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Philippe Bohn, Directeur général d’Air Sénégal Sa : « Nous desservirons bientôt six pays de la sous-région »

26 Jui 2018
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Air Sénégal Sa sera dans un premier temps sur Abidjan, Cotonou, Conakry, Bamako, Ouagadougou, Niamey et entend prendre sa place naturelle sur ce marché de l’intercontinental. C’est ce que nous a confié le directeur général de cette compagnie aérienne sénégalaise, Philippe Bohn qui a bien accepté de se prêter à nos questions.
Un mois après le démarrage des activités commerciales d’Air Sénégal, quelles sont vos impressions ?
J’ai d’excellentes impressions. Nous avons décidé de commencer les opérations en douceur, dans la sérénité, de façon certaine. Nous avons commencé avec la ligne Dakar-Ziguinchor. Pour l’instant, nous avons de bons retours clients sur les vols, et nous sommes tout à fait heureux de voir la compagnie démarrer de façon sereine.

Quelles sont les destinations que vous comptez desservir d’ici à 2019 ?
Dans un premier temps, si l’on prend le segment des avions Atr, on va à Ziguinchor aujourd’hui ; Banjul, Praia, Bissau et Nouakchott sont dans le programme à venir. Sur le segment des Airbus A319, les « narrow bodies » (avions à fuselage étroit) comme on dit, nous serons dans un premier temps sur Abidjan, Cotonou, Conakry, Bamako, Ouagadougou, Niamey. Nous attendons les A330 au premier trimestre 2019. Et là, nous entrons dans l’intercontinental avec, évidemment, Dakar-Paris. Le continent américain (nord et sud) est l’un de nos objectifs aussi, de même que l’Europe.

Comment comptez-vous grignoter des parts de marché dans un ciel intercontinental de plus en plus saturé, où la concurrence est très rude ?
L’intercontinental est précisément emblématique pour nous, parce que plus rentable en termes de marges et de taux de remplissage. Aujourd’hui, des compagnies comme Air France ou Corsair doivent être à près de 90 % de taux de remplissage avec des marges considérables entre 20 et 40 %. Ce qui est énorme. Si vous prenez la ligne Dakar-Paris, 50 % des droits sont pour les Français et les 50 % restants sont pour nous. La compagnie nationale prendra ses droits de trafic pour opérer haut. Nous allons reprendre naturellement des parts de marché qui existent. Nous n’allons pas ajouter des sièges à ceux qui existent. Aujourd’hui, la route Dakar-Paris, c’est plus de 355.000 taxes par an, avec une croissance continue. Nous allons prendre notre place naturelle sur ce marché. L’entrée en service devrait être facile.

Quels types de partenariat stratégique désirez-vous nouer avec d’autres compagnies ?
Philippe Bohn Air Sn 2Nous discutons avec beaucoup de compagnies, mais je ne peux pas vous donner les noms de celles avec lesquelles nous discutons. Nous avons des projets. Nous avons des relations très étroites et très constructives avec nos amis d’Air Côte d’Ivoire. C’est un marché très concurrentiel, surtout le sous-régional, alors si nous nous faisons la guerre, personne ne va survivre. Il faut donc trouver des partenariats stratégiques, nous travaillons sur cette question. On est toujours plus fort et plus intelligent à plusieurs. Les discussions sont en cours.

Quelle est votre plus grande crainte face aux grandes compagnies aériennes sur le marché intercontinental ?
La plus grande crainte, c’est le total Open sky, pour des petites compagnies, des start-up airlines comme nous, dans un pays émergent, qui a un fort dynamisme économique. C’est pour cela que cette aventure industrielle est passionnante. Nos avons un gouvernement et le chef de l’Etat qui font preuve d’une volonté de faire, d’un travail incroyable et d’un dynamisme économique porteur d’avenir. Ce qu’il faut éviter, c’est ouvrir trop le marché de façon totalement dé-corrélée de la réalité et des rapports de force. Nous devons préserver nos intérêts vitaux. Air Sénégal peut trouver toute sa place parce que nous avons une stratégie d’acquisition d’actifs rentables qui donne confiance aux investisseurs qui viendraient nous voir. Mais il faut prendre garde, en cette période de démarrage, à ne pas laisser les gros qui sont déjà là manger les tout-petits qui sont en train de naître et qui veulent se développer.

En quoi craignez-vous l’Open sky ? Quelle est votre position par rapport au Marché unique du transport aérien africain (Mutaa), ce projet de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ?
Moi, je suis un libéral. Sur le principe, il est bien d’avoir de la concurrence. Le monde est un équilibre. En toute chose, il faut toujours trouver un point d’équilibre. Si vous mettez dans la cour de récréation un tout-petit et un grand très fort, c’est toujours ce dernier qui va lui piquer son goûter. Nous sommes une start-up airline, dans un pays qui est sur une voie d’émergence économique dynamique. Il appartient aux gouvernements de trouver des points d’équilibre. Oui, le ciel doit être ouvert, mais pas n’importe comment. Il faut de la régulation qui permette aux pays qui sont en voie d’émergence comme le Sénégal d’assumer et de faire leur parcours.

Quels sont vos objectifs en termes financiers et de nombre de passagers pour votre première année d’exercice ?
J’ai envie de vous parler de l’année 2019 qui sera à flotte stabilisée, 2018 étant une année partielle, parce que nous venons de commencer. L’objectif en 2019, sur six avions (Airbus A330, deux 3-19 et deux Atr) c’est de réaliser 70 milliards de FCfa de chiffre d’affaires. Nous sommes aujourd’hui sur cette tendance. Cela voudrait dire globalement 500.000 passagers par an sur notre réseau. C’est l’objectif que nous nous sommes fixé et sur lequel nous travaillons dans le processus d’acquisition et de location (d’avions) que nous voulons mettre en œuvre en 2019.

Comptez-vous ouvrir au privé le capital d’Air Sénégal SA détenu à 100 % par l’Etat du Sénégal, à travers la Caisse des dépôts et consignation (Cdc) ?
Bien évidemment, c’est la feuille de route qu’a donnée le gouvernement. Ce qui est une sage stratégie. La seule stratégie possible, on ne peut pas survivre tout seul dans son coin. Nous sommes dans un monde et une industrie très concurrentiels. Une fois encore, le gouvernement démontre son engagement fort par la mise à disposition des moyens pour l’acquisition (d’avions). Et cela donne confiance au marché, cela va nous permettre d’ouvrir notre capital avec une règle : nous souhaitons conserver notre destin stratégique. Nous ne laisserons pas entrer un investisseur unique qui aurait la majorité du capital. Il y a des intérêts privés sénégalais qui pourraient être tentés de rejoindre cette émergence industrielle que représente Air Sénégal. Je l’appelle de mes vœux. Certains ont été un peu échaudés par des expériences passées mais nous sommes sur un business model qui est beaucoup plus solide. Oui, nous allons ouvrir le capital ! Oui, nous serons ouverts au privé. Oui à l’international parce qu’une fois encore, nous sommes sur un marché concurrentiel.

A quel taux comptez-vous ouvrir le capital ?
Je n’ai pas de chiffres à l’instant. La seule chose que je peux dire, c’est que nous ne laisserons pas entrer un investisseur qui priverait l’entreprise nationale de la maîtrise de son destin stratégique ?

Quelle sera la contribution de votre compagnie pour relancer le secteur du tourisme ?
Pour nous, le tourisme est un marché important. Mais personnellement, et c’est ce que je trouve passionnant dans le Pse, les gens doivent comprendre la puissance de ce Pse. Le chef de l’Etat veut faire émerger ce pays, il y a du gaz qui arrive ; tout est un ensemble. On ne va pas développer une compagnie aérienne uniquement sur le marché du tourisme. Cela va bien au-delà. Aujourd’hui, des businessmen de grandes entreprises viennent au Sénégal pour investir parce qu’ils croient en ce pays, à ce que le gouvernement est en train de mettre en place. Le tourisme en est un élément important, mais il n’est pas le seul. Nous souhaitons voir revenir l’âge d’or du tourisme sénégalais. Il y a peut-être eu après quelques abandons sur la rigueur pour tenir la beauté et l’entretien des sites, la rénovation des aérodromes. C’est en route, heureusement. Les moyens de communication sont aussi importants comme cette autoroute qui est un élément important pour faire circuler les biens et les personnes. Le tourisme, c’est aussi cela. Nous sommes un moyen de communication et de transport qui accompagne l’essor touristique.

Avez-vous intégré, dans votre stratégie de croissance, le pèlerinage à la Mecque qui est un gros marché ?
Bien sûr. Ce sera très important pour nous dès que notre flotte pourra y répondre. C’est un marché traditionnel auquel nous tenons, nous y serons présents. Cette année, c’est un peu court, mais ce marché fait partie de nos priorités.

Comment envisagez-vous de rendre Air Sénégal compétitive et profitable ?
Les marchés domestiques sont structurellement déficitaires en général. Ce qui est rentable, c’est l’intercontinental pour des raisons que j’ai évoquées. Si vous êtes sur la ligne Dakar-Paris, vous êtes à 335.000 taxes par an avec une tendance en croissance, avec une offre de sièges qui fait que les avions sont pleins et les billets très chers. Par définition, c’est donc plus rentable. Nous allons asseoir la rentabilité de l’entreprise au fil des années à venir sur l’axe intercontinental qui est le plus rentable.

Quel peut être l’apport du hub naturel que constitue Dakar dans votre stratégie ?
Un hub aujourd’hui, ce n’est pas une donnée pérenne. Un hub se construit. Il faut rendre hommage à l’action qui a été menée par le chef de l’Etat pour l’ouverture de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd). Je me rappelle la détermination de madame le ministre des Transports aériens (Maïmouna Ndoye Seck, ndlr) pour l’ouverture de ce magnifique aéroport. C’est un élément très important. Quand vous arrivez ou quittez Dakar, à partir de cet aéroport, tout le monde est impressionné par la qualité de l’infrastructure et du service. C’est incroyable, je suis très impressionné par ce qu’on a mis en place. C’est un élément d’attractivité pour les investisseurs, les entreprises, les pays qui veulent coopérer avec le Sénégal. Moi, je suis un homme heureux à l’Aibd.

Propos recueillis par Malick CISS

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