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Trois questions à Mariama Dalanda Barry, Coordonnateur national du Prao : « Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs »

14 Jui 2018
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Le Coordonnateur national du Projet régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao), Mariama Dalanda Barry, dans cet entretien, tire un bilan de la première phase du Prao qui s’est déroulée de 2010 à 2016. Elle revient, en même temps, sur l’intérêt de la cogestion pour mieux préserver la ressource halieutique.

Quels enseignements peut-on tirer des documents de sauvegarde environnementale et sociale qui viennent d’être partagés au cours de cette rencontre ?
Ce qu’il faut dire est que les questions de sauvegarde environnementale et sociale sont devenues primordiales pour la Banque mondiale. Aucun projet ne peut être financé, aujourd’hui, par cette institution sans avoir fait l’objet d’une évaluation environnementale et sociale. L’objectif est de voir tous les impacts négatifs que pourrait avoir la mise en œuvre du projet. Tout cela est pris en compte avant la mise en œuvre. C’est un projet de développement et un projet de développement n’est pas là pour appauvrir les populations. Si le projet peut avoir des impacts négatifs aussi bien sur les personnes que sur l’environnement, il faut que tous ces éléments soient pris en compte. C’est quelque chose qu’on ne faisait pas avant, mais de plus en plus, c’est une obligation aussi bien au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Banque mondiale.

Quels sont les différents sites de pêche qui ont été retenus pour la deuxième phase ?
La première phase était essentiellement la Petite Côte, Fatick et Dakar. Maintenant, on a conservé la Petite Côte, mais on a essayé d’aller vers le Nord avec un site à Fass Boye, dans le Sud avec un site à Kafountine. Il y a des sites de cogestion bien particuliers au Nord et à Dakar qui intéressent les acteurs. Il y a surtout des activités qui ont une dimension nationale comme les plans d’aménagement.

Pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’élargir les sites d’intervention du Prao pendant cette deuxième phase ?
Le Sénégal compte plus de 200 sites de débarquements. Si l’on n’associe pas tous les acteurs à la mise en œuvre, l’Etat, à lui seul, malgré toute sa volonté, n’a pas tous les moyens pour couvrir toutes ces zones. On ne peut pas mettre des policiers dans chacun de ces sites. Le meilleur moyen de gérer la ressource, c’est d’associer les acteurs. Il faudra donc qu’ils se sentent concernés et qu’ils s’approprient le principe de l’obligation de gérer la ressource, mais avec l’appui de l’Etat. Si l’on veut gérer la ressource, surtout pour la pêche artisanale, il faut aller au niveau le plus bas.

L’administration des pêches, représentée par les postes de contrôle, travaillent en étroite collaboration avec les acteurs des sites. Cette expérience, pendant la première phase, a montré que quand on mettait les moyens et qu’on accompagnait les acteurs, ils étaient capables de faire des choses extraordinaires. L’idéal serait de l’étendre sur tout le littoral sénégalais.

Recueillis par A. Ng. NDIAYE

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