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Exportation de mangue : Le label sénégalais, une niche rentable

11 Juil 2018
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La mangue sénégalaise est devenue, depuis quelques temps, une véritable niche sur le marché international. Les récentes statistiques indiquent que 17 168 tonnes de mangues ont été exportées en 2017, toutes destinations confondues, contre 6.000 tonnes en 2014.

La campagne horticole bat son plein en ce qui concerne la mangue sénégalaise. Pour s’en rendre compte, il faut juste faire un détour dans les Niayes, principale zone de production de la mangue au Sénégal. A Sangalkam, par exemple, l’activité est rythmée, depuis le 30 juin dernier, par la récolte des mangues dans tous les vergers de la contrée. Ici, le conditionnement est devenu une réalité pour nombre d’acteurs de la commercialisation, notamment les exportateurs. Contrairement à une rumeur qui a circulé dans la presse ces dernières semaines, les autorités chargées de veiller au respect des normes dans la filière, tiennent à préciser que l’exploitation de la mangue sénégalaise sur le marché de l’Union européenne (Ue) n’est pas interdite.


Au contraire, la mangue sénégalaise est devenue une véritable niche sur l’international. Une embellie confirmée par les récentes statistiques indiquant que les exportations de mangues sur le marché international ont atteint la barre des 17.168 tonnes dont 75 % en direction de l’Union européenne, en 2017, contre 6.000 tonnes en 2014. Selon les statistiques, les volumes exportés vers l’Union européenne ont été multipliés par 16 en 18 campagnes avec un taux de croissance moyen annuel de l’ordre de 19 % de 2000 à 2017.

63% de la production horticole
Durant cette campagne, plus d’une trentaine de certificats d’origine pour la mangue sénégalaise ont été délivrés par les services de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex), indique un communiqué. Des pays de l’Union européenne comme la France, la Hollande, l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne, restent les destinations les plus convoitées par les exportateurs de mangue au Sénégal.

Une étude sur le secteur indique que la production de mangue au Sénégal a enregistré un bond qualitatif en passant de 120.000 tonnes à 130.000 tonnes en l’espace d’une année, soit environ 63 % de la production horticole. Le même document estime les superficies couvertes par les vergers de mangue à environ 25.000 hectares dans la zone des Niayes. De 1998 à 2016, les exportations de mangue au Sénégal sont passées de 288 tonnes à 16.000 tonnes en 2016 pour un chiffre d’affaires estimé à 10 milliards de FCfa, selon l’Asepex. « La filière est devenue une véritable mine d’or pour ses acteurs », estime Amacodou Diouf, directeur général de « Buur Sine international », qui s’active dans l’exportation de mangue.

Dossier de Seydou Prosper SADIO

LE CONTRÔLE QUALITÉ, UN FACTEUR DÉTERMINANT
ManguiersEn raison de la présence constatée, ces dernières années, de la mouche des fruits, communément appelée mouche blanche et de l’augmentation du nombre des interceptions des lots de mangues aux frontières de l’Union européenne (Ue), il est demandé à tous les pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de mettre en place des mesures correctives de contrôle qualité et des plans d’actions pour le respect des normes.

A ce propos, le Sénégal a mis à contribution la Direction de la protection des végétaux (Dpv) pour lutter contre le phénomène sur le terrain. « A la date du 4 juillet 2018, nous n’avons enregistré que deux notifications d’interceptions de conteneurs destinés à l’exportation pour des raisons de non-conformité phytosanitaire et d’absence de certificat d’origine », a déclaré Abdoulaye Ndiaye de la Dpv.

Pour éviter que cette campagne ne soit compromise à cause des notifications de non-conformité, de nouvelles dispositions pour renforcer le système de traçabilité et d’archivage des opérations d’inspection et de certification phytosanitaire, ont été mises en place par la Dpv, a-t-il souligné. Il s’agit de répondre aux exigences des partenaires commerciaux et de veiller à la réputation de «l’Origine Sénégal», a indiqué le technicien.

Cette année, la présence régulière des services d’inspection et de contrôle de la Dpv, dans les stations de conditionnement et le retraçage de toutes les activités de certification phytosanitaire ont été également des mesures prises par l’Etat. Un manuel de procédure a été aussi soumis aux acteurs de la filière. Abdoulaye Ndiaye indique que le document décrit l’organisation et les modalités pratiques de mise en œuvre du système d’inspection et de certification phytosanitaires des mangues fraîches destinées à l’exportation vers l’Union européenne et les pays hors Afrique. Il fournit des informations sur les exportateurs de mangues vers l’Ue et les pays hors Afrique, des fiches d’évaluation et des procédures de catégorisation basées sur le profil à risque des exportateurs de mangues ainsi que le traitement des notifications de non-conformité phytosanitaire, nous renseigne-t-on. Ces opérations permettent à la Direction de la protection des végétaux de disposer d’informations fiables, dans les 72 heures, avant chaque conditionnement par le concours des agents déployés sur le terrain, selon le chef de la division législation phytosanitaire et de la quarantaine de la Dpv.

Outre ces mesures, certaines entreprises de conditionnement reçoivent des visites régulières des structures européennes spécialisées dans la certification comme l’agence allemande Kiwabcs qui, selon Amacodou Diouf, effectue, au moins, trois descentes annuelles sur le terrain pour recueillir des données concernant la conformité des itinéraires techniques de la production dans les vergers. « Du 15 mai au 2 juillet 2018, les agents de la Dpv ont été présents 135 fois dans les stations de conditionnements », note Abdoulaye Ndiaye. Il ajoute, en outre, que la Dpv et les structures dédiées peuvent procéder à l’arrêt immédiat de la délivrance de certificat phytosanitaire pour tout exportateur qui enregistre trois notifications de non-conformité phytosanitaire.

S. P. SADIO

DES EFFORTS POUR MIEUX SE POSITIONNER À L’INTERNATIONAL
Si pour certains les bonnes performances de la mangue sénégalaise sonnent comme une réussite, pour d’autres, cela ne doit pas cacher des difficultés de la filière telles que le manque d’organisation, le respect des normes phytosanitaires, etc.

Les bonnes performances engrangées par la filière mangue, depuis un certain temps, ne doivent pas occulter tout le travail qui reste à faire pour mieux positionner le label sénégalais sur le marché international, en Europe particulièrement, estime Amacodou Diouf, directeur général de « Buur Sine international ».

Selon M. Diouf, il s’agit de veiller au respect des normes pour améliorer l’offre exportable en quantité et en qualité. Il déplore également le manque d’organisation noté dans la filière surtout en ce qui concerne les exportations. « Certains hommes d’affaires évoluant dans le secteur doivent veiller davantage à se conformer aux normes phytosanitaire exigées par le marché international et sauvegarder la renommée de la production sénégalaise », a déclaré M. Diouf. Il appelle à « plus d’honnêteté » et estime que la mangue est l’une des filières les plus dynamiques du secteur horticole au Sénégal. Amacodou Diouf n’a pas manqué d’inviter les acteurs à miser sur le conditionnement et la transformation pour créer plus de valeur ajoutée à la mangue sénégalaise. A cet effet, le patron de « Buur Sine international » invite les banques nationales à accompagner davantage les acteurs pour booster les investissements dans le secteur horticole au Sénégal.

S. P. SADIO

Kent BioLA KENT BIO, UNE VARIÉTÉ TRÈS PRISÉE
A Sangalkam, on a pu constater, de visu, les efforts que certaines entreprises de conditionnement sont en train de fournir pour répondre aux normes édictées par les marchés internationaux ouverts à la production sénégalaise. La mangue Kent sénégalaise reste l’une des variétés les plus prisées en Europe, selon Thioro Pouye, responsable de l’unité de conditionnement de Buur Sine international, une entreprise qui s’active dans l’exportation des fruits et légumes en Allemagne. Dans ce marché, Buur Sine international a déjà réussi à exporter plus de 300 tonnes de mangues Kent bio sur un objectif de 700 tonnes, cette campagne, a souligné Amacodou Diouf, directeur général de ladite entreprise. L’intensité de l’activité dans la zone des Niayes traduit, selon le chef de la division de la Législation phytosanitaire et de la Quarantaine des plantes de la Direction de la protection des végétaux (Dpv), Abdoulaye Ndiaye, que la campagne se passe dans une bonne atmosphère. A la date du 2 juillet 2018, les volumes exportés s’élevaient à 2.818 tonnes dont 2.118 tonnes vers l’Union européenne.

S. P. SADIO

LE MARCHÉ AMÉRICAIN TOUJOURS IMPÉNÉTRABLE
Interpellé sur le cas du marché américain encore fermé aux exportations de mangues sénégalaises, le chef de la division Phytosanitaire et de la Quarantaine des plantes de la Dpv, soutient que la seule contrainte reste liée à l’exigence de fumigation (traitement chimiques contre les mouches de fruits) qui est une pratique non encore utilisée par le Sénégal. « Le Sénégal n'exporte donc pas encore de mangue aux Etats-Unis », confirme-t-on à l’Asepex. L’African growth and opportunity act (Agoa) n’a pas encore réussi à booster les exportations sénégalaises de fruits et légumes sur le marché des Etats-Unis, selon les acteurs. Sur 6.000 produits acceptés sur le marché américain par l’Agoa, une soixantaine est exportée par le Sénégal, selon une étude.

Dossier de Seydou Prosper SADIO

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