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Raréfaction des ressources halieutiques : Les actions de l’homme indexées

05 Avr 2018
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Raréfaction des ressources halieutiques : Les actions de l’homme indexées Photo d'archives

La raréfaction des ressources halieutiques est plus liée à un phénomène anthropique qu’aux effets du changement climatique. C’est le constat fait par le directeur du Centre de recherches océaniques de Dakar-Thiaroye (Crodt) qui animait, mardi, une conférence de presse, à la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara).

Au Sénégal, la raréfaction des ressources halieutiques porte la signature de l’homme. Si le poisson se fait rare sur les étals des marchés et si les pêcheurs sénégalais sont obligés de squatter les espaces maritimes des pays voisins comme la Mauritanie et la Guinée Bissau, à la recherche du poisson, il faut chercher la cause dans les mauvaises pratiques de pêche et non pas dans les changements climatiques. Ce constat est du directeur du Centre de recherches océaniques de Dakar-Thiaroye (Crodt), le Colonel Massal Fall. « Nos propres pratiques sont la principale cause de la raréfaction des ressources halieutiques. Le phénomène du changement climatique ne fait que s’y greffer. C’est un facteur additionnel », a-t-il expliqué, mardi, lors d’une rencontre avec la presse au stand de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) à la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara).

Autrement dit, si l’espace maritime sénégalais est moins poissonneux, cela est dû principalement aux pratiques néfastes persistantes de l’homme.

La plus grave de ces pratiques est la surpêche ou la surexploitation. Selon une étude menée par le Crodt en 2014, le Sénégal a une surcapacité de pêche de 52%, c’est-à-dire qu’on y pêche à plus de 52% que de besoin. Ce chiffre n’est qu’une moyenne car pour certains espèces comme le mérou (thiof), le pourcentage peut monter jusqu’à 75% de surpêche. A côté de la surexploitation, d’autres facteurs exacerbent la raréfaction des ressources halieutiques. Il s’agit notamment de la coopération halieutique sous-régionale de moins en moins opérante. L’exemple de la Mauritanie est assez illustratif à ce sujet.

On note également la pollution multiforme des sites de pêche, la persistance de la pêche des juvéniles qui a cours notamment au quai de Hann, les conséquences dévastatrices de la pêche crevettière et chalutière qui se manifestent par des captures massives et peu sélectives, le manque de promotion des techniques de pêche écologiquement correctes, l’insuffisance des aires marines protégées. A cela s’ajoutent le trop plein de bateaux, de flottilles et de pirogues artisanales, les manquements dans la gouvernance des pêches, le développement des usines de farine de poissons (minoteries), la persistance de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (Inn) malgré les sanctions renforcées et la demande en hausse de la demande aussi bien nationale qu’internationale.

Dans la recherche de solutions à la raréfaction des ressources halieutiques, le Crodt qui est un centre spécialisé de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) joue un rôle important. Ce centre, le plus ancien en Afrique de l’ouest francophone, contribue ainsi au développement du secteur des pêches maritime et continentale et de l’aquaculture via la création de connaissances et de technologies, l’accompagnement des professionnels artisans et industriels et la veille scientifique. Dans cette quête de solutions, les savoirs endogènes ne sont pas occultés, selon le Dr Elhadji Traoré, Directeur scientifique de l’Isra. « On connaît, de manière scientifique et technique, les causes de la raréfaction des ressources halieutiques. Mais les populations locales ont des connaissances ancestrales qui peuvent aider à trouver des solutions. A l’Isra, nous en sommes conscients. C’est pourquoi, nous avons mis en place une équipe spécialement chargée de mener des enquêtes sur les communautés et leurs pratiques », a-t-il expliqué.

Elhadji Ibrahima THIAM

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