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Affaires et Finances (3203)

Selon le président du Conseil régional de l’épargne publique et du marché financier (Crepmf), Mamadou Ndiaye, un Etat gagnerait plus à solliciter le marché financier parfois que de puiser dans ses ressources propres pour financer un projet de développement. Aussi, ajoute-t-il dans cet entretien, le fait pour un pays de solliciter le marché financier international avec succès montre que le pays émetteur est de bonne qualité, estime-t-il, pour relativiser une certaine idée selon laquelle des pays africains comme le Sénégal qui sollicitent le marché, s’endettent à un rythme inquiétant.

Le Crepmf était à Dakar du 04 au 05 juin 2018. Quel était l’objet de votre présence à Dakar ?
L’objet principal de notre séjour à Dakar était la tenue de la 75eme session ordinaire de notre organe. En marge de cette session, nous avons organisé une journée de sensibilisation et d’information sur le marché financier régional. Le Crepmf a saisi l’occasion de sa présence à Dakar pour s’entretenir, avec les étudiants du Cesag, des universités et grandes écoles de commerce sur l’organisation, le fonctionnement et les opportunités qu’offre le marché financier régional. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de sensibilisation visant l’amélioration de la culture financière dans la zone. Cette cible constitue un important relais dans ce processus. En effet, les étudiants de ces établissements constituent les futurs cadres, dirigeants, opérateurs économiques et potentiels investisseurs. A cet égard, je me réjouis de la forte mobilisation constatée durant cette journée de sensibilisation et d’information.

Au cours de ladite session, le Crepmf a examiné une trentaine de dossiers. Il faut noter que nous sommes dans un processus de réforme qui implique la mise à jour de certains textes internes régissant le fonctionnement de l’organe. Concernant les activités du marché financier régional, nous avons examiné et délivré des agréments à de nouveaux acteurs et autorisé de nouvelles opérations de levées de ressources sur ledit marché. En outre, le Crepmf a examiné d’autres dossiers relatifs à certains chantiers de reformes qui devraient contribuer à l’approfondissement et à l’attractivité du marché ainsi qu’à la protection des épargnants.

Comment remplissez-vous votre rôle de gendarme du marché financier ?
Cette mission peut être perçue sous trois angles. D’abord, il y a l’habilitation des acteurs du marché. En sa qualité de régulateur du marché financier régional, le Crepmf agrée les structures centrales du marché, les intervenants commerciaux. Il approuve également les commissaires aux comptes, les agences de notation et les garants. Il a un rôle de contrôle. A ce titre, le Crepmf dispose d’un pouvoir de contrôle et de sanctions pouvant aller d’une mesure administrative à une sanction pécuniaire ou disciplinaire.

Les missions d’inspection et de contrôle effectuées par les services du secrétariat général du Crepmf et le respect par les acteurs des règles déontologiques des acteurs du marché financier régional contribuent à assurer une certaine éthique au sein de notre marché. En outre, la mise en place des mécanismes de protection des épargnants et d’éducation financière contribuent à renforcer la confiance à notre marché. Le Crepmf assure enfin la gestion des contentieux. En vertu de sa mission de protection de l’épargne et de règlementation du marché financier régional, il dispose d’un cadre de saisine de ses services.

Au-delà des intervenants du marché, les épargnants (personnes physiques ou morales) sont également habilités à saisir le Crepmf, sur son site web ou par tous les autres moyens ou supports, pour toutes plaintes ou réclamations. Les recours reçus par les services du secrétariat général portent essentiellement sur des litiges entre intervenants commerciaux à l’occasion du dénouement d’opérations financières ; entre clients et société de gestion à l’occasion de transfert de titres ou d’événements sur valeurs ; entre clients et société de gestion collective sur la valorisation des portefeuilles ; entre les sociétés de gestion et les structures centrales. Ce qu’il faut retenir c’est que le Conseil régional a des pouvoirs étendus : un pouvoir de contrôle étendu (le secret professionnel peut être opposé au Crepmf), un pouvoir d’information (on ne peut pas nous opposer le secret professionnel), et un pouvoir de sanction. Tout cela est encadré par les textes avec des procédures et des possibilités de recours pour ceux qui sont sanctionnés.

Quelles sont les conséquences sur le marché financier de la faible culture boursière des pays de l’Uemoa ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 2C’est un point sensible qui a motivé, en marge de nos travaux de la 75ème session, notre conférence avec les étudiants des écoles de commerce à Dakar. Pour que le marché puisse se développer, il faut des agents économiques qui ont cette culture boursière et qui sollicitent le marché pour faire des placements de leur épargne ou pour mobiliser des ressources. Le marché est le lieu de rencontre des offreurs et des demandeurs de ressources. Si ceux qui détiennent des épargnes n’ont pas cette culture boursière, le marché ne pourra pas aller très loin. Nous nous attelons à promouvoir la culture boursière. Cela se gère dans le temps, ce sont des habitudes, des comportements à avoir dès le bas-âge.

Quel est le potentiel du marché financier de l’Uemoa ?
En termes de mobilisation de l’épargne, qui est un des enjeux qui tenait à cœur les pères fondateurs de ce marché public, c’était d’abord de mobiliser l’épargne intérieur et plus tard l’épargne extérieur et la mettre à la disposition de l’économie. On peut mobiliser davantage d’épargne publique, mais pour cela, il faut proposer des produits attractifs. Seulement, cela demande des acteurs dynamiques qui ont des projets, des innovations financières. Nous, nous réglementons. Les principaux bénéficiaires du marché, ce sont les Etats ou émetteurs. Il y a des entreprises cotées mais l’essentiel des ressources est sollicité par l’Etat. Nous devons élargir notre base d’investisseurs mais aussi celle de ceux qui viennent solliciter le marché.

Récemment, la Senelec est venue solliciter le marché pour un peu plus de 30 milliards de FCfa pour financer un programme d’investissement. Si vous avez cette forme de besoin financier, vous pouvez solliciter le marché. Le potentiel du marché est insuffisamment jeune ; il a été créé en 1998. Au début, il y avait quelques balbutiements mais aujourd’hui, notre marché commence à vivre. Il y a beaucoup d’opportunités à saisir en termes de placements et de levées de ressources. Depuis ces deux dernières années, nous sentons un frémissement ; ce sont de nouveaux acteurs qui viennent. Nous sommes l’organe qui réglemente et qui donne des agréments aux acteurs.

Ces trois dernières années, nous avons eu 20 nouveaux acteurs agréés annuellement sous forme de Sgi (Société de gestion et d’intermédiation) ou de société de gestion de patrimoine ou les apporteurs d’affaires. Le marché est un écosystème où vous avez plusieurs catégories d’acteurs. Nous sommes aujourd’hui submergés par le nombre de demandes d’agréments. C’est un signe qui montre que le marché est très dynamique. Si nous parvenons à mettre en œuvre les réformes décidées par les ministres en mars 2016, cela approfondirait le marché en termes de montants à lever, d’acteurs, de nouveaux produits. Il y a une bourse où on peut acheter ou vendre (des titres) et reprendre sa trésorerie. Ainsi, on peut avoir des titres attractifs.

Par exemple, on n’a pas exploité suffisamment les soukouks, cela montre qu’on peut capter plus de ressources. Tous nos Etats sont engagés dans un processus de financement de leurs infrastructures. La participation des banques à ce financement n’est pas suffisante, car elles financent beaucoup plus les besoins à court terme. Le marché financier est plus indiqué si vous voulez financer des autoroutes par exemple avec des ressources à rembourser sur 5 à 10 ans.

Justement, il y a le problème des ressources longues indispensables au financement de nos économies. Est-ce ce parce que le marché régional est incapable de satisfaire les besoins de nos Etats en ressources longues pour financer le développement, qu’ils recourent au marché financier international à travers des émissions d’eurobonds ?
C’est une question intéressante. Mais tous les Etats utilisent divers types de financement. La nature du financement dépend de la nature du besoin. Pour certains investissements, il faut des ressources adaptées. Nous avons le marché financier, les banques, les institutions de micro finance. Les Etats ou les entreprises qui veulent lever des fonds ont la latitude de solliciter n’importe lequel de ces sources de financement. Généralement, les besoins des Etats sont importants, alors ils sollicitent le marché régional. Nous avons l’Agence Umoa Titres qui accompagne les Etats qui sollicitent le marché régional (bons du trésor, obligations du trésor).

Mais c’est souvent des ressources courtes…
Oui, les bons du trésor, c’est souvent sur deux ans, ce sont des ressources courtes. Mais certains Etats ont levé des ressources longues comme des obligations du trésor sur plus de deux ans, cinq, sept ans. Cela dépend du besoin à couvrir. Les Etats, parfois, sollicitent le marché parce que c’est justifié. Vous avez besoin, par exemple, de 100 milliards de FCfa, vous faites un arbitrage (sur le type de produit financier). Ce n’est pas que le marché régional qui ne peut pas absorber la demande tout de suite, il y a des contraintes de coûts à respecter. Quand on emprunte, on souhaite le faire au coût le plus faible. Si vous avez des conditions très avantageuses sur le marché international, la logique économique n’admettrait pas que vous laissiez des sources de financement nettement moins chères pour privilégier votre marché.

Les Etats empruntent auprès des banques, sur le marché régional et sur le marché international. Il n’est pas donné à tous les Etats de s’adresser au marché international, parce qu’il y a des critères. Il faut être transparent, avoir des règles de bonne gouvernance, une bonne signature, de bonnes performances économiques pour solliciter le marché financier international parce que, là-bas, ce sont des gens qui ne vous connaissent pas. Si vous voulez lancer un eurobond, assurez-vous de respecter tous les préalables. Ceux qui achètent les titres de l’Etat burkinabé ou béninois, sont des banques qui se trouvent par exemple aux Etats-Unis ou à Londres. Elles cherchent à fructifier leurs ressources, donc elles vont les investir sur la base de ces critères de sécurité, de rentabilité, de liquidité.

Quand un Etat veut aller sur le marché financier, il y a toujours une agence de notation qui présente sa carte d’identité (performances économiques, risques politiques, fondamentaux). Il faut s’assurer que le coût de cet endettement ne sera pas prohibitif. Lever 1.200 milliards de FCfa comme le Sénégal l’a fait dernièrement, ce n’est pas notre marché qui pourra répondre. Il y a la nature des ressources, la maturité (durée de remboursement), le taux et les autres conditionnalités. Tout cela est à intégrer dans la prise de décision. Le fait de solliciter le marché étranger avec succès est un autre signal, cela montre que les émetteurs sont de bonne qualité.

Les levées de fonds à l’international étant libellées en devises fortes telles que le dollar, n’y a-t-il pas un risque de change en retour ?
Si l’on émet dans l’Union (marché de l’Uemoa), l’avantage c’est que c’est en franc Cfa, la monnaie locale. Il n’y a donc pas de risque de change. Là, je suis tout à fait d’accord. Si vous vous ouvrez au marché financier international, il y a des risques de change à gérer. Mais tous les émetteurs qui empruntent dans une monnaie qui n’est pas la leur, s’exposent à ce risque de change.

Il y a des instruments appropriés pour couvrir le risque de change. Un risque se gère, l’essentiel est de le minimiser pour ne pas avoir à payer un coût supplémentaire. Le risque de change est inhérent à tous les marchés financiers.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), c’est seulement 45 sociétés cotées et 41 lignes obligataires pour huit pays. Comment comptez-vous pousser les entreprises à aller à la bourse ?
C’est un point extrêmement important. Le nombre de valeurs cotées est très faible. Mais il y a eu quand même une évolution ces quatre dernières années. Au début, les choses ont beaucoup trainé. La Brvm est une bourse régionale commune à huit pays, mais elle a démarré sur une base nationale, c’était la Bourse d’Abidjan avec des valeurs ivoiriennes. C’est pourquoi, il y a cette prédominance des titres ivoiriens, au-delà du fait que la Côte d’Ivoire est l’économie la plus puissante de l’Uemoa. Puisque nous sommes dans un espace communautaire, les Etats ont décidé de profiter de cet espace en le transformant en bourse régionale commune aux huit pays.

Quand on l’a ouverte aux autres pays, toute entreprise qui respecte les critères d’accès peut y intervenir, comme la Sonatel et Eti (Ecobank transnational incorporated) qui constituent des valeurs phares de la Brvm. Ces dernières années, les banques commencent à se positionner à la bourse. Sur les 45 entreprises cotées, 12 sont des banques comme Boa. C’est un moyen de lever des ressources, d’apprécier ses performances et de pouvoir assurer sa croissance.

Si vous êtes coté à la bourse, il vous est plus facile de faire une augmentation de capital ou de lever des ressources. Mais vous acceptez l’obligation de donner toutes les informations à ceux qui investissent dans votre titre de manière périodique, soit trimestrielle ou semestrielle. Vous avez une obligation de transparence mais aussi de résultat, parce que si les gens se rendent compte que le titre n’est pas rentable, les cours vont baisser parce qu’on ne va plus demander ce titre qui enregistre des pertes. On investit pour percevoir des dividendes.

Nous avons une stratégie pour augmenter le nombre de sociétés cotées. Au niveau des Etats, il y a des entreprises qu’on peut inciter à venir. Cela ramène encore à la culture boursière. On peut avoir des entreprises rentables et solides, mais si elles ne vont pas à la bourse pour se déployer davantage, on aura toujours des valeurs limitées. Il faut inciter les entreprises performantes et rentables. Par ailleurs, il y a des entreprises publiques en restructuration avec les programmes de privatisation partielle ou totale. On peut donc céder une partie du capital en passant par la bourse.

L’autre aspect, c’est inciter les banques et sociétés d’assurance à se faire coter. C’est un moyen de renforcer la gouvernance. Le troisième axe sur lequel on peut agir, c’est les Pme. Si vous regardez le tissu économique de nos pays, la grande majorité des entreprises est constituée de Pme. Les ministres ont accepté la création d’un troisième compartiment dédié aux Pme, qui sera différent du compartiment des grandes entreprises. Les critères sont allégés pour ces Pme, une dizaine de Pme ont été identifiées et seront encadrées pour venir sur le marché émettre des obligations, si elles veulent se faire coter. Si l’on combine toutes ces mesures, on devrait pouvoir, dans les deux-trois années à venir, relever sensiblement le nombre de sociétés cotées. Ce sera sous réserve qu’on puisse continuer le processus de sensibilisation à la culture financière auprès des opérateurs économiques. Si ces derniers n’ont pas confiance, il se posera toujours le problème d’approfondissement du marché.

Que gagne une Pme à aller à la Brvm, notamment en termes de taux d’intérêt, comparé aux produits bancaires ? Est-ce que vos taux sont plus alléchants ?
Oui, en principe. Normalement, si vous avez un système où il n’y a pas d’intermédiaire et un système où il y en a, logiquement le système sans intermédiaire devient moins coûteux. L’intermédiaire prend toujours sa marge. Le système bancaire est celui de l’intermédiation. Si vous allez sur le marché, c’est la finance directe, donc en principe les taux sur le marché devraient être beaucoup plus faibles. Ce qui intéresse une Pme pour son développement, ce n’est pas avoir un découvert pour gérer son exploitation, acheter des matières premières, payer ses salaires. Ce qui pose problème, ce sont les ressources longues stables qui lui permettent de financer son développement et d’accroître sa capacité de production puisqu’elle est en train de grandir. Si elle ne parvient pas à satisfaire son besoin sur le segment bancaire, elle a la possibilité de se financer sur le marché financier.

C’est un avantage très important parce que les Pme rencontrent beaucoup de contraintes lorsqu’elles sollicitent le secteur bancaire qu’elles ne rencontreraient pas si elles étaient sur le marché financier, en respectant certaines conditions. A leur décharge, ce n’est pas parce que les banques ne veulent pas financer, mais elles gèrent bien le risque en exigeant les états financiers. Même sur le marché financier, on retrouve les mêmes exigences en gouvernance, en transparence, en états financiers certifiés. L’entreprise gagne en termes de coûts et de visibilité. Pour une entreprise quelconque qui vient sur le marché, il y a des avantages certains, mais le problème, c’est à quel moment y aller, comment s’y maintenir. Il ne suffit pas d’entrer en ayant des performances en termes de rentabilité, de gestion qui puissent permettre de maintenir la confiance.

Que les banques exigent des états financiers, c’est tout à fait normal, parce qu’elles ne gèrent pas leur argent mais celui des déposants. C’est aussi normal qu’elles exigent une rentabilité, car ce sont les résultats réalisés par ces entreprises qui permettront de rembourser le crédit. Les banques sont donc dans leur logique de recherche de placements moins risqués. Nous allons travailler à alléger les critères d’accès au marché financier. Nos entreprises doivent faire un effort d’ajustement vers le haut en ayant une comptabilité qui retrace des états financiers fiables, une gouvernance satisfaisante si elles veulent prospérer dans un système économique moderne.

L’exigence de transparence ne va-t-elle pas constituer une entrave pour les Pme désirant aller en bourse quand on sait que, sociologiquement, nos entrepreneurs n’aiment pas souvent divulguer leur situation financière ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 3Effectivement, sociologiquement, nous avons des Pme familiales où l’on se dit : j’ai créé mon entreprise, je ne vais pas partager mon patrimoine en ouvrant mon capital. Ce sont des réflexes conservateurs. Mais il faut savoir qu’une affaire vit. C’était un projet qui a dépassé certaines proportions, et si vous avez plus de moyens de le gérer quand il est petit. Quand l’affaire atteint une certaine taille, il faut changer d’approche. On ne peut pas être toujours une petite société où le personnel c’est vous, votre femme, votre enfant. Si l’affaire s’agrandit, il faut changer de style de gouvernance sinon vous ne pourrez pas vous déployer parce qu’aucun tiers ne voudra travailler dans ces conditions avec vous.

Même si vous conservez la majorité du capital, le management doit changer lorsque vous atteignez une certaine taille. Vous êtes obligé d’avoir une comptabilité transparente. On ne peut pas avoir un chiffre d’affaires de 500 millions ou un milliard et ne pas payer ses impôts auprès du fisc, jouer dans la cachotterie ou ne pas avoir de comptabilité fiable. Vous êtes obligé de pouvoir retracer les transactions que vous faîtes, il vous faut un conseil d’administration, un comité d’audit, selon le droit commun. Sinon la concurrence va vous pousser à le faire parce que personne n’acceptera de mettre son argent dans une société mal organisée. Les fournisseurs vont vous exiger un minimum d’informations. Il faudra corriger cette attitude de nos Pme. Ça évolue, nous avons des Pme qui se sont positionnées sur leur créneau et qui sont devenues très performantes.

Les obligations d’informations du public des sociétés cotées à la bourse sont-elles respectées ?
Je me réjouis de vous annoncer que le taux de diffusion des informations financières par les sociétés cotées est en hausse au fil du temps. Le Crepmf attache une importance particulière au respect des obligations des sociétés cotées, gage de l’équité et de la transparence du marché financier régional. Au titre de l’année écoulée, les taux de diffusion étaient de 100 % pour les informations annuelles, 87 % pour les informations semestrielles et 50 % pour les informations trimestrielles. La sensibilisation des sociétés cotées au respect des textes réglementaires en attendant la finalisation de la relecture des textes relatifs à la diffusion des informations financières sur le marché financier régional, se poursuit.

Est-ce que le niveau de l’épargne intérieur répond à vos attentes ?
On dit que l’épargne est là, il faut la mobiliser. C’est pourquoi les autorités ont pensé opportun de créer un marché financier pour mobiliser l’épargne et l’utiliser au sein de nos économies. Vous avez la possibilité d’emprunter sur tous les huit pays de l’Union. Il y a quand même des évolutions. En 2016, on avait mobilisé 1.200 milliards de FCfa sur le marché, en 2017 ce sont 1.386 milliards. Une partie peut être apportée par l’extérieur pour rentabiliser l’épargne. Mais l’essentiel de l’épargne qui est captée est locale.

Est-ce que les fonds de retraite sont actifs sur le marché financier régional ?
C’est un autre axe qu’il faut développer. Ça commence à venir, nous travaillons sur des textes qui vont encourager l’intervention sur le marché des fonds de retraite, des fonds d’investissement. Mais il faut un cadre réglementaire incitatif. Ce sont des investisseurs qui cherchent à placer et à rentabiliser leurs ressources. S’ils voient que notre marché est sûr et que nos taux sont intéressants, ils vont venir investir.

Comment analysez-vous l’intérêt que les fonds d’investissement portent à l’Afrique maintenant ?
De plus en plus, on se convainc de l’attractivité des marchés africains. Notre marché, depuis 2012, a des taux de croissance intéressants, qui dépassent 6-7% sur plusieurs années. Cela veut dire que sur le plan macroéconomique, les performances sont là et qu’il y a une création de richesses. L’autre aspect, c’est l’environnement de manière générale. Une zone qui a de l’avenir et un potentiel de croissance attire les investisseurs sous forme de prise de participation dans les sociétés ou sous forme d’émission de titre, d’obligation. Mais s’il y a un risque politique par exemple élevé, ils ne vont pas venir mettre leur argent. Ce n’est pas pour rien qu’on fait de la notation. Les agences de notation montrent que la situation est bonne, acceptable et que si cette tendance se maintient dans deux à quatre ans, les résultats seront satisfaisants. C’est un pari sur l’avenir avec sa dose d’incertitude. Celui qui investit intègre tous ces paramètres, sans oublier l’importance des potentiels en ressources minières.

Comment se comporte le Sénégal sur le marché financier ?
Nous faisons une analyse globale du marché, le régulateur s’assure que les textes, les règles du jeu sont respectés par les acteurs. Les Etats sont soumis à des obligations pour émettre des obligations. Le Sénégal est un élément dans un ensemble de huit. L’économie de l’Uemoa repose sur la Côte d’Ivoire et le Sénégal en grande partie. Il y a plusieurs pour apprécier la performance d’un pays (taux de croissance, taux d’endettement, recettes fiscales, fréquence sur le marché financier, etc.) Un pays peut ne pas venir sur le marché pendant un an parce qu’il a des besoins qu’il peut satisfaire par un autre canal ou parce qu’ils utilisent d’autres canaux (marché international, banques). Aujourd’hui, tous les pays sont présents sur le marché mais à des degrés divers. Notre objectif, c’est avoir un marché sain, bien régulé et attractif avec des ressources à moindre coût orientées vers le financement de nos économies.

Est-ce que notre marché financier est à l’abri des soubresauts du marché international, comme la crise de 2008 qui a plus ou moins épargné l’Afrique ?
C’est difficile de dire que nous sommes à l’abri. C’est le même environnement international. Nos banques ont leur maison-mère à l’étranger, nos entreprises sont des filiales. Nous sommes dans un monde unifié. Peut-être que les niveaux d’exposition ne sont pas les mêmes. La crise financière mondiale de 2008 a touché tout le monde mais nous avons été moins touchés grâce à un système qui ne nous expose pas autant avec la réglementation des changes. Notre système est fait de telle sorte qu’il sera difficile que nous puissions connaître les mêmes conséquences que peut rencontrer une économie intégrée au marché international. Sur notre marché, les acteurs sont de la sous-région. Et puis le niveau d’exposition est relativement bien maîtrisé.

Pensez-vous que nos pays s’endettent vite et trop comme l’estiment certains ?
Les macroéconomistes sont plus à l’aise pour répondre à votre question. En matière d’endettement, il y a deux paramètres. Le premier, c’est la capacité d’endettement. Ce n’est pas mauvais en soi de s’endetter. Mais il faut être en mesure de supporter le coût de cet endettement. Sur le plan macroéconomique, il y a un critère d’endettement dans l’Uemoa (ratio dette/Pib de 70 %). Si vous vous endettez pour accroître votre potentiel en investissant dans des projets porteurs, qui génèrent de la croissance, ce n’est pas prohibitif de dire que ce n’est pas un mauvais endettement. Parfois, il est plus intéressant de s’endetter pour financer son projet que d’utiliser ses ressources propres.

Propos recueillis par Malick CISS (texte) et Pape SEYDI (photos)

L’interprofession avicole du Sénégal (Ipas) promet d’approvisionner à hauteur de 11 millions de poulets, "soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", pour satisfaire la demande nationale à l’occasion de la fête de la Korité, commémorant, dans moins d’une semaine, la fin du jeûne musulman. "La production est évaluée à onze millions de poulets, soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", a déclaré le président de l’Ipas, Amadou Moctar Mbodj, mardi à Dakar, au cours d’une conférence de presse.  Cette hausse de la production s’explique par "des conditions météorologiques favorables qui ont permis le développement optimal des sujets", a indiqué M. Mbodj, selon qui les prix resteront inchangés malgré tout, "d’autant plus que la viande de poulet est l’une des moins chères". 

Le prix du kilogramme devrait s’établir "autour de 800 FCfa", a estimé le docteur Mamadou Bâ, secrétaire général de l’Ipas, ajoutant : "Dans les zones particulièrement chaudes comme Tambacounda, les techniques de construction et le choix des souches ont permis de produire des poulets de deux kilos en moins de jours". Le technicien évoque aussi le rôle des produits donnés aux sujets pour les aider à mieux supporter la chaleur.  Avec 96.000 tonnes en 2017, la volaille représente 39 % de la viande consommée au Sénégal, selon l’interprofession avicole.

APS

Le directeur régional du développement rural (Drdr) de Thiès, Mamadou Guèye, a relevé, lundi, la nécessité de mettre en place un dispositif de collecte des données horticoles permettant d’évaluer la part de chaque région dans la production nationale de légumes."Il faut identifier la part chaque région dans la production horticole du pays", a dit M. Guèye dans un entretien avec l’Aps.  Jusqu’ici, seule la production nationale est connue, mais les chiffres à l’échelle régionale sont ignorés, a laissé entendre le responsable de l’agriculture de cette région à vocation horticole, qui fournit une bonne partie du pays en légumes.   L’oignon, la pomme de terre, la carotte entre autres, y sont largement cultivés. Le Drdr a noté que l’absence des données horticoles régionales, jugées "nécessaires", constitue "un point faible" que déplorent les techniciens de l’agriculture, dont l’horticulture est un sous-secteur.   Il a expliqué, toutefois, que cette situation tient au "caractère complexe" de l’horticulture, où à la différence des grandes cultures, on récolte plusieurs fois dans l’année.
 

Ce qui fait que la collecte de données nécessiterait la mobilisation de beaucoup d’enquêteurs sur le terrain, ce qui "demande beaucoup plus de moyens" aussi.  "On en discute toujours, mais on n’a pas encore trouvé de solution", a-t-il relevé, indiquant qu’à l’échelle régionale, il est surtout fait recours à "des estimations" concernant la production horticole.
 

Mamadou Guèye dit avoir suggéré à l’Ansd de faire faire en sorte qu’à défaut d’avoir les statistiques sur la production, l’on puisse collecter, avec l’aide de partenaires, des données sur la commercialisation des produits horticoles.
 Pour lever cette "contrainte majeure", liée au manque de statistiques, l’on pourrait, par exemple, mettre à contribution les étudiants de l’Ecole nationale supérieure d’agriculture (Ensa) de l’université de Thiès et des écoles de formation.  Certaines organisations de producteurs disposent des données de leur commercialisation, à l’image, par exemple, de l’Igpm de Mboro, a signalé le technicien.
 D’autres associations de producteurs de Kayar et Notto Gouye Diama font également d’importants chiffres d’affaires et tiennent une comptabilité de leur activité.
 Dans la région de Thiès, outre la zone des Niayes, l’horticulture est aussi pratiquée à Notto Diobass, Thiénaba, Tivaouane et Pékesse, a-t-il rappelé.
 

APS

 

Les 2.535 tonnes de semences d’arachide accordées à la région de Thiès, en vue de la campagne agricole 2018, ont été mises en place à hauteur de 66%, a indiqué, hier, le directeur régional du développement rural (Drdr), Mamadou Guèye.

"Pour la mise en place, c’est seulement l’arachide qui a commencé et les autres vont suivre incessamment", a-t-il dit dans un entretien avec l’Aps. Pour la région de Thiès, "il est prévu 2535 tonnes. Au jour d’aujourd’hui, il y a une mise en place de 1.683 tonnes, soit 66%", a indiqué Mamadou Guèye. Le Drdr a relevé qu’après le démarrage, à la mi-mai, des opérations de mise en place, la vente des semences d’arachide a démarré surtout dans les départements de Mbour et Thiès. 

Le deadline pour le démarrage de la mise en place des graines d’arachide était arrêté au 30 mai. Certains points ont été approvisionnés "à 100%", alors que d’autres "restent à parfaire", du fait de "deux opérateurs défaillants" qui ont été, par la suite, remplacés, a-t-il expliqué. 

En ce moment, tous les opérateurs sont en train de déposer les semences restantes, a-t-il poursuivi, estimant que d’ici à jeudi, la situation va évoluer et l’on pourrait atteindre les 90% de mise en place durant cette semaine.  "L’année dernière, il avait plu vers le 26 juin (à Thiès), j’espère que d’ici à cette date, la mise en place et la vente seront terminées. On est dans les délais", a dit le responsable régional de l’agriculture. La répartition des espèces diverses que sont le sorgho, le maïs, le niébé le riz a été faite, en attendant leur mise en place. Pour ce qui est du niébé, par exemple, c’est le planning des points à approvisionner qui n’était pas encore remis à l’opérateur, mais, pour le maïs, le sorgho, la stratégie arrêtée sera incessamment mise en branle, a-t-il annoncé.  Les quotas de la région concernant ces cultures sont de 22 t de maïs, 28,5 t de sorgho, 869 t de niébé et 37,5 t de riz.  Pour ce qui est du riz, le planning est fait et des organisations ont été ciblées. Ce lundi matin, la Drdr a reçu une dotation de 1,5 tonne de poudre de la direction de la protection des végétaux (Dpv), pour permettre aux producteurs de faire face à d’éventuelles attaques, après les premiers semis, en attendant l’arrivée des unités, a indiqué Mamadou Guèye. "Le problème, ce sont les engrais qui tardent. Ils arrivent toujours en dernier lieu", a-t-il noté.  Concernant le matériel agricole lourd, Thiès s’est vu accorder un quota de 22 tracteurs et autant d’offsets, ainsi que deux remorques de 5 tonnes. La part de la région en termes de semoirs et houes-sine n’est pas encore connue, a-t-il signalé, avant d’ajouter que la Drdr travaille "en étroite collaboration avec la météo, pour minimiser les risques", et pour, au besoin, mettre en œuvre le programme d’adaptation aux changements climatiques.                              

APS

 

En visite au Sénégal, le directeur exécutif de Randgold Ressources, Mark Bristow et son équipe annoncent que le projet aurifère de Massawa (région de Kédougou) est proche d’une décision de développement pour fin 2018. L’étude de faisabilité du projet est proche de la finalisation.

Le groupe minier africain Randgold Resources compte bientôt développer son projet aurifère de Massawa, après avoir presque terminé l’étude de faisabilité. « Une décision de développement est prévue pour la fin de cette année, a déclaré docteur Mark Bristow, directeur exécutif de Randgold Resources, au cours d’une conférence de presse à Dakar, lundi dernier. Dr Bristow et son équipe de direction étaient en visite d’inspection au Sénégal mais aussi pour informer le gouvernement sénégalais de l’état d’avancement du projet dont l’étude de faisabilité est « proche de la finalisation ». Les derniers tests ont révélé que 75 % des réserves de minerais de Massawa pourraient être traité à travers le procédé simple et moins coûteux de récupération par gravité, explique le groupe minier dans un communiqué. Il y a aussi la méthode de cyanuration qui consiste à surmonter l’obstacle initialement annoncé d’un projet avec une métallurgie complexe. Le reste des 25 % des réserves de minerais sera exploité en fin de durée de vie de la mine suivant le procédé de bio-oxydation ou vendu comme concentré à une structure spécialisée de traitement, explique-t-on.

L’exploration se poursuit
« Les travaux d’exploration se poursuivent en se focalisant sur l’augmentation des réserves de Massawa, et bien que le minimum requis de trois millions de onces de Randgold ne soit pas encore atteint, les autres paramètres sont positifs », a fait savoir Joel Holliday, directeur général de l’exploration du groupe minier. Le gouvernement a mis en place une commission interministérielle pour superviser les questions d’autorisation et autres protocoles de développement. Un processus de consultation publique va débuter en juillet prochain. Au cours du même mois, un projet d’étude et d’impact environnemental et social sera soumis. Massawa, un des plus grands gisements d’or non encore développé en Afrique de l’Ouest, a été découvert par Randgold en 2007. « Cette relative longue période de gestation témoigne de la ténacité de la société et une approche rigoureuse en matière d’exploration et un exemple de plus de sa façon disciplinée pour mettre en valeur ses projets », lit-on dans le communiqué. Classée comme cible de deuxième priorité, Massawa a une continuité de minéralisation sur 4,5 km, selon des travaux qui sont allés jusqu’en 2012. La main-d’œuvre employée par le groupe minier provient à 63 % de la région de Kédougou qui abrite le site de Massawa. 10 % des travailleurs viennent de Kaolack et 7 % de Tambacounda.

De l’or au marché local
Interpelé sur l’approvisionnement des bijoutiers sénégalais en or, Dr Bristow a laissé entendre qu’il se pose le problème de la Tva qui renchérit les prix. Mais « la mine de Massawa est prête à donner de l’or au marché local », ajoute le directeur exécutif de Randgold Resources. « Au Mali, cela a échoué. Il y a là-bas près de 10 milliards de FCfa de Tva », rappelle-t-il. Interrogé sur l’Initiative de transparence dans les industries extractives (Itie), le Dr Bristow, a rassuré, affirmant que son groupe adhère à la transparence dans ses activités. « Ce sont des exigences pour des sociétés cotées à la bourse », rappelle-t-il. En termes de Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse), Randgold s’est signalé en offrant cinq millions de FCfa au Village Sos, 2,5 millions de FCfa à l’hôpital pour enfants Albert Royer et 7,5 millions à l’Association des handicapés de Dakar. Un geste bien accueilli par les représentants desdites structures. Depuis 2010, le groupe a dépensé 235 millions de FCfa dans le social. Randgold est cotée à la Bourse de Londres et au Nasdaq.
Le total des dépenses de Randgold au Sénégal de 2002 au premier trimestre 2018 se chiffre à 64.433.370.087 de FCfa.

Malick CISS

 

Le Sénégal a délivré, à la date du 31 décembre 2017, 1.050.914 permis de conduire pour 561.366 véhicules immatriculés, a révélé, mardi, à Diourbel, le directeur des transports routiers, Cheikh Omar Gaye.

"Jusqu’au 31 décembre 2017, le Sénégal a délivré 1.050.914 permis de conduire’’, dont 65.366 pour la région de Diourbel, soit 6,2%, a-t-il dit au cours d’un comité régional de développement (Crd).  Cette rencontre avec les acteurs du secteur s’inscrit dans la vulgarisation de la mise en œuvre du projet de numérisation et de sécurisation des documents administratifs de transport du Sénégal, dénommé "Capp Karangë".  Le "Capp Karangë" est un projet mis en place par l’Etat du Sénégal pour le remplacement des titres de transport tels que la carte grise, l’autorisation (licence et agrément), le permis de conduire, la plaque d’immatriculation, afin de garantir aux citoyens une plus grande "sérénité sur les routes".  

Selon le directeur des transports routiers, "on ne sait pas le nombre de véhicules qui circulent au Sénégal", la seule information que les services détiennent, "c’est qu’il y a 561.366 véhicules immatriculés".  Si l’on en croit Cheikh Omar Gaye, la réforme conduite par le projet "Capp Karangë" devrait permettre aux autorités compétentes d’assainir le milieu des transports avec une ré-immatriculation du parc automobile. "Au Sénégal, il y a des plaques qui ne respectent pas le code de la route. Les plaques ne sont pas uniformes.

Avec le nouveau système, des plaques vierges avec des hologrammes seront délivrées", a annoncé M. Gaye. Ainsi, "la numérisation sera centralisée au lieu d’avoir un registre spécifique à chaque région", a-t-il ajouté, avant de souligner que le processus de dématérialisation va permettre de lutter plus efficacement contre les fraudes notées dans le système des transports. "On voit très souvent les forces de défense et de sécurité démanteler des réseaux de fabrication de faux documents administratifs, donc cela atteste à suffisance l’existence" de fraudes, même si "nous ne pouvons pas faire une évaluation", a relevé le directeur des transports routiers.

APS

 

En prélude au dialogue national sur la gestion des ressources naturelles, prévu demain, le secrétaire permanent du Cos-petrogaz, Mamadou Fall Kane, dresse, dans cet entretien, l’état des lieux des découvertes pétrolières et gazières ainsi que les contrats signés avec les multinationales. Ce diplômé de l’Ecole polytechnique de Paris révèle également les points inscrits à l’ordre du jour de cette concertation nationale.

Le Chef de l’Etat lance, demain mardi, un dialogue national sur la gestion des ressources naturelles. Qu’est-ce qui motive cette concertation ?
A travers ce dialogue, le chef de l’Etat souhaite fédérer les forces vives de la Nation autour de la gestion des revenus qui seront tirés de l’exploitation du pétrole et du gaz. Dans la perspective de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz à l’horizon 2021-2023, le président de la République a invité tous les acteurs (le parti au pouvoir, l’opposition, les chefs religieux et coutumiers, le patronat, la société civile…) à cette concertation nationale. Cette rencontre traduit sa volonté d’une gestion transparente, inclusive et durable du secteur des hydrocarbures. Il convient de rappeler que le référendum de mars 2016 a permis d’inscrire, dans la Constitution, en son article 25-1 que «Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables». C’est ce principe fort inscrit dans la constitution qu’il s’agit de matérialiser. C’est également tout le sens du dialogue national sur les ressources pétrolières et gazières.

Les acteurs conviés ont-ils confirmé leur participation ?
Il y a un engouement très fort des Sénégalais et de tous ceux qui sont détenteurs d’une légitimité sociale, économique ou politique. Que ce soit la société civile, les syndicats, le patronat, ils ont manifesté un intérêt particulier à ce dialogue. Nous avons eu des retours très encourageants. En ce qui concerne l’opposition politique, certains ont salué l’initiative ; d’autres, par contre, ont déclaré qu’ils ne viendront pas. Il faut rappeler qu’il s’agit d’un appel au dialogue. On ne peut pas obliger les gens à venir autour de la table. Mais, je pense que lorsqu’il s’agit de sujet d’intérêt national et dont les décisions feront l’objet d’une loi d’orientation, il faut privilégier l’intérêt commun et transcender les clivages partisans ou politiques. Avoir donc une attitude républicaine.

Quelles sont les attentes ?
Il s’agit de trouver un consensus fort sur la gestion des futures recettes. Il ne s’agit pas de discuter de contrats pétroliers ; parce qu’il faut savoir que dans tous les contrats pétroliers, l’Etat du Sénégal est majoritaire. Que ce soit les contrats signés sous les régimes de Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et de Macky Sall. Notre pays gagne plus de 50% de la rente pétrolière (les profits).

Cette part majoritaire de l’Etat est encadrée par le code pétrolier. C’est le cas des contrats signés par l’Etat du Sénégal qui sont publiés sur le site de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives de (Itie) et celui du gouvernement.

Dans ce dialogue, nous allons parler de l’encadrement de la gestion de la rente issue du pétrole, sa gestion et sa répartition. Quelle partie ira dans le budget de l’Etat pour soutenir ses capacités de financement ? Quelle partie sera consacrée aux générations futures dans une logique de solidarité intergénérationnelle ? Parce qu’il s’agit de ressources épuisables.

Mais pourquoi les contrats, qui font l’objet de vives polémiques, ne feront pas partie des sujets inscrits à l’ordre du jour du dialogue national ?
C’est parce que les contrats sont encadrés dans le code pétrolier en vigueur depuis 1998. Ce dernier a permis, aujourd’hui, au Sénégal de connaître ses découvertes, d’attirer des compagnies qui ont pu rechercher et découvrir des hydrocarbures. Les contrats que l’Etat du Sénégal signe sont des contrats de partage de production et ils garantissent a` l’Etat d’être majoritaire dans le partage de la rente. Après ces consultations, une loi d’orientation sur la gestion des revenus d’hydrocarbures sera votée, cette année, pour garantir une utilisation transparente et durable de ces revenus, au profit des générations actuelles et futures.

En ce qui concerne la révision du code pétrolier, il y a des discussions pour améliorer et renforcer certaines dispositions. Mais là, c’est un débat d’experts qui suit son cours et ne concerne pas les concertations. Au cours de ce dialogue, nous allons aussi parler de la composante privée des revenus pétroliers, des retombées économiques des projets pétroliers. Il n’entre donc pas dans les recettes de l’Etat (mis à part les impôts et taxes qui y sont associés) mais contribue activement à «faire tourner» l’économie du pays. C’est ce qu’on appelle communément «le contenu local».

Il y a eu également beaucoup de débats sur les contrats pétroliers signés entre le Sénégal et certaines multinationales. Les intérêts du Sénégal ont-ils été préservés dans ces contrats ?
L’Etat a besoin des multinationales, car l’activité pétrolière est risquée et coûteuse. En 2014, année des découvertes du pétrole au Sénégal, le taux mondial d’échec des forages d’exploration était de 87%, selon une étude de Reichmann energy partners. Cela signifie que 87 forages sur 100, pourtant effectués après des études géophysiques sérieuses, se sont révélés négatifs. Cela démontre aussi que l’exploration pétrolière est risquée. Nous cherchons du pétrole au Sénégal depuis 1952 ; et nous n’avions, jusque-là, trouvé que de très petites quantités qui n’étaient pas commercialisables.

Les découvertes en 2014 et en 2016 ont donc été des exceptions pour notre pays. Trouver du pétrole n’est pas une chose aisée. C’est pour cela que nous avons besoin des compagnies qui prennent tous les risques financiers. Et nous avons besoin de leurs savoir-faire technologique. L’Etat du Sénégal ne peut pas se permettre d’injecter des dizaines de milliards dans des activités extrêmement risquées. C’est comme aller jouer au casino avec l’argent public.

Tous les contrats sont publiés sur le site de l’Itie et celui du gouvernement. A partir de là, il faut interroger les contrats. Jusque-là, personne n’a été capable de dire que les contrats qui ont été signés étaient au détriment des intérêts du Sénégal. Ceux qui les négocient sont des professionnels, ils s’entourent des meilleurs cabinets d’avocats. Nous sommes sensibles à la préservation des intérêts du Sénégal. Ce sont de fausses idées qui sont entretenues sur ce sujet. Par ailleurs, le Sénégal a décidé d’adhérer volontairement à l’Itie en 2013, pendant que d’autres grandes puissances mondiales s’y retirent. Ce faux débat ne peut pas occulter tout ce que le gouvernement est en train de faire de positif. Il y a une grande volonté d’ouverture et de transparence. On ne peut pas faire à l’Etat le procès de l’opacité.

La signature de l’accord de coopération pour l'exploitation d'un important champ gazier off-shore entre le Sénégal et la Mauritanie a suscité de vives réactions, notamment du côté des politiques, quel est le contenu de cet accord ?
Cet accord était un préalable pour lancer le développement du projet de gaz «Tortue». On a découvert un important gisement de gaz qui est à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie. Comme cela se fait partout dans le monde, on prévoit un accord d’«unitisation». Le premier modèle a été le gisement de gaz de Frigg, situé entre la Norvège et la Grande Bretagne.

Tout gisement qui est donc à cheval entre deux Etats, fait l’objet d’un accord d’«unitisation», c’est-à-dire les deux pays s’accordent ensemble de mettre en commun le développement et l’exploitation de ces ressources. C’est le cas entre le Qatar et l’Iran pour ce qui est du gisement de Yamal. Dans beaucoup de pays, cela fait l’objet de disputes et ils finissent souvent dans les cours arbitrales. Dans d’autres pays, on assiste même à des conflits armés. Au Sénégal, la sagesse a guidé nos dirigeants à trouver un accord de coopération pour mettre, en commun, l’exploitation de ces ressources. Il faut savoir que le gaz et le pétrole sont dans notre sous-sol depuis des millénaires. Si l’on ne met pas ensemble notre volonté commune et faire preuve de bonne foi, les réserves continueront à être là sans être exploitées et monétisées. Il se trouve que chaque Etat s’est retrouvé à peu près à 50% des gisements. Cette répartition a été faite sur la base des données géophysiques. Sur cet accord, personne n’a décidé unilatéralement que les ressources soient réparties à moitié. On a comme impression que c’est la nature qui en a décidé ainsi. Le choix de la répartition a été dicté par la géologie du réservoir qui détermine la clé du partage.

Tous les cinq ans, il est prévu, dans l’accord, une re-détermination qui va réévaluer à nouveau les volumes d’hydrocarbures en place pour chaque Etat. Cela permettra de voir si l’un ou l’autre ne s’est pas retrouvé avec plus de 50% des gisements. Par exemple, si en 2027, on se rend compte que le Sénégal s’est retrouvé avec 55%, par exemple, il y aura un système de compensation par la Mauritanie et inversement. C’est pour dire qu’il y a cette prise en charge de l’équité sur la répartition des ressources de part et d’autre. Il s’agissait de trouver un accord sage qui garantisse une sérénité et une bonne entente pour développer et exploiter ces gisements sur les 30 prochaines années à venir.

Ces accords ont préservé les intérêts aussi bien du Sénégal que ceux la Mauritanie. Nous avons, tous les deux, les mêmes soucis face aux compagnies, à savoir préserver les intérêts de son pays. De notre côté, nous avons décidé de défendre et de préserver l’ensemble de nos intérêts. L’accord a été conclu en un temps record, 2 ans, car dans d’autres pays, les négociations peuvent durer des années. Cela montre la volonté des deux Etats de travailler ensemble, de cultiver le bon voisinage et la paix. Il faut savoir que le gisement de gaz que nous partageons avec la Mauritanie fait 15 Tcf qui correspondent à une production de 30 ans. A titre de comparaison, il y a des découvertes récentes au Mozambique sur plus de 160 Tcf de gaz.

Hormis ce gaz découvert au large de Saint-Louis, il y a aussi des gisements du Kayar, quelles sont les estimations de ce potentiel ?
Effectivement, nous avons découvert 15 Tcf au large de Kayar. Un gisement de la même taille que celui trouvé entre le Sénégal et la Mauritanie. Il y a un autre gisement qui s’appelle Teranga qui fait 5 Tcf. Pour Kayar, les ressources gazières découvertes font présentement l’objet d’évaluation. On étudie la qualité du produit, la formation du réservoir, sa géologie. Il s’agit de regarder les propriétés des roches, des sables, leur morphologie. Vous pouvez faire des découvertes et avoir un gisement qui n’est pas commercialisable. Parce que les coûts pour les sortir ne permettent pas au projet d’être rentable. Cela était le cas en Casamance où les gisements pétroliers ne sont pas commercialisables.

Qu’en est-il des perspectives de démarrage de la production du gaz et du pétrole au Sénégal ?
Pour les perspectives, il faut souligner que le gisement gazier Tortue, situe´ sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, va débuter la production en 2021-2022. Une décision finale d’investissement, confirmant la rentabilité´ du projet et proposée par les compagnies a` l’Etat du Sénégal, devrait être prise en fin 2018. Le gisement pétrolier Sne connaîtra le même processus de validation financière et pourrait débuter sa production en 2022. Ce gisement pourra produire, a` son maximum, entre 75.000 et 125.000 barils par jour, faisant du Sénégal un producteur de pétrole de taille respectable en Afrique, soit 12ème producteur en Afrique.

Il a été annoncé la construction d’un Institut national du pétrole et du gaz. Où en est ce projet ?
Afin de développer l’expertise nationale et de favoriser l’emploi des Sénégalais et Sénégalaises dans le secteur pétrolier, l’Etat a mis en place l’Institut national du Pétrole et gaz (Inpg), a` vocation sous-re´gionale, qui accueillera sa première promotion en octobre 2018. Appuyé initialement par l’expertise pédagogique internationale, l’Inpg sélectionnera et spécialisera les meilleurs étudiants, e´le`ves-inge´nieurs et professionnels sénégalais afin d’en faire des spécialistes opérationnels dès la fin de leur formation. Grâce a` une collaboration étroite et continue avec les compagnies pétrolières, l’Inpg garantira ainsi l’insertion professionnelle de ces spécialistes sénégalais a` tous les niveaux stratégiques de la chaîne pétrolière qu’il formera. Il contribuera également au renforcement des capacités du personnel de l’administration sénégalaise.

Un accord a été signé avec l’Institut français du pétrole, l’un des plus grands instituts de référence au monde. Les compagnies pétrolières sont partenaires de l’Inpg. Elles financent, en partie, la réalisation de l’institut, son fonctionnement et participent à l’élaboration des curricula. Elles participent aussi au recrutement des étudiants qui seront formés. Le design a été fait en fonction des besoins du secteur du pétrole et du gaz. Ce sont les compagnies qui ont fait une évaluation de leurs besoins et qu’elles ont soumis à l’institut. Ces sociétés vont recruter les étudiants à leur sortie. Il fallait aligner la sortie de la première promotion avec le timing de recrutement des compagnies. Pour les recrutements, les annonces seront faites dans un mois. Concernant l’infrastructure (Inpg), les travaux sont en cours au pôle urbain de Diamniadio. En attendant, les cours vont se tenir dans des locaux provisoires.

Pouvez-vous nous faire un bref rappel historique des découvertes du pétrole et du gaz au Sénégal ?
Les recherches pétrolières ont débuté au Sénégal dans les années 1950. Après plusieurs campagnes d’exploration infructueuses, du pétrole lourd a été découvert au large de la Casamance, aux niveaux du Do^me Flore et du Do^me Gea, en 1967. Ce pétrole n’a cependant pas été exploite´ car il n’était pas assez rentable. De petits gisements de gaz ont été découverts a` Diamniadio en 1987 et 1993 (DN14) puis a` Gadiaga en 1997, leur production a surtout été utilisée a` des fins de consommation industrielle et de production d’électricité locale. Depuis 2014, le Sénégal et ses partenaires ont découvert d’importants gisements de pétrole et de gaz au large de ses côtes.

Avec d’autres membres du Cos-petrogaz, vous avez effectué des voyages pour faire du benchmarking dans quelques pays, qu’est-ce que ces visites de travail ont donné ?
Oui, il y a eu des voyages de benchmarking dans la plupart des pays producteurs de pétrole et de gaz. Ils ont également de longues expériences en ce domaine. Ils ont partagé avec nous leurs expériences, les mêmes préoccupations auxquelles nous faisons face actuellement, avaient été les leurs dans le passé. Nous avons échangé avec eux sur leurs erreurs, mais aussi sur leurs succès.

Beaucoup de pays se positionnent pour accompagner le Sénégal dans l’exploitation du pétrole et du gaz, quel type de concours ces Etats pourront-ils apporter au Sénégal ?
Le Sénégal peut tirer beaucoup de choses de ces pays dans la coopération bilatérale. Ils ont mis en place leur industrie en créant des écoles de formation spécialisées, des champions nationaux, des entreprises locales, de services qui s’exportent dans le monde. Le Sénégal peut avoir des partenariats dans les entreprises à travers des joint-ventures.

En mai 2017, le groupe pétrolier français Total a signé deux accords avec le Sénégal pour l'exploration et l'exploitation de concessions pétrolières en offshore profond. Certains parlent de faveurs accordées à cette compagnie. Qu’en est-il réellement ?
L’Etat du Sénégal a signé un accord avec cette multinationale à laquelle vous faites allusion comme il l’a fait avec les autres entreprises. Je ne vois aucune raison de tout ce bruit. Il n’y a pas eu de faveur dans ces deux accords. Tout a été fait dans le respect des dispositions du code pétrolier. Ceux qui récusent ce contrat, qu’ils disent où est-ce que les intérêts du Sénégal sont bradés.

L’Etat est majoritaire dans le partage de la rente.

Pour le moment, personne ne peut savoir combien vont gagner les entreprises et l’Etat puisqu’on ne maîtrise pas le prix du baril. Aujourd’hui, il est à 90 dollars, demain il sera à 50 dollars.

Même pour ce contrat auquel vous faites référence (Ndlr : celui de Total), on ne sait pas encore s’il l’exploration fera l’objet d’une découverte, d’autres compagnies ont eu un permis d’exploration dans ce même bloc dans le passé. Mais nous souhaitons qu’il y ait des découvertes. Pour le moment, il n’y a rien à se partager puisqu’il n’y a pas encore de découvertes. C’est important d’avoir des consensus forts dans ce secteur, car dans les pays où le pétrole a permis de faire des sauts de développement, c’est parce qu’il y a eu un consensus.

Vous l’évoquiez tantôt, il y a eu aussi le pétrole lourd au large de la Casamance. A quand son exploitation ?
Non ! Ce n’est pas un projet. Ce pétrole n’est pas commercialisable. Tous les projets pétroliers et gaziers ont fait l’objet d’évaluation. On ne peut les développer que lorsqu’on peut les commercialiser. Actuellement, ce sont seulement le projet de gaz au large de Saint-Louis (Tortue) et le projet de pétrole de Sangomar qui font l’objet de développement et de commercialisation.

Comment comptez-vous veiller à ce que les études d’impact environnemental soient prises en compte ?
Ces éléments figurent dans les dispositifs contractuels. Les autorités étatiques, notamment le ministre de l’Environnement, veillent à leur application dans les cahiers de charge. Les deux projets en cours sont en off-shore, ils vont plus impacter les populations pêcheurs, notamment au large de Saint-Louis et de Sangormar (Fatick). Il y a un dialogue permanent entre les compagnies pétrolières et les populations dans la gestion de l’impact de l’exploitation des ressources dans ces localités.

L’Etat dispose aussi d’un cadre de dialogue et de concertation avec ces populations pour mitiger l’impact de l’exploitation de ces ressources sur leurs activités économiques. Il y a tout un dispositif qui est en train d’être mis en place pour réduire les risques de l’exploitation sur l’activité et la vie des populations qui seront potentiellement impactées. Cela montre, encore une fois, le sens de responsabilité de l’Etat dans la gestion de ces ressources.

Notre pays dispose-t-il d’assez de ressources humaines pour accompagner le développement de l’industrie pétrolière ?
Il y a déjà beaucoup de Sénégalais qui travaillent dans l’industrie du pétrole dans d’autres pays. Ils ont manifesté leur intérêt de prendre part à cette passionnante aventure. Certains sont déjà revenus, d’autres viendront au fur et à mesure que les choses bougent. On a mis en place un institut pour former les gens. De ce point de vue, il n’y a aucune inquiétude pour les ressources humaines. Nous travaillons également avec des cabinets d’experts dans le monde.

Par Abdou DIAW (texte) et Sarakh DIOP (photos)

LE SAVIEZ-VOUS ? : PÉTROLE ET GAZ AU SÉNÉGAL
• Seule une dizaine de forages d’exploration sur 170 ont été positifs depuis 1952 au Sénégal.

• Avant de devenir l’une des plus grandes découvertes de pétrole de l’année 2014, SNE était un prospect qui s’appelait «Lupalupa», c’est-à-dire «Papillon» en langue wolof.

• Une cible de forage d’exploration s’appelle un prospect. Ce mot est de la même famille que «Prospective» car on ne sait pas, avant forage, si la cible contient du pétrole.

• Le gisement de gaz de Yakaar (Cayar offshore profond) contient 15 Tcf de ressources soit autant que celui de Tortue (Saint-Louis offshore profond).

• Petrosen, la Société des pétroles du Sénégal, existe depuis 1981.

• Avec une production de pétrole brut de 100.000 barils/jour, le Sénégal serait le 12e producteur africain de pétrole.

• Le Sénégal a eu trois législations pétrolières : l’ordonnance de 1963 et les Codes pétroliers de 1986 et 1998. Un nouveau Code pétrolier sera voté en 2019.

• 80 à 85% des forages d’exploration dans le monde se soldent par des échecs. Quand un forage se conclut par un échec, on dit que c’est un «puits sec».

• Le réservoir est une roche qui contient du pétrole et/ou du gaz. Les meilleurs réservoirs sont les roches qui sont poreuses et perméables comme les sables, les grès.

• Le développement d’un projet pétrolier ou gazier en offshore peut coûter entre 2 et 15 milliards de dollars, selon la taille du gisement, la complexité technique du projet, etc.

• Le Sénégal est divisé en 18 blocs pétroliers.

LEXIQUE PETROLE ET GAZ
Association de compagnies : Entité regroupant les compagnies pétrolières qui sont partenaires dans un bloc pétrolier. Le mot anglais «joint-venture» est équivalent.

Baril : Unité de mesure de volume de pétrole d’origine américaine. Un baril vaut 159 litres. Un baril est souvent abrégé «bbl», acronyme de «bluebarel» car les premiers barils de pétrole aux Usa étaient de couleur bleue. Une tonne de pétrole vaut environ 7,3 barils.

Bloc pétrolier : Zone octroyée par un État à une ou plusieurs compagnie(s) pétrolières associées pour que l’exploration pétrolière y soit effectuée. Le détenteur des droits d’un bloc pétrolier doit effectuer des travaux obligatoires de recherche dans un délai défini par l’État. En cas de découverte puis d’exploitation à venir, un bloc peut être découpé en plusieurs périmètres d’exploitation.

Code pétrolier : Texte de loi qui fixe les règles et grandes orientations régissant le fonctionnement de l’industrie pétrolière dans un pays. Il est souvent complété par un décret d’application.

COS-Petrogaz : Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz. Organe de décision et d’arbitrage chargé de définir la stratégie ou schéma directeur de l’État du Sénégal dans le secteur pétrolier et gazier.

CostOil : Part de la production de pétrole que les compagnies pétrolières consacrent au remboursement des coûts d’exploration, de développement et de production. Lorsque du gaz est produit, on parle de «CostGas».

Crpp : Contrat de recherche et de partage de production. Type de contrat liant l’État du Sénégal aux compagnies pétrolières internationales associées à Petrosen. Le Crpp organise les aspects comptables, techniques, économiques et administratifs de l’exploration et, en cas de découverte commerciale, de l’exploitation des hydrocarbures.

Développement : Le développement est la phase intermédiaire entre l’exploration et la production. Il consiste à élaborer les stratégies, mener les études d’ingénierie et construire les infrastructures qui seront utilisées pour extraire, traiter, stocker et transporter les hydrocarbures.

Dfi (ou « Fid ») : Décision finale d’investissement qui vient sanctionner un projet de développement dans tous ses aspects (techniques, financiers etc.) Elle est émise par les compagnies et doit être approuvée, après examen, par l’État.

Exploration : Période où l’on recherche du pétrole. Cette phase dure quelques années et dépasse rarement une décennie. Elle est la phase la plus risquée de toutes les opérations pétrolières.

Evaluation : Phase qui succède à l’exploration et qui consiste à effectuer de nouveaux forages, des diagraphies et des essais de puits pour préciser la taille, la géologie et le débit des réservoirs d’un gisement.

Forage : Opération qui consiste à percer les roches du sous-sol terrestre pour tenter de trouver du pétrole et du gaz.

Fpso : Acronyme signifiant «Floating production storage and offloading». Les Fpso sont des navires spécialisés dans la collecte, le traitement, le stockage et l’enlèvement des hydrocarbures. Ils sont une alternative aux plateformes pétrolières fixes.

Offshore : En mer. Traduction de l’anglais «loin des côtes»

Onshore : Sur la terre ferme. Traduction de l’anglais «sur les côtes».

Pétrole : Composé naturel fossile et liquide, contenant plusieurs hydrocarbures. Il est formé sous l’effet de la chaleur interne de la terre à partir d’un précurseur appelé kérogène, lui-même formé à partir de matière organique végétale. Le pétrole est piégé dans des réservoirs géologiques rocheux d’où il est exploité. Une fois produit, il doit être raffiné pour être séparé en ses divers constituants (essence, gasoil, kérosène, naphta, etc.)

Petrosen : Société des pétroles du Sénégal. Il s’agit de la société nationale pétrolière sénégalaise. Elle constitue un partenaire obligatoire pour toute compagnie pétrolière internationale qui souhaite mener des opérations au Sénégal.

Production : Période où l’on exploite un gisement pétrolier. La production dure plusieurs années voire plusieurs décennies et connaît une phase de montée en puissance, une phase de plateau et une phase de déclin. Elle se conclut par l’abandon et la désinstallation des structures de production.

Pièges : Structures géologiques qui permettent d’emprisonner du pétrole ou du gaz en quantité commerciale. Les pièges doivent comporter une roche réservoir et une roche imperméable qui sert de couverture.

Profit Oil : Part de la production pétrolière que l’État et le contractant se partagent après que celui-ci ait déduit le «CostOil» pour rembourser les investissements de départ. Les parts de chacun dépendent d’un critère fixé par le Crpp. Ce critère de répartition peut être les volumes journaliers de production, le facteur R, la rentabilité globale du projet, etc.

Réserves : Quantités de pétrole découvertes en quantité commerciale, encore dans le sous-sol et exploitables d’un point de vue technique et économique. Les réserves sont classées en probabilités de certitude d’exploitabilité. Réserves prouvées (1P, probabilité de 90 %), les réserves prouvées + probables (2P, probabilité de 50%) et les réserves prouvées + probables + possibles (3P, probabilité 10%).

Réservoir : Roche poreuse et perméable qui peut permettre l’accumulation de pétrole, de gaz et/ou d’eau. Les roches réservoirs peuvent être des calcaires fracturés ou poreux, du sable, des grès (sable compacté), etc.

Sismique réflexion : Technique d’imagerie géophysique qui permet de modéliser l’organisation des roches dans le sous-sol. L’exploration pétrolière débute par une analyse des images sismiques déjà existantes sur un bloc pétrolier et se poursuit souvent par une nouvelle campagne sismique.

Tcf : Trillion cubic feet ou «Milliards de pieds cubes». Unité de mesure des réserves de gaz naturel.

Le directeur général de la comptabilité publique et du Trésor, Cheikh Tidiane Diop, qui recevait, hier, dans ses locaux, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, a révélé qu’au 07 juin dernier, 2.194 milliards de FCfa ont été mobilisés contre 1.664 milliards FCfa en 2017, soit une progression de 530 milliards de FCfa. Il a déclaré qu’avec un paiement effectif de 1.510 milliards de FCfa, le Sénégal dispose ainsi de près de 700 milliards de FCfa disponibles dans les comptes du Trésor de la Bceao.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a effectué, hier, une visiste de travail à la direction générale de la comptabilité publique et du Trésor. Le responsable de cette structure a fait une présentation sur l’état des comptes du Trésor du Sénégal.  Cheikh Tidiane Diop, directeur général de la comptabilité publique et du trésor, a révélé qu’au jeudi 07 juin 2018, le trésor a mobilisé 2.194 milliards de FCfa, contre 1.664 milliards en 2017, soit une progression de 530 milliards de FCfa.  A ce titre, il faut comprendre que, dans les ressources mobilisées, les recettes fiscales et non fiscales pour un montant de 864,4 milliards de FCfa en 2018 contre 825,8 milliards de FCfa en 2017, soit une progression de 39,6 milliards. Il souligne aussi, dans ce montant, qu’il y a la mobilisation sur le marché financier de l’eurobond d’un montant de 1.187 milliards FCfa en 2018 contre 725,4 milliards de FCfa en 2017, soit une augmentation de 462 milliards.

652 milliards payés aux fournisseurs et cocontractants de l’Etat en 2018
A côté de la mobilisation de 2.194 milliards de FCfa, il a y a eu des injections de liquidités dans l’économie, c'est-à-dire des paiements qui ont été effectués à la date du 07 juin, pour un montant de 1.510 milliards de FCfa en 2018, contre 1.326 milliards de FCfa  à la même période de 2017, soit une hausse 184,1 milliards. « Cela veut dire qu’aujourd’hui, qu’en glissement annuel et en valeur absolue, du 1er janvier 2018 au 07 juin 2018, le trésor a payé plus de 1.510 milliards de FCfa. C’est un effort qui traduit, aujourd’hui, la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements», explique Cheikh Tidiane Diop. Au titre des paiements, pour les grandes rubriques, le trésor a payé aux fournisseurs et cocontractants de l’Etat,  un montant de 652 milliards de FCfa, en 2018, contre 475 milliards de FCfa en 2017, soit une progression de 177 milliards, ce «qui dénote de la qualité du portefeuille de trésorerie». Pour les rubriques de grandes lignes de paiement, le trésor a retenu les dépenses de personnel de l’Etat, des collectivités territoriales, des corps émergents pour un montant payé de 337, 7 milliards de FCfa en 2018 contre 317 milliards de FCfa en 2017. Au titre du service de la dette, il a été payé 391,3 milliards de FCfa contre 382,7 milliards de FCfa, soit une variation positive  de 8,5 milliards. Sur les paiements, quelques postes phares ont été présentés aussi. Relativement aux infrastructures, il a été payé un montant de 182,5 milliards FCfa dont 59 milliards de FCfa pour l’Ageroute, 37,7 milliards de FCfa pour l’Apix, le Fera (Fonds d’entretien routier) pour 17,4 milliards de FCfa. Pour l’hydraulique 12,2 milliards FCfa ont été payés et le Programme de modernisation des villes religieuses a reçu 9,1 milliards de FCfa; il y a eu 6,5 milliards de FCfa pour les constructions de résidences universitaires. L’Onas, dans la politique d’assainissement dans 10 villes phares, a reçu 5,5 milliards de FCfa. Sur l’agriculture, le directeur de la comptabilité publique et du trésor soutient que ses services ont enregistré des paiements, à la date du 1er janvier 2017 au 7 juin, d’un montant de 60,6 milliards de F Cfa dont 47 milliards au titre de la campagne arachidière 2018. D’après M. Diop, «l’Etat a fait face à tous ses engagements au titre de la campagne arachidière et nous avons payé tous nos engagements vis-à-vis des banques, des opérateurs privés stockeurs et des producteurs».  Au titre des bourses d’étudiants, du 1er janvier au 07 juin, 30 milliards de FCfa ont été payés, selon M. Diop. Pour les ambassades, le trésor a payé, en approvisionnement 25,8 milliards de FCfa dont 12 milliards de FCfa au titre du fonctionnement; au titre du Pudc, le trésor a payé 15,4 milliards de FCfa  à, la date du 07 juin. Les collectivités territoriales qui constituent des déposants du trésor ont reçu un paiement de 37,7 milliards du 1er janvier au 07 juin contre des contributions de trésorerie de 26 milliards de FCfa, soit des avances nettes de trésorerie de 11,7 milliards de FCfa au profit de ces collectivités.

Oumar KANDE

AMADOU BÂ, MINISTRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN : « NOUS N’AVONS PAS, AUJOURD’HUI, DE PROBLÈME DE TRÉSORERIE… »
Tresor SnLe ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a soutenu que le Sénégal n’a pas de problème de trésorerie, mais avec la rigueur budgétaire, il faut être prudent.

Après la présentation du directeur général de la comptabilité publique et du trésor, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a confié que la mission assignée par le président de la République est de travailler en toute rigueur et en toute transparence. «C’est la première fois que le trésor ouvre ses portes de cette manière et invite la presse à une cérémonie de présentation des comptes du trésor certifiés à la Bceao. Le président exige de nous que nous ayons une démarche rigoureuse et de transparence dans la gestion des comptes publics», dit-il. Le ministre rassure en réaffirmant : «nous n’avons pas, aujourd’hui, de problème de trésorerie». Pour lui, la mise en œuvre du Pse produit des résultats, mais cela ne signifie pas que nous n’avons pas de difficultés. «En termes de trésorerie, on n’a pas de difficultés majeures avec plus de 700 milliards de FCfa disponibles, soit le budget du Sénégal en 1997. C’est peut être au niveau du budget que nous avons quelques contraintes. Mais, lorsqu’on a de la trésorerie et au budgétaire on a des contraintes, on peut laisser déraper, mais ce n’est pas responsable et c’est l’attitude d’un gouvernement qui ne se soucie pas de demain», explique l’argentier de l’Etat. Ce dernier rappelle que le budget 2017 a été bâti sur des hypothèses de croissance, d’un déficit budgétaire, d’un niveau de recettes et de dépenses projetées etc.

Impact de la hausse du prix du baril du pétrole
Cependant, il rappelle que l’environnement international a changé dans le second semestre de l’année 2017, avec la hausse du baril du pétrole, «et on s’est retrouvé avec une moins-value de recettes de 130 milliards de FCfa ». «Dans une situation pareille, le gouvernement s’était engagé sur une cible de déficit budgétaire de 337 milliards de FCfa; dès lors, avec la moins-value  de recettes, on pouvait partir de 337 plus 130 milliards de FCfa, soit un déficit budgétaire de 6%; si on l’avait fait, sur le marché international, on n’aurait pas eu ces taux. Cela ôterait au Sénégal toute crédibilité. Durant cette période 2017, nous avons pensé tout faire pour que la cible du déficit soit respectée et reporté à certaines dépenses sur 2018», ajoute-t-il. Avec la hausse du baril du pétrole, le ministre précise que le Président n’a pas voulu qu’on tire les conséquences de l’évolution du prix du baril sur les prix du carburant et sur l’électricité. «Le Président pense qu’il faut soutenir davantage les consommateurs. En 2018, on a fait des reports de dépenses de 2017, mais l’environnement international a continué de se dégrader; le pétrole a atteint 80 dollars le baril», lance Amadou Bâ qui insiste sur l’importance du prix du baril sur nos recettes.  Par rapport à certaines revendications, le ministre soutient que la réponse, c’était soit de dépenser l’ensemble de nos trésoreries et de se retrouver dans des difficultés soit «on avance avec méthode, avec prudence pour maintenir les bases actuelles de la stabilité économique». Et, il a soutenu que «c’est cette option qui a été décidée». Le ministre confirme également que «l’économie sénégalaise se porte bien mais nous sommes dans un environnement incertain qui nous oblige à faire preuve de prudence parce qu’un budget, c’est une programmation annuelle». Sur le budget de 3.700 milliards de FCfa voté par l’Assemblée nationale à la date d’aujourd’hui, il indique que le Sénégal est à 45,81% d’engagement.

O. KANDE

DETTE DES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : LE MINISTRE DE L’ECONOMIE RENCONTRE SON HOMOLOGUE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, LUNDI
Revenant sur la situation des établissements privés d’enseignements qui réclament une dette de 16 milliards de FCfa à l’Etat, le ministre des Finances rappelle que c’est depuis 2013 que le président a pris la mesure avec une première dotation de 3,7 milliards FCfa. Depuis lors, 5 milliards de FCfa sont inscrits chaque année dans les différents budgets. «Toutes les sommes inscrites dans le budget ont été engagées par la direction générale du Budget et effectivement payées par le trésor. Maintenant, dans le pratique budgétaire, il est possible qu’il y ait des difficultés ça et là et que, peut être, des étudiants qui n’étaient pas prévus dans le budget soient inscrits et que les factures reçues par le ministère de l’Enseignement supérieur dépassent le budget prévu. Mais, l’obstacle juridique, c’est de devoir faire face à une dépense qui n’est pas inscrite dans le budget», martèle le ministre de l’Economie. Il salue l’attitude du ministre de l’Enseignement supérieur et indique que ses services vont mettre en œuvre les instructions du président de la République. C’est ainsi que les deux ministres vont se rencontrer dès ce lundi «pour trouver une solution à cette question douloureuse». En outre, pour prendre en charge toutes ces questions, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan apprend qu’ils iront bientôt à l’Assemblée nationale pour une Loi de finance rectificative (Lfr) pour changer les priorités du budget avec, notamment l’intégration des mesures prises pour le secteur de l’éducation (150 milliards de FCfa), l’augmentation des bourses, avec les imprévus dans l’agriculture etc.

O. KANDE

Dans la session annuelle du conseil d’administration du Programme des nations unies pour le développement (Pnud) qui se tient actuellement à New York, le bureau du Sénégal a présenté les réalisations du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). 

Les réalisations du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) ont été présentées, hier, à New-York. C’était lors de la session annuelle du Conseil d’administration du Programme des nations-unies pour le développement (Pnud). Selon un communiqué reçu à notre rédaction, pour le conseil d’administration, l’objectif était d’avoir une meilleure idée de l’image de la prochaine génération du Pnud sur le terrain et de son évolution au cours des premiers mois de mise en œuvre du nouveau Plan stratégique 2018-2021, qui envisage un Pnud plus efficace, transparent et responsable, et mieux à même de fournir des résultats plus solides aux pays. «La retransmission en direct (une première en la matière) a permis de transporter, au Sénégal, les membres du conseil d’administration, de faire l'expérience du travail accompli par le Pnud sur place, mais également de rencontrer les participants, les chargés de projet, les partenaires gouvernementaux et les donateurs et de leur parler directement», renseigne le document. La session a permis un échange à la fois interactif, vivant, et informatif entre les membres du conseil d’administration, les autorités, les bénéficiaires et les communautés soutenues par le cadre du Pudc. Après l’introduction par Tegegnework Gettu, administrateur adjoint du Pnud, une vidéo des résultats du Pudc a été projetée et un aperçu du programme a été donné par Mme Priya Gajraj, représentant résident du Pnud, et Cheikh Diop, directeur national du Pudc. A leur suite, les parties prenantes et les participants nationaux ont partagé quelques points de vue. Il s’en est ensuivi une séance de questions-réponses avec les membres du conseil d'administration, qui portait surtout sur l’impact du projet sur la vie des bénéficiaires ; les leçons apprises du programme ; la vision que les acteurs locaux ont de la prochaine génération du Pnud tel qu’envisagé par le Plan stratégique 2018-2021.

Lancé en 2015 par le gouvernement du Sénégal, le Pudc vise à améliorer les conditions socioéconomiques des populations rurales dans les zones défavorisées du Sénégal. Doté d'un budget d'environ 192 millions de dollars (près de 105 milliards de FCfa), le projet est entièrement financé par le gouvernement sénégalais et mis en œuvre par le Pnud, avec aussi un apport financier de ce dernier. Il est axé sur le développement des infrastructures socioéconomiques de base, l'amélioration de la productivité rurale, l'agriculture et l'élevage, et le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs locaux.

Selon le communiqué, le Pudc a permis l’électrification de 335 villages (80 centrales solaires opérationnelles et produisent 255 volts en moyenne tension/basse tension) ; le raccordement des villages au réseau routier national (692 km de routes rurales construites dont 575 ouvertes à la circulation) ; la fourniture d'eau aux zones rurales (830 villages ont accès à l'eau potable, avec 229 forages et 147 châteaux d'eau). Il y a également la fourniture de matériel agricole et post-agricoles aux agriculteurs, en particulier aux femmes (3.729 équipements ont été distribués et impactent plus de 2 millions de personnes), sans oublier les chaînes de valeurs horticoles (3 centres de collecte de lait mis en place, 133 surfaces végétales cultivées couvrant 526 ha dans 133 villages, 100 périmètres clôturés d'une superficie de 402 ha complétés).

Aliou KANDE

L’Isra est dans une dynamique d’une nouvelle carte variétale sur l’arachide. Elle lui permettra de contribuer efficacement à l’atteinte d’un objectif de production nationale de 2 millions de tonnes d’arachide, a déclaré, hier, à Saint-Louis, le directeur général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles, Dr Alioune Fall. M. Fall s’est réjoui des performances agricoles obtenues par le gouvernement dans la mise en œuvre du Pse, du Pracas et du Pnar. Des performances qui ont permis à notre pays d’enregistrer une production d’1,4 million de tonnes d’arachide.

Selon lui, si l’Isra arrive à homologuer de nouvelles variétés de semences d’arachide, « notre pays pourra, à coup sûr, produire 2 millions de tonnes d’arachide, cet objectif est réalisable car, toutes les conditions sont réunies pour améliorer de manière significative la production arachidière ». Il a enfin longuement insisté sur l'urgence et la nécessité de renforcer les moyens dont dispose l'isra, en vue de lui permettre d'accomplir, dans de très bonnes conditions, la mission qui lui est dévolue, consistant à produire des semences certifiées et à contribuer efficacement, à travers la recherche agricole, à l'atteinte de l'ensemble des objectifs du Plan Sénégal émergent (Pse).

S’adressant à la presse, Alioune Fall a réitéré l’engagement indéfectible de l’Isra, à travailler d’arrache-pied pour changer la carte variétale de l’arachide. Il a précisé que l’Isra a déjà homologué une dizaine de variétés d’arachide,  mais que ses services vont « remplacer rapidement les anciennes variétés par des variétés de semences d’arachide qui ont des potentiels de production beaucoup plus importants ». Avec un itinéraire technique adapté, ces nouvelles variétés permettront aux producteurs d'arachide sénégalais d’obtenir un rendement de 2,5 tonnes à l’hectare. Pour ce faire, a noté le directeur général de l’Isra, il est absolument nécessaire d’accompagner les producteurs dans l’encadrement, afin de leur permettre d’avoir une idée des exigences de ces nouvelles variétés d’arachide en termes d’engrais, de traitement phytosanitaire, entre autres.

Mbagnick Kharachi Diagne

UNE NOUVELLE VARIÉTÉ DE RIZ DE 58 JOURS BIENTÔT HOMOLOGUÉE
L’Isra est en train de tout mettre en œuvre pour homologuer, dans les plus brefs délais, une nouvelle variété de semence de riz à cycle très court (58 jours), a annoncé le directeur général de l’Isra, Alioune Fall. Il a déclaré qu’avec les variétés de riz existantes, il est possible emblaver tout le bassin arachidier en riz et toutes les zones agro-écologiques de notre pays. Selon lui, si le gouvernement arrive à mettre à contribution la riziculture pluviale, les producteurs sénégalais dépasseront largement l’objectif de production d’un million cinquante mille tonnes de riz blanc, équivalant de l’objectif du Programme national d’autosuffisance en riz, soit 1,6 million de tonnes de paddy.

Mb. K. Diagne

L’Isra est en train de tout mettre en œuvre pour homologuer, dans les plus brefs délais, une nouvelle variété de semence de riz à cycle très court (58 jours), a annoncé le directeur général de l’Isra, Alioune Fall. Il a déclaré qu’avec les variétés de riz existantes, il est possible emblaver tout le bassin arachidier en riz et toutes les zones agro-écologiques de notre pays. Selon lui, si le gouvernement arrive à mettre à contribution la riziculture pluviale, les producteurs sénégalais dépasseront largement l’objectif de production d’un million cinquante mille tonnes de riz blanc, équivalant de l’objectif du Programme national d’autosuffisance en riz, soit 1,6 million de tonnes de paddy.

Mb. K. Diagne

Le ministère de la Pêche et de l’Economie maritime et l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), en partenariat avec Wwf Allemagne, viennent d’équiper, en balises de géolocalisation, 26 embarcations artisanales. Ce projet constitue la deuxième phase et vise à améliorer la sécurité des pêcheurs en mer.

En 2017, 140 pertes en vies humaines ou disparitions en mer ont été enregistrées, soit une hausse de 63%, comparativement à l’année 2016 (92 victimes). Pour faire face à ces contraintes et réduire les risques de catastrophe, l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) et le ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, en partenariat avec Wwf Allemagne, avaient expérimenté, en 2017, une phase test d’installation d’une dizaine d’appareils « Ais » (système d’identification automatique) et Smart Track à bord des pirogues et des navires de pêche semi-industrielle. Les résultats convaincants de cette phase test ont conduit le Wwf à financer une seconde phase pilote pour améliorer les aspects techniques liés à l’avènement des données et informations issues de l’utilisation des appareils, et mobiliser davantage les acteurs et partenaires pour une meilleure transparence et sécurité des activités de pêche au Sénégal. Pour cette deuxième phase, 26 nouveaux appareils de géolocalisation améliorés seront installés à bord d’autant d’embarcations de pêche artisanale dont 8 à Yoff, 9 à Kayar et le reste à Joal, en partenariat avec la Sonatel. L’atelier d’information et de lancement de la seconde phase projet de géolocalisation des embarcations de pêche de pêche semi-industrielle et artisanale au Sénégal, tenu hier, s’inscrit dans ce contexte. Selon le chef de mission de l’Uicn au Sénégal, Racine Kane, la première phase du projet a permis de « franchir une étape importante vers l’identification des meilleures solutions pour la gestion et la transparence des pêcheries ». Elle a permis, poursuit-il, d’apporter un certain nombre de réponses sur l’identification du type d’appareil le plus adapté pour l’environnement des embarcations, l’efficacité de la plateforme de visualisation « See Ocean », l’appropriation de la technologie par les acteurs, etc.

Le capitaine de vaisseau, Mamadou Ndiaye, directeur de la protection et de la surveillance de la pêche (Dpsp), a rappelé que ce projet s’inscrit dans une convention de partenariat que le ministère de la Pêche a signé en 2015 avec l’Uicn, laquelle porte sur la conduite d’un projet expérimental de géolocalisation et de suivi par le système d’identification automatique (Ais) des embarcations de pêche artisanale et de certains navires de pêche industrielle au Sénégal. Il se dit persuadé que dans un proche avenir, une solution efficace de renforcement de la sécurité des pêcheurs artisans sera trouvée pour le bonheur de tous les acteurs. Par ailleurs, a-t-il souligné, le ministère de la Pêche vient d’acquérir 40 balises pour faire d’autres tests et apporter des solutions à cette problématique de la sécurité en mer, à côté de 100 autres dans la coopération avec l’Afrique du Sud. « L’idéal est qu’à terme, un système puisse être choisi et étendu sur l’ensemble du parc piroguier sénégalais », a expliqué M. Ndiaye.

Pour sa part, le représentant de la Sonatel, Bernard Faye, a témoigné de l’intérêt du projet pour la sécurité et la protection des ressources halieutiques et des pêcheurs, tout en réitérant l’engagement de sa structure à apporter son soutien technique et financier pour sa réussite. Les acteurs présents à cet atelier ont apprécié l’avènement de ces équipements qui leur permettront de pratiquer leur métier en toute sécurité.

Souleymane Diam SY

En visite dans les périmètres irrigués villageois de Ndiayes, emblavés en oignon et dans les champs de pomme de terre de SenegIndia aménagés dans la commune de Mbane dans le département de Dagana, le ministre du Commerce, Alioune Sarr, s’est adressé à la presse pour rassurer les consommateurs sénégalais sur la disponibilité d’une quantité importante d’oignon et de pomme de terre de très bonne qualité dans nos différents marchés. Cette production pourrait permettre de satisfaire la demande nationale en oignon et en pomme de terre à l’occasion de la Korité.

Il a précisé que des stocks importants de ces denrées de première nécessité, produites dans la région Nord et dans la zone de Notto Gouye Diama, pourraient être cédés aux consommateurs à des prix abordables et fixés par le ministère du Commerce. Plus explicite, il a laissé entendre que, sur l’ensemble du territoire, l’oignon pourrait être vendu à 350 FCfa le kilogramme. Quant à la pomme de terre, elle pourra être cédée à 400 FCfa le kilogramme. Il a invité les producteurs à pratiquer les prix fixés par ses services,  l’Etat ayant gelé toutes les importations d’oignon et de pomme de terre afin de permettre aux paysans « de commercialiser leurs productions dans de très bonnes conditions ».

Le ministre Alioune Sarr a ensuite rendu un vibrant hommage à nos partenaires indiens de SengIndia et aux producteurs du delta et de la vallée du fleuve Sénégal, de la zone de Notto Gouye Diama, une localité située dans la région de Thiès, pour leur contribution importante à l’autosuffisance en oignon et en pomme de terre de notre pays. xDe l’avis du ministre du commerce, il est grand temps que nos producteurs se modernisent, en s’activant dans le domaine de la transformation des produits agricoles.

Mbagnick Kharachi Diagne

Le trafic aérien à l’Aéroport Blaise Diagne (Aibd) a connu une progression en moyenne de 6% depuis l’ouverture de cette infrastructure implantée à Diass (50km de Dakar). Cependant, le fret a eu du mal à décoller au début, selon le directeur général de Limak-Aibd-Summa (Las), la société de gestion de la plateforme de l’Aibd.

« Au bout de six mois, nous sommes à un peu plus d’un million de passagers. Nous sommes sur une progression de trafic d’environ 6 % en moyenne entre le 1er janvier et aujourd’hui », a affirmé Xavier Mary, directeur général de Limak-Aibd-Summa (Las, un consortium détenu à 33 % pour chacune des deux entreprises turques et à 34 % par l’Aibd), au cours d’une rencontre avec la presse, hier à Dakar. Cette progression est essentiellement due à l’arrivée de quatre nouvelles compagnies mais aussi à un bon niveau de remplissage sur certaines destinations telles que Paris et Bruxelles, explique-t-il. Aujourd’hui, 36 compagnies aériennes régulières ou cargo desservent l’Aibd vers une soixantaine de destinations. Pour le fret, l’aérogare dédiée dispose de chambres froides d’une capacité de 50.000 tonnes par an. Cependant, le fret, qui a connu « un démarrage difficile », n’a pas réalisé d’aussi bonnes performances, faisant « moins de 2% par rapport à l’an dernier », « mais le trafic remonte », a rassuré le directeur général de Las. M. Mary a fait savoir qu’il y a encore des points à améliorer, six mois après l’entrée en service de l’aéroport, sans entrer dans les détails.

Moins de 30.000 mouvements d’avions déjà
Tour AibdL’Aibd a une capacité globale de trois millions de passagers, le nouvel aéroport (pour le compte de décembre) et Léopold Sédar Senghor de Dakar ont cumulé 2,5 millions de passagers (arrivées et départs) en 2017. La capacité d’accueil de Diass, équipée d’une piste de 3500 mètres de long et 75 mètres de large et sept voies de circulations de taxiways (qui permettent aux avions de sortir rapidement de la piste) sur 14 km est de 80.000 mouvements d’avions par an, grâce à ses 50 positions de parkings avions, a ajouté le patron de Las. Pour le moment, l’aéroport, qui dispose de 44 portes d’enregistrement, 11 portes d’embarquement, quatre tapis de livraison de bagages à l’arrivée et six passerelles télescopiques, a cumulé moins de 30.000 mouvements.

Selon Xavier Mary, « le positionnement géographique de Diass qui est proche de Saly, est quelque chose de bénéfique, nous sommes a proximité de la cité administrative de Diamniadio. Le site a été choisi avec une vision futuriste ».

Quant aux redevances aéroportuaires fixées par l’Etat et versées à certaines structures telles que l’Asecna et l’Anacim, elles sont « marginales », se situant entre 10 et 20% de la redevance globale, a poursuivi le directeur général de Las. Pour éviter d’avoir trop de pression financière sur les compagnies, l’idée est de développer les redevances extra-aéronautiques générées par exemple par les commerces (galerie commerciale) ou les services offerts aux passagers. L’Aibd évolue dans un environnement aéroportuaire très concurrentiel, reconnaît Xavier Mary, raison de ne négliger aucune typologie de trafic. « Nous essayons de voir les nouvelles typologies pour les attirer, nous sommes en train d’identifier les marchés », a-t-il dit. Le développement du pavillon national Air Sénégal SA, qui a effectué son premier vol récemment, est attendu avec impatience par les responsables de l’Aibd.

Diass regroupe 693 collaborateurs. 541 personnes disposant de contrat à durée déterminée ou indéterminée, qui étaient en service à Dakar, évoluent maintenant à l’Aibd, a fait savoir Xavier Mary. Au total, un millier de personnes travaillent à Aibd assistance services (2As), la filiale de Las, créée par l’Etat en août dernier, pour assurer exclusivement l’assistance en escale. Cette filiale a repris les agents de Shs et Ahs, deux sociétés de handling qui évoluaient à Dakar. Par ailleurs, l’Aibd a tenu, mercredi dernier, avec succès son premier exercice de gestion de crise, assure le patron de Las.

Malick CISS

AEROPORT CITY, HOTELS, FERME PHOTOVOLTAÏQUES… : L’AIBD AFFICHE SES AMBITIONS
Parmi les projets de l’Aéroport international Blaise Diagne, figurent en bonne place un centre de maintenance aéronautique, un Aéroport City de 1.000 hectares avec des bureaux et bâtiments administratifs et des hôtels. « Nous avons une offre hôtelière avec des gammes différentes pour satisfaire tout le monde. Pour protéger l’environnement, l’Aibd compte s’équiper en ferme photovoltaïque afin de s’assurer une autoconsommation et réduire sa facture d’électricité. Le surplus de production pourrait même être injecté dans le réseau de la Senelec. Autre projet, c’est la galerie commerciale, «nous avons hâte de la voir arriver. Nous travaillons à faire un espace convivial avec de petites superettes, des produits bio sénégalais», a déclaré Xavier Mary. Une station de carburant sera aussi installée «dans les semaines qui viennent», sans oublier la grande attente : le Train express régional (Ter) dont l’arrivée à Diass est prévue en 2021. Le directeur de Las a évoqué les ambitions de sa structure dans la Responsabilité sociétale d’entreprise, notamment avec la formation des jeunes aux métiers aéroportuaires grâce au projet de Las Académie, un appui aux populations riveraines.

CHANGER LE MODÈLE DE GESTION DES CHARIOTS
Par ailleurs, les autorités de Las ont minimisé l’affaire des places de parkings qui seraient payants pour les gendarmes positionnés à l’aéroport. «Nous discutons avec eux», a assuré Papa Mahawa Diouf, directeur des opérations de Las. Selon lui, les forces de sécurité veulent plus de places. Quant au contrat sur les chariots, il constate des difficultés au démarrage, « les Sénégalais ne sont pas contents. Nous souhaitons changer de modèle de gestion, ce n’est pas seulement un problème de prix, a-t-il ajouté. La presse a révélé que Las a cassé le marché des chariots payants à l’Aibd.

M. CISS

A l’issue de la deuxième réunion du comité de politique monétaire de l’institution financière de l’année 2018, le gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, se dit satisfait du dynamisme de la croissance mondiale et celle des pays de l’Uemoa amorcée depuis 2012. « Cette croissance continue à un niveau que nous considérons comme satisfaisant puisqu’elle est supérieure à 6%. C’est l’une des croissances les plus fortes en Afrique à l’heure actuelle », a-t-il déclaré. Pour le taux d’inflation, il souligne qu’il reste toujours modéré étant autour de 0,9%. « Le taux d’inflation est à un niveau acceptable car ne dépassant pas 3%. Nous sommes largement en deçà de cela. Cela veut dire qu’on ne craint pas de hausse intempestive de prix. Ce qui pourrait gêner la croissance et les activités économiques », ajoute le gouverneur de la Bceao.                        

S. Diam SY

La filière anacarde a apporté une plus-value de 3,5 à 4 points à la balance des exportations sénégalaises, a révélé, mardi, à Ziguinchor (Sud), le ministre du Commerce, Alioune Sarr.

"Le chiffre d’affaires pour la présente campagne de commercialisation d’anacarde est estimé à 50 milliards de FCfa, ce qui est équivalent à 3,5 à 4 points sur la balance des exportations. Entre 2012 et 2018, les exportations du Sénégal ont progressé de 21 points. Si l’on y ajoute 4% de plus, nous aurons un taux d’exportation de 25%", a-t-il dit.  Alioune Sarr a visité, mardi, après-midi, Mv Teos, un bateau porte-conteneurs d’une capacité de près de 5.000 tonnes. Ce navire est arrivé lundi au port de Ziguinchor (sud) en vue de contribuer à "relever le défi de transporter les 50.000 tonnes d’anacarde" de la zone sud vers Dakar. "L’objectif de cette mesure est de capter tout le flux financier généré par la filière anacarde. Le trafic au port de Ziguinchor s’est amplifié avec la présence de plusieurs camions. Depuis l’achat du cajou, la collecte, l’ensachage, la restauration, le transport et tous les services annexes générés par cette filière vont permettre de booster l’économie locale", a expliqué le ministre du Commerce.  Selon lui, le président de la République Macky Sall, a consenti un investissement de 22 milliards de FCfa pour faire de Ziguinchor un hub logistique sous régional.
 

"La présence de ces bateaux à grand tirant d’eau va booster l’économie de la région de Ziguinchor parce que l’exportation de beaucoup de produits se fera à partir de Ziguinchor. Le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) a mobilisé tous les chargeurs, les armateurs et tous les acteurs à redynamiser l’infrastructure portuaire de Ziguinchor", a indiqué le ministre du commerce.
 Les responsables de Cosama, affréteur du navire Teos, ont assuré au ministre la venue d’un troisième navire, "Djilor", avant fin juin pour permettre au Sénégal de devenir exportateur d’anacarde.

APS

Les exportations de biens sont estimées à 384,2 milliards au premier trimestre 2018 contre 323,6 milliards au trimestre précèdent, soit une progression de 18,7% (près de 58 milliards de FCfa), selon la dernière note de conjoncture de la Dpee.

La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) explique cette évolution des exportations sénégalaises par une embellie notée dans les branches des produits alimentaires, de l’acide phosphorique, des produits pétroliers, du ciment ainsi que les engrais minéraux et chimiques. Concernant les produits alimentaires, la consolidation, en variation trimestrielle, des exportations est principalement attribuable aux produits arachidiers, aux légumes frais et aux produits halieutiques. S’agissant des produits pétroliers, l’accroissement des ventes à l’étranger traduit des effets prix (+6,9%) et quantité (+5,0%). En revanche, les ventes à l’étranger de titane et d’or non monétaire se sont contractées, entre le dernier trimestre 2017 et le premier trimestre 2018, en liaison avec les replis respectifs des quantités expédiées de 59,5% et 7,0%. Vers les pays de l’Uemoa, les exportations du Sénégal sont évaluées à 88,8 milliards au premier trimestre de 2018 contre 84,1 milliards au trimestre précédent, soit une hausse de  4,7 milliards (+5,7%). Elles ont représenté 23,1% de la valeur totale des exportations de marchandises au titre du premier trimestre de 2018 contre 26,0% au trimestre précédent. La part du Mali, principale destination des ventes du Sénégal dans l’Union, a diminué de 3,8 points de pourcentage pour s’établir à 55,7%. Les exportations de marchandises vers ce partenaire ont notamment porté sur le ciment et les « préparations pour soupes, potages et bouillons ». S’agissant des importations, au premier trimestre de 2018, elles sont évaluées à 942,6 milliards contre 941 milliards au trimestre précédent, soit une augmentation de 1,6 milliard (+0,2%). Cette situation est, principalement, imputable aux produits pétroliers (+6,9 milliards) et aux «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles » (+6,0 milliards).

Pour ce qui est des importations en provenance des pays de l’Uemoa, elles se sont établies à 18,1 milliards au premier trimestre de 2018 contre 17,4 milliards au trimestre précédent, soit une hausse de 0,7 milliard. Elles ont représenté 1,9% de la valeur totale des importations de biens, au même niveau qu’au quatrième trimestre de 2017.
La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 77,2% au premier trimestre de 2018 contre 87,1% au trimestre précédent. En glissement annuel, les importations en provenance des pays de l’Uemoa ont diminué de 2,1 milliards (-10,5%).

Abdou DIAW

 

Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a tenu, hier, sa deuxième réunion ordinaire pour l’année 2018. A l’issue des travaux, l’institution a engagé les Etats membres de l’Union à poursuivre les efforts de mobilisation des recettes et de rationalisation des dépenses. Le communiqué final a été lu par le directeur de la conjoncture économique et des analyses monétaires de la Bceao, Toussaint Damoh.

Le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a engagé, hier, les Etats membres de l’Union à poursuivre les efforts de mobilisation de recettes fiscales et de rationalisation des dépenses publiques. Dans un communiqué sanctionnant sa deuxième réunion ordinaire de l’année 2018, tenue sous la présidence du gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, par ailleurs, président statutaire, le comité a constaté une baisse du déficit budgétaire, base engagements, dons compris, prévus par les Etats pour l’ensemble de l’année 2018. Ce déficit budgétaire est attendu à 3,8% du Pib contre 4,2% en 2017, pour un objectif communautaire de 3,0% à l’horizon 2019. Le comité appelle ainsi les Etats membres de l’Union à davantage poursuivre « les efforts de mobilisation des recettes et de rationalisation des dépenses publiques ». Au regard de ces évolutions, le comité a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité à 2,50% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,50%. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure fixé à 3,0%.  A l’occasion, le comité a passé en revue les principales évolutions de la conjoncture économique internationale et régionale au cours de la période récente ainsi que les facteurs de risque pouvant peser sur les perspectives d’inflation et de croissance économique de l’Union. Sur le plan international, a relevé le comité, l’activité économique est restée dynamique à l’échelle mondiale au premier trimestre 2018. Sur l’ensemble de l’année, celle-ci devrait progresser de 3,9% après une hausse de 3,8% en 2017, selon les projections du Fonds monétaire international (Fmi), publiées en avril 2018, a-t-il noté.

Hausse des cours du pétrole, de la noix de cajou, du coton, du cacao et de l’or
« Les prix internationaux des principales matières premières exportées par les pays de l’Union ont connu des évolutions contrastées durant le premier trimestre 2018. Les cours du pétrole, de la noix de cajou, du coton, du cacao et de l’or ont progressé tandis que ceux de l’huile de palme, du café et du caoutchouc se sont repliés », a fait remarquer le comité dans son communiqué. Dans l’Union, le comité souligne que l’activité économique est demeurée « vigoureuse au premier trimestre 2018 ». La progression du produit intérieur brut réel, soutenue principalement par la demande intérieure, est ressortie à 6,5%, en glissement annuel, après 6,4% le trimestre précédent.

Le comité de politique monétaire note également que la masse monétaire, dans l’Union, s’est accrue de 8,8%, en glissement annuel au premier trimestre 2018, reflétant une consolidation des actifs extérieurs nets (+66,1%) et une progression des créances intérieures (+3,8%). Le taux d’intérêt moyen trimestriel du marché monétaire est ressorti à 4,50% contre 4,10% le trimestre précédent. Toutefois, le comité relève une tendance à la décrue des taux du marché monétaire sur les deux premiers mois du deuxième trimestre 2018. Alors que le taux d’inflation, en glissement annuel, est ressorti à 0,9% au premier trimestre 2018, stable par rapport au trimestre précédent. Cette hausse du niveau général des prix est essentiellement imprimée par la composante « Alimentation », en liaison avec le renchérissement des céréales dans certains pays sahéliens, a fait savoir le comité. A l’horizon de vingt-quatre mois, le taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 1,5% en phase avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque centrale, observe le comité.

Souleymane Diam SY

 

Depuis 2014, la Banque nationale pour le développement économique du Sénégal (Bnde) se positionne comme un instrument de financement des Petites et moyennes entreprises (Pme). C’est ce que soutient son directeur général. Dans cet entretien réalisé à Busan, en Corée du Sud, lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad), Thierno Seydou Nourou Sy fait le bilan de son institution et soutient que la Bnde a réalisé plus de 30% de pénétration de financement en faveur des Pme.

Monsieur le directeur général, qu’est-ce qui explique votre présence ici à Busan ?
Je suis à Busan, en Corée du Sud, sur invitation de la Bad mais également parce que la Bnde a été nominée parmi les cinq banques les plus innovantes d’Afrique. Je viens donc participer aussi aux « African awards » qui se tiennent en marge des Assemblées annuelles. Aussi nous nous intéressons au thème de ces assemblées annuelles qui porte sur l’industrialisation de l’Afrique.

Parce que dans le cadre de sa stratégie de financement, notre banque a privilégié le financement de l’investissement pour la création d’industries ou le renforcement des capacités industrielles des Pme. Notre objectif est d’accompagner les Pme dans un processus de mise en valeur en intervenant sur tous les maillons de la chaîne pour toucher tous les secteurs économiques : primaire, secondaire et tertiaire. Le secteur secondaire est très important dans la mise en œuvre de ces axes stratégiques de la Bnde qui a d’ailleurs commencé à partir de 2016 à intervenir plus dans le financement dans le domaine de la transformation après une meilleure maîtrise du financement de la collecte de matières premières agricoles. Pour nous donc, le thème est important et il doit nous inspirer dans notre stratégie. Il doit nous faciliter la mise en œuvre d’une relation durable avec la Bad par un accompagnement technique mais aussi par une longue disponibilité des ressources.

Le thème de ces assemblées annuelles de la Bad porte sur l’industrialisation de l’Afrique. Comment l’appréhendez-vous ?
C’est un thème important. En Afrique, nous avons un retard important dans le développement industriel. Nous pouvons même dire que l’industrie est souvent oubliée dans nos stratégies de développement économique. Les conséquences de cet oubli, c’est d’abord l’absence dans les chaînes de valeur, le passage à la transformation de nos matières premières qui sont malheureusement exportées à l’état brut sans valeur ajoutée. Ceci, combiné à l’ouverture de nos frontières, les industries qui existaient et se battaient ont perdu leur compétitivité et leur rentabilité du fait de l’arrivée de produits extérieurs. C’est donc un thème important. Il faudra, dans la vision de développement de nos pays, que nous puissions intégrer le volet industriel et mettre en parallèle le développement du secteur agricole à celui du secteur industriel. Il faudra aussi que nous allions vers les nouvelles générations industrielles, intelligentes, combinées à un volet de formation et de mise à niveau intellectuelle.

Comment la Bad doit s’appuyer sur les banques locales pour financer l’industrialisation de l’Afrique ?
Justement, c’est l’un des objectifs de ma visite ici à Busan. Je suis venu pour échanger avec la Bad, voir la mise en œuvre concrète de sa politique dans les pays membres. Le discours de la Bad sur l’industrialisation, la transformation doit être appliqué en s’appuyant sur les banques de développement locales comme relais. La Bad a un rôle à jouer dans la diffusion de sa stratégie et dans le partenariat avec les acteurs de financements locaux qui sont dans le développement.

La Bnde est une banque dédiée au financement des Pme. Qu’avez-vous réalisé depuis 2014 ?
Ce que nous avons fait depuis 2014, c’est d’avoir un taux de pénétration des Pme qui va au-delà du taux classique bancaire. Je vous rappelle que des études faites en 2007 avaient révélé que seuls 16% des portefeuilles de banques intéressent les Pme. Il ne s’agissait d’ailleurs que des Pme structurées, celles qui l’étaient moins n’avaient pas accès au financement bancaire.

Aujourd’hui, nous avons plus de 30% de pénétration de financement en faveur des Pme. Nous avons aussi mis en place des modèles d’intervention qui permettent aux Pme de satisfaire leurs besoins de fonctionnement et d’investissement. Nous avons aussi privilégié des secteurs importants comme l’agriculture, les Btp, le numérique, l’hôtellerie, etc. Des secteurs souvent délaissés par le secteur bancaire. Nous avons pu, avec un dispositif et une approche inclusive de financement, permettre aux acteurs de cette cible clientèle se faire accompagner par notre banque aussi bien dans l’exploitation que dans l’investissement.

Notre intervention dans le financement de l’investissement a commencé par le secteur agricole qui a bénéficié plus de l’accompagnement de la Bnde dans l’industrialisation de la chaîne de valeur. Pour le cas du riz, aujourd’hui, si le Sénégal a pu réaliser un niveau de production de riz prêt à la consommation jamais obtenu, c’est parce que notre banque a financé des opérateurs économiques qui ont investi dans la transformation avec des usines modernes.

Nous avons touché également d’autres spéculations comme l’anacarde. Nous sommes en train de le faire également sur l’huile. Nous cherchons des solutions qui permettent de renforcer les capacités des entreprises qui produisent l’huile. Avec le Bureau de mise à niveau, nous avons accompagné des Pme qui, à un moment donné, avaient besoin de compétitivité, d’investissement.

Aujourd’hui, ces entreprises sont aux normes. Dans le secteur de l’hôtellerie, nous avons mis en place un système de financement pour de petits hôtels qui se trouvent partout au Sénégal pour leur permettre d’avoir des équipements adéquats, se mettre à niveau et offrir un service de qualité pouvant attirer des touristes étrangers.

Nous avons également permis à des porteurs de projets, dans des domaines précis, de se faire accompagner par notre institution financière. Ce qui est très difficile dans le secteur bancaire sénégalais car les banques ont peur de financer les start-up.

Nous avons créé un département pour financer uniquement les start-up. Nous en avons financé une centaine. L’objectif, c’est d’avoir un taux de réussite assez important, nous l’avons obtenu avec 80% des entreprises que nous avons financées. Nous avons également essayé de trouver des solutions de financement pour les femmes et les jeunes, qui sont généralement exclus par le système bancaire. Nous avons mis en place des financements pour eux afin de leur permettre d’avoir de petites activités. Depuis sa création, la Bnde a mobilisé un montant global de financement de l’ordre de 80 milliards de FCfa. Nous avons, aujourd’hui, un total bilan de 140 milliards avec une augmentation de plus de 80% entre 2016 et 2017. (fenêtre)

Nous sommes aussi intervenus en 2017 dans le financement du Pse. Nous avons commencé à recevoir le soutien de l’Etat dans l’allocation de ressources longues pour mieux accompagner les Pme. Aujourd’hui, notre banque se positionne comme celle des Pme. L’accès au financement de notre institution financière est reconnu par tous les acteurs. Ce qu’il faut retenir, c’est que notre activité est orientée dans le financement d’une cible risquée, combinée par l’obligation de respecter la réglementation bancaire en gestion des risques. Pour réussir à combiner ses deux préoccupations antinomiques, nous avons misé sur l’innovation dans l’accompagnement des Pme. C’est cette démarche innovante qui nous a valu d’être nominé aux African awards.

Votre institution financière a mobilisé 80 milliards de FCfa de financement. Quel est le secteur qui a le plus absorbé ces fonds ?
Le secteur qui a le plus bénéficié de nos financements, ce sont les Bâtiments et travaux publics (Btp), le secteur agricole, la distribution, la santé, l’hôtellerie. Nous n’avons pas une dominance forte par secteur. Mais les deux secteurs les plus accompagnés sont l’agriculture et les Btp.

En 2016, vous avez financé les transporteurs pour le renouvellement du parc des gros porteurs ? Y aura-t-il une seconde phase ?
Effectivement, nous avons financé le secteur du transport des gros porteurs, qui, il faut le reconnaître, est assez éloigné du secteur bancaire. Nous avons osé pénétrer ce secteur pour l’accompagner dans son développement. C’est dans ce cadre que nous avons, en 2014, accompagné la coopérative nationale des transporteurs routiers avec 73 camions neufs gros porteurs. Ce mécanisme de financement, basé sur la sécurité, sur le bien financé, l’engagement des promoteurs internes de la coopérative, nous a permis d’avoir un taux de remboursement de 80 à 90%.

C’est pourquoi, nous avons décidé de renouveler cette ligne de financement en octroyant une seconde phase avec le même montant et le même nombre de camions que nous nous allons démarrer dès le mois de juin. Le besoin en transport de marchandises est encore énorme, ce secteur d’activités, est vierge et mérite une plus grande attention de la part des banques. Notre banque ne pouvant pas tout financer.

Comment se porte aujourd’hui votre banque ?
L’année 2017 a été une année de vérité pour la Bnde. Nous avons eu quatre années où nous nous cherchions sur la stratégie en même temps nous étions en train de construire notre portefeuille. Durant ces quatre années, nous avons pu équilibrer notre bilan. La première année, nous avons gagné une soixantaine de millions de FCfa, le même montant la deuxième année, environ 300 millions la troisième année et, en 2017, nous avons obtenu 1,594 milliard de FCfa. Ce qui montre que la stratégie que nous avons adoptée a été prudente, mais aussi sûre.
Aujourd’hui, la banque a commencé à avoir un portefeuille stable, rentable qui a été constitué dans la durée. En outre, nous avons fini de nous adapter au système bancaire en termes d’offres de produits. Sur les quatre ans, nous avons appris à mieux connaître la Pme, et mettre en place un modèle de financement adapté. Aujourd’hui, nous sommes dans une dynamique de croissance.

La Bnde a été nominée aux African banker awards. Finalement, elle n’a pas gagné.
Le fait d’être nominé, c’est déjà une bonne chose. Etre nominé parmi des banques qui ont plus d’envergure, de poids, d’histoire, c’est déjà très bien. Nous en sommes très fiers. Nous allons donc continuer la stratégie qui nous a valu cette reconnaissance internationale, car elle a prouvé sa pertinence.

Propos recueillis, à Busan, par Aliou KANDE

Une étude d’évaluation d’impact d’assurance agricole indicielle sur le niveau de vie des agriculteurs a été lancée lundi dernier, et elle prendra fin en 2022. L’assurance agricole indicielle devra permettre aux agriculteurs d’avoir un meilleur niveau de production.

L’agriculture représente, aujourd’hui, le moteur des économies dans beaucoup de pays en développement. Malgré une volonté manifeste des pouvoirs publics d’en faire un secteur moderne avec des rendements conséquents, elle reste, cependant, relativement tributaire des conditions climatiques. En effet, l’assurance agricole basée sur un indice climatique appelée aussi assurance agricole indicielle est un instrument privé qui permet aux producteurs de transférer les risques agricoles liés aux variabilités du climat à un assureur. Elle a été introduite dans le pays depuis 2012 par la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas). Selon le coordonnateur du projet et, par ailleurs, initiateur de l’étude, Mame Mor Anta Syll, l’assurance agricole classique existe depuis 2009 et celle dite indicielle en 2012. Pour la première fois, l’indemnisation est basée sur la vérification des dégâts effectifs sur le terrain par un technicien agricole. Concernant cette assurance agricole indicielle, il s’agit de poser des pluviomètres qui mesurent, en temps réel, la quantité de pluie sur un rayon de 5km. A l’en croire, s’il ne pleut pas une certaine quantité d’eaux, le producteur va inévitablement subir une perte. Il dira que l’Etat subventionne à 50% l’assurance agricole indicielle. L’étude d’impact de l’assurance agricole indicielle sur le niveau de vie des agriculteurs, lancée en 2018 pour un coût évalué à plus de 400.000 dollars américains, prendra fin en 2022. L’assurance agricole indicielle devra permettre aux agriculteurs d’avoir un meilleur niveau de production. En dépit de son utilité, la souscription à l’assurance agricole indicielle est très faible chez les producteurs sénégalais, car sur 8 millions d’agriculteurs, il n’y a, jusqu’en novembre 2017 que 100.000 souscriptions. C’est tout l’intérêt du lancement d’évaluation de l’étude d’impact de ladite assurance. Pour sa part, Dr Cheikh Oumar Ba, directeur exécutif de l'Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), souligne que 70% des agriculteurs sont exposés à ces défis et incertitudes.

Serigne Mansour Sy CISSE

Les ressources financières mobilisées entre janvier et mars 2018 sont estimées à 501,7 milliards de FCfa, d’après la note de conjoncture de la Dpee. Elles sont composées de recettes budgétaires à hauteur de 462,8 milliards, des ressources du Fonds de soutien à l’énergie (Fse) pour un montant de 7 milliards et des dons évalués à 31,8 milliards. Concernant les dépenses budgétaires, elles sont ressorties à 653,7 milliards à fin mars 2018 contre 735,4 milliards un an auparavant, soit une contraction de 81,8 milliards (-11,5%). Cette baisse est essentiellement imputable aux dépenses d’investissement et de fonctionnement. En effet, les investissements globaux sont passés de 339,3 milliards à 220,4 milliards, soit un repli de 35%, perceptible à la fois sur les composantes financées sur ressources internes et sur ressources externes, respectivement exécutées à hauteur de 85,9 milliards et 134,5 milliards. S’agissant du fonctionnement, les charges de « fournitures et d’entretien » (54,9 milliards) et les «transferts et subventions » (137 milliards) se sont respectivement contractées de 3,3% et 1,3%.

En revanche, des progressions respectives de 13,5% et 38,7% de la masse salariale (166milliards) et des intérêts sur la dette publique (75,3 milliards) sont enregistrées à la fin du premier trimestre 2018.

Abdou DIAW

Au premier trimestre 2018, les campagnes de saisons sèches froide et chaude dans la vallée du fleuve Sénégal sont marquées par une baisse des niveaux de financement qui s’est répercutée sur les superficies retenues. En effet, la note de la Dpee explique qu’au terme du mois de mars 2018, le financement cumulé effectué par la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) pour la campagne de saison sèche chaude 2018 s’est établi à 8,116 milliards de FCfa dans la vallée, en baisse de 25,5% par rapport à la même période de 2017. Cette situation est principalement attribuable au retrait du financement des intrants (-22,6%), à 8,067 milliards de FCfa, en phase avec le repli des demandes retenues (946 contre 1 203 en 2017). En outre, les prêts accordés pour le matériel n’ont concerné que Matam et Bakel pour 48 millions de FCfa contre 465 millions de FCfa en 2017, soit un repli de 89,6%. En conséquence, les superficies retenues en 2018 sont chiffrées à 23.557 hectares, baissant de 22,5% comparativement à 2017. Concernant la saison sèche froide 2017-2018, des replis respectifs des niveaux de financement et des superficies sont observés par rapport à 2016-2017. En effet, le financement retenu s’élève à 1,792 milliards de FCfa pour une superficie de 2.113 hectares, suite à l’engouement des producteurs pour la culture de riz (Pnar) au détriment des autres spéculations de saison sèche froide.

A. DIAW

Dans les industries extractives, la production d’or s’est établie à 2 968 kg au premier trimestre 2018, en dessous des 3.196 kg du trimestre précédent. Ce faible résultat, justifie la note de conjoncture de la Dpee, traduit une baisse de 4,9% de la teneur en or du minerai extrait, notamment au niveau de la fosse de Gora. S’agissant du phosphate, l’extraction s’est accrue de 1,9%, en variation trimestrielle, passant de 420.000 tonnes à 428.000 tonnes, favorisée par l’accélération du rythme de transfert du minerai, du fait de la mise en place d’un nouveau convoyeur. La production d’attapulgite s’est également bien comportée (+21,3%), à 57.953 tonnes au premier trimestre 2018 contre 47.788 tonnes un trimestre plus tôt, après les difficultés de transport et de distribution (congestion au niveau du port) rencontrées en 2017. Quant à l’extraction de sel, elle a progressé de 18,5% sur une base trimestrielle, soutenue par les demandes locale (+44,6%) et étrangère (+17,2%).

A. DIAW

Face aux exigences des partenaires au développement comme l'Union européenne (Ue), la Commission de l'Uemoa plaide pour la mise en place des équipes d'analyse de risque phytosanitaire dans son espace. C’est dans ce sillage que s’inscrit l’atelier sur les risques phytosanitaires, organisé la semaine passée, par la direction de la protection des végétaux (Dpv).

La direction de la protection des végétaux (Dpv) a organisé, la semaine dernière, un atelier sur les risques phytosanitaires regroupant beaucoup d’acteurs du secteur. Il ressort de cette rencontre la nécessité de mettre en place des dispositifs nationaux d’analyse de risques phytosanitaires dans l’espace Uemoa. Pour Abdoulaye Ndiaye, chef de la Division législation phytosanitaire et quarantaine des plantes à la Dpv, il est fort à craindre que les échanges de produits agricoles s'amenuisent pour des risques phytosanitaires compte tenu des exigences dans l’importation des végétaux des partenaires européens. « L'importation de la plupart des végétaux sera en principe autorisée, mais elle sera soumise à des conditions beaucoup plus rigoureuses. De nouvelles mesures sont introduites pour les marchandises à risque (produits agricoles) qui ont, au contraire, une incidence significative pour les exportations africaines», a-t-il déclaré. Selon lui, après décembre 2019, l'exportation de ces marchandises sur le marché de l'Ue sera interdite tant qu'une évaluation détaillée des risques n'aura pas été réalisée afin de déterminer si des produits sont acceptables et, dans l'affirmative, sous quelles conditions? «Les végétaux et produits végétaux issus de nombreux pays africains sont susceptibles d'être inclus dans cette liste, surtout lorsqu'ils sont historiquement liés à des niveaux d'interceptions pour des questions de santé des végétaux dans l'Ue », a-t-il ajouté.

Pour bien préparer les Etats membres à se conformer aux nouvelles exigences, préserver leur patrimoine végétal et garder leurs parts de marchés, dit-il, la commission de l'Uemoa plaide pour la mise en place des dispositifs nationaux d'analyse de risque et de réactualisation de la liste des organismes nuisibles de quarantaine des Etats membres.

Abdou DIOP

 

L’Etat du Sénégal a consenti beaucoup d’efforts dans la réalisation d’infrastructures de pêche. C’est dans ce sillage que s’inscrit l’extension du quai de pêche de Hann Bel-Air, inaugurée, hier, par le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime.

Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a  inauguré, hier, l’extension du quai de pêche de Hann Bel-Air. « La rénovation de ce quai va permettre, entre autres,  de consolider, renforcer et promouvoir l’amélioration de la chaîne de valeur des produits, et les initiatives de cogestion des pêcheries déjà entamées dans le département de Dakar », a-t-il déclaré. Cette approche contribue, selon lui, de manière appréciable, « à améliorer la qualité hygiénique et sanitaire des produits ainsi que les conditions de travail des acteurs, et à mettre l’accent sur la valorisation des produits frais pour une meilleure rente ». Le ministre a, par ailleurs, annoncé la construction à Hann, en 2018, dans la coopération bilatérale avec la République de Corée, d’un complexe frigorifique avec une fabrique de glace d’une capacité de 20 tonnes par jour d’un coût global de 7 millions de dollars Us, soit environ 4 milliards de FCfa.

Plus de 50% des débarquements de la région approvisionnent les industries de traitement et d’exportation, ce qui confirme, d’une part, le poids de la pêche artisanale dans la fourniture d’espèces démersales, et d’autre part sa forte contribution à l’équilibre de la balance commerciale du Sénégal. Selon le ministre de tutelle, le quai de Hann vient d’être réhabilité grâce aux ressources issues de la contrepartie de l’Accord de pêche conclu entre le Sénégal et l’Union européenne. Il assure que le quai de pêche de Hann fait partie des cinq quais de pêche de la Région de Dakar dont trois bénéficient de l’agrément pour l’exportation vers les pays de l’Union européenne.

Souleymane Diam SY

 


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