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Serge Ackre, directeur général d’Ecobank Sénégal : «Les bons résultats nous encouragent à augmenter le fonds destiné aux Pme»

01 Jui 2018
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L’assainissement du portefeuille d’Ecobank Sénégal a-t-il connu une amélioration au courant de 2017 ?

Le portefeuille d’Ecobank Sénégal est performant et solide même si dans toute institution, le travail de suivi du portefeuille est de rigueur. Pour en témoigner, notre rentabilité continue de progresser depuis quelques années. De cinq milliards de FCfa en 2015, nous sommes passés à sept milliards de FCfa en 2016 pour finir à 10,198 milliards (de bénéfice net après impôts) en 2017.

Vous avez annoncé de bons résultats pour l’année 2017 ; quelles sont vos perspectives pour 2018 ?

Les perspectives pour 2018 sont bonnes. 2017 est une année de rupture, elle a permis à la banque d’asseoir sa stratégie de digitalisation, de consolider sa qualité de service pour notre clientèle.  En 2017, nous avons dégagé un total bilan de 715 milliards de FCfa, un niveau de dépôt en hausse de plus de 20 milliards de FCfa entre 2016 et 2017 et une croissance des crédits de plus de 10 %. Nous sommes en train de maintenir le même niveau d’agressivité sur le marché en 2018.  Et, en l’état actuel, nos perspectives sont bonnes, portées qu’elles sont par une conjoncture économique favorable.

Contrairement à sa filiale sénégalaise, la maison-mère Ecobank Transnational Incorporated (Eti) se portait mal il y a quelque temps, notamment à cause d’importantes créances douteuses au Nigeria. Peut-on s’attendre à une amélioration de la situation ?

Le groupe Eti, par sa taille, est l’un des principaux groupes bancaires en Afrique subsaharienne et leader sur le marché de l’Uemoa. C’est vrai que le groupe a connu un challenge pour son portefeuille mais un travail remarquable a été réalisé par le nouveau leadership du groupe en la personne de son directeur général, Ade Ayeyemi. La stratégie de gestion de la qualité du portefeuille au Nigeria porte déjà ses fruits avec la mise en place d’une structure de défaisance. Le niveau de recouvrement est de plus de 20 millions de dollars en 2017.

L’activité du groupe se porte bien. Le groupe Ecobank a pu dégager un résultat positif en 2017. Nous sommes passés d’une perte de près de 250 millions de dollars en 2016 à un résultat bénéficiaire de plus de 229 millions de dollars en 2017. Les perspectives sont bonnes pour 2018, le groupe est en pleine progression tout comme Ecobank Sénégal.

Quelle est l’évolution des dépôts de la clientèle ?

Nous avons connu une croissance de dépôts de près de 20 milliards de FCfa pour l’exercice 2017, soit un peu plus de 5 %.

On reproche souvent aux banques de ne pas financer suffisamment l’économie. Quel est votre apport sur ce point ?

Si l’on se conforte aux chiffres du Sénégal pour l’année 2017, on peut dire qu’Ecobank Sénégal a consolidé sa présence sur le marché sénégalais avec la troisième place que nous occupons. Nous avons mis l’accent, cette année, sur les Pme-Pmi en plus de notre marché traditionnel des entreprises régionales, des multinationales. En 2014, nous lancions  Ecobank Sme Club,  une initiative du Groupe Ecobank, qui vise à accompagner les Pme locales à fort potentiel. En effet, nous pensons dans le groupe Ecobank que les Pme sont des relais de croissance essentiels en Afrique et que leur développement doit être au cœur de  la stratégie. En 2018, nous avons renforcé le concept  et avons élargi le club aux entreprises locales de taille plus importante. Nous accompagnons les Pme non seulement sur les marchés domestiques, notamment la commande publique, mais aussi sur les opportunités offertes par la sous-région. Les conventions signées avec le ministère du Commerce et des Pme/Pmi à travers le Bureau de mise à niveau, l’Adepme sont autant d’appui qui concourent à une meilleure adéquation entre les besoins des Pme et les attentes de la banque.
Le chiffre d’affaires confié à la banque par ces structures affiche une augmentation significative : De 27 milliards en 2014 à près de 36 milliards en 2017 avec un cumul d’accords de financement de l’ordre de 29 milliards de FCfa. Ce qui nous donne une moyenne annuelle d’à peu près cinq milliards, il y a quelques années, à neuf milliards par an. En 2018, nous allons continuer le développement et l’accompagnement de ces entreprises.

Ecobank s’est engagée à soutenir les Pme pour un meilleur accès à la commande publique en mettant à leur disposition trois millions de dollars. Quels sont les premiers résultats ?

La commande publique est un marché extrêmement important de plus de 1000 milliards de FCfa. Nous avons, tenu sur le sujet, deux séminaires respectivement en 2016 et tout dernièrement en février  de cette année, en partenariat avec le ministère du Commerce. Nous saluons  le ministre (du Commerce) Alioune Sarr pour tout le travail abattu et la prise en charge de la question. En termes de résultats, ils sont plutôt  satisfaisants. Nous tenions à avoir des entreprises opérant au Sénégal qui puissent être de vrais contributeurs sur ce marché. Nous avons une utilisation très intéressante de ce fonds d’un montant initial de trois millions de dollars et surtout un niveau de remboursement aux normes internationales et très peu de défaut (moins de 1%). Ce qui nous encourage à continuer cette initiative et à augmenter cette enveloppe au cours des prochaines années afin de permettre à plus d’opérateurs sénégalais d’avoir accès à la commande publique et d’exporter leur savoir-faire dans la sous-région.

Comment gérez-vous les faiblesses des Pme comme leur manque de normalisation, leur précarité ?

Nous n’avons pas la capacité d’accompagner l’ensemble des Pme qui sont au Sénégal. Lorsqu’on regarde l’outil économique, une grande partie des entreprises sont des Pme-Pmi. Mais nous avons essayé de leur créer un cadre afin qu’elles puissent bénéficier de notre expertise, de notre présence dans les différents marchés. Nous continuons ce travail d’accompagnement à travers les partenaires cités plus haut. Nous recevons plusieurs centaines de dossiers qui sont traités dans ces organismes. Nous allons reprendre ensuite ces dossiers pour un accompagnement bancaire et l’expansion de ces entreprises dans la sous-région. Nous faisons bénéficier aussi à ces entreprises des partenariats que nous signons avec des organismes internationaux (Agf, Usaid…) qui veulent accompagner ces Pme-Pmi avec qui nous avons lancé des programmes dont le dernier est le Daca. Nous continuons, à travers ces partenaires, à mettre à la disposition des Pme-Pmi des outils pour leur permettre de bénéficier d’un accompagnement financier. Afin de répondre aux besoins de ces Pme, nous avons intégré, avec succès, les outils de scoring du programme de labellisation dans le processus de décision de la Banque.

Ecobank Sénégal a-t-elle réussi le passage à Bâle II et Bâle III ?

Oui, tout à fait. Bâle II et Bâle III sont au cœur de notre attention ainsi que le nouveau plan comptable bancaire (Pcb ou Plan comptable bancaire révisé). Il faut saluer la flexibilité et la compréhension de la Banque centrale qui a pris les devants pour informer, préparer et former les banques à cette transition.  Sur le plan local,  nous avions pris les devants et sommes prêts, non seulement pour le Plan comptable bancaire, mais également Bâle II et Bâle III. Nous envisageons un impact très marginal sur notre portefeuille de créances puisque toutes les mesures ont déjà été prises pour se conformer à ces nouvelles normes.

Les craintes de hausse de 20 % des créances douteuses au Nigeria que pourraient faire peser ces normes sont-elles justifiées ?

Cela faisait partie des analyses préventives qui ont été faites par le groupe concernant le Nigeria. Des actions vigoureuses ont été prises l’année dernière en vue d’améliorer les performances du portefeuille au Nigeria avec la création d’un véhicule de résolutions qui a permis d’extraire un certain nombre de créances et d’en faire un traitement particulier, ce qui a permis à la filiale du Nigéria de renouer avec de bonnes performances, avec la rentabilité. Au Sénégal, nous avons pris les dispositions pour nous mettre à niveau par rapport à Bâle II et Bâle III. L’impact sera très marginal pour ne pas dire inexistant sur notre portefeuille.

La digitalisation a pris de l’importance au sein du groupe Ecobank. Qu’est-ce qu’elle change pour le client ?

La digitalisation est un axe stratégique du groupe, initiée par notre directeur général,  Ade Ayeyemi. Nous avons donc résolument emprunté la voie de l’Innovation avec le lancement de « Ecobank Mobile »,  notre réponse à l’évolution de la société qui est devenue numérique et, par conséquent, a nécessité le renouvellement de notre approche clientèle et de notre modèle économique. Ecobank est mobilisée pour rendre la banque plus simple et plus accessible. Le but étant d’éviter à nos clients de se déplacer chaque fois que besoin est d’interagir avec la banque. Le groupe a fait des investissements importants sur la plateforme technologique et la sécurité. Les résultats sont significatifs. A l’échelle du groupe, nous avons plus de quatre millions d’abonnés sur Ecobank Mobile. En ce qui concerne le Sénégal, nous cumulons depuis l’existence de la banque à peu près 220.000 clients traditionnels. Nous avons commencé la banque digitale l’année dernière et avons déjà 400.000 nouveaux clients utilisant cette plateforme digitale. C’est un bond extrêmement important quand on sait que le niveau de bancarisation est de seulement 17 % au Sénégal (hors Sfd et telecom).

Ecobank s’est lancée aussi dans le transfert rapide d’argent. Ne craignez-vous pas la forte concurrence dans ce secteur ?
RapidTransfer se porte très bien. Ce que nous apportons, c’est la fiabilité, et la facilité d’utilisation à travers nos canaux alternatifs (Application Mobile, Ordinateurs, Distributeurs Automatiques, agences et partenaires) .

Un organe de presse a fait récemment état d’un scandale selon lequel 320 millions auraient été siphonnés du compte d’un client de votre banque. Quelle est votre version des faits ?
Je dois préciser tout d’abord qu’Ecobank n’est pas une maison hermétique. Nous communiquons souvent à l’endroit du public et sommes ouverts à la presse. Nous constatons cependant que des articles sont produits régulièrement sur des évènements qui impliqueraient la banque sans notre version des faits. Ceci entraîne, bien entendu, beaucoup d’imprécision sur ces informations et un manque de distance certain.

Par notre position de banque qui gère plus de 600 milliards émanant de centaines de milliers de déposants, nous faisons forcément face, à certains moments, à des réclamations. Certaines sont fondées et d’autres ne le sont pas. Par ailleurs, chaque jour, en tant que banque, nous sommes confrontés à des tentatives de fraude. Notre système et l’organisation interne mise en place permettent de limiter au maximum ces agressions d’une part et d’autre part nous avons mis en place des mesures de protection et de garantie de l’argent de nos clients.

Ce que je peux préciser en plus, c’est que les dépôts de nos clients sont sécurisés et que la banque bénéficie non seulement de sa présence solide dans le marché sénégalais mais également du soutien d’un groupe panafricain et de partenaires de renommée internationale (assurances…).

Les étudiants boursiers se plaignent de difficultés pour percevoir leur bourse auprès d’Ecobank. Que comptez-vous faire pour améliorer ce service ? (l’entretien a été réalisé avant les récentes réclamations des étudiants)
C’est un programme extrêmement important et complexe, qui mobilise toute notre énergie pour le paiement de plus de 100.000 bénéficiaires de bourses aujourd’hui. En 2011, nous payions un peu plus de la moitié. L’évolution de l’effectif montre tous les impacts auxquels nous faisons face en termes opérationnels, de coûts de gestion et de distribution, de qualité de service.

C’est à ce titre que nous avons, en plus des cartes bancaires distribuées aux étudiants, externalisé le paiement des bourses à des opérateurs privés sur le marché. Cette externalisation nous a permis d’étendre le réseau de distribution, autrefois uniquement cantonné aux Gabs, et agences Ecobank à plus de 15.000 points de ventes de partenaires privés. Aujourd’hui, n’importe où au Sénégal, un étudiant a la capacité de retirer sa bourse.

Toutefois, nous ne cesserons de travailler sur la qualité du service que ce soit chez les partenaires ou sur le réseau Ecobank.  Dans la gestion des réclamations, nous avons lancé un site web qui permet aux étudiants de poster leurs réclamations sur les paiements et d’avoir une réponse dans les 48h.

Nous continuons de multiplier les innovations à partir de la technologie, élément indispensable pour satisfaire un programme aussi important. En effet, il faut avoir la capacité sur demande de l’Etat, de pouvoir en 48h, mobiliser tout le système pour mettre à la disposition de 100.000 étudiants leurs allocations, tout en respectant les normes de sécurité. De nombreuses initiatives sont en cours de mise en œuvre (disponibilité de fonds sur les comptes mobiles pour les étudiants, utilisation de codes de retrait, Ecobank Qr pour les paiements auprès de commerces…).

Ecobank Sénégal, c’est combien d’agences et d’employés ?
Ecobank, c’est 34 agences disséminées un peu partout au Sénégal et à peu près 450 employés à 99,99 % sénégalais.


Propos recueillis par Malick CISS

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