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Appui de Saemaul Undong en Côte d’Ivoire : Zatta et N’gbekro, deux villages de Yamoussoukro, modèles de développement intégré

18 Jui 2018
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Sylvie Zounon, une des bénéficiaires du projet Saemaul Undong. Sylvie Zounon, une des bénéficiaires du projet Saemaul Undong.

Après avoir échangé pendant deux jours avec le Top management de la Bad, des  journalistes africains, coréens et américains se sont rendus, les 4 et 5 mai dernier, à  Zatta et N’Gbékro. Ces deux villages du district autonome de Yamoussoukro ont bénéficié du projet Saemaul Undong. Un modèle de développement initié en Corée du Sud qui a donné des résultats satisfaisants au grand bénéfice des populations.

Silhouette frêle, Sylvie Zounon est devenue, en un temps relativement court,  une dame épanouie et prospère. De simple paysanne avant 2014, elle est devenue maintenant autonome et dirige une Pme. 

Recevant le 4 mai dernier,  une délégation de la Bad conduite par Olivia Nadine Ndong Obiang et comprenant également des journalistes africains, coréens et américaines, cette mère célibataire de quatre enfants a exprimé sa satisfaction à ses hôtes. Son succès a été rendu possible grâce à la collaboration entre la Bad et ses partenaires comme la Corée dans le projet Saemaul Undong (Su). Zatta, un village du district autonome de Yamoussoukro est, avec N’gbékro, les localités bénéficiaires en Côte-Ivoire du projet Saemaul Undong (Su). D’ailleurs, elle partage cette réussite avec Kouassi Ngoran, un autre agriculteur originaire du village de N’gbékro  et qui a bénéficié des actions du Saemaul Undong. Il dirige,  lui aussi, une Pme et emploie six personnes.  Ce projet a été lancé en 2014 par la Bad, sous l’égide de  la Koafec (Coopération économique entre la Corée et l’Afrique) et à travers l’Institut africain de développement (Iad). Il  a été mis en œuvre par l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader) et supervisé par le comité du village Su élu par les villageois. 

Ce  projet a changé les conditions de vie de cette femme qui exploite un périmètre maraîcher de deux  hectares et demi à la lisière du village de Zatta.  Elle est devenue autonome et parvient à prendre en charge la scolarisation de ses enfants. « Mon fils  ainé est à l’université. Le cadet est en classe de troisième. Je consacre 70% de  mes  bénéfices à la scolarisation  de mes enfants», a confié Sylvie Zounon.  Elle  a  reçu du projet, un prêt de 236.000 FCfa  pour se lancer dans  le maraîchage. Aujourd’hui, pour  rentabiliser son exploitation, elle travaille en coopérative avec Kouadio Kan, un jeune originaire  d’un village voisin. Avec ce  dernier, ils emploient cinq permanents sans oublier les journaliers qu’ils rémunèrent chacun 2.300 FCfa par jour.

Tout a  commencé en 2014, quand ces deux localités ont été  choisies, suite à une sélection.  « Cinq villages présélectionnés par le ministère de l'Agriculture- Zatta, Ngbékro, Seman, Lolobo, Manhounou Akoue. Le choix des deux villages est lié à l’accessibilité et la volonté des populations », a expliqué Dr Miaman Koné, directeur des études et de la consultance de l’Anader. Le choix fait, il y a eu la formation des formateurs à Séoul en Corée sur la philosophie Su  des représentants du  ministère de l’Agriculture, de l’Anader,  des leaders des Comités villageois. Ensuite, c’est la  formation des villageois sur les techniques agricoles innovantes; la maçonnerie; la comptabilité ; la tenue de livres; la  dynamique de groupe; la gestion de l'environnement et la cohésion sociale. « Su est un projet particulier. Dans le passé, on déroulait un projet sans consulter les populations.  Pour celui-ci, nous avons décidé de ce que nous  voulions », a rappelé Kouadio Amani Hervé, le président  du Su de Zatta. « Nous avons listé nos besoins qui ont pour nom foyer, accès  au financement, construction d’une école maternelle », a-t-il dit.  

Lolobo AttiekeIl  a salué la mise en œuvre de ce projet qui a changé radicalement la vie des villageois de Zatta et de N’gbékro par la réalisation de nombreux édifices. «Aujourd’hui, grâce au Su, notre village est doté d’un foyer moderne de 500 places assises.  C’est ici  que se tiennent désormais, toutes les rencontres. Nous avons une école  maternelle sans oublier  l’accès au financement et un marché moderne.  Ce qui permet de se lancer dans des activités comme  l’agriculture »,  se félicite-t-il. M. Kouadio a souligné qu’avant le projet,  beaucoup de jeunes ne travaillaient pas, maintenant, avec la coopérative, beaucoup trouvent leur compte. « Le projet nous a dotés des édifices dont on avait besoin. Il y a aussi le travail en coopérative, la formation sur les techniques agricoles, le renforcement des liens d’amitié entre les  populations, l’autonomisation, la  création d’emplois », dit-t-il avec fierté.

Changement de mentalités
Le village est doté d’une école primaire avec trois salles de classe; des logements pour les enseignants ; une garderie; quatre hectares de fermes de manioc et 160 hectares de fermes de tomates; un centre de jeunesse avec un bureau et un siège pour les opérations de micro finance du village; un marché avec six latrines. Ce village a reçu un financement de 90 millions de FCfa. 

Au cours de la visite dans ce village de plus de 8.000 habitants et situé à 15 Km à l’ouest de Yamoussoukro,  la délégation de la Bad s’est rendue successivement au foyer des jeunes, à l’école maternelle, à l’école  élémentaire. Dans ces différents endroits, les bénéficiaires ont salué l’impact du projet dans la vie des populations. « La construction de cette garderie est une  initiative à saluer. Maintenant que nos enfants vont à l’école, nous pouvons nous consacrer à nos activités tranquillement », confie  Kouakou Brou Eugénie, une parente d’élève. 

« Grâce au projet qui a réhabilité trois salles de classes dans notre établissement, le cadre de travail est agréable », note Dié Ndri Joseph, le directeur de l’école primaire de Zatta 3. 

Après Zatta, c’est autour de  N’gbékro  d’accueillir la visite de la délégation de la Bad. Ce village avec une population estimée à 3.000 habitants, est situé à 12  Km de Yamoussoukro. Pour ce projet, il a reçu un financement de 100 millions de FCfa.  Ce qui a permis de réaliser un barrage d'irrigation ; une école primaire avec trois salles de classe; 12 latrines; des logements pour les enseignants ; un centre médical ; quatre hectares de fermes de manioc ; une ferme avicole.  En plus, 67 membres des comités villageois  de ces deux localités ont été formés à la gestion financière. 155 bénéficiaires dont 72 femmes (46%), ont eu des prêts à hauteur de 16.045.500 de FCfa. « Avant le projet, je faisais le maraîchage sur une petite parcelle.  Maintenant, je travaille sur un hectare et demi. J’ai reçu un prêt de 200.000 FCfa. Je prévois une extension sur quatre hectares »,  note  Kouassi Ngoram qui dit écouler sa production sans difficultés grâce à l’appui de l’Anader. « Grâce au projet, notre village est en train de prendre le train du développement. La nouvelle mentalité inculquée par la Corée a permis de redynamiser la solidarité », souligne, à son tour, Ndri Kouassi Moïse, le président du comité Su de N’gbékro. 

De notre envoyé spécial à Yamoussoukro : Aliou KANDE

FILIÈRE « ATIÉKÉ » : VERS LA MISE EN SERVICE D’UNE UNITÉ DE TRANSFORMATION À LOLOBO
La délégation de la Bad a terminé, le 5 mai dernier, sa visite des villages du district autonome de Yamoussoukro par  Lolobo. Ce village est situé sur l’axe Yamoussoukro-Bouaké. Dans cette localité, la Bad a prévu d’appuyer les coopératives qui s’activent dans la production de « athiéké », spécialité culinaire faite à base de manioc et très prisée en Côte-d’Ivoire.  « Nous  voulons moderniser  la production du «atiéké ».  Comme vous avez pu le constater, la transformation se fait de manière traditionnelle. Les déchets sont déversés dans la rue. En plus, c’est un travail pénible pour les femmes. C’est ainsi que la Bad a décidé, avec l’Anader, de doter ce village d’une unité moderne », a expliqué Koné Bazoumana, chef de zone de l’Anader à Yamoussoukro. Selon lui, cette unité qui sera opérationnelle bientôt permettra également de produire du «atiéké » en quantité et qualité.  

Aliou KANDE

SAEMAUL UNDONG : UNE INITIATIVE POUR ATTEINDRE LES HIGH 5 DE LA BAD
Les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural en Afrique.  Saemaul Undong met le focus sur la diligence, l’auto-assistance et la coopération. Selon la Bad, il s’agit d’un modèle de développement viable et intégré axé sur la communauté.

L’institution estime que ce modèle est pertinent et applicable pour atteindre ses High 5 en Afrique au niveau de  la communauté locale. Selon la Bad, les villages modèles Saemaul Undong (Su) sont conçus pour partager les expériences de développement économique de la Corée en mettant l'accent sur le développement agricole et rural. La Bad estime que si la philosophie Su est appliquée aux niveaux national et régional, elle aura un effet domino sur la croissance socioéconomique qui est indépendante de l'aide extérieure pour assurer la durabilité du développement. Avant la Côte-d’Ivoire, des modèles SU  ont été mis en œuvre par la Bad  et le Koafec  en Éthiopie et en Rdc avec des résultats intéressants.

A. KANDE

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