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Economie (3294)

Dans la mise en œuvre du projet des agropoles, notamment celui du sud, le directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos/Pse), Ibrahima Wade, a effectué une visite de travail à l’Institut de technologie alimentaire (Ita). L’agropole sud, dont le démarrage est attendu en début 2019, pourra profiter des opportunités de recherches de l’Ita pour la transformation alimentaire.

L’agriculture et l’agroalimentaire étant l’un des six secteurs clés du Pse, l’Etat du Sénégal a décidé de mettre en place un projet de trois agropoles. Il est prévu un agropole dans la zone Nord couvrant les régions de Saint-Louis, Matam et Louga, un dans la zone centre (Fatick, Kaolack et Kaffrine) et un agropole dans la zone Sud (Ziguinchor, Kolda et Sédhiou). Cependant, la priorité étant l’implantation de l’agropole Sud, le Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos/ Pse) est en train de travailler avec les acteurs pour la mise en œuvre de ce projet. De ce fait, Ibrahima Wade, directeur du Bos/Pse, a effectué, hier vendredi,  une visite de travail à l’Institut de technologie alimentaire (Ita). Compte tenu du fait qu’«il est illusoire de penser que nous pouvons aller vers le développement sans la recherche», le Bos a décidé de travailler avec l’Ita, a déclaré M. Wade. «Il est important, dans la méthodologie, de faire des rencontres de sensibilisation. Nous l’avons fait avec le secteur privé, avec le secteur financier et aujourd’hui cette visite à l’Ita s’inscrit dans ce cadre. Le cœur de métier de l’Ita, c’est faire de la recherche, de travailler sur les procédés de transformation agroalimentaire. Le gros défi auquel l’économie fait face, c’est la transformation agro-industrielle pour réduire la dépendance alimentaire», a dit le directeur du Bos, Ibrahima Wade. Ce dernier considère qu’avec la multitude de procédés utilisés par l’Ita pour la transformation de l’ensemble des produits de base de l’économie sénégalaise, cette structure peut être d’un grand appui dans le développement de l’agro-industrie et des agropoles.  Il rappelle que l’agropole sud va être concentré sur les deux chaines de valeur des filières de la mangue et de l’anacarde même si d’autres produits pourront être développés à Adèane où le site de l’agropole sud devrait être installé.
«Nous sommes à un moment important du processus de création de l’agropole en rencontrant les structures de recherche, en identifiant les opportunités sur ces deux produits. Nous allons utiliser, ensemble, les résultats de la recherche pour les mettre à la disposition de notre secteur privé pour qu’ils investissement dans ces niches où il y a de l’argent à gagner», explique M. Wade. Il soutient que dans la mise en œuvre du Pse, la réponse la plus adaptée est celle de l’agropole qui permet de produire et d’aller vers la transformation en prenant en compte l’amont de la filière jusqu’à la commercialisation.

Créer de la valeur ajoutée
 «L’agropole va nous permettre de créer de la valeur ajoutée, de créer une masse importante d’emplois et surtout de régler la problématique de la perte post-récole», laisse entendre M. Wade qui poursuit que l’Ita a démontré que même les mangues pourries peuvent être utilisées pour la fabrication du vinaigre de mangue.

Sur l’exécution de ce projet d’agropole Sud, M. Wade considère qu’avec la méthodologie du résultat rapide, l’objectif est de terminer toute la phase structuration avant la fin du mois d’août. Cela permettra de réfléchir avec les acteurs et de mettre à profit le reste de l’année 2018 pour terminer  en vue de démarrer les activités et les  infrastructures de l’agropole en début 2019. Le directeur général de l’Ita, Mamadou Amadou Seck a rappelé que l’Ita, très impliqué dans la recherche de solutions pour le développement du pays, offre des capacités et des opportunités pour la mise en œuvre du Pse, notamment dans la partie transformation de produits alimentaires. «Il y a un potentiel extraordinaire que possède l’Ita pour donner un coefficient majeur à la mise en œuvre du Pse, surtout dans le volet transformation», affirme le directeur de l’Ita.

Produits de base en Casamance ,La barre fixée à 36 000 tonnes de mangueet à 64 000 tonnes d’anacarde

Selon Ibrahima Wade, le directeur du Bos/Pse, les études ont montré que la Casamance a un potentiel de 72.000 tonnes de mangue produites par année. Sur cette production, l’objectif avec l’agropole Sud est de transformer les 50%. «Si nous réussissons à transformer 36.000 tonnes de mangue de la Casamance, nous aurons fait un grand pas», estime-t-il. Pour l’anacarde, la production actuelle de noix est estimée à 64.000 tonnes.  L’ambition de l’agropole est d’aller vers la transformation de ces 64.000 tonnes et «il n’y a pas de raison pour qu’on ne réalise pas cela», confirme-t-il. La Banque mondiale qui intervient dans le projet Pôle prioritaire de développement de la Casamance (Ppdc) a décidé d’augmenter le volume d’intervention dans ce projet Agropole. La Banque serait disposée à mettre, pour le projet agropole Sud, 20 millions de dollars, soit plus de 10 milliards de FCfa, selon le directeur du Bos/Pse.

Oumar KANDE   

 

Le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait, a invité les organisations d’éleveurs à s’investir dans la culture fourragère. Selon Aminata Mbengue Ndiaye,  la culture fourragère demeure un intrant déterminant dans la production de lait.

 « J’invite surtout les femmes, plaque tournante dans la filière lait, à porter le plaidoyer au sein de leurs organisations respectives »,  a déclaré le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait.

Après avoir écouté avec attention les acteurs de la filière élevage, le ministre de tutelle a insisté sur l’engagement des organisations d’éleveurs dans la culture fourragère, un intrant déterminant dans la production de lait. Elle a déclaré que, depuis 2012, la promotion de la culture fourragère a toujours été son combat de tous les jours.  Elle a, par ailleurs, estimé qu’il y a une variété intéressante de fourrage, le parasol,  qui donne des résultats probants aussi bien en termes de qualité nutritionnelle  qu’en termes de quantité de production.   Elle explique qu’une fois plantée, cette variété peut produire du fourrage tous les quinze jours, a-t-elle confié. Or, en matière de production laitière, au-delà des qualités génétiques de la vache, une alimentation suffisante et bonne  pèse beaucoup sur la quantité de lait  produite par l’animal. La formation permanente  des acteurs, couplée à une dynamique organisationnelle qu’offre l’approche coopérative a été mentionnée par le ministre Aminata Mbengue Ndiaye. Venus de des 14 régions du pays, les acteurs de la filière lait local ont émis le souhait  de relever le défi de la compétitivité du produit local dans le marché sénégalais.

Mbaye BA

 

L’élevage constitue une des mamelles de l’économie de la région de Kolda, mais la problématique de la transformation du lait reste encore un vrai défi.

Malgré les efforts consentis par l’Etat et les Ong pour la modernisation du sous-secteur de l’élevage dans la région de Kolda, la problématique de la transformation et de la conservation constitue encore un véritable casse-tête pour les acteurs de la filière lait. Même si aucune activité n’a été organisée à l’occasion de la journée nationale de l’Elevage qui a été célébrée ce vendredi, à Thiès, il n’en demeure pas moins que ces questions demeurent encore un vrai défi. Il faut dire que le manque de circuits de distribution et l’incapacité des producteurs d’assurer l’approvisionnement du marché en toute saison constituent également un des maillons faibles de la filière lait au Fouladou. On note, en effet, pendant l’hivernage, une surabondance de la production laitière au point que certains éleveurs sont obligés de déverser une partie de leur production alors que durant la saison sèche, les unités de transformation laitière installées dans la région tournent au ralenti, à cause du manque de produits. « Pendant l’hivernage, c’est un casse-tête, puisqu’on produit beaucoup de lait, mais on ne parvient pas à le vendre. On est même débordé et pendant la saison sèche, on n’en a pas assez. Je pense que seule la transformation peut résoudre ce problème. Actuellement, les quantités transformées dans notre unité tournent autour de 150 à 200 litres par jour », déclare Ibou Fall, président du Comité  interprofessionnel de la filière lait local et responsable de la laiterie «Le Fermier».

De nombreuses initiatives ont été prises au cours de ces dernières années, pour assurer la modernisation de la filière laitière dans la région de Kolda. On peut citer notamment la construction d’unités de transformation et de conservation du lait dans les départements de Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah. La commune de Kolda compte, à elle seule, 24 unités de transformation qui assurent, en grande partie, l’approvisionnement du marché local en produits laitiers dont la qualité n’a rien à envier aux produits importés. Ces unités jouent également un rôle essentiel, dans la diversification de la production laitière notamment à travers la fabrication de sous-produits comme le fromage, très prisés par les consommateurs. Pour rappel, la région de Kolda qui compte près du quart du cheptel national de bovins, a produit, l’année dernière, 650 000 litres de lait, selon les données officielles.

Mamadou Aliou DIALLO

 

Le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait, a invité les organisations d’éleveurs à s’investir dans la culture fourragère. Selon Aminata Mbengue Ndiaye,  la culture fourragère demeure un intrant déterminant dans la production de lait.

 « J’invite surtout les femmes, plaque tournante dans la filière lait, à porter le plaidoyer au sein de leurs organisations respectives »,  a déclaré le ministre de l’Elevage et de la Production animale, Aminata Mbengue Ndiaye, qui était à Thiès pour célébrer, jeudi,  la journée mondiale du lait.

Après avoir écouté avec attention les acteurs de la filière élevage, le ministre de tutelle a insisté sur l’engagement des organisations d’éleveurs dans la culture fourragère, un intrant déterminant dans la production de lait. Elle a déclaré que, depuis 2012, la promotion de la culture fourragère a toujours été son combat de tous les jours.  Elle a, par ailleurs, estimé qu’il y a une variété intéressante de fourrage, le parasol,  qui donne des résultats probants aussi bien en termes de qualité nutritionnelle  qu’en termes de quantité de production.   Elle explique qu’une fois plantée, cette variété peut produire du fourrage tous les quinze jours, a-t-elle confié. Or, en matière de production laitière, au-delà des qualités génétiques de la vache, une alimentation suffisante et bonne  pèse beaucoup sur la quantité de lait  produite par l’animal. La formation permanente  des acteurs, couplée à une dynamique organisationnelle qu’offre l’approche coopérative a été mentionnée par le ministre Aminata Mbengue Ndiaye. Venus de des 14 régions du pays, les acteurs de la filière lait local ont émis le souhait  de relever le défi de la compétitivité du produit local dans le marché sénégalais.

Mbaye BA

 

Le Premier ministre, Mouhammed Boun Abdallah Dionne, qui présidait hier la clôture de la troisième édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd), a indiqué que la réflexion engagée sur l’exploitation du pétrole et du gaz offre au Sénégal une opportunité de construire les fondements d’une émergence inclusive, sur les plans économique et social en prenant en compte les questions environnementales.

La troisième édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd) a pris fin hier après trois jours de travaux. Le Premier ministre a félicité le ministre de l’Environnement pour l’organisation réussie de cette édition, mais aussi l’apport des acteurs qui ont contribué à enrichir la réflexion autour du thème « pour une exploitation durable des ressources pétrolières et gazières ». Pour lui, le thème de cette année permettra d’ajouter une plus-value à l’opérationnalisation de la territorialisation du développement durable abordée lors des deux premières éditions. « Ma conviction profonde est que la réflexion que nous avons engagée sur l’exploitation du pétrole et du gaz nous offre une opportunité de construire les fondements d’une émergence inclusive sur les plans économique et social tout en prenant les questions relatives à la tension écologique, à la croissance verte », a assuré Mouhammed Boun Abdallah Dionne qui a salué les efforts réalisés pour la transparence dans le secteur des ressources naturelles et minéralières. « Nous attendons le gaz et le pétrole en 2021. Les enjeux économiques sociaux et environnementaux que soulèvent l’exploitation du pétrole et du gaz nécessitent une approche multisectorielle apte à dire les interdits, gage de gestion durable et pleine des ressources », a indiqué le Premier ministre. A son avis, « le Sénégal ayant compris très tôt cette approche holistique s’est engagé, depuis 2016, dans un processus d’installation d’une dynamique pour une gestion durable de ces ressources par la création, par Macky Sall, d’un Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos petrogaz), chargé d’assister le chef de l’Etat et le gouvernement dans la définition, la supervision, l’évaluation et le contrôle de la mise en œuvre de la politique de l’Etat en développement de projets pétroliers ».

De même, a fait savoir Mouhammed Boun Abdallah Dionne, l’adhésion de notre pays à l’Itie en 2012 traduit l’ambition du président Macky Sall de faire de la bonne gouvernance une réalité dans la gestion des affaires publiques et de faire du secteur minier un modèle de croissance économique et de développement social. Pour le Premier ministre, l’instruction donnée par le président Sall de publier la totalité des contrats miniers et pétroliers a été matérialisée. L’adhésion à l’Itie a permis, poursuit-il, au Sénégal d’occuper, à la suite de la dernière évaluation du Conseil d’administration de l’Itie, d’être le champion de la transparence en Afrique et d’occuper la quatrième place mondiale. « Ces résultats nous confortent dans notre foi que le président accorde une très grande importance à la gestion transparente des ressources issues des industries extractives au mieux des intérêts de la Nation et au bénéficie exclusif de notre peuple », a-t-il dit. Il a enfin assuré qu’une attention toute particulière sera accordée aux recommandations formulées à l’issue des travaux.

Cadre régulateur
Le Premier ministre a précisé que l’exploitation des ressources gazières et pétrolières constituait un levier important pour propulser la croissance économique et le développement des pays. Cependant, a-t-il noté, elle peut générer des externalités négatives qui ont pour nom perte de la biodiversité, pollution des mers, déforestation, déplacement de populations. « Il nous faut bien prendre conscience de ces risques et développer ensemble des mécanismes efficaces afin de mieux protéger l’environnement marin et les populations », a laissé entendre le Premier ministre pour qui notre pays devra s’atteler à la mise en place d’un dispositif de veille environnementale et des mécanismes de concertation tout en privilégiant le dialogue avec toutes les parties prenantes autour du caractère économique de ces ressources.

Pour sa part, l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Théo Peters, a insisté sur la nécessité « de créer un cadre régulateur, d’élaborer des politiques permettant au secteur privé d’investir sereinement » pour un développement durable du secteur. Le diplomate demeure convaincu que cette troisième Conférence nationale sur le développement durable (Cndd) est une « illustration de la volonté d’avancer sur la base des mêmes principes que sont la consultation, l’inclusion et la transparence ». « Le développement d’un projet si grand et si ambitieux comme celui du secteur du pétrole et du gaz requiert une coordination inclusive entre toutes les parties prenantes, une coopération étroite et des partages réguliers et ouverts des informations et des données », a-t-il fait savoir.

 

Pour un dialogue permanent entre les partenaires

Le directeur général de British Petroleum (Bp) Sénégal a, quant à lui, rappelé que « la gouvernance des ressources naturelles nécessite un « dialogue permanent et structurant », avec toutes les communautés. Géraud Moussarie s’est félicité du « travail remarquable et des progrès » réalisés par notre pays à travers l’Itie. C’est un aboutissement et nous en sommes fiers », a-t-il souligné. A l’occasion, il a assuré que sa compagnie est parfaitement en phase avec la volonté du Sénégal d’assurer la gouvernance de ses ressources conformément aux Objectifs de développement durable (Odd). Aussi, a-t-il fait remarquer, « le monde des hydrocarbures est en perpétuelle évolution, mais pour aller dans le sens que nous souhaitons tous, le projet de gaz sénégalais a besoin d’un dialogue permanent, mais aussi et surtout d’un environnement stable et de confiance mutuelle ». M. Moussarie estime que « nous devons aboutir à un gaz sénégalais compétitif à l’échelle internationale », tout en préservant la durabilité des ressources naturelles du pays. L’objectif, selon lui, « c’est d’établir au Sénégal une nouvelle industrie gazière qui tient sa place de choix dans un marché international très concurrentiel ».

Mise en œuvre des recommandations

Toutes les dispositions nécessaires seront prises, selon Pr Mame Thierno Dieng

A l’issue de trois jours de travaux, le Comité scientifique de cette 3ème édition de la Cndd a formulé des recommandations présentées hier par le Conseiller du Premier ministre Cheikh Ndiaye Sylla, chargé des sciences de l’environnement. Celles-ci se déclinent sur quelques axes : l’évaluation environnementale et la mise en œuvre de la Responsabilité sociétale de l’entreprise (Rse) par les entreprises, la gestion anticipée des pollutions, des risques et des catastrophes, un cadre de gestion et de suivi du milieu marin fonctionnel, l’éducation, la formation et l’information environnementale, la promotion de la recherche-développement dans le domaine pétrolier et gazier, la mise sur pied d’un cadre institutionnel juridique et financier, d’un fonds national de suivi et de prévention de lutte contre la pollution et les nuisances du secteur pétrolier et gazier, le suivi du milieu marin et côtier, etc. Pour sa part, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Pr Mame Thierno Dieng, a rassuré que « toutes les dispositions nécessaires seront prises pour la mise en œuvre de ces recommandations afin de préserver les Sénégalais des risques environnementaux liés à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières ».

Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY

 

L’assainissement du portefeuille d’Ecobank Sénégal a-t-il connu une amélioration au courant de 2017 ?

Le portefeuille d’Ecobank Sénégal est performant et solide même si dans toute institution, le travail de suivi du portefeuille est de rigueur. Pour en témoigner, notre rentabilité continue de progresser depuis quelques années. De cinq milliards de FCfa en 2015, nous sommes passés à sept milliards de FCfa en 2016 pour finir à 10,198 milliards (de bénéfice net après impôts) en 2017.

Vous avez annoncé de bons résultats pour l’année 2017 ; quelles sont vos perspectives pour 2018 ?

Les perspectives pour 2018 sont bonnes. 2017 est une année de rupture, elle a permis à la banque d’asseoir sa stratégie de digitalisation, de consolider sa qualité de service pour notre clientèle.  En 2017, nous avons dégagé un total bilan de 715 milliards de FCfa, un niveau de dépôt en hausse de plus de 20 milliards de FCfa entre 2016 et 2017 et une croissance des crédits de plus de 10 %. Nous sommes en train de maintenir le même niveau d’agressivité sur le marché en 2018.  Et, en l’état actuel, nos perspectives sont bonnes, portées qu’elles sont par une conjoncture économique favorable.

Contrairement à sa filiale sénégalaise, la maison-mère Ecobank Transnational Incorporated (Eti) se portait mal il y a quelque temps, notamment à cause d’importantes créances douteuses au Nigeria. Peut-on s’attendre à une amélioration de la situation ?

Le groupe Eti, par sa taille, est l’un des principaux groupes bancaires en Afrique subsaharienne et leader sur le marché de l’Uemoa. C’est vrai que le groupe a connu un challenge pour son portefeuille mais un travail remarquable a été réalisé par le nouveau leadership du groupe en la personne de son directeur général, Ade Ayeyemi. La stratégie de gestion de la qualité du portefeuille au Nigeria porte déjà ses fruits avec la mise en place d’une structure de défaisance. Le niveau de recouvrement est de plus de 20 millions de dollars en 2017.

L’activité du groupe se porte bien. Le groupe Ecobank a pu dégager un résultat positif en 2017. Nous sommes passés d’une perte de près de 250 millions de dollars en 2016 à un résultat bénéficiaire de plus de 229 millions de dollars en 2017. Les perspectives sont bonnes pour 2018, le groupe est en pleine progression tout comme Ecobank Sénégal.

Quelle est l’évolution des dépôts de la clientèle ?

Nous avons connu une croissance de dépôts de près de 20 milliards de FCfa pour l’exercice 2017, soit un peu plus de 5 %.

On reproche souvent aux banques de ne pas financer suffisamment l’économie. Quel est votre apport sur ce point ?

Si l’on se conforte aux chiffres du Sénégal pour l’année 2017, on peut dire qu’Ecobank Sénégal a consolidé sa présence sur le marché sénégalais avec la troisième place que nous occupons. Nous avons mis l’accent, cette année, sur les Pme-Pmi en plus de notre marché traditionnel des entreprises régionales, des multinationales. En 2014, nous lancions  Ecobank Sme Club,  une initiative du Groupe Ecobank, qui vise à accompagner les Pme locales à fort potentiel. En effet, nous pensons dans le groupe Ecobank que les Pme sont des relais de croissance essentiels en Afrique et que leur développement doit être au cœur de  la stratégie. En 2018, nous avons renforcé le concept  et avons élargi le club aux entreprises locales de taille plus importante. Nous accompagnons les Pme non seulement sur les marchés domestiques, notamment la commande publique, mais aussi sur les opportunités offertes par la sous-région. Les conventions signées avec le ministère du Commerce et des Pme/Pmi à travers le Bureau de mise à niveau, l’Adepme sont autant d’appui qui concourent à une meilleure adéquation entre les besoins des Pme et les attentes de la banque.
Le chiffre d’affaires confié à la banque par ces structures affiche une augmentation significative : De 27 milliards en 2014 à près de 36 milliards en 2017 avec un cumul d’accords de financement de l’ordre de 29 milliards de FCfa. Ce qui nous donne une moyenne annuelle d’à peu près cinq milliards, il y a quelques années, à neuf milliards par an. En 2018, nous allons continuer le développement et l’accompagnement de ces entreprises.

Ecobank s’est engagée à soutenir les Pme pour un meilleur accès à la commande publique en mettant à leur disposition trois millions de dollars. Quels sont les premiers résultats ?

La commande publique est un marché extrêmement important de plus de 1000 milliards de FCfa. Nous avons, tenu sur le sujet, deux séminaires respectivement en 2016 et tout dernièrement en février  de cette année, en partenariat avec le ministère du Commerce. Nous saluons  le ministre (du Commerce) Alioune Sarr pour tout le travail abattu et la prise en charge de la question. En termes de résultats, ils sont plutôt  satisfaisants. Nous tenions à avoir des entreprises opérant au Sénégal qui puissent être de vrais contributeurs sur ce marché. Nous avons une utilisation très intéressante de ce fonds d’un montant initial de trois millions de dollars et surtout un niveau de remboursement aux normes internationales et très peu de défaut (moins de 1%). Ce qui nous encourage à continuer cette initiative et à augmenter cette enveloppe au cours des prochaines années afin de permettre à plus d’opérateurs sénégalais d’avoir accès à la commande publique et d’exporter leur savoir-faire dans la sous-région.

Comment gérez-vous les faiblesses des Pme comme leur manque de normalisation, leur précarité ?

Nous n’avons pas la capacité d’accompagner l’ensemble des Pme qui sont au Sénégal. Lorsqu’on regarde l’outil économique, une grande partie des entreprises sont des Pme-Pmi. Mais nous avons essayé de leur créer un cadre afin qu’elles puissent bénéficier de notre expertise, de notre présence dans les différents marchés. Nous continuons ce travail d’accompagnement à travers les partenaires cités plus haut. Nous recevons plusieurs centaines de dossiers qui sont traités dans ces organismes. Nous allons reprendre ensuite ces dossiers pour un accompagnement bancaire et l’expansion de ces entreprises dans la sous-région. Nous faisons bénéficier aussi à ces entreprises des partenariats que nous signons avec des organismes internationaux (Agf, Usaid…) qui veulent accompagner ces Pme-Pmi avec qui nous avons lancé des programmes dont le dernier est le Daca. Nous continuons, à travers ces partenaires, à mettre à la disposition des Pme-Pmi des outils pour leur permettre de bénéficier d’un accompagnement financier. Afin de répondre aux besoins de ces Pme, nous avons intégré, avec succès, les outils de scoring du programme de labellisation dans le processus de décision de la Banque.

Ecobank Sénégal a-t-elle réussi le passage à Bâle II et Bâle III ?

Oui, tout à fait. Bâle II et Bâle III sont au cœur de notre attention ainsi que le nouveau plan comptable bancaire (Pcb ou Plan comptable bancaire révisé). Il faut saluer la flexibilité et la compréhension de la Banque centrale qui a pris les devants pour informer, préparer et former les banques à cette transition.  Sur le plan local,  nous avions pris les devants et sommes prêts, non seulement pour le Plan comptable bancaire, mais également Bâle II et Bâle III. Nous envisageons un impact très marginal sur notre portefeuille de créances puisque toutes les mesures ont déjà été prises pour se conformer à ces nouvelles normes.

Les craintes de hausse de 20 % des créances douteuses au Nigeria que pourraient faire peser ces normes sont-elles justifiées ?

Cela faisait partie des analyses préventives qui ont été faites par le groupe concernant le Nigeria. Des actions vigoureuses ont été prises l’année dernière en vue d’améliorer les performances du portefeuille au Nigeria avec la création d’un véhicule de résolutions qui a permis d’extraire un certain nombre de créances et d’en faire un traitement particulier, ce qui a permis à la filiale du Nigéria de renouer avec de bonnes performances, avec la rentabilité. Au Sénégal, nous avons pris les dispositions pour nous mettre à niveau par rapport à Bâle II et Bâle III. L’impact sera très marginal pour ne pas dire inexistant sur notre portefeuille.

La digitalisation a pris de l’importance au sein du groupe Ecobank. Qu’est-ce qu’elle change pour le client ?

La digitalisation est un axe stratégique du groupe, initiée par notre directeur général,  Ade Ayeyemi. Nous avons donc résolument emprunté la voie de l’Innovation avec le lancement de « Ecobank Mobile »,  notre réponse à l’évolution de la société qui est devenue numérique et, par conséquent, a nécessité le renouvellement de notre approche clientèle et de notre modèle économique. Ecobank est mobilisée pour rendre la banque plus simple et plus accessible. Le but étant d’éviter à nos clients de se déplacer chaque fois que besoin est d’interagir avec la banque. Le groupe a fait des investissements importants sur la plateforme technologique et la sécurité. Les résultats sont significatifs. A l’échelle du groupe, nous avons plus de quatre millions d’abonnés sur Ecobank Mobile. En ce qui concerne le Sénégal, nous cumulons depuis l’existence de la banque à peu près 220.000 clients traditionnels. Nous avons commencé la banque digitale l’année dernière et avons déjà 400.000 nouveaux clients utilisant cette plateforme digitale. C’est un bond extrêmement important quand on sait que le niveau de bancarisation est de seulement 17 % au Sénégal (hors Sfd et telecom).

Ecobank s’est lancée aussi dans le transfert rapide d’argent. Ne craignez-vous pas la forte concurrence dans ce secteur ?
RapidTransfer se porte très bien. Ce que nous apportons, c’est la fiabilité, et la facilité d’utilisation à travers nos canaux alternatifs (Application Mobile, Ordinateurs, Distributeurs Automatiques, agences et partenaires) .

Un organe de presse a fait récemment état d’un scandale selon lequel 320 millions auraient été siphonnés du compte d’un client de votre banque. Quelle est votre version des faits ?
Je dois préciser tout d’abord qu’Ecobank n’est pas une maison hermétique. Nous communiquons souvent à l’endroit du public et sommes ouverts à la presse. Nous constatons cependant que des articles sont produits régulièrement sur des évènements qui impliqueraient la banque sans notre version des faits. Ceci entraîne, bien entendu, beaucoup d’imprécision sur ces informations et un manque de distance certain.

Par notre position de banque qui gère plus de 600 milliards émanant de centaines de milliers de déposants, nous faisons forcément face, à certains moments, à des réclamations. Certaines sont fondées et d’autres ne le sont pas. Par ailleurs, chaque jour, en tant que banque, nous sommes confrontés à des tentatives de fraude. Notre système et l’organisation interne mise en place permettent de limiter au maximum ces agressions d’une part et d’autre part nous avons mis en place des mesures de protection et de garantie de l’argent de nos clients.

Ce que je peux préciser en plus, c’est que les dépôts de nos clients sont sécurisés et que la banque bénéficie non seulement de sa présence solide dans le marché sénégalais mais également du soutien d’un groupe panafricain et de partenaires de renommée internationale (assurances…).

Les étudiants boursiers se plaignent de difficultés pour percevoir leur bourse auprès d’Ecobank. Que comptez-vous faire pour améliorer ce service ? (l’entretien a été réalisé avant les récentes réclamations des étudiants)
C’est un programme extrêmement important et complexe, qui mobilise toute notre énergie pour le paiement de plus de 100.000 bénéficiaires de bourses aujourd’hui. En 2011, nous payions un peu plus de la moitié. L’évolution de l’effectif montre tous les impacts auxquels nous faisons face en termes opérationnels, de coûts de gestion et de distribution, de qualité de service.

C’est à ce titre que nous avons, en plus des cartes bancaires distribuées aux étudiants, externalisé le paiement des bourses à des opérateurs privés sur le marché. Cette externalisation nous a permis d’étendre le réseau de distribution, autrefois uniquement cantonné aux Gabs, et agences Ecobank à plus de 15.000 points de ventes de partenaires privés. Aujourd’hui, n’importe où au Sénégal, un étudiant a la capacité de retirer sa bourse.

Toutefois, nous ne cesserons de travailler sur la qualité du service que ce soit chez les partenaires ou sur le réseau Ecobank.  Dans la gestion des réclamations, nous avons lancé un site web qui permet aux étudiants de poster leurs réclamations sur les paiements et d’avoir une réponse dans les 48h.

Nous continuons de multiplier les innovations à partir de la technologie, élément indispensable pour satisfaire un programme aussi important. En effet, il faut avoir la capacité sur demande de l’Etat, de pouvoir en 48h, mobiliser tout le système pour mettre à la disposition de 100.000 étudiants leurs allocations, tout en respectant les normes de sécurité. De nombreuses initiatives sont en cours de mise en œuvre (disponibilité de fonds sur les comptes mobiles pour les étudiants, utilisation de codes de retrait, Ecobank Qr pour les paiements auprès de commerces…).

Ecobank Sénégal, c’est combien d’agences et d’employés ?
Ecobank, c’est 34 agences disséminées un peu partout au Sénégal et à peu près 450 employés à 99,99 % sénégalais.


Propos recueillis par Malick CISS

Selon le Rapport 2018 de la Conférence des nations-unies pour le commerce et le développement (Cnuced), présenté hier, les migrations africaines pourraient stimuler la croissance et transformer positivement la structure de l’économie du continent.

Le rapport annuel 2018 de la Conférence des nations-unies pour le commerce et le développement (Cnuced) souligne le rôle déterminant des mouvements migratoires dans le développement du continent. Les auteurs de cette étude soutiennent que les migrations africaines pourraient contribuer à la stimulation de la croissance et à la transformation structurelle de l’économie du continent. En effet, d’après la Cnuced, les migrations sont bénéfiques à la fois aux pays d'origine et aux pays de destination. Comme il ressort du rapport, elles peuvent jouer un rôle clef dans la transformation structurelle du continent africain. Bien gérées, elles sont aussi un bon moyen de faciliter la réalisation des objectifs de développement durable, en Afrique et dans le reste du monde.

Les liens créés par les migrants entre leur pays d'origine et leur pays de destination ont permis l'apparition de diasporas prospères. Ils ont aussi ouvert de nouvelles perspectives de commerce et d'investissement qui peuvent aider les pays de destination et les pays d'origine à diversifier leur économie et à s'orienter vers des activités productives à plus grande valeur ajoutée. Contrairement à ce que certains pensent, note la Cnuced, la plupart des flux migratoires africains sont circonscrits à l'intérieur du continent. Selon le présent rapport, ces migrations intra africaines sont indispensables au renforcement de l'intégration de la région et du continent.

19 millions de migrants en déplacement en Afrique
Le document met en évidence « la corrélation intime qui existe entre les deux faces d’une même pièce, à savoir : les migrations et le commerce », a indiqué Junior Roy Davis, de la Cnuced, l’un des principaux auteurs du rapport. A son avis, « l’Afrique est à l’orée de profonds changements ». A ce titre, il rappelle que le 21 mars 2018, 44 pays africains ont signé la création de la Zone continentale africaine de libre échange et 30 d’entre eux ont signé le Protocole sur la libre circulation des personnes. Ces étapes décisives font suite au lancement du marché unique du transport aérien africain en janvier 2018. Dans ce contexte, dit M. Davis, le rapport contribue à mieux faire comprendre les incidences des migrations intra-africaines sur la transformation socioéconomique du continent. Le document de la Cnuced mentionne, par ailleurs, que la plupart des migrants africains se déplacent à l'intérieur du continent. Pour preuve, 19 millions de migrants internationaux se sont déplacés à l'intérieur de l'Afrique et 17 millions d’Africains ont quitté le continent en 2017. L’Afrique est aussi une destination migratoire pour 5,5 millions de personnes venues de l’extérieur du continent. Le rapport de la Cnuced indique également qu’en 2017, les cinq principales destinations des migrations intra-africaines (par pays d’accueil et par ordre décroissant) étaient l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Nigeria, l’Ethiopie (tous pays ayant accueilli plus de 1 million de migrants).

Hausse des envois de fonds vers l’Afrique
Au-delà des chiffres, l’analyse économique permet de voir la contribution nette des migrations en Afrique. A titre d’exemple, l’apport des migrants internationaux au Pib a été mesurée à 19 % en Côte d’Ivoire (2008), 13 % au Rwanda (2012), 9 % en Afrique du Sud (2011) et 1 % au Ghana (2010). Les envois de fonds vers l’Afrique, d’après la Cnuced, ont augmenté en moyenne de 38,4 milliards de dollars (2005-2007) à 64,9 milliards de dollars (2014-2016). L’analyse que le rapport fait du rôle des migrations intra-africaines dans le processus de développement de l’Afrique devrait faire un document de référence en vue de définir la position de l’Afrique dans le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières qui doit être adopté à Marrakech en décembre 2018.

Abdou DIAW

L’Agence sénégalaise pour la promotion des investissements et grands travaux (Apix) et la Société financière internationale (Ifc) ont signé, hier, un accord de coopération pour lancer le Projet d'appui à l'investissement et à la compétitivité de l’Agribusiness au Sénégal. L’objectif est de générer 10,5 milliards de FCfa d’investissements dans ce secteur.

L’accord de partenariat signé entre l’Apix et Ifc consiste à mettre en place un projet d'appui à l'investissement et à la compétitivité de l’Agribusiness au Sénégal, notamment dans la filière mangue. Il vise à améliorer l’attractivité du secteur de l’agribusiness, en particulier la mangue pour les investisseurs privés locaux et internationaux. Il se fixe comme objectif de contribuer à générer 10,5 milliards de FCfa d’investissements dans le secteur et d’avoir un impact notable auprès des revenus des petits producteurs, notamment en Casamance. Selon le directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, ce projet contribuera également, de manière significative, à l’accroissement des revenus des petits producteurs et à la création massive d’emplois notamment en Casamance.

Il s’est réjoui du choix porté sur l’Apix pour être le partenaire technique pour la mise en œuvre de ce projet. « La décision d’Ifc de choisir l’Apix comme partenaire pour cet important projet témoigne de la confiance dont notre institution bénéficie auprès des acteurs que sont les investisseurs, les partenaires techniques et financiers de l’Etat du Sénégal et l’administration publique », s’est félicité M. Sy. Il a promis de travailler avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur de mangue pour les aider à identifier et à faire face aux barrières déjà relevées comme freins à leur compétitivité. Ceci  pour permettre au secteur privé local et international d’investir massivement dans le secteur de la mangue et particulièrement en Casamance.

Six composantes
Il explique que les principaux services de conseils dont bénéficieront les acteurs sont répartis en six composantes. La première consistera à appuyer la mise en œuvre d’outils de veille commerciale et de gestion des connaissances pour le secteur de la mangue. Pour la deuxième composante, il s’agira de relever les défis de l’industrie de la mangue à travers un dialogue équilibré entre le public et le privé. A cet effet, Ifc facilitera la mise en place d’une plateforme efficace de dialogue afin de relever le défi lié à l’environnement des affaires du secteur de la mangue au Sénégal. Dans la troisième composante, il consistera à renforcer les liens entre les petits producteurs de mangue et les opérateurs de marché par la création de clusters dans la chaîne de valeurs avec des synergies de mutualisation.

Le projet soutiendra alors la création de liens entre producteurs de mangues et acheteurs, y compris les transformateurs et les exportateurs négociants pour les marchés locaux, régionaux et internationaux. Dans la quatrième composante, le projet entend appuyer les fournisseurs de services post-récoltes et logistiques dans le secteur de la mangue. Il s’agit d’examiner la compétitivité des activités liées à la collecte, au stockage, à l’emballage et au transport des mangues au Sénégal. La cinquième partie concerne la promotion de l’investissement privé dans l’industrie de la mangue. Le projet assurera la liaison entre les bailleurs de fonds et les investisseurs nationaux, régionaux et internationaux potentiels et jouera un rôle de facilitateur en la matière. Enfin la sixième et dernière composante permettra d’identifier les opportunités d’investissements au-delà du sous-secteur de la mangue. De son côté, Ceyla Pazarbasioglu, directrice Senior d’Ifc, soutient que le secteur horticole offre actuellement des opportunités de croissance et contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire. Toutefois, elle estime que des défis sont à relever : le renforcement des exportations dans la filière mangue, l’élargissement du marché local. « Le projet collaborera avec l’ensemble des acteurs pour la création d’un environnement propice à l’investissement privé dans le secteur de la mangue », a indiqué Mme Pazarbasioglu.

Abdou DIAW

Le projet de production gaz naturel liquéfié (Gnl) en partage entre le Sénégal et la Mauritanie a fait l’objet d’une réunion de haut niveau à Dakar, la semaine dernière.

Cette rencontre a permis aux différents partenaires du projet de discuter sur le choix d’un trader pour la vente du gaz, mais aussi des potentiels marchés à explorer. Ainsi, le directeur du développement des activités de gaz en amont de British petroleum (Bp), Andres Guevara, a indiqué que le gaz du projet Tortue Flng qui sera produit dès 2021, pourrait être vendu sur les marchés de l’Europe, d’Amérique latine ou d’Asie. Andres Guevara a fait cette déclaration dans une interview accordée au site d’information spécialisée Natural gas world, repris par l’agence Ecofin. Andres Guevara a présumé « que les potentiels acheteurs vont penser à l'Europe pour sa proximité. Mais l'emplacement de Tortue offre également des options pour un marché sud-américain, en pleine croissance où nous voyons en particulier le Brésil devenir un importateur de Gaz naturel liquéfié (Gnl) (…). Aussi, l'emplacement de Tortue nous permet-il d'être compétitif en Asie».

Pour rappel, la société de transport de gaz naturel liquéfié, Golar, été choisie le 19 avril dernier pour fournir le navire flottant de liquéfaction. Elle a annoncé que ce projet, qui devrait entrer en service en 2021, devrait permettre de produire, dans une première phase, entre 2,3 et 2,5 Mtpa de gaz naturel liquéfié. Comme pour le projet Cameroon Flng, Golar pourrait opérer une conversion de l’un de ses méthaniers en unité flottante de liquéfaction, dans les chantiers navals de Keppel à Singapour. Les revenus tirés de l’exploitation du gaz transfrontalier seront partagés équitablement entre les gouvernements sénégalais et mauritanien.

Il faut souligner que cette activité fait suite à la signature d’un cadre de coopération entre les deux pays pour le développement et l’exploitation commune du gisement en partage. Les deux pays se sont accordés sur les conditions et les modalités efficientes inhérentes au développement et l’exploitation du champ Grand Tortue-Ahmeyim comme une unité unique. A travers cet accord, le Sénégal et la Mauritanie ont ainsi défini et fixé les conditions et les modalités selon lesquelles les coûts y afférents ainsi que la production et les produits qui en découlent doivent être répartis équitablement à 50/50 des revenus. Le protocole d'entente permet à Kosmos et son partenaire British petroleum, devenu opérateur et aux deux gouvernements de travailler ensemble au développement précoce du domaine, maximisant ainsi la valeur pour toutes les parties prenantes.

Cet accord inter-Etat constitue le démarrage du projet après les travaux d’exploration et d’évaluation des réserves. Les deux pays et les compagnies pétrolières vont s’engager dans les travaux et les études pour exploiter le champ gazier dans les meilleures conditions.

Après la signature de cet accord, d’autres négociations devraient porter sur la fiscalité appliquée aux sociétés de service, entre autres.

Mbaye Sarr DIAKHATE

Les écarts de revenus entre les hommes et les femmes font perdre à l’économie mondiale la somme colossale de 160.000 milliards de dollars, selon un rapport de la Banque mondiale intitulé « Unrealized potential : the high cost of gender inequality in earnings », publié hier. Soit en moyenne 23.620 dollars par personnes dans les 141 pays couverts par le rapport.

160.000 milliards de dollars perdus par le monde du fait des inégalités de revenus entre hommes et femmes ; « ce chiffre sans appel vient rappeler aux dirigeants mondiaux qu’ils doivent agir notamment et avec détermination pour investir dans des politiques qui favorisent l’accès des femmes à des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et qui promeuvent l’égalité salariale », estime, dans un communiqué, la directrice générale de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva.

Les femmes, rappelle le document, sont pénalisées par rapport aux hommes en ce qui est des revenus mais aussi de la participation au développement au regard de la population active. Leur contribution au capital humain d’un pays (valeur des gains à venir de sa population adulte) ne se situe qu’à 38 % en moyenne. Cette contribution des femmes représente au maximum un tiers de la richesse du capital humain dans les pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure. Evaluées entre 40.000 et 50.000 milliards de dollars, ces pertes causées par les écarts de revenus sont plus importantes en Asie de l’Est/Pacifique, en Amérique du Nord et en Europe/Asie centrale du fait de la contribution plus importante de ces régions à la richesse mondiale. En Asie du Sud, le manque à gagner est estimé à quelque 9.100 milliards de dollars et à 6.700 milliards de dollars en Amérique latine/Caraïbes. Les régions Moyen-Orient/Afrique du Nord et Afrique subsaharienne perdent, quant à elles, respectivement 3.100 milliards et 2.500 milliards de dollars. Mais ces pertes, rapportées à la dotation initiale en capital humain, sont plus élevées, en valeur absolue, dans les pays à faible revenu que dans le reste du monde. Le document de la Banque mondiale préconise, pour atteindre la parité des revenus, des programmes et des politiques facilitant l’accès des femmes au travail, aux infrastructures de base et aux services financiers, mais aussi leur contrôle sur les terres.

Selon Quentin Wodon, économiste principal à la Banque mondiale et auteur du rapport, le capital humain représente les deux tiers de la richesse des nations, loin devant le patrimoine naturel et les autres formes de capital.

Malick CISS

Pour une meilleure connaissance des ressources halieutiques et de l’océan en général, l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), à travers le Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye (Crodt-Isra), accueille un cours régional regroupant des membres de plusieurs pays africains.

Connaître l’importance économique et sociale de la côte, de l’océan, prévenir certaines situations et savoir comment élaborer les politiques économiques pour le secteur. C’est en substance, l’objectif visé par l’atelier régional sur la modélisation des océans qui se tient depuis hier à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) et reçu par le Centre de recherches océanographiques de Dakar Thiaroye (Crodt-Isra), en collaboration avec l’Unesco, la Commission océanographique intergouvernementale de l’Afrique (Ioc-Africa). Plus de 10 pays sont représentés à cette formation sur la modélisation des océans. Compte tenu du fait que moins de 5% des fonds marins sont actuellement cartographiés, le directeur du Centre de recherche océanographique de Dakar Thiaroye (Crodt-Isra), Dr Massal Fall, soutient que l’atelier est très important pour permettre à des pays côtiers comme le Sénégal d’avoir des informations sur les ressources économiques dont regorgent les océans. «Il est important de connaître ces phénomènes, de les comprendre. C’est une nécessité de former les gens à prévenir les phénomènes océaniques et de savoir comment agir. Le Sénégal est un pays qui a une très forte tradition de pêche avec une alimentation qui dépend essentiellement des protéines d’origine halieutique et il est important d’analyser les ressources de l’océan», dit le directeur du Centre de recherche océanographique de Dakar-Thiaroye (Crodt-Isra). Le directeur scientifique de l’Isra, Dr El hadji Traoré est allé dans le même sens en soutenant que le Sénégal est l’un des pays les plus importants en matière de pêche avec plus de 700 kilomètres de côte. Compte tenu de cela, il pense qu’il est utile de connaître l’importance économique et sociale de la côte, de l’océan. Pour lui, l’Isra, qui abrite le Centre de recherches océanographiques, est dans cette dynamique parce que «les chercheurs ont un devoir de connaître, de prévenir et surtout de conseiller les décideurs et le législateur pour mieux anticiper». «Il est important que le secteur de la pêche puisse savoir, avec plus de précisions, les prévisions concernant ses ressources dans le futur, les capacités de pêches, les risques et, par conséquent, de mieux gérer notre production halieutique et d’en tirer le maximum de profit. Cela nous permettra d’avoir des modèles fiables pour préparer les projets futurs», laisse entendre le directeur scientifique de l’Isra. Il rappelle aussi qu’en plus des ressources halieutiques vivantes et algales en général, l’océan regorge de ressources non vivantes comme le pétrole, le gaz, le sel, le sable, divers minéraux, entre autres, qui doivent être maîtrisées.

M. Traoré affirme ainsi que ce cours régional sur la modélisation des océans pour les pays africains est en adéquation avec la politique halieutique de l’Etat du Sénégal comme déclinée par le Pse et pris en compte dans le Plan stratégique de développement de l’Isra de 2018-2022.

Oumar KANDE

Des agents de terrain qui interviennent dans les sites du projet Cinsere au Sénégal sont formés, tout récemment à Thiès afin d’améliorer l’appui qu’ils portent aux producteurs. Cette session de cinq jours aidera à comprendre les variabilités et changements climatiques et les mesures de gestion des risques climatiques dans les systèmes de production.

Dans ce contexte de dérèglement climatique, la maîtrise,par les producteurs, de l’information devient un impératif pour éviter un impact négatif sur les productions. C’est pourquoi, dans le cadre de son projet dénommé Cinsere (Service d’informations climatiques pour améliorer la résilience et la productivité au Sénégal), l’Usaid, en partenariat avec l’Anacim, forme les agents-cadres qui accompagnent les producteurs à l’approche Picsa(Services climatiques participatifs intégrés pour l’agriculture). L’objectif est d’aider les producteurs à prendre des décisions adéquates fondées sur des données climatiques et métrologiques actuelles et historiques à leurs localités en tenant compte des options de culture et d’autres moyens de subsistance localement pertinents. Cette approche créée en 2012 par l’Université de Reading en Angleterre a déjà été mise en œuvre avec succès en Tanzanie, au Malawi et au Ghana. « Le Picsa vient renforcer les différents types de formation que nous avons déroulés sur le terrain. Sa particularité est que c’est un outil qui permet aux producteurs de se préparer bien avant la tombée de la première pluie. Actuellement, nous vivons les effets du changement climatique, et il faut se comporter de façon à faire face à cette situation. L’information climatique permet aux producteurs de prendre les dispositions adéquates », a précisé le coordonnateur du projet Usaid/Cinsere, Issa Ouédraogo.

« Actuellement, plus de 80.000 producteurs sont formés. Un nombre évalué sur la base de ceux qui reçoivent l’information soit par Sms, appel vocal ou e-mail.  », a fait savoir le coordonnateur du projet. Pour M. Ouédraogo, ces informations climatiques permettent de booster leurs productions.

Ndiol Maka SECK

La Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas) a remis, hier, à Dakar, un important lot de matériels informatiques à la direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dpsa). Objectif : faciliter une bonne couverture du risque agricole et la collecte des données agricoles chez les cotonculteurs.

Pour faciliter le travail de collecte des statistiques agricoles dans les champs, la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas) a décidé de doter les producteurs du Sénégal en matériels informatiques de dernière génération. Hier, c’était au tour des cotonculteurs de recevoir des smart phones, des chargeurs et autres matériels informatiques d’impression et de collecte de données agricoles. D’un coût estimé à environ 200 millions de FCfa, le projet s’inscrit dans un appui que la Banque ouest africain de développement (Boad) a accordé à la Cnaas, a déclaré Moustapha Fall, directeur général adjoint de la Cnaas. M. Fall a profité de la cérémonie de remise du matériel pour magnifier l’intérêt que le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural accorde à l’assurance agricole au Sénégal. « L’assurance agricole a besoin de données fiables en production et productivité dans la gestion de ses produits », a indiqué Moustapha Fall. Il estime que le lot d’équipement va contribuer à faciliter la collecte de données et à rendre beaucoup plus opérationnelle le travail des techniciens et des producteurs sur le terrain. M. Fall n’a pas manqué de souligner l’importance de la filière coton dans l’agriculture au Sénégal. Dans la même lancée, le directeur des ressources humaines de la Sodefitex, Pape Fata Ndiaye a salué la portée du geste et estime qu’il va permettre de couvrir et de minimiser le risque pluviométrique dans les zones de production de coton. L’assurance agricole, a-t-il indiqué, est devenue une réalité chez les cotonculteurs du Sénégal depuis un an. Cette nouvelle collaboration qui lie désormais la Cnaas à la direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dapsa) au profit des producteurs fait partie de la volonté de digitaliser les données et statistiques agricoles, a déclaré Ibrahima Mendy, directeur de la Dapsa.

Seydou Prosper SADIO

Dotée de ressources minières représentant le 1/3 du potentiel mondial, l’Afrique n’en bénéficie pas, selon le professeur-assistant en géologie au département des ressources naturelles à l’Université du Caire, Dr Abbas Sharaki. Il faisait une présentation sur « les investissements des ressources minières en Afrique », tout récemment au Caire en Egypte.

Comment peut-on avoir le 1/3 des ressources minérales du monde et être pauvre ? Selon Dr Abbas Sharaki, professeur-assistant en géologie au département des ressources naturelles de l’Université du Caire, en 2012, seuls 20 milliards de dollars ont été investis pour l’exploitation de ressources minières dans le monde. Ce montant est revu à la baisse jusqu’à 8 milliards de dollars. Et l’Afrique n’a gagné que près 14% de cette somme a assuré M. Sharaki qui faisait une présentation sur « les investissements des ressources minières en Afrique », il y a quelques semaines au Caire, en Egypte, dans d’une session organisée à l’intention des journalistes africains autour du thème « la zone franche commerciale en Afrique : les exigences d’une réussite ».

Pour lui, ce montant est dérisoire. D’ailleurs, ces ressources naturelles (métalliques et non métalliques) ne profitent pas aux peuples du continent. Dans sa présentation, il dit que le cobalt existe en République démocratique du Congo (Rdc), le fer reste disponible au Libéria, la bauxite en Guinée, le cuivre en Zambie et en Rdc, le pétrole au Nigéria, l’or au Ghana et en Afrique du Sud qui produit, à elle seule, 90% de la platine du monde et le Zimbabwe les 10%, etc. «On attise le feu pour bénéficier de nos ressources. Les 35 pays les plus pauvres du monde se trouvent en Afrique.

Il y a une mauvaise politique de nos ressources pour attirer les compagnies minières en Afrique », a-t-il déploré. Le professeur Sharaki a tenu à signaler l’absence de connaissance africaine adéquate pour découvrir, explorer et exploiter ces ressources naturelles.

Pour cela, il invite nos dirigeants à mieux investir dans l’éducation et la formation des jeunes. « Si la science nécessaire à ces découvertes de ressources naturelles était disponible, on pourrait bénéficier de 50% des richesses du monde. Nous avons une fortune dont nous ne pouvons pas profiter», a dit Dr Abbas. Il a déploré que certains pays pétroliers africains arrivent difficilement à avoir de l’essence dans leurs véhicules. Abordant les ceintures de lacs, cours d’eau qui existent en Afrique, le professeur-assistant en géologie au département des ressources naturelles à l’Université du Caire déclare que cette énorme quantité d’eau pouvait être transformée pour la consommation de l’électricité.

Dr Abbas se désole qu’Israël, qui n’a pas de diamant bénéficie mieux de cette pierre précieuse. D’après lui, les entreprises qui exploitent nos ressources minières ne payent pas de taxes, mais plutôt peu d’argent pour une minorité.

Serigne Mansour Sy CISSE (envoyé spécial Caire)

Le groupe Coris Bank international a procédé, hier, au lancement officiel de sa branche de finances islamiques intitulée « Baraka ». Celle-ci s’inscrit, selon les initiateurs, dans le strict respect des chartes établies par l’Islam.

L’offre «Baraka», initiée par Coris Bank international (Cbi) est destinée aux particuliers, professionnelles  et entreprises. C’est  une gamme variée de produits et services conformes aux principes de la Finance islamique.  Soukeyna Niang Sakho, directrice de  Cbi Baraka, qui s’exprimait hier lors de la cérémonie de lancement, informe que « Coris Bank s’est donnée  pour mission de satisfaire les attentes de sa clientèle, à travers des offres multiples et variées qui passent par une distribution plus équitable de ressources. Ce choix est vivement motivé par le respect des règles d’éthique et de déontologie de la religion musulmane», a-t-elle dit.  Toutefois, les services du système de la banque islamique sont ouverts à toutes les franges de la société sans discrimination quant à l’appartenance religieuse.

Dans son discours, le Dr Abdel Sater Protti, président du Conseil de conformité interne,  relève que « la finance islamique revêt autant un aspect éthique qu’historique.  En effet, le système s’est appuyé sur l’ouverture d’une seule institution,  avant de se propager un peu partout à travers le monde.  La règle est exclusivement basée sur la licéité. Conformément à la loi de financement islamique, ici, les protagonistes sont ensemble, autant  en cas de gain que de perte », a-t-il dit.  La représentante d’Islamic corporation for the développement, Gnidda Razza, a manifesté «son plaisir de voir concrétiser la collaboration qui a abouti à la mise sur pied de l’offre Baraka», a-t-elle dit.

Le ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara,  salue un « jalon de plus, sur la présence de Coris Bank dans l’économie sénégalaise. Une présence qui contribue à la concrétisation d’une économie performante et inclusive », a-t-il dit.  Le choix portait sur le Sénégal par cette institution prouve, aux yeux du ministre, « le rôle d’avant-garde joué par le Sénégal dans la promotion du financement islamique. Ceci est d’autant plus salutaire que le financement islamique est un marché en plein essor. Partant de ce constat,  le Sénégal a renforcé son cadre réglementaire pour faire face aux différents défis qui vont avec les mécanismes du système de financement islamique, a dit le ministre délégué. Il annonce la disponibilité du gouvernement du Sénégal à accompagner cette initiative.

Oumar BA

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a déclaré que le Sénégal dispose de tous les outils pour être à l’abri des dégâts environnementaux liés à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Le Pr Mame Thierno Dieng s’exprimait, hier, à l’ouverture de la 3ème édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd) portant, cette année, sur « une exploitation durable et saine des ressources pétrolières et gazières ». L’objectif, à travers cette rencontre, est de mettre en place un cadre consensuel de gestion environnementale et sociale (Pges).

L’exploitation prochaine de gisements de pétrole et de gaz au large des côtes sénégalaises augure, pour notre pays, de très bonnes opportunités de progrès économiques. Celles-ci peuvent être mieux rentabilisées voire perdurées si les enjeux environnementaux et sociaux sont bien pris en compte. Dans cette perspective, le ministère de l’Environnement et du Développement durable a jugé opportun d’organiser la 3ème édition de la Conférence nationale sur le développement durable autour du thème : « Pour une exploitation durable et saine des ressources pétrolières et gazières ». Ouverte, hier, cette rencontre de trois jours, qui réunit beaucoup d’acteurs d’ici et d’ailleurs (Pays-Bas, Angleterre, Ghana, etc.), vise à susciter une « réflexion globale multi-phase de la recherche-exploration à l’après exploitation ».

Pour le ministre de l’Environnement, le Pr Mame Thierno Dieng, « tous les éléments sont réunis pour que le Sénégal soit à l’abri des futurs dégâts environnementaux liés à l’exploitation pétro-gazière ». Cette 3ème édition de la Cndd offre, selon lui, une occasion pour « identifier et capitaliser les bonnes pratiques de pays, ayant une expérience avérée dans l’exploitation de ces deux ressources, pour une meilleure prise en charge des aspects de protection environnementale ». L’objectif poursuivi, à travers une telle démarche, est d’aboutir à un Plan cadre consensuel de gestion environnementale et sociale (Pges) du secteur du pétrole et du gaz au Sénégal, capable de « garantir la prise en compte de toutes les dimensions concourant à un progrès équilibré et durable, informe le ministre. M. Dieng est d’avis que cette rencontre traduit clairement l’engagement du chef de l’Etat « à inscrire le Sénégal dans une trajectoire de développement durable, capable de stimuler davantage le potentiel de croissance afin de satisfaire la forte aspiration des populations au mieux-être, tout en préservant les conditions d’exploitation écologiquement rationnelle des ressources de notre environnement ». Sa conviction est que « l’ampleur des impacts potentiels et la gravité des situations observées à travers le monde nous obligent à prendre des mesures plus hardies ».

C’est pourquoi, a-t-il ajouté, la tutelle entend jouer « son rôle d’alerte ». Dans une approche innovante, la Cndd va examiner, « sans complaisance, la situation du secteur avec un accent fort » sur les impacts environnementaux potentiels et relever les bonnes pratiques menées ailleurs avec des recommandations et messages clés y relatifs. A ce sujet, il précise que les différents projets pétroliers ou gaziers en phase d’exploration d’exploitation sont soumis à la procédure d’évaluation environnementale, conformément à la réglementation.

Bénéfices ressentis
Le Pr Dieng a rendu hommage au Royaume des Pays-Bas, partenaire du Sénégal dans le domaine de la gestion de l’environnement et des ressources naturelles, par ailleurs, parrain de la présente édition, pour l’appui matériel et technique apporté à l’organisation de cette conférence. « Le Sénégal est assurément à la bonne école sur toutes ces questions liées à la prise en compte de la dimension environnementale dans les activités pétrolières et gazières », a indiqué le ministre. Le directeur de British Petroleum (Bp) Sénégal, Géraud Moussarie a, pour sa part, indiqué que « sa structure est consciente des attentes du développement durable partout où elle opère ». « Le développement durable est plus qu’une nécessité, mais un impératif », a-t-il affirmé, tout en précisant qu’au Sénégal, sa compagnie exploite deux licences (Saint-Louis Profond et Cayard Profond). « Nous sommes convaincus que ces projets doivent apporter des avantages significatifs au pays partenaire et aux populations. Pour que ces bénéfices soient ressentis d’une meilleure manière, la gestion durable des opérations est essentielle. Le développement durable nous concerne tous », a fait observer Géraud Moussarie.

Compte rendu : Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes)
et Mbacké BA (photos)

L’EXPÉRIENCE NÉERLANDAISE OFFERTE EN EXEMPLE
Les ressources gazières et pétrolières représentent des défis énormes en matière de gouvernance et d'impacts environnementaux. C'est la conviction de l'ambassadeur des Pays-Bas, Théo Peters. Il a assuré l'entière disponibilité de son pays à appuyer le Sénégal dans la gestion économique, environnementale et sociale liée aux activités pétro-gazières.

L'ambassadeur des Pays-Bas, qui s'exprimait hier à l'ouverture de la troisième Conférence nationale sur le développement durable, a indiqué que la découverte de pétrole et de gaz au Sénégal pourrait fortement impacter sur l'environnement si l'exploitation n'inclut pas le respect de l'environnement. Les Pays-Bas, a dit M. Peters, ont connu un certain nombre de difficultés consécutives à la découverte du plus gros  gisement gazier au monde sur son sol en 1959. Les difficultés, a fait savoir le diplomate, étaient de plusieurs ordres : inflation, perte de compétitivité des secteurs industriels, chute des exportations, chômage, etc. « Ces difficultés qui ont entraîné la "maladie hollandaise" ont pu être maîtrisées avec le développement d’un cadre  de loi et protection environnementale », a fait savoir M. Peters.

L'ambassadeur a mis en exergue la méthodologie néerlandaise d'évaluation environnementale et stratégique qui a permis de relever les défis et valu aux Pays-Bas d'être aujourd'hui 8ème producteur de gaz au monde. Cette méthode, selon M. Peters, se base sur une grande transparence, l'inclusion dans des consultations de toutes les parties prenantes et sur l'identification de tous les intérêts pertinents. Pour le diplomate, son pays a des apprentissages à partager avec le Sénégal pour lui éviter les mêmes erreurs. « Nous sommes disposés à appuyer le Sénégal dans la gestion économique, environnementale et sociale liée aux activités pétro-gazières », a dit l'ambassadeur. Le diplomate a rappelé la nécessité de créer un cadre de régulation pour un développement durable du secteur, mais aussi de formuler des politiques qui permettent au secteur privé d'investir sereinement. Le dialogue avec toutes les parties prenantes est aussi important, selon le diplomate. Pour M. Peters, « une exploitation inclusive, transparente et mesurable des ressources pétro-gazières permettra à la population et aux générations à venir de bénéficier des retombées ».

En outre, a noté l'ambassadeur, le Sénégal a fait de l'éducation et de la formation professionnelle dans le domaine pétro-gazier une priorité. Sur cette même optique, le diplomate a renseigné qu'en fin juin, il est prévu une table ronde sur le pétrole et le gaz des Pays-Bas sous l'initiative d'un groupe d'entreprises néerlandaises dans le secteur en collaboration avec l'Institut national du pétrole et du gaz du Sénégal. A cet effet, les professionnels du secteur tout comme les étudiants, bénéficieront de deux jours de formation.

S. O. FALL et S. D. SY

L’ambition du Sénégal, c’est d’éliminer la rage d’ici à 2030. L’atteinte de ce pari requiert l’élaboration d’un Plan national d’actions intégré. C’est tout l’objet de la tenue, hier, de l’atelier national pour l’élaboration d’un plan d’actions intégré pour le contrôle de la rage au Sénégal, selon l’approche «Une seule santé», organisé par la Fao.

La rage sévit de façon endémique, et pose un problème majeur de santé publique en Afrique. Face à la menace liée à la propagation de la maladie, l’Etat du Sénégal a élaboré un programme national de lutte contre la rage d’un coût de 764 millions de FCfa. Ainsi, entre janvier et septembre 2017, ce sont 9.325 chiens domestiques qui ont été abattus et 23.542 chiens errants tués. En tant que pays bénéficiaire du Programme de sécurité sanitaire mondiale (Ghsa) en Afrique, le Sénégal, a indiqué le ministre de l’Elevage et des Productions animales, a aussi mené un processus national de priorisation des maladies zoonotiques selon l’approche «Une seule santé». Aminata Mbengue Ndiaye s’exprimait, hier, à l’ouverture de l’atelier national pour l’élaboration d’un plan national d’actions intégré pour le contrôle de la rage au Sénégal, selon l’approche «Une Seule Santé», organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en partenariat avec le Haut conseil national de la sécurité sanitaire mondiale (Hcnssm) «Une seule santé» du Sénégal. Pour elle, la lutte contre « la rage nécessite la combinaison de plusieurs outils et principalement la lutte contre la prolifération des carnivores errants, la vaccination, la sensibilisation-communication et la prise en charge des personnes exposées ». La lutte contre la rage doit reposer, à son avis, sur un programme intégré avec la définition précise des activités de chaque secteur, un budget approprié ainsi qu’une collaboration étroite entre structures de recherches.

Le chargé de Programme à la Fao, Cheikh Guèye a, de son côté, souligné que ce plan national d’actions intégré permettra d’éliminer cette maladie à l’horizon 2030, à travers des « mécanismes adéquats ». Pour sa part, le représentant de l’Association des maires du Sénégal (Ams), Oumar Bâ, a salué les efforts consentis par l’Etat pour lutter contre cette maladie. Le ministre de l’Elevage a enfin lancé un appel à tous les partenaires à soutenir le Sénégal dans la mise en œuvre du Plan national d’actions intégré pour le contrôle de la rage, selon l’approche « une Seule santé ».

Souleymane Diam SY

10 000 DOSES DE VACCINS OFFERTES PAR L’OIE
Le ministre de l’Elevage, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, a saisi l’occasion pour témoigner toute la gratitude de l’Etat du Sénégal à l’Organisation mondiale pour la santé animale (Oie) pour le soutien apporter au Programme de lutte contre la rage à travers la mise à disposition gratuite de 10.000 doses de vaccins antirabiques. Au titre du Programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire financé par le budget consolidé d’investissement, elle a indiqué que son département a entrepris, depuis plusieurs années, la vaccination subventionnée des chiens domestiques et le contrôle de la circulation des chiens errants fortement impliqués dans la transmission de la rage et dans l’entretien du virus.

S. Diam SY

Le ministre de l’Elevage, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, a saisi l’occasion pour témoigner toute la gratitude de l’Etat du Sénégal à l’Organisation mondiale pour la santé animale (Oie) pour le soutien apporter au Programme de lutte contre la rage à travers la mise à disposition gratuite de 10.000 doses de vaccins antirabiques. Au titre du Programme de renforcement de la protection zoo-sanitaire financé par le budget consolidé d’investissement, elle a indiqué que son département a entrepris, depuis plusieurs années, la vaccination subventionnée des chiens domestiques et le contrôle de la circulation des chiens errants fortement impliqués dans la transmission de la rage et dans l’entretien du virus.

S. Diam SY

Nommée, depuis septembre 2017, nouvelle représentante résidente du Fonds monétaire international (Fmi) à Dakar, l’économiste turco-canadienne, Cemile Sancak, dans cette interview, se réjouit des performances économiques du Sénégal, réalisées ces dernières années. Toutefois, elle attire l’attention des autorités sur les tensions budgétaires en 2018, l’évolution du taux d’endettement et l’exploitation prochaine des ressources pétrolières et gazières.

Vous venez de boucler vos huit premiers mois au Sénégal après votre prise de fonction, comment analysez-vous la situation économique actuelle de ce pays ?
La croissance économique du Sénégal a atteint plus de 6%, ces dernières années. Cette forte croissance est imputable aux progrès importants réalisés dans la mise en place des infrastructures utiles au développement ainsi qu’au développement de l’agriculture. Les perspectives économiques sont également positives à moyen terme. Cependant, il existe des risques baissiers. Malgré une forte croissance, le ratio dette sur le Produit intérieur brut (Pib) continue d'augmenter et les évolutions des prix mondiaux du pétrole ont exercé une pression à la hausse sur les déficits budgétaire et extérieur. Alors que l'émission Eurobond de mars 2018 a fourni un financement budgétaire et extérieur substantiel pour une deuxième année consécutive, une discipline budgétaire est nécessaire pour assurer le maintien de la stabilité économique et financière aussi bien au Sénégal que dans la sous-région. Par ailleurs, des progrès constants dans les réformes structurelles visant à stimuler l'investissement privé s’avèrent importants pour maintenir cette croissance forte et durable.

Le débat économique reste marqué, ces derniers temps, par le taux d’endettement du Sénégal que certains observateurs jugent élevé par rapport à la norme communautaire de l’Uemoa (70%), quel est votre avis sur cette question?
Le taux d’endettement du Sénégal continue d’augmenter, mais il reste gérable. Des évolutions récentes ont contribué à une amélioration de certains indicateurs d’endettement, notamment, d’une part, la modification de l’année de référence du Pib (Ndlr : 2014) qui se traduit par un niveau plus élevé du Pib et donc une baisse sensible du ratio dette sur Pib, estimé à moins de 50 % à fin 2017, et d’autre part, le lissage notable du service de la dette après le rachat de 40 % de l’Eurobond 2011 au moyen du produit de l’Eurobond 2018.

Le 11 mai passé, une mission du Fmi conduite par Michel Lazare soutenait que la gestion de la dette du Sénégal reste prudente, est-ce pour rassurer l’opinion ?
Le Sénégal continue de gérer sa dette avec prudence. En exemple, le rachat de 40 % de la dette de l’Eurobond 2011 au moyen du produit de l’Eurobond 2018, illustre bien cette gestion prudente. En outre, le Sénégal entend utiliser le sur-financement de l’Eurobond de 2018, chiffré à 1,8 % du Pib pour financer le budget 2019 et racheter en 2018 des emprunts extérieurs qui avaient été contractés à coûts élevés. Cette démarche reflète également une gestion active de la dette.

La mission a également parlé de « tensions budgétaires » en évoquant, entre autres facteurs explicatifs, la hausse de la masse salariale, est-ce qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur le rythme d’augmentation des salaires dans la Fonction publique ?
Effectivement, il y a plusieurs tensions budgétaires dans le cadre de l’exécution du budget de 2018. Tout d’abord, la hausse soutenue des prix mondiaux du pétrole a un impact négatif sur le budget en 2018 car les prix intérieurs de l'énergie restent toujours stables. Ces prix intérieurs se maintiennent alors que les prix importés augmentent. Ce qui se traduit, de fait, par la baisse des recettes fiscales assises sur l’énergie et un besoin de compenser la Senelec et les importateurs de pétrole. Ces coûts budgétaires, qui demeurent très élevés, se sont conjugués à des augmentations de la masse salariale, des charges d’intérêts et des dépenses de sécurité pour rendre l’exécution du budget très compliquée en 2017, mais aussi en 2018. Pour faire face à ces tensions budgétaires, les autorités ont proposé un ensemble de mesures pour améliorer les recouvrements de recettes et réduire la pression sur les dépenses. La cible sur le déficit budgétaire prévue dans la Loi de finance initiale (Lfi) 2018 sera par ailleurs élargie de 2,7 % à 3,5 % du Pib pour faire face aux obligations de l’Etat par rapport à la compagnie publique d’électricité et le secteur privé.

Concernant la masse salariale, le gouvernement a récemment répondu favorablement aux attentes sociales des fonctionnaires dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Ce qui devrait conduire à une augmentation de la masse salariale de 0,4% du Pib en 2018 et encore plus, à partir de 2019. Par ailleurs, pour mieux encadrer la progression des effectifs, les autorités entendent fixer des plafonds d’emplois en 2019. En outre, la rationalisation des agences dans le moyen terme devrait contribuer à la rationalisation de la masse salariale. Il est important d’identifier les agences qui peuvent être regroupées et fusionnées pour améliorer l’efficacité des agences et rationaliser la masse salariale.

Le Sénégal a levé, avec succès, en mars 2018, un eurobond de près de 2,2 milliards de dollars, soit près de 1200 milliards de FCfa. Faut-il craindre des effets négatifs sur le taux d’endettement du pays, surtout que le service de la dette inquiète déjà le Fmi ?
Le taux d’endettement est encadré par le déficit budgétaire. Tant que le gouvernement respecte le déficit budgétaire et le besoin global de financement défini dans leur programme soutenu par l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), le taux d’endettement assurera la viabilité des finances publiques. Les conditions obtenues par le Sénégal pour l’Eurobond 2018 sont favorables et ont permis un réaménagement de la dette publique extérieure par le lissage du service de la dette et l’allongement des échéances.

Cependant, le recours fréquent à l’emprunt extérieur non concessionnel représente une source potentielle de vulnérabilité du pays. Par ailleurs, le retour du Sénégal, en 2019, au marché régional des obligations de l'Uemoa permettrait un rééquilibrage de la composition de la dette publique et contribuerait au développement global du marché régional.

Le Sénégal a réalisé des taux de croissance de plus de 6% durant les trois dernières années, est-ce que cette performance économique est véritablement ressentie chez les populations ?
Les indicateurs de développement se sont améliorés pendant ces dernières années. Par exemple, l’agriculture, qui emploie l’essentiel de la population active, a beaucoup tiré la croissance sur la période récente, permettant ainsi aux paysans d’améliorer leurs revenus. Dans ce contexte de forte croissance, le gouvernement a renforcé les programmes sociaux avec l’octroi de bourses de sécurité familiale et l’instauration de la couverture maladie universelle.

Pour que la majorité de la population ressente l’impact de la croissance économique, la forte croissance doit durer longtemps et devrait être tirée davantage par le secteur privé, surtout par les petites et moyennes entreprises (Pme). Le développement des petites et moyennes entreprises (Pme) pourrait conduire à la création d’emplois et à l’augmentation des revenus. Des réformes pour augmenter le ratio recettes sur Pib permettrait au gouvernement de financer les programmes sociaux prioritaires sans contribuer à une augmentation de la dette.

Comment faire pour une meilleure répartition de la richesse créée ?
Tout d’abord, il est important de mettre en œuvre les réformes des finances publiques afin d’améliorer la mobilisation des recettes en renforçant l’administration des recettes et d’accroître l’efficience des dépenses d’investissement. Ces efforts permettront d’avoir assez de ressources pour répondre aux besoins d’investissement dans les infrastructures ainsi qu’aux filets de sécurité sociale. Il est également important de mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour améliorer l’environnement des affaires afin de favoriser le développement du secteur privé, notamment, les Pme qui jouent un rôle déterminant au Sénégal.

Le Sénégal enchaîne, depuis quelques années, des découvertes de pétrole et de gaz aux larges de ses côtes, peut-on espérer de belles perspectives pour l’économie nationale?
Etre un pays producteur du pétrole et du gaz ouvre des opportunités pour la croissance et pour le développement, mais à condition que les bonnes politiques et institutions soient en place et que la transparence soit de rigueur.

Pour ce qui est de ces ressources naturelles, quels peuvent être les risques liés à leur l’exploitation ?
Si les bonnes politiques et institutions ne sont pas en place, l’exploitation des ressources naturelles pourrait augmenter le risque de gaspillage des ressources publiques et de corruption. Un risque supplémentaire est de compter trop sur les ressources naturelles et de ralentir l’exécution et le suivi des politiques économiques nécessaires pour la transformation structurelle et la diversification de l’économie. L’expérience montre que les pays exportateurs de ressources naturelles qui ne sont pas assez diversifiés sont vulnérables aux chocs des prix mondiaux des produits de base.

Comment le Fmi compte-t-il accompagner l’Etat du Sénégal dans ces nouveaux secteurs ?
Le Fmi fournit de l’assistance technique et des conseils stratégiques sur divers aspects de la gestion du secteur pétrolier et gazier. Les recommandations principales du Fonds visant à préparer le Sénégal à devenir producteur de produits de base se concentrent sur trois piliers: premièrement, le régime fiscal doit d'abord trouver un équilibre entre garantir une part équitable des ressources à l’Etat et fournir aux investisseurs des incitations appropriées; deuxièmement, les revenus tirés des ressources doivent être gérés de manière responsable afin que les générations futures puissent en bénéficier et que le pays puisse faire face, sans difficultés financières majeures, à la volatilité des prix de l’énergie sur le moyen terme; le troisième pilier est la gestion des finances publiques. Les recettes fiscales devraient être déclarées dans leur totalité et de manière transparente et correctement intégrées dans le budget. La part des recettes qui va dans le budget, chaque année, devrait être utilisée en toute efficience. Par exemple, il faudra s’assurer que les investissements financés sont des investissements dont la rentabilité économique est forte.

Près de quatre ans après le lancement de la première phase du Plan Sénégal émergent (Pse), quelle appréciation faites-vous du bilan de cette étape ?
Le Pse est sur la bonne voie. Il est bien entendu qu’il y a encore un long chemin à parcourir. Le passage d’un pays au statut de pays émergent requiert un développement soutenu pendant des décennies. Alors que la croissance a été forte ces dernières années, ce rythme doit être maintenu pendant plusieurs années pour que la majorité de la population en ressente les bénéfices. Pour maintenir ce taux de croissance à long terme, le secteur privé devrait prendre le relais pour les investissements productifs pendant les années à venir. Il reste plusieurs réformes structurelles à mettre en œuvre pour créer les conditions d’une croissance durable et inclusive qui puisse bénéficier à tous les sous-groupes de la population, par exemple, le foncier, la législation du travail, l’information sur le crédit et la justice commerciale.

La formulation de la stratégie de la deuxième phase du Pse a été, récemment, lancée. Quelles devraient être, à votre avis, les priorités à prendre en compte ?
Pour que le Sénégal atteigne le statut de marché émergent d'ici à 2035, la phase II du Plan Sénégal émergent (Pse) devrait viser à maintenir des niveaux de croissance élevés à moyen terme.

Cela nécessitera des réformes supplémentaires : stimuler le crédit au secteur privé, y compris aux Pme, accroître l'efficacité des investissements publics, réduire les coûts énergétiques et améliorer la fiabilité, améliorer la transparence et le respect des obligations dans l'administration fiscale, et améliorer l'environnement des affaires, y compris dans les zones économiques spéciales (Zes).

Justement, comment ces Zes peuvent-elles contribuer au développement économique du Sénégal ?
Les zones économiques spéciales (Zes) peuvent promouvoir l’investissement privé et jouer un rôle de catalyseur en termes de transformation structurelle. En Afrique subsaharienne, le bilan des Zes au cours des vingt dernières années est, toutefois, plutôt mitigé du fait peut être d’une stratégie peu efficace, axée davantage sur les exonérations fiscales plutôt que sur des incitations non fiscales ou des dispositions réglementaires pertinentes. Néanmoins, sur la période récente, certains pays ont obtenu de meilleurs résultats grâce à un recentrage sur la création de pôles visant à dynamiser les secteurs exportateurs, en favorisant la concurrence et l’amélioration de la qualité et en exploitant mieux les avantages comparatifs des pays (exemple : Rwanda, Éthiopie).

Afin de renforcer l’efficacité des zones économiques spéciales en Afrique subsaharienne, il sera important, notamment, d’avoir une meilleure intégration des programmes de Zes dans les stratégies de développement nationales et régionales, de promouvoir des investissements impliquant davantage le secteur privé national. Il faudra aussi améliorer l’offre d’infrastructures et la fourniture énergétique, promouvoir des relations et des coentreprises entre investisseurs étrangers et sociétés locales. Enfin, il y a nécessité d’adapter la formation au besoin des investisseurs, mais également de se conformer aux normes mondiales de production et de protection de l’environnement.

Quels sont les défis économiques auxquels fait face le Sénégal ?
Sur le plan macroéconomique, il y a trois défis pour une croissance économique durable et inclusive qui bénéficie à la population : maintenir la stabilité macroéconomique tout en répondant aux besoins importants de financement des infrastructures ainsi qu’aux besoins sociaux ; réussir la transformation structurelle qui permet de réaffecter des ressources de secteurs moins productifs vers des secteurs plus productifs au fil du temps. Cela inclut la diversification qui permet le passage à une structure de production plus variée, avec de nouveaux produits et une augmentation de la qualité des produits existants ; développer les Pme dans un pays où plus de 90 % des entreprises sont dans le secteur informel. Il importe de s’attaquer d’abord aux facteurs les plus contraignants pour le développement du secteur privé comme l’accès au financement et la formation de la main d’œuvre.

Entretien réalisé par Abdou DIAW

Au Sénégal, les Petites et moyennes entreprises sont caractérisées par un fort taux de mortalité précoce. L’un des facteurs identifiés est le difficile accès aux financements. Pour arrêter cette mauvaise spirale, le Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes) qui vient de signer avec Cgf Bourses et Cgf Gestion, une convention de partenariat pour la mise en place d’un Plan d’épargne retraite pour ses membres, ambitionne de créer, d’ici à trois ans, une banque entièrement dédiée aux Très petites et moyennes entreprises (Tpme). Dans cet entretien, le président du Cdes, Babacar Diagne, revient, en détail, sur ce projet et pose le diagnostic de la situation des Pme.

M. Diagne, dans quel contexte et pourquoi la Cdes a été créé ?

Le Cdes a été créé en fin 2013 parce que nous avions le souci d’avoir une organisation patronale prête à répondre aux besoins et aux préoccupations que rencontrent les micros et les petites et moyennes entreprises qui constituent 97 % des entreprises immatriculées au Sénégal. Ce vide nous a poussés à prendre notre destin en main et à créer une organisation patronale qui a pour ultime objectif non seulement de fédérer les petites et moyennes entreprises mais aussi de réfléchir à apporter les solutions idoines permettant à ses membres de gagner plus de richesses, de participer de manière inclusive à la croissance économique du Sénégal mais surtout de se promouvoir.

Vous avez trouvé sur place trois organisations patronales, est-ce à dire que celles-ci ne prenaient pas en compte les préoccupations des Pme ?

Ça, c’est un fait. C’est la réalité qui le dit. A part le Cdes, il n’y a pas une autre organisation patronale dont la mission est de répondre aux préoccupations des Pme. La mise en place du Cdes répondait à un fort besoin. Les Pme ont des problèmes de structuration, d’organisation, d’accès aux marchés, d’accès aux financements et éprouvent des difficultés à être représentatives dans les instances décisionnelles du secteur privé national. Or tout cela ne figure pas dans les missions des trois organisations patronales classiques que sont le Cnp, le Cnes et le Meds.

Vous vous considérez comme la locomotive de l’émergence des Pme au Sénégal. Quelles sont vos actions concrètes ?

La liste des actions que nous avons menées est longue. Mais je vais citer quatre points. Depuis la création du Cdes, nous avons réussi à fédérer 25.000 opérateurs économiques répartis dans 115 unités économiques. Nous essayons de les informer sur l’ensemble des opportunités d’affaires. Nous organisons aussi des séries de formations sur la culturelle entrepreneuriale, sur la gestion comptable, sur l’accès aux marchés. Cela a permis à des centaines de micros entreprises d’avoir des agréments au sein de certaines structures et grandes entreprises mais aussi de bénéficier de certains marchés par le biais des demandes de renseignement et des prix. Toutes ces démarches ont été accompagnées d’un comité de suivi et d’un comité de gestion. En 2018, nous avons décidé d’avoir une nouvelle orientation. Le Cdes a une nouvelle vision. Nous voulons nous démarquer totalement de ce que font les organisations patronales classiques. C’est-à-dire rompre avec le patronat folklorique, le patronat de salon (séminaires, conférences, ateliers) pour aller vers un patronat économique.

Qu’est-ce que vous entendez par patronat économique ?

Nous venons de signer un protocole d’accord avec un grand expert-comptable sénégalais pour mettre en place des centres qui permettront d’accompagner la gestion des entreprises sénégalaises dans leur globalité, pas seulement les membres du Cdes. Ce 15 mai, nous avons signé avec Cgf Bourses et avec Cgf Gestion un protocole d’accord nous permettant de mettre en place un plan d’épargne retraite non seulement des employés mais des dirigeants et des associés des entreprises. Ce plan d’épargne retraite va être transformé, dans un an, en un fonds d’investissement qui permettra aux entreprises de bénéficier de financements pour leurs investissements parce que les banques ne jouent pas le jeu pour le moment. Nous avons un problème d’accessibilité aux financements. Et nous sommes en train de réfléchir sur un modèle économique pour mettre en place, au Sénégal, d’ici à 2021/2022, la première banque des Très petites et moyennes entreprises (Tpme). En attendant, le Fonds d’investissement, lui, sera opérationnel d’ici à 2019.

Votre ambition est de vous démarquer du patronat classique en allant à la rencontre des Pme sur le terrain. Mais on sait qu’il y a plus de 400.000 unités économiques, selon l’Ansd. Etes-vous conscient de l’ampleur de votre tâche ?

Nous sommes très conscients de ce qui nous attend même si nous n’avons pas l’accompagnement attendu de certaines structures comme en bénéficient les autres organisations patronales. Notre première mission, nous l’avons faite dans les régions, notamment à Sédhiou. Nous allons dans les coins les plus reculés où l’on note un fort taux de pauvreté. Nous nous sommes rendus à Sédhiou pour mettre en place des unités de transformation. Nous sommes allés aussi à Kolda et à Ziguinchor. Cette année, nous avons prévu de faire les régions du Nord pour non seulement fédérer les micros et petites et moyennes entreprises mais aussi les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets d’investissement. La tâche est lourde. C’est la raison pour laquelle, sans l’accompagnement de l’Etat, c’est très difficile de se déployer un peu partout. Mais nous croyons en notre savoir-faire, en notre dévouement parce que c’est par là que passera l’émergence inclusive. L’émergence doit partir de la base et la base ce sont les micros et les petites et moyennes entreprises. Sur les 400.000 unités dont vous parlez, il faut souligner que plus de 350.000 sont des micros et petites entreprises qui ont des chiffres d’affaires de moins de 250.000 FCfa. Ce sont ces structures qui sont nos cibles et nous sommes la seule organisation patronale à s’intéresser à elles. Nous voulons nous lancer dans des activités qui pourront nous rapporter des revenus et financer tout le plan de gestion, d’investissement triennal que le Cdes veut apporter aux Tpme.

Il est constaté un fort taux de mortalité des Pme au Sénégal. Qu’est-ce qui l’explique selon vous et quelles sont les solutions que vous préconisez pour arrêter cette spirale ?

Cela s’explique par le manque d’organisation en amont de la création d’une entreprise. Souvent les gens créent des entreprises avec 24.000 Fcfa sans maîtriser le marché, sans maîtriser le modèle économique et sans connaître les procédures d’accès aux marchés. Ainsi, ils n’ont aucune visibilité qui leur permet d’accéder aux financements. C’est la raison pour laquelle, au Sénégal, le taux d’entreprises mort-nés est de plus de 75 %. C’est un problème. Depuis trois ans, nous avons mis en place un Comité scientifique pour répondre à cette problématique. Nous avons créé le concept de la « Maison de l’entreprise du Sénégal » (Mes). Avec l’accord de certains bailleurs, nous avons fait de telle sorte que ce projet soit inscrit dans le préambule du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan de cette année. La « Mes » sera une sorte de guichet unique où tous les services d’accompagnement en amont seront logés. Avant de créer une entreprise, on a besoin d’un module de formation, de maîtriser l’environnement du business, ensuite, il y a toute une série d’accompagnements avec des structures étatiques d’appui au secteur privé qui seront logés dans un même bâtiment. Cela permettra de réduire de moitié la mortalité des entreprises au Sénégal.

Et pourtant, l’Etat a mis en place des structures d’accompagnement comme la Bnde, la Fonsis, le Fongip, le Bureau de mise en niveau, sans compter les initiatives privées notamment les Fonds d’investissements…  

C’est parce que ces instruments dont vous parlez ne sont pas conçus pour accompagner des micros et des petites et moyennes entreprises nouvellement créées. Pour le moment, des solutions concrètes et adaptées ne sont pas encore proposées par l’Etat. C’est pourquoi nous avons proposé la mise en place de la « Mes ». Le projet est déjà bien avancé, des membres de structures de l’Etat siègent même au sein du Comité scientifique. Nous avions juste un problème de portage institutionnel. Les micros et petites et moyennes entreprises sont la seule alternative pour créer des emplois au Sénégal. Maintenant, il faut les accompagner, les aider à grandir. Il faut trouver les voies et moyens de leur apporter des solutions sur le plan administratif, organisationnel et financier. C’est dans ce secteur qu’il y a des niches d’emplois. Les grandes entreprises ne vont jamais créer assez d’emplois, ce n’est pas dans leurs missions de toutes façons, elles sont dans la recherche de profit, ce sont des sociétés de capitaux. Seules les Pme peuvent créer les emplois attendus par l’Etat, seulement il faut les accompagner.

Entretien réalisé par : Elhadji Ibrahima THIAM

Le Forum de négociation de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) s’est ouvert, hier, à Dakar. Réunissant les négociateurs en chef des différents pays signataires et les experts juridiques, cette rencontre se penche sur la finalisation des textes juridiques et des annexes de l’accord portant création de ce futur marché commun.

Petit à petit, les éléments devant conduire à la mise en place d’un futur marché commun africain sont en train de se constituer. Ainsi, après la signature le 21 mars dernier à Kigali de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) par 44 pays sur les 55 que compte l’Union africaine, Dakar accueille, depuis hier, un forum relatif à la finalisation des textes juridiques et des annexes de cet accord qui devront être présentés aux chefs d’Etat et chefs de gouvernement, lors du prochain Sommet de l’Union africaine au mois de juillet.

Cette rencontre de quatre jours, qui réunit les négociateurs en chef des différents pays membres ainsi que les experts juridiques, donne le ton d’une série de rencontres qui se dérouleront toutes à Dakar jusqu’au 4 juin. Il s’agit notamment de la 11ème réunion du Forum des Négociateurs de la Zlecaf du 29 au 31 mai 2018 ; la 6ème réunion des hauts fonctionnaires en charge du Commerce, les 1er  et 2 juin 2018 et la 6ème réunion des ministres des Etats membres de l’Union africaine en charge du Commerce, les 03 et 04 juin 2018.

Ces rencontres de Dakar marquent une étape décisive dans le processus de création de la plus grande zone de libre-échange du monde en termes de nombre de pays avec des marchés communs de 1,2 milliard d’habitants et un produit intérieur brut total de 2,5 milliards de dollars. « Nous espérons finaliser, à Dakar, tous les annexes de l’accord. C’est la phase la plus importante parce que sans texte, la Zlecaf ne pourra pas se concrétiser. Or, elle est une étape cruciale vers l’intégration des économies africaines. Sans la Zlecaf et l’intégration économique de l’Afrique, le rêve d’une Afrique unie, forte et prospère ne sera que vain », a martelé Prudence Sebahizi, Chef de l’unité chargé des négociations sur la Zlecaf à l’Union africaine.

C’est à Dakar donc que se prépare la deuxième phase des négociations. La première lancée en 2015 a permis d’aboutir à la signature de l’accord en mars dernier et d’élaborer plusieurs textes portant essentiellement sur le commerce des marchandises, le commerce des services et le règlement des différends. La deuxième étape des négociations sera consacrée aux investissements, aux services, à la propriété intellectuelle et à la concurrence. « C’est une phase qui requiert autant d’attention, de compétence, d’expertise et d’engagement pour réussir cette magnifique aventure qui est de construire ce marché commun africain.

L’Afrique bat souvent de tristes et mauvais records mais en la matière, il s’agit d’un beau record : créer le plus grand marché au monde », a indiqué Fallou Samb, conseiller en commerce du président de la République. Cependant, a-t-il ajouté, il faudra d’abord relever un certain nombre de défis. Par exemple, faire en sorte que le maximum de pays ratifie l’accord. Pour l’instant, sur les 44 signataires, il n’y a que quatre pays qui l’ont fait : le Ghana, le Rwanda, le Kenya et le Niger. Le Sénégal ne devrait pas tarder à rejoindre ce cercle, selon le secrétaire général du ministère du Commerce, Makhtar Lah, qui assure que toutes les dispositions sont déjà prises pour que le Sénégal ratifie l’accord de la Zlecaf dans les meilleurs délais.

Si en termes numérique la Zlecaf sera la plus grande expérience d’intégration économique, le défi sera  de le transformer en expérience d’intégration économique la plus importante  en termes de volume et de flux d’échanges. C’est la conviction de Makhtar Lah. « Nos échanges intracommunautaires ne dépassent guère 15 %, alors que dans les autres zones d’intégration, la moyenne se situe entre 50 et 70 %. Au-delà du nombre, le défi qui nous interpelle est de tout mettre en œuvre pour que cette importance numérique se traduise en importance de volume. La mise en place de la Zlecaf est un message fort que nous envoyons au reste du monde pour lui dire que nous comptons désormais jouer pleinement notre rôle dans l’économie mondiale », a-t-il soutenu.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Les rideaux sont tombés sur les Assemblées annuelles de la Bad à Busan, en Corée du Sud.  L’institution bancaire a enregistré 8,7 milliards de dollars d’approbation et plus de 7 milliards de dollars de décaissements au cours de l’année 2017. L’édition 2019 de ces assemblées annuelles de la Bad aura lieu à Malabo, en Guinée équatoriale.

Les 53èmes Assemblées annuelles de la Bad se sont achevées, hier vendredi, à Busan, en Corée du Sud, dans un climat de satisfaction générale. Deux décisions majeures ont été prises. Il s’agit de la décision du Conseil des gouverneurs d’autoriser l’ouverture des consultations en vue de l’augmentation générale du capital de la Banque. L’autre décision est relative à l’organisation de l’édition 2019 des assemblées annuelles en Guinée équatoriale. Selon le communiqué final, à l’issue de sa troisième et dernière session, vendredi, le Conseil des gouverneurs a salué les performances de la banque en 2017, qui a enregistré 8,7 milliards de dollars américains d’approbation et plus de 7 milliards de dollars de décaissements, des résultats jamais atteints depuis sa création en 1964. « Nous, gouverneurs, réunis à Busan, prenons note de l'augmentation des décaissements en 2017, la plus élevée de l'histoire de la banque. À cet égard, nous saluons les réalisations de la banque et l'encourageons à faire plus en matière d'efficience et d'impact sur le développement », lit-on dans ce  communiqué. Grâce à ses bonnes performances, la banque a pu accroître son revenu net. «Sa gestion prudente des risques financiers et opérationnels a ainsi permis d’affecter un volume sans précédent dans l’histoire de la banque aux réserves », renseigne  le document. Les débats des 53èmes Assemblées annuelles ont également mis en évidence la nécessité d’associer la recherche de financements extérieurs à la mobilisation de ressources internes, notamment à travers une gestion plus efficace des finances publiques et une lutte sans merci contre les flux financiers illicites qui sortent du continent africain.

Akinwumi Adesina, président de la Bad
«Ces assemblées annuelles ont été un formidable succès collectif»
Lors de la cérémonie de clôture,  le président de la Bad s’est félicité de la bonne organisation de ces assemblées annuelles. « De tout point de vue, ces assemblées annuelles ont été un formidable succès collectif. Grâce à tous, et particulièrement à nos hôtes coréens, nous avons pu travailler dans de meilleures conditions pour arriver à cet excellent résultat », a-t-il déclaré.        

Opérations du groupe de la Bad : 8,8 milliards de dollars approuvés en 2017

Au cours de ces assemblées annuelles, l’institution a  présenté ses opérations pour l’année 2017. La vice-présidente par intérim chargée des finances et trésorière de la Bad, Hassatou N’Sele, qui présentait les opérations de la Bad, a noté qu’au cours de cette année écoulée, 8,8 milliards de dollars ont été approuvés pour 249 opérations sous l’impulsion des cinq domaines prioritaires de la banque. Elle a détaillé les résultats obtenus des projets achevés en 2017. Ainsi, ce sont 8,5 millions de personnes qui ont bénéficié des améliorations dans l’agriculture. Dans le secteur de l’énergie, la Bad a permis l’installation de 460 Mw de nouvelles capacités électriques dont 33% en énergies renouvelables, poursuit-elle.

La Bad a également construit ou remis en état 2500 km de routes et facilité l’accès aux services financiers pour 210.000 propriétaires exploitants et petites entreprises. La Bad a également permis à 8,3 millions de personnes d’avoir accès à l’eau et à l’assainissement, entre autres secteurs. Pour éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, la Bad a approuvé 1,7 milliard de dollars en 2017. Dans le secteur agricole, les approbations pour cette année 2017, se sont élevées à 1,2 milliard de dollars sur 50 opérations. En ce qui concerne le Sénégal, l’institution rappelle avoir contribué au financement de la première phase du projet du Train express régional (Ter) Dakar-Aibd à hauteur de 183 millions d’euros.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

 

Le gouvernement de la Corée et la Bad ont signé une lettre d’intention en vue du lancement du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique (Fie) devant fournir un appui significatif au New Deal pour l’énergie en Afrique. La Corée consent à mettre à la disposition de ce fonds un montant de près de 335 milliards de FCfa pendant une période de 5 ans, sous forme de financements concessionnels et non concessionnels. C’était lors des 53ème assemblées annuelles de la Bad qui se tiennent à Busan en Corée du Sud, depuis le 21 mai.

La Banque africaine de développement (Bad) et la Corée renforcent leur coopération. Hier, à Busan, les deux parties ont signé une lettre d’intention en vue du lancement du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique (Fie). Ce qui devait permettre de fournir un appui significatif au New deal pour l’énergie en Afrique dont l’objectif est d’assurer l’accès universel à l’énergie sur le continent. La signature du document a eu lieu hier au cours de la réunion de la Coopération économique Corée-Afrique (Koafec), en marge des à Busan. Selon la Bad, c’est lors de la Conférence ministérielle du Koafec de 2016 qu’il a été reconnu qu’un meilleur accès à l’énergie est un facteur stratégique dans la modernisation et la transformation des économies africaines. Le Fonds contribuera aux efforts déployés par l’Afrique pour parvenir à l’accès universel à l’énergie et pour transformer ses systèmes énergétiques.

Dans cette Facilité, la Banque prendra la direction de l’élaboration de projets de développement en étroite consultation avec les pays membres régionaux. La Corée se tient prête à mettre à disposition un montant de 600 millions de dollars Eu, soit près de 335 milliards de FCfa, pendant une période de 5 ans, sous forme de financements concessionnels et non concessionnels pour diverses opérations énergétiques, notamment la fourniture d’électricité aux foyers, aux écoles, aux hôpitaux, à l’agriculture et aux industries. Par ailleurs, le fonds appuiera l’intégralité des activités y relatives – préparation, construction et opérations – grâce à un mix financement-assistance technique.

La Corée a également signé un protocole d’entente avec Power Africa au cours de la même rencontre, soulignant ainsi son intention d’appuyer le secteur de l’énergie africaine, notamment les infrastructures pour les lignes de transport d’électricité.

La Bad est un partenaire fondateur de l’initiative Power Africa, dirigée par les États-Unis, et elle a l’intention de travailler en étroite collaboration avec la Corée et cette initiative.

Akinwumi Adesina, le président de la Bad a remercié le gouvernement coréen pour son soutien de longue date à son institution et au continent africain, et il a salué l’appui de la Corée au par le biais du Fonds qui, a-t-il déclaré, représentera « une contribution importante à l’accès universel à l’énergie en Afrique ».

Dong Yeon Kim, le vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances de la Corée, a souligné que « l’Afrique est en train de faire face au manque d’électricité, raison pour laquelle son pays appuie fermement le High 5 «Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie » de la Bad, notamment par l’intermédiaire du Fonds d’investissement en énergie Corée-Afrique ».

La Banque et le gouvernement de la Corée travailleront sur les modalités détaillées de sa mise en œuvre au cours des prochaines semaines, afin de soutenir efficacement les projets avant la fin de l’année en cours.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

AGRICULTURE, ENERGIE, INFRASTRUCTURES, TIC : 5 MILLIARDS DE DOLLARS POUR L’AFRIQUE POUR 2019 ET 2020
Pour les années 2019 et 2020, la Corée du Sud s’est engagée à mobiliser 5 milliards de dollars américains, soit 2.790 milliards de FCfa, en faveur de projets en Afrique notamment dans l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, le partage de connaissance. L’annonce a été faite hier, par Kim Dong-Yeon, Vice-Premier ministre, ministre de la Stratégie et des Finances. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse, en présence du président de la Bad, Akinwumi Adesina, à la suite de la réunion interministérielle de la Koafec.

Il a précisé qu’au moins un cinquième de ce montant, soit un milliard de dollars, sera destiné au financement des infrastructures de transmission électrique. La Corée du Sud entend apporter ce soutien aux pays africains dans le Power Africa, une initiative des Etats-Unis. « Là où nous pouvons apporter notre expertise au profit de l’Afrique, nous le ferons. Nous voulons au-delà du partenariat, la coprospérité », a-t-il dit non sans ajouter que la coopération avec la Bad sera renforcée.

A. KANDE

GESTION DES RESSOURCES PUBLIQUES : L’ÉMIR DE KANO INVITE LES DIRIGEANTS AFRICAINS À PLUS DE TRANSPARENCE
Sanussi II LamidoPlus de transparence dans la gestion des deniers publics en Afrique, c’est ce que recommande l’émir de Kano, Sanussi II Lamido. L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria intervenait lors d’un panel à l’occasion des assemblées annuelles de la Bad à Busan en Corée du Sud.

L’émir de Kano, Sanussi II Lamido, ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a exhorté, hier, à Busan, en Corée, les États africains à faire plus de transparence dans la gestion de leur économie, estimant que la corruption est un véritable frein au développement du continent. Il intervenait lors d’un panel de haut niveau co-animé avec plusieurs ministres africains, en présence du président de la Bad. « Les perceptions comptent beaucoup. Il est donc urgent d’améliorer la transparence dans nos États, car celle-ci est clairement liée à la bonne gouvernance », a-t-il affirmé. Selon la meilleure manière de lutter contre la corruption en Afrique, c’est de commencer par reconnaître qu’elle existe. « Nous devons accepter que nous avons un problème de transparence puis commencer à le résoudre. Nous devons nous attaquer à la corruption, bloquer les fuites de capitaux et créer des opportunités de créer de nouveaux emplois », a assuré l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria. Il a également plaidé pour que les États africains s’abstiennent des mesures qui affaiblissent la gestion transparente des affaires publiques et encouragent la contrebande transfrontalière et la perte de revenus. Au cours de ce panel, plusieurs autres orateurs ont abondé dans le sens de l’émir de Kano, en évoquant les expériences vécues dans leurs pays et en soulignant les retombées positives de la transparence dans la gestion des affaires publiques. « L’Algérie est, aujourd’hui, une économie stable à croissance rapide, autrefois en proie au terrorisme », a affirmé le ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouya également gouverneur de la Bad.

Pour sa part, le ministre érythréen des Finances, Berhane Habtemariam, également gouverneur de la Bad, a réitéré l’adhésion totale de son pays à la lutte contre la corruption et les efforts d’assainissement de l’économie engagée par son gouvernement, en dépit du contexte marqué par près de 20 ans de guerre. « L’Angola a négligé l’économie non pétrolière pendant de nombreuses années ; cela est en train de changer. La transparence a toujours été un problème, un défi majeur pour nous en Angola. Mais, le gouvernement s’efforce maintenant de changer la perception d’un Angola corrompu », a argumenté la Secrétaire d’État angolaise au Budget, Aia-Eza Nacilla Gomes Da Silva.

A. KANDE

SECTEUR DES TIC EN AFRIQUE : LES START-UP PEUVENT AIDER À RELEVER LES DÉFIS
L'entrepreneur marocain, Pdg et cofondateur d’Atlan Space® en 2016, Badr Idrissi, l’un des quatre jeunes à partager leurs expériences au public, a déclaré au cours de l’atelier sur thème : « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », que son entreprise est une start-up qui a pour mission de développer l'intelligence artificielle pour guider et coordonner les réseaux de drones afin de permettre aux gouvernements de surveiller des zones géographiques très vastes, de détecter les menaces et intrusions, et de neutraliser les risques. Il révèle comment les nouvelles technologies de l'information permettent aux entrepreneurs africains de lancer facilement des start-ups pour résoudre les défis auxquels le continent fait face. En particulier, il a démontré comment sa société franchit les limites de l'aéronautique sans pilote, de sorte que les réseaux de drones peuvent fonctionner de manière autonome et sans interaction humaine, permettant ainsi aux institutions africaines de lutter contre la pêche et l'exploitation minière illégales, la déforestation et le braconnage. Enfin, il a souligné les compétences (techniques et autres) que les jeunes africains doivent d'ores et déjà perfectionner pour matérialiser la quatrième révolution industrielle sur le continent.

A. KANDE

L'entrepreneur marocain, Pdg et cofondateur d’Atlan Space® en 2016, Badr Idrissi, l’un des quatre jeunes à partager leurs expériences au public, a déclaré au cours de l’atelier sur thème : « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », que son entreprise est une start-up qui a pour mission de développer l'intelligence artificielle pour guider et coordonner les réseaux de drones afin de permettre aux gouvernements de surveiller des zones géographiques très vastes, de détecter les menaces et intrusions, et de neutraliser les risques. Il révèle comment les nouvelles technologies de l'information permettent aux entrepreneurs africains de lancer facilement des start-ups pour résoudre les défis auxquels le continent fait face. En particulier, il a démontré comment sa société franchit les limites de l'aéronautique sans pilote, de sorte que les réseaux de drones peuvent fonctionner de manière autonome et sans interaction humaine, permettant ainsi aux institutions africaines de lutter contre la pêche et l'exploitation minière illégales, la déforestation et le braconnage. Enfin, il a souligné les compétences (techniques et autres) que les jeunes africains doivent d'ores et déjà perfectionner pour matérialiser la quatrième révolution industrielle sur le continent.

A. KANDE

Plus de transparence dans la gestion des deniers publics en Afrique, c’est ce que recommande l’émir de Kano, Sanussi II Lamido. L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria intervenait lors d’un panel à l’occasion des assemblées annuelles de la Bad à Busan en Corée du Sud.

L’émir de Kano, Sanussi II Lamido, ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a exhorté, hier, à Busan, en Corée, les États africains à faire plus de transparence dans la gestion de leur économie, estimant que la corruption est un véritable frein au développement du continent. Il intervenait lors d’un panel de haut niveau co-animé avec plusieurs ministres africains, en présence du président de la Bad. « Les perceptions comptent beaucoup. Il est donc urgent d’améliorer la transparence dans nos États, car celle-ci est clairement liée à la bonne gouvernance », a-t-il affirmé.

Selon la meilleure manière de lutter contre la corruption en Afrique, c’est de commencer par reconnaître qu’elle existe. « Nous devons accepter que nous avons un problème de transparence puis commencer à le résoudre. Nous devons nous attaquer à la corruption, bloquer les fuites de capitaux et créer des opportunités de créer de nouveaux emplois », a assuré l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria. Il a également plaidé pour que les États africains s’abstiennent des mesures qui affaiblissent la gestion transparente des affaires publiques et encouragent la contrebande transfrontalière et la perte de revenus. Au cours de ce panel, plusieurs autres orateurs ont abondé dans le sens de l’émir de Kano, en évoquant les expériences vécues dans leurs pays et en soulignant les retombées positives de la transparence dans la gestion des affaires publiques. « L’Algérie est, aujourd’hui, une économie stable à croissance rapide, autrefois en proie au terrorisme », a affirmé le ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouya également gouverneur de la Bad.

Pour sa part, le ministre érythréen des Finances, Berhane Habtemariam, également gouverneur de la Bad, a réitéré l’adhésion totale de son pays à la lutte contre la corruption et les efforts d’assainissement de l’économie engagée par son gouvernement, en dépit du contexte marqué par près de 20 ans de guerre. « L’Angola a négligé l’économie non pétrolière pendant de nombreuses années ; cela est en train de changer. La transparence a toujours été un problème, un défi majeur pour nous en Angola. Mais, le gouvernement s’efforce maintenant de changer la perception d’un Angola corrompu », a argumenté la Secrétaire d’État angolaise au Budget, Aia-Eza Nacilla Gomes Da Silva.

A. KANDE


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