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Affaires et Finances (3203)

Le département de l’élevage a enregistré, en 2017, des résultats  satisfaisants en production de viande, lait, œufs et cuirs et peaux comparés à 2016. C’est ce que révèle la revue annuelle du secteur présentée, hier, au cours d’un atelier.

En 2017, le secteur de l’élevage a enregistré des résultats « satisfaisants » comparés à 2016 et des avancées sont notées dans la mise en œuvre des réformes. Les indicateurs dominants retenus pour le suivi des performances du secteur de l’élevage, dans la revue annuelle, portent sur la production nationale annuelle de viande et d’abats, de lait, d’œufs de consommation et les exportations de cuirs et peaux.

Pour ce qui concerne la production de viande et d’abats, en 2017, elle porte sur un volume estimé à 246.520 tonnes dont 57 % de viande bovine et de volaille industrielle. Ce résultat s’explique par un volume d’abattage moins important que prévu en ce qui concerne les bovins et les petits ruminants. Comparé à 2016, la production connait une légère augmentation de 2 %, soit 3.879 tonnes. Cette hausse est portée principalement par la volaille industrielle (+8.820 tonnes) et à un degré moindre, la viande ovine (+3751 tonnes). La production de lait, quant à elle, se porte bien en 2017 avec 243,5 millions de litres, soit un taux de réalisation de 99 %. La répartition par système d’élevage laisse apparaître que plus de la moitié (54 %) provient des races locales. Ainsi, la production a connu une hausse de 12 millions de litres imputable à l’accroissement de la production des élevages métisses et de races pures. Concernant les importations de lait et produits laitiers, elles ont atteint, en 2017, un volume de 30.660 tonnes, soit 211,6 millions de litres dont plus de 95 % provenant de l’Union européenne. S’agissant de la production d’œufs de consommation, en 2017, elle est estimée à 719 millions d’unités, soit un taux de réalisation de 104 % par rapport à l’objectif de 694 millions d’unités qui était visé. Elle a évolué de 6 % par rapport à 2016, correspondant à un volume de 44 millions d’unités. 5.049 tonnes de cuirs et peaux constitués de Wet blue pour un peu plus de 2/3, soit  (69%) ont été exportées, en 2017. Il y a une nette augmentation (+43) pour le Wet blue contrairement aux peaux brutes dont le volume a baissé de 58 %.

Pour 2018, le département de l’élevage compte mettre l’accent particulièrement sur la lutte contre les maladies animales ; l’appui au pastoralisme ; le développement des interventions en faveur des chaines de valeur lait ; la lutte contre le vol de bétail et le renforcement du système statistique sectoriel.

Selon Aminata Mbengue Ndiaye, la revue annuelle 2018 du secteur de l’élevage s’inscrit dans une perspective de contribution à la revue annuelle conjointe. Le ministre de l’Élevage souligne qu’elle a démarré par la collecte de données auprès des services centraux et déconcentrés, par la suite des réunions se sont tenues au sein du ministère pour une harmonisation des informations collectées. Elle a réitéré l’engagement et la détermination de son département à renforcer et à poursuivre l’achèvement des actions entreprises dans les différents projets et programmes. Elle veut faire de l’élevage un véritable levier pour le développement économique et social du Sénégal. Constatant des résultats en progression, Assane Bouna Niang, représentant le ministère de l’Économie, encourage tous les acteurs à poursuivre les efforts, à consolider les acquis et à bâtir un consensus fort. Notant des bonds, en 2017, Youssou Ndiaye de la Fao espère de meilleurs résultats les prochaines années.

Aliou KANDE

Annuellement, le continent africain perd 100 milliards de dollars, soit environ 53.267 milliards de FCfa à cause des questions liées au genre dans le monde du travail.

Selon la diplomate canadienne d’origine burundaise, Françoise Ndayirimana, l’Afrique perd annuellement 100 milliards de dollars, soit environ 53.267 milliards de FCfa à cause des questions liées au genre dans le monde du travail. Elle citait un rapport de 2016 du Pnud sur la parité. C’était, avant-hier, à Dakar, lors d’un atelier sur la Responsabilité sociétale de l’entreprise (Rse). Un atelier organisé en collaboration avec l’ambassade du Canada à Dakar et axé sur la politique d’aide internationale féministe de ce pays d’Amérique du Nord. Pour Mme Ndayirimana, la notion d’émancipation est une question collective et qui, au-delà des trajectoires individuelles, est importante pour regarder les goulots d’étranglement si l’on ne veut pas se priver de ces forces vives de la Nation que constituent les femmes. Elle estime qu’il faut s’en prendre aux «barrières systémiques dont personne ne parle». Il s’agit des préjugés, à l’endroit des femmes, lesquels font que «la pauvreté à un visage féminin». Le Canada, explique-t-elle, a adopté un «budget sensible au genre» ; une politique qui favorise les femmes évoluant dans le monde du travail.

Pour Philippe Barry, président de Responsabilité sociétale de l’entreprise (Rse), le Sénégal s’est doté d’une Charte d’entreprise qui engage celle-ci sur quatre axes dont l’égalité homme-femme. Et dix entreprises sénégalaises se sont engagées dans cette charte. Ces entreprises, soutient-il, essaient tant bien que mal de répondre aux questions de diversité et d’inclusion dans le monde du travail. Pour M. Barry, au-delà de cet engagement, il faut des actes. A l’en croire, les entreprises, de manière générale, doivent, dans le cadre de la Rse, voir comment faire pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) pour ce qui concerne les femmes.

Le directeur général de Sodefitex, Bachir Diop, qui a adhéré à la Charte Rse Sénégal, est d’avis qu’il faut se défaire des préjugés qui pèsent sur les femmes en ce sens qu’ils plombent le développement. De son point de vue, il n’y a point de productivité sans mixité. Il en veut pour exemple l’inclusion de la charte équité genre au sein de la Sodefitex, laquelle a amélioré la productivité au sein de son entreprise. Pour Thérèse Toukara de la Sonatel dont la société a le prix Linguère Digital Challenge sur le genre, il est important d’encourager l’accès des femmes aux filières scientifiques où elles sont sous représentées.

Aly DIOUF

Annuellement, le continent africain perd 100 milliards de dollars, soit environ 53.267 milliards de FCfa à cause des questions liées au genre dans le monde du travail.

Selon la diplomate canadienne d’origine burundaise, Françoise Ndayirimana, l’Afrique perd annuellement 100 milliards de dollars, soit environ 53.267 milliards de FCfa à cause des questions liées au genre dans le monde du travail. Elle citait un rapport de 2016 du Pnud sur la parité. C’était, avant-hier, à Dakar, lors d’un atelier sur la Responsabilité sociétale de l’entreprise (Rse). Un atelier organisé en collaboration avec l’ambassade du Canada à Dakar et axé sur la politique d’aide internationale féministe de ce pays d’Amérique du Nord. Pour Mme Ndayirimana, la notion d’émancipation est une question collective et qui, au-delà des trajectoires individuelles, est importante pour regarder les goulots d’étranglement si l’on ne veut pas se priver de ces forces vives de la Nation que constituent les femmes. Elle estime qu’il faut s’en prendre aux «barrières systémiques dont personne ne parle». Il s’agit des préjugés, à l’endroit des femmes, lesquels font que «la pauvreté à un visage féminin». Le Canada, explique-t-elle, a adopté un «budget sensible au genre» ; une politique qui favorise les femmes évoluant dans le monde du travail.

Pour Philippe Barry, président de Responsabilité sociétale de l’entreprise (Rse), le Sénégal s’est doté d’une Charte d’entreprise qui engage celle-ci sur quatre axes dont l’égalité homme-femme. Et dix entreprises sénégalaises se sont engagées dans cette charte. Ces entreprises, soutient-il, essaient tant bien que mal de répondre aux questions de diversité et d’inclusion dans le monde du travail. Pour M. Barry, au-delà de cet engagement, il faut des actes. A l’en croire, les entreprises, de manière générale, doivent, dans le cadre de la Rse, voir comment faire pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) pour ce qui concerne les femmes.

Le directeur général de Sodefitex, Bachir Diop, qui a adhéré à la Charte Rse Sénégal, est d’avis qu’il faut se défaire des préjugés qui pèsent sur les femmes en ce sens qu’ils plombent le développement. De son point de vue, il n’y a point de productivité sans mixité. Il en veut pour exemple l’inclusion de la charte équité genre au sein de la Sodefitex, laquelle a amélioré la productivité au sein de son entreprise. Pour Thérèse Toukara de la Sonatel dont la société a le prix Linguère Digital Challenge sur le genre, il est important d’encourager l’accès des femmes aux filières scientifiques où elles sont sous représentées.

Aly DIOUF

Dans le cadre des Rencontres stratégies et développement, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri), la direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dapsa), l’Isra et la Faseg ont procédé, avant-hier, au lancement du livre : «Agriculture, développement et système commercial mondial : 2000-2015» ; le fruit du travail de deux chercheurs de l’Ifpri, Antoine Bouët et David Labord.

«Agriculture, développement et système commercial mondial : 2000-2015». C’est le titre du livre produit par deux chercheurs de l’Ifpri (Institut international de recherche sur les politiques alimentaires) : Antoine Bouët et David Labord. La cérémonie de présentation a eu lieu, avant-hier, au cours des Rencontres stratégies et développement, une initiative qui regroupe l’Ifpri et ses partenaires (Dapsa, Isra et Faseg). Faisant la présentation,  Antoine Bouët informe que ce livre de 13 chapitres a nécessité 12 ans de travaux de recherche. Il s’intéresse aux relations complexes qui prévalent entre le système commercial international et la sécurité alimentaire. Selon M. Bouët, dans ce livre publié, en 2017, il est question du cycle de Doha pour le développement, issu des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) et la possibilité de maîtriser la volatilité des prix des produits alimentaires au moyen d’instruments de commerce. Les auteurs formulent des recommandations quant à la façon dont le système commercial international pourrait contribuer à la sécurité alimentaire. Selon eux, pour améliorer la sécurité alimentaire dans le monde, il faudrait que le commerce international s’appuie sur de réels avantages comparatifs et sur la présence d’instruments publics et privés pour faire face aux risques et autres incertitudes à l’échelle macroéconomique que des ménages.

Kimsey Savadogo, chef du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Ifpri, a salué la publication de ce livre qui porte sur les enjeux de la libéralisation commerciale et les relations avec la sécurité alimentaire. Il s’est félicité de la reprise des Rencontres stratégies développement qui avaient été suspendues. « Les Rencontres stratégies développement, explique-t-il, est une  plateforme  qui  permet  de  tenir  des débats  d’actualité  sur  des  questions  communes  liées  à  la  sécurité  alimentaire,  et  à  une agriculture  durable ». Elles ont pour mission de  rassembler  le  monde  politique,  des universités,  des  organismes  de  recherche,  des  Ong,  du  secteur  privé,  des  organisations paysannes et des partenaires au développement  et représentations diplomatiques accréditées au Sénégal. El Hadji Traoré, directeur scientifique de l’Isra, s’est félicité de la reprise des activités des Rencontres stratégies développement. Ces réflexions constituent, selon lui, un espace de dialogue de haut niveau sur des problématiques liées à la pauvreté, la sécurité alimentaire. Se prononçant sur le livre, M. Traoré soutient qu’il est d’actualité parce qu’il est publié au moment où le Sénégal, dans le Pse, compte sur l’agriculture pour tirer sa croissance économique mais aussi sur la récente signature de l’accord sur la Zone de libre échange continental africain. Il souhaite que cette zone soit suivie d’effets.

Aliou KANDE

 

La directrice générale de Saham Finances, Nadia Fettah, a remporté le prix du « Ceo of the year » lors de la 6ème édition des Africa Ceo forum awards. Dans son discours, elle a remercié Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie numérique du Royaume du Maroc et Raymond Farhat, Pdg de Saham Finances, pour leur leadership et leur vision. Elle a aussi exhorté les hommes à faire plus confiance aux femmes au sein des entreprises. « Ensemble, nous réussirons mieux et plus vite à construire cette Afrique dont nous rêvons tous, l’Afrique qui gagne, l’Afrique des champions », a déclaré Mme Fettah. Saham Group du Marocain Moulay Hafid Elalamy avait cédé, en début de mars 2018, son pôle assurances, Saham Finances, au géant sud-africain, Sanlam.              

A. DIAW

 

La prochain Forum du Next Einstein aura lieu, en 2020, à Nairobi, la capitale Kenyane. Ce qui, jusque-là, n’était qu’un bruit de couloir, a été confirmé par le président et fondateur du Nef Thierry Zomahoun, lors de la cérémonie de clôture de cet événement. M. Zomahoun a annoncé la tenue d’une série d’événements s’inscrivant dans l’esprit de la promotion de la science au service du développement de l’Afrique. Il a aussi fait état de la création d’un Fonds d’un million de dollars pour accompagner les jeunes chercheurs. Selon lui, le Kenya aurait déjà donné son aval pour alimenter ce fonds. Auparavant, le président du Nef a tiré un bilan satisfaisant de ce Forum qui, par rapport à la première édition, a vu le nombre de pays participants doubler. Au total, plus de 1.200 personnes de 65 pays et organisations ont pris part à cet événement. C’est peut-être le signe d’une prise de conscience sur le rôle important que peuvent jouer les sciences et les innovations technologiques dans la transformation socioéconomique de l’Afrique. Pour encourager la recherche sur le continent, trois chercheurs ont été primés à l’issue d’un concours. Chacun d’eux a reçu une enveloppe de 25.000 dollars.

Elh. I. THIAM

 

En Afrique, la recherche agricole souffre de deux problèmes : le manque d’expertise et l’insuffisance des financements. C’est le diagnostic établi par des experts lors du troisième jour du Next Einstein Forum.

L’agriculture est le secteur le plus dynamique dans la plupart des économies africaines et son bon fonctionnement a des conséquences significatives sur la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté. Pourtant, les potentialités de ce secteur crucial restent peu exploitées à cause du faible développement de la recherche agricole sur le continent. Selon des experts qui prenaient part, hier, au Panel : « Nourrir le monde, préserver le monde » du Next Einstein Forum, deux barrières inhibent la recherche agricole en Afrique: l’absence d’une masse critique de chercheurs et le faible niveau de financement. En effet, selon Ousmane Badiane, Directeur pour l’Afrique de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, bien que le nombre de chercheurs aient augmenté de 50 %, le continent africain reste encore très loin du ratio fixé. Encore que, a-t-il ajouté, la moitié des chercheurs africains en agriculture est dans trois pays : le Kenya, l’Ethiopie et le Nigéria.  «Avec la complexité de l’agriculture et du changement climatique, ce n’est pas suffisant. En plus, les femmes ne représentent que 24 % de ces chercheurs. Il y a un besoin de rendre la science et la technologie beaucoup plus ouvertes à la gent féminine», a-t-il dit. En ce qui concerne le financement, il observe que les investissements nécessaires à la recherche dans le domaine agricole sont estimés entre 1,7 milliard et 2,4 milliards de dollars. Et là aussi, Dr Badiane souligne que «l’Afrique est encore loin du compte». Et l’essentiel de ces financements est concentré au Nigéria, au Kenya et en Afrique du Sud. «Le pourcentage du Pib africain consacré à la recherche agricole est faible ; il est de 0,7 à 0,5 % du Pib agricole.

Cela ne peut pas nous permettre de réaliser les résultats que nous voulons. Et 60 % de ce financement proviennent de l’extérieur», a indiqué l’expert agricole.
Le peu d’importance accordée à la recherche agricole survient dans un contexte où beaucoup d’études annoncent que l’Afrique sera la région la plus affectée par les changements climatiques, selon Dr Simeon Ehui, directeur pratique mondiale de l’alimentation et de l’agriculture à la Banque mondiale. « D’ici à 2050, la demande mondiale va augmenter de plus de 100 %. D’ici à 2030, nous allons avoir, en Afrique, un marché alimentaire à hauteur de 3 milliards de dollars. Les importations vont augmenter à hauteur de 10 milliards de dollars. La productivité peut diminuer de 50 %, sans compter les maladies végétales qui causent des pertes de 1/6 de la production », a indiqué Dr Simeon Ehui.
Pour dissiper «cette sérieuse menace» qui plane au-dessus de l’agriculture africaine, l’expert de la Banque mondiale pense que la solution se trouve dans l’augmentation de la production. Et pour ce faire, il faut d’abord s’attaquer aux problèmes du changement climatique. «Nous ne serons pas en mesure de faire face à ces défis si la question du changement climatique n’est pas prise en charge de manière sérieuse. Nous devons être prêts à y répondre de manière systémique», a-t-il martelé.

Le chef cuisinier, Pierre Thiam, loue les vertus du Fonio

Pour augmenter la production et renforcer la sécurité alimentaire, une céréale aux vertus nutritionnelles insoupçonnées devrait être mise en valeur : le fonio. C’est ce que propose Pierre Thiam, Chef cuisinier, restaurateur et auteur de livres de cuisine. Cette céréale consommée dans une douzaine de pays en Afrique de l’ouest par une petite minorité de la population, dispose, selon lui, de propriétés et de valeurs nutritives à même de lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire. « Cette céréale arrive à maturation au bout de deux mois, elle est résistante au changement climatique, elle n’a pas de gluten et a trois fois plus de protéine que le riz. Et mieux, sa cuisson ne prend que cinq minutes », a-t-il expliqué. En attendant que les populations africaines, dans leur majorité, l’inscrivent dans  leurs habitudes alimentaires, le chef Thiam a commencé, depuis 2017, à travers sa structure « Yolélé Foods », à égayer les papilles gustatives de ses clients basés en Europe et aux États-Unis avec cette céréale. Entre ses mains, le fonio est devenu croissant, snack, baguette, pâte et même sushi.

Elh. I. THIAM

 

En marge d’un panel sur le financement du secteur des transports aériens, en Afrique, au deuxième jour du Africa Ceo forum, à Abidjan, la Banque africaine de développement (Bad) a magnifié l’exemple de réussite de son partenariat avec le Sénégal, dans la réalisation de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd). Toutefois, les États sont invités à lever des contraintes liées à la cherté des taxes et des redevances.

Le Vice-président du secteur privé, de l’infrastructure et de l’industrialisation de la Banque africaine de développement (Bad), Pierre Guislan, s’est réjoui du partenariat entre son institution et l’Etat du Sénégal dans le financement de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd). «L’Aibd est une grande réalisation dont nous sommes fiers d’avoir contribué à son financement. C’est une initiative que nous avons jugée pertinente. Le fait d’instituer une gestion privée par l’État du Sénégal est une bonne stratégie», s’est félicité M. Guislain, lors du panel sur les transports aériens en Afrique qui a réuni des experts de l’aviation. «Dans l’exploitation de l’Aibd, le privé (Ndr : Le consortium turc Summa-Limak) qui noue un partenariat avec le Sénégal, va chercher à optimiser son investissement, faire venir des transporteurs aériens et démarcher la place de Dakar comme destination pour les compagnies aériennes», a expliqué Pierre Guislain. A son avis, le fait d’avoir un opérateur privé en charge de la gestion de la plateforme aéroportuaire est un signe positif de dynamisme. Il estime que le Sénégal a «très bien» fait d’avoir opté pour une gestion privée. «A la Bad, nous sommes prêts à appuyer d’autres partenariats public privé (Ppp) à l’image de ce que nous avons réussi au Sénégal avec l’Aibd. Actuellement, nous examinons le financement de Ppp dans plusieurs aéroports en Afrique», a confié Pierre Guislain, sans donner de détails sur les pays concernés.

Dans le financement de l’Aibd, la Banque africaine de développement (Bad) avait octroyé, au Sénégal, un prêt de 70 millions d’euros et elle a joué un rôle clé dans la mobilisation des financements et dans la coordination des prêteurs. A l’échelle continentale, le Vice-président du secteur privé, de l’infrastructure et de l’industrialisation de la Bad note que le marché des transports ariens en Afrique est en croissance et offre d’énormes opportunités. Pour lui, les États doivent voir comment mieux exploiter ce marché afin de lui permettre de devenir plus dynamique.

A ce titre, il juge nécessaire de lever les contraintes auxquelles font face des entreprises de transport aérien. Il invite également les États à jouer un rôle de facilitateur plutôt d’être acteurs directs dans le secteur. M. Guislain trouve aussi pertinent de réduire la pression fiscale en particulier les redevances aéroportuaires. «Il faut mettre en place toute les conditions favorables visant à faire venir des passagers en taxant, de manière raisonnable, le secteur privé», a conseillé M. Guislain. L’avenir, selon lui, c’est de créer un réseau dynamique d’aéroports.

Le directeur général d’Air Côte d’Ivoire, René Decurey a plaidé pour la promotion des Ppp dans la réalisation des plateformes aéroportuaires en Afrique. A son avis, le secteur privé se montre toujours disponible à accompagner les États dans la réalisation des infrastructures aéroportuaires. « Nous estimons nécessaire de miser sur les Ppp qui font partie des instruments de financement des infrastructures de transports aériens en Afrique et un moyen de dynamiser davantage ce secteur», a dit le patron de la compagnie ivoirienne. Il soutient que les États gagneront à adopter ce type de partenariat qui permet de construire des aéroports financièrement viables et économiquement rentables. Cependant, il invite les compagnies aériennes à coopérer davantage avec les aéroports, les sociétés d’assistance pour rendre le marché plus attractif.

De notre envoyé spécial à Abidjan Abdou DIAW

Dakar abrite, demain, une conférence sur le thème : «Adhésion du Maroc à la Cedeao : fondements, enjeux et perspectives communes », organisée par l’Institut Amadeus, un think tank marocain indépendant. Son président Brahim Fassi Fihri évoque, dans cet entretien, les objectifs de cette rencontre et les raisons qui motivent la demande du Maroc. Trouvant les inquiétudes soulevées, M. Fihri estime que les deux parties tireront avantage de cette adhésion.

M. Fihri, vous êtes au Sénégal pour poser le débat sur l’adhésion du Maroc à la Cedeao ? Pourquoi une telle initiative?
Vous avez suivi le processus en cours d’adhésion du Maroc à la Cedeao. Un processus qui a débuté, en février 2017, avec la demande officielle exprimée par sa majesté Mohammed VI. Lors du sommet de Monrovia de juin 2017, nous avons reçu l’accord de principe des Chefs d’État et de gouvernement. En décembre de la même année, à Abuja, le sommet a chargé la Commission et des chefs d’État d’étudier, en profondeur, le processus d’adhésion. En parallèle, nous avons jugé utile d’organiser un tel débat notamment au Sénégal qui a vu émerger au sein de certaines organisations patronales, une réticence et des inquiétudes sur l’adhésion du Maroc. Des interrogations que j’estime légitimes et naturelles lorsqu’il s’agit de discuter de l’adhésion d’un pays considéré comme une puissance économique continentale dans une organisation quelle qu’elle soit.

Comment comprendre cette adhésion du Maroc qui est déjà un investisseur majeur dans la Cedeao ?
Le Maroc est le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest. Le souverain marocain, depuis quelques années, multiplie les visites dans la sous région et le reste du continent. Avec son retour dans l’Union africaine, le Maroc veut donner plus de sens à son appartenance continentale à travers cette demande d’adhésion. Il y a des fondements ouest africains. On parle d’investissements mais il ne faut pas oublier qu’il y a des liens multiséculaires, multidimensionnels qui unissent le Maroc aux pays d’Afrique de l’Ouest notamment le Sénégal. En plus, la Cedeao est une organisation exemplaire en matière d’intégration économique. Son modèle est observé avec beaucoup d’admiration par les Marocains dans un contexte d’échec de l’Union du Maghreb Arabe. Le Maroc est un acteur incontournable dans la sous région et il a multiplié les champs de coopération avec les pays de la Cedeao ; c’est naturel qu’il souhaite intégrer cette organisation. Récemment, à Kigali, avec la Zone de libre-échange continentale, le continent africain a pris conscience de l’importance de l’intégration économique et la volonté d’adhésion du Maroc s’inscrit dans ce contexte.

Les inquiétudes formulées sont-elles fondées ?
Les inquiétudes sont légitimes. Elles sont propres à une économie mondiale globalisée. Il s’agit d’intégration d’un pays à une communauté et il y a toujours un débat. Lorsque j’observe la cartographie de ces inquiétudes, elles viennent d’une partie du patronat. Elles sont essentiellement d’ordre commercial. Moi, j’apporte une lecture différente basée sur des faits. Certains responsables du patronat parlent de risque de voir arriver sur le marché, une multitude de produits marocains qui vont mettre en danger la compétitivité des produits sénégalais. Il ne faut pas oublier que dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale que le Sénégal et le Maroc ont signé, la semaine dernière, in fine, avec ou sans le Maroc dans la Cedeao, il y aura libre échange entre les deux pays. Cette question des risques commerciaux peut être dépassée dans ce cadre de la Zone de libre-échange continentale. En plus, les échanges commerciaux entre nos deux pays ne sont pas très importants. Le Maroc est plus intéressé par une logique d’investissements et c’est ce qu’il fait au Sénégal depuis une quinzaine d’années. Le volet investissement est essentiel. C’est la même chose dans les autres pays de la Cedeao. Nous sommes le premier investisseur africain dans la région. Le Maroc recherche une intégration pleine et entière à une organisation qualifiée d’exemplaire. Je peux vous dire que ce n’est pas le volet commercial qui motive cette démarche, mais tout simplement la volonté de s’ancrer à une plateforme multidimensionnelle et efficace.

Qu’est-ce que les 15 pays de la Cedeao vont gagner avec l’adhésion du Maroc ?
L’adhésion du Maroc va permettre à la Cedeao d’être la 16eme puissance économique mondiale. Ce qui n’est pas rien. Le Maroc a une certaine expérience et de l’expertise dans le domaine du développement humain, de la lutte contre le radicalisme violent, des investissements, des infrastructures, des technologies, etc. Le Maroc peut partager son savoir-faire. Ce qu’il fait déjà dans le cadre bilatéral pour permettre aux pays de la région de bénéficier de son expertise.

D’aucuns pensent que si le Maroc a voulu intégrer la Cedeao, c’est dû à l’échec de l’Union du Maghreb arabe ?
L’Union du Maghreb arabe a échoué et le Maroc ne s’en cache pas. Mais le Maroc n’a pas attendu l’échec de l’Union du Maghreb pour commencer à investir en Afrique de l’Ouest et devenir le premier investisseur étranger en Côte d’Ivoire ou au Sénégal. Il n’a pas attendu que l’Uma soit une réalité pour faire de la Royal Air Maroc, la première compagnie aérienne dans la région. C’est la seule compagnie qui n’avait pas arrêté ses dessertes en République de Guinée, au Libéria et en Sierra Léone pendant la crise d’Ebola qui avait touché ces pays. Le Maroc est inséré dans une dynamique multidimensionnelle en Afrique de l’Ouest. La vision du Maroc n’est pas opportuniste. Elle est stratégique car le Maroc a des fondements ouest africains. Cette volonté d’adhésion est une occasion de sceller définitivement son sort à celui des pays d’Afrique de l’Ouest. Tous les indicateurs démontrent que le Maroc et l’Afrique de l’Ouest sont membres d’une même communauté de destin.

De plus, le Roi est le seul chef d’État qui a fait plus de 30 visites dans le continent, dont la majorité dans les pays de la sous région. Quand il se rend au Sénégal ou en Côte-d’Ivoire, c’est pour une visite d’une semaine. Nous sommes dans une continuité avec des relations économiques exemplaires.

En posant le débat à Dakar, quel est l’objectif que vous poursuivez ?
L’objectif visé est l’écoute. Aujourd’hui, il est important pour le Maroc, d’installer un processus d’écoute de ces réticences. Il ne faut pas que le processus d’adhésion du Maroc puisse susciter des frustrations. Le Maroc est motivé par une approche gagnant-gagnant. Il n’a pas de problèmes à venir écouter des inquiétudes, des réticences. Nous comprenons même qu’il y ait des inquiétudes. C’est le propre d’une économie mondiale globalisée, je l’ai dit. Même la Zone de libre-échange continentale a suscité des inquiétudes. Le Maroc, en tant que pays frère, est venu discuter, écouter, comprendre, les réticences du Sénégal. On a décidé de commencer ces opérations d’écoute par le Sénégal compte tenu des liens exemplaires stratégiques, historiques, multidimensionnels qui unissent nos deux pays.

Après le Sénégal, quelle sera la prochaine étape ?
Après Dakar, nous allons procéder à une analyse de cette étape. Le processus d’écoute est essentiel. Mais il faut dépassionner le débat. On a entendu beaucoup de choses qui ont fait mal. On a comparé le Maroc à certains pays en parlant d’impérialisme. Ce n’est pas la démarche du Maroc. Notre pays s’inscrit dans une dynamique d’intégration pleine et entière. Il pense qu’il peut contribuer positivement au développement de la sous région et bénéficier du degré d’intégration avancé de la Cedeao.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE et Aliou KANDE

Le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a affiché son optimisme quant à l’imminence de la signature de l’accord entre le Sénégal et la Mauritanie. Il a annoncé, hier, à l’issue de la rencontre avec l’équipe des négociateurs et des acteurs de la pêche de la ville de Saint-Louis, que le ministre mauritanien en charge de ce département sera au Sénégal dans la première semaine du mois d’avril pour parapher l’accord.

S’achemine-t-on vers un dénouement heureux dans les négociations entre le Sénégal et la Mauritanie sur l’accord de pêche ? Tout porte à le croire. Hier, au sortir d’une rencontre avec l’équipe des négociateurs dirigée par Mamadou Goudiaby et les acteurs de la pêche de Saint-Louis, le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a affiché son optimisme. Il a déclaré que le processus de négociation d’un protocole d’accord avec la Mauritanie est en « bonne voie ». « C’est en très bonne voie et la signature s’effectuera dans la première semaine du mois d’avril », a assuré le ministre.

Les négociateurs sénégalais ont séjourné, en Mauritanie, du 21 au 25 mars 2018. Un séjour décisif puisqu’il a permis aux deux parties de s’entendre sur l’essentiel. Oumar Guèye a annoncé que son homologue mauritanien est attendu dans la première semaine d’avril, à Dakar, pour parapher l’accord. Il a souligné que la signature de l’accord devait intervenir le 31 mars 2018, conformément aux instructions des présidents Macky Sall et Mohamed Ould Abdel Aziz, mais à cause d’un problème d’agenda de son homologue mauritanien, la cérémonie a été décalée. «La signature devait se faire le 31 mars prochain comme prévue mais le ministre mauritanien a un problème d’agenda. Il sera à Dakar, dans la première semaine d’avril, pour la finalisation du protocole », a expliqué Oumar Guèye.

L’équipe des négociateurs était composée des directeurs des pêches maritimes, de la surveillance et de la protection des pêches et des industries de pêche. Outre ces officiels, la délégation comprenait également des représentants de chaque segment des acteurs de la pêche de la région de Saint-Louis : les senneurs qui sont des pêcheurs disposant de grandes pirogues pratiquant la pêche par senne tournante ; des pêcheurs disposant de petites pirogues appelés « félé-félé en wolof »,  des affréteurs qui pêchent pour le compte des Mauritaniens et des mareyeurs. « Ils ont tous participé au processus de négociation. C’est à leur retour que je les ai convoqués pour un débriefing, qui augure d’une solution au problème », s’est félicité le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime.  Les négociations sur l’accord de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie ont duré à cause des points de divergence surtout celui lié aux débarquements des prises à Ndiago (Mauritanie) conformément au code mauritanien de la pêche. Mais la visite, en février, du président Macky Sall, en Mauritanie, a été décisive. Les deux chefs d’État avaient donné des instructions aux ministres en charge de la Pêche de signer l’accord au plus tard le 31 mars 2018.

Mamadou GUEYE

 

Le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a affiché son optimisme quant à l’imminence de la signature de l’accord entre le Sénégal et la Mauritanie. Il a annoncé, hier, à l’issue de la rencontre avec l’équipe des négociateurs et des acteurs de la pêche de la ville de Saint-Louis, que le ministre mauritanien en charge de ce département sera au Sénégal dans la première semaine du mois d’avril pour parapher l’accord.

S’achemine-t-on vers un dénouement heureux dans les négociations entre le Sénégal et la Mauritanie sur l’accord de pêche ? Tout porte à le croire. Hier, au sortir d’une rencontre avec l’équipe des négociateurs dirigée par Mamadou Goudiaby et les acteurs de la pêche de Saint-Louis, le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a affiché son optimisme. Il a déclaré que le processus de négociation d’un protocole d’accord avec la Mauritanie est en « bonne voie ». « C’est en très bonne voie et la signature s’effectuera dans la première semaine du mois d’avril », a assuré le ministre.

Les négociateurs sénégalais ont séjourné, en Mauritanie, du 21 au 25 mars 2018. Un séjour décisif puisqu’il a permis aux deux parties de s’entendre sur l’essentiel. Oumar Guèye a annoncé que son homologue mauritanien est attendu dans la première semaine d’avril, à Dakar, pour parapher l’accord. Il a souligné que la signature de l’accord devait intervenir le 31 mars 2018, conformément aux instructions des présidents Macky Sall et Mohamed Ould Abdel Aziz, mais à cause d’un problème d’agenda de son homologue mauritanien, la cérémonie a été décalée. «La signature devait se faire le 31 mars prochain comme prévue mais le ministre mauritanien a un problème d’agenda. Il sera à Dakar, dans la première semaine d’avril, pour la finalisation du protocole », a expliqué Oumar Guèye.

L’équipe des négociateurs était composée des directeurs des pêches maritimes, de la surveillance et de la protection des pêches et des industries de pêche. Outre ces officiels, la délégation comprenait également des représentants de chaque segment des acteurs de la pêche de la région de Saint-Louis : les senneurs qui sont des pêcheurs disposant de grandes pirogues pratiquant la pêche par senne tournante ; des pêcheurs disposant de petites pirogues appelés « félé-félé en wolof », des affréteurs qui pêchent pour le compte des Mauritaniens et des mareyeurs. « Ils ont tous participé au processus de négociation. C’est à leur retour que je les ai convoqués pour un débriefing, qui augure d’une solution au problème », s’est félicité le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime. Les négociations sur l’accord de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie ont duré à cause des points de divergence surtout celui lié aux débarquements des prises à Ndiago (Mauritanie) conformément au code mauritanien de la pêche. Mais la visite, en février, du président Macky Sall, en Mauritanie, a été décisive. Les deux chefs d’État avaient donné des instructions aux ministres en charge de la Pêche de signer l’accord au plus tard le 31 mars 2018.

Mamadou GUEYE

Récemment désigné président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa a profité de l’ouverture de la 6ème édition du Africa Ceo forum pour vanter les opportunités d’investissement dans son pays. « Aujourd’hui, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre aux investisseurs car nous envisageons de mettre en place des conditions d’investissement propices. Nous réitérons notre engagement et volonté politique à placer notre pays dans le peloton des pays attractifs », a soutenu le successeur de Robert Mugabé. D’après lui, son pays a connu, pendant plusieurs décennies, d’énormes difficultés économiques dues au président déchu. « Longtemps, ajoute-t-il, le Zimbabwe a été isolé, sur les plans économique et financier, par la communauté internationale avec une panoplie de sanctions. Le moment est venu de donner une nouvelle image à notre pays. Nous avons l’ambition de mettre en place des politiques publiques visant à améliorer le climat des affaires pour permettre au secteur privé international de participer au développement socioéconomique du Zimbabwe », a insisté M. Mnangagwa.                

A. DIAW

Le chef d’État du Ghana, connu pour ses positions tranchées, a réitéré son appel à impulser une rupture dans les stratégies africaines de développement. « Il faut que nous croyions en nos potentialités économiques et capacités à apporter de la prospérité aux populations africaines. Le moment est venu de tourner le dos à l’aide étrangère car l’Afrique regorge de ressources minières et un capital humain de qualité pour se développer. En agissant ensemble, nous pourrons relever les défis de développement et de croissance économiques auxquels fait face notre continent », a indiqué le président ghanéen qui a eu droit à des applaudissements nourris. Il cite l’exemple de la Zone de libre échange continentale (Zlec) qu’une quarantaine de pays ont signé, la semaine dernière, à Kigali, en attendant sa ratification. Pour lui, les opportunités existent pour apporter la prospérité aux populations africaines. « Au cours des 14 mois que j’ai passés à la tête du Ghana, nous avons essayé de mettre en place une économie résiliente et solide pour que le Ghana ne dépende plus de la charité ou de l’aide extérieure », a dit M. Addo. Il a invité les acteurs du privé africain à s’impliquer davantage dans la création de richesse et d’emplois. « Je veux profiter de cette tribune (6ème édition du Afc) pour inviter le secteur privé à venir investir au Ghana dans des secteurs porteurs de croissance tels que l’agriculture, les mines, l’économie numérique… », a lancé le président du Ghana.

A. DIAW

 

La sixième édition du Africa Ceo forum organisée par le groupe Jeune Afrique en partenariat avec Sfi, s’est ouverte, hier, à Abidjan, en présence des chefs d’État de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Zimbabwe, des acteurs de la finance, des banques et autres décideurs économiques. Ces derniers ont saisi l’occasion pour inviter les acteurs du secteur privé africain à jouer un rôle de catalyseur dans la transformation digitale du continent.

L’ouverture de la 6e édition du Africa Ceo forum, à Abidjan, a été l’occasion, pour les dirigeants politiques et économique du continent, de se pencher sur les opportunités liées au numérique et sur la contribution des acteurs du privé dans la transformation digitale de l’Afrique. Les organisateurs de ce forum (Sfi, groupe jeune Afrique et Rainbow) sont partis d’un constat : la robotisation, l’intelligence artificielle, la digitalisation, perturbent les politiques d’industrialisation, en réduisant les impacts sur l’emploi, en modifiant, en profondeur, les modèles d’affaires de nombreux secteurs notamment dans les services.

Face à cette situation peu rassurante, il apparaît nécessaire, selon eux, d’impliquer les acteurs du secteur privé pour tirer profit des avantages du digital. « Le retour de la croissance et les évolutions technologiques en cours donnent l’occasion, si ce n’est l’obligation, de changer la donne », a déclaré Amir Ben Yahmed, président du Africa Ceo forum. Dans le même sillage, le président de Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara soutient que le secteur privé doit être le moteur de la croissance en Afrique. Selon lui, pour offrir plus d’opportunités à la jeunesse et aux entreprises du continent, des actions doivent être menées à la fois par les gouvernements africains et par le secteur privé qui, selon le chef d’État ivoirien, devrait améliorer sa productivité et ses performances pour tirer le meilleur parti des opportunités en Afrique. Il doit également mettre l’accent sur l’innovation technologique comme dans les autres économies émergentes notamment celles d’Asie et travailler avec les gouvernements pour trouver des solutions aux facteurs qui entravent sa capacité à produire et exporter des biens. Le président ivoirien ajoute que l’économie numérique deviendra « indéniablement » l’un des moteurs de la croissance de la Côte d’Ivoire et de l’amélioration de la gouvernance. Pour lui, la Côte d’Ivoire ne fait pas exception avec 17 millions d’abonnés à Internet en 2017 (contre environ 200.000 en 2011) et un processus de dématérialisation des procédures dans l’administration publique.

L’Afrique à l’épreuve de « l’industrie 4.0 »
Sur le thème du panel d’ouverture : « Révolutions digitales : transformer les menaces en opportunités », l’ingénieur marocain, Amine Tazi-Riffi, diplômé de l’École polytechnique de Lausanne et du Massachussetts institute of technology (Mit), souligne que presqu’aucun secteur d’activité n’est à l’abri du numérique. Il note que l’industrie demeure l’un des secteurs les plus affectés par la révolution numérique. « Actuellement, nous assistons à ce qu’on pourrait appeler l’industrie 4.0 », a-t-il dit en mettant en exergue l’évolution de l’utilisation du numérique dans les activités industrielles. D’après lui, la plupart des innovations liées au digital ont permis la mise en place de nouveaux services tels que le Big data, les systèmes d’information. Cet ex-pensionnaire de MIT constate qu’il y a une redistribution des cartes quant à la chaîne mondiale de production et de distribution dans le secteur de l’industrie avec une prise en compte de la dimension numérique. « Aujourd’hui, l’Afrique n’a pas le choix pour ce qui est de son insertion dans le paysage digital mondial. Elle doit impérativement s’impliquer pour ne pas rater le coche de la révolution numérique », prévient M. Riffi. Pour ce faire, il est important, préconise-t-il, pour les États de revoir leurs politiques publiques en intégrant les Tic et de s’ouvrir davantage aux capitaux privés qui pourront investir dans le digital. L’industriel nigérian, Al Hadji Abdulsamad Rubin, Pdg de Bua Group, a fait part de son expérience. L’homme d’affaire nigérian dit avoir mis en place un système d’automatisation de l’assemblage des sacs de ciment dans son usine. Une solution technologique qui lui permet de mettre sous conservation le ciment en un temps record.

Le défi de la connectivité à Internet
Évoquant la question de l’accès aux services de l’Internet, Stéphanie Von Friedeberg, chef du bureau d’exploitation à la Sfi, rappelle qu’il y a 20 ans, peu d’Africains avaient accès à la téléphonie fixe. Pour elle, depuis cette période, le fossé numérique ne cesse de se creuser. C’est pourquoi, prône Mme Friedeberg, il faut d’abord régler la question de la connectivité à Internet. A l’en croire, 60% des pays africains ne parviennent toujours pas à offrir de l’Internet convenablement à leurs populations. De son côté, Akinwumi Adésina, président de la Bad, nuance. Il estime que la quatrième révolution du numérique se passe déjà en Afrique. La vérité, dit-il, est que le continent est en retard comparé aux autres pays de l’occident.
Pour lui, il est impératif de résoudre les questions liées aux infrastructures numériques, à la connectivité et l’accès à l’électricité. « D’ici à 2025, l’Afrique aura le marché de consommateurs numériques le plus intéressant dans le monde. Dans ce cas, nos pays doivent être innovants et créatifs », ajoute M. Adesina. A son avis, il faut aussi mettre l’accent sur la qualité du capital humain au risque de ne pas s’adapter au nouvel environnement du numérique.

De notre envoyé spécial Abdou DIAW

 

Avec une filière en croissance, les acteurs réfléchissent sur les pistes d’amélioration pour inscrire, dans la durée, les performances. Ainsi, ils pourront contribuer à l’autosuffisance en viande du pays.

Les efforts consentis par les acteurs de la filière avicole du Sénégal sont bien appréciés par les pouvoirs publics. En ouvrant l’atelier d’amélioration des performances de la filière, le ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, a souligné que le « gouvernement enregistre, avec beaucoup de satisfaction, toutes les performances tangibles mais également l’engagement des acteurs qui, en investissant dans ce domaine, ont pris des risques importants face aux menaces extérieures pour la satisfaction des besoins de la Nation et l’autonomie du pays en produits avicoles ». Malgré ces progrès, l’aviculture est confrontée à des contraintes qui ont pour noms « persistance, apparition ou recrudescence de certaines maladies et non-respect des normes de biosécurité », « cherté de l’aliment de volaille et problème de la qualité des intrants », « faible transformation des produits avicoles », « compétition foncière dans les zones favorables », « insuffisance du financement de la filière », « faible professionnalisation des acteurs », entre autres.

Pour plus d’efficacité, les acteurs ont, conformément à la Loi d’orientation agro-sylvopastorale, mis en place l’Interprofession avicole du Sénégal (Ipas) en 2013. Une entité qui fédère les actions des éleveurs au Sénégal, magnifiée par le ministre qui a recommandé « l’extension de ses organes à l’ensemble du pays et à une meilleure prise en charge de l’aviculture traditionnelle et familiale ». Le ministre de l’Élevage a souligné que les politiques des États en la matière sont fortement appuyées par la Commission de l’Uemoa qui a financé le présent atelier, comme elle l’a fait pour les autres membres de l’Union. Une initiative qui, selon Aminata Mbengue Ndiaye, entre dans la mise en œuvre de la Politique agricole de l’Union (Pau) et en particulier, du Plan directeur des filières agricoles prioritaires, conduit par la Commission.

Des performances encourageantes dans le secteur

Depuis 2005, le Sénégal a pris la résolution d’arrêter l’importation de poulets et de matériels avicoles usagers à la survenue de la grippe aviaire en Europe. Une mesure de protection décidée par les autorités sénégalaises et maintenue. Elle a permis à la filière de connaître une progression sans cesse croissante. « Cette décision a été renforcée en 2012 par Macky Sall qui, à plusieurs reprises dans les instances internationales, a exprimé, sans équivoque, sa volonté de maintenir le statu quo afin de donner le temps nécessaire à notre filière avicole pour qu’elle s’organise, se renforce et soit à terme, en mesure de faire face à la rude concurrence du marché international », a dit Aminata Mbengue Ndiaye.

En 2016, la production de viande de volaille a représenté 36% de la production nationale de viande (toutes espèces confondues) qui était de 242.641 tonnes avec une progression annuelle en moyenne de 15 %. S’agissant des œufs de consommation, la production est chiffrée à 615 millions d’unités. Ce qui représente un chiffre d’affaires annuel de l’aviculture sénégalaise de plus de 160 milliards de FCfa en 2016 ». Des résultats tangibles qui, à ses yeux, ont été possibles grâce à l’important tissu industriel et d’entreprises mis en place autour de l’aviculture, notamment dans le domaine de l’alimentation, de la production de poussins, de la santé et de la transformation.

Ousseynou POUYE

 

La vache étant un animal herbivore, elle a surtout besoin, selon l’expert Alain Hoguet, de la bonne herbe à suffisance.

L’Association nationale pour l’intensification de la production laitière (Anipl) dont les membres produisent 16,5 millions de litres de lait par an, soit 8 % de la production nationale, travaille à augmenter la rentabilité des exploitations de ses membres par la formation et l’accompagnement. Ils ont suivi, pendant cinq jours, une formation axée sur la maîtrise de l’alimentation de la vache laitière et la conduite d’élevage. Durant ces cinq jours, les participants ont étudié les aliments, leurs constituants avec les matières brutes, sèches, minérales, organiques et leurs apports dans l’organisme de la vache laitière, les différents fourrages, les racines, les tubercules et leurs sous produits ainsi que les concentrés. S’agissant des concentrés, le président de l’Anipl a déclaré que des analyses sur un échantillon de l’aliment livré par un minotier s’est « avéré de loin non conforme à la fiche technique ». « Au-delà de la qualité douteuse, nous avons vu les conséquences désastreuses que peuvent provoquer une quantité excessive  de concentré sur la santé de la vache à haut potentiel laitier », a dit Mamadou Bâ, en faisant référence au cas d’acidose notés dans plusieurs fermes.

« Doubler nos besoins en surface cultivable »

Le formateur Alain Hoguet a insisté sur l’importance de l’alimentation dans le rendement des vaches.  Les animaux nourris selon un programme alimentaire adapté seront en meilleure santé (plus résistants), plus productifs (performances, kilogrammes, lait), plus longtemps dans le troupeau, a-t-il déclaré. La vache étant un animal herbivore, il a conseillé à ces fermiers de lui donner de la bonne herbe à suffisance ; « le reste ne sera qu’un complément », a dit M. Hoguet, en suggérant aux membres de l’Anipl de s’adonner à la culture du fourrage ; le meilleur moyen, à son avis, d’avoir du fourrage de qualité. Un autre défi de taille si l’on sait qu’avec l’urbanisation, les assiettes foncières se réduisent, particulièrement celles destinées à l’agriculture et à l’élevage. Et le problème est plus prégnant dans les villes où les terres en friche font l’objet de convoitises.    Consciente de ses difficultés, l’Anipl a réitéré sa demande de terres. «La problématique d’une bonne alimentation de nos vaches à haut potentiel est bien cernée et la solution vite trouvée. M. Hoguet nous recommande fortement de pratiquer des cultures fourragères. Il faut des terres et je ne doute point que notre ministre de tutelle, toujours engagé à nos côtés ne manquera pas de nous aider à résoudre cette équation foncière », a dit le général Seck au nom des participants devant le ministre de l’Élevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye. «Nous emblavons, chaque année, environ 700 hectares de fourrage de maïs et de sorgho. Avec l’aide de l’État, nous pensons doubler nos besoins en surface cultivable et avons un projet de créer, dans la région du fleuve, une ferme d’élevage de veaux sevrés dans le but de réduire nos charges d’exploitation », a renchéri Mamadou Bâ.  

Selon le président de l’Anipl, l’option d’importer des vaches à haut potentiel laitier, de former ses membres et de cultiver du fourrage a l’avantage d’inscrire la filière dans une dynamique de professionnalisation et de performance. Mamadou Bâ a demandé au ministre de les aider à obtenir de la mélasse de la Compagnie sucrière sénégalaise et des tourteaux de la Sonacos. « Ces sous produits sont indispensables dans la composition de la ration type nécessaire à l’intensification de la production laitière », a-t-il dit.

Professionnalisme
Le ministre de l’Élevage et des Productions animales a salué l’organisation de cette session de formation, jugeant même courte la durée de la formation. « Cette activité devra s’inscrire dans la durée avec des thématiques plus variées concernant, par exemple, l’habitat, l’hygiène, la santé, la reproduction, la transformation et la commercialisation », a estimé Aminata Mbengue Ndiaye. « Un des soucis constants que nous devons avoir est de former des ouvriers et des fermiers compétents dont les exploitations seront des modèles d’entreprises qui feront entrer l’élevage laitier dans une nouvelle ère en contribuant à résorber notre gap de production », a-t-elle ajouté, soutenant que le professionnalisme doit être le mot d’ordre. « Il est le garant certain de la réussite durable », a insisté Aminata Mbengue Ndiaye.

Mamadou GUEYE

 

La présidente de la Fédération nationale des femmes du monde rural, forte de 302.000 membres, Ndiouck Mbaye, salue le déroulement de la campagne de commercialisation de l’arachide. Selon elle, beaucoup de paysans ont déjà vendu leurs graines d’arachide. Dans cet entretien, elle félicite le ministère de l’Agriculture qui donne des semences et de l’engrais subventionnés aux membres de sa fédération. Toutefois, elle demande la tenue des assises du foncier et de l’agriculture pour permettre aux femmes rurales d’avoir accès à la terre.

Les opérateurs privés stockeurs et les artisans huiliers ont pris l’engagement, devant le ministre de l’Agriculture, d’acheter tous les stocks d’arachide en souffrance. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
C’est une bonne nouvelle que la Fédération nationale des femmes rurales du Sénégal accueille avec satisfaction. Au Sénégal, on dit qu’il y a beaucoup de graines d’arachide qui sont restées invendues. C’est vrai mais il y a beaucoup de graines qui sont aussi vendues. Le gouvernement avait tablé sur 150.000 tonnes d’arachide mais aujourd’hui, on est à plus de 300.000 tonnes. Si les opérateurs privés veulent tout acheter et le transformer en huile, c’est une décision que nous saluons.

Cette décision va-t-elle régler définitivement le problème de la commercialisation de l’arachide pour cette présente campagne ?
Oui. A la Fédération, il y a des femmes qui transforment leurs graines d’arachide en huile. Si les opérateurs de Touba veulent aider le gouvernement à acheter toutes les graines invendues et les transformer en huile, c’est une bonne chose. Ça va régler une partie de la commercialisation. On dit que les graines restent dans la brousse, dans les maisons. A l’heure où je vous parle, il y a beaucoup de paysans et de paysannes qui ont déjà vendu leurs graines d’arachide. Dans notre fédération, il ne reste aucune graine d’arachide. Nous avons toutes vendu nos graines.

Pourtant, beaucoup disent que la campagne de commercialisation de l’arachide de cette année constitue un échec ?
Je ne le crois pas. Il y a certains qui disent que les paysans vendent leurs graines d’arachide à 100 FCfa le kilogramme. C’est une farce. Nous qui sommes des femmes du monde rural, nos maris, nos enfants, ne vendons jamais nos graines d’arachide à 100 FCfa le kilogramme. Nous avons toujours vendu nos graines aux opérateurs à 210 FCfa le kilogramme. Même si nous allons dans les marchés, nous revendons à 190 FCfa le kilo. Nous n’avons jamais vendu nos graines à 100F. Le dire c’est nous insulter. Dire que les paysans bazardent leurs graines d’arachide à 100 FCfa le kilo, c’est de la politique politicienne. C’est de la désinformation. Chaque jour, je suis dans la brousse jusqu’à 1 heure du matin, rien que pour superviser et voir celles qui bazardent leurs graines d’arachide. Mais il n’y aucune femme de la Fédération nationale des femmes rurales qui a bazardé ses graines.

Quelle appréciation faites-vous de la campagne agricole particulièrement celle de la commercialisation de l’arachide ?
Ce n’est pas mal. Seulement, il y a des lenteurs par rapport aux financements. Nous de la Fédération, c’est l’État qui nous donne des semences en les subventionnant à 100 FCfa le kilogramme de graines non décortiquées. Aujourd’hui, non seulement l’État nous a subventionné les semences et l’engrais, mais en plus, il l’achète à 210 FCfa le kilogramme. C’est quelque chose de très important. Ceux qui critiquent l’État ne sont pas les vrais paysans. Nous n’allons plus dans les banques demander des financements pour acheter des semences ni de l’engrais.

Bientôt le mois d’avril et on parle toujours de campagne de commercialisation de l’arachide. Est-ce qu’il n’est pas temps de préparer la prochaine campagne agricole ?
On est en train de préparer cette campagne. Cette année, la quantité que nous avons produite est largement supérieure à celle des années passées. Nous avons une production record de 1.411.000 tonnes d’arachide. C’est la raison pour laquelle la commercialisation est lente mais cela n’a pas empêché l’État de préparer la prochaine campagne. Le ministère de l’Agriculture organise régulièrement des réunions. La commercialisation ne nous empêche donc pas de préparer la prochaine campagne agricole.

Parlez-nous de la Fédération nationale des femmes rurales du Sénégal…
Nous avons 302.000 membres et le nombre a encore augmenté après le 8 mars dernier. Les femmes rurales ont vu que le président de la République, Macky Sall, a décoré leur présidente nationale. Nous remercions beaucoup le ministre de la Femme, Ndèye Sally Diop Dieng qui nous a proposé. Nous remercions également le ministère de l’Agriculture. Il nous a mis en rapport avec un opérateur économique, Moussa Samba. Je le félicite et le remercie parce qu’à chaque hivernage, cet opérateur nous donne de la bonne graine. Si vous allez dans la région de Kaolack, vous entendez les paysans dirent : « ça ce sont les graines de Mme Diop Mbaye ». Nous félicitons le ministre de l’Agriculture, Papa Abdoulaye Seck qui est notre porte-bonheur. Depuis qu’il est à la tête de ce département, nous faisons des productions record. Il nous a donné des tracteurs, du matériel agricole, des semences, de l’engrais, du niébé.

Quels sont les problèmes auxquels sont confrontées les femmes du monde rural ?
Nous sommes confrontées à un problème de moulins. Nous voulons que l’État nous aide encore avec le Pudc (Programme d’urgence de développement communautaire). Jusqu’au moment où je vous parle, il y a des villages qui n’ont pas bénéficié de moulins. Leurs habitants parcourent des kilomètres pour faire moudre le mil. C’est difficile. Si le président de la République pouvait nous aider encore en nous octroyant des moulins à mil, nous lui en serons très reconnaissantes. Il y a les bourses familiales, la couverture maladie universelle et les femmes rurales en ont bénéficié. Nous ne pouvons donc que remercier le président de la République et nous ne pouvons que le soutenir.

Les femmes sont incontournables dans l’agriculture mais elles font face à un problème : l’accès à la terre. Est-ce que les membres de votre fédération sont confrontés à ce même problème ?
J’ai évoqué ce problème lors de la célébration du 08 mars. Parfois, dans la brousse, on nous dit que les femmes ne peuvent pas accéder à la terre. J’ai répondu pourquoi ? On me dit que si la femme quitte le domicile de son père, si ce dernier meurt, elle n’hérite pas de la terre. Une fois chez son mari, quand ce dernier meurt, elle n’hérite pas de la terre. Une telle raison aboutit à l’exclusion des femmes de la terre cultivable. C’est une mauvaise idée. J’ai proposé au président de la République, par le biais du ministère de l’Agriculture, d’organiser les assises de l’agriculture et du foncier. On ne peut pas parler d’agriculture sans parler du foncier. Si nous organisions ces assises, cela nous permettra, une fois pour toute, de régler le problème de l’agriculture et du foncier. Si l’on convoque les paysans récalcitrants, l’administration territoriale, les femmes du monde rural, je pense que ce problème allait se régler définitivement. En milieu rural, on loue les terres à 50.000 FCfa l’hectare. C’est difficile, c’est très dur. Nous demandons au président de la République d’organiser ces assises.

Vous êtes pour une réforme du foncier au Sénégal ?
Il y a une commission de réforme foncière mais je n’ai pas vu une femme du monde rural siéger dans cette instance. On dit qu’il y a des juristes mais si vous voulez régler un problème, il faut intégrer les intéressés dans la commission pour savoir quels sont leurs problèmes. On dit que la commission a fait le tour du Sénégal mais notre Fédération n’a jamais été convoquée à une quelconque rencontre. Si l’on pouvait faire intégrer les femmes du monde rural au sein de cette commission, ce serait une bonne chose. Peut-être que cette commission peut régler ce problème mais je n’y crois pas. Il y a des chefs de village qui sont réticents à l’idée de donner la terre aux femmes surtout la bonne terre. C’est inadmissible.

Propos recueillis par Aliou Ngamby NDIAYE

Une table de concertation déconcentrée sur les perspectives d’amélioration des pratiques de subventions agricoles, a réuni, mercredi, les principaux acteurs du secteur primaire à Kaolack. La rencontre organisée par le Programme d’accompagnement des initiatives citoyennes de la société civile visait à rendre plus performant le système en place au Sénégal.

Les performances enregistrées par le l’agriculture sénégalaise sont en partie tributaires des subventions publiques octroyées à ce secteur stratégique par l’État. Une constante reconnue à l’unanimité par les acteurs du secteur. Dans le bassin arachidier, cette question prend une ampleur particulière avec les efforts consentis par les pouvoirs publics pour cette chaine de valeurs. C’est ce que confirme une étude de l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar) de 2015 qui a servi de base à une table de concertation déconcentrée sur les perspectives d’amélioration des pratiques de subventions agricoles organisée par le Programme d’accompagnement des initiatives de la société civile (Paisc), mercredi à Kaolack. «Cette rencontre cherche à promouvoir le dialogue multi-acteur et à renforcer l’implication de la société publique dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques notamment agricole, ici, au cœur du bassin arachidier. L’objectif est de proposer des pistes d’amélioration pour la pérennisation de la filière arachidière pour laquelle personne ne conteste son rôle central dans le développement économique et social au Sénégal», a déclaré le coordonnateur du Paisc, Cheikh Tidiane Ly, à l’ouverture des travaux.

Il a rappelé les efforts consentis par l’État en amont et en aval de la production agricole et a justifié cette rencontre par la nécessité d’une plus grande efficacité dans l’utilisation de ces fonds publics qui devraient, selon lui, bénéficier en priorité aux producteurs agricoles. Dans ce contexte, le Dr Athié de l’Ipar a indiqué que pour la prochaine campagne arachidière, le gouvernement du Sénégal a financé à hauteur de 11,5 milliards de FCfa la collecte de semences pour la production de la graine oléagineuse réparties en semences certifiées et écrémées et qui vont faire l’objet de cession à des prix subventionnés pour les producteurs arachidiers. «Les subventions aux semences et à l’engrais ont contribué en partie à améliorer la productivité au Sénégal, même si cette performance est encore limitée pour diverses raisons que l’étude initiée par l’Ipar a permis d’identifier de manière spécifique», a soutenu Cheikh Omar Bâ, le directeur exécutif de ladite structure.

Un diagnostic qui a pointé du doigt une certaine disproportion notée entre gros et petits producteurs, absence de transparence dans le système de distribution et la qualité médiocre des semences et engrais. Les participants ont formulé un certain nombre de recommandations dont l’arrêt des subventions sur les semences «tout venant», l’analyse des performances des bénéficiaires de subventions, rendre les procédures d’agrément des opérateurs plus lisibles, entre autres.

L’objectif de ce programme Paisc, financé par l’Union européenne est de contribuer à accompagner les mutations de la société civile dans l’approfondissement démocratique au Sénégal.

Elimane Fall

Les transactions à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) ont doublées durant la semaine du 19 au 23 mars 2018, comparées à la semaine précédente. La valeur totale des transactions enregistrées sur la semaine s’est établie à 8,113 milliards de FCfa pour 3.730.682 titres échangés contre 4,237 milliards de FCfa pour 1.636.026 titres échangés durant la semaine précédente. Au titre de la plus forte hausse de la semaine, la Société Setao Côte d’Ivoire a terminé la semaine à 490 FCfa en progression de 40 %. La plus forte baisse de la semaine est enregistrée par le titre Saph avec un repli de 8,88 % à 4.000 FCfa. Concernant les ratios du marché des actions de la Bourse, le ratio moyen de satisfaction (titres échangés sur le volume des ordres d’achat) a évolué à 44,45 % durant la semaine sous revue contre 39,55 % durant la semaine précédente. Il en est de même du ratio moyen de liquidité (rapport des titres échangés sur le volume des ordres de vente) qui s’élève à 40,11 % contre 30,62 % précédemment. La même tendance haussière est notée concernant le ratio moyen de couverture (rapport entre le volume des ordres de vente sur celui des ordres d’achat). Il s’est établi à 208,14 % contre 150,42 %. La capitalisation boursière du marché des actions s’est établie à 6.786,80 milliards de FCfa contre 6.776,87 milliards de FCfa une semaine plus tôt. Celle du marché obligataire se situe à 2.938,04 milliards de FCfa contre 2.951,50 milliards de FCfa précédemment. Du côté des indices, on note une remontée par rapport à la semaine passée. L’indice Brvm 10 s’est établi à 218,55 points en hausse de 1,02 %. L’indice Brvm Composite a progressé de 0,15 % à 241,30 points.

(APA)

Notre pays est autosuffisant en poulet, avec une production de 50 millions, depuis près de 4 ans, selon Ahmedou Moukhtar Mbodj, président de l’Interprofession avicole du Sénégal (Ipas).

A l’ouverture de la 4ème édition du week-end de poulet, vendredi, à la Maison de la culture Douta Seck, Ahmedou Moukhtar Mbodj, président de l’Interprofession avicole du Sénégal (Ipas), a déclaré que la filière se porte bien. «Nous tournons autour de 50 millions de poulets par an alors qu’en 2005, on était à 5 millions. Il y a donc un grand bond en avant. Le Sénégal est autosuffisant en poulets de chair depuis près de 4 ans », a révélé M. Mbodj. Des résultats qui ont permis d’arrêter les importations. «A l’époque, les gens pensaient qu’on n’en était pas capable et le résultat est là», s’est-il félicité. Malgré ces bons résultats des efforts sont à faire pour une consommation plus grande de gallinacés. En effet, la consommation par tête d’habitant au Sénégal est de 5 kilogrammes par an alors qu’au Maroc, elle est de 18 kilogrammes et 26 kilogrammes en France. Serge Sadio, Secrétaire général de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa) plaide pour que chaque Sénégalais consomme annuellement, 14 kilogrammes de viande de poulet. «Nous voulons plus de visibilité. A part le poisson et la viande, la protéine animale qu’on mange le plus au Sénégal, c’est la volaille», a indiqué Serge Sadio.

Toutefois, la filière connait des difficultés. Selon Ahmedou Moukhtar Mbodj, les acteurs sont confrontés à la cherté de l’aliment et à l’accès au foncier. «Le maïs est importé. Nous devons faire de telle sorte qu’on en cultive assez au Sénégal. Présentement, on est à 2 tonnes à l’hectare alors qu’avec les semences hybrides, on peut aller jusqu’à 8 tonnes à l’hectare. Il faut que les agriculteurs travaillent avec les aviculteurs. Si l’on règle le problème du maïs qui est l’intrant principal, on va s’en sortir», a dit le président de l’Ipas. Autre défi, selon Serge Sadio, c’est la réduction de la mortalité qui pèse sur la rentabilité des exploitations avicoles.

Le Secrétaire général de la Fédération des acteurs de la filière avicole demande également la sécurisation de l’assiette foncière des Niayes pour leur permettre de s’adonner à leur activité. «Nous devons diminuer la pression foncière sur les Niayes car cette zone est plus adaptée pour élever de la volaille», a-t-il lancé.

Serge Sadio a rappelé que le week-end du poulet se tient tous les deux ans même si le ministère de tutelle veut qu’il se tienne chaque année. Cette édition, les organisateurs de l’évènement ont décidé de discuter du thème : «Place de la filière avicole dans l’autonomisation des femmes et des jeunes ». En effet, ce secteur emploie beaucoup de jeunes et de femmes et contribue à la fois à la lutte contre la pauvreté et le chômage.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le président de la République, Macky Sall, de retour de Kigali, où il a assisté au lancement de l’accord global consacrant la Zone de libre-échange continentale (Zlec), a décliné les points saillants de l’Accord et les réserves du Sénégal, un des 44 pays africains signataires. Selon lui, parce que les pays n’ayant pas le même niveau de développement, le paraphe du Sénégal, en ce qui concerne les secteurs sensibles comme le transport aérien, l’industrie et la production, est renvoyé à plus tard, le temps de les mettre à niveau.

Le Chef de l’État, Macky Sall, a d’abord tenu à rappeler «l’importance de l’acte» qui a été pris à Kigali le 21 mars dernier qu’il a considéré comme «un adjuvant essentiel pour la marche de l’Afrique vers son unité». «Après la création de l’Organisation de l’unité africaine (Oua) en 1963 et celle de l’Union africaine (Ua) en 1999, nous venons de signer, à Kigali, un acte majeur, la création de la Zone de libre-échange continentale (Zlec)», a-t-il ajouté. Considérant que «le commerce intra-africain est resté très faible et représente environ 11% des échanges avec le reste du monde», il a soutenu qu’«avec cette perspective de zone de libre échange d’une union douanière, nous pourrons booster le niveau des échanges commerciaux au sein de l’Afrique à plus de 52% ».

Cela, fait-il remarquer, «en levant les barrières douanières, en facilitant les échanges, en développant aussi les infrastructures entre les pays et surtout, en évitant des barrières non douanières qui sont des facteurs de protection indue». Ainsi, ayant la claire conscience que «tous les pays africains n’ont pas bien entendu le même niveau de développement», il a estimé que «cet accord est progressif, inclusif et il permet à chaque pays de protéger un certain nombre de secteurs sensibles et cela est échelonné».

Dans cette optique, «le Sénégal n’a pas voulu signer l’accord sur le transport aérien puisqu’aujourd’hui, nous avons, en Afrique, trois à quatre pays (Ndlr : South African Airways, Ethiopian Airlines, Kenya Airways, Royal air Maroc) qui dominent ce marché», a-t-il fait savoir. Et parce que «nous venons de relancer notre compagnie aérienne nationale, nous avons besoin d’une mise à niveau qui nous prendra peut-être cinq ans pour nous permettre vraiment de rentrer dans cette compétition du trafic aérien africain», a-t-il poursuivi.

En ce qui concerne l’industrie et les productions, le Chef de l’État a précisé qu’« il y a des situations qui vont se poser et le ministère du Commerce, dans le cadre des négociations qui vont suivre cet accord, verra l’intégration d’un certain nombre d’annexes qui en font partie intégrante et c’est là où tous ces détails seront faits». Mais pour le président Macky Sall, «le plus important, c’est que l’Afrique prenne en main son destin et travaille véritablement pour son unité telle que souhaitée par les pères fondateurs et théorisée par des Africains émérites comme Cheikh Anta Diop pour arriver vers les États-Unis d’Afrique». Même s’il reconnaît que «c’est un long processus», n’empêche que pour lui, «la zone de libre-échange continentale sera un adjuvant essentiel pour cette marche de l’Afrique vers son unité». Quid du géant Nigéria qui n’a pas signé l’accord de Kigali ? Sur cette question, le Chef de l’État s’est voulu positif et optimiste : «Je ne peux pas critiquer le Nigéria mais je suis convaincu qu’il prendra le train en marche», a-t-il affirmé.

Mamadou Lamine DIEYE

Depuis la nomination d’un nouveau directeur, le Marché central au poisson de Pikine a retrouvé de l’éclat. L’insalubrité repoussante d’alors est, aujourd’hui, un mauvais souvenir que les différents acteurs espèrent ne plus revivre.

A l’image du voile de poussière qui enveloppe le ciel dakarois, en ce vendredi 23 mars, le Marché central au poisson de Pikine, a vécu, pendant longtemps, des jours sans soleil. Mais depuis quelques mois, l’horizon semble se dégager pour ce haut lieu de commerce, poumon économique de la banlieue, mis en service en 1992. Les lieux ont changé. Radicalement. Et en bien. Une véritable cure de jouvence. Ce changement de décor en a surpris plus d’un surtout ceux qui ont l’habitude de le fréquenter. La puanteur qui empestait le hangar, les eaux dégoulinantes qui charriaient pelures et écailles de poissons, les déchets et autres ordures qui jonchaient les coins et recoins, les étals sauvages qui encombraient les entrées et les sorties donnaient à ce marché l’image d’une porcherie. La nomination à la tête de ce marché, fruit de la coopération sénégalo-nippone, de Mahamadou Abdoulaye Mbaye, au mois de novembre 2017, a tout changé.

Les premiers signes de ce renouveau se voient avant même d’y pénétrer. Les hauts murs sont repeints en bleu et blanc, les abords pavés et tous les vendeurs à la sauvette et autres petits commerces qui encombraient les alentours déguerpis. Sur la façade, on peut lire, bien mis en évidence, ces deux messages : «Nouvelle vision, nouvelle démarche» et «Liguey ngir ëlëk ». Ils traduisent, à suffisance, la dynamique dans laquelle s’est inscrite la nouvelle direction de ce marché.

A l’intérieur, les camions frigorifiques qui se garaient en face de la Direction générale ont changé d’emplacement. Sur place, un parking est aménagé. Pas un filet d’eau usée ne vient enlaidir le coin. Des bacs à ordure sont placés un peu partout. Sur le sol, pas un mouchoir qui traine. Des femmes passent et repassent leur balaie pour maintenir les lieux propres. Des espaces verts fleurissent un peu partout. Ici, les acteurs eux-mêmes sont les premiers surpris par ce changement de décor. A force de patauger durant des années dans la saleté, ils avaient fini par se réfugier dans la fatalité. «Personne n’aurait cru ce changement possible car le cadre était très dégradé. Mais le nouveau Directeur nous a démontré qu’avec un peu de volonté, il n’y a pas de problèmes insolubles», témoigne Modou Guèye, agent de sécurité qui en a vu des Directeurs passer. «J’ai travaillé sous trois directeurs, mais il faut reconnaître que Mahamadou Abdoulaye Mbaye a déjà réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué», ajoute-t-il.

A l’arrière du bâtiment de la Direction générale, la halle du marché avec son plafond en arche où pendent des lampes à la lumière tamisée, grouille de monde. Autour des étals alignés en une succession de tables basses, ça interpelle, ça s’égosille dans un fourmillement indescriptible. Sous les pieds de ce monde bigarré constitué en majorité de femmes, un sol mouillé jonché par endroit de poissons écrabouillés que des agents de nettoiement s’évertuent à évacuer. Il n’est plus question de laisser ces déchets s’amonceler et donner une odeur tenace de frelaté. A la coupée des camions frigorifiques débarquent des cargaisons de poisson. Le bruit des caissons de poisson lâchés violemment sur le sol par des portefaix se joint au bruit des âpres marchandages plongeant ces lieux dans une ambiance frénétique.

Adama Diaw et Mariétou Camara, deux vendeuses de poissons qui fréquentent ce marché depuis une dizaine d’année, sont témoins du changement de décor qui s’est opéré. En chœur, elles s’en félicitent. « Nous étions dans une atmosphère sale. Le sol était mouillé en permanence et les gens glissaient», se rappelle Adama. Mariétou renchérit : «chaque jour, il me fallait arroser ma table d’eau de javel pour chasser les mauvaises odeurs et les vers. Tout cela est, aujourd’hui, derrière nous ». Même sentiment de satisfaction chez les mareyeurs. Pour leur président, Thierno Mbengue, l’actuel Directeur du marché est la personne qu’il leur fallait. «Nous avions besoin d’une personne jeune, engagée, dynamique et volontaire. En quatre mois, il a réussi à ramener l’éclairage et la sécurité dans le marché, il a amélioré le réseau d’assainissement et le réseau routier», liste-t-il. Serigne Ndiaye, coordonnateur du Mouvement des mareyeurs et pêcheurs républicains fait chorus tout en invitant le Directeur à continuer dans sa dynamique notamment la révision complète du système d’assainissement devenu vétuste.

Reportage : Elhadji Ibrahima THIAM

MAHAMADOU ABDOULAYE MBAYE, DIRECTEUR : « ON A ARRÊTÉ LA SAIGNÉE, NOUS COMPTONS CICATRISER LA PLAIE »
M A Mbaye Marche PikineAyant hérité d’une situation difficile, le directeur du marché au poisson de Pikine a réussi, en trois mois, à changer le visage de ce marché. Il se donne un an pour faire de ce lieu «une fierté pour le Sénégal».

Comment vous vous y êtes pris pour changer, en quatre mois, le visage du Marché central au poisson ?
A ma nomination, j’ai trouvé le marché dans une situation difficile et compliquée. Je n’ai pas perdu du temps à chercher ce qui était à l’origine de cette situation. Je me suis tout de suite focalisé sur les solutions à mettre en place afin d’être efficace dans le travail et changer au plus vite le visage du marché. J’avais dit au ministre que si je n’y arrivais pas au bout de 100 jours, que j’allais démissionner. Finalement, avec mon équipe, nous avons pu relever ce défi. Pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur les recettes du marché. Car, il faut le souligner, avec les recettes qu’il génère, le marché a la possibilité de prendre certaines dépenses en charge. Le problème, c’est que ces recettes s’évaporaient dangereusement. J’ai pris des mesures en constituant une nouvelle équipe et en changeant le circuit de la collecte des recettes. Tout est informatisé maintenant. Avec ces changements, nous avons pu ainsi maîtriser le circuit de la collecte et fermer les niches d’évaporation. C’est avec cet argent que nous avons pu réfectionner le marché.

Qu’est-ce qui expliquait l’état de saleté du marché ?
L’assainissement était l’un des principaux problèmes de ce marché. Les lieux étaient très sales, l’eau stagnait partout, surtout aux abords du secteur appelé « marché Diola ». Nous avons pris à bras le corps ce problème. L’assainissement ne se fait pas par des surhommes, c’est une mission à hauteur d’homme. Nous l’avons démontré car, aujourd’hui, il n’y a plus d’eaux stagnantes, les déchets ne traînent plus, c’est un marché zéro déchet. On a ramené l’éclairage et les gens n’utilisent plus des lampes torches à l’aube. Nous y sommes allés avec notre volonté et notre vision sur la base de la feuille de route que nous a tracée le ministre de la Pêche. Même le personnel qui avait du mal à être payé à la fin du mois est maintenant payé à temps. C’est juste une question de volonté.

Néanmoins, il y a encore des défis à relever…
Tout à fait. Nous avons réussi à arrêter la saignée mais la plaie est toujours là. Nous allons tout faire pour la cicatriser. Nous comptons changer totalement le réseau d’assainissement, réhabiliter nos complexes frigorifiques pour avoir une chaîne de froid assez performant et efficace pour renforcer les recettes. Nous allons aussi refaire la route qui ceinture la halle du marché, changer les étals. Ce sont des projets que nous allons prendre en charge dans l’immédiat. Cela sera d’autant plus facile qu’il y a une adhésion des acteurs. Dans un an, ce marché redeviendra une fierté pour le Sénégal.

Propos recueillis par : Elh. I. THIAM

Le Conseil des ministres de l’Uemoa a tenu, hier, sa première session ordinaire de l’année. La rencontre a été présidée par son président Amadou Bâ. La situation économique et monétaire est au menu. L’instance a condamné les attaques terroristes perpétrées, récemment, à Ouagadougou (Burkina Faso) et à Goubé (Niger).

La première session ordinaire de l’année du Conseil des ministres de l’Uemoa s’est tenue, hier. La rencontre a été présidée par Amadou Bâ, président du Conseil. Au cours de cette session, plusieurs points étaient à l’ordre du jour. Selon M. Bâ, le Conseil avait à examiner, au titre de la Bceao, le rapport sur la situation économique et monétaire dans l’Uemoa au 31 décembre 2017.

Comme d’habitude, explique le ministre de l’Économie, ce document servira de base aux discussions sur l’analyse de l’état des lieux et des perspectives économiques et financières de l’Union, en vue de décider des mesures appropriées pour conforter durablement la croissance dans la zone. Les autres points portaient, entre autres, sur l’approbation des comptes de la Bceao pour l’exercice 2017, la désignation du président du Conseil pour la période allant du 1er avril au 31 mars 2020, les décisions de la réunion du Comité de politique monétaire tenue le 7 mars dernier.

Lors de cette rencontre tenue au siège de la Bceao, les attaques terroristes perpétrées, ces derniers jours, au Burkina Faso et au Niger, ont été condamnées. «Notre session intervient dans un contexte d’insécurité persistante dans notre sous-région, caractérisée par les attaques multiformes perpétrées à dix jours d’intervalle, à Ouagadougou, le 2 mars 2018, et à Goubé, près de Niamey, le 12 mars», a rappelé M. Bâ qui a condamné ces actes. «Ces attaques qui ont occasionné la mort de plusieurs soldats et civils et fait des blessés et dégâts matériels considérables, constituent des actes terroristes ignobles et lâches que nous condamnons de la manière la plus ferme», a-t-il dit.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan sénégalais a également rappelé le crash d’un hélicoptère militaire ralliant Ziguinchor à Dakar le 14 mars dernier ayant entrainé la mort de huit personnes et fait également de nombreux blessés. Il a, au nom du Conseil, présenté ses condoléances aux familles éplorées et transmis aux peuples frères du Burkina Faso et du Niger sa compassion et sa solidarité.

Aliou KANDE

La compagnie de textile chinoise « C&H Garments », implantée au Parc industriel de Diamniadio, à Dakar, va démarrer sa production de tenues vestimentaires en juin prochain avec, dans sa première phase, quelque 1.500 employés, a appris l’envoyé spécial de l’Aps.

«Les machines de confection qui sont actuellement au Port autonome de Dakar vont être installées au Parc industriel de Diamniadio en mai, la formation d’un premier lot de 1.500 employés faite et la confection démarrera en juin au plus tard», a indiqué Helen Hai, la directrice de la filiale rwandaise. Elle conduisait la visite guidée du président de la République, Macky Sall, dans ses installations dans la zone industrielle de Kigali, au Rwanda. Cette visite était la dernière étape du séjour du chef de l’État à Kigali, où il a participé au sommet extraordinaire de l’Union africaine (Ua) ayant abouti à la signature par 44 États africains de l’accord-cadre sur la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca). «Au départ, nous allons former et recruter 1.500 personnes, avant de porter nos recrues à au moins 3.000 pour la confection des mêmes types de produits, c’est-à-dire des uniformes, des maillots, diverses autres tenues vestimentaires destinés au marché international», a-t-elle noté.

La compagnie qui a investi quelque 25 millions de dollars pour la construction de sa filiale de Dakar, implantée dans le Parc industriel de Diamniadio, espère ainsi tirer profit de la proximité du Sénégal avec les principaux importateurs de produits textiles dont les pays de l’Union européenne et les États-Unis. Le Sénégal est le premier pays de l’Afrique francophone à accueillir cette compagnie chinoise qui a des filiales en Éthiopie, au Kenya et au Rwanda.

(APS)

Une délégation du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minérales (Rgm) avait effectué, en mars 2017, une mission au Canada dans le cadre de la Rse. Mercredi dernier, au cours d’un atelier de restitution, les deux membres de ce réseau recommandent le lancement d’une étude sur l’impact de la Rse dans les zones minières du Sénégal.

Une délégation du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minérales qui avait séjourné, en mars 2017, au Canada, a recommandé, avant-hier, une étude sur l’impact de la Responsabilité sociétale d’entreprise dans les zones minières du Sénégal. C’est au cours de l’atelier de restitution des travaux de cette mission. Hélène Tine et Cheikhou Oumar Sy, des députés de la 12e législature, faisaient partie de la délégation. Cette mission, a précisé M. Sy, avait pour objectif de renforcer les capacités des parlementaires et de bénéficier de l’expertise canadienne dans le domaine de la responsabilité sociétale d’entreprise. Durant leur séjour, les deux membres dudit réseau ont eu des rencontres avec les autorités canadiennes, visité des sites miniers et participé au salon. Ils ont eu également une séance de travail avec la direction de Iamgold Corporation qui intervient dans la région de Kédougou. Selon Cheikhou Oumar Sy, la délégation avait également visité la ville minière de Sudbury, des universités et écoles de formation. «Au terme de notre visite, nous avions recommandé le lancement, par le Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minérales, d’une étude sur l’impact de la Rse dans les zones minières du Sénégal», a confié l’ex député. «Le Canada a une grande expérience dans le domaine de la Responsabilité sociétale d’entreprise. C’est pourquoi, comme principale recommandation, nous avons pensé qu’il serait nécessaire de lancer une étude sur l’impact de la Rse dans les zones minières de notre pays», a renchéri Hélène Tine. Elle affirme qu’un état des lieux sur la Rse doit se faire, soulignant qu’au Canada, grâce à un bon dispositif juridique, l’exploitation minière a impacté positivement les localités où il y a exploitation minière. «Nous avons beaucoup à apprendre sur le Canada en exploitation minière, de politique de Rse. C’est pourquoi, cette mission était nécessaire», a déclaré Alé Lô, vice-président de l’Assemblée nationale. Le président du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minérales, Mamadou Lamine Diallo, a salué l’organisation de cette mission qui a permis un renforcement de capacité des parlementaires. «A travers cette mission, le Canada marque son attachement à la gestion responsable des ressources extractives», a indiqué Lise Filiatrault, ambassadeur du Canada au Sénégal.

Les autres recommandations portent sur la tenue d’une rencontre sous régionale sur la Rse, le partage des bonnes pratiques sur la ville minière de Sudbury notamment sur la restauration de l’environnement et le jumelage entre cette localité et Tivaouane. Le Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minérales a recommandé également la mise en place d’une fondation Sudbury. «Le Sénégal peut devenir un hub minier. Cette fondation peut aider les jeunes dans la formation par l’octroi de bourses mais aussi développer la Rse», a dit Cheikhou Oumar Sy.

Aliou KANDE


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