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Comptes du Sénégal : Des indicateurs macroéconomiques qui se portent mieux

16 Juil 2018
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Le changement d’année de base pour les comptes nationaux du Sénégal a eu des effets positifs sur la plupart des agrégats macroéconomiques du pays.

Un document de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe) permet d’avoir des éléments de comparaison des progrès du Sénégal par rapport aux pays membres de l’Uemoa. Le Sénégal reste toujours en deuxième position du revenu par tête, qui est passé de 1.054 à 1.363,774 dollars, derrière la Côte d’Ivoire (1.531 dollars). En 2016, le revenu par tête qui était de 955 dollars sur l’année de base 2014, bondit à 1.211,3 dollars avec le changement. Par ailleurs, les courbes calculées à partir des deux années de base montrent une résorption du déficit budgétaire, qui recule de -3,525 à -2,839 % du Pib en 2017. Ce déficit devrait se détériorer en 2018, les deux années de base affichant toutes -3,5 % du Pib. Le maintien de la cible de déficit budgétaire à 3,5 % du Pib a permis, avec le changement de base, d’élargir l’espace budgétaire de 108 milliards de FCfa dans la loi de finance rectificative 2018. Cet argent est allé aux dépenses sociales (revendications salariales dans l’éducation et la santé) et de sécurité. Quant à la pression fiscale, elle se détériore avec la nouvelle année de base, passant de 20,61 à 16,949 %. Concernant la dette publique, son ratio avec le Pib s’améliore de 65 à 53,453 % alors que le plafond fixé par l’Uemoa est de 70 %. Ce qui laisse au Sénégal qui sollicite souvent le marché financier international, une plus grande marge. Cependant, il y a des implications en termes d’endettement. Selon la Dgppe, «le ratio de liquidité (service rapporté aux recettes budgétaires) est encore élevé même s’il affiche une baisse depuis 2012 ». En effet, ce ratio est passé de 46,8 % en 2012 à 33,7 % en 2017. D’où la « nécessité de renforcer les recettes budgétaires afin d’améliorer l’indicateur de liquidité ».

Quant au compte courant, le déficit s’est aggravé, progressant de -4,632 % en 2017 à -8,315 % en 2017 (année de base 2014). Lors de la cérémonie de publication des résultats de la rénovation des comptes nationaux, jeudi dernier, à Diamniadio, Pierre Ndiaye expliquait cette dégradation par la hausse du prix du baril, induisant une augmentation de la facture pétrolière. Mais en 2018, on devrait connaître une amélioration du déficit de -7,955 %.

M. CISS

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