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Finances publiques : Le Fmi relève une «gestion prudente» de la dette du Sénégal

12 Mai 2018
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Une mission des services du Fmi, en visite à Dakar, dirigée par Michel Lazare, a fait l’état de la situation économique de notre pays. Dans leurs conclusions, les experts du Fonds ont soutenu que le Sénégal continue de gérer, « prudemment » sa dette. Ils ont, toutefois, attiré l’attention des autorités sur les tensions budgétaires accentuées, entre autres, par l’augmentation de la masse salariale, les dépenses de sécurités.

Le débat sur l’évolution du taux d’endettement du Sénégal (61,24%) ne laisse pas indifférents les services du Fonds monétaire international (Fmi) qui, au terme d’un séjour de deux semaine (du 26 avril au 11 mai 2018) à Dakar, ont passé au peigne fin la situation de la dette du Sénégal. Selon Michel Lazare, chef de la mission du Fmi au Sénégal, notre pays continue de gérer sa dette de façon prudente, notamment en mettant de côté le sur-financement de 1,8% du Pib à l’occasion de l’émission récente d’un eurobond de 2,2 milliards de dollars pour financer le budget de 2019 et pour racheter des emprunts extérieurs à coût. En effet, une partie des ressources issues de la dernière émission d’obligations internationales (mars 2018) vont servir au rachat de certains crédits, notamment l’Eurobond de 2011 dans la stratégie de gestion de la dette.

M. Lazare note que des évolutions récentes ont contribué à une amélioration de certains indicateurs d’endettement : une baisse sensible de la trajectoire du ratio dette sur Pib en raison de la modification de l’année de référence du Pib. Ce qui devrait ramener la dette de l’administration centrale à moins de 50% du Pib fin 2017; un lissage notable du service de la dette après le rachat de 40% de la dette de l’eurobonds 2011. « Le Sénégal fait très attention à son endettement ; il n’y a pas de doute sur le fait que la dette est gérée de façon active par le gouvernement du Sénégal », s’est réjoui le chef de la mission du Fmi au Sénégal. Ce dernier a également fait part de la situation des autres agrégats économiques.

En effet, il fait remarquer que la croissance économique du Sénégal reste vigoureuse (7,2% en 2017), tandis que l’inflation demeure faible (1,3%). Du fait de la modification de l’année de référence, le Pib a été révisé à la hausse d’environ 30%. Le déficit du compte courant de la balance des paiements a, toutefois, augmenté, en raison de la hausse des prix mondiaux des produits de base, y compris des prix de l’énergie et de la hausse de la demande pour les importations.

La masse salariale sur une
tendance haussière

Dans leur rapport, les services du Fmi ont, en outre, relevé que les tensions budgétaires se sont encore accentuées du fait de recettes inférieures aux anticipations et des augmentations de la masse salariale, des charges d’intérêts et des dépenses de sécurité. La masse salariale du Sénégal, pour l’année 2018, est estimée à 633 milliards de F Cfa, contre 586 milliards en 2017. En l’espace d’une année, elle a connu une progression de 8 %. « L’expansion de la masse salariale » inquiète beaucoup les députés, mentionnait le rapport de la Commission de l’Économie générale, des Finances et du Plan, lors du vote du budget de cette année. Selon Michel Lazare, les autorités ont proposé un ensemble de mesures en 2018 pour augmenter les recettes et réduire la pression sur les dépenses. Cet ensemble comprendra des mesures pour accélérer les réformes de la politique fiscale et de l’administration des recettes (0,8% du Pib), maîtriser les dépenses d’investissements non prioritaires qui sont financées sur ressources intérieures (1,0% du Pib) et contenir les dépenses courantes (0,1% du Pib). Sur la progression des salaires, il soutient que le gouvernement a répondu aux attentes de certain nombre de catégories de fonctionnaires, notamment dans l’éducation, la santé.
Ces réponses apportées aux demandes, dit-il, expliquent une partie de l’augmentation de la masse salariale. « Nous n’avons pas formulé de recommandations particulières sur l’évolution de la masse salariale. Nous regarderons cette situation plus tard lors de la revue prochaine de l’Ispe, en juillet 2018 », a déclaré Michel Lazare.

 

«Il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur une dévaluation du FCfa»

A en croire le chef de la mission du Fmi au Sénégal, Michel Lazare, il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur une éventuelle dévaluation du FCfa. « Je n’ai pas connaissance d’un débat qui existe entre des décideurs sur la dévaluation du FCfa. A mon sens, il n’y a pas de questions actives qui se posent à ce niveau », rassure-t-il. Selon lui, la situation de la balance des paiements de la région (Ndlr : zone monétaire Uemoa) paraît solide et des réserves extérieures représentant 4 mois d’importations ont été accumulées.

 

Des difficultés à surmonter
dans le programme Ispe

La mise en œuvre du programme de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) a rencontré des difficultés en 2017, notent les services du Fmi. Il s’agit de la hausse soutenue des prix mondiaux du pétrole. Selon eux, il y a des difficultés qui relèvent de l’environnement international dans lequel opère l’économie sénégalaise, en particulier l’augmentation du prix du baril du pétrole et l’appréciation en terme relatif du dollar par rapport au FCfa. C’est un facteur qui renchérit le coût des importations, et par ailleurs, pèse, de façon négative, sur le budget national.  Ils ajoutent que si l’objectif fixé pour le déficit budgétaire à fin 2017 a été atteint, une mobilisation insuffisante des recettes a conduit à la réduction des dépenses publiques et aux retards dans les paiements à la compagnie publique d’électricité et au secteur privé. En plus, l’objectif relatif au financement net global de l’administration centrale n’a pas été respecté, d’après Michel Lazare.  Cependant, relève-t-il, les autorités ont accompli des avancées significatives comme la réduction sensible du financement de la Poste par le trésor au premier trimestre de 2018.

Abdou DIAW

 

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