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Affaires et Finances (3294)

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a annoncé que les requêtes de financement de la relance du chemin de fer Dakar-Bamako vont partir dès la semaine prochaine. Il présidait, hier, le lancement de la nouvelle vision stratégique 2019-2023 du Port autonome de Dakar (Pad).

Le projet de relance du chemin de fer Dakar-Bamako devrait franchir une nouvelle étape, dans les jours à venir, si l’on se fie au ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ qui présidait la cérémonie de lancement de la nouvelle vision stratégique 2019-2023, du Port autonome de Dakar (Pad). Sur une préoccupation émise par le Dg du Port, Ababacar Sedikh Bèye, relative au démarrage des travaux du train Dakar-Bamako, le ministre donne des assurances : « Le chef de l’Etat a instruit, de manière ferme, que ce projet du chemin de fer soit engagé au plus vite. Je puis dire, aujourd’hui, que la Banque mondiale et l’Agence française de développement (Afd) sont disposés à financer ces projets et les requêtes de financement partiront dès cette semaine », a révélé Amadou Bâ.

Il faut, selon lui, veiller à un traitement direct des contraintes liées au risque de congestion, faciliter davantage un accès sécurisé, interconnecter les infrastructures et surveiller les coûts, l’efficacité et la fiabilité de la logistique du fret. En effet, cette assurance du ministre sur le financement du chemin de fer fait suite à une interpellation du Dg du port de Dakar. M. Bèye estime que l’axe ferroviaire Dakar-Bamako devrait se faire très rapidement.

Une nouvelle vision axée sur la performance
A ce titre, il rassure que le port de Dakar est disposé et prêt à s’y engager. « Dans les 12 prochains mois, si nous avons le feu vert, nous pourrons faire siffler le train Dakar-Bamako », a déclaré Ababacar Sedikh Bèye. D’après lui, le trafic du Mali représente 17 à 18% du volume de trafic du port de Dakar. Il y a 5 ans, rappelle-t-il, 75% de ce trafic partait par le train. « Aujourd’hui, c’est 0% ; l’essentiel se passe sur la route. Ce train est un élément de compétitivité vital. Dans un an, si l’on ne fait pas siffler le train, le Pad pourrait perdre à jamais ses 70% de trafic qu’il a sur le Mali », prévient le Dg du Pad.

L’année 2017 s’est achevée avec un chiffre d’affaires de plus de 49 milliards de FCfa pour un trafic de 18,248 millions de tonnes, selon le Pad. Considérant ces éléments, une nouvelle vision pour l’horizon 2019-2023, axée sur la performance et l’innovation devait être définie. En ce sens, est enclenché un processus inclusif s’appuyant sur une démarche « participative » à l’endroit des opérateurs évoluant au sein de la plateforme portuaire de Dakar. « Le changement de paradigme qui va s’opérer avec l’érection prochaine de nouveaux ports, ceux de Bargny-Sendou et de Ndayane, nous dicte une nouvelle approche basée sur l’inclusion, la concertation et la confiance », a soutenu le Dg du Pad.

Abdou DIAW

Un crédit de la Banque mondiale d’un montant de 70,5 milliards de FCfa devrait permettre à 1,5 million de Sénégalais du bassin arachidier de mieux accéder à l’eau et à l’assainissement.

L’Association internationale de développement (Ida), une institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres, a approuvé, le 22 juin, un crédit de 70,5 milliards de FCfa (130 millions de dollars) en faveur du Sénégal pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement de 1,5 million de Sénégalais. Selon un communiqué de l’institution, ce projet d’approvisionnement en eau et assainissement en milieu rural sera exécuté dans la zone du bassin arachidier (Centre et Ouest) où vit un tiers de la population rurale du pays. Cette zone souffre d’un très faible accès à l’assainissement et est confrontée à un taux de pauvreté élevé. D’où l’importance des installations sanitaires améliorées. « Les bénéficiaires auront accès à l'eau courante grâce aux branchements domiciliaires et aux bornes fontaines, en plus des latrines familiales, des raccordements des ménages aux réseaux d'assainissement collectif et des toilettes dans les écoles, les centres de santé et les marchés », a déclaré, dans le communiqué, Oumar Diallo, chargé du programme à la Banque mondiale.

Il est attendu, à travers ce projet, un impact positif sur les entreprises privées impliquées directement dans les activités de construction d’infrastructures hydrauliques ou d’assainissement et de prestations de services. Le programme devrait également contribuer au renforcement de la gestion intégrée des ressources en eau en améliorant les connaissances, la planification et le cadre institutionnel. Ce qui renforcera la résilience au changement climatique dans la zone du projet, espère la Banque mondiale. Celle-ci rappelle l’importance de l’amélioration des infrastructures d’eau et d’assainissement dans la baisse de la pauvreté, notamment par une réduction des maladies hydriques générant l’absentéisme en milieu professionnel ou scolaire, de même que les coûts associés aux dépenses médicales et à la perte de revenus.

« Notre engagement continu nous donnera l'occasion de tirer les leçons de notre partenariat, long et fructueux, avec le gouvernement du Sénégal, dans le développement du secteur de l'eau et de l'assainissement et de veiller à ce que l'eau et l'assainissement soient accessibles aux groupes vulnérables», a affirmé Mme Louise Cord, directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal. Fondée en 1960, l’Ida accorde des dons et des prêts à faible taux d’intérêt ou sans intérêts en faveur de projets et de programmes visant à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer la vie des démunis.

Malick CISS

La Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) organise, depuis hier et ce, jusqu’à aujourd’hui (26 et 27 juin), une rencontre de haut niveau sur le thème : «Commerce illicite dans la zone Cedeao : enjeux et perspectives». L’ouverture a été présidée par Birima Mangara, ministre délégué en charge du Budget.

« Commerce illicite dans la zone Cedeao : enjeux et perspectives ». C’est autour de ce thème que la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) a convié pour deux jours (26 et 27 juin) près de 75 participants venus du Sénégal, de la Côte d’ivoire, du Burkina, du Mali et du Nigéria.

Il y a parmi eux des représentants de la haute administration (fonctionnaires des ministères des Finances, du Commerce, de l’Intérieur, des douanes…). Des opérateurs économiques sont également conviés à la rencontre, mais aussi des représentants des communautés régionales Uemoa et Cedeao. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Birima Mangara, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, en charge du Budget. Selon M. Mangara, le thème de ce séminaire est en droite ligne des préoccupations de l’heure de notre région et de la communauté sous-régionale. Il affirme que le Sénégal, dans la mise en œuvre des politiques publiques axées sur le Pse, prête une attention remarquable aux modus operandi du commerce illicite. M. Mangara soutient que le commerce illicite constitue un fléau réel dans notre région et mérite une attention particulière des autorités étatiques, des instances d’intégration régionales, mais aussi des différents secteurs industriels touchés. « Outre ses effets déstabilisation des économies, le commerce illicite a été identifié comme une source majeure de financement du terrorisme. Il fragilise la sécurité des Etats, le tissu industriel et entrave la croissance économique », a relevé le ministre du Budget.

Aujourd’hui, poursuit-il, il résulte des conclusions du rapport de « Global initiative », rédigé avec le soutien de l’Ocde, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (Bad), que le manque à gagner pour l’Afrique de l’Ouest dû au commerce illicite, dépasserait 50 milliards de dollars Us, soit plus du montant de l’aide au développement octroyée aux quinze pays de la région. C’est pourquoi, il martèle qu’il n’est pas admis de laisser prospérer des activités criminelles qui présentent un grand potentiel de déstabilisation de nos Etats. Il a indiqué que l’Etat du Sénégal va cultiver, avec tous les acteurs économiques, cet esprit de concertation et de dialogue dans la recherche de toutes les solutions permettant aux opérateurs économiques d’exercer leurs activités dans un cadre sécurisé garantie par la puissance publique.

Vice-président de la Cnes, Ababacar Sédikh Sy note que de plus en plus, des entreprises sont menacées avec la déstabilisation des circuits de distribution. Ces réseaux, explique-t-il, s’attaquent aux produits sensibles, pourvoyeurs de recettes aux budgets des Etats. Il s’agit, selon M. Sy, de produits comme le tabac, l’alcool, les médicaments. C’est pourquoi, il juge nécessaire la mise en place d’une alliance objective pour protéger le secteur privé et les recettes des Etats. « Le commerce illicite occasionne un manque à gagner énorme pour les entreprises et les Etats. C’est pourquoi, nous avons jugé utile d’attirer l’attention et provoquer une large coalition pour faire face », a ajouté Mor Talla Kane, directeur exécutif de la Cnes. « C’est le moment d’agir car nous avons une population jeune qui, faute d’emploi, décide d’émigrer. Nous devons dire non au commerce illicite », a noté, à son tour Joseph Emoleke, directeur adjoint de l’Association de l’industrie manufacturière du Nigeria.

Aliou KANDE

Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, a rencontré hier, les chefs de projet de la Vdn, 2ème section et les membres du Comité pour la défense de l’environnement de Cambérène. Suite à cette rencontre, Abdoulaye Daouda Diallo a ordonné la démolition du «mur de la discorde».

« Le mur de la discorde », qui a entrainé le blocage des travaux de réalisation de la deuxième section de la Vdn sera démoli. Selon un communiqué reçu à notre rédaction, sur instruction du président de la République, Macky Sall, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, a ordonné la démolition du «mur de la discorde» dans la réalisation de la Voie de dégagement nord (Vdn) deuxième section. Le document renseigne qu’hier, le ministre en charge des Infrastructures a reçu les chefs de projet de la Vdn 2ème section et les membres du Comité pour la défense de l’environnement de Camberène, composé de riverains impactés par la Vdn 2. «Lors de la rencontre, la genèse de ce mur a été faite par les responsables de l’Ageroute. Ils ont expliqué que le mur ne faisait pas partie du projet. Mais c’est suite à la décision d’enjamber l’esplanade du mausolée de Seydina Issa Laye, que le pont, sous forme de Bow-string, a été réalisé, ainsi que cette rampe de lancement du pont avec ce mur », lit-on dans le communiqué.  Mais depuis lors, explique-t-on, la question du mur a entrainé le blocage des travaux de la Vdn, 2ème section, parce que les populations ne veulent pas entendre parler du mur. «Ageroute Sénégal a cherché à trouver des solutions en les invitant autour de la table de négociation avec des propositions de réaliser des ouvertures sur ce mur pour faciliter l’accès à la mer. Mais ces concertations n’ont pas porté leurs fruits parce que les populations de Camberène ont été catégoriques à propos du mur », informe le document. «Le seul problème avec ce projet, c’est le mur. Nous n’avons pas de problème avec le président de la République encore moins avec la construction de cette route par l’Ageroute. Ce que nous ne voulons pas, c’est ce mur qui nous empêche de continuer de vivre en harmonie avec la mer», déclare Libasse Seck, le porte-parole du comité. «Après une heure trente minutes de discussions, Abdoulaye Daouda Diallo a tranché le débat en informant les membres du comité que sur instruction du président de la République, Macky Sall, le mur sera détruit. Ageroute prendra toutes les dispositions pour l’exécution de cette décision dans les plus brefs délais », précise la cellule de communication du ministère des Infrastructures. Très satisfaits de cette décision du président de la République, les membres du comité ont promis d’accompagner le projet jusqu’à son terme. Et pour remercier le président de la République, ils l’invitent à venir inaugurer le palais que l’Etat du Sénégal a construit, dans le projet de modernisation des sites religieux.

A. KANDE

Le Bureau opérationnel de suivi du Pse, en collaboration avec la Delivery unit de Malaisie (Pemandu), a lancé, hier, les travaux du processus de mise en place du premier agropole dans la zone sud. La mangue et l’Anacarde ont été ciblés comme premières filières qui devront faire l’objet d’une transformation industrielle.

Dans le projet phare "Création d’agropoles intégrés" du Pse, le Bureau opérationnel de suivi du Pse, en collaboration avec la Delivery unit de Malaisie (Pemandu), a lancé les travaux du processus de mise en place du premier agropole dans la zone de Casamance. L’objectif de cette rencontre, présidée par Cheikh Kanté, ministre en charge du Pse, était de définir les modalités d’exécution techniques du projet, les objectifs chiffrés escomptés ainsi que les concours financiers attendus de l’État et des partenaires privés engagés. Deux produits ont été ciblés à savoir la mangue et l’anacarde qui devront faire l’objet d’une transformation industrielle. Cet agropole sera réalisée dans la zone Sud en s’inspirant de l’expérience malaisienne appelé "Big fast résult" (Bfr) (grand résultats rapides).

Pour le ministre Cheikh Kanté, ce modèle Bfr va être une réponse appropriée au processus d’industrialisation souhaité dans le Pse. Ce qui est important à souligner dans ce processus de structuration, dit-il, c’est le secteur privé qui est mis en avant. Car, rappelle le ministre, l’Etat n’a pas la vocation à se substituer du secteur privé qui doit être mis dans des conditions de bonnes respirations économiques à travers des financements appropriés à un coût abordable. A ce titre, Valérie Quenum Ndiaye, représentante du secteur privé, a soutenu que l’implication des acteurs de l’entreprise dans le processus de formulation de ce projet à forte portée économique et social est une preuve de la qualité du dialogue que le secteur privé entretient avec le pouvoir public. Elle explique que le projet de création de l’agropole intégré est une occasion d’œuvrer, entre acteurs nationaux, pour renforcer ce partenariat et valoriser l’immense potentialité agro-forestière de la Casamance. Cet exercice permettra, à son avis, de créer de meilleures synergies pour assurer la rentabilité économiques et financières de leurs investissements.

Elle estime que le développement de cette région (Casamance) ne se fera qu’avec la mise en place d’unités industrielles de valorisation des principales productions locales comme la mangue ou l’anacarde. Elle ajoute  qu’avec les chaînes de valeur de ces deux spéculations, la zone Sud renforce les avantages comparatifs du Sénégal pour le développement des possibilités de pénétration des marchés régionaux et internationaux avec des produits hautement valorisés. Toutefois, elle a appelé à mettre en place un modèle de gouvernance adapté où le privé aura une place de choix afin de faire valoir ses intérêts et d’assurer la pérennité de ses investissements. De son côté, Priya Gajraj, Coordonnateur résident du Système des nations unies au Sénégal, par ailleurs représentante résidente du Pnud au Sénégal, rappelle que l’approche Bfr, axée sur une démarche participative et itérative permettra au Sénégal d’accélérer le rythme de la mise en œuvre des projets du Pse. Elle indique que l’intégration de cette méthodologie dans le champ conceptuel de l’analyse économique et de la formulation de projets innovants facilitera une plus grande implication du secteur privé et l’appropriation des projets par les différentes parties prenantes.

Abdou DIAW

Le Pr Marc Pasquet, spécialiste en monétique et transaction sécurisées, a rappelé que la base de la monnaie, c’est la confiance. Voilà comment il explique l’essor fulgurant des monnaies virtuelles comme le bitcoin à travers le monde. Il animait, vendredi dernier, une conférence à Sup de Co sur les « blockchains et les crypto-monnaies ».

Les crypto-monnaies appelées monnaies virtuelles connaissent un essor fulgurant à travers le monde. Le bitcoin, mère des crypto-monnaies, est fondée par le Japonais Satoshi Nakamoto en 2008.

Spécialiste en monétique et transaction sécurisées, Pr Marc Pasquet a indiqué que cette monnaie virtuelle a été imaginée « pour répondre à certaine limite du système financier, et réaliser des paiements sur Internet sans passer par un tiers de confiance ». Il animait, vendredi dernier, une conférence à Sup de Co sur le thème : « blockchains et les crypto-monnaies ». « Le blockchains est un registre de faits répliqués sur les ordinateurs connectés en réseau », a-t-il indiqué. Il s’agit, selon lui, de l’association de trois concepts : « une base de données dupliquée sur tous les nœuds, un stockage de l’historique des faits depuis l’orignal et une confiance basée sur le consensus ». Pour le conférencier, le principe de ce système de paiement est de tenir à jour sur tous les nœuds du réseau un registre. Marc Pasquet a fait savoir que les bitcoins peuvent être réutilisés par le titulaire dans des transactions dont il est émetteur à condition qu’il puisse justifier de son identité au moyen de sa signature. Le spécialiste estime que tout le monde peut consulter les transactions au sein de ce grand registre à travers les adresses cryptographiques des utilisateurs. « La chaine de blocs est un grand livre comptable de la monétique. Les portefeuilles bitcoin peuvent calculer leurs soldes, et il est possible de vérifier que les nouvelles transactions, les dépensent des bitcoins appartiennent effectivement à l’émetteur du paiement », a-t-il expliqué.

Différence monnaie électronique et monnaie virtuelle (bitcoin) ? Sur le format, a fait savoir le conférencier, il s’agit du digital. « Si l’unité de compte pour la monnaie électronique est traditionnelle avec un statut légal, a-t-il souligné, tel n’est pas le cas pour la monnaie virtuelle inventée et sans statut légal ».

De l’avis du professeur Pasquet, « si la monnaie électronique est garantie, valide au sein d’une communauté spécifique, celle virtuelle souffre de l’absence du sceau de l’authenticité ». « Si la valeur de la monnaie électronique est fixée (par les Etats) avec une possibilité de récupérer ses fonds, tel n’est pas le cas pour la monnaie virtuelle qui n’est pas garantie », a-t-il fait comprendre.

Pour la sécurité, il a indiqué que ces règles empêchent la modification d’un bloc antérieur car cela invaliderait tous les blocs suivants. De cette façon, a-t-il noté, « aucun individu ne peut contrôler ce qui est inclus dans la chaîne de blocs ni en remplacer des parties pour annuler ses propres dépenses ». Le spécialiste a aussi relevé que « le bitcoin a prouvé qu’il était sécurisé au fil des années et permet à ses utilisateurs d’échapper aux décisions arbitraires des Etats ou des banques centrales sur leur monnaie ».

Souleymane Diam SY

Grâce au Plan national de développement de l’aquaculture (Pnda), le Sénégal vise une production de poissons de 40 000 tonnes à l’horizon 2023, a informé le directeur général de l’Agence nationale de l’aquaculture, Dr Magatte Ba.

Un atelier de formation sur la conduite de l’aquaculture comme une activité commerciale, organisé par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) a regroupé, avant-hier, à Dakar, des pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Bissau, le Mali, le Nigéria, le Niger, le Togo et le Sénégal. Le directeur général de l’Agence nationale de l’aquaculture, le Dr Maguatte Ba, qui a présidé la cérémonie de cet atelier sous-régional au nom du ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, a partagé, avec les différents acteurs, les résultats probants enregistrés par le Sénégal. D’après lui, le Sénégal a consenti beaucoup d’efforts pour développer le sous-secteur de l’aquaculture. Le premier acte fort posé dans ce sens, rappelle-t-il, est la mise sur pied de l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana). Cette structure est habilitée à mettre en œuvre la politique d’aquaculture du gouvernement du Sénégal. Mieux, dit-il, le Sénégal a inscrit l’aquaculture parmi les projets phares du Plan Sénégal émergent (Pse). Ces différents actes posés dans le sens de développer l’aquaculture font que le Sénégal, vise, à l’horizon 2023, de créer 20.000 emplois dans le secteur et 10% du volume de pêche de capture produit par l’aquaculture. « Cet engagement a été conforté par la lettre de politique sectorielle de développement de la pêche et de l’aquaculture qui ambitionne de contribuer à l’atteinte de cet objectif du Pse avec une production visée de 40.000 tonnes, à l’horizon 2023 », informe le directeur général de l’Agence nationale de l’aquaculture.

Il indique que la ferme volonté du gouvernement matérialisée dans le Pse est de « faire du Sénégal un pays aquacole à l’image des pays  forts  dans ce domaine ». «Seule l’aquaculture commerciale est durable. Ainsi la maîtrise des outils et des principes fondamentaux d’une aquaculture durable constituent un facteur important de réussite technique et économique », souligne M. Ba selon qui, l’atelier organisé par la Fao est venu à son heure et permettra de mieux orienter les différents pays dans leurs stratégies et leurs pratiques.

Le représentant de la Fao au Sénégal, Reda Lebtahi, a rappelé que l’aquaculture joue un rôle important dans l’alimentation des populations. Sur le plan mondial, cette activité contribue à « plus de 50 % de l'offre en poissons ». « Cette tendance est croissante tandis que celle des pêches de capture est stagnante. Cet élan, de tendance mondiale dans certaines régions du monde, permet, de manière substantielle, l’accès à la protéine animale », explique-t-il. Même si la production est en hausse dans le monde, le représentant de la Fao au Sénégal informe qu’elle n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Cependant, indique-t-il, la production pourrait s’améliorer en Afrique grâce au potentiel déjà existant avec des pays comme le Nigéria, l’Ouganda et le Ghana qui ont connu d’importantes productions aquacoles.

Le Sénégal, dit-il, est aussi dans cette dynamique avec un objectif visé de 40 000 tonnes de production à l’horizon 2023. « Ainsi, la Fao appuie l’Etat du Sénégal dans ses efforts de création d’emplois et de développement de l’aquaculture, conformément au Plan national de développement de l’aquaculture (Pnda), en mettant l’accent sur les systèmes aquacoles durables, afin d’améliorer le niveau de la production nationale de poisson pour soutenir les moyens d’existence basés sur la pêche », informe le représentant de la Fao au Sénégal.

Aliou Ngamby NDIAYE

La journée internationale des gens de mer a été célébrée, hier, au Sénégal, lors d’une grande rencontre organisée par le ministère de la Pêche et de l’Economie maritime. Elle a permis de mener une réflexion sur le thème, «bien-être des gens de mer : enjeux de la ratification de la Mlc 2006». Lors de cette rencontre, les acteurs ont listé leurs difficultés devant le ministre qui a rappelé les réalisations de l’Etat dans ce secteur.

C’est dans une salle archi-comble du Grand théâtre, que les gens de mer se sont retrouvés pour célébrer leur journée internationale, autour du thème, «bien-être des gens de mer : enjeux de la ratification de la Maritime Labour convention (Mlc) 2006». La Maritime Labour convention (Mlc) ou Convention du travail maritime (Ctm) 2006 étant un dispositif pour améliorer les conditions de travail des gens de mer, les acteurs ont exposé leurs difficultés. Mamadou Diop Thioune, représentant des marins artisans, félicitant le ministre de la Pêche pour le dialogue continu avec les acteurs, a, au nom de ses mandataires, exposé les difficultés de prises en charge des marins artisanaux à leur retraite, de même qu’un déficit de prise en charge médicale, de sécurité sociale de ces derniers et de leurs familles. Ils ont sollicité aussi un appui à la formation, un renforcement de capacités, un appui pour le financement des acteurs de la pêche etc. Dans le même ordre d’idées, Yoro Kane, représentant des marins industriels du Sénégal a soulevé quelques préoccupations de ses membres. Pour lui, le Sénégal n’est pas loin des normes internationales, mais le problème se situe entre la formalisation des textes, leur application sur le terrain, les contrôles et les sanctions qui doivent encadrer cette réglementation. Il demande ainsi à mettre les marins dans de bonnes conditions, gage de la performance. Il constate, pour le regretter, que le marin sénégalais est sous payé par rapport aux autres africains sur un même navire. «Il faut améliorer la formation car le marin sénégalais est en train de perdre son statut de leader en Afrique», affirme le représentant des marins industriels qui propose d’anticiper sur l’exploitation du pétrole et du gaz polarisant plus de 500 métiers dont 80% sont en corrélation avec les marins. Ce dernier plaide aussi pour la modernisation de la pêche artisanale pour une bonne sécurité en mer. M. Kane dit avoir un espoir, toutefois, avec le ministre qui a pris l’engagement de rencontrer les acteurs de manière périodique.

Le parrain de la journée, le président directeur général de Maritalia, Alioune Ndiaye, a rendu, à son tour, «un hommage aux valeureux marins» pour leur rôle important à bord des navires. Pour lui, se rappeler leur bien-être est une noble mission.

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles, en charge des relations avec les institutions, Samba Sy, participant à la rencontre, estime que le thème du bien-être des gens de mer est d’une brûlante actualité. Le ministre du Travail relève, avec beaucoup de satisfaction, l’intérêt et l’engagement du Sénégal qui est allé vers la ratification de la Convention du travail maritime (Ctm). Cet instrument formalise l’interdiction du travail forcé en mer, la reconnaissance du droit syndical, la lutte contre le travail des enfants etc. Ainsi, soutient le ministre du Travail, en ratifiant cette convention, le Sénégal s’engage à promouvoir les droits des gens de mer.

Oumar KANDE

OUMAR GUEYE, MINISTRE DE LA PECHE ET DE L’ECONOMIE MARITIME : « BEAUCOUP DE RÉALISATIONS ONT ÉTÉ FAITES… »
Répondant aux interpellations des gens de mer pour l’amélioration de leur bien-être, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a rappelé les nombreuses réalisations du chef de l’Etat dans le secteur. Pour lui, le président a beaucoup fait avec le nouveau Code de la pêche qui protège davantage les ressources halieutiques. Il rappelle, entre autres, la promotion du port du gilet chez les pêcheurs avec 20.000 unités cédées aux pêcheurs par an à 2.500 FCfa. Le gouvernement accorde aussi une subvention de 8 milliards de FCfa sur le carburant des pêcheurs. Toujours dans ce sens, le président a mis 20 milliards de FCfa pour subventionner l’achat des pirogues à hauteur d’un million par pirogue. Il rappelle que le président de la République a mis en place une politique de modernisation des quais de pêche, notamment à Soumbédioune, Yoff, Pointe Sarène, Ngaparou, Potou etc. Le ministre se souvient que les femmes transformatrices travaillaient dans des conditions «pénibles» et que le chef de l’Etat a lancé le projet des aires de transformation modernes. Après les 700 millions de FCfa accordés aux femmes du secteur par le président de la République, le ministre révèle que le chef de l’Etat, dans la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der), va bientôt remettre un financement de 2 milliards de FCfa au gens de mer. Il s’agit d’un milliard de FCfa pour les femmes du secteur de la pêche et d’un autre milliard pour les pêcheurs.

O. KANDE

Répondant aux interpellations des gens de mer pour l’amélioration de leur bien-être, le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, a rappelé les nombreuses réalisations du chef de l’Etat dans le secteur. Pour lui, le président a beaucoup fait avec le nouveau Code de la pêche qui protège davantage les ressources halieutiques. Il rappelle, entre autres, la promotion du port du gilet chez les pêcheurs avec 20.000 unités cédées aux pêcheurs par an à 2.500 FCfa. Le gouvernement accorde aussi une subvention de 8 milliards de FCfa sur le carburant des pêcheurs.

Toujours dans ce sens, le président a mis 20 milliards de FCfa pour subventionner l’achat des pirogues à hauteur d’un million par pirogue. Il rappelle que le président de la République a mis en place une politique de modernisation des quais de pêche, notamment à Soumbédioune, Yoff, Pointe Sarène, Ngaparou, Potou etc. Le ministre se souvient que les femmes transformatrices travaillaient dans des conditions «pénibles» et que le chef de l’Etat a lancé le projet des aires de transformation modernes. Après les 700 millions de FCfa accordés aux femmes du secteur par le président de la République, le ministre révèle que le chef de l’Etat, dans la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der), va bientôt remettre un financement de 2 milliards de FCfa au gens de mer. Il s’agit d’un milliard de FCfa pour les femmes du secteur de la pêche et d’un autre milliard pour les pêcheurs.

O. KANDE

L’industrie d’assurance doit faire face aux enjeux liés aux mutations digitales. S’adapter ou périr. C’est tout le sens du thème de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (Fiac) portant sur « le courtage d’assurance face aux mutations », pour sa 12è assemblée générale annuelle ouverte, hier, à Dakar.

L’adaptation à la révolution digitale est au centre des préoccupations du secteur des assurances. Pour améliorer le service client, mais aussi accroître le taux de pénétration des assurances, il est impératif de prendre en compte les mutations technologiques. La Fédération interafricaine des assureurs conseils (Fiac) l’a si bien compris, en consacrant le thème de sa 12è assemblée générale annuelle sur « le courtage d’assurance face aux mutations ». La Fiac regroupe des associations nationales de courtiers en assurances des 14 pays membres de la Conférence interafricaine des marchés d'assurances (Cima). Venu présider l’ouverture de cette rencontre qui se tient à Dakar du 25 au 27 juin, le ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, a rappelé que « l’essence même de l’assurance est d’apporter des réponses adaptées à toutes les transformations ou mutations imprévues, qui affecteraient le sort des assurés et bénéficiaires des contrats d’assurance ».

« Ce besoin d’adaptation et d’innovation s’impose davantage, selon lui, aux assureurs conseils, en tant qu’interface entre les clients et les compagnies d’assurance ». Le président de la Fiac, Jean Claude Jeanson, pense que les compagnies d’assurance et les cabinets de courtage doivent intégrer les mutations digitales, au risque de disparaître. Face à la concurrence transfrontalière, il reste convaincu que « ceux qui n’intégreront pas le digital seront des illettrés d’aujourd’hui ».

La présidente de l’Association sénégalaise des assureurs conseils (Asac), Racky Wane, a, auparavant, souligné que Dakar, après les assises de Douala et de Kigali, devrait constituer l’étape de consolidation et de concrétisation des recommandations issues de ces rencontres. « Les mutations qui s’opèrent ; loin d’être des contraintes, sont plutôt à intégrer pour faire des opportunités pour se développer », a-t-elle déclaré. Désormais, a-t-elle ajouté, « il faut passer du modèle traditionnel à celui de service ». Pour ce faire, a-t-elle souligné, « nous devons faire preuve d’innovations dans la pratique de notre métier, en simplifiant les contrats d’assurance, évitant l’assurance compliquée et en adoptant plus de fluidité ». Racky Wane est aussi d’avis que ces mutations appellent également une « adaptation de la réglementation et l’assainissement de nos marchés ». Face à ces enjeux, le ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, a invité les acteurs « à davantage travailler l’offre d’assurance sur le continent de façon à la rendre plus inclusive ; et améliorer en conséquence le taux de pénétration de l’assurance en Afrique (à peine 1%) ». Birima Mangara a affirmé que « les mutations induites par la transformation digitale doivent être perçues essentiellement comme une opportunité de promouvoir une assurance inclusive ». Quant à la présidente de l’Asac, Racky Wane, elle a insisté sur l’impérieuse nécessité d’une concertation en permanence entre assureurs, courtiers et autorités de tutelle « pour l’équilibre de nos marchés ».

Souleymane Diam SY

Air Sénégal Sa sera dans un premier temps sur Abidjan, Cotonou, Conakry, Bamako, Ouagadougou, Niamey et entend prendre sa place naturelle sur ce marché de l’intercontinental. C’est ce que nous a confié le directeur général de cette compagnie aérienne sénégalaise, Philippe Bohn qui a bien accepté de se prêter à nos questions.
Un mois après le démarrage des activités commerciales d’Air Sénégal, quelles sont vos impressions ?
J’ai d’excellentes impressions. Nous avons décidé de commencer les opérations en douceur, dans la sérénité, de façon certaine. Nous avons commencé avec la ligne Dakar-Ziguinchor. Pour l’instant, nous avons de bons retours clients sur les vols, et nous sommes tout à fait heureux de voir la compagnie démarrer de façon sereine.

Quelles sont les destinations que vous comptez desservir d’ici à 2019 ?
Dans un premier temps, si l’on prend le segment des avions Atr, on va à Ziguinchor aujourd’hui ; Banjul, Praia, Bissau et Nouakchott sont dans le programme à venir. Sur le segment des Airbus A319, les « narrow bodies » (avions à fuselage étroit) comme on dit, nous serons dans un premier temps sur Abidjan, Cotonou, Conakry, Bamako, Ouagadougou, Niamey. Nous attendons les A330 au premier trimestre 2019. Et là, nous entrons dans l’intercontinental avec, évidemment, Dakar-Paris. Le continent américain (nord et sud) est l’un de nos objectifs aussi, de même que l’Europe.

Comment comptez-vous grignoter des parts de marché dans un ciel intercontinental de plus en plus saturé, où la concurrence est très rude ?
L’intercontinental est précisément emblématique pour nous, parce que plus rentable en termes de marges et de taux de remplissage. Aujourd’hui, des compagnies comme Air France ou Corsair doivent être à près de 90 % de taux de remplissage avec des marges considérables entre 20 et 40 %. Ce qui est énorme. Si vous prenez la ligne Dakar-Paris, 50 % des droits sont pour les Français et les 50 % restants sont pour nous. La compagnie nationale prendra ses droits de trafic pour opérer haut. Nous allons reprendre naturellement des parts de marché qui existent. Nous n’allons pas ajouter des sièges à ceux qui existent. Aujourd’hui, la route Dakar-Paris, c’est plus de 355.000 taxes par an, avec une croissance continue. Nous allons prendre notre place naturelle sur ce marché. L’entrée en service devrait être facile.

Quels types de partenariat stratégique désirez-vous nouer avec d’autres compagnies ?
Philippe Bohn Air Sn 2Nous discutons avec beaucoup de compagnies, mais je ne peux pas vous donner les noms de celles avec lesquelles nous discutons. Nous avons des projets. Nous avons des relations très étroites et très constructives avec nos amis d’Air Côte d’Ivoire. C’est un marché très concurrentiel, surtout le sous-régional, alors si nous nous faisons la guerre, personne ne va survivre. Il faut donc trouver des partenariats stratégiques, nous travaillons sur cette question. On est toujours plus fort et plus intelligent à plusieurs. Les discussions sont en cours.

Quelle est votre plus grande crainte face aux grandes compagnies aériennes sur le marché intercontinental ?
La plus grande crainte, c’est le total Open sky, pour des petites compagnies, des start-up airlines comme nous, dans un pays émergent, qui a un fort dynamisme économique. C’est pour cela que cette aventure industrielle est passionnante. Nos avons un gouvernement et le chef de l’Etat qui font preuve d’une volonté de faire, d’un travail incroyable et d’un dynamisme économique porteur d’avenir. Ce qu’il faut éviter, c’est ouvrir trop le marché de façon totalement dé-corrélée de la réalité et des rapports de force. Nous devons préserver nos intérêts vitaux. Air Sénégal peut trouver toute sa place parce que nous avons une stratégie d’acquisition d’actifs rentables qui donne confiance aux investisseurs qui viendraient nous voir. Mais il faut prendre garde, en cette période de démarrage, à ne pas laisser les gros qui sont déjà là manger les tout-petits qui sont en train de naître et qui veulent se développer.

En quoi craignez-vous l’Open sky ? Quelle est votre position par rapport au Marché unique du transport aérien africain (Mutaa), ce projet de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ?
Moi, je suis un libéral. Sur le principe, il est bien d’avoir de la concurrence. Le monde est un équilibre. En toute chose, il faut toujours trouver un point d’équilibre. Si vous mettez dans la cour de récréation un tout-petit et un grand très fort, c’est toujours ce dernier qui va lui piquer son goûter. Nous sommes une start-up airline, dans un pays qui est sur une voie d’émergence économique dynamique. Il appartient aux gouvernements de trouver des points d’équilibre. Oui, le ciel doit être ouvert, mais pas n’importe comment. Il faut de la régulation qui permette aux pays qui sont en voie d’émergence comme le Sénégal d’assumer et de faire leur parcours.

Quels sont vos objectifs en termes financiers et de nombre de passagers pour votre première année d’exercice ?
J’ai envie de vous parler de l’année 2019 qui sera à flotte stabilisée, 2018 étant une année partielle, parce que nous venons de commencer. L’objectif en 2019, sur six avions (Airbus A330, deux 3-19 et deux Atr) c’est de réaliser 70 milliards de FCfa de chiffre d’affaires. Nous sommes aujourd’hui sur cette tendance. Cela voudrait dire globalement 500.000 passagers par an sur notre réseau. C’est l’objectif que nous nous sommes fixé et sur lequel nous travaillons dans le processus d’acquisition et de location (d’avions) que nous voulons mettre en œuvre en 2019.

Comptez-vous ouvrir au privé le capital d’Air Sénégal SA détenu à 100 % par l’Etat du Sénégal, à travers la Caisse des dépôts et consignation (Cdc) ?
Bien évidemment, c’est la feuille de route qu’a donnée le gouvernement. Ce qui est une sage stratégie. La seule stratégie possible, on ne peut pas survivre tout seul dans son coin. Nous sommes dans un monde et une industrie très concurrentiels. Une fois encore, le gouvernement démontre son engagement fort par la mise à disposition des moyens pour l’acquisition (d’avions). Et cela donne confiance au marché, cela va nous permettre d’ouvrir notre capital avec une règle : nous souhaitons conserver notre destin stratégique. Nous ne laisserons pas entrer un investisseur unique qui aurait la majorité du capital. Il y a des intérêts privés sénégalais qui pourraient être tentés de rejoindre cette émergence industrielle que représente Air Sénégal. Je l’appelle de mes vœux. Certains ont été un peu échaudés par des expériences passées mais nous sommes sur un business model qui est beaucoup plus solide. Oui, nous allons ouvrir le capital ! Oui, nous serons ouverts au privé. Oui à l’international parce qu’une fois encore, nous sommes sur un marché concurrentiel.

A quel taux comptez-vous ouvrir le capital ?
Je n’ai pas de chiffres à l’instant. La seule chose que je peux dire, c’est que nous ne laisserons pas entrer un investisseur qui priverait l’entreprise nationale de la maîtrise de son destin stratégique ?

Quelle sera la contribution de votre compagnie pour relancer le secteur du tourisme ?
Pour nous, le tourisme est un marché important. Mais personnellement, et c’est ce que je trouve passionnant dans le Pse, les gens doivent comprendre la puissance de ce Pse. Le chef de l’Etat veut faire émerger ce pays, il y a du gaz qui arrive ; tout est un ensemble. On ne va pas développer une compagnie aérienne uniquement sur le marché du tourisme. Cela va bien au-delà. Aujourd’hui, des businessmen de grandes entreprises viennent au Sénégal pour investir parce qu’ils croient en ce pays, à ce que le gouvernement est en train de mettre en place. Le tourisme en est un élément important, mais il n’est pas le seul. Nous souhaitons voir revenir l’âge d’or du tourisme sénégalais. Il y a peut-être eu après quelques abandons sur la rigueur pour tenir la beauté et l’entretien des sites, la rénovation des aérodromes. C’est en route, heureusement. Les moyens de communication sont aussi importants comme cette autoroute qui est un élément important pour faire circuler les biens et les personnes. Le tourisme, c’est aussi cela. Nous sommes un moyen de communication et de transport qui accompagne l’essor touristique.

Avez-vous intégré, dans votre stratégie de croissance, le pèlerinage à la Mecque qui est un gros marché ?
Bien sûr. Ce sera très important pour nous dès que notre flotte pourra y répondre. C’est un marché traditionnel auquel nous tenons, nous y serons présents. Cette année, c’est un peu court, mais ce marché fait partie de nos priorités.

Comment envisagez-vous de rendre Air Sénégal compétitive et profitable ?
Les marchés domestiques sont structurellement déficitaires en général. Ce qui est rentable, c’est l’intercontinental pour des raisons que j’ai évoquées. Si vous êtes sur la ligne Dakar-Paris, vous êtes à 335.000 taxes par an avec une tendance en croissance, avec une offre de sièges qui fait que les avions sont pleins et les billets très chers. Par définition, c’est donc plus rentable. Nous allons asseoir la rentabilité de l’entreprise au fil des années à venir sur l’axe intercontinental qui est le plus rentable.

Quel peut être l’apport du hub naturel que constitue Dakar dans votre stratégie ?
Un hub aujourd’hui, ce n’est pas une donnée pérenne. Un hub se construit. Il faut rendre hommage à l’action qui a été menée par le chef de l’Etat pour l’ouverture de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd). Je me rappelle la détermination de madame le ministre des Transports aériens (Maïmouna Ndoye Seck, ndlr) pour l’ouverture de ce magnifique aéroport. C’est un élément très important. Quand vous arrivez ou quittez Dakar, à partir de cet aéroport, tout le monde est impressionné par la qualité de l’infrastructure et du service. C’est incroyable, je suis très impressionné par ce qu’on a mis en place. C’est un élément d’attractivité pour les investisseurs, les entreprises, les pays qui veulent coopérer avec le Sénégal. Moi, je suis un homme heureux à l’Aibd.

Propos recueillis par Malick CISS

La régulation et la réglementation de l’électricité en Afrique sont cruciales, pour s’assurer notamment de la qualité de prestation de services fournis aux usagers. C’est ce que révèle la Banque africaine de développement (Bad) dans son indice sur l’électricité publié hier en Ile Maurice.

La Bad a mis au point le tout premier Indice de réglementation du secteur de l’électricité en Afrique. Il a été dévoilé hier, en marge du Forum africain de l'énergie, qui se déroule du 17 au 22 juin en île Maurice. Selon un communiqué reçu à notre rédaction, cet indice se veut un outil d'analyse comparative qui suit les progrès des pays africains en matière de réglementation du secteur de l’énergie, au regard des normes internationales et des meilleures pratiques dans le domaine. Il  permet de mesurer l’impact de la réglementation du secteur de l’électricité sur la performance de la prestation de services dans les pays visés par l’étude, et identifie ce qu’il faut améliorer en priorité. Cette première publication de l’indice  couvre 15 pays d’Afrique : Cameroun, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Kenya, Lesotho, Malawi, Namibie, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda et Zimbabwe. La Bad estime que l'évaluation périodique des instances de régulation du secteur de l’électricité, à laquelle procèdent de nombreux pays développés, est importante en ce qu’elle permet une identification précoce des problèmes et donc d’y remédier au plus vite.

« L’indice de réglementation de l’électricité a surtout pour objectif d'inciter les acteurs du secteur africain de l'électricité à s’attaquer à la performance de la réglementation et aux lacunes identifiées dans le rapport », a souligné Amadou Hott, vice-président de la Bad en charge de l’électricité, l’énergie, le changement climatique et la croissance verte. Selon la Bad, ces deux dernières décennies ont été marquées par la transformation du secteur en Afrique, avec une ouverture progressive des marchés nationaux de l’électricité, leur libéralisation et de nombreuses réformes engagées.

«Dans pareil contexte, la régulation et la réglementation sont cruciales, pour s’assurer notamment de la qualité de prestation de services fournis aux usagers, d’une part ; mais aussi de l’attractivité du secteur auprès des investisseurs privés d’autre part, désireux d’obtenir des gages de transparence, de prévisibilité et de bonne gouvernance avant de s’engager », lit-on dans le communiqué. Le Forum africain pour la réglementation des services publics (Afur en anglais) a salué l’initiative de la Banque. « L’Afur se félicite du lancement de l'indice de réglementation du secteur de l'électricité, qui est un outil précieux pour améliorer la réglementation du secteur de l'électricité, selon nous, a indiqué Debbie Roets, sa secrétaire exécutive.  

Aliou KANDE

Les travaux de balisage de l’autoroute à péage Mbour-Fatick-Kaolack vont démarrer ce mois de juillet, a déclaré à Fatick, Mouhamadou Moustapha Dème, le chef dudit projet, lors de la réunion du Comité régional spécial (Crd) tenu tout récemment à Fatick.

Les travaux de balisage de l’autoroute à péage Mbour-Fatick-Kaolack vont démarrer ce mois de juillet, selon le chef dudit projet, Mouhamadou Moustapha Déme.  Cette phase, estime M. Déme, « est cruciale puisque qu’elle va délimiter le tracé de l’autoroute Mbour-Kaolack, prolongement de celle qui relie Diamniadio à Mbour jusqu’au village de Keur Balla Lô. Et c’est de ce village, à la sortie de Mbour, vers Fatick, que partira l’autoroute jusqu’à Kahone, derrière la commune de Kaolack ». Une vingtaine de villages polarisés par quatre communes du département de Fatick seront impactés par les travaux de l’autoroute à péage, a indiqué Déme. Il s’agit de Tatatguine Sérrere, Keur Martin, Senghor,  Doudam, Parar, Sangharé, Mbane, Nguess,  Pouj-kham, Poukham Tok, Nguidine Sérrere, Nguidine Peul,  Sibdar, Thiaméne, Mbellangout et Khondiogne, Mbotile Kop et Thiaba. C’est pourquoi, le chef du projet a saisi l’occasion pour d’ores et déjà sensibiliser les populations de ces localités à s’approprier le projet et sécuriser les balises qui seront installées et qui seront suivies des enquêtes parcellaires et la libération des emprises de l’autoroute. Les différents intervenants ont tous accueillis l’initiative qui  va favoriser les échanges aussi bien à  l’intérieur du pays que dans la sous-région. Selon le chef dudit projet, « l’infrastructure autoroutière va également permettre un rééquilibrage de l’aménagement du territoire et le développement de nouveaux pôles économiques ». Elle va également, selon lui, désengorger Dakar, stimuler les investissements privés et favoriser le développement de l’activité touristique ». Mouhamadou Moustapha Dème assure que « ce sont 100 km d’autoroute en 2x2 voies extensibles à 2x3 voies y compris des voies de connexion qui sont prévues dans ce projet qui comprendra 4 échangeurs aux niveaux de Thiadiaye, Fatick, Gandiaye et Kaolack ». Il y aura également, selon lui,  trois grands ponts d’une longueur totale de 290 mètres,  ainsi que 16 passages supérieurs, 50 passages inférieures et 210 ouvrages hydrauliques ». Il est prévu aussi, ajoute M. Dème, « la construction d’une gare de péage pleine-voie, de trois gares de péage sur bretelles et d’une aire de service intégrant l’espace d’entretien et d’un centre de commande et d’équipements de vidéosurveillance et même temps que la mise en place d’une clôture adaptée le long de l’autoroute des deux côtés et l’éclairage des échangeurs ».

Mohamadou Sagne

 

A la faveur de la 3ème édition de la conférence internationale d’Africa convergence organisée à Dakar, la problématique de l’intégration en Afrique a été débattue par les hommes d’affaires et ceux évoluant sur d’autres sphères du continent. A ce titre, le ministre sénégalais du Commerce, Alioune Sarr, a souligné que la création de la Zone de libre-échange continentale (Zlec) en mars dernier à Kigali est une belle opportunité à saisir.

Le 21 mars 2018 à Kigali, une majorité des chefs d’Etat africains sont parvenus à signer la création de la Zone de libre-échange économique continentale (Zlec). Ceci, grâce à une initiative de l’Union africaine. C’est donc un acte majeur relevé par le ministre sénégalais du Commerce, Alioune Sarr, qui y voit «la continuation » de la vision des pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (Oua). « Ces pères fondateurs avaient pour objectif de faire de l’Afrique une unité politique et ils ont réussi, maintenant, c’est la zone de libre-échange économique continentale qui est la traduction économique et commerciale de cette vision politique de 1963 », a rappelé Alioune Sarr, à l’occasion de la 3ème  édition de la Conférence internationale Africa convergence, organisée les 21 et 22 juin à Dakar. Sur les 55 pays que compte le continent, les 44 ont paraphé l’accord permettant ainsi la création d’un marché plus grand et une intégration plus réussie des africains. « Quand vous avez un bloc puissant et fort, vous avez la capacité de résister aux chocs exogènes et de faire face à la compétition. Avec cette zone de libre-échange, nous aurons un marché de 1,2 milliard d’habitants, un pic de près 2.500 milliards de dollars », renseigne le ministre Alioune Sarr.

Seulement, la création de cette entité économique n’est pas une fin en soi. Il reste encore des défis à relever.  Pour Alioune Sarr, ces défis sont surtout constitués des « barrières tarifaires et non tarifaires ». Pour lui, il faut tout simplement «détruire» ces obstacles et permettre aux entreprises africaines de profiter de cette zone de libre-échange économique nouvellement créée.

Pascal de Izaguirre, le Pdg de Corsair est revenu les obstacles qui empêchent  à l’Afrique de prendre son envol dans un secteur comme l’aviation. Il relève tout d’abord « l’insuffisance des compagnies aériennes » sur le continent. Et celles qui sont déjà créées sont des compagnies étatiques. « Ce n’est pas mal, mais les compagnies ne doivent pas être une exclusivité des Etats, car les Etats ne sont pas toujours les meilleurs actionnaires », renseigne le Pdg de Corsair. A cela s’ajoute l’absence d’infrastructures de qualité pouvant accompagner le trafic. « Globalement, il est très difficile de circuler en Afrique. Pour aller d’un Etat à un autre, c’est plus simple parfois de passer par Paris ou Bruxelles », regrette M. de Izaguirre. Hicham Boudraa, le directeur général par intérim de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (Amdie) pense que l’intégration de l’Afrique ne doit pas se faire forcément à travers les relations bilatérales. Mais plutôt par les communautés.

Réduire le nombre de communautés
Or, regrette-t-il «Aujourd’hui, on a 16 communautés en Afrique, c’est énorme. En moyenne, c’est trois voire quatre ou six au maximum. On doit réduire ces îlots qui se mettent parfois en concurrence entre elles ». Toujours, selon M. Boudraa, il faut mettre un système de solidarité et même de complémentarité entre pays africains. « Le rôle des Etats, c’est de se rapprocher et  de construire une offre Afrique et aller de l’avant sur ce qui est une demande constante et importante des autres continents », a expliqué Hicham Boudraa. Dans sa communication lors de ce panel sur « les défis d’exécution stratégique », Samira Khamlichi, Pdg de Wafacash, est revenu sur l’avantage du « mobile money ». Car, selon elle, c’est une technologie fortement ancrée en Afrique avec près de 60% du taux d’échange réalisés en Afrique. « Il permet de brûler les étapes de l’intégration et d’accélérer la mobilité. On n’a pas besoin de visa pour envoyer de l’argent », fait remarquer Mme Khamlichi.  C'est dire que la technologie participe désormais à l'intégration des peuples.

Maguette NDONG

 

La commune de Kolda a abrité, ce week-end, la première journée de l’artisanat du Fouladou. Plus de 300 professionnels venus de toute la région ont pris part à cette manifestation.

La Chambre des métiers de Kolda a organisé, samedi, en partenariat avec l’Office national de la formation professionnelle (Onfp), la journée de l’artisanat du Fouladou. Plus de 300 professionnels venus des départements de Kolda, Médina Yoro Foulah et Vélingara ont pris part à cette rencontre. La Chambre des métiers de Kolda cherche, à travers cette manifestation, à promouvoir la créativité des artisans du Fouladou qui, malgré leur talent et la qualité de leurs œuvres, peinent encore à se faire connaître sur le plan national. Elle a mis à profit cette journée pour procéder à l’inauguration du village artisanal de Kolda, entièrement rénové grâce à l’appui du ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat. Cette démarche s’inscrit dans la redynamisation des chambres des métiers du Sénégal, initiée par ledit ministère pour donner aux villages artisanaux une image digne de leur nom. Ce joyau qui fait, aujourd’hui, la fierté des Koldois, porte désormais, le nom de l’ancien président de la Chambre des métiers de Kolda, El Hadji Bassirou Diallo, qui avait entamé les travaux de restauration avant d’être arraché à l’affection de ses proches.  En visitant les stands, la délégation officielle conduite par l’adjoint au gouverneur chargé des Affaires administratives, Ciprien Antoine Balo, a été émerveillée par les potentialités artisanales du Fouladou. « L’Onfp est honoré d’avoir été associé à cette première journée qui coïncide avec l’inauguration du village artisanal de Kolda baptisé El Hadj Bassirou Diallo. Maintenant, les artisans disposent de cantines pour vendre leurs œuvres d’art comme ceux de nos couturiers et de nos menuisiers. Ça va être l’emblème de notre potentiel artistique », déclare Sanoussi Diakité, le directeur général de l’Onfp. M. Diakité, qui animait un panel sur le thème : « Place de l’artisanat dans le développement socioéconomique de la région de Kolda », s’est longuement appesanti sur les potentialités artisanales du Fouladou, une région carrefour où cohabite des groupes ethniques venus des différentes régions du Sénégal et des pays limitrophes. Cette journée de l’artisanat a été clôturée par un diner de gala transformé en veillée artisanale au cours de laquelle les artisans ont fait étalage de leur savoir-faire.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Dans son budget annuel, le Fonds d’entretien routier (Fera) a dégagé une enveloppe de 3 milliards de FCfa au profit de 11 communes, situées en zones urbaines et rurales pour les appuyer en entretien routier et en désensablement. Parmi les bénéficiaire, les municipalités de Médina Cherif et de Mampatim qui ont reçu, la semaine dernière, une visite de chantier du Conseil d’administration du Fera. Par ce partenariat, le fonds a réussi à désenclaver ces localités grâce à la réhabilitation et à l’entretien de pistes latérites. 

Au cours de sa visite de chantier, qui l’a mené à Fatick, Kaolack, Kaffrine, Koungheul et Tambacounda, la semaine dernière, le Conseil d’administration du Fera a fait un détour dans les localités de Vélingara, de Médina Cherif et de Mampatim pour s’enquérir de l’état des lieux des travaux d’entretien des pistes de production et de désensablement en cours dans ces localités. En effet, ces trois localités font partie des 11 communes qui ont été choisies par le Fera pour bénéficier d’un appui financier qui s’inscrit dans une convention que le Fond a signée avec ces municipalités et portant sur une enveloppe globale de 3 milliards de FCfa. A Médina Cherif, perdues au fin fond de la région de Kolda, les populations, mines très joviales, conduites par leur maire, Mamadou Gano, sont massivement sorties accueillir la délégation du Fera. Après quelques minutes d’échanges avec l’édile de la localité, la délégation a fait cap sur la piste de production, longue de 14,4 km reliant Médina Cherif à Nani Demba. Elle a pu être réfectionnée grâce au Fera. Cette piste, selon le maire, désenclave plus d’une dizaine de villages environnants.

Il a salué le financement estimé à 244,8 millions de FCfa accordé par le Fera pour les travaux d’entretien de la piste qui va contribuer à faciliter les évacuations sanitaires et l’acheminement des produits agricoles vers les marchés hebdomadaires comme celui de Diaobé. « Cette initiative traduit la vision des autorités à travers l’acte 3 de la décentralisation », a soutenu M. Gano. Il a exhorté les responsables du Fera à élargir ce partenariat aux autres communes du pays. Le maire de Médina Cherif a, par ailleurs, invité le Fera à être leur portevoix auprès du Puma, du Pudc et de l’Ageroute pour davantage  désenclaver leur localité en construisant d’autres pistes et routes. Ce qui, selon lui, permettra aux populations de cette collectivité territoriale de mieux écouler leurs productions.

Après l’étape de Médina Cherif, la délégation du Fera s’est dirigée vers Mampatim, une autre commune située à près de 70 km de la ville de Kolda qui a également bénéficié d’une enveloppe de 300 millions de FCfa. Ce concours financier du Fera a permis de réhabiliter la piste latérite distante de 21,8 km et qui relie Mampatim à la localité de Badion. « Cette piste a été construite en 1988 par la Sodefitex. Depuis cette date, elle n’a pas connu de travaux d’entretien malgré nos nombreuses sollicitations auprès des autorités », rappelle Boubacar Mané, maire de la commune de Mampatim.
 
Des communes pilotes pour tester le partenariat
Il a fallu attendre trois décennies pour voir cet axe réhabilité grâce à un financement du Fera. M. Mané explique que cette piste étant très sollicitée, sa réhabilitation est une aubaine pour les populations des villages environnants qui rencontraient des difficultés pour évacuer leurs productions.

Interpelé sur cette convention, l’Administrateur général du Fera, Papa Modou Ndiaye, explique que Médina Cherif, Mampatim et Vélingara sont les communes pilotes avec lesquelles le Fera a commencé à travailler sur ces programmes d’entretien et de réhabilitation. Il soutient que dans le passé, le Fonds finançait le réseau non classé avec l’Ageroute qui signait des conventions avec ces communes. Mais depuis 2017, le Conseil d’administration a autorisé le Fonds à travailler directement avec les municipalités pour les appuyer en désensablement et en entretien. Ce dernier ajoute que ce programme permet de désenclaver tous les villages traversés par les pistes pour évacuer les productions agricoles. « Nous nous réjouissons de cette visite car nous avons vu que les communes sont en mesure, si on les accompagne, d’exécuter leur programme convenablement ; notamment en matière de désenclavement », a dit M. Ndiaye.

Les travaux de désensablement créent des dizaines d’emplois
Si les communes de Médina Cherif et de Mampatim ont consacré leurs ressources à l’entretien et à la réhabilitation de pistes, Vélingara, de son côté, a pris l’option d’injecter l’argent dans le désensablement, l’achat de matériels (camions) et de l’équipement. Sur les différents axes routiers qui convergent vers le centre-ville, de jeunes hommes et femmes, pelles et râteaux à la main, assainissent la chaussée. Aboubacary Diallo, diplôme de comptabilité et de gestion en poche, a pu trouver un emploi dans ce projet qui lui permet, aujourd’hui, de gagner un revenu mensuel de 65.000 FCfa. Vêtu d’un gilet fluorescent, casquette bien visée à la tête, râteau à la main, ce trentenaire travaille entre 7h et 13 du lundi au vendredi. « Les ressources que je gagne dans cette activité me permettent de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille », confie-t-il. Se montrant plus ambitieux, il utilise même une partie de son revenu pour épargner afin de trouver d’autres activités génératrices de revenus. Toutefois, il sollicite plus de moyens matériel et d’équipement pour mieux faire son travail. Mamadou Bâ, Secrétaire général de la Commune de Vélingara, a indiqué que l’entretien de leurs infrastructures routières était un défi pour leur commune. «L’ensablement a porté un préjudice aux infrastructures routières. Il contribue à favoriser les inondations d’autant qu’il empêche le fonctionnement normal du système de canalisation », souligne M. Bâ. D’après lui, certains jeunes de Vélingara sont partis de ce métier pour trouver leur propre emploi. Pour la première année de ce partenariat, ce sont 69 jeunes qui ont été recrutés avec un forfait mensuel de 65.000 F Cfa.

Vers un élargissement de la convention
du Fera aux autres communes

Selon le président du Conseil d’administration du Fera, El Hadji Seck Ndiaye Wade, depuis 2017, un budget de 3 milliards de FCfa a été réservé aux collectivités territoriales afin de les aider dans l’entretien de leurs routes. C’est dans ce cadre que des communes pilotes telles que Vélingara, Medina Cherif, Mampatim, Yoff… ont été choisies. A l’en croire, le projet est en train d’être étendu à d’autres collectivités. « Il y a une vingtaine de communes qui ont émis l’idée de vouloir bénéficier de cet apport pour l’entretien de leurs routes et de leur piste », confie-t-il. A son avis, cette convention s’inscrit dans la vision de l’Etat, en termes de décentralisation, consistant à appuyer les collectivités territoriales à être autonomes. «  L’argent dont nous disposons pour faire ce travail provient des taxes des usagers de la route et du Budget consolidé d’investissement (Bci). Dans notre stratégies, pour être plus autonomes par apport à la mobilisation des ressources, nous sommes en train de travailler à chercher des financements innovants pour satisfaire ces demandes », indique-t-il.

Abdou DIAW

 

Mahammed Boun Abdallah Dionne a indiqué que le Sénégal a « une expérience très forte » en matière de promotion de l’économie sociale et solidaire. « Notre pays est, aujourd’hui, le numéro un dans l’espace de l’Uemoa en ce qui concerne le système financier décentralisé en termes de portefeuilles et d’atteinte de cibles », s’est félicité le Premier ministre du Sénégal. Mieux, a-t-il rappelé, « l’économie sociale et solidaire (Ess) est bien présente dans notre vécu historique. La culture de solidarité économique fait partie de nos traditions et se manifeste à travers des pratiques appelées tontines ». Les organisations coopératives et mutualistes ont, selon lui, constitué, dès l’indépendance, des organisations socioéconomiques pour le développement de l’agriculture, de l’artisanat et même aujourd’hui de l’habitat. A cela s’ajoutent de multiples activités génératrices de revenus mises en œuvre et formalisées par des structures de l’économie sociale de notre pays comme les associations, les coopératives, les mutuelles et les très petites entreprises, dit-il. Pour le Premier ministre, cette conférence de Dakar représente une opportunité pour l’affirmation du leadership du Sénégal en économie sociale et solidaire en Afrique de l’Ouest. A terme, a-t-il assuré, le gouvernement devrait disposer d’un maximum d’atouts pour traduire en acte la vision du chef de l’Etat déclinée dans l’axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse) à savoir « la modernisation graduelle de l’économie sociale, facteur d’inclusion et d’emplois ».  

Le processus d’élaboration de la lettre de politique de développement du secteur déjà lancé
L’économie sociale et solidaire, dans sa forme institutionnalisée et structurée, est nouvelle dans notre pays, a fait observer le Premier ministre. C’est pourquoi, explique M. Dionne, le président Macky Sall a décidé, en 2017, la création d’un ministère dédiée à l’économie sociale et solidaire. Selon lui, la feuille de route pour ce département ministériel s’articule autour de l’élaboration d’une lettre de politique de développement du secteur dont le processus est déjà lancé, mais aussi de l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire tenant compte du contexte sous régional. Cette conférence constitue, à ses yeux, « une réelle opportunité pour le Sénégal car les conclusions du rapport final seront capitalisées pour servir d’intrants à la production de ces documents ».

S. Diam SY

La seconde journée de la visite de chantier des équipes du Fonds d’entretien routiers autonomes (Fera) et de l’Ageroute ont été consacrée à la zone Est, notamment dans la région de Tambacounda. Cette visite a permis de faire le point sur l’état d’avancement des travaux d’entretien sur certains tronçons en situation de dégradation. A ce titre, le directeur régional Est de l’Ageroute, Fodé Mané, a révélé que les travaux de réhabilitation de la route Tambacounda-Goudiri vont démarrer dans les prochains jours. « Le trafic sur cet axe est très dense; il est fréquemment sollicité. C’est pourquoi, il est en état de dégradation avancé. Aujourd’hui, nous sommes heureux de voir que l’ordre de service pour le démarrage des travaux de réhabilitation de cette route a été signé avant hier (mardi) », a déclaré M. Mané. Avant le début de la réhabilitation de cette route longue de 115 kilomètres, l’entreprise attributaire de ce marché a été demandée d’anticiper sur les installations de chantier et les études d’exécution.

S’agissant du financement, ce sont les fonds saoudien et koweitiens qui devront contribuer à la réalisation de ces travaux de réhabilitation.
Les travaux se dérouleront suivant deux étapes : la première section Tamba-Goudiri sera réhabilitée sur une période de 30 mois. Pour la deuxième section Goudiri-Bakel, le projet du marché a été soumis aux bailleurs en attendant son financement. « Le financement ainsi que les procédures de passation liés à ce marché ont été bouclés. L’Ageroute a pris toutes les dispositions pour rendre carrossable cet axe avant le début des travaux lourds de réhabilitation », a rassuré M. Mané. Le délai d’exécution pour la première section de 80 kilomètres (Tamba-Goudiri) est fixé à trente mois. Pour ce qui est de la seconde section (Goudiri-Bakel) longue de 105 kilomètres, le projet de marché a été soumis aux bailleurs.

Selon Fodé Mané, directeur régional de la zone Est de l’Ageroute, de 2015 à 2017, le Fera a injecté pas moins de 16,3 milliards de F Cfa dans la zone pour mettre à niveau le réseau routier de la région Est, notamment la région de Tambacounda. Cette enveloppe, explique-t-il, a permis de mettre à niveau certaines sections du réseau routier, précisément l’axe Koumpentoum-Tambacounda sur une longueur de 106 kilomètres et l’axe de la Rn6 entre Tambacounda et Gouloumbou sur 33 kilomètres et une partie de la Rn7. A cela s’ajoutent les ouvrages qui ont été réalisés en 2016. Il s’agit des deux dalots (Une sorte de canalisation rectangulaire, utilisé sous les traverses de route et les évacuations des débites d'eau important), situés à Kothiary (28 kilomètres de Tambacounda et celui de Maele Deby). Ces deux ouvrages ont été réalisés dans des procédures des travaux d’urgence. En effet, leur réalisation fait suite à des décrues qui avaient fini de couper les deux axes avant de les rendre impraticables. D’autres infrastructures du genre ont été aussi réalisées à Bakel. En plus, 59 kilomètres de routes dégradées ont été revêtus. « Les délais ont été respectés et la qualité du travail a été jugée satisfaisante », s’est réjoui Fodé Mané.

Abdou DIAW

 

Les assemblées générales ordinaires de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) et du Dépositaire central / Banque de règlement (Dc/Br) de l’Uemoa se sont tenues hier  à Dakar. Selon un communiqué reçu à notre rédaction, à l’issue de ces assemblées générales ordinaires, les membres des conseils ont reconduit, à l’unanimité, dans ses fonctions, Pierre Atépa Goudiaby, en qualité de président des deux conseils pour un mandat de trois ans. Selon le document, il aura la charge de superviser l’exécution des plans stratégiques 2018-2020 des deux structures centrales du Marché financier régional. Pierre Goudiaby Atépa est né le 30 juin 1947 à Ziguinchor (Sénégal). Après l’obtention du Baccalauréat, il intègre la prestigieuse Rensselaer Polytechnic Institute de New York où il décroche son diplôme d’ingénieur « Building Sciences » et son diplôme d’architecte. Président du groupe Atépa, il a été conseiller spécial du président Abdoulaye Wade du Sénégal de 2000 à 2012. En quarante ans de carrière, renseigne le communiqué, il a pu s’imposer comme l’un des plus grands architectes contemporains, même s’il se définit comme « un architecte du développement ». Atépa est l’une des cent personnalités les plus influentes du continent africain et s’intéresse particulièrement à la jeunesse africaine. Pierre Atépa Goudiaby assure les fonctions de président des conseils d’administration de la Brvm et du Dc/Br depuis le 25 juin 2015.

Aliou KANDE

Une équipe du Fera et de l’Ageroute, composée d’ingénieurs et de techniciens, a entamé une visite de chantiers, depuis hier, respectivement dans les régions de Kaolack, Fatick, Tambacounda et Kolda. L’axe Kaolack-Fatick a été la première étape de ce long périple qui a permis aux agents des deux structures de constater l’état des lieux des travaux de réfection entamés depuis 2015.

Baye Diassé, chargé de projet à la direction régionale centre Kaolack de l’Ageroute, explique que le Fonds d’entretien routier autonome (Fera) a mis en place un budget de 21 milliards de FCfa destinés aux travaux de réfection et de revêtement de certains axes routiers du réseau national. Ces travaux entrent dans le programme pluriannuel d’entretien qui s’étend sur trois ans (2015, 2016 et 2017) couvrant les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine. Il est divisé en deux lots dont le premier est destiné à la région de Kaolack et le second à celle de Fatick.  « Dans ces travaux, l’Ageroute met l’accent sur le réseau structurant, c’est-à-dire sur les Routes nationales (Rn) », précise M. Diassé. Une visite guidée avec les agents de l’Ageroute et du Fera sur la Rn1 (entre Thiadiaye et Fatick) a permis de constater les travaux de revêtement qui ont été réalisés sur cette section. « Avant d’y effectuer des réfections, il y a eu des inspections visuelles qui nous ont permis de déterminer les différentes sections dégradées. C’est dans cette optique que nous avons initié des réparations », soutient Baye Diassé. D’après lui, sur les 14,6 km de distance de l’axe Kaolack/Fatick, les 10 ont été déjà réfectionnés. Concernant l’autre tronçon (Kaolack-Tamba), ce sont 20 km qui ont été réfectionnés sur une distance de 22 km. Il ajoute que d’autres travaux de réparations ont été effectués sur la Rn5 entre Sokone et Toubacouta portant sur 10 km. Sur la Rn11, entre Kaffrine et Mbacké, de la même manière, des réfections ont été faites. Il convient également de souligner la construction, en cours, de bretelles entre les localités de Karang et de Simbong, soit 3 km.

Abdou DIAW

 

Pour une agriculture durable, productive et de qualité, la chimie reste une science incontournable. C’est la conviction du Comité sénégalais pour la chimie (Csc) qui a axé, cette année, ses troisièmes journées annuelles sur l’agriculture.

Comment développer l’agriculture sans mettre en péril l’équilibre naturel de la planète ? Comment léguer une terre en bonne santé aux générations futures ? C’est autour de ces questions que le Comité sénégalais pour la chimie (Csc) a porté cette année sa réflexion à l’occasion de ses troisièmes Journées annuelles (Jacs 2018) sur la chimie au service de l’agriculture durable. Pour le président du comité d’organisation de ces journées, le Pr Matar Seck, la réponse à ces questions passe par la conception d’une nouvelle agriculture qui prend en compte les besoins alimentaires et les contraintes environnementales au seuil du 21e siècle. Pour lui, la chimie en tant que science et industrie est un « acteur essentiel de l’agronomie scientifique » parce qu’elle intervient dans divers secteurs de l’agriculture. Le Pr Seck est d’avis qu’une agriculture durable devra prendre en compte toutes ces préoccupations par des innovations technologiques.

C’est ce qui fait dire au président du Comité sénégalais pour la chimie, le Pr Serigne Amadou Ndiaye, qu’« il est extrêmement difficile de séparer chimie et agriculture » D’autant que l’agriculture est prioritaire dans toutes politiques de développement de notre pays comme le Plan Sénégal émergent (Pse) et surtout que 60 à 75 % mènent des activités qui gravitent autour de l’agriculture, dit-il. « Les attentes des producteurs, des consommateurs et des décideurs tendent à opposer agronomie et chimie de par l’utilisation croissante et non raisonnée des engrais et des pesticides entraînant la destruction de la biodiversité, la pollution des eaux ayant une conséquence sur la santé des populations », a-t-il relevé.

Le juste équilibre
Ce qui fait qu’aujourd’hui, de l’avis du président du Csc, la chimie est pointée du doigt à tort ou à raison », tout en relevant la lourde responsabilité à laquelle font face agronomes et chimistes « pour répondre aux enjeux du développement durable par la conception d’une agriculture qui prend en charge les besoins alimentaires d’une population sans cesse croissante et les contraintes environnementales ». « Une préoccupation au cœur de laquelle se trouve depuis longtemps la chimie, un acteur important de l’agronomie scientifique », a laissé entendre le président du Csc pour qui « le défi à relever face aux attentes fortes et nombreuses et parfois contradictoires est énorme mais pas insurmontable ». Il s’agira, à son avis, « de répondre à un certain nombre de question à savoir comment faire pour produire plus, polluer moins et préserver l’environnement ».

A ces questions, le chercheur estime qu’il faut repenser les pratiques agricoles, rationaliser l’utilisation des engrais et des pesticides, augmenter le rendement et optimiser les revenus des agriculteurs mais aussi renforcer la résistance aux maladies et aux ravageurs pour une nouvelle approche dans la lutte anti-acridienne.  La chimie, de l’avis du président du Csc, demeure une source de progrès considérable dans notre vie de tous les jours ». « Dans cette perspective de développement durable, il s’agit de trouver le juste équilibre d’une agriculture raisonnée par une utilisation respectueuse d’engrais chimie en appliquant le bon dosage », soutient le président du Csc.

Pour le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Dr Dogo Seck, le thème de ces journées est en parfaite cohérence avec la vision et les objectifs du secteur de l’agriculture notamment du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) dont l’objectif c’est d’avoir « une agriculture productive, compétitive et durable dans un contexte de changement climatique ».  Pour cela, précise Dr Seck, « il faut sécuriser la base productive, l’environnement de la production et la qualité des produits ».

S. D. SY

 

Le changement climatique affecte beaucoup de secteurs et surtout la pêche. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’élaboration du Plan national d’adaptation au changement climatique pour le secteur. Une stratégie qui requiert un financement de 199 milliards de FCfa sur une durée de 20 ans.

Au Sénégal, le secteur de la pêche est très exposé au changement climatique. Le risque  de migration des poissons est ainsi réel à cause de ce phénomène. Dans ce secteur, l’impact est plus que perceptible partout ailleurs. Face à cela, des alternatives s’imposent. C’est toute la pertinence du Plan national d’adaptation au changement climatique du ministère de la Pêche et de l’Economie maritime, à côté du comité national sur le changement climatique. D’ailleurs, le secteur de la pêche est le premier à en disposer. Pour le chef de la division Changement climatique au ministère de l’Environnement et du Développement durable, Madeleine Sarr, ce Plan a été élaboré grâce à un « processus inclusif ». Elle s’exprimait, hier, à l’ouverture de l’atelier de formation sur la finance climatique, organisé par les ministères de la Pêche et celui de l’Environnement, avec l’appui technique et financier de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid). L’objectif de cet atelier de formation est de renforcer les capacités des acteurs concernés sur le financement de l’adaptation au changement climatique au Sénégal, notamment dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture.

Pour le chef de division du changement climatique au ministère de l’Environnement, il s’agira de donner des outils et des directives nécessaires aux acteurs de la pêche « pour mieux vendre les projets et pour capter des financements auprès notamment des structures dédiées comme le Fonds vert climat (déjà opérationnel), le Fonds mondial pour l’environnement ainsi que d’autres mécanismes publics comme privés. « Beaucoup de financements sont déployés autour de la question climatique, il faudra réussir à les capter », a-t-elle expliqué.

La directrice de l’Usaid Comfish, Khady Sané Diouf a, de son côté, précisé que le Plan national d’adaptation au changement climatique requiert un financement global de 199 milliards de FCfa sur une durée de 20 ans. Alors que le Plan quinquennal est estimé à 92 milliards de FCfa, soutient-elle. Pour Mme Diouf, le secteur de la pêche génère beaucoup de ressources. La seule difficulté au Sénégal et en Afrique, selon elle, réside dans le fait que le changement climatique n’a pas été intégré dans les politiques de gestion des pêcheries. Du coup, a-t-elle fait remarquer, les financements ne prennent pas en compte ce secteur. Toutefois, Mme Sarr s’est félicitée de l’intégration, par le Sénégal, du changement climatique, mais également de son financement dans ses politiques de résilience. Mais, il faudra voir, a-t-elle ajouté, comment davantage intégrer, dans la réflexion stratégique, le financement. Le représentant du ministre de la Pêche, le conseiller technique n°1, Babacar Banda Diop, a indiqué que la variabilité climatique pour le secteur de la pêche et de l’aquaculture est bien définie dans un document de planification de l’adaptation dans les orientations de la pêche et de l’économie maritime à l’horizon 2035, tout en saluant l’appui de l’Usaid Comfish qui a offert cette opportunité.

Souleymane Diam SY

 

Après 57 ans d’attente, les populations du département de Médina Yoro Foulah voient enfin leur rêve se réaliser. Les travaux de bitumage de la boucle du Fouladou vont bientôt démarrer.

Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, a procédé, hier, à Médina Yoro Foulah, au lancement des travaux de bitumage de la boucle du Fouladou qui relie Kolda à Dabo, en passant par Pata, Médina Yoro Foulah et Fafacourou, longue de 208 kilomètres. Le montant total du financement des travaux, qui sont réalisés dans la mise en œuvre du Programme prioritaire de désenclavement, est estimé à  52 milliards de FCfa pour une durée de 24 mois. Pour la première phase, le coût des travaux qui seront exécutés dans le Programme prioritaire de développement (Ppd), est estimé à plus de 23,506 milliards de FCfa, dont 13,5 milliards de la Banque ouest-africaine de développement (Boad). Le tronçon Médina Yoro Foulah – Pata, long de 33 kilomètres, dont les travaux vont démarrer incessamment, sera bitumé en priorité. Il sera suivi par l’axe Kolda-Pata (66 km) tandis que la route Médina Yoro Foulah-Dabo, via Fafacourou, sera réalisé en dernier lieu. « C’est avec un immense plaisir que je viens ici aujourd’hui, pour le lancement des travaux de la boucle du Fouladou qui va conforter la région de Kolda dans son rôle de carrefour commercial et économique à la confluence des grandes localités nationales de la sous-région. C’est aussi, avec une vive émotion que je préside cette cérémonie qui marque le démarrage des travaux de la boucle qui, je le rappelle, est le seul département qui n’a pas de route bitumée comme les populations le rappelaient assez souvent et à juste titre. Il serait donc heureux de vous offrir ce magnifique ouvrage, dans quelques mois», déclare Abdoulaye Daouda Diallo.

Des mesures d’accompagnement sont également prévues pour les populations des villages traversés par l’axe Kolda – Dabo, notamment la construction de postes de santé et de murs de clôture pour les écoles et les mosquées, la réalisation de forages pour l’approvisionnement en eau potable, l’aménagement de périmètres maraîchers et des mares pastorales pour le bétail et la construction de pistes connexes, entre autres. La réalisation de la boucle du Fouladou permettra à une cinquantaine de villages du département de Médina Yoro Foulah de sortir de l’enclavement. L’Etat prévoit également la construction d’autres infrastructures routières  dans les trois régions de la Casamance naturelle dont les boucles de Boudjé et du Kalounay, situées respectivement dans les départements de Sédhiou et de Bignona et le bitumage du tronçon Kolda - Salikégné qui relie le Sénégal à la Guinée-Bissau, entre autres.                                                          

Mamadou Aliou DIALLO

 

Depuis quelques années, le Sénégal a gelé les importations de la viande de volaille. Cependant, le gouvernement semble être dans les dispositions de rouvrir ses frontières. Le directeur de cabinet du ministre du Commerce, Augustin Faye, qui s’est exprimé sur cette question, hier, en marge d’un séminaire sous-régional sur la législation communautaire de la concurrence, a informé que «le ministère du Commerce est en train de se préparer à cette ouverture ». «Cette ouverture est inéluctable si nous voulons être en phase avec nos engagements commerciaux internationaux. Ce sera un travail d’équipe qui va consister à accompagner l’ensemble des acteurs », a annoncé le directeur de cabinet du ministre du Commerce.

Augustin Faye rappelle que le Sénégal avait opéré des restrictions sur l’importation de la viande de poulets depuis l’apparition de la maladie de la grippe aviaire avec comme résultat : « un secteur de la volaille qui devient de plus en plus compétitif ». Toutefois, il souligne qu’aussi bien les règles communautaires que celles de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) imposent au Sénégal cette réouverture des frontières terrestres pour l’importation de la viande de volaille dans notre marché. « Le problème n’est pas de se focaliser sur un marché domestique, mais c’est de s’ouvrir à l’extérieur pour davantage accroître le pouvoir d’achat ou la compétitivité de nos entreprises. C’est tout l’effort que l’Etat, en collaboration des partenaires techniques comme l’Uemoa, peut fournir pour mettre à niveau ses producteurs afin qu’ils puissent affronter cette ouverture du marché.

A. Ng. NDIAYE



Pour doter les pays membres de l’Uemoa d’un marché sous régional fort, le directeur de cabinet du ministre du Commerce recommande la mise en place d’institutions de concurrence fortes et indépendantes. Augustin Faye présidait, à Dakar,  la cérémonie d’ouverture d’un séminaire régional sur la législation communautaire de la concurrence qui se déroule du 18 au 22 juin.

Le directeur de cabinet du ministre du Commerce préconise la mise en place, dans les Etats de l’Uemoa, d’institutions de concurrence suffisamment fortes et indépendantes afin de prendre en charge les tâches relatives à la régulation concurrentielle. Augustin Faye qui présidait, hier, à Dakar, un séminaire régional sur la législation communautaire de la concurrence à l’intention des magistrats des juridictions nationales et des responsables des autorités de concurrence estime que c’est à travers cette perspective que les pays de l’Uemoa pourraient disposer d’un environnement concurrentiel rationnalisé.

Cependant, la mise en place de ces institutions, dira-t-il, nécessite un renforcement des capacités des autorités de concurrence par l’amélioration conséquentes de leurs ressources financières et humaines et de leurs aptitudes techniques. En effet, pour mieux renforcer la compétitivité des activités économiques des Etats membres de l’Uemoa, M. Faye indique qu’il est nécessaire de mettre en œuvre certaines règles de bonnes pratiques pour « réguler les comportements des agents économiques ».

Par ailleurs, pour le représentant résident de la Commission de l’Uemoa à Dakar, Dossolo Diarra, il faut veiller sur la transparence des règles de concurrence et sur la totale clarté de leur application. A défaut, dit-il, «le risque est important de voir se développer des distorsions sur le marché liées au comportement des entreprises et des Etats membres ».

De tels risques,  ajoute M. Diarra, seraient préjudiciables à l’efficacité économique et à l’intérêt des consommateurs. «Ce séminaire vise à informer les participants sur les enjeux liés à l’application des lois et des principes de la concurrence dans une économie de marché et à doter les autorités de régulation de la concurrence et des magistrats appeler à examiner ces règles d’outils nécessaires à l’appréciation des contentieux soumis à leur examen », informe Dossolo Diarra.

Le directeur de cabinet du ministre du Commerce, Augustin Faye, rappelle que depuis l’entrée en vigueur des textes sur la concurrence, des efforts restent à faire pour promouvoir un environnement suffisamment concurrentiel.
Pour cela, il pense qu’il serait judicieux de procéder à une révision de la législation sur la concurrence afin de mieux définir la répartition des compétences entre la Commission de l’Uemoa et les commissions nationales de concurrence.
Cette révision  va permettre de déterminer, dans le même sillage, les règles de concurrence à l’intérieur des marchés de l’Union. «Il ne subsiste aucun doute sur l’importance du droit de la concurrence dans le développement de nos Etats. Il faut donc renforcer les acquis et accélérer les réformes relatives à la construction d’un marché régional dynamique porteur de croissance et de développement pour nos économies », recommande Augustin Faye.            

Aliou Ngamby NDIAYE

 


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