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Affaires et Finances (3294)

Les exportations de biens du Sénégal, en mars 2018, ont été évaluées à 142,5 milliards contre 119,9 milliards en février, soit une hausse de 18,9% (+22,7 milliards). La note de conjoncture de la Dpee explique que cette évolution est portée par l’acide phosphorique (+17,4 milliards), l’or brut (+7,2 milliards), le titane (+2,4 milliards) et le zircon (+2,0 milliards). En revanche, les exportations d’«engrais minéraux et chimiques », de produits alimentaires et de produits pétroliers ont affiché des baisses respectives de 5,5 milliards, 4,8 milliards et 4,2 milliards sur la période. Concernant les produits alimentaires, la baisse relevée est attribuable aux produits arachidiers (-7,1 milliards) et aux « préparations de soupes, potages et bouillons » (-2,7 milliards). Les exportations de produits halieutiques et de légumes frais se sont, pour leurs parts, respectivement consolidées de 2,4 milliards et 1,4 milliard, entre février et mars 2018 (…). Par contre, sur les trois premiers mois de l’année 2018, les exportations de biens se sont repliées de 11,9% (-51,8 milliards). Cette contraction est principalement imputable au ciment (-16,2 milliards) et au titane (-5,2 milliards). Concernant les exportations de produits alimentaires, d’acide phosphorique, d’or brut, d’«engrais minéraux et chimiques» et de zircon,  ont enregistré des hausses respectives de 12,2 milliards, 8,5 milliards, 3,2 milliards, 3,2 milliards et 2,0 milliards sur la période.

Réduction du volume des importations en provenance de l’Uemoa
Dans sa dernière note de conjoncture, la Dpee relève que les  importations de biens en provenance des pays de l’Uemoa sont évaluées à 5,5 milliards au mois de mars 2018 contre 6,0 milliards le mois précédent, soit une baisse de 0,5 milliard. Elles ont représenté 1,8% de la valeur totale des importations de biens au mois de mars 2018 contre 2,1% un mois auparavant, soit un repli de 0,3%. La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 82,9% en mars 2018 contre 66,4% le mois précédent. Les achats en provenance de ce pays ont principalement porté sur les fruits et légumes comestibles, les matières plastiques artificielles, les « bois et ouvrages » et les « huiles et graisses animales et végétales » avec des parts respectives de 12,5%, 8,6%, 7,2% et 6,9%. Dans l’ensemble, les importations de biens sont passées de 283,6 milliards au mois de février 2018 à 300,4 milliards au mois de mars 2018, soit une hausse de 5,9% (+16,8 milliards).

 

29,5 milliards de FCfa exportées vers l’Uemoa
S’agissant des exportations du Sénégal vers les pays de l’Uemoa, elles sont estimées à 29,5 milliards au mois de mars 2018 contre 27,0 milliards au mois précédent, soit une hausse de 9,4% (+2,5 milliards). Elles ont représenté 20,7% de la valeur totale des exportations de marchandises au titre du mois de mars 2018 contre 22,5% un mois auparavant, soit un recul de 1,8%. La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 58,3% à 52,6% sur la période. Le ciment reste le principal produit exporté vers ce pays partenaire avec une part évaluée à 39,2 % contre 47,5 % un mois auparavant.

Abdou DIAW

Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a procédé mardi, à Joal, à la remise de 875 moteurs hors-bords et d’un lot de matériels destinés au mareyage et à la transformation de produits halieutiques.

Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime a procédé à la remise de 875 moteurs hors-bords et d’un lot de matériels destinés au mareyage et à la transformation de produits halieutiques. La cérémonie d remise de ce matériel, qui a eu lieu au quai de pêche de la localité, en présence d’acteurs venus de toutes les régions côtières du Sénégal, entre dans le programme de modernisation de la pêche artisanale. Dans sa première phase, ce programme s’était fixé, entre autres objectifs, de distribuer 5.000 moteurs hors-bord pour un coût total de cinq milliards de FCfa. ‘’La remise de ces moteurs hors-bords et de matériels aux acteurs de la pêche participe à la modernisation des moyens de production pour les pêcheurs et de l’amélioration des conditions de travail des femmes transformatrices’’, a souligné Oumar Guèye. Il a également  remis aux acteurs du matériel et de l’équipement de pêche d’une valeur de 140 millions de FCfa. Le matériel est également composé de claies de séchage modernes pour une valeur de 120 millions de FCfa, destinés aux femmes transformatrices, pour un montant total de 1,135 milliard de FCfa.

Dans cette même optique, a-t-il noté, les sites de Bassoul, Bettenty, Dionewar, Hann, Kafountine, Ndangane Sambou et de Niodior seront dotés, par ce programme, de matériels et d’équipements composés de 648 bacs, 51 balances, 175 cagettes, 700 casiers pliables, 390 blouses de travail, 390 paires de bottes, 258 bassines, 566 seaux, 388 gants, 43 poubelles, 431 raclettes, 431 balaies-brosses, 1295 bacs gerbables, 752 cache-nez, 863 coffres, 392 tabliers, 13 tables de travail et de 16 autres balances. Selon lui, le ministère de la Pêche, dans la même dynamique, a acquis 300 claies de séchage modernes de dernière génération pour les sites d’Elinkine, Djifère, Cayar, Tann (Joal-Fadiouth), Kaffrine et Pencum Bada Lô. Ce programme comprend, dans sa deuxième phase, l’installation de 19 complexes frigorifiques dans les différentes régions du pays, pour un montant de dix milliards de FCfa. Le ministre de la Pêche a, par ailleurs, indiqué que le projet de mise en place d’un système de géolocalisation est en cours de réalisation  afin de  faire face aux nombreuses disparitions de pêcheurs en mer.

Amath Sigui Ndiaye

 

Le ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye,  était, avant-hier, dans le département de Linguère pour s’enquérir de la situation des éleveurs et des infrastructures  réalisées par le Projet d’appui à la sécurité alimentaire  Louga, Matam Kaffrine (Pasa – LouMaKaf). Elle a déclaré que ce projet a mis plus de 800 tonnes d’aliment de bétail dans les régions concernées.

« Je suis venue rencontrer, encourager et surtout féliciter  les éleveurs sénégalais parce qu’ils ont tenu compte des conseils que nous leur avions prodigués », a déclaré le ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, avant-hier à Linguère pour s’enquérir de la situation des éleveurs et des infrastructures  réalisées par le Pasa Louga, Matam, Kaffrine (Loumakaf). « Nous leur avions aidé à mettre en place un mécanisme de pérennisation de l’Opération sauvegarde du bétail (Osb), qui leur a permis d’assurer leur propre résilience. Et, avec une somme de plus de 3 milliards de FCfa, les populations, elles-mêmes, ont acheté plus de 15.000 tonnes d’aliment… », a rappelé le ministre Aminata Mbengue Ndiaye, précisant que le premier partenaire qui intervient dans la zone silvo-pastorale,  c’est le Projet d’appui à la sécurité alimentaire (Pasa), qui est un projet des ministères de l’Agriculture et de l’Elevage  qui a mis plus de 800 tonnes d’aliments de bétail dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine.

Elle assure que le Ranch de Dolly, qui est un centre de refuge pour le bétail et qui abrite aujourd’hui des transhumants venant, non seulement des différentes régions du Sénégal,  mais aussi  de la République islamique de Mauritanie,  est largement  déficitaire en pâturage.

« Au début, en 2012, j’avais eu énormément de difficultés pour expliquer aux éleveurs qu’avec les changements climatiques, il fallait changer de paradigmes et de mode de promotion d’élevage à travers la culture fourragère. Ce qui a poussé, aujourd’hui, beaucoup d’éleveurs à se lancer dans cette culture », a-t-elle déclaré. « Aujourd’hui, souligne-t-elle, les éleveurs ont compris l’importance de la culture fourragère ».
Le ministre de l’Elevage a, par ailleurs, exprimé sa satisfaction des bergeries et des chèvreries améliorées.  Elle a également noté qu’un pare-feu de 130 kilomètres réalisé à l’intérieur du ranch de Dolly,  a beaucoup contribué à l’arrêt des feux de brousse.   Selon elle, le chef de l’Etat, Macky Sall, a injecté plus de 6 milliards de FCfa pour clôturer le ranch (environ 120 km), réhabiliter l’ensemble des bâtiments et pour construire le plus grand forage du département de Linguère d’un débit de 200 m 3 /h, avec une capacité de stockage d’eau de 1000 m3.

Le ministre de l’Elevage a également annoncé la campagne mondiale lancée pour l’éradication de la peste des petits ruminants, une maladie meurtrière qui est en train de décimer le cheptel.    

Masse NDIAYE

7ème  Edition de la foire du mouton de Mbour
Plus de 13 milliards de FCfa
investis au ranch de Dolly

L’élevage est un secteur d’activités très important dans l’économie nationale. Il occupe une frange importante de la population, soit un peu plus de 3 millions de personnes concernées. Pour la période 2011 – 2015, le secteur a contribué à hauteur de 4,3% à la constitution du Pib et à environ 29% de la valeur ajoutée du secteur primaire. Pour toutes ces raisons, le département ministériel de l’Elevage a été présent au lancement de la 7ème édition de la foire « les amis du mouton et espèces diverses », Ladumed de Mbour. Dr Khadim Guèye, conseiller technique n°1, représentant le ministre, a profité de cette occasion pour rappeler d’importantes réalisations du président de la République en faveur du secteur de l’Elevage. Il a réaffirmé la vocation sylvo-pastorale du ranch de Dolly, du Président Macky Sall de consacrer d’importants financements aux infrastructures, à travers la sécurisation par la construction d’un mur de clôture de plus de 120 km de longueur.

Il a noté que des infrastructures de grande importance y ont été réalisées par le Pudc pour près de 13 milliards de FCfa. Selon lui, dans la consolidation de l’opération sauvegarde du bétail, 15.000 tonnes d’aliments ont été achetées par les éleveurs, cette année. Il a également mis l’accent sur la réalisation du volet élevage du plan d’actions prioritaires du Pse, qui sera renforcé par quatre projets que sont le Projet d’appui au développement de la filière laitière locale (Pradelait) ; le Projet d’appui au développement des filières animales (Promofa) ; le Projet d’appui à l’aviculture familiale (Prodaf) et le Projet de développement de l’élevage en haute Casamance (Prodelec). Il a noté que le financement de ces quatre projets est estimé à 28,679 milliards de FCfa. Par ailleurs, Dr Khadim Guèye a félicité le Gie « les Amis du mouton et espèces diverses » de Mbour dont les activités ont pour objectifs de promouvoir l’élevage dans la petite côte, d’améliorer les races, de développer le consommer local et l’emploi des jeunes. Le président du Gie, Ousmane Diop, après s’être félicité des efforts faits par le gouvernement en direction de l’élevage, a toutefois réclamé l’accès  des acteurs de la filière au crédit. Il a rappelé, pour le regretter, des cas de vols de bétail, mais s’est consolé du professionnalisme du commandant de brigade Thioune qui a mis hors état de nuire les voleurs dont la majorité a été arrêtée.

A. S. NDIAYE

 

Une intervention efficace de la Réserve régionale de sécurité alimentaire (Rrsa) de l’Agence régionale de l’agriculture et de l’alimentation de la Cedeao requiert des plans de contingence harmonisés. C’est dans ce sillage que s’inscrit l’atelier du Projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, ouvert hier, à Dakar. Il s’agira de mettre en place des mécanismes devant permettre aux pays de mobiliser la Réserve.

La Cedeao a fait de la prévention et de la gestion des crises alimentaires et nutritionnelles une partie intégrante de sa politique agricole (Ecowap) à travers notamment l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (Araa). En février 2013, les chefs d’Etat de la région ont créé la Réserve régionale de sécurité alimentaire (Rrsa), dédiée prioritairement à des opérations d’urgence en cas de crise conjoncturelle majeure dans un ou plusieurs pays de la région. « Celle-ci constitue la troisième ligne de défense pour prévenir et gérer les crises alimentaires, complémentaires aux stocks de proximité (village et communautés) et aux stocks nationaux de sécurité alimentaire (deuxième ligne de défense) détenus par les Etats et les partenaires », a expliqué le Pr Mitowanou E. Koffi-Tessio, le coordonnateur du Projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. Financé par l’Union européenne à hauteur de 56 millions d’euros, le projet intervient en complémentarité aux dispositifs locaux et nationaux. L’objectif de cette initiative de l’Araa, selon le Pr Koffi-Tessio, « c’est de répondre efficacement aux crises alimentaires aux côtés des Etats et des acteurs dans une perspective de sécurité et de souveraineté alimentaires régionales ».

Le coordonnateur du Projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire s’exprimait, hier, à Dakar, à l’ouverture d’un atelier régional sur le processus d’élaboration d’un référentiel entre les plans nationaux de réponse et l’accès à la Rrsa. Il s’agit, selon lui, à travers cette rencontre de renforcer la capacité des 17 pays membres (les 15 Etats membres de la Cedeao, la Mauritanie et le Tchad) « afin de disposer des plans de contingence harmonisés pour des réponses locale, nationale et régionale face aux crises ».

31.750 tonnes de vivres stockées

Deux ans après sa mise en œuvre, Ousseini Salifou, directeur Exécutif de l’Araa, a indiqué que la Rrsa est entrée dans sa phase active avec notamment le processus d’acquisition des premiers stocks physiques en cours et deux appels d’offres pour l’achat des produits de la Rrsa, déjà lancés et bouclés avec succès.  

A ce propos, a révélé le coordonnateur du Projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire, 31. 750 tonnes de vivres sont stockées dans les sous espaces prédéfinis par la Commission de la Cedeao. Suite à la crise au Nord-Est du Nigéria, dans l’Etat de Borno, la Rrsa est intervenue en août passé, informe le Pr Koffi-Tessio. Pour le représentant du ministre sénégalais de l’Agriculture, le Conseiller technique Dr Modou Mboup, « la région ouest-africaine a besoin de se doter de plans de contingence harmonisés qui constituent, à ses yeux, « des outils importants d’anticipation et de préparation des réponses aux crises régionales ». Pour lui, le Sénégal reste engagé à accompagner cette initiative régionale comme en témoigne la mise à disposition des magasins de stockage par le Commissariat à la sécurité alimentaire du Sénégal pour les services de réception, d’entretien et de maintenance des stocks de la Rrsa. « Le Sénégal, a-t-il assuré, n’hésitera pas à apporter sa contribution à l’expression de la solidarité régionale en cas de crises alimentaires dans notre sous-région ».

Souleymane Diam SY

Le directeur général du Cosec, Mamadou Ndione, a présidé, vendredi, à Saly, l’ouverture d’un atelier de restitution des travaux du Comité de suivi et d’évaluation des questions liées à la facturation des services maritimes. Cette rencontre avait pour  objectif principal d’arrêter des « mesures correctives multiformes et urgentes ».

Le transport maritime constitue un sous-secteur important de la structure de l’économie maritime. Pour l’Afrique, le commerce maritime représente 80% des échanges avec les autres continents. Cependant, une analyse simple de la situation des échanges maritimes dans le monde révèle des disparités, selon le niveau de développement. En effet, les pays en développement, en particulier ceux d’Afrique et d’Océanie, paient en moyenne 40% et 70% de plus que les pays développés pour le transport international de leurs importations. Ce constat s’explique principalement  par l’existence de déséquilibres commerciaux dans ces régions, le retard pris par les réformes portuaires et aéroportuaires et le fait que leurs volumes commerciaux et leur degré de connectivité sont plus faibles que ceux d’autres régions.

Le directeur général du Cosec, Mamadou Ndione, qui s’exprimait vendredi à Saly, à l’ouverture d’un atelier de restitution des travaux du comité de suivi et d’évaluation des questions liées à la facturation des services maritimes, a  noté qu’au-delà de ce constat, il est apparu que certains opérateurs maritimes appliquent des augmentations sur leurs tarifications. Cette volatilité des taux, conjuguée au flot de surcharges et autres augmentations générales de taux, décidées par les armateurs, rend les tarifs de la ligne régulière peu lisible et ne permet pas à l’opérateur économique de déterminer, de façon précise et sur un long terme, ses charges. ‘’Le Sénégal n’échappe pas à ce constat, puisque le port de Dakar est aujourd’hui le théâtre de pratiques tarifaires’’, a-t-on lu dans le même document rendu public, lors du démarrage de cet atelier de restitution de deux jours. Il s’agira aussi,  tout au long de cette rencontre, de proposer des solutions relatives aux disfonctionnements engendrés par cette situation. Ainsi, précise-t-on, un consensus devra être dégagé et des ‘’mesures correctives multiformes et urgentes’’ devraient être mises en œuvre. ‘’Le Cosec peut être vu comme un outil d’aide à plus de résilience de notre économie, conformément à la vision du chef de l’Etat’’, a-t-il soutenu. Pour sa part, le conseiller technique numéro 1 du ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Babacar Banda Diop, l’importance des échanges maritimes du Sénégal et son impact sur l’économie nationale obligent les pouvoirs publics et les acteurs du secteur à une plus grande attention, pour mieux cerner les nombreuses contraintes du domaine, afin de trouver les solutions les mieux adaptées. ‘’La mainmise des compagnies étrangères sur le marché africain, en l’absence de flotte africaine, entrainent ainsi la double tarification du fret, le manque de compétitivité de nos ports, l’absence de structure de régulation et de contrôle, sont autant de facteurs qui justifient notre manque de maîtrise des taux de fret appliqués qui font l’objet d’augmentation par certains opérateurs maritimes, en violation flagrante de certaines dispositions réglementaires en vigueur au Sénégal’’, a-t-il relevé.

Amath Sigui Ndiaye

La crise alimentaire de 2008 a remis au goût du jour la question de l’incorporation de la farine de mil dans la fabrication du pain dans les boulangeries modernes au Sénégal, en vue de promouvoir les filières céréales locales.

Parallèlement à cette  expérience, la Fédération des organisations non-gouvernementales du Sénégal (Fongs)  s’est attelé, depuis 36 mois, à agir sur l’offre en pain artisanal « tapa lapa » dans le monde rural et sur les autres produits transformés; beignets, galettes, entre autres. Une expérience de mixage de la farine de blé et des céréales locales dans la fabrique du pain, partagée hier au siège de la Fongs à Thiès entre acteurs de la chaîne de valeurs en perspectives d’une extension des activités dans tout le pays.

Selon Babacar Diop, président de la structure faîtière, des zones tests dans les régions de Kaffrine, Kaolack et Thiès ont permis, en relation avec l’Isra et l’Ancar, de respecter les exigences techniques pour assurer des productions de qualité et en quantité  suffisante. «  En relation avec l’Ita, nous avons pu mettre en place des minoteries,  conformément aux besoins en farine de qualité utilisable dans la fabrique du pain », a-t-il confié.

Il assure que l’incorporation de farine de mil, de maïs, de sorgho dans la fabrication du pain artisanal, des beignets, des galettes est un modèle pertinent dans la recherche de la souveraineté alimentaire par la valorisation des ressources locales au Sénégal.  «  De 2000 à 2012, la consommation de blé est passée de 19,22 kilogrammes à 24,46 kilogrammes par personne et par an », a-t-il indiqué.

A ce rythme, a-t-il précisé, le Sénégal devra importer près de 1.200.000 tonnes de blé par an, à l’horizon 2050,  soit  environ 200 milliards de FCfa. « Une manne financière qui va peser négativement sur notre balance commerciale ; d’où toute la pertinence du choix proposé par ce projet», a-t-il noté.

Dans cette invite à renforcer la souveraineté alimentaire au Sénégal par la réduction des importations céréalières et l’augmentation de la valeur nutritive de l’alimentation en milieu rural, la proposition de la Fongs aux décideurs du pays vise aussi à réduire le chômage par l’offre d’emplois sur la chaîne de valeur et à accroître les revenus des populations.                                                                                                                            

Mbaye BA

 

Au Sénégal, les finances publiques ont été essentiellement marquées par une progression dans la mobilisation des ressources financières estimées à 501,1 milliards de FCfa. Ces dernières sont principalement constituées de recettes budgétaires à hauteur de 462,8 milliards, des ressources du Fonds de soutien à l’énergie (Fse) pour une valeur de 6,9 milliards et de dons pour un montant estimé à 31,4 milliards (…). Sur une base annuelle, les ressources ont augmenté de 63,9 milliards (+14,6%) en liaison avec la hausse des recettes fiscales (+43,8 milliards) et des recettes non fiscales (+13 milliards). La performance observée sur la mobilisation des recettes fiscales est attribuable aux impôts indirects (259,6 milliards) qui se sont renforcés de 14,1% (+32,0 milliards). Cette hausse est portée essentiellement par les recouvrements au cordon douanier qui ont progressé de 20,1% (+23,3 milliards) (...). Au titre de la mobilisation des impôts directs, une augmentation de 6,7 milliards est observée, sous l’effet de la hausse des impôts sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés. Cette orientation des recettes budgétaires a, toutefois, été atténuée par les recouvrements de la taxe spécifique pétrole et de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (Irvm), en baisses respectives de 4,1 milliards et 4,9 milliards.

Les dépenses sur une tendance baissière
Pour ce qui est des dépenses budgétaires, elles sont évaluées à 651,1 milliards de CFa à fin mars 2018 contre 735,4 milliards un an auparavant, soit une diminution de 84,2 milliards (-11,5%). Cette situation, d’après la Dpee, traduit les contractions simultanées des dépenses en capital et des dépenses de fonctionnement, comparativement à la même période de l’année précédente. Les investissements sont exécutés sur ressources internes et externes pour des montants respectifs de 96 milliards et 135,4 milliards. Leur contraction est imputable aux diminutions respectives des composantes financées sur ressources intérieures et extérieures, de 67,4 milliards (-41,5%) et 40,5 milliards (-23%).              

A. DIAW

 

Depuis près d’une trentaine d’années, la promotion et le développement de l’agriculture biologique, un mode de production qui permet de fournir des produits agricoles sains, parce que sans utilisation de produits chimiques de synthèse, mobilise  des acteurs.

Au cours d’une foire des produits biologiques, tenue sur la promenade des Thiessois, Doudou Diop, président de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab), a fait un plaidoyer de ce mode de production auprès du public. Selon lui, les produits de l’agriculture biologique préservent les ressources naturelles, la biodiversité, l’environnement et la santé animale. Pour donner confiance aux consommateurs sur  l’authenticité des produits biologiques mis sur le marché et assurer la traçabilité ; il soutient que la certification des produits biologiques est devenue une priorité. Cependant, face au coût jugé exorbitant  de la certification à l’international, la Fenab a travaillé à une alternative. «  Nous avons pu mettre en place un système participatif de garantie pour la certification des produits Bio Sénégal suite à un cahier de charges partagé par tous les acteurs allant du producteur en passant par le commerçant intermédiaire jusqu’au distributeur », a-t-il confié.  Doudou Diop estime que la prise de conscience des dangers de l’utilisation grandissante des pesticides par les consommateurs, est un atout pour l’agriculture biologique. «  Elle constitue  une opportunité intéressante pour une filière biologique locale en sus de  celle destinée à l’exportation », a-t-il dit.

Sur une période de trois ans, 500 producteurs des Niayes, répartis dans 12 organisations, s’adonnent à l’agriculture biologique en attendant une évaluation et une extension dans toutes les zones d’intervention de la Fenab. Le président Doudou Diop a déclaré que ce type d’agriculture constitue un moyen de lutte contre la pauvreté par l’amélioration des revenus des petits producteurs, en les aidant à vendre leurs produits de qualité à juste prix. « Avec le Spg, les producteurs peuvent davantage gagner la confiance du consommateur pour que ce dernier achète le produit biologique à juste prix », a-t-il indiqué.

Un projet  de société

Avec ce mode de production, Ibrahima Seck, coordinateur de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab) rappelle qu’il permet la séquestration du carbone et s’ajoute à la lutte contre les changements climatiques. « C’est une agriculture qui dépasse la production agro-sylvo-pastorale et halieutique. Mieux, c’est un projet de société », a-t-il soutenu. En ce sens qu’elle charrie une part de notre identité culturelle, de notre spiritualité que nos ancêtres nous ont légués, a-t-il ajouté. Ce projet social qu’il défend, a pour objet l’épanouissement des populations sur les plans social, culturel, économique et politique.  

Selon lui, ce mode  d’agriculture privilégie d’abord une dimension familiale, ensuite communautaire et en fin nationale pour construire un mouvement autonome fort qui va porter  l’agriculture biologique dans la politique agricole de l’État. « Pour les pourfendeurs de  l’agriculture biologique écologique, ils posent le problème des faibles productions  de cette forme d’agriculture par rapport à l’agriculture conventionnelle », a-t-il noté. Pour le coordinateur de la Fenab, c’est cette forme de production saine qu’il faudrait promouvoir. Il soutient que l’agriculture biologique et écologique peut bel et bien couvrir les besoins alimentaires du pays. Au-delà des quantités produites par parcelle, Ibrahima Seck affirme qu’il faut tenir compte du fait que l’agriculture biologique vise surtout à améliorer les conditions de vie des populations plutôt que la recherche effrénée de profit au détriment de la santé et d’un environnement sécurisé.

Des produits mieux conservés dans des conditions naturelles

Appuyés par l’Ong suisse Heks/Eper afin que les produits de ce type d’agriculture soient distingués, les producteurs estiment que les choses sont en bonne voie. Sur ce point, les responsables de la Fenab ajoutent qu’au-delà des qualités nutritives des produits biologiques, leur durée de conservation dans des conditions naturelles est sans commune mesure. Ayant choisi l’approche chaîne de valeur, les promoteurs de l’agriculture biologique ont fini de mobiliser tous les intervenants de la filière fruits et légumes tels les producteurs, les commerçants intermédiaires, détaillants, grossistes, restaurateurs et consommateurs pour défendre le mode de production du label « Bio Sénégal ». Une marque portée par un contrôle de qualité, une participation des consommateurs et des autres acteurs au processus de certification. « Cette politique va contribuer à mettre sur le marché des produits sains, de sauvegarder l’écosystème et de préserver les hommes et les animaux domestiques de la consommation involontaire de produits chimiques ; source de beaucoup de maladies », a-t-il soutenu. D’où l’utilité de la tenue de la foire biologique qui est à sa quatrième édition.

Relever le défi de la vente

Face à la grande offensive des grandes sociétés internationales de distribution qui se positionnent sur le marché sénégalais, Djibril Thiam, directeur exécutif d’Agribio Service alerte. « 60 à 70 % des maladies sont d’origine alimentaire allant du système de production, des conditions du transport et de vente des produits », fait-il remarquer. Selon lui, avant que ce phénomène devienne une question de santé publique, les populations doivent être sensibilisées sur le consommer local bio. «  C’est tout le sens qu’il faut donner au lancement du label Nat-Bi pour marquer la participation de tout en chacun de sa conception et à sa vulgarisation auprès du public de consommateurs», a affirmé Djibril Thiam.

Pour gagner ce pari, il prône l’approche axée sur la demande en regroupant les opportunités de ventes, d’achat de semences ou d’intrants biologiques mais aussi de disposer de nombreux points d’accès pour le public aux produits agro-alimentaires biologiques de qualité à des prix équitables, justes. «  En restant sur cet ancrage local où la traçabilité des produits estampillés Nat-Bi est assuré, cela va nous aider à limiter les  risques de crise alimentaire », a-t-il renchéri.

Poursuivant ses explications sur le label Nat-Bi, Djibril Thiam indique que l’objectif est de pousser chaque acteur à contribuer, en fonction de ses possibilités, comme le colibri, cet oiseau bio-marqueur dont la particularité est de toujours chercher à être utile à la nature. Dans cette quête de soutien au commerce équitable des produits agricoles au Sénégal, des stratégies comme la vente à domicile, la démultiplication des boutiques, véritables liens sociologiques au Sénégal, sont prévues. Présentement, le profit des petits producteurs dont 45 à 60 % de la valeur ajoutée de leurs produits agricoles sont captés par les intermédiaires, demeure encore faible. « Dans ce combat économique contre les chaînes de distribution étrangères, outre la solidarité pour une préférence locale, une structuration pertinente des prix par rapport au pouvoir d’achat des ménages sénégalais doit être intégrée », a-t-il indiqué. Car, les spécialistes indiquent  que, si la chaîne de valeurs des produits biologiques est maîtrisée, le producteur pourra capter 10 % des bénéfices par filière, tout en étant compétitif sur le marché intérieur.
Outre le label « Bio Sénégal » qui garantit  les produits dans la zone des Niayes où évolue la Fédération nationale  pour l’agriculture biologique (Fenab), le label « Nat-Bi » porté par  Agribio Service organise des producteurs  à Thiès,

Diourbel, Kaffrine, Kolda. « Par cette labellisation communautaire à moindre coût, les produits agricoles, forestiers non ligneux, avicoles et de l’élevage des petits ruminants et bovins, la mise à échelle de l’agro-écologie et de l’agriculture biologique au Sénégal est bien lancée », a soutenu Samba Bâ, président du conseil d’administration de l’Ong Agrécol Afrique. Pour lui, par ce système de production naturelle garantie, il s’agit de veiller sur sa santé à partir de son alimentation.   

Mbaye BA

L’Agence nationale de promotion de l’emploi des jeunes (Anpej) a investi près de 226 millions de FCfa dans la région de Kaolack, a déclaré, jeudi, son directeur général en marge de la remise de permis de conduire à des jeunes.

L’Agence nationale de promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), l’un des principaux instruments de la politique de l’État du Sénégal pour renforcer l’employabilité des jeunes, fait de la région de Kaolack, un terrain de prédilection de ses différents programmes et projets en faveur de ce segment de la population. « Je rappelle que, pas moins de 226 millions de FCfa ont été investis dans la région de Kaolack, en termes de financements. Et nous avons également d’autres lignes de financement ainsi que d’autres projets comme le Projet d’appui aux jeunes et aux femmes qui disposent d’une ligne de crédit de 4 milliards. Ces fonds sont dédiés uniquement aux financements des jeunes et des femmes. Il y a également l’heureuse initiative du président de la République de créer la Délégation à l’entrepreneuriat rapide pour les jeunes et les femmes qui dispose d’une dotation, chaque année, de 30 milliards de FCfa. Le gouverneur de la région de Kaolack a rappelé que les jeunes et les femmes de Kaolack, dans cette ligne, disposaient d’une enveloppe de 1 milliard de FCfa. C’est vous dire que les possibilités existent pour les jeunes et les femmes», a indiqué Amadou Lamine Dieng, le directeur de l’Anpej, répondant à une question sur les réalisations de sa structure dans la région, en marge de la cérémonie de remise de permis de conduire à des jeunes de Kaolack. Ils étaient 76 à recevoir ce précieux sésame, leur ouvrant la porte à un emploi dans le secteur des transports, parmi les 80 qui ont suivi une formation assidue de ce programme national initié par l’Anpej. L’objectif visé par l’agence chargée de booster l’employabilité des jeunes est de permettre à 1.000 jeunes de disposer du permis de conduire. Il s’agit d’apprentis, de mécaniciens, de rabatteurs, etc. 385 permis ont été délivrés dans ledit programme, selon le directeur général de l’Anpej qui précise que l’objectif est de renforcer l’employabilité de ces jeunes avec une formation innovante et de qualité. « Nous avons beaucoup insisté sur la qualité de la formation. Pour le contenu de la formation, nous avons privilégié les technologies de l’information et de la communication, avec des simulateurs qui donnent aux apprenants une assistance pour la maîtrise des bonnes pratiques de conduite », a confié M. Dieng. Au nom des récipiendaires, Amath Fall a exprimé la satisfaction de ces camarades qui disposent désormais d’une formation.

Elimane FALL

 

Le Bureau de mise à niveau a procédé, mercredi dernier, à Ziguinchor, à la signature de conventions avec 14 entreprises de la région, portant sur un montant global d’investissements approuvés de 436 millions de FCfa. En contrepartie, il a octroyé 210 millions de FCfa de primes aux entreprises bénéficiaires.

Le comité de pilotage restreint du bureau de mise à niveau a validé les dossiers des 14 entreprises. Celles-ci évoluent, de manière générale, dans la production et les services, notamment dans les secteurs du tourisme, de la transformation agroalimentaire et de la production de glace. Selon le directeur du Bureau de mise à niveau des entreprises du Sénégal, Ibrahima Diouf, ces entreprises vont générer 155 emplois permanents et 51 emplois temporaires, « qui connaîtront une augmentation de l’ordre de 46,5 % à terme   ». Il y aura également une hausse de plus de 50 % de chiffre d’affaires des entreprises entre 2017 et 2021, l’amélioration de leur taux de recouvrement. Sans compter la qualité des services, de la gestion et de l’organisation, ainsi que l’augmentation de la capacité d’accueil des réceptifs hôteliers et l’amélioration de leur taux d’occupation.

Cet accompagnement du Bureau de mise à niveau à des entreprises de Ziguinchor s’inscrit dans le programme « pilote » de mise à niveau spécifique des entreprises de la Casamance, qui a été officiellement lancé en février 2015 pour une durée de 3 ans (2015-2018). L’objectif visé est de mettre à niveau 85 entreprises des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, évoluant dans l’agroalimentaire, la pêche, le tourisme, la transformation des céréales, les Btp, les infrastructures, les industries culturelles, etc.

El Hadj Moussa SADIO

 

Khoudia Mbaye, ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des téléservices de l’État, a présidé, vendredi dernier, à Montréal, le forum économique du Sénégal au Canada. Une occasion saisie par le gouvernement du Québec pour signer un texte autorisant l’ouverture de la première Délégation en terre africaine.

L’Etat fédéré du Québec a témoigné sa reconnaissance au peuple sénégalais et a décidé d’ouvrir sa première Délégation ou représentation diplomatique en Afrique. Un choix justifié, selon le ministre des Relations internationales et de la Francophonie et, par ailleurs, représentante du gouvernement du Québec, Mme Christine Saint-Pierre, qui prenait part à la cérémonie d’ouverture de cette rencontre. Deux ans après l’ouverture d’un bureau économique à Dakar, le Québec vient de passer à l’étape supérieure. Mme Christine Saint-Pierre  a signé cet « accord de haute portée diplomatique et économique », en présence de l’ambassadeur du Sénégal au Canada, Viviane Bampassy, et du ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des téléservices de l’État, Mme Khoudia Mbaye. Devant des chefs d’entreprises canadiens et de plusieurs partenaires publics et privés, Mme Christine Saint-Pierre a déclaré que « cette décision du gouvernement du Québec va permettre d’accélérer les investissements au Sénégal qui a un climat des affaires propices, de faire doubler les effectifs des Québécois sur le sol sénégalais, en plus d’assurer une présence permanente dans ce pays de la Téranga».

Selon elle, les relations économiques entre le Sénégal et le Québec ont connu une croissance exponentielle, car les valeurs des exportations sont passées de 4,6 millions de dollars canadiens en 2013, soit environ 1,170 milliard de FCfa, à 31,8 millions de dollars en 2017, soit 14,31 milliards de FCfa. La cérémonie de cette  4ème édition du forum économique dont le thème est : « le défi de la gouvernance des ressources naturelles : levier pour le commerce, l’industrialisation et la transformation économique reste un rendez-vous crucial pour le bureau économique de l’ambassade du Sénégal au Canada, sous la houlette de M. Zaccaria Coulibaly. Des secteurs porteurs, dont les mines, le pétrole, le gaz, la promotion des investissements, du touristique, ont été passés à la loupe par des conférenciers, des panelistes et autres experts lors de cette rencontre.

Mamadou Aicha NDIAYE

 

Le réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (Roppa) et le Conseil national de Concertation et de coopération des ruraux du Sénégal (Cncr) recommandent le développement de l’agriculture et des activités sylvo-pastorales pour améliorer l’accès à l’emploi des jeunes.

La précarité de la condition de vie des jeunes de la sous-région inquiète fortement le réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (Roppa).  Pour trouver une solution à ce lancinant problème, le Roppa, en collaboration avec le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), a tenu, du 08 au 10 mai, à Dakar, un atelier régional pour capitaliser des initiatives de création d’emplois pour les jeunes de l’Afrique de l’ouest, dans le domaine de l’agriculture. Compte tenu des enjeux, ces structures de développement agricole exhortent les pays de la sous-région à favoriser l’émergence de l’agriculture, des activités sylvo-pastorales et halieutiques.  

La rencontre de Dakar, qui a réuni plusieurs pays de la Cedeao et l’ensemble des acteurs du secteur, a permis de réfléchir sur la contribution à la transformation de l’agriculture Ouest africaine par l’identification de réponses paysannes pertinentes concernant le problème de l’emploi des jeunes ruraux, en particulier dans les métiers du secteur agro-sylvopastoral et halieutique.

Le président du Cncr, Nadjirou Sall, a indiqué que la rencontre a permis de partager les expériences dans différents pays et aussi d’accompagner ces différentes initiatives et de les exposer dans les Etats qui ont la charge politique de soutenir ces activités. «La question de l’employabilité des jeunes se pose d’une manière générale dans tous nos pays. Le plus déterminant, ce n’est pas le constat, mais ce qu’on doit faire pour arriver à une solution. On va valider des expériences actées dans des familles rurales dans le cadre global des activités agro-sylvo-pastorales pour aider à agir sur la question du chômage», a-t-il expliqué. Pour ce dernier, le développement de l’agriculture est une extrême urgence au Sénégal, si l’on sait le poids de cette activité dans l’économie.  «L’agriculture c’est le moteur du développement au Sénégal. Par rapport au cas de notre pays, si l’agriculture se développe, le Sénégal va se développer… », a-t-il souligné. A son avis, si l’on peut faire en sorte que tous les emplois agricoles dans le milieu rural soient des emplois décents, ce serait une énorme possibilité de résorption du chômage des jeunes.  Pour le Roppa, la viabilité, dans la durée, des exploitations familiales nourricières et pourvoyeuses d’emplois, dépend d’une part, de l’attractivité qu’elles auront pour les jeunes et les femmes et d’autre part, de l’intérêt que leur accordent les Etats et de la pertinence de leurs actions pour l’emploi durable des jeunes. Cette structure ouest africaine ambitionne ainsi d’arriver à ce changement structurel à travers sa stratégie régionale d’installation des jeunes dans les métiers de l’agriculture.

Oumar KANDE

 

Le Collège national des producteurs d’oignon a vu le jour hier, à Thiès, à l’issue d’une Assemblée générale. Un pas important vers la création d’une interprofession oignon représentative, légitime et légale au Sénégal.

Après des années de gestation, les leaders de la filière ont réussi à mettre sur pied un bureau consensuel, présidé par M. Boubacar Sall. Un collège des commerçants sera aussi mis en place. Ces deux entités déboucheront sur la création d’une interprofession oignon représentative, légitime et légale au Sénégal. « Nous sommes à mi-chemin d’un parcours qui nous a pris presque trois ans. Nous avons démarré le processus depuis 2015. La loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, en son article 25, stipule que les organisations de producteurs doivent se regrouper autour d’un produit ou d’un groupe de produits pour constituer une organisation interprofessionnelle agricole. C’est ce qui nous a guidés dans cet appui à la filière oignon », a expliqué le secrétaire exécutif du Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndasp).  

Pour Jean-Charles Faye, le volet de la transformation sera également pris en compte. « Une économie sans transformation, est une économie incomplète. Il y a une unité de transformation d’oignon en poudre qui va être mise en place sur la vallée, vers Podor. Mais, l’ultime étape sera la mise en place de l’interprofession oignon au Sénégal. C’est pour permettre que les acteurs puissent prendre leur destin en main. Qu’ils puissent porter l’économie du Sénégal à un niveau très élevé. La vérité est que, ce sont les acteurs privés qui doivent porter le développement », a estimé M. Faye.

Cet exercice, selon le directeur de cabinet du ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, chargé de l’Accompagnement et de la Mutualisation des organisations paysannes, découle de la volonté de l’Etat du Sénégal qui a consacré l’oignon parmi les filières prioritaires du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). « Elle découle aussi de l’engagement des acteurs de la filière, et c’est l’occasion de rendre hommage aux leaders ici présents qui n’ont ménagé aucun effort pour l’aboutissement du processus. Ils ont accepté de se soumettre aux règles de la démocratie participative et représentative en mettant en jeu leurs postes pour une bonne restructuration de l’interprofession », a salué Tidiane Sidibé qui a présidé la cérémonie de clôture de l’Assemblée générale.

Ndiol Maka SECK

 

Africa Regional Data Cube est un nouvel outil officiellement lancé ce weekend à Nairobi, au Kenya. Il permet d’exploiter des données satellitaires pour aider le Kenya, le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana et la Tanzanie à mieux aborder la sécurité alimentaire ainsi que les questions liées à l’agriculture, à la déforestation et à l’accès à l’eau.

Mettre la technologie au service exclusif de l’agriculture. C’est l’objectif de Africa Regional Data Cube qui est lancé, ce weekend à Nairobi, au Kenya. Ce nouvel outil exploite les dernières technologies d’observation de la Terre par satellite pour aider le Kenya, le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana et la Tanzanie à mieux aborder la sécurité alimentaire ainsi que les questions liées à l’agriculture, à la déforestation et à l’accès à l’eau.

Africa Regional Data Cube superpose l’imagerie satellite dans un format prêt pour l’analyse qui permet aux utilisateurs de voir et de comprendre plus facilement les changements - tels que l’urbanisation, la déforestation et la formation des cultures - au fil du temps. Il fournira des solutions importantes aux ministères gouvernementaux, aux agences statistiques nationales, aux instituts géographiques, aux chercheurs scientifiques, à la société civile et au-delà. Il permettra aux utilisateurs d’appliquer des données satellitaires d’observation de la Terre pour répondre aux besoins locaux et nationaux et aux stratégies de développement, de répondre aux initiatives internationales telles que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de soutenir le plus important exercice de collecte de données pour une décennie.

L’exploitation des données satellitaires au service de l’agriculture n’est pas une première en Afrique, c’est le fardeau de la gestion et de l’analyse des données satellitaires qui est jusqu’ici problématique. C’est pourquoi, le lancement de Africa Regional Data Cube a été suivi d’une formation approfondie pour les représentants des gouvernements des pays participants, afin qu’ils puissent utiliser immédiatement cette technologie de pointe.
Le Data Cube a été développé par le Comité sur les satellites d’observation de la Terre (Ceos) en partenariat avec des structures comme le Groupe Amazon Web Services, l’université de Strathmore au Kenya et le Partenariat mondial pour le développement durable.

Aly DIOUF

Dotée d’un fonds de 30 milliards de FCfa destinés aux femmes et jeunes porteurs de projet, la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et jeunes-Der, entre, le 15 mai prochain, dans sa phase active. L’annonce du démarrage et les critères d’attribution ont été faits à la réunion d’un comité départemental de développement (Cdd) tenue le mercredi 09 mai. La rencontre a été présidée par le préfet de Dakar, Alioune Badara Sambe.

Devant un public visiblement intéressé et plus d’une vingtaine de personnalités publiques, Alioune Badara Sambe a tenu à lever, d’emblée, toute équivoque sur ce fonds de la Der. « Ce fonds, doté d’un budget initial de 30 milliards de FCfa par an, n’est destiné à aucune obédience politique ! ».  En effet, la Der pilotée par son délégué général, Pape Amadou Sarr,  met en avant le fait d’être Sénégalais porteur de projet viable  et d’être âgé entre 18 et 40 ans pour les hommes, mais sans limite d’âge pour les femmes,  comme critères d’éligibilité pour avoir accès à ses financements.

Pape Amadou Sarr, le pilote de cette initiative du Président Macky Sall,  est revenu, en détail, sur les raisons et les modalités  du financement des projets ciblés par la Der.
La Der compte impulser et renforcer des politiques ou stratégies publiques relatives au développement de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, sur toute l’étendue du territoire national, a indiqué M. Sarr.  Elle entend, selon lui, mettre en place une plateforme d’échanges et de partenariat avec les potentiels porteurs de projets en relation avec les ministères concernés, afin de créer des emplois,  lutter contre le chômage, le sous-emploi, la pauvreté et la précarité.

Ainsi, dans son rôle, la Der compte appuyer l’élaboration des dossiers de projets initiés par les cibles, mettre en œuvre des procédures simplifiées de financement des projets avec une plateforme digitale, en relation avec des organismes publics et privés, et même promouvoir le développement solidaire et participatif de l’entrepreneuriat formel. Avec un suivi de proximité du portefeuille des projets financés, la Der cible 5 secteurs prioritaires dont un accent particulier pour les projets innovants : agriculture, pêche et élevage, artisanat, Tic, innovation et services, transports, tourisme et industries culturelles, entre autres.

Fara Michel DIEYE

 

En marge de la présentation des conclusions des services du Fmi, la représentante résidente, Cemile Sancak, a invité les autorités à adopter une politique fiscale bien ciblée concernant l’exploitation des ressources naturelles. Elle ajoute que l’exploitation et la gestion de ces ressources doivent se faire de manière transparente. « Les autorités travaillent étroitement avec les partenaires techniques et financiers, y compris le Fmi et la Banque mondiale, pour bien encadrer ce secteur », a confié Mme Sancak.                          

A. DIAW

Pour une mise en œuvre optimale du projet de dématérialisation et de sécurisation des titres de transport et de changement des plaques d’immatriculation des véhicules, le gendarmerie nationale a décidé de s’impliquer.

Dans un souci de modernisation de l’administration des transports routiers, l’État du Sénégal a mis en œuvre un projet de numérisation et de sécurisation des titres de transport avec comme objectif d’avoir une meilleure gestion de l’identité des possesseurs de permis de conduire et un enregistrement rigoureux des véhicules en circulation. Ainsi, à partir du mois de juillet prochain, ces nouveaux titres de transport numérisés, sécurisés et biométriques vont entrer en vigueur. Les documents concernés sont le permis de conduire, la carte grise, les plaques d’immatriculation, les autorisations de transport.

Après le président de la République, le Premier ministre, la police, les transporteurs et associations de consuméristes, le projet, dénommé « Capp Karangé » a été présenté, en début de semaine, à la gendarmerie. Suite aux explications sur les tenants et les aboutissants et les changements majeurs qu’il va entraîner dans le milieu du transport terrestre sénégalais, L’État-major de la gendarmerie, selon un communiqué qui nous est parvenu, a montré son ferme engagement à contribuer à la réussite de ce projet. « A l’issue de la rencontre d’information, le Haut commandement de la gendarmerie a promis d’accompagner le concessionnaire du projet avec bien sûr tous ses agents qui sont sur le théâtre des opérations, car il y va de la sécurité nationale.

Il n’a pas manqué d’inviter les responsables du projet à insister sur la sensibilisation et la communication en direction des publiques cibles pour une bonne connaissance du projet. Il a aussi insisté sur une bonne formation des forces de sécurité et de défense pour une réussite du projet, car étant chargés de contrôler les documents de transport », a déclaré le Général Maïssa Niang, cité par le communiqué. L’implication de la gendarmerie dans ce projet est cruciale car les pandores assurent la sécurité sur plus de 80% du territoire national.

La délégation venue à la rencontre du Général était composée de Michel Thomas, directeur général de Gemalto Sénégal, de Yaye Hindou Sow coordonnatrice du bureau de suivi du projet « Capp Karangë », de Cheikh Oumar Gaye, directeur des transports routiers.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Une mission des services du Fmi, en visite à Dakar, dirigée par Michel Lazare, a fait l’état de la situation économique de notre pays. Dans leurs conclusions, les experts du Fonds ont soutenu que le Sénégal continue de gérer, « prudemment » sa dette. Ils ont, toutefois, attiré l’attention des autorités sur les tensions budgétaires accentuées, entre autres, par l’augmentation de la masse salariale, les dépenses de sécurités.

Le débat sur l’évolution du taux d’endettement du Sénégal (61,24%) ne laisse pas indifférents les services du Fonds monétaire international (Fmi) qui, au terme d’un séjour de deux semaine (du 26 avril au 11 mai 2018) à Dakar, ont passé au peigne fin la situation de la dette du Sénégal. Selon Michel Lazare, chef de la mission du Fmi au Sénégal, notre pays continue de gérer sa dette de façon prudente, notamment en mettant de côté le sur-financement de 1,8% du Pib à l’occasion de l’émission récente d’un eurobond de 2,2 milliards de dollars pour financer le budget de 2019 et pour racheter des emprunts extérieurs à coût. En effet, une partie des ressources issues de la dernière émission d’obligations internationales (mars 2018) vont servir au rachat de certains crédits, notamment l’Eurobond de 2011 dans la stratégie de gestion de la dette.

M. Lazare note que des évolutions récentes ont contribué à une amélioration de certains indicateurs d’endettement : une baisse sensible de la trajectoire du ratio dette sur Pib en raison de la modification de l’année de référence du Pib. Ce qui devrait ramener la dette de l’administration centrale à moins de 50% du Pib fin 2017; un lissage notable du service de la dette après le rachat de 40% de la dette de l’eurobonds 2011. « Le Sénégal fait très attention à son endettement ; il n’y a pas de doute sur le fait que la dette est gérée de façon active par le gouvernement du Sénégal », s’est réjoui le chef de la mission du Fmi au Sénégal. Ce dernier a également fait part de la situation des autres agrégats économiques.

En effet, il fait remarquer que la croissance économique du Sénégal reste vigoureuse (7,2% en 2017), tandis que l’inflation demeure faible (1,3%). Du fait de la modification de l’année de référence, le Pib a été révisé à la hausse d’environ 30%. Le déficit du compte courant de la balance des paiements a, toutefois, augmenté, en raison de la hausse des prix mondiaux des produits de base, y compris des prix de l’énergie et de la hausse de la demande pour les importations.

La masse salariale sur une
tendance haussière

Dans leur rapport, les services du Fmi ont, en outre, relevé que les tensions budgétaires se sont encore accentuées du fait de recettes inférieures aux anticipations et des augmentations de la masse salariale, des charges d’intérêts et des dépenses de sécurité. La masse salariale du Sénégal, pour l’année 2018, est estimée à 633 milliards de F Cfa, contre 586 milliards en 2017. En l’espace d’une année, elle a connu une progression de 8 %. « L’expansion de la masse salariale » inquiète beaucoup les députés, mentionnait le rapport de la Commission de l’Économie générale, des Finances et du Plan, lors du vote du budget de cette année. Selon Michel Lazare, les autorités ont proposé un ensemble de mesures en 2018 pour augmenter les recettes et réduire la pression sur les dépenses. Cet ensemble comprendra des mesures pour accélérer les réformes de la politique fiscale et de l’administration des recettes (0,8% du Pib), maîtriser les dépenses d’investissements non prioritaires qui sont financées sur ressources intérieures (1,0% du Pib) et contenir les dépenses courantes (0,1% du Pib). Sur la progression des salaires, il soutient que le gouvernement a répondu aux attentes de certain nombre de catégories de fonctionnaires, notamment dans l’éducation, la santé.
Ces réponses apportées aux demandes, dit-il, expliquent une partie de l’augmentation de la masse salariale. « Nous n’avons pas formulé de recommandations particulières sur l’évolution de la masse salariale. Nous regarderons cette situation plus tard lors de la revue prochaine de l’Ispe, en juillet 2018 », a déclaré Michel Lazare.

 

«Il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur une dévaluation du FCfa»

A en croire le chef de la mission du Fmi au Sénégal, Michel Lazare, il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur une éventuelle dévaluation du FCfa. « Je n’ai pas connaissance d’un débat qui existe entre des décideurs sur la dévaluation du FCfa. A mon sens, il n’y a pas de questions actives qui se posent à ce niveau », rassure-t-il. Selon lui, la situation de la balance des paiements de la région (Ndlr : zone monétaire Uemoa) paraît solide et des réserves extérieures représentant 4 mois d’importations ont été accumulées.

 

Des difficultés à surmonter
dans le programme Ispe

La mise en œuvre du programme de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) a rencontré des difficultés en 2017, notent les services du Fmi. Il s’agit de la hausse soutenue des prix mondiaux du pétrole. Selon eux, il y a des difficultés qui relèvent de l’environnement international dans lequel opère l’économie sénégalaise, en particulier l’augmentation du prix du baril du pétrole et l’appréciation en terme relatif du dollar par rapport au FCfa. C’est un facteur qui renchérit le coût des importations, et par ailleurs, pèse, de façon négative, sur le budget national.  Ils ajoutent que si l’objectif fixé pour le déficit budgétaire à fin 2017 a été atteint, une mobilisation insuffisante des recettes a conduit à la réduction des dépenses publiques et aux retards dans les paiements à la compagnie publique d’électricité et au secteur privé. En plus, l’objectif relatif au financement net global de l’administration centrale n’a pas été respecté, d’après Michel Lazare.  Cependant, relève-t-il, les autorités ont accompli des avancées significatives comme la réduction sensible du financement de la Poste par le trésor au premier trimestre de 2018.

Abdou DIAW

 

Les exportations sénégalaises sont passées de 142,5 milliards de FCfa contre 119,9 milliards de FCfa au mois précédent, soit une hausse de 18,9%, annonce le Bulletin du commerce extérieur de l’Ansd.

Les exportations du Sénégal sont ressorties, au mois de mars 2018, à 142,5 milliards de FCfa, contre 119,9 milliards de FCfa au mois précédent, soit une hausse de 18,9%, indique le Bulletin du commerce extérieur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). Cet accroissement des exportations sénégalaises, souligne-t-on, est essentiellement dû à l’augmentation des expéditions d’or non monétaire (+41,6%), de poissons frais de mer (+27,2%) et de phosphates (3,8 milliards de FCfa, contre 0,8 milliard de F Cfa au mois précédent). L’Ansd indique, par ailleurs, que cette hausse a été renforcée par l’absence d’exportation d’acide phosphorique au mois précédent contre 17,4 milliards de FCfa, au cours de la période sous revue. Toutefois, souligne l’Ansd, la baisse des exportations d’arachides non grillées (-51%) et d’engrais (-97,5%) a atténué cette hausse. Les principaux produits exportés, au cours du mois de mars 2018, sont l’or non monétaire (24,6 milliards de FCfa), l’acide phosphorique (17,4 milliards de FCfa), les poissons frais de mer (14,1 milliards de FCfa), les produits pétroliers (12,5 milliards de FCfa) et le ciment hydraulique (7,9 milliards de FCfa). La Suisse (15,0%), l’Inde (12,3%), le Mali (10,9%), la Chine (5,3%) et l’Espagne (4,0+%) demeurent les principaux clients du Sénégal. Quant aux importations du mois de mars 2018, elles sont évaluées à 300,4 milliards de FCfa contre 283,6 milliards de FCfa au mois précédent, soit une hausse de 5,9%. Cette hausse des importations est, selon l’Ansd, due à celle des achats à l’extérieur de blé (8,0 milliards de FCfa contre 2,7 milliards de FCfa au mois précédent), de maïs (6,1 milliards de FCfa contre 1,0 milliard de FCfa au mois précédent) et d’autres machines et appareils (+21,4%). Cependant, le relèvement des importations a été modéré par la quasi-absence des achats à l’extérieur d’huile brute de pétrole en  mars 2018 contre 28,9 milliards de FCfa au mois précédent. Comparées au mois de mars 2017, les importations ont connu une baisse de 4,3%. Leur cumul à fin mars 2018 s’est établi à 942,6 milliards de FCfa contre 805,5 milliards de FCfa pour la période correspondante en 2017, soit une hausse de 17,0%. Les principaux produits importés, au cours de la période sous revue, sont les produits pétroliers finis (37,4 milliards de FCfa), les autres machines et appareils (26,2 milliards de FCfa), le riz (19,5 milliards de FCfa), les métaux communs (15,6 milliards de FCfa) et les produits pharmaceutiques (11,7 milliards de FCfa). Les principaux fournisseurs du Sénégal sont la France (18,5%), la Chine (15,1%), l’Inde (7,3%), les Pays-Bas (5,6%) et la Turquie (4,6%).

Mamadou SY

 

L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) a lancé, hier, le Resakss data challenge (Système régional d’analyse stratégique et de gestion des connaissances (Resakss). Un concours qui s’adresse aux utilisateurs de données désireux de démontrer leur créativité.

Les passionnés de données et ceux qui souhaitent participer au débat sur le développement de l’Afrique peuvent compter sur l’accompagnement de l’Institut international de recherches sur les politiques alimentaires (Ifpri). Ce think tank a mis en place le Resakss data challenge (Système régional d’analyse stratégique et de gestion des connaissances). Le Resakss est un programme de l’Ifpri.

Selon Dr Ousmane Badiane, directeur Afrique de l’Ifpri, le  Resakss a été créé en 2006 pour soutenir le Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa) qui encourage les pays africains à consacrer 10% de leur budget national à l’agriculture ; atteindre un taux de croissance agricole annuel de 6% ; et mettre en œuvre des politiques visant à éliminer la faim et à diminuer la pauvreté de moitié d’ici à 2025. La mission du Resakss, explique-t-il, est d’orienter les politiques agricoles africaines ainsi que les décisions d’investissement. Il est administré par l’Ifpri et par d’autres centres africains, en partenariat avec la Commission de l’Union africaine, l’Agence de planification et de coordination du Nepad et les principales communautés économiques régionales.

Le Resakss data challenge est un concours qui s’adresse aux utilisateurs de données désireux de démontrer leur créativité et leurs compétences analytiques en exploitant des données et des ressources disponibles sur le site du Resakss « www.resakss.org » pour développer un produit de connaissance innovant qui répond à un défi de développement en Afrique. « Nous voulons ouvrir le débat, encourager les échanges  pour que tout le monde puisse s’exprimer grâce à notre plateforme qui permet de suivre une  centaine d’indicateurs », a ajouté Dr Badiane. Selon ce dernier, l’objectif de l’Ifpri, à travers cette plateforme, est surtout de mobiliser la jeunesse africaine pour qu’elle prenne part au dialogue sur les questions de développement du continent. « Resakss est une plateforme d’analyse et de gestion des connaissances. Nous avons créé une base de données pour accompagner l’Union africaine notamment le Pddaa », a souligné John Ulimwengu, le coordonnateur du Resakss.

Selon lui, le site web du Resakss renferme des données de niveau continental, régional et national ainsi que des produits analytiques et de connaissance sur le Pddaa. Les données et autres ressources disponibles sur le Resakss couvrent, entre autres domaines, comme l’agriculture, l’environnement, la santé, la croissance économique, la nutrition, le changement climatique et la pauvreté. Pour le concours, poursuit-il, il y a quatre catégories : « essai et rapport ; art visuel ; produit et service informatique et projet de lycée ».  La catégorie « projet de lycée » est réservé aux lycéens uniquement. Pour chaque catégorie,  il y a trois prix   pour motiver les meilleurs.

Aliou KANDE

La gare des gros porteurs, le marché d’intérêt national, le complexe sportif Dakar Arena et le centre des expositions, quatre chantiers phares de la Société de gestion des infrastructures, dans les pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (Sogip), seront inaugurés d’ici à décembre 2018. C’est l’assurance donnée par le directeur général de cette société, Gallo Bâ, au cours d’un atelier d’informations et d’échanges sur les infrastructures publiques suivi d’une visite de chantiers.

Les projets de la deuxième génération sur le Pôle urbain de Diamniadio, notamment ceux gérés par la Société de gestion des infrastructures publiques dans les Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (Sogip), sont en phase très avancée. Après l’inauguration de l’hôtel d’affaires Radisson Diamniadio, quatre autres infrastructures publiques de grande envergure, à savoir, la gare des gros porteurs, le marché d’intérêt national, le complexe sportif Dakar Arena et le centre des expositions (Dakar expo center), seront inaugurés au plus tard en décembre 2018. Pour constater l’état d’avancement des travaux dans le Pôle urbain de Diamniadio, la Sogip a organisé, mercredi, un atelier d’informations et d’échanges au Cicad, suivi d’une visite de presse sur les sites de ces quatre infrastructures en cours de réalisation. Au cours des échanges, la chargée de marketing et de la communication de la Sogip, Tabara Diallo Diop, a fait un constat sans appel sur le déficit ou l’état des infrastructures dans notre pays. Celles-ci se caractérisent, à son avis, par leur mauvais entretien, leur dévalorisation et leur sous-exploitation. Le directeur général de la Sogip, Gallo Bâ, souligne, quant à lui, que « ces infrastructures constituent le fruit d’une volonté politique affirmée de bâtir des ouvrages de qualité, innovants et pérennes, destinés à accélérer l’éclosion de ces nouvelles villes modernes, fonctionnelles et attractives ». Il s’agit, selon lui, d’« une nouvelle politique d’aménagement du territoire et d’urbanisme qui dessine les contours du Sénégal de demain ».

D’autant plus que, souligne Mme Diop, la philosophie de la Sogip repose sur quatre piliers : l’innovation (pertinence sociale et économique comme facteur d’intégration), l’accessibilité, la pérennité et la rentabilité en point de mire (facteur de croissance). Le directeur général de la Sogip rassure que la qualité du sol notamment sur le site de Diamniadio constitue un facteur déterminant dans la pérennité des ouvrages.   

Sol gonflant
A ce propos, le directeur technique de la Sogip, Alhousseynou Ndiaye, soutient que la bonne démarche, dans la construction des infrastructures structurantes, c’est d’adopter les fondations en fonction de l’étude de sol. Le sol de Diamniadio est en mesure, dit-il, « de recevoir des infrastructures et des ouvrages de haute qualité ». Sur le terrain, ouvriers et ingénieurs sont à pied d’œuvre avec en ligne de mire de livrer les infrastructures à date échue. Bâtie sur 11 ha, et à quelques mètres de la route nationale, la gare des gros porteurs a une capacité d’accueil de 220 camions avec des aires pour des produits frais et secs, un bâtiment administratif, une aire de repos.

Le taux d’exécution des travaux est estimé à 40% et la livraison prévue en décembre 2018. Non loin d’ici, les fondations du marché d’intérêt national sortent de terre. Ouvriers et ingénieurs sont sur le hangar en charpente métallique érigé sur 6 ha. 75 magasins de 150 m2 seront construits à l’intérieur, en plus des 65 boutiques sur sa façade extérieure. Le taux d’avancement des travaux est à 50 %. Alors qu’à Dakar Arena, il est à 80 %, précise l’ingénieur en génie civil, Mouminy Mbacké Bousso. Ce complexe sportif de dernière génération a une capacité d’accueil de 13.049 places et peut abriter des disciplines comme le basketball, le handball, la boxe, etc. Entamé en septembre 2017, il sera inauguré en août prochain. A l’image des autres infrastructures, au centre d’exposition, les travaux avancent. Le taux d’exécution est à 25 %. Sur place, les fondations sortent de terre. Quant à la toiture, elle sera en charpente métallique. Réalisé sur 4,5 ha, ce centre d’exposition destiné à recevoir de grandes manifestations, des foires a une capacité d’accueil de 15.000 personnes et un parking de 145 places. La réception de cette infrastructure est prévue en juillet prochain.

A l’issue de la visite des sites, le directeur général de la Sogip a notamment indiqué qu’il s’agit là d’ « infrastructures clés à la main, conçues dans une grande synergie et de manière complémentaire » et visant à « favoriser le désengorgement de Dakar et l’émergence de notre pays ». « Il faut dire que ce n’est pas évident de réaliser de telles infrastructures en si peu de temps, mais là, c’est une véritable innovation. Les travaux avancent convenablement. Nous sommes dans le temps de l’action », a-t-il fait savoir.

148 MILLIARDS DE FCFA MOBILISÉS POUR LA RÉALISATION DE CES INFRASTRUCTURES STRUCTURANTES
Le directeur général de la Sogip, Gallo Bâ, a profité de l’occasion pour préciser que ces infrastructures publiques constituent le fruit de la coopération entre le Sénégal et la Turquie et plus particulièrement des conventions de financements entre Eximbank-Turquie et notre pays. A cet effet, l’État a contracté un prêt de 148 milliards de FCfa auprès de la banque turque. Le directeur général de la Sogip a indiqué que la réalisation de l’hôtel d’affaires, du parc des expositions et du complexe sportif Dakar Arena a nécessité la mobilisation d’une enveloppe financière de 96 milliards de FCfa, contre 52 milliards de FCfa pour le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs. Ces conventions de financement tiennent compte de la conception, de la réalisation et de l’équipement, souligne M. Bâ. Pour la rentabilité de ces infrastructures, le directeur général de la Sogip précise qu’elle interviendra après leur mise en service comme c’est déjà le cas avec l’hôtel Radisson. « Du fait des investissements consentis par l’État, nous sommes appelés à assurer une rentabilité financière. Nous ne manquerons pas de passer des conventions avec des entreprises privées expertes dans les différents domaines, mais également pour assurer la pérennité de ces infrastructures par une maintenance de qualité », relève-t-il, tout en ajoutant que l’hôtel d’affaires réalisé dans les mêmes circonstances est en train d’être exploité.

Souleymane Diam SY

 

Evaluant les progrès du Sénégal dans la mise en œuvre des exigences de la Norme Itie, le Conseil d’administration de l’Itie a conclu que notre pays a obtenu des résultats satisfaisants. Ce qui le place 1er en Afrique et 4ème sur le plan mondial.

Cinq ans seulement après y avoir adhéré, le Sénégal occupe la première place en Afrique et le quatrième rang sur le plan mondial, dans la mise en œuvre des exigences de la Norme Itie. Il doit ce bon classement aux «progrès satisfaisants sur l’ensemble des exigences de l’Itie», selon un communiqué du Conseil d’administration international de l’Itie. Seuls la Mongolie, Timor-Leste et les Philippines font mieux que le Sénégal sur les 52 pays que compte l’Itie. «Le Conseil d’administration se réjouit des progrès accomplis par le Sénégal dans l’utilisation de l’Itie comme moteur des réformes publiques, permettant de générer un débat public vivant à propos du secteur extractif naissant», lit-on dans cette note.

Président de l’Itie, Fredrik Reinfeldt, cité par la même source, s’est dit impressionné par «les progrès accomplis par le Sénégal» et félicite le gouvernement et toutes les parties prenantes et les encourage à faire du Sénégal un pays pionnier pour la divulgation systématique et régulière de données Itie. «Renforcer les systèmes gouvernementaux et les mécanismes de redevabilité et gérer les attentes des citoyens sera crucial lorsque le pays rejoindra le club des pays producteurs de gaz et de pétrole, ces prochaines années», a-t-il indiqué.

Fruit d’un travail remarquable

Depuis son adhésion à cette Norme en 2013, le Sénégal a déjà publié quatre rapports (2014, 2015, 2016 et 2017), ce qui en fait le pays le plus ponctuel d’Afrique et le place comme un modèle en la matière. En effet, le Conseil d’administration a reconnu les efforts du Sénégal d’aller au-delà des exigences de la Norme Itie dans les domaines de la transparence des contrats, des dépenses sociales, le suivi des recommandations et l’impact sur le débat public.
Si le Sénégal a fait autant de progrès, c’est parce que, explique Aissatou Sophie Gladima, ministre des Mines et de la Géologie, l’instrument Itie a été très bien accueilli par l’ensemble des parties prenantes. «Les pouvoirs publics accordent à cet instrument une attention toute particulière, parce qu’il a permis de renforcer l’accès à l’information et le dialogue entre les acteurs à travers un débat public activement promu», a-t-elle indiqué.

Partie prenante à la mise en œuvre de cette Norme, les organisations de la société civile ne semblent pas surprises par ce classement du Sénégal. Selon Ibrahima Sory Diallo, président de la coalition «Publiez ce que vous payez» (Pcqvp), cela dénote «des efforts considérables que les acteurs sont en train de consentir pour la transparence et la gouvernance économique». Abdou Aziz Sy, président de la Chambre des mines du Sénégal, fait chorus. «C’est un résultat qu’on n’obtient pas par chance ou par miracle, c’est le fruit du travail remarquable abattu par toutes les parties prenantes dans notre quête perpétuelle de transparence et de redevabilité dans la gestion et la gouvernance de nos ressources naturelles».

2021, prochaine validation

Le Conseil d’administration de l’Itie encourage le gouvernement du Sénégal à approfondir sa contribution à l’Itie, en améliorant la gestion des licences du secteur extractif, la transparence de la propriété réelle, la transparence des entreprises d’État, ainsi que la fiabilité et l’exhaustivité des chiffres de production. Le ministre du Pétrole et des Énergies, Mansour Elimane Kane, rassure. A l’en croire, «le Code pétrolier en cours de révision prend en compte toutes ces préoccupations».

Le Sénégal dispose d’un délai de trois ans, c’est-à-dire jusqu’au 8 mai 2021, avant le début d’une nouvelle validation, conformément à la Norme Itie. La Validation est un mécanisme indépendant évaluant les progrès accomplis par le pays dans la mise en œuvre des exigences de la Norme Itie.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Pour la réalisation de l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis longue, de 190 km, le gouvernement a engagé des discussions avec des bailleurs de fonds afin d’arrêter les modalités de financement et un calendrier consensuel de mise en œuvre de ce projet dont le coût de la première phase entre Tivaoune Peulh et Lompoul est estimé à 240 milliards de FCfa.

Le gouvernement du Sénégal envisage de réaliser, le long de la grande côte, une autoroute qui va relier Dakar et Saint-Louis. Appelée la « Côtière », cette route longue de 190 km sera le prolongement de la Voie de dégagement nord (Vdn) qui s’arrête actuellement à Tivaoune Peulh. Au regard de la taille du projet, l’option arrêtée est de le réaliser en deux phases : une première phase de Tivaoune Peulh à Lompoul sur un linéaire de 114 km et une deuxième phase allant de Lompoul à Saint-Louis, sur une distance de 81 km. Le coût de la première phase est estimé à 480 millions de dollars, soit 240 milliards de FCfa.

Pour mobiliser les ressources financières nécessaires à ce projet, le gouvernement a soumis des requêtes à quelques-uns de ses partenaires techniques et financiers en particulier le Fonds saoudien de développement (Fsd), le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (Fkdea), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), le Fonds de l’Opep pour le développement international (Ofid), le Fonds d’Abu Dhabi (Fadd) et la Banque islamique de développement (Bid). Dans l’optique d’en arrêter les modalités de financement et d’un calendrier consensuel de mise en œuvre, le gouvernement et ces bailleurs de fonds ont tenu, mercredi, une table ronde. Celle-ci fait suite aux deux premières rencontres qui ont déjà eu lieu aux mois de décembre 2017 et février 2018 et qui avaient permis au gouvernement du Sénégal de leur proposer un plan de financement pour leur contribution aux travaux de la première phase.

Cette troisième rencontre a permis d’échanger, en profondeur, sur le contenu ainsi que sur le schéma de mise en œuvre, le plus approprié, de ce projet qui constitue un véritable levier économique en perspective notamment de l’exploitation des gisements gaziers et pétroliers dans la zone de Saint-Louis et de Kayar. « En termes de potentialités, l’axe Dakar-Saint-Louis offre de réelles opportunités aux plans économique et social en raison, notamment, de l’exploitation imminente des ressources pétrolières et gazières découvertes au large de Kayar et de la frontières sénégalo-mauritanienne. A cela s’ajoute la mise en place des pôles territoriaux émergents de Lac Rose et de Lompoul, ainsi que le développement des activités économiques, en particulier la pêche, le tourisme, l’industrie et le commerce », a souligné Lat Diop, directeur de la coopération et des financements extérieurs au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

En plus d’interconnecter les grandes villes du littoral nord, cette côtière se positionne comme un maillon essentiel du corridor Alger-Tanger-Nouakchott-Conakry-Abidjan-Lagos. Au regard de tels enjeux, la réalisation de ce projet est une nécessité absolue, aux yeux du directeur des Routes Alassane Camara. « Son intérêt évident pour le développement de notre pays justifie le choix concerté entre le ministère des Finances et celui des Infrastructures pour réunir l’ensemble des partenaires avec l’espoir qu’au terme de nos échanges, nous conviendrons des modalités de financement et d’un calendrier de mise en œuvre consensuel », a-t-il déclaré.

Projet pertinent

Quant aux bailleurs de fonds, ils ont réaffirmé leur volonté de participer au financement de cette autoroute. Le représentant du Fonds Koweitien, Thamer Al-Failakawi, de même que celui du Fonds saoudien, Ibrahim Al-Turki, ont insisté sur la pertinence de ce projet et rappelé les partenariats fructueux que leurs institutions respectives ont toujours entretenus avec le Sénégal. Mounad Bouaouia de l’Ofid a abondé dans le même sens, soulignant, toutefois, la nécessité d’avoir une idée claire et précise sur les scenarii et les stratégies afin de se positionner dans le financement. Déjà impliquée dans le financement du deuxième et troisième tronçon de la Vdn, la Bid, par la voix de Nourou-Dine Imam du Bureau régional de Dakar, a manifesté tout son intérêt à appuyer le gouvernement du Sénégal à concrétiser le projet de la « Côtière ». Le démarrage des travaux étant prévu avant la fin de l’année 2018, le gouvernement a proposé à ses partenaires techniques et financiers d’évaluer ce projet au plus tard au mois de juillet prochain afin que les accords de financements soient signés dans les meilleurs délais.
 

L’Etat va contribuer à hauteur de 87 milliards de FCfa

La contribution de l’État du Sénégal à ce projet est estimée à 175 millions de dollars, soit 87 milliards de FCfa. Cependant, ce montant ne prend en compte que les droits de douanes, la taxe sur la valeur ajoutée, les imprévus liés aux modifications et à la révision des prix ainsi que le paiement des indemnités d’expropriation aux personnes affectées par le projet. En ce qui concerne le plan de financement proposé par le Sénégal aux bailleurs de fonds, il se décline ainsi qu’il suit : 50 milliards de FCfa soumis au Fonds saoudien, 45 milliards de FCfa au Fonds Koweitien, 15 milliards de FCfa à la Badea, 15 milliards de FCfa à l’Ofid, 15 milliards de FCfa pour le Fonds d’Abu Dhabi et 100 milliards de FCfa à la Bid.

 

La Bad et la Bei sollicitée pour la 2ème phase

Pour la réalisation de la deuxième phase du projet long de 81 km, le gouvernement a sollicité une contribution de la Banque africaine de développement (Bad) et la Banque européenne d’investissement (Bei). D’ailleurs, ces deux institutions bancaires étaient représentées à cette table ronde. Le représentant de la Bei, Philippe Brown, a insisté sur l’impact considérable que cette infrastructure aura sur l’amélioration de la mobilité au Sénégal et dans la sous-région. Ce qui peut laisser augurer d’une probable implication de la Bei à sa concrétisation. Cependant, le gouvernement n’écarte pas l’option du partenariat public-privé pour la réalisation du deuxième tronçon de la « Côtière ». Celle-ci est à l’étude compte tenu des opportunités offertes par la loi 2014-09 relative aux contrats de partenariats.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Le conseil interministériel sur l’agriculture, qui a réuni, hier mardi 8 mai 2018, autorités étatiques et acteurs de l’agriculture, a été saisi pour expliquer les raisons du succès de la campagne 2017-2018, stratégie reconduite pour celle en vue, 2018-2019. Entre représentants des acteurs, facilitateurs et autorités étatiques, un satisfécit a été noté de part et d’autre.

Présidé par le Premier ministre, Mouhamed Boune Abdallah Dionne, le conseil interministériel sur la campagne agricole, tenu hier mardi, qui a duré plus de 5 tours d’horloge, a confirmé le bilan jugé très positif et confirmé par des statistiques de l’année dernière.

Selon Seydou Guèye, le ministre porte-parole du gouvernement, au vu des résultats de ces cinq dernières années, mais surtout celle de la campagne 2017-2018, décrite comme celle de tous les records de production, le Sénégal tient le pari de la construction d’une nouvelle agriculture forte, pour tirer une croissance économique durable et inclusive.

Mais, il a relevé deux faits importants: d’abord la consolidation de la diversification de l’agriculture mesurable à travers les performances de l’horticulture, de la riziculture, mais aussi la confirmation de la filière arachidière comme pivot d’une nouvelle économie rurale.

Pour le riz, plus d’un million cent mille tonnes ont été récoltées,  400 000 tonnes pour l’oignon, plus d’un million 400 mille tonnes pour l’arachide, 875 000 tonnes de mil produites, plus de 106 tonnes pour les fruits et légumes de contre-saison. Avec les semences dites pré bases produites, cela explique, selon M. Guèye, la courbe ascendante de ces résultats plus que positifs pour la reconstitution du capital semencier.

Éclairage sur une campagne record
Pour le ministre porte-parole du gouvernement, au-delà des chiffres, l’explication de cette révolution agricole est à situer d’abord sur la généralisation de la riziculture à travers les zones agro écologiques du pays, mais au titre des acquis substantiels figurent aussi, le remplacement des semences égrenées par des semences certifiées. Et au-delà de la bonne pluviométrie, il  y a des facteurs-clés qui expliquent ce changement du statut de notre agriculture.
La mise à disposition à temps des facteurs de production, l’accélération continue du niveau de mécanisation de l’agriculture qui augmente, de façon substantielle, les productions, les superficies emblavées, la réelle maîtrise de l’eau qui est un acquis, sont à noter. A cela s’ajoutent le renforcement du contrôle sanitaire, une contribution jugée déterminante dans la production, mais surtout l’enrichissement de la carte variétale en plus d’une augmentation à plus de 70% des subventions.
 
Commercialisation et dette de la Sonacos
L’aspect lié à la commercialisation de l’arachide, qui a toujours été un défi, a aussi été examiné au cours de ce conseil interministériel. Au 02 mai, sur un total de plus 600 000 tonnes, plus de la moitié a été achetée et transformée par les huiliers.

Sur la dette due aux opérateurs, il a tenu à rassurer qu’après les explications du ministre de l’économie et des finances sur les lenteurs liées au respect des engagements,  des solutions sont déjà mises en œuvre. Et à ce jour, 6 milliards de F Cfa ont été mis à la disposition des paysans, en attendant une solution durable avec la banque islamique de développement (Bid).

Selon Sokhna Mame Khary Mbacké, présidente du Regroupement des acteurs du secteur de l’industrie et l’agroalimentaire de Touba (Rasiat), la campagne de commercialisation a été prolongée jusqu’au 25 mai pour faciliter l’écoulement des produits restés entre les mains des paysans. Mieux, avec la continuité de cette plateforme dans trois ans, on ne parlera plus, dans ce pays, de dette due aux agriculteurs.

Aliou Dia des forces paysannes, membre de la fédération des plateformes paysannes du Sénégal donne, lui aussi, un entier satisfécit à l’État : « Aucune attente insatisfaite n’a été évoquée en conseil interministériel. Et la reconduction de cette stratégie gagnante avec son fonds de plus de 40 milliards de F Cfa ne peut être que porteuse d’espoir… ».

Fara Michel DIEYE

 

Le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, Alioune Sarr, a présidé, hier, à Ziguinchor, une réunion sur la campagne de commercialisation de la noix d’anacarde en Casamance. Au terme des travaux, il a été retenu que dorénavant, l’exportation se fera à partir du port de commerce de Ziguinchor.

Selon le ministre, le port de Ziguinchor est prêt à assurer l’exportation de tout anacarde produit dans les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Les installations portuaires existent déjà. Le ministre Alioune Sarr les a visitées avant la réunion, en compagnie du gouverneur de la région, du préfet du département de Ziguinchor, des forces de sécurité et de défense, du commandant du port et des acteurs de la filière anacarde. D’après toujours M. Sarr, le Consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama) a assuré qu’elle dispose de deux bateaux qui pourront transporter jusqu’à 360 containers de noix d’anacarde chaque semaine. En ce qui concerne les forces de sécurité et de défense, notamment la gendarmerie, la douane et la police, elles ont également pris toutes les dispositions idoines. Le port et la douane en ont fait autant pour que les procédures d’embarquement et de dédouanement puissent être plus faciles et se dérouler dans de meilleures conditions.

La chambre de commerce est aussi dans les dispositions de bien jouer sa partition pour que les exportations de noix de cajou de la Casamance puissent se faire uniquement maintenant à partir du port de commerce de Ziguinchor. Les banques et autres structures de financement comme la Bnde ne seront pas en reste. Elles ont mobilisé des financements pour accompagner la filière anacarde dans la région méridionale du Sénégal. La Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) y travaille aussi. Quant aux acteurs de la filière, notamment les commerçants et les exportateurs, ils ont salué cette mesure ayant trait à l’exportation des noix de cajou de la Casamance à partir du port de commerce de Ziguinchor. Ils se sont engagés à la respecter.

El Hadj Moussa SADIO

 


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