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Affaires et Finances (2853)

L’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (Oqsf) a organisé, hier, son Conseil d’orientation, rencontre au cours de laquelle il a fait le bilan de ses activités de 2017 et dégagé son plan d’action pour l’année 2018.

C’est connu. Au Sénégal, les relations entre les usagers des services financiers et les opérateurs financiers (banques, assurances) ne sont pas des plus cordiales. C’est la raison pour laquelle, très souvent, l’Association des clients et sociétaires des institutions (Acsif) monte au créneau pour dénoncer certaines pratiques des institutions bancaires. Interface entre ces deux parties, l’Observatoire de la qualité des services bancaires (Oqsf) essaie de jouer les bons offices en tentant de diligenter certaines réclamations des clients. Ainsi, en 2016, selon le Secrétaire exécutif de cette entité dépendant du Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, plus de 94 % des réclamations relatives à des questions d’assurance ont été satisfaits tandis qu’en ce qui concerne les banques le taux est de 89 %.

Habib Ndao a avancé ces chiffres hier, en marge du Conseil d’orientation de l’Observatoire de la qualité des services bancaires. Une rencontre qui a permis à cet organe de faire l’examen de son budget, de présenter aux administrateurs le rapport d’activités et financier de l’année 2017 et de décliner les nouvelles orientations de ses missions en 2018 afin d’aller vers une plus grande inclusion financière. Cet objectif étant l’une de ses principales missions, a rappelé M. Ndao. « Nous avons pour mission de faire en sorte que le maximum de Sénégalais utilisent les services financiers que sont les assurances, les banques, les  microfinances, les finances digitales, les transferts d’argent. Pour qu’on atteigne l’inclusion sociale, il faut d’abord l’inclusion financière. Ainsi, l’Observatoire de la qualité des services bancaires essaie de se positionner comme l’épicentre de l’inclusion financière », a-t-il insisté. Et, selon lui, les avantages de l’inclusion financière sont nombreuses et profitent aussi bien aux usagers, aux opérateurs financiers qu’à l’Etat. « Elle permet aux opérateurs financiers de relever leurs portefeuilles financiers. Ce qui va les inciter à injecter plus de crédits dans l’économie du pays. Ils contribuent ainsi au relèvement du taux de financement de l’économie. De leur côté, les usagers vont avoir un accès plus facile au crédit. Et quant à l’Etat, il va avoir des retombées fiscales car des ressources jusque-là non fiscalisées vont l’être. Par ailleurs, avec la traçabilité des flux financiers, la lutte contre les activités criminelles à caractère financier va être plus facile », a soutenu le Secrétaire exécutif de l’Observatoire de la qualité des services bancaires.

Insatisfaction des clients
Ayant pour rôle de former, d’informer et d’accompagner les usagers des services financiers et de conseiller les opérateurs financiers, l’Observatoire de la qualité des services bancaires a organisé, au cours de l’année 2017, plusieurs rencontres publiques d’information. Cela a permis, selon M. Ndao, d’augmenter le taux d’éducation financière des masses et de diminuer le niveau de la mauvaise perception que les clients ont des institutions financières. « Nous voulons montrer que les banques et les assurances ne sont pas des truands ni des voleurs et que tout Sénégalais qui dispose d’un minimum de revenus doit être financièrement inclus. Nous voulons réduire la circulation fiduciaire, du cash et promouvoir la circulation scripturale. Tous les jours, nous expliquons aux populations la nécessité d’intégrer le système bancaire, d’avoir une police d’assurance, d’avoir un compte dans les Systèmes financiers décentralisés. Tout cela participe au renforcement du taux de financement de l’économie », a ajouté Habib Ndao.

Il reconnaît que les Sénégalais, dans leur majorité, ne sont pas satisfaits des services financiers qu’on leur propose mais qu’à l’Observatoire, tout est mis en œuvre pour que des solutions soient trouvées à certaines préoccupations liées, par exemple, à la mobilité bancaire, au surendettement, au Bureau d’information sur le crédit, à la nécessité d’harmoniser un modèle de convention de comptes. Il n’a pas manqué de saluer les efforts des institutions financières dans l’octroi de crédits. « A la date du 31 décembre 2016, les banques ont distribué 4.446 milliards de FCfa de crédits, les Systèmes financiers décentralisés ont distribué 305 milliards de FCfa de crédits et le marché de l’assurance a mobilisé près 140 milliards de FCfa. Et pour 2017, les perspectives sont bonnes. Nous avons beaucoup plus de banques et c’est le signe de la bonne santé de l’économie sénégalaise », a-t-il déclaré, avant de d’ajouter qu’en 2018, le grand chantier de l’Oqsf va concerner la digitalisation des relations entre les usagers des services financiers et les opérateurs financiers.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Avec la fin du Projet d’appui au transport et à la mobilité urbaine (Patmur), une délégation de l’Agence de gestion et d’entretien des routes (Ageroute) a effectué, avant-hier, une visite de chantier sur la route des grandes Niayes dont les travaux de réhabilitation ont été financés à hauteur de 23 milliards de FCfa par la Banque mondiale.  De Rufisque à Lompoul en passant par Bayakh, Notto Gouye Diama, Mboro et Diogo, cette route longue de 93 kilomètres a amélioré la mobilité sur cet axe et a permis de désengorger la route nationale n° 2, selon El Hadji Lèye Guèye, chargé de projet à Ageroute. Il soutient que de nombreux usagers empruntent cet axe pour se rendre à Louga ou Saint-Louis.

Cette voie a facilité également l’écoulement des produits maraîchers de cette zone à fort potentiel horticole. Au grand bonheur des opérateurs et des producteurs. Tous les acteurs économiques rencontrés au marché aux légumes de Notto Gouye Diama expriment leur satisfaction. Ils se félicitent surtout des aménagements socio-collectifs et économiques réalisés dans le cadre du projet d’appui au transport et à la mobilité urbaine (Patmur). Situé le long de la route, ce marché créait des bouchons à l’entrée et à la sortie de Notto Gouye Diama. Grâce au Patmur, il a été délocalisé en même temps que la gare routière. L’infrastructure dispose d’une plateforme de cinq hangars, des toilettes et un éclairage qui permet aux femmes vendeuses de légumes de rester jusqu’à une heure tardive. Le projet a également construit des salles de classe et des murs de clôture d’écoles. La délégation de l’Ageroute s’est félicitée du travail qui a été bien exécuté par les entreprises en charge des travaux et des effets induits de l’infrastructure.  Les populations des différentes localités desservies par cette voie commencent à sentir positivement son impact. A titre d’exemple, les recettes municipales engrangées par la mairie de Notto ont augmenté, a indiqué le maire Maguèye Ndiaye. Elles sont passées de 7 millions de FCfa trois ans auparavant à 49,9 millions de FCfa aujourd’hui. Selon lui, cela a permis à la commune de pouvoir honorer sa contribution dans les différents projets financés par ses partenaires comme la Banque mondiale et pour lesquels 25 % du financement sont demandés. Pour l’heure, des perspectives se dessinent déjà avec les travaux en cours de l’axe Lompoul-Gandiol, a indiqué El hadji Lèye Guèye.                               

M. SAGNE

Les négociateurs des produits oléagineux réunis au sein du Collectif des producteurs et exportateurs de graines d’arachide ont officialisé, mercredi, à l’issue d’une rencontre d’information, leur participation à la campagne de commercialisation. Une décision prise une semaine après la mesure de suspension par l’Etat de la taxe de 40 FCfa sur le kilogramme sur les exportations dudit produit.

Une semaine après la décision prise en Conseil des ministres de la suspension de la taxe sur les exportations de graines d’arachide, les acteurs de cette sous-filière ont pris la décision de participer à la campagne de commercialisation de cette culture de rente. Une information rendue publique mercredi à la fin de la rencontre convoquée par cette structure regroupant des opérateurs privés.
Ils expliquent leur décision par la suspension provisoire par le gouvernement de la taxe de 40 FCfa sur le kilogramme d’arachide sur les exportations de graine oléagineuse. Ils avancent que durant la campagne 2016, cette taxe avait plombé  leurs activités qui avaient passé de plus de 250.000 tonnes à moins de 2.000 tonnes. « Il faut saluer et remercier le président de la République qui a été attentif au cri de détresse lancé du fond des campagnes par des producteurs en proie au désespoir du fait de cette taxe qui les empêchait de jouir légitiment du fruit de leur labeur.

Aujourd’hui, l’espoir renaît avec la suspension de cette mesure car nous avons décidé de participer à la campagne et chacun verra l’impact positif sur le marché des graines », a réagi Habib Thiam, le président du Copega, à l’issue de la rencontre à laquelle ont pris part une cinquantaine d’exportateurs, des techniciens de la Direction de la protection des végétaux, des douaniers et des fonctionnaires de la direction du commerce.

Leur entrée dans la campagne de commercialisation actée, les membres du regroupement se sont accordés avec les services étatiques compétents pour encadrer les exportations en conformité avec les normes phytosanitaires et dans le respect du code des douanes. « Nous nous sommes battus pour lever cette taxe qui était une contrainte insurmontable pour notre activité ; il nous appartient, à la suite de sa suspension par le président de la République, d’être à la hauteur des attentes à la fois des producteurs et des autorités publiques sur le rôle qui est le nôtre dans la relance de cette filière essentielle dans l’économie du Sénégal », a déclaré M. Thiam après les communications des techniciens de la Dpv, des douanes et de la direction du commerce.

Interpellé sur la supposée surproduction de l’arachide sur le marché mondial et les risques qui pèseraient sur les exportations, Habib Thiam s’est voulu rassurant. « Il est prématuré de parler de surproduction, tout va dépendre du niveau de la demande. Nous sommes dans la période où les grandes compagnies élaborent leur budget et c’est à l’ouverture des marchés internationaux au mois de janvier que tout se jouera », a-t-il tempéré.  

A l’ouverture de la campagne de commercialisation arachidière le 1er décembre dernier, ces exportateurs s’étaient démarqués du processus en invoquant la taxe de 40 FCfa qui, selon eux, les mettait hors jeu.

Elimane FALL

 

L’antenne régionale de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) de Saint-Louis a homologué, hier, quinze nouvelles variétés de riz dénommées « Isriz ».

Un pas de géant vient d’être franchi par la recherche dans le domaine de la riziculture. Hier, le Sénégal a homologué quinze nouvelles variétés de riz dénommées « Isriz », fruit de l’équipe de recherche de l’antenne de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) de Saint-Louis.

Docteur Abdou Aziz Mbaye, directeur du centre de recherche agronomique de l’Isra de Saint-Louis, a indiqué que ces variétés sont issues d’une « sélection rigoureuse en station et en milieu paysan ». Des organismes comme la Saed et la Direction régionale du développement rural de Saint-Louis ont été associés au processus. Oumar Ndaw Faye, responsable du projet filière riz à l’ISRA de Saint-Louis qui a dirigé les études, souligne que la variété « Isriz » est une gamme de riz tolérante aux stress abiotiques, c’est-à-dire à la salinité et aux basses températures et répond aux exigences des consommateurs sénégalais. Il ajoute que ces variétés ont des rendements meilleurs qui peuvent atteindre 13 tonnes à l’hectare. Les chercheurs ont divisé ces variétés en quatre catégories : cinq variétés aromatiques (Isriz 1, 2, 3, 8 et 9), six variétés à très bonne qualité de grain pour la transformation et la cuisson (Isriz 4, 5, 6, 7, 12 et 15), deux variétés tolérantes à la salinité (Isriz 10 et 11) et deux variétés tolérantes aux basses températures (Isriz 13 et 14).

Pour s’assurer que les Sénégalais vont apprécier ces variétés de riz et de la qualité, des tests organoleptiques ont été effectués à l’Institut de technologie alimentaire ainsi que des tests de cuisson et de dégustation ainsi que des analyses de la qualité des grains dans différents laboratoires.

Les acteurs de la filière ont salué ces résultats de la recherche qui constituent un grand bond en avant dans l’ambition du Sénégal d’atteindre l’autosuffisance en riz. Ils soutiennent que ces quinze variétés prennent en compte toutes les zones agroécologiques du Sénégal de même que la saisonnalité des cultures.

Elles viennent enrichir le catalogue variétal du Sénégal en offrant aux producteurs une palette de choix dans les variétés à cultiver, eux qui privilégiaient la variété Sahel 108 qui a comme avantage jugé plus rentable avec un cycle court. Avec des rendements moyens en milieu paysan de 8,5 tonnes, ils espèrent augmenter sensiblement leurs productions et conséquemment leurs revenus. De plus, ces variétés ont un coefficient de transformation de 71 % contre 58 % pour le Sahel 108. Oumar Bouya Niang de Mbogan et Ala Diop de Dagana, deux grands producteurs, affirment avoir adopté ces variétés. Ils n’attendaient que leur homologation pour procéder à la culture à grande échelle. Ils ne doutent pas un instant qu’ils seront suivis par d’autres producteurs qui ont eu vent du bon comportement végétatif et des rendements intéressants. « Grâce à ces résultats, nous allons enfin sortir de la tyrannie du Nerica », s’est félicité Modou Thiam de l’Unis.

Ces recherches ont été menées dans le cadre du programme Isra/Koica mis en œuvre en partenariat avec l’Agence coréenne de coopération internationale pour un financement de 500 millions de FCfa.

Mamadou GUEYE

Réunis autour de l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall, les chefs de services régionaux de l’administration déconcentrée, les représentants des collectivités locales et autres acteurs territoriaux ont planché, hier, sur les actions que le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers compte mener dans la région de Saint-Louis.

Le coordonnateur national du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma), Moussa Sow Walaldé, inspecteur principal des impôts et domaines, a mis à profit cette réunion du Comité régional de développement afin de rappeler que ce projet a pour mission de désenclaver les zones frontalières du Sénégal.

Il s’est réjoui de cet atelier régional de partage et de rationalisation de la matrice d’actions prioritaires du Puma dans les locaux de la préfecture de Saint-Louis pour une meilleure rationalisation de ses interventions.

M. Sow a révélé que la région de Saint-Louis bénéficiera d’un investissement évalué à 133 milliards de FCfa. Elle est devancée par Kédougou qui en est à 150 milliards de FCfa. « Cet investissement prévu pour Kédougou s’explique par son programme de désenclavement en routes, ouvrages de franchissement et ponts ».

Selon Moussa Sow, maire de Walaldé (une localité du département de Podor, située dans l’île à Morphil), les investissements de 133 milliards de FCfa prévus pour la région nord s’expliquent par les activités économiques menées dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal qui disposent de nombreux aménagements hydro-agricoles.

Il a aussi précisé que le Puma a prévu d’effectuer des travaux importants dans la région de Saint-Louis dans le cadre du volet désenclavement.

Le coordonnateur national du Puma a également laissé entendre que lors du conseil des ministres du 8 juin 2016, le chef de l’Etat a rappelé l’importance qu’il accorde à la sécurisation de nos axes frontaliers et à l’amélioration notable des conditions de vie de nos compatriotes qui vivent dans les localités transfrontalières.

Dans ce sillage, par décret du 3 octobre 2016, le président Macky Sall a mis en place le Puma pour renforcer l’action des services de l’Etat dans ces zones. Un programme qui s’inscrit dans le cadre de l’axe 3 du Pse et qui vise à favoriser le désenclavement routier, fluvial, maritime, téléphonique et numérique des zones et populations frontalières et à contribuer au développement durable des zones et populations frontalières par la réalisation d’infrastructures, d’équipements sociaux de base et d’activités génératrices de revenus et à assurer la sécurité des zones et axes frontaliers.
Pour les besoins de sa mise en œuvre, a-t-il ajouté, des schémas frontaliers d’implantation d’infrastructures ont été produits par les gouverneurs des dix régions frontalières sur la base desquels une matrice d’actions prioritaires et une note d’orientation du Puma ont été élaborées pour servir d’outils de travail et de feuille de route.

La matrice d’actions prioritaires comporte l’ensemble des infrastructures et équipements à réaliser dans les zones frontalières et regroupe par composante et axe d’intervention les besoins exprimés dans chaque région. Elle a été validée par le chef de l’Etat le 11 mai 2017.

Aux fins de mieux faire connaître le programme aux acteurs territoriaux, a-t-il enfin souligné, la coordination nationale du Puma, à travers une démarche inclusive et participative, organise des missions de sensibilisation et de partage dans les comités régionaux de suivi du programme présidés par les gouverneurs de région.

Mbagnick Kharachi Diagne

Le directeur du Comité exécutif du transport urbain de Dakar (Cetud) a remis, hier, aux opérateurs de Thiès, de Dakar et de Mbour, un lot de 26 nouveaux taxis qui vont desservir l’Aibd.

Le parc de véhicules desservant le nouvel aéroport Blaise Diagne vient de se renforcer avec 26 nouveaux taxis. Ces véhicules de types hybrides assemblés par l’usine Seniran de Thiès (ils fonctionnent aussi bien au gaz qu’à l’essence) font partie d’un premier lot de 500 taxis que le gouvernement a promis de mettre sur le circuit pour faciliter le transport vers le nouvel aéroport.

Les clés ont été remises, hier, aux ayants droit par le directeur général du Cetud, Thierno Birahim Aw, qui rappelle que c’est la matérialisation de l’engagement qu’avaient pris les autorités devant les opérateurs. « L’objectif est de renouveler le parc de taxis. A Dakar, nous avons 25.000 taxis. Mais ce n’est que la première phase. Nous avons choisis des taxis qui allient sécurité et confort car Aibd, ce n’est pas à côté », a-t-il dit.

Fruit d’un partenariat avec le Cetud et Seniran, ce projet, en ce qui concerne ce premier lot, a coûté 143 millions de FCfa. De type location-vente, des conditions souples ont été proposées aux opérateurs. Le taxi coûtant 5,5 millions de FCfa, ces derniers ont donné 1,5 million de FCfa comme caution. Tous les mois, ils versent 185.000 FCfa, soit 6.300 FCfa par jour. « Nous fondons beaucoup d’espoir dans ce projet. On va continuer à renouveler le parc en partenariat avec les opérateurs. Notre ambition est de créer de l’emploi et d’assurer un service après-vente adéquat », a dit M. Aw. Les bénéficiaires viennent de Thiès, de Dakar et de Mbour.

Au total, l’Etat du Sénégal a décidé de mettre en service 500 taxis pour Aibd. La stratégie adoptée est d’y aller par étape. Pour la première phase, ce sont 100 taxis qui seront mis en circulation. En attendant, le Cetud a inspecté les taxis qui étaient à l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor. A l’issue de cette inspection, 139 taxis ont été jugés aptes à assurer le transport vers Aibd, une manière, selon le directeur général du Cetud, d’impliquer tout le monde dans le bon fonctionnement du nouvel aéroport.

Elhadji Ibrahima THIAM

Près d’un mois après l’ouverture de la campagne arachidière, les opérations de collecte démarrent bien pour la Sonacos S.A. Elle a obtenu 100 millions de dollars de Itfc, filiale de la Banque islamique de développement (Bid) garanti par l’Etat, soit 55 milliards de FCfa.

Sonacos S.A. n’a pas attendu le paiement des subventions découlant du protocole Etat-huiliers pour entrer dans la campagne de commercialisation arachidière ouverte depuis le 1er décembre dernier. Les moyens financiers sont disponibles pour atteindre l’objectif de collecte de 250.000 tonnes que s’est fixé la société des oléagineux. Youssou Diallo, le Président du conseil d’administration, a révélé que Itfc, filiale commerciale de la Banque islamique de développement, a consenti à Sonacos Sa un financement garanti par le gouvernement du Sénégal de 100 millions de dollars américains, soit 55 milliards 600 millions de FCfa. Ce financement a été réparti en crédits relais respectivement de « 5 milliards pour Locafrique, 2 milliards à la Bnde, 5 milliards à la Cncas », a-t-il précisé. M. Diallo a salué l’appui du gouvernement, a demandé aux pouvoirs publics d’accompagner la Sonacos S.A. pour l’aider à trouver 10 à 15 milliards de FCfa nécessaires afin de doter la société de machines de dernière génération ». Il indique que ces investissements permettraient d’augmenter les capacités de trituration et de production de tourteaux pour le bétail.

La disponibilité par anticipation de ce financement a permis à la Sonacos, selon Louis Michel Cissé, coordinateur des services achat de graines, de collecter plus de 32.198 tonnes de graines à la date d’hier pour une valeur totale de 7, 641milliards de FCfa. Il a précisé que les factures parvenues au siège s’élèvent à 5,400 milliards de FCfa et les montants effectivement décaissés par Sonacos et payés aux opérateurs sont de 3,777 milliards de FCfa. M. Cissé assure qu’il n’y a pas « de bons impayés et la Sonacos ne doit rien à aucun producteur ou à un opérateur ». La société des oléagineux vise 250.000 tonnes. Quid du taux de l’abattement décrié par certains opérateurs privés stockeurs ? « C’est un décret qui l’organise et c’est le ministère du Commerce qui fait les prélèvements des échantillons pour voir comment séparer la bonne graine de la paille, du sable et des cailloux », a expliqué Pape Dieng, le directeur général de la société. Une fois cette opération effectuée, le service du contrôle économique procède à la pesée en considérant le tonnage livrée et la quantité de paille de sable et de cailloux. Ce qui, selon lui, diminue le tonnage car la Sonacos achète de la graine. Toutefois, la Sonacos S.A. accepte un abattement de 500 kilogrammes composés des impuretés pour 30 tonnes qu’elle considère comme de bonnes graines. Pape Dieng indique que la Sonacos, de concert avec les opérateurs, a revu l’abattement de 1,8 % en lieu et place des 2 %. Il a salué la réussite de la mise en œuvre de la contractualisation qui, précise-t-il, est une préoccupation du gouvernement.

Mamadou Lamine DIEYE

La Foire internationale de Dakar (Fidak) constitue un moment privilégié pour le développement des Pme et surtout celles artisanales au Sénégal. Au cours d’un panel scientifique, organisé dans le cadre de la 26e édition de la Fidak, il a été rappelé le rôle des foires dans le développement économique mais également sa contribution dans le produit intérieur brut (Pib).

La Foire constitue une vitrine pour le développement des partenariats. Pour les Pme surtout artisanales, elle constitue donc des occasions pour renforcer leurs capacités dans leur secteur d’activités et davantage développer leur notoriété et leur image de marque mais aussi pour mieux se positionner sur le marché. C’est la conviction de Mme Mame Adam Sarr Keïta, chef de la Division des Affaires administratives et juridiques de l'Agence pour la Promotion et le Développement de l'artisanat (Apda). Elle intervenait, vendredi dernier sur le thème « la foire, un cadre adapté pour la promotion des Petites et moyennes entreprises (Pme) : cas spécifique de l’artisanat ». L’artisanat joue, selon elle, un rôle de régulation socio-économique non négligeable par rapport aux grands problèmes de sous-emploi, de chômage, de qualification et de la faiblesse de l’épargne nationale issue de l’investissement productif.

Par son poids économique et son ancrage territorial, son insertion dans un tissu d’activités, de relations sociales et sa capacité d’adaptation, l’artisanat constitue de ce fait un secteur porteur d’espoir pour le développement économique, social et culturel du Sénégal. Pour Mme Keïta, la participation à une foire à des Pme artisanale comporte de nombreux avantages. Il s’agit, dit-elle, des moments pour « renforcer l’esprit d’équipe de ses collaborateurs et commerciaux ». Pour la juriste de l’Apda, la foire a pour objectif « de soutenir le développement économique des Pme en ce qu’elle leur permet d’échanger entre entrepreneurs, de faire la promotion des produits, de renforcer leurs capacités et enfin de développer leur image ».

Un moyen de communication
Le conseiller technique du ministre du Commerce, Mame Birame Diouf, a abondé dans le même sens en rappelant l’importance que l’artisanat occupe dans le tissu économique du Sénégal. Il est d’avis que les foires et expositions constituent un « grand apport dans le développement des Pme surtout artisanales qui constituent, soutient-il, l’essentiel des entreprises au Sénégal. Pour sa part, le Général Ibrahim El Ghary est revenue sur l’expérience de son pays, l’Egypte, sur l’organisation des foires notamment, la foire du Caire qui date de 1956. Selon lui, les salons ou marchés commerciaux constituent « des occasions où les fabricants et commerçants rencontrent une gamme de produits ou d’un secteur particulier pour parler commerce, afficher ou offrir leurs produits et services, échanger des idées, créer un réseau de relations ou compléter l’achat et la vente de produits ». « Les foires sont l’un des moyens de communication les plus anciens et ont été utilisés depuis l’époque pharaonique », a-t-il précisé. Seulement, a fait savoir le conférencier, la promotion de l’exposition est une « fonction marketing liée à l’actualité, à la communication, à la persuasion et influençant la décision de participer à la foire.

Souleymane Diam SY

Quel que soit le projet de développement de l’élevage, la finalité est d’avoir une autosuffisance en viande et en lait au-delà de la création de richesses. Compte tenu de cela, le directeur de l’Elevage, Dame Sow, a salué les résultats obtenus par le projet d’amélioration de la disponibilité et de la diffusion du matériel génétique amélioré de bovins « Ndama » et de « Gobra » au Sénégal. Il a demandé la poursuite de la recherche pour la préservation des races locales. « La question de nos race locales est une question de souveraineté nationale et nous devons les préserver pour doper notre production en lait et viande afin d’être autosuffisant », a déclaré le directeur de l’Elevage qui donne en exemple le Brésil. Pour M. Sow, le Brésil qui est actuellement cité comme référence en matière d’élevage dans le monde, a d’abord préservé et développé ses races locales avant de les croiser avec des races étrangères. Le Sénégal ayant la chance d’avoir deux races bovines (Ndama et Gbora) dans un même pays, le directeur de l’Elevage propose de conserver leurs gènes et de les améliorer avec le croisement. Pour lui, le Brésil a commencé son programme au même moment que le Sénégal mais notre s’est arrêté avant d’avoir des résultats du fait de problèmes financiers. Lors d’une visite dans ce pays, confie M. Sow, les responsables du ministère de l’Elevage du Sénégal ont appris de l’expérience des Brésiliens qui ont recommandé de relancer les programmes de recherche pour renforcer les races locales. Le directeur de l’Elevage a annoncé que le Centre national d’amélioration génétique (Cnag) sera renforcé avec des constructions de banques de génétiques, notamment à Dahra.         

Oumar KANDE

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (Bad) a autorisé l’institution financière, pour le soutien des pays membres, à lever jusqu’à 8 milliards de dollars, soit plus de 4.000 milliards de FCfa en 2018.

Pour aider les pays africains à trouver des financements à leurs projets économiques, la Banque africaine de développement (Bad) va lever 8 milliards de dollars, soit plus de 4.000 milliards de FCfa en 2018. « Dans le cadre de son mandat de soutien à ses pays membres régionaux, la Banque africaine de développement (Bad) a obtenu, mercredi 13 décembre 2017, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, de son Conseil d’administration le feu vert pour lever jusqu’à 8 milliards de dollars américains (Eu) sur les marchés de capitaux », indique un communiqué de l’institution financière. Notée triple A par les agences internationales de notation les plus réputées (Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s), la Banque dispose d’une gamme d’instruments financiers lui permettant de procéder facilement à des émissions libellées en dollars américains, en euros, en livre sterling et en dollar australien, selon la même source.

Au cours des cinq dernières années, la Banque africaine de développement a porté une attention toute particulière sur les investissements à forte responsabilité sociétale et environnementale notamment à travers l’émission d’obligations vertes qui a forgé sa réputation dans ce domaine. « Nous avons accru notre visibilité sur les marchés des capitaux et nous continuerons à lever des fonds auprès des investisseurs du monde entier dans le but de fournir à nos clients des ressources compétitives », a affirmé Hassatou N’Sele, vice-présidente par intérim en charge des finances et de la trésorerie à la Banque. En novembre 2017, la Bad avait lancé un programme d’obligations sociales axé sur les défis de développement que l’Afrique doit relever.

A la faveur de la mise en œuvre de ses cinq priorités stratégiques dites « High 5 », la Banque africaine de développement a lancé des obligations thématiques dédiées aux piliers suivants : « Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique », « Industrialiser l’Afrique » et « Eclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie ». Cette dernière a été récemment récompensée par un prix.  

Selon sa haute direction, la banque continuera d’explorer les perspectives d’émissions obligataires en devises africaines afin de faciliter le financement de ses opérations en monnaie locale et de promouvoir le développement des marchés obligataires locaux en Afrique.

Oumar KANDE

Le ministère de l’Agriculture et l’Equipement rural, par l’entremise de l’Agence nationale du conseil agricole (Ancar), a remis, vendredi dernier, du matériel et des équipements post-récoltes à des organisations de producteurs de sept zones agroécologiques du Sénégal. Une dotation d’un montant de 300 millions FCfa acquis grâce au soutien de la Banque mondiale.

La modernisation de l’agriculture et l’allégement des travaux des producteurs passent par la dotation de ces derniers en matériels et équipements agricoles performants. Une stratégie au cœur de la cérémonie de remise d’équipements agricoles qui a eu pour cadre l’antenne régionale de l’Agence nationale du conseil agricole et rural (Ancar) située dans la commune de Kahone à la sortie nord-est de la ville de Kaolack. Mariama Dramé, la directrice de cet organisme public, n’a pas manqué de situer les enjeux de cette action gouvernementale. « Le président de la République accorde une importance capitale à la modernisation de l’agriculture sénégalaise. En effet, à travers la création du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, il a affiché sa volonté de mieux prendre en charge l’agriculture dans ses différentes dimensions voire sa modernisation. Les options prises par le département de tutelle à travers le Pracas, son volet opérationnel de l’agriculture dans le cadre du Plan Sénégal émergent (Pse), peut en témoigner », a souligné Mme Dramé. Au total, c’est une dotation d’un montant de 300 millions de FCfa composée de décortiqueuses, de broyeurs-batteurs et autres qui a été octroyée à 48 organisations de producteurs de sept zones agroécologiques que compte le Sénégal des régions de Diourbel , Thiès, Kaffrine, Kaolack, Ziguinchor et Kolda. Yankhoba Cissé, au nom des bénéficiaires, s’est réjoui de l’acte posé par le gouvernement dans son soutien aux producteurs et son engagement à faire de ce secteur le socle de l’émergence économique du pays. Il a demandé aux bénéficiaires de faire un bon usage de ces équipements.   

Ce matériel et ces équipements agricoles ont été acquis par le gouvernement du Sénégal avec un soutien de la Banque mondiale à travers le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao) pour un montant de 300 millions de FCfa. Un geste apprécié par la directrice générale de l’Ancar qui a remercié l’institution financière au nom du gouvernement du Sénégal.

Elimane FALL

 

L’Agence sénégalaise de promotion touristique souhaite impliquer les médias dans la promotion de la destination Sénégal. Objectif : augmenter de manière sensible l’arrivée de touristes dans notre pays.

En 2023, le Sénégal veut attirer trois millions de touristes. Les atouts ne manquent pas pour atteindre ce chiffre et aller même titiller le Maroc qui flirte avec les 10 millions de touristes par an. Depuis 2014, les pouvoirs publics, à travers une série de mesures destinées à favoriser les investissements privés et créer un cadre propice à l’accueil, sont en train de tout mettre en œuvre pour rendre la destination Sénégal attractive. Parmi ces mesures, il y a la baisse du droit du timbre sur les billets d’avion de 10,67 à 3 euros, la réduction de 50 % de la redevance passager et la redevance sûreté, l’élargissement du taux Tva de 10 % à toutes les prestations touristiques, l’érection de la Casamance en une « Zone spéciale touristique d’intérêt national ». Des mesures qui commencent à porter leurs fruits. Depuis, la courbe en termes d’arrivées de touristes est ascendante grâce à cette politique de promotion « agressive » menée par les structures dédiées comme l’Agence sénégalaise de promotion touristique. En 2015, le Sénégal a dépassé le million de touristes. Ces résultats pourraient être plus importants si, dans les actions de promotion, il y a une plus grande implication des journalistes. L’Agence sénégalaise de promotion touristique a organisé, hier, un atelier à l’intention des professionnels des médias sur le thème : « L’importance du traitement de l’information sur l’image de la destination Sénégal ». Ils ont un  rôle primordial à jouer, en tant que relais, dans la promotion de la destination Sénégal comme l’a relevé le directeur de l’Agence sénégalaise de promotion touristique, Mouhamadou Bamba Mbow. Il explique que cet atelier vise à « sensibiliser les hommes médias sur leur rôle dans la promotion touristique, à créer et animer un réseau dédié à la promotion touristique ». Cette implication peut se traduire par la réalisation d’articles, de documentaires, de reportages pour promouvoir la destination Sénégal.

25 % des investissements bouclés
M. Mbow estime que le développement du tourisme repose sur « l’implication des acteurs publics et privés, mais aussi sur celle de la presse qui est un vecteur de la perception de l’opinion publique ».

Si les médias peuvent être un puissant vecteur de promotion de la destination Sénégal, ils peuvent également, selon le ministre Mame Mbaye Niang,  annihiler les efforts déployés par leurs écrits. Il a lancé un appel aux journalistes à travailler à la « construction du pays par l’information de qualité » et la « communication constructive » pour la préservation de l’image du Sénégal et la vulgarisation des actions de son département. « Je vous invite à refuser la dictature de l’éphémère, du volatile et du sensationnel dans le traitement de l’information et à promouvoir un journalisme qui construit sur le durable en mettant l’accent sur ce que nous avons de meilleur », a lancé le ministre du Tourisme. Mame Mbaye Niang a assuré les journalistes de la disponibilité de ses services pour « toutes les informations touchant l’actualité touristique ». Il a rappelé que le tourisme est une des priorités du Plan Sénégal émergent, soulignant que 25 % des investissements dans ce secteur ont été bouclés.

Ces dernières années, beaucoup d’efforts sont faits pour améliorer l’offre touristique du Sénégal avec la construction du Centre de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, de réceptifs hôteliers, la construction d’infrastructures routières modernes comme l’Aéroport international Blaise Diagne ouvert le 7 décembre, le prolongement de l’autoroute à péage jusqu’à Mbour, de l’autoroute Ila Touba. Sur la Petite-Côte, des sites comme Pointe-Sarène, Mbodiène et Joal Finio ont été identifiés pour accueillir des stations balnéaires de dernière génération. Des efforts sont également déployés pour promouvoir le tourisme intérieur.

Mamadou GUEYE

 

Le projet d’« amélioration de la disponibilité et de la diffusion du matériel génétique amélioré de bovins «Ndama» et «Gobra» au Sénégal » exécuté dans les centres de recherche zootechnique (Crz) de Kolda et de Louga a permis d’avoir de bon résultats, selon les acteurs.

Lancé en mars 2016, après un financement du Fonds national de recherches agricoles et agroalimentaires (Fnraa), le projet d’amélioration de la disponibilité et de la diffusion du matériel génétique amélioré de bovins « Ndama » et de «Gobra» au Sénégal a présenté ses résultats hier. Malgré sa courte durée, le directeur scientifique de l’Isra, El Hadji Traoré, a indiqué que le projet a eu de bons résultats dans l’amélioration génétique de la race « Ndama » vache présente au Sud du Sénégal et de la race «Gobra» présente dans la zone nord du pays. Concrètement, le projet a permis d’obtenir, selon Docteur Traoré, la réintroduction de sang neuf dans les noyaux de sélection par l’acquisition d’animaux provenant du milieu éleveur, la caractérisation phénotypique des animaux des noyaux de sélection, la collecte de semence de Zébu «Gobra» et «Taurin Ndama» et leur utilisation pour l’insémination artificielle.

Docteur Mame Mahé Diouf, coordonnatrice du projet, a rappelé que les objectifs étaient, entre autres, d’assurer la variabilité génétique au sein des noyaux de sélection des «Ndama» et «Gobra», de disposer d’une banque de semence dans les zones d’intervention du projet. 70 veaux des races  « Ndama » et « Gobra » ont été acquis et mis en quarantaine. Au terme de l’observation, le poids moyen des animaux a avoisiné 400 kilogrammes pour le Zébu Gobra de Dahra et plus de 200 kilogrammes pour la race Ndama de Kolda. Pour le Centre de recherche zootechnique de Kolda, 224 animaux dont 56 mâles ont été étudiés avec extraction de sang, de génetypage, etc.  

12.201 doses de semences collectées
Pour la collecte de semence en vue de la préservation des races, Dr Mame Balla Sow du centre de Dahra a révélé que 12.201 doses de semences ont été collectées dont 71 % pour les «Gobra» et 29 % pour les «Ndama». L’analyse de la collecte de semence a révélé aussi que la race «Gobra» a la meilleure qualité de semence. Pour le développement, 15 femelles ont été inséminées dont 6 gestations obtenues pour le moment ; ce qui est un résultat meilleur par rapport au passé, d’après Dr Sow. Il poursuit qu’avec la masse pondérale obtenue, si les races locales sont mises dans de meilleures conditions, elles peuvent avoir un meilleur poids et ainsi viser l’autosuffisance en viande et en lait.

El hadji Traoré, le directeur scientifique de l’Institut sénégalais de recherche agricole, est revenu sur l’importance de ce projet compte tenu du fait que «l’élevage bovin extensif joue un rôle important dans l’économie sénégalaise». «Malgré les faibles performances des races locales, elles contribuent plus que le système semi intensif à la satisfaction de la demande nationale en produits d’origine animale», a-t-il déclaré. Ce qui fait dire au Docteur El Hadji Traoré que l’augmentation des productions animales ne peut être envisagée qu’avec un meilleur mode de conduite et l’amélioration génétique des races locales.

A ce propos, l’Isra détient dans ses deux Centres de recherche zootechnique (Crz) de Kolda et de Dahra, des bovins élites de race «Ndama» et «Gobra» issus des programmes de sélection. «Bien que ces programmes aient connu des difficultés, ces matériels génétiques performants sont entretenus avec une vive attention. La conservation in vivo in situ des ces animaux élites est impérieuse surtout en l’absence d’une banque de semences», a affirmé le directeur scientifique de l’Isra qui demande une collaboration entre les acteurs de la chaîne de valeur.

Le directeur du Laboratoire national d’élevage et de recherche vétérinaire de l’Isra (Isra/Lnrv) a déclaré que le projet a suscité des attentes, notamment la valorisation des résultats de recherche en sélection animale en favorisant une large diffusion du progrès génétique par la pratique de l’insémination artificielle, outil biotechnologique très vulgarisé au Sénégal, le renforcement de la collaboration entre la recherche, le développement et les éleveurs. Le projet a permis aussi d’impulser une reprise des programmes de sélection animale dans les Centres de recherche zootechniques (Crz)

Oumar KANDE

 

Les éleveurs saluent la décision de l’exécutif de durcir les peines contre le vol de bétail. Dans une déclaration lue par Asmaou Kandé, présidente du Directoire régional des femmes en élevage (Dirfel) de Kolda, ils réaffirment leur adhésion à la politique du chef de l’Etat en faveur du sous-secteur de l’Elevage. Ils demandent l’application des dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale sur le vol de bétail sur l’impulsion des ministères des Forces armées, de l’Intérieur et de la Justice et le renforcement des capacités d’intervention des forces de défense et de sécurité pour mettre les voleurs de bétail hors d’état de nuire. Ils réclament également la réactualisation et l’application de la législation pour un meilleur contrôle des denrées alimentaires d’origine animale afin d’assurer leur traçabilité et lutter contre les abattages clandestins. 
 
Autres points évoqués dans la Déclaration de Kolda, c’est le recensement du cheptel national, l’élaboration d’une réglementation pour doter le Sénégal d’un fichier national d’identification du bétail et la mise en place des comités locaux de vigilance dans toutes les communes du pays pour combattre ce fléau.
 
Les différents orateurs qui se sont succédé à la tribune ont, tour à tour, dénoncé le vol de bétail et réclamé des sanctions exemplaires contre les voleurs et leurs complices. Pour Yaya Sow, vendeur de bétail dans le département de Koumpentoum, les voleurs sont parmi les éleveurs. Il salue l’excellent travail accompli par le ministre de l’Elevage et des productions animales Aminata Mbengue Ndiaye pour sortir l’élevage de l’ornière. Il a, par ailleurs, dénoncé l’accaparement des terres dans les communes rurales, le manque de parcours de bétail qui est à l’origine des conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, les difficultés d’accès au foncier et au crédit bancaire qui pénalisent le sous-secteur de l’élevage.         
 
Elhadji Ibrahima THIAM et Assane SOW (Envoyés spéciaux) et Mamadou Aliou DIALLO
 

La région de Sédhiou prend activement part à la 26e édition de la Foire internationale de Dakar (Fidak). Malgré une saison morte dans cette partie du pays, les exposants sont venus avec des produits de qualité.

Malgré une saison morte, Sédhiou prend part à la 26e édition de la Fidak. Femmes transformatrices de fruits et légumes ainsi que des artisans représentent dignement leur région. Saison morte parce que les producteurs viennent à peine de récolter. Ils exposent dans leurs stands l’essentiel des produits de leur région : fonio, miel, savon artisanal, conserves de « madd », huile de palme, pommade de cheveux fabriquée à base de la cire d’abeille, de l’huile naturelle et de plantes médicinales, etc.

Trouvée dans le stand, Adie Diatta dite Sya, encadreur en transformation des fruits et légumes à Sédhiou, ne se lasse guère à montrer les vertus des produits proposés aux visiteurs par sa région. « Nous avons exposé des produits de qualité et très prisés par la clientèle étrangère », soutient-elle. Elle prend pour exemple la pommade de cheveux qui permet de lutter contre les chutes des cheveux et les pellicules. « Cette pommade fait pousser des cheveux et les allonge », dit-elle. A côté de cette pommade, on retrouve une autre crème faite à base de la cire d’abeille et de l’huile naturelle. Celle-ci adoucit, rajeunit et protège contre le froid et des soins de visage.

Toutefois, les exposants de Sédhiou déplorent la période choisie pour l’organisation de la foire qui coïncide à un moment creux (mi-décembre). « Les gens n’ont plus d’argent parce que l’essentiel des visiteurs comptent sur les salaires. Le moment choisi n’arrange pas les exposants », détaille Adie Diatta, très fière de la qualité de ses produits. Elle estime que le ministère du Commerce doit aller à la rencontre des exposants pour requérir leurs avis sur la tenue de la Fidak. « C’est pourquoi, poursuit-elle, il n’y a pas assez de clientèle dans les pavillons. Nous ne vendons presque pas », ajoute-t-elle. L’artisanat de Sédhiou n’est pas en rade. Les exposants de ce sous-secteur de la région ont toujours battu le record de participation en termes de la qualité de leurs produits. Ils proposent à la clientèle des chambres à coucher, des salons, des portes, des armoires, des placards à balafons à base du bois de venne. Mohamed Lamine Cissé, un des exposants, souligne que les acheteurs se font désirer et abonde dans le même sens que la femme transformatrice des fruits et légumes. Il invite le ministère du Commerce à revoir les dates de la Fidak. Il espère qu’il y aura de l’affluence d’ici la fin de la foire et qu’ils écouleront leurs produits.

Le Secrétaire général de la Chambre de commerce de Sédhiou, Ousseynou Diagne, indique, pour sa part, que les gens commencent à venir, même si les exposants ne se frottent pas pour l’instant les mains. « Pour le moment, c’est un vrai balbutiement, ce n’est pas encore l’affluence », admet-il. Il s’est félicité cette année de l’emplacement de Sédhiou au Cices, comparé aux autres éditions. Le seul bémol, précise M. Diagne, les plus grands exposants de la région ne sont pas venus cette année. Leur élan a été freiné par quelques facteurs et surtout par la disparition du Secrétaire général de la Chambre de métiers de Sédhiou à quelques jours du démarrage de la 26e Fidak.

Souleymane Diam SY

Le directeur général du Cices a fait part de sa satisfaction de l’organisation et du déroulement de la 26e édition de la Fidak. Cheikh Ndiaye s’exprimait, hier, à l’issue de la visite des pavillons et quelques stands de la Fidak. 

C’est à pas de charge que le directeur général du Cices, Cheikh Ndiaye, a effectué une visite des pavillons et de quelques stands de la Fidak. A l’issue de la visite, il s’est dit satisfait de l’organisation et du déroulement de la 26e édition de la Fidak. « Notre sortie de ce matin est couronnée de satisfaction, nous avons visité beaucoup de stands dans tous les pavillons, et notre sentiment est un sentiment de satisfaction parce que tous les exposants unanimement, sont contents de l’organisation de la foire de cette année », a déclaré Cheikh Ndiaye. Ce dernier a rappelé qu’il avait promis de terminer tous les stands trois jours avant le démarrage de la Fidak ; et ce fut le cas. « Cela a été salué par les exposants partout où nous sommes passés », a-t-il ajouté.

Le deuxième motif de satisfaction est lié, selon lui, aux achats qui montent de jour en jour, et cela malgré la fin du mois qui n’est pas très proche. Il en a profité pour lancer un appel à tous ceux qui vivent au Sénégal de venir faire leurs achats à la Fidak. « Ce que nous avons vu comme offre est complet. On a tous les choix et tout ce qu’on peut désirer comme préférence », a-t-il soutenu. Il se dit aussi satisfait par rapport au cadre, à la propreté de la foire et à la circulation aérée à l’intérieur du Cices. « Nous avons entendu tantôt chez les Syriens et les Egyptiens que cette 26e Fidak est la meilleure foire. Cela ne nous surprend pas parce que nous l’avions bien travaillé depuis plus de six mois », a-t-il indiqué.

Le directeur du Cices a confondu dans ses hommages la gendarmerie, les sapeurs-pompiers et la Direction de la protection civile, qui travaillent pour rendre le milieu sûr.

Souleymane Diam SY

Le chef de l’Etat a présidé, samedi, à Kolda, la quatrième Journée nationale de l’élevage qui portait sur le thème de la prévention contre le vol de bétail. A cette occasion, il a annoncé un certain nombre de mesures allant dans le sens de la modernisation du secteur et du renforcement de la résilience des éleveurs.

C’était Noël avant l’heure pour les éleveurs du Sénégal qui ont convergé en masse, samedi, à Kolda, pour célébrer la quatrième Journée nationale de l’Elevage. Le chef de l’Etat est venu à leur rencontre en annonçant une série de mesures sonnant comme des cadeaux de fin d’année. Mesures qui, si elles sont appliquées, permettront sans aucun doute aux professionnels de toute la chaîne de valeur de cette filière d’aborder l’année 2018 avec plus de sérénité.

En plus de l’enveloppe de 28 milliards de FCfa dédiée au secteur de l’élevage dans le budget 2018, le chef de l’Etat a décidé de faire une rallonge, dès ce mois de janvier, d’un milliard de FCfa dans le cadre de la Délégation pour l’entreprenariat rapide. Ces fonds, précise-t-il, sont destinés à financer uniquement les femmes et les jeunes s’activant dans l’élevage. Dans la même veine, le président Macky Sall a décidé de « renforcer » le Fonds de développement agro-sylvo-pastoral (Fndaps) en le dotant de « ressources financières nécessaires à travers les guichets dédiés aux programmes du secteur de l’agriculture au sens large qui inclut l’agriculture, l’élevage, la pêche et les eaux et forêts ». Par ailleurs, dans la poursuite des efforts de promotion du secteur, le chef de l’Etat a demandé au ministre de l’Economie, des Finances et du Plan de remplacer la mesure de suspension des Tva par une exonération définitive de la Tva sur tous les investissements structurants tels que les chambres froides et les tanks (réservoirs) en lait.  En ce qui concerne l’industrie laitière, le chef de l’Etat a annoncé que le lait pasteurisé acheté par les industriels chez les éleveurs sera désormais considéré comme un produit non transformé ce qui, par conséquent, exonère de la Tva ce type de lait. Le président Macky Sall ôte ainsi du pied de ces industriels une fâcheuse épine. « C’était une grande doléance des industriels. Une telle mesure devrait permettre de supprimer les surcoûts liés à la fiscalité, faciliter la transformation du lait ainsi que la génération d’une plus grande valeur ajoutée », a-t-il déclaré.

L’industrie du cheval
L’industrie du cheval, partie intégrante de l’élevage, n’a pas été oubliée. Le président Macky a informé avoir demandé au ministre des Finances de prélever une partie des recettes entre 2 à 3 % du Pari mutuel urbain (Pmu) de la Lonase qui sera consacrée au développement des courses hippiques et des sports équestres. « Cette mesure est déjà intégrée dans le nouveau cahier des charges de la Lonase et interviendra au plus tard dans le premier trimestre de l’année 2018 », a-t-il précisé.

Toutes ces mesures s’inscrivent dans la série d’actions majeures déjà prises et appliquées par le gouvernement pour doper le secteur de l’élevage. On peut citer, entre autres, le nouveau Code pastoral dont les décrets d’application sont en cours de finalisation, la loi sur le vol de bétail, le triplement du budget du ministère de l’Elevage et des productions animales qui est passé de 9 milliards de FCfa en 2012 à 28 milliards en 2018, la réhabilitation du Ranch de Dolly, les infrastructures hydrauliques dans le cadre du Pudc, le renforcement de la résilience des éleveurs avec la mise en place d’un mécanisme d’auto-approvisionnement en aliment de bétail grâce à des fonds revolving de plus de 3 milliards de FCfa, la réalisation d’infrastructures d’abattage, la préservation de la santé de l’animale, etc. Tous ces efforts sont en reconnaissance du grand rôle que joue que l’élevage dans le développement socio-économique du pays, a souligné le président Macky Sall.

Un secteur important dans l’économie
« Travailleurs acharnés et dignes, les éleveurs fournissent une grande richesse à notre pays. Le secteur de l’élevage contribue de manière remarquable à la consolidation de notre croissance économique et au renforcement de nos ressources fiscales et à nos exportations. Atout majeur pour le pays, l’élevage est ainsi un puissant levier d’intégration économique régionale pour le commerce florissant qu’il génère. C’est pourquoi, je considère le sous-secteur de l’élevage comme une priorité dans notre stratégie nationale en tant que pilier majeur du Pse », a-t-il dit. Par ailleurs, le président a salué l’engagement, le courage et l’abnégation du ministre Aminata Mbengue Ndiaye et la manière avec laquelle elle conduit « de belle manière ce département qui, jadis, était le parent pauvre du monde rural ».

Croisade contre le vol de bétail
La tendance est à la baisse depuis le durcissement des peines et des amendes. Néanmoins, le vol de bétail continue de plonger certains propriétaires d’animaux dans une profonde détresse. Et c’est parce que ce fléau persiste que la Journée nationale de l’Elevage a été axée sur le thème : « Quelles stratégies pour l’éradication du vol de bétail pour une stabilité sociale et économique renforcée ». Devant des éleveurs préoccupés par ce phénomène, si l’on en croit la teneur des discours de leurs différents représentants, le président Macky Sall a réaffirmé tout son engagement à combattre ce mal qui gangrène le développement de l’élevage au Sénégal. « Le vol de bétail est un obstacle à l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Au-delà des menaces qu’il fait peser sur la cohésion sociale en milieu rural, il déstructure les familles d’éleveurs en les dépouillant de ce qui faisait le ciment de leur dignité. Le vol de bétail installe la précarité et la pauvreté particulièrement chez les femmes. Il instaure un climat de désolation et d’insécurité à l’intérieur du pays particulièrement dans les zones transfrontalières. En raison de ses conséquences néfastes sur le plan économique, social et sécuritaire, nous devons tous nous mobiliser pour vaincre cette calamité qui annihile les épargnes sur plusieurs générations et les efforts d’investissements dans ce sous-secteur hautement prioritaire », a affirmé le président Sall.

Ce tableau sombre ainsi dépeint, il a appelé à « agir vite et vigoureusement à travers la mise en œuvre d’un plan de lutte qui devra être élaboré et validé avec l’ensemble des acteurs afin d’assurer aux éleveurs une protection optimale contre ce phénomène ». Il n’a pas manqué de féliciter la gendarmerie et la police pour avoir renforcé leur présence sur les itinéraires de transit des troupeaux. L’administration judiciaire aussi à reçues des félicitations présidentielles pour la fermeté avec laquelle elle applique la loi sur le vol de bétail comme le montrent les statistiques communiquées par le parquet. « Les statistiques des services de l’Etat nous rassurent sur la tendance à la baisse enregistrée depuis l’adoption de la loi. Quasiment, la moitié du bétail volé a été restituée entre cette date et maintenant. C’est une tendance mais nous allons faire en sorte que les résultats soient renforcés », a soutenu le chef de l’Etat.
 
Maky Sall estime que la même détermination doit être appliquée dans la lutte contre l’abattage clandestin. Non seulement cette pratique est un corollaire du vol de bétail, mais surtout elle peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des consommateurs. Il invite le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour enrayer définitivement ce phénomène.
 
Elhadji Ibrahima THIAM et Assane SOW (Envoyés spéciaux) et Mamadou Aliou DIALLO

 

 

De l’aéroport au quartier Bouna Kane où se déroulait la cérémonie, les populations de Koldois sont massivement sorties pour accueillir le chef de l’Etat.

Pour sa troisième visite dans la ville de Kolda, le chef de l’Etat Macky Sall a été accueilli dans une ferveur populaire malgré le voile de poussière qui enveloppe la cité et les coups de vent frais. Massés aux bords des routes et sur le long du parcours menant de l’aéroport au quartier Bouna où s’est tenue la cérémonie sous un grand chapiteau, les Koldois tenaient apparemment à réserver au chef de l’Etat un accueil chaleureux. Sur les pancartes, les affiches, les tee-shirts ou encore les casquettes, des mots de bienvenue et de remerciement que prolongent des cris de joie. Dans les discours déclamés lors de la cérémonie par les différents orateurs, ces mots de remerciements étaient plus expressifs.

C’est un peu après 11 heures que l’avion à bord duquel se trouvait le chef de l’Etat Macky Sall et le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne a atterri sur le tarmac de l’aéroport de Kolda. Une infrastructure qui, d’ailleurs, en 2018, va être réhabilitée comme d’autres aéroports régionaux, a annoncé le chef de l’Etat. Après avoir foulé le sol, Macky Sall a visité des stands du Salon de l’élevage qui se tient à proximité. Ce n’est que vers 13 heures que le président Sall et sa délégation ont enfin pu rejoindre le lieu de la cérémonie qui, depuis les premières heures de la matinée, baignait dans une ambiance folklorique rythmée par les prestations musicales des artistes locaux.

Pendant quatre tours d’horloge, le président Macky Sall a écouté une flopée de discours. Entre celui déclamé par le maire de Kolda, Abdoulaye Baldé, et celui prononcé par Alioune Dia, porte-parole des lauréats de la 4ème édition de la Journée de l’Elevage, on en compte pas moins d’une dizaine. Tous se confondent entre remerciements pour les actes posés par le gouvernement en faveur de l’élevage et les doléances portant sur un certain nombre de problèmes. Parmi ces doléances, outre la préservation des forêts classées demandée par le député Yaya Sow et par le président de la Maison des éleveurs, Ismaéla Sow, on note surtout le renforcement des forages pastoraux, l’accès au foncier, la formation et l’identification des acteurs, le financement et l’équipement des abattoirs, l’identification et le recensement du bétail, le démantèlement de la chaîne de complicité dans le vol du bétail, etc. Et la Déclaration de Kolda le résume en une dizaine de recommandations lesquelles, selon le président Macky Sall, seront prises en compte dans le cadre du Plan d’action qui sera concocté pour les besoins de la lutte contre le vol de bétail.

Trophées et matériel post-récolte
Au cours de cette cérémonie riche en couleurs et en ambiance, le président Macky Sall a remis à une vingtaine de personnalités des trophées en reconnaissance de leurs efforts pour le développement de l’élevage toutes filières confondues. Autre fait marquant, c’est la remise d’un chèque de 190 millions de FCfa en guise de frais d’assurance au président des cotonculteurs par ailleurs député, Moussa Sabaly, qui avait été victime d’un sinistre. Une manière sans doute d’inciter les autres professionnels de l’agriculture et de l’élevage à développer la culture de l’assurance.

En marge de cet événement qui a duré quatre tours d’horloge, le chef de l’Etat s’est rendu à la gouvernance de Kolda où il a procédé à la remise d’équipements post-récolte aux femmes des 42 communes de la région de Kolda. Il s’agit de 200 décortiqueuses à riz d’une capacité de 150 kg/h et de 50 moulins à céréales d’une capacité de 50 kg/h.  

Ensuite, le président Macky Sall a fait cap sur le chantier de la grande mosquée de Kolda, un projet qui s’inscrit dans le cadre du programme spécial de modernisation des sites religieux. Démarrés en juillet 2016, les travaux ont atteint un niveau d’exécution de 85 % et selon l’entrepreneur, l’infrastructure sera livrée au plus tard en avril prochain. Le bâtiment réservé aux hommes est presque achevé, il ne reste que les travaux de finition et de décoration des murs. La salle de prière réservée aux femmes est en chantier de même que la morgue.

Après avoir reçu les prières de l’imam sous les vivats de quelques badauds agglutinés aux abords de la grande mosquée que le président Macky Sall a pris congé des Koldois tout en leur donnant rendez-vous pour l’inauguration de cet édifice religieux et d’autres projets en cours dans la région.

Renforcer les capacités de résilience des éleveurs
En plus du vol de bétail, le changement climatique est l’autre facteur qui met à rude épreuve les communautés pastorales. C’est le cas cette année avec le déficit pluviométrique noté dans les zones de pâturage du Ferlo et dans les régions de Saint-Louis, de Louga et de Matam. Ce qui a eu comme conséquence une faible production végétale. Comme mesures, le président Macky Sall a demandé au gouvernement de suivre cette évolution préoccupante et de prendre d’ores et déjà les dispositions nécessaires pour organiser une opération d’assistance des éleveurs des différents départements concernés. A l’image de ce qui a été déjà fait en faveur des agriculteurs des départements de Matam, de Ranérou et de Kanel.

Interpelé par le député Yaya Sow qui s’inquiète du déclassement de milliers d’hectares de forêts classées en faveur de particuliers, ce qui réduit ainsi les zones de pâturage du bétail, le président Macky Sall a exhorté le gouvernement à déployer tous les efforts pour préserver le pâturage naturel disponible et mener une prévention efficace ainsi qu’une lutte méthodique contre les feux de brousse. Le chef de l’Etat a donné en modèle le maire de Gnith, Adama Sarr, qui a créé des espaces pour le pâturage et l’élevage dans sa commune. Il a invité le Premier ministre et le ministre de l’Elevage et des productions animales à travailler en relation avec le ministre en charge des Collectivités locales, les associations d’éleveurs et d’agriculteurs pour que des espaces dédiés soient libérés dans les périmètres communaux afin de permettre à l’élevage de disposer d’espaces vitaux pour son développement.

Elhadji Ibrahima THIAM et Assane SOW (Envoyés spéciaux)
et Mamadou Aliou DIALLO

Pour des raisons de souveraineté économique et sociale, le Sénégal ne devrait plus dépendre de ses voisins pour le ravitaillement de son marché national en moutons. C’est du moins l’avis d’Oumar Bâ, vice-président et secrétaire permanent de l’Association des maires du Sénégal (Ams). Il estime que cette dépendance de notre pays vis-à-vis de nos voisins est inacceptable dans la mesure où ils ne sont pas mieux lotis en matière d’environnement climatique et géophysique propice à l’élevage des moutons que le Sénégal. C’est pourquoi les maires du Sénégal ont décidé de prendre le taureau par les cornes pour mettre fin à l’importation des moutons de Tabaski au plus tard dans les quatre prochaines années. Pour matérialiser cet engagement, ils ont mis en place, lors de la journée nationale de l’Elevage tenue il y a deux ans à Koungheul, un projet ambitieux intitulé «Initiative  des maires pour l’autosuffisance en moutons» (Imam) pour accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de la politique nationale d’autosuffisance en moutons.

Deux ans après son lancement, les maires du Sénégal ont aujourd’hui le sentiment, selon Omar Bâ, d’être dans la bonne voie car tous les objectifs auxquels ils s’étaient fixés au départ ont été largement atteints et même dépassés. « Pour preuve, le fonds initial d’un montant de 150 millions de FCfa qui avait été mobilisé au début du projet a été quintuplé en l’espace deux ans grâce à la contribution des 50 maires engagés dans la phase expérimentale du projet. D’autres partenaires financiers et techniques dont le ministère de l’Elevage et des productions animales, le Pndl, la Direction générale de la protection sociale et de la solidarité nationale et une Ong américaine sont venus se joindre à cette initiative.

Ce qui a permis de porter le montant des contributions de 75 millions (somme libérée par les maires) à plus de 700 millions de FCfa cette année », a-t-il déclaré. A l’en croire, au total, 7.410 brebis dont 3.660 en 2016 et 3.750 en 2017 ont été distribuées par le projet à plus de 2.460 ménages pauvres. Chaque ménage bénéficiaire reçoit deux brebis et devra, à son tour, donner deux autres à un autre ménage une fois qu’elles auront mis bas et ainsi de suite. Cet appui est destiné en priorité aux bénéficiaires de la bourse de sécurité familiale pour leur permettre de sortir du cercle vicieux de la pauvreté.

La région de Diourbel présente une panoplie de produits de qualité à la Foire internationale de Dakar (Fidak). Ces produits peinent cependant à trouver des acquéreurs à cause de l’isolement des lieux réservés aux régions au Cices.

Les régions ne veulent pas jouer les seconds rôles à la 26e édition de la Foire internationale de Dakar. Avec leurs produits de qualité, elles veulent faire bonne figure. Cependant, elles souffrent de leur isolement qui occasionne un problème de visibilité. Des exposants des régions comme Diourbel peinent, par conséquent, à écouler leurs produits, une semaine après le lancement de la foire. Alors que les produits exposés sont de haute valeur ajoutée. Dans leurs stands, sont exposés des tissus, des tenues traditionnelles, des chaussures « Made In Diourbel », des sacs locaux, des habits pour femmes, entre autres.

Pour le responsable du stand de Diourbel, Pape Thiam, sa région se distingue des autres par sa cordonnerie, sa bijouterie mais surtout par les céréales locales telles que le « thiéré lalo », ou sans lalo, « sankhal », le thiakry », le « niébé», « araw », le « café Touba », etc. Malgré la qualité de leurs produits, les exposants diourbelois peinent à trouver des clients à cause de l’isolement de leur stand.

Adja Marème Dieng est transformatrice de céréales locales. Elle invite les responsables de la Fidak à revoir l’espace réservé aux exposants issus des régions qui est toujours confronté à un manque de visibilité. A défaut, suggère-t-elle, ils doivent davantage communiquer à travers des panneaux à l’entrée du Cices indiquant l’emplacement des régions. « Nous sommes victimes de notre isolement qui freine nos ventes. Il faut une bonne communication pour que les visiteurs sachent l’endroit où se trouvent les régions », a insisté Mme Dieng. Suggestion largement partagée par Pape Thiam.

« Sans cela, nous ne ferons pas de bonnes affaires. Nous sommes ici pour vendre, il faut qu’on nous donne l’occasion de saisir cette opportunité », a-t-il lancé. Birane Pène abonde dans le même sens en indiquant que pour vendre, il faut trouver des clients. « Ces derniers ont besoin d’avoir de l’information pour savoir ceux qui sont présents à la Fidak et faire leur choix. Nous avons l’impression que l’on favorise plus des étrangers que des Sénégalais. Il faut qu’on promeuve les produits locaux », soutient-il. Cependant, les 25 exposants de Diourbel se félicitent des conditions de voyage et d’accueil. Le gouverneur de la région a mis à leur disposition un bus pour le déplacement sur Dakar.

Eugène KALY

Le Bureau de mise à niveau a signé des conventions avec 11 entreprises de la Casamance dont les dossiers ont été approuvés par le comité de pilotage restreint. Les plans de mise à niveau de ces entreprises représentent un montant global de 610 millions 500 mille de FCfa d’investissements et 265,9 millions de FCfa de primes octroyées. Les entreprises bénéficiaires évoluent dans les secteurs de la transformation des produits halieutiques et du sésame, de l’hôtellerie, de la restauration, de la fabrication de glace et d’aliments pour bétail. Elles s’activent également dans la transformation et la commercialisation de la noix d’anacarde, l’élevage d’autruche, la transformation du miel, des fruits et céréales locaux, ainsi que des champignons. La signature de convention entre dans le cadre de l’exécution du programme pilote de mise à niveau spécifique des entreprises de la Casamance. Ledit programme a été initié par le gouvernement avec l’appui de l’Agence française de développement pour un montant de 1,9 milliards de FCfa. Il a été lancé en février 2015 pour une durée de trois ans. Son objectif est de mettre à niveau 85 entreprises de la région méridionale du Sénégal : 75 petites et moyennes entreprises en raison de 25 entreprises par an et 10 entreprises de taille plus importante. 

Aujourd’hui ce programme est entré dans sa vitesse de croisière, selon le directeur général du Bureau de mise à niveau des entreprises sénégalaises, Ibrahima Diouf. « En deux ans, a-t-il révélé, nous avons accompagné 68 entreprises et approuvé des investissements de l’ordre de plus de 3 milliards ». M. Diouf a ajouté que des primes à l’investissement de l’ordre de 1,121 milliard de FCfa ont été octroyées à ces entreprises bénéficiaires. Il a fait état de la création de plus de 600 emplois temporaires et de 250 emplois permanents.

Cependant, Ibrahima Diouf a relevé un certain nombre de difficultés qui persistent pour les entreprises de la Casamance. Il a cité, entre autres, de l’approvisionnement en matière première, assurant qu’il va informer les autorités sur la nécessité d’œuvrer à ce que les entreprises de transformation puissent accéder aux matières premières. Il n’a pas occulté la question du financement sur laquelle les responsables du secteur bancaire ont été interpelés par les entreprises pour plus de souplesse dans l’octroi des crédits.

El Hadj Moussa SADIO

Dans la lutte contre le chômage des jeunes et la promotion de l’emploi rural décent, l’Organisation des Nationaux unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en partenariat avec l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), a remis 3.000 guides de stratégies aux élus locaux, aux structures d’appui des jeunes, etc.  

Le chômage des jeunes est une problématique nationale et même internationale. Sa prise en charge passe par de nombreuses stratégies. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) a mis en place un programme dénommé « Approche-Pays Intégrée (Api) pour la promotion de l’emploi rural décent ». Au Sénégal, l’approche déclinée par la Fao sous forme de programme accompagne l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej) pour le développement d’une politique de promotion de l’emploi des jeunes en milieu rural et d’une stratégie de mise en œuvre.

La Fao a remis, hier, 3.000 exemplaires du guide stratégique pour l’intégration effective de l’emploi rural décent dans la planification du développement local aux différentes parties prenantes. En sa qualité d’outil opérationnel, ce guide va contribuer à la mise en œuvre de la stratégie de promotion de l’emploi des jeunes en milieu rural. Damian Cordona Onses, représentant de la Fao, a soutenu que ce guide, destiné aux autorités locales en charge de la définition des stratégies de développement à la base, aux acteurs d’appui, de conseil et d’encadrement des jeunes, entre autres, présente de façon simple une thématique complexe qui a des ramifications aux niveaux local, national et international. « Ce guide comble un vide en fournissant des lignes directives et des orientations pratiques pour permettre aux planificateurs locaux d’intégrer l’emploi rural décent dans les stratégies de développement local », indique le représentant de la Fao.

Selon Damian Onses, la Fao veut des emplois décents pour la jeunesse offrant des revenus de subsistance dans des conditions de travail acceptables. La Fao s’est engagée à faciliter l’établissement d’un environnement favorable à l’emploi décent rural en mettant l’accent sur l’autonomisation économique et sociale de la jeunesse rurale et des femmes.

Tenant compte de la l’Acte 3 de la décentralisation, les collectivités locales devront jouer un rôle majeur dans ce dispositif. Après avoir reçu leur lot de guides, Baba Ndiaye, président du Conseil départemental de Kaolack et représentant de l’Association des départements du Sénégal, a salué le soutien de la Fao et de l’Anpej pour la promotion de l’emploi rural décent.

Pour lui, le projet vient à son heure car l’essentiel des jeunes du Sénégal sont du monde rural et il est important d’impliquer les maires et les Conseils départementaux pour régler la question de l’emploi. Il s’est engagé à accompagner ce projet. Même avis chez le représentant de l’Association des maires du Sénégal (Ams), Madiagne Seck, qui indique que la politique de l’emploi est au cœur des préoccupations avec la territorialisation des politiques publiques. Il confie que le guide permettra aux maires, notamment ceux du monde rural, à mieux prendre en charge la question du chômage en rendant attractif les campagnes. Abdou Seck, représentant du Conseil national de la jeunesse, a abondé dans le même sens, assurant que le guide sera utilisé à bon escient pour une jeunesse active. Le directeur de l’Emploi, Demba Diop, a affirmé que ce guide s’inscrit dans la stratégie nationale de l’emploi des jeunes.  

Le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), Amadou Lamine Dieng, indique cet atelier de partage et de remise officielle du guide marque une étape importante dans le partenariat avec la Fao qui « a toujours soutenu l’Anpej». M. Dieng de rassurer que ce guide sera utilisé pour la promotion de l’emploi décent mais aussi pour intégrer ces questions dans les stratégies de développement local. « La prise en charge de l’emploi rural décent doit être une priorité dans un contexte de rareté de l’emploi salarié », a dit le directeur de l’Anpej qui plaide pour plus d’attractivité de l’agriculture qui offre beaucoup d’opportunités à la jeunesse. M. Dieng a exhorté les collectivités locales à s’approprier ce guide non sans lister plusieurs projets et programmes pour l’emploi des jeunes que l’Etat est en train de dérouler. 

269 000 jeunes sur le marché de l’emploi chaque année
D’après le guide pour l’intégration des questions d’emploi rural décent pour les jeunes, l’accès à l’emploi reste encore difficile pour la jeunesse sénégalaise. Chaque année, 269.000 jeunes, dont 57 % provenant du milieu rural, arrivent sur le marché du travail sénégalais alors que l’offre ne dépasse pas 30.000 emplois par an selon les chiffres de la Banque africaine de développement, de l’Ocde et du Pnud (2012). Le phénomène est exacerbé par le fait que presque 60 % de la population sénégalaise a moins de 20 ans et les jeunes en âge de travailler dans la tranche d’âge de 15 à 34 ans représentent plus de la moitié de la population active. « Le caractère de l’emploi au Sénégal se caractérise par un accès à un emploi difficile pour les primo demandeurs d’emploi, par des emplois précaires et des revenus faibles surtout dans le secteur rural et informel », lit-on dans le document. Le taux de chômage des jeunes se situe à 12 % avec des taux plus élevés à Dakar, Saint-Louis et Diourbel ; plus de 90 % des emplois des jeunes au Sénégal se trouvent dans le secteur informel et la migration est souvent la solution pour beaucoup de jeunes d’après le guide de la Fao.
 
Oumar  KANDE

 

Le président de la République nourrit de grandes ambitions pour l’élevage. Il a institué une Journée nationale dédiée au secteur. Mieux, 500 millions de FCfa sont inscrits dans le budget 2018 pour renforcer les mutuelles d’éleveurs.

Le secteur de l’élevage a besoin d’être soutenu et modernisé, tout en préservant les valeurs traditionnelles du pastoralisme. C’est la conviction du président de la République. Il a octroyé 500 millions de FCfa dans le budget 2018 pour soutenir les mutuelles d’éleveurs. « Une enveloppe de 500 millions de FCfa a été allouée dans le budget du département en 2018 pour renforcer les Mutuelles d’épargne et de crédit (Mec) des éleveurs », indique le communiqué de la présidence de la République. Selon le document, l’institutionnalisation de la Journée nationale de l’élevage (Jne) vient confirmer la grande ambition que le chef de l’Etat a pour ce secteur. Après Fatick, en 2014, Koungheul en 2015, Ndioum en 2016, l’honneur revient, cette année, à la ville de Kolda d’accueillir la quatrième édition de la Journée nationale de l’élevage dont la cérémonie officielle, prévue aujourd’hui, sera présidée par le chef de l’Etat. Dans le domaine de l’élevage, le gouvernement a mis en œuvre une politique hardie. Il y a la prévention et la lutte contre le vol de bétail par la mise en place de la Cellule de lutte contre le vol de bétail et l’élaboration d’un plan d’actions adopté depuis 2014.

Concernant le renforcement de la résilience éleveurs, il y a le Projet développement durable du pastoralisme au Sénégal (Pddps) pour un montant global de 30 millions de dollars américains, soit environ 15 milliards de FCfa. L’objectif de ce projet est de contribuer à la réduction de la pauvreté et au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables dans les régions de Saint-Louis, Matam, Louga, Kaffrine et Tambacounda. En 2015, près de 3,2 milliards de FCfa ont été mobilisés avec la prime assurance tirée de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques pour l’achat de 14.839 tonnes d’aliments de bétail distribuées à 86.657 éleveurs dans les 45 départements du pays. Il y a aussi le volet renforcement des infrastructures et équipements d’élevage, de transformation et de commercialisation des produits animaux avec la construction de 14 nouveaux forages équipés, la réhabilitation de 9 anciens forages, la construction de 17 mini-forages équipés de pompes manuelles et le fonçage de 45 puits pastoraux. Enfin, l’inscription de quatre projets d’élevage au Pap-Pse 2014-2018 (Programme d’actions prioritaires du Pse) pour un montant global de 28,679 milliards de FCfa.

Aliou KANDE

 

L’inauguration de la plateforme solaire de Diamanouta ouvre de nouvelles perspectives pour les éleveurs de la commune de Koulinto et des populations des villages environnants.

La ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, s’est rendue, mercredi, à Diamanouta, un village situé dans la commune de Koulinto, département de Médina Yoro Foulah, pour inaugurer la plateforme solaire construite par Enda énergie. Elle a félicité le directeur de cette association membre du réseau international d’Enda-Tiers monde pour la réalisation, en un temps record, de ce fleuron qui permettra de transformer la production laitière de cette zone. Elle a également réaffirmé son soutien aux éleveurs pour la construction des châteaux d’eau, des trois forages qui avaient été commencés par le Pdesoc.

Ces ouvrages sont achevés grâce à un financement de la Banque islamique de développement. Aminata Mbengue Ndiaye a aussi rassuré les populations de Médina Yoro Foulah de la volonté du chef de l’Etat de désenclaver leur département. « Le désenclavement de Médina Yoro Foulah constitue une des priorités du président de la République, Macky Sall. Il le rappelle à chaque réunion du Conseil des ministres. Vous aurez l’occasion de l’entendre le 23 décembre prochain. Sachez que le financement est déjà acquis », a-t-elle déclaré.

La construction de cette plateforme solaire ouvre des réelles perspectives pour les éleveurs de cette zone. Ils n’ont plus besoin de parcourir des longues distances pour se rendre à Kolda afin d’écouler leur production laitière. La plateforme polarise qui 63 villages a permis, en l’espace de 11 mois seulement, de collecter 132.550 litres de lait et générer des profits qui s’élèvent à environ 40 millions de FCfa pour 148 éleveurs des villages de Diamanouta, Sinthiang Saliou, Kataba, Koulinto et Saré Habibou. Plus de 150 éleveurs dont 60 femmes de la commune qui compte près de 11.000 têtes de bovins ont bénéficié d’une formation sur la production laitière. « Aujourd’hui, cette plateforme de Diamanouta, d’une valeur de 130 millions de FCfa, est un centre moderne de collecte de lait doté d’un mini-réseau solaire. Elle assure l’éclairage public, alimente les infrastructures scolaires et sanitaires et permettra aux membres des cinq coopératives montées dans la commune de pouvoir quotidiennement vendre leur lait », s’est félicité Sécou Sarr, directeur d’Enda énergie.

Le projet lait va créer, selon lui, plus de 1.000 emplois verts au Sénégal et permettre à plus de 3.000 producteurs de lait de sécuriser le marché et améliorer les conditions de vie de plus 20.000 personnes à travers les différents services offerts à l’horizon 2019. Ce programme régional chaîne de valeurs lait et énergie solaire est financé par l’Union européenne en partenariat avec l’Etat du Sénégal et celui de la Mauritanie.

Mamadou Aliou DIALLO

 

L’Etat a décidé de payer les sommes dues aux opérateurs privés stockeurs et les subventions découlant du protocole Etat-huiliers. Avec près de 7 milliards  de FCfa déjà débloqués, le reliquat déjà budgétisé sera épongé en janvier. Ce qui devra aider à absorber l’énorme quantité de graines disponibles sur le marché, jugulant ainsi les difficultés financières des opérateurs et les situations de bradage des récoltes par les producteurs.

Bonne nouvelle pour les opérateurs privés stockeurs et les huiliers du Sénégal. Lors de la réunion, jeudi, du comité de suivi de la campagne, le ministre de l’Agriculture les a rassurés de l’engagement du gouvernement d’honorer leurs créances en janvier. Le président du Conseil d’administration de la Sonacos S.A., Youssou Diallo, a indiqué que l’Etat s’est exécuté en honorant le protocole le liant aux huiliers constitués de la Sonacos S.A., Opéol, Wawu et le Complexe agricole et industriel de Touba (Cait) en début d’année. Et le montant de la compense, qui est calculé sur la base de 650.000 tonnes, représente 4,9 milliards de FCfa. D’après Modou Fall, le président des opérateurs privés stockeurs, « en ce qui concerne l’arachide, sur une dette de 18 milliards dont 15 milliards de FCfa pour les semences et 3 milliards pour les engrais, un montant de 2 milliards a été effectivement débloqué. Et nous ne nous faisons pas de souci quant au paiement du reliquat », expliqué M. Fall.

Le président du Comité national interprofessionnel de l’arachide (Cnia), Massamba Dioum, indique que 6,9 milliards de FCfa ont été débloqués et le crédit agricole travaille pour une bonne répartition de cet argent en vue de permettre une bonne collecte de l’arachide. Quid du reliquat ? « La dette étant à cheval sur deux années, il y a la plus grande masse qui sera payée en janvier parce que le règlement ne peut se faire qu’en début d’année », a expliqué M. Dioum. Cet argent pourrait fouetter la campagne de commercialisation de l’arachide qui connaît des débuts timides. Pour la présente campagne, il est attendu 1,4 million de tonnes.  

Des mesures salutaires
Quand une campagne démarre, tout n’est pas au point. Mais le gouvernement avait pris les devants. Le conseil interministériel du 24 octobre dernier consacré à la préparation de la campagne de commercialisation de l’arachide 2017/2018 avait acté le prix au producteur du kilogramme d’arachide à 210 FCfa, en dépit de la baisse des cours mondiaux. Le Cnia l’a validé et le 1er décembre 2017 a été retenu pour le démarrage effectif de la campagne de commercialisation de l’arachide. Autre mesure forte, l’Etat a décidé d’éponger ses dettes. Toutes ces mesures sont salutaires.

La filière était marquée par une crise des huileries avec la faillite de Suneor, entreprise stratégique concentrant 63 % des ruraux, soit plus de 4 millions de producteurs actifs. Ce qui avait poussé l’Etat à renationaliser ladite entreprise pour la rebaptiser Sonacos S.A. Ensuite il y a aussi le marché chinois qui a dopé les exportations avec des prix qui ont atteint les 500 FCfa le kilogramme. Le gouvernement, par une politique volontariste et hardie, a entrepris de reconstruire le capital semencier arachide, de subventionner les intrants. Conséquence ! Des productions record. Il est attendu cette année 1,411 million tonnes de coques. Au plan mondial, cette année, la production arachidière a augmenté, entraînant une baisse du prix au producteur. La Chine attend 20 millions de tonnes contre 14 millions de tonnes l’année dernière. Idem pour l’Argentine, l’Inde et les Etats-Unis qui ont vu leur production croître de façon exponentielle. Et il est heureux que le gouvernement ait accepté de maintenir le prix rémunérateur au producteur de 210 FCfa. Pour chaque kilogramme acheté, le gouvernement a mis 23 FCfa afin de soutenir le producteur, d’augmenter son revenu et de l’encourager à rester dans la filière.

La levée intégrale de la taxe à l’export de 30 de FCfa sur la coque et 15 FCfa sur le décortiqué, représentant une perte de recettes fiscales pour le Trésor public, participe également à encourager les exportateurs à prendre une part active dans la commercialisation comme les huiliers (Sonacos, Copeol, Wawu et Cait, entres autres). De plus, des dispositions ont été prises pour éviter que les paysans ne bradent leur production. Personne ne peut acheter à moins de 210 FCfa sous peine de poursuite judiciaire.  

Mamadou Lamine DIEYE

 


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