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Affaires et Finances (2551)

Après Hertz Sénégal qui a fait ses preuves, le Groupe Aimé Sène a procédé, hier, au lancement de «Dakar Limousine». Il s’agit d’une compagnie spécialisée dans le transport haut de gamme de voyageurs d’affaires et des personnalités.

En prévision de l’ouverture le 7 décembre prochain de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, le Groupe Aimé Sène, actif dans la location de voitures, l’hôtellerie, les agences de voyage et l’immobilier a lancé, hier, « Dakar Limousine ». C’est une compagnie spécialisée dans le transport haut de gamme de voyageurs et des personnalités. Selon Aimé Sène, président du groupe, il s’agit de doter le Sénégal d’une société de transport moderne à l’image de ce qui se fait dans toutes les grandes capitales du monde avec une large flotte de véhicules de luxe composée de Mercedes classe S et E mais aussi des nouvelles Mercedes class V et vito pouvant transporter jusqu’à huit passagers et d’autres marques prestigieuses comme les Bmw avec les séries 5 et 7. « «Dakar Limousine», ce sont des véhicules confortables, spacieux, élégants et adaptés. Des chauffeurs professionnels, expérimentés qui ont une parfaite connaissance des routes et chemins du Sénégal », a expliqué Alexandre Sène, le directeur général de Dakar Limousine. Il ajoute que tous les véhicules sont équipés de climatisation, wifi, de tablettes connectées, de chargeurs de téléphones, de journaux, de friandises, de rafraîchissement. La compagnie assurera le transport des passagers vers l’Aibd, dans Dakar et partout au Sénégal. Il indique que les prix sont fixes et garantis. Cette compagnie a nécessité un investissement de 650 millions de FCfa et permettra de créer plus de 20 emplois directs. Le président du groupe, Aimé Sène, a annoncé la construction d’un troisième hôtel à Fann Résidence-Point E d’un coût de 4 milliards de FCfa et la délocalisation de la base technique à Diass pour un milliard de FCfa.

En lançant « Dakar Limousine », Aimé Sène réaffirme sa volonté de créer une plus value, des emplois et apporter sa contribution à la réussite du Plan Sénégal émergent. M. Sène précise que si le concept réussit et s’impose à Dakar, il sera expérimenté dans d’autres capitales africaines comme Conakry, Abidjan, Ouagadougou, Libreville et Douala où la marque a déjà été protégée. Prenant part à la cérémonie, le ministre des Transports aériens et des Infrastructures aéroportuaires a salué la concrétisation d’un projet innovant. Selon Maïmouna Ndoye Seck, Aimé Sène fait partie des hommes d’affaires reconnus pour leur apport à la création d’emplois et de richesse. « Avec «Dakar Limousine», vous mettez sur le marché une nouvelle offre inédite. Ce qui permet d’offrir un service de qualité et apporter une contribution significative au transport en direction et au départ de l’Aibd », a déclaré Mme Seck. Elle a affirmé que toutes les dispositions sont prises pour assurer une bonne mobilité des passagers, des travailleurs.

Aliou KANDE

Les membres du Fonds d’investissement de garantie de la diaspora (Fongad-Invest) ont organisé, hier, une table ronde au cours de laquelle ils ont lancé officiellement leurs activités au Sénégal. A travers ce mécanisme, ils veulent participer davantage aux financements des projets de développement.

Chaque année, les membres de la diaspora sénégalaise envoient d’importantes sommes à leurs familles restées au pays. Grâce à ces fonds, la diaspora joue un rôle essentiel dans le développement de leur nation. Conscients de cette contribution, des Sénégalais basés aux Etats-Unis ont eu l’idée de mettre sur pieds un Fonds d’investissement de garantie de la diaspora.

En 2015, l’idée a abouti à la création du Fonds d’investissement de garantie de la diaspora (Fongad-Invest) en vue d’une meilleure mobilisation des fonds des migrants qui seront orientés vers des investissements productifs au Sénégal : agriculture, transformation industrielle, horticulture et télés-services, etc. Les membres peuvent, à partir de cette initiative, acheter des actions en cotisant de 50 à 1.000 dollars voire plus. L’objectif est de rassembler la manne financière en vue de financer des projets structurants.

Madani Ndiaye, le président du Fongad Universt, explique que l’objectif est de canaliser l’argent de la diaspora. Porteur de ce projet, M. Ndiaye part à la recherche de partenaires. Il s’approche de l’ambassade du Sénégal aux Etats-Unis dans le dessein de connaître et d’identifier les Sénégalais vivant au pays de l’Oncle Sam. A partir d’une liste d’associations sénégalaises établies aux Usa, il envoie des correspondances électroniques. « Il était nécessaire de se réunir pour faire des émigrés des pourvoyeurs d’argent. Il fallait un mécanisme efficace de collecte de cet argent », déclare Madani Ndiaye. Lui et ses amis font appel à la Banque de l’habitat du Sénégal qui dispose de plusieurs antennes à travers le monde. Ils comptent exporter l’idée dans d’autres pays. Pour l’heure, la structure compte 1.300 adhérents.

Selon Tidjiane Wone, consultant du Fonds d’investissement de garantie de la diaspora à Dakar, la Bnde, le Fonsis, le Fongip, entre autres structures de l’Etat, ont signé des accords de partenariat pour accompagner les émigrés à intégrer les projets du Plan Sénégal émergent et autres. Une société anonyme avec un capital de départ de 10 millions de FCfa a été créée. Le membre qui cotise plus de 1.000 dollars peut participer à l’Assemblée générale des actionnaires. Les actions sont surveillées par le conseil d’administration. « Trois projets pilotes ont été retenus en vue d’être financés. Dans la vallée du fleuve, il s’agit de produire du riz avec une unité de décorticage. 517 hectares ont été octroyés par le village de Giya en guise de contribution. Un investissement de 6 milliards de FCfa est prévu et devrait créer 150 emplois », explique-t-il.

3,5 milliards de FCfa sont prévus pour l’achat de noix d’acajou en Casamance et 1,5 milliard de FCfa est dédié à un projet d’aliments de bétail à Louga. Une partie des fonds collectés sera allouée aux secteurs de l’agro-industrie et l’agro-alimentaire, informe M. Wone.

Oumar BA

Avec les découvertes de pétrole et de gaz, le président Macky Sall a l’ambition de « faire du Sénégal un hub énergétique », a déclaré le ministre du Pétrole et des Energies, Mansour Elimane Kane. Cependant, il estime que l’atteinte de cet objectif passe par une « utilisation efficiente des ressources gazières et pétrolières. « Cela pourra permettre de faire du Sénégal « un hub énergétique de transformation, à des prix compétitifs, des produits pétroliers avant leur exportation vers la sous-région et le reste du monde », a-t-il dit.

Le Sénégal ambition, d’ici 2025, d’arriver à une « électrification universelle » en offrant, à tous les ménages, de l’électricité, à un coût le plus bas possible. Cette baisse des coûts constituera, selon le ministre, un atout majeur pour attirer les investisseurs. « Ils pourront trouver au Sénégal tous les facteurs de production pour transformer les matières premières en produits industriels finis ou semi-finis à bas prix », a encore soutenu le ministre.

A. Ngamby NDIAYE

Plusieurs sociétés pétrolières prennent part au sommet sur le pétrole et le gaz des pays du bassin Mauritanie - Sénégal - Gambia - Bissau-Conakry ouvert, hier, à Dakar.

Le gouvernement du Sénégal veut assurer une « gouvernance optimale et transparente des ressources pétrolières et gazières », a déclaré, hier, le ministre du Pétrole et des énergies, Mansour Elimane Kane. Il présidait les travaux de la 2e édition du sommet sur le pétrole et le gaz des pays du bassin Mauritanie- Sénégal- Gambia- Bissau- Conakry ouverte, hier, à Dakar. Il a annoncé qu’un « projet de loi est en préparation pour déterminer la répartition des revenus du pétrole et du gaz ». Le ministre est revenu également sur l’ensemble des mesures prises par l’Etat pour assurer une gestion transparente de ces ressources. Sur le plan institutionnel, a-t-il rappelé, le gouvernement a adhéré à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) ; a mis en place le Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-petrogaz). Cet organe, dit-il, est chargé de déterminer les « orientations stratégiques pour une gestion rationnelle de ces ressources et la conduite des réformes ».

Le dernier acte posé par le président Macky Sall, a-t-il ajouté, est la création d’un département ministériel chargé du pétrole. Il est attribué à ce ministère « la promotion, l’exploration et la gestion des zones prospectives pour les hydrocarbures, la promotion, l’orientation, la réglementation, la coordination et le contrôle des activités de recherche, d’extraction et de production du pétrole brut, du gaz naturel et d’autres hydrocarbures », a détaillé M. Kane. Ce ministère est aussi chargé du « développement de la transformation des hydrocarbures en produits finis ou semi-finis » et de la « gestion des normes et spécifications des produits pétroliers, le contrôle de la qualité de ces produits et la lutte contre la fraude ».

Plusieurs sociétés qui s’activent dans les hydrocarbures prennent part à ce sommet : Cairn Energy, Kosmos Energy, Woodside, Oranto Petroleum Limited, Shell. Elle a permis aux autorités sénégalaises et à celles des autres pays de présenter des résultats de la recherche et de communiquer sur leurs politiques pétrolières.

Pour le Secrétaire permanent du ministère gambien du Pétrole et du Gaz, Mod K. Ceesay, le sommet de Dakar met en exergue les opportunités d’investissements dans cet espace. D’après M. Ceesay, ce bassin est dans un environnement sociopolitique stable. Le Sénégal, dit-il, est un modèle de démocratie partout à travers le monde et la Gambie qui a connu plusieurs années de dictature a franchi un important pas démocratique avec l’arrivée d’Adama Barrow au pouvoir. Il soutient qu’il faut améliorer les infrastructures pour attirer les investisseurs. Le Secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-petrogaz) estime que la gestion des ressources pétrolières et gazières doit profiter au pays et à sa population. Cependant, pour y arriver, Ousmane Ndiaye indique que les pays du bassin sédimentaire Msbgc doivent relever les défis liés à la valorisation des ressources et de la participation des compagnies locales et du personnel national à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Toutefois, cette participation des compagnies locales et du personnel autochtone suppose, à son avis, un personnel bien formé. Le Sénégal pour relever ce défi a créé l’Institut national pour le pétrole et le gaz (Inpg). Cet institut, a-t-il ajouté, fournira des formations aux jeunes pour leur permettre d’être opérationnels dans les sociétés pétrolières.

Les récentes découvertes de pétrole et de gaz dans cet espace attisent les convoitises.

Aliou Ngamby NDIAYE

Le ministre des Infrastructures, Abdoulaye Daouda Diallo, a déclaré que par l’investissement et le partenariat, le Sénégal peut réaliser en un temps court son décollage économique. « Nous sommes disposés à travailler avec nos partenaires japonais dans ce sens », a indiqué le ministre. Toutefois, il a assuré que cela ne se fera pas sans le privé sénégalais. En 2017, plus de 70 projets ont été confiés au privé sénégalais pour un montant de plus de 300 milliards de FCfa, a indiqué le ministre, soulignant que le secteur privé sénégalais occupe une place importante dans la mise en œuvre du Pse. M. Diagne de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe) a révélé que le Sénégal va investir 1.800 milliards de FCfa dans les infrastructures pour les 3 prochaines années. Le représentant du patronat sénégalais, Mbaré Diop, a indiqué qu’un partenariat avec des entreprises japonaises serait une opportunité de développer des infrastructures durables et fiables. Marquant sa disponibilité pour la poursuite de la coopération, le secrétaire général du syndicat des Btp du Sénégal se réjouit que le secteur privé sénégalais se retrouve avec des opportunités de 1.891,2 milliards de FCfa dans le budget 2018.

O. KANDE

Le Sénégal et le Japon ont tenu, hier, un atelier sur l’infrastructure de haute qualité. Lors de cette rencontre, les deux parties ont exprimé leur volonté de fouetter leur partenariat dans le développement des infrastructures.

Le Sénégal va accueillir, le 9 janvier 2018, une conférence sénégalo-japonaise sur l’infrastructure de haute qualité. Avant cette rencontre, les deux parties (gouvernement sénégalais, japonais avec leur secteur privé) se sont retrouvées, hier, dans le cadre d’un atelier préparatoire qui a réuni 15 entreprises japonaises du secteur de la construction. Il a été question lors des discussions des opportunités qu’offre le Sénégal en ce qui concerne l’investissement dans les infrastructures. La représentante du gouvernement japonais qui est également la Directrice des infrastructures de ce pays, Kazuko Ishigaki, a rappelé que le ministère des Infrastructures qu’elle représente est l’un des plus importants de son pays. Ce ministère, poursuit-elle, a lancé un grand programme d’infrastructures de haute qualité extensible au continent africain. Ce programme fait aussi la promotion des investissements dans le domaine des infrastructures selon le modèle partenariat public-privé (Ppp). L’Afrique et le Sénégal sont concernés par ce programme, a rappelé Kazuko Ishigaki, soulignant que le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a décidé d’injecter 30 milliards de dollars en Afrique dont 1/3 dans les infrastructures.

L’ambassadeur du Japon au Sénégal, Shigeru Omori, a déclaré que depuis 20 ans, la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad) a accordé une priorité au développement des infrastructures de qualité sur le continent. Le diplomate a affirmé que son pays est disposé à accompagner le Sénégal dans le financement des infrastructures. Il a souhaité un meilleur partenariat entre les secteurs privés nippon et sénégalais qui sera matérialisé par un transfert de technologie. «Le Sénégal est pays stable qui pourrait être une plateforme d’accueil aux entreprises japonaises pour leur permettre d’aller vers les autres pays africains », a déclaré Shigeru Omori. Cette année, a rappelé le diplomate, le Japon a mis 4,5 milliards de FCfa pour le développement du corridor sud du Sénégal en sus des 19 milliards accordés dans la rénovation du port et un investissement de plus de 136 milliards de FCfa pour l’unité de dessalement d’eau de mer des Mamelles.

Partenariat secteur privé japonais et sénégalais
Présidant l’atelier, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo s’est réjoui qu’après le Ticad de Nairobi, le Sénégal accueille le Forum sur l’infrastructure de haute qualité qui sera organisé le 9 janvier 2018. « Le Sénégal entretient avec le Japon d’excellentes relations de coopération. Plusieurs réalisations ont été faites dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de la pêche et des infrastructures mais nous devons davantage travailler pour le renforcement de nos relations politiques et économiques », a déclaré le ministre des Infrastructures. D’après Abdoulaye Daouda Diallo, ce forum permettra de réfléchir sur la meilleure façon de faciliter le financement des infrastructures, de développer les infrastructures et de stimuler les échanges pour une prospérité partagée. « Si nous voulons réaliser des avancées significatives dans le domaine des infrastructures, il nous faut adopter une meilleure manière de penser et d’agir dans la conduite des politiques publiques qui doivent être saines, transparentes et diligentes. Je souligne l’importante primordiale de la mise en place d’un cadre réglementaire incitatif pour l’investissement privé, pour le développement d’un partenariat durable entre les privés des deux pays. Il faut une prospérité partagée qui suppose que l’investisseur préserve ses intérêts tout autant que le pays d’accueil », a indiqué Abdoulaye Daouda Diallo.

Le ministre est convaincu que les infrastructures sont les fondamentaux de l’émergence. « Sans ces infrastructures de qualité, aucun pays ne peut aspirer à l’émergence. C’est pourquoi, le Sénégal a lancé depuis 2014, le Pse, et il est en train de réaliser des infrastructures de base indispensables à l’émergence avec le Ter, les infrastructures autoroutières, des centrales électriques, des infrastructures numériques », a affirmé M. Diallo. Toutefois, il estime que la mise en œuvre du Pse qui couvre la période 2014-2035 nécessite un accompagnement financier important, soulignant que le financement de ces besoins ne se fera pas par l’aide, mais surtout par l’investissement.

Oumar KANDE

Les dégâts occasionnés par l’incendie au Parc Lambaye sur les installations de la Senelec reposent le débat sur la libération des emprises des lignes haute tension de la société nationale d’électricité. Dans cet entretien, Souleymane Souaré, le Secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité souligne que la Senelec est dans une dynamique de renouvellement de ses installations. Il invite à un changement de comportement des Sénégalais pour accompagner les efforts de la société et de l’Etat du Sénégal.

L’incendie qui a eu lieu à Parc Lambaye a occasionné bien des dégâts sur les installations de la Senelec, peut-on avoir une estimation de ces désagréments ?
La Senelec s’excuse auprès de ses clients et des Sénégalais qui ont eu à subir ces désagréments. Il est difficile de chiffrer les pertes parce qu’au-delà de l’indisponibilité qui a duré au moins 24 heures, il y a aussi tout ce que Senelec a réinvesti pour remettre la situation aux normes. Les désagréments subis par les clients ne sont pas chiffrables. Quand une entreprise doit livrer une commande dans les 24 heures et à cause de cet incendie il n’y a pas d’électricité, les pertes ne peuvent pas être calculées pour ces Pme et Pmi. On ne peut pas non plus calculer les pertes sur les ménages qui comptent sur leur frigo. Cet incendie est regrettable et appelle de notre part un changement de comportements.

Avant même cet incendie, la Senelec a eu faire une grande sensibilisation auprès des gens installés le long des lignes haute tension, mais apparemment, le message ne semble pas passer…
La Senelec est une société nationale. Elle offre un service public, c’est-à-dire au profit des populations en général. Les emprises sont occupées alors que nous sommes censés travailler, en ignorant les risques liés à l’occupation de ces emprises. Quand vous êtes à deux mètres d’une ligne haute tension, vous risquez d’être électrocuté. Malheureusement, il y a des gens qui ont élu domicile sous les lignes hautes tensions, avec tous les risques d’irradiation auxquels ils s’exposent. Ensuite, nous ne pouvons pas faire l’entretien de ces lignes. Il faut une réflexion globale pour voir quel type de comportements nous devons avoir pour développer ce secteur. Senelec a développé une communication et continue de le faire ; malheureusement, nous avons l’impression d’avoir un dialogue de sourd avec ces populations. Nous avons comme l’impression que l’intérêt général est le cadet des soucis de bon nombre de nos compatriotes. C’est regrettable. Si nous continuons, ce n’est pas seulement Senelec qui en pâtit ; elle est une société nationale avec des milliards d’investissements faits par Senelec et l’Etat du Sénégal pour fournir un service de qualité et des coûts acceptables. Si ces comportements risquent de compromettre tous ces efforts.

Aujourd’hui, on constate de moins en moins de délestages, pouvez-vous revenir sur les efforts de Senelec pour résoudre le problème de production, de transport ?
La crise de l’électricité trouve son fondement dans le renouvellement des investissements. L’origine de ces crises date des années 90. Il fallait renouveler nos infrastructures de production, de distribution et de transport. Et à partir de 2000, l’Etat avait trouvé comme première solution, la privatisation de la Senelec. Celle-ci aussitôt démarrée a été interrompue en 2001 et le coût de cette rupture se chiffrait à 86 milliards de FCfa : 39,5 milliards FCfa de remboursement de la participation des privés, 40 milliards de FCfa de capitalisation de Senelec après des pertes de 5 milliards de FCfa par mois et 16,5 milliards de FCfa de compensation donnés aux privés pour qu’ils puissent partir à l’amiable. Je ne parle pas de tout ce qui a été fait comme investissement qui n’a rien donné. De 2000 à 2012, rien que sur le plan de la compensation tarifaire, l’ardoise était de plus de 325 milliards de FCfa. A partir de 2010, avec le plan « Takkal », on a senti une bouffée d’oxygène. En 2011, nous avons commencé la réhabilitation des centrales de Senelec et de 2012 à nos jours, la Senelec est sur une trajectoire de remise à niveau de ses installations. La boucle de 90.000 km a été réalisée. Avec le plan stratégique et le plan « Yessal », presque toutes les boucles qui permettent de reprendre les clients à partir de Dakar ont été réalisées. C’est cela qui explique que les coupures ne durent plus longtemps. Aujourd’hui, on ne peut plus parler de délestage parce que nous avons un surplus de production au point de vendre de l’énergie à la Gambie. Au plan interne, le parc automobile de Senelec a été rénové, les agents travaillent dans de meilleures conditions. Nous avons même mis en place une filiale qui accompagne les clients dans l’optimisation de leur consommation. D’autres projets permettent au client de pouvoir consommer dans les meilleures conditions. Si nous ne parvenons pas à régler ces questions, ceux qui sont dans le monde rural et qui ont les mêmes droits que ceux qui sont dans les villes, ne pourront jamais accéder à l’électricité. C’est le défi qu’il faut relever.

Quels sont les chantiers qui restent à la Senelec pour satisfaire la clientèle sénégalaise ?
Il y a plusieurs chantiers. Le plan stratégique et le plan « Takkal » avaient misé sur l’augmentation de la production et la remise à niveau du réseau de distribution et de transport ; le focus est en train d’être mis sur tout cela. La capacité de production a augmenté grâce au mix énergétique. 70 mégawatts de solaire sont injectés sur le réseau Senelec en plus des autres projets comme les centrales de Tobène et Sendou. Avec la découverte du gaz, Senelec va abandonner la consommation à base de fuel pour aller à une consommation au gaz. Nous sommes en train de nous mettre aux normes en ce qui concerne les process. Un pan de notre exploitation commerciale a été certifié Iso 9000 ; ce qui est important, pour une entreprise qui était, il y a 4 ou 5 ans au creux de la vague. Il faut saluer la qualité du management interne avec le nouveau directeur général qui cultive l’écoute et la gestion inclusive.

Cela explique-t-il la stabilité dans l’entreprise ?
Les organisations syndicales ont pour mission d’améliorer les conditions de travail et préserver les intérêts matériels et moraux des travailleurs. Nous sommes aussi des citoyens. Si notre nom n’est plus trainé dans la boue parce que nos conditions de travail ont changé. Si on ne fait plus l’objet d’agression dans les maisons, c’est parce que la qualité de service s’est améliorée. Aujourd’hui, il y a de quoi être fier d’être agent de Senelec. Beaucoup de problèmes ont été résolus.

Quelle est la part de l’Etat dans cet accompagnement de la Senelec ?
Senelec est une société anonyme à participation publique majoritaire. On peut même dire qu’il y a un seul actionnaire de Senelec : l’Etat du Sénégal et la Caisse de dépôts et de consignations (Cdc). L’Etat est au cœur de tout cela parce que sans lui, il n’y aurait pas eu de plan Takkal. C’est l’Etat du Sénégal qui s’est donné les moyens d’investir massivement dans l’énergie pour remettre à niveau le secteur. Si nous sommes arrivés à rattraper tous les gaps c’est que l’Etat a accompagné la société par des investissements massifs.

Globalement quel est le montant de ces investissements ?
Il m’est difficile de le dire. Par exemple, le coût de la subvention sur le tarif à savoir 325 milliards de FCfa, est une somme non négligeable. Avec le plan Takkal, l’Etat a renoncé à 125 milliards de FCfa de dettes fiscales. Cette somme a été reconstituée en fonds propres. 125 milliards de FCfa, ce n’est pas une petite somme. L’Etat a accompagné le Fonds de soutien à l’énergie dans la sécurisation de Senelec en fioul ; sans ce fonds de soutien à l’énergie, la Senelec n’avait plus la confiance des fournisseurs et des banques. La dette due aux pétroliers a été payée. Donc, l’Etat au cœur du système. L’Etat a aussi finalisé des centrales comme Tobène bâti sur le modèle du Partenariat public-privé qui a permis de mettre sur pied des centrales comme celles de Malicounda. Ce type d’intervention a permis à Senelec de remettre aux normes l’ensemble de ses installations. J’invite les populations à jouer leur partition. Il y a des centrales à réaliser, des tranchées à creuser. Est-ce qu’il faille mettre en péril un projet comme Sendou avec ses 125 mégawatts de charbon parce que des lobbies sont derrière. Ces retards qui sont occasionnés par le comportement des populations coûtent chers au contribuable sénégalais. Senelec paie une partie de la facture, mais le gros de celle-ci est supporté par les populations.

Propos recueillis par Maguette NDONG

D’une capacité de traitement de 7 millions de tonnes de produits en vrac dès la première année d’exploitation, la capacité pourra être portée à 12 millions de tonnes dans la 3ème année d’exploitation. Le port permettra également le dépôt de différents produits grâce à l’aménagement de plusieurs zones. Il s’agit des zones « riz et céréales », « huile et oléagineux », « fer et métaux », « phosphate et engrais » et « phosphate et clinker ».

La construction du port de Bargny-Sendou générera dans sa première phase 740 emplois et 2.600 emplois dans sa phase d’exploitation. Des prévisions d’emplois qui sont bien appréciées par le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne. Il a insisté sur « l’utilisation maximale » des ressources humaines disponibles dans la zone et du respect des délais de construction et de livraison.

M. NDONG

Avec un coût global de près de 290 milliards de FCfa, la construction du port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou permettra au Sénégal de franchir un palier dans son ambition d’être un hub maritime, a déclaré le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, hier, à Rufisque, lors de la pose de la première pierre de cette infrastructure portuaire.

Le gouvernement sénégalais nourrit de grandes ambitions dans le domaine maritime en profitant de la position du pays pour devenir un hub maritime en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, l’a rappelé, hier, à Sendou, lors de la pose de la première pierre des travaux de construction du port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou. « Le secteur maritime dans sa composante transport incluant les ports constitue un enjeu majeur du développement national en raison de l’importance de sa contribution directe à l’économie », a déclaré le chef du gouvernement.

Il a souligné que plus de 95 % des échanges extérieurs du Sénégal se font par voie maritime avec plus de 12 millions de tonnes par an générant plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. D’où l’importance de développer ce secteur.

Financement bouclé
Selon Mahammed Boun Abdallah Dionne, le président Macky Sall a pris la décision de construire deux nouveaux ports en eau profonde, celui de Ndayane et de Bargny-Sendou. « La construction de ces deux futurs ports contribuera, sans doute, à décongestionner le port de Dakar ; une préoccupation actuelle de tous les acteurs », a dit le Premier ministre. D’un coût global de 520 millions de dollars américains, soit près de 290 milliards de FCfa, le financement du Port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou est entièrement bouclé grâce à la société « Senegal Port Minergy » qui regroupe des investisseurs privés.

Alexander Zalacosta, le directeur financier de « Senegal Minergy » est revenu sur le montage financier soutenu par le gouvernement américain sortant. « Pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, un projet de cette ampleur vient d’être financé intégralement de sa phase d’étude à celle de réalisation par un groupement d’investisseurs privés sans recours à une quelconque participation financière de l’Etat du Sénégal ni à sa garantie souveraine », a indiqué le responsable de «Senegal Minergy». Il a rappelé les deux phases de la réalisation du projet avec une phase temporaire consacrée au transbordement ; ce qui permettra au port d’être opérationnel dès le premier trimestre 2019. Quant à la deuxième phase dite de « solution définitive », elle sera composée d’une longue jetée de 4 kilomètres et de la mise en place d’un système de convoyeurs organisé et pratique. Prévu sur une superficie de 484 hectares, le port de Sendou disposera de deux terminaux de vrac liquide et de vrac sec et d’une zone industrielle.

Retombées pour les populations : Plusieurs infrastructures à caractère social annoncées
Au-delà des milliers d’emplois en perspective avec la construction du port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou, l’entreprise « Senegal Minergy » sera aux côtés des populations. Elle prévoit la construction de plusieurs infrastructures à caractère social. Il s’agit d’une école et la réhabilitation de l’école primaire. Il est prévu la construction d’un hôpital, d’un centre de formation dans les métiers de la sidérurgie, de la navigation maritime et des chantiers navals. « Le port hébergera des centaines d’entreprises de tous les secteurs, générera des emplois et de la richesses pour Bargny, Sendou et toutes les autres collectivités locales du département de Rufisque. Pour profiter de ces richesses, il faut des infrastructures de normes internationales et des établissements scolaires », a déclaré Alexander Zalacosta.

Par Maguette NDONG (textes) et Ameth SECK - PRIMATURE (photos)

Les avantages de l’assurance agricole indicielle ne sont plus à démontrer aujourd’hui, au regard des perturbations climatiques qui se déroulent, tous les jours, sous nos yeux. Il s’avère cependant, que certains producteurs n’ont pas encore compris l’importance de souscrire à une assurance pour se mettre à l’abri des calamités naturelles comme le déficit pluviométrique par exemple. Le Programme d’appui au développement agricole et à l’entreprenariat rural (Padaer) veut mettre à contribution les journalistes de la région de Kolda dans la sensibilisation des organisations des producteurs sur la nécessité d’adhérer à une assurance agricole. C’est dans cette optique que s’inscrit l’atelier régional de mise à niveau des animateurs des radios communautaires et des correspondants de la presse nationale organisé vendredi, à Kolda, par le Padaer. « Cette journée a été l’occasion de faire une mise en relation entre l’expertise sur l’assurance agricole et les journalistes de la région de Kolda. L’idée, tout simplement aujourd’hui, est que de plus en plus, au niveau de la région, l’assurance agricole est un produit innovant qui a besoin d’être adoptée et adaptée. Nous pensons que les journalistes et les animateurs ont un rôle extrêmement important à jouer pour sa vulgarisation et son appropriation par l’ensemble de la population notamment des producteurs de la région », déclare Daouda Ba, chef d’antenne du Padaer de la région de Kolda. Pour réussir ce pari, les journalistes avaient besoin d’une mise à niveau sur l’assurance agricole pour leur permettre de comprendre les avantages pour pouvoir faire passer leurs messages aux producteurs. « On a fait le tour de la question. On a beaucoup discuté. Je pense que c’est une première étape, aujourd’hui, qui nous permet d’aller vers la mise en place d’un schéma de communication axé sur la vulgarisation de l’assurance agricole à base indicielle. Aujourd’hui, l’assurance est un amortisseur de risque saisonnier qui permet à des producteurs de pouvoir, dans des cas de désastre pluviométrique, bénéficier d’un appui et d’un accompagnement des structures d’assurance à travers la prime d’assurance », explique-t-il.

Il faut dire que l’insuffisance des pluviomètres et la méfiance des producteurs sur l’assurance, en général, constituent un véritable obstacle à la vulgarisation de l’assurance agricole dans la région de Kolda où seuls le maïs et le riz sont concernés, pour l’instant, par l’assurance agricole indicielle.

Mamadou Aliou DIALLO

Lors de son déplacement en Guinée Bissau pour discuter des opportunités de commerce entre les deux pays, le ministre du Commerce, Alioune Sarr, a été reçu par les plus hautes autorités de ce pays. D’abord, il s’est entretenu avec le Premier ministre de la Guinée Bissau, Oumar Yoro Mballo, sur le renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays. Après ces échanges, Alioune Sarr et sa délégation ont été reçus au palais par le président José Mario Vaz. A la fin de l’audience, Alioune Sarr a confié que le président Vaz a souhaité une plus grande coopération économique entre les deux pays « pour montrer à l’Afrique et au monde que la collaboration et l’amélioration des échanges sont possibles entre deux pays frères ».

O. KANDE

Le ministre du Commerce et de la promotion de l’entreprenariat de la Guinée Bissau, Victor Mandinga, a indiqué qu’ils ont sollicité les autorités sénégalaises, à la demande du président José Mario Vaz, pour trouver une solution au surplus de la production agricole en patate douce, arachide et manioc. « Ce protocole est important surtout pour suivre les indications des deux présidents de la République, mais surtout pour que les entrepreneurs sénégalais et bissau-guinéens comprennent qu’il faudra travailler ensemble pour augmenter leurs échanges pour le bien de nos peuples, de nos agriculteurs et des entrepreneurs qui vont faire des profits. Il faut du courage pour avancer dans cette intégration africaine », a déclaré le ministre bissau-guinéen. Il a remercié son homologue du Sénégal pour son engagement à trouver des solutions au surplus de production de la Guinée Bissau.

O. KANDE

Le ministre du Commerce du Sénégal a félicité le secteur privé des deux pays qui ont accepté de signer le protocole d’accord, conformément à la volonté des présidents Macky Sall et José Mario Vaz qui avaient souhaité nouer un partenariat commercial. « L’accord a été très précis. 50.000 tonnes de patates douces devraient être achetées par le secteur privé sénégalais. Je voudrais féliciter les deux secteurs privés. Je remercie également la Bnde qui a décidé de mettre en place une ligne de crédit pour les commerçants sénégalais pour le financement de ces opérations et d’acheter totalement la production ; je dis bien que les 10.000 tonnes de patates douces qui ont été exposées par les producteurs bissau-guinéens. L’argent existe ainsi que la demande et c’est la raison pour laquelle il était important d’avoir cet annexe dans lequel chaque partie s’engage à respecter les quantités à acheter et à vendre », a affirmé Alioune Sarr. Il a rappelé que le Sénégal et la Guinée Bissau sont constitués d’un même peuple et doivent travailler pour développer les échanges ainsi que créer de la richesse et donner de l’espoir et de l’emploi à la jeunesse sous-régionale. 

O. KANDE

Le ministre du Commerce du Sénégal, Alioune Sarr, s’est rendu, vendredi, à Bissau, pour signer un protocole d’accord sur la commercialisation de certains produits agricoles, notamment la patate douce, le manioc et l’arachide. Lors de cette rencontre, les commerçants sénégalais se sont engagés à acheter 10.000 tonnes de patates douces constituant un surplus de la production de ce pays voisin.

Lors d’une rencontre avec le président Macky Sall, à Dakar, le chef de l’Etat de Guinée Bissau, José Mario Vaz, avait fait état d’un surplus de production agricole que son pays souhaitait écouler avec l’aide du Sénégal. Le ministre du Commerce, du secteur informel, de la consommation, de la promotion des produits locaux et des Pme a effectué, vendredi, à Bissau, une mission avec des membres du secteur privé sénégalais, pour discuter des modalités de cette commercialisation. Accueilli au pied de l’avion, à l’aéroport international Osvaldo Vieira par son homologue bissau-guinéen Victor Madinga, le ministre du Commerce Alioune Sarr et sa forte délégation se sont rendus directement à la Primature pour faciliter les échanges entre le secteur privé sénégalais et les producteurs agricoles bissau-guinéens. En ouverture de la séance tenue dans la salle du Conseil des ministres au siège du gouvernement, le ministre du Commerce et de la promotion de l’entreprenariat de la Guinée Bissau, Victor Mandinga, s’est réjoui de la réponse favorable du Sénégal pour trouver une solution au surplus de production agricole de son pays. Il est revenu sur les liens étroits qui lient le Sénégal à son pays. « La Guinée Bissau est votre pays », a-t-il lancé, en sollicitant des solutions « concrètes et justes pour les deux Etats ».

Le directeur de la Planification agricole de ce pays, Mario Reis, a présenté les résultats des dernières années devant son ministre de l’Agriculture, Nicolao Dossantos. Pour la patate douce, en 2015, les agriculteurs bissau-guinéens ont produit 26.500 tonnes, 28.000 tonnes en 2016 et 33.000 tonnes en 2017. Pour le manioc, la Guinée Bissau a produit plus de 40.000 tonnes en 2015 et devra atteindre plus de 48.000 tonnes cette année. Pour l’arachide, après les 94.000 tonnes en 2015, cette année la Guinée Bissau attend 108.000 tonnes. Compte tenu de cette production en hausse, le ministre du Commerce de Guinée Bissau a indiqué que dans toutes ces spéculations, il y a un surplus. Pour la patate douce par exemple, l’excédent est estimé entre 10.000 et 15.000 tonnes. Pour l’arachide, le surplus est estimé à 500 tonnes.

La Bnde va financer les opérations
Après plusieurs heures de négociations entre acheteurs sénégalais et producteurs bissau-guinéens, les deux parties ont trouvé un accord et signé un protocole sur la commercialisation de certains produits, notamment la patate douce, le manioc et l’arachide sous la supervision des ministres du Commerce des deux pays. Le secteur privé sénégalais s’engage à acheter 10.000 tonnes de patates douces à raison de 110 à 120 FCfa le kilogramme. Ils vont injecter 1,1 milliard à 1,2 milliard de FCfa en Guinée Bissau rien que pour l’achat de patate douce. Avec les autres spéculations, la somme avoisine 2 milliards de FCfa. Les commerçants sénégalais qui ont voyagé avec le ministre Alioune Sarr (Unacois, Marché de Thiaroye…) se sont engagés, à court terme, à acheter 10 camions de patates douces par semaine.

Compte tenu de l’importance de l’enveloppe financière de cette opération, les acheteurs sénégalais auront le soutien de la Banque nationale de développement économique du Sénégal (Bnde). Le directeur de cette banque, Thierno Seydou Nourou Sy qui a fait le déplacement à Bissau, a donné des assurances aux commerçants sénégalais. Dans le protocole d’accord qui a également pour but de promouvoir les échanges commerciaux entre les deux pays, les agriculteurs bissau-guinéens se sont engagés à fournir des produits de qualité conformément aux exigences du marché sénégalais. Ils s’engagent aussi à regrouper la production de patate douce à Bafata et Bambadinca (vers la frontière) en vue de faciliter leur transport vers le Sénégal. Les ministres du Commerce des deux pays se sont engagés aussi dans le protocole à faciliter le transport et la surveillance des marchandises le long des routes pour éviter les tracasseries.

De notre envoyé spécial à Bissau, Oumar KANDE

Le développement du secteur de l’élevage est l’une des priorités des politiques économiques sénégalaises. Dans le cadre d’une tournée, des responsables et membres de la Fédération nationale des acteurs de la filière ovine (Fnafo) l’ont rappelé aux agropasteurs du delta et de la vallée du fleuve Sénégal. Ils ont réfléchi sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour concrétiser l’idée d’une labellisation de la race « Laadoum ». Plusieurs vétérinaires et autres spécialistes ont pris part à cette rencontre.

Selon le président de la filière ovine, Abou Kâne, l’objectif était de revenir largement sur les problèmes de la nutrition du bétail, de la caractérisation du Laadoum, de la santé animale, entre autres sujets relatifs à la modernisation de l’élevage. M. Kâne a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des éleveurs sur la gestion productive de leur bergerie. Cette initiative, a-t-il précisé, s’inscrit dans le but de favoriser l’autosuffisance en moutons du Sénégal. « Il faut encourager l’intégration de la race Laadoum au cheptel local pour maximiser la rentabilité. En raison de la croissance rapide de cette race, le métissage du cheptel pourrait garantir l’autosuffisance en mouton », a-t-il lancé. M. Kâne s’est réjoui des efforts déployés par le ministère de l’Elevage pour importer des géniteurs Laadoum, afin de booster l’élevage local. « Cette volonté de l’Etat est salutaire, dans la mesure où le Laadoum est un sujet extraordinaire qui a des mensurations exceptionnelles qui intéressent les éleveurs étrangers. Pour que ce produit puisse être vendu à l’étranger, il nous faut un label Laadoum sénégalais », a-t-il dit.

Abou Kane est revenu aussi sur les problèmes relatifs à la qualité de la ration alimentaire du bétail, insistant sur la minéralisation des aliments. Parmi les soucis exprimés par le président de la Fnafo, figure la difficulté, pour les éleveurs, de vendre leur bétail. A cela, s’ajoute la quantité insuffisante de viande des autres races comme le peul-peul.

Au cours de cette rencontre, des experts de la reproduction animale, comme Mme Fatou Touré, docteur vétérinaire, ont invité les éleveurs à plus de vigilance pour la bonne croissance du cheptel. « La minéralisation est une composante de l’alimentation animale. Nous avons indiqué aux éleveurs les produits spécifiques pour une meilleure minéralisation, le Laadoum est une race spéciale qui a une croissance très rapide, qui demande une alimentation spéciale avec des règles d’usage strictes ».

Cette réunion de la Fnafo a été également une occasion d’initier les éleveurs de Saint-Louis sur la composition d’une alimentation de qualité. « Le Laadoum est un enjeu économique et financier. L’objectif de ce cadre d’échanges est d’aider les acteurs à relever le défi de la rentabilité de l’élevage et réduire le taux de mortalité du bétail », a confié Claude Demba Diop.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le président directeur général de Orange, Stéphane Richard qui était au Sénégal, évoque, dans cet entretien, le partenariat entre son groupe et Sonatel. Il soutient que cette société, qui est la quatrième entité de Orange par la taille, est une entreprise qui réussit bien et sur laquelle il dit vouloir s’appuyer pour le développement du groupe en Afrique.

Qu’est-ce cela vous fait de partager l’expérience d’une maison fibrée à Dakar ?
La maison fibrée est une première au Sénégal. La fibre optique, c’est une nouvelle technologie des télécommunications fixes. C’est un fil en verre par lequel on peut acheminer un volume quasi illimité de données. En soi, la technologie n’est pas récente. La première liaison de fibre optique a été faite dans un laboratoire du groupe en France il y a quarante ans. C’est formidable qu’on propose, aujourd’hui, cette technologie au Sénégal pour le raccordement Internet aux entreprises d’abord qui ont besoin d’avoir une qualité de service et une connexion haut débit et aux particuliers ensuite. Dans une maison, la fibre transforme tous les usages en permettant d’avoir, par exemple, plus de dix écrans connectés avec une qualité de service sur tous les écrans. Elle permet également d’avoir accès à tous les contenus audiovisuels instantanément avec une parfaite qualité ultra et haute définition. Le fait d’avoir une fibre optique à la maison change la vie. C’est une possibilité de télécharger instantanément des fichiers lourds en très grande capacité, c’est-à-dire en large bande. Et Orange maîtrise bien cette technologie. Le groupe déploie beaucoup de fibre optique en Europe. Il a raccordé quasiment 25 millions de foyers à la fibre en Europe notamment en France, en Espagne. On est très heureux que Sonatel et Orange amènent la fibre optique en Afrique, précisément à Dakar. Notre mission, c’est d’apporter le meilleur de la connectivité à tous nos clients sur le réseau mobile. Orange et Sonatel sont leaders sur la 4 G et maintenant sur le fixe avec la fibre optique.

Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir une école de codage gratuite à Dakar ?
Dans le monde digital, il y a de nouveaux métiers qui sont essentiels pour les entreprises et les économies pour que celles-ci puissent tirer le meilleur du digital. Le monde du travail va changer fondamentalement. Dans dix ans, la moitié des métiers qui seront créés n’existent pas aujourd’hui. Il va y avoir une transformation énorme des économies partout dans le monde y compris en Afrique. Le Sénégal doit se préparer dès maintenant à cette révolution des compétences. Sonatel, pour son fonctionnement, a besoin de ces compétences. Elles sont nombreuses et elles commencent par le codage qui permet d’écrire le monde dans le digital en inventant les applications et programmes qui vont permettre d’offrir tous les services digitaux du futur dans tous les domaines. Le codage est une compétence de base dans le domaine numérique. Nous avons besoin de plus de codeurs pour les entreprises, le Sénégal et le monde. Ce qui justifie le lancement de cette école qui est gratuite. La première promotion compte 50 jeunes et ils pourront valoriser leurs compétences à Sonatel ou ailleurs. Il y avait 12 000 candidatures et nous avons décidé de doubler l’effectif de l’école de codage en présentiel et de lancer une formation en ligne accessible à tout le monde.

Avec 42 %, Orange est le premier actionnaire de Sonatel. Que représente ce groupe pour vous ?
Le groupe Orange est le partenaire stratégique de Sonatel. Il est un partenaire stable de long terme et respectueux du partenariat. Sonatel qui fait partie intégrante du groupe a un statut particulier. Elle n’est pas une filiale de Orange. Néanmoins, les cadres de Sonatel participent aux réunions du groupe et sont totalement intégrés dans la marche de Orange. Sonatel est la principale tête de pont en Afrique. Par la taille, elle est la quatrième entité du groupe derrière la France, l’Espagne et la Pologne sur 30 pays. En Afrique, elle joue aussi un rôle régional (la société est présente au Mali, en République de Guinée, en Guinée Bissau et en Sierra Léone). C’est un nœud important en Afrique de notre présence en Afrique. Nous voulons nous appuyer sur elle pour nous développer dans cette partie de l’Afrique parce que Sonatel dispose de toutes les compétences pour le faire. La meilleure illustration, c’est quand nous avons voulu reprendre une opération en Sierra Léone, le travail a été confié à Sonatel. Elle joue un rôle majeur dans le groupe avec un statut particulier que nous respectons. De plus, Sonatel est une entreprise qui réussit bien.

Comment Orange compte-t-il accompagner la croissance de Sonatel dans la sous-région ?
Sonatel est déjà un grand groupe bien géré. Son principal actionnaire, Orange, agit de façon avisée dans le cadre du partenariat qui le lie avec l’Etat du Sénégal. Sonatel est autonome et n’a pas besoin du support financier de Orange. Elle a des comptes qui lui permettent de se développer comme elle l’entend. Le groupe Orange doit l’accompagner dans deux domaines : la révolution technologique et la formation des compétences. Nous souhaitons également nous appuyer sur Sonatel pour notre développement régional en Afrique. C’est une attente légitime parce que beaucoup de choses peuvent être faites.

Dans la digitalisation de l’Afrique, il y a d’autres acteurs. Comment voyez-vous ce positionnement ?
La digitalisation de l’Afrique est une immense opportunité pour de nombreux acteurs et il y a de la place pour tout le monde. Toutefois, les premiers acteurs de la digitalisation doivent être les entrepreneurs africains à travers les innovations, les startups. Orange a vocation à les repérer et à les accompagner. Après, il y a des acteurs plus importants du numérique tels Gafa ou Gafam (Ndr : acronyme constitué des géants les plus connus Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) qui s’intéressent à l’Afrique considérée comme l’avenir du monde en terme de croissance et de démographie sans avoir les bonnes clés pour être au plus près des populations et des usages même s’ils ont beaucoup apporté en Afrique. Vis-à-vis d’eux, nous sommes dans des partenariats avec Facebook ou Google tout en étant vigilants sur le fait que certains services qu’ils peuvent proposer peuvent représenter des risques notamment par la fraude qui viennent menacer le modèle économique des opérateurs et affaiblir leurs capacités d’investissement. Il ne faut pas perdre de vue que les premiers acteurs de la digitalisation sont les opérateurs qui ont vocation à déployer les réseaux qui vont permettre le déploiement de cette technologie. Celle-ci suppose des infrastructures qui permettent à tout le reste de l’écosystème de grandir y compris les grands acteurs d’Internet et les startups. Les opérateurs sont le socle, le système nerveux de la digitalisation et sont des pôles vers lesquels doivent converger les startups et les grands acteurs qui passent par eux pour déployer leurs services.

Dans la stratégie Sénégal numérique 2025, quel rôle compte jouer Orange via Sonatel ?
Nous comptons y jouer un rôle très important en poursuivant nos investissements pour déployer les infrastructures nécessaires. Sonatel a construit le plus grand data center de la région au Sénégal. C’est un équipement clé dans le digital. Nous voulons également rendre ces nouveaux services accessibles au plus grand nombre. Cela suppose des efforts sur les prix et la compétitivité de nos offres. C’était une forte attente des autorités bien prise en compte par Sonatel. Elle a pris des mesures fortes dans ce sens et nous envisageons de baisser nos prix pour rendre nos services accessibles au plus grand nombre. La stratégie Sénégal numérique 2025 pour le volet numérique est un projet pertinent et capital pour le pays. Nous nous voyons comme une locomotive et un contributeur essentiel à ce projet.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

La diaspora ambitionne de participer aux projets structurants du Plan Sénégal émergent (Pse). Pour cela, le Fonds de garantie et d’investissement de la diaspora (Fongad-Invest) organise, les 28 et 29 novembre 2017, à Dakar, un forum sur les mécanismes d’orientation de l’épargne des Sénégalais au service des actions de développement.

La diaspora sénégalaise veut participer davantage aux financements des projets de développement au Sénégal. C’est dans cette perspective que le Fongad-Invest organise des journées de partage, les 28 et 29 novembre 2017, à Dakar. L’objectif, c’est de mettre ces financements dans la mise en œuvre des programmes qui transformeront les conditions de vie des Sénégalais. « Nous organisons ces journées pour mieux faire connaître le Fongad-Invest et lancer des souscriptions. Cette initiative a été mise en place avec tous les Sénégalais de la diaspora aussi bien ceux qui sont aux Etats-Unis que dans d’autres pays », informe Demba Ndiaye, chargé des relations internationales et du partenariat du Fongad-Invest. L’idée d’organisation est née en 2015 aux Etats-Unis, lors de la visite du ministre de la Promotion des Investissements à Washington Dc. « La diaspora présente un atout extraordinaire. Nous souhaitons que la mobilisation des Sénégalais de l’extérieur et des souscriptions puissent prendre effet à partir de Dakar », a-t-il souligné. Ce dernier est convaincu que les Sénégalais de l’étranger peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre la pauvreté et dans la mise en œuvre des projets structurants de l’Etat du Sénégal. « L’Ocde, à travers son comité de développement, a révélé que l’aide publique au développement destinée à l’Afrique subsaharienne avoisine les 35 milliards de dollars américains. Le comité indique aussi que les 50 millions d’Africains peuvent faire des transferts s’élevant à 60 milliards de dollars, soit le double de l’aide publique au développement », note-t-il.

Dans l’agenda du forum de Dakar figurent des échanges sur les thématiques telles que : « La politique générale des Sénégalais de l’Extérieur », « Les mécanismes de soutien à l’investissement des migrants », « Opportunités du Pse pour la Diaspora », entre autres.

Idrissa SANE

Depuis 2007, l’Agence française de développement a approuvé 55 opérations pour un montant de 856,4 milliards de FCfa, a déclaré, hier, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. Il procédait, avec l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, à la première session de la revue annuelle conjointe de leur programme de coopération.

L’Agence française de développement (Afd) et le Sénégal ont procédé, hier, à la première session de la revue annuelle conjointe de leur programme de coopération. La rencontre a été présidée par le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. Ce dernier a souligné, lors de cette rencontre, que depuis 2007, l’Agence française de développement a approuvé « un total de 55 opérations en faveur du Sénégal pour un montant de 1 305,5 millions d’euros, soit 856,4 milliards de F Cfa ». D’après le ministre, le Sénégal a toujours figuré dans la liste prioritaire des pays qui bénéficient de l’aide publique au développement de la France. Il fait même partie des « 17 pays prioritaires » de l’aide au développement, précise l’ambassadeur de la France au Sénégal. D’après Christophe Bigot, Dakar est un des principaux partenaires de la France.

Les trois secteurs de concentration de la coopération entre le Sénégal et la France sont, dit-il, bien mentionnés dans le document cadre de partenariat pour la période 2013-2017. Ces domaines prioritaires sont, énumère-t-il, le développement durable, la gouvernance démocratique, la formation professionnelle et la santé. « La coopération entre nos deux pays est très dynamique et porte sur les domaines prioritaires pour le développement économique et social du Sénégal. C’est donc l’occasion pour moi de me féliciter de la parfaite convergence de vue entre nos deux pays qui a permis de mettre le développement durable, la gouvernance démocratique et le développement humain au cœur de nos priorités durant le cycle de programmation en cours », s’est réjoui le ministre, Amadou Ba.

En outre, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, rappelle que la France, qui avait pris un engagement pour appuyer le financement du Pse à hauteur de 282 milliards de FCfa a concrétisé cet engagement. Depuis cette date, a-t-il ajouté, le Sénégal et l’Afd ont signé « 29 conventions de financement pour un montant de 580 milliards de FCfa, soit le double des financements initialement annoncés ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Wari, plateforme digitale de services financiers, a reçu un Awards pour son engagement dans la lutte contre le paludisme décerné par les « African leader 4 change Awards » à Johannesburg, mercredi dernier. Basés en Afrique du Sud, les « African Leaders 4 change Awards » honorent les entreprises et les personnalités africaines engagées pour leur leadership et leurs activités philanthropiques sur le continent.

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (Bad) a approuvé, hier, à Abidjan, un prêt de 50 millions d’euros en faveur du groupe bancaire Oragroup afin de soutenir le développement du secteur privé et favoriser l’inclusion financière des populations africaines, selon un communiqué de presse de l’institution financière africaine. D’une maturité de 7 ans (dont 2 années de différé), la ligne de crédit sera répartie entre trois filiales d’Oragroup, à savoir Orabank Côte d’Ivoire, Orabank Gabon et Orabank Togo. Elle permettra ainsi d’assurer un plus grand accès à des ressources de moyen et long terme aux Petites et moyennes entreprises (Pme) et aux grandes entreprises des filiales concernées.

M. SY

La finance digitale peut être un levier pour le développement de l’agriculture sénégalaise, a soutenu Bruno Aka, consultant en digital finance à l’Uncdf. Il faisait, avant-hier, une présentation sur l’« Etat des lieux de la finance digitale au Sénégal et opportunités sur l’agriculture », lors du panel sur la « Finance digitale et agriculture » organisé par le groupe Ecobank.

La finance digitale peut être une solution pour « booster » l’agriculture sénégalaise. Le groupe Ecobank s’intéresse à cette question. Hier, il a organisé un panel sur « Finance digitale et agriculture » qui a regroupé les acteurs du monde agricole, de la finance, du développement… Le thème du panel est : « La finance digitale pour une agriculture moderne et inclusive ». Pour Bruno Aka, consultant en inclusion financière, la finance digitale est bien applicable au monde agricole. Cependant, pour appliquer cette finance au secteur de l’agriculture, informe Bruno Aka, par ailleurs consultant en digital finance à l’Uncdf, il faut passer par les chaines de valeur agricole. Ces dernières sont composées des fournisseurs de services financiers, notamment les banques, les institutions de microfinance, les producteurs et exploitants et les services de soutien tels que la formation technique et professionnelle. « Si on investit ces chaines de valeur, on peut voir quels sont les flux qui gravitent autour », a-t-il expliqué. En effet, les deux flux qui tournent autour des chaines de valeur agricole sont les flux financiers et ceux informationnels. « Si on veut digitaliser les chaines de valeur agricole, il est bon de cerner ces flux et de se positionner », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Bruno Aka, dans sa présentation sur l’« Etat des lieux de la finance digitale au Sénégal et opportunités pour l’agriculture », indique que le Sénégal remplit plusieurs facteurs qui militent en faveur d’un plan d’actions digital. Ces facteurs, dit-il, sont « la téléphonie mobile » avec un taux de pénétration de 110% au Sénégal, « savoir compter » avec plus de 90% de la population qui remplissent ce critère et « posséder une carte d’identification » avec 90% des populations qui possèdent au moins une carte d’identification. En plus, Bruno Aka souligne que le cadre légal et réglementaire qui régit la finance digitale a beaucoup évolué grâce à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Aujourd’hui, a-t-il constaté, il y a l’émergence d’acteurs de monnaie électronique au Sénégal avec Wari, Joni Joni, Tigo Cash, Orange money, Ecobank mobile… Le facteur sur lequel le Sénégal doit travailler, invite-t-il, est à la scolarisation. D’après M. Aka, le taux de scolarisation reste encore faible surtout chez les exploitants agricoles.

En outre, le consultant en inclusion financière propose la digitalisation des informations sur les acteurs agricoles, sur le niveau de production grâce à la mise en place de plateformes. Cela, dit-il, va permettre à tous les acteurs d’être informés à temps réel. Avec l’aide du mobile qu’on retrouve presque dans chaque famille au Sénégal, il est possible, propose-t-il, de faire des paiements et de proposer des solutions numériques. Il propose aussi la mise en place d’applications sur l’agriculture pour instruire les agriculteurs sur la qualité des sols, le suivi des cultures, la situation météorologique.Toutefois, il reconnaît que le Sénégal est sur la bonne voie et l’inclusion financière est en train de faire « son bonhomme de chemin ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Le directeur général de l’Agence Umoa-Titres, qui gère les activités du marché financier de l’Uemoa, Adrien Diouf, pense que ce secteur a une marge de progression. Malgré les difficultés, Adrien Diouf révèle qu’« en termes de volume, l’agence Umoa-Titres aide les Etats à se financer à hauteur de 2.500 à 3.000 milliards de FCfa par année pour les 8 pays de l’Uemoa ». L’agence participe aussi à la gestion du stock de la dette des Etats membres qui est, aujourd’hui, d’environ 8.600 milliards de FCfa.

Pour lui, l’atelier a permis de faire la promotion du marché financier de l’Uemoa qui n’est pas connu par les acteurs des autres zones. « Nous avons parlé de la liquidité de notre marché financier qui est faible, mais qui a été multipliée par 6 en l’espace de 18 mois. C’est une problématique très sérieuse pour nous parce que c’est ce qui va définir la profondeur du marché ; mais c’est une question dont on s’occupe et on espère qu’elle sera résolue bientôt », indique-t-il. A son avis, le problème de liquidité dans le marché financier de l’Uemoa est souvent expliqué par une absence de culture financière des populations avec, aussi, une problématique liée à la disponibilité de l’information. « Pour améliorer cette culture financière, il faut développer l’éducation financière, amener les gens à mieux maîtriser les concepts qui entourent la question », a affirmé M. Diouf.

Auparavant, Amadou Sy, directeur de la région Afrique du Fmi, a rappelé que 650 millions d’Africains vivent sans électricité et qu’il faudrait financer ces besoins d’où l’importance des compagnies d’assurances-vie et d’autres acteurs qui peuvent financer les économies à travers les marchés obligataires. Le directeur développement du secteur financier de la Banque africaine de développement, Sateffan Nalletamby, a indiqué que c’est un travail de longue haleine de développer la culture financière, notamment dans les pays d’Afrique francophone. Il martèle que nos économies sont trop formelles et qu’il n’y a pas suffisamment de recyclage de l’argent gagné dans le circuit financier ni même dans les banques qui coûtent cher.

O. KANDE

Le 6ème atelier annuel de l’Initiative des marchés financiers africains (Afmi/Bad) a été l’occasion pour les acteurs de plaider pour le développement des marchés financiers. Ce secteur, pas très bien exploité en Afrique, notamment dans les pays francophones, peut être une véritable solution au financement de l’économie et du développement du continent.

Dakar abrite, les 22, 23 et 24 novembre, le 6ème atelier annuel de l’Initiative des marchés financiers africains (Afmi/Bad). Cette rencontre, dont le thème porte sur le développement des marchés obligataires et sur le secteur financier, a permis aux participants, lors des panels, de revenir sur la nécessité d’exploiter comme il le faut les opportunités du secteur financier dans le continent africain, que ce soit avec le fonds de pension qu’avec l’assurance. C’est ainsi que les fonds de pension qui sont importants dans les pays africains peuvent constituer une véritable source de financement de l’économie. Le gestionnaire de fonds privés du Nigeria, Dave Uduanu, a expliqué qu’il faut faire de ces fonds de pension une possibilité de financement en Afrique. « Il est important d’investir avec des actifs à long terme pour pouvoir payer les retraités afin que leur niveau de vie ne baisse pas. Il est important aussi d’avoir un marché secondaire qui permet d’avoir de la liquidité chaque fois que nécessaire tout en participant au financement des besoins des pays », soutient Dave Uduanu. Même avis chez la directrice de la Caisse de sécurité sociale et d’assurance nationale du Ghana qui indique que dans son pays, ce fonds de sécurité social a été ouvert au secteur privé pour sa valorisation.

Les opportunités de placement du secteur des assurances
Mme Akosua Mensina Nelson-Cofie révèle qu’avec l’investissement du privé, la Caisse de sécurité sociale contribue à hauteur de 18% des salaires, même s’il y a des risques car 80 à 90% du marché des capitaux du Ghana est constitué par le secteur bancaire. « Il faudra diversifier les sources d’investissement. On se rend compte que dans les marchés des capitaux, il y a des opportunités très limitées. Il conviendra d’avoir un marché spécialisé aussi pour le secteur informel très important dans les économies africaines. Des investissements à long terme sont nécessaires dans les fonds de pension comme les nôtres », souligne la directrice de la Caisse de sécurité sociale et d’assurance nationale du Ghana.  

Le président de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines/francophones (Fanaf), Adama Ndiaye, a lui assuré que dans le domaine de la mobilisation des fonds pour le développement, les assureurs sont incontournables. Il rappelle, chiffres à l’appui, que la Fanaf, qui compte 210 compagnies d’assurances dans la zone d’Afrique francophone, a une contribution de 1% au Pib des pays concernés. Il regrette aussi l’environnement peu propice au placement en Afrique francophone avec une moyenne inférieure à 2 dollars par habitants dans la mobilisation de l’épargne public. Selon le président de la Fanaf, les sociétés d’assurances de la zone francophone d’Afrique pèsent entre 4 et 4,5 milliards de dollars mais ne mobilisent qu’environ 600 millions de dollars dans l’épargne pour l’investissement du fait d’une réglementation pas incitative. « La réglementation sur le placement des entreprises d’assurances est contraignante et fait qu’on ne peut pas dépasser 15% de nos fonds dans les investissements. La différence de monnaie entre l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale est aussi un obstacle au placement des opérateurs », détaille le président de l’Anaf. Ce dernier de regretter toujours une absence d’interconnexion entre les différentes bourses (Abidjan, Yaoundé et Nigeria) qui induisent des difficultés financières pour les investisseurs.

Compte tenu des bonnes perspectives dans le secteur des assurances en progression de 12% par an, il urge de lever les obstacles pour permettre à cette manne financière de profiter au financement de l’économie africaine. « Nous pouvons sauvegarder les intérêts des souscripteurs tout en investissant dans le financement de l’économie par le placement. Mais il faut l’autorisation du régulateur », constate M. Ndiaye qui rappelle les lenteurs des régulateurs nationaux et du Conseil régional et de l’épargne publique et des marchés (Crepmf) qui n’encouragent pas aussi les placements hors zone Uemoa.

Interpellé par la présidente de l’organisation des femmes d’affaires du Sénégal, Fatou Kiné Diaw, sur la nécessité de financer des activités de développement du secteur informel, le président de la Fanaf répond que ce sont les règles du législateur qui sont compliquées pour le secteur des assurances pour financer de tels projets. Au plan des collectivités locales aussi, la sollicitation du marché financier n’est pas facile du fait de la réglementation. Le maire de Ngaye Mekhé, Maguette Wade, a rappelé que l’unicité des Caisses fait qu’au Sénégal, les fonds des collectivités locales sont gérés par le Trésor public. « On ne peut aller sur le marché financier sans l’autorisation de l’Etat », dit Maguette Wade qui demande de changer de mentalité dans ce domaine pour les pays d’Afrique francophone qui sont en retard par rapport à l’Afrique anglophone.

Oumar KANDE

En vue de permettre aux acteurs du commerce de vérifier en temps réel  leurs transactions et d’accéder à leurs documents à travers les terminaux mobiles, le Gie Gainde 2000 compte mettre à jour la plateforme Orbus. Un séminaire a réuni, hier à Saly, secteur privé et public, douaniers et techniciens pour échanger sur ces innovations fonctionnelles et techniques de cette solution.

C’était en 2004 que le Gie Gainde avait lancé Orbus, une plateforme pour faciliter le commerce à travers le guichet unique qui a connu une première mise à niveau en 2011 avec la dématérialisation et l’introduction de la signature électronique. Treize ans après la mise en place d’Orbus, les concepteurs s’engagent à l’améliorer en intégrant, entre autres paramètres, la dimension mobilité pour un coût de 250 millions de FCfa. « Nous avons estimé qu’il était temps de revisiter cette plateforme sur le plan technique avec les nouveaux enjeux de la mobilité et sur le plan fonctionnel avec tous les acteurs afin de recueillir toutes leurs préoccupations pour pouvoir améliorer les performances de Orbus », explique Ibrahima Nourr Edine Diagne, administrateur général du Gie Gainde 2000.

Selon lui, cette mise à niveau s’aligne également avec la modernisation du système informatique douanier qui connaît une nouvelle version très avancée en cours de déploiement. M. Diagne ajoute que c’est pour une mise à niveau globale de toute la chaîne de facilitation du commerce que Gainde 2000 a jugé nécessaire d’améliorer cette plateforme avec l’appui des partenaires comme la coopération canadienne et la Banque africaine de développement (Bad). D’après l’administrateur de Gainde 2000, la mobilité est un principe de plus en plus présent, aujourd’hui, avec l’utilisation des smartphones et des tablettes. A son avis, les acteurs du commerce -transitaires, douanes…-  doivent pouvoir consulter leurs transactions, vérifier l’existence des documents et leur authenticité.

De son côté, Cheikh Pouye, président du Conseil de discipline des commissionnaires agrées douaniers du Sénégal, s’est réjoui de cette nouvelle version portant sur l’amélioration du système avec l’introduction de nouvelles donnes. « Cette importante innovation devrait contribuer à améliorer la circulation des marchandises, la transparence, la gestion des flux informationnels et la continuité du service en cas d’indisponibilité du réseau », souligne M. Pouye. Il a, en outre, salué les régulières mises à niveau technologiques entreprises par le Gie Gainde 2000. Toutefois, il se dit convaincu que ces améliorations attendues ne sauraient prospérer, avec exigence, que lorsque l’environnement technologique et le paiement électronique seront une réalité. Nous vous exhortons à mener tous les efforts nécessaires pour parfaire la mise à niveau des plateformes concernées dont les phases pilotes sont effectuées et concluantes depuis longtemps.

Abdou DIAW

 

 

La région de Saint-Louis a accueilli une cérémonie de célébration de la Journée mondiale de la pêche. Lors de cette rencontre présidée par Mactar Diallo, directeur de cabinet du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, les participants ont évoqué les problèmes du secteur tout en saluant les efforts des autorités.

Avec le thème : « Solidarité avec les communautés de la pêche artisanale de Saint-Louis », les autorités ont voulu, cette année, faire un clin d’œil aux pêcheurs de la région de Saint-Louis qui connaissent des difficultés avec le non-renouvellement des licences par les autorités mauritaniennes. Mactar Diallo, le directeur de cabinet du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, a rappelé les difficultés que connaît la flotte de pêche du fait de la non-application, depuis 2016, du protocole d’accord liant le Sénégal et la Mauritanie. Mais pour lui, il est clair que « d’importantes initiatives sont mises en œuvre pour permettre à cette communauté et à tous les acteurs de la pêche artisanale sénégalaise d’exercer leurs activités en vue de subvenir à leurs besoins et ceux de la population sénégalaise ». M. Diallo appelle à l’implication de toutes les organisations professionnelles « pour une meilleure sensibilisation de nos compatriotes, à même de favoriser les conditions d’une meilleure négociation ». Il a également abordé les problèmes climatiques qui sont devenus un enjeu mondial et dont les impacts sont ressentis partout dans les zones côtières, sur les ressources halieutiques et dans les communautés de pêche. Sur cette question, M. Diallo a souligné que la brèche de Saint-Louis constitue une « problématique écologique et sociale » pour la ville avec la menace de disparition de certaines habitations des pêcheurs à Guet Ndar.

Un secteur vital
M. Diallo est revenu sur l’importance de la pêche pour le Sénégal. Il a rappelé que le secteur contribue pour 3,2 % au Pib, assure plus de 70 % des apports en protéines d’origine animale pour les populations avec une consommation nationale par habitant estimée à 29,9 kg par an contre une moyenne mondiale de 19 kg/habitant/an. La pêche génère également plus de 600 000 emplois directs et indirects et constitue le premier poste d’exportation avec 204,43 milliards de FCfa en 2016. L’importance économique et sociale du secteur ainsi que son potentiel de croissance justifient, selon lui, « l’attention particulière que le chef de l’Etat Macky Sall accorde à la pêche et à l’aquaculture. Ce qui leur confère ainsi une place privilégiée dans le Pse ».

Dans la déclaration finale de cette journée, M. Marygui Diallo, le chef d’exploitation du quai de pêche est revenu sur quelques problèmes qui ont pour noms : disponibilité de l’information relative aux études effectuées ou en cours, renforcement de la politique d’ouverture du ministère vers les professionnels, disponibilité des retombées de la manne pétrolière qui va permettre d’épauler ce secteur. Sur cette question, Alassane Samba, expert du Conseil interprofessionnel de la pêche artisanale au Sénégal (Conipas), a rappelé l’importance d’épauler les communautés de pêcheurs, surtout dans les zones où des ressources en hydrocarbure sont découvertes. « L’Etat doit prendre en compte le fait que des centaines de populations vivent de la mer, et il faut bien, avec l’exploitation du pétrole et du gaz, intégrer cette donne avec pour but la disponibilité de la ressource », a dit M. Samba.

A. M. NDAW

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