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Economie (3294)

La cherté de l’aliment de bétail inquiète les éleveurs aux portefeuilles mal garnis. Il faut débourser au minimum 13.000 FCfa pour avoir un sac d’aliment de bétail.

A cause de la sécheresse, l'herbe se fait rare et le bétail peine à se nourrir. Le marché de Linguère est bien approvisionné en aliments de bétail et les éleveurs qui veulent en acheter vont devoir casser leur tirelire. Les prix ont connu une forte hausse. Ils passent du simple au double. Les difficultés d'approvisionnement et le coût élevé des aliments de bétail au marché hebdomadaire de Linguère qui se tient chaque vendredi, hantent le sommeil des éleveurs qui tentent l’impossible pour sauver leur bétail. Des centaines de sacs d’aliment de bétail sont parqués dans les magasins et attendent d’être convoyés par les éleveurs. Le seul hic, c’est le prix que les acheteurs trouvent exorbitants. « Nous ne tenons plus le coup », a laissé entendre un éleveur trouvé au marché, soulignant que le prix du sac d’aliment de bétail en provenance du Mali, communément appelé «Kita» a doublé. « Jadis, nous achetions le sac à 8.000 FCfa, alors que présentement le prix varie entre 14.000 et 16.000 de FCfa», confie -t-il. Il affirme que ces prix ont obligé certains éleveurs à vendre une partie de leurs troupeaux afin de se procurer de cet aliment qui est essentiel pour la survie du bétail. Dans le même sillage, un vendeur trouvé au marché hebdomadaire de Ranérou, juge exorbitant le prix du sac d’aliment de bétail. «L'aliment bétail constitue un casse-tête pour nous les éleveurs qui éprouvons des peines énormes pour trouver l’aliment du bétail », se défend Oumar Kâ. Il interpelle le ministre de l’Elevage et des Productions animales pour qu’il augmente le quota de la zone silvo-pastorale surtout en cette période de soudure.

Masse NDIAYE

L’atelier organisé hier par le Comité national de négociations commerciales internationales sur la Zone de libre-échange continentale africain (Zleca), a servi de cadre à ses membres de présenter la Zleca et ses opportunités au secteur privé national afin de vendre plus et mieux leurs produits dans tout l’espace africain sans aucune contrainte.

Cette rencontre est la première du genre après la signature de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africain (Zleca) le 21 mars dernier par 44 chefs d’Etat et de gouvernement africain à Kigali (Rwanda). L’objectif visé par les membres du Comité national de négociations commerciales internationales sur la Zleca est d’outiller davantage les opérateurs privés économiques nationaux pour ne pas rater le train du commerce intra-africain et tirer le maximum de profits des opportunités offertes par la Zleca. Le ministre du Commerce, Alioune Sarr a relevé l’« enjeu extrêmement important qu’est la Zleca avec un certain nombre de secteurs du commerce de marchandises et de services qui sont libéralisés à 90% et 10% qui sont exclus de cette libéralisation». Selon lui, cet atelier est à saluer car cette initiative participe « aux échanges entre le gouvernement représenté par son ministère, celui de l’Economie et des Finances ainsi que le ministère de l’Industrie et les entreprises pour mieux vendre aussi bien au niveau local qu’au niveau continental ». Ainsi, pour être plus outillé sur la Zleca dans l’optique de mieux vendre ses produits et se protéger contre certains de ses effets jugés néfastes, il a invité les chefs d’entreprises sénégalais à répondre aux invitations de la directrice du commerce extérieur, par ailleurs, présidente du Comité de négociations internationales, Asongue Diatta. Cet appel est d’autant plus pertinent que, selon le ministre, « des échanges auront lieu dans les prochains jours sous la houlette du Comité national et vont porter sur la concurrence, les investissements, les droits de propriété intellectuelle, entre autres sujets qui seront abordés ». Le secteur privé présent pense qu’il est trop tôt de signer parce pas encore suffisamment structuré et suffisamment prêt pour aller à l’aventure. Autant de craintes que la session du comité national a tenu à dissiper en les rassurant qu’ils ne seront pas laissés à eux-mêmes en listant des secteurs qui seront exemptés de cette libéralisation annoncée donc protégés. Pour le ministre du Commerce, « dans un premier temps, c’est le commerce de marchandises et de services qui seront inscrits dans l’accord ». Considérant que le secteur des services, qui regroupe les services financiers, bancaires, télécommunications, transports aériens…, « est extrêmement important pour l’économie nationale », il est d’avis que « le Sénégal évidemment identifiera et analysera les secteurs qu’il considère comme des secteurs à ne pas libéraliser, mais aussi verra quels sont les accompagnements à apporter, les mises à niveaux à faire sur le tissu de production et de la formation pour faire du privé national un vrai acteur».

Mamadou Lamine DIEYE

Le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement a démarré, hier, un programme national de formation des chauffeurs professionnels. Ce programme vise le renforcement de capacités de 1 à 2% des chauffeurs professionnels détenteurs d’un permis de conducteurs poids lourd. Pour l’étape de Dakar, 600 chauffeurs sont concernés.

Pour réduire les accidents de la circulation qui font en moyenne plus de 600 morts chaque année au Sénégal, le ministère des Transports terrestres et du Désenclavement, à travers la direction des transports routiers a lancé, hier, le programme national de formation des chauffeurs professionnels. Ce programme de formation complémentaire vise 1 à 2% des chauffeurs détenteurs d’un permis de conducteurs poids lourd établis sur toute l’étendue du territoire national. La première phase de cette formation complémentaire, démarrée lundi pour la zone de Dakar, concerne près des transports routiers a commis le consultants Ibrahima Ndiaye, ingénieur économiste des transports pour conduire et organiser la mise en œuvre de ce programme de formation. Selon ce dernier, l’objectif général visé est de contribuer à la modernisation et à la professionnalisation du secteur des transports, à l’amélioration de la sécurité routière et de la productivité de l’industrie du transport, à travers la formation des chauffeurs professionnels. Selon le consultant, les modules prioritaires sont, entre autres, le Code de la route ; la réglementation des transports avec le temps de repos, le temps de conduite, l’autorisation de transport, la réglementation sur les transports inter-Etats avec les accords et l’intégration sous régionale. La conduite économique, l’entretien préventif, le secourisme et quelques notions de sécurité routière seront aussi abordés avec les chauffeurs.

Pour cette formation, le consultant a élaboré une liste de 10 conseils pour les chauffeurs, notamment pour éviter de téléphoner au volant. «Bien sûr, dès qu’il sonne, on a qu’une envie : décrocher.

Sauf qu’au volant entre téléphoner ou conduire, il faut choisir», martèle M. Ndiaye. Pour éviter la tentation du téléphone au volant, M. Ndiaye conseille aux chauffeurs d’éteindre leur portable ou de le mettre en mode avion avant de prendre le volant ; de le mettre au coffre ou de demander au passager de répondre pour vous ; de faire une pause pour répondre à défaut. Le formateur rappelle aux chauffeurs aussi que téléphoner avec un kit est presque aussi dangereux que sans kit. «Ce n’est pas le fait de tenir le téléphone en main qui est dangereux, mais la distraction causée par la conversation qui nous emmène ailleurs que sur la route», rappelle-t-il. La formation permettra d’aborder, avec les chauffeurs, le respect des signalisations routières, des limitations de vitesse, le respect des capacités de chargement, du temps de conduite et de repos et de l’hygiène de vie.

Après la première phase de Dakar, prévue du 14 au 27 mai, la formation se poursuivra à l’intérieur du pays par zone géographique. Après Dakar, ce sera autour de Thiès de recevoir la formation, du 28 mai au 02 juin, Diourbel du 04 au 06 juin ; La zone centre avec Kaffrine, Fatick et Kaolack recevront les formateurs du 07 au 09 juin. Saint Louis, Louga et Matam vont accueillir les formateurs du 11 au 13 juin ; Tambacounda et Kédougou (18 au 20 juin) ; les 22 et 23 juin, ce sera autour de Ziguinchor et Sédhiou de recevoir les formateurs et Kolda sera la dernière étape du 25 au 27 juin.

Après la formation, les chauffeurs recevront une attestation montrant qu’ils ont bénéficié d’un renforcement de capacités dans leur domaine d’activité. La liste des chauffeurs professionnels devant subir cette formation a été dressée sur la base des informations fournies  par les regroupements des syndicats de chauffeurs et transporteurs. 

Oumar KANDE

La cérémonie officielle d’ouverture des 53ème Assemblées annuelles de la Bad s’est déroulée, hier, à Busan, en Corée du Sud. Une occasion, pour le président de cette institution, tout comme les Premiers ministres marocain et rwandais et le vice-Premier ministre coréen, de faire un véritable plaidoyer pour accélérer l’industrialisation du continent.

C’est à un véritable plaidoyer sur l’urgence d’accélérer l’industrialisation de l’Afrique que les participants aux 53ème assemblées annuelles de la Bad ont assisté hier. C’était lors de la cérémonie officielle d’ouverture de ces rencontres qui se déroulent à Busan en Corée du Sud du 21 au 25 mai. Le ton a été donné par le président de la Bad, Akinwumi Adesina, en présence des Premiers ministres du Maroc et du Rwanda, du vice-Premier ministre de la Corée, des ministres africains, des responsables de la Bad, de représentants d’institutions internationales et de nombreux autres participants. Ces dirigeants marocain, rwandais et coréen ont tous appelé à l’industrialisation du continent. « L’Afrique doit apprendre sur l’expérience de la Corée, de la Chine et du Japon. Parce qu’elle est en train de se désindustrialiser avec des pertes énormes », a déclaré M. Adesina. Il reste convaincu que c’est l’une des voies pour le développement du continent et pour le règlement du problème de l’emploi des jeunes. Selon lui, chaque année, ce sont près de 11 millions de jeunes africains qui arrivent sur le marché du travail dont seulement 3 millions parviennent à s’insérer. Le président de la Bad regrette le fait que l’Afrique se retrouve au bas de la chaine de valeur. Il évoque le cas du cacao produit principalement dans le continent, mais qui est transformé ailleurs tout comme l’or. «Chaque année, l’Afrique produit 75% du cacao mondial. Cependant, elle ne tire que 5% des 120 milliards de dollars de revenus générés par le marché du chocolat », a-t-il déploré. Pour l’or, poursuit-il, l’Afrique représente 50% des productions, mais ne bénéficie que de 4% des revenus sur un marché de 300 milliards de dollars par an. Pour inverser la tendance, il appelle à l’industrialisation.

Il a saisi cette occasion pour rappeler que la Bad a lancé, en 2016, sa stratégie pour l’industrialisation de l’Afrique couvrant la période 2016 – 2025. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution va investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique. En même temps, la Bad va aider le continent dans l’industrialisation de l’agriculture en soutenant les besoins des pays dans la mise en œuvre des zones de cultures de base pour faciliter la création d’agribusiness et d’industries connexes, le tout supporté par des infrastructures intégrées : routes, électricité, eau Tic. L’objectif étant de créer de nouvelles zones économiques en milieu rural. L’autre initiative, poursuit-il, est d’investir dans les nouveaux moyens d’industrialisation : parcs technologiques, programmes d’incubation, et d’accélération, connexion des Pme aux pôles d’industrialisation. En plus, la Bad appelle à se focaliser sur l’appui au secteur privé en restant équitable dans les investissements. Ce qui implique les Pme. L’autre moyen de favoriser l’industrialisation, c’est de continuer à soutenir le développement des marchés financiers, mais également encourager le partenariat nord-sud et sud-sud par le développement industriel.

Investissement de 35 milliards de dollars
Le Premier ministre rwandais a, à son tour, insisté sur la nécessité d’accélérer le processus d’industrialisation du continent. Edouard Ngirente affirme que le thème des assemblées annuelles est une occasion, pour les participants, de réfléchir sur l’industrialisation qui est un catalyseur pour le développement. « L’industrialisation permet de créer de l’emploi, des revenus et la prospérité. Mais la participation de l’Afrique dans la chaine de valeur mondiale est de 2% », a-t-il dit. Pour changer la tendance, il souligne qu’il faut une volonté politique, un secteur privé dynamique.

Un autre dirigeant africain, qui a plaidé pour l’accélération de l’industrialisation du continent africain, c’est Saadeddine El Othmani, le Premier ministre du Maroc. « Il faut croire en l’Afrique, avoir une volonté d’intégration pour aller à l’industrialisation. Le Maroc a cette orientation politique », a-t-il confié. Il a rappelé que son pays dispose, depuis trois ans, d’un plan d’accélération industrielle. Selon lui, pour accélérer l’industrialisation, il faut un financement adéquat, suffisant, mais également des infrastructures notamment dans les zones urbaines et les étendre dans le monde rural. Il pense qu’il faut également une main d’œuvre qualifiée, des cadres compétents.

Le vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances coréen, Dong Yeon Kim pense que le moment est venu pour accélérer l’industrialisation de l’Afrique. Il estime que même si certains pays ont réalisé des taux de croissance importants, le potentiel du continent n’a pas encore été réalisé. « L’industrialisation est nécessaire. Le moment est venu. C’est ce qu’a compris la Bad en faisant de ce secteur une priorité », a déclaré M. Kim.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

Pour réussir l’industrialisation de l’Afrique, les jeunes doivent être bien formés. C’est ce que pense Akinwumi Adesina, le président de la Bad. C’est pourquoi, il invite les pays africains à préparer leurs ressources humaines. « L’Afrique doit rapidement bâtir une main d’œuvre compétitive et spéciale pour son industrialisation. L’Afrique doit préparer les jeunes aux métiers du futur et non du passé. Elle ne doit pas être en reste », a-t-il martelé. L’Afrique, ajoute le président de la Bad, doit aller de l’avant en changeant les chaines de valeurs. Il recommande également de mettre en place un système de formation de qualité notamment la digitalisation, les mathématiques, les sciences, la biotechnologie, l’ingénierie, l’intelligence artificielle, la robotique. Des domaines à son avis, qui domineront la quatrième révolution industrielle. Elle ne doit donc pas être en reste », a-t-il dit. C’est dans ce cadre, souligne-t-il, que la Bad a augmenté ses appuis dans ces domaines en créant des centres d’excellence dans plusieurs universités au Nigéria, Kenya, Rwanda et en investissant dans des parcs technologiques en Ethiopie au Cap-Vert et au Sénégal. Dans la même lancée, il invite les pays africains à tirer profit de l’économie numérique et à investir dans les infrastructures pour ce secteur. Tout comme Akinwumi Adesina, Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale recommande, à son tour, d’investir dans le capital humain. « Il faut investir dans l’éducation et la santé. Les pays qui ont investi dans ces deux domaines ont eu les meilleurs résultats », explique-t-il. «Si l’on a un système de formation performant et adéquat, on peut accompagner cette industrialisation », souligne le chef du gouvernement marocain, Saadeddine El Othmani.

A. KANDE

Deux semaines après avoir réussi son processus de Validation, le Comité national Itie est revenu en détail, hier, à la faveur d’une conférence de presse, sur le processus d’évaluation qui a permis au Sénégal d’obtenir la mention « Progrès satisfaisants » dans la mise en œuvre de la Norme Itie.

Sur la fiche d’évaluation du Conseil d’administration de l’Itie mesurant le niveau de progrès de mise en œuvre des exigences de la Norme Itie, présentée à la presse hier, tous les clignotants sont au vert foncé pour le Sénégal sur l’ensemble des 33 critères entrant en ligne de compte dans cette notation. Pour certains critères, comme « l’engagement du gouvernement », « politique sur la divulgation des contrats », « dépenses sociales obligatoires », le Sénégal a même dépassé le seuil qui était fixé. On comprend donc pourquoi l’instance faîtière de l’Itie lui a attribué la mention « Progrès satisfaisants », faisant ainsi du Sénégal le premier en Afrique et le quatrième au monde à atteindre ce niveau de progrès constituant la note la plus élevée.

Ces performances ont valu au Groupe multipartite (Secrétariat permanent Itie, organisations de la société civile, entreprises extractives…) les félicitations du Conseil d’administration de l’Itie. « C’est une très bonne chose et une étape importante dans un voyage plus long vers la transparence et la redevabilité dans un secteur très important pour le Sénégal. En perspective de l’exploitation gazière et pétrolière, il est important d’avoir des systèmes qui permettent la transparence et la redevabilité pour s’assurer que les revenus sont utilisés à bon escient », a déclaré Dylan Gerald, directeur régional au Secrétariat international de l’Itie qui prenait part à la rencontre d’information avec la presse sur le processus d’évaluation des progrès accomplis en matière de transparence dans les industries extractives.

Le Conseil d’administration de l’Itie s’est félicité que la mise en œuvre de l’Itie ait impacté et influencé des réformes en améliorant la gestion des finances publiques. Cependant, par la voix de M. Gerald, il encourage le Sénégal à consolider les acquis pour s’assurer des mêmes résultats, lors de la prochaine Validation prévue dans trois ans. Selon lui, le Sénégal est un pionnier en Afrique et il doit le rester en menant à bien d’autres chantiers qui tiennent à cœur l’Itie comme la propriété réelle, la divulgation systématique et régulière des données Itie. « La divulgation des données ne doit plus se faire seulement à travers le Rapport Itie, elle doit être intégrée par défaut dans le fonctionnement de l’administration des entreprises. L’Itie doit continuer de jouer un rôle important notamment sur les questions de redistribution des revenus », a-t-il indiqué.

Consolider les acquis
Le souci de la consolidation des acquis est partagé par les organisations de la société civile lesquelles ont joué un rôle déterminant dans le processus qui a valu au Sénégal ces bons résultats. « Au moment où d’autres pays ont été exclus de l’Itie parce que la société civile n’a pas eu l’espace nécessaire pour s’exprimer, au Sénégal, celle-ci a été la clé de voûte de la mise en œuvre de la Norme. Elle a fait preuve de maturité, d’engagement, de dévouement durant tout le processus. Toutes les décisions prises par le Comité national, l’ont été de manière collégiale et consensuelle », a soutenu Abdou Aziz Diop qui parlait en leur nom. Etant donné que la transparence est une quête perpétuelle, il a invité le Comité national à maintenir la cadence pour que le Sénégal continue d’occuper le haut du pavé.

Du côté des sociétés extractives, on se satisfait aussi des performances du Sénégal qui, souligne Elhadji Diallo de la compagnie Fortesa, sont l’aboutissement d’un travail collégial. « Si nous avons accepté d’accompagner le processus de mise en œuvre de la Norme Itie, c’est parce que nous sommes persuadés qu’avec la transparence, tout le monde gagne mais c’est surtout les entreprises qui gagnent le plus », a-t-il dit. Pour Mamadou Mbaye, Conseiller technique du Premier ministre, l’Etat avait fait un pari et avait pris des risques en adhérant à l’Itie alors que rien ne l’y obligeait. Aujourd’hui, c’est un pari gagné qui témoigne, à l’en croire, la volonté des pouvoirs publics de promouvoir une gouvernance transparente des ressources minérales. « Ces bons résultats donnent une crédibilité internationale au Sénégal. Et puis dans le cadre du Doing Business, c’est un signal fort que notre pays offre un environnement des affaires attractif », a-t-il martelé.

Elhadji Ibrahima THIAM


DEUX RENCONTRES INTERNATIONALES À DAKAR EN OCTOBRE 2018 ET EN JANVIER 2019
Les performances du Sénégal en matière de mise en œuvre des exigences de la Norme Itie expliquent-elles la tenue à Dakar, en octobre prochain et janvier 2019, de deux rencontres internationales relatives à la gouvernance des ressources minérales ? Tout porte à le croire. En effet, la Conférence nationale africaine sur la propriété réelle se tiendra en fin octobre dans la capitale sénégalaise qui sera couplée avec le Conseil d’administration du Forum civil. Trois mois plus tard, en janvier 2019, l’Assemble mondiale de « Publish what do you pay » (Publiez ce que vous payez) se tiendra à Dakar, une première, en terre africaine.

Elh. I. THIAM

La Corée du sud a réaffirmé, hier, son engagement pour appuyer davantage les pays africains. Les plus hautes autorités du pays se sont prononcées, hier, lors de l’ouverture officielle des 53ème assemblées annuelles de la Bad. Le président de la République Moon Jae-In, dans une vidéo, s’est félicité de l’organisation de ces rencontres dans son pays. Dans son discours, il a salué le rôle que joue la Bad pour réduire la pauvreté en Afrique. Il a indiqué que la Corée est heureuse de partager son expérience industrielle. « Les assemblées annuelles pourront rapprocher davantage Coréens et Africains. J’espère que la Corée et l’Afrique pourraient réaliser rapidement la quatrième révolution industrielle », a souligné le président coréen. « La Corée reste engagée à partager sa riche expérience avec l’Afrique. Nous espérons arriver à une coopération plus dynamique», a ajouté Dong Yeon Kim, vice-Premier ministre et ministre de la Stratégie et des Finances. Il a rappelé que les relations entre son pays et l’Afrique datent de longtemps. D’ailleurs, informe M. Kim, en 1951, les troupes impériales d’Ethiopie et celles d’Afrique du Sud ont participé activement, à Busan, à la libération de la Corée. Il a ajouté que son pays pourrait contribuer à la réalisation d’infrastructures intelligentes en Afrique. Evoquant la quatrième révolution industrielle, le ministre de la stratégie et des Finances affirme que l’Afrique est bien positionnée pour profiter des technologies avec une population jeune qui pourrait en être le moteur.

A. KANDE

Le ministre du Commerce, Alioune Sarr, a fait un bref séjour à Ziguinchor, mardi dernier, pour constater de visu le chargement, au port, dans le bateau Diogué, de 1.500 tonnes de noix d’anacarde destinées à l’exportation.

Le ministre a exprimé sa profonde satisfaction pour cette première expédition de noix d’anacarde de la Casamance à l’étranger, à partir du port de commerce de Ziguinchor. Il a donc tenu à remercier le Consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama), qui a mis le bateau Diogué à la disposition des acteurs de la filière anacarde évoluant dans la région méridionale du Sénégal. Le ministre a également félicité le gouverneur de la région de Ziguinchor, « qui, rappelle-t-il, a coordonné l’ensemble des services de l’Etat, les forces de défense et de sécurité, la douane et le port de commerce pour que l’anacarde qui est produite en Casamance puisse être exportée désormais, à partir de Ziguinchor, via le port ». Alioune Sarr a encouragé aussi les dockers, qui ont prouvé leurs capacités à assurer la manutention avec succès. Par ailleurs, le ministre a exprimé sa grande satisfaction aux exportateurs, producteurs et intermédiaires pour leurs efforts soutenus « qui, souligne-t-il, ont permis cette première expédition de noix d’anacarde de la Casamance à l’étranger à partir du port de commerce de Ziguinchor ». La région Sud du Sénégal prévoit d’exporter 50.000 tonnes de noix de cajou cette année.

El Hadj Moussa SADIO

La Bad, représentée par son président, Akinwumi Adesina, et Pierre Philippe Scholtès, directeur à l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), ont signé, hier à Busan, en Corée, un protocole d’accord pour intensifier leur coopération dans les efforts d’industrialisation de l’Afrique. C’était en marge des Assemblées annuelles de la Bad (21 au 25 mai).

Dans sa politique d’accélération de l’industrialisation de l’Afrique, la Bad peut compter sur le soutien de l’Onudi. Les deux institutions ont signé, hier, un protocole d’accord pour intensifier leur coopération. Il a été paraphé par Akinwumi Adesina, président de la Bad et Pierre Philippe Scholtès, directeur à l’Onudi. C’était en marge des Assemblées annuelles de l’institution qui se tiennent à Busan en Corée du Sud. Ce nouvel accord vise à faciliter la coopération entre ces deux institutions dans des domaines tels que l’agro-industrie, l’économie circulaire, la construction de parcs industriels, les investissements dans l’innovation et la technologie, le développement des entreprises, le commerce et le renforcement des capacités ainsi que l’accès aux sources de financement. L’accord s’aligne sur les priorités de la Banque, les High 5, l’Agenda 2063, la Troisième décennie du développement industriel de l’Afrique (Idda III), l’Agenda de développement durable des Nations unies et l’Initiative du G20 pour l’industrialisation de l’Afrique.

«En 2016, la Banque a lancé sa stratégie pour l’industrialisation de l’Afrique couvrant la période 2016 – 2025. Cette stratégie résulte d’un travail de collaboration avec l’Onudi et la Commission économique pour l’Afrique. La signature de ce protocole d’accord est importante pour la mise en œuvre de cette stratégie », a déclaré Akinwumi Adesina, président de la Bad. Selon lui, la Banque bénéficie déjà énormément de l’expertise de l’Onudi en conception des politiques, de programmes et d’outils de connaissance en soutien aux efforts d’industrialisation de nos États membres. «En 2017, la Banque a alloué 1,2 milliard de dollars américains pour l’industrialisation en Afrique, notamment pour les projets relatifs aux opérations du secteur financier », a-t-il révélé.

«Réaliser le potentiel industriel de l’Afrique ne se fera pas par hasard; des partenariats forts, comme celui que nous venons de conclure, sont nécessaires », a déclaré Philippe Scholtès, directeur à l’Onudi. «Ce partenariat va créer de grandes opportunités et faciliter notre travail conjoint vers l’opérationnalisation de l’Idda III (2016 – 2025) », a ajouté M. Scholtès.

Les deux organisations ont déjà commencé à travailler ensemble dans les Programmes de partenariat pays (Pcp). Ceux-ci aident à synchroniser les efforts de développement et de mobilisation des ressources en appui à l’accélération de l’industrialisation des pays membres. Les deux parties ont récemment entrepris une mission conjointe au Maroc dans l’application du Pcp et continueront d’étudier les opportunités de coopération dans la mise en œuvre de ce Pcp au Sénégal et en Éthiopie. La collaboration entre la Banque et l’Onudi couvre aussi l’établissement de zones de transformation des produits de certaines cultures dans un certain nombre de pays africains. Le protocole d’accord a été signé en marge des Assemblées annuelles de la Bad dont le thème est « accélérer l’industrialisation de l’Afrique ».

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

AKINWUMI ADESINA, PRESIDENT DE LA BAD : « L’INDUSTRIALISATION DE L’AFRIQUE EST UNE IMPÉRIEUSE NÉCESSITÉ »
Transformer nos matières premières dans le continent pour créer de la valeur ajoutée et créer des emplois, c’est ce que recommande Akinwumi Adesina, président de la Bad. Un des meilleurs moyens de sortir l’Afrique de la pauvreté, c’est d’accélérer son industrialisation. C’est la conviction du président de la Bad. Akinwumi Adesina s’exprimait hier soir lors d’une conférence de presse inaugurale des Assemblées annuelles de la Bad. « Nous avons la conviction que toute création de valeur ajoutée pour les économies africaines passe par l’industrialisation. Sur le plan agricole, par exemple, nous pouvons arriver à la création de zones de transformation des matières premières agricoles. Pour l’Afrique, l’industrialisation n’est pas une option, c’est une impérieuse nécessité », a-t-il martelé. Il a expliqué que la volatilité des prix des matières premières enregistrée ces dernières années, a pénalisé de très nombreux pays africains. Selon lui, exporter des matières premières, c’est priver les jeunes africains d’emplois. D’où l’urgence, à son avis, de diversifier nos économies, notamment par la transformation, sur place, de nos matières premières. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution allait investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique. M. Adesina estime qu’il y a trois conditions à réunir pour accélérer le processus d’industrialisation du continent. « Il n’y a pas d’industrialisation sans leadership politique clair et assumé. Il n’y a pas d’industrialisation non plus sans un investissement massif dans les infrastructures. Enfin, il n’y a pas d’industrialisation sans renforcement des ressources humaines, notamment des investissements dans les sciences, les nouvelles technologies et les innovations », a-t-il martelé. Il affirme que l’Afrique doit s’inspirer des expériences industrielles d’autres parties du monde comme la Corée, tout en mettant en garde contre le prêt-à-reproduire. La Corée du Sud, fait-il remarquer, est un parfait exemple de réussite en misant sur l’industrialisation pour devenir, aujourd’hui, un pays développé. Soutenant qu’environ 580 millions de jeunes africains arriveront, d’ici à 2050, sur le marché de l’emploi, il affirme que les populations du continent sont fatiguées d’être dans la pauvreté. « L’Afrique doit cesser d’être le musée de la pauvreté. Ses populations sont déterminées à inverser cette tendance. L’avenir des jeunes africains n’est pas en Europe ni dans le désert du Sahara. C’est pourquoi, nous devons accélérer le processus d’industrialisation», a-t-il martelé.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

Transformer nos matières premières dans le continent pour créer de la valeur ajoutée et créer des emplois, c’est ce que recommande Akinwumi Adesina, président de la Bad. Un des meilleurs moyens de sortir l’Afrique de la pauvreté, c’est d’accélérer son industrialisation. C’est la conviction du président de la Bad. Akinwumi Adesina s’exprimait hier soir lors d’une conférence de presse inaugurale des Assemblées annuelles de la Bad. « Nous avons la conviction que toute création de valeur ajoutée pour les économies africaines passe par l’industrialisation. Sur le plan agricole, par exemple, nous pouvons arriver à la création de zones de transformation des matières premières agricoles. Pour l’Afrique, l’industrialisation n’est pas une option, c’est une impérieuse nécessité », a-t-il martelé.

Il a expliqué que la volatilité des prix des matières premières enregistrée ces dernières années, a pénalisé de très nombreux pays africains. Selon lui, exporter des matières premières, c’est priver les jeunes africains d’emplois. D’où l’urgence, à son avis, de diversifier nos économies, notamment par la transformation, sur place, de nos matières premières. Sur cette lancée, il a annoncé que son institution allait investir 35 milliards de dollars Us sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique. M. Adesina estime qu’il y a trois conditions à réunir pour accélérer le processus d’industrialisation du continent. « Il n’y a pas d’industrialisation sans leadership politique clair et assumé. Il n’y a pas d’industrialisation non plus sans un investissement massif dans les infrastructures. Enfin, il n’y a pas d’industrialisation sans renforcement des ressources humaines, notamment des investissements dans les sciences, les nouvelles technologies et les innovations », a-t-il martelé. Il affirme que l’Afrique doit s’inspirer des expériences industrielles d’autres parties du monde comme la Corée, tout en mettant en garde contre le prêt-à-reproduire. La Corée du Sud, fait-il remarquer, est un parfait exemple de réussite en misant sur l’industrialisation pour devenir, aujourd’hui, un pays développé.

Soutenant qu’environ 580 millions de jeunes africains arriveront, d’ici à 2050, sur le marché de l’emploi, il affirme que les populations du continent sont fatiguées d’être dans la pauvreté. « L’Afrique doit cesser d’être le musée de la pauvreté. Ses populations sont déterminées à inverser cette tendance. L’avenir des jeunes africains n’est pas en Europe ni dans le désert du Sahara. C’est pourquoi, nous devons accélérer le processus d’industrialisation», a-t-il martelé.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

L’Etat a consenti d’importants moyens pour améliorer la mobilité urbaine à Dakar et dans les régions, a noté le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports Terrestres et du Désenclavement, Aubin Marcel Jules Sagna. Pour ce dernier, qui s’exprimait, hier, à l’ouverture du forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises, tenu à Dakar, plus de 1.362 km routes revêtues et 52 km d’autoroutes ont été réalisés, à côté des projets de transports de masse comme le Ter et le Brt.

Le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Aubin Marcel Jules Sagna, a profité de l’occasion de l’ouverture hier du Forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises, initié par le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud), en partenariat avec le Programme politique de transport en Afrique (Ssatp), pour revenir sur les importants investissements consentis par l’Etat relatifs aux infrastructures et services des transports routiers et ferroviaires sur la période 2012-2017. Selon lui, 1.362 km routes revêtus ont été réalisés et 13 ouvrages d’art érigés. M. Sagna a indiqué que ce réseau routier sera renforcé par le Programme de modernisation des villes (Promovilles) avec une première phase d’exécution de 114 km de routes aménagées dans 9 capitales régionales (Thiès, Diourbel, Kaolack, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Tambacounda et Ziguinchor) et dans quatre autres communes (Mbour, Guédiawaye, Keur Massar et Yeumbeul). A cela s’ajoute, poursuit-il, la réalisation de 52 km d’autoroutes mises en services sur la période 2012-2017. Ce linéaire sera bientôt porté à 187 km d’ici fin 2018 et atteindre près de 240 km vers la fin de l’année 2019, promet le Secrétaire général du ministère des Infrastructures.

Les projets Ter et Brt avancent à grand pas
Quant au projet de Train express régional (Ter), lancé en décembre 2016, sur un linéaire de 36 km, M. Sagna a souligné qu’« il avance à très grands pas », tout en assurant que le ministère travaille également sur la réhabilitation de la ligne ferroviaire métrique Dakar-Bamako. M. Sagna a rappelé que le projet du Ter sera complété par le projet Brt (bus rapid transit) dont l’appel d’offres international liés au marché des travaux vient d’être lancés pour relier Dakar à Guédiawaye sur un linéaire de 18,3 km. Le Secrétaire général du ministère des Infrastructures a aussi précisé que la société de transport Dakar Dem Dikk a récemment reçu une mise en circulation de 475 autobus qui vont renforcer l’offre de transport public à Dakar et à l’intérieur du pays. La période est aussi marquée, a-t-il poursuivi, par l’accélération du renouvèlement du parc des « car rapides » et « Ndiaga Ndiaye » qui a porté le nombre de minibus dans la métropole de Dakar de 907 à 1607 en 2016. A cela s’ajoutent les résultats importants de modernisation du transport dans les villes secondaires avec 585 minibus neufs mis en circulation depuis 2015 notamment à Thiès, Louga, Saint-Louis, Diourbel, Fatick, Kaolack, Tambacounda, Kolda, Ziguinchor et Sédhiou ainsi que trois communes Touba, Mbour et Tivaouane.

Souleymane Diam SY

En ce début de ramadan, le ministre du Commerce, Alioune Sarr, est revenu sur l’état de l'approvisionnement du marché et le niveau des prix des denrées de consommation courante. Il s’est dit satisfait du respect de l'arrêté ministériel fixant les prix plafond de certaines denrées alimentaires de première nécessité et a tenu à rassurer les consommateurs : « il n’y aura pas de hausse sur les produits essentiels».

Selon le ministre du Commerce, Alioune Sarr, «d’abord le marché est convenablement approvisionné en produits mais également les prix sont restés stables. Nulle part nous n'avons constaté la spéculation ». A l’en croire, « le sac de riz brisé non parfumé est vendu aujourd’hui entre 12.500 et 12.750 FCfa, le bidon de 20 litres d’huile à 14.500 et 15.000 FCfa, le lait en poudre qui coûtait 67.000 FCfa coûte 45.000 et 47.000 FCfa, le sac de 25 kg d’oignon est entre 4.500 et 5.000 FCfa, la pomme de terre entre 6.000 et 6.500 FCfa pour le sac de 25 kg, le sucre en poudre 27.500 et 27.750 FCfa, le sucre en morceaux local à 750 FCfa le kg ». Et le ministre rassure les consommateurs sur le fait que « sur les produits essentiels, il n’y aura pas de hausse » en ce sens que « le gouvernement veille à ce que les prix des denrées dites de première nécessité soit encadrées ». C’est ainsi que l’arrêté qui encadre les prix font que pour l’oignon, les prix ne peuvent pas dépasser 350 FCfa et pour la pomme de terre, le prix plafond est de 400 FCfa », a-t-il cité en exemple.

Il a, en outre, exprimé toute sa satisfaction suite à la visite qu’il a effectuée, vendredi dernier, auprès des commerçants de la rue Raffenel et ceux du marché de Grand-Yoff, du constat de « la présence de l’oignon local et de la pomme de terre « made in Sénégal » ». Sous ce rapport, il a tenu à rendre un hommage mérité à tous les commerçants qui, dit-il, « sont en train d’appliquer les prix conformément aux directives du président Macky Sall, mais également à ce que le gouvernement a fixé comme l’homologation».

Il a aussi invité la population à la consommation des produits locaux notamment de l'huile locale ainsi qu’aux commerçants d’acheter l’huile d’arachide raffinée produit localement. Non sans rappeler que le protocole liant l’Etat aux commerçants importateurs d’huile les oblige d’ailleurs à acheter l’huile d’arachide raffinée produit localement. Selon Alioune Sarr, « chaque litre d'huile raffiné produit au Sénégal correspond à 3kg d'arachide et c'est une participation équivalente à 200 milliards de FCfa au développement local». Enfin, un dispositif a été mis en place pour lutter contre la spéculation et les produits mal propres à la consommation.

Mamadou Lamine DIEYE

Le ministre des Infrastructures, du Transports terrestres et du Désenclavement a remis, vendredi, les clés d’un premier lot de 10 minibus aux transporteurs de Kolda. Un second lot de 5 minibus est attendu prochainement.

Les populations de Kolda poussent un ouf de soulagement. Elles peuvent, désormais, se déplacer d’un bout à l’autre du territoire communal pour la modique somme de 100 FCfa. Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, a procédé avant-hier, à la remise des clés d’un premier lot de 10 minibus Tata d’un coût global de 189 millions de FCfa aux transporteurs de Kolda. La cérémonie de réception s’est tenue en présence du maire de Kolda, Abdoulaye Baldé, par ailleurs, ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, de son collègue de l’Emploi et maire de Sédhiou, Abdoulaye Diop, et des représentants des transporteurs et des chefs religieux et coutumières.« C’est pour moi un réel plaisir de présider cette cérémonie qui met en exergue les nombreuses réalisations du ministère dans la commune de Kolda dont l’objectif principal est d’améliorer la mobilité urbaine. Je voudrais citer la remise en état et l’extension de la voirie urbaine de Kolda qui s’inscrit dans la modernisation des villes, appelé Promovilles, ainsi que la mise en place d’équipements de transport moderne pour faciliter les déplacements des personnes et des biens », déclare le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda Diallo, qui annonce l’arrivée prochaine d’un second lot de 5 bus pour renforcer les moyens de transport urbain à Kolda. Ces véhicules vont également desservir certaines localités du département pour faciliter le déplacement des biens et des personnes entre Kolda et les zones rurales. Selon Abdoulaye Daouda Diallo, ce programme de minibus s’inscrit dans le renouvellement du parc national de l’automobile et de la modernisation du transport urbain et interurbain initiés en 2015, par l’Etat du Sénégal. Plus de 2.182 minibus ont déjà été renouvelés pour un investissement global de 49 milliards de FCfa avec à la clé, la création de 10.000 emplois dans tout le pays.

Pour Abdoulaye Baldé, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement vient, par ce geste, de répondre à une forte demande des populations de Kolda. «Merci Monsieur le ministre. Je voudrais vous souhaiter la bienvenue chez-vous, à Kolda. Je voudrais aussi, me réjouir de cette cérémonie de remise des clés de bus pour répondre à cette préoccupation quotidienne des populations de Kolda pour assurer le Dem-dik ou le Yaha-ara (en Pulaar)», dit-il.

Le porte-parole des bénéficiaires, Kamor Dianté, par ailleurs, président du Gie Sérigne Sané, salue également ce geste du président de la République qui va faciliter, selon lui, la mobilité des populations dans la capitale du Fouladou.

Mamadou Aliou DIALLO

Connue jusque-là dans la construction de centrales électriques, la société finlandaise Wartsila se positionne désormais comme un intégrateur de tous types de solutions énergétiques. Cette nouvelle orientation s’explique par l’émergence des énergies renouvelables.

Nouveaux enjeux, nouvelle démarche. Dans un contexte où le solaire et l’éolienne sont considérées de plus en plus comme des sources d’énergie de base et non plus comme des énergies d’appoint, les fabricants de centrales électriques sont appelés à se réajuster et à s’adapter à la nouvelle tendance. C’est ce que Wartsila a compris. La société finlandaise connue jusqu’ici seulement dans la construction de centrales électriques est maintenant passée à « intégrateur complet d’énergie ». Autrement dit, elle va désormais proposer un ensemble de solutions aussi bien dans le solaire, le thermique et le stockage.

Cette nouvelle stratégie qui marque un tournant décisif dans la vie de cette entreprise créée au milieu des années 1830, a motivé ses responsables de la branche Afrique de l’ouest à rencontrer la presse. « Wartsila est devenu un intégrateur de tous types de solutions d’énergie. Elle quitte son cadre traditionnel de concepteur de centrales électriques pour un cadre intégrateur et large afin d’accompagner ses clients à choisir leurs sources d’énergie et les aider à les intégrer. On a des solutions de centrales solaires, de centrales d’énergie thermique mais on est aussi capable d’offrir des solutions de stockage d’énergie à tous nos clients », a déclaré, hier, Mamadou Goumblé, Vice-président Afrique de Wartsila.

En perspectives de l’exploitation du gaz, Wartsila se positionne déjà. Selon M. Goumblé, elle est intéressée pour convertir les centrales existantes de Sénélec en centrales qui peuvent consommer du gaz. Mieux encore, la société a déjà engagé des réflexions pour proposer les meilleures solutions pour l’exploitation du Gaz naturel liquéfié (Gnl). « Nous sommes prêts à travailler avec les autorités pour voir quelles solutions conviennent le mieux aux besoins et à la stratégie du Sénégal », a ajouté M. Goumblé.

La société Wartsila, installée au Sénégal depuis 1996, coiffe une quinzaine de pays. Elle entretient des relations avec Sénélec à travers notamment les centrales de Bel-Air, de Kahone, de Cap des biches de Boutoute et fournit déjà 450 MW au Sénégal. Dernièrement, la société finlandaise a signé un contrat d’ingénierie, de fabrication et de livraison d’une centrale Flexicycle de 130 MW à Malicounda.

Le projet a été initié en septembre 2017 par la signature d’un accord de développement entre Africa 50, le fonds de développement des infrastructures pour l’Afrique et Senelec, le service public d’électricité du Sénégal. L’usine devrait être opérationnelle en 2020. Elle fonctionnera initialement grâce à sept moteurs Wartsila 50 alimentés au mazout lourd (Hfo). Cependant, il existe une option lui permettant de fonctionner grâce au gaz lorsque ce dernier est disponible.

Elhadji Ibrahima THIAM

Après quatre ans de mise en œuvre de la Norme Itie, le Sénégal s’est soumis, avec succès, à l’exercice de Validation. Le Comité directeur de l’Itie international lui ayant attribué la mention « Progrès satisfaisant », soit la note la plus élevée. Ce qui classe le Sénégal premier en Afrique et quatrième sur le plan mondial. Dans cet entretien, le président du Comité national Itie, Mankeur Ndiaye, revient sur les clés de ce succès et les défis à relever pour installer durablement le Sénégal parmi le peloton de tête des pays qui mettent convenablement en œuvre les exigences de la Norme Itie.

M. le ministre, le Sénégal vient de réussir son processus de Validation à la Norme Itie. Le Conseil d’administration classe ainsi le Sénégal parmi les meilleurs élèves dans la mise en œuvre des exigences de cette norme. Qu’est-ce que ces appréciations positives traduisent pour vous ?
Permettez-moi d’abord de dire un mot sur ce que c’est l’Initiative pour la transparence dans les industries (Itie). L’Itie est une norme mondiale qui vise la transparence et la redevabilité sur toute la chaîne de valeur des industries extractives, allant de l’octroi des permis et licences jusqu’à l’utilisation des revenus. La Norme se fonde sur des principes et des exigences notamment l’engagement de l’Etat, l’engagement de la société civile ainsi que l’engagement des compagnies pétrolières, gazières et minières. En outre, elle exige des pays et des entreprises qu'ils divulguent l'information sur les étapes-clés de la gouvernance des revenus pétroliers, gaziers et miniers. Cela dit, je pense que ces appréciations positives traduisent tout simplement l’engagement sans faille du gouvernement du Sénégal, des organisations de la société civile et des entreprises minières, pétrolières et gazières en activité dans notre pays, à œuvrer dans le sens d’une plus grande transparence et une gestion responsable des ressources minières, pétrolières et gazières. C’est également le fruit d’un long processus qui a démarré en 2013 avec l’implication de l’ensemble des acteurs du secteur extractif. Ces derniers se sont tous mobilisés et ont activement participé à la mise en œuvre du processus Itie au Sénégal. Si le Sénégal a pu obtenir ce résultat, c’est grâce à eux. Notre pays dispose de tous les atouts pour faire de l’exploitation de ses ressources minières et pétrolières non pas une malédiction, mais simplement une opportunité pour accélérer la transformation qualitative de notre économie, améliorer les conditions de vie des populations et atteindre l’émergence.

En quoi consiste la Validation ? Comment se fait-elle ?
La Validation est un mécanisme de l’Itie permettant de vérifier l’état de la gouvernance des industries extractives (conditions d’octroi des permis et licences, cadre juridique et fiscal, données de production, partage des revenus pour le bien-être des populations…). Après quatre années de mise en œuvre de l’Itie, le Sénégal devait se soumettre à l’exercice de validation. En tant qu’élément du processus Itie, elle permet d’évaluer la performance et de promouvoir le dialogue et l’apprentissage dans les pays. A la suite du processus de Validation, le conseil d’administration de l’Itie donne au pays concerné l’une des notes suivantes ; « aucun progrès », « progrès inadéquats », « progrès significatifs », ou si tous les aspects de la norme sont respectés, « progrès satisfaisants » qui reste la mention la plus élevée. Et le Sénégal a eu la « mention progrès satisfaisant ». Cela signifie que le pays respecte toutes les exigences de la norme Itie, allant des engagements des parties prenantes jusqu’au suivi des recommandations et des impacts. Par ailleurs, la validation du Sénégal traduit l’état de transparence du secteur pétrolier, gazier et minier. Par exemple, la validation révèle qu’au Sénégal, il y a un débat public activement promu sur les industries extractives ainsi que l’accès à l’information. Ce qu’il faut retenir aussi, c’est qu’avec la Validation, le Sénégal améliore durablement son système de gouvernance des ressources naturelles en prenant en compte les recommandations. En même temps, elle permet au pays d’améliorer le climat des investissements.

Comment le Sénégal a pu en arriver à ces bons résultats si l’on sait que son adhésion à cette initiative date juste de cinq ans ?
Oui notre adhésion à l’Itie est relativement récente. C’est l’expression de la volonté politique du président de la République Macky Sall de faire adhérer le Sénégal à l’Itie en juin 2013, soit un an après son accession à la magistrature suprême. Je crois que la mise en œuvre de cette norme a eu un impact très important sur la gouvernance des ressources extractives. Le processus est mis en œuvre au Sénégal par un Comité national (appelé aussi Groupe multipartite), composé des représentants de l’administration, des compagnies et de la société civile. Depuis lors, quatre rapports de conciliation faisant état de la gouvernance des ressources pétrolières, gazières et minières, ont été publiés. Ce qui a rendu possible cette prouesse, c’est l’engagement fort de l’Etat, celui des compagnies minières, pétrolières et gazières et celui de la société civile dont je salue le dynamisme et la qualité de la participation dans le travail du Comité national que j’ai l’honneur de présider. Vous savez, dans l’Itie, le plus déterminant, c’est la participation active de toutes les parties prenantes. Car ce sont ces dernières qui mettent en œuvre la norme Itie. D’ailleurs, la Validation a permis de constater que le processus Itie au Sénégal est dynamique et proactif. Si l’on tente donc d’expliquer la réalisation de ce « Success story », il faut dire que c’est la synergie des acteurs (Etat, société civile, compagnies) et la volonté politique de l’Etat de promouvoir la transparence qui ont permis d’atteindre cette performance. Nous avons aussi passé beaucoup de temps à faire des auto-évaluations pour corriger et améliorer le niveau d’atteinte des exigences. D’ailleurs, nous avions organisé un atelier national de pré-validation avec l’ensemble des acteurs pour passer en revue les modules de la validation et nous accorder sur un mécanisme de suivi. Certes, la notation « progrès satisfaisants » est importante pour un pays mettant en œuvre l’Itie parce que c’est la note maximale. Mais, il est aussi important de créer les conditions pour que l’exploitation de nos ressources pétrolières, minières et gazières profite réellement aux populations et au développement durable du pays. Cela, l’Itie y contribue. Je pense également que c’est le sens de l’appel de M. le président de la République pour un dialogue national ouvert sur l’utilisation de nos ressources.

Certes, les résultats sont satisfaisants, mais il y a encore sans doute des défis à relever pour que le Sénégal continue d’être cité en exemple en la matière. Pour ce faire, quels sont les chantiers auxquels le Comité national compte s’attaquer?
Oui. Incontestablement. Vous savez, l’Itie est un outil de diagnostic et de réformes pour les pays. L’engagement est déjà pris par le chef de l’Etat lui-même, le Premier ministre et le gouvernement, pour mettre en œuvre toutes les recommandations issues de la validation ainsi que celles issues des différents rapports annuels publiés par le Comité national Itie. C’est ainsi que le Comité national aura à relever le défi de la divulgation des propriétaires réels en mettant en place un registre public. Sur ce point, nous avons anticipé en travaillant avec le ministère de la Justice, autorité de tutelle du Registre du commerce et du crédit mobilier (Rccm). Et nous sommes convaincus que le Comité national pourra relever ce défi d’ici au 1er janvier 2020. L’autre chantier sur lequel le Comité national est attendu, c’est l’intégration des données Itie dans les systèmes d’information des administrations. L’objectif est d’avoir un reporting périodique et ne plus attendre un an pour avoir les données Itie. Il s’y ajoute aussi que le Comité national va travailler à renforcer la transparence des entreprises d’Etat. Nous avons beaucoup travaillé sur l’amélioration des procédures d’octroi des licences et des permis, et il est même prévu une nouvelle disposition dans le projet du nouveau code pétrolier visant à renforcer la transparence dans les conditions d’octroi des permis et licences. Nous poursuivrons ce travail important parce que la transparence dans l’octroi des permis constitue le premier maillon de la chaîne de valeur des industries extractives. La publication des contrats est devenue un point fort de notre pays. Si vous regardez la grille d’évaluation du Sénégal, sur cette question nous avons dépassé l’exigence de la Norme. C’est-à-dire nous avons fait plus que ce que demandait la norme Itie sur ce point précis de la divulgation des contrats. Nous accorderons également une attention toute particulière à la question des données de production. C’est vrai que nous avons pu mettre en ligne toutes les valeurs de productions avec la base de calcul, nous sommes conscients qu’il y a encore du travail à faire et nous nous y attèlerons en parfaite synergie avec le ministère de Mines et de la Géologie. Le Secrétariat technique de l’Itie est en train de travailler sur un plan de travail qui permettra d’assurer un suivi efficace de l’exécution des recommandations du Conseil d’administration de l’Itie. Il prépare également une feuille de route qui nous permettra, à terme, de relever tous les défis identifiés.

Le Sénégal dispose d’un délai de trois ans, c'est-à-dire jusqu'au 8 mai 2021 avant le début d'une nouvelle validation, conformément à la norme Itie. Vous vous y préparez déjà ? Comment ?
Je pense que s’il y a quelque chose qui est bien ancrée dans les habitudes de travail du Comité national, c’est la proactivité, c’est l’anticipation, c’est la rigueur dans le travail. Nous ne pouvons pas nous permettre de dormir sur nos lauriers. Nous ferons tout pour maintenir la position du Sénégal. Nous avons obtenu« progrès satisfaisants », il nous faut aller de l’avant. Et il n’y a pas de miracle. Nous continuerons à faire tout ce que dit la norme notamment, publier les rapports Itie dans les délais, garantir la participation de tous les acteurs et renforcer le dialogue entre les acteurs du secteur extractif, contribuer au débat public. Le Comité national portera une attention particulière sur l’accès à l’information sur les ressources naturelles qui appartiennent au peuple, conformément à l’article 25-1 de la Constitution. Nous considérons que le peuple a le droit d’avoir des informations sur ses propres ressources naturelles, sur la manière dont elles sont gérées et ce qu’elles lui rapportent.

Récemment, le Comité national a lancé le processus de divulgation de la propriété réelle des entreprises minières, pétrolières et gazières. Cette mesure doit entrer en vigueur à partir de 2020. Cette date sera-t-elle respectée ? Quels sont les enjeux de cette mesure ?
Oui tout à fait. Cette date sera respectée parce que c’est une exigence de la norme Itie 2016. À compter du 1er janvier 2020, il est exigé que les pays mettant en œuvre l’Itie divulguent les informations relatives à la propriété réelle en vue de leur inclusion dans le rapport Itie. Cela s’applique aux entreprises qui font une demande de licence ou de contrat pétrolier, gazier ou minier, de production ou d’exploration, ou y détiennent une participation directe, et cela devra inclure l’identité de leurs propriétaires réels, leur degré de participation, et les modalités d’exercice de cette participation ou du contrôle desdites entreprises. L’Itie exige que les 52 pays mettant en œuvre la Norme Itie tiennent un registre public des propriétaires réels des entreprises qui soumissionnent, opèrent, ou investissent dans les actifs extractifs, incluant l’identité de leurs propriétaires réels, leur degré de participation, et les modalités d’exercice de cette participation ou du contrôle desdites entreprises. La divulgation de la propriété réelle permet une meilleure sélection des opérateurs pour l’octroi des droits pétroliers et miniers en permettant de reconnaître les vrais investisseurs des spéculateurs. Les avantages qu’un pays tire du secteur extractif dépendent d’une perception efficace des impôts, auxquels les entreprises peuvent échapper en recourant à des structures de propriété complexes. La publication des propriétaires des sociétés qui soumissionnent, opèrent ou investissent dans des actifs extractifs permet donc de connaître qui a accès à ces ressources et d’identifier les cas potentiels de conflits d’intérêts ou de corruption. Les structures de propriété complexe permettent à certaines sociétés pétrolières, gazières et minières d’échapper à l’impôt à travers notamment les prix de transferts ou de dissimuler des relations inappropriées avec des fonctionnaires pour obtenir des avantages indus. La publication d’informations sur les « propriétaires réels » des entreprises, à savoir les personnes qui, au final, contrôlent une entreprise ou en tirent bénéfice, peut contribuer à dissuader ce genre de pratiques. Bien qu’une structure de propriété complexe et opaque ne garantisse pas automatiquement qu’une entreprise se livre à des malversations financières, les pays en développement enregistrent des pertes s'élevant à mille milliards de dollars américains tous les ans, en raison de transactions transfrontalières frauduleuses ou illégales, nombre d’entre elles concernent des entreprises dont la propriété est incertaine. La divulgation des identités des propriétaires réels des entreprises extractives présente de nombreux avantages, parmi lesquels l’amélioration du climat des investissements, la prévention de la corruption et des flux financiers illicites, la lutte contre l’évasion fiscale, les conflits d’intérêts et le blanchiment des capitaux, le renforcement de la redevabilité, et l’amélioration de la collecte des revenus.

L’année dernière, le Sénégal a réussi le tour de force de publier deux rapports de conciliation. Celui de 2015 et de 2016. Où en êtes-vous avec celui de 2017 ?
Le Comité national Itie est en train de travailler sur le Rapport de conciliation portant sur l’année fiscale 2017. Il sera publié le 16 octobre 2018. Nous travaillons en ce moment avec les entités déclarantes (services de l’administration, compagnies) qui devront procéder aux renseignements des formulaires de déclarations.

Entretien réalisé par : Elhadji Ibrahima THIAM

Les 53ème Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad) ont démarré hier à Busan en Corée du Sud. Pour cette session inaugurale, le focus a été mis sur les jeunes. Au cours d’un thème sur « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », quatre jeunes ont partagé leurs expériences.

Ouverture hier, à Busan en Corée du Sud, des 53ème Assemblées annuelles de la Bad. Les rencontres qui vont durer cinq jours (21 au 25 mai), se déroulent au Centre des conventions et d’expositions de Busan (Bexco) et portent sur l’industrialisation de l’Afrique. Hier, s’est tenue une session sur « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis du continent ». Une occasion pour permettre à quatre jeunes entrepreneurs africains de partager leurs expériences. Selon la Bad, les objectifs de cette séance, « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis du continent », sont doubles. Il s’agit d’une part, de montrer comment les jeunes transforment certains des problèmes de l’Afrique en entreprises rentables. D’autre part, elle permettra de dégager des idées sur la façon de mettre la jeunesse du continent à contribution afin d’accélérer la prospérité économique grâce à l’industrialisation. Ainsi, la séance s’est articulée autour de quatre présentations succinctes de jeunes innovateurs et entrepreneurs du Libéria, de la Zambie, du Kenya et du Maroc.

La première présentatrice, est Abigail Urey, une Libérienne, Pdg et copropriétaire d’Edgail. Elle a une entreprise de ferraille qui s’est convertie dans le recyclage. Elle s’active dans la transformation des déchets en produits manufacturés en vue de leur exportation. Lors de la session, elle est revenue sur son parcours notamment son retour en 2007 au Libéria après la guerre pour créer et exploiter la première usine de recyclage d’huiles lubrifiantes de la sous-région. Depuis quelques années, elle transforme les déchets en matières premières pour les exporter vers des marchés tels que le Royaume-Uni, l’Inde, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis et la Chine. Abigail Urey parle ouvertement des opportunités et des défis liés à la création et à l’expansion d’une entreprise dans le secteur industriel naissant au Libéria, tout en contribuant au développement économique, à la durabilité environnementale et à la création d’emplois, en particulier pour les jeunes ex-combattants. « Le recyclage, est un processus nécessaire pour l’industrialisation (…). En tant que jeunes, nous sommes confrontés à toutes sortes de défis. Mais cela doit encourager les autres », a-t-elle dit.

Quant à Lorna Rutto, elle est fondatrice et Pdg d’EcoPost, une entreprise sociale kenyane qui a créé des milliers d’emplois durables pour les personnes vivant dans des communautés marginalisées, tout en préservant l’environnement. Selon elle, chaque année, ce sont près d’un million de jeunes qui sont sur le marché de l’emploi. « Avec ce nombre de jeunes à la recherche du travail, il faut faire quelque chose. C’est dans ce cadre que nous avons créé cette entreprise », a expliqué la jeune entrepreneure. Dans sa présentation, Lorna décrit comment son entreprise, EcoPost, recycle le plastique et les déchets agricoles pour fabriquer du bois d’œuvre en plastique pour diverses utilisations telles que les clôtures, les panneaux de signalisation routière et les matériaux de construction, qui sont très en demande au Kenya, en Tanzanie, en Afrique du Sud et au Botswana. Jusqu’à présent, EcoPost a retiré plus de trois millions de kilogrammes de déchets plastiques de l’environnement naturel. L’entreprise a fabriqué et vendu des milliers de bois d’œuvre en plastique. Lorna Rutto, affirme que les défis aujourd’hui, c’est d’avoir un environnement propice et l’accès au financement. « Nous avons besoin de l’assistance pour développer le potentiel de l’Afrique. Aidez-nous à obtenir des financements », a-t-elle lancé à l’endroit des dirigeants présents à Busan.

Accès au financement
Une autre expérience qui a été partagée lors de cette session, c’est celle de Mutoba Ngoma, Pdg de Tapera industries limited en Zambie. Une entreprise que l’ingénieur aéronautique a fondée en 2009. Basée à Lusaka, elle produit du savon naturel et transforme des biocarburants. Il a expliqué le processus de création de l’entreprise pour transformer l’huile de jatropha et l’huile de cuisson en biodiesel pour les voitures et les moteurs diesel, ainsi qu’en savon naturel pour le corps et la lessive. Avec la collaboration de plus de 1 800 petits exploitants agricoles, Tapera produit du savon destiné à la consommation sur le marché local zambien et exporte de l’huile de jatropha vers l’Afrique du Sud.

La dernière présentation est celle du Marocain Badr Idrissi, Pdg et cofondateur d’Atlan Space®. Fort de plus de 12 ans d’expérience internationale, l’entrepreneur marocain Badr Idrissi a occupé des fonctions commerciales, marketing et techniques au sein d’entreprises mondiales de pointe dans le domaine des Tic telles que Microsoft et Nokia.

De notre envoyé spécial à Busan (Corée du Sud) : Aliou KANDE

A la suite d’une rencontre tenue, hier, à la Primature, en présence des ministères sectoriels ainsi que tous les partenaires techniques et financiers, le Plan d’urgence pour la sécurité alimentaire (Pusa) au titre de cette année a été validée. Ce qui veut dire que les activités d’assistance alimentaire et l’opération de sauvegarde du bétail par l’Etat avec l’accompagnement de ses partenaires dans les zones à risque vont démarrer immédiatement.

Les activités d’assistance et l’opération de sauvegarde du bétail dans les zones à risque d’insécurité alimentaire vont incessamment démarrer. Cela, après que le Plan d’urgence pour la sécurité alimentaire (Pusa), au titre de l’année 2018, a été validé, hier, au cours d’une rencontre tenue à la Primature, en présence des ministères sectoriels, ainsi que tous les partenaires techniques et financiers. En effet, pendant la période de soudure qui va de juin à août, les projections laissent apparaître que dans six départements du pays, au moins 20% des ménages pourraient connaître d’importants déficits alimentaires et nutritionnels dus à une mauvaise répartition pluviométrique durant l’année 2017. Les départements concernés sont Podor, Matam, Ranérou, Kanel, Tambacounda et Goudiry et le nombre de personnes exposées se chiffre à 750.000. « Le Pusa a été élaboré à ce titre, en vue d’apporter un appui approprié à ces ménages ; ce qui les protégerait de la crise », informe un communiqué.  Le premier objectif de ce Plan d’urgence  est de fournir une assistance alimentaire aux 47. 251 ménages les plus touchés par l’insécurité alimentaire dans les localités en questions. L’Etat et ses différents partenaires procéderont à trois distributions mensuels d’argent liquide, de bons d’achat et ou de vivres aux ménages ciblés.

Le second objectif est de sauver 397.863 Unités de bétail tropicales (Ubt) menacées par l’insécurité alimentaire dans les départements de Saint-Louis, Podor, Dagana, Matam, Kanel, Ranérou, Linguère, Tambacounda, Koumpentoum et Koungheul. Pour cela, chaque Ubt recevra 1 kg d’aliments de bétail par jour et sera déparasitée. De plus, l’aliment de bétail sera vendu aux éleveurs à un prix subventionné.

Une des décisions majeures prises au sortir de cette rencontre est de mettre en œuvre, sans délai, le Programme national d’appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnasar) afin d’apporter des solutions structurelles, donc durables en construisant la résilience des ménages et des terroirs vulnérables.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Une vingtaine d’organisations de la société civile a décidé de se mobiliser pour l’effectivité des fonds de péréquation et d’appui en vue de faire profiter aux collectivités locales de la manne financière générée par les ressources minières. Ces organisations regroupées autour de « La Coalition publiez ce que vous payez » ont profité du lancement de leur campagne, hier, pour demander à l’Etat de l’intégrer dans la loi des finances rectificative de 2018.

« La coalition publiez ce que vous payez », qui regroupe une vingtaine d’organisations de la société civile,  vient de lancer une campagne nationale pour l’effectivité des fonds de péréquation et d’appui destinés aux collectivités locales. Ces organisations demandent à l’Etat du Sénégal de renforcer les mécanismes pour une redistribution efficace des revenus miniers.   

Le président de « La coalition publiez ce que vous payez », Ibrahima Charles Diallo, a également tenu à attirer l’attention du chef de l’Etat sénégalais sur la dégradation du niveau des populations vivant dans ces zones d’exploitation, malgré l’adoption du Code minier en 2016 et la mise en place du Fonds d’appui au développement local, financé par un prélèvement de 0,5% du chiffre d’affaires hors taxe annuel des revenus des compagnies extractives. Ils ont exprimé leur souhait de voir les 7 milliards 648 millions récoltés, grâce à cette disposition, reversés dans les caisses des collectivités locales.

Les membres de cette coalition, après avoir déploré les lenteurs notées dans l’opérationnalité des fonds, ont invité les autorités de tutelle à procéder, dans les plus brefs délais, au transfert des montants qui leur sont dus aux collectivités locales. Ils estiment, dans la même optique, que la politique de transparence mise en avant par le gouvernement sénégalais devra conduire à une gestion efficiente des recettes issues du secteur extractif. Faudrait-il, pour cela, intégrer cette donne dans la loi rectificative des finances en vue de permettre aux collectivités locales de prendre un nouveau départ. Ils ont également profité de cette occasion pour saluer cette volonté de l’Etat d’assurer une prise en charge des « intérêts sociaux, économiques et environnementaux légitimes des populations », à travers la révision du Code minier qui exige également que 20% des recettes, générées par les opérations minières, soient attribuées aux collectivités locales.

Pour sa part, le président des élus locaux, Moustapha Aïdara, a noté qu’une diligence dans le traitement de ce dossier permettra de balayer un climat de suspicion et de renforcer les moyens d’action des collectivités territoriales, souvent aux prises à des difficultés financières.

« Nous attendons de recevoir cet argent dans nos budgets car la faiblesse du budget des collectivités locales est connue de tous. Elles vivent sur les taxes prélevées des citoyens, taxes et impôts directs alors que les ménages connaissent un niveau de paupérisation accentué », a déclaré M. Aïdara. « Si les populations ont pris connaissance des montants prélevés des compagnies minières, avec l’idée que les fonds ont été mis à disposition, elles peuvent penser qu’ils n’ont pas été utilisés à bon escient. Cela risque d’installer la suspicion dans les relations entre les élus locaux et les communautés », a-t-il fait savoir.

Matel  BOCOUM

 

La gestion durable et saine des ressources pétrolières et gazières constitue un défi majeur pour les autorités. C’est ce qui justifie le choix du thème de la 3ème édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd), prévue du 29 au 31 mai et portant sur une « exploitation durable et saine des ressources pétrolières et gazières ».

L’exploitation des gisements de pétrole et de gaz aux larges des côtes sénégalaises augure de très bonnes perspectives économiques, mais ces dernières pourraient être atténuées par la non prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux liés à l’exploitation de ces ressources. C’est toute la pertinence du thème de la 3e édition de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd3) prévue du 29 au 31 mai prochain. La Cndd3 porte, cette année, sur le thème « une exploitation durable et saine des ressources pétrolières et gazières ».

Elle se veut un « cadre d’échanges et de partage » avec les parties prenantes sur les questions essentielles de développement durable, a déclaré le ministre de l’Environnement et du Développement durable. Le Pr Mame Thierno Dieng faisait face à la presse dans la préparation de cette Conférence. Selon lui, cette rencontre offre ainsi l’occasion aux acteurs « de passer en revue les politiques, stratégies et programmes de développement au regard des principes et fondements du développement durable et de formuler les axes d’orientation et d’articulation nécessaires pour mieux placer notre pays dans la voie du développement durable souhaité ».  

Pour le choix du thème, il se justifie, à son avis, par la nécessité de susciter la réflexion sur les défis environnementaux liés à l’exploitation du gaz et du pétrole au Sénégal. Il s’agira, a expliqué le ministre, de réfléchir sur la nécessité de « concilier les exigences et/ou impératifs d’une émergence économique et sociale, en tirant profit de l’opportunité qui se présente au Sénégal avec la découverte et l’exploitation des blocs de pétrole et de gaz et les questions émergentes relatives à la transition écologique et à la croissance verte et de prendre en compte les enjeux environnementaux liés aux activités de recherche, d’exploration pétrolière et gazière en eau profonde suite aux récentes découvertes de gisement d’hydrocarbures au large des côtes du Sénégal ».

Cette rencontre aura également, entre autres objectifs, de mettre en place un cadre stratégique d’évaluation et de suivi de la plateforme environnementale des activités pétrolières et gazières offshore tenant compte du niveau approprié de ressources humaines qualifiées en matière de suivi environnemental et de partager les résultats de bonnes pratiques en matière de gestion des impacts environnementaux liés à l’exploitation des ressources en pétrole et en gaz. Mais de chercher à capitaliser non seulement les bonnes pratiques des pays ayant une longue expérience sur l’exploitation de ces ressources « pour une meilleure prise en charge des risques environnementaux », informe le ministre. La finalité d’une telle démarche étant, espère le ministre, d’aboutir à un Plan cadre de gestion environnemental et social (Pges) consensuel du secteur du pétrole et du gaz au Sénégal. Le président de la République, Macky Sall, présidera l’ouverture de la troisième édition.

Souleymane Diam SY  

 

La Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der) a décidé d’accorder une enveloppe d’un milliard de francs Cfa au financement des projets du secteur de l’élevage. Il est prévu 500 millions de FCfa pour le projet des jeunes et 500 autres pour les projets des femmes.  

Dans ses activités, la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der) a accordé une enveloppe d’un milliard de FCfa aux projets du secteur de l’élevage. Pour ce financement, il est prévu 500 millions de FCfa  pour les projets des jeunes et 500 autres pour le financement des projets des femmes.  Hier, le délégué général, Papa Amadou Sarr et le ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, ont rencontré les éleveurs pour leur expliquer les conditions d’accès à ce financement. Aminata Mbengue Ndiaye a remercié la Der pour ce financement et sa participation à cette réunion tenue avec toutes les chaînes de valeur de l’élevage du Sénégal.  «Je pense que c’est une très bonne initiative et la démarche du projet, sa stratégie d’intervention sur le terrain, qui est rapide, répondant vraiment à des besoins d’emploi en direction des jeunes, nous enchante. Nous n’avons pas pu avoir une pareille démarche avec le système bancaire ;  le mode opératoire de la Délégation nous convient énormément. Les acteurs que nous avons rencontrés ont identifié un certain nombre de projets qui doivent être éligibles dans les guichets», soutient le ministre de l’Elevage et des Productions Animales. Aminata Mbengue Ndiaye assure que dans quelques jours, le ministère va mettre à la disposition de tous ses services régionaux et départementaux un canevas qui sera  décentralisé avec la Der pour que l’élaboration des projets puisse être rapide. L’aviculture, la production laitière, l’embouche bovine, l’élevage de moutons pour l’autonomie lors des tabaskis, les boutiques pastorales, la vente d’aliments pour le cheptel, entre autres, sont des secteurs qui peuvent être ciblés par les éleveurs.

Formation des bénéficiaires
Pour la formation et le renforcement de capacités des bénéficiaires, gage d’une bonne utilisation des ressources, il est prévu un dispositif d’accompagnement avec la Der. «S’il n’y a pas un suivi conséquent, ce qui est sûr, c’est que les projets risquent de ne pas marcher. Mais avec les agents du ministère qui sont à la base, les bénéficiaires seront appuyés dans l’élaboration et le suivi des projets», indique Aminata Mbengue Ndiaye. Sur ce, Papa Amadou Sarr, délégué général à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der) assure que la formation et le renforcement de capacités sont des composantes transversales pour tous les financements de la Der. «On ne peut obtenir un financement qu’après une formation supportée par la structure», dit-il.

M. Sarr indique que ce financement d’un milliard fait suite à l’annonce du chef de l’Etat, lors de la journée nationale de l’élevage tenue à Kolda.

Le financement des activités des éleveurs va commencer, dès ce mois, selon M. Sarr, qui réitère qu’en plus de ce milliard, il y a des enveloppes par région dans lesquelles ont peut trouver des sous-secteurs comme l’élevage. Papa Amadou Sarr a ainsi estimé que si ce secteur absorbe bien les ressources allouées et présente de bons résultats, le financement pourrait passer de 1 à 2 milliards de FCfa par année. «C’est un défi que nous laçons à tout le monde, les enveloppes ne sont pas figées et c’est une compétition entre secteurs. Nous allons travailler avec le ministère pour identifier les créneaux porteurs, notamment avec la chaîne de valeur de l’élevage et tout ce qui est cuirs et peaux», dit-il.  Toutefois, Papa Amadou Sarr a laissé entendre, à l’endroit des bénéficiaires qu’il ne s’agit pas d’un don ni d’une subvention, mais d’un prêt payable. Ironisant, il affirme qu’ils ont mis en place un système appelé 4P (Préfecture, Police, Procureur et Prison) pour obliger les bénéficiaires à rembourser ces fonds publics.

Oumar KANDE

 

Pour le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Makhtar Diop, l’heure de la transformation économique du continent a sonné. Dans une contribution partagée sur son site, le vice-président chargé des infrastructures se dit convaincu que l’Afrique dispose des moyens de déjouer le destin...

Nouvellement chargé, au sein de la Banque mondiale, des domaines du transport et de l’économie numérique, de l’énergie et du secteur extractif, ainsi que le financement des infrastructures et les Partenariats public-privé (Ppp), Makhtar Diop est convaincu qu’avec « des politiques judicieuses, le continent africain a les moyens de déjouer le destin, forte de sa capacité à surmonter les défis du développement et de l’ingéniosité de ses habitants ». « Avec sa population jeune et ambitieuse et ses économies solidement engagées sur une trajectoire de croissance, d’investissements et de réformes en faveur de l’innovation, le continent possède tous les atouts — humains, matériels et politiques — pour surmonter les difficultés et être l’instrument de sa propre transformation », a-t-il partagé dans une contribution parue hier sur le site de la banque mondiale.

Mais, pour cela, souligne-t-il, les pays africains doivent notamment accroître leur productivité agricole, combler leur déficit infrastructurel, investir dans leur capital humain et renforcer l’inclusion sociale.
« Mes fonctions à la direction des opérations de la Banque mondiale en Afrique m’ont permis de constater, par moi-même, l’importance de cette collaboration : avec des partenariats et des investissements stratégiques, il est possible d’aider l’Afrique à satisfaire ses ambitions et à mettre en œuvre ses propres solutions en faveur d’un avenir plus prospère et équitable», révèle le vice-président de la Banque mondiale chargé des infrastructures.

Citant les jeunes entrepreneurs du numérique qui défrichent un marché en plein essor, en créant des emplois, les personnels de santé qui s’efforcent d’apporter des services de qualité aux populations les plus vulnérables, Makhtar Diop se dit certain que soutenus par l’assistance technique et financière de la Banque mondiale, tous incarnent ce que l’Afrique fait de mieux en créativité, ténacité et résilience.
Et ces témoignages, selon lui, n’évoquent que quelques-unes des transformations à l’œuvre sur le continent.  « Ensemble, nous sommes en train d’écrire une nouvelle page du développement africain. Les nouveaux modèles de croissance soutenue et sans exclus ont, j’en suis convaincu, de beaux jours devant eux », conclut-il.

Fara Michel Dièye

Le tout nouveau directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar), Serigne Mboup, est revenu sur le sens et la portée de l’appel à de larges concertations sur les ressources pétrolières et gazières lancé par le président de la République. Selon lui, c’est une invite à réfléchir sur les meilleures pratiques d’exploitation des ressources d’hydrocarbures afin que les revenus profitent aux générations actuelles et futures.

Les opposants qui ont apposé leur véto à l’appel du chef de l’Etat, pensant à priori qu’il s’agit, durant ces concertations, de renégocier des contrats déjà signés et/ou de déclassifier des rapports de contrats de concessions et autres permis gaziers et pétroliers déjà approuvées, n’ont absolument rien compris sur le sens et la portée de la démarche du président Macky Sall.

C’est la conviction du nouveau directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar), Serigne Mboup, selon qui, la publication des contrats pétroliers, miniers et gaziers par le Premier ministre renseignent que « tous les contrats sont signés dans le respect des textes législatifs et réglementaires en vigueur dans notre pays, notamment le Code pétrolier, son décret d'application et le contrat type de partage de production qui encadrent la négociation et la signature des contrats ».

Sous ce rapport, « l’appel aux concertations sur le pétrole et le gaz transcende les partis politiques et la plus grosse erreur serait d’en faire l’affaire des seuls politiques qui font moins de 1% de la population sénégalaise », a-t-il déclaré sur la 2stv. Considérant que « le consensus intégral sur un thème majeur n’existe dans aucun pays du monde », M. Mboup est d’avis que « c’est le dialogue national du 28 mai 2016 qui a été à la base des dernières concertations sur le processus électoral qui a regroupé, malgré le boycott de certains partis politiques, la majorité, l’opposition, les non-alignés et la Société civile et qui ont produit beaucoup d’accords ».

Aussi, ces concertations qui se veulent inclusives, sont une sorte d’« Assises nationales » des forces vives du pays et englobe deux lois. Il s’agira d’abord de « réfléchir sur la loi portant sur la gestion et la répartition des revenus qui seront tirés de l'exploitation des ressources pétrolières et gazières, constituent le cadre idéal pour tout patriote soucieux de l’intérêt exclusif du Sénégal d’apporter sa contribution ».

Ensuite, il s’agira, pour les participants, « de réfléchir sur la loi sur le contenu local du pétrole, c’est-à-dire l’effet du pétrole et son impact sur les populations (préférence nationale, modalités d’intervention des sociétés sénégalaises dans la sous et/ou co-traitance, de passer à la loupe le plan directeur de développement pétrolier et gazier qui définira le profil de l’offre et de la demande du Sénégal en articulation avec le Pse, de faire des propositions sur le nouveau Code pétrolier en gestation pour sa réactualisation, conformément à la nouvelle donne…), a-t-il fait savoir.

Le tout, poursuit-il, «en s’inspirant des meilleures pratiques des pays exploitants le pétrole et le gaz et de s’appuyer sur l’expertise nationale en matière de pétrole, de gaz et de gestion ».

Pour le maire de Pire Gourèye, l’objectif final est de « rassurer le peuple souverain de l’utilisation efficiente des ressources pétrolières et gazières au profit exclusif de tous les Sénégalais, les générations actuelles comme les générations futures », a-t-il souligné.

Mamadou Lamine DIEYE

En perspective du démarrage de la seconde phase du Millenium challenge account, ont été présentés, hier, les résultats préliminaires des études de faisabilité des projets énergétiques au Sénégal. Une occasion saisie par le ministre du Pétrole et des Energies, Mansour Elimane Kane, de mettre le focus sur les défis à relever pour réussir la mise en œuvre du deuxième compact.

Après avoir été déclaré éligible, en décembre 2015, à la formulation d’un second compact dans le Millenium challenge corportation (Mcc), le Sénégal est à l’heure de la présentation des résultats préliminaires des études de faisabilité des différents projets d’infrastructures énergétiques qui seront retenus dans la réalisation. En présence des représentants des partenaires et autres services de l’administration, le ministre du pétrole et des Energie, Mansour Elimane Kane, a insisté sur les défis à relever pour un succès du projet. Il s’agit, selon lui, de tirer le maximum de profits du marché de l’électrification ouest-africaine avec le « Power Africa », le vaste plan d’électrification de l’Afrique qui sera opérationnel à partie de 2019. L’autre défi, dit le ministre, est de bâtir et de capitaliser les ressources pétrolières et gazières sur la base d’un système à partir de 2021. S’y ajoute la mise en place d’un environnement des affaires favorable permettant de garantir l’attraction de l’investissement privé dans tous les secteurs, notamment celui de l’énergie. Cela, en vue de faire le second compact du Mca un levier pour attirer le secteur privé international.

Il s’est réjoui de l’orientation donnée à la deuxième phase du Mca consistant à consacrer entièrement le financement au secteur de l’énergie. Un choix opéré eu égard à la contrainte majeure identifiée à l’entame du processus de formulation portant sur le coût élevé de l’énergie, le faible accès à l’électricité en milieu rural et périurbain. Le ministre se dit convaincu que la levée de cette contrainte contribuera « fortement » à l’amélioration de la productivité des entreprises et des ménages. A ce titre, il a salué la pertinence des quatre projets identifiés. Il s’agit de la diversification des sources de production, l’optimisation du parc et la gestion de la demande ; de l’amélioration de l’accès à l’électricité en milieu rural et péri-urbain ; de la modernisation et du renforcement des réseaux de transport et de distribution ; enfin, de l’amélioration du cadre légal et le renforcement des capacités des acteurs du secteur.

D’après le ministre du Pétrole et des Energies, c’est la première fois, en Afrique, qu’un pays (le Sénégal) obtienne deux compacts successifs. Pour rappel, le premier compact avait porté sur des interventions essentiellement articulées autour de projets de développement intégré de pôles régionaux dans les zones nord et sud du pays. Il précise, toutefois, que les financements obtenus grâce au Mcc sont offerts à l’Etat du Sénégal par le peuple et ils ne sont donc pas un prêt. L’éligibilité du Sénégal au second compact, explique-t-il, est née de la confiance renouvelée des Américains, suite à l’exécution, avec « succès », du premier compact. Il faut ajouter à cette confiance les évaluations positives par le comité d’investissement du Mcc et les indicateurs portant sur la bonne gouvernance, les investissements dans les ressources humaines et les mesures en faveur de la libération de notre économie.

Abdou DIAW

NÉCESSITÉ D’ACCORDER LES PROJETS MINIERS AU RÉSEAU HAUTE TENSION
Selon les analyses réalisées dans ces études de faisabilité, la mise en œuvre de l’approvisionnent des projets miniers à partir du réseau Haute tension est techniquement réalisable ainsi que profitable pour le développement de l’électrification rurale dans la région de Kédougou. Les experts ayant mené ces travaux ont rassuré qu’aucun problème technique particulier n’est engendré pour ces nouveaux réseaux haute tension.

A. DIAW

DES ÉTUDES DE FAISABILITÉ POUR UNE MEILLEURE PRISE DE DÉCISIONS
En marge de l’atelier, la coordonnatrice de l’Unité de formulation du second programme Mca-Sénégal, Marième Decraene, a précisé que la présentation des études de faisabilité des projets énergétiques s’inscrit dans la démarche de participation inclusive de l’ensemble des parties prenantes que l’Ufc-Mca a adoptée au début du processus. L’objectif est de promouvoir une appropriation nationale du processus de formulation du compact et de ses résultats. Le ministre Mansour Elimane Kane soutient que les résultats de ces études offriront au gouvernement et au Mcc les éléments d’aide à la prise de décision sur les choix des projets et réformes à considérer, eu égard aux critères d’investissements retenus. Compte tenu des principales contraintes à la croissance économique et sociale du Sénégal, les évaluations techniques, environnementales, sociales, économiques et financières, confiées au cabinet Wsp-Cpcs, tiendront en considération l’objectif de réduction du coût de l’énergie et de l’amélioration de l’accès à l’électricité en milieux rural et périurbain.

A. DIAW

Deux ans après avoir obtenu un premier financement de la Fondation Sococim, le groupement « Les sœurs jumelles » vient recevoir un deuxième appui. Il s’agit d’un chèque de 4,8 millions de F Cfa qui a été remis par Mme Patricia Diagne, administrateur de ladite fondation à ces femmes transformatrices de Rufisque. « Le premier financement a été accordé en 2016. Nous avions, à cette époque, réalisé un travail d’accompagnement en organisation pour nous assurer que les procédures permettaient à ce groupement d’assurer des activités pérennes. Le groupement a bien suivi tous ces conseils. Aujourd’hui, il est revenu vers nous avec de nouvelles ambitions et c’est normal que nous l’accompagnions dans ses nouvelles ambitions. Nous souhaitons que tous les groupements puissent développer de la même manière leurs activités à Rufisque », a expliqué Mme Patricia Diagne. En effet, le premier financement a permis au groupement « Les sœurs jumelles » de s’équiper à travers l’achat d’un moulin à mil et d’une décortiqueuse. Mais aussi, elles ont pu se procurer de la matière première. Le nouvel accompagnement va permettre à ces femmes de la « vieille ville » d’accroître substantiellement leur production journalière à travers l’achat d’un émotteur et d’un séchoir.

Si la production journalière est de 250 kg de mil à l’heure actuelle, «Les Sœurs jumelles» espère, avec ce financement, la porter à 500 kg. La présidente du groupement, Fatou Maïssa Dia, voit l’avenir d’un bon œil. « Je suis très contente de recevoir, à nouveau, une deuxième subvention de la Fondation Sococim qui me permettra d’acheter un émotteur et un séchoir et de transformer en qualité et en quantité », a dit Mme Dia dont le groupement est régulièrement invité au Salon international de l’agriculture de Paris. Cet appui de la fondation est fait sans intérêt et sans caution.

Car, selon Patricia Diagne, il participe à la « volonté nationale » de promouvoir le consommer local.

M. NDONG

Dans cet ouvrage de 263 pages, Hawa Sow, Enseignante et Chercheure en Finance, revisite l’histoire du métier de prêteur, analyse son évolution, les pratiques modernes en cours et explique la nature complexe de la relation entre banquier et emprunteur.

« Nous avons tous besoin des prêteurs à certains moments pour acheter de l’argent, à travers un emprunt. Il n’y a souvent pas d’autres alternatives. Nous sommes, malgré nous, des adhérents de plus au système de ‘’monnaiement de la monnaie’’. Mais où peut nous conduire ce système ? Comment influence-t-il la qualité de notre vie de façon directe et indirecte, individuelle et générale ? ». Ces quelques lignes du quatrième de couverture campent bien le sujet et l’intérêt de l’ouvrage « Le métier de prêteur dans l’espace et dans le temps ». Dans cet opus, l’auteur, Hawa Sow, Enseignante-chercheure en Finance nous replonge, au fil des 263 pages, dans le passé d’un métier qui a traversé l’espace et le temps avec ses soubresauts, ses insuffisances, ses atouts et handicaps afin d’expliquer le dérèglement que le système bancaire et financier a connu ces dernières années.

Le constat de l’auteur est sans appel : « Les prêteurs devraient avoir pour fonction de soutenir l’économie en répartissant entre acteurs économiques l’épargne nécessaire à la production, à la distribution et à la consommation des biens et services. Mais, en pratique, on s’aperçoit qu’au lieu de remplir cette fonction purement financière, ils sauvegardent une activité ancestrale plutôt commerciale ». Les effets de ce commerce d’argent » qui s’est développé dans un coin du monde (Grèce antique) se sont propagés à travers le temps et l’espace. Devenu le système financier universel, cette activité bancaire, constitue, selon Mme Sow, « un revers à cause de son fondement qui est la vente de l’argent et ses corollaires que sont la spéculation, l’incitation sauvage aux prêts ». La conséquence de ce système de crédit, ce sont ces cycles de crises économiques que le monde a connues notamment en 1929, en 1987 et 2008.

En commettant cet ouvrage, Hawa Sow cherche, en effet, à contribuer à la modification de la nature de la relation entre un banquier et un emprunteur, pour un véritable « eldorado financier ». Elle veut prévenir ainsi les faillites personnelles, puis sociales par le développement d’une structure de financement qui n’affecte pas l’équilibre économique. Car de déséquilibre, c’est très souvent de cela qu’il s’agit dans la relation entre le prêteur (la banque) et l’emprunteur (le client). « L’emprunteur, qu’il soit une entreprise ou un particulier, très riche ou très moyen, vit souvent dramatiquement sa relation avec le prêteur. Et ce dernier, malgré les garanties avec lesquelles il s’entoure, coure des risques de faillite quand l’impossibilité pour l’emprunteur de rembourser le prêt et l’intérêt se généralise », explique l’Enseignante-chercheure. Et elle donne l’exemple de l’affaire qui oppose le célèbre importateur de riz, Bocar Samba Dièye, à une banque de la place. « Ces genres de contentieux, de part et d’autre du monde, montre une mauvaise qualité des relations entre banquiers et emprunteurs », dit-elle. Pour elle, le problème est donc l’absence de solutions, tant théoriques que pratiques, adéquates aux crises cycliques du prêt à cause de non identification de leurs causes profondes.

Elhadji Ibrahima THIAM


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