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Affaires et Finances (3203)

Le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud) qui a présenté, hier, aux députés, le Bus rapide par voie réservée (Brt), s’est employé à démontrer la pertinence de ce projet d’une valeur de 200 milliards de FCfa. Il va contribuer à l’amélioration de la mobilité urbaine et générera 4.000 emplois directs dans sa phase d’exécution.

Avec 1 % du territoire national, l’agglomération de Dakar concentre 24 % de la population sénégalaise. Les projections font état de cinq millions d’individus en 2025 dans la capitale contre 2,7 millions actuellement. Avec le croit démographique, il apparait de plus en plus urgent d’apporter des réponses pertinentes et durables à la congestion de la voirie et à l’augmentation des besoins de mobilité. L’Etat du Sénégal, à travers le Cetud, s’y emploie. Le projet Bus rapide par voie réservée (Brt) en est une belle illustration. C’est un système de transport de masse innovant de standing international pour répondre à la demande croissante. 100 à 130 bus circuleront sur une ligne pilote de 19 kilomètres, avec deux pôles d’échange à Guédiawaye et à Grand Médine, et 34 stations. Quinze communes seront traversées pour desservir jusqu’à 250.000 personnes par jour.

La ligne pilote partira de la gare ferroviaire de Dakar à la mairie de Guédiawaye. Les bus circuleront dans des corridors à grande capacité desservant des zones denses rendues attractives par un aménagement paysager. Ce sont là des solutions à court et long terme, parce que répondant à des besoins pressants et se projetant dans le futur. Ces bus à haut niveau de service d’une taille de 24 mètres peuvent contenir entre 180 et 200 passagers. Ils nécessiteront des aménagements sur la voirie déjà existante avec une voie réservée. « Nous avons identifié les axes sur lesquels il ne sera pas possible d’ériger deux sens de circulation générale. Il est, dans ce sens, prévu des reports de trafic », a expliqué Alioune Thiam, directeur général du Cetud, convaincu de la pertinence de ce choix.

Retombées économiques
Il a avancé que ces véhicules, en plus de respecter les normes internationales de sécurité et de commodité, sont en cohérence avec les engagements du Sénégal à la Cop 21 et avec sa politique de prise en charge des préoccupations des couches vulnérables.

En outre, le temps de régularité, estimé à quatre minutes, participera à améliorer la qualité du service dont les mouvements de rabattement seront assurés par les bus de Ddd et d’Aftu.

Le Brt est une incitation à l’utilisation des transports collectifs. Des mesures restrictives seront prises en ce qui concerne le stationnement dans le centre-ville. Il permettra aux cadres moyens de minorer l’usage de leur voiture particulière. En cela, c’est une initiative futuriste qui prend en compte les réalités socio-économiques avec des coûts alignés sur ceux appliqués par les bus de transport en commun.

En plus de l’accompagnement de la Banque mondiale, l’Etat est ouvert au secteur privé national. Mais le caractère nouveau du projet et son envergure impliquent l’exploration d’autres expertises. « Nous travaillons avec la Société financière internationale, branche de la Banque mondiale. L’apport des partenaires stratégiques étrangers, avec toute la compétence et l’expertise financière et technique, sera important dans la mise en œuvre de ce projet. L’infrastructure sera prise en charge par l’Etat du Sénégal et l’opérateur privé aura une bonne part, environ 10 % d’investissement minimum à faire pour le matériel roulant », a déclaré Alioune Thiam.

4.000 emplois directs
Pour que ce projet se passe dans les meilleures conditions, les aménagements prévus n’auront pas d’incidences majeures sur les quartiers traversés.

Mais, dans la mise en place d’un parc-relais sur une superficie de 1,7 hectare, un espace a été identifié à Grand Médine où une soixantaine de concession seront touchées. Des sites de recasement sont prévus. Aussi, la réalisation de ces infrastructures modernes aura des retombées économiques pour les populations. Ce projet générera 4.000 emplois directs dans sa phase d’exécution. L’exploitation pourrait profiter à 1.500 personnes. Les projets Brt et le Train express régional devraient voir le jour avant 2019. Ces efforts de l’Etat contribuent à améliorer, de façon décisive, à la mobilité urbaine, a affirmé Aubin Sagna, le secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. « En 2017, l’Etat aura réalisé 70 projets routiers. L’inauguration, samedi, de l’échangeur de l’émergence, le lancement des travaux de la Vdn 2e section et l’élargissement de la route des Niayes, sont, entre autres, autant d’exemples qui témoignent de l’intérêt accordé par le gouvernement sénégalais à la question de la mobilité », a dit M. Sagna. Les députés ont manifesté leur satisfaction et exhorté l’Etat à accentuer la communication sur ces projets, pour que les populations se les approprient.

Alassane Aliou MBAYE

Dans son rapport 2016 sur les « Dynamiques de la dette et financement du développement en Afrique », publié hier, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) note une diminution du stock de la dette extérieure du Sénégal. Le pays a bénéficié des initiatives d’allégement de la dette multilatérale de l’initiative pays pauvres très endettés (Ppte), etc.

Cependant, ce gain a été remplacé, car l’Etat a emprunté assez rapidement, relève l’économiste. Mme Bolaky a déclaré que la situation de la dette du Sénégal n’est pas alarmante tout en soulignant qu’il ne figure pas sur la liste des 9 neuf pays africains surendettés. « Le risque d’endettement au Sénégal est faible.

Cependant, la vigilance doit être de mise par rapport à la variation du taux de change, aux déficits fiscaux, etc. », a-t-elle déclaré. nonobstant, l’économiste a rappelé que le Sénégal a connu une augmentation du stock de sa dette extérieure qui est passée de 2,7 milliards de dollars au cours de la période 2006-2009 à environs 4,8 de milliards de dollars en 2011-2013. En 2014, d’après la Banque mondiale, la dette extérieure totale du Sénégal était à environ 5,65 milliards de dollars. En termes de pourcentage du revenu national brut, elle a augmenté de 23,7 % en 2006-2009 à environ de 33,5 % en 2011-2013. La croissance moyenne annuelle de la dette extérieure qui était de 22,8 % en 2006-2009 est passée à 9,9 % en 2011-2013. Concernant les données sur la dette intérieure, elles ne sont pas toujours disponibles, a regretté l’experte.

Souleymane Diam SY

En Afrique, le Sénégal est le 9e pays qui mobilise le plus de financement par le biais des partenariats publics-privés. « Ce sont des initiatives encourageantes », a déclaré Bineswaree Aruna Bolaky. En Afrique, les Ppp servent en particulier à financer les infrastructures. Des 52 pays examinés sur la période 1990-2014, le Nigéria se classe premier pour les montants mobilisés par ce mécanisme -37,9 milliards de dollars-, devant le Maroc et l’Afrique du Sud. Cependant, une très forte concentration des Ppp est notée dans les télécommunications et l’électricité en Afrique. L’économiste a mis en garde contre les risques associés à ce mécanisme.

Souleymane Diam SY

Après le Rwanda et le Gabon, le Sénégal accueille l'édition 2016 du programme Bfr. L'Institut supérieur de management et le cabinet Performances s'associent à la Fondation Entreprenarium pour cette 3e session destinée à accompagner 100 femmes entrepreneures.

Conçu par la Fondation Entreprenarium, le programme « Booster les femmes résilientes » est un projet de 6 semaines destiné à soutenir 100 femmes entrepreneures dans 3 pays pilotes, en leur offrant une formation aux fondamentaux de la gestion d'entreprise, un accompagnement personnalisé et un accès au financement, indique un communiqué de la structure. « L'objectif principal est de doter ces femmes de compétences et ressources nécessaires pour réussir dans la création et le développement d'une petite ou moyenne entreprise », explique-t-on. Cette première édition 2016 du Bfr déjà réalisée auprès de 58 femmes bénéficiaires dans deux villes africaines (Kigali et Libreville), bénéficiera à 30 Sénégalaises qui ont des projets innovants à développer. Ces dernières souhaitent développer des Pme dans des domaines aussi variés que l’agriculture, l’élevage, la transformation agroalimentaire, le conseil, la mode, les cosmétiques, l’énergie, la technologie, le tourisme.

Le Bfr se compose de sessions de cours et d’ateliers axés sur la méthodologie du Lean Startup, l'innovation ainsi que les techniques de gestion et de création d'entreprise. L’Institut supérieur en management intervient comme un partenaire de choix pour ce programme au Sénégal. « L’Ism nous apporte un support logistique avec des salles adaptées au programme, mais également un soutien dans le cœur du programme avec des formateurs, experts en marketing, en comptabilité et en questions fiscales et juridiques », indique Frédéric Nigirabacu, directeur opérationnel de la Fondation Entreprenarium.

Avec le Bfr, la Fondation Entreprenarium offre une approche pratique qui permettra aux participantes d'acquérir des connaissances sur les thèmes proposés. Le programme comprend des exercices interactifs, en vue de consolider les connaissances acquises par une application pratique. « C’est dans cet exercice que Performances Group, leader du conseil en management en Afrique francophone, nous apporte son savoir-faire dans les meilleures pratiques du management moderne, en permettant aux côtés de nos business-analystes un suivi personnalisé pour chacune des porteuses de projet. C’est donc un formidable levier pour accompagner les projets que nous soutenons », confie Kristine Ngiriye, fondatrice de la Fondation Entreprenarium.

Les 10 meilleurs projets seront financés
En créant leur entreprise, les femmes rencontrent entre autres difficultés l'accès au financement. « Avec le programme Bfr, cette difficulté récurrente sera en partie résolue. En effet, la Fondation Entreprenarium financera au Sénégal, tout comme elle l’a fait au Gabon et au Rwanda, les 10 meilleurs projets à fort potentiel de croissance. Soit  30 porteuses de projet soutenus financièrement dans ces trois pays », rapporte la même source. Les bénéficiaires du programme devront être capables, au terme de leur formation, d'énoncer clairement leurs modèles économiques ; d'élaborer un produit ou service minimum viable sur le marché ; d'évaluer les capacités de création de revenus réels de l’entreprise ; de développer et maintenir une base réelle de clients, etc.

Entreprenarium est une fondation panafricaine dédiée à la promotion de l’entrepreneuriat avec des bureaux à Libreville, Kigali et Dakar. La fondation a été créée en juillet 2014 par Kristine Ngiriye, citoyenne rwandaise, dirigeante d'un cabinet de conseil et elle-même une entrepreneure engagée à apporter un soutien aux femmes et aux jeunes entrepreneurs sur le continent africain à travers des projets concrets. Avec un centre de gestion partagé, des ateliers de formation et des services conseils, la Fondation Entreprenarium offre une gamme complète de services sur mesure pour soutenir la création de Pme viables et innovantes sur le continent. Depuis sa création, l’Entreprenarium a formé 1228 jeunes aspirants entrepreneurs et a accompagné des entreprises comme Shell, Total ou la Caisse des dépôts et consignations dans l’élaboration et le suivi-évaluation de leurs programmes dédiés à l’entrepreneuriat.

Mamadou GUEYE

Les producteurs de la vallée de l’Anambé demandent l’extension des périmètres irrigués et l’installation d’une rizerie pour aller à la conquête du marché national et sous-régional.

Le manque de matériel agricole qui était considéré comme un des principaux obstacles à la modernisation de l’agriculture dans la région de Kolda est en passe d’être résolu. Les producteurs ont reçu, cette année, 40 tracteurs, dont 15 motoculteurs, 15 batteuses et 15 décortiqueuses qui seront répartis entre les 40 communes de la région, a annoncé, mardi, Moussa Baldé, le directeur général de la Sodagri, lors d’une visite du Dr Waly Diouf, coordonnateur du Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) dans les périmètres rizicoles du bassin de l’Anambé. Les producteurs de l’Anambé ont également reçu du nouveau matériel agricole en sus des quatre tracteurs offerts par le président de la République aux groupements de riziculteurs lors de sa visite à la Sodagri, l’année dernière. « Nous venons de recevoir, aujourd’hui (mardi), 6 nouveaux tracteurs destinés aux 110 autres vallées de la région de Kolda. Pour le bassin de l’Anambé, on a répertorié 30 tracteurs. Je rappelle que la production du riz pluvial a augmenté, l’année dernière, de 57 % de la production nationale au lieu des 40 % qui étaient prévus », a déclaré le directeur général de la Sodagri.

Le Dr Waly Diouf s’est également dit satisfait à l’issue de cette visite. « Les témoignages que nous venons d’entendre, nous confortent dans la politique rizicole défini par le président Macky Sall, une politique profitable pour les acteurs de la filière riz. Cela conforte aussi la pertinence de l’application de cette politique par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, le Dr Papa Abdoulaye Seck », a-t-il réagi.

La pauvreté qui était jusqu’à une date récente le lot quotidien des paysans de cette partie de la région de Kolda appartient au passé.

C’est du moins ce qu’ont déclaré les producteurs du bassin de l’Anambé, affirmant que l’autosuffisance alimentaire est, aujourd’hui, une réalité dans cette partie de la région de Kolda. Dans certains secteurs de la vallée, les rendements ont atteint entre 8 à 9 tonnes à l’hectare. Ils vendent le surplus de leur production dans d’autres contrées de la région. Certains construisent des bâtiments, achètent des motos et même des véhicules, alors que d’autres préfèrent acquérir des tracteurs pour booster leur production. C’est le cas notamment de Karamba Kébé qui est en train d’emblaver 200 hectares pour la riziculture contre une centaine l’année dernière. Idem pour Ibrahima Baldé, secrétaire général de l’Union du secteur 5, qui a semé 83 hectares pour la présente campagne agricole. Nonobstant, les producteurs réclament l’installation d’une rizerie dans le bassin de l’Anambé et l’extension des périmètres irrigués pour leur permettre d’augmenter les superficies emblavées et d’accroître la production rizicole pour conquérir le marché national et sous-régional.

Mamadou Aliou DIALLO

Le directeur général des Douanes, Papa Ousmane Guèye, a invité, hier, les acteurs à aller vers un guichet unique. Il prenait part à la Journée de réflexion organisée par le Conseil national du patronat (Cnp) du Sénégal et d’autres acteurs économiques sur « les formalités douanières et les facilitations des échanges commerciaux ». M. Guèye a estimé que le Sénégal a les moyens et les possibilités d’aller vite vers un guichet unique. « Ma conviction est qu’on peut aller très vite à un guichet unique si tout le monde s’y met », a-t-il affirmé. «Tous les instruments existent, nous avons besoin du feu-vert pour dérouler », a renchéri Mamadou Guèye, président de la Communauté des acteurs portuaires (Cap) de Dakar.

Toutefois, Papa Ousmane Guèye a noté que ce guichet unique ne peut pas se faire sans les douanes et le Port autonome de Dakar (Pad). « Il faut travailler à ce que nous ayons un guichet unique en affirmant la position et le leadership de chacun », a indiqué le directeur général des Douanes, affirmant que le Sénégal a des atouts à faire valoir dans la sous-région pour devenir un hub maritime et aérien attractif qui lui permettra d’attirer beaucoup d’investisseurs. Il a également magnifié le travail de Gaïndé 2000. « Pourquoi aller chercher ailleurs en laissant ce que nous avons », a-t-il dit. M. Guèye a aussi attiré l’attention des acteurs économiques sur la nécessité de travailler à sécuriser cette plateforme.

« Il y a des acteurs de développement qui travaillent pour l’émergence du pays. Mais il y en a d’autres qui profitent des brèches que nous ouvrons dans le cadre de la facilitation pour faire autre chose. Ensemble, nous devons les combattre », a-t-il invité. Le directeur général des Douanes est revenu sur les nombreuses actions engagées par l’administration douanière, telles que l’octroi des régimes économiques douaniers, pour alléger les procédures. « C’est un engagement permanent en vue d’une meilleure appropriation de l’accord sur la facilitation des échanges dont l’amélioration permettra à l’entreprise d’en tirer le meilleur profit », a-t-il indiqué. Papa Ousmane Guèye a rappelé le processus entamé en 1990 et ayant abouti, en 2011, à la dématérialisation des formalités douanières et administratives par le numérique. « Au regard de l’accroissement des échanges commerciaux, seules les solutions informatiques sont en mesure d’aider les administrations et tous les intervenants du secteur privé à faire face aux exigences de célérité et de sécurité du commerce mondial », a-t-il estimé. Selon lui, ces initiatives, si heureuses soient-elles, ne sauraient prospérer si elles sont prises isolément.

« Maillon essentiel »
Le vice-président du Cnp, Mactar Diallo, est, lui, d’avis qu’il faut mettre en œuvre au plus vite cette stratégie conquérante indispensable sur toutes les chaines de valeur des transports aériens et maritimes. « Le Sénégal a l’obligation d’intensifier ses actions communes pour faire gagner des parts de marché régional et international à ses plateformes logistiques », a-t-il dit.

Poursuivant, il a fait savoir qu’ « il nous revient de partager nos priorités publiques-privées comme le dédouanement centralisé auprès d’un guichet unique, des coûts portuaires et aéroportuaires compétitifs, la fluidification des opérations douanières, l’interconnexion des chaines de logistiques, etc., ». Le président de la Communauté des acteurs portuaires Cap de Dakar, Mamadou Guèye, a indiqué que le guichet unique est une « nécessité ». Il a salué l’expertise de Gaïndé 2000 qui assure la présidence de tous les guichets uniques de l’Afrique de l’Ouest depuis 5 ans. « Faire un guichet unique et avoir recours à des ressources étrangères ne me semble pas une bonne politique », a-t-il déclaré. « La communauté portuaire est prête pour recevoir ce maillon essentiel qui nous manque dans nos structures et dans nos infrastructures informatiques », a assuré M. Guèye. Le commandant Amine Tamba, représentant le directeur général du Pad, a rappelé les nombreuses actions entreprises pour faire de Dakar un hub maritime.

Souleymane Diam SY

Dans la lutte contre l’exclusion financière au Sénégal, la microfinance joue un grand rôle, selon le représentant du directeur de la Microfinance, Waly Clément Faye. Il participait à une rencontre sur le rôle de la microfinance dans la lutte contre l’exclusion financière des populations organisée par le Laboratoire de recherches économiques et monétaires (Larem) en partenariat avec le Centre d’études supérieures en gestion (Cesag). M. Faye a assuré que le secteur demeure un levier de promotion des couches défavorisées.

Compte tenu du rôle qu’elle joue dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion financière, la microfinance au Sénégal demeure un levier de promotion des couches défavorisées et de lutte contre la pauvreté, a estimé le représentant du directeur de la Microfinance, Waly Clément Faye. Il a souligné que l’Etat du Sénégal qui travaille depuis 30 ans sur ce secteur, a mis en place des stratégies de développement qui ont abouti à des résultats satisfaisants. En termes de développement des capacités institutionnelles et techniques de la microfinance, le Sénégal compte actuellement 8 institutions de base et plus de 300 institutions minimes couvrant l’ensemble du territoire national. Toutefois, M. Faye a précisé que la microfinance doit faire face à de grands défis comme ceux de la gouvernance, du renforcement de la surveillance et de l’inclusion financière du secteur. Le Sénégal travaille également à mettre en place un cadre juridique favorable à l’innovation et à l’introduction de nouvelles technologies à la finance, telles que le mobile banking ou la finance digitale.

D’ailleurs, le gouvernement vient d’adopter une nouvelle stratégie de développement de la microfinance et des mesures ont été prises pour l’amélioration qualitative et quantitative du système financier décentralisé.

Pour le directeur du Cesag, le Pr Boubacar Baïdary, la microfinance est un thème d’actualité sur lequel son institution travaille depuis quelques années. Il a assuré que cette thématique interpelle tout le monde compte tenu de son importance dans la lutte contre l’exclusion financière des populations.

Selon lui, les pays de l’Afrique de l’Ouest ont connu une croissance économique qui n’est pas totalement partagée. Il fallait donc créer les conditions pour que cette croissance soit partagée pour un développement inclusif.

Le Pr Jean Michel Servet a, de son côté, averti qu’il y a une illusion entretenue par les décideurs sur la demande de microcrédit puisque dans le monde, 70 % des prêts contractés auprès des systèmes financiers décentralisés ne financent pas les activités productrices. « Il y a un creux bancaire sérieux dans l’accès aux services financiers d’une grande majorité de clients potentiels chez les populations les plus démunies », a-t-il déclaré. M. Servet de noter qu’indépendamment de quelques succès, les crédits octroyés par le microcrédit ou la microfinance sont le plus souvent utilisés pour créer des besoins que pour financer des activités productrices.

Bien que, dans de nombreux cas, le microcrédit peut constituer un outil efficace de lutte contre différentes formes d’exclusion, mais à lui seul, il ne peut constituer une panacée pour les exclus des services financiers, a-t-il indiqué.

Mamadou SY

La trituration artisanale du grain d’arachide est en train de révolutionner le vécu des groupements féminins du bassin arachidier. En visite à Mbirkilane, Wack Ngouna et Keur Madiabel, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a salué la synergie des groupements d’intérêt économique (Gie) des femmes du bassin arachidier autour de cette activité devenue un véritable business.

Il n’y a guère longtemps, le cancer du foie faisait des ravages dans le bassin arachidier. Pour inverser cette tendance, l’Institut de technologie alimentaire (Ita) a introduit la table de traitement. Cette nouvelle technologie a été répandue par l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar) par la diffusion à grande échelle des bonnes pratiques d’huile artisanale d’arachide. Selon le directeur de zone Ancar bassin arachidier, Abdoulaye Sy, l’objectif, c’est de réduire le taux d’aflatoxine et d’améliorer les revenus des femmes qui sont dans la transformation de l’arachide. « Aujourd’hui, nous avons 72 tables de traitement dans le bassin arachidier qui permettent de réduire l’incidence du cancer du foie où on note une forte prévalence liée à la consommation des produits contaminés par l’aflatoxine », a indiqué M. Sy. Il s’exprimait lors de la visite du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, la semaine passée, d’une unité de trituration artisanale du groupement de promotion féminine de Gadega de Mbirkilane.

« Avec la transformation, il y a non seulement une valeur ajoutée qui se crée mais aussi une augmentation de la production d’huile.

Au lieu de vendre les graines d’arachide, des producteurs s’adonnent à la transformation et commercialisent l’huile ainsi que les tourtereaux et les coques d’arachide », s’est réjoui Abdoulaye Sy, affirmant que l’arachide donne la meilleure des huiles. « L’huile est demandée à l’international. Nous devons aussi la consommer en faisant en sorte qu’elle ne nuise pas à la santé des consommateurs », a-t-il ajouté. Dans le cadre de ce projet, 625.000 litres d’huile ont été traités et mis sur le marché. Le groupement de promotion féminine de Gadega a pu traiter 800 litres d’huile, transformer 1500 kg de mil, produire 200 litres d’eau de javel, fabriquer 600 morceaux de savon, etc.

Contractualisation
Ces initiatives sont développées par l’Ancar dans 27 communes du bassin arachidier, en partenariat avec des organisations de producteurs. Une chaîne de valeur mil et maïs se développe à travers une contractualisation. Des contrats liant des organisations de producteurs et d’industriels ou des transformatrices ont été noués. Avec ces contrats, a précisé Abdoulaye Sy, les organisations de producteurs peuvent trouver du crédit auprès des institutions de microfinance pour acheter des semences et des engrais qu’elles donnent à ses membres à crédit. Ces derniers remboursent, après la récolte, en nature. « Ces quantités traitées, triées et conditionnées sont livrées à l’industriel », a expliqué le directeur zone Ancar bassin arachidier. De l’avis de ce dernier, il faut s’engager dans cette voie « pour développer l’agriculture », en signant des contrats qui permettent de financer durablement les producteurs. De Mbirkilane à Wack Ngouna en passant par Keur Madiabel, les responsables de ces organisations ont fait part de leurs préoccupations au ministre de l’Agriculture qui se résument à des appuis.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a magnifié cette synergie des groupements d’intérêt économique (Gie) des femmes du bassin arachidier. Il a estimé que l’indépendance ne doit pas être seulement politique mais elle doit aussi se décliner dans le domaine économique, rappelant que le Plan Sénégal émergent (Pse) vise la transformation structurelle de l’économie. Dr Papa Abdoulaye Seck a rassuré ces groupements d’intérêt économique (Gie) s’activant dans la transformation de l’huile artisanale d’arachide et les organisations de producteurs qui s’adonnent à la culture des semences certifiées de l’appui du gouvernement.

Souleymane Diam SY

Pour améliorer la sécurité alimentaire, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) appelle à une meilleure coordination entre les secteurs forestier et agricole. Cette synergie permettra, selon l’organisation qui a présenté, hier, son rapport portant sur « la Situation des forêts du monde (Sofo) », de mettre en place des systèmes agricoles durables et d’améliorer la gestion des forêts.

Dans son dernier rapport portant sur « la Situation des forêts du monde (Sofo) », présentée, hier, à la 23ème session du Comité des forêts de l’organisation (Cofo), la Fao incite à des interactions « plus positives » entre les secteurs agricole et forestier pour mieux asseoir des systèmes agricoles durables et améliorer ainsi la sécurité alimentaire, indique un communiqué de l’organisme onusien. « Le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et l'Accord de Paris sur le climat reconnaissent que nous ne pouvons plus envisager séparément la sécurité alimentaire, les moyens d'existence et la gestion des ressources naturelles », a déclaré, dans son discours, le directeur général de la Fao, José Graziano da Silva. Selon lui, il faut une « approche plus cohérente et intégrée du concept de durabilité dans tous les domaines agricoles et les systèmes alimentaires ». « Les forêts et la foresterie jouent un rôle primordial à cet égard », a-t-il dit. « Il n'est pas nécessaire d'abattre des forêts pour produire plus de nourriture », a ajouté M. da Silva, soulignant que « l’agriculture est la principale cause de la transformation des forêts ». Selon le rapport, il s’agit de l'agriculture commerciale de grande échelle et celle locale de subsistance, respectivement responsables d'environ 33 et 40 % de la transformation des forêts dans les régions tropicales et subtropicales. « Les 27 % de déforestation restants sont principalement dus à la croissance urbaine, à l'expansion des infrastructures et à l'exploitation minière », précise le document.

Couvert forestier
Le rapport insiste sur le fait que les forêts présentent des atouts écologiques essentiels qui profitent au secteur agricole et stimulent la production alimentaire. « On peut parvenir à une sécurité alimentaire grâce à l'intensification agricole et à d'autres mesures, telles que la protection sociale, plutôt qu'à travers l'expansion des zones agricoles qui se ferait au dépend des forêts », a déclaré Eva Müller, directrice de la division de la Fao, chargée des politiques et des ressources forestières. Elle a estimé qu’il faut une « meilleure coordination intersectorielle des politiques liées à l'agriculture, à la foresterie, à l'alimentation et à l'utilisation des terres, un meilleur aménagement du territoire, des cadres juridiques efficaces et d’une implication majeure des communautés et des exploitants locaux ». « Les gouvernements doivent assurer aux communautés locales la sécurité des droits fonciers et des droits forestiers », a renchéri Mme Müller. Près de 2,4 milliards de personnes dépendent du bois combustible pour cuisiner et stériliser l'eau. Selon le rapport Sofo, depuis 1990, plus d'une vingtaine de pays ont réussi à améliorer leur sécurité alimentaire tout en maintenant ou en augmentant le couvert forestier. Parmi ces pays, douze d'entre eux (l'Algérie, le Chili, la Chine, la République dominicaine, la Gambie, la République islamique d'Iran, le Maroc, la Thaïlande, la Tunisie, la Turquie, l'Uruguay et le Vietnam) ont réussi à augmenter le couvert forestier de 10 % grâce à des réformes et des politiques volontaristes en matière de préservation et de protection de l’environnement. Le rapport présente les cas de figure de sept pays - le Chili, le Costa Rica, la Gambie, la Géorgie, le Ghana, la Tunisie et le Vietnam - qui illustrent les différents scénarii où il a été possible d'améliorer la sécurité alimentaire tout en augmentant ou en maintenant le couvert forestier. De 1990 à 2015, tous ces pays, excepté la Géorgie, ont réalisé des changements positifs pour deux indicateurs de sécurité alimentaire : la prévalence de la sous-alimentation (le nombre de personnes sous-alimentées) et l'augmentation de la zone forestière.

Souleymane Diam SY

L'après-Brexit va peser sur l'économie mondiale. Le Fmi a abaissé, hier, ses prévisions de croissance face à « l'incertitude exceptionnelle » créée par le vote britannique pour une sortie de l'Union européenne, dans un contexte de reprise déjà cahotante.

« Le résultat du vote au Royaume-Uni (...) a donné corps à un important risque de détérioration pour l'économie mondiale », écrit le Fonds monétaire international dans ses nouvelles prévisions économiques trimestrielles. Le produit intérieur brut (Pib) mondial ne devrait plus progresser que de 3,1 % en 2016 et de 3,4 % en 2017, marquant un recul de 0,1 point par rapport à avril et une inquiétante stagnation par rapport à 2015. La dégradation est, pour l'heure, minime mais, prévient le Fmi, elle pourrait prendre une toute autre ampleur si Londres et les Etats membres de l'Ue peinaient à s'entendre sur leur nouvelle relation économique et la question cruciale de l'accès au marché unique européen. « Les négociations prolongées qui vont probablement précéder l'établissement d'une nouvelle relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne pourraient affecter plus que prévu la croissance mondiale », prévient le Fmi. Dans un scénario noir jugé peu probable par l'institution, la croissance mondiale ralentirait ainsi à 2,8 % dès cette année et la zone euro serait la proie de « tensions généralisées » dans son secteur bancaire. L'impact sur le Royaume-Uni, lui, ne se fera pas attendre. Le Fmi se montre bien moins optimiste pour la croissance britannique cette année (-0,2 point, à 1,7 %) et surtout en 2017 (-0,9 point, à 1,3 %). Dans l'hypothèse du scénario noir, l'institution envisage même une « récession » britannique en cas de chute brutale de l'activité à la City de Londres et de recul de l'investissement dans le reste du pays. « Les effets futurs du Brexit sont exceptionnellement incertains », résume le chef économiste du Fmi, Maurice Obstfeld.

Le contexte général n'est, par ailleurs, pas spécialement porteur. Le vote pour le Brexit ajoute une incertitude considérable à une reprise mondiale déjà fragile, note ainsi le Fmi qui était toutefois prêt à relever légèrement ses prévisions mondiales avant le choc du référendum. Première puissance économique mondiale, les Etats-Unis ont démarré l'année d'un mauvais pied avec une croissance atone plombée notamment par la balance commerciale et l'appréciation du dollar. La Chine, en pleine transition économique, continue d'afficher une insolente croissance (6,6 % attendus cette année selon le Fmi) mais doit négocier son expansion avec prudence pour éviter une surchauffe. « L'utilisation continue du crédit pour soutenir l'activité augmente le risque d'un ajustement désordonné » dans la deuxième puissance économique mondiale, met en garde le Fonds. Les pays du Sud continuent de souffrir de la chute des cours des matières premières qui ampute considérablement leurs recettes. Premier producteur de pétrole en Afrique, le Nigeria devrait tomber en récession cette année (-1,8 %), au risque de ralentir considérablement la croissance dans l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne. Un tel scénario aurait des implications « dramatiques » dans la région, d’après M. Obstfeld. La croissance de l'économie serait alors inférieure à celle de la population, provoquant « un déclin du revenu » par habitant dans une zone déjà rongée par l'extrême pauvreté. A ces facteurs économiques viennent se greffer des éléments géopolitiques qui peuvent, eux aussi, grever la croissance. « Les tensions géopolitiques, les conflits civils armés et le terrorisme pèsent lourd sur les perspectives de plusieurs économies, notamment au Moyen-Orient », souligne le Fmi dans son rapport qui cite également l'épidémie de virus Zika en Amérique latine ou la sécheresse en Afrique de l'Est. Le Fonds s'inquiète également des divisions politiques dans les pays riches qui compliquent la recherche de solutions à la crise des réfugiés et alimentent un discours de repli sur soi économique. « Un virage vers les mesures protectionnistes est une réelle menace », note l'institution, à l'heure où, aux Etats-Unis, le candidat républicain Donald Trump menace d'imposer des droits de douanes contre le Mexique ou la Chine. Seules légères --et très relatives-- éclaircies sur le front économique, la Russie et le Brésil devraient voir la sévérité de leur récession s'atténuer cette année avec des reculs respectifs de leur Pib de 1,2 % et 3,3 %.

AFP

Ethiopian Airlines a signé un protocole d'accord avec le groupe Aerosud Holdings, une société sud-africaine spécialisée dans la construction aéronautique, pour développer une industrie aéronautique en Ethiopie, annonce un communiqué de la compagnie aérienne.

Cette convention, signée le 15 juillet 2016, vise à établir une joint-venture entre les deux structures afin de fabriquer et fournir diverses pièces d'avions à Boeing, Airbus et à d’autres entreprises aéronautiques, rapporte la même source. « Conformément à la politique d'industrialisation de notre gouvernement, intégré dans le plan de croissance et de transformation de cinq ans, nous sommes parvenus à un accord avec le groupe Aerosud pour installer et développer une activité industrielle aéronautique exigeante en main-d'œuvre », a déclaré Tewolde Gebremariam, le directeur général du groupe Ethiopian Airlines. « La mise en place de ces installations va créer d’importantes possibilités d'emplois pour les jeunes, le personnel formé et constituera un autre aspect de la tâche de développement du parc industriel qui est en cours dans le pays. Les installations de fabrication, qui seront mises en place en temps voulu, devraient être localisées à proximité de l'aéroport international de Bole pour des raisons d'économie d'échelle et afin de faciliter les transports import/export », a ajouté M. Gebremariam. Johan Steyn, le directeur général du groupe Aerosud, s’est dit « heureux d'établir ce partenariat avec Ethiopian Airlines ». « Nous aimerions partager nos longues années d’expériences de travail avec de grands fabricants d’avions comme Boeing et Airbus et aider Ethiopian dans le développement de l'industrie aérospatiale dans le pays », a-t-il affirmé.

Dans une étude de faisabilité pour déterminer les potentiels domaines de fabrication, Ethiopian a eu des échanges rigoureux avec des entreprises de construction d'avions, telles que Boeing, Bombardier et d’autres entreprises de construction aérospatiale, précise-t-on dans le document.

M. GUEYE

Le Fmi a nettement abaissé, hier, ses prévisions de croissance économique en Afrique sub-saharienne sur fond de récession au Nigeria et a mis en garde contre les « implications dramatiques » de ce ralentissement sur la lutte contre la pauvreté. L'économie de la région ne devrait plus progresser que de 1,6 % cette année, marquant un net recul de 1,4 point par rapport à avril et un ralentissement spectaculaire par rapport à 2015 (3,3 %), indique le Fonds dans ses prévisions économiques mondiales. Selon le Fmi, cette contre-performance s'explique principalement par la dégringolade du Nigeria, première puissance économique africaine. Touché de plein fouet par la chute des cours du pétrole, le pays devrait voir son produit intérieur brut se contracter de 1,8 % cette année alors qu'une expansion de 2,3 % était encore prévue il y a trois mois. L'autre poids lourd économique du continent, l'Afrique du Sud, n'échappe que d'un cheveu à une contraction mais devra se contenter d'une quasi-stagnation (+0,1 %) cette année. « La réduction de la croissance en Afrique sub-saharienne (...) a une implication dramatique », affirme le chef économiste du Fonds, Maurice Obstfeld.

 En 2016, la croissance de l'activité régionale ne parviendra pas à atteindre celle de la population, conduisant à une baisse du revenu par habitant ». Selon la Banque mondiale, près de 43 % de la population sub-saharienne doit déjà survivre, aujourd'hui, avec moins de 1,90 dollar par jour.

AFP 

Africa50, le Fonds panafricain dédié aux infrastructures et porté par la Banque africaine de développement (Bad), tient sa deuxième assemblée générale ordinaire, ce jeudi 21 juillet, à Casablanca (Maroc), indique un communiqué. Le président du Groupe de la Bad, Akinwumi Adesina, également président du Conseil d’administration du Fonds, prendra part aux travaux ainsi que de hauts responsables des pays actionnaires.

D’après le communiqué, cette assemblée est l’occasion, pour le nouveau directeur général du Fonds Africa50, Alain Ebobisse, nommé en avril dernier, de rencontrer les actionnaires. Les travaux porteront sur l’examen des activités de l’année 2015 ainsi que sur l’examen et l’approbation des états financiers clôturés au 31 décembre 2015. Il sera également procédé à une nouvelle augmentation du capital du Fonds Africa50, renseigne le document. Le capital initial du fonds s’élève à 740 millions de dollars – 663 millions pour le véhicule juridique de financement des projets et 77 millions pour le véhicule de développement des projets. De nouveaux actionnaires souscriront à cette deuxième augmentation de capital. Parmi eux, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et Bank Al-Maghrib (Maroc), conclut le document.

S. KA

Le Trésor public béninois a émis, hier matin, un emprunt obligataire de 35 milliards de FCfa, annonce l'agence régionale d’appui à l’émission et à la gestion des titres publics dans l’Umoa.

 Selon l’avis d’adjudication publié par l’Agence, cet emprunt de 35 milliards de FCfa dont l'échéance est fixée à 12 mois est assujetti à des taux d'intérêts multiples. « La valeur nominale unitaire est d’un million avec une maturité de douze mois, les intérêts sont payables d'avance et précomptés sur la valeur nominale des bons », précise la même source. Cette opération est composée d'une seule et unique tranche et les titres émis sont remboursables le premier jour ouvré suivant la date d'échéance fixée au 18 juillet 2017.

Par ailleurs, souligne le communiqué, 25 % du montant mis en adjudication est offert sous forme d'Offres non compétitives (Onc) et réservé aux spécialistes en valeur du trésor, habilités de l'Etat du Bénin. Les dépôts de soumissions sont faits à l’Agence principale de la Bceao du pays de résidence du soumissionnaire. Un précédent emprunt obligataire avait été lancé le 28 juin dernier et avait permis de mobiliser 202 milliards de FCfa.

 APA

 

Une nouvelle page s’ouvre pour le groupe Sedima. Avec un chiffre d’affaires de 32 milliards de FCfa, la société créée par Babacar Ngom vient de d’ériger deux nouvelles unités (une minoterie et un abattoir) d’un coût de 18 milliards de FCfa.

Leader de l’aviculture sur le marché sénégalais, avec notamment 32 % de part dans l’aliment de volaille et 28 % dans la vente des poussins, le groupe Sedima veut asseoir cette position par d’importants investissements. Il s’agit principalement d’une nouvelle minoterie d’une capacité de 300.000 tonnes/an et d’un abattoir pouvant traiter 4000 à 6000 poulets/jour. Selon Babacar Ngom, le président directeur général du groupe, ces deux unités ont coûté 18 milliards de FCfa. L’abattoir, basé à Ndiar, dans les Niayes, a nécessité un investissement de 11 milliards de FCfa et la minoterie, 7 milliards de FCfa. M. Ngom a donné ces informations, hier, lors de la visite du ministre de l’Industrie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye. Le démarrage de ces deux unités ne va pas tarder puisque l’homme d’affaires a annoncé le démarrage de l’abattoir dans 18 mois. Quant à la minoterie, elle sera la plus grande de la sous-région, sinon d’Afrique. « Quand nous avons pris le risque de faire de tels investissements, il était normal de le montrer aux autorités de ce pays et aux populations, et montrer à tous que cela est possible », a expliqué le Pdg du groupe Sedima.

Outre ces deux unités, Sedima qui existe depuis 40 ans, a diversifié ses activités. Une usine de biscuiterie d’une capacité de 6000 tonnes/an, de même qu’une unité de fabrique de pâtes alimentaires est en ligne de mire des responsables du groupe. Dans les projections du groupe, il est aussi prévu la construction d’un nouveau couvoir à Notto d’une capacité de 30 millions d’œufs par an.

De 60.000 FCfa à 32 milliards de FCfa
Après avoir visité les installations du groupe Sedima, le ministre Aly Ngouille Ndiaye a salué « l’engagement personnel » de Babacar Ngom qui, en 40 ans, est passé de 60-000 FCfa à 32 milliards de FCfa de chiffres d’affaires. « Notre rôle est d’accompagner tous ceux qui s’investissent dans le secteur de l’industrie, et nous avons vu que Babacar Ngom est en train de faire beaucoup d’investissements », a déclaré M. Ndiaye, soulignant que si le marché sénégalais est autosuffisant en poulets, il le doit en grande partie à des groupes comme la Sedima et d’autres acteurs. Le ministre a invité le Pdg de Sedima à s’intéresser à la production de maïs et en créant une jonction entre les producteurs et les industriels, afin de créer une chaîne de valeur. Un appel lancé en direction de tous les autres industriels du pays. « On ne peut pas développer un pays en se basant uniquement sur des étrangers », a estimé Aly Ngouille Ndiaye. Ce faisant, il a promis d’accompagner la Sedima et d’autres sociétés à disposer des coûts de production compétitifs par rapport aux facteurs de production, tels que l’eau et l’électricité, qui handicapent le développement des industries.

 Maguette NDONG

La lutte contre le péril acridien se gagne par la prévention. La Commission de lutte contre le criquet pèlerin en région occidentale (Clcpro), créée avec l’appui de la Fao, l’a d’ailleurs si bien compris depuis la crise marquée par de nombreuses résurgences qui ont été contrôlées. La Réunion conjointe de la huitième session et de la onzième réunion du Comité exécutif de la Clcpro a été ouverte, hier, à Dakar.

Après plus d’une décennie d’existence, la Commission de lutte contre le criquet pèlerin en région occidentale (Clcpro) a engrangé d’importants acquis en termes de renforcement de capacités des experts des pays membres dans les domaines de la surveillance et de la lutte, de la mobilisation de moyens financiers pour l’acquisition d’équipements et de produits phytosanitaires ainsi que pour la recherche en acridologie. Telle est la conviction du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Dogo Seck, qui présidait, hier, à Dakar, l’ouverture de la réunion conjointe de la 8e session et de la onzième réunion du Comité exécutif de la Clcpro. Mohamed Abdallahi Ebbe, le président de la Clcpro, a rappelé que la région occidentale a connu plusieurs invasions dont la plus récente remonte à 2003-2005 où des dizaines d’essaims ont envahi le Sénégal et occasionné une reproduction autochtone importante qui a causé d’importants dégâts sur les ressources agropastorales du pays. Selon lui, depuis la dernière crise, de nombreuses résurgences ont pu être contrôlées dans la région en Mauritanie (2008-2009, 2010-2011 et 2015-2016), au Niger (2009 et en 2012-2013) et presque dans tout le Sahel.

« Garant de la durabilité »
Dr Seck a souligné que les dégâts sur les productions agro-sylvo-pastorales et les perturbations socioéconomiques qui en résultent sont souvent considérables. De plus, a-t-il regretté, les quantités importantes d’insecticides chimiques utilisées pour les opérations de lutte à grande échelle entraînent des préjudices à l’environnement. Face à ce ravageur transfrontalier aux répercussions économiques, sociales et environnementales majeures, Dogo Seck a estimé que la prévention est la meilleure stratégie. Après avoir rappelé la place de l’agriculture dans les pays du Sahel, il a affirmé que la lutte contre les déprédateurs des cultures et les grands fléaux comme le criquet pèlerin est nécessaire.

S’agissant du fonds fiduciaire alimenté par les contributions annuelles des Etats membres, Dr Seck a assuré que le Sénégal respectera ses engagements financiers. A ce sujet, le président de la Clcpro a invité les Etats membres à poursuivre cet effort qui sera le « garant de la durabilité de la stratégie de lutte préventive dans la région ». Mohamed A. Ebbe a ainsi annoncé que la Clcpro est en train de mettre en place des outils financiers à l’image du Fonds régional de gestion du risque acridien.

Le représentant par intérim de la Fao au Sénégal, Patrick David, a, lui, salué la contribution significative de la Clcpro à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la reconstruction des moyens de subsistance des populations en Afrique de l’Ouest et du Nord-ouest. Ce, grâce à la prévention. A travers cette approche, a-t-il apprécié, la commission réduit ainsi les dégâts majeurs que peuvent causer les criquets sur les pâturages et la production agricole dans les pays membres et même au-delà. Selon lui, cette stratégie durable se traduit actuellement par l’exécution du programme « Emergency prevention system for animal health (Empres) » en région occidentale. Patrick David a donc invité les pays membres « à la vigilance, notamment en période d’accalmie ». De l’avis de ce dernier, le risque acridien constitue pour la région occidentale une « menace permanente pour ses économies agricoles déjà fragilisées et handicapées par des conditions naturelles difficiles, conséquences souvent du changement climatique ».

Souleymane Diam SY

Alioune Sarr, le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, a appelé les entreprises sénégalaises à aller à la conquête du marché africain afin d’éviter au pays d'être un consommateur de produits d’importation. « Les Pme sénégalaises doivent aller davantage à la conquête du marché africain. Sinon le Sénégal sera un marché de consommation des produits d’importation. Il faut oser. L’entreprise est un instrument de compétition et de conquête qui opère dans un environnement de concurrence », a lancé M. Sarr. Il présidait le lancement des Journées d’information sur le Programme de labellisation des Pme de l’Agence de développement et d'encadrement des Pme (Adepme). Le ministre du Commerce a estimé que le Plan Sénégal émergent doit être une opportunité pour les entreprises sénégalaises, lesquelles sont appelées à créer des entités capables de bénéficier de ses différents projets comme le Train express régional (Ter).

E. I. THIAM

L’initiative de la création d’une zone de libre-échange continentale (Zlec) inscrite dans l’agenda 2063 de l’Union africaine sera matérialisée en 2017. L’annonce a été faite, le mercredi 13 juillet, par la commissaire au Commerce et à l’Industrie de l’organisation continentale, Fatima Acyl.  

La Zone de libre-échange continentale (Zlec) participera à la diversification et à la transformation de l’économie africaine et contribuera à l’amélioration de l’allocation des ressources et à la réduction des prix dans les pays. Sa mise en place va ainsi accroitre la compétitivité des produits industriels grâce à l’exploitation du potentiel des économies dans un marché continental plus vaste. Ce qui va rendre l’Afrique moins vulnérable aux chocs commerciaux externes. Elle inclut une libéralisation tarifaire, des règles d’origine, des procédures de règlement de différends, une facilitation des échanges et des procédures douanières. A en croire la commissaire au Commerce et à l’Industrie de l’Union africaine, « la contribution des Etats membres de l’organisation continentale a atteint 3 millions de dollars pour 2016 et 4,9 millions de dollars pour 2017 ». Et « en provision, 20 millions de dollars ont été mobilisés pour financer les projets initiaux dans les domaines de l’échange de biens et de services, de l’investissement et de la propriété intellectuelle », a ajouté Fatima Acyl.

M. L. DIEYE

L’Alliance  pour la défense des intérêts de l’élevage et la Confédération paysanne du Sénégal ont tiré la sonnette d’alarme pour attirer l’attention du chef de l’Etat sur la nécessité de revoir l’élevage dans notre pays. En conférence de presse à la Sogas, ces deux structures ont expliqué que la situation est morose pour les vendeurs de viande avec l’affaire des abattages clandestins d’ânes.

Moussa Sow, le secrétaire général de l’alliance pour la défense des intérêts de l’élevage, a affirmé que d’importants efforts ont été faits par le gouvernement dans l’élevage. Toutefois, il a estimé que le secteur est confronté à des difficultés qui se sont aggravées ces derniers temps surtout pour les bouchers. M. Sow indexant les techniciens de l’élevage en s’interrogeant leur utilité. « S’ils faisaient bien leur travail, les impairs notés dans la commercialisation de la viande n’auraient pas lieu », a-t-il fulminé. Abdoulaye Arona Kâ a le sentiment que l’élevage est une compétence transférée. Ces éleveurs ont, par ailleurs, soutenu que l’importation de moutons pour la Tabaski n’est pas indispensable. « Il existe seulement un problème d’organisation, mais il y a suffisamment de moutons dans notre pays pour approvisionner le marché », a déclaré M. Kâ. Ces responsables ont annoncé une marche de protestation pour que leur appel soit entendu.

Abdou DIOP

Dans quelques jours, les régions de Tambacounda et Kédougou recevront 408 équipements agricoles du Programme d’urgence de développement communautaire. Le fournisseur, la Sismar, a promis de livrer la totalité des machines dans deux semaines.

Couplés moulin-décortiqueuse à mil diesel, moulin-décortiqueuse à mil électrique, moulins à mil diesel, moulins à mil électrique, décortiqueuses à mil diesel, décortiqueuses à mil électrique, etc. Les équipements post-récoltes destinés aux régions de Tambacounda et Kédougou étalent toute leur diversité sous le hangar de la Sismar situé en bordure de la route nationale 1, à quelques jets de pierre du centre de Pout. Parfaitement alignées dans cette imposante remise, ces machines, peintes en jaune avec la plaquette du Pudc bien mise en évidence, constituent le gros lot des 408 équipements post-récoltes et de transformation que ce programme a commandé à cette entreprise sénégalaise. Il ne reste plus qu’à terminer une centaine machines et le compte sera bon. Le directeur général de la Sismar, Moussa Guèye, comme celui du Pudc, Cheikh Diop, ne se font pas du souci. Dans quelques jours, les équipements seront au complet.

Après le hangar, la délégation du Pudc s’est rendue à l’usine de la Sismar située à 700 mètres de là. Accompagné des points focaux des différents ministères concernés par le Pudc et par les différents experts, M. Diop a constaté, sur place, que les sous-ensembles des machines ont été déjà confectionnés et qu’il ne restait plus que le montage. « C’était un challenge, pour nous, de fabriquer ces équipements, parce que le délai était très court. Dans deux semaines, nous pourrons livrer le reste et on pourra procéder à la mise en place », assure le directeur général de la Sismar.

Depuis la signature du contrat d’environ 1 milliard de FCfa avec le Pudc, en décembre 2015, la Sismar a mis les bouchées doubles pour satisfaire cette commande. Avec pour effet induit, la création de 200 emplois en plus. « Avec un contrat d’un tel montant, on crée des emplois forcément. Il y a de l’expertise locale, il faut l’exploiter. Ce serait dommage de faire à l’extérieur ce qu’on peut faire au Sénégal. Non seulement on crée des richesses, mais on lutte contre le chômage des jeunes. Rien qu’avec la commande du Pudc, nous avons augmenté notre effectif à l’usine », affirme M. Guèye. Il assure que le délai court n’a pas impacté sur la qualité du matériel, parce que le travail a été fait sur la base de normes de fabrication strictes. « On fait de l’autocontrôle et puis, la réputation de l’entreprise aussi en dépend beaucoup.

Donc, nous avons non seulement doublé les équipes, mais en plus de cela, nous avons doublé le système de contrôle », ajoute-t-il.

Ces dispositions prises par la Sismar ont permis d’obtenir des équipements de qualité. Cheikh Diop a rappelé que la Sismar avait été choisie, car son offre technique était en conformité avec les attentes. « Il y a lieu de féliciter la Sismar pour la qualité de son travail. Ces équipements sont importants, car leur objectif est de réduire la pénibilité du travail des femmes en milieu rural », souligne-t-il.

Le Pudc veut installer, dans chaque village, au moins un moulin à mil pour éviter aux femmes la corvée du pilage. Il a prévu de mettre en place 5500 équipements de transformation post-récoltes dans 207 communes de 10 régions. 354 équipements ont été livrés à Fatick (314) et à Tambacounda et Kédougou (40) et ont permis l’allègement des travaux ménagers de certaines femmes.

Pour une meilleure utilisation de ces équipements, la Sismar a prévu des séries de formation en maintenance à l’intention des bénéficiaires. Selon le rapport d’activités juillet 2015-mars 2016, 1208 comités de gestion des équipements ont été mis en place et sont fonctionnels. Cette gestion a permis de générer des revenus pour les groupements de femmes bénéficiaires.

Elhadji Ibrahima THIAM

L’Alliance des jeunes filles de Fatick a organisé, dimanche, à la mairie,  un forum à l’occasion de la célébration de la 4ème édition de son anniversaire. Le thème de la rencontre portait sur « Pse : atouts et opportunités du Pudc dans la région de Fatick ». Répondant à l’invitation du maire de la commune, Matar Bâ, le directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal émergent (Bos), Ibrahima Wade, a déclaré que ce forum a été un grand moment de partage des grandes politiques du président de la République.

Selon lui,  le Pse et le Pudc constituent deux politiques majeures pour porter le Sénégal sur la trajectoire de l’émergence. Poursuivant, M. Wade a affirmé que  les perspectives sont intéressantes. « En matière  d’indice de développement économique, Fatick a encore énormément de chemin à faire, mais du point de vue de l’indice de développement humain, Fatick présente des positions assez avantageuses en matière d’alphabétisation et d’accès à la connaissance », a-t-il laissé entendre. Pour le Dg du Bos, quand on prend les différents secteurs productifs du Pse,  on se rend compte que Fatick a un grand rôle à jouer en tant que première région productrice de mil et troisième région productrice d’arachide. Il s’est aussi félicité du fait que les populations se sont accordées à mettre en place une coalition pour la création d’unités industrielles dans l’agriculture et l’élevage. Ibrahima Wade a, en outre, suggéré l’installation d’unités agro-industrielles qui permettent de valoriser localement les productions dans le but de créer les conditions d’une meilleure contribution de la région à la croissance économique du pays et également créer beaucoup plus d’emplois pour les jeunes de la région. Sur le  plan des ressources touristiques, a-t-il rappelé, Fatick présente de nombreux atouts. Nonobstant, M. Wade a conseillé de mettre en place une plateforme pour valoriser les produits de la pêche et ceux touristiques, bien entendu, en articulation avec le Pse  et le Pudc. A son avis, les efforts du Pudc en termes d’accès à l’électricité et à l’eau,  de désenclavement avec le grand projet Notto-Ndiosmone-Palmarin en eau et en matière de pistes et de matériels d’allègement des travaux de la femme changent le visage de la région. « En somme, les politiques publiques du gouvernement sont en train de produire des effets à l’intérieur du Sénégal », a-t-il dit.

Oumar Ngatty BA

Fondatrice du Women’s investment portofolio holdings (Wiphold), la sud-africaine Wendy Luhabé a profité de son séjour au Sénégal pour partager son expérience avec les membres du Women’s investment club (Wic), un fonds d’investissement sénégalais entièrement dédié aux femmes et créé en mars dernier.

Quand la fondatrice d’un fonds d’investissement africain réputé, coté en bourse avec une valeur de plus de 200 millions de dollars et affichant plus 20 ans d’expérience s’adresse aux membres d’un fonds qui vient d’avoir quatre mois, mais nourrissant les mêmes ambitions, l’écoute ne peut être qu’attentive et les échanges fructueux. Ce fut exactement ce à quoi on a assisté lors de la rencontre, samedi, entre Wendy Luhabé, fondatrice du Women’s investment portofolio holdings (Wiphold) et les femmes du Women’s investment club (Wic), un fonds d’investissement sénégalais destiné aux femmes. C’est autour d’un déjeuner bercé par les notes de guitare et la belle voix de la chanteuse Maréma que la sud-africaine a partagé son expérience. Et celle-ci a de quoi inspirer.

En 1994, le Wiphold a été créé. Il est alors le premier fonds d’investissement sur le continent exclusivement dédié aux femmes et aux opportunités de développement de leurs affaires. Les principaux axes d’intervention de Wiphold, que sont l’exploitation minière, les infrastructures et les services financiers, ont permis à plus de 200.000 femmes en Afrique de bénéficier de levées de fonds conséquentes. Avant de créer ce fonds et de se consacrer à l’autonomisation des femmes africaines, Mme Luhabé a passé plus de dix ans dans des organismes internationaux. Fort de son engagement, elle a présidé et siégé au conseil d’administration de plusieurs sociétés en Afrique du Sud et à l’étranger sans compter les nombreuses distinctions qu’elle a récoltées à l’internationale, notamment celle qui fait d’elle l’une des 50 femmes entrepreneurs leaders au monde.

C’est de ce parcours que le Wic, premier club d’investissement créé par et pour les femmes dans l’espace Uemoa, veut s’inspirer.

Wendy Luhabé a conseillé aux membres du Wic de s’ouvrir à tous les secteurs d’activités, de ratisser large, en essayant d’impliquer le maximum de femmes surtout celles du secteur informel « qui disposent d’une force de frappe extraordinaire », et surtout de ne pas se décourager, car « il y aura toujours des gens qui ne seront pas convaincus de cette initiative ». « Quels que soient les écueils et obstacles qui ne manqueront pas de se dresser sur votre chemin, soyez toujours positives, en ayant en ligne de mire vos objectifs », leur a dit Mme Luhabé. Tenant à ce que le Wic se développe et atteigne ses objectifs, Mme Luhabé a décidé d’en être membre, afin « que cette expérience puisse se développer à travers l’Afrique et que les femmes africaines, où qu’elles soient, puissent collaborer et se mettre ensemble pour vraiment participer au développement de nos économies ».

Pour Ndèye Madjiguène Sock, présidente du Comité de gouvernance du Wic Sénégal, c’est une opportunité unique d’avoir à discuter avec la fondatrice de Wiphold, « un modèle de fonds en Afrique ». En s’inspirant de l’expérience de cette expérience sud-africaine, le Wic, selon Mme Sock, compte identifier et investir dans les entreprises dirigées par des femmes ou dont l’équipe dirigeante a une forte connotation féminine. « L’idée, c’est d’investir dans ces structures et de créer des entreprises championnes dirigées par des femmes et qui peuvent servir de modèles aussi aux jeunes femmes entrepreneurs. Nous allons les appuyer par rapport à leurs besoins en financement, en conseils et en stratégie », a-t-elle déclaré.

Elhadji Ibrahima THIAM

La compagnie privée Transair a procédé, hier, à son vol inaugural Dakar-Praia-Dakar. Elle comble ainsi un vide laissé par la compagnie nationale Sénégal Airlines qui a cessé ses activités depuis quelques mois.

Depuis l’arrêt des activités de Sénégal Airlines, seule la compagnie capverdienne Tacv assurait la liaison aérienne Dakar-Praia. Mais la donne a changé. Depuis le 3 juillet dernier, la compagnie privée sénégalaise Transair, avec l’aval des autorités sénégalaises, assure, deux par fois par semaine, la navette entre les deux capitales. Elle comble ainsi un vidé lié à la dissolution de Sénégal Airlines. Le vol inaugural de cette desserte s’est déroulé, hier, avec un avion de 50 places de type Erj 145. L’appareil avait à son bord, outre une trentaine de passagers commerciaux, quelques invités de marque, comme les ambassadeurs du Cap-Vert et de la Guinée Bissau au Sénégal, ainsi des partenaires de Transair.

Parti de Dakar à 8 heures 35 minutes, l’appareil s’est posé sur le tarmac de l’aéroport international Nelson Mandela de Praia une heure cinq minutes plus tard. Malgré l’heure matinale (du fait du décalage horaire d’une heure entre les deux pays, il était 8 heures 40 minutes à Praia) et qui plus est un jour de dimanche, un petit comité d’accueil était à la coupée de l’avion. Parmi lequel Fatou Binetou Corréa Ndao, ambassadrice du Sénégal au Cap-Vert. Une heure plus tard, le même avion a repris les airs pour revenir sur Dakar avec un nombre plus important de passagers commerciaux. Désormais, il en sera ainsi deux fois par semaine.

Pour maintenir le cap, « Transair s’engage à tout mettre en œuvre pour développer cette ligne à la hauteur de ses ambitions, a déclaré son directeur général », Alioune Fall. Il a rappelé que depuis la naissance de cette compagnie, en 2009, elle n’a cessé de grandir et d’élargir son offre de service. Des simples vols à la demande, à ses débuts, pour le transport de passagers Vip, elle a obtenu un permis d’exploitation en 2013 pour développer les lignes domestiques, en assurant notamment, à partir de 2014, une ligne régulière entre Dakar et Ziguinchor. En 2015, sollicitée par la compagnie nationale Sénégal Airlines, elle a mis à sa disposition deux de ses appareils -un Emb 120 acquis un an plus tôt et un Erj 145 de 50 places. La situation de la compagnie nationale ne s’étant pas améliorée, les autorités sénégalaises ont décidé, en avril 2016, de confier le transport des passagers des lignes exploitées par Sénégal Airlines à Transair.

Satisfaction et soulagement des passagers
D’après son directeur général, celle-ci a relevé le défi. « En sus des vols domestiques opérés sur Ziguinchor, Cap Skirring, Kolda et Tambacounda, Transair a démarré la ligne sur Bissau en début mai, et depuis le 3 juillet dernier, celle de Praia ». Transair ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, car avec le deuxième Erj 145 qu’elle a réceptionné début juillet, elle compte se déployer sur d’autres destinations. Le but étant, selon M. Fall, de devenir, à court ou moyen terme, « le leader du transport low-cost dans la sous-région ».

Si les passagers commerciaux se sont félicités des bonnes conditions de voyage, un sentiment qu’ils ont manifesté par des applaudissements quand l’appareil a atterri à l’aéroport de Dakar, il n’en demeure pas moins que l’ambassadeur du Cap-Vert au Sénégal et son homologue sénégalais au Cap-Vert ont, en chœur, souligné la nécessité de pérenniser cette liaison aérienne pour le bien des passagers. « Il est toujours mieux de disposer, au moins, de deux compagnies qui desservent nos deux pays. Cela offre plus de choix aux passagers et stimule la concurrence », a soutenu Cesare Monteiro. Mme Ndao a, elle, estimé que le plus difficile commence pour Transair qui devra désormais relever le défi de la régularité et de la pérennité de ces vols entre les deux capitales.

« Avec cette ligne, c’est un vœu qui a été exaucé, car je n’ai pas manqué de dire aux responsables de Sénégal Airlines combien il était important de rétablir la liaison entre Dakar et Praia et de ne pas compter sur une seule compagnie, parce que le Sénégal compte près de 2500 ressortissants au Cap-Vert. En plus, nous avons d’autres ressortissants de l’Afrique de l’Ouest qui aiment rallier le reste du continent à partir de Dakar, parce que la liaison est plus courte. Maintenant, le plus important, c’est de maintenir le cap », a déclaré la diplomate.

Les deux consuls ont indiqué que les études pour la création d’une ligne maritime entre le Sénégal et le Cap-Vert sont en bonne voie. « Des recommandations ont été faites, c’est juste une question de temps », a assuré M. Monteiro. Son homologue de la Guinée-Bissau, pays également desservi depuis un mois par Transair, a invité les compagnies nationales à profiter du dynamisme du marché sous-régional. « Le marché ouest africain est très dynamique, avec des croissances économiques considérables. C’est le bon moment, pour nos compagnies locales, d’en capter les profits », a insisté Idrissa Emballo. Ces enjeux, Transair semble en avoir pris toute la mesure.

Elhadji Ibrahima THIAM

La présidente du conseil d’administration d’Enda Tiers-Monde, Marième Sow, a invité, samedi, producteurs, pasteurs, élus locaux et chefs de village de la zone des Niayes à veiller à la préservation du foncier, face à l’accaparement des terres par des spéculateurs.

Mme Sow s’exprimait lors d’un forum de réflexion et de partage sur les 7 principes élaborés par la société civile, les Ong, les groupements de producteurs et les acteurs. Ces principes sont censés participer à mieux prendre en compte les intérêts du monde rural dans le cadre de la nouvelle loi sur la réforme foncière et de l’avènement de l’Acte 3 de la décentralisation. L’atelier de partage, présidé par le maire de la commune de Keur Moussa, Momar Ciss, a enregistré la présence des chefs de village, des conseillers municipaux et des groupements des femmes productrices de la zone de Diender et des Niayes.

 « Aujourd’hui, a-t-elle dit, il faut une concertation entre les élus locaux, les populations et tous les acteurs afin de mettre en place une bonne gouvernance foncière qui éviterait que les communautés tombent dans le piège des promoteurs et spéculateurs fonciers, en vendant, de manière anarchique, leurs terres ». Selon Marième Sow, l’Etat, tout comme la communauté entière, a le devoir et l’obligation de veiller à la préservation des terres pour les futures générations, mais également de permettre aux producteurs, aux agriculteurs et éleveurs de disposer d’espaces. Elle a également rappelé au gouvernement la nécessité de prendre en compte l’espace rural pour les producteurs et les éleveurs, dans le cadre de la mise en œuvre des grands chantiers de l’Etat. La Pca d’Enda Tiers-Monde a expliqué que l’agriculture participe fortement à l’émergence économique du Sénégal.

Meïssa Faye, président de la Fédération « Wotté benno indi natangué » (Wobin) de la zone des Niayes,  a affirmé que le développement passe nécessairement par l’unité et l’entente entre tous les producteurs. Selon lui, la finalité, c’est de réaliser les objectifs en matière de croissance économique grâce à une production agricole accrue, doublée d’une agriculture performante, pour favoriser un développement durable. Il a estimé que le forum organisé sous l’égide de la commune de Keur Moussa, de l’Ong Enda Pronat et de la fédération Wobin permet aux acteurs de partager les principes de bonne gouvernance foncière, face à la nouvelle loi sur la réforme foncière et de l’Acte 3 de la décentralisation, afin de faire face aux nouvelles mutations et pour la préservation des terres.

(APS)

Mercredi dernier, les dossiers de 8 entreprises ont été approuvés, à Ziguinchor, par le comité de pilotage restreint du Bureau de mise à niveau pour bénéficier d’une mise à niveau à hauteur de 302,3 millions de FCfa d’investissements et de 115,9 millions de FCfa de primes. Cela porte actuellement à 25 le nombre de dossiers approuvés, pour près d’un milliard d’investissements et quelque 400 millions de FCfa de primes, visant à encourager les efforts des chefs d’entreprise. 250 emplois permanents seront créés à la faveur de la mise à niveau de ces entreprises. Le directeur du Bureau de mise à niveau des entreprises, Ibrahima Diouf, qui était à Ziguinchor, a rassuré les chefs d’entreprise de la région Sud du Sénégal du soutien de son établissement. Il leur a affirmé que le programme spécifique Casamance continuera à les accompagner pour leur permettre de se positionner sur le marché national et international. Le gouverneur de la région de Ziguinchor, Al Hassan Sall, a rappelé que le Bureau de mise à niveau des entreprises a été créé pour accompagner les acteurs économiques du pays. « L’objectif visé, a-t-il expliqué, est que nous ayons des entreprises fortes, qui produisent de la valeur ajoutée, base de la croissance économique ». M. Sall a soutenu que le chef de l’Etat souhaite relever deux défis dans la région méridionale de notre pays. « Le premier, c’est le retour de la paix et le second, l’émergence économique de cette partie Sud du Sénégal ».

Par ailleurs, le gouverneur Sall a engagé les structures de garantie, comme le Fongip et les banques, telles que la Bnde, à faire preuve de diligence, afin que les entrepreneurs puissent disposer de fonds et réaliser leurs investissements. Toutefois, il a insisté pour que les financements soient bien utilisés.  

El Hadji Moussa SADIO


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