banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Accès des femmes au foncier : Les tabous socioculturels, principaux obstacles

28 Sep 2016
1057 times

S’il ne dépendait que des textes législatifs, il y a longtemps que la question de l’accès des femmes à la terre serait réglée au Sénégal. Mais les contraintes socioculturelles inhibent souvent toutes les tentatives.

Malgré la Loi sur le domaine national, la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, la ratification de conventions internationales garantissant l’équité et l’égalité dans l’accès à la terre, les femmes sénégalaises, surtout en milieu rural, éprouvent toujours des difficultés pour accéder et contrôler des terres de production. Peut-on en déduire, pour autant, que ces différents textes ont atteint leurs limites ? Le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de l’équipement, Dogo Seck répond par l’affirmative. Il soutient que certains tabous et les pesanteurs socioculturelles en sont les principaux facteurs explicatifs. Il donne l’exemple du centre du pays (particulièrement la région de Kaolack) la tradition veut qu’une femme ne doit pas hériter de terre au risque de voir un malheur ou la mort s’abattre sur elle. « Ce n’est plus par la loi qu’on va régler cette question mais par l’information, la sensibilisation et l’adoption de mesures concrètes de discrimination positive au profit des femmes. Ce sont les hommes dans nos terroirs qui ont créé ces obstacles psychologiques, sociologiques qui empêchent les femmes d’accéder à la terre. Il faut donc une transformation des mentalités à la base », a-t-il déclaré, en présidant l’ouverture d’un atelier de renforcement de capacités des acteurs pour une meilleure prise en compte du genre dans le document de la politique foncière en cours d’élaboration. Cette activité est organisée par Onu-Femmes en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de l’équipement, celui de la Femme, de la Famille et de l’enfance et la Commission nationale de la réforme foncière. Les participants ont revisité les différents facteurs qui empêchent les femmes de posséder des terres, et partant, de faire des propositions qui alimenteront le document de politique foncière. « A tous les niveaux, les femmes sont désavantagées. On espère mettre fin à ces tabous et installer les femmes aux instances de décision. Le partenariat avec Onu-Femmes (…) permettra de traduire en acte concret la volonté du gouvernement de considérer les priorités différenciées des hommes et des femmes dans les politiques publiques », a ajouté M. Seck.

Réduire les inégalités
Le gouvernement du Sénégal a déployé des efforts depuis 25 ans afin de réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, a admis Marie Sabara d’Onu-Femmes. Néanmoins, a-t-elle regretté, les femmes rurales peinent à accéder aux ressources productives alors qu’elles constituent près de 70 % de la force de travail et assurent un peu plus de 80 % de la production agricole notamment dans les cultures vivrières. Comme Dogo Seck, Mme Sabara indexe les contraintes socioculturelles parmi les causes du faible nombre de femmes propriétaires terriens. N’empêche, Marie Sabara pense qu’avec la participation des femmes dans le processus de transformation structurelle et de la croissance inclusive affirmée dans le Pse et le Pracas, le Sénégal baigne dans un contexte assez favorable qui pourrait améliorer la situation. « Les réformes sur la politique foncière en cours nous confortent dans l’idée que le Sénégal est en phase avec toutes les recommandations issues des différentes conférences internationales (Rio+20, Beijing+20, Cop 21). Nous sommes sûrs que cela va impulser une dynamique d’intégration des femmes dans la gestion et l’occupation du foncier », a-t-elle déclaré. Oumou Khairy Niang, conseiller du ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance a rappelé qu’une « réelle prise en compte du genre dans la politique foncière est une voie certaine pour une gouvernance foncière équitable ». Elle a appelé à la poursuite du partenariat avec les différentes institutions afin que « l’égalité de genre et la démocratie deviennent des réalités dans la tenue foncière de notre pays et dans l’ensemble des politiques de développement liées au Pse ».
La Cnrf va présenter son document de politique foncière avant fin 2016.

La Commission nationale de la réforme foncière (Cnrf) s’apprête à rendre public la première mouture du document de politique foncière. Cette publication est attendue avant la fin de l’année, a annoncé Mamadou Fall, membre de ladite commission, lors de l’atelier de renforcement de capacités sur le genre et le foncier. « La Cnrf a initié une série de concertations avec les divers acteurs en perspective d’un atelier national de validation finale du document de politique foncière. Cela permettra d’anticiper les mesures d’atténuation de l’ensemble des risques liés à des velléités d’absence de consensus, à la discontinuité dans la concertation, à un manque d’articulation et de cohérence entre la politique foncière et les divers textes régissant le foncier et les ressources naturelles », a-t-il dit. Selon M. Fall, tout est mis en œuvre pour aboutir à « une réforme foncière digne de ce nom », rappelant que par le passé, il y a eu plusieurs tentatives qui n’ont pas abouti pour diverses raisons. Pour ce faire, la démarche participative et inclusive a été privilégiée par le Pr Sourang. « Il s’est entouré d’une dizaine d’experts de très haut niveau et a parcouru le Sénégal pour écouter les gens notamment les acteurs à la base. Cela, afin d’identifier ce qui n’a pas marché avec les précédentes lois, de recueillir les recommandations des populations et des acteurs à la base pour qu’on ait une réforme foncière consensuelle », a souligné M. Fall.

Compte rendu d’Elhadji Ibrahima THIAM

Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.