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Economie (3288)

Compte tenu de la bonne santé de la filière avicole sénégalaise et de ses performances, Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal, souhaite une plus grande protection de cette industrie. Il visitait, hier, avec une importante délégation de l’association consumériste, les unités de production de la Sedima.

Le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao, a réitéré son soutien total à l’industrie avicole sénégalaise. En visite à la Sedima, un fleuron de l’industrie avicole sénégalaise, il a souhaité que les mesures de protection prises par l’Etat soient maintenues. « C’est l’occasion de demander que les mesures de protection qui ont été initiées puissent être résolument maintenues pour la protection de l’industrie avicole », a déclaré M. Ndao. Il indique que cette politique de l’Etat a permis à la filière, encore fragile, d’engranger des performances, ces dernières années, et de générer de milliers d’emplois.

Momar Ndao a rappelé que l’Ascosen mène, depuis 2006, ce combat pour la protection de la filière avicole. Aujourd’hui, il se dit satisfait de constater que ce sous-secteur se porte bien, porté, entre autres, par une plateforme comme la Sedima. «Nous avons maintenant une industrie avicole qui fait travailler des milliers de Sénégalais. De plus, une étude du ministère de l’Elevage dit qu’il y a 42% de résidus dans les viandes bovines, 14 % dans les viandes ovines et caprines et 3 % de résidus d’antibiotiques sur la volaille », a expliqué le président de l’Ascosen.

Interpellé sur l’ouverture des frontières, Momar Ndao a réaffirmé son opposition en avançant plusieurs raisons. La première, selon lui, est d’ordre sanitaire.  Selon lui, il y a des problèmes de traçabilité des produits contaminés par la grippe aviaire. Il y a aussi le fait que l’Union européenne a autorisé l’engraissement de la volaille par la protéine de porc : ce qui pose un problème d’éthique pour la population sénégalaise constituée à plus de 90 % de musulmans. «Si l’on doit protéger le consommateur, on doit le protéger face à tout cela », a déclaré Momar Ndao.

Revenant sur la Sedima, le président de l’Ascosen dit avoir vu une usine qui travaille avec « les normes internationales », notamment à travers les process qu’elle utilise et l’importance qu’elle accorde à l’environnement. « Tout cela démontre qu’on peut faire du bien localement », a soutenu M. Ndao. La Sedima considérée, aujourd’hui, comme un fleuron de l’industrie sénégalaise, a réalisé un chiffre d’affaires de 42 milliards de FCfa, en 2017. La holding est composée de cinq entités.

Maguette NDONG

Une étude commandée par Onu Femmes montre que les femmes entrepreneures ne tirent pas assez profit de l’article 33 de la loi du 28 juillet qui vise à favoriser leur émergence. Elles connaissent très mal ou pas assez les textes régissant les marchés publics.

Une grande majorité des femmes entrepreneures ignore le dispositif mis en place par l’Etat du Sénégal pour leur permettre un meilleur accès à la commande publique, constate un rapport commandé par Onu Femme et réalisé par le cabinet Kpmg. Pourtant, c’est pour assurer une autonomisation économique des femmes, stimuler leur activité entrepreneuriale en éliminant les obstacles sur le chemin de leur accès aux marchés publics que le Sénégal s’est doté de l’article 33 de la loi du 28 juillet sur la promotion et le développement des Pme. Cet article stipule que « des mesures spécifiques destinées à favoriser l’émergence de l’entrepreneuriat féminin sont initiées en accord avec la stratégie du ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ». Mais dix ans après son adoption, seulement moins de 10 % des femmes entrepreneures, qui ont rempli les questionnaires en ligne, connaissent cette loi, notamment son article 33, indique le rapport intitulé « Evaluation du dispositif de discrimination positive en faveur des entreprises des femmes dans l’accès aux marchés publics au Sénégal ». « Corrélativement, les femmes interrogées ont globalement une faible maîtrise du processus et des modes de passation des marchés publics », note l’étude. Une faible proportion, c’est-à-dire moins de 5 %, dit connaître le processus et les modes de passation des marchés publics.

Kpmg a soumis des questionnaires à 85 femmes entrepreneures et 23 institutions impliquées dans la promotion de l’entrepreneuriat féminine. A l’arrivée, seules 38 cibles ont rempli les questionnaires. Les données recueillies font ressortir quelques constats. Les auteurs du rapport estiment qu’on peut réformer les procédures et possibilités de participation aux contrats publics en éliminant ou en réduisant les obstacles qui découragent les femmes entrepreneures. Cependant, pour l’efficacité de telles mesures, il faut les assortir de sanctions. La mise en application de la loi n°2008-29 souffre d’une grande faiblesse du dispositif de mise en œuvre, de certaines questions restant sans réponses. Par exemple, on se demande qui est en charge de la mise en œuvre de cette disposition ; l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ou le ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ? Il faut aussi préciser les critères définissant la notion d’ « entreprises appartenant aux femmes ».

L’autre constat est que les femmes connaissent mal ou très peu les règles organisant les marchés publics alors que la maîtrise des procédures de soumission, d’évaluation, d’attribution et d’exécution est importante pour prétendre à la commande publique. « L’ignorance de ces règles et de ces procédures réduit donc toute la portée de la discrimination positive voulue en faveur des femmes entrepreneures à travers l’article 33 de la loi 29-2008 », estiment les auteurs du rapport. Ainsi, à cause de cette ignorance, beaucoup de femmes ne postulent pas à des marchés publics pour lesquels elles auraient pu avoir des chances de succès. Ou bien elles soumettent des dossiers de mauvaise qualité. Aussi, méconnaître la loi peut exposer les femmes qui ont gagné un marché à des pénalités et sanctions pour non-conformité avec le cahier des charges. La rédaction des offres pose problème à 45 % des femmes, tout comme 40 % d’entre elles peinent à maîtriser les capacités techniques à exécuter un marché. Les pièces administratives à fournir sont aussi des obstacles, selon 45 % des interrogées. D’où la nécessité de faire bénéficier aux femmes entrepreneures une formation pour une bonne maîtrise des règles de passation et d’exécution des marchés publics, recommande le rapport.

Un autre frein, c’est l’écosystème financier d’appui aux Pme qui « semble incomplet ou inadapté » par rapport aux attentes des entrepreneures, poussant 95 % d’entre elles à financer leurs activités sur fonds propres. Seulement 40 % recourent à des revenus venant d’autres sources dont 6 % qui ont cherché à contracter un crédit-bail, crédit commercial ou autres. Le tiers de ces femmes n’ont « rien essayé sur ces deux dernières années », constate le rapport. Près de la moitié des femmes entrepreneures juge « inutile » de chercher des financements, estimant qu’ils sont difficiles à obtenir et à coûts élevés. Certaines craignent de ne pas pouvoir les rembourser. Alors, le rapport conseille « l’amélioration des conditions d’accès au financement (…), une question centrale pour les femmes entrepreneures.

Les femmes ignorent également le dispositif institutionnel et les programmes publics destinés à les accompagner, 1 % dit avoir une connaissance des programmes et institutions gouvernementaux qui peuvent les appuyer dans les procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Le paradoxe, c’est qu’il existe une « pléthore » de ces programmes et structures. Ce qui pose le problème de leur vulgarisation auprès de leur cible. Autre constat : il y a un manque d’informations sur le profil et le nombre de femmes entrepreneures au Sénégal.

Or, de telles informations sont capitales pour une meilleure organisation et un suivi des efforts de l’Etat et des partenaires pour appuyer et dynamiser l’entrepreneuriat féminin au Sénégal.

Malick CISS

LA SOLUTION PAR L’INFORMATION ET DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
Au vu de toutes ces limites qui handicapent les femmes entrepreneures, dans la compétition aux marchés publics, les auteurs du rapport d’Onu Femmes ont émis quelques suggestions pour inverser la tendance. Ils notent que « l’enseignement majeur à retenir de cette étude, c’est que la seule définition de quotas dans les marchés publics ne semble pas être le moyen le plus approprié et le plus efficace pour stimuler la participation et l’accès des femmes entrepreneures à la commande publique ». Ils préconisent des mesures d’accompagnement telles que la révision du cadre juridique et règlementaire (exemple : rendre obligatoire la publication par l’Armp d’un rapport national sur le genre et l’accès aux marchés publics), améliorer le dispositif institutionnel et les mesures d’accompagnement, créer des programmes spéciaux en partenariat avec les institutions financières pour des prêts bancaires à des conditions décentes. Les auteurs estiment nécessaire aussi de combler les gaps d’information, de renforcer l’intégrité et la transparence.

M. CISS

Momar Ndao ne partage pas le combat du mouvement « Auchan dégage ». Au contraire, il y voit plutôt « une dépravation d’une approche politique » qui a commencé avec Senac Sa dans sa gestion de l’autoroute à péage. Il estime qu’Auchan, avec ses 25 magasins, ne peut pas mettre en péril les 12 000 boutiques de l’agglomération dakaroise. Il souligne que l’enseigne emploie plus de 500 jeunes sénégalais et distribue les produits de 235 fournisseurs locaux. « Avant, les gens pensaient que le supermarché était réservé aux personnes riches. Quand les Sénégalais ont découvert qu’ils peuvent acheter moins cher dans un cadre plus accueillant, ils sont allés acheter à Auchan», argumente le président de l’Ascosen. Momar Ndao voit même d’un bon œil cette présence, soulignant que dans les quartiers, les gérants des boutiques faisaient la pluie et le beau temps en violant les règles édictées par l’autorité. « Le boutiquier ne respecte aucun prix conseillé par l’Etat du Sénégal à plus forte raison les produits qui ne sont pas administrés. Ils sont vendus à des prix inaccessibles aux populations. En plus, il n’y a pas de sécurité sanitaire dans la distribution ; ils éteignent leur congélateur le soir et le produit peut être détruit avant sa date de péremption », confie Momar Ndao. Toutefois, il reconnaît que l’Etat doit adopter un cadre réglementaire adapté pour gérer les grandes surfaces afin de permettre le développement harmonieux des affaires.

M. NDONG

La levée de boucliers des commerçants regroupés autour de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) contre l’implantation de la chaine  de distribution agro-alimentaire française « Auchan » au Sénégal qui, selon eux, « tue à petit feu le secteur économique sénégalais », avec la bénédiction de l’Etat, a fait réagir le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il soutient que les accusations portées contre l’Etat du Sénégal qui aurait accordé des facilités à Auchan au détriment de ses concurrents sont fausses et dénuées de tout fondement.

 Les allégations et autres problématiques posées par les détracteurs de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan » faisant état de facilités qui lui seraient accordées par l’Etat du Sénégal au détriment de ses concurrents ne sont pas vraies, a déclaré le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il est formel : « Je dois tout de suite dire que ce n’est pas vrai.

L’investissement, au Sénégal, est, aujourd’hui, régi par le Code des investissements. Quand vous êtes dans les activités de négoce, vous ne bénéficiez d’aucune facilité venant dudit code », a t-il déclaré, hier, sur les ondes de la Radio télévision sénégalaise. Selon M. Mbaye, « l’autre problématique posée est relative à la concurrence déloyale de Auchan qui ferait du dumping ». Sur cette question, il soutient que la direction du commerce intérieur n’a pas encore d’éléments probants attestant qu’Auchan fait de la vente à perte ; ce qui, souligne-t-il, est prohibée. Il a précisé que le fait de pratiquer des marges faibles n’est pas en soi une pratique répréhensible.

En ce qui concerne les stades de commerce (Gros, Demi-gros et Détail), Ousmane Mbaye note qu’avant 1994, chaque acteur voulant exercer une activité était obligé de choisir parmi ces stades.

« Mais dans le souci de rendre accessibles les produits et les prix aux consommateurs, cela a été libéralisé », a –il indiqué. Faut-il revenir à cette réglementation d’avant 1994 ? Le directeur du commerce intérieur soutient que la question est ouverte. « On peut en discuter. Mais, si tel devrait être le cas, il nous faudrait aussi définir le périmètre du micro-détail », a-t-il fait savoir. L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) en tournée nationale s’oppose à la présence de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan », estimant que la survie des commerçants est menacée. L’organisation commerçante a mis en place une coalition pour s’opposer à ce qu’elle qualifie de « retour à l’esclavage par l’économie » et exige des pouvoirs publics qu’ « Auchan dégage ».

Mamadou Lamine DIEYE

Une journée de partage a réuni, hier, l’Agence des aéroports du Sénégal, les commandants régionaux et les acteurs des transports aériens pour discuter du devenir des aéroports régionaux.

L’Agence des aéroports du Sénégal (Ads) a convié, hier, les commandants d’aéroports et les acteurs des transports aériens à une journée de réflexion et de partage sur les aéroports régionaux. La rencontre avait pour but de discuter de questions essentielles tournant autour du devenir de ces aéroports et leurs différentes composantes : le personnel, les infrastructures et les équipements.

L’objectif d’une telle démarche vise à définir de façon concertée le plan d’action qu’ils comptent établir pour un développement durable et ordonné des plateformes régionales. «Le vaste programme de rénovation des aéroports régionaux va induire de profondes mutations pour accompagner tous ces efforts afin de conserver les avantages concurrentiels du Sénégal dans la sous-région en matière de gestion aéroportuaire et faire de Dakar un hub aérien. Dans cette dynamique, tous les moyens humains et matériels doivent être mis à contribution pour favoriser un regain des activités et au-delà une optimisation des ressources générées par la gestion aéroportuaire au niveau des régions », a déclaré Pape Mael Diop, à l’ouverture des travaux.

Le Directeur des Ads estime que les acteurs doivent s’approprier ce vaste programme qui va moderniser les aéroports et permettre de mieux développer le tourisme et faciliter le déplacement des Sénégalais. D’un montant de 100 milliards de FCfa, ce programme commencera avec Saint-Louis et Matam avec un prolongement de la piste. L’aéroport de Ziguinchor sera aussi réhabilité. Selon le directeur des Ads, au sortir de ce programme, le Sénégal aura des aéroports aux normes. Pape Mael Diop a rappelé que le financement des aéroports régionaux avait toujours été assuré par les recettes tirées des activités de l’aéroport de Dakar et dans une moindre mesure des appuis accordés par l’autorité étatique. Ce système de péréquation qui avait toujours prévalu permettait d’assurer tant bien que mal leur bon fonctionnement.

Babacar DIONE

Dans son élan de développer le réseau autoroutier du pays, le gouvernement du Sénégal, avec le concours des bailleurs, compte lancer les travaux de l’autoroute Mbour-Kaolack et l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis, dans le premier trimestre de 2019. Une réunion a été tenue, hier, à Thiès pour sensibiliser les populations des communes impactées à vite libérer les emprises.

Les infrastructures occupent une bonne place dans le programme prioritaire du Plan Sénégal émergent (Pse). Après l’autoroute Dakar-Aéroport Blaise Diagne (Aibd)-Sindia, le gouvernement compte lancer le projet autoroutier Mbour-Fatick-Kaolack, mais aussi la construction de l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis. Ces deux projets démarreront, selon le directeur régional de l’Ageroute de Thiès, Khoult Ndiaye, au plus tard dans le premier trimestre de l’année 2019. Une réunion du Comité régional de développement(Crd) a été présidée, hier, par le gouverneur de la région pour présenter le projet et sensibiliser les populations des zones impactées à prendre les dispositions nécessaires pour libérer les emprises le plus rapidement possible. L’autoroute Mbour-Kaolack qui sera longue de 100 kilomètres avec deux fois deux voies extensibles, permettra non seulement, selon Souleymane Diouf, chargé de projet à l’Ageroute, de renforcer le réseau routier et autoroutier du Sénégal, mais aussi de développer le corridor Dakar-Bamako et Dakar-Lagos. Pour ce qui est de la côtière Dakar-Saint-Louis, elle sera longue de 195 kilomètres, avec aussi deux fois deux voies. Elle fonctionnera avec un système de péage fermé. « Mbour-Kaolack est le plus grand corridor du Sénégal. Nos voisins maliens utilisent cet axe pour le transport des marchandises venant du port de Dakar et autres. De plus, celle-ci va améliorer le trafic et permettre plus de sécurité dans cet axe très accidentogène. Pour la côtière, elle nous permet de relier le Nord de la capitale mais aussi le Maroc. Elle va également aider à améliorer la sécurité routière », a déclaré Khoult Ndiaye. Selon lui, l’étude de faisabilité du projet Mbour-Kaolack est très avancée. « Après la libération des emprises, on pourra même parler d’étude technique d’exécution. Pour la côtière, elle est moins avancée mais avec cette autoroute, les bailleurs de fonds se sont réunis et ont tous donné leur accord de principe pour le financement », a-t-il fait savoir.

Le gouverneur de la région de Thiès, Amadou Sy, soutient qu’à travers ce comité régional de développement, tenu sur demande du ministre des Infrastructures, ils cherchent à travailler rapidement sur la construction de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack mais aussi sur la côtière Dakar-Saint-Louis. « L’une des difficultés majeures dans la réalisation de ce type de travaux est la libération des emprises. Elle prend beaucoup de temps et allonge inutilement les délais alors que si on appliquait la règlementation en vigueur, on irait beaucoup plus vite. Mais le chef de l’Etat nous a demandé d’associer les populations dans tout ce qui est fait », a-t-il déclaré. Selon lui, les retards dans l’exécution des travaux rendent les infrastructures beaucoup plus chères. En plus de cela, les chantiers, tant qu’ils ne sont pas finis, créent des désagréments aux populations.

Ndiol Maka SECK

En marge de son assemblée générale qui a pris fin samedi, la Banque africaine d’import export (Afreximbank) a lancé à Abuja une plateforme d’informations sur la clientèle panafricaine dénommée Mansa. L’objectif visé à travers cet instrument est de stimuler le volume des échanges commerciaux africains.

La seconde journée de l’Assemblée générale d’Afreximbank tenue, à Abuja, au Nigeria a été marquée par la mise en place de Mansa, une plateforme d’informations sur la clientèle panafricaine qui apportera une source « fiable unique » de données requises pour effectuer les vérifications nécessaires sur les contreparties en Afrique.

En effet, la plateforme tire son nom de Mansa Musa, puissant dirigeant de l’empire du Mali au 14ème siècle, qui a donné plus de place à l’Afrique dans le monde et a développé le commerce dans le continent en faisant de Tombouctou le centre des affaires. L’objectif de cet outil innovant est d’accroître le volume du commerce au sein de l’Afrique et de limiter les risques liés à la conformité, en renforçant les liens entre les banques et entreprises hors d’Afrique souhaitant faire des affaires avec les banques et entreprises africaines.

Le président d’Afreximbank, Dr. Benedict Oramah, explique que cette nouvelle plateforme est le prolongement naturel de la mission d’Afreximbank « de développer et diversifier le commerce africain ». Selon lui, Mansa stimulera le commerce africain en permettant de faire des vérifications sur le client tout en réduisant la charge opérationnelle et les coûts de mise en conformité.

Autrement dit, Mansa se veut la plateforme centralisée de référence qui permet d’effectuer les vérifications sur les clients à travers le continent africain. En fournissant des informations complètes, elle mettra fin à l’évaluation subjective des clients et éliminera l’idée souvent « injuste » qu’il est risqué de faire des affaires avec des entreprises africaines. Mansa permettra également de mieux connaître le climat des affaires dans un pays et donnera des informations sur des services associés sur le continent.

D’après Oramah, Afreximbank a dirigé la création de cette plateforme sur la clientèle qui permettra également aux établissements financiers et aux sociétés d’Afrique de répondre aux attentes des clients et des partenaires commerciaux tout en assurant une bonne conformité réglementaire. Avec cet outil de données, la banque ambitionne de relever les nombreuses contraintes qui freinent le développement du commerce. A en croire le président d’Afreximbank, il y a actuellement un déficit commercial  de 120 milliards de dollars à combler et un gap annuel de 93 milliards pour ce qui est du financement des infrastructures commerciales. L’autre défi, c’est l’augmentation de la part de l’Afrique estimée à 3 % dans le commerce mondial.

De notre envoyé spécial à Abuja (Nigéria), Abdou DIAW

LE NIGÉRIA AMBITIONNE DE RÉDUIRE SA DÉPENDANCE AU PÉTROLE
Lors de la clôture de l’assemblée générale, samedi à Abuja, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a annoncé son intention de diversifier son activité économique en investissant des secteurs porteurs autres que le pétrole. « Notre gouvernement a adopté une politique de croissance économique inclusive. Nous sommes déterminés à atteindre cet objectif en réduisant notre dépendance excessive au pétrole brut », a indiqué le président nigérian. Il ajoute qu’à ce jour, l’Etat du Nigeria a investi de « façon dynamique » dans l'infrastructure pour soutenir son potentiel de croissance dans l'agriculture et les minéraux solides. « Nous autorisons également de nombreux entrepreneurs nigérians dans les économies du divertissement et du numérique », confie M. Buahri, en mettant en exergue le rôle prépondérant joué par son pays dans le continent. « En Afrique, le Nigéria a un rôle unique et important à jouer. Nous sommes une vaste nation de près de 200 millions de personnes, avec une diversité de langues, de cultures, de dotations naturelles et d'aspirations. Cependant, ce que nous avons tous en commun, c'est qu'à tous les niveaux, le Nigeria est une nation commerçante », a déclaré le président du Nigéria.

A. DIAW

1ER ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE BABACAR NDIAYE : HOMMAGE À L’ARCHITECTE DU PROJET AFREXIMBANK
L’ombre de notre compatriote Babacar Ndiaye, ancien président de la Banque africaine de développement (Bad), a plané sur la 25ème assemblée générale d’Afreximbank. Les dirigeants de cette institution ont saisi l’occasion, vendredi 13 juillet (date marquant le 1er anniversaire du décès de Babacar Ndiaye), pour rendre un hommage au premier Sénégalais président de la Bad, considéré également comme l’architecte principal du projet Afreximbank. « Nous remercions le regretté Dr. Babacar Ndiaye d'avoir dirigé le projet de cette banque d’import export de la vision à la réalité. Il a travaillé avec ténacité, tact et courage pendant six ans pour mener à bien le projet, surmontant une vive opposition, notamment de la part de certains membres du Conseil d'administration de la Banque africaine de développement », a témoigné Dr Benedict Oramah qui a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en sa mémoire. Selon lui, l’ex-président de la Bad a redessiné le projet pour créer un partenariat public-privé unique dans un cadre multilatéral, réduisant ainsi le rôle de la Banque africaine de développement. Pour M. Oramah, Dr Ndiaye est parti, mais son esprit continue à vivre, alimentant les ambitions des agents d’Afreximbank.

A. DIAW

Le bureau des douanes de Vélingara sera bientôt érigé en bureau de plein exercice ; ce qui lui permettra d’effectuer toutes les procédures de dédouanement sur place pour alléger les charges des opérateurs économiques de la région de Kolda. La promesse a été faite, jeudi dernier, à Kolda, par le directeur général des Douanes, lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques. Oumar Diallo s’est engagé également à réduire le nombre de postes de contrôle sur les principaux axes routiers et a demandé aux opérateurs économiques de jouer franc jeu en s’acquittant des taxes et autres impôts. Il leur a demandé, en outre, de réclamer un reçu, chaque fois qu’ils remettent de l’argent à un agent des douanes. Pour la baisse des taxes sur les véhicules importés réclamée par les importateurs, Oumar Diallo a été on ne peut plus clair.

La Douane ne peut ni augmenter ni diminuer ces taxes qui sont fixées, selon lui, sur la base des textes communautaires de l’Uemoa. Il accède, néanmoins, aux revendications relatives à la mise en place d’un bureau de dédouanement à Kolda pour permettre aux opérateurs économiques de faire toute la procédure sur place au lieu de se déplacer jusqu’à Dakar. Il insiste, par ailleurs, sur la nécessité, pour les importateurs, d’avoir des papiers en règle notamment le certificat d’origine et la facture, chaque fois qu’ils achètent de la marchandise à l’étranger. Il dénonce, au passage, la falsification des documents, une pratique à laquelle certains d’entre eux se livreraient au détriment du Trésor public. «Le principal objectif de cette tournée, c’était de présenter aux opérateurs économiques, la nouvelle approche que la direction des douanes a décidé d’amorcer pour se rapprocher davantage des opérateurs économiques, mais aussi, des importateurs et exportateurs et des industriels en mettant la douane à leur disposition, c’est-à-dire, en faisant ce que nous appelons la douane de proximité », déclare Oumar Diallo. Il annonce l’élargissement des compétences de certains bureaux situés aux frontières pour que les marchandises qui ne sont pas interdites ou prohibées puissent être dédouanées sur place au moment de leur introduction dans le territoire national. Il envisage la création de nouveaux points d’entrée aux frontières où les importateurs pourront dédouaner les marchandises en provenance de la République de Guinée et de la Guinée-Bissau et espère que ces mesures leur permettront de faire toutes les procédures de dédouanement sur place et de récupérer rapidement leurs marchandises sans difficulté. Le directeur général des Douanes a rencontré, vendredi, dans le sud du département de Vélingara, son homologue de la République de Guinée, après ceux de la Gambie et de la Guinée-Bissau, lors de son périple dans la région de Ziguinchor.

Mamadou Aliou DIALLO

Le changement d’année de base pour les comptes nationaux du Sénégal a eu des effets positifs sur la plupart des agrégats macroéconomiques du pays.

Un document de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe) permet d’avoir des éléments de comparaison des progrès du Sénégal par rapport aux pays membres de l’Uemoa. Le Sénégal reste toujours en deuxième position du revenu par tête, qui est passé de 1.054 à 1.363,774 dollars, derrière la Côte d’Ivoire (1.531 dollars). En 2016, le revenu par tête qui était de 955 dollars sur l’année de base 2014, bondit à 1.211,3 dollars avec le changement. Par ailleurs, les courbes calculées à partir des deux années de base montrent une résorption du déficit budgétaire, qui recule de -3,525 à -2,839 % du Pib en 2017. Ce déficit devrait se détériorer en 2018, les deux années de base affichant toutes -3,5 % du Pib. Le maintien de la cible de déficit budgétaire à 3,5 % du Pib a permis, avec le changement de base, d’élargir l’espace budgétaire de 108 milliards de FCfa dans la loi de finance rectificative 2018. Cet argent est allé aux dépenses sociales (revendications salariales dans l’éducation et la santé) et de sécurité. Quant à la pression fiscale, elle se détériore avec la nouvelle année de base, passant de 20,61 à 16,949 %. Concernant la dette publique, son ratio avec le Pib s’améliore de 65 à 53,453 % alors que le plafond fixé par l’Uemoa est de 70 %. Ce qui laisse au Sénégal qui sollicite souvent le marché financier international, une plus grande marge. Cependant, il y a des implications en termes d’endettement. Selon la Dgppe, «le ratio de liquidité (service rapporté aux recettes budgétaires) est encore élevé même s’il affiche une baisse depuis 2012 ». En effet, ce ratio est passé de 46,8 % en 2012 à 33,7 % en 2017. D’où la « nécessité de renforcer les recettes budgétaires afin d’améliorer l’indicateur de liquidité ».

Quant au compte courant, le déficit s’est aggravé, progressant de -4,632 % en 2017 à -8,315 % en 2017 (année de base 2014). Lors de la cérémonie de publication des résultats de la rénovation des comptes nationaux, jeudi dernier, à Diamniadio, Pierre Ndiaye expliquait cette dégradation par la hausse du prix du baril, induisant une augmentation de la facture pétrolière. Mais en 2018, on devrait connaître une amélioration du déficit de -7,955 %.

M. CISS

Dans sa recherche d’efficacité pour une meilleure prise en charge du secteur dans ses Etats-membres, la Commission sous régionale des pêches va mettre en œuvre une série de programmes de 2018 à 2022. L’entité qui regroupe le Cap-Vert, la Gambie, la République de Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone a élaboré un plan stratégique. La formulation de ce nouveau plan de cinq ans devra s’appuyer sur les réalisations et les enseignements tirés de la mise en œuvre du précédent plan et introduire de nouvelles approches permettant à la Csrp d’atteindre son niveau d’institution de référence et d’innovation en gestion durable des ressources halieutiques. Pour Malal Sané, son secrétaire permanent, « c’est la première fois que la Csrp, grâce à son secrétariat permanent, soumet au comité de coordination un projet de plan stratégique ». Mais le défi, ce n’est pas seulement d’élaborer un plan stratégique, il faut trouver des ressources notamment financières, pour une mise en œuvre efficace dudit plan. Après les évaluations internes et externes faites du précédent Plan stratégique, les responsables de la pêche sous-régionale se sont rendu compte qu’il y avait des difficultés liées à la disponibilité des ressources financières pour faire face aux défis contenus dans ledit plan. Des écueils qu’il faut surmonter s’ils veulent que le secteur de la pêche continue de contribuer davantage à l’économie des Etats-membres. « Malheureusement, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche Inn) continue de constituer un défi majeur dans la sous-région ouest-africaine. C’est pourquoi, nous avons récemment signé un protocole d’accord avec l’Union européenne qui, avec une enveloppe de 3,6 millions d’euros, va nous aider à faire face à cette pêche », s’est félicité M. Sané.

Sur  ce point, le représentant du ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, a souligné que des mesures prises dans ce sens pourraient aider à lutter contre la pêche illicite. Babacar Banda Diop, conseiller technique du ministre Oumar Guèye, a souligné que « la pêche Inn est un fléau pour notre sous-région, parce qu’impactant très négativement sur la gestion, la viabilité et l’utilisation durable des ressources halieutiques ».

Ousseynou POUYE

Les pays les plus pauvres du monde risquent d’être davantage vulnérabilisés par la facture des importations alimentaires. Selon la Fao, cette facture engloutit, à elle seule, 28% des recettes d’exportation de marchandises des Pays les moins avancés (Pma), soit presque le double de celle de 2005.

Les importations alimentaires pèsent de plus en plus lourd sur les pays les plus pauvres du monde, alerte l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), dans son dernier rapport sur « Les perspectives de l’alimentation mondiale », publié le 10 juillet dernier. Depuis 2000, la facture mondiale des importations alimentaires a triplé, atteignant 1,43 milliard de dollars, en 2017. Les pays les plus vulnérables aux pénuries alimentaires se retrouvent, eux, avec une facture multipliée par cinq. Ce qui constitue un fardeau pour ces pays. Les importations ont augmenté à un taux annuel moyen global de 8 % depuis 2000, mais l’on note une hausse à deux chiffres pour les pays les plus pauvres. Ainsi, la facture des importations engloutit, à elle seule, 28 % des recettes d’exportation de marchandises des Pays les moins avancés (Pma), soit presque le double de celle de 2005. Alors que les pays développés, avec leur Pib par habitant plus élevé, dépensent seulement 10 % de leurs recettes d’exportations pour acheter à l’extérieur de quoi manger. Selon la Fao, le coût des importations alimentaires devrait augmenter de près de 3% en 2018 du fait de l’accroissement du commerce international de poisson, notamment des pays développés, mais aussi des céréales qui constituent la denrée de base pour la plupart des pays à faible revenu et à déficit vivrier. Si la tendance se poursuit, met en garde l’organisation onusienne, les pays pourraient « payer plus cher pour moins de nourriture », même si la production mondiale et les conditions commerciales ont été favorables ces dernières années. Les échanges concernant les céréales devraient rester solides en 2018/2019 du fait de la forte demande d’importations pour presque toutes les principales céréales. Les prix des produits de mer devraient être « élevés et même records » au 2ème trimestre de 2018.

Cette année, la production mondiale de sucre est attendue en hausse de 11,1%, soit un niveau record de 187,6 millions de tonnes, dépassant largement la consommation mondiale. Cependant, estime la Fao, « malgré le plus grand excédent de sucre jamais enregistré dans l'histoire, un prix plancher pour les prix internationaux du sucre sera probablement fixé suite à la hausse des cours mondiaux du pétrole brut, car davantage de sucre sera utilisé pour fabriquer de l'éthanol ».

Malick Ciss

Dans son rapport 2018 consacré au commerce en Afrique et publié au 2ème jour de son assemblée générale, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) annonce le décaissement d’un montant de 25 milliards de dollars (près de 12.500 milliards de FCfa) destiné au financement du commerce intra-africain jusqu’en 2021.

Afreximbank compte investir 25 milliards de dollars, soit environ 12.500 milliards de FCfa, dans le développement du commerce intra-africain, a indiqué l’institution financière dans son dernier rapport annuel publié, avant-hier, à Abuja, à l’occasion de son assemblée générale. En effet, la Banque a accordé la priorité au commerce intra-africain, au développement de l'industrialisation et des exportations et au leadership commercial en tant que piliers de son plan stratégique dénommé : « Impact 2021 ». Dans la mise en œuvre, Afreximbank a ouvert des lignes de crédit s'élevant à 800 millions de dollars à 55 banques à travers l'Afrique. L’institution financière entend étendre ces lignes à au moins 500 banques africaines d'ici à 2021. Afin de diversifier les sources de croissance et de développer les échanges entre pays africains, la Banque soutient le développement de parcs industriels et de zones économiques spéciales dans la région.

Afreximbank travaille également en collaboration avec la Commission de l'Union africaine pour soutenir la mise en œuvre de la Zone libre-échange continental (Zlec) à travers un certain nombre d'initiatives stratégiques, y compris la première foire commerciale intra-africaine, cette année, au Caire, en Egypte, pour connecter les acheteurs et les vendeurs africains. A cela, s’ajoute le développement d'une plateforme intra-africaine de paiements et de règlements commerciaux qui facilitera la compensation et le règlement des transactions commerciales intra-africaines en devises africaines; le lancement en 2018 d'une plate-forme africaine de référentiel de contrôle de la clientèle visant à améliorer l'accès au commerce en réduisant les coûts de mise en conformité. La banque compte aussi créer un Comité panafricain du commerce et de l'investissement du secteur privé pour renforcer la participation du secteur privé africain aux négociations commerciales et à la formulation des politiques d'investissement.

Abdou DIAW, envoyé spécial à Abuja (Nigeria)

Favoriser les infrastructures dans le financement du commerce africain
L’économiste Bissau guinéen, Paulo Gomes, par ailleurs, ancien directeur exécutif de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne, a invité les Etats africains à accorder une place centrale aux infrastructures dans le financement du commerce en Afrique. « Le continent doit mettre à sa disposition les financements nécessaires pour son commerce, surtout favoriser les infrastructures pour soutenir le développement des échanges commerciaux », a préconisé M. Gomes. Dans la même veine, Dr Caleb Fundanga, directeur exécutif de l’Institut de gestion macroéconomique et financière pour l'Afrique orientale et australe, soutient que les banques de second rang africaines peuvent contribuer au financement des activités commerciales du continent. Toutefois, il juge nécessaire de renforcer leurs liquidités afin de mieux répondre aux besoins de financements des acteurs. Il faut aussi, à son avis, augmenter le capital d’Afreximbank en levant des fonds sur le marché financier. « Cette banque d’import-export doit avoir assez de fonds pour répondre aux besoins de financements du commerce des Etats », a déclaré Dr Fundanga. Il propose également la création, dans les pays africains, d’organismes de crédits à l’exportation.

A. DIAW

HAUSSE DE 10,6% DE LA VALEUR DU COMMERCE DE L’AFRIQUE AVEC LE RESTE DU MONDE
En 2017, la valeur du commerce de l'Afrique avec le monde a augmenté de 10,6 %, passant de 820,76 milliards de dollars à 907,63 milliards de dollars, en partie grâce à la poursuite du commerce bilatéral avec la Chine. Cette augmentation, selon Afreximbank, a dépassé celle des échanges intra-africains qui ont encore progressé de 5,6 %, passant de 121,51 milliards de dollars à 128,25 milliards de dollars. Cette progression s’explique par la hausse du commerce mondial, l’amélioration de la croissance économique africaine et l’augmentation des prix des produits de base. S’agissant des champions du commerce intra-africain, ils sont restés largement les mêmes en 2017 qu'en 2016 avec l'Afrique du Sud, la Namibie et le Nigeria contribuant à plus de 35 % du commerce entre pays africains.

A. DIAW

EMMANUEL AKYEAMPONG, PROFESSEUR A HARVARD : « L’ÈRE DES AVANTAGES COMPARATIFS EST RÉVOLUE »
Directeur de la faculté Oppenheimer du Centre d'études africaines de l'Université Harvard aux Etats Unis, le professeur Emmanuel Akyeampong a fait une communication sur l’histoire du commerce et de la finance en Afrique lors d’un panel à l’Assemblée générale d’Afreximbank. D’après lui, l’Afrique a toujours souffert des effets des fluctuations des prix des matières premières dans le monde. Il estime que le continent ne peut plus continuer de se baser sur le principe des avantages comparatifs. Elle doit, selon lui, plutôt en se focalisant sur le développement de ses industries locales en mettant l’accent sur les produits manufacturiers dans le marché local.

A. DIAW

Les travaux du pont à péage de Foundiougne sont à un niveau d’exécution satisfaisant voire très satisfaisant, a déclaré, avant-hier, le préfet du département, Gorgui Mbaye.

Il présidait une réunion du comité de suivi des travaux mis sur pied au lendemain du lancement du chantier par le président Macky Sall. « Nous avons effectué une visite de chantier avant la réunion de suivi. Et nous avons constaté un bon niveau d’exécution des travaux par l’entreprise chinoise chargée de la réalisation des travaux. Une douzaine de pieux a été déjà réalisée, ce qui est très important, sachant que pour un pieux, il faut une quinzaine de jours pour le réaliser », a dit le préfet.

A travers ces pieux, se profile, à l’horizon, la plateforme qui constitue le préalable à tout autre travail de caractérisation du pont qui va définitivement désenclaver la ville de Foundiougne et les îles du Saloum. L’ouvrage facilitera également l’accès à la Gambie. Le directeur régional d’Ageroute Kaolack-Factick-Kaffrine, Oumar Diouf, qui coordonne la partie sénégalaise dans ce projet, confirme.

«La pose de la plateforme a atteint 500 mètres de longueur à partir du quai de Foundiougne. Les travaux de coulage des pieux devraient reprendre à partir du village de pêche  de Ndakhonga pour compléter la longueur totale du pont de près de 1300 mètres », indiqué M. Diouf.

Les coupures d’électricité principale inquiétude
La seule inquiétude des responsables de l’entreprise chinoise est liée aux coupures intempestives d’électricité constatées dans la zone ces derniers jours. Elles sont certainement dues à l’hivernage qui s’installe de manière progressive. Les responsables des travaux souhaitent être informés des coupures pour leur permettre, selon le préfet Gorgui Mbaye, « de faire démarrer leurs groupes électrogènes. Ils ont demandé une augmentation de la puissance mise à disposition par la Senelec pour leur permettre d’utiliser toutes leurs machines. Le représentant de la Senelec a promis de transmettre ces observations pour amener la société d’électricité à jouer sa partition et à éviter les pannes régulières en dépit de nombreux efforts consentis pour l’amélioration du réseau de distribution du courant électrique. « Ce qui éviterait des retards dans le délai de construction du pont », a souligné le préfet de Foundiougne. Le pont de sera  raccordé à la route nationale N° 9, avec ses caractéristiques et standards d’aménagements d’une coupe transversale d’une largeur de 11,40 mètres et deux trottoirs de 1,5 mètre bordés de garde-corps de type normalisé S8. Il sera réalisé avec deux voies de 3,70 mètres chacune, une chaussée en toit en dévers de 2 % et ses 32 travées de 40 mètres chacune dont deux dites navigables pour permettre le passage des bateaux vers ou en provenance de Kaolack.

Le coût du projet est de 41,600 milliards de FCfa, financés par Eximbank China avec une contrepartie sénégalaise de 255.193.309 de FCfa.

Mohamadou SAGNE

Les mareyeurs du marché de Soumbédioune réclament un meilleur cadre de travail. Ils l’ont fait savoir à l’issue d’une assemblée générale, sur l’esplanade dudit marché. Selon le président de l’association « Takou liguey gueum sa bop », Ameth Diop, le nouveau quai de pêche, qui vient d’être inauguré, ne peut pas contenir tous les mareyeurs du marché, estimés à plus de 300 personnes. A l’en croire, l’infrastructure ne peut pas accueillir plus de 100 mareyeurs. Sur ce registre, El Hadji Kébé, membre de l’Association « Takou liguey gueum sa bop » trouve très exigu le quai de pêche avec ses places de moins d’un mètre-carré. « Le quai de pêche est très petit. Il ne peut pas contenir 100 personnes. En plus, la carte de mareyeurs est exigée pour bénéficier des places. Nous demandons à ceux qui veulent nous aider de nous refaire simplement ce marché.

Les places prévues pour les vendeurs de poissons au quai sont limitées. Les autorités doivent savoir que nous perdons beaucoup d’argent à l’arrivée de la pluie. Il n’y a pas de toiture et nos produits pourrissent fréquemment. Encore, nous voulons un service d’ordre pour sécuriser le marché, dont l’hygiène laisse à désirer », se plaint-il. Aussi, poursuit Ameth Diop, pendant l’hivernage, « nous travaillons dans des conditions difficiles parce que le marché est envahi par des eaux de pluies ». Par ailleurs, les mareyeurs de Soumbédioune ont lancé un appel aux bonnes volontés pour leur faciliter l’accès au financement. « Nous demandons aux autorités de nous aider. Les femmes mareyeuses sont des battantes ; elles travaillent dans des conditions difficiles », a-t-il fait comprendre. Sa conviction est que ces financements leur permettront d’être autonomes. « Ce qui nous intéresse, c’est notre marché. Le vendeur de poissons ne veut que travailler pour satisfaire les besoins de sa famille. Nous voulons juste des financements pour travailler », a, pour sa part, ajouté Adja Marième Ndiaye.

S. Diam SY

Autorités et populations ont salué l’ouverture, par la Bicis, d’une nouvelle agence. Elle est située dans le complexe commercial d’Auchan.

La Bicis a inauguré, jeudi 12 juillet 2018, sa nouvelle agence de Mbour, sise dans le complexe commercial d’Auchan. Cette agence qui porte à trois le nombre de points de vente de cette banque dans le département, après celles de Saly et de Grand Mbour, répond à certaines réalités liées aux mutations qu’a connues Mbour depuis quelques années. «Il était utile d’épouser l’évolution du pays et les mutations économiques du Sénégal, notamment dans le cadre du Pse. Mbour est un pôle économique important, le deuxième port du pays. C’est pourquoi, nous avons décidé de renforcer le secteur avec prochainement l’ouverture d’une autre agence à Diamniadio », a déclaré Patrick Pitton, administrateur directeur général de la Bicis.

Selon lui, il fallait également offrir aux clients et à la population de Mbour un cadre digne d’un service bancaire. « Sécurité, confort, convivialité tel qu’exigés par le Groupe Bnp Paribas auquel appartient la Bicis, sont les piliers sur lesquels nous agissons pour donner satisfaction à nos clients », a dit M. Pitton.

Des témoignages de clients et surtout d’autorités de Mbour (Préfet, Maire, commissaire de police, directeur d’école, etc.) ont salué l’ouverture de cette nouvelle agence et ont marqué leur adhésion à la politique de la Bicis de se rapprocher davantage de ses clients dans un contexte de sécurité et de confort avec des agences qui répondent à toutes les commodités qu’exige le secteur de la banque. Le préfet de Mbour, Saër Ndao, a exprimé sa satisfaction de voir s’implanter la nouvelle agence en pleine ville et l’engagement du Groupe Bnp Paribas à contribuer au développement du terroir par le biais de cette initiative. Même sentiment de joie chez le maire de la ville de Mbour, Fallou Sylla, pour qui, cette nouvelle implantation ne peut être que bénéfique à sa localité.

L’agence Bicis Mbour est située dans le Complexe commercial d’Auchan. Elle renforce davantage l’ancrage de la Bicis dans le paysage bancaire sénégalais en portant le nombre des agences de son réseau à 33 points de ventes sur l’ensemble du territoire.

Oumar KANDE

Le président de la République a invité le gouvernement à accélérer le processus de mise en place d’un fonds national de la statistique.

La cérémonie d’hier a servi de tribune au chef de l’Etat pour souligner les progrès réalisés par notre pays dans la production de données statistiques. Macky Sall a rappelé que depuis novembre 2017, le Sénégal est le 4ème pays en Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud, les Seychelles et l’île Maurice, à adhérer à la Norme spéciale de diffusion des données du Fmi. Il se dit d’autant plus heureux que cela pourrait « mettre fin à la fois à la polémique stérile » sur les statistiques. «L’Ansd donne ses statistiques de façon tout à fait indépendante. C’est la clé de voûte du système statistique national. Elle a su assurer la production de données aux standards internationaux en termes de qualité et de délais », a déclaré le président Sall.

Les performances de l’Agence sont, à son avis, la résultante d’une volonté politique forte et des efforts conjugués de l’ensemble des acteurs. C’est pourquoi, il accueille favorablement le renforcement des moyens de l’agence. Dans la même lancée, il a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur d’un système statistique national indépendant et performant. Macky Sall a demandé ainsi au gouvernement d’accélérer le processus de mise en place d’un fonds de développement de la statistique déjà fortement recommandé par le Conseil national de la statistique. Il a, dès l’entame de son discours, salué la qualité de l’administration sénégalaise constituée de « cadres compétents, chevronnés dans tous les secteurs de la vie nationale ». «Les statistiques, c’est l’affaire des professionnels. On peut les interpréter comme on veut mais on ne peut pas remettre en cause les fondements même qui caractérisent l’étude des statistiques, les échantillonnages, les méthodes de calculs. C’est de la science, des mathématiques. On ne peut pas mettre la politique dans les mathématiques et dans la science. On peut maintenant dire qu’on n’est pas d’accord sur les chiffres donnés, encore faudrait-il être capable de prouver pourquoi vous n’êtes pas d’accord ? », a-t-il dit.

M. CISS et A. KANDE

Le déficit budgétaire du Sénégal a subi une « forte tendance à la baisse », à la faveur du changement d’année de base des comptes nationaux, a fait savoir Pierre Ndiaye, directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe). En 2017, ce déficit se situait à 2,8 % contre 3,5 % en 2016, soit au-dessous de la norme de 3 % fixée par l’Uemoa. Cet impact positif place le Sénégal au même niveau que des pays comme l’Ile Maurice, la Malaisie, la Turquie, etc. « Cela a permis d’avoir un élargissement de l’effort budgétaire de 108 milliards de FCfa », a dit M. Ndiaye.

Ce montant a servi à prendre en charge le maintien des prix à la pompe pour amortir la hausse du prix du baril de pétrole, mais aussi pour absorber les revendications salariales dans l’enseignement et la santé et effectuer des dépenses dans le domaine de la sécurité.

M. C. et A. K.

La région sud du pays va accueillir le premier agropole intégré du Sénégal. Prévu à Adéane (Ziguinchor), cet agropole qui sera lancé au plus tard en janvier 2019, a déjà reçu 56 milliards de FCfa d’intentions de financements.

56 milliards de FCfa d’intentions d’investissements ont été identifiés pour le démarrage du projet d’agropole sud prévu à Adéane (Ziguinchor). Le laboratoire d’échanges du projet agropole Sud a présenté, hier, aux partenaires financiers, une pré-validation des résultats intermédiaires, en présence du ministre de l’Industrie et des Pme, Moustapha Diop. Toutefois, les investisseurs attendent, en contrepartie, de l’Etat, la réalisation des infrastructures publiques (routes, éclairage, etc.) ainsi que des mesures incitatives estimée à 11 milliards de FCfa. A terme, l’agropole Sud va générer 8.869 emplois d’ici à 2020, 33.652 tonnes de noix de cajou et 53.000 tonnes de mangue. Le Plan Sénégal émergent (Pse) prévoit la création de trois agropoles : au Nord, au Centre et au Sud du pays.

Ce laboratoire d’échanges du projet agropole Sud s’inspirant de la méthodologie d’un cabinet privé malaisien appelée «Big fast result (Bfr)» constitue un cadre d’échanges et d’harmonisation regroupant différentes parties. Entamé le 26 juin dernier, le laboratoire du projet agropole Sud se tient sur cinq semaines. En trois semaines, près de 120 personnes ont été mobilisées pour définir les plans détaillés de mise en œuvre du projet ainsi que le business plan, les indicateurs de performance.

Babacar Gning, directeur général adjoint du bureau opérationnel chargé du suivi du Pse (Bos/Pse), souligne qu’il s’agit d’une « démarche innovante consistant à mettre, au devant, le secteur privé pour financer des projets de développement ». Le choix des filières s’explique, selon lui, par le fait que Ziguinchor est l’une des principales régions productrices de mangue (80%) et d’anacarde (55%). Le ministre de l’Industrie et de la Pme, Moustapha Diop a rappelé que les agropoles sont des projets prioritaires du Pse « permettant à notre pays de devenir un pays industrialisé d’ici à l’horizon 2035 ». « Les agropoles vont nous permettre de régler définitivement les problèmes de transformation et de valorisation des produits agricoles », a-t-il assuré. Au terme, poursuit le ministre, il est attendu 18.000 emplois, 85 milliards de FCfa de contribution au Pib, 120 milliards de FCfa des exportations et 235 milliards de FCfa d’investissements extérieurs (pour les trois agropoles). Dans ce chantier, Moustapha Diop estime que le secteur privé aura un rôle important à jouer pour la construction et l’exploitation de ces agropoles.

18.000 emplois attendus
Pour le démarrage de l’agropole Sud, le ministre soutient que toutes les actions seront menées avec diligence d’ici à décembre prochain notamment la création de la société de la construction et d’exploitation (Sce), l’inscription des fonds dans le budget 2019 pour la réalisation des aménagements primaires, la sécurisation du foncier, les incitations fiscales, etc. Déjà, la mairie d’Adéane a affecté 500 hectares au projet. Le lancement de l’agropole Sud est prévu au plus tard en janvier 2019, informe-t-il.

Le président directeur général de Pemandu (cabinet privé de redressement de la Malaisie), Dato Sri Idris Jala, avait, auparavant, partagé l’expérience de son pays en création d’agropoles. Il a surtout suggéré la tenue d’une journée « portes ouvertes » pour une meilleure appropriation du projet. Une proposition partagée par le directeur de cabinet du ministre en charge du Suivi du Pse, Me El Ousseyni Kane. Les partenaires financiers ont réaffirmé leur disponibilité et leur engagement à accompagner notre pays dans la mise en place de ces agropoles. En attendant, le laboratoire du projet agropole Sud dispose encore de deux semaines pour discuter sur les 18 projets identifiés.

Souleymane Diam SY

ETUDE DE FAISABILITÉ : LA TUTELLE DÉGAGE 250 MILLIONS DE FCFA
Pour l’étude de faisabilité de l’agropole Sud, le ministre de l’Industrie, Moustapha Diop, a informé, hier, les partenaires, avoir signé un ordre de virement d’un montant de 250 millions de FCfa, en attendant le reliquat. Une annonce dont s’est félicité le directeur général du Bos/Pse, Ibrahima Wade. Selon lui, cet engagement financier permettra de réaliser les études environnementales et de design de l’agropole sud.

S. D. SY

Le président de la République a présidé, hier, à Diamniadio, la cérémonie de publication des résultats du Projet de rénovation des comptes nationaux du Sénégal (Prcn). Macky Sall a magnifié le travail effectué par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a lancé, depuis mars 2015, le projet de rénovation des comptes nationaux (Prcn) du Sénégal, avec l’adoption du système de comptabilité nationale de 2008 (Scn 2008), qui a comme nouvelle année de base 2014. Ainsi, une nouvelle série de comptes nationaux reflétant, au mieux, la structure actuelle de l’économie du pays est désormais disponible. Hier, le président de la République a présidé la cérémonie de publication des résultats. Macky Sall a déclaré que cette rencontre s’inscrit dans son ambition renouvelée de renforcer le pilotage des politiques publiques, en particulier le Plan Sénégal émergent (Pse). En vérité, affirme M. Sall, la conduite optimale du développement requiert des comptes nationaux complets, cohérents, pertinents, permettant d’opérer des choix politiques judicieux. «Il ne peut y avoir une politique prospective, une planification rigoureuse qui ne soit adossée à des données statistiques fiables qui permettent de partir du réel et du concret pour se projeter vers le futur », a-t-il dit. Selon lui, une bonne qualité de ces comptes exige une production soutenue de données macroéconomiques fiables et leur renouvellement tous les cinq ans. Ce qui a, à son avis, conduit au projet de rénovation des comptes nationaux avec deux volets : le changement d’année de base et le recensement général des entreprises.

S’aligner sur les standards internationaux
L’objectif, explique le chef de l’Etat, est de fournir des informations de qualité, reflétant, au mieux, la structure actuelle de l’économie sénégalaise et rendre conformes nos capacités statistiques aux standards internationaux. Macky Sall a précisé que notre pays vient d’actualiser ses comptes nationaux et d’élaborer une nouvelle année de base conforme au système de comptabilité des Nations-Unies. Ces comptes nationaux, poursuit-il, ont permis de mieux mesurer la contribution des différentes activités au Produit intérieur brut (Pib), de mesurer les dépenses de consommation des ménages, les investissements publics et privés ainsi que la part de richesse créée. M. Sall estime que ces résultats obtenus par l’Ansd marquent un pas important dans le suivi-évaluation du Pse et des politiques sectorielles. Il a souligné que la production de données statistiques actualisées sur le Pib, le revenu national et les autres indicateurs, combinée aux données à caractère social comme celles sur l’emploi, favorise un suivi plus efficace des progrès réalisés.

Le chef de l’Etat a révélé que c’est dans cet esprit qu’une étude d’impact des projets Pse est en cours en termes de création d’emplois. Cette étude est en train d’être réalisée avec l’Ansd, la Banque africaine de développement (Bad), le Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos). Il a exhorté les départements ministériels et les partenaires techniques et financiers à se rapprocher de l’Ansd pour nouer des partenariats afin d’évaluer l’impact des projets.

Malick CISS et Aliou KANDE

FONDS NATIONAL DE LA STATISTIQUE : LE CHEF DE L’ETAT FAVORABLE À L’ACCÉLÉRATION DU PROCESSUS
Pr et Dg AnsdLe président de la République a invité le gouvernement à accélérer le processus de mise en place d’un fonds national de la statistique.

La cérémonie d’hier a servi de tribune au chef de l’Etat pour souligner les progrès réalisés par notre pays dans la production de données statistiques. Macky Sall a rappelé que depuis novembre 2017, le Sénégal est le 4ème pays en Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud, les Seychelles et l’île Maurice, à adhérer à la Norme spéciale de diffusion des données du Fmi. Il se dit d’autant plus heureux que cela pourrait « mettre fin à la fois à la polémique stérile » sur les statistiques. «L’Ansd donne ses statistiques de façon tout à fait indépendante. C’est la clé de voûte du système statistique national. Elle a su assurer la production de données aux standards internationaux en termes de qualité et de délais », a déclaré le président Sall.

Les performances de l’Agence sont, à son avis, la résultante d’une volonté politique forte et des efforts conjugués de l’ensemble des acteurs. C’est pourquoi, il accueille favorablement le renforcement des moyens de l’agence. Dans la même lancée, il a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur d’un système statistique national indépendant et performant. Macky Sall a demandé ainsi au gouvernement d’accélérer le processus de mise en place d’un fonds de développement de la statistique déjà fortement recommandé par le Conseil national de la statistique. Il a, dès l’entame de son discours, salué la qualité de l’administration sénégalaise constituée de « cadres compétents, chevronnés dans tous les secteurs de la vie nationale ». «Les statistiques, c’est l’affaire des professionnels. On peut les interpréter comme on veut mais on ne peut pas remettre en cause les fondements même qui caractérisent l’étude des statistiques, les échantillonnages, les méthodes de calculs. C’est de la science, des mathématiques. On ne peut pas mettre la politique dans les mathématiques et dans la science. On peut maintenant dire qu’on n’est pas d’accord sur les chiffres donnés, encore faudrait-il être capable de prouver pourquoi vous n’êtes pas d’accord ? », a-t-il dit.

M. CISS et A. KANDE

DÉVELOPPER LA FISCALITÉ MINIÈRE
Le chef de l’Etat a instruit les services du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan à développer la fiscalité minière, notamment pétrolière. Parce que le Sénégal sera désormais un pays de production. «Nous produisons de l'or, bientôt nous allons produire du gaz et du pétrole », a-t-il dit. Macky Sall recommande également de relever le défi de mobilisation des recettes fiscales.

Il estime que le potentiel fiscal national doit être mieux exploité pour éviter la création de nouveaux impôts ou la hausse de ceux existants. Autres instructions du président de la République, l’accélération de la seconde phase du Plan d'actions prioritaires (Pap 2) du Pse dans une démarche participative et inclusive.

M. C. et A. K.

DÉGRADATION DE LA PRESSION FISCALE
Cependant, la pression fiscale a subi les contrecoups du changement d’année de base. Elle se situe maintenant aux alentours de 15 à 16 %. A la grande joie de Baïdy Agne, représentant du secteur privé national. « Nous étions parmi les meilleurs, nous avions autour de 20 % de pression fiscale avec l’ancienne base. Mais grâce à la nouvelle base, nous voyons que la pression fiscale devient faible. Cela veut dire que nous avons un défi important si nous voulons respecter les critères de l’Uemoa qui sont de 20 % », estime Pierre Ndiaye, Directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe). Pour y parvenir, il faut poursuivre la rationalisation des dépenses fiscales, continuer la simplification de la fiscalité et moderniser les administrations fiscale et douanière.

M. C. et A. K.

LE RATIO DETTE/PIB BAISSE DE 60 À 50%
La dette publique a subi les effets du changement d’année de base. Situé autour de 60 % en 2016, le ratio dette/Pib est tombé maintenant à environ 50 % alors que l’Uemoa fixe à ses membres un plafond de 70 %, a fait savoir Pierre Ndiaye de la Dgppe. « En termes de solvabilité, cela veut dire que le Sénégal n’a pas de problème de dette », conclut-il. Concernant le ratio des liquidités (part des recettes utilisées pour financer le service de la dette), « nous sommes encore à un niveau très élevé même si ce ratio s’inscrit en baisse depuis 2012 », note-t-il. Il était de 46,8 % en 2012 mais il a continuellement baissé pour atteindre 33,7 % aujourd’hui, « c’est encore élevé », constate le patron de la Dgppe. Par ailleurs, le déficit des comptes courants de la balance des paiements s’est dégradé en 2017-2018, la vulnérabilité du Sénégal sur ce point ayant comme source la hausse du prix du baril de pétrole. Mais les perspectives, avec les découvertes de pétrole au Sénégal, laissent espérer un amoindrissement de cette vulnérabilité.

M. C. et A. K.

FORTE TENDANCE BAISSIÈRE DU DÉFICIT BUDGÉTAIRE
Le déficit budgétaire du Sénégal a subi une « forte tendance à la baisse », à la faveur du changement d’année de base des comptes nationaux, a fait savoir Pierre Ndiaye, directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe). En 2017, ce déficit se situait à 2,8 % contre 3,5 % en 2016, soit au-dessous de la norme de 3 % fixée par l’Uemoa. Cet impact positif place le Sénégal au même niveau que des pays comme l’Ile Maurice, la Malaisie, la Turquie, etc. « Cela a permis d’avoir un élargissement de l’effort budgétaire de 108 milliards de FCfa », a dit M. Ndiaye. Ce montant a servi à prendre en charge le maintien des prix à la pompe pour amortir la hausse du prix du baril de pétrole, mais aussi pour absorber les revendications salariales dans l’enseignement et la santé et effectuer des dépenses dans le domaine de la sécurité.

M. C. et A. K.

LES RAISONS D’UN CHANGEMENT D’ANNÉE DE BASE
Pr Ansd FamilleLe Sénégal s’est retrouvé avec un Pib en hausse de 29,4 % en 2014 en calquant la rénovation de ses comptes nationaux à cette année. En remplaçant l’année de base de 1999 par 2014, notre pays se conforme au dernier manuel sur les comptes nationaux adopté par les Nations-Unies (Scn 2008). Dans le calcul des comptes nationaux, l’année de base constitue l’année de référence des agrégats macroéconomiques. Mais la qualité des comptes se dégrade au fur et à mesure que l’on s’éloigne de celle-ci ; d’où la nécessité de procéder à des changements pour tenir compte des changements affectant les structures de l’économie d’un pays. Plusieurs raisons expliquent la nécessité, pour le Sénégal, de procéder à un changement de l’année de base de ses comptes nationaux, explique le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), Babacar Ndir. Il y a eu un vieillissement de l’année de base qui remontait à 1999. Ce vieillissement, explique M. Ndir, « est de nature à dégrader nos comptes ». Il fallait aussi s’adapter aux normes internationales. Le changement d’année de base a donc permis une meilleure couverture du Pib du Sénégal et d’avoir une structure plus actuelle de son économie. En conséquence, le Sénégal dispose de données de références pertinentes pour le suivi des différentes politiques, ajoute le directeur général de l’Ansd.

Les principaux changements ont tenu compte des statistiques sur les entreprises avec le recensement général des entreprises (Rge 2016), l’Enquête nationale sur les Pme-Pmi de 2013, l’Enquête nationale sur les unités de production informelle, les enquêtes de suivi de la pauvreté mais aussi des données administratives concernant la pêche continentale, l’aquaculture, etc. Avec les nouvelles normes, la recherche-développement dont les dépenses étaient considérées comme de la consommation, est maintenant perçue sous l’angle de l’investissement.

M. CISS et A. KANDE

UN IMPACT POSITIF SUR LES AGRÉGATS MACROÉCONOMIQUES
Le changement d’année de base des comptes nationaux du Sénégal a un impact positif sur les agrégats macroéconomiques. Ces répercussions ont été expliquées par le directeur général de la planification et des politiques économiques (Dgppe), Pierre Ndiaye. Avec la réévaluation du Pib de 29,4 %, la richesse nationale passe de 7.555 à 9.775 milliards de FCfa alors que les estimations pour l’année 2018 portent sur 12.660 milliards de FCfa, soit 22,5 milliards de dollars, selon M. Ndiaye.

Aussi, il a fallu réviser le taux de croissance pour 2015 (6,7 %), les modifications donnant plus de poids au secteur secondaire. Le revenu par tête sur la base de 1999 était de 1.054 dollars, le changement d’année de référence l’a fait bondir à plus de 1.364 dollars. Ce qui a fait dire à Pierre Ndiaye que « nous nous rapprochons un peu plus de la Côte d’Ivoire ». La position du Sénégal dans le classement de la Banque mondiale devrait aussi évoluer. « Le Sénégal devrait apparaître dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, avec un Pib situé entre 1.006 dollars et 3.955 dollars par tête », annonce le patron de la Dgppe. Tout comme l’Indice de développement humain (Idh) du Pnud devrait être réajusté. Idem pour les agences de notation dont certaines comme Moody’s ont réévalué leur note pour le Sénégal de B1 à B3.

M. C. et A. K.

LES PARTENAIRES, LE PATRONAT ET LES CHERCHEURS APPRÉCIENT POSITIVEMENT
Les résultats obtenus par l’Ansd dans la conduite du Prcn ont été salués par les partenaires techniques et financiers, le patronat, le monde universitaire. Parlant au nom du G50, Lise Filiatrault, ambassadeur du Canada au Sénégal, affirme que ce travail a été techniquement rigoureux et conforme aux standards internationaux. « Le projet met à la disposition du gouvernement, des partenaires, des documents utiles pour la planification. Le Sénégal s’est doté d’agrégats qui reflètent son niveau économique », a indiqué Mme Filiatrault. Elle a salué les innovations introduites par l’Ansd lors du Recensement général des entreprises (Rge), l’enquête sur l’emploi, la consommation des ménages.

La représentante de l’Ue, tout comme celui de la Bad, ont tous salué les résultats du Prcn. « La présentation des résultats a prouvé que le Sénégal a fait de grandes avancées », a commenté Baïdy Agne, président du Conseil national du patronat. Le président de l’Unacois, Idy Thiam a, à son tour, salué les résultats. Au nom du monde universitaire, le Pr Birahim Bouna Niang affirme que ce travail de l’Ansd peut être considéré comme un acquis non sans appeler à sa consolidation.

M. C. et A. K.

ZONE DE LIBRE ECHANGE CONTINENTAL : MACKY SALL POUR L’ACCOMPAGNEMENT DU SECTEUR PRIVÉ
Le secteur privé national doit être accompagné pour être prêt dans la mise en œuvre de la Zone de libre échange continental africain (Zleca) a dit le chef de l’Etat. Il a invité le ministère du Commerce à poursuivre les discussions avec ce secteur. 48 Etats sur 54 ont déjà signé le traité instituant la Zleca. « On s’achemine vers ce marché commun. Il faut que notre secteur privé soit accompagné », a-t-il dit.

M. C. et A. K.

Mise en œuvre des droits des agriculteurs, élargissement de l’assurance qualité et financement de l’investissement en faveur du développent des systèmes semenciers paysans, sont les trois propositions faites par le Comité ouest africain des semences paysannes (Coasp) et la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen) en vue de l’harmonisation de la législation semencière régionale.

Le Comité ouest africain des semences paysannes (Coasp) et la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (Copagen) ont fait trois propositions pour l’harmonisation de la législation semencière régionale. La proposition de ces deux organisations fait suite à la rencontre qui se tient à Dakar (9 au 11 juillet), du Comité régional des semences et des plants d’Afrique de l’Ouest (Cedeao-Cilss-Uemoa). «Le manque de transparence et d’inclusivité nous laisse fortement croire que c’est un complot qui est en train d’être monté contre les paysans et la souveraineté alimentaire », s’indignent, dans un communiqué, ces deux organisations. Dénonçant les semences chimiques qu’on veut imposer aux paysans, elles plaident pour le renforcement de ce qui marche déjà : les semences paysannes. «Jusqu’à ce jour, l’utilisation des semences produites, sélectionnées et échangées entre paysans, reste très majoritaire. Ces semences, d’une grande diversité, offrent une série de variétés que les paysans maîtrisent très bien dans diverses zones agro écologiques, pour la production alimentaire, la nutrition et même des expressions culturelles, dans des conditions naturelles qui renforcent la santé des sols, des êtres vivants, y compris l’homme et la biodiversité », estiment les responsables de ces organisations. « Mais au fil des ans, un arsenal juridique, imposé par l’industrie agroalimentaire, est mis en place pour obliger les agriculteurs à utiliser des semences non diversifiées. Inconvénient : ces semences nouvelles nécessitent l’utilisation massive d’engrais et de pesticides chimiques de synthèse, en plus des énergies fossiles associées pour les opérations culturales mécanisées dans de grandes étendues de monoculture », dénoncent-ils.

Ces deux organisations ont, dans la foulée, fait trois propositions qu’elles estiment être meilleures pour l’humanité. Il s’agit de la mise en œuvre des droits des agriculteurs. Sur cette question, le Coasp et la Copagen soulignent que l’article 9 du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’agriculture et l’alimentation (Tirpaa), ratifié par la plupart de nos Etats, donne aux agriculteurs et paysans la possibilité de préserver leur autonomie à travers leurs dynamiques de productions/échanges de semences paysannes. La seconde proposition consiste à élargir l’assurance de qualité en soutenant la systématisation des modèles paysans. «En fonction des spéculations, des conditions environnementales et des groupes communautaires, des systèmes de contrôle et de maintien de la qualité ont toujours existé. La recherche et le législateur devraient s’approcher des dépositaires de ce savoir pour les renforcer plutôt que de vouloir mettre en place un système d’assurance unique et favorable exclusivement aux semences chimico-industrielles », soulignent le Coasp et la Copagen. La dernière proposition a trait au financement et à l’amélioration de l’investissement en faveur du développent des systèmes semenciers paysans.

Aliou KANDE

La mutation institutionnelle du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) lancée, le 28 juin dernier, par le Conseil d’administration va permettre, entre autres, de résorber au moins 40 % du gap de financement des Pme.

«La mutation institutionnelle du Fonds de garantie des investissements prioritaires va permettre de promouvoir un cadre approprié et suffisamment normé pour répondre aux nouvelles attentes de l’Etat, des partenaires (Banques, Sfd et autres) mais surtout des principaux bénéficiaires (Pme, Tpe de jeunes et de femmes) », indique un document dont copie nous est parvenu.

Avec cette mutation lancée le 28 juin, le Fongip pourrait devenir un établissement financier. Selon le document, il sera en cohérence «avec l’écosystème actuel composé du Fonsis, de la Bnde, de la Cncas, de la Bhs et de la Cdc et des banques privées. « Avec l’Etat actionnaire unique ou avec la participation de la Caisse de dépôts et de consignations (Cdc) dans le capital, le Fongip serait, à l’issue de ce processus, d'environ douze à dix-huit mois, un établissement financier de cautionnement et de prêt (aux Sfd), agréé par la Bceao et sera sous forme juridique d’une société anonyme à participation publique majoritaire » ; lit-on dans le document. Selon le texte, « ce nouveau statut devrait permettre à l’Etat de se doter d’un instrument financier plus performant et autonome tout en s’assurant, en permanence, de l’orientation de la société dans les secteurs prioritaires du Pse pour une gouvernance adaptée ».

Ainsi, note le document, au moins, 40 % du gap de financement des Pme pourraient être comblés. En 2015, ce gap est estimé à 500 milliards de FCfa, selon le texte. 7 grands fonds sont attendus. Un fonds destiné « à faciliter l’accès aux crédits à long terme pour l’acquisition de logements au profit des personnes à revenus irréguliers et des Sénégalais de la diaspora », « un fonds de garantie destiné au refinancement des marchés publics pour assurer la trésorerie des Pme (Fogamar) ainsi qu’un fonds de garantie destiné aux entreprises exportatrices (Fogarex) qui n'ont aucun soutien financier pour leur développement ». « Un fonds de garantie pour le financement du développement économique local à travers un accompagnement soutenu des activités génératrices de revenus et des projets d’investissement des collectivités territoriales (Fogaville) afin de parachever le financement de l'Acte 3 de la décentralisation ; un fonds de garantie pour le financement des investissements productifs portés par les Sénégalais de l'extérieur (Foharise), et un fonds de garantie pour la bonification des prêts des Sfd (Fonboni) sont attendus », ajoute le texte qui souligne que d'autres fonds thématiques et sectoriels pourraient être développés en fonction de l'évolution de l'économie nationale.

Plusieurs de ces fonds spécifiques sont mis en place depuis 2015 par l'administrateur général du Fongip, Doudou Kâ. Mais « leur mise en œuvre se voit confrontée à des contraintes de mobilisations des ressources pour la trésorerie nécessaire et surtout des contraintes réglementaires liées au statut actuel du fonds ». Les auteurs du document estiment que la prise en charge de la problématique du financement de la Pme doit amener le gouvernement du Sénégal à poursuivre la construction d'un puissant levier public de garantie en phase avec l'ambition définie par le conseil d'administration du Fongip.

Babacar DIONE

Les changements climatiques n’épargnent pas le secteur de la pêche. Le secteur qui subit, de plein fouet, ses conséquences. Avec comme principale incidence la raréfaction de la ressource en plus des intempéries qui sont souvent fatales aux pêcheurs. Une situation à laquelle les pouvoirs publics ont décidé de faire face à travers la mise en place de la plateforme nationale pêche et changement climatique dont la section locale a été lancée, mercredi dernier à Mbour. Cette plateforme est un cadre de concertation fonctionnel qui regroupe tous les acteurs de la pêche : de l’administration des pêches aux acteurs de la recherche universitaire, en passant par les partenaires techniques et financiers comme l’Usaid Comfish, le Pnud et la Fao, entre autres. Bref, tous les acteurs qui peuvent influer favorablement dans le développement de la pêche maritime, a dit Aïssatou Fall Ndoye Guèye, secrétaire générale national de la Plateforme. Mme Guèye soutient que les impacts des changements climatiques sur les activités de la pêche sont nombreux.

Et beaucoup d’études ont montré que ces changements ont une influence non seulement sur l’environnement marin et côtier avec l’érosion côtière ou les effets de la houle, mais aussi il y a les effets sur la ressource qui constitue l’amont sur l’activité pêche. « Et si nous avons des impacts sur l’habitat du poisson avec des stress environnementaux, avec des changements de température, il y a une migration des poissons vers d’autres cieux où il y a des températures plus favorables », a estimé Aïssatou Fall Ndoye Guèye. Il y a également l’acidification des océans qui fait que, pour les récifs coraux qui constituent le refuge des poissons, avec des éléments nutritifs, peuvent avoir des modifications capables de perturber le réseau tropique. Lequel constitue toute la chaine entre la production primaire et la capture du poisson. C’est pourquoi Mme Guèye est d’avis que les acteurs doivent changer de comportements afin de s’adapter à la nouvelle donne.

La lancinante question de la nécessité du port du gilet de sauvetage ou encore le respect des consignes de sécurité avant d’embarquer ont été rappelés aux acteurs pour amoindrir les risques à défaut de les éviter en pleine mer. « C’est désormais une obligation vu les intempéries notées et les événements qui surviennent en mer sous l’effet des changements climatiques et de la houle», a affirmé Mme Guèye.

Ousseynou POUYE

La Banque mondiale a nommé  Hafez Ghanem au poste de vice-président pour la Région Afrique, indique un communiqué de l’institution. Il succède à Makhtar Diop qui devient vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures. Expert du développement ayant à son actif plus de trente années d’expérience, M. Ghanem a pris ses nouvelles fonctions le 1er juillet dernier. Il sera responsable d’un portefeuille régional de plus de 600 projets pour un engagement total supérieur à 71 milliards de dollars. Selon le document, la Banque mondiale poursuivra, sous la houlette de M. Ghanem, son ambitieux programme pour le continent où elle s’attache à promouvoir une croissance inclusive et à réduire la pauvreté en finançant des projets visant à valoriser le capital humain, encourager le développement du secteur privé, accroître la productivité agricole, améliorer l’accès aux infrastructures, renforcer la résilience au changement climatique et promouvoir l’intégration régionale.

Une importance particulière sera également accordée aux programmes et projets offrant des opportunités d’emplois aux jeunes et promouvant l’égalité entre les sexes. La Banque mondiale intensifiera également son action en faveur des pays fragiles ou en conflit.

Hafez Ghanem a travaillé dans plus de trente pays en Afrique, en Europe, en Asie centrale, au Moyen-Orient. Il était vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et dirigeait, à ce titre, le programme de l’institution dans la région, soit un portefeuille de projets, d’assistance technique et de financements représentant plus de 13 milliards de dollars. «Alors que les pays d’Afrique subsaharienne cherchent à accélérer la croissance, mettre fin à l’extrême pauvreté et à mieux s’intégrer à l’économie mondiale, le Groupe de la Banque mondiale reste résolument à leurs côtés pour déployer des stratégies de développement et de financement innovantes », souligne la même source.

Aliou KANDE

Le président de la Banque africaine de développement (Bad), Akinwumi Adesina a créé un prix spécial pour l’excellence en leadership, en mémoire de l’ancienne directrice générale du bureau régional de développement et de prestation de services en Afrique australe, feue Tonia Kandiero, disparue en juin 2017. Selon le communiqué de la Bad, ce prix entend distinguer un membre du personnel de la Banque qui aura démontré un « vrai talent pour guider et inspirer les autres ».

Ce prix, explique-t-on, viendra récompenser celui ou celle qui, au sein de la Banque, sait faire preuve d’innovation, prendre des risques et surtout, présenter des résultats exceptionnels et participer pleinement au dynamisme de la Banque tant à l’interne que dans ses relations avec ses clients. Il s’agit également d’honorer la priorité donnée à l’apprentissage comme volet essentiel de l’aide que la Banque apporte à ses pays membres régionaux, notamment les connaissances acquises pour améliorer la performance de sa prestation de services. Akinwumi Adesina, président de la Bad cité dans le document a qualifié Tonia Kandiero de « véritable leader et d’exemple qui personnifiait un niveau d’excellence rare ». Avant sa nomination au poste de directrice générale de la Bad pour la région de l’Afrique australe, Tonia Kandiero, née au Malawi, a occupé les fonctions de représentante résidente en Tanzanie, chargée de gérer l’un des plus gros portefeuilles bénéficiaires du Fonds africain de développement. Universitaire et chercheure de formation, titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’Université Howard, à Washington, Tonia Kandiero a rejoint la Banque en 2007 comme chercheure-économiste principale. De 2007 à 2009, elle a occupé le poste de chercheure-économiste principale au bureau de l’économiste en chef de la Bad. De 2009 à 2011, elle a travaillé comme macro-économiste en chef, mettant l’accent sur la préparation et la mise en œuvre du premier document de la Bad sur la stratégie d’intégration régionale ainsi que sur des travaux à caractère macroéconomique et sectoriel, relatifs aux échanges commerciaux et à l’intégration régionale. Avant de rejoindre la Bad, Tonia Kandiero avait exercé au Trésor national de l’Afrique du Sud comme directrice de la politique commerciale et de la politique macroéconomique, puis en tant que directrice de la politique de développement global et de l’économie internationale.

Aliou KANDE

La coopération espagnole au Sénégal a dépassé son objectif de 32,7 milliards de FCfa pour atteindre 33 milliards sur la période 2014-2017. L’appui de Madrid a principalement bénéficié aux régions du Nord et à celles de la Casamance naturelle, dans les domaines du développement rural, la promotion de l’équité et de l’égalité de genre, etc.

L’Espagne devait contribuer à hauteur de 32,7 milliards de FCfa dans le cadre de sa coopération avec le Sénégal. A l’arrivée, le royaume a dépassé cet objectif en injectant 33 milliards de FCfa.

Ces chiffres de 2017, provisoires, ont été communiqués, hier, à Dakar, lors de la revue conjointe de la coopération entre les deux pays, faisant le bilan de l’impact de la coopération espagnole sur la période 2014-2017. L’accord de la deuxième Commission mixte de coopération a été signé le 2 décembre 2013. Le Cadre association pays Sénégal-Espagne définit les priorités sectorielles et géographiques « où nous nous sommes proposés d’atteindre la somme de 32,7 milliards de FCfa d’aide officielle au développement à la fin de la période 2014-2017. A l’heure actuelle, l’Espagne a dépassé cet objectif », a déclaré l’ambassadeur espagnol, Alberto Virella, en présence du ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. Ce dernier a salué le caractère prioritaire du Sénégal dans la coopération espagnole. La coopération entre l’Espagne et le Sénégal est l’une des plus actives, estime le ministre et a un effet positif sur les conditions de vie des populations.

Madrid a concentré son action dans les régions riveraines du fleuve Sénégal (Saint-Louis et Matam) et dans celles de la Casamance naturelle (Kolda, Sédhiou et Ziguinchor). La coopération espagnole apporte son appui à travers deux objectifs qui font partie des grands axes du Pse : « consolider le processus démocratique et l’Etat de droit » et « promouvoir des opportunités économiques pour les pauvres ».

Le Nord et la Casamance, principaux bénéficiaires
A propos de l’appui à la gouvernance, l’action espagnole a permis « une évolution significative » des recettes fiscales dans les communes de Bounkiling et Tanaff (région de Sédhiou). 37 souks ont été construits dans les marchés de la région. La coopération espagnole a contribué à la modernisation de 14 bureaux d’état civil dans la région, permis d’enregistrer plus de 100.000 enfants, de renforcer les capacités de 2.500 acteurs locaux et d’équiper 111 centres d’état civil et 312 mécanismes décentralisés de notifications des naissances.

Le développement rural n’a pas été oublié, avec un appui au programme des « Fermes Naatangué », permettant la modernisation de l’agriculture familiale, l’introduction de techniques d’irrigation durable (goutte à goutte), l’incorporation de panneaux solaires, l’amélioration de la sécurité alimentaire, etc. 51 fermes sur un total de 105 ont été réceptionnées, avec 18 % de femmes bénéficiaires. Pour diversifier la production, 318 poulaillers, 475 bergeries, deux fermes piscicoles et 155 étables ont été construits. Dans la lutte contre le changement climatique, 5.143 cuisines améliorées ont été distribuées, réduisant la charge de travail des femmes et la pression sur les ressources naturelles. Ainsi, on a noté une baisse de 45 % de la consommation de bois dans la région de Kolda.

Dans les régions de Saint-Louis et Matam, la Cellule de lutte contre la malnutrition a bénéficié d’un accompagnement. Les interventions ont permis de dépister dans le Nord 21.117 enfants, soit 11,37 % de cette tranche d’âge de 6 à 59 mois à Podor et dans la région de Matam. On a noté un impact positif des dépistages dans 90 % des cas diagnostiqués. Pour améliorer les capacités de stockage des produits agricoles, 27 magasins d’une capacité totale de 16.420 tonnes sont sortis de terre. Soit une capacité de stockage équivalant à 46 % du potentiel stockable dans la vallée du fleuve, principalement à Dagana.

Pour la promotion de l’équité et de l’égalité du genre, 87 % des personnes formées sont des femmes. Aussi, on note que 95 % des personnes bénéficiaires de formation en techniques durables d’irrigation sont des femmes. 207 puits ont été creusés pour l’irrigation. Autant d’actions qui ont fait dire au ministre Amadou Bâ que la coopération espagnole s’est intensifiée ces dernières années.

Malick CISS


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