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Finance islamique : Les pays africains invités à saisir les opportunités offertes par secteur

08 Mai 2018
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Le 5ème Forum international sur la Finance islamique en Afrique de l’Ouest s’est ouvert, hier, à Dakar. L’édition de cette année se penche sur les voies et moyens d’attirer les investissements des pays du Golf vers l’espace Cedeao.

D’un côté, des pays africains qui ont besoin de financements considérables pour réaliser des projets structurants et bâtir une industrie financière islamique, de l’autre, des investisseurs des pays du Golf qui cherchent de nouvelles opportunités d’investissement conformes à la Charia. La demande et l’offre étant là, il reste à faire en sorte que les deux parties se rencontrent et développent des partenariats profitables à tous. C’est tout l’enjeu de la 5ème édition du Forum international sur la Finance islamique qui s’est ouvert, hier, à Dakar, dont le thème est : « Afrique de l’Ouest-Pays du Golf : le pont des investissements directs ». Visant à faire la promotion de la Finance islamique dans la sous-région et d’y d’attirer les investisseurs du Golf, la rencontre est organisée par l’Institut africain de finance islamique (Aiif) que dirige Mamadou Lamine Mbacké.

Ce dernier a salué les nombreuses actions posées par le gouvernement afin de bâtir une industrie financière islamique au Sénégal. Et la présence du Président Macky Sall, à cette cérémonie, témoigne, à ses yeux, de cet engagement et de cette orientation politique. « Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a bien compris la volonté politique du chef de l’État en s’appropriant la finance islamique pour en faire un véritable instrument de financement du Pse en émettant deux Sukuk sur le marché sous-régional pour un montant cumulé de 250 milliards de FCfa. Cette volonté politique du président de la République ainsi que l’audace et l’engagement du gouvernement dans l’innovation et la diversification des sources de financement a valu à notre pays le premier prix africain des Awards de la Finance islamique à Dubaï », a déclaré le président de l’Aiif. Selon lui, la présence des investisseurs du Golf à la tête desquels se trouve Abdullah Mubarak Almutawa du Koweit ne peut que renforcer le positionnement du Sénégal pour en faire un hub de la finance islamique en Afrique de l’Ouest.

Principe de partage du risque

Ce Forum se tient dans un contexte où le Pse a atteint sa vitesse de croisière et où les nations unies ont décidé de mettre en œuvre les Objectif du développement durable (Odd), a rappelé Khadidiatou Diallo, de la Banque islamique de développement (Bid). Or, ces plans, a-t-elle précisé, ont besoin de financement à long terme pour se réaliser. Mais, à cause des facteurs de partage des risques et de participation au capital, ces plans ont du mal à trouver les financements nécessaires. « Le problème ne réside pas dans le manque de fonds, mais plutôt dans l’allocation des fonds pour l’investissement à long termes. D’où la nécessité de trouver d’urgence des moyens novateurs susceptibles de pallier la faible allocation des fonds et de répondre aux besoins ambitieux des programmes de développement. La Finance islamique propose bien précisément la solution à ce problème car elle se base sur le principe du partage du risque et le principe du financement adossé à des actifs tangibles », a indiqué la représentante de la Bid.  Cependant, pour que la finance islamique réponde efficacement au déficit de financement à long terme, il est impératif, selon elle, de « renforcer le système financier par la mise en place de cadres juridiques, administratifs et réglementaires qui appuient le principe de partage des risques ».  

Justice et équité sociale

Fondée sur les principes de paix, de justice et d’équité sociale et s’étant affirmée comme instrument de développement moderne adaptée aux besoins de l’État, de l’entreprise et du citoyen, la Finance islamique, d’après le Président Macky Sall, est un levier de financement complémentaire voire une alternative au financement conventionnel. « Il ne faut pas jeter la finance non islamique, il nous faut combiner les deux pour en tirer le meilleur profit. Aujourd’hui, la finance islamique se positionne comme une composante essentielle du système financier international. Après avoir affirmé son leadership dans certains pays asiatiques et du Moyen Orient, elle a fini de convaincre, en raison de son caractère innovant, de sa résilience eaux crises et de la philosophie qui la sous-tend », a-t-il soutenu.  Aujourd’hui, certains pays africains essaient d’optimiser les opportunités qu’offre la Finance islamique tandis que d’autres définissent de véritables stratégies pour bâtir une industrie financière islamique. Quoi qu’il en soit, le Président Macky Sall estime que le continent africain ne doit pas être en marge de cette dynamique internationale surtout qu’il dispose, en la matière, des avantages comparatifs à faire valoir. Quant au Sénégal, les enjeux de la Finance islamique ont été très tôt appréhendés. La preuve est donnée par les nombreuses initiatives prises par le gouvernement et qui ont donné des résultats satisfaisants, selon le chef de l’État. « Les 250 milliards de FCfa tirés des deux Sukuk ont largement contribué au financement de projets structurants du Pse. Nous avons un projet de création d’une institution de micro finance avec un capital de 5 milliards de FCfa, grâce au soutien de la Bid et des privés nationaux. Par ailleurs, l’État a mis en place un programme de promotion de la micro finance islamique au Sénégal avec une ligne de financement de 47 milliards de FCfa, en partenariat avec la Bid », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le Président Macky Sall s’est félicité de la décision de la Bceao d’adapter les cadres réglementaires des établissements de crédit et de systèmes financiers décentralisés à la Finance islamique. A l’en croire, « c’est un grand progrès » vers la création d’une véritable industrie financière islamique dans l’espace Cedeao.

 

Faire de Dakar un hub de la Finance islamique

S’il y a une ambition chère au président de l’Institut africain de finance islamique (Aiif) et que partage largement le président de la République, c’est celle de faire du Sénégal un hub de la finance publique. Les bases ont été jetées certes, mais Mamadou Lamine Mbacké envisage de les renforcer. Ainsi, au-delà de la formation et du forum, il a annoncé la création imminente d’une banque islamique dans la zone Uemoa, en partenariat avec un groupe d’experts disposant de plusieurs années d’expérience bancaire internationale. Mais le président de l’Aiif ne s’arrête pas là, il entend également lancer un projet de création d’une institution de micro finance islamique d’un capital d’un milliard de FCfa avec des partenaires turcs et sénégalais. A cela s’ajoute le lancement du premier fonds d’investissement conforme à la Charia en Afrique de l’Ouest, en partenariat avec Impaxis Capital. « L’Aiif s’engage donc à apporter sa contribution aux efforts inlassables du gouvernement de faire de notre pays un hub de la Finance islamique. Si ces projets voient le jour, ils constitueront un pas important vers la création d’une industrie financière islamique au Sénégal.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

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