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Affaires et Finances (3203)

« Pour la présente campagne 2016-2017, c’est une prévision de 450.000 tonnes  de manioc, contre un peu plus de 430.000 tonnes la saison passée, qui a été fixée aux producteurs », a annoncé, hier, Assane Ndiaye, le président de l’Interprofession de la filière manioc. Il a ajouté que les producteurs sont décidés à augmenter leurs superficies emblavées, en les portant à 13.000 hectares, contre près de 10.000 hectares l’année dernière, pour pouvoir atteindre cet objectif.

L’Interprofession de la filière manioc veut jouer sa partition dans la réussite du Plan Sénégal émergent (Pse) dont l’agriculture est le moteur à travers le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Le manioc, culture importante de rente et vivrière, devrait y jouer un grand rôle. « Nous l’avons décliné dans notre plan d’actions pour montrer que le manioc peut fortement contribuer au Plan Sénégal émergent (Pse), tant au niveau de la plus-value que pour l’économie nationale et la création d’emplois à travers la production de farine », a indiqué Assane Ndiaye.

Le début d’hivernage est mis à profit par les producteurs pour se procurer des boutures de manioc et procéder au repiquage des tiges. L’Etat, par le biais du ministère de l’Agriculture, est venu en appoint pour leur permettre de disposer gratuitement des boutures. « Les distributions des boutures se poursuivent de même que les repiquages. Il faut ajouter les réserves des producteurs semenciers que nous n’avons pas pris en compte. Au total, on devrait arriver à distribuer un nombre important de boutures pour emblaver les 13.000 hectares à raison de 2.000 tiges par hectare », a assuré le président de l’Interprofession de la filière manioc.

A Thiallé, à quelques encablures de Taïba Ndiaye, les producteurs s’activent dans les champs. Tout comme dans le Méouane. Cela dénote l’engouement suscité par la culture du manioc qui, selon le président de l’Interprofession, « a enregistré des avancées significatives » dans la production.

Assane Ndiaye a souligné que le département de Tivaouane (région de Thiès) est la zone de prédilection et grenier du manioc au Sénégal. « Nous sommes présents dans 19 départements de 8 régions du pays, dont Sédhiou et Matam. Ce qui démontre que la culture du manioc fait son bonhomme de chemin pour rayonner dans tout le pays. Il convient de former les acteurs et introduire des variétés adaptables aux changements climatiques », a-t-il suggéré.

Mohamadou SAGNE

Depuis 1999, l’Accord de Bangui sur la propriété intellectuelle n’a pas été révisé. Pour se conformer au contexte mondial, les 17 pays membres de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) ont été invités à faire des propositions. Très attendues, celles du Sénégal ont, pour l’essentiel, été prises en compte.

Après leur rencontre, en mai 2015, les membres du sous-comité sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce du Comité national des négociations commerciales internationales du Sénégal (Cnncis) se sont réunis, hier, pour échanger sur la contribution de notre pays à l’Accord de Bangui. Cet Accord de l’Oapi régit les règles de la propriété intellectuelle, littéraire et artistique. Ratifié en 1977, il a été révisé, la dernière fois, en 1999. Avec l’évolution du commerce international, les Etats membres s’étaient retrouvés pour adapter le texte. C’est dans ce contexte que le Comité national des négociations commerciales internationales du Sénégal a mis sur pied le sous-comité d’Adpic qui regroupe des experts de divers domaines. Cette entité s’est réunie à plusieurs reprises pour échanger sur la contribution du Sénégal à la révision de l’accord.

Les experts sénégalais avaient fait une remarque sur la forme. « Le texte -l’Accord de Bangui- était décousu », a rappelé Mounirou Sy, le directeur du Bsda. L’annexe 11 du texte portant sur la propriété littéraire et artistique a aussi fait l’objet d’un amendement, a-t-il rappelé. Le sous-comité a proposé son uniformisation qui a été acceptée. Il en est de même de l’adaptation de la commercialisation des œuvres littéraires au numérique.

S’agissant de l’innovation technologique, l’Afrique produit des choses typiquement africaines, selon le directeur du Bsda. « Celles-ci n’étant pas déclarées, elles font l’objet de pirates par des sociétés émergentes, des Etats émergents. Du coup, nous avons voulu protéger ces innovations technologiques africaines pour que notre continent puisse contribuer au commerce international de manière efficace et participer aux échanges transfrontaliers », a indiqué Mounirou Sy, jugeant « aberrant » que des produits africains ne puissent pas être commercialisés sur le continent et au-delà pour des raisons de propriété intellectuelle.

Ratification
Parmi les propositions du Sénégal figurent, entre autres, l’admission des ministres de la Culture des pays au Conseil d’administration de l’Oapi, rendre obligatoire l’enregistrement des noms commerciaux, la possibilité d’ester en justice par la société de gestion collective. A l’issue des travaux, ces experts qui ont compilé leurs propositions dans un document l’ont remis au ministre du Commerce qui, à son tour, les a transmises à son collègue des Mines et de l’Industrie, représentant du Sénégal au Conseil d’administration de l’Oapi. Ce dernier a alors défendu les propositions du Sénégal à la réunion des experts et à la réunion du Conseil d’administration de l’Oapi. Les principales propositions du Sénégal, s’est réjoui le coordonnateur du sous-comité d’Adpic, ont été prises en compte. « Le Sénégal a apporté, de manière qualitative, un plus dans l’Accord révisé », a-t-il apprécié.

La rencontre d’hier, a souligné la directrice du Commerce extérieur, Aminata Assome Diatta, visait à échanger avec les membres du sous-comité d’Adpic sur la portée de la contribution du Sénégal. Cheikh Sadibou Seck, coordonnateur du Cadre intégré renforcé, a rappelé le rôle important de la propriété intellectuelle dans le commerce mondial. « Les titulaires de droits, a-t-il dit, ont besoin d’être protégés ». Le représentant du directeur général de l'Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l'innovation technologique (Aspit), Talla Samb, a exprimé la reconnaissance du sous-comité au Cadre intégré renforcé dont l’accompagnement a été déterminant pour l’atteinte des résultats. Le Sénégal doit à présent ratifier le texte.

Souleymane Diam SY

L'Agence nationale de la statistique et de la démographie a publié son Indice harmonisé des prix à la consommation du mois de juillet 2016. Il a augmenté de 0,9% au mois de juillet 2016, indique l’Ansd. « Cette évolution résulte essentiellement de la hausse des prix des services de communication, des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, et des services de loisirs et culture », explique-t-on dans le document. En variation annuelle, les prix à la consommation ont progressé de 0,2%. Le taux d’inflation annuel moyen s’est établi à +0,8%. Au mois de juin 2016, les exportations du Sénégal sont ressorties à 119,1 milliards de FCfa contre 135,7 milliards de FCfa au mois précédent, soit un repli de 12,3%. Comparées au mois de juin 2015, les exportations ont fléchi de 9,8%. Leur cumul à la fin du premier semestre 2016 s’établit à 775,4 milliards de FCfa contre 713,7 milliards de FCfa à la même période au cours de l’année précédente, soit un relèvement de 8,6%. Les importations du Sénégal, en juin 2016, sont chiffrées à 270,6 milliards de FCfa contre 243,1 milliards de FCfa au mois précédent, soit une hausse de 11,3%. Comparées à juin 2015, les importations se sont repliées de 7,8%. Leur cumul à fin juin 2016 s’est établit à 1403,9 milliards de FCfa contre 1386,4 milliards de FCfa par rapport à la période correspondante de l’année précédente, soit une hausse de 1,3%. Le solde de la balance commerciale s’est établi, au mois de juin 2016, à -151,6 milliards de FCfa contre -107,4 milliards de FCfa au mois précédent.

Au mois de juin, l’activité industrielle est marquée par une baisse de 4,7% de la production industrielle. « Ce résultat a lieu sous l’effet des contreperformances des industries alimentaires (-11,9%), des matériaux de construction (-9,9%), mécaniques (-7,1%), du papier et carton (-7,0%)et extractives (-6,8%) », précise-t-on dans le document.

Ce repli est, cependant, atténué par la bonne tenue des industries de production d’énergie (+8,7%), des autres industries manufacturières (+3,6 %) et des industries chimiques (+1,2%). Au même moment, l’arrêt de l’activité des industries textiles et du cuir, sur la période sous revue, s’est poursuivi. Par rapport à juin 2015, la production industrielle a progressé de 6,0%. Ainsi, la production totale au premier semestre de 2016 s’est améliorée de 3,0% par rapport à celle de la période correspondante de l’année 2015.

Mamadou GUEYE

L’aloe vera présente beaucoup de vertus. Un consortium luxembourgeois, bénéficiant d’un appui de Lux-Dev, veut développer cette culture dans le département de Tivaouane.

Un consortium luxembourgeois regroupant cinq entreprises du secteur privé va bientôt se lancer dans la culture de l’aloe vera dans le département de Tivaouane, a annoncé David Foka, président de la Maison d’Afrique Luxembourg, au cours d’une visite au quotidien « Le Soleil ». Pour encourager l’investissement en Afrique, Lux-Dev, bras droit de la coopération luxembourgeoise, a lancé un appel à candidatures d’un montant de 200.000 euros, environs 130 millions de FCfa, au profit des entreprises luxembourgeoises. Le consortium dont Maison d’Afrique Luxembourg est membre a été retenu. Leur projet porte sur la culture de l’aloe vera. Selon M. Foka, cette plante présente beaucoup de vertus pour la santé. « Le monde est pourri de plastiques. Notre souhait, c’est de changer la donne en cultivant. Une réponse adéquate à la préservation de l’écologie », a-t-il affirmé. « Si demain, les gens se mettent à porter des chemises à l’aloe vera, ce sera bénéfique pour la santé publique », a-t-il insisté. Cet arbre, a expliqué David Foka, n’a pas besoin de beaucoup d’eau et elle peut pousser dans des zones arides.

Pour matérialiser le projet, le consortium compte nouer un partenariat avec des groupements de femmes et de jeunes. C’est dans ce cadre que s’inscrit la mission effectuée au Sénégal, en juillet, dans le département de Tivaouane, par les représentants du consortium. L’objectif, a précisé M. Foka, c’était d’échanger avec les communautés et voir comment celles-ci pourront mettre à leur disposition des terres pour démarrer le projet. Le consortium et ses partenaires veulent démarrer avec 10 hectares. Dans un premier temps, il s’agira de réaliser des pépinières en octobre ou novembre. Les promoteurs veulent que le projet démarre au plus tard en janvier 2017.

Démarrer avec 10 hectares
Le consortium souhaite que la transformation se déroule au Sénégal. Il compte, à cet effet, reprendre des usines de fabrication de coton déjà identifiées. Selon David Foka, des ingénieurs ont été formés dans ce sens au Maroc et ailleurs. Pour la commercialisation, il précise que le consortium a noué un partenariat avec un groupe qui achètera toute la production pour la confection des tissus. Au-delà de l’autonomisation et de l’augmentation des revenus des populations, le président de la Maison d’Afrique Luxembourg souhaite que l’Afrique ne « dépende plus de l’aide extérieure pour sa survie ».

S’agissant du choix du Sénégal, M. Foka l’explique par le fait que le Sénégal est considéré comme « une vitrine de la démocratie africaine ». « Le Sénégal est toujours un exemple dans l’Union africaine (Ua). Nous devons choisir Dakar qui va être le tremplin pour le reste de l’Afrique », indique-t-il tout en espérant que cette initiative fasse tache d’huile pour que d’autres projets suivent pour l’industrialisation de l’Afrique. « Si l’Afrique est, demain, le grand pourvoyeur de soie dans le monde, ce serait une grande richesse », a-t-il estimé.

Souleymane Diam SY

Les cours du pétrole ont bondi, hier, après des propos de l'Arabie saoudite relançant les espoirs de mesures de stabilisation de l'offre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Le cours du baril américain de référence (Wti) a rebondi de 1,78 dollar à 43,49 dollars sur le contrat pour livraison en septembre au New York mercantile exchange (Nymex), alors qu'il avait perdu environ un dollar la veille. « C'est fou », a reconnu Matt Smith, de ClipperData. Après un très mauvais mois de juillet, sur fond d'inquiétudes renouvelées sur le niveau élevé de l'offre, les cours tentent de se reprendre depuis le début août, mais fluctuent beaucoup face à des éléments discordants sur les perspectives du marché. Ainsi, hier, « Khalid al-Falih, le ministre du Pétrole saoudien, a annoncé que son pays était prêt à faire tout ce qu'il faut pour faire rebondir les cours... Alors même que l'on avait pris connaissance, la veille, d'une production saoudienne à un niveau record », a rapporté M. Smith. Il voyait dans les propos du ministre saoudien la principale explication au fort rebond des cours qui avaient pâti la veille des chiffres sur la production du royaume, membre dominant de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Avides de tout élément sur les perspectives d'offre et de demande, les investisseurs ont, par ailleurs, digéré hier, un rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (Aie). L'Aie a prévenu que la demande de pétrole souffrirait, l'an prochain, des conséquences du vote britannique de la fin juin en faveur d'une sortie de l'Union européenne (UE), mais elle n'en a pas pour autant remis en question la perspective d'un rééquilibrage du marché de l'or noir.

(AFP)

L’Afrique du Sud a dépassé le Nigeria en tant que première économie africaine, une position qu’elle avait perdue il y a deux ans au profit du géant ouest-africain, selon le Fonds monétaire international (Fmi). Le produit intérieur brut (Pib) de l’économie sud-africaine, publié fin 2015, valait 301 milliards de dollars au taux de change actuel du rand ; celui du Nigeria au cours de la même période était évalué à 296 milliards de dollars. Les devises des deux pays ont évolué de manière diamétralement opposée depuis le début de l’exercice 2016. Le rand sud-africain a gagné plus de 16 % par rapport au dollar américain au cours de cette période, alors que dans le même temps, le naira nigérian perdait plus d’un tiers de sa valeur. Malgré ce changement, l’économie des deux pays fait face à des risques de récession, après s’être contractée au premier trimestre de l’année, selon le Fmi. L’économie du Nigeria a plongé de 0,4 % tandis que le Pib de l’Afrique du Sud s’est contracté de 0,2 %. L’économie nigériane a subi un ralentissement à cause notamment de la baisse du prix du pétrole tandis que l'Afrique du Sud est considérée comme sensible aux changements du cycle des produits de base. « Outre les perspectives de croissance à court terme, le classement de ces économies pourrait être déterminé par les fluctuations des taux de change », a déclaré Alan Cameron, économiste chez Exotix partners Llp.

(APA)

Les chercheurs de l’Isra doivent anticiper les problèmes et sont obligés de travailler sur la base de la demande en recherche de la zone, a déclaré le Dr Abdoul Aziz Mbaye qui s’exprimait lors d’un atelier organisé dans le cadre des rencontres régionales de l’Isra, qui permettent de préparer celle du comité scientifique et technique de l’institut, prévue chaque année, en novembre. Il a permis de présenter les résultats de recherche obtenus en 2015-2016 par les chercheurs de l’Isra/Fleuve et de partager, avec les partenaires, les activités prévues en 2017.

Avant la tenue du forum national du Comité scientifique et technique, a-t-il précisé, les chercheurs de l’Isra et leurs partenaires échangeront leurs expériences à travers des rencontres thématiques autour des productions végétales, de l’élevage, de la santé animale, des productions forestières, halieutiques et aquacoles, de la socio-économie, de l’information et la valorisation et de l’informatique de gestion. La mission de l’Isra, a rappelé Dr Mbaye, est de produire des technologies et outils d’aide à la décision, pour accompagner les acteurs du développement agricole et agro-alimentaire.

Le rayon d’action de l’Isra/Fleuve, a-t-il ajouté, couvre la zone agro-écologique du fleuve qui va de Saint-Louis à Bakel et comprend trois régions administratives (Saint-Louis, Matam, Tambacounda). Elle couvre une superficie totale de 44.127 kilomètres carrés, soit 22,4 % du territoire national et constitue une des plus importantes zones agricoles du pays avec d’énormes potentialités (eau, terres, périmètres aménagés, etc.), avec le développement de l’élevage et de l’agroforesterie.

Cependant, a-t-il souligné, malgré ses nombreuses potentialités, la région agro-écologique du fleuve est confrontée à de nombreuses contraintes d’ordre climatique, agronomique, environnemental et socioéconomique dont, entre autres, la salinité, le froid et la toxicité ferreuse, qu’il faut lever pour arriver à un développement endogène et durable. De l’avis du Dr Aziz Mbaye, l’amélioration de la productivité des systèmes de production et de la compétitivité des principales filières est devenue une impérieuse nécessité pour atteindre les objectifs de la sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté, tout en respectant l’environnement de production. C’est dans ce contexte, a-t-il indiqué, que le Centre de recherches agricoles de Saint-Louis est mandaté à promouvoir des technologies et techniques, en vue de contribuer à la résorption des contraintes et de mieux exploiter les potentialités et ressources de la région.

Améliorer les techniques
Parlant de la programmation-budgétisation 2016/2017 de l’Isra/Fleuve, le Dr Amadou Ablaye Fall a rappelé que le centre a  pour mission de contribuer  à  l'effort de développement socioéconomique par la génération de technologies et de connaissances et la mise au point d'innovations techniques permettant d'améliorer le bien-être des populations rurales, en augmentant leurs revenus.

La finalité est de contribuer au développement d’une agriculture productive, durable et compétitive, capable d’assurer l’autosuffisance alimentaire et la réduction de la pauvreté dans le cadre des objectifs fixés par l’Etat  (Pracas).

Selon M. Fall, les  principales activités de recherche portent sur les cultures et systèmes de production irrigués par le développement  des itinéraires techniques, l’introduction de nouvelles technologies adaptées aux conditions environnementales et  socioéconomiques, le renforcement de capacités des acteurs, la production de semence de pré-bases d’arachide et de riz. Abordant la question des acquis transférables, Dr Fall a mis en exergue la mise au point d’itinéraires techniques pour la double culture du riz, l’élaboration de cartes d’identité variétales de 5 variétés homologuées, le guide pour l’élaboration d’une fiche descriptive d’identification technique, la mise au point d’une date de récolte comme outil d’aide à la décision, la technique du placement profond de l’urée super granulée (Ppu) pour économiser ce produit et accroitre la productivité du riz (repiqué et semis direct) et maïs irrigué.

Il s’est appesanti également sur l’amélioration des techniques pour une meilleure qualité de l’oignon produit dans la région et des méthodes de conservation, la réalisation d’une brochure pour accroître la productivité de la culture du maïs irrigué, les techniques de l’étuvage du riz, l’élaboration d’une fiche  technique sur « utilisation du réseau d’irrigation de type californien dans la zone du lac de Guiers ».

 Le Dr Ablaye Fall a, enfin, fait remarquer que la disponibilité de terre n’a pas été suffisante à la station de Ndiol pour le Programme de reconstitution du capital semencier/arachide. Il a laissé entendre que l’acquisition de 2000 hectares, octroyés par le chef de l’Etat dans la zone du lac de Guiers, devrait régler ce problème. A  Fanaye, l’aménagement de 8 hectares sur la partie extension est demandé. A Ndiol, il est nécessaire de construire un autre abri séchoir.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Malgré l’adoption de textes juridiques et l’adhésion à divers autres instruments régionaux ou internationaux, la problématique de l’accès des femmes à la terre reste entière au Sénégal. Une étude menée par Wildaf a relevé les causes profondes de cette situation.

« Partout en Afrique, la femme trime toute sa vie sur une terre qu’elle ne possède pas pour produire. Et si son mariage se termine par un divorce ou la mort de son mari, elle peut être renvoyée les mains vides ». Cette assertion de l’ancien président tanzanien Julius Nyerere, mise en exergue dans l’étude de Wildaf sur le droit des femmes à la terre au Sénégal, résume bien la situation que celles-ci vivent. Elles éprouvent encore beaucoup de difficultés pour accéder à la terre en tant que propriétaires. Les écueils qui se dressent devant les femmes ont pour noms : restrictions coutumières, traditionnelles et religieuses, discrimination sexiste et pauvreté. Cette situation perdure aussi bien en milieu péri urbain, urbain que rural.

Pourtant, la terre reste un bien commun dont l’accès est réglementé par la Constitution, la loi sur le domaine national du pays, le Code du domaine de l’État, les textes connexes et les divers instruments juridiques auxquels le Sénégal a adhérés. Les avancées théoriques significatives notées butent sur les réalités du terrain. « Quels que puissent être les modes de transmission de la ressource terre -héritage, cession, réglementations foncières…-, les femmes sont souvent exclues de ce facteur essentiel à la production, faisant fi de leur rôle majeur dans les exploitations agricoles familiales », a regretté Mariame Coulibaly, présidente de Wildaf/Sénégal, lors de la présentation de cette étude menée dans trois régions correspondant à trois zones agro-écologiques : la zone nord (Ross Béthio), la zone est (Sabodola) et la zone ouest (les Niayes). Cette étude s’inscrit dans un projet plus vaste élaboré par Oxfam qui concerne cinq autres pays : Rwanda, Tanzanie, Mozambique, Ghana et un pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique Australe qui n’a pas été encore déterminé.

Discrimination
Selon Mme Coulibaly, les femmes représentent 26 % des responsables de parcelles dans l’agriculture, mais ne détiennent que 13 % de la superficie des terres en agriculture pluviale et la situation est pire en culture irriguée. De même, dans les activités d’investissement à caractère industriel ou commercial, les obstacles qui se dressent pour permettre un accès correct des femmes à la terre sont liés à la faiblesse de leurs moyens économiques. L’étude note que 82 % des femmes interrogées sont convaincues qu’il existe des discriminations dans l’accès à la terre. Cette proportion est plus forte à Kédougou (90 %) qu’à Thiès (77,2 %) et Saint-Louis (81 %). Quant aux hommes, 70 % qui ont été interrogés nient une discrimination sexuelle dans le foncier.

Au-delà des résultats auxquels elle est parvenue, l’intérêt de cette étude réside dans le fait que, d’après Mme Coulibaly, elle comble un déficit de connaissances sur les raisons profondes de la persistance des inégalités de genre dans l’accès, le contrôle et la maîtrise des bénéfices de l’exploitation de la terre par les femmes. « De nombreuses études et recherches ont été entreprises pour déceler les raisons de la persistance des inégalités dans la répartition de cette ressource. Mais jusque-là, les informations recueillies sur les causes sont restées assez évasives », a-t-elle commenté.

La représentante d’Oxfam, Leah Mugehera, a souligné la pertinence de cette étude dont les résultats et recommandations pourraient contribuer « au plaidoyer pour l’effectivité du droit des femmes à la terre ». Elle a rappelé que ce projet vise à faire la promotion de toutes politiques ou pratiques qui promeuvent l’accès des femmes à la terre.

Ndèye Safiétou Diop Ngom, conseiller technique chargée des questions de genre au ministère de l’Elevage et des Productions animales, a rappelé les différentes dispositions prises par l’Etat du Sénégal pour favoriser une meilleure gestion et un partage de la terre. « Sa réglementation est bien inscrite dans la Constitution et par la loi agro-sylvo-pastorale. Une Commission a été mise en place pour traduire et prendre en compte toutes les recommandations et stratégies pour un partage de ce droit commun qu’est la terre. Nous espérons aussi que les résultats de cette étude serviront à renforcer les acquis et permettre au gouvernement de faire en sorte que les ressources soient mieux gérées et mieux partagées », a-t-elle déclaré.

Elhadji Ibrahima THIAM

La Banque mondiale souffre d'une « crise de leadership » et doit changer le mode de désignation de son président pour ne pas devenir « un anachronisme » sur la scène internationale, affirme une lettre ouverte de l'Association des personnels. « Nous défendons les principes de bonne gouvernance, de transparence, de diversité, de concurrence internationale et de sélection basée sur le mérite.

Malheureusement, aucun de ces principes n'a été appliqué dans la nomination des précédents présidents de la Banque mondiale », indique ce courrier daté de mardi dernier. Au terme d'une règle non-écrite, les Européens placent l'un des leurs à la tête du Fonds monétaire international (Fmi) tandis que la présidence de la Banque mondiale, l'institution dédiée à la lutte contre la pauvreté, est réservée aux Américains. « Nous avons accepté des décennies d'accords secrets qui ont abouti, douze fois d'affilée, à la désignation d'un homme américain. Cela doit changer », estime l’Association des personnels.

L'actuel titulaire du poste, l'Américain Jim Yong Kim, voit son mandat de cinq ans s'achever en juillet prochain et n'a, pour l'heure, pas officiellement annoncé son intention de briguer sa reconduction. Toutefois, il s'est dit ouvert à cette idée. Sous sa présidence, la Banque a engagé une restructuration controversée qui a provoqué des mobilisations en interne et continue de susciter des interrogations parmi les 15.000 employés de l'institution. Elle est aussi confrontée à la concurrence croissante de nouveaux acteurs du développement notamment la Chine.

 Dans sa lettre, l’Association des personnels appelle à ouvrir le processus de désignation à l'international et à des « hommes et des femmes » sur la base de critères professionnels « clairs » et en faisant preuve de « transparence ». « Le monde a changé et nous devons changer avec lui. A moins que nous changions les règles du jeu, la Banque mondiale fait face au risque bien réel de devenir un anachronisme sur la scène internationale », assure-t-elle.

Contactée, la Banque mondiale a assuré que le conseil d'administration représentant ses 189 Etats membres avait déjà adopté, en 2011, des règles garantissant un processus de désignation « ouvert, fondé sur le mérite et transparent ». En 2012, M. Kim, choisi par les Etats-Unis, avait ainsi, pour la première fois, dû affronter la concurrence inédite d'une autre candidate, l'ancienne ministre des Finances nigériane Ngozi Okonjo-Iweala.

(AFP)

La problématique de la gestion du foncier a réuni, hier, à Kaolack, des acteurs du foncier de la région avec notamment les services fiscaux et domaniaux ainsi que les élus locaux. Une occasion mise à profit par le coordonnateur dudit projet pour informer de l’élaboration d’un modèle conceptuel de données.

« La quête d’une meilleure gouvernance foncière est un défi qui nous interpelle tous : administration, élus locaux, usagers comme auxiliaires de l’administration que sont les notaires et géomètres, entre autres », a déclaré Macodou Guèye, le coordonnateur du Programme d’appui à la gestion du foncier rural urbain (Pagef), à l’ouverture d’un atelier sur la modernisation du foncier urbain à Kaolack.

Selon lui, il s’agit de mettre en perspective cet important projet gouvernemental soutenu par l’Union européenne en termes de réponses à apporter aux préoccupations légitimes des acteurs du foncier. Il a annoncé la mise en place d’un outil novateur de gestion du foncier. « La modernisation des services en charge de la gestion du foncier apparaît comme un impératif à la fois sur un plan organisationnel et des outils et moyens de travail. Pour ce faire, l’expertise interne comme externe est mobilisée. Un système organisationnel de l’ensemble des services est élaboré à travers ce qu’il est convenu d’appeler un modèle conceptuel de données (Mcd) », a fait savoir le responsable du Pagef. Un dispositif permettant d’assurer les relations entre les acteurs externes de la Direction générale des impôts et domaines, les administrations, les notaires, géomètres, etc., dans le cadre d’une gestion électronique des documents, la gestion à la chaine des processus de travail et la disponibilité d’une plateforme de travail via internet.

Cet effort de modernisation du système de gouvernance du foncier a été salué par les acteurs présents dont une vingtaine de maires des régions de Fatick, Kaffrine et Kaolack. Selon l’adjoint du gouverneur de Kaolack chargé du développement, une meilleure disponibilité de l’information, comme le postule le modèle conceptuel de données, devrait permettre d’entrer dans une autre ère de gestion du foncier au Sénégal.

Elimane FALL

A l’ère des technologies de l’information et de la communication (Tic), si nous ne modernisons pas notre gestion foncière, nous ne pouvons pas prétendre à l’émergence que le Sénégal s’est fixé à l’horizon 2035, a déclaré, hier, à Kaolack, Jean Malick Faye, l’adjoint au gouverneur de la région chargé du développement. Il présidait l’ouverture officielle de l’atelier de partage sur les axes de la modernisation de la gestion du foncier organisé par le Projet d’appui à la réforme de la gestion du foncier urbain (Pagef). « Le Pagef est donc un projet d’une extrême importance pour l’Etat du Sénégal et qui devrait permettre d’avoir une plus grande célérité dans la gestion foncière », a ajouté M. Faye. Selon lui, le Plan Sénégal émergent (Pse) a initié de nombreux projets structurants qui ont besoin d’une assiette foncière pour leur mise en œuvre. Pour cela, a-t-il avancé, il faudra accélérer les procédures et les initiatives et permettre aux populations de pouvoir accéder aux données foncières et domaniales. De l’avis de M. Faye, la réforme du foncier est, aujourd’hui, au cœur des politiques publiques. « Nous savons tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans la gestion du foncier. Ils sont surtout dus à des textes qui sont obsolètes, à des pratiques coutumières mais également à une mauvaise gouvernance dans la gestion du foncier », a-t-il déclaré. C’est conscient de toutes ces difficultés, a souligné l’adjoint au gouverneur de la région de Kaolack, que l’Etat du Sénégal a lancé le Pagef, lequel vise à moderniser la gestion du foncier. Aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans qu’on entende à la radio les litiges fonciers en milieu rural ou urbain.

Auparavant, Djibril Sy, chef du Centre des services fiscaux de Kaolack, s’est félicité de l’atelier du Pagef. « Aujourd’hui, l’actualité commande que ce sujet de discussion soit introduit au niveau des acteurs qui interviennent dans le foncier afin d’essayer de voir les voies et moyens pour avoir une saine gestion foncière », a-t-il dit. En dehors des acteurs fonciers de Kaolack, prennent part à l’atelier du Pagef d’autres parties prenantes en provenance des régions Centre comme Fatick, Diourbel et Kaffrine.

Le Pagef est une initiative du gouvernement sénégalais, appuyé par l’Union européenne, pour accompagner les services de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid) dans leurs efforts d’asseoir une administration du foncier repensée. Après une première phase (Devis programme I) allant de juin 2013 à janvier 2014, le projet a poursuivi ses activités à travers une seconde phase (Devis programme II) couvrant la période octobre 2015-mars 2017.

(APA)

Conscient de l’importance des indicateurs pour le développement d’un pays, le Sénégal a entamé, depuis 2013, le calcul de l’indice de gouvernance des ressources marines et côtières grâce au projet Go Wamer.

Ouvert hier, l’atelier national sur le calcul de l’indice de gouvernance de gestion des ressources halieutiques vise à apprécier les améliorations notées et à faire des propositions pour apporter des corrections nécessaires dans le secteur. Cofinancé par l’Union européenne et le Programme des Nations unis pour le développement (Pnud), pour un montant de 10,5 millions d’euros, environ 7 milliards de FCfa, pour une durée de six ans, le projet « Gouvernance, politique de gestion des ressources marines et réduction de la pauvreté dans l’écorégion (Go Wamer), regroupant la Mauritanie, la Gambie, la Guinée-Bissau, la République de Guinée, le Cap-Vert et le Sénégal, a pour ambition d’améliorer la gouvernance et promouvoir l’adoption de bonnes pratiques en matière d’utilisation durable des ressources marines et côtières dans l’écorégion. D’où la tenue de cet atelier national sur le calcul de l’indice de gouvernance des ressources marines et côtières. Entamé en 2013, l’indice est conduit par des experts issus de diverses institutions habilitées à apprécier les améliorations notées et à relever les incohérences dans le secteur de la pêche.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur général adjoint des Pêches maritimes, Sidya Diouf, a indiqué que l’objectif de cet outil d’évaluation est de proposer une « image globale et détaillée » de l’état de la gouvernance des ressources marines et côtières. A ce jour, a-t-il précisé, aucun pays au monde n’est parvenu à un degré de perfection totale en matière de gouvernance.

« Pour permettre aux générations futures de pouvoir disposer des ressources halieutiques comme nous l’avons hérité de nos parents, il faut mettre les conditions nécessaires pour leur exploitation rationnelle », a-t-il déclaré. C’est tout l’intérêt du projet Go Wamer qui vise à « développer et à renforcer les outils et initiatives de gestion durable des ressources marines dans l’écorégion et à promouvoir des moyens de subsistance durables à travers des activités génératrices de revenus ».

M. Diouf a estimé que l’indice tel qu’il est conçu permet de refléter des efforts entrepris par le Sénégal dans sa quête d’une « meilleure gouvernance » dans le secteur. « Il s’agit de surmonter de nombreux obstacles d’un secteur en crise, par une faible maîtrise des capacités de pêche, l’existence de la pêche illicite non réglementaire et non déclarée et l’augmentation des conflits en mer », a-t-il indiqué.

Institutionnaliser l’indice
Sidya Diouf est d’avis que l’atteinte de ces objectifs passe par « l’implication active et constructive » d’acteurs capables d’apporter une réponse innovante sur la gouvernance de pêche et d’avancer des propositions socialement et politiquement viables pour sortir de l’impasse.

Le coordonnateur du Projet Go Wamer, Arnaud Comolet, a soutenu que cet indice est une « plus-value » du programme, car « la question de la gouvernance est difficile et complexe ». « L’intérêt de cette analyse, c’est qu’elle permet de mesurer les approches quantitative et qualitative de la gouvernance appliquée sur la gestion des ressources marines et côtières au cours du temps », a-t-il ajouté. A terme, il s’agit d’institutionnaliser et de pérenniser cet indice à l’image des autres indicateurs.

L’ancien coordonnateur du Projet Go Wamer Dr Taïb Diouf a indiqué que le Sénégal a fait des progrès significatifs, notamment l’implication des partenaires et des acteurs dans la gestion. « Il y a beaucoup d’acteurs qui sont impliqués dans la gestion au quotidien des ressources. Dans certaines zones, les collectivités locales appuyées par l’Etat prennent totalement en charge cette préoccupation », a-t-il magnifié.

Dr Diouf a salué aussi l’avènement d’un Institut de recherche pour le secteur et l’augmentation des moyens alloués pour travailler davantage sur l’appréciation qualitative et quantitative des biomasses. Toutefois, il a affirmé que le Sénégal doit renforcer les effectifs de la direction de la Pêche maritime ainsi que ses moyens. Les experts produiront une note sur l’état actuel de la gouvernance en matière des ressources halieutiques au Sénégal.

Souleymane Diam SY

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) joue un important rôle dans la stratégie d’adaptation mise en place par le gouvernement pour faire face aux effets néfastes du changement climatique. Dans cet entretien, son directeur général, Dr Alioune Fall, annonce l’homologation, cette année, de sept nouvelles variétés d’arachide et trois autres pour l’année prochaine.

Depuis 2014, le gouvernement du Sénégal a mis en œuvre certaines mesures pour adapter l’agriculture aux effets du changement climatique. Quel rôle l’Isra a-t-il joué dans ce processus ?
Au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, nous avons le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dont la vision est de développer une agriculture diversifiée, productive et durable. Chaque fois qu’on parle de durabilité, cela veut dire qu’on met en œuvre des innovations qui permettent de s’adapter au changement climatique. Mais, il ne s’agit pas seulement de s’adapter au changement climatique, il est tout aussi important de prendre en compte l’aspect productivité.

Cela veut dire qu’on veut produire plus, transformer les effets du changement climatique en opportunités, pour que l’agriculture sénégalaise soit plus productive. Dans cette optique, l’Isra joue un rôle très important. Nous travaillons sur des leviers d’innovation comme les variétés, les rendements et le sol. Par exemple, à chaque fois que nous travaillons à mettre au point des formules de compostage pour l’amélioration de la fertilité des sols, nous faisons de la séquestration du carbone. Nous travaillons beaucoup aussi sur l’amélioration des rendements du riz à travers la mise au point de nouvelles variétés. Aujourd’hui, nous sortons des variétés qui font douze tonnes à l’hectare. Il faut se féliciter d’avoir de tels rendements dans des conditions d’adaptation. Cela montre que nous nous adaptons et que nous travaillons pour une meilleure productivité.

Est-ce à dire qu’il ne s’agit plus de considérer les effets du changement climatique comme un phénomène à subir mais plutôt comme des données à intégrer pour une agriculture durable ?
Les changements climatiques, nous les vivons. Il faut donc explorer les opportunités que nous pouvons en tirer pour encore améliorer notre agriculture. Nous ne pouvons pas attendre ni la Cop 22 ni la Cop 23. C’est aujourd’hui qu’il faut le faire. Le Sénégal s’y est engagé. A chaque fois qu’il y a une campagne agricole, on entend le ministre de l’Agriculture parler de « booster », « d’accélérer » ou de « doper » la production. Cela veut dire qu’il faut dégager des stratégies, afin que les producteurs s’adaptent aux effets induits du changement climatique sur l’agriculture. Par exemple, l’année dernière, il a fallu arrêter la production de l’arachide dans beaucoup de zones pour introduire des variétés à cycle court, car il fallait s’adapter au cycle de raccourcissement de la pluviométrie. C’est cela une adaptation. Maintenant, s’adapter ne veut pas dire produire moins, il faut que cela soit une opportunité utilisant tous les leviers d’une bonne productivité.

S’adapter, c’est bien, mais au regard des inquiétantes perspectives que relèvent certaines études qui estiment que la production céréalière pourrait baisser de 30 % à l’horizon 2025 et que l’arachide pourrait connaître une baisse de 5 % à 25 % de ses rendements à l’horizon 2050, est-ce que l’Isra réfléchit déjà sur des mesures d’anticipation pour faire face à cette situation ?
Le mandat de l’Isra, c’est de mener une veille scientifique, et nous faisons de la veille prospective. Nous nous intéressons à ce qui se passe aujourd’hui, mais nous essayons aussi d’évaluer ce qui va se passer demain. Cela permet de nous adapter et de générer des technologies pour ne pas être surpris. C’est l’exemple de la GC835 qui est une variété d’arachide entre 75 et 80 jours. Nous l’avons créée dans un contexte de déficit pluviométrique. L’Isra vient d’homologuer sept variétés d’arachide qui doivent entrer dans le processus d’adaptation au changement climatique. Nous allons encore en homologuer trois l’année prochaine, et cela fera dix variétés. Le seul problème, aujourd’hui, c’est de trouver suffisamment de ressources pour que les producteurs s’approprient ces variétés et qu’on change la carte variétale que nous sommes en train de réactualiser. L’enjeu, c’est de développer des technologies, de les vulgariser et que les producteurs se les approprient. Certes, on a en perspective 2035, mais avant d’y arriver, il faut régler les problèmes de 2016 et de 2017.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

Intervenant lors du caucus africain qui se déroulait à Cotonou, les 4 et 5 août dernier, le ministre délégué du gouvernement sénégalais en charge du Budget a plaidé pour une réforme de la politique des exonérations fiscales appliquée aux projets rentables financés par les bailleurs de fonds.

« Nous invitons la Banque mondiale et la Société financière internationale à réviser les directives qui permettent à des projets parfois rentables de sortir du champs de la fiscalité », a exhorté Birima Mangara. Il a aussi préconisé la suppression de certains critères des classements internationaux sur l’attractivité de l’environnement des affaires, qui favorisent la course à la baisse des taux d’imposition sur les entreprises. « Nous invitons, par ailleurs, que le point concernant le nombre d'impôts dans le classement Doing Business soit retiré, car il est favorable à des politiques de réduction de l'impôt », a poursuivi M. Mangara. Les deux propositions ont été consignées dans le draft de mémorandum qui sera discuté au sein du groupe africain de la Banque mondiale et du Fmi, lors des rencontres annuelles d'automne des deux institutions qui se dérouleront au mois d'octobre prochain. Dans le même contexte, l'autre proposition retenue est celle recommandant l’accélération de l’assistance technique aux pays pour l’amélioration de leurs politiques et systèmes fiscaux. La question d'un développement de l'Afrique basé sur la mobilisation des ressources propres occupe les débats dans diverses conférences depuis un certain temps. L'aide internationale en provenance de l'Occident est devenue très volatile, et malgré son important engagement dans la région, la Chine ne peut, à elle seule, combler le gap des besoins en infrastructures. Rien que pour l'Afrique subsaharienne, un rapport de la Banque mondiale estimait, en 2009, à 93 milliards de dollars par an l'argent qu'il faudrait dépenser pour y résorber le déficit en infrastructures. Un autre rapport, publié par le Fmi en 2014, indiquait que les dépenses budgétaires consacrées aux infrastructures dans cette région ont atteint 51,4 milliards de dollars en 2014 ; ce qui laisse un écart initial de 43 milliards de dollars.

Ecart de 43 milliards de dollars
Le développement des partenariats public-privé, l'aide internationale et l'engagement de la Chine ont apporté des contributions pour près de 32 milliards ; ce qui laisse un gap résiduel théorique de près de 11 milliards de dollars. Or, dans un contexte de baisse des prix des matières premières, il est de plus en plus difficile pour les Etats de mobiliser des ressources.

Selon le premier rapport sur les statistiques des recettes publiques, huit pays d'Afrique subsaharienne, du Maghreb et du sud de l'Afrique ont obtenu un ratio des recettes fiscales sur un produit intérieur brut inférieur à 38 %, la moyenne dans les pays membres de l'Ocde. « De nombreux efforts ont été fait dans les pays africains, notamment au Cameroun ou au Sénégal où il y a eu une augmentation significative des recettes fiscales, mais beaucoup reste à faire, car on est encore en dessous des 20 % », a expliqué un des responsables du département de l'analyse fiscale au sein du Fmi. Carlos Lopez, le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique, a, lui, estimé que ces ratios sont encore plus faibles. « Il faut tenir compte, dans plusieurs économies, que l'année de base d'évaluation du Pib n'a pas été changé depuis et qu'il existe une forte activité dans le secteur informel. Ces éléments, s'ils sont pris en compte, vont encore contribuer à creuser les écarts », a-t-il fait remarquer.

Dilemme
Le dilemme est donc difficile pour les pays africains et les exonérations accordées aux projets financés par la Banque mondiale et la SFI ne sont pas la seule cause d'étroitesse des recettes fiscales. Une analyse publiée début juillet, par le Centre régional africain pour le développement endogène et communautaire (Cradec), démontre, par exemple, que si les ressources extractives, le pétrole en tête, sont de grandes pourvoyeuses de revenus en devise au Cameroun, elles n'y représentent qu'une contribution de moins de 4 % sur les recettes publiques pour ce qui est des impôts. Le cas du Cameroun est répliquable dans plusieurs autres pays d'Afrique où, pour attirer des investisseurs étrangers, on a mis en place des cadres nouveaux, avec des politiques fiscales incitatives.

Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement, aujourd'hui dans la firme de Private equity Tpg du milliardaire africain Mo Ibrahim, a fait savoir que les exonérations fiscales n’étaient pas une solution. « L'investisseur qui veut venir dans un pays ne regarde pas la fiscalité comme facteur. Ce qui l'intéresse, c'est le niveau d'infrastructure, la politique économique menée dans le pays et la facilité que ce dernier offre à faire des affaires. Nous pensons d'ailleurs qu'il est important d'autonomiser les administrations fiscales. Dans les pays où cette solution a été mise en application, on a toujours constaté une hausse des recettes fiscales », a-t-il expliqué dans son commentaire.

Ecofin

Au deuxième et dernier jour de l’atelier de haut niveau de renforcement des capacités des décideurs sur la problématique de l’agriculture dans un contexte de changement climatique, un fort plaidoyer a été fait pour une « agriculture intelligente ».

Depuis des années, les effets du changement climatique sont au centre des négociations et des débats sur la scène internationale, en relation, entre autres, avec les aspects liés à la préservation de l’environnement, à la lutte contre la pauvreté et au développement durable. Au Sénégal, le changement climatique et les problèmes environnementaux (les multiples inondations consécutives à certaines pluies exceptionnelles ou à l’inverse, les longues poches de sécheresses pendant la saison des pluies…) constituent de sérieuses menaces qui pèsent sur l’agriculture, principale pourvoyeuse d’emplois avec près de 70 % de la population active. Il augmente l’incertitude de début de la saison pluvieuse, le total et la répartition des pluies, et il pourrait également entraîner une baisse des précipitations et une augmentation des températures, selon certaines études. Dès lors, il apparait nécessaire de prendre rapidement des mesures pour limiter les impacts du changement climatique sur l’agriculture et ses conséquences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. « Il y a nécessité de mener des actions immédiates, en vue de s’adapter à la nouvelle donne des changements climatiques », a déclaré Robert Zougmoré.

Le coordinateur du Programme changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire (Ccafs) a indiqué que c’est en cela que sa structure voudrait apporter sa contribution, et ce, grâce à une meilleure compréhension des relations complexes et dynamiques entre changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire. « Les changements climatiques affectent l’agriculture et la sécurité alimentaire, tout comme l’agriculture et la gestion des ressources naturelles affectent le système climatique. Toutes ces interrelations sont influencées par les politiques économiques, les conflits politiques, etc. donc, il importe de bien connaitre ces interrelations, mais aussi de bien décrypter les avantages ou les désavantages des différentes réponses apportées aux effets des changements climatiques », a affirmé M. Zougmoré.

Il a plaidé pour une « agriculture intelligente » que certaines plateformes régionales commencent à promouvoir. « L’agriculture intelligente face au climat (Aic) est considérée comme une approche holistique pour faire face aux défis causés par le changement climatique au secteur au sens large du terme. Il devrait permettre d’améliorer durablement les capacités d’adaptation de notre agriculture, c’est-à-dire une agriculture résiliente qui augmente la production, la sécurité alimentaire, protège l’environnement et réduit les émissions de gaz à effet de serre », a soutenu M. Zougmoré.

Dr Ibrahima Hathie, directeur de recherche de l’Ipar, dans sa présentation portant sur la trajectoire de l’agriculture sénégalaise dans un contexte de changement climatique, a insisté sur la nécessité de réfléchir sur les systèmes de productions futurs, car ceux utilisés actuellement peuvent ne pas être adaptés dans 30 ou 40 ans. « Certaines mesures prises comme les variétés de semences ou culturales sont adaptées au contexte actuel, mais il y a lieu de se projeter et d’anticiper sur l’avenir », a-t-il lancé.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

Dr Alioune Fall, directeur général de l’Institut sénégalais de recherche agricole  : « Sept variétés d’arachide viennent d’être homologuées »

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) joue un important rôle dans la stratégie d’adaptation mise en place par le gouvernement pour faire face aux effets néfastes du changement climatique. Dans cet entretien, son directeur général, Dr Alioune Fall, annonce l’homologation, cette année, de sept nouvelles variétés d’arachide et trois autres pour l’année prochaine.

Depuis 2014, le gouvernement du Sénégal a mis en œuvre certaines mesures pour adapter l’agriculture aux effets du changement climatique. Quel rôle l’Isra a-t-il joué dans ce processus ?
Au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, nous avons le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dont la vision est de développer une agriculture diversifiée, productive et durable.

Chaque fois qu’on parle de durabilité, cela veut dire qu’on met en œuvre des innovations qui permettent de s’adapter au changement climatique. Mais, il ne s’agit pas seulement de s’adapter au changement climatique, il est tout aussi important de prendre en compte l’aspect productivité. Cela veut dire qu’on veut produire plus, transformer les effets du changement climatique en opportunités, pour que l’agriculture sénégalaise soit plus productive. Dans cette optique, l’Isra joue un rôle très important. Nous travaillons sur des leviers d’innovation comme les variétés, les rendements et le sol. Par exemple, à chaque fois que nous travaillons à mettre au point des formules de compostage pour l’amélioration de la fertilité des sols, nous faisons de la séquestration du carbone. Nous travaillons beaucoup aussi sur l’amélioration des rendements du riz à travers la mise au point de nouvelles variétés. Aujourd’hui, nous sortons des variétés qui font douze tonnes à l’hectare. Il faut se féliciter d’avoir de tels rendements dans des conditions d’adaptation. Cela montre que nous nous adaptons et que nous travaillons pour une meilleure productivité.

Est-ce à dire qu’il ne s’agit plus de considérer les effets du changement climatique comme un phénomène à subir mais plutôt comme des données à intégrer pour une agriculture durable ?
Les changements climatiques, nous les vivons. Il faut donc explorer les opportunités que nous pouvons en tirer pour encore améliorer notre agriculture. Nous ne pouvons pas attendre ni la Cop 22 ni la Cop 23. C’est aujourd’hui qu’il faut le faire. Le Sénégal s’y est engagé. A chaque fois qu’il y a une campagne agricole, on entend le ministre de l’Agriculture parler de « booster », « d’accélérer » ou de « doper » la production. Cela veut dire qu’il faut dégager des stratégies, afin que les producteurs s’adaptent aux effets induits du changement climatique sur l’agriculture. Par exemple, l’année dernière, il a fallu arrêter la production de l’arachide dans beaucoup de zones pour introduire des variétés à cycle court, car il fallait s’adapter au cycle de raccourcissement de la pluviométrie. C’est cela une adaptation. Maintenant, s’adapter ne veut pas dire produire moins, il faut que cela soit une opportunité utilisant tous les leviers d’une bonne productivité.

S’adapter, c’est bien, mais au regard des inquiétantes perspectives que relèvent certaines études qui estiment que la production céréalière pourrait baisser de 30 % à l’horizon 2025 et que l’arachide pourrait connaître une baisse de 5 % à 25 % de ses rendements à l’horizon 2050, est-ce que l’Isra réfléchit déjà sur des mesures d’anticipation pour faire face à cette situation ?
Le mandat de l’Isra, c’est de mener une veille scientifique, et nous faisons de la veille prospective. Nous nous intéressons à ce qui se passe aujourd’hui, mais nous essayons aussi d’évaluer ce qui va se passer demain. Cela permet de nous adapter et de générer des technologies pour ne pas être surpris. C’est l’exemple de la GC835 qui est une variété d’arachide entre 75 et 80 jours. Nous l’avons créée dans un contexte de déficit pluviométrique. L’Isra vient d’homologuer sept variétés d’arachide qui doivent entrer dans le processus d’adaptation au changement climatique.

Nous allons encore en homologuer trois l’année prochaine, et cela fera dix variétés. Le seul problème, aujourd’hui, c’est de trouver suffisamment de ressources pour que les producteurs s’approprient ces variétés et qu’on change la carte variétale que nous sommes en train de réactualiser. L’enjeu, c’est de développer des technologies, de les vulgariser et que les producteurs se les approprient. Certes, on a en perspective 2035, mais avant d’y arriver, il faut régler les problèmes de 2016 et de 2017.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

Le Sénégal va bientôt mettre en place un Fonds national climat dont l’objectif premier est de mobiliser et d’investir 100 millions de dollars américains, soit 59,200 milliards de FCfa, par an pour lutter contre les effets des changements climatiques et promouvoir le développement durable. L’annonce a été faite hier par le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, au cours d’un atelier de partage d’une étude sur la faisabilité des mécanismes de financement innovants dans le secteur de l’environnement.

Dans le cadre des négociations commerciales multilatérales à l’Organisation mondiale du commerce (Omc), en 2016, la République de Corée a fait un don de plus de 206 millions de FCfa aux pays en développement et pays moins avancés, selon un communiqué de l’organisme. Cette contribution en faveur du Fonds global d’affectation spéciale pour le programme de Doha pour le développement (Fgaspdd) vise à aider ces Etats à participer efficacement aux négociations, d’après le directeur général de l’Omc, Roberto Azevedo. « Le don de la Corée est vivement apprécié, car il aidera les pays en développement et les Pma à accroitre leurs capacités commerciales et participer plus efficacement au système commercial mondial », a-t-il expliqué. Grace à cette dotation, des ateliers de formation destinés aux fonctionnaires gouvernementaux se tiendront à Genève et ailleurs. L’ambassadeur de Corée s’est dit convaincu des débouchés que peut créer le commerce tout en encourageant la croissance et améliorer le niveau de vie dans les pays en développement et les pays moins avancés.

Mamadou DIAGNE (stagiaire)

L’interconnexion des systèmes d’informations des douanes de la Cedeao assurerait, entre autres, la sécurisation des recettes douanières à celle de la chaîne logistique internationale et allègerait les procédures, selon le coordonnateur des Douanes sénégalaises, l’inspecteur Moctar Kettani Doucouré, qui a loué les mérites de ce projet.

Dans le cadre des accords de partenariats économiques intérimaires, la Côte d’Ivoire avait bénéficié du Projet d’appui au commerce et à l’intégration régionale (Pacir), financé par l’Union européenne (Ue). L’un des volets de ce programme était l’interconnexion des systèmes informatiques des administrations des douanes de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Mali pour le transit. Le Sénégal a rejoint l’initiative. Son adhésion a été matérialisée par la signature de l’accord entre les directeurs généraux des Douanes des trois pays pilotes, plus le Sénégal, le 19 mars 2015, à Abidjan. Hier, un atelier de cinq jours qui réunit des acteurs des douanes des pays de la Cedeao s’est ouvert à Dakar.

Ces derniers vont se pencher sur les moyens d’interconnecter leurs systèmes d’informations. Présidant l’ouverture de la cérémonie, le coordonnateur des Douanes sénégalaises, l’inspecteur Moctar Kettani Doucouré, a indiqué que l’’atelier vise à aligner les messages du Projet d’appui au commerce et à l’intégration aux modèles de données de l’Organisation mondiale des douanes (Omd). Il y a une multitude de systèmes informatiques utilisés par les administrations douanières de l’espace Cedeao. A côté du système « Gaïndé » au Sénégal, on retrouve « Sydonia » dans bon nombre de pays de la région. « Il va falloir aligner les mêmes données pour qu’on puisse parler le même langage.

Douane numérique
Si les administrations des douanes ne communiquent pas entre elles à travers les systèmes informatiques, le processus d’intégration ne pourra jamais aboutir », a déclaré M. Doucouré, affirmant que la douane de demain est une « douane numérique » qui transcende le temps. Poursuivant, il ajouté : « Nous sommes dans un monde de vitesse. Il faudrait qu’on utilise les technologies de l’information pour accompagner le commerce international ».

M. Doucouré a soutenu que la réussite du projet présente des enjeux multiples qui vont de la sécurisation des recettes douanières à celle de la chaîne logistique internationale, en passant par une automatisation de toutes les procédures, témoignant d’une expertise régionale avérée. Il a invité les participants à s’engager dans cette dynamique afin de profiter des meilleures pratiques de standards internationaux pour un développement et une amélioration continue des systèmes d’informations.

Le représentant de l’Organisation mondiale des douanes, Bernard Zbinden, a réaffirmé le souhait de sa structure de voir les administrations des douanes ouest-africaines travailler ensemble pour faciliter le dédouanement pour les opérateurs économiques et le commerce international. Pour ce faire, a-t-il dit, il faut régler un certain nombre de préalables. Comment faciliter les échanges tout en assurant le contrôle douanier ? L’objectif, a précisé M. Zbinden, c’est d’avoir un système informatique qui sera utilisé de la même manière par tous les pays de la région. Il a réitéré le soutien de l’Organisation mondiale des douanes pour cette initiative.

François Xavier Bambara, représentant de la Commission de l’Uemoa, a estimé que ce chantier permettra de lutter contre la fraude, de sécuriser les transactions et facilitera les échanges. Le directeur du Centre informatique communautaire de la Cedeao, Dr Osei Tutu Agyema-Duah a, lui, plaidé pour une réalisation endogène du projet par l’implication des ingénieurs informaticiens ouest-africains afin de disposer « d’un vivier d’experts qui pourra, par la suite, procéder à sa maintenance et à son extension ».

Souleymane Diam SY

Les mesures d’adaptation mises en œuvre par le gouvernement du Sénégal ont permis d’augmenter de 7,8% la production agricole contre une moyenne de 4% dans la zone du Sahel, selon Dr Dogo Seck, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural.

« Changements climatiques et agriculture sénégalaise : rôles des décideurs dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) ». Ce thème a mobilisé représentants du gouvernement, parlementaires, élus, administration déconcentrée, organisations de la société civile agricole, organisations de producteurs, partenaires techniques et financiers et chercheurs autour d’un atelier de haut niveau de deux jours sur la problématique de l’agriculture et de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique.

Présidant les travaux, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Dogo Seck, a indiqué que les mesures d’adaptation mises en œuvre depuis 2014 par le gouvernement du Sénégal pour atténuer les effets du changement climatique sur le secteur de l’agriculture ont donné des résultats satisfaisants. « La mise en œuvre du Pracas, fondé sur des prévisions et des choix de variétés à cycle court, a permis au Sénégal d’augmenter sa production agricole de 7,8% contre une moyenne de 4 % dans le reste du Sahel », a-t-il déclaré. En 2015, toujours dans cette dynamique, M. Seck a ajouté qu’il a été mis en œuvre un programme pour fouetter l’agriculture qui a permis au Sénégal d’avoir des performances ayant contribué, de manière décisive, à tirer la croissance. Il a estimé que le phénomène du changement climatique ne doit plus être subi mais intégré dans les stratégies de développement agricole.

Au Sénégal, comme partout dans le monde, le changement climatique menace la durabilité du secteur agricole. D’après une étude du Centre de suivi écologique publiée en 2010, la pluviométrie a baissé dans le pays de 30% depuis les années 1950. « Cette dégradation des conditions climatiques aura des conséquences non négligeables sur la production ainsi que les revenus des exploitations agricoles. De même, elle pourrait compromettre le bien-être des populations qui vivent majoritairement de l’agriculture », conclut ce document. D’autres études ont montré que la production céréalière pourrait baisser de 30 % à l’horizon 2025 et que l’arachide pourrait connaître une baisse de 5% à 25% de ses rendements à l’horizon 2050. Au Sénégal, le changement climatique et les problèmes environnementaux constituent de sérieuses menaces qui pèsent sur l’agriculture, principale pourvoyeuse d’emploi avec près de 70% de la population active. Il augmente l’incertitude de début de la saison pluvieuse ainsi que le total et la répartition des pluies.

Pour faire face à ces menaces, le gouvernement avait lancé ces mesures d’adaptation afin de limiter les impacts du changement climatique sur l’agriculture et ses conséquences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ces mesures reposent sur l’utilisation systématique des informations climatiques par les principaux utilisateurs via une démarche holistique.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM


La prise en compte du changement climatique dans les stratégies de développement souhaitée
Cet atelier, organisé par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rurale, en partenariat avec le Réseau des parlementaires sur l’environnement et l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar), est « stratégique à plus d’un titre », d’après le directeur exécutif de cette dernière structure. « Il permet d’échanger sur la situation actuelle de l’agriculture et sur les trajectoires de celle-ci dans un contexte de changement climatique », a dit Cheikh Omar Bâ. L’objectif, selon lui, étant « d’optimiser la mise en œuvre du Pse en assurant une meilleure intégration de la question du changement climatique dans les plans et programmes nationaux de développement ».

Le coordinateur du Programme changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire (Ccafs), Robert Zougmoré, a rappelé l’urgente nécessité de mener des actions immédiates, en vue de s’adapter à la nouvelle donne des changements climatiques et de sa prise en compte dans les stratégies de développement de nos pays. « Le programme Ccafs voudrait engager l’ensemble des acteurs afin de partir de l’existant, des expériences et bonnes pratiques à tous les niveaux d’échelle, dans le but d’intégrer leurs connaissances et leurs besoins dans les outils et approches qui seront développés pour l’aide à la prise de décision bien informée », a-t-il déclaré. M. Zougmoré a plaidé pour une « agriculture intelligente » pour faire face au climat.

Adopter une démarche inclusive et synergique face aux défis du changement climatique, c’est le message qu’ont aussi lancé en chœur le président du Comité national sur les changements climatiques (Comnacc), Ousmane Fall et le président du Réseau des parlementaires sur l’environnement, Lamine Thiam. Tous les deux ont magnifié la tenue de cet atelier qui participe, selon eux, à renforcer le partenariat qu’ils appellent de leurs vœux.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM

Le Sénégal va bientôt mettre en place un Fonds national climat dont l’objectif premier est de mobiliser et d’investir 100 millions de dollars américains, soit 59,200 milliards de FCfa, par an pour lutter contre les effets des changements climatiques et promouvoir le développement durable, a annoncé, hier, le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, au cours d’un atelier de partage d’une étude sur la faisabilité des mécanismes de financement innovants dans le secteur de l’environnement.

Un Fonds national climat sera bientôt mis en place par le Sénégal, en vue de mobiliser et d’investir 100 millions de dollars, soit 59,200 milliards de FCfa par an, pour lutter contre les effets des changements climatiques et promouvoir le développement durable, a annoncé le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, qui participait, hier, à un atelier de partage et de validation de l’étude sur la faisabilité des mécanismes de financement innovants dans le secteur de l’environnement.

Selon l’analyse de faisabilité qui a été faite par l’étude, neuf mécanismes sont jugés pertinents et applicables au secteur de l’environnement. Parmi ces mécanismes, trois sont considérés comme applicables dans le court et moyen termes. Il s’agit, selon le directeur de cabinet du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, du mécanisme de gestion de la dette qui permet une reconversion de celle-ci pour financer les programmes environnementaux selon le concept « debt for nature », du mécanisme de réorientation des subventions aux combustibles fossiles.

A ce niveau, il a noté que l’essentiel de l’énergie utilisée dans les ménages provient encore des forêts, soit 75 % de l’énergie domestique. D’où la nécessité, selon lui, de réorienter vers des programmes de reboisement et de reforestation une partie, soit 10 à 20 %, de la subvention aux combustibles fossiles, qui a atteint 77 milliards de FCfa, en 2014. Le troisième et dernier mécanisme, considéré comme applicable dans le court et moyen termes, porte sur les obligations vertes.

Aujourd’hui, a-t-il ajouté, plusieurs acteurs soutiennent que l’innovation doit pousser à lancer une première expérience d’émission d’obligations vertes qui concernera prioritairement les secteurs des énergies renouvelables, de l’écotourisme et de l’économie circulaire des déchets. Il a estimé que cette expérience d’émission pourrait porter sur un montant de 50 milliards de FCfa sur une période de 5 ans. « Nous sommes confrontés à un gap structurel de financement. Il est urgent d’œuvrer, avec plus d’efficience, en collaboration avec l’ensemble des acteurs publics, privés et de la société civile, à la mise en place de mécanismes de financement innovants », a déclaré M. Diallo. Il a noté qu’au cours de la dernière décennie, les mécanismes de financement innovants sont devenus un enjeu important dans les négociations internationales sur l’environnement et le développement durable.

Mamadou SY


Réorienter des financements vers des programmes de reforestation
Ces mécanismes visent à mobiliser de nouvelles ressources financières pour le développement et à optimiser l’utilisation de ressources classiques existantes. Souleymane Diallo a indiqué que cet atelier permet de partager les principaux résultats de l’étude et les opportunités qu’ils offrent au secteur de l’environnement. Il a déclaré que le Sénégal se place dans une dynamique « d’expérimenter des mécanismes nouveaux, innovants et aptes à lever des fonds publics ou privés complémentaires à l’aide publique au développement et aux budgets nationaux ».

Le directeur de cabinet a, en outre, noté que l’objectif visé à travers l’organisation de cette rencontre est de « procéder à l’élaboration d’une feuille de route portant sur l’opérationnalisation d’un certain nombre de mécanismes garantissant la prévisibilité, la durabilité et l’additionnalité des ressources ». « L’un des défis à relever est d’arriver à adapter le principe et la faisabilité de chaque mécanisme innovant jugé pertinent au contexte national et ou communautaire », a soutenu M. Diallo. Cette étude porte sur la faisabilité d’une quinzaine de mécanismes de financement innovants répartis en quatre grandes catégories. Il s’agit des mécanismes de taxation ; ceux visant à orienter les financements existants ; des mécanismes de contribution volontaires ; et enfin, des mécanismes issus des instruments de la finance islamique.

Le directeur des Financements verts et des Partenariats, Amadou Diagne, a indiqué que cette étude a permis de préciser dans quelle mesure ces mécanismes sont applicables au profit de l’environnement au niveau national comme au niveau communautaire.

« Cette étude, a-t-il souligné, a également permis de juger l’applicabilité de certains mécanismes et d’établir une démarche pratique de sa mise en œuvre. » De 2005 à 2014, 24,5 milliards de FCfa ont été mobilisés en moyenne pour mettre en œuvre la politique environnementale.

M. SY

Cet atelier, organisé par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rurale, en partenariat avec le Réseau des parlementaires sur l’environnement et l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar), est « stratégique à plus d’un titre », d’après le directeur exécutif de cette dernière structure. « Il permet d’échanger sur la situation actuelle de l’agriculture et sur les trajectoires de celle-ci dans un contexte de changement climatique », a dit Cheikh Omar Bâ. L’objectif, selon lui, étant « d’optimiser la mise en œuvre du Pse en assurant une meilleure intégration de la question du changement climatique dans les plans et programmes nationaux de développement ».

Le coordinateur du Programme changement climatique, agriculture et sécurité alimentaire (Ccafs), Robert Zougmoré, a rappelé l’urgente nécessité de mener des actions immédiates, en vue de s’adapter à la nouvelle donne des changements climatiques et de sa prise en compte dans les stratégies de développement de nos pays. « Le programme Ccafs voudrait engager l’ensemble des acteurs afin de partir de l’existant, des expériences et bonnes pratiques à tous les niveaux d’échelle, dans le but d’intégrer leurs connaissances et leurs besoins dans les outils et approches qui seront développés pour l’aide à la prise de décision bien informée », a-t-il déclaré. M. Zougmoré a plaidé pour une « agriculture intelligente » pour faire face au climat.

Adopter une démarche inclusive et synergique face aux défis du changement climatique, c’est le message qu’ont aussi lancé en chœur le président du Comité national sur les changements climatiques (Comnacc), Ousmane Fall et le président du Réseau des parlementaires sur l’environnement, Lamine Thiam. Tous les deux ont magnifié la tenue de cet atelier qui participe, selon eux, à renforcer le partenariat qu’ils appellent de leurs vœux.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM

Ces mécanismes visent à mobiliser de nouvelles ressources financières pour le développement et à optimiser l’utilisation de ressources classiques existantes. Souleymane Diallo a indiqué que cet atelier permet de partager les principaux résultats de l’étude et les opportunités qu’ils offrent au secteur de l’environnement. Il a déclaré que le Sénégal se place dans une dynamique « d’expérimenter des mécanismes nouveaux, innovants et aptes à lever des fonds publics ou privés complémentaires à l’aide publique au développement et aux budgets nationaux ».

Le directeur de cabinet a, en outre, noté que l’objectif visé à travers l’organisation de cette rencontre est de « procéder à l’élaboration d’une feuille de route portant sur l’opérationnalisation d’un certain nombre de mécanismes garantissant la prévisibilité, la durabilité et l’additionnalité des ressources ». « L’un des défis à relever est d’arriver à adapter le principe et la faisabilité de chaque mécanisme innovant jugé pertinent au contexte national et ou communautaire », a soutenu M. Diallo. Cette étude porte sur la faisabilité d’une quinzaine de mécanismes de financement innovants répartis en quatre grandes catégories. Il s’agit des mécanismes de taxation ; ceux visant à orienter les financements existants ; des mécanismes de contribution volontaires ; et enfin, des mécanismes issus des instruments de la finance islamique.

Le directeur des Financements verts et des Partenariats, Amadou Diagne, a indiqué que cette étude a permis de préciser dans quelle mesure ces mécanismes sont applicables au profit de l’environnement au niveau national comme au niveau communautaire. « Cette étude, a-t-il souligné, a également permis de juger l’applicabilité de certains mécanismes et d’établir une démarche pratique de sa mise en œuvre. » De 2005 à 2014, 24,5 milliards de FCfa ont été mobilisés en moyenne pour mettre en œuvre la politique environnementale.

M. SY

Mamadou Lamine Badji, chargé des revendications de l’intersyndicale de la Société nationale des télécommunications (Sonatel), a dénoncé, samedi, à Dakar, le blocage de la croissance externe de cette société de téléphonie par France Télécom, son partenaire stratégique. Il était un des invités des Samedis de l’économie, une rencontre mensuelle de réflexions organisée par la Fondation Rosa Luxemburg et Arcade et axé sur le thème : « La Sonatel : fleuron de l’économie ou symbole de pillage du patrimoine national ? » « Depuis cinq ans, a-t-il avancé, France télécom bloque la croissance externe de Sonatel.

Or, 50 % des résultats de cette société sont réalisés au niveau de ses filiales ». La Sonatel dispose des filiales au Mali, en République de Guinée, en Guinée-Bissau et récemment en Sierra Leone. Parmi les nombreux blocages de France Télécom, M. Badji a évoqué le détournement des trafics des filiales de Sonatel vers la Côte d’Ivoire alors qu’ils passaient par le Sénégal. Il a aussi dénoncé « le blocage des investissements de Sonatel par France Télécom, sans compter le contrôle du Comité des achats de cette société par le directeur général adjoint, un poste occupé par un Français ». Pourtant, a souligné M. Badji, quand France Télécom échoue au Niger, elle amène les ressources humaines de Sonatel pour débloquer la situation.

Sur un autre registre, le syndicaliste de la Sonatel a déploré le pillage des ressources de cette société par France Télécom à travers des redevances de la marque Orange ainsi que d’autres facturations de services rendus. « Aujourd’hui, France Télécom veut faire de Sonatel une filiale. C’est pourquoi elle veut acquérir 9 % supplémentaire des actions de cette société », a affirmé M. Badji. France Télécom détient actuellement 42 % du capital de Sonatel contre 27 % pour l’Etat Sénégalais, 10 % pour le personnel et le reste par les investisseurs de la Bourse régionale des valeurs mobilières.

(APA)

Les « Loumas agricoles » visent à promouvoir le consommer local, offrir aux exploitants des fermes Anida la possibilité d’écouler leurs productions et aux autres acteurs l’occasion de vendre leurs productions agricoles, fruitières et halieutiques. En marge de la 17e édition qui s’est tenue à Thiès, le directeur général de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole a annoncé 700 fermes d’ici à 2017.

Sept cent fermes « Naatangué » villageoises comme familiales seront réalisées d’ici à 2017. Le directeur général de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) a fait cette annonce, avant-hier, à Thiès, en marge de l’ouverture de la 16e édition des « Loumas agricoles »  délocalisés. El hadji Malick Sarr a magnifié l’impact des fermes agricoles qu’il qualifie « d’une démarche de responsabilisation des agriculteurs qui, avant même les récoltes de leurs produits, règlent en amont la question de la commercialisation qui a longtemps constitué un goulot d’étranglement ». L’ambition affichée par le gouvernement, dans le cadre d’un programme d’accompagnement conçu depuis 2014, est d’atteindre cet objectif. « Aujourd’hui, 79 fermes ont vu le jour sur une bonne partie du territoire, dont 53 fermes villageoises et 26 petites fermes familiales « Naatangué », et un domaine agricole communautaire (Dac) pour 9.000 emplois créés », a rappelé le directeur général de l’Anida. Les perspectives à l’horizon 2017, selon M. Sarr, sont estimées à 700 fermes villageoises modernes et familiales « Naatangué » et neuf aires agricoles émergentes pour 60.000 emplois permanents et saisonniers et 90.000 tonnes de production annuelle en fruits, légumes et céréales.

Pour les fermes « Naatangué », le directeur général de l’Anida a informé que la région de Thiès compte, à elle seule, 21 exploitations, dont 11 villageoises et une dizaine de fermes familiales, pour plus de 3.000 emplois. « Les ‘‘Loumas agricoles’’ constituent un concept, avec une charpente bien précise, qui vise à promouvoir le consommer local et à offrir non seulement aux exploitants des fermes Anida la possibilité d’écouler leurs productions mais aussi et surtout aux autres acteurs l’occasion de commercialiser leurs productions agricoles, fruitières et halieutiques », a expliqué El hadji Malick Sarr. Yankhoba Diattara, le vice-président du Conseil départemental, s’est réjoui du choix porté sur Thiès pour accueillir cette 16e édition après 15 éditions organisées à Dakar, dans la dynamique de mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation. « Le développement territorial se déterminera par une bonne exploitation des nombreux atouts que compte notre département, voire la région en général, dans tous les secteurs névralgiques de notre économie dont l’agriculture, le maraîchage et la pêche », a-t-il affirmé.

La ferme agricole a la particularité d’être installée dans une petite surface intégrée où sont reproduites une gamme de variétés agricoles et maraîchères, de l’aviculture et la pisciculture répondant aux besoins de la consommation locale. Les fermes familiales constituent aussi un levier essentiel pour fixer les populations dans leur terroir et créer des emplois en milieu rural, notamment pour les femmes et les jeunes.

L’édition de Thiès du « Louma agricole » a réuni sept fermes agricoles villageoises dont celles de Ngomène, de Djilakh, de Mont-Rolland et de Mbour, quatre agriculteurs privés. Le nombre de visiteurs n’a pas connu d’affluence la première journée, sans doute, à cause de la pluie qui s’est abattue dans la ville, mais les exposants ont eu à proposer une gamme diversifiée de produits fruitiers, des légumes, des céréales transformées et autres produits halieutiques et des jus locaux.

Mohamadou SAGNE

Bénéficiant du statut de « pays candidat » depuis 2013, le Sénégal cherche à décrocher le statut de « pays conforme » aux normes Itie. Pour ce faire, le Comité national Itie a lancé, depuis quelques semaines, le processus d’élaboration du rapport de 2014 sur la base duquel la validation de la candidature du Sénégal dépendra. Dans cet entretien, son secrétaire permanent, Cheikh Tidiane Touré, revient sur les enjeux de l’obtention de ce statut. M. Touré y aborde aussi les innovations du Rapport Itie 2014 en cours d’élaboration, la parfaite collaboration notée entre le Comité national et les entités déclarantes et enfin, la vision de l’Itie Sénégal à l’horizon 2020.

Le Comité national Itie est en train de préparer le rapport 2014, quels sont les enseignements tirés de l’expérience de celui de 2013 ?
Le rapport Itie 2013 a été le premier du Sénégal en tant que pays mettant en œuvre cette initiative. Par conséquent, il y a une petite dose d’expérimentation du fait que l’exercice était nouveau pour l’administration et pour les entreprises extractives. Malgré toutes les dispositions prises et les efforts de benchmarking, on a senti que c’était difficile pour beaucoup de produire des informations qu’ils n’avaient pas l’habitude de collecter.

En revanche, le deuxième rapport, celui de 2014, nous permet de capitaliser sur les enseignements et à il y a eu des innovations intéressantes. La première, c’est ce qu’on appelle « Seuil de matérialité ». Dans le rapport Itie précédent, nous n’avions pas une base suffisamment solide pour décider d’exclure certaines compagnies qui étaient titulaires de concessions. Aujourd’hui, les données de l’exercice 2012 et 2013 nous ont montré que certaines compagnies titulaires de concessions ne payaient rien à l’Etat ou avaient une contribution dérisoire. Sur cette base, nous avons défini un seuil des paiements significatifs qui nous permet de se focaliser sur celles qui ont une contribution importante, c’est-à-dire supérieure ou égale à 200 millions de FCfa. Avec un seuil de 200 millions, nous assurons une couverture de 98 % des revenus du secteur. Les 2 % qui concernent les compagnies non assujetties à la déclaration sont tout de même pris en charge dans les déclarations unilatérales des services de l’Etat.

Deuxième innovation, nous avons veillé à produire les garanties nécessaires à la fiabilisation des données produites par les administrations en mettant en contribution la Cour des comptes. Concrètement, cette dernière intervient pour vérifier les déclarations des administrations et confirmer que les paiements reçus par les services collecteurs (direction des Impôts, direction des Mines, Petrosen, etc.) sont transmis au Trésor. Lorsque cet exercice est bien mené, il peut contribuer à réduire les écarts entre ce que l’administration déclare et ce que les entreprises déclarent.

Troisième innovation, c’est la déclaration des paiements en Douane. Dans la répartition des tâches entre les régies chargées de la perception et de la collecte des revenus, la Douane intervient en délivrant des quittances de liquidation qui permettent au contribuable de s’acquitter du paiement au Trésor. Or, le principe de la déclaration Itie voudrait que l’on déclare ce qui est effectivement encaissé par l’Etat. C’est pourquoi, pour l’exercice 2014, la Douane va faire une extraction à partir de son « système Gaïndé » et travailler avec le Trésor qui va confirmer ce qui a été effectivement recouvré. Ceci devrait améliorer la qualité des déclarations pour les paiements en douane. Ces innovations vont nous permettre d’améliorer sensiblement la qualité du rapport Itie 2014.

Contrairement au rapport de 2013, le processus de collecte des données pour l’élaboration de celui de 2014 n’a pas rencontré trop de problèmes. Comment avez-vous fait pour gagner l’adhésion de la quasi-totalité des entités retenues dans le périmètre de déclaration ?
Après la publication du rapport de 2013, le Comité national Itie a organisé une série de rencontres bilatérales avec les entreprises extractives et les services techniques de l’administration pour tirer les enseignements de ce premier exercice, mais aussi pour obtenir des améliorations conséquentes au niveau du remplissage des formulaires de déclaration. L’autre élément est que le rapport Itie 2014 est préparé dans un contexte où le pays va postuler à la validation pour obtenir le « statut de pays conforme ».

Nous avons donc beaucoup communiqué sur cet enjeu et les acteurs ont bien compris qu’il s’agit d’une question d’intérêt national.

Cela a beaucoup aidé dans le processus. Nous sommes particulièrement sensibles à l’effort des administrations et des entreprises minières et pétrolières qui ont manifesté de bonnes dispositions pour accompagner le Comité national Itie, et nous les en remercions. Au-delà de cet engagement, nous avons renforcé l’équipe du secrétariat pour améliorer le suivi et nous avons bénéficié d’un excellent soutien de la part des ministères de tutelle, en l’occurrence les départements des Mines, de l’Energie qui font montre d’un leadership exemplaire.

Une entreprise n’a pas encore répondu à l’appel de l’Itie. Qu’est-ce qui explique cette réticence ?
A la date du 22 juillet 2016, une seule entreprise n’avait pas transmis son formulaire. Aujourd’hui, c’est chose faite même si le document n’est pas certifié. En règle générale, il faut considérer que l’Itie agit au nom de l’Etat qui a pris un engagement international. C’est pourquoi, lorsque nous rencontrons des difficultés, nous travaillons avec les ministères de tutelle qui reprennent la demande à leur compte. En cas de refus, le ministère reste le seul apte à en juger ou en tirer les conséquences.

Après la phase de collecte, quelles sont les autres étapes ?
Le consultant a commencé à faire le rapprochement entre ce qui est déclaré par les administrations et ce qui est déclaré par les entreprises. Lorsqu’il constate des écarts, il demande les pièces justificatives et généralement, il y a toujours une partie qui découvre une erreur quelque part et qui procède à la correction. Du côté de l’administration, il y a la Cour des comptes qui poursuit sa vérification qui devrait être finalisée dans une semaine au plus tard. Après cela, le consultant va produire un rapport provisoire avant de soumettre sa version définitive.

Le dépôt du rapport sur la table du Comité international est fixé au mois d’octobre. Pensez-vous être dans les délais ?
S’il y a quelque chose qui est bien ancré dans les habitudes de travail du Comité national, c’est la proactivité, c’est l’anticipation. Le Comité national Itie n’a aucun souci avec les délais.

Depuis octobre 2013, le Sénégal a le statut de « pays candidat ». Au regard des efforts, peut-on dire que le processus de validation et d’obtention du statut de « pays-conforme » est bien lancé ?
Absolument ! Le Sénégal a toutes les chances de réussir sa validation. La mise en œuvre de l’Itie a eu un impact important et nous aurons l’occasion d’en parler. Aussi, nous passons beaucoup de temps à faire des auto-évaluations pour corriger et améliorer le niveau d’atteinte des exigences. Nous prévoyons, en septembre, de faire un atelier national de pré-validation qui nous permettra d’impliquer l’ensemble des acteurs pour passer en revue les modules de la validation et nous accorder sur un mécanisme de suivi.

Quels sont les enjeux et l’intérêt d’avoir le statut de « pays-conforme » ?
Avec la validation, le Sénégal consolidera sa position comme une référence en matière de bonne gouvernance parce qu’il faut le dire, à un moment donné, nous avons été devancés sur certaines questions. La deuxième chose, c’est que le statut de « pays conforme » va renforcer la confiance vis-à-vis des investisseurs et des partenaires techniques et financiers. Pour la réussite du Pse et pour l’exploitation pétrolière, cette confiance sera déterminante. Le plus important, ce n’est pas le « label de pays conforme », mais plutôt comment nous faisons pour garantir que l’exploitation minière ou pétrolière profite réellement aux populations. Cela, l’Itie y contribue.

En mars dernier, le Comité national Itie a convié différents acteurs pour réfléchir sur l’élaboration de son plan stratégique quinquennal 2016-2020. Qu’est-ce que les conclusions ont donné ?
Le sens de la planification stratégique est de démontrer qu’il y a une vision claire à moyen et long termes qui sous-tend le travail que nous faisons. C’est aussi une manière pour l’Itie de redéfinir ses priorités dans un contexte où l’exploitation du gaz et du pétrole va jouer un rôle plus important dans l’économie du pays. Les réflexions qui ont beaucoup retenu notre attention, au-delà des questions de capacité nationale, c’est comment faire en sorte que les rapports Itie puissent aider à mieux planifier les réformes et améliorer la gouvernance. Nous allons organiser une table ronde avec les bailleurs pour présenter le nouveau plan et solliciter leur accompagnement pour les cinq prochaines années.

Entretien réalisé par Elhadji Ibrahima THIAM

A Saint-Louis, les services de l’Elevage sont mobilisés pour assurer une offre suffisante en moutons, accessibles à tous financièrement et géographiquement.

Les services de l’Elevage du delta et de la vallée du fleuve Sénégal se mobilisent pour satisfaire la demande de la région en moutons de Tabaski estimée, cette année, à 155.000 têtes, a déclaré, hier, l’inspecteur régional de l’Elevage et des Services vétérinaires de Saint-Louis, Dr Youssou Ndiaye. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Dr Ndiaye a précisé que, dans le but d’accompagner les opérateurs privés de la région Nord, des lignes de crédit ont été ouvertes à la Caisse nationale de crédit agricole (Cncas) et au Crédit mutuel sénégalais (Cms) pour la commercialisation des moutons de Tabaski dans les départements de Saint-Louis, Dagana et Podor. Il a révélé que les montants sollicités à la Cncas et au Cms par les opérateurs économiques de la région s’élèvent respectivement à 117 millions et à près de 343 millions de FCfa. Parlant de l’accès à l’aliment de bétail, Dr Ndiaye a rappelé que le ministère de l’Elevage et des Productions animales avait accordé à chaque département un quota de 20 tonnes, soit 60 tonnes d’aliment usiné subventionné à hauteur de 66,67 % à la région de Saint-Louis, soit 5.000 FCfa le sac. Les fonds sont disponibles et pourront être utilisés pour l’acquisition d’aliment pour les foirails. Il a indiqué que des points de vente doivent être identifiés et répertoriés par les collectivités locales en relation avec les autorités administratives, les services de l’Elevage et les autres services techniques compétents.

S’agissant des difficultés, Youssou Ndiaye a déploré le fait que l’essentiel des moutons du département de Podor quittent souvent les zones de transhumance pour rejoindre directement les marchés de l’intérieur du pays, engendrant du coup une pénurie dans cette contrée. Il a noté aussi le retard dans la mise en place des financements de l’opération Tabaski, surtout pour le département de Dagana, la faiblesse des montants accordés aux opérateurs, le retard dans la mise en place de l’aliment subventionné, le non remboursement des crédits, notamment ceux de 2011 et 2012 dans le département de Saint-Louis, la fermeture de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie au niveau de Diama, entrainant un grand détour. Mais aussi le défaut d’éclairage dans certains points de vente de la région malgré les efforts des communes, les prix des ovins et caprins jugés assez élevés par les consommateurs, etc.

Dans ses recommandations, Dr Ndiaye a insisté sur la nécessité de mettre en place l’aliment subventionné dans les points de vente, au moins 15 jours avant la Tabaski, et augmenter le quota pour la région de Saint-Louis. Il a suggéré également d’allouer des montants substantiels aux opérateurs dans un délai leur permettant de mener correctement l’opération Tabaski et de veiller au remboursement des crédits.

Aménagent des points de vente
 De même, il a plaidé pour la consolidation des conventions de partenariat avec les transporteurs, le respect des prix conseillés et l’organisation d’une grande réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière ovine, pour leur permettre de réfléchir avec les pouvoirs publics sur les voies et moyens afin de mettre en œuvre le programme d’autosuffisance en moutons de Tabaski. 50 % de l’approvisionnement de la région en moutons de Tabaski sont toujours assurés par la Mauritanie.

Il a insisté sur la sensibilisation à mener auprès de certains maires pour qu’ils  aménagent des points de vente adéquats, disposant de l’électricité, de l’eau et de toilettes. L’application stricte des différentes mesures prises lors du Conseil interministériel consacré à la préparation de l’évènement, le 23 juin 2015, l’exécution correcte des recommandations et la forte mobilisation de tous les acteurs autour de l’objectif avaient permis d’obtenir un bon résultat, à savoir un approvisionnement correct et une bonne régulation du marché. Pour cette année, afin de maintenir l’équilibre du marché, l’estimation des besoins a été légèrement revue à la hausse.

Cette demande devra encore, pour une large proportion, être couverte par les importations à partir des pays voisins (Mali, Mauritanie). Comme par le passé, la même stratégie d’intervention sera reconduite. Celle-ci s’adossera principalement sur les recommandations formulées lors de l’atelier-bilan tenu le 7 avril 2016, avec la mobilisation de tous les acteurs, afin d’assurer une offre suffisante en moutons, accessibles à tous financièrement et géographiquement.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


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