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Affaires et Finances (3294)

Compte tenu de la malnutrition qui selon l’Oms, est la cause directe et indirecte d’un tiers des décès des enfants de moins de 5 ans au Sénégal, le coordonnateur de la cellule de lutte contre la malnutrition pense que le projet laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte de l’Ita est une opportunité. «La transformation alimentaire constitue un des piliers essentiels de cette nouvelle politique de l’Etat du Sénégal de lutte contre la malnutrition. Qu’elle soit industrielle ou locale, ce pilier prend en compte l'ensemble des efforts visant à transformer les matières premières issues de l’agriculture, de l'élevage ou de la pêche en produits alimentaires destinés essentiellement à la consommation humaine. La transformation est le procédé qui garantit la qualité des aliments sous tous ses aspects», estime Abdoulaye Kâ. Pour ce dernier, la transformation des aliments a un impact réel et un intérêt certain pour la nutrition. Elle permet de diversifier le régime alimentaire des ménages, de conserver les aliments sur des périodes prolongées, de contribuer à améliorer la sécurité alimentaire des ménages par la constitution de réserve en prévision des périodes de soudure, d’améliorer la santé et la nutrition des ménages, de garantir l’autonomisation des femmes grâce aux revenus qu’elle procure etc.

Dans ce sens, le projet de l’Ita et de ses partenaires permet aussi un transfert de compétences auprès des Pme/Pmi pour la transformation alimentaire. C’est ainsi que le Gie Touba Darou Salam est premier bénéficiaire pour la fabrication de farines enrichies instantanées. Cette Pmi spécialisée dans la valorisation des céréales locales est dirigée par Astou Gaye Mbacké, épouse du défunt Khalife général des mouride Serigne Mouhammadou Bara Mbacké. Cette dernière a été aussi distinguée comme pionnière des femmes entrepreneures rurales par le président Macky Sall.

O.KANDE

 

Pour contribuer à la gestion du stock post-récolte, le projet de laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte (Fpl) de l’Institut de technologie alimentaire (Ita) a réalisé de bons résultats. L’Ita, en collaboration avec des universités américaines, a pu réaliser une extrudeuse adaptée à la transformation des produits agricoles locaux et travaille à la mise au point de produits locaux à l’image des farines enrichies.

L’institut de technologie alimentaire(Ita) a tenu, hier, la rencontre annuelle du projet laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte (Fpl). Ce projet est financé par l’Usaid. Lors de cette rencontre qui a vu la participation des universités américaines de Perdue, de Kansas, de Caroline du Nord, de l’Université de Pretoria de l’Afrique du Sud, d’Aldoret au Kenya, entres autres, le bilan à mi-parcours de ce projet a été fait. Le directeur général de l’Ita, Dr Mamadou Amadou Seck, a rappelé que le projet Fpl travaille à la mise au point de produits de haute valeur ajoutée à l’image des farines enrichies pour contribuer à la gestion post-récolte de nos productions agricoles. Une composante importante car selon une étude de l’Usaid, la consommation nationale des farines infantiles s’élevait à 90.000 tonnes par an au Sénégal dont 90% étaient importées. Il était ressorti aussi de cette étude que la préférence des consommateurs portait sur les farines enrichies instantanées qui étaient exclusivement importés. C’est sur cette base, selon M. Seck, que l’Ita a travaillé avec ses partenaires des universités étrangères sur la conception et la réalisation d’une extrudeuse adaptée à la transformation des produits agricoles locaux. Ces farines instantanées sont aussi fortifiées avec d’autres matériaux végétaux locaux riches en micronutriments pour renforcer l’état nutritionnel et la santé des populations vulnérables.

Le directeur scientifique de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), Elhadji Traoré, a apprécié les résultats positifs de ce projet, quatre années après son lancement car, dit-il, les céréales constituent la base alimentaire des populations sénégalaises. Dr Elhadji Traoré laisse entendre, dans ce sens, que le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, avec le projet des corridors céréaliers, a fait d’importants efforts pour améliorer la productivité et la production agricoles des principales cultures comme le riz, le mil, le sorgho et le maïs. Cependant, regrette-t-il, d’importantes pertes quantitative et qualitative des produits sont enregistrées en post-récolte soit 20 à 50% de la production globale, à cause des mauvaises conditions de manutention et de stockage. «C’est pourquoi, en collaboration avec les institutions de recherches, l’Isra conduit des recherches et des renforcements de capacités des acteurs pour la réduction des pertes post-récolte dans les départements de Vélingara et Kolda», explique le directeur scientifique de l’Isra, dans la mise en œuvre de ce projet Fpl de l’Ita.

Réduire les pertes agricoles
Le directeur de cabinet du ministre de l’Industrie et de la Petite et moyenne industrie, Pathé Ndiaye, a félicité l’Ita et ses partenaires qui ont permis la conception et la réalisation d’une extrudeuse adaptée à la transformation des produits agricoles locaux. «C’est l’occasion, au nom du gouvernement du Sénégal, de remercier l’Usaid pour ces nombreuses actions d’appui au développement de notre pays, qui s’illustre encore par le financement de ce projet dans le Programme Feed the Feature. L’Usaid a contribué au programme de développement du Sénégal relatif à la sécurité alimentaire nutritionnelle des populations ainsi qu’à leur résilience», soutient M. Ndiaye.

Le conseiller du Premier ministre en Agriculture, Fallou Diémé, a indiqué que ce projet de l’Ita est en phase avec les objectifs du Pse dans le domaine de la production agricole et de la transformation alimentaire. Pour lui, la mise en œuvre du projet laboratoire de l’innovation, de la transformation alimentaire et de la gestion post-récolte permettra de produire 50.000 tonnes de céréales pour près de 7 milliards de FCfa de revenus. Pour cela, il est important, après les productions agricoles, de travailler sur la transformation de ces produits, car même si l’agriculture crée  de nombreux emplois, ceux durables et les mieux rémunérés sont créés par l’industrie de la transformation agricole.

Oumar KANDE

 

Les Nations unies viennent de consacrer, mardi dernier, la Journée internationale des envois de fonds à la famille sur initiative du Fonds international de développement agricole (Fida).

En 2017, 200 millions de travailleurs émigrés ont envoyé 481 milliards de dollars Us vers des pays tributaires de ces transferts, dont 466 milliards de dollars Us en direction de pays en développement, contribuant ainsi à soutenir quelques 800 millions de personnes dans le monde. Selon un communiqué du Fonds international de développement agricole (Fida), ce volume représente plus de trois fois le montant annuel de l'aide publique au développement. Selon les estimations de ce Fonds, 6.500 milliards de dollars Us seront ainsi envoyés vers les pays en développement entre 2015 et 2030, et le nombre d’expéditeurs et de destinataires concernés dépassera un milliard. « Près de la moitié de ces fonds seront envoyés vers des zones rurales, où la pauvreté et la faim sont les plus aiguës », précise le document. D'après le Fida, les familles bénéficiaires dépensent environ 75% des fonds envoyés pour satisfaire des besoins élémentaires. La même source précise que les 25% restants, soit plus de 100 milliards de dollars Us, pourraient être investis dans des actifs financiers et physiques comme de l'épargne ou la création de petites entreprises qui aideraient ces familles à construire leur avenir. On estime que 20 milliards de dollars Us supplémentaires seraient disponibles pour les familles dans les pays en développement si la cible de 3% de frais fixée par la communauté internationale dans l'objectif de développement durable n°10, réduire les inégalités, était atteinte, précise la note. « Si elles disposent d'options de placement appropriées, adaptées à leurs circonstances et objectifs, les familles destinataires investiront davantage et deviendront des agents du changement au sein de leur communauté », a déclaré le président du Fida, Gilbert F. Houngbo. M. Houngbo.

Selon Pedro De Vasconcelos, spécialiste supérieur des envois de fonds au Fida, les technologies mobiles et les monnaies numériques pourraient radicalement transformer ces marchés en réduisant le coût et le temps exigés par les envois de fonds, en particulier vers les zones rurales. C’est dans cette perspective que l’Assemblée générale de l’Onu a adopté, mardi passé, la résolution consacrant la Journée internationale des envois de fonds à la famille, sur initiative du Conseil des gouverneurs du Fida. Pour Gilbert F. Houngbo, président du Fida, la résolution met en lumière le fait que les envois de fonds jouent un rôle essentiel dans le développement durable. Lors de la célébration de cette journée le 16 juin passé, M. Houngbo a appelé « à poursuivre la mobilisation pour que les familles recevant des fonds de travailleurs émigrés construisent, pour elles-mêmes et leur communauté, un avenir durable ». En mai, à Kuala Lumpur, plus de 400 décideurs, représentant les secteurs public et privé, la société civile et le Fida, ont assisté au Forum mondial sur les transferts d'argent, l'investissement et le développement. Ils ont formulé des recommandations visant à faire des envois de fonds un véritable moteur de développement. Voilà plus d'une dizaine d'années que le Fida s'emploie à accroître l'incidence des envois de fonds sur le développement à travers des projets innovants dans plus de 45 pays.

S. Diam SY

 

Le chantier du pont de Farafégné sur le fleuve Gambie avance à grands pas. L’ouvrage, fruit d’un partenariat entre le Sénégal et la Gambie, pourrait être réceptionné en décembre prochain. Une mission conduite par le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, s’est rendue, hier, sur place, pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux, en présence de la partie gambienne.

Le passage du fleuve Gambie pour les voyageurs en partance pour la région méridionale est, aujourd’hui, largement tributaire des désertes irrégulières du bac de Farafégné. Une situation qui pourrait, sous peu, changer avec la fin des travaux du pont de la Transgambienne. Le projet, initié par les deux pays frontaliers, évolue favorablement. Depuis le wharf de Yellitemba, une silhouette majestueuse se profile à l’horizon, soutenue par de puissants pylônes enfoncés dans les profondeurs des eaux du fleuve Gambie. Jonchée sur 18 mètres au-dessus du niveau du fleuve, la structure de base de l’ouvrage, qui enjambe le plan d’eau, offre l’image d’un vaste capharnaüm. Des grues géantes posent méthodiquement des blocs de béton le long des accotements. Montés sur des barges, des ouvriers, reconnaissables à leurs gilets fluorescents, entourent une bétonnière travaillant en plein régime.

L’arrivée de la délégation sénégalaise, conduite par le ministre Abdoulaye Daouda Diallo, accompagné du directeur général de l’Agéroute, impose une pause  de quelques minutes dans ce ballet incessant entre les deux rives du fleuve Gambie. La partie sénégalaise est venue pour une visite de chantier dans ce projet phare de l’intégration sous-régionale. Une infrastructure dont les travaux ont été lancés en février 2015 et qui devrait permettre une meilleure circulation des personnes et des biens de Dakar à Bissau, en passant par Banjul. Un enjeu qui n’a pas échappé aux autorités des deux pays décidées à matérialiser cette attente forte des populations sénégambiennes. « Nous avons reçu des instructions expresses des deux Présidents pour réaliser, dans les meilleurs délais, ce pont symbole des liens séculaires entre le Sénégal et la Gambie et qui va être une première dans la sous régional. Il faut se réjouir que cette infrastructure, dont le projet a été porté par les Présidents Macky Sall et Adama Barrow, ait bénéficié du soutien financier de la  Banque africaine de développement (Bad) pour sa réalisation », a déclaré le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Abdoulaye Daouda Diallo, à l’issue de sa visite qui a pris fin à la base de vie de la société Arezki dans la région de Masakonko.

Le ministre Abdoulaye D. Diallo qui a reçu des assurances de l’entrepreneur sur la réception de l’ouvrage en fin d’année a, toutefois, annoncé que le budget initial de 52 millions d’euros va connaître des réajustements à hauteur de 13 autres millions d’euros.

« Des études supplémentaire ont fait état de difficultés non prévues, notamment par rapport aux voies d’accès. Ce qui a entrainé une revue à la hausse du budget global qui va se chiffrer, au final, à un peu plus de 65 millions d’euros », a informé le ministre sénégalais. Ce dernier avait, à ses côtés, son homologue gambien, Baye Ousmane Thioub qui a magnifié la vitalité de l’axe Dakar –Banjul qui traduit, selon lui, l’excellence des relations personnelles entre les  chefs d’Etat du Sénégal et de la Gambie.

Elimane FALL

 

Après avoir échangé pendant deux jours avec le Top management de la Bad, des  journalistes africains, coréens et américains se sont rendus, les 4 et 5 mai dernier, à  Zatta et N’Gbékro. Ces deux villages du district autonome de Yamoussoukro ont bénéficié du projet Saemaul Undong. Un modèle de développement initié en Corée du Sud qui a donné des résultats satisfaisants au grand bénéfice des populations.

Silhouette frêle, Sylvie Zounon est devenue, en un temps relativement court,  une dame épanouie et prospère. De simple paysanne avant 2014, elle est devenue maintenant autonome et dirige une Pme. 

Recevant le 4 mai dernier,  une délégation de la Bad conduite par Olivia Nadine Ndong Obiang et comprenant également des journalistes africains, coréens et américaines, cette mère célibataire de quatre enfants a exprimé sa satisfaction à ses hôtes. Son succès a été rendu possible grâce à la collaboration entre la Bad et ses partenaires comme la Corée dans le projet Saemaul Undong (Su). Zatta, un village du district autonome de Yamoussoukro est, avec N’gbékro, les localités bénéficiaires en Côte-Ivoire du projet Saemaul Undong (Su). D’ailleurs, elle partage cette réussite avec Kouassi Ngoran, un autre agriculteur originaire du village de N’gbékro  et qui a bénéficié des actions du Saemaul Undong. Il dirige,  lui aussi, une Pme et emploie six personnes.  Ce projet a été lancé en 2014 par la Bad, sous l’égide de  la Koafec (Coopération économique entre la Corée et l’Afrique) et à travers l’Institut africain de développement (Iad). Il  a été mis en œuvre par l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader) et supervisé par le comité du village Su élu par les villageois. 

Ce  projet a changé les conditions de vie de cette femme qui exploite un périmètre maraîcher de deux  hectares et demi à la lisière du village de Zatta.  Elle est devenue autonome et parvient à prendre en charge la scolarisation de ses enfants. « Mon fils  ainé est à l’université. Le cadet est en classe de troisième. Je consacre 70% de  mes  bénéfices à la scolarisation  de mes enfants», a confié Sylvie Zounon.  Elle  a  reçu du projet, un prêt de 236.000 FCfa  pour se lancer dans  le maraîchage. Aujourd’hui, pour  rentabiliser son exploitation, elle travaille en coopérative avec Kouadio Kan, un jeune originaire  d’un village voisin. Avec ce  dernier, ils emploient cinq permanents sans oublier les journaliers qu’ils rémunèrent chacun 2.300 FCfa par jour.

Tout a  commencé en 2014, quand ces deux localités ont été  choisies, suite à une sélection.  « Cinq villages présélectionnés par le ministère de l'Agriculture- Zatta, Ngbékro, Seman, Lolobo, Manhounou Akoue. Le choix des deux villages est lié à l’accessibilité et la volonté des populations », a expliqué Dr Miaman Koné, directeur des études et de la consultance de l’Anader. Le choix fait, il y a eu la formation des formateurs à Séoul en Corée sur la philosophie Su  des représentants du  ministère de l’Agriculture, de l’Anader,  des leaders des Comités villageois. Ensuite, c’est la  formation des villageois sur les techniques agricoles innovantes; la maçonnerie; la comptabilité ; la tenue de livres; la  dynamique de groupe; la gestion de l'environnement et la cohésion sociale. « Su est un projet particulier. Dans le passé, on déroulait un projet sans consulter les populations.  Pour celui-ci, nous avons décidé de ce que nous  voulions », a rappelé Kouadio Amani Hervé, le président  du Su de Zatta. « Nous avons listé nos besoins qui ont pour nom foyer, accès  au financement, construction d’une école maternelle », a-t-il dit.  

Lolobo AttiekeIl  a salué la mise en œuvre de ce projet qui a changé radicalement la vie des villageois de Zatta et de N’gbékro par la réalisation de nombreux édifices. «Aujourd’hui, grâce au Su, notre village est doté d’un foyer moderne de 500 places assises.  C’est ici  que se tiennent désormais, toutes les rencontres. Nous avons une école  maternelle sans oublier  l’accès au financement et un marché moderne.  Ce qui permet de se lancer dans des activités comme  l’agriculture »,  se félicite-t-il. M. Kouadio a souligné qu’avant le projet,  beaucoup de jeunes ne travaillaient pas, maintenant, avec la coopérative, beaucoup trouvent leur compte. « Le projet nous a dotés des édifices dont on avait besoin. Il y a aussi le travail en coopérative, la formation sur les techniques agricoles, le renforcement des liens d’amitié entre les  populations, l’autonomisation, la  création d’emplois », dit-t-il avec fierté.

Changement de mentalités
Le village est doté d’une école primaire avec trois salles de classe; des logements pour les enseignants ; une garderie; quatre hectares de fermes de manioc et 160 hectares de fermes de tomates; un centre de jeunesse avec un bureau et un siège pour les opérations de micro finance du village; un marché avec six latrines. Ce village a reçu un financement de 90 millions de FCfa. 

Au cours de la visite dans ce village de plus de 8.000 habitants et situé à 15 Km à l’ouest de Yamoussoukro,  la délégation de la Bad s’est rendue successivement au foyer des jeunes, à l’école maternelle, à l’école  élémentaire. Dans ces différents endroits, les bénéficiaires ont salué l’impact du projet dans la vie des populations. « La construction de cette garderie est une  initiative à saluer. Maintenant que nos enfants vont à l’école, nous pouvons nous consacrer à nos activités tranquillement », confie  Kouakou Brou Eugénie, une parente d’élève. 

« Grâce au projet qui a réhabilité trois salles de classes dans notre établissement, le cadre de travail est agréable », note Dié Ndri Joseph, le directeur de l’école primaire de Zatta 3. 

Après Zatta, c’est autour de  N’gbékro  d’accueillir la visite de la délégation de la Bad. Ce village avec une population estimée à 3.000 habitants, est situé à 12  Km de Yamoussoukro. Pour ce projet, il a reçu un financement de 100 millions de FCfa.  Ce qui a permis de réaliser un barrage d'irrigation ; une école primaire avec trois salles de classe; 12 latrines; des logements pour les enseignants ; un centre médical ; quatre hectares de fermes de manioc ; une ferme avicole.  En plus, 67 membres des comités villageois  de ces deux localités ont été formés à la gestion financière. 155 bénéficiaires dont 72 femmes (46%), ont eu des prêts à hauteur de 16.045.500 de FCfa. « Avant le projet, je faisais le maraîchage sur une petite parcelle.  Maintenant, je travaille sur un hectare et demi. J’ai reçu un prêt de 200.000 FCfa. Je prévois une extension sur quatre hectares »,  note  Kouassi Ngoram qui dit écouler sa production sans difficultés grâce à l’appui de l’Anader. « Grâce au projet, notre village est en train de prendre le train du développement. La nouvelle mentalité inculquée par la Corée a permis de redynamiser la solidarité », souligne, à son tour, Ndri Kouassi Moïse, le président du comité Su de N’gbékro. 

De notre envoyé spécial à Yamoussoukro : Aliou KANDE

FILIÈRE « ATIÉKÉ » : VERS LA MISE EN SERVICE D’UNE UNITÉ DE TRANSFORMATION À LOLOBO
La délégation de la Bad a terminé, le 5 mai dernier, sa visite des villages du district autonome de Yamoussoukro par  Lolobo. Ce village est situé sur l’axe Yamoussoukro-Bouaké. Dans cette localité, la Bad a prévu d’appuyer les coopératives qui s’activent dans la production de « athiéké », spécialité culinaire faite à base de manioc et très prisée en Côte-d’Ivoire.  « Nous  voulons moderniser  la production du «atiéké ».  Comme vous avez pu le constater, la transformation se fait de manière traditionnelle. Les déchets sont déversés dans la rue. En plus, c’est un travail pénible pour les femmes. C’est ainsi que la Bad a décidé, avec l’Anader, de doter ce village d’une unité moderne », a expliqué Koné Bazoumana, chef de zone de l’Anader à Yamoussoukro. Selon lui, cette unité qui sera opérationnelle bientôt permettra également de produire du «atiéké » en quantité et qualité.  

Aliou KANDE

SAEMAUL UNDONG : UNE INITIATIVE POUR ATTEINDRE LES HIGH 5 DE LA BAD
Les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural en Afrique.  Saemaul Undong met le focus sur la diligence, l’auto-assistance et la coopération. Selon la Bad, il s’agit d’un modèle de développement viable et intégré axé sur la communauté.

L’institution estime que ce modèle est pertinent et applicable pour atteindre ses High 5 en Afrique au niveau de  la communauté locale. Selon la Bad, les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural. La Bad estime que si la philosophie Su est appliquée aux niveaux national et régional, elle aura un effet domino sur la croissance socioéconomique qui est indépendante de l'aide extérieure pour assurer la durabilité du développement. Avant la Côte-d’Ivoire, des modèles SU  ont été mis en œuvre par la Bad  et le Koafec  en Éthiopie et en Rdc avec des résultats intéressants.

A. KANDE

Les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural en Afrique. Saemaul Undong met le focus sur la diligence, l’auto-assistance et la coopération. Selon la Bad, il s’agit d’un modèle de développement viable et intégré axé sur la communauté.

L’institution estime que ce modèle est pertinent et applicable pour atteindre ses High 5 en Afrique au niveau de la communauté locale. Selon la Bad, les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural. La Bad estime que si la philosophie Su est appliquée aux niveaux national et régional, elle aura un effet domino sur la croissance socioéconomique qui est indépendante de l'aide extérieure pour assurer la durabilité du développement. Avant la Côte-d’Ivoire, des modèles SU ont été mis en œuvre par la Bad et le Koafec en Éthiopie et en Rdc avec des résultats intéressants.

A. KANDE

La délégation de la Bad a terminé, le 5 mai dernier, sa visite des villages du district autonome de Yamoussoukro par Lolobo. Ce village est situé sur l’axe Yamoussoukro-Bouaké. Dans cette localité, la Bad a prévu d’appuyer les coopératives qui s’activent dans la production de « athiéké », spécialité culinaire faite à base de manioc et très prisée en Côte-d’Ivoire. « Nous voulons moderniser la production du «atiéké ». Comme vous avez pu le constater, la transformation se fait de manière traditionnelle. Les déchets sont déversés dans la rue. En plus, c’est un travail pénible pour les femmes. C’est ainsi que la Bad a décidé, avec l’Anader, de doter ce village d’une unité moderne », a expliqué Koné Bazoumana, chef de zone de l’Anader à Yamoussoukro. Selon lui, cette unité qui sera opérationnelle bientôt permettra également de produire du «atiéké » en quantité et qualité.

Aliou KANDE

La Fondation Sen’ Finances, à travers l’association internationale des investisseurs dans l’Economie sociale (Inaise), va organiser, du 20 au 22 juin, une première conférence sur l’Economie sociale et solidaire (Ess).

Dakar va abriter, du 20 au 22 juin, pour la première fois en Afrique de l’Ouest, la conférence de l’association internationale des investisseurs dans l’Economie sociale (Inaise). Cette rencontre sera organisée par la Fondation Sen’ Finances, seul membre sénégalais de ce réseau, en partenariat avec le ministère de l’Economie solidaire et de la Microfinance.

Inaise est un réseau international d’organismes ayant pour objectif le financement de projets sociaux et environnementaux. Créé à Barcelone en Espagne, en 1989, à l’initiative de sept organisations financières de l’économie sociale, il a connu une croissance rapide liée au développement du mouvement de la finance sociale et solidaire.

Le thème de la conférence de Dakar est « Finance sociale et solidaire et émergence des continents ».

Pour l’administratrice générale de la Fondation Sen’ Finances, Denise Fatoumata Ndour, l’Economie sociale et solidaire (Ess) est « un secteur en plein essor qui touche des populations défavorisées mais qui fait face à des disparités ». Le concept d’Ess vient, selon elle, « à son heure et dépasse même le secteur de la micro finance parce qu’impliquant d’autres formes de financement qui mettent en avant l’humain, mais surtout le social par rapport à la rentabilité financière ».

L’objectif de la Conférence, précise Denise Fatoumata Ndour, est de créer un espace d’échanges et d’analyse entre participants pour une meilleure compréhension du concept d’Ess et une connaissance de diverses expériences, stratégies et outils de l’Ess notamment en Afrique.

Au cours de la conférence, les participants vont échanger sur quatre axes majeurs de l’Ess : mécanismes de financement de l’Ess, expériences intercontinentales, outils financiers de soutien à l’agriculture et formes de financement innovantes. A l’en croire, les conclusions et les recommandations de la conférence devraient beaucoup servir à l’élaboration de la Lettre de politique sectorielle et du développement de l’Economie sociale et solidaire. Le chargé de communication du ministère de l’Economie solidaire, Ibrahima Diallo, a indiqué que l’Ess est une nouvelle approche qui met le capital humain au cœur du système. Cette thématique est, à son avis, en parfaite phase avec la vision du Plan Sénégal émergent (Pse).

Souleymane Diam SY

La première adjointe au maire de Saint-Louis, Aïda Mbaye Dieng, a souligné, jeudi, la nécessité du dialogue et de la concertation pour que l’exploitation pétrogazière puisse répondre aux attentes et intérêts des populations sénégalaises.

Le dialogue et la concertation "sont utiles pour favoriser une bonne exploitation du pétrole et du gaz’’, et pour qu’à travers "une meilleure connaissance des techniques de plaidoyer et de lobbying, les acteurs soient "mieux outillés afin de sensibiliser les décideurs et les compagnies (...) pour la préservation des intérêts des populations". Mme Mbaye intervenait lors de la cérémonie de clôture d’un atelier organisé par l’Association pour la recherche-action, le développement et l’environnement dans le Sahel (Arades), en collaboration avec l’Ong Oxfam et Enda Diapol.

 Cet atelier de renforcement de capacités en hydrocarbures et en réglementation minière, a enregistré la participation de 80 personnes, élus locaux, membres de la société civile et journalistes. Il a ainsi permis de renforcer les capacités des participants qui doivent, à leur tour, porter le plaidoyer afin ’’d’amener les Etats, décideurs et exploitants, à prendre en charge les préoccupations des personnes impactées par ces exploitations gazières et minières’’, a indiqué Abibatou Ba Fall, présidente de l’Association pour la recherche-action, le développement et l’environnement dans le Sahel. Selon Mme Fall, ’’les enjeux et impacts économiques et sociaux des exploitations minières et gazières nécessitent des stratégies et des actions d’information et de sensibilisation, pour que les populations soient bien imprégnées" de ces questions.  Elle signale qu’avec la perspective de l’exploitation pétrogazière, les pêcheurs de Saint-Louis, par exemple, ont "des inquiétudes par rapport à la préservation de leurs activités", raison pour laquelle "on doit les écouter et trouver des alternatives à leurs préoccupations (...)’’.

 En perspective de l’exploitation pétrogazière, annoncée au Sénégal pour 2021-2023, "des fonds de compensation’’ pourraient être mis en place au bénéficie des communautés impactées, a préconisé Abibatou Bâ Fall. Entre 2014 et 2016, d’importantes découvertes de pétrole et de gaz ont été faites au large des eaux sénégalaises et à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal.

 En février, le Sénégal et la Mauritanie ont conclu un Accord de coopération internationale (Aci) portant sur l’exploitation du gisement gazier offshore commun "Grand Tortue-Ahmeyim" (Gta) de 450 milliards de mètres cubes à partir de 2021, lequel accord a été approuvé par les députés sénégalais, début juin.  Il permettra ainsi au découvreur américain Kosmos Energy et à la major britannique British petroleum (Bp) de décider, au cours de cette année, le lancement de l’exploitation d’un gisement estimé à 450 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent de 14% des réserves de gaz nigérianes. La multinationale pétrolière britannique envisage de faire ses premières livraisons de gaz sur le marché mondial à l’horizon 2021. Le gisement Grand-Tortue, considéré comme l’un des plus importants gisements d’Afrique de l’Ouest, pourrait générer 700 milliards de mètres cubes de gaz, selon la compagnie pétrolière.

 Dans le but de produire ses premières quantités de gaz naturel liquéfié, Bp va installer sa première usine de liquéfaction de gaz naturel - une barge flottante - à la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, à huit kilomètres de Saint-Louis.

APS

Dans le transport aérien, la concurrence est très bénéfique pour la croissance du trafic et la baisse du prix des billets d’avion. C’est ce qui pousse Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair, à dénoncer les accords bilatéraux sur l’aérien pour « libérer les entraves aux échanges de passagers et de marchandises ».  

« Trop de pays africains subissent un carcan réglementaire par des accords bilatéraux qui datent de plusieurs décennies. Nous croyons au développement du transport aérien pour libérer les entraves au développement économique à travers des échanges de passagers et de marchandises. Nous sommes ouverts à des accords dits « de ciel ouvert » ». Ainsi plaide Pascal de Izaguirre, Pdg de Corsair qui avait convié à Paris, du 4 au 6 juin, une dizaine de journalistes sénégalais à un voyage de presse. La remise en cause des accords bilatéraux est l’un des axes de la communication offensive de Corsair pour continuer d’exister au Sénégal où la compagnie française exploite 7 vols au départ de Paris pour Dakar par semaine, tout comme à Abidjan.
 
Importance du marché sénégalais
Depuis janvier 2018, la compagnie française dessert Bamako (Mali) deux fois par semaine. Pour Pascal de Izaguirre, l’Afrique souffre, aujourd’hui, de ses accords aériens qui n’existent que sur notre continent. « Beaucoup de pays (africains) ne peuvent pas développer des échanges à cause de ces accords », a-t-il poursuivi. Pour argumenter sa conviction, le Pdg de Corsair donne l’exemple de la présence de sa compagnie sur le tarmac des aéroports sénégalais, ivoirien et malien.

« L’arrivée de Corsair au Sénégal (depuis 1993) a provoqué une explosion du trafic aérien, une chute du prix du billet d’avion et a démocratisé le voyage et le fret. Tui France (dont Corsair est une filiale) est le premier tour operator à envoyer, en nombre, des touristes au Sénégal avec nos installations à Saly ». Le poids du marché français sur l’axe Paris – Dakar  est de 78%, alors que le poids du marché sénégalais est de 22%. Le Sénégal a donc une importance capitale pour Corsair qui, en retour, participe au développement du tourisme au Sénégal, au départ de Paris. Ainsi, l’arrivée de Air Sénégal Sa n’est pas « une mauvaise chose », selon la direction de Corsair. La compagnie aérienne française se dit « prête » à travailler avec la compagnie sénégalaise sans en préciser les contours. C’est une collaboration qui pourrait porter sur le marché intérieur sénégalais. L’Afrique a besoin de « libérer les énergies », « d’abolir les frontières », de « faire tomber les barrières » pour favoriser le développement du transport aérien. Une vision que Pascal de Izaguirre va certainement défendre lors de sa communication au forum « Africa Convergence » qui se tiendra à Dakar du 21 au 22 juin prochain. Corsair, c’est 470 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 1,2 million de passagers et 17 000 tonnes de fret transportés par an.

Moussa DIOP, envoyé spécial à Paris (France)

La localité de Sinthiou Mbadane Peulh, dans le département de Mbour, a abrité, mardi, la cérémonie de lancement de son projet orange énergie. Une trouvaille du Groupe Sonatel pour l’électrification des zones rurales du pays à travers l’équipement des foyers en kits solaires qui vont permettre de faire face aux besoins primaires en énergie.

Dans le combat pour la couverture nationale en énergie, le Groupe Sonatel vient apporter sa contribution. Il a lancé, mardi, à Sinthiou Mbadane Peulh, orange énergie pour combler le déficit énergétique du pays. Conscient du potentiel des énergies renouvelables et souhaitant contribuer aux ambitions de souveraineté énergétique du Sénégal, le Groupe de téléphonie investit ainsi les localités rurales. Ce, à travers la mise à disposition d’un kit comprenant un panneau solaire relié à une batterie permettant l’alimentation d’équipements comme les lampes Led, les chargeurs de téléphones, des postes radios et un téléviseur. Pour le directeur général de Sonatel, Sékou Dramé, il s’agit de venir en appoint à l’Etat du Sénégal, dans ses efforts pour une couverture totale du pays. « Quand on regarde le potentiel énergétique du pays et la technologie ayant beaucoup évolué, on a aujourd’hui une réelle opportunité d’apporter cette technologie aux populations et contribuer ainsi à l’accès à la souveraineté énergétique du pays », a-t-il estimé. M. Dramé ajoute que c’est un projet pilote que Sonatel déroule dans un premier temps dans les départements de Mbour et Fatick pour voir comment les populations vont réagir à cette offre. « Et si le projet est concluant, nous envisageons une mise à l’échelle ».

Pour cette première phase, il renseigne que 1.000 kits sont disponibles et seront commercialisés dans ces deux localités. « Nous envisageons une période pilote de trois à six mois dépendamment des résultats que nous aurons. Et d’ici à la fin de l’année, notre objectif est d’être en situation de lancer l’offre sur toute l’étendue du territoire si les conditions le permettent ». Ainsi donc à travers ce projet de commercialisation de kits solaires, le groupe cherche non seulement à proposer des solutions simples et accessibles, mais aussi à participer à l’amélioration des conditions de vie des populations en satisfaisant leurs besoins de base comme l’éclairage ; ce qui entre en droite ligne avec les orientations définies par le Pse.

Orange énergie permettra, selon ses initiateurs, à travers deux options de kits solaires, de donner accès à chaque foyer à des équipements pour s’éclairer, recharger son téléphone et regarder la télévision. Et pour démocratiser l’accès à ces kits solaires au monde rural, nous proposons un mode de paiement par tempérament qui offre aux clients de rembourser les kits sur trois ans et pour moins de 200 FCfa par jour sur une durée de 36 mois. Une méthode qui a fait ses preuves en Afrique de l’Est notamment au Kenya, en Ouganda mais encore au Rwanda et à travers laquelle Sonatel veut réaffirmer son double engagement aux côtés de l’Etat du Sénégal pour renforcer l’inclusion financière des populations et l’accès à l’électricité qui constituent des axes prioritaires du Pse.

Amath Sigui Ndiaye

La représentation de l’Agence française de développement (Afd) au Sénégal a fait le bilan de ses activités pour 2017. Selon sa directrice, Laurence Hart, au cours de cette année, l’institution a financé 13 projets pour un montant de 214 millions d’euros, soit environ 140 milliards de FCfa.

La directrice du bureau de l’Agence française de développement (Afd) au Sénégal a présenté, hier, le bilan de ses activités pour 2017. Selon Laurence Hart, au cours de cette année, la structure a financé 13 projets pour un montant global de 214 millions d’euros, soit près de 140 milliards de FCfa. Elle rencontrait la presse en compagnie de Philippe Chedanne, directeur régional grand Sahel de l’Afd. « Le Sénégal est un pays prioritaire pour l’Afd. C’est pourquoi, nous mobilisons toute notre gamme de financement», a expliqué Mme Hart. Il s’agit de financements variés dont 140 millions d’euros en prêt souverain ; 54 millions d’euros de fonds délégués et 20 millions d’euros pour le secteur privé. Pour les projets financés, poursuit la directrice du bureau de l’Afd, le secteur de l’agriculture est bien pris en compte (32 millions d’euros pour le projet Apefam et 47 millions d’euros pour celui de Tiers Sud). Le secteur de l’eau et de l’assainissement n’a pas été en reste. Dans cette rubrique, l’Afd a mobilisé 41 millions d’euros pour l’aide budgétaire sectorielle eau, 15 millions d’euros pour la lutte contre les inondations et 0,6 million d’euros pour l’hydraulique dans la région de Matam. Les financements de l’Afd ont également touchés les énergies renouvelables, dont 51,65 millions d’euros ont été destinés au projet Smartgrids. Il y a également la diaspora sénégalaise avec un financement de 11,35 millions d’euros. Laurence Hart a, en outre, précisé que l’Afd a, depuis 2007, engagé un volume d’investissement de 1,6 milliard d’euros au Sénégal. Actuellement, l’Afd exécute 47 projets pour 69 conventions de financement dans notre pays.
 
1,6 milliard d’euros en dix ans
Concernant le financement du Pse, sur un engagement de 400 millions d’euros pris par l’Afd au Groupe consultatif de Paris en 2014, elle renseigne qu’à la date du 31 décembre dernier, le montant est évalué à 700 millions d’euros.

Pour 2018, l’Afd se lance dans un fort engagement en faveur de l’éducation notamment en soutenant les efforts du gouvernement dans le Partenariat mondial pour l’éducation dont la dernière conférence s’est tenue en février dernier à Dakar. Les autres priorités de l’institution au Sénégal pour cette année concernent également la décentralisation, la lutte contre l’érosion côtière à Saint-Louis, la baie de Hann.

Mme Hart a indiqué qu’en 2017, l’Afd a franchi le cap de 10 milliards d’euros d’engagements dans le monde. « En 2017, on a noté une progression de nos activités avec 10,4 milliards d’euros d’engagements dans le monde. C’est un seuil important. Nous voulons le porter à 12 milliards d’euros en 2020 », a-t-elle dit.

Pour le Sahel, l’Afd, informe son directeur régional, a mobilisé au cours des dix dernières années, 4 milliards d’euros dont 1,6 milliard d’euros pour le Sénégal. Selon Philippe Chedanne, au cours de cette période, près de 700 conventions de financement ont été signées.

Aliou KANDE

Après une mise en œuvre de la première phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), le Sénégal prépare activement la deuxième. Un atelier de partage des documents sur l’évaluation environnementale et sociale du projet a été organisé, hier, en présence de tous les acteurs.

Le Sénégal prépare le lancement de la deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao). Les différentes parties prenantes dans la mise en œuvre du projet ont pris part, hier, à la direction des pêches maritimes à un atelier de partage des documents sur l’évaluation environnementale et sociale du projet. Cette étape, selon les acteurs, est indispensable avant l’approbation du projet par la Banque mondiale. Le consultant commis à cet effet a présenté aux acteurs de la chaine le cadre de gestion environnementale et sociale, le cadre politique de réinstallation et le cadre fonctionnel du projet.

L’étude sur le cadre de gestion environnementale et sociale indique que ce projet, dont les principales zones d’intervention sont Dakar, Ziguinchor et Saint-Louis, va permettre « d’améliorer durablement la gestion et la conservation des ressources halieutiques du pays ». « Le projet, à travers une approche inclusive, va allier à la fois les exigences de protection et de conservation des ressources et celles d’amélioration des revenus des communautés et des acteurs concernés, grâce à la mise en application de bonnes pratiques de gestion et de gouvernance responsable », mentionne le consultant dans son rapport. Toujours sur le plan environnemental, l’étude souligne qu’il y a des « impacts positifs potentiels » grâce à la mise en œuvre de « mesures de conservation et de surveillance des écosystèmes ». Ce qui va permettre d’obtenir, dans ces sites d’intervention, un « rétablissement de la productivité biologique » et une « amélioration de la biodiversité ».

La deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao) s’accompagne d’une construction d’infrastructures de pêche modernes. Cependant, même si ces édifices auront des impacts positifs certains en permettant d’améliorer les moyens de subsistance des groupes vulnérables et de rendre plus compétitif le secteur, il n’en demeure pas moins que ces potentiels infrastructures peuvent entrainer des risques environnementaux et sociaux. D’après le rapport d’étude d’impact, l’installation des chantiers et la libération des emprises nécessitent un « défrichement du couvert végétal et pourraient également engendrer différents conflits et des nuisances éventuelles ».

En outre, l’étude a dénombré environ 1020 personnes (physiques et morales) affectées par le projet. Toutefois, elle précise que « ces chiffres sont donnés à titre indicatif ». « Un recensement et une étude socioéconomique spécifique seront nécessaires pour déterminer le nombre précis de personnes affectées, lors de l’élaboration des plans d’actions de réinstallation », indique le rapport. En plus, le document rapporte que la deuxième phase du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest, dans sa mise en œuvre au Sénégal, va affecter des structures et aménagements mis en place dans les sites de débarquements par les acteurs de la pêche artisanale. Les principaux concernés seront surtout les femmes vendeuses et transformatrices de poissons, les réparateurs de pirogues et de moteurs, présage le rapport.

Aliou Ngamby NDIAYE

TROIS QUESTIONS A MARIAMA DALANDA BARRY, COORDONNATEUR NATIONAL DU PRAO : « LE MEILLEUR MOYEN DE GÉRER LA RESSOURCE, C’EST D’ASSOCIER LES ACTEURS »
Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas. L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas.

L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

Pour sa première opération de titrisation à la Brvm, la Cofina, spécialisée dans le financement des Pme, a réussi à lever 16 milliards de FCfa, soit une souscription de 60%. L’institution sollicitait du marché financier régional 10 milliards.

La Compagnie financière africaine (Cofina) a réussi sa première opération de titrisation à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) en levant plus de 16 milliards de FCfa, soit une souscription de 60 %, selon un communiqué en date du 13 juin. Cofina sollicitait le marché boursier régional pour un montant de 10 milliards de FCfa.

Les fonds collectés proviennent de souscripteurs résidant dans différents pays tels que le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Gabon, le Maroc mais aussi l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse. La bonne réponse du marché financier est accueilli comme « un fort intérêt des investisseurs » à l’égard de cette institution de mésofinance (chaînon de la finance située entre la micro finance et les banques traditionnelles).

« Le franc succès de cette opération est bien la preuve que les investisseurs voient en Cofina et dans le secteur de la mésofinance un potentiel encore sous-exploité. Les personnes morales, constituées de compagnies d’assurance majoritairement, représentent 84 % des souscripteurs, signe indiscutable que nous avons la confiance de nos pairs et de nos partenaires. L’argent collecté sera réinvesti dans l’économie réelle pour accompagner les petites et moyennes entreprises à se structurer dans nos pays de la sous-région », a déclaré Jean-Luc Konan, Pdg de Cofina. Fondé en 2013, l’institution de mésofinance s’est donnée comme mission d’accorder des crédits aux Pme qui constituent 90 % des entreprises d’Afrique, mais qui sont confrontées à des difficultés d’accès au financement. Cofina gère un portefeuille de plus de 108.000 clients répartis sur six filiales, elle est présente au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Congo et au Gabon. Son total bilan est de 96 milliards de FCfa.

Malick CISS

La Banque africaine de développement (Bad) lancera, le 20 juin prochain, à Port-Louis, la capitale mauricienne, un rapport phare intitulé « Indice 2018 de réglementation de l’électricité (Ire) ».

Dans un communiqué reçu à notre rédaction, l’institution renseigne que c’est un outil spécial qui mesure le niveau de développement des cadres réglementaires dans les pays africains et analyse leur impact sur les performances dans les secteurs de l’électricité sur le continent. L’Ire, précise-t-on, sera lancé en marge du Forum africain sur l’énergie qui aura lieu du 19 au 22 juin prochain à Port- Louis. Il a été établi à partir d’informations recueillies auprès d’organismes régulateurs du secteur de l’électricité et de compagnies d’électricité de 15 pays africains. Grâce à son initiative «New Deal pour l’énergie en l’Afrique », la Bad s’est donnée pour objectif d’atteindre, d’ici à 2025, l’accès universel à l’électricité sur le continent.  Pour y parvenir, elle souligne que des investissements privés importants, dans les secteurs de l’énergie et de l’électricité des pays africains, seront nécessaires. «Un cadre réglementaire solide dans le secteur de l’électricité fondé sur l’état de droit et régi de manière transparente et efficace sera indispensable pour mobiliser les financements de première importance », lit-on dans le document. En outre, poursuit la Bad, une évaluation périodique des organismes régulateurs telle qu’elle est menée dans de nombreux pays développés permettra de détecter, de manière précoce, d’éventuels problèmes et lacunes, et d’y remédier rapidement.

Aliou KANDE

Selon le président du Conseil régional de l’épargne publique et du marché financier (Crepmf), Mamadou Ndiaye, un Etat gagnerait plus à solliciter le marché financier parfois que de puiser dans ses ressources propres pour financer un projet de développement. Aussi, ajoute-t-il dans cet entretien, le fait pour un pays de solliciter le marché financier international avec succès montre que le pays émetteur est de bonne qualité, estime-t-il, pour relativiser une certaine idée selon laquelle des pays africains comme le Sénégal qui sollicitent le marché, s’endettent à un rythme inquiétant.

Le Crepmf était à Dakar du 04 au 05 juin 2018. Quel était l’objet de votre présence à Dakar ?
L’objet principal de notre séjour à Dakar était la tenue de la 75eme session ordinaire de notre organe. En marge de cette session, nous avons organisé une journée de sensibilisation et d’information sur le marché financier régional. Le Crepmf a saisi l’occasion de sa présence à Dakar pour s’entretenir, avec les étudiants du Cesag, des universités et grandes écoles de commerce sur l’organisation, le fonctionnement et les opportunités qu’offre le marché financier régional. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de sensibilisation visant l’amélioration de la culture financière dans la zone. Cette cible constitue un important relais dans ce processus. En effet, les étudiants de ces établissements constituent les futurs cadres, dirigeants, opérateurs économiques et potentiels investisseurs. A cet égard, je me réjouis de la forte mobilisation constatée durant cette journée de sensibilisation et d’information.

Au cours de ladite session, le Crepmf a examiné une trentaine de dossiers. Il faut noter que nous sommes dans un processus de réforme qui implique la mise à jour de certains textes internes régissant le fonctionnement de l’organe. Concernant les activités du marché financier régional, nous avons examiné et délivré des agréments à de nouveaux acteurs et autorisé de nouvelles opérations de levées de ressources sur ledit marché. En outre, le Crepmf a examiné d’autres dossiers relatifs à certains chantiers de reformes qui devraient contribuer à l’approfondissement et à l’attractivité du marché ainsi qu’à la protection des épargnants.

Comment remplissez-vous votre rôle de gendarme du marché financier ?
Cette mission peut être perçue sous trois angles. D’abord, il y a l’habilitation des acteurs du marché. En sa qualité de régulateur du marché financier régional, le Crepmf agrée les structures centrales du marché, les intervenants commerciaux. Il approuve également les commissaires aux comptes, les agences de notation et les garants. Il a un rôle de contrôle. A ce titre, le Crepmf dispose d’un pouvoir de contrôle et de sanctions pouvant aller d’une mesure administrative à une sanction pécuniaire ou disciplinaire.

Les missions d’inspection et de contrôle effectuées par les services du secrétariat général du Crepmf et le respect par les acteurs des règles déontologiques des acteurs du marché financier régional contribuent à assurer une certaine éthique au sein de notre marché. En outre, la mise en place des mécanismes de protection des épargnants et d’éducation financière contribuent à renforcer la confiance à notre marché. Le Crepmf assure enfin la gestion des contentieux. En vertu de sa mission de protection de l’épargne et de règlementation du marché financier régional, il dispose d’un cadre de saisine de ses services.

Au-delà des intervenants du marché, les épargnants (personnes physiques ou morales) sont également habilités à saisir le Crepmf, sur son site web ou par tous les autres moyens ou supports, pour toutes plaintes ou réclamations. Les recours reçus par les services du secrétariat général portent essentiellement sur des litiges entre intervenants commerciaux à l’occasion du dénouement d’opérations financières ; entre clients et société de gestion à l’occasion de transfert de titres ou d’événements sur valeurs ; entre clients et société de gestion collective sur la valorisation des portefeuilles ; entre les sociétés de gestion et les structures centrales. Ce qu’il faut retenir c’est que le Conseil régional a des pouvoirs étendus : un pouvoir de contrôle étendu (le secret professionnel peut être opposé au Crepmf), un pouvoir d’information (on ne peut pas nous opposer le secret professionnel), et un pouvoir de sanction. Tout cela est encadré par les textes avec des procédures et des possibilités de recours pour ceux qui sont sanctionnés.

Quelles sont les conséquences sur le marché financier de la faible culture boursière des pays de l’Uemoa ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 2C’est un point sensible qui a motivé, en marge de nos travaux de la 75ème session, notre conférence avec les étudiants des écoles de commerce à Dakar. Pour que le marché puisse se développer, il faut des agents économiques qui ont cette culture boursière et qui sollicitent le marché pour faire des placements de leur épargne ou pour mobiliser des ressources. Le marché est le lieu de rencontre des offreurs et des demandeurs de ressources. Si ceux qui détiennent des épargnes n’ont pas cette culture boursière, le marché ne pourra pas aller très loin. Nous nous attelons à promouvoir la culture boursière. Cela se gère dans le temps, ce sont des habitudes, des comportements à avoir dès le bas-âge.

Quel est le potentiel du marché financier de l’Uemoa ?
En termes de mobilisation de l’épargne, qui est un des enjeux qui tenait à cœur les pères fondateurs de ce marché public, c’était d’abord de mobiliser l’épargne intérieur et plus tard l’épargne extérieur et la mettre à la disposition de l’économie. On peut mobiliser davantage d’épargne publique, mais pour cela, il faut proposer des produits attractifs. Seulement, cela demande des acteurs dynamiques qui ont des projets, des innovations financières. Nous, nous réglementons. Les principaux bénéficiaires du marché, ce sont les Etats ou émetteurs. Il y a des entreprises cotées mais l’essentiel des ressources est sollicité par l’Etat. Nous devons élargir notre base d’investisseurs mais aussi celle de ceux qui viennent solliciter le marché.

Récemment, la Senelec est venue solliciter le marché pour un peu plus de 30 milliards de FCfa pour financer un programme d’investissement. Si vous avez cette forme de besoin financier, vous pouvez solliciter le marché. Le potentiel du marché est insuffisamment jeune ; il a été créé en 1998. Au début, il y avait quelques balbutiements mais aujourd’hui, notre marché commence à vivre. Il y a beaucoup d’opportunités à saisir en termes de placements et de levées de ressources. Depuis ces deux dernières années, nous sentons un frémissement ; ce sont de nouveaux acteurs qui viennent. Nous sommes l’organe qui réglemente et qui donne des agréments aux acteurs.

Ces trois dernières années, nous avons eu 20 nouveaux acteurs agréés annuellement sous forme de Sgi (Société de gestion et d’intermédiation) ou de société de gestion de patrimoine ou les apporteurs d’affaires. Le marché est un écosystème où vous avez plusieurs catégories d’acteurs. Nous sommes aujourd’hui submergés par le nombre de demandes d’agréments. C’est un signe qui montre que le marché est très dynamique. Si nous parvenons à mettre en œuvre les réformes décidées par les ministres en mars 2016, cela approfondirait le marché en termes de montants à lever, d’acteurs, de nouveaux produits. Il y a une bourse où on peut acheter ou vendre (des titres) et reprendre sa trésorerie. Ainsi, on peut avoir des titres attractifs.

Par exemple, on n’a pas exploité suffisamment les soukouks, cela montre qu’on peut capter plus de ressources. Tous nos Etats sont engagés dans un processus de financement de leurs infrastructures. La participation des banques à ce financement n’est pas suffisante, car elles financent beaucoup plus les besoins à court terme. Le marché financier est plus indiqué si vous voulez financer des autoroutes par exemple avec des ressources à rembourser sur 5 à 10 ans.

Justement, il y a le problème des ressources longues indispensables au financement de nos économies. Est-ce ce parce que le marché régional est incapable de satisfaire les besoins de nos Etats en ressources longues pour financer le développement, qu’ils recourent au marché financier international à travers des émissions d’eurobonds ?
C’est une question intéressante. Mais tous les Etats utilisent divers types de financement. La nature du financement dépend de la nature du besoin. Pour certains investissements, il faut des ressources adaptées. Nous avons le marché financier, les banques, les institutions de micro finance. Les Etats ou les entreprises qui veulent lever des fonds ont la latitude de solliciter n’importe lequel de ces sources de financement. Généralement, les besoins des Etats sont importants, alors ils sollicitent le marché régional. Nous avons l’Agence Umoa Titres qui accompagne les Etats qui sollicitent le marché régional (bons du trésor, obligations du trésor).

Mais c’est souvent des ressources courtes…
Oui, les bons du trésor, c’est souvent sur deux ans, ce sont des ressources courtes. Mais certains Etats ont levé des ressources longues comme des obligations du trésor sur plus de deux ans, cinq, sept ans. Cela dépend du besoin à couvrir. Les Etats, parfois, sollicitent le marché parce que c’est justifié. Vous avez besoin, par exemple, de 100 milliards de FCfa, vous faites un arbitrage (sur le type de produit financier). Ce n’est pas que le marché régional qui ne peut pas absorber la demande tout de suite, il y a des contraintes de coûts à respecter. Quand on emprunte, on souhaite le faire au coût le plus faible. Si vous avez des conditions très avantageuses sur le marché international, la logique économique n’admettrait pas que vous laissiez des sources de financement nettement moins chères pour privilégier votre marché.

Les Etats empruntent auprès des banques, sur le marché régional et sur le marché international. Il n’est pas donné à tous les Etats de s’adresser au marché international, parce qu’il y a des critères. Il faut être transparent, avoir des règles de bonne gouvernance, une bonne signature, de bonnes performances économiques pour solliciter le marché financier international parce que, là-bas, ce sont des gens qui ne vous connaissent pas. Si vous voulez lancer un eurobond, assurez-vous de respecter tous les préalables. Ceux qui achètent les titres de l’Etat burkinabé ou béninois, sont des banques qui se trouvent par exemple aux Etats-Unis ou à Londres. Elles cherchent à fructifier leurs ressources, donc elles vont les investir sur la base de ces critères de sécurité, de rentabilité, de liquidité.

Quand un Etat veut aller sur le marché financier, il y a toujours une agence de notation qui présente sa carte d’identité (performances économiques, risques politiques, fondamentaux). Il faut s’assurer que le coût de cet endettement ne sera pas prohibitif. Lever 1.200 milliards de FCfa comme le Sénégal l’a fait dernièrement, ce n’est pas notre marché qui pourra répondre. Il y a la nature des ressources, la maturité (durée de remboursement), le taux et les autres conditionnalités. Tout cela est à intégrer dans la prise de décision. Le fait de solliciter le marché étranger avec succès est un autre signal, cela montre que les émetteurs sont de bonne qualité.

Les levées de fonds à l’international étant libellées en devises fortes telles que le dollar, n’y a-t-il pas un risque de change en retour ?
Si l’on émet dans l’Union (marché de l’Uemoa), l’avantage c’est que c’est en franc Cfa, la monnaie locale. Il n’y a donc pas de risque de change. Là, je suis tout à fait d’accord. Si vous vous ouvrez au marché financier international, il y a des risques de change à gérer. Mais tous les émetteurs qui empruntent dans une monnaie qui n’est pas la leur, s’exposent à ce risque de change.

Il y a des instruments appropriés pour couvrir le risque de change. Un risque se gère, l’essentiel est de le minimiser pour ne pas avoir à payer un coût supplémentaire. Le risque de change est inhérent à tous les marchés financiers.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), c’est seulement 45 sociétés cotées et 41 lignes obligataires pour huit pays. Comment comptez-vous pousser les entreprises à aller à la bourse ?
C’est un point extrêmement important. Le nombre de valeurs cotées est très faible. Mais il y a eu quand même une évolution ces quatre dernières années. Au début, les choses ont beaucoup trainé. La Brvm est une bourse régionale commune à huit pays, mais elle a démarré sur une base nationale, c’était la Bourse d’Abidjan avec des valeurs ivoiriennes. C’est pourquoi, il y a cette prédominance des titres ivoiriens, au-delà du fait que la Côte d’Ivoire est l’économie la plus puissante de l’Uemoa. Puisque nous sommes dans un espace communautaire, les Etats ont décidé de profiter de cet espace en le transformant en bourse régionale commune aux huit pays.

Quand on l’a ouverte aux autres pays, toute entreprise qui respecte les critères d’accès peut y intervenir, comme la Sonatel et Eti (Ecobank transnational incorporated) qui constituent des valeurs phares de la Brvm. Ces dernières années, les banques commencent à se positionner à la bourse. Sur les 45 entreprises cotées, 12 sont des banques comme Boa. C’est un moyen de lever des ressources, d’apprécier ses performances et de pouvoir assurer sa croissance.

Si vous êtes coté à la bourse, il vous est plus facile de faire une augmentation de capital ou de lever des ressources. Mais vous acceptez l’obligation de donner toutes les informations à ceux qui investissent dans votre titre de manière périodique, soit trimestrielle ou semestrielle. Vous avez une obligation de transparence mais aussi de résultat, parce que si les gens se rendent compte que le titre n’est pas rentable, les cours vont baisser parce qu’on ne va plus demander ce titre qui enregistre des pertes. On investit pour percevoir des dividendes.

Nous avons une stratégie pour augmenter le nombre de sociétés cotées. Au niveau des Etats, il y a des entreprises qu’on peut inciter à venir. Cela ramène encore à la culture boursière. On peut avoir des entreprises rentables et solides, mais si elles ne vont pas à la bourse pour se déployer davantage, on aura toujours des valeurs limitées. Il faut inciter les entreprises performantes et rentables. Par ailleurs, il y a des entreprises publiques en restructuration avec les programmes de privatisation partielle ou totale. On peut donc céder une partie du capital en passant par la bourse.

L’autre aspect, c’est inciter les banques et sociétés d’assurance à se faire coter. C’est un moyen de renforcer la gouvernance. Le troisième axe sur lequel on peut agir, c’est les Pme. Si vous regardez le tissu économique de nos pays, la grande majorité des entreprises est constituée de Pme. Les ministres ont accepté la création d’un troisième compartiment dédié aux Pme, qui sera différent du compartiment des grandes entreprises. Les critères sont allégés pour ces Pme, une dizaine de Pme ont été identifiées et seront encadrées pour venir sur le marché émettre des obligations, si elles veulent se faire coter. Si l’on combine toutes ces mesures, on devrait pouvoir, dans les deux-trois années à venir, relever sensiblement le nombre de sociétés cotées. Ce sera sous réserve qu’on puisse continuer le processus de sensibilisation à la culture financière auprès des opérateurs économiques. Si ces derniers n’ont pas confiance, il se posera toujours le problème d’approfondissement du marché.

Que gagne une Pme à aller à la Brvm, notamment en termes de taux d’intérêt, comparé aux produits bancaires ? Est-ce que vos taux sont plus alléchants ?
Oui, en principe. Normalement, si vous avez un système où il n’y a pas d’intermédiaire et un système où il y en a, logiquement le système sans intermédiaire devient moins coûteux. L’intermédiaire prend toujours sa marge. Le système bancaire est celui de l’intermédiation. Si vous allez sur le marché, c’est la finance directe, donc en principe les taux sur le marché devraient être beaucoup plus faibles. Ce qui intéresse une Pme pour son développement, ce n’est pas avoir un découvert pour gérer son exploitation, acheter des matières premières, payer ses salaires. Ce qui pose problème, ce sont les ressources longues stables qui lui permettent de financer son développement et d’accroître sa capacité de production puisqu’elle est en train de grandir. Si elle ne parvient pas à satisfaire son besoin sur le segment bancaire, elle a la possibilité de se financer sur le marché financier.

C’est un avantage très important parce que les Pme rencontrent beaucoup de contraintes lorsqu’elles sollicitent le secteur bancaire qu’elles ne rencontreraient pas si elles étaient sur le marché financier, en respectant certaines conditions. A leur décharge, ce n’est pas parce que les banques ne veulent pas financer, mais elles gèrent bien le risque en exigeant les états financiers. Même sur le marché financier, on retrouve les mêmes exigences en gouvernance, en transparence, en états financiers certifiés. L’entreprise gagne en termes de coûts et de visibilité. Pour une entreprise quelconque qui vient sur le marché, il y a des avantages certains, mais le problème, c’est à quel moment y aller, comment s’y maintenir. Il ne suffit pas d’entrer en ayant des performances en termes de rentabilité, de gestion qui puissent permettre de maintenir la confiance.

Que les banques exigent des états financiers, c’est tout à fait normal, parce qu’elles ne gèrent pas leur argent mais celui des déposants. C’est aussi normal qu’elles exigent une rentabilité, car ce sont les résultats réalisés par ces entreprises qui permettront de rembourser le crédit. Les banques sont donc dans leur logique de recherche de placements moins risqués. Nous allons travailler à alléger les critères d’accès au marché financier. Nos entreprises doivent faire un effort d’ajustement vers le haut en ayant une comptabilité qui retrace des états financiers fiables, une gouvernance satisfaisante si elles veulent prospérer dans un système économique moderne.

L’exigence de transparence ne va-t-elle pas constituer une entrave pour les Pme désirant aller en bourse quand on sait que, sociologiquement, nos entrepreneurs n’aiment pas souvent divulguer leur situation financière ?
Mamadou Ndiaye Crepmf 3Effectivement, sociologiquement, nous avons des Pme familiales où l’on se dit : j’ai créé mon entreprise, je ne vais pas partager mon patrimoine en ouvrant mon capital. Ce sont des réflexes conservateurs. Mais il faut savoir qu’une affaire vit. C’était un projet qui a dépassé certaines proportions, et si vous avez plus de moyens de le gérer quand il est petit. Quand l’affaire atteint une certaine taille, il faut changer d’approche. On ne peut pas être toujours une petite société où le personnel c’est vous, votre femme, votre enfant. Si l’affaire s’agrandit, il faut changer de style de gouvernance sinon vous ne pourrez pas vous déployer parce qu’aucun tiers ne voudra travailler dans ces conditions avec vous.

Même si vous conservez la majorité du capital, le management doit changer lorsque vous atteignez une certaine taille. Vous êtes obligé d’avoir une comptabilité transparente. On ne peut pas avoir un chiffre d’affaires de 500 millions ou un milliard et ne pas payer ses impôts auprès du fisc, jouer dans la cachotterie ou ne pas avoir de comptabilité fiable. Vous êtes obligé de pouvoir retracer les transactions que vous faîtes, il vous faut un conseil d’administration, un comité d’audit, selon le droit commun. Sinon la concurrence va vous pousser à le faire parce que personne n’acceptera de mettre son argent dans une société mal organisée. Les fournisseurs vont vous exiger un minimum d’informations. Il faudra corriger cette attitude de nos Pme. Ça évolue, nous avons des Pme qui se sont positionnées sur leur créneau et qui sont devenues très performantes.

Les obligations d’informations du public des sociétés cotées à la bourse sont-elles respectées ?
Je me réjouis de vous annoncer que le taux de diffusion des informations financières par les sociétés cotées est en hausse au fil du temps. Le Crepmf attache une importance particulière au respect des obligations des sociétés cotées, gage de l’équité et de la transparence du marché financier régional. Au titre de l’année écoulée, les taux de diffusion étaient de 100 % pour les informations annuelles, 87 % pour les informations semestrielles et 50 % pour les informations trimestrielles. La sensibilisation des sociétés cotées au respect des textes réglementaires en attendant la finalisation de la relecture des textes relatifs à la diffusion des informations financières sur le marché financier régional, se poursuit.

Est-ce que le niveau de l’épargne intérieur répond à vos attentes ?
On dit que l’épargne est là, il faut la mobiliser. C’est pourquoi les autorités ont pensé opportun de créer un marché financier pour mobiliser l’épargne et l’utiliser au sein de nos économies. Vous avez la possibilité d’emprunter sur tous les huit pays de l’Union. Il y a quand même des évolutions. En 2016, on avait mobilisé 1.200 milliards de FCfa sur le marché, en 2017 ce sont 1.386 milliards. Une partie peut être apportée par l’extérieur pour rentabiliser l’épargne. Mais l’essentiel de l’épargne qui est captée est locale.

Est-ce que les fonds de retraite sont actifs sur le marché financier régional ?
C’est un autre axe qu’il faut développer. Ça commence à venir, nous travaillons sur des textes qui vont encourager l’intervention sur le marché des fonds de retraite, des fonds d’investissement. Mais il faut un cadre réglementaire incitatif. Ce sont des investisseurs qui cherchent à placer et à rentabiliser leurs ressources. S’ils voient que notre marché est sûr et que nos taux sont intéressants, ils vont venir investir.

Comment analysez-vous l’intérêt que les fonds d’investissement portent à l’Afrique maintenant ?
De plus en plus, on se convainc de l’attractivité des marchés africains. Notre marché, depuis 2012, a des taux de croissance intéressants, qui dépassent 6-7% sur plusieurs années. Cela veut dire que sur le plan macroéconomique, les performances sont là et qu’il y a une création de richesses. L’autre aspect, c’est l’environnement de manière générale. Une zone qui a de l’avenir et un potentiel de croissance attire les investisseurs sous forme de prise de participation dans les sociétés ou sous forme d’émission de titre, d’obligation. Mais s’il y a un risque politique par exemple élevé, ils ne vont pas venir mettre leur argent. Ce n’est pas pour rien qu’on fait de la notation. Les agences de notation montrent que la situation est bonne, acceptable et que si cette tendance se maintient dans deux à quatre ans, les résultats seront satisfaisants. C’est un pari sur l’avenir avec sa dose d’incertitude. Celui qui investit intègre tous ces paramètres, sans oublier l’importance des potentiels en ressources minières.

Comment se comporte le Sénégal sur le marché financier ?
Nous faisons une analyse globale du marché, le régulateur s’assure que les textes, les règles du jeu sont respectés par les acteurs. Les Etats sont soumis à des obligations pour émettre des obligations. Le Sénégal est un élément dans un ensemble de huit. L’économie de l’Uemoa repose sur la Côte d’Ivoire et le Sénégal en grande partie. Il y a plusieurs pour apprécier la performance d’un pays (taux de croissance, taux d’endettement, recettes fiscales, fréquence sur le marché financier, etc.) Un pays peut ne pas venir sur le marché pendant un an parce qu’il a des besoins qu’il peut satisfaire par un autre canal ou parce qu’ils utilisent d’autres canaux (marché international, banques). Aujourd’hui, tous les pays sont présents sur le marché mais à des degrés divers. Notre objectif, c’est avoir un marché sain, bien régulé et attractif avec des ressources à moindre coût orientées vers le financement de nos économies.

Est-ce que notre marché financier est à l’abri des soubresauts du marché international, comme la crise de 2008 qui a plus ou moins épargné l’Afrique ?
C’est difficile de dire que nous sommes à l’abri. C’est le même environnement international. Nos banques ont leur maison-mère à l’étranger, nos entreprises sont des filiales. Nous sommes dans un monde unifié. Peut-être que les niveaux d’exposition ne sont pas les mêmes. La crise financière mondiale de 2008 a touché tout le monde mais nous avons été moins touchés grâce à un système qui ne nous expose pas autant avec la réglementation des changes. Notre système est fait de telle sorte qu’il sera difficile que nous puissions connaître les mêmes conséquences que peut rencontrer une économie intégrée au marché international. Sur notre marché, les acteurs sont de la sous-région. Et puis le niveau d’exposition est relativement bien maîtrisé.

Pensez-vous que nos pays s’endettent vite et trop comme l’estiment certains ?
Les macroéconomistes sont plus à l’aise pour répondre à votre question. En matière d’endettement, il y a deux paramètres. Le premier, c’est la capacité d’endettement. Ce n’est pas mauvais en soi de s’endetter. Mais il faut être en mesure de supporter le coût de cet endettement. Sur le plan macroéconomique, il y a un critère d’endettement dans l’Uemoa (ratio dette/Pib de 70 %). Si vous vous endettez pour accroître votre potentiel en investissant dans des projets porteurs, qui génèrent de la croissance, ce n’est pas prohibitif de dire que ce n’est pas un mauvais endettement. Parfois, il est plus intéressant de s’endetter pour financer son projet que d’utiliser ses ressources propres.

Propos recueillis par Malick CISS (texte) et Pape SEYDI (photos)

L’interprofession avicole du Sénégal (Ipas) promet d’approvisionner à hauteur de 11 millions de poulets, "soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", pour satisfaire la demande nationale à l’occasion de la fête de la Korité, commémorant, dans moins d’une semaine, la fin du jeûne musulman. "La production est évaluée à onze millions de poulets, soit 800.000 de plus par rapport au ramadan 2017", a déclaré le président de l’Ipas, Amadou Moctar Mbodj, mardi à Dakar, au cours d’une conférence de presse.  Cette hausse de la production s’explique par "des conditions météorologiques favorables qui ont permis le développement optimal des sujets", a indiqué M. Mbodj, selon qui les prix resteront inchangés malgré tout, "d’autant plus que la viande de poulet est l’une des moins chères". 

Le prix du kilogramme devrait s’établir "autour de 800 FCfa", a estimé le docteur Mamadou Bâ, secrétaire général de l’Ipas, ajoutant : "Dans les zones particulièrement chaudes comme Tambacounda, les techniques de construction et le choix des souches ont permis de produire des poulets de deux kilos en moins de jours". Le technicien évoque aussi le rôle des produits donnés aux sujets pour les aider à mieux supporter la chaleur.  Avec 96.000 tonnes en 2017, la volaille représente 39 % de la viande consommée au Sénégal, selon l’interprofession avicole.

APS

Le directeur régional du développement rural (Drdr) de Thiès, Mamadou Guèye, a relevé, lundi, la nécessité de mettre en place un dispositif de collecte des données horticoles permettant d’évaluer la part de chaque région dans la production nationale de légumes."Il faut identifier la part chaque région dans la production horticole du pays", a dit M. Guèye dans un entretien avec l’Aps.  Jusqu’ici, seule la production nationale est connue, mais les chiffres à l’échelle régionale sont ignorés, a laissé entendre le responsable de l’agriculture de cette région à vocation horticole, qui fournit une bonne partie du pays en légumes.   L’oignon, la pomme de terre, la carotte entre autres, y sont largement cultivés. Le Drdr a noté que l’absence des données horticoles régionales, jugées "nécessaires", constitue "un point faible" que déplorent les techniciens de l’agriculture, dont l’horticulture est un sous-secteur.   Il a expliqué, toutefois, que cette situation tient au "caractère complexe" de l’horticulture, où à la différence des grandes cultures, on récolte plusieurs fois dans l’année.
 

Ce qui fait que la collecte de données nécessiterait la mobilisation de beaucoup d’enquêteurs sur le terrain, ce qui "demande beaucoup plus de moyens" aussi.  "On en discute toujours, mais on n’a pas encore trouvé de solution", a-t-il relevé, indiquant qu’à l’échelle régionale, il est surtout fait recours à "des estimations" concernant la production horticole.
 

Mamadou Guèye dit avoir suggéré à l’Ansd de faire faire en sorte qu’à défaut d’avoir les statistiques sur la production, l’on puisse collecter, avec l’aide de partenaires, des données sur la commercialisation des produits horticoles.
 Pour lever cette "contrainte majeure", liée au manque de statistiques, l’on pourrait, par exemple, mettre à contribution les étudiants de l’Ecole nationale supérieure d’agriculture (Ensa) de l’université de Thiès et des écoles de formation.  Certaines organisations de producteurs disposent des données de leur commercialisation, à l’image, par exemple, de l’Igpm de Mboro, a signalé le technicien.
 D’autres associations de producteurs de Kayar et Notto Gouye Diama font également d’importants chiffres d’affaires et tiennent une comptabilité de leur activité.
 Dans la région de Thiès, outre la zone des Niayes, l’horticulture est aussi pratiquée à Notto Diobass, Thiénaba, Tivaouane et Pékesse, a-t-il rappelé.
 

APS

 

Les 2.535 tonnes de semences d’arachide accordées à la région de Thiès, en vue de la campagne agricole 2018, ont été mises en place à hauteur de 66%, a indiqué, hier, le directeur régional du développement rural (Drdr), Mamadou Guèye.

"Pour la mise en place, c’est seulement l’arachide qui a commencé et les autres vont suivre incessamment", a-t-il dit dans un entretien avec l’Aps. Pour la région de Thiès, "il est prévu 2535 tonnes. Au jour d’aujourd’hui, il y a une mise en place de 1.683 tonnes, soit 66%", a indiqué Mamadou Guèye. Le Drdr a relevé qu’après le démarrage, à la mi-mai, des opérations de mise en place, la vente des semences d’arachide a démarré surtout dans les départements de Mbour et Thiès. 

Le deadline pour le démarrage de la mise en place des graines d’arachide était arrêté au 30 mai. Certains points ont été approvisionnés "à 100%", alors que d’autres "restent à parfaire", du fait de "deux opérateurs défaillants" qui ont été, par la suite, remplacés, a-t-il expliqué. 

En ce moment, tous les opérateurs sont en train de déposer les semences restantes, a-t-il poursuivi, estimant que d’ici à jeudi, la situation va évoluer et l’on pourrait atteindre les 90% de mise en place durant cette semaine.  "L’année dernière, il avait plu vers le 26 juin (à Thiès), j’espère que d’ici à cette date, la mise en place et la vente seront terminées. On est dans les délais", a dit le responsable régional de l’agriculture. La répartition des espèces diverses que sont le sorgho, le maïs, le niébé le riz a été faite, en attendant leur mise en place. Pour ce qui est du niébé, par exemple, c’est le planning des points à approvisionner qui n’était pas encore remis à l’opérateur, mais, pour le maïs, le sorgho, la stratégie arrêtée sera incessamment mise en branle, a-t-il annoncé.  Les quotas de la région concernant ces cultures sont de 22 t de maïs, 28,5 t de sorgho, 869 t de niébé et 37,5 t de riz.  Pour ce qui est du riz, le planning est fait et des organisations ont été ciblées. Ce lundi matin, la Drdr a reçu une dotation de 1,5 tonne de poudre de la direction de la protection des végétaux (Dpv), pour permettre aux producteurs de faire face à d’éventuelles attaques, après les premiers semis, en attendant l’arrivée des unités, a indiqué Mamadou Guèye. "Le problème, ce sont les engrais qui tardent. Ils arrivent toujours en dernier lieu", a-t-il noté.  Concernant le matériel agricole lourd, Thiès s’est vu accorder un quota de 22 tracteurs et autant d’offsets, ainsi que deux remorques de 5 tonnes. La part de la région en termes de semoirs et houes-sine n’est pas encore connue, a-t-il signalé, avant d’ajouter que la Drdr travaille "en étroite collaboration avec la météo, pour minimiser les risques", et pour, au besoin, mettre en œuvre le programme d’adaptation aux changements climatiques.                              

APS

 

En visite au Sénégal, le directeur exécutif de Randgold Ressources, Mark Bristow et son équipe annoncent que le projet aurifère de Massawa (région de Kédougou) est proche d’une décision de développement pour fin 2018. L’étude de faisabilité du projet est proche de la finalisation.

Le groupe minier africain Randgold Resources compte bientôt développer son projet aurifère de Massawa, après avoir presque terminé l’étude de faisabilité. « Une décision de développement est prévue pour la fin de cette année, a déclaré docteur Mark Bristow, directeur exécutif de Randgold Resources, au cours d’une conférence de presse à Dakar, lundi dernier. Dr Bristow et son équipe de direction étaient en visite d’inspection au Sénégal mais aussi pour informer le gouvernement sénégalais de l’état d’avancement du projet dont l’étude de faisabilité est « proche de la finalisation ». Les derniers tests ont révélé que 75 % des réserves de minerais de Massawa pourraient être traité à travers le procédé simple et moins coûteux de récupération par gravité, explique le groupe minier dans un communiqué. Il y a aussi la méthode de cyanuration qui consiste à surmonter l’obstacle initialement annoncé d’un projet avec une métallurgie complexe. Le reste des 25 % des réserves de minerais sera exploité en fin de durée de vie de la mine suivant le procédé de bio-oxydation ou vendu comme concentré à une structure spécialisée de traitement, explique-t-on.

L’exploration se poursuit
« Les travaux d’exploration se poursuivent en se focalisant sur l’augmentation des réserves de Massawa, et bien que le minimum requis de trois millions de onces de Randgold ne soit pas encore atteint, les autres paramètres sont positifs », a fait savoir Joel Holliday, directeur général de l’exploration du groupe minier. Le gouvernement a mis en place une commission interministérielle pour superviser les questions d’autorisation et autres protocoles de développement. Un processus de consultation publique va débuter en juillet prochain. Au cours du même mois, un projet d’étude et d’impact environnemental et social sera soumis. Massawa, un des plus grands gisements d’or non encore développé en Afrique de l’Ouest, a été découvert par Randgold en 2007. « Cette relative longue période de gestation témoigne de la ténacité de la société et une approche rigoureuse en matière d’exploration et un exemple de plus de sa façon disciplinée pour mettre en valeur ses projets », lit-on dans le communiqué. Classée comme cible de deuxième priorité, Massawa a une continuité de minéralisation sur 4,5 km, selon des travaux qui sont allés jusqu’en 2012. La main-d’œuvre employée par le groupe minier provient à 63 % de la région de Kédougou qui abrite le site de Massawa. 10 % des travailleurs viennent de Kaolack et 7 % de Tambacounda.

De l’or au marché local
Interpelé sur l’approvisionnement des bijoutiers sénégalais en or, Dr Bristow a laissé entendre qu’il se pose le problème de la Tva qui renchérit les prix. Mais « la mine de Massawa est prête à donner de l’or au marché local », ajoute le directeur exécutif de Randgold Resources. « Au Mali, cela a échoué. Il y a là-bas près de 10 milliards de FCfa de Tva », rappelle-t-il. Interrogé sur l’Initiative de transparence dans les industries extractives (Itie), le Dr Bristow, a rassuré, affirmant que son groupe adhère à la transparence dans ses activités. « Ce sont des exigences pour des sociétés cotées à la bourse », rappelle-t-il. En termes de Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse), Randgold s’est signalé en offrant cinq millions de FCfa au Village Sos, 2,5 millions de FCfa à l’hôpital pour enfants Albert Royer et 7,5 millions à l’Association des handicapés de Dakar. Un geste bien accueilli par les représentants desdites structures. Depuis 2010, le groupe a dépensé 235 millions de FCfa dans le social. Randgold est cotée à la Bourse de Londres et au Nasdaq.
Le total des dépenses de Randgold au Sénégal de 2002 au premier trimestre 2018 se chiffre à 64.433.370.087 de FCfa.

Malick CISS

 

Le Sénégal a délivré, à la date du 31 décembre 2017, 1.050.914 permis de conduire pour 561.366 véhicules immatriculés, a révélé, mardi, à Diourbel, le directeur des transports routiers, Cheikh Omar Gaye.

"Jusqu’au 31 décembre 2017, le Sénégal a délivré 1.050.914 permis de conduire’’, dont 65.366 pour la région de Diourbel, soit 6,2%, a-t-il dit au cours d’un comité régional de développement (Crd).  Cette rencontre avec les acteurs du secteur s’inscrit dans la vulgarisation de la mise en œuvre du projet de numérisation et de sécurisation des documents administratifs de transport du Sénégal, dénommé "Capp Karangë".  Le "Capp Karangë" est un projet mis en place par l’Etat du Sénégal pour le remplacement des titres de transport tels que la carte grise, l’autorisation (licence et agrément), le permis de conduire, la plaque d’immatriculation, afin de garantir aux citoyens une plus grande "sérénité sur les routes".  

Selon le directeur des transports routiers, "on ne sait pas le nombre de véhicules qui circulent au Sénégal", la seule information que les services détiennent, "c’est qu’il y a 561.366 véhicules immatriculés".  Si l’on en croit Cheikh Omar Gaye, la réforme conduite par le projet "Capp Karangë" devrait permettre aux autorités compétentes d’assainir le milieu des transports avec une ré-immatriculation du parc automobile. "Au Sénégal, il y a des plaques qui ne respectent pas le code de la route. Les plaques ne sont pas uniformes.

Avec le nouveau système, des plaques vierges avec des hologrammes seront délivrées", a annoncé M. Gaye. Ainsi, "la numérisation sera centralisée au lieu d’avoir un registre spécifique à chaque région", a-t-il ajouté, avant de souligner que le processus de dématérialisation va permettre de lutter plus efficacement contre les fraudes notées dans le système des transports. "On voit très souvent les forces de défense et de sécurité démanteler des réseaux de fabrication de faux documents administratifs, donc cela atteste à suffisance l’existence" de fraudes, même si "nous ne pouvons pas faire une évaluation", a relevé le directeur des transports routiers.

APS

 

En prélude au dialogue national sur la gestion des ressources naturelles, prévu demain, le secrétaire permanent du Cos-petrogaz, Mamadou Fall Kane, dresse, dans cet entretien, l’état des lieux des découvertes pétrolières et gazières ainsi que les contrats signés avec les multinationales. Ce diplômé de l’Ecole polytechnique de Paris révèle également les points inscrits à l’ordre du jour de cette concertation nationale.

Le Chef de l’Etat lance, demain mardi, un dialogue national sur la gestion des ressources naturelles. Qu’est-ce qui motive cette concertation ?
A travers ce dialogue, le chef de l’Etat souhaite fédérer les forces vives de la Nation autour de la gestion des revenus qui seront tirés de l’exploitation du pétrole et du gaz. Dans la perspective de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz à l’horizon 2021-2023, le président de la République a invité tous les acteurs (le parti au pouvoir, l’opposition, les chefs religieux et coutumiers, le patronat, la société civile…) à cette concertation nationale. Cette rencontre traduit sa volonté d’une gestion transparente, inclusive et durable du secteur des hydrocarbures. Il convient de rappeler que le référendum de mars 2016 a permis d’inscrire, dans la Constitution, en son article 25-1 que «Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables». C’est ce principe fort inscrit dans la constitution qu’il s’agit de matérialiser. C’est également tout le sens du dialogue national sur les ressources pétrolières et gazières.

Les acteurs conviés ont-ils confirmé leur participation ?
Il y a un engouement très fort des Sénégalais et de tous ceux qui sont détenteurs d’une légitimité sociale, économique ou politique. Que ce soit la société civile, les syndicats, le patronat, ils ont manifesté un intérêt particulier à ce dialogue. Nous avons eu des retours très encourageants. En ce qui concerne l’opposition politique, certains ont salué l’initiative ; d’autres, par contre, ont déclaré qu’ils ne viendront pas. Il faut rappeler qu’il s’agit d’un appel au dialogue. On ne peut pas obliger les gens à venir autour de la table. Mais, je pense que lorsqu’il s’agit de sujet d’intérêt national et dont les décisions feront l’objet d’une loi d’orientation, il faut privilégier l’intérêt commun et transcender les clivages partisans ou politiques. Avoir donc une attitude républicaine.

Quelles sont les attentes ?
Il s’agit de trouver un consensus fort sur la gestion des futures recettes. Il ne s’agit pas de discuter de contrats pétroliers ; parce qu’il faut savoir que dans tous les contrats pétroliers, l’Etat du Sénégal est majoritaire. Que ce soit les contrats signés sous les régimes de Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et de Macky Sall. Notre pays gagne plus de 50% de la rente pétrolière (les profits).

Cette part majoritaire de l’Etat est encadrée par le code pétrolier. C’est le cas des contrats signés par l’Etat du Sénégal qui sont publiés sur le site de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives de (Itie) et celui du gouvernement.

Dans ce dialogue, nous allons parler de l’encadrement de la gestion de la rente issue du pétrole, sa gestion et sa répartition. Quelle partie ira dans le budget de l’Etat pour soutenir ses capacités de financement ? Quelle partie sera consacrée aux générations futures dans une logique de solidarité intergénérationnelle ? Parce qu’il s’agit de ressources épuisables.

Mais pourquoi les contrats, qui font l’objet de vives polémiques, ne feront pas partie des sujets inscrits à l’ordre du jour du dialogue national ?
C’est parce que les contrats sont encadrés dans le code pétrolier en vigueur depuis 1998. Ce dernier a permis, aujourd’hui, au Sénégal de connaître ses découvertes, d’attirer des compagnies qui ont pu rechercher et découvrir des hydrocarbures. Les contrats que l’Etat du Sénégal signe sont des contrats de partage de production et ils garantissent a` l’Etat d’être majoritaire dans le partage de la rente. Après ces consultations, une loi d’orientation sur la gestion des revenus d’hydrocarbures sera votée, cette année, pour garantir une utilisation transparente et durable de ces revenus, au profit des générations actuelles et futures.

En ce qui concerne la révision du code pétrolier, il y a des discussions pour améliorer et renforcer certaines dispositions. Mais là, c’est un débat d’experts qui suit son cours et ne concerne pas les concertations. Au cours de ce dialogue, nous allons aussi parler de la composante privée des revenus pétroliers, des retombées économiques des projets pétroliers. Il n’entre donc pas dans les recettes de l’Etat (mis à part les impôts et taxes qui y sont associés) mais contribue activement à «faire tourner» l’économie du pays. C’est ce qu’on appelle communément «le contenu local».

Il y a eu également beaucoup de débats sur les contrats pétroliers signés entre le Sénégal et certaines multinationales. Les intérêts du Sénégal ont-ils été préservés dans ces contrats ?
L’Etat a besoin des multinationales, car l’activité pétrolière est risquée et coûteuse. En 2014, année des découvertes du pétrole au Sénégal, le taux mondial d’échec des forages d’exploration était de 87%, selon une étude de Reichmann energy partners. Cela signifie que 87 forages sur 100, pourtant effectués après des études géophysiques sérieuses, se sont révélés négatifs. Cela démontre aussi que l’exploration pétrolière est risquée. Nous cherchons du pétrole au Sénégal depuis 1952 ; et nous n’avions, jusque-là, trouvé que de très petites quantités qui n’étaient pas commercialisables.

Les découvertes en 2014 et en 2016 ont donc été des exceptions pour notre pays. Trouver du pétrole n’est pas une chose aisée. C’est pour cela que nous avons besoin des compagnies qui prennent tous les risques financiers. Et nous avons besoin de leurs savoir-faire technologique. L’Etat du Sénégal ne peut pas se permettre d’injecter des dizaines de milliards dans des activités extrêmement risquées. C’est comme aller jouer au casino avec l’argent public.

Tous les contrats sont publiés sur le site de l’Itie et celui du gouvernement. A partir de là, il faut interroger les contrats. Jusque-là, personne n’a été capable de dire que les contrats qui ont été signés étaient au détriment des intérêts du Sénégal. Ceux qui les négocient sont des professionnels, ils s’entourent des meilleurs cabinets d’avocats. Nous sommes sensibles à la préservation des intérêts du Sénégal. Ce sont de fausses idées qui sont entretenues sur ce sujet. Par ailleurs, le Sénégal a décidé d’adhérer volontairement à l’Itie en 2013, pendant que d’autres grandes puissances mondiales s’y retirent. Ce faux débat ne peut pas occulter tout ce que le gouvernement est en train de faire de positif. Il y a une grande volonté d’ouverture et de transparence. On ne peut pas faire à l’Etat le procès de l’opacité.

La signature de l’accord de coopération pour l'exploitation d'un important champ gazier off-shore entre le Sénégal et la Mauritanie a suscité de vives réactions, notamment du côté des politiques, quel est le contenu de cet accord ?
Cet accord était un préalable pour lancer le développement du projet de gaz «Tortue». On a découvert un important gisement de gaz qui est à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie. Comme cela se fait partout dans le monde, on prévoit un accord d’«unitisation». Le premier modèle a été le gisement de gaz de Frigg, situé entre la Norvège et la Grande Bretagne.

Tout gisement qui est donc à cheval entre deux Etats, fait l’objet d’un accord d’«unitisation», c’est-à-dire les deux pays s’accordent ensemble de mettre en commun le développement et l’exploitation de ces ressources. C’est le cas entre le Qatar et l’Iran pour ce qui est du gisement de Yamal. Dans beaucoup de pays, cela fait l’objet de disputes et ils finissent souvent dans les cours arbitrales. Dans d’autres pays, on assiste même à des conflits armés. Au Sénégal, la sagesse a guidé nos dirigeants à trouver un accord de coopération pour mettre, en commun, l’exploitation de ces ressources. Il faut savoir que le gaz et le pétrole sont dans notre sous-sol depuis des millénaires. Si l’on ne met pas ensemble notre volonté commune et faire preuve de bonne foi, les réserves continueront à être là sans être exploitées et monétisées. Il se trouve que chaque Etat s’est retrouvé à peu près à 50% des gisements. Cette répartition a été faite sur la base des données géophysiques. Sur cet accord, personne n’a décidé unilatéralement que les ressources soient réparties à moitié. On a comme impression que c’est la nature qui en a décidé ainsi. Le choix de la répartition a été dicté par la géologie du réservoir qui détermine la clé du partage.

Tous les cinq ans, il est prévu, dans l’accord, une re-détermination qui va réévaluer à nouveau les volumes d’hydrocarbures en place pour chaque Etat. Cela permettra de voir si l’un ou l’autre ne s’est pas retrouvé avec plus de 50% des gisements. Par exemple, si en 2027, on se rend compte que le Sénégal s’est retrouvé avec 55%, par exemple, il y aura un système de compensation par la Mauritanie et inversement. C’est pour dire qu’il y a cette prise en charge de l’équité sur la répartition des ressources de part et d’autre. Il s’agissait de trouver un accord sage qui garantisse une sérénité et une bonne entente pour développer et exploiter ces gisements sur les 30 prochaines années à venir.

Ces accords ont préservé les intérêts aussi bien du Sénégal que ceux la Mauritanie. Nous avons, tous les deux, les mêmes soucis face aux compagnies, à savoir préserver les intérêts de son pays. De notre côté, nous avons décidé de défendre et de préserver l’ensemble de nos intérêts. L’accord a été conclu en un temps record, 2 ans, car dans d’autres pays, les négociations peuvent durer des années. Cela montre la volonté des deux Etats de travailler ensemble, de cultiver le bon voisinage et la paix. Il faut savoir que le gisement de gaz que nous partageons avec la Mauritanie fait 15 Tcf qui correspondent à une production de 30 ans. A titre de comparaison, il y a des découvertes récentes au Mozambique sur plus de 160 Tcf de gaz.

Hormis ce gaz découvert au large de Saint-Louis, il y a aussi des gisements du Kayar, quelles sont les estimations de ce potentiel ?
Effectivement, nous avons découvert 15 Tcf au large de Kayar. Un gisement de la même taille que celui trouvé entre le Sénégal et la Mauritanie. Il y a un autre gisement qui s’appelle Teranga qui fait 5 Tcf. Pour Kayar, les ressources gazières découvertes font présentement l’objet d’évaluation. On étudie la qualité du produit, la formation du réservoir, sa géologie. Il s’agit de regarder les propriétés des roches, des sables, leur morphologie. Vous pouvez faire des découvertes et avoir un gisement qui n’est pas commercialisable. Parce que les coûts pour les sortir ne permettent pas au projet d’être rentable. Cela était le cas en Casamance où les gisements pétroliers ne sont pas commercialisables.

Qu’en est-il des perspectives de démarrage de la production du gaz et du pétrole au Sénégal ?
Pour les perspectives, il faut souligner que le gisement gazier Tortue, situe´ sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, va débuter la production en 2021-2022. Une décision finale d’investissement, confirmant la rentabilité´ du projet et proposée par les compagnies a` l’Etat du Sénégal, devrait être prise en fin 2018. Le gisement pétrolier Sne connaîtra le même processus de validation financière et pourrait débuter sa production en 2022. Ce gisement pourra produire, a` son maximum, entre 75.000 et 125.000 barils par jour, faisant du Sénégal un producteur de pétrole de taille respectable en Afrique, soit 12ème producteur en Afrique.

Il a été annoncé la construction d’un Institut national du pétrole et du gaz. Où en est ce projet ?
Afin de développer l’expertise nationale et de favoriser l’emploi des Sénégalais et Sénégalaises dans le secteur pétrolier, l’Etat a mis en place l’Institut national du Pétrole et gaz (Inpg), a` vocation sous-re´gionale, qui accueillera sa première promotion en octobre 2018. Appuyé initialement par l’expertise pédagogique internationale, l’Inpg sélectionnera et spécialisera les meilleurs étudiants, e´le`ves-inge´nieurs et professionnels sénégalais afin d’en faire des spécialistes opérationnels dès la fin de leur formation. Grâce a` une collaboration étroite et continue avec les compagnies pétrolières, l’Inpg garantira ainsi l’insertion professionnelle de ces spécialistes sénégalais a` tous les niveaux stratégiques de la chaîne pétrolière qu’il formera. Il contribuera également au renforcement des capacités du personnel de l’administration sénégalaise.

Un accord a été signé avec l’Institut français du pétrole, l’un des plus grands instituts de référence au monde. Les compagnies pétrolières sont partenaires de l’Inpg. Elles financent, en partie, la réalisation de l’institut, son fonctionnement et participent à l’élaboration des curricula. Elles participent aussi au recrutement des étudiants qui seront formés. Le design a été fait en fonction des besoins du secteur du pétrole et du gaz. Ce sont les compagnies qui ont fait une évaluation de leurs besoins et qu’elles ont soumis à l’institut. Ces sociétés vont recruter les étudiants à leur sortie. Il fallait aligner la sortie de la première promotion avec le timing de recrutement des compagnies. Pour les recrutements, les annonces seront faites dans un mois. Concernant l’infrastructure (Inpg), les travaux sont en cours au pôle urbain de Diamniadio. En attendant, les cours vont se tenir dans des locaux provisoires.

Pouvez-vous nous faire un bref rappel historique des découvertes du pétrole et du gaz au Sénégal ?
Les recherches pétrolières ont débuté au Sénégal dans les années 1950. Après plusieurs campagnes d’exploration infructueuses, du pétrole lourd a été découvert au large de la Casamance, aux niveaux du Do^me Flore et du Do^me Gea, en 1967. Ce pétrole n’a cependant pas été exploite´ car il n’était pas assez rentable. De petits gisements de gaz ont été découverts a` Diamniadio en 1987 et 1993 (DN14) puis a` Gadiaga en 1997, leur production a surtout été utilisée a` des fins de consommation industrielle et de production d’électricité locale. Depuis 2014, le Sénégal et ses partenaires ont découvert d’importants gisements de pétrole et de gaz au large de ses côtes.

Avec d’autres membres du Cos-petrogaz, vous avez effectué des voyages pour faire du benchmarking dans quelques pays, qu’est-ce que ces visites de travail ont donné ?
Oui, il y a eu des voyages de benchmarking dans la plupart des pays producteurs de pétrole et de gaz. Ils ont également de longues expériences en ce domaine. Ils ont partagé avec nous leurs expériences, les mêmes préoccupations auxquelles nous faisons face actuellement, avaient été les leurs dans le passé. Nous avons échangé avec eux sur leurs erreurs, mais aussi sur leurs succès.

Beaucoup de pays se positionnent pour accompagner le Sénégal dans l’exploitation du pétrole et du gaz, quel type de concours ces Etats pourront-ils apporter au Sénégal ?
Le Sénégal peut tirer beaucoup de choses de ces pays dans la coopération bilatérale. Ils ont mis en place leur industrie en créant des écoles de formation spécialisées, des champions nationaux, des entreprises locales, de services qui s’exportent dans le monde. Le Sénégal peut avoir des partenariats dans les entreprises à travers des joint-ventures.

En mai 2017, le groupe pétrolier français Total a signé deux accords avec le Sénégal pour l'exploration et l'exploitation de concessions pétrolières en offshore profond. Certains parlent de faveurs accordées à cette compagnie. Qu’en est-il réellement ?
L’Etat du Sénégal a signé un accord avec cette multinationale à laquelle vous faites allusion comme il l’a fait avec les autres entreprises. Je ne vois aucune raison de tout ce bruit. Il n’y a pas eu de faveur dans ces deux accords. Tout a été fait dans le respect des dispositions du code pétrolier. Ceux qui récusent ce contrat, qu’ils disent où est-ce que les intérêts du Sénégal sont bradés.

L’Etat est majoritaire dans le partage de la rente.

Pour le moment, personne ne peut savoir combien vont gagner les entreprises et l’Etat puisqu’on ne maîtrise pas le prix du baril. Aujourd’hui, il est à 90 dollars, demain il sera à 50 dollars.

Même pour ce contrat auquel vous faites référence (Ndlr : celui de Total), on ne sait pas encore s’il l’exploration fera l’objet d’une découverte, d’autres compagnies ont eu un permis d’exploration dans ce même bloc dans le passé. Mais nous souhaitons qu’il y ait des découvertes. Pour le moment, il n’y a rien à se partager puisqu’il n’y a pas encore de découvertes. C’est important d’avoir des consensus forts dans ce secteur, car dans les pays où le pétrole a permis de faire des sauts de développement, c’est parce qu’il y a eu un consensus.

Vous l’évoquiez tantôt, il y a eu aussi le pétrole lourd au large de la Casamance. A quand son exploitation ?
Non ! Ce n’est pas un projet. Ce pétrole n’est pas commercialisable. Tous les projets pétroliers et gaziers ont fait l’objet d’évaluation. On ne peut les développer que lorsqu’on peut les commercialiser. Actuellement, ce sont seulement le projet de gaz au large de Saint-Louis (Tortue) et le projet de pétrole de Sangomar qui font l’objet de développement et de commercialisation.

Comment comptez-vous veiller à ce que les études d’impact environnemental soient prises en compte ?
Ces éléments figurent dans les dispositifs contractuels. Les autorités étatiques, notamment le ministre de l’Environnement, veillent à leur application dans les cahiers de charge. Les deux projets en cours sont en off-shore, ils vont plus impacter les populations pêcheurs, notamment au large de Saint-Louis et de Sangormar (Fatick). Il y a un dialogue permanent entre les compagnies pétrolières et les populations dans la gestion de l’impact de l’exploitation des ressources dans ces localités.

L’Etat dispose aussi d’un cadre de dialogue et de concertation avec ces populations pour mitiger l’impact de l’exploitation de ces ressources sur leurs activités économiques. Il y a tout un dispositif qui est en train d’être mis en place pour réduire les risques de l’exploitation sur l’activité et la vie des populations qui seront potentiellement impactées. Cela montre, encore une fois, le sens de responsabilité de l’Etat dans la gestion de ces ressources.

Notre pays dispose-t-il d’assez de ressources humaines pour accompagner le développement de l’industrie pétrolière ?
Il y a déjà beaucoup de Sénégalais qui travaillent dans l’industrie du pétrole dans d’autres pays. Ils ont manifesté leur intérêt de prendre part à cette passionnante aventure. Certains sont déjà revenus, d’autres viendront au fur et à mesure que les choses bougent. On a mis en place un institut pour former les gens. De ce point de vue, il n’y a aucune inquiétude pour les ressources humaines. Nous travaillons également avec des cabinets d’experts dans le monde.

Par Abdou DIAW (texte) et Sarakh DIOP (photos)

LE SAVIEZ-VOUS ? : PÉTROLE ET GAZ AU SÉNÉGAL
• Seule une dizaine de forages d’exploration sur 170 ont été positifs depuis 1952 au Sénégal.

• Avant de devenir l’une des plus grandes découvertes de pétrole de l’année 2014, SNE était un prospect qui s’appelait «Lupalupa», c’est-à-dire «Papillon» en langue wolof.

• Une cible de forage d’exploration s’appelle un prospect. Ce mot est de la même famille que «Prospective» car on ne sait pas, avant forage, si la cible contient du pétrole.

• Le gisement de gaz de Yakaar (Cayar offshore profond) contient 15 Tcf de ressources soit autant que celui de Tortue (Saint-Louis offshore profond).

• Petrosen, la Société des pétroles du Sénégal, existe depuis 1981.

• Avec une production de pétrole brut de 100.000 barils/jour, le Sénégal serait le 12e producteur africain de pétrole.

• Le Sénégal a eu trois législations pétrolières : l’ordonnance de 1963 et les Codes pétroliers de 1986 et 1998. Un nouveau Code pétrolier sera voté en 2019.

• 80 à 85% des forages d’exploration dans le monde se soldent par des échecs. Quand un forage se conclut par un échec, on dit que c’est un «puits sec».

• Le réservoir est une roche qui contient du pétrole et/ou du gaz. Les meilleurs réservoirs sont les roches qui sont poreuses et perméables comme les sables, les grès.

• Le développement d’un projet pétrolier ou gazier en offshore peut coûter entre 2 et 15 milliards de dollars, selon la taille du gisement, la complexité technique du projet, etc.

• Le Sénégal est divisé en 18 blocs pétroliers.

LEXIQUE PETROLE ET GAZ
Association de compagnies : Entité regroupant les compagnies pétrolières qui sont partenaires dans un bloc pétrolier. Le mot anglais «joint-venture» est équivalent.

Baril : Unité de mesure de volume de pétrole d’origine américaine. Un baril vaut 159 litres. Un baril est souvent abrégé «bbl», acronyme de «bluebarel» car les premiers barils de pétrole aux Usa étaient de couleur bleue. Une tonne de pétrole vaut environ 7,3 barils.

Bloc pétrolier : Zone octroyée par un État à une ou plusieurs compagnie(s) pétrolières associées pour que l’exploration pétrolière y soit effectuée. Le détenteur des droits d’un bloc pétrolier doit effectuer des travaux obligatoires de recherche dans un délai défini par l’État. En cas de découverte puis d’exploitation à venir, un bloc peut être découpé en plusieurs périmètres d’exploitation.

Code pétrolier : Texte de loi qui fixe les règles et grandes orientations régissant le fonctionnement de l’industrie pétrolière dans un pays. Il est souvent complété par un décret d’application.

COS-Petrogaz : Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz. Organe de décision et d’arbitrage chargé de définir la stratégie ou schéma directeur de l’État du Sénégal dans le secteur pétrolier et gazier.

CostOil : Part de la production de pétrole que les compagnies pétrolières consacrent au remboursement des coûts d’exploration, de développement et de production. Lorsque du gaz est produit, on parle de «CostGas».

Crpp : Contrat de recherche et de partage de production. Type de contrat liant l’État du Sénégal aux compagnies pétrolières internationales associées à Petrosen. Le Crpp organise les aspects comptables, techniques, économiques et administratifs de l’exploration et, en cas de découverte commerciale, de l’exploitation des hydrocarbures.

Développement : Le développement est la phase intermédiaire entre l’exploration et la production. Il consiste à élaborer les stratégies, mener les études d’ingénierie et construire les infrastructures qui seront utilisées pour extraire, traiter, stocker et transporter les hydrocarbures.

Dfi (ou « Fid ») : Décision finale d’investissement qui vient sanctionner un projet de développement dans tous ses aspects (techniques, financiers etc.) Elle est émise par les compagnies et doit être approuvée, après examen, par l’État.

Exploration : Période où l’on recherche du pétrole. Cette phase dure quelques années et dépasse rarement une décennie. Elle est la phase la plus risquée de toutes les opérations pétrolières.

Evaluation : Phase qui succède à l’exploration et qui consiste à effectuer de nouveaux forages, des diagraphies et des essais de puits pour préciser la taille, la géologie et le débit des réservoirs d’un gisement.

Forage : Opération qui consiste à percer les roches du sous-sol terrestre pour tenter de trouver du pétrole et du gaz.

Fpso : Acronyme signifiant «Floating production storage and offloading». Les Fpso sont des navires spécialisés dans la collecte, le traitement, le stockage et l’enlèvement des hydrocarbures. Ils sont une alternative aux plateformes pétrolières fixes.

Offshore : En mer. Traduction de l’anglais «loin des côtes»

Onshore : Sur la terre ferme. Traduction de l’anglais «sur les côtes».

Pétrole : Composé naturel fossile et liquide, contenant plusieurs hydrocarbures. Il est formé sous l’effet de la chaleur interne de la terre à partir d’un précurseur appelé kérogène, lui-même formé à partir de matière organique végétale. Le pétrole est piégé dans des réservoirs géologiques rocheux d’où il est exploité. Une fois produit, il doit être raffiné pour être séparé en ses divers constituants (essence, gasoil, kérosène, naphta, etc.)

Petrosen : Société des pétroles du Sénégal. Il s’agit de la société nationale pétrolière sénégalaise. Elle constitue un partenaire obligatoire pour toute compagnie pétrolière internationale qui souhaite mener des opérations au Sénégal.

Production : Période où l’on exploite un gisement pétrolier. La production dure plusieurs années voire plusieurs décennies et connaît une phase de montée en puissance, une phase de plateau et une phase de déclin. Elle se conclut par l’abandon et la désinstallation des structures de production.

Pièges : Structures géologiques qui permettent d’emprisonner du pétrole ou du gaz en quantité commerciale. Les pièges doivent comporter une roche réservoir et une roche imperméable qui sert de couverture.

Profit Oil : Part de la production pétrolière que l’État et le contractant se partagent après que celui-ci ait déduit le «CostOil» pour rembourser les investissements de départ. Les parts de chacun dépendent d’un critère fixé par le Crpp. Ce critère de répartition peut être les volumes journaliers de production, le facteur R, la rentabilité globale du projet, etc.

Réserves : Quantités de pétrole découvertes en quantité commerciale, encore dans le sous-sol et exploitables d’un point de vue technique et économique. Les réserves sont classées en probabilités de certitude d’exploitabilité. Réserves prouvées (1P, probabilité de 90 %), les réserves prouvées + probables (2P, probabilité de 50%) et les réserves prouvées + probables + possibles (3P, probabilité 10%).

Réservoir : Roche poreuse et perméable qui peut permettre l’accumulation de pétrole, de gaz et/ou d’eau. Les roches réservoirs peuvent être des calcaires fracturés ou poreux, du sable, des grès (sable compacté), etc.

Sismique réflexion : Technique d’imagerie géophysique qui permet de modéliser l’organisation des roches dans le sous-sol. L’exploration pétrolière débute par une analyse des images sismiques déjà existantes sur un bloc pétrolier et se poursuit souvent par une nouvelle campagne sismique.

Tcf : Trillion cubic feet ou «Milliards de pieds cubes». Unité de mesure des réserves de gaz naturel.

Le directeur général de la comptabilité publique et du Trésor, Cheikh Tidiane Diop, qui recevait, hier, dans ses locaux, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, a révélé qu’au 07 juin dernier, 2.194 milliards de FCfa ont été mobilisés contre 1.664 milliards FCfa en 2017, soit une progression de 530 milliards de FCfa. Il a déclaré qu’avec un paiement effectif de 1.510 milliards de FCfa, le Sénégal dispose ainsi de près de 700 milliards de FCfa disponibles dans les comptes du Trésor de la Bceao.

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a effectué, hier, une visiste de travail à la direction générale de la comptabilité publique et du Trésor. Le responsable de cette structure a fait une présentation sur l’état des comptes du Trésor du Sénégal.  Cheikh Tidiane Diop, directeur général de la comptabilité publique et du trésor, a révélé qu’au jeudi 07 juin 2018, le trésor a mobilisé 2.194 milliards de FCfa, contre 1.664 milliards en 2017, soit une progression de 530 milliards de FCfa.  A ce titre, il faut comprendre que, dans les ressources mobilisées, les recettes fiscales et non fiscales pour un montant de 864,4 milliards de FCfa en 2018 contre 825,8 milliards de FCfa en 2017, soit une progression de 39,6 milliards. Il souligne aussi, dans ce montant, qu’il y a la mobilisation sur le marché financier de l’eurobond d’un montant de 1.187 milliards FCfa en 2018 contre 725,4 milliards de FCfa en 2017, soit une augmentation de 462 milliards.

652 milliards payés aux fournisseurs et cocontractants de l’Etat en 2018
A côté de la mobilisation de 2.194 milliards de FCfa, il a y a eu des injections de liquidités dans l’économie, c'est-à-dire des paiements qui ont été effectués à la date du 07 juin, pour un montant de 1.510 milliards de FCfa en 2018, contre 1.326 milliards de FCfa  à la même période de 2017, soit une hausse 184,1 milliards. « Cela veut dire qu’aujourd’hui, qu’en glissement annuel et en valeur absolue, du 1er janvier 2018 au 07 juin 2018, le trésor a payé plus de 1.510 milliards de FCfa. C’est un effort qui traduit, aujourd’hui, la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements», explique Cheikh Tidiane Diop. Au titre des paiements, pour les grandes rubriques, le trésor a payé aux fournisseurs et cocontractants de l’Etat,  un montant de 652 milliards de FCfa, en 2018, contre 475 milliards de FCfa en 2017, soit une progression de 177 milliards, ce «qui dénote de la qualité du portefeuille de trésorerie». Pour les rubriques de grandes lignes de paiement, le trésor a retenu les dépenses de personnel de l’Etat, des collectivités territoriales, des corps émergents pour un montant payé de 337, 7 milliards de FCfa en 2018 contre 317 milliards de FCfa en 2017. Au titre du service de la dette, il a été payé 391,3 milliards de FCfa contre 382,7 milliards de FCfa, soit une variation positive  de 8,5 milliards. Sur les paiements, quelques postes phares ont été présentés aussi. Relativement aux infrastructures, il a été payé un montant de 182,5 milliards FCfa dont 59 milliards de FCfa pour l’Ageroute, 37,7 milliards de FCfa pour l’Apix, le Fera (Fonds d’entretien routier) pour 17,4 milliards de FCfa. Pour l’hydraulique 12,2 milliards FCfa ont été payés et le Programme de modernisation des villes religieuses a reçu 9,1 milliards de FCfa; il y a eu 6,5 milliards de FCfa pour les constructions de résidences universitaires. L’Onas, dans la politique d’assainissement dans 10 villes phares, a reçu 5,5 milliards de FCfa. Sur l’agriculture, le directeur de la comptabilité publique et du trésor soutient que ses services ont enregistré des paiements, à la date du 1er janvier 2017 au 7 juin, d’un montant de 60,6 milliards de F Cfa dont 47 milliards au titre de la campagne arachidière 2018. D’après M. Diop, «l’Etat a fait face à tous ses engagements au titre de la campagne arachidière et nous avons payé tous nos engagements vis-à-vis des banques, des opérateurs privés stockeurs et des producteurs».  Au titre des bourses d’étudiants, du 1er janvier au 07 juin, 30 milliards de FCfa ont été payés, selon M. Diop. Pour les ambassades, le trésor a payé, en approvisionnement 25,8 milliards de FCfa dont 12 milliards de FCfa au titre du fonctionnement; au titre du Pudc, le trésor a payé 15,4 milliards de FCfa  à, la date du 07 juin. Les collectivités territoriales qui constituent des déposants du trésor ont reçu un paiement de 37,7 milliards du 1er janvier au 07 juin contre des contributions de trésorerie de 26 milliards de FCfa, soit des avances nettes de trésorerie de 11,7 milliards de FCfa au profit de ces collectivités.

Oumar KANDE

AMADOU BÂ, MINISTRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN : « NOUS N’AVONS PAS, AUJOURD’HUI, DE PROBLÈME DE TRÉSORERIE… »
Tresor SnLe ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a soutenu que le Sénégal n’a pas de problème de trésorerie, mais avec la rigueur budgétaire, il faut être prudent.

Après la présentation du directeur général de la comptabilité publique et du trésor, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, a confié que la mission assignée par le président de la République est de travailler en toute rigueur et en toute transparence. «C’est la première fois que le trésor ouvre ses portes de cette manière et invite la presse à une cérémonie de présentation des comptes du trésor certifiés à la Bceao. Le président exige de nous que nous ayons une démarche rigoureuse et de transparence dans la gestion des comptes publics», dit-il. Le ministre rassure en réaffirmant : «nous n’avons pas, aujourd’hui, de problème de trésorerie». Pour lui, la mise en œuvre du Pse produit des résultats, mais cela ne signifie pas que nous n’avons pas de difficultés. «En termes de trésorerie, on n’a pas de difficultés majeures avec plus de 700 milliards de FCfa disponibles, soit le budget du Sénégal en 1997. C’est peut être au niveau du budget que nous avons quelques contraintes. Mais, lorsqu’on a de la trésorerie et au budgétaire on a des contraintes, on peut laisser déraper, mais ce n’est pas responsable et c’est l’attitude d’un gouvernement qui ne se soucie pas de demain», explique l’argentier de l’Etat. Ce dernier rappelle que le budget 2017 a été bâti sur des hypothèses de croissance, d’un déficit budgétaire, d’un niveau de recettes et de dépenses projetées etc.

Impact de la hausse du prix du baril du pétrole
Cependant, il rappelle que l’environnement international a changé dans le second semestre de l’année 2017, avec la hausse du baril du pétrole, «et on s’est retrouvé avec une moins-value de recettes de 130 milliards de FCfa ». «Dans une situation pareille, le gouvernement s’était engagé sur une cible de déficit budgétaire de 337 milliards de FCfa; dès lors, avec la moins-value  de recettes, on pouvait partir de 337 plus 130 milliards de FCfa, soit un déficit budgétaire de 6%; si on l’avait fait, sur le marché international, on n’aurait pas eu ces taux. Cela ôterait au Sénégal toute crédibilité. Durant cette période 2017, nous avons pensé tout faire pour que la cible du déficit soit respectée et reporté à certaines dépenses sur 2018», ajoute-t-il. Avec la hausse du baril du pétrole, le ministre précise que le Président n’a pas voulu qu’on tire les conséquences de l’évolution du prix du baril sur les prix du carburant et sur l’électricité. «Le Président pense qu’il faut soutenir davantage les consommateurs. En 2018, on a fait des reports de dépenses de 2017, mais l’environnement international a continué de se dégrader; le pétrole a atteint 80 dollars le baril», lance Amadou Bâ qui insiste sur l’importance du prix du baril sur nos recettes.  Par rapport à certaines revendications, le ministre soutient que la réponse, c’était soit de dépenser l’ensemble de nos trésoreries et de se retrouver dans des difficultés soit «on avance avec méthode, avec prudence pour maintenir les bases actuelles de la stabilité économique». Et, il a soutenu que «c’est cette option qui a été décidée». Le ministre confirme également que «l’économie sénégalaise se porte bien mais nous sommes dans un environnement incertain qui nous oblige à faire preuve de prudence parce qu’un budget, c’est une programmation annuelle». Sur le budget de 3.700 milliards de FCfa voté par l’Assemblée nationale à la date d’aujourd’hui, il indique que le Sénégal est à 45,81% d’engagement.

O. KANDE

DETTE DES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : LE MINISTRE DE L’ECONOMIE RENCONTRE SON HOMOLOGUE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, LUNDI
Revenant sur la situation des établissements privés d’enseignements qui réclament une dette de 16 milliards de FCfa à l’Etat, le ministre des Finances rappelle que c’est depuis 2013 que le président a pris la mesure avec une première dotation de 3,7 milliards FCfa. Depuis lors, 5 milliards de FCfa sont inscrits chaque année dans les différents budgets. «Toutes les sommes inscrites dans le budget ont été engagées par la direction générale du Budget et effectivement payées par le trésor. Maintenant, dans le pratique budgétaire, il est possible qu’il y ait des difficultés ça et là et que, peut être, des étudiants qui n’étaient pas prévus dans le budget soient inscrits et que les factures reçues par le ministère de l’Enseignement supérieur dépassent le budget prévu. Mais, l’obstacle juridique, c’est de devoir faire face à une dépense qui n’est pas inscrite dans le budget», martèle le ministre de l’Economie. Il salue l’attitude du ministre de l’Enseignement supérieur et indique que ses services vont mettre en œuvre les instructions du président de la République. C’est ainsi que les deux ministres vont se rencontrer dès ce lundi «pour trouver une solution à cette question douloureuse». En outre, pour prendre en charge toutes ces questions, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan apprend qu’ils iront bientôt à l’Assemblée nationale pour une Loi de finance rectificative (Lfr) pour changer les priorités du budget avec, notamment l’intégration des mesures prises pour le secteur de l’éducation (150 milliards de FCfa), l’augmentation des bourses, avec les imprévus dans l’agriculture etc.

O. KANDE

Dans la session annuelle du conseil d’administration du Programme des nations unies pour le développement (Pnud) qui se tient actuellement à New York, le bureau du Sénégal a présenté les réalisations du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). 

Les réalisations du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) ont été présentées, hier, à New-York. C’était lors de la session annuelle du Conseil d’administration du Programme des nations-unies pour le développement (Pnud). Selon un communiqué reçu à notre rédaction, pour le conseil d’administration, l’objectif était d’avoir une meilleure idée de l’image de la prochaine génération du Pnud sur le terrain et de son évolution au cours des premiers mois de mise en œuvre du nouveau Plan stratégique 2018-2021, qui envisage un Pnud plus efficace, transparent et responsable, et mieux à même de fournir des résultats plus solides aux pays. «La retransmission en direct (une première en la matière) a permis de transporter, au Sénégal, les membres du conseil d’administration, de faire l'expérience du travail accompli par le Pnud sur place, mais également de rencontrer les participants, les chargés de projet, les partenaires gouvernementaux et les donateurs et de leur parler directement», renseigne le document. La session a permis un échange à la fois interactif, vivant, et informatif entre les membres du conseil d’administration, les autorités, les bénéficiaires et les communautés soutenues par le cadre du Pudc. Après l’introduction par Tegegnework Gettu, administrateur adjoint du Pnud, une vidéo des résultats du Pudc a été projetée et un aperçu du programme a été donné par Mme Priya Gajraj, représentant résident du Pnud, et Cheikh Diop, directeur national du Pudc. A leur suite, les parties prenantes et les participants nationaux ont partagé quelques points de vue. Il s’en est ensuivi une séance de questions-réponses avec les membres du conseil d'administration, qui portait surtout sur l’impact du projet sur la vie des bénéficiaires ; les leçons apprises du programme ; la vision que les acteurs locaux ont de la prochaine génération du Pnud tel qu’envisagé par le Plan stratégique 2018-2021.

Lancé en 2015 par le gouvernement du Sénégal, le Pudc vise à améliorer les conditions socioéconomiques des populations rurales dans les zones défavorisées du Sénégal. Doté d'un budget d'environ 192 millions de dollars (près de 105 milliards de FCfa), le projet est entièrement financé par le gouvernement sénégalais et mis en œuvre par le Pnud, avec aussi un apport financier de ce dernier. Il est axé sur le développement des infrastructures socioéconomiques de base, l'amélioration de la productivité rurale, l'agriculture et l'élevage, et le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs locaux.

Selon le communiqué, le Pudc a permis l’électrification de 335 villages (80 centrales solaires opérationnelles et produisent 255 volts en moyenne tension/basse tension) ; le raccordement des villages au réseau routier national (692 km de routes rurales construites dont 575 ouvertes à la circulation) ; la fourniture d'eau aux zones rurales (830 villages ont accès à l'eau potable, avec 229 forages et 147 châteaux d'eau). Il y a également la fourniture de matériel agricole et post-agricoles aux agriculteurs, en particulier aux femmes (3.729 équipements ont été distribués et impactent plus de 2 millions de personnes), sans oublier les chaînes de valeurs horticoles (3 centres de collecte de lait mis en place, 133 surfaces végétales cultivées couvrant 526 ha dans 133 villages, 100 périmètres clôturés d'une superficie de 402 ha complétés).

Aliou KANDE


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