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Ibrahima Dème, directeur de la promotion de la bonne gouvernance : « Le Sénégal est et doit continuer à être la locomotive en Afrique »

11 Oct 2016
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Classé 10e sur l’Indice Mo Ibrahim de 2016, le Sénégal peut améliorer son score en bonne gouvernance. C’est la conviction d’Ibrahima Dème, Directeur de la promotion de la bonne gouvernance du ministère de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Promotion de la bonne gouvernance. Dans cet entretien, il soutient que le Sénégal est et doit continuer à être la locomotive de la bonne gouvernance en Afrique.

Le Sénégal est classé 10e au classement de l’indice Mo Ibrahim. Quelle lecture en faites-vous ?
Notre pays a réussi une bonne performance. Malgré que nous soyons passés de 9e à 10e, je considère que c’est un très bon classement et ce qui est important à retenir, c’est le nombre de points gagnés (3,7 points) par rapport à 2015. Cela démontre que nous sommes en train de faire d’importants efforts en bonne gouvernance. Le rang peut se justifier par le fait que dans la classe, il y a d’autres élèves qui sont revenus avec force et qui se sont préparés. C’est le cas de la Côte d’Ivoire qui sort d’une crise et qui a mis un ensemble de dispositifs, de mécanismes pour la sécurité, la paix, la transparence, etc. Ils vont gagner des points et cela va se répercuter sur le classement. Mais le Sénégal a aussi réussi des bonds importants qui méritent d’être salués.

Une performance de 3,7 points, c’est important. Qu’est-ce qui a fait la différence ?
Cette performance se justifie par la volonté politique fortement exprimée par le président de la République, Macky Sall, de faire de la bonne gouvernance, le centre de la gestion des affaires publiques. A partir de ce moment, des initiatives ont été prises dont la réforme sur le Code de transparence qui a été internalisée en 2012, la création d’un ministère dédié à la Promotion de la bonne gouvernance qui a ouvert plusieurs chantiers. Nous avons aussi le Maep que nous avons relancé et qui, aujourd’hui, est à une étape cruciale de son processus. Il est prévu la présentation du rapport en janvier 2017. En deux ans, le Sénégal a fait un parcours que les autres pays ont fait en 5 voire 7 ans. La Côte d’Ivoire est même venue s’inspirer de l’expérience du Sénégal dans le processus du Maep. Nous avons un ensemble de mécanismes qui ont été enclenchés par le gouvernement. Il y a aussi la réforme constitutionnelle de mars 2016 qui renforce les droits des citoyens, encadre le droit des citoyens, mais elle prévoit également les devoirs des citoyens. C’est tout cela qui fait que le Sénégal a gagné des points sur l’Indice Mo Ibrahim. Mais il reste encore beaucoup de choses à faire.

Le continent africain a également progressé d’un point en gouvernance. Est-ce que les performances du Sénégal en sont pour quelque chose ?
Le Sénégal est la locomotive de la bonne gouvernance en Afrique et il doit continuer à l’être. Il y a des efforts à faire en termes de réformes. Il faut qu’on aille plus vite sur les réformes de la gouvernance, de l’Etat de droit. Il y a certes des acquis, mais il nous faut avancer dans le secteur de la justice, les chambres criminelles, les détentions préventives, la liberté d’expression. Nous travaillons sur un projet de loi sur l’accès à l’information. C’est un chantier ouvert par le ministère de la promotion de la bonne gouvernance. D’ici à un an, le Sénégal pourra se doter d’une loi sur l’accès à l’information qui encadre l’accès à l’information des citoyens. Ce que nous sommes en train de faire avec le ministère de l’Économie et des Finances sur la transparence budgétaire va renforcer la crédibilité du Sénégal en suivi budgétaire parce que nous sommes en train d’organiser un dispositif de dialogue entre l’État et la société civile sur la transparence budgétaire. Toutefois, le Sénégal gagnerait à éviter certaines interpellations, des arrestations qui nous valent des critiques qui ne sont pas fondées sur la liberté d’expression.

Le Sénégal a-t-il les armes pour faire mieux que les pays comme le Cap Vert, l’île Maurice, le Botswana qui sont des exemples de bonne gouvernance ?
Le Sénégal a l’obligation de faire plus et mieux en gouvernance parce que nous sommes les précurseurs de la bonne gouvernance, d’un Etat de droit, de la démocratie en Afrique. Nous avons l’obligation de faire mieux que tous ces pays. Et nous sommes en train de faire mieux. Le problème, c’est que ce sont des pays qui, à un certain moment, étaient en crise qui sont confrontés à des violations flagrantes des droits de l’homme et qui, en deux ans, font du rattrapage. C’est ce rattrapage qui leur donne des points supplémentaires, mais le Sénégal fait mieux en démocratie et en bonne gouvernance. Il y a aussi le fait qu’en stabilité politique, le Sénégal fait mieux que tous les pays d’Afrique, mais nous devons continuer à être cette locomotive de la bonne gouvernance.

Quels sont les secteurs que le Sénégal gagnerait à améliorer ?
La justice est un secteur où il y a des efforts à faire, surtout dans l’application des lois pénales. C’est important. Les longues détentions, les arrestations, les interdictions de manifester sont autant de choses à revoir. La responsabilité n’est pas seulement du côté de l’État. Les acteurs politiques et les citoyens ont également une part de responsabilité. Si aujourd’hui on a l’impression qu’il y a une cacophonie, le citoyen et l’acteur politique ont une part de responsabilité. Le Sénégalais aime toujours manifester, les hommes politiques ont une part de responsabilité dans la construction de notre Etat de droit parce qu’ils doivent y contribuer. Dans le secteur de la gouvernance locale, il y a également des efforts à faire parce que la participation citoyenne est prévue par la Constitution et le Code général des collectivités locales. C’est un principe fondamental, mais qui n’est pas encore encadré. Le Code général des collectivités locales date de 2013, mais le décret d’application sur la participation citoyenne n’est pas encore pris et cela bloque un peu un volet important de l’Etat de droit. Au niveau central, le dialogue Etat-société civile sur les questions de démocratie, de développement se porte très bien.

La croissance économique de notre pays a-t-elle un peu influé sur ces performances-là ?
La croissance économique évolue. Au Sénégal, les chiffres sont maîtrisés. Mais la croissance économique n’est pas seulement les chiffres. Il faut que cela se traduise dans le vécu des populations et c’est cela qui va nous faire gagner davantage de points sur des indices de mesure de la bonne gouvernance. Les politiques économiques doivent influer sur le citoyen. C’est cela qui est fondamental.

Propos recueillis par Samba Oumar FALL

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