fin des récoltes pour la quasi-totalité des spéculations. Des responsables d’organisations de producteurs, à l’instar de la présidente de la Fédération des producteurs de maïs du Saloum (Fepromas) Niyma Diaté, ont salué cette initiative conjointe de la Dpv et de « Nataal Mbay » consistant à prévenir des sinistres de ce type. A l’issue de cet atelier, un plan d’actions de lutte phytosanitaire a été élaboré par les participants.

Elimane FALL

Pour protéger l’industrie agro-alimentaire précisément celle des pâtes en proie à des difficultés, le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme a annoncé des mesures de défense mardi. Il visitait les unités de production de NMA potou et Pastami.  

Spaghetti, macaroni, vermicelle. Les mots sonnent italien, un pays réputé pour la qualité des ces pâtes, mais ces produits sont fabriqués au Sénégal sous la marque Pastami de l’industriel sénégalais Ameth Amar, président directeur général la Nouvelle minoterie africaine (Nma).

Mardi, il a reçu la visite d’Alioune Sarr, le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, accompagné de ses proches collaborateurs dans ses unités de production (Nma Pastami Yarakh et Nma Potou ex-Moulins Sentenac). Arrivé à 13 heures 10 minutes, le ministre et sa délégation ont visité les installations de l’unité production de Nma Pastami Yarakh. Alioune Sarr s’est réjoui de la qualité des produits fabriqués dans cette unité. Il a annoncé que des mesures seront prises conformément aux règles de l’Organisation mondiale du commerce pour protéger cette industrie en proie à des difficultés - trois des cinq unités sont fermées, entraînant des pertes d’emplois - à cause de la «concurrence déloyale», soulignant que des produits agro-industriels subventionnés dans d’autres pays sont importés au Sénégal. « Les mesures de défense commerciale conformes à nos engagements au plan international seront mises en place pour accompagner cette entreprise », a promis le ministre du Commerce. Il répondait à l’interpellation du président directeur général la Nouvelle minoterie africaine, Ameth Amar, qui a demandé à l’autorité de réguler le marché des pâtes. « Nous demandons à l’Etat de contrôler tous les produits qui entrent au Sénégal et, s’agissant des pâtes, de regarder la qualité de celles-ci ». M. Amar a soutenu que les pâtes locales sont fabriquées à 100 % de blé dur contrairement aux pâtes importées qui incorporent 30% de farine pour bénéficier de subvention à l’exportation.  

Consommation de plusde 45 000 tonnes
Donnant l’exemple de la Tunisie, l’industriel sénégalais a soutenu que ce pays a institué une taxe de 20 % sur les produits importés et même la Banque centrale a décidé de ne plus financer les produits importés. Ameth Amar pense, comme le chef de l’Etat, que le montant de la subvention doit être ajouté lors du dédouanement des produits importés pour éviter les distorsions de prix liées aux subventions.

Alioune Sarr a également annoncé la mise en place d’un comité de commercialisation et de régulation de la pâte au Sénégal. Selon le ministre, les Sénégalais consomment plus de 45.000 tonnes de pâte par an pour une production nationale estimée à 35.000 tonnes. Alors qu’elle ne couvre pas les besoins du pays, la production nationale peine à être écoulée à cause de l’importation des pâtes. Celle-ci est caractérisée par une hausse vertigineuse ces dernières années. Les importations de pâtes alimentaires sont passées de 6.000 tonnes à plus de 20.000 tonnes - soit une augmentation de 250 % - alors que la production intérieure a chuté de 20.000 à 13.000 tonnes.

« Le Sénégal est un pays ouvert mais il a le droit d’utiliser les instruments qui sont à sa disposition pour accompagner ses entreprises comme le font tous les pays », a dit le ministre. Le groupe NMA, qui a bénéficié de l’accompagnement du Bureau de mise à niveau, a acquis les Moulins Sentenac en 2015 et a investi plus de 12 milliards de FCfa dans des équipements de dernière génération, selon le document remis à la presse.

Mamadou GUEYE

 

Les indicateurs clés de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) ont enregistré de fortes baisses durant la semaine du 1er au 5 janvier 2018 comparés à la semaine précédente, a appris mercredi APA auprès de cette bourse régionale.

La capitalisation boursière du marché des actions a connu une contraction de 261,24 milliards de FCfa, se chiffrant à 6.574,99 milliards de FCfa contre 6.836,23 milliards de FCfa, la semaine dernière. Celle du marché obligataire suit la même tendance, s’élevant à 2.965,71 milliards de FCfa contre 2 969,53 milliards de FCfa précédemment. Du côté des indices, on note également une baisse. L’indice Brvm 10 est passé de 219,65 points à 211,82 points, soit un repli de 3,56 %. L’indice Brvm Composite, pour sa part, a cédé 3,82 % à 233,77 points contre 243,06 points précédemment. Sur le plan sectoriel, l’indice Brvm - Agriculture a enregistré la seule hausse hebdomadaire.

Il s’est affiché à 186,02 points, en hausse de 1,38 % par rapport à la semaine dernière. L’indice Brvm - Services Publics enregistre la plus forte baisse de la semaine avec une variation de moins 7,11 % à 665,36 points. Concernant la valeur totale des transactions enregistrées sur la semaine, elle s’établit à 1,50 milliard de FCfa pour 638.393 titres échangés contre 19,25 milliards de FCfa pour 2.548 479 titres traités la semaine dernière.

Les négociations ont porté sur 46 valeurs, dont 44 sur le marché des actions et 2 sur celui des titres de créance.  Au titre de la plus forte hausse de la semaine la Société multinationale de bitume Côte d’Ivoire a terminé la semaine à 8.850 FCfa en progression de 16,14 %. La plus forte baisse de la semaine est enregistrée par le titre BERNABE Côte d’Ivoire avec un repli de 16,61 % à 2.585 FCfa.

(APA)

 

Le ministre de l’Economie et des Finances a déclaré, avant-hier, que « la mise en œuvre du Pse a réussi à transformer l’économie sénégalaise dotée aujourd’hui d’un excellent cadre macroéconomique caractérisé par une consolidation de la croissance économique, une maîtrise de l’inflation, une réduction continue des déficits publics et du compte courant ainsi qu’une dette soutenable ». Il a précisé que le déficit budgétaire va poursuivre sa tendance baissière et devrait s’établir à 3,5 % en 2018, après 3,7 % en 2017. La gestion des finances publiques sera marquée, a-t-il dit, par la poursuite de l’accroissement des recettes budgétaires, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et l’amélioration de la qualité des dépenses d’investissement. En ce qui concerne l’endettement, le ministre a relevé que la prudence et la politique de reprofilage visant à substituer les instruments de court terme par des instruments de long terme seront maintenues. En revanche, ajoute-t-il, le déficit du compte courant devrait s’aggraver légèrement, suite au renchérissement des produits pétroliers importés et à l’accroissement des importations de biens d’équipements qui caractérise une période d’investissement. Pour l’année 2018, le dynamisme de l’économie sénégalaise devrait se renforcer avec un taux de croissance du Pib réel projeté à 7 %, après un taux de 6,8 % attendu pour 2017. A son avis, cette amélioration sera portée par le raffermissement des secteurs secondaire et tertiaire avec des hausses attendues respectivement à 7,4 % et 7,0 %.

S. Diam SY

 

Après le secteur des assurances et celui de la microfinance, le ministre de l’Economie et des Finances a rencontré, hier, les acteurs des banques. Amadou Bâ les invite à contribuer au financement de la campagne de commercialisation des produits agricoles.

La réussite de la campagne de commercialisation des produits agricoles nécessite l’intervention du système bancaire pour apporter les financements requis, a déclaré, hier, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan qui a présidé, hier, une rencontre avec les acteurs du secteur. Selon Amadou Bâ, deux questions essentielles préoccupent l’activité économique : le financement de la campagne de commercialisation des produits agricoles et des Pme. Pour la campagne agricole, il a rappelé que l’Etat a consenti des efforts financiers importants pour permettre aux producteurs de disposer de semences de qualité et d’intrants en quantité. Avec la bonne pluviométrie enregistrée cette année, une production record est attendue notamment pour l’arachide. Pour les Pme, considérées comme un levier de la croissance économique, M. Bâ indique que leurs difficultés à accéder au crédit a toujours été une principale contrainte à leur développement. Dans le souci de trouver des solutions à cette question, l’Etat a mis en place des instruments de financements spécifiques dédiés à ce segment. Il s’agit de la Bnde, du Fonsis et du Fongip. Il y a également la mise en place du Bureau d’information sur le crédit - la loi sur le crédit bail au Sénégal -, la réduction de 75 à 50 % de la norme de couverture des emplois à moyen et long terme par des ressources stables, etc. Toutes ces réformes contribuent, à son avis, « à l’amélioration de l’environnement des affaires et rapproche notre pays de l’émergence ».

Celle-ci suppose, affirme-t-il, l’existence d’un « système bancaire fort, dynamique, résilient et inclusif » qui accompagne l’activité de création de richesse des secteurs prioritaires et stratégiques définis par l’Etat. Au-delà de l’objectif d’émergence, insiste-t-il, « l’ambition du chef de l’Etat est de réaliser une croissance de qualité, qui génère de l’emploi et des revenus, tout en favorisant un développement solidaire et inclusif ». Les banques constituent, pour lui, « un des maillons importants du secteur financier et leur contribution majeure dans le financement de l’économie en fait des interlocuteurs privilégiés du gouvernement ». Il estime que ce cadre de concertation devrait servir à mettre à niveau la profession bancaire sur la situation économique et financière du pays et porter ses préoccupations ainsi que celles de l’Etat relativement aux questions économiques en général et au financement de l’économie en particulier. L’objectif du gouvernement, fait-il remarquer, est de renforcer le cadre d’exercice de la profession et la confiance entre partenaires «afin de hisser le secteur bancaire à la hauteur de nos ambitions d’émergence économiques».

Le directeur du secteur financier et de la compétitivité, Pape Amadou Sarr, a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’asseoir un cadre permanent de dialogue avec le privé en vue d’une meilleure collaboration entre la tutelle et les professionnels du secteur économique et financier de notre pays. Dans un contexte de lancement de la phase 2 du Pse, a-t-il ajouté, « il paraît important et opportun de renforcer la synergie entre les acteurs du secteur financier afin d’améliorer la croissance économique, gage de l’atteinte des objectifs fixés dans le Pse ».

Souleymane Diam SY

DES EFFORTS POUR APURER DE LA DETTE INTÉRIEURE
Bocar SY BHSBocar Sy, président de l’Association des professionnels des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbef), a soutenu que ce format permet de poser les problèmes du secteur.

« Notre métier et notre place sont importants surtout dans le contexte de notre économie émergente et performante avec des besoins de financements en ressources », a-t-il dit.

Il a salué les efforts de l’Etat en vue d’apurer sa dette intérieure et l’encourage à les poursuivre en vue de soulager leur clientèle et réduire leurs engagements compromis. Cela participe, selon lui, « à l’amélioration de nos trésoreries par le recouvrement de nos créances, par conséquent, de notre capacité d’intervention».

Il a formulé le souhait des banquiers de voir cette rencontre se tenir chaque semestre.

S. Diam SY

LES ENGAGEMENTS FINANCIERS CHIFFRÉS À 3 331 MILLIARDS DE FCFA EN 2016
Le président de l’Asbef, Bocar Sy, a indiqué que les engagements des 28 banques et établissements financiers du pays se portent à 3.331 milliards de FCfa en 2016 contre 2954 en 2015.

« Nous pouvons et devons mieux faire », a-t-il dit. Cette performance est, selon lui, encourageante dans un contexte de faible bancarisation (18 %). Ces chiffres interpellent, dit-il, tous les acteurs du secteur en mesure d’accompagner directement ou indirectement leurs contributions pour atteindre une inclusion à hauteur de nos attentes respectives.

Et cela passera, à son avis, par la formation et la sensibilisation de la population sur l’importance du Bureau d’information sur le crédit. Le secteur bancaire se dit préoccupé de la maîtrise du risque et surtout du niveau élevé des impayés dont la gestion du contentieux. M. Sy a déploré le comportement de certains débiteurs parce qu’il leur arrive dans le recouvrement de leurs engagements d’être attraits en procédure pénale pour des affaires commerciales.

« Certes c’est la loi mais il expose des soldats de l’économie que nous sommes et peut fragiliser le financement de nos économies », a-t-il dit.

Toutefois, apprécie-t-il, les efforts de l’Etat à travers les réformes judiciaires engagées comme la création du Tribunal de commerce permettront de renforcer le financement des Pme.

S. Diam SY

Le président de l’Apbefs, Bocar Sy, a indiqué que les engagements des 28 banques et établissements financiers du pays se portent à 3.331 milliards de FCfa en 2016 contre 2954 en 2015.

« Nous pouvons et devons mieux faire », a-t-il dit. Cette performance est, selon lui, encourageante dans un contexte de faible bancarisation (18%). Ces chiffres interpellent, dit-il, tous les acteurs du secteur en mesure d’accompagner directement ou indirectement leurs contributions pour atteindre une inclusion à hauteur de nos attentes respectives.

Et cela passera, à son avis, par la formation et la sensibilisation de la population sur l’importance du Bureau d’information sur le crédit. Le secteur bancaire se dit préoccupé de la maîtrise du risque et surtout du niveau élevé des impayés dont la gestion du contentieux. M. Sy a déploré le comportement de certains débiteurs parce qu’il leur arrive dans le recouvrement de leurs engagements d’être attraits en procédure pénale pour des affaires commerciales.

« Certes c’est la loi mais il expose des soldats de l’économie que nous sommes et peut fragiliser le financement de nos économies », a-t-il dit.

Toutefois, apprécie-t-il, les efforts de l’Etat à travers les réformes judiciaires engagées comme la création du Tribunal de commerce permettront de renforcer le financement des Pme.

S. Diam SY

Le ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main-d’œuvre, Abdoulaye Diop, a demandé aux jeunes d’être des créateurs d’emplois au lieu d’être des chercheurs d’emplois. Il soutient que l’environnement économique propice permet ce changement d’approche.

En prélude au 17ème Forum du premier emploi du Mouvement des entreprises du Sénégal (Mdes) prévu en févier, la fondation Emploi-Jeune de cette structure a organisé, hier, une rencontre sur « l’employabilité : technique de recherche d’emploi à l’attention des jeunes diplômés ». Elle a réuni des centaines de jeunes diplômés à la recherche du premier emploi au Centre Africain d’études supérieures en gestion (Cesag). Le ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main-d’œuvre, Abdoulaye Diop qui a ouvert les travaux, a invité les jeunes à plus de « persévérance ». Il a souligné que « le chômage constitue, de nos jours, un fléau mondial auquel sont confrontés tous les pays et est devenu une préoccupation universelle qui créé partout la pauvreté et le désœuvrement ». Abdoulaye Diop a rappelé que la promotion de l’emploi des jeunes est une priorité pour le gouvernement. Citant les dernières statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, il a indiqué que le taux de chômage des personnes âgées de 15 ans est de 10,8%.

Réadapter les politiques
Le ministre dit faire « confiance à l’audace de la jeunesse sénégalaise ». « Les gens doivent réfléchir car l’environnement a changé. Aujourd’hui, les gens doivent passer de chercheurs d’emplois à des créateurs d’emplois. Quand vous avez le potentiel de création, il y a des possibilités. L’économie est en train de se développer avec un taux de croissance en progression. On a des niches d’opportunités qu’il faut exploiter. On doit profiter de l’environnement économique qu’offrent les pays de l’Uemoa et de la Cedea. Un jeune Sénégalais doit pouvoir travailler à Conakry, à Ouaga, à Niamey, etc. Essayez d’avoir des initiatives », a conseillé le ministre aux diplômés qui ont pris part à la rencontre. Selon le ministre, plus de 127.000 fonctionnaires, soit moins de 1% de la population consomme 50% des recettes douanières et fiscales. D’où, a expliqué, Abdoulaye Diop, que la politique de l’Etat consistant à créer un cadre favorable au développement des entreprises afin que celles-ci puissent créer des emplois. M. Diop estime que pour combattre et vaincre le chômage, il faut garantir la stabilité des institutions et préserver la paix civile. « C’est ce qui a motivé la mise en place d’un département exclusivement dédié à l’emploi, à l’insertion professionnelle et à l’intensification de la main-d’œuvre. Dans un contexte marqué par la crise mondiale du secteur l’emploi, la qualité la plus importante reste la faculté de penser en dehors des schémas préétablis des solutions pour sortir des sentiers battus », a dit Abdoulaye Diop. Il a indiqué que son département est en train de mettre en place un programme d’urgence de création massive d’emplois. Celui-ci tourne autour de grands projets tels que le remplacement des motos jakarta par des tricycles, la mise en place d’unités de transformation de l’anacarde, la mise en place d’unités de confection doublée de centres d’incubation, l’installation d’unités professionnelles populaires de nettoyage dans certaines villes, le projet de création d’emplois dans la monétique et les télé-services.

Mbagnick Diop, revenant sur l’importance du premier emploi, salue le fait que le Sénégal en a fait une sur-priorité. Il a apprécié les 30 milliards mis par l’Etat pour l’entreprenariat rapide dans le cadre du Fonds national pour l’emploi rapide. « La jeunesse de notre pays incarne l’avenir car elle est pleine de compétence. Le Meds, au-delà a de la dimension patronale, s’engage dans la lutte contre le chômage des jeunes », a affirmé Mbagnick Diop. Il a annoncé que le thème du forum national du premier emploi de février sera axé sur le thème : « Haute intensité de la main-d’œuvre et les emplois verts ».

Oumar KANDE

CONVENTION AVEC LE MDES : L’ETAT OFFRE 1.590 EMPLOIS AUX JEUNES
Le président du Meds et le ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main-d’œuvre ont signé, hier, en marge de l’atelier Training sur l’employabilité des jeunes, une convention de partenariat. Abdoulaye Diop a annoncé que son département a offert 1590 emplois dans le domaine de la monétique pour les jeunes en collaboration avec le Mdes. « La monétique, c’est un marché de 115 milliards de FCfa dans l’espace Uemoa. Après le recensement, on pourrait dans les deux prochains mois les former », a affirmé Abdoulaye Diop. Pour les modalités d’octroi de ces emplois, le ministre assure qu’en fonction des besoins en rapport avec le Meds, les profils seront établis et les formations vont commencer pour que les jeunes puissent démarrer le travail dans le domaine de la monétique.

O. KANDE

Le président du Meds et le ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main-d’œuvre ont signé, hier, en marge de l’atelier Training sur l’employabilité des jeunes, une convention de partenariat.

Abdoulaye Diop a annoncé que son département a offert 1590 emplois dans le domaine de la monétique pour les jeunes en collaboration avec le Mdes. « La monétique, c’est un marché de 115 milliards de FCfa dans l’espace Uemoa. Après le recensement, on pourrait dans les deux prochains mois les former », a affirmé Abdoulaye Diop. Pour les modalités d’octroi de ces emplois, le ministre assure qu’en fonction des besoins en rapport avec le Meds, les profils seront établis et les formations vont commencer pour que les jeunes puissent démarrer le travail dans le domaine de la monétique.

O. KANDE

Il est bien d’avoir des infrastructures, mais encore faudrait-il que celles-ci soient de qualité à même de soutenir une croissance inclusive et durable. Cette problématique était le fil conducteur de la conférence sur l’infrastructure de qualité co-organisée par le Sénégal et le Japon et qui s’est tenue, hier, sous la présidence du chef de l’Etat, Macky Sall.

Comme la plupart des pays africains, le Sénégal, malgré ses efforts, fait encore face à un déficit d’infrastructures. Si celles existantes ne sont pas de haute qualité, il sera difficile de résorber le gap et d’assurer de meilleures performances économiques. La conférence sur l’infrastructure de haute qualité organisée, hier, par le gouvernement du Sénégal et le Japon a permis de poser le débat sur l’importance de la réalisation d’ouvrages fiables, durables pour une croissance plus inclusive. Présidée par le chef de l’Etat Macky Sall en présence du ministre d’Etat japonais en charge des Infrastructures, Takao Makino, de représentants d’une vingtaine d’entreprises japonaises et du secteur privé sénégalais, cette rencontre a permis de mettre en lumière les enjeux stratégiques et les contraintes notamment financières liées à la réalisation de projets d’infrastructures structurantes pour l’émergence et le développement.

Le président Macky Sall estime que des infrastructures de haute qualité, c’est-à-dire intelligentes, intégrées, adaptées et modernes sont nécessaires pour soutenir la productivité, entretenir la croissance et relever le défi du développement. « Cela interroge notre capacité à réaliser de telles infrastructures conformes aux meilleurs standards internationaux dans le respect des normes environnementales et sociales les plus exigeantes. A cet égard, ce forum constitue un cadre approprié pour réfléchir sur les défis liés à la mise en place et à la gestion de réseaux d’infrastructures de qualité hiérarchisés et adaptés à nos besoins actuels et futurs», a-t-il soutenu.

D’où l’importance de la planification, des choix des technologies, de la maîtrise des délais de réalisation, de l’optimisation des coûts mais surtout de l’entretien et de la maintenance.

A ce propos, a rappelé le chef de l’Etat, l’Afrique a pris des initiatives fortes pour intensifier le rythme de réalisation des infrastructures à travers le Nepad, notamment au sortir du sommet de Dakar sur le financement des infrastructures.

L’Afrique, un continent à construire
Dans un continent qui s’étale sur 30 millions de km2 dont les besoins de financement dans le domaine des infrastructures sont estimés à 93 milliards de dollars par an, le président Macky Sall est d’avis que le savoir-faire et l’expérience japonais seraient bénéfiques. La tâche est immense, il faut des partenariats pour venir à bout de ce vide infrastructurel, de cette absence d’infrastructures ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, autoroutières, routières sur l’ensemble du continent. L’expérience japonaise doit être une source d’inspiration pour le Sénégal et pour tout l’Afrique », a-t-il déclaré.

Le Sénégal qui, a-t-il précisé, est déjà engagé dans une « politique hardie » de développement d’infrastructures structurantes et d’équipements de base à travers, entre autres, la construction d’un réseau autoroutier, la réalisation du Train express régional, le projet de train Dakar-Tamba, les travaux de renforcement de la production d’énergie, le développement d’infrastructures portuaires avec le terminal minéralier, pétrolier et vraquier de Bargny-Sendou, le port multifonctionnel de Ndayane et le terminal d’hydrocarbure de Dakhonga à Fatick, sans oublier les grands chantiers engagés dans l’hydraulique, de l’enseignement supérieur…

Elhadji Ibrahima THIAM

BAIDY AGNE, PORTE-PAROLE DU PATRONAT : « IL EST IMPORTANT DE S’ENRICHIR MUTUELLEMENT »
Baydi Agne ConfLes secteurs privés sénégalais et japonais ont partagé leurs expériences dans le développement et la gestion des infrastructures. Ils ont noué des partenariats. Un enrichissement mutuel dont s’est félicité Baidy Agne, le président du Conseil national du patronat (Cnp), qui a parlé au nom du secteur privé sénégalais.

« Il est important de s’enrichir mutuellement. Car, de nos jours, la réalisation d’infrastructures de haute qualité avec des entreprises performantes, dotées de moyens humains et matériels appropriés dans le respect des normes et des règles de l’art est une exigence », a-t-il dit.

M. Agne a souligné que le Sénégal fournit un effort soutenu d’investissements publics et privés dans des activités connexes et indispensables à toute infrastructure de haute qualité. Il a cité la formation initiale et continue dans des écoles d’ingénieur de conception et de réalisation de Btp, le contrôle technique à travers des bureaux et laboratoires répondant aux normes internationales, des plateformes numériques dotées de services à haute valeur ajoutée. Sans compter les directives présidentielles pour la mise en place d’un cadre règlementaire et juridique favorable à la réalisation d’ouvrages de haute qualité.

Des actions qui ont « profondément modernisé la gouvernance des infrastructures et leur schéma de financement contractuel » dont se réjouissent, selon Baidy Agne, les professionnels du Btp.

Il a invité le Japon à accorder une priorité d’investissement au Sénégal.« Le Sénégal est attractif sur le plan des investissements privés nationaux et étrangers. Toutes les conditions favorables sont réunies : paix sociale, performances macroéconomiques, stabilité politique, sécurisation juridique et judiciaire de l’investissement privé. Venez construire avec nous le Sénégal du futur », a-t-il lancé, au secteur privé japonais.

Elh. I. THIAM

CONFERENCE SUR L’INFRASTRUCTURE DE QUALITE : LE JAPON ENGAGÉ À SOUTENIR LE SÉNÉGAL
Conf Infrast Jpn SnLe Japon avec qui le Sénégal entretient un partenariat fécond a pris la pleine mesure de la dynamique de transformation en cours au Sénégal et en Afrique. Au sortir de la Ticad 6 à Nairobi en 2016, le Premier ministre nippon avait réaffirmé son engagement en faveur du développement des infrastructures de qualité sur le continent. Pour le Sénégal, cet engagement du pays du Soleil Levant commence à trouver un début de concrétisation à travers le mémorandum de coopération signé entre le ministre des Infrastructures Abdoulaye Daouda Diallo et son homologue japonais, Takao Makino.Ce document définit les voies et moyens de promouvoir un investissement d’infrastructures de qualité, de poursuivre les relations de coopération dans ce domaine par le partage de nouvelles connaissances et d’expériences et de promouvoir le développement des infrastructures au Sénégal.

M. Makino a insisté sur l’intérêt d’avoir des infrastructures de qualité qui, selon lui, sur le long terme, sont beaucoup moins chers. « Le Sénégal connaît aussi bien une croissance économique que démographique. Donc, il y a un besoin en infrastructures pour atténuer le problème de la congestion et aménager le cadre de vie. Pour ce faire, il faut insister sur la qualité des ouvrages. En effet, une infrastructure de qualité offre des installations faciles à utiliser, durables et respectueuses de l’environnement, tout en permettant de pouvoir anticiper et réduire les méfaits des catastrophes naturels », a dit M. Makino. Et d’ajouter que ce qui est le plus important dans les relations entre le Japon et ses pays partenaires, ce n’est pas la haute technologie qu’il leur apporte, mais l’esprit de sincérité avec lequel les entreprises japonaises travaillent.

Le président de l’Association pour le développement des infrastructures en Afrique (Jaida) qui regroupe 160 entreprises japonaises de divers secteurs, Yoichi Miyamoto fait chorus, soulignant que, dans le domaine des infrastructures, les défis sont nombreux en Afrique et que le Sénégal, en tant que pays stable sur le plan politique et social avec une croissance économique dynamique, a un rôle fondamental à jouer. D’où l’intérêt que lui portent la vingtaine d’entreprises japonaises qui ont fait le déplacement. Il estime que la formation est un aspect très important dans la réalisation des infrastructures de haute qualité. C’est pour cette raison, a-t-il expliqué, que les entreprises japonaises, à chaque fois qu’elles interviennent à l’étranger, s’efforcent de transmettre leurs connaissances et leurs technologies à leurs collaborateurs du pays d’accueil. « C’est un principe qui nous est cher. Nous renforçons la capacité des gens avec qui nous travaillons, nous participons ainsi à leur formation », a dit M. Miyamoto.

Elh. I. THIAM

Des tailleurs de la commune de Mbour membres de l’Association des couturiers de la Petite-Côte souhaitent accéder aux financements et aux marchés publics pour pouvoir jouer leur partition dans le développement du Sénégal. Ils l’ont fait savoir, dimanche dernier à Mbour, à l’occasion d’une journée de réflexion organisée dont le but principal était de mettre en place une Fédération départementale des couturiers de la Petite-Côte.

« Nous constituons un corps de métiers dont le rôle est primordial dans le processus d’émergence tel que défini par les pouvoirs publics, notamment dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent. Et pour ça, nous avons besoin de financements mais aussi d’avoir accès à aux marchés publics », a déclaré le président Ibrahima Ndao. Il a fait part de sa volonté d’élargir l’association à toutes les localités du département avec la création d’une fédération qui compte prendre en charge toutes les préoccupations des couturiers qui en seront membres. Selon lui, leur corporation souffre d’un manque criant d’organisation. Ibrahima Ndao et ses collègues estiment qu’il leur faut des sessions de formation en gestion des entreprises, en comptabilité et en management. « Nous sommes dans un secteur où nous contribuons considérablement à la formation de jeunes Sénégalais gratuitement. Mais, malgré nos efforts, nous ne bénéficions d’aucun soutien de la part des pouvoirs publics que des collectivités qui, dans les subventions, ne pensent pas aux couturiers qui, pourtant, font un travail remarquable », a déclaré M. Ndao. Il soutient qu’une bonne organisation ainsi que le soutien des pouvoirs publics et des collectivités locales devraient pouvoir contribuer à une meilleure formation de leurs apprentis dont la plupart sont des enfants et des adolescents qui doivent avoir une bonne formation pour pouvoir assurer, à l’avenir, la relève dans le domaine de la couture. Il a affirmé qu’ils ont eu plusieurs rencontres avec les responsables de l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat (Apda), mais, jusqu’à présent, rien de concret ne leur a été proposé. « Nous entendons parler du Fonds pour le financement de la formation professionnelle (3FP), mais nous ne disposons d’aucune information sur ce fonds. Nous avons besoin de plus d’information afin de pouvoir saisir les opportunités qui s’offrent à nous », a lancé M. Ndao.

Amath Sigui NDIAYE

Le directeur général de la Senelec, Makhtar Cissé, a annoncé, hier, que son entreprise va poursuivre ses investissements. Dans les trois prochaines années, elle prévoit 510 milliards de FCfa. « Nous avons prévu un investissement de 510 milliards de FCfa pour les trois prochaines années. Même s’il y a la production d’entités privées, nous avons encore des investissements à faire », a déclaré le directeur général de la Senelec. Selon M. Cissé, la Senelec a une longue histoire de redressement. Il a indiqué que l’entreprise est dans un tournant avec des exercices couronnés de succès, des performances sont rendues possibles grâce au soutien de l’Etat avec d’importants investissements. Selon Mouhamadou Makhtar Cissé, le redressement de la Senelec est une entreprise de longue haleine qui va mobiliser plusieurs centaines de milliards de FCfa. Il a rappelé que Société nationale d’électricité du Sénégal est régulée par la Commission de régulation du secteur de l’énergie qui définit, chaque année, les montants à investir et fixe les prix de l’électricité. Le directeur général de la Senelec a annoncé l’inauguration, le 16 janvier prochain, de la centrale solaire de Ten Mérina (commune de Mérina Dakhar, département de Tivaouane).

Mouhamadou Makhtar Cissé soutient qu’une Senelec performante impacte positivement sur l’économie nationale.

La preuve, précise-t-il, en 2016, ce sont 53 milliards de FCfa qui ont été payés aux fournisseurs, notamment la Société africaine de raffinage. Il s’est félicité de la note obtenue par sa structure.

« C’est une notation importante pour la Senelec. C’est un véritable examen. C’est un exercice de transparence volontaire auquel nous avons souscrit », a commenté M. Cissé. Il a également annoncé le lancement prochain d’un emprunt obligataire.

A. KANDE

NOTATION : BLOOMFIELD INVESTMENT ATTRIBUE LES NOTES AA- ET A1- À SENELEC
Dg Senelec NotationL’Agence de notation Bloomfield Investment a attribué les notes AA- et A1- à la Senelec pour le long et moyen termes. Ce qui signifie que la qualité de crédit est très élevée que cette société nationale d’électricité a des fondements très solides.

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) est une entité solide, a déclaré, hier, Stanislas Zeze, président directeur général Bloomfield investment, une agence de notation. Il présentait, hier, la notation que son agence a donnée à cette société nationale d’électricité.

Celle-ci se voit attribuer les notes AA- pour le long terme et A1- pour le court terme. Cette agence de notation panafricaine a fait une analyse portant sur le secteur de la production, le transport, la distribution, la vente, l’exportation et l’importation de l’énergie électrique au Sénégal.

« La note de Senelec pour le long terme est AA-. Ce qui signifie que la qualité de crédit est très élevée. La Senelec a des fondements très solides. En plus, elle a une stratégie pertinente et soutenue par une vision claire, des indicateurs de performance qui sont fortement à la hausse », a commenté le Pdg de Bloomfield Investment. Il a ajouté que la société a un soutien formel de l’Etat et bénéficie d’un environnement économique, social et politique favorable. Sur le court terme, a poursuivi M. Zeze, la note est A1-. « Avec cette note, la certitude de remboursement en temps opportun est élevée. Les facteurs de liquidité sont forts et soutenus par de bons facteurs de protection des éléments essentiels.

Les facteurs de risque sont très faibles », a assuré Stanislas Zeze. L’échelle de notation est le franc Cfa. La validité va de novembre 2017 au 31 octobre 2018. Selon le Pdg de Bloomfield Investment, la notation est basée sur les facteurs positifs que sont un cadre légal adapté et en cours de révision, une stratégie pertinente, une progression continue des ventes d’énergie soutenue par le renforcement des infrastructures, des indicateurs de performance et des indicateurs techniques en hausse, une amélioration de la capacité à supporter l’endettement.

« C’est une note assez élevée. C’est une note exceptionnelle. Nous sommes face à une entité solide », a insisté M. Zeze. Il a rappelé le rôle d’une agence de notation. Celle-ci, à son avis, évalue la qualité de crédit. « Une agence de notation, dit-il, c’est l’outil par excellence des investisseurs ». Selon lui, l’agence de notation permet d’évaluer le coût du risque.

Présent à la cérémonie, Thierno Seydou Nourou Sy, directeur général de la Banque nationale pour le développement économique (Bnde), a salué les performances de la Senelec qui lui ont permis d’obtenir cette notation. « La Senelec est devenue plus crédible. Cette note rassure et arrive à son heure. Elle permettra aux bailleurs de voir les axes d’accompagnement », a indiqué M. Sy. Marie Odile Sène Kantoussan, directrice générale de Cgf Bourses, a magnifié les notes obtenues par la Senelec. « Nous saluons la Senelec qui a sollicité cette démarche de notation financière », a réagi Mme Kantoussan. Elle affirme que cette notation confirme les analyses financières faites par Cgf Bourses sur la Senelec.

Aliou KANDE

Un mois après son ouverture marquée notamment par quelques désagréments liés à plusieurs facteurs, le nouvel aéroport de Diass a trouvé le train normal propre à une plateforme aéroportuaire digne de ce nom.

Mercredi 3 janvier 2018. Il est 13 heures 48 minutes. Le Boeing 737-400 de la compagnie aérienne nigériane Med-View Airline s’engage, dans un bruit assourdissant, sur la longue piste de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd). En quelques secondes, l’appareil à destination de Lagos se déploie dans le ciel de Diass enveloppé de poussière. Quelques minutes plus tôt, c’est un avion de la compagnie américaine Delta Airlines et un autre de la compagnie émiratie Emirates qui ont décollé de ce même tarmac.

Au même moment, dans la salle d’embarquement d’où l’on peut admirer le spectacle qui se déroule sur le tarmac à travers les vitres en concaves, les passagers à destination de Nouakchott et de Milan s’apprêtent à embarquer par deux des six passerelles télescopiques qui relient l’aérogare aux avions. Des passagers dont les vols ne vont pas tarder patientent tranquillement sur les bancs tandis que d’autres, accoudés aux deux restaurants bars, trompent leur faim. L’ambiance est d’un ton plus bruyant dans la salle adjacente où les passagers d’un vol de Kenya Airways remplissent les dernières formalités d’enregistrement dans l’une des 44 box. Une fois les étapes de contrôle de la police et des douanes franchies, il est fait en sorte que les passagers traversent la zone du Duty Free, une manière de les inciter à faire des achats. Un mois après sa mise en service, l’Aéroport international Blaise Diagne, malgré des débuts difficiles, est opérationnel. A l’image d’un nouveau-né encore fragile, des moments de doute et d’incertitudes ont jalonné les premiers pas de la plateforme, comme cette grève de 24 heures des contrôleurs aériens de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) survenue une semaine après l’ouverture de l’aéroport et qui a eu des conséquences fâcheuses aussi bien pour l’aéroport, les compagnies que pour les passagers. Sur les réseaux sociaux, les critiques, photos ou vidéos à l’appui, avaient fusé. Les images montrant des passagers déboussolés, des tonnes de bagages abandonnées dans le hall des arrivées ou encore des énergumènes marchant sur les tapis-bagages ou sortant par l’ouverture des tapis-bagages avaient envahi la toile. Chacun y allait de son commentaire.

Plus de 11,6 millions de litres de kérosène fournis
Kérozène AibdUn mois après, tout semble revenu à la normale. Les balbutiements des débuts se sont envolés et l’Aibd a retrouvé le train-train quotidien et banal propre à un aéroport digne de ce nom. Une situation dont se félicite des passagers rencontrés dans le hall des départs.

« Avec toutes les critiques que j’ai entendues ou lues, j’admets que j’avais des appréhensions avant de venir. Je suis heureux de constater que tout cela est derrière nous. J’ai trouvé une belle infrastructure, moderne et spacieuse qui nous change beaucoup de l’ancien aéroport. Bref, j’ai envie de dire que le Sénégal dispose d’un vrai aéroport », confie ce passager en partance pour Abidjan qui préfère garder l’anonymat. Me Augustin Senghor, en partance pour la cérémonie de remise du Ballon d’or africain à Accra (Ghana), fait chorus. Le président de la Fédération sénégalaise de football se dit charmé. « La mise en route a été difficile, mais c’est normal, car c’est la première fois qu’on vit l’expérience de devoir déménager d’un aéroport à un autre. C’est heureux de voir que tout est rentré dans l’ordre et c’est sûr que le service va aller en s’améliorant », dit-il.

A l’entrée du site des cuves à kérosène, une dizaine de camions-citernes sont alignés. Le sujet a fait couler beaucoup d’encre. Pourtant celles-ci étaient fonctionnelles depuis le 23 novembre, deux semaines avant l’ouverture de l’aéroport, assure-t-on du côté du Ministère des Transports aériens et de Smcady, gestionnaire de ces infrastructures.
Ces cuves ont été certifiées et chargées depuis cette date et il restait à terminer le système hydrant, à savoir le réseau souterrain qui relie les cuves aux aéronefs qui est opérationnel depuis deux semaines.

Du 7 au 31 décembre 2017, le nombre d’avitaillement d’avions par Smcady est estimé à 814 pour un volume total de 11.689.260 litres de kérosène Jet A-1 (un carburant de type kérosène convenant à la plupart des aéronefs à réacteurs obéissant à des exigences internationales rigoureuses). Quant à la boutique Duty free installée au Départ et à l’Arrivée de l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass, elle a reçu, selon les informations fournies par la société d’exploitation de l’aéroport LAS, 27.000 clients et a vendu 67.947 articles.

Plus de 2.100 mouvements d’avions en moins d’un mois
Avions AibdAu 5 janvier, plus de 2100 mouvements d’avions ont été notés à l’Aibd pour plus de 200.000 passagers. Une cinquantaine de compagnies aériennes ont rejoint la plateforme alors que d’autres ne vont pas tarder.
 
Un motif de satisfaction pour la ministre des Transports aériens et du Développement des infrastructures aéroportuaires. « C’est une grosse performance en dépit de quelques désagréments notés durant la première semaine, désagréments consécutifs au déménagement de l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor à l’Aibd », a réagi Maïmouna Ndoye Seck. Entre le 7 et le 31 décembre 2017, le gestionnaire de l’aéroport, Limak-Aibd-Summa (Las), dit avoir enregistré 517 départs d’avions et 412 arrivées pour 162.355 passagers, soit une hausse de 25.239 passagers par rapport à la même période de l’année 2016. Ce que confirme le commandant de permanence Meïssa Fall qui explique que le mois de décembre, du fait des vacances de Noël et de fin d’années, a enregistré un rush de passagers à Aibd. « Il y a eu une petite accalmie entre le 25 et le 26 décembre et entre le 31 décembre et le 1er janvier, sinon tous les jours ce fut un flot continu », explique-t-il. Bien en retrait de l’aérogare-passagers, la zone fret bouillonne d’activités.

C’est un ballet incessant de véhicules. Devant le bureau des Douanes, une vingtaine de personnes attendent de remplir les formalités d’usage. Non loin de là, les travaux du village cargo dont la gestion est confiée à un privé sénégalais, plus précisément Teylium, avancent à grands pas. Ici aussi, après des débuts difficiles, les choses semblent avoir retrouvé leur rythme normal.
« Beaucoup de contrevérités ont été distillées à propos de la zone fret. La réalité est qu’au moment de rejoindre Aibd, tout le personnel n’avait pas les réflexes nécessaires et l’organisation n’était pas totalement au point. Mais cela concernait plutôt les compagnies spécialisées dans le fret qui avaient besoin de faire auditer les installations. Les audits étaient programmés entre le 13 et 15 décembre et dès qu’ils ont été terminés, le 20 décembre, Lufthansa a commencé ses opérations », a expliqué le ministre sur les ondes d’une radio privée de la place. Ainsi, 2061 tonnes de fret ont été traitées dont plus de 990 tonnes au départ d’Aibd.

Une offre de transport diversifiée
Des taxis jaunes, des taxis aérocab, des limousines, des bus classiques et express sont affrétés par les sociétés de transports pour desservir l’Aéroport international Blaise Diagne avec des tarifs bien étudiés pour satisfaire tous les usagers.

En ce mercredi matin, un vent poussiéreux balaie l’Aéroport international Blaise Diagne. Des accompagnants de passagers en partance pour le Ghana, la Mauritanie, l’Europe, l’Asie et d’autres contrées attendent dans le hall. Certains sont en train de se restaurer dans l’un des restaurants-bars.

Dehors, les véhicules attendent les clients. L’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) se caractérise par une offre de transport diversifiée. Plusieurs sociétés de transport publiques que privées sont présentes à la plateforme aéroportuaire. Si certains opérateurs proposent un paquet de services, d’autres ont une cible bien déterminée avec un tarif bien étudié qui prend en compte plusieurs facteurs dont le péage sur l’autoroute.

Bus AibdLa société publique de transport Dakar Dem Dikk propose en plus des lignes classiques, des navettes express. Les tarifs qui varient entre 3000 et 6000 FCfa. Un agent hésitant dans un premier temps vante les avantages de l’offre de la société publique de transport. « Nos lignes sont régulières et ponctuelles. Nos bus n’attendent pas d’être pleins. A l’heure, ils prennent le départ », confie-t-il, sous le couvert de l’anonymat. Justine, une passagère, confirme. « Notre bus a pris le départ à l’indiquée indiquée », affirme-t-elle, satisfaite par le service. En plus de l’offre vers la capitale, la société publique de transport Dakar Dem Dikk a pensé aux populations de l’intérieur du Sénégal. Des bus sont positionnés à Thiès et à Mbour. Les passagers qui viennent de l’axe Nord du pays peuvent emprunter les bus de Dakar Dem Dikk à Thiès alors que ceux qui viennent de l’axe Sud peuvent prendre les bus à Mbour pour rallier l’aéroport international Blaise Diagne.
A côté, de nouvelles compagnies proposent leurs services. Il s’agit, entre autres, de Senecartours, Dakar-Limousine, des chauffeurs de taxis jaunes qui étaient présents à l’aéroport Léopold S. Senghor. La société Senecartours qui gère le parking propose des bus de 25 à 35 places avec climatisation (aérobus). Elle met également à disposition des clients des taxis « aérocab ». Une présence qui n’est pas du goût des chauffeurs de taxis jaunes. Ils estiment que ces nouvelles compagnies sont favorisées par rapport à eux. « Comment peuvent-elles (les autorités) nous expliquer la différence des tarifs entre les taxis « aérocab » et les nôtres ? », se demande Serigne Ngom. Il assure que leurs véhicules ont tous les commodités. « En fait, l’Aéroport international Blaise Diagne, c’est pour Mbaye Sarr alors que ces véhicules sont des clandos », raille Lamine Touré. Un agent de Senecartours qui a requis l’anonymat en rit. Il prend la remarque avec philosophie. « On ne peut pas empêcher les gens d’avoir leur opinion et même de jaser. Mais nous avons un parc de véhicules neufs et nous assurons un service de qualité », se défend-il. Notre interlocuteur, en bon agent marketing, vend bien l’offre de service de Senecartours. « Nous avons souscrits à une assurance tous risques. De plus, quand un de nos véhicules tombent en panne en cours de route, un autre chauffeur est dépêché aussitôt sur les lieux pour le ramener jusqu’à destination. Ce service peu d’opérateurs le propose », déclare-t-il.

Quant à la compagnie «Dakar Limousine », elle est spécialisée dans le transport haut de gamme de voyageurs et de personnalités avec « des véhicules confortables, spacieux, élégants et adaptés ». « Nous avons des chauffeurs professionnels, expérimentés qui ont une parfaite connaissance des routes et chemins du Sénégal », confiait Alexandre Sène, le directeur général de Dakar Limousine au lancement de ladite compagnie. Il souligne que leurs véhicules sont équipés de « climatisation, wifi, de tablettes connectées, de chargeurs de téléphones, de journaux, de friandises, de rafraichissement ». Cette offre diversifiée fait le bonheur des usagers. Ceux qui atterrissent à l’Aéroport international Blaise Diagne ne sont plus abordés par des chauffeurs qui proposent leurs services avec insistance.

Mamadou GUEYE

VILLAGE DE KATHIALIK : Au nom des us et coutumes
Kathialik villageTrès attachés à leur culture ancestrale, les habitants de Kathialik dont le village est contigu au mur de clôture de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) ne souhaitent pas rejoindre le site de recasement mis à leur disposition quatre kilomètres plus loin. Les autorités aéroportuaires, quant à elles, entendent leur faire changer d’avis par le dialogue.

On était parti pour une interview en tête-à-tête avec le chef de village Mbaye Faye et son fils Mansour Faye, on se retrouve finalement au milieu d’une sorte de forum villageois sous l’ombre du grand arbre qui domine la vaste cour de la concession familiale. Pour les populations de Kathialik ou ce qui en reste, la question de la cohabitation avec l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) est un sujet qui intéresse au plus haut point. A telle enseigne qu’à chaque fois que des gens viennent les rencontrer pour en parler, elles se mobilisent autour de leur chef de village comme pour montrer leur solidarité.

Ce matin du 3 janvier, le village de Kathialik est plongé dans un silence de cimetière. Des trois villages qui étaient dans l’emprise du nouvel aéroport, il est le seul dont l’écrasante majorité des habitants rechigne à rejoindre le site de recasement mis à leur disposition à quatre kilomètres. Situé à l’Ouest de la plateforme aéroportuaire, on accède à Kathialik par une bretelle qui part de la route principale menant au Pavillon présidentiel. De prime abord, le village, bercé par le bruit des feuilles des manguiers et des palmiers, semble inhabité. Pas une âme qui vive. Il faut donner de la voix pour déceler enfin signe de vie. Un petit conciliabule et une dame nous conduit chez le chef de village qui rapplique de son champ dès qu’il a été averti de notre présence. Le contact chaleureux, Mbaye Faye, flanqué de son bras droit, son fils Mansour Faye, laisse à ce dernier le soin d’expliquer les raisons du conflit qui les oppose aux autorités aéroportuaires. « Nous sommes des patriotes et quand l’intérêt du pays est en jeu, nous ne pouvons que nous soumettre. Mais là, il se trouve qu’on veut nous faire déguerpir alors que nous ne constituons aucune menace pour la sécurité de l’aéroport car n’étant ni dans l’enceinte, ni dans son emprise. Il y a déjà une barrière sécuritaire, et aujourd’hui ils veulent construire un autre mur qui va traverser notre village. Nous ne pouvons pas accepter. Nous avons assez donné à cet aéroport », explique Mansour Faye, plan à l’appui. Il est repris au rebond par son père. « Le périmètre de l’aéroport est déjà bien délimité mais à chaque fois, ils grignotent sur nos terres alors que nous avons cédé nos champs et nos lieux sacrés. Même avec tout l’or du monde, nous préférons rester ici où nous avons nos repères culturels et notre patrimoine matériel et immatériel », martèle le sexagénaire d’une voix pleine de détermination sous les hochements approbateurs du cercle de personnes qui avait fini de se former autour de lui.

Perte de repères
Ces paroles du chef de village rappellent celles qu’avait tenues le Dr Kaly Niang, sociologue à l’Aibd, dans un entretien accordé au Soleil et qui montrent le caractère sensible et difficile de ce dossier. « Un déplacement de populations est parfois assimilé à une perte d’identité culturelle; ce qui explique souvent les réticences et autres conflits entre populations autochtones et allochtones. Au-delà de la perte d’identité ou du patrimoine matériel comme immatériel, les populations déplacées perdent leurs repères historiques et leurs cadres de socialisation ». Pour les besoins de la construction l’Aibd, les populations des villages de Khessoukhate, de Mbadatte et de Kathialik qui se trouvaient dans l’emprise de la plateforme aéroportuaire devaient être déplacées et réinstallées sur un site situé à 4 kilomètres suivant les normes de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (Bad). Un recensement mené par Aibd Sa à l’époque avait relevé que sur les 2661 personnes affectées, 36 % sont de Kathialik. Si les populations de Khessoukhate et de Mbadatte ont accepté, après de longues négociations, de quitter leurs villages d’origines et de rejoindre le site de recasement doté de toutes les commodités, celles de Kathialik, dans leur écrasante majorité, précisément 34 familles, ne souhaitent pas déménager. Cela, malgré l’absence d’eau, d’électricité, de structures scolaires et sanitaires, dans leur village niché à la limite du périmètre de sécurité de 350 mètres du nouvel aéroport. L’Aibd est ceinturé par deux clôtures de sécurité. La première clôture est celle réglementaire qui épouse les normes de l’Oaci et qui protège l’infrastructure avec tous les mouvements. Ensuite, il y a un autre mur qu’Aibd S.a a décidé de construire pour protéger les 4.500 hectares de l’aéroport. Au-delà de ce mur, il est prévu un périmètre de sécurité de 350 mètres qui empiète sur le village de Kathialik. « Ils nous ont déjà pris quelques maisons, ils n’ont qu’à nous laisser le reste. Ils ont déjà leur périmètre de sécurité de 350 mètres, pourquoi vouloir encore allonger ce périmètre ?», se demande Mbaye Faye. Son fils Mansour soupçonne une volonté de les spolier et d’y construire des logements pour des gens venus d’ailleurs. « Nous avons nos réalités, nos us et coutumes à préserver.

Poursuivre le dialogue
Tout ce que nous voulons, c’est qu’on nous laisse vivre ici. Nous ne voulons pas du site de recasement dont la configuration est loin de répondre à nos réalités sociologiques », dit-il. Mais le dialogue n’est pas rompu entre Aibd S.a et les populations de Kathialik. Ces dernières ont obtenu des autorités aéroportuaires que le tracé du mur de clôture, qui devait traverser le village et empiéter le cimetière, soit dévié. Une volonté de la part d’Aibd S.a de ne pas envenimer la situation. « Les discussions continuerons jusqu’à l’obtention d’un consensus fort et durable. Il n’est pas de notre intérêt d’user de la force publique pour convaincre, mais bien au contraire, nous allons poursuivre la médiation sociale sans faiblesse coupable ni cruauté inutile. Après tout, ce sont des Sénégalais à part entière qui y vivent depuis le 16ème siècle, nous devons prendre en charge leur préoccupations pour que l’aéroport devienne une véritable opportunité de développement pour ces communautés », confiait Dr Kaly Niang.

Elh. I. THIAM

DEPART LEOPOLD SEDAR SENGHOR, RETOUR AEROPORT INTERNATIONAL BLAISE DIAGNE : Comme à New York-JFK et Paris-CDG
Aéroport Blaise DiagneNouvel aéroport, nouvelles mœurs. Ici, pas de système D, pas de passe-droits, pas de prises de tête ni de protestations, c’est chacun son tour, c’est rapide, pourvu que cela dure. On n’attend pas plus qu’à JKF, toutes proportions gardées.

J’ai quitté Dakar mi-novembre en empruntant ce bon vieil aéroport de Dakar-Yoff, de son nom de baptême aéroport international Léopold Sédar Senghor (Ailss). Laissant à ma ville natale sa chaleur, ses habitants indisciplinés, ses badauds scotchés à l’aérogare et leurs trafics en tous genres de survie dans la jungle du macadam. Malgré les améliorations apportées par couches successives à la sureté, et notamment la sécurité, à la mobilité des voyageurs du parking à l’embarquement, il y avait toujours un gugusse qui vous proposait, en douce, un petit commerce en dehors des circuits officiels agréés : change louche, chariots étrangement payants, transport douteux en low cost et tout ce que vous pouvez imaginer. Et telles des piqûres de moustique indésirables, les propositions étaient plus ou moins insistantes et agressives selon le genre (fille) et la provenance (touriste blanc). Même les barrières ne les arrêtaient point car ils avaient ingénieusement, c’est-à-dire « sénégalaisement », contourné l’obstacle en « embauchant » à l’intérieur des frontières interdites des « collègues » qui, eux, sont des employés réguliers de la zone aéroportuaire.

Accent tchi tchip
N’ayant pas remarqué le bureau de change officiel, je sors et me dirige vers la banque. La trouvant fermée, le vigile (sic) de l’établissement bancaire, dramatise à souhait la situation: « Madame, la banque n’ouvrira que demain, bla bla ». Pendant son speech, j’envoie un texto à une voyageuse de mes connaissances et elle me renseigne rapidement. Estimant m’avoir suffisamment affolée, le vigile à plusieurs casquettes m’offre enfin ses services de facilitateur de change et s’apprête à appeler son copain cambiste pour qu’il rapplique dare-dare et me pompe mon argent de poche, gagné à la dure! Désolée mon petit gars, je fréquentais Dakar-Yoff avant même ta naissance; va proposer ton change à deux balles à d’autres pékins. Je le lui ai dit avec un accent de tchip tchip (Parisienne de Dakar).

A l’intérieur, dans l’aérogare, la dame du change officiel me fait mon affaire efficacement, avec le sourire et un reçu. Pas d’arnaque, pas de souci. Cela change du système D. Cela fait presque oublier que les chariots de l’aérogare sont tous, depuis bien longtemps, pourris, désaxés et terriblement sales. Selon une source à l’aéroport, ce sont des chariots usagés dont les grands aéroports se débarrassaient et qui trouvaient preneurs chez nous. Voilà qui pourrait expliquer que le chariot va dans une autre direction que celle qu’on lui imprimait.

Le passage à la police de l’aéroport est toujours pour moi le plus agréable après la lente file d’attente à l’enregistrement: professionnalisme, courtoisie et respect semble être leur devise. En faisant preuve de la même courtoisie, le voyageur peut tranquillement faire ses formalités. Un petit sourire ou un mot gentil, cela ne fait pas de mal même à un policier. Ils sont des êtres humains comme nous autres.

Même chose au passage à la douane. Les fonctionnaires des douanes sénégalaises semblent cibler les voyageurs selon des critères propres à eux, derrière une indifférence qui n’est qu’apparente. Ils travaillent en amont, aidés par le renseignement et les informations. Les vrais fraudeurs, les porteurs de valise et de biens prohibés, ça les connaît.

La queue pour embarquer sur la compagnie qui vous transporte à Roissy Charles-de-Gaulle est encore plus pénible que les « rats » d’aéroport. Dans ce couloir étouffant et inconfortable, on voit déjà que la messe est dite pour Ailss. Durant le vol, mon voisin de siège, un Anglais de 70 ans, me pompe l’air, en anglais, avec les photos sur son smartphone de ses vacances au Sénégal - que des jeunes nymphes à sugar daddy - et ses leçons de démocratie. Je lui réponds sèchement de garder ses leçons et de me cacher ces seins nus que je ne saurais voir. Quel effronté ! Le steward vient voir ce qui se passe.
 
La messe est dite
AibdTout se passe bien à Roissy, où en attendant mon vol pour New York-JFK, je me repose sur de confortables méridiennes en cuir après un rafraichissement dans les toilettes très propres du Terminal 2 E. Que du luxe et de l’apparat étalé partout, on se croirait au royaume opulent du moderne et contemporain. Pourtant ce n’est pas le cas partout dans ce terminal. A la porte où on embarque pour le retour à Dakar, les toilettes, ce n’est pas vraiment pas la joie: petites, en nombre insuffisant et aucun faste. Tout l’effort est mis sur l’aérogare où tous les vols internationaux de la compagnie nationale atterrissent, pour séduire le voyageur et l’inciter à revenir. Ce n’est pas bête, mais va falloir pousser l’effort jusqu’au bout.

A New York, le terminal d’arrivée du vol de la compagnie française est bien plus court que celui du vol de la compagnie américaine Delta qui dessert Dakar en vol direct sur la Grosse Pomme. Avec Delta, toutes les « driankés » sénégalaises s’abonnent au fauteuil pour personnes à mobilité réduite tellement tu as le temps de revenir à Dakar avant de finir de parcourir les innombrables couloirs qui te mènent au passage à la police. Finalement, au retour d’un précédent voyage aux Etats-Unis, j’avais boudé Delta parce que leur appareil est ridiculement petit et inconfortable. Cela dit, il est arrivé qu’un vol Air France soit changé à la dernière minute pour raison technique et que pour rejoindre l’appareil dans un no man’s land de Roissy-CDG, le voyage en bus était presque aussi long qu’un jour sans pain pour un Sérère... C’était le cas l’après-midi du 1er décembre 2016 sur un vol AF 718 pour Dakar-LSS. Dans le bus qui n’arrêtait pas de rouler, on avait fini par penser que la compagnie comptait nous faire voyager par car au Sénégal. Finalement, après plusieurs lignes droites et virages sur des kilomètres, et bien des fous rires, notre appareil était là et bien là avec un équipage. Et cerise sur le gâteau, le vol était quand même arrivé dans les temps.

C’est toujours mieux que la défunte compagnie nationale Air Sénégal ou Air Sénégal International. En janvier 2007 ou 2010, entre Paris et Dakar, le personnel naviguant, au lieu de régler le problème posé par un passager, vaquait à ses occupations comme si de rien n’était. Ce passager, un Sénégalais expulsé, un costaud à l’esprit un peu dérangé, soliloquait depuis le départ de l’aéroport d’Orly et ressassait son amertume, accusant Me Wade et le Sénégal de l’avoir fait expulser en signant des accords avec la France dans ce sens. Durant trois heures, il avait fallu subir son propos décousu au débit ininterrompu, même quand les lumières ont été réduites pour permettre à ceux qui le voulaient de piquer un petit somme. Au moment de survoler le Maroc, c’est une passagère, plus agacée que craintive du bonhomme, qui l’a fait taire avec beaucoup de fermeté en lui promettant au besoin de l’interviewer une fois arrivé à Dakar. Devant tant de hardiesse, il s’était tu et fait tout petit. Pourtant, il y avait des baraqués parmi les stewards. On espère que cela n’arrivera pas avec le nouveau pavillon sénégalais.
 
Polémique stérile
Alors que sur les billets, l’aéroport de Dakar LSS était toujours prévu pour le retour, dès le 4 décembre, au plus fort de la polémique nationale sur l’ouverture de l’Aibd, la compagnie nationale française informait ses passagers de l’ouverture du nouvel aéroport international Blaise Diagne le 7 décembre, en remplacement de l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Le numéro de vol ainsi que les heures de départ et d’arrivée restaient inchangés. Elle attirait l’attention des voyageurs sur la distance entre Dakar et Diass (50 km au panneau) et recommandait d’en tenir compte pour le temps de trajet. C’est ce qu’on attend d’une institution professionnelle. A ce moment-là, il était clair que toutes les polémiques, critiques et controverses, un sport national au Sénégal, étaient stériles. Et qu’il pleuve ou qu’il vente, j’allais atterrir à l’Aibd de Diass et rencontrer ce bijou d’infrastructure que nous devons au génie de la continuité gouvernementale du Sénégal. Le Sénégal reste le Sénégal, quels que soient les régimes et les pouvoirs élus.

Partie de Ailss en 2017, je rentre par Aibd en 2018, quelle meilleure manière d’entamer la nouvelle année après l’avoir célébrée à douze mille mètres d’altitude au dessus de l’Atlantique Nord et en A380 s’il vous plaît. Le pied ! Au moment d’atterrir, il y a plus de brousse que des lumières à partir du hublot. A l’approche, on aperçoit bien la Petite-Côte et ses hôtels illuminés qui la bordent, de même que la route nationale 2 grâce aux phares des voitures et des camions. Puis plus rien. Juste avant le balisage de seuil de piste, on devine bien de la broussaille mais c’est tout. Ce pilote est divin, il vient de poser son B777-300 comme on poserait un bisou sur la joue de son bébé endormi. A présent, on voit bien les balisages lumineux qui délimitent les deux bords de la piste et au loin le halo vif des lumières de la nouvelle-née, au fur et à mesure du roulage. L’excitation monte à bord pour les néophytes de l’Aibd comme moi en tout cas.

A la sortie de l’appareil, miracle, plus de coupée ni de bus, mais des passerelles comme à New York et Paris. Ensuite, des couloirs vitrés et des escalators, comme à Washington et Dubaï. Et des postes de police rutilants, des policiers éclatants et des carrelages tellement brillants que tu peux te mirer avec. Une aération fraîche et agréable. Des voyageurs calmes et pas agressifs du tout.
Comme à New York et à Paris, une ligne jaune visible ou on appelle les voyageurs un par un, « au suivant » et de la transparence partout et dans tout. Ici, pas de système D, pas de passe-droits, pas de prises de tête ni de protestations, c’est chacun son tour, c’est rapide, pourvu que cela dure. On n’attend pas plus qu’à JKF, toutes proportions gardées. Après la police, j’ai demandé à voir le Commissaire de l’aéroport. Légère hésitation, le patron n’est pas disponible, il y a un problème Madame ? Large sourire lorsque je dis que je voudrais lui exprimer ma satisfaction pour le good job effectué lorsque j’ai lu dans la presse qu’il avait mis un terme net à l’envahissement naissant des « rats » d’aéroport. La commissaire présente m’emmène voir une autre commissaire toujours dans le hall après la police et je lui répète mes félicitations et encouragements à continuer de faire de l’Aibd un aéroport émergent.

Salon AibdEmergent comme l’aéroport international (et domestique) Nelson Mandela de Praia, où n’accèdent que les voyageurs munis d’un passeport et d’un billet, et où ne circulent que des taxis neufs qui font la queue. Il n’y a pas de badauds ni de trafiquants dans les trois aéroports internationaux du Cabo Verde (nouvelle appellation officielle de la République du Cap-Vert) car la police y est très sévère et respectée. Pas de quartier pour les délinquants là-bas, la police tire à balles réelles et circule en tenue de Ninja pour ne pas subir de représailles de la mafia des drogues.

Contrairement à ses débuts laborieux, l’aéroport Blaise Diagne délivre les bagages des voyageurs à un rythme normal. Arrivés à 21h20, certains passagers ont récupéré très vite leurs bagages dès qu’ils sont parvenus aux tapis roulants. La plupart, dont moi, ont attendu plus longtemps, mais c’est raisonnable. Mes deux valises sont arrivées avec un décalage de 15 minutes. La première a daigné sortir à 21h35 et la seconde à 21h50. Je m’en sors pas mal et l’attente me permet de prendre des notes sur ce qui se passe. Les chariots sont tous neufs et disponibles en nombre suffisant, de plus ils roulent bien dans la direction voulue. Ici, pas d’oisifs mais des employés en gilet jaune floqué 2AS. Ils rassemblent des valises dans un coin pour les emmener à leurs propriétaires au service réclamation. Monsieur Mané, l’un d’entre eux, m’explique que ce sont des valises qui n’avaient pas été embarqués la veille à Paris par la compagnie qui m’a transportée, parce qu’elle aurait été en en surpoids. Elle les a transportés sur le vol suivant, le mien en l’occurrence.
 
Ici, pas d’oisifs
A son tour, m’ayant vu prendre des notes sur mon carnet de cuir jaune citron, il me demande si je fais une évaluation pour Air France. Je lui réponds que j’en suis flattée, mais que je suis journaliste du Soleil et je documente mon passage à Aibd pour mon reportage de la rubrique « Carnet de voyage ». En revanche, derrière un panneau à côté du tapis roulant, il y a beaucoup de valises qui attendent leurs propriétaires. Leur compagnie ne doit pas être aussi efficace que la mienne. Au sortir du tunnel, les valises de travers ont tendance à frotter le mur blanc qui se retrouve sali, sans compter les gars déjà fatigués à 30 ans qui s’appuient dessus. Il y aurait intérêt à le peindre en couleur plus sombre. Pour dire la vérité, il y avait aussi deux dames, une Européenne de grande taille rougie par le soleil et une Sénégalaise en boubou et «moussor» (foulard), assises sur un bout du tapis d’à-côté, fatiguées d’attendre leurs valises du vol de la veille. Personne ne leur dit rien. Mais elles finissent par se lever devant le visage réprobateur des passagers qui se sont sans doute appropriés leur nouvel aéroport.

Autre nouveauté, il n’y a pas eu de valises ouvertes, ni déchirées ou vandalisées. C’est un employé de l’AIBD qui m’a aidé à poser mes deux valises sur le chariot. Je l’ai remercié, mais quelle surprise : est-ce la nouvelle attitude AIBD ? Un autre employé qui m’a dit être Volontaire des transports aériens, m’a guidée et orientée vers la sortie. Nouvel aéroport, nouvelles mœurs. Dehors, le parking est immense. Dommage que l’autoroute à péage soit aussi sombre après tant d’éclat. Désormais, j’’attends de voir la zone Départs avec impatience. Bon vent aéroport Blaise Diagne!

Par Dié Maty FALL

Ibrahima Samba Bocoum, ancien inspecteur à la Direction générale de la Sonagraine, a publié un ouvrage intitulé : « Crise de l’arachide au Sénégal : Itinéraire d’un témoin indépendant ». La cérémonie de dédicace et de publication du livre s’est déroulée, samedi dernier, à la maison d’édition l’Harmattan Sénégal. Il dénonce, dans sa publication, les faits de « corruption et de concussion » qui ont émaillé cette filière depuis plusieurs décennies.

Fort de son expérience de quatre décennies dans les sociétés telles que la Sonagraine, la Sosen, la Sonar, l’Oncad ou le Cnia, Ibrahima Samba Bocoum parle dans un livre d’un domaine qu’il maîtrise bien : la filière arachidière. Dans son ouvrage intitulé : « Crise de l’arachide au Sénégal : Itinéraire d’un témoin indépendant » publié samedi dernier, Ibrahima Samba Bocoum passe en revue les difficultés d’une filière qui a été le « nœud gordien de l’économie sénégalaise depuis les indépendances ». Hamady Oumar Bocoum, chargé du suivi évaluation du Plan Sénégal émergent (Pse) qui a fait la présentation de l’ouvrage rappelle que l’auteur, à travers « un style narratif », a étalé « l’étendue des maux à l’origine de la crise de la production arachidière au Sénégal ». Pendant ses 40 années de service, Ibrahima Samba Bocoum a fait les régions de Diourbel, de Kaolack, de Fatick ou de Kaffrine qui représentent le cœur du bassin arachidier. Il a fait aussi les régions de Tambacounda et de Thiès à une période où la production arachidière était importante.

L’auteur révèle que les divers acteurs qui gravitaient autour de l’arachide ont mis à genou la filière. Cette multitude d’acteurs, rapporte Hamady Oumar Bocoum qui a fait le résumé de l’ouvrage, « étaient unis par l’arachide mais mus par des intérêts bassement matériels ». Dans ce regroupement hétéroclite, il y avait peseurs de coopératives rurales, gérants de secco, contrôleurs-payeurs, magasiniers mais aussi des fonctionnaires. L’auteur accuse la plupart de ces fonctionnaires d’être « en collusion avec des présidents de conseil rural et autres agents des administrations publiques ». Beaucoup d’entre eux, souligne l’auteur, ont été les « véritables prédateurs de notre économie ». Mais d’autres sont restés des fonctionnaires modèles qui ont fait de leur travail un sacerdoce. Cependant, racontent l’auteur, les fonctionnaires qui s’aventuraient à dénoncer ces pratiques nébuleuses dans le système ont été parfois liquidés. A cause de ce système bien huilé de la base au sommet, l’auteur indique que ces « prédateurs » sans vergogne « ont appauvri des décennies durant le paysan sénégalais sur tous les segments de la filière arachidière ».

Dans son ouvrage, Ibrahima Samba Bocoum met à nu ce « système pernicieux » qui a mis à genou la filière arachidière en appauvrissant davantage le monde rural. C’était l’époque des bons impayés. Des gérants de secco, des contrôleurs-payeurs ont disparus avec l’argent de « pauvres paysans » qui, après plus de trois mois de durs labeurs, espéraient se consoler avec quelques liasses de billets. Malheureusement, ces bandits aux cols blancs ont anéanti cet espoir. En outre, Ibrahima Samba Bocoum propose, à travers son livre, des pistes de solutions pour mettre fin à ces pratiques qui, depuis des décennies, « ont parasité la filière arachidière ».

Aliou Ngamby NDIAYE

A Fatick, les femmes et les jeunes ont marché, samedi, pour un accès à la terre et pour sensibiliser sur la maladie de Newcastle. Ils sont demandés aux autorités publiques d’appliquer les textes en vue de favoriser leur autonomisation.    

Les productrices de la région de Fatick ont manifesté leur engagement sans faille à accompagner l’Etat dans ses politiques de promotion de l’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes en milieu rural. Elles l’ont exprimé, samedi, dans un mémorandum sanctionnant la journée de mobilisation et d’installation d’un comité de pilotage du programme : « Luttons ensemble pour les droits de tous à l’alimentation au Sénégal horizon 2017-2021 ». Un engagement que ces femmes de la région de Fatick comptent mettre en œuvre en collaboration avec leurs partenaires, notamment le Cncr, les organisations : Solidagro et Femme, enfance, environnement (Fee), l’Eglise luthérienne du Sénégal et le service de l’élevage, Enda Pronat et Sos villages d’enfants Belgique.

Les femmes de Fatick veulent amener l’Etat, les collectivités locales et les organisations paysannes à créer les conditions favorables aux femmes, non seulement à mieux maîtriser et de manière significative, l’utilisation, le contrôle et le transfert de la terre, mais également et surtout pour l’éradication de la maladie de Newcastle au Sénégal. Sidy Bâ, président du comité de pilotage du programme, affirme, dans un mémorandum lu, qu’il faut lutter ensemble pour les droits de tous à l’alimentation au Sénégal horizon 2017-2021 à travers une vaste mobilisation et de sensibilisation et « inciter les acteurs individuels et institutionnels à appliquer correctement la législation en matière de représentation paritaire des femmes au sein des instances de décision locales et les décideurs à mettre en place des ressources financières et techniques dédiées aux femmes en vue de renforcer leur pouvoir économique ». L’autre engagement des femmes de Fatick, c’est d’assurer un bon suivi des propositions et réalisations au plan régional dans l’intérêt des femmes rurales. Cette journée a été mise à profit pour échanger sur la problématique de l’accès des femmes à la terre et aux ressources productives mais aussi sur les conséquences de la maladie de Newcastle et sur le développement des exploitations familiales, l’autonomie des femmes et la sécurité alimentaire au Sénégal, en présence des autorités locales dont le gouverneur Souleymane Cissé et Oumar Séne le président du Conseil départemental qui a accueilli au siège de l’institution les marcheurs. Le député Pape Seydou Djanko, maire de la commune de Toubacouta, a pris part à la marche. Son engagement aux côtés des partenaires pour la promotion de l’autonomisation des femmes a été bien appréciée par les organisateurs de la journée de mobilisation par l’entremise de l’Ong Solidagro qui défend le droit à l’alimentation et le droit des populations et des États à définir leur politique agricole et alimentaire. L’Ong soutient aussi ses partenaires du Sud par le transfert de compétences, le plaidoyer et l’apport de matériel dans une optique de développement durable et d’indépendance économique à travers de petits projets locaux.

Mohamadou Sagne

 


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.