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Société & Faits divers (2814)

Khalifa Sall n’a finalement pas eu gain de cause devant la cour de justice de la Cedeao. Le maire de Dakar a été débouté hier après la saisine par procédure d’urgence intentée il y a quelques semaines par ses avocats, au motif que ses droits ont été bafoués par la justice sénégalaise. La juridiction sous-régionale a constaté qu’il n’y avait aucune violation des droits de l’homme ou de la défense dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar et en a tiré les conséquences. C’est une validation du point de vue formel, de la procédure à Dakar, car dans le fond le jugement se poursuit.

Aliou Ngamby NDIAYE

Un pêcheur a trouvé la mort dans le chavirement de leur pirogue survenu samedi. Un nouvel accident qui pose le problème du non-respect des consignes de sécurité par les pêcheurs malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les alertes des services météorologiques.

La pêche dans la Petite-Côte a encore été endeuillée avec la mort d’un jeune pêcheur dans le chavirement d’une pirogue au large de Mbour samedi. Matar Guèye, un jeune d’une vingtaine d’années, a trouvé mort dans l’accident de sa pirogue qui contenait quatre pêcheurs. Si le jeune Matar n’a pas survécu, ses trois compagnons d’infortune ont été secourus par une autre pirogue qui a pu les ramener sains et saufs au rivage. Un nouveau drame que regrette Matar Cissé, président du Conseil local de pêche artisanal (Clpa) de Mbour qui s’affairait hier à régler au tribunal les différents papiers pour l’inhumation du jeune. M. Cissé de souligner que c’est une situation dramatique que de devoir perdre un jeune parti en mer pour chercher du poisson. Ce drame porte à cinq le nombre de morts enregistrés à Mbour depuis le début de l’année. Des morts dont les causes sont diverses ; mais la responsabilité des pêcheurs est toujours pointée du doigt. Ils ne respectent pas souvent les règles élémentaires de précaution avant d’embarquer. Ce, en dépit de toutes les campagnes de sensibilisation. Cette fois, la méprise des consignes données par les services météorologiques a été fatale au jeune Matar. Au moment où l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la météorologie (Anacim) a mis en garde contre les risques de perturbation en mer, les pêcheurs ont fait abstraction de ces consignes pour embarquer. « C’est des choses que nous déplorons, étant donné que nous avons signé un partenariat avec l’Anacim qui nous transmet des messages pour nous alerter sur le mauvais temps et la période concernée », a dit M. Cissé, qui ajoute qu’au Clpa, un dispositif est mis en place avec des drapelets dans les quartiers pour indiquer les mauvais temps aux pêcheurs. Ce que ces derniers ne respectent pas toujours à leurs risques et périls et qui a causé beaucoup de pertes en vies humaines. Ce que regrette le président du Clpa pour qui les responsables de ces jeunes ont fait preuve d’irresponsabilité en les laissant partir et en restant à la maison. « On a constaté que lors des intempéries, les capitaines ou propriétaires de pirogues ne vont pas en mer. Ils laissent leurs embarcations aux petits pêcheurs à qui ils demandent de ne pas aller loin. C’est irresponsable ! » a-t-il déploré. Avant d’ajouter que sa structure va soumettre au préfet Saër Ndao une proposition d’arrêté interdisant les sorties de pêcheurs en temps d’intempéries ou de mauvais temps. Ce qui devra, selon lui, amoindrir les accidents en mer.

Ousseynou POUYE

 

 

L’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) a mis à la disposition du Sénégal de nouveaux volontaires qui ont la même mission : contribuer au développement socio-économique des populations à la base.

Le Japon reste aux côtés du Sénégal pour apporter son expertise au développement à la base. En effet, ce pays vient d’envoyer huit nouveaux volontaires qui seront déployés à l’intérieur du pays. Selon le directeur de la Coopération technique Papa Birama Thiam, ces volontaires représentent un maillon important du dispositif de coopération bilatérale entre les deux pays. A l’en croire, ces derniers ont contribué, depuis 1980, à relever de nombreux défis auxquels doit faire face le Sénégal pour son développement. C’est pour ces raisons que M. Thiam a exhorté les volontaires à perpétuer la tradition d’entraide du Jocv (Japon Overseas Cooperation Volunteers), en apportant leur contribution aux populations et aux autorités pour l’atteinte des objectifs de développement. Aussi, a-t-il précisé que leurs secteurs d’intervention sont en cohérence avec les axes du Plan Sénégal émergent. Se fondant sur les qualités intrinsèques de ces volontaires, Papa Birama Thiam a réaffirmé la disposition des autorités sénégalaises, aussi bien administratives que locales, d’accompagner ces acteurs de développement dans leur mission. Ces derniers seront affectés dans les localités de Gossas, de Diofior, de Mbacké, de Kaolack, de Dakar, de Tambacounda et de Saint-Louis. Ils vont collaborer avec les services déconcentrés de l’Etat et les populations dans les domaines de la santé, de l’éducation inclusive, de l’enseignement élémentaire et du développement communautaire. L’adjoint au représentant résident de la Jica au Sénégal, Mme Tanaka Kaori, a rappelé que la philosophie du programme de volontariat, c’est de participer au changement de comportements, mais surtout de contribuer à un enrichissement mutuel dans la cadre d’une relation gagnant-gagnant. « Le regard extérieur des volontaires sera un trésor précieux pour la valorisation de nos cultures et le développement qualitatif de notre coopération. D’où l’engagement de la Jica à renforcer les capacités des ressources humaines pour ainsi donner l’opportunité aux jeunes sénégalais de se former au Japon dans le cadre de l’initiative Abe », a-t-elle indiqué.                        

Tata SANE

L’ancien Garde des Sceaux du Mali, Me Mamadou Ismaël Konaté, s’est exercé à démonter les charges contre Khalifa Ababacar Sall. Il s’est félicité de l’état de la démocratie au Sénégal qui est, a-t-il dit, « un Etat de droit et de justice ». Selon lui, les avocats sénégalais font la fierté de tout le continent africain. Toutefois, il ne comprend pas qu’au Sénégal, « de façon cyclique, des procès passent, reviennent et concernent des hommes et des femmes politiques ». D’après l’avocat, « la justice est instrumentalisée en Afrique » et de plus en plus des adversaires politiques sont poursuivis. S’adressant au juge, il l’a invité à appliquer le droit, rien que le droit. A son avis, « la justice ne doit pas être le bras droit de qui que ce soit ». « Rendre service au politique, c’est de se mettre en difficulté en tant que juge. La politique tourne et retourne. J’ai occupé les fonctions de garde des Sceaux, c’est pourquoi je sais de quoi je parle », a-t-il dit en s’adressant au président du tribunal, Malick Lamotte.

Me Konaté s’est posé des questions sur la mission de l’Inspection générale d’Etat (Ige) à la mairie de Dakar. Sa curiosité est de savoir comment le président de la République peut mettre en mission une administration qui lui est dédiée pour fouiller dans une collectivité locale dotée d’une autonomie de gestion ? « C’est une violation du droit des collectivités locales qui ne peuvent être contrôlées que par des actes administratifs. Cette violation flagrante de la libre administration est une faute au droit », a ajouté l’avocat. La deuxième interrogation de l’avocat du maire de Dakar est pourquoi le parquet demande la relaxe des deux percepteurs Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré alors que ces derniers sont les gardiens des fonds pour lesquels Khalifa Ababacar Sall et ses coprévenus sont poursuivis ?

A. Ng. NDIAYE

Les avocats des deux percepteurs Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré ont plaidé en faveur de leurs clients hier. La défense a d’abord commencé par le plus facile, c’est-à-dire défendre Ibrahima Touré et Mamadou Oumar Bocoum pour qui le ministère public a demandé la relaxe pure et simple faute de preuves adéquates. Mais Me Mamadou Guèye Mbow qui assure la défense des percepteurs veut que le juge puisse renvoyer les deux percepteurs des fins de poursuite sans peine. D’après Me Mbow, Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré sont « les deux victimes de ce procès ». Selon lui, ses deux clients se sont retrouvés dans ce procès comme un cheveu dans la soupe. « Mes clients ont été impliqués dans un orchestre musical alors qu’ils n’ont joué aucun instrument musical. Ils ont été associés dans une bataille politique alors qu’ils ne sont pas des politiciens », a dénoncé Me Mamadou Guèye Mbow.

En effet, Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré, respectivement ancien percepteur municipal et actuel receveur à la ville de Dakar, sont poursuivis par le doyen des juges pour les chefs d’inculpation d’association de malfaiteurs, complicité de détournement de deniers publics et escroquerie de deniers publics. Mais pour Me Mbow, « ces accusations ne répondent sur aucun fondement et doivent être battues en brèche ». A son avis, ces accusations contre ses clients émanent du rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) suite à sa mission de vérification à la mairie de Dakar. Or, a-t-il rappelé, ce rapport volumineux de l’Ige (720 pages) « ne contient aucune récrimination, aucune observation négative de la gestion de la caisse d’avance à l’endroit des deux percepteurs ». Me Moussa Sarr, autre avocat des deux percepteurs, a aussi abondé dans le même sens. Selon le conseil, ses clients n’ont rien à se reprocher. « Nous devons être renvoyés des fins de la poursuite pour tous les délits. Aucun élément probant ne peut être articulé contre mes clients. Nous pensons que ce serait justice de les renvoyer des fins de la poursuite », a demandé Me Moussa Sarr.

A. Ng. NDIAYE

 

Les avocats de la défense ont pris le relais, hier, pour tenter de démonter le réquisitoire du procureur de la République. Selon Me Abou Dialy Kane, le réquisitoire de Serigne Bassirou Guèye « est outrageusement fracassant ».

Mes Abou Dialy Kane, Bamba Cissé et Kanouté de la défense se sont attelés à démonter le réquisitoire du parquet. Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait, vendredi dernier, requis 7 ans de prison ferme contre le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall et le directeur administratif et financier Mbaye Touré plus une amende de 5,490 milliards de FCfa. Un réquisitoire qualifié « d’outrageusement fracassant » par Me Abou Dialy Kane. Selon lui, les peines requises « n’ont aucun soubassement ». Me Bamba Cissé estime que « le parquet a plus fait dans le bruit parce que son réquisitoire n’est fondé sur aucun droit ». Il ne comprend pas pourquoi les deux percepteurs incriminés dans cette affaire, en l’occurrence Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré, soient « extirpés du lot » alors que « le comptable public est le premier juge de la légalité ».

Me Cissé précise que Khalifa Sall et ses co-prévenus ne peuvent pas être poursuivis pour escroquerie portant sur des deniers publics car le receveur-percepteur municipal payait en connaissance de cause. « Pour qu’il y ait une escroquerie, il faut une tromperie. Dans cette affaire, il n’y a aucune tromperie car le percepteur payait en connaissance de cause. Il savait qu’il s’agit de fonds politiques. C’est pourquoi, il n’a pas exercé un contrôle sur pièces », a expliqué Me Bamba Cissé. Pour étayer son argumentaire, il a brandi les factures de mil et de riz  de 2011 à 2012. Dans ces papiers justificatifs, la tonne de riz est facturée à 230.000 FCfa et celle de mil à 258.000 FCfa. Ce qui semble étonner Me Bamba Cissé. A son avis, la tonne de riz ne peut pas coûter moins cher que celle de mil au Sénégal, a-t-il ironisé. Malgré tout, a-t-il ajouté, le percepteur continuait à décaisser pour alimenter la caisse d’avance. « Dans cette affaire, nous n’avons pas affaire à des délinquants. La seule vérité est que ces gens (il pointe du doigt les prévenus) ne sont pas des délinquants », a-t-il affirmé.

« Vos malfaiteurs associés ne sont pas dans cette salle »
L’avocat a aussi rejeté le chef d’inculpation de blanchiment de capitaux pour lequel ses clients sont poursuivis. Cette infraction, a-t-il dit, est « la plus cocasse dans cette affaire ».

Me Abou Dialy Kane de renchérir que l’élément matériel du blanchiment n’a pas été prouvé dans ce dossier car Khalifa Ababacar Sall n’a eu aucun avantage patrimonial.

« Il n’a pas été relevé des transferts internationaux de devises dans ses comptes ou d’opérations suspectes », a ajouté Me Kane. Il a encore indiqué que la présence de Khalifa Ababacar Sall sur ce banc est insupportable pour quelqu’un « qui a servi son pays, sa ville, son parti ». « Vous jugez un homme parce qu’il est honnête, a fait deux déclarations de patrimoine. Le pouvoir s’attend à ce que la justice enterre ses ambitions politiques », a accusé Me Kane. Il a rejeté aussi l’association de malfaiteurs. D’après le conseil de Khalifa Sall, cette infraction est « le ventre mou de l’accusation ». « C’est une infraction qui participe à une entreprise d’humiliation des prévenus. Aucune concertation au préalable entre les prévenus n’a été constatée. Monsieur le président, vos malfaiteurs associés ne sont pas dans cette salle », a-t-il lancé. L’avocat d’ajouter que son client ne peut être condamné pour le chef d’inculpation de faux et usage de faux de documents administratifs car « il n’a jamais présenté une pièce falsifiée » encore moins prouvé « un acte d’usage imputé à Khalifa Ababacar Sall ». « Tout ce qu’on reproche à Khalifa Ababacar Sall, c’est d’avoir visé un document dont il avait connaissance du faux. On lui reproche de n’avoir pas stoppé cette falsification », a expliqué le conseil.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

La route a encore tué lors d’un accident survenu, hier, à hauteur du village de Fass, situé à 7 km de Ranérou. Une voiture 4x4 qui se rendait à Agnam a fait un choc frontal avec un camion en partance de Ranérou qui transportait du phosphate. Les six victimes d’une même famille étaient toutes à bord du véhicule (pick-up), dont le chauffeur qui roulait à vive allure a voulu éviter un âne. Avisés, les sapeurs-pompiers de Matam se sont vite rendus sur les lieux. Les corps sans vie sont à la morgue d’Ourossogui et seront ultérieurement remis aux proches parents sur ordre du procureur de Matam. Les gendarmes ont ouvert une enquête pour élucider les causes réelles de l’accident.

Masse NDIAYE

 

Les fidèles catholiques sont invités à suivre les pas du Christ. C’est en tout cas ce qui ressort des propos de Mgr Paul Abel Mamba qui a dirigé la messe d’ouverture de la 28e édition du pèlerinage marial de Mont-Rolland hier.

Dans son homélie, Monseigneur Paul Abel Mamba, évêque de Ziguinchor, a d’abord précisé que le thème de cette année (Je suis baptisé. Je suis engagé. Je suis missionnaire. Gloire à Dieu Notre-Dame de Mont-Rolland) rappelle le mouvement de tout baptisé pour suivre les pas du Christ. « La liturgie de ce premier dimanche de carême vous propose, cette année, de méditer sur le mouvement de Jésus, de son baptême jusqu’à sa mission et sa mort sur la croix et sa résurrection. Cela commence par les 40 jours au désert ou sous forme de retraite spirituelle, il s’est préparé à assumer sa mission, celle que le Père lui a assigné pour l’humanité », a-t-il adressé aux nombreux fidèles venus faire le pèlerinage.

Mille dix-neuf (1019) jeunes paroissiens ont officiellement marché pour venir prier sur les pieds de la Vierge Marie. Selon Mgr Mamba, à l’image de Jésus, les fidèles catholiques veulent se préparer à la fête de Pacques. Mais l’expérience de celui-ci doit leur servir de modèle. Elle doit aussi les avertir que ce n’est pas facile d’être chrétien, d’être disciple de Jésus. « Il y a la tentation et les épreuves qui nous attendent. C’est cela que Jésus appelle la croix. Si nous acceptons le baptême, nous devons par la même occasion accepter de boire la coupe avec lui. Jésus nous donne les armes pour ne pas succomber à la tentation. Quand le démon le tente, il répond par la parole de Dieu. Les armes spirituelles qu’il met à notre disposition : avoir toujours foi en Dieu, créateur de l’humanité, avoir confiance en soi car Dieu est toujours avec nous, toujours croire en la parole de Dieu car elle est une vérité éternelle», a dit l’évêque de Ziguinchor.

En l’en croire, c’est sur cette parole que tout baptisé doit prendre appui et puiser ses forces face aux défis du mal et de la tentation. Après le baptême où le catholique a reçu l’esprit, a-t-il ajouté, il doit passe à l’action, c’est-à-dire « vivre ce que nous avons reçu et témoigner ». Pour Mgr Mamba, la mission que Jésus a confié à son église est de témoigner en lui, de raconter aux autres ce qu’on a entendu et vu, ensuite l’annoncer en paroles et en actes. « Il nous est donné par le baptême d’être enfants de Dieu. La dignité d’un enfant est d’obéir à ses parents et de les honorer comme le dit le commandement. Ainsi, la première épreuve de toute vie chrétienne est l’obéissance, car c’est par elle qu’advienne tout péché. Chaque chrétien doit obéir à Dieu. C’est par l’obéissance à Dieu, à nos parents ou à nos supérieurs hiérarchiques que nous saurons montrer à Dieu notre filiation et que nous pourrons accomplir sa volonté car c’est de là que nous nous engagerons à vivre comme Dieu et à agir comme le Christ », a soutenu l’homme d’église.

Nd. M. SECK

En plus de Popenguine, tous les six autres sanctuaires diocésains du pays seront réhabilités et rénovés. Pour cela, c’est une enveloppe de 1,2 milliard de FCfa qui sera dégagée par le président de la République, soit 200 millions de FCfa par sanctuaire.

Le ministre des Forces armés, Augustin Tine, a annoncé, hier, une enveloppe de 1,2 milliard de FCfa pour réhabiliter et rénover six sanctuaires diocésains sur l’ensemble du pays. C’est dans le cadre du vaste programme de réhabilitation et de rénovation des lieux de culte.

«Le président de la République, après avoir annoncé, il y a un an, qu’il procèderait d’abord à la rénovation du sanctuaire marial de Popenguine du diocèse de Dakar, aura décidé, cette année, de réhabiliter et de rénover tous les six autres sanctuaires diocésains. Pour chacun, il a alloué la somme de 200 millions de FCfa», a annoncé le maire de Fandène, hier lors de la célébration de la messe d’ouverture de la 28e édition du pèlerinage marial diocésain sur le thème : « Je suis baptisé. Je suis engagé. Je suis missionnaire. Gloire à Dieu Notre-Dame de Mont-Rolland ».

La particularité de cette année est que c’est un pèlerinage jubilaire car marquant le 125e anniversaire de la présence chrétienne en terre Ndut. La messe a été dite du haut de la colline, au pied de Notre-Dame de Mont-Rolland, par Monseigneur Paul Abel Mamba, évêque de Ziguinchor, en présence de Monseigneur André Guèye, évêque de Thiès et tant d’autres personnalités de l’église catholique du Sénégal mais aussi de dignitaires musulmans de la localité.
«Le président de la République accorde une importance de premier ordre à tout ce qui se fait de façon générale pour la consolidation de la foi, des vertus et de la morale en société. Il ne fait aucun doute que ce rassemblement en fait partie. Lors du Conseil des ministres du mercredi passé, il a envoyé un message aux chrétiens pour leur souhaiter un bon temps de carême», a fait savoir le responsable Apr du département de Thiès, avant de solliciter « à cette assemblée brillante et fervente des prières pour le président de la République ainsi que pour tout le gouvernement afin qu’ils jouissent des grâces et bénédictions pour accomplir la mission qui leur est assignée ».

Le ministre des Forces armées a aussi souhaité que «ce carême 2018 soit pour la communauté catholique et l’ensemble du peuple sénégalais une source de bénédiction, de grâce, de communion des cœurs et des esprits afin que notre pays puisse poursuivre, en toute quiétude, la route de l’émergence déjà empruntée et soit préservé des menaces asymétriques qui guettent les citoyens de la planète et surtout de notre sous-région».

Ndiol Maka SECK

 

L’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (Asp) a procédé à l’implantation du dispositif  « quartier sûr » de la cité Keur Damel le samedi dernier. La cérémonie a été présidée par Mamadou Diop, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Le président du conseil de quartier, Alioune Ndiaye, a demandé aux riverains de collaborer « pour que le service soit permanent ».

A la demande du conseil de quartier de la cité Keur Damel, des assistants à la sécurité de proximité sont déployés pour la surveillance de 300 concessions. La dynamique, déjà instituée dans cette agglomération, est magnifiée par le représentant du ministre de l’Intérieur. «C’est ce qui donne tout son sens à la cérémonie d’aujourd’hui, avec la mise en place de ces assistants», a soutenu Mamadou Diop dans communiqué qui nous est parvenu hier. Il a rappelé les premières missions des Asp consistent à informer, sensibiliser et secourir les populations, alerter les forces de police ou de gendarmerie, après avoir identifié la présence d’individus suspects dans le quartier ou constater la commission d’infractions, rappelant la compétence de la gendarmerie de la Foire et du commissariat des Parcelles Assainies dans cette zone. Il leur a demandé d’appuyer le dispositif.

Le directeur de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité, Papa Khaly Niang, ainsi que les membres du conseil de quartier représentés par le président Aliou Ndiaye ont accepté de travailler à rendre « plus sûr » ce secteur habité par un millier d’habitants. Me Niang s’est félicité de « cette initiative des résidents qui promeuvent la coproduction de la sécurité ». Pour sa part, le maire de la Patte-d’Oie, Banda Diop, a salué  l’action du conseil de quartier en précisant que les cités ont besoin d’un « cadre sain et sûr ».

Serigne Mansour Sy CISSE  

 

L’Ambassadeur d’Arabie Saoudite au Sénégal, Abdallah Ahmad Al-Abdan s’est rendu, vendredi dernier, à Porohkane, pour présenter au Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, les condoléances de Sa Majesté, le Roi Salman et de son peuple, suite à la disparition du Khalife général Serigne Sidy Makthar Mbacké, informe un communiqué de l’Ambassade. « Je suis venu, au nom du Roi Salman et de tout le peuple saoudien, pour présenter nos condoléances après la disparition de Serigne Si dy Makhtar Mbacké, un ami de tous. C’est une grosse perte pour la Ummah islamique et nous prions pour que Dieu l’accueille dans son Paradis ».  Il a ajouté que la visite permet aussi de « raffermir les relations avec Serigne Mountakha bassirou Mbacké qui est également un ami ». L’ambassadeur Al-Abdan a rappelé le rôle que joue son pays pour la consolidation dans le monde et surtout entre les musulmans. Un rôle que l’Arabie Saoudite continuera de jouer, a-t-il assuré. Il a beaucoup insisté sur la paix entre musulmans regrettant que parfois des gens « très limités », pensent tout savoir de la religion et se transforment en donneurs de leçons, appelant les gens à « la vigilance ».  Au cours la visite, l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Dakar s’est rendu à l’école Sokhna Diarra de Porokhane où résident des centaines de jeunes filles, toutes homonymes de la mère du fondateur de la Mouridiya, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Avant de quitté la ville sainte, M. Al-Abdan a effectué la prière du vendredi à la mosquée et visité d’autres localités.

Daouda MANE

 

Le procureur Serigne Bassirou Guèye a requis 7 ans d’emprisonnement ferme contre Khalifa Ababacar Sall, le maire de Dakar, et Mbaye Touré, le directeur administratif et financier. Le lourd réquisitoire a été prononcé hier, dans le cadre du procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.

Le dispositif de sécurité a été impressionnant avant le début du réquisitoire du procureur de la République. Plus de 10 gendarmes faisaient la ronde dans la salle 4 du tribunal de Dakar en attendant l’arrivée de Serigne Bassirou Guèye. Son réquisitoire était attendu. Pour cela, la salle d’audience du tribunal a retrouvé les ambiances des premiers jours du procès Khalifa Ababacar Sall et ses co-prévenus. Les partisans du maire de Dakar sont venus en masse. Chacun veut entendre, mais surtout voir Serigne Bassirou Guèye parler. Ils mettent de l’ambiance dans la salle à travers des chants et des applaudissements. Des chants à l’honneur du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall. A 15 heures, le maire de Dakar arrive dans le box des accusés. Ses militants l’accueillent par une salve d’applaudissements. Pendant une dizaine de minutes, les sympathisants du maire ont fait vibrer la salle. Mais cette ambiance a été de courte durée. Le président Lamotte fait son apparition. Il est suivi par le procureur. Tout le monde se lève. Un silence de cathédrale a subitement envahi la salle. A peine assis, le président Lamotte introduit Serigne Bassirou Guèye.

«Ce que j’ai trouvé est effarant»
Très vite ce dernier se fait remarquer par sa voix. Parfois, il parle fort. Très fort qu’on a l’impression qu’il veut crier. Parfois, sa tonalité est en baisse qu’on a même du mal à entendre ce qu’il dit du fond de la salle. Serigne Bassirou Guèye veut maintenant aborder le fond de l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. « Aujourd’hui, nous débattons du fond des fonds de la caisse d’avance », dit-il d’emblée.

Dans son réquisitoire, Serigne Bassirou Guèye a d’abord fait un rappel des faits. A l’origine, dit-il, y a le rapport de l’Ige qui lui a été transmis après une vérification à la mairie de Dakar. A la page 53 dudit rapport, explique toujours le procureur, l’Inspection générale d’Etat relève que les 30 millions qui ont été remis mensuellement au maire de Dakar n’étaient pas utilisés pour acheter du riz et du mil comme cela a toujours été indiqué dans les papiers justificatifs. Ainsi, l’Ige a recommandé, dit-il, à ce qu’une vérification soit menée par la justice et qu’une information judiciaire soit ouverte sur l’utilisation faite de cet argent. « La Dic a fait son travail, un travail remarquable en termes de qualité. Le dossier m’a été rendu mais quand je l’ai lu, ce que j’ai vu est effarant », souligne le procureur de la République.

Détournement de deniers publics
Entre 2011 et 2015, informe-t-il, 1,8 milliard de FCfa ont été décaissés de cette caisse d’avance grâce à de fausses factures. C’est pourquoi, Serigne Bassirou Guèye rappelle que les infractions de faux et usage de faux en écriture de commerce, faux dans un document administratif, complicité de faux et usage de faux, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiment de capitaux sont constitués pour Khalifa Sall et ses co-prévenus. Dans son réquisitoire, le procureur de la République a tenu à expliciter chaque chef d’inculpation. Pour celui de complicité de faux et usage de faux, il révèle que la loi condamne son auteur entre 3 ans et 7 ans. L’infraction de faux dans un document administratif est punie par l’article 137 du Code pénal entre 6 mois à 3 ans d’emprisonnement. Le délit d’escroquerie portant sur des deniers publics est puni, rappelle-t-il, entre 5 ans et 10 ans de prison. « Ici, vous avez utilisé de fausses pièces pour obtenir de l’argent. Vous êtes condamné. Même si vous avez construit des routes, des mosquées, votre intention compte peu. Vous êtes condamné par la loi. C’est dur mais c’est la loi », ajoute le procureur.  

Par ailleurs, Serigne Bassirou Guèye a aussi tenté de démonter les arguments de Khalifa Ababacar Sall et de ses avocats qui considèrent les fonds utilisés dans cette caisse d’avance comme étant des fonds politiques. Mais pour le procureur, ces fonds ne sont pas politiques et il y a bel et bien un détournement de deniers publics. « Je ne lâche rien. Il y a détournement de deniers publics », répète, à nouveau, le procureur. Selon lui, les avocats de la défense ont tenté de justifier la nature politique de ces fonds, mais malheureusement ils ne sont pas parvenus à le faire. « Tout ce que la défense touche devient de l’or pour le procureur. A la Dic, Khalifa Ababacar Sall a dit qu’il s’agit de caisse d’avance. Il n’existe pas de fonds politiques à la mairie de Dakar », persiste et signe le procureur.

Toutes les infractions inscrites pour Khalifa Sall
Dans son réquisitoire, Serigne Bassirou Guèye est parfois taquin. Dès fois, il devient dur dans son argumentaire jusqu’à frustrer certains. Mais il est dans son rôle. Selon lui, il représente « les Sénégalais et les Dakarois qui n’ont pas participé au partage du gâteau ». Tout cela dit, il ne reste à Serigne Bassirou Guèye qu’à prononcer les peines contre les prévenus. Chacun s’attend à ce que la sentence soit lourde. Mais Serigne Bassirou Guèye, lui, informe qu’il requiert le minimum. Pour Khalifa Sall et Mbaye Touré, le procureur de la République indique que tous les délits d’infraction sont requis. En raison de tous ce qu’ils ont commis : faux et usage de faux en écriture de commerce, faux dans un document administratifs, complicité de faux et usage de faux, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiments de capitaux, le procureur a requis 7 ans d’emprisonnement contre Khalifa Ababacar Sall, le maire de Dakar, et Mbaye Touré, le directeur administratif et financier de la ville, en plus d’une amende de 5,490 milliards de FCfa. « Je ne parle pas d’intérêt mais d’amende. Quelqu’un qui a pris 1,830 milliard de FCfa doit payer à hauteur de son acte », a tenu à préciser Serigne Bassirou Guèye. Si le juge suit le procureur dans son réquisitoire, Khalifa Ababacar Sall et Mbaye Touré vont faire 7 ans ferme en prison car, selon lui, le sursis est exclu dans le délit de détournement de deniers publics et la liberté conditionnelle ne sera possible qu’après un remboursement d’un moins trois-quarts du montant détourné.

Cependant, la peine souhaitée par le procureur est moins lourde pour les autres prévenus, notamment Yaya Bodian, Ibrahima Yatma Diaw et Amadou Makhtar Diop. Pour ces derniers, il a requis 5 ans ferme. En outre, si le juge suit le procureur de la République, Mme Fatou Traoré pourrait bientôt sortir de prison. Serigne Bassirou Guèye a demandé au procureur de bien vouloir condamner Mme Traoré à un emprisonnement de deux ans dont un an ferme.

…ET DEMANDE LA RELAXE POUR LES DEUX PERCEPTEURS MUNICIPAUX
Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, a demandé au juge Malick Lamotte de bien vouloir relaxer Mamadou Oumar Bocoum, ancien percepteur municipal de la ville de Dakar, et Ibrahima Traoré, actuel percepteur de la mairie. Selon le procureur, il n’y a pas d’éléments qui permettent de continuer à poursuivre Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré. Pour rappel, les deux percepteurs ont toujours comparu libres devant le tribunal depuis le début du procès.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

 

Les avocats de la ville de Dakar ont, dans leurs plaidoiries, fustigé la présence de l’Etat dans le procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Pour eux, l’Etat n’a pas sa place dans ce procès car seule la mairie de Dakar a subi un préjudice dans cette affaire.

Les avocats de la mairie de Dakar, constituée partie civile dans le procès de la caisse d’avance de la ville de Dakar, se sont employés à démonter les arguments de l’agent judiciaire de l’Etat (Aje). Dans sa plaidoirie d’avant-hier, l’Aje Antoine Diome avait réclamé à Khalifa Ababacar Sall et à ses co-prévenus 6,830 milliards de FCfa pour le paiement du double préjudice subi par l’Etat du Sénégal dans cette affaire. Cependant, les avocats de la mairie de Dakar ont apporté la riposte hier. Dans sa plaidoirie, Me Ibrahima Diaw, avocat de la mairie de Dakar, a rappelé au président du tribunal que l’Etat n’avait rien à voir dans ce procès. Le conseil de la mairie de Dakar d’ajouter que la ville a ses ressources propres définies par l’article 187 du Code des collectivités locales. « La ville de Dakar, comme l’Etat, a ses ressources et il y a le principe de la libre administration des collectivités locales. Les fonds pour le fonctionnement de la mairie appartiennent exclusivement à la collectivité locale », a informé Me Diaw. Selon lui, ce que l’Etat réclame ne lui appartient pas car c’est la commune, à travers ses activités, qui finance son propre fonctionnement.

Me Ousseynou Gaye a aussi, dans sa plaidoirie, désapprouvé la place de l’Etat dans le procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Selon Me Gaye, la place de partie civile n’est pas celle de l’Etat du Sénégal, mais plutôt de la ville de Dakar. « A qui appartient ces fonds ? Quelle est la nature de ces deniers », s’est demandé l’avocat de la ville de Dakar. « L’Etat n’a pas sa place ici parce que ces deniers appartiennent à la ville de Dakar », a déclaré Me Ousseynou Gaye. Répondant à l’agent judiciaire de l’Etat Antoine Diome qui a convoqué le principe de l’unicité des caisses pour justifier le préjudice subi par l’Etat, Me Gaye a rappelé que ces deniers sont confiés à l’Etat mais ne lui appartiennent pas. « Les recettes qui alimentent la caisse d’avance ne proviennent pas de l’Etat. Le budget de la mairie de Dakar avoisine, chaque année, 58 milliards de FCfa. Sur ce montant, l’Etat ne verse que les fonds de dotation », a expliqué le conseil. L’Aje avait aussi convoqué les avances de trésorerie et les ristournes que l’Etat du Sénégal a toujours données à la ville. « Les ristournes sont des sommes qui appartiennent à la ville de Dakar. Les avances de trésorerie ne sont que des prêts pour permettre à la ville de Dakar de faire face à des dépenses urgentes. C’est le ministère des Finances lui-même qui détermine l’échéance de paiement qui ne peut pas dépasser un an », a ajouté Me

Ousseynou Gaye. Pour ce dernier, l’Etat du Sénégal doit s’écarter de ce procès pour ne pas donner le signal qu’il s’agit d’un procès politique orchestré contre le maire de Dakar.
Par ailleurs, d’après Me Jean Sylva, conseil de la ville de Dakar,  les avances de trésorerie sont faites à partir de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Une fois que cet argent sorte, renchérit-il, il n’appartient plus à l’Etat car la ville de Dakar a l’obligation de le rembourser. En effet, s’il y a détournement de cet argent, ce n’est pas l’Etat qui a subi le préjudice mais la ville de Dakar, a encore surenchéri Me Sylva.

A. Ng. NDIAYE

 

Dakar, selon le directeur général de la Senelec, est dans l’insécurité la plus totale du fait du désordre ambiant. Mouhamadou Mactar Cissé est formel : « La première norme de sécurité reste l’ordre ».

Le besoin de sécurité des organisations repose sur la compétence des managers. Ce thème a fait l’objet d’un échange à l’occasion de la rentrée de la formation continue de l’Institut africain de management (Iam) le jeudi dernier. Le directeur général de la Senelec, qui a pris part à la réflexion, a fait savoir que dans nos organisations, le premier besoin est celui de la sécurité. « Seulement, a-t-il précisé, la première norme demeure la compétence des managers qui sous-tend la confiance ». « Si les agents ont confiance en leur chef, ils se sentent en sécurité », a-t-il expliqué. Il faudra, dès lors, a-t-il souligné, que les dirigeants des organisations soient bien formés pour instaurer une relation de confiance avec les travailleurs. Toutefois, a-t-il enconre précisé, la première norme de sécurité reste l’ordre. Prenant l’exemple du système électrique de Dakar, il a déploré : « Nous sommes dans l’insécurité la plus totale du fait du désordre ambiant ».

Si on veut restaurer l’ordre et relever le défi de la sécurité, M. Cissé a estimé qu’il faudrait régler le problème d’adressage et de l’aménagement urbain et interurbain du pays. De son côté, le directeur général de l’Agence de la sécurité de proximité (Asp), Me Papa Khaly Niang, a mis l’accent sur la dimension préventive et d’alerte dans la politique de sécurité. L’efficacité résulte, selon lui, de l’absence de désordre. Pour ce faire, a-t-il dit, il va falloir spécialiser (statisticiens, informaticiens, etc.) les secteurs des forces de défense et de sécurité. « On ne peut pas prétendre au développement sans la sécurité », a insisté Me Niang pour qui « la sécurité doit être assurée par tout et par tous ».

Le commissaire Pape Guèye, chef de la division spéciale de la cybercriminalité de la Police nationale, est revenu sur l’évolution du concept de la sécurité et de la manifestation des nouveaux phénomènes criminels. « La sécurité est une source de bien-être », a-t-il soutenu. La gestion de la sécurité commande, à l’en croire, « une approche globale et l’implication de tout un chacun », tout en appelant les forces de défense et de sécurité à « s’ouvrir aux autres », notamment aux acteurs privés, même si c’est la tendance qui se dessine. Ce qui fait dire au Pdg de l’Iam, Moustapha Guirassy, qu’il faut insister sur la « coproduction de sécurité ». Et pour le sociologue Djiby Diakhaté, la notion de sécurité doit passer « du réflexe à la réflexion » car étant à la fois « actuelle et urgente ». Pendant ce temps, Serigne Cheikh Tidiane Sy, fils de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, a relevé la dimension religieuse de la sécurité.

Souleymane Diam SY  

 

La Cellule d’appui à la protection de l’enfance (Cape), en partenariat avec l’Unicef et la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs), a partagé, jeudi, le contenu  du guide sur l’éthique journalistique et les droits de l’enfant élaboré par les différents acteurs pour améliorer l’image de l’enfant dans les médias.

Les médias jouent un rôle important dans l’information du public et le développement de la personnalité. Toutefois, le traitement médiatique de certains sujets nécessite une vigilance sur les conséquences négatives qu’il pourrait notamment engendrer chez les jeunes. C’est ce qui justifie le lancement du guide sur l’éthique journalistique et les droits de l’enfant, à l’initiative de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (Cape) dont la coordonnatrice, Mme Ramatoulaye Ndao Diouf, a précisé que «ce manuel constitue une réponse aux manquements relevés dans l’offre de contenus audiovisuels».

Aujourd’hui, a-t-elle ajouté, il  est fréquent de relever dans la pratique journalistique, surtout dans l’offre de contenu audiovisuel, des manquements. «Le non-respect de la vie privée, de l’honneur et de l’intégrité physique des enfants, la diffusion d’images choquantes et indécentes mettant en scène des enfants et encourageant des contre-valeurs, composent la liste de ces transgressions», a expliqué Mme Ramatoulaye Ndao Diouf. Selon elle, de tels manquements, déplorés notamment par les populations et les organisations de la société civile, ont amené les autorités à faire un diagnostic global de la question en vue de faire des recommandations. Ainsi, l’élaboration d’un guide sur l’éthique journalistique et les droits de l’enfant destiné aux acteurs des médias s’inscrit dans cette perspective. Au-delà du rappel des textes relatifs aux enfants dans les médias, le guide procède à une analyse critique de la pratique journalistique sous l’angle des droits de l’enfant et du respect de son intérêt supérieur. « Il fournit des exemples pratiques sur les erreurs à éviter et les bonnes pratiques à encourager dans le traitement de l’information et de la communication relative à l’enfant », a indiqué Mme Diouf. Le guide, a-t-elle ajouté, ambitionne d’appuyer le processus de plaidoyer à l’endroit des responsables des écoles et institutions de formation, des organes de presse pour améliorer la représentation et l’image des enfants dans les médias. D’où la présence de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) et  de l’Unicef au lancement du guide.

Pour sa part, le président de la Cjrs, Pape Thioro Ndiaye, a magnifié l’initiative et dit « (sa) conviction que ce guide va désormais exiger une éducation aux médias ». Cet outil innovant, a-t-il estimé, va permettre aux journalistes d’utiliser la plume de l’éthique et non de la passion face à cette couche vulnérable dont nous portons tous la lourde responsabilité de protéger. Aussi, a-t-il précisé que ce manuel (…) servira de bréviaire dans le traitement de l’information impliquant l’enfance. « Beaucoup de journalistes ignorent les conséquences désastreuses d’une publication non maîtrisée sur la psychologie du jeune public, mais surtout sur l’enfant qui fait l’objet de reportage », a indiqué le président de la Cjrs.

Tata SANE

 

L’observatrice nationale des lieux de privation de liberté (Onlpl), Mme Ndiaye Josette Marceline Lopez, a invité l’ensemble des magistrats sénégalais du parquet et du siège à tout mettre en œuvre pour éviter les incarcérations inopportunes, conformément à notre législation qui prévoit que la peine de prison doit être, en matière correctionnelle, un recours nécessaire. C’était à l’occasion d’un atelier organisé, jeudi, à Saint-Louis, par l’Onlpl, avec l’appui de l’Union Européenne, dans le cadre de sa mission de prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants dans les lieux de privation de liberté.

En présence de l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives Amadou Diop, des autorités judiciaires en poste à la Cour d’Appel de Saint-Louis et dans les régions de Louga, de Saint-Louis et de Matam, Mme Ndiaye Marceline Lopez a rappelé que cet atelier vise à inciter les magistrats à prononcer et à faire appliquer les décisions tendant au désengorgement des prisons. En effet, a-t-elle précisé, la problématique de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires a, depuis de nombreuses années, retenu l’attention des acteurs judiciaires. Malgré les initiatives de relèvement de l’indemnité journalière des détenus, de construction, d’extension et de réhabilitation du parc pénitentiaire, la situation est alarmante.

Selon Mme Ndiaye, cet agrandissement du parc n’est pas la solution la plus pertinente, ni le moyen le plus efficace contre le surpeuplement des prisons ; même s’il n’est pas discutable que la construction de nouveaux établissements, conjugués à la fermeture des prisons les plus vétustes, peuvent conduire à une amélioration globale des conditions de détention. La sur-occupation des cellules entraîne une perte d’intimité et constitue, sans nul doute, un traitement cruel, inhumain et dégradant. Les Maisons d’arrêt et de correction (Mac) connaissent un surpeuplement assez marqué se traduisant dans les cellules par une surface moyenne disponible par détenu très faible.

Plus explicite, Mme Ndiaye Marceline Lopez a laissé entendre que l’impact de la surpopulation carcérale sur la proximité, l’insalubrité, la santé des détenus, apparaît clairement dans de nombreux rapports de visite ou monitoring des prisons et cela sur toute l’étendue du territoire. Ce mal, devenu endémique, empêche l’administration pénitentiaire de respecter les standards internationaux consistant à séparer inculpés, prévenus et condamnés, en tenant compte de leur personnalité et des infractions commises. Fort de ce constat, il apparaît, selon Mme Ndiaye, que le moyen efficient de résoudre la surpopulation carcérale serait de permettre à des détenus condamnés à de courtes peines, moins d’un an ou plus, de bénéficier d’aménagements de peine.

Théoriquement, il suffirait de convaincre les magistrats d’utiliser les instruments juridiques pour réduire le recours à l’incarcération et rationnaliser la justice pénale, eu égard au respect des droits de l’homme, aux exigences de la justice sociale et aux besoins de réinsertion des délinquants. Pour Mme Ndiaye, désengorger les prisons ne signifie pas qu’il y a plus de laxisme, mais démontre que la prison est davantage réservée aux délinquants qui menacent la sécurité du public. Le recours aux peines alternatives devrait également assurer une meilleure prise en charge sociale dans le règlement des problèmes et des conflits qui atterrissent devant les tribunaux.
Prononcer l’ajournement de la peine après une condamnation pécuniaire, assortie d’une contrainte par corps au maximum, constitue une réelle alternative qui permet à l’auteur d’une infraction de réparer la faute pénale et de bénéficier ultérieurement d’une peine assortie du sursis ou carrément d’une dispense de peine.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

La société sénégalaise est en train d’être minée par un comportement pourtant réprouvé par tous, à savoir la médisance. Mais alors, pourquoi médit-on tant ? Dans nos familles, dans les lieux de travail, partout le phénomène est présent. Est-ce par jalousie ou par notre propension à trop parler ?  Un tour dans la capitale sénégalaise a permis de lever un coin du voile.

La médisance (dire du mal d’autrui) est réprimée par la société. Toutes les religions révélées l’interdisent, mais malgré cela, ce phénomène a cours dans nos communications. Qui d’entre nous n’a pas encore été témoin ou auteur de la rumeur qui tue…à petit feu ? Ah oui, nous sommes bien nombreux et, par bien des fois, nous aurions pu être poursuivis pour meurtre ou pour avoir, tout au moins, fait fondre en larmes tant d’hommes et de femmes réputés solides et « inébranlables » et brisé l’élan de tant d’autres dont la générosité et la serviabilité étaient reconnues. Personne n’y échappe. Pas même le Bon Dieu ! A la seule différence que sur terre, les flèches bien empoisonnées du « on-dit » ne ratent presque jamais leurs cibles. Il y a vraiment de quoi avoir peur et chercher à se mettre à l’abri à tout prix. Ce phénomène est tellement ancré dans notre culture qu’il est devenu même un fait banal.

« Les sentiments font appel à des dispositions intérieures dont on voit parfois les manifestations à l’extérieur », déclare Elimane Ndiaye. Pour ce professeur de français à la retraite, la médisance est une des tares de la société sénégalaise. Il pense que les raisons sous-jacentes à ce phénomène (médisance) sont multiples. La jalousie, la méchanceté et le désir de nuire d’une manière gratuite parce que non justifiée entrent dans cette perspective. « Souvent, on invente des malices, des mensonges pour ternir l’image d’une personne. De ce fait, on excelle dans la délation et la médisance sans le savoir », explique M. Ndiaye. Néanmoins, il estime que ce fait reste le domaine de prédilection de la gent féminine en général.

Etudiante à l’Université Cheikh Anta Diop, Ndèye Fatou Gaye ne semble pas partager l’analyse du professeur. La trentaine consommée, la jeune femme déplore le fait qu’on  indexe la femme quand il s’agit de choses négatives. « La société est composée aussi bien d’hommes que de femmes qui sont tous des acteurs clés. Je ne vois pas en quoi la femme aimerait dire du mal des gens alors qu’elle est tout le temps victime de n’importe quels maux », conteste-t-elle. Toutefois, elle reconnaît que la conjoncture sociale actuelle favorise la médisance.

Perversions morales
Aujourd’hui, soutient-t-elle, la société est atteinte par les perversions morales et submergée par la corruption. Les maux s’y accroissent de jour en jour, rendant ainsi le milieu intoxiquant et pénible. Vu sous cet angle, Ndèye Fatou Gaye pense que la première personne à souffrir de la médisance est celle qui s’y adonne régulièrement. A l’en croire, ceux qui détournent leurs âmes de leur sens naturel finiront par perdre l’équilibre de la pensée. « En divulguant les secrets des autres et en dévoilant leurs défauts de caractère, ils blessent bien des cœurs. C’est dire que la médisance sape l’édifice de la vertu dans les cœurs de ceux-là mêmes qui médisent », explique Mme Gaye. Au-delà de la jalousie et autres défauts précités, la médisance cause des ravages au niveau social que l’on ne saurait circonscrire. C’est pourquoi, Mignane Ndour, habitant les Parcelles Assainies, qualifie la médisance de l’une des principales sources de l’inimitié et de la haine entre les individus. « Elle peut jeter l’opprobre sur le prestige lorsqu’elle s’étend plus encore », explique-t-il.

Un peu plus loin, à Pikine Guinaw Rail, le marché est en plein effervescence. A quelques mètres de nous, des femmes assises à même le sol devisent. La médisance s’invite à leur conversation par une question. Celle-ci nourrit toute sorte de commentaire de leur part. Pour Nogaye Fall, une vendeuse de légumes, la médisance est le fait de calomnier une personne à son absence. « Nous le faisons tous les jours, tous autant que nous sommes. C’est même devenu une habitude au Sénégal. Que ce soit autour du repas de midi, autour du thé, dans les marchés, les grand-places et même dans les cérémonies familiales », a regretté la bonne dame. Aussi rappelle-t-elle que la médisance est interdite par l’islam.

« J’espère que la société arrivera un jour à se départir de cette vilaine habitude », soutien-t-elle. Oulimata Thiam affirme pour sa part que la médisance est un phénomène qui touche toutes les couches de la société sénégalaise. Nonobstant qu’elle soit considérée comme un péché, des personnes trouvent toujours le plaisir de dénigrer leur prochain. Ces mêmes propos sont repris ailleurs, à Sacré-Cœur. Ici, le commerçant Mansour Dramé estime que la médisance est ce que l’on fait tous les jours dans nos lieux de rencontre. Non sans préciser qu’elle est plus fréquente chez les femmes. A l’en croire, les hommes n’ont pas toujours le temps de médire comme le font les femmes. Définissant la médisance comme étant une des  caractéristiques de l’hypocrisie, l’islamologue Cheikh Atab Diop conseille aux uns et aux autres d’éviter les pièges de ce phénomène. « La médisance fait partie des péchés de la langue. C’est pourquoi, il est interdit de citer le nom de son frère musulman qu’il soit vivant ou mort parce qu’il lui aurait déplu s’il l’avait entendu. Que ce soient des choses qui se rapportent tels que ses habits, son avoir, son pouvoir, son  comportement entre autres ». M. Diop affirme que beaucoup de gens vont êtres jetés en enfer à cause de ce qu’ils ont dit avec leur langue.

Réalisé par Tata Sané

 
ECLAIRAGES DES RELIGIEUX SUR LA QUESTION
IMAM ISMAÏLA NDIAYE, ISLAMOLOGUE : « LA MÉDISANCE EST UN PÉCHÉ TRÈS GRAVE QU’IL FAUT COMBATTRE »
Selon l’islamologue imam Ismaïla Ndiaye, les doctes de la religion musulmane sont tous d’avis que la médisance est prohibée en l’absence d’un intérêt le justifiant. La plupart d’entre eux affirment résolument que la médisance fait partie des péchés majeurs. Il cite le Coran (49 : 12) qui dit : « Ne vous médisez pas les uns les autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort? Vous en aurez horreur. Craignez Allah chers fidèles et allez-vous  repentir ». Aussi a-t-il rappelé les propos du Prophète (Psl) qui demanda à ses apôtres: « Savez- vous en quoi consiste la médisance ? C’est lorsque tu parles de ton frère en des termes qu’il réprouve. Si ce que tu dis existe réellement en lui, tu auras médit, et si ce que tu dis n’existe pas, alors tu l’auras diffamé (el bouhtane). Ces hadiths, selon imam Ndiaye, montrent à suffisance le danger de la médisance et le grand péché qu’elle constitue. Quant à la calomnie, l’islamologue nous rapporte que les enseignements d’Abou Dawud disent que celui qui profère des propos diffamatoires contre un croyant, Allah le plongera dans la sanie qui coule des gens de l’enfer. Pour toutes ces raisons, il a fait savoir que la médisance est un péché très grave; non sans inviter les fidèles musulmans à s’éloigner de celle-ci. A cet effet, l’islamologue a rappelé les enseignements du Prophète (Psl) qui dit : « Ô vous qui avez cru qu’à vos langues alors que la foi n’a pas pénétré vos cœurs, ne portez pas atteinte aux musulmans et ne suivez pas leurs défauts. Celui qui suit les défauts de son prochain, Allah suivra les siens, et celui dont Allah suit ses défauts, il les dévoilera, même ceux commis chez lui en étant seul ou caché des gens ».

S’agissant de la relation femme et médisance, le religieux évoque le Coran pour dire que la médisance est plus répandue chez la gent féminine que celle masculine. Dans le verset 11 de la sourate 49, le Coran dit : « O vous qui avez cru! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que « perversion » lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas...

Ceux-là sont les injustes. A travers ce verset, M. Ndiaye a voulu montrer qu’après avoir interdit la raillerie qui est très proche de la médisance, et dont l’objectif est de dénigrer son prochain, le Coran particularise la femme dans cette interdiction pour insinuer la propension de la gent féminine à parler d’autrui. Cependant, a-t-il précisé, il ne faudrait point rapporter ce constat au seul fait d’une nature sentimentale de la femme qui s’intéresse à tout ce qui l’entoure. Il faut reconnaître que la nature sentimentale de la femme est renforcée dans la pratique médisante et calomniatrice par ses conditions d’existence dans certaines de nos sociétés. En vérité, plus la femme est instruite, plus elle est occupée par des actions utiles ou par son travail, moins elle a du temps pour scruter les défauts des uns et des autres et tomber dans les travers de la calomnie ou de la médisance. Alors, l’une des meilleures solutions pour corriger cet état de fait, au-delà des recommandations religieuses, est de mieux occuper la femme par des actions utiles.

Tata SANE

ABBE ROGER GOMIS DE L’ARCHIDIOCESE DE DAKAR : « NOUS DEVONS TOUS EMPRUNTER LE CHEMIN VICTORIEUX SUR LE MAL »
Abbe R GomisDans son sermon, Abbé Roger Gomis fait savoir que certains mots sont des maux. C’est pour ces raisons qu’il  invite les uns et les autres à ne pas cultiver la haine et d’accepter l’autre dans sa différence. Ainsi appelle-t-il tous à emprunter les chemins victorieux sur le mal. Il prêche la parole de la paix. Pour ce dernier, il ne faut pas rajouter à la violence humaine qui caractérise nos sociétés par ces temps qui courent. C’est pourquoi il invite les fidèles chrétiens à s’éloigner des paroles qui humilient, qui ridiculisent, qui blessent et tuent. L’abbé Gomis se fonde sur les écrits religieux pour étayer la virulence de certains mots disons plutôt maux car certaines paroles sont plus nuisibles que le châtiment corporel.

Cette idée transparaît à travers cet extrait. « Un coup de fouet laisse une meurtrissure, un coup donné par la langue brise les os.

Beaucoup sont tombés sous le tranchant de l’épée, combien plus sont tombés victimes de la langue ?» (Ben Sirac 28, 17-18).

L’abbé convoque un auteur sacré, le prophète Isaïe qui déclare : « Le bras du Seigneur n’est pas trop court pour sauver, ni son oreille, trop dure pour entendre. Mais ce sont vos crimes qui font la séparation entre vous et votre Dieu : vos péchés vous cachent son visage et l’empêchent de vous entendre. Car vos mains sont souillées par le sang, vos doigts, par le crime ; vos lèvres profèrent le mensonge et vos langues susurrent la calomnie » (Isaïe 59, 1ss). Aussi, il évoque des conséquences en se fondant sur d’autres écrits comme la sentence de Saint Jacques : « La langue aussi est un feu, elle est le monde de la méchanceté; cette langue est une partie de nous-mêmes, et c’est elle qui contamine le corps tout entier, elle met le feu à toute notre existence, un feu qu’elle tient de l’enfer. Les humains sont arrivés à dompter et à domestiquer toutes les espèces de bêtes et d’oiseaux, de reptiles et de poissons; mais la langue, aucun homme n’est arrivé à la dompter, vraie peste toujours en mouvement, remplie d’un venin mortel » (Lettre de Saint Jacques 3, 1-10). Nous aurions alors, ajoute-t-il, de bonnes raisons de nous résigner, de baisser les bras et de continuer à faire comme tout le monde même si nous savons que s’adonner aux coups bas, à la délation, aux procès d’intention, ne laisse pas seulement du sang sur nos mains, mais nous éloigne de Dieu et des hommes.

C’est pour cette raisons que le religieux a encouragé les uns et les autres à se mettre à l’école de la bonté, de la miséricorde, du pardon des offenses, de la patience face aux épreuves subies, de la réconciliation et de l’acceptation de l’autre dans sa différence.

C’est un chemin de conversion et de combat victorieux sur le mal en nous et autour de nous. L’incarnation de ces idées est bien dans l’ordre du possible. C’est la conviction de l’abbé Roger Gomis qui se réfère à d’autres écrits. « Non, je ne rêve pas !? Dieu s’est fait homme pour détruire les œuvres de Satan » (1 Jn 3, 8). Et ça, le diable le sait très bien, car ses œuvres sont division, accusation, jalousie, délation, calomnie... », cite-t-il, avant d’ajouter: « Si, donc, les chrétiens faisaient le pari de devenir de véritables chrétiens, en réalisant chaque jour de leur vie ce signe indiqué par le Christ : «C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, que l’on vous reconnaîtra…», notre monde s’en porterait que beaucoup mieux ». C’est ainsi qu’il estime que nous aurons moins dans nos communautés, marquées aujourd’hui par tant de jalousie, de haine, de médisance et de calomnie.

T. SANE

PR MOUSTAPHA TAMBA, SOCIOLOGUE : « LA MÉDISANCE TRAVERSE LA SOCIÉTÉ SÉNÉGALAISE »
Le Pr Moustapha Tamba du Département de Sociologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar affirme que la médisance est un fait qui a traversé la société sénégalaise. Le sociologue associe ce fait à la pauvreté. Pour l’universitaire, la médisance ne se pratique que dans une société normale.

Professeur pouvez-vous nous définir ce que c’est la médisance ?
 La médisance qui est le substantif de médire est le fait de dire des insanités sur une personne, un groupe, entre autres. C’est un fait de société qui a toujours existé dans toutes les sociétés traditionnelles et aujourd’hui celles modernes. Comme l’injure ou autre, la médisance fait partie de la société qui est composée de petits groupes ethniques, des castes qui vivent ensemble; ce qui pousse certains à parler des choses pas normales sur des individus, des groupes, entre autres. Il faut dire que ce phénomène existe et traverse la société sénégalaise. Donc les groupes ethniques, la pratique de la médisance dans les tribus, les sociétés traditionnelles, les clans, les familles, la médisance existe. Ce fait sociologique a atteint toutes les sociétés et n’épargne personne, parfois les gens oublient de le faire, ils le disent, ils le font.

Mais plus chez nous, elle est liée à un environnement qui fait que quand il y a contact, il y a souvent des conflits. Nous avons des sociétés très conflictuelles dues à la proximité. Ce qui fait que dans les ethnies, les familles, les gens sont obligés de se médire et de se dire des choses sans conviction. Un contexte de pauvreté crée la médisance.

Quel comportement ou quel fait en atteste ?
Souvent, dans les pratiques des autres, certains individus parlent des autres pour détruire, faire du mal, isoler quelqu’un, alerter les autres, donner une mauvaise conscience d’une personne, etc. Ceux-là qui médisent souvent vous veulent du mal. Toutefois, elle est adressée, pour la plupart, à ceux qui ont le plus réussi socialement. On médit les politiques, les professeurs, l’homme d’affaires, celui qui a l’avoir ou le pouvoir. Il n’est pas rare de voir dans une même famille, on cherche à détruire celui qui a le plus réussi.

C’est dire que la médisance est une arme sociale de destruction très redoutable et dangereuse qui est utilisée pour détruire un individu.

Le recours est-il lié au genre ?
Elle n’est aucunement une propriété de femme. Seulement, les femmes sont les plus visibles. Souvent elles ne travaillent pas et sont obligées de parler de futilités ou des autres. Aujourd’hui, au Sénégal, on constate que les femmes sont les plus pauvres. Cette situation pousse la plupart d’entre elles à s’adonner à la pratique de la médisance bien qu’elle soit punie par toutes les religions révélées. La médisance est une arme très prisée par les femmes.

Est-il facile d’en échapper ?
Comme la sorcellerie, la jalousie et autre, la médisance est un fait d’une société normale auquel on ne peut échapper. Quand on vit dans une société normale, parler des autres est tout à fait normal. Une société où on ne médit pas est une société anormale. Les gens sont obligés de faire de la médisance lorsqu’ils vivent en communauté. Même les pères de famille n’échappent pas à cette arme sociale.

Propos recueillis par T. SANE

Il est prévu, le 22 février courant, le déploiement d’un millier de gendarmes et de 600 policiers pour assurer la protection des centaines de milliers de pèlerins attendus au magal de Porokhane. C’est l’une des nombreuses mesures arrêtées lors d’une réunion spéciale du Comité régional de développement (Crd) de Kaolack consacrée à cette grande rencontre religieuse organisée chaque année dans la cité de Mame Diarra Bousso, près de Nioro.

Une réunion spéciale du Comité régional de développement (Crd) s’est tenue sous la présidence du gouverneur de la région de Kaolack, Al Hassan Sall. L’ensemble des chefs de services concernés ont pris part à cette rencontre convoquée pour préparer le magal de Porokhane prévu le 22 février courant dans la cité religieuse de la sainte mère de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme. C’était l’occasion pour les différents acteurs impliqués d’évaluer l’état d’avancement des préparatifs de cet événement religieux qui prend de plus en plus d’ampleur. Pour la présente édition, Serigne Mountaka Bassirou Mbacké sera à Porokhane en sa double qualité de Khalife général des Mourides et de premier responsable de la cité de Mame Diarra Bousso.

Tous les aspects liés à une bonne organisation du pèlerinage de la communauté mouride ont été examinés lors de cette réunion spéciale du Crd. « Nous sortons de cette rencontre satisfaits du niveau d’engagement et du niveau d’implication de nos services à travers les actions entreprises par les chefs de service. Nous pouvons donc dire que nous avons atteint un niveau assez élevé de taux de réalisation, parfois même à 100 %. Du point de vue de la couverture sécuritaire, tous les besoins seront satisfaits, avec une couverture complète de Kaolack à Porokhane en passant par Nioro. Pour l’aspect sécuritaire, nous allons mobiliser un millier de gendarmes et 600 policiers, dont des éléments féminins pour assurer la sécurité dans les « daaras » Mame Diarra Bousso », a informé le gouverneur de Kaolack, Al Hassan Sall.

Outre la sécurité, d’autres secteurs ont fait l’objet d’une prise en charge conséquente. C’est le cas de la santé et de l’hygiène des pèlerins. A ce niveau, une dotation de 12 millions de FCfa est prévue pour la région médicale en vue de l’achat de médicaments, l’aménagement de 30 toilettes mobiles et le service de quatre camions de vidange. En relation avec le district sanitaire de Nioro, une dizaine d’ambulances médicalisées seront aussi positionnées pendant toute la manifestation. Dans le domaine de l’hydraulique, 20 camions citernes avec 192 rotations seront mobilisés pour assurer l’approvisionnement en eau des pèlerins attendus à Porokhane. La mobilité n’est pas en reste avec la réhabilitation entamée depuis un mois des principaux axes routiers aboutissant à la cité religieuse.

Les dispositions prises ont été saluées par le président du comité d’organisation Serigne Bassirou Moustapha Mbacké. «Je suis satisfait de l’engagement de l’ensemble des chefs de services sous l’autorité du gouverneur. Cela prouve que le magal de Porokhane fait partie de vos priorités. Nous rendrons compte à qui de droit. Nous espérons par ailleurs que vous allez aussi prendre toutes les dispositions liées à la disponibilité de l’eau et de l’électricité», a-t-il dit. Cette manifestation religieuse célébrant l’œuvre de Mame Diarra Bousso, la vénérée mère du fondateur du mouridisme, devait se tenir le 25 janvier dernier. C’est suite au rappel à Dieu de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké que le magal de Porokhane a été reporté au 22 février courant.

Elimane FALL

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable Mame Thierno Dieng a présidé, hier, à la cérémonie officielle de la 127e édition du magal de Mbacké Cadior commémorant la naissance de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké.

Des récitals de Coran et des déclamations de « khassaides » dans toutes les concessions ; une grande affluence de talibés venus de toutes les localités. Le domicile du défunt khalife général Serigne Mokhtar Mbacké est pris d’assaut par les files de disciples  et de « dahiras » venus recueillir des prières. Une sobre cérémonie officielle s’est tenue en toute discrétion à la résidence du défunt khalife en présence du ministre de l’Environnement Mame Thierno Dieng, entouré des petits-fils et disciples de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké. C’est un Mame Thierno Dieng, sous le poids d’une forte émotion, qui a transmis le message du président de la République au khalife de Cheikh Sidy Mokhtar : « Je suis venu représenter le Président Macky Sall et transmettre son message qui est le partage de la souffrance de la perte d’une personne qui nous est très chère, un message de compassion avec la famille et toute la communauté nationale », a dit le ministre. Il a ajouté que le président Macky Sall est rassuré par la succession qui marque une continuité des œuvres de Cheikh Sidy Mokhtar. « C’est incontestable, Serigne Moustapha a reçu de Cheikh Sidy Mokhtar une éducation d’une grande dimension spirituelle qui lui permettra de poursuivre et d’assurer la pérennité du legs de Serigne Sidi Mokhtar », a soutenu Mame Thierno Dieng, qui a demandé et obtenu des prières pour le président Macky Sall.

Serigne Moustapha Mbacké, le khalife de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar et de son grand-père Mouhamadou Lamine Bara a, par le biais de Serigne Cheikh Thioro, s’est réjoui de la venue de l’émissaire du président Macky Sall, qui, de surcroît, est un membre de la famille. Il a fait savoir que compte tenu du contexte, le magal coïncidant avec le 40ème jour de la disparition de Cheikh Sidy Mokhtar. La famille unie derrière Serigne Moustapha a jugé plus responsable de tenir cette cérémonie dans la simplicité. Revenant sur les propos du ministre, il lui fait savoir que le reflet externe de Serigne Moustapha Mbacké  renvoie à Cheikh Sidy Mokhtar. « Serigne Moustapha est bien préparé pour assumer sa nouvelle mission parce que incarnant toutes les vertus qu’avait son père », a indiqué Serigne Cheikh Thioro, qui a magnifié les actions posées par les autorités administratives pour la réussite du magal.

Cheikh Thioro a aussi réaffirmé l’attachement au « ndiguel » de Serigne Ahmadou Makhtar et du Khalife général des Mourides. Les autorités religieuses de la communauté mouride ont défilé devant Serigne Moustapha pour communier avec lui et devant toute la famille de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké.

Mamadou DIEYE

L’Etat du Sénégal réclame 6,830 milliards de FCfa à Khalifa Sall et à ses co-prévenus pour la réparation du double préjudice qu’il a subi dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.

Après une pause de 24 heures, le procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar a repris hier. L’agent judiciaire de l’Etat (Aje) Antoine Diome a commencé sa plaidoirie en s’employant à démonter les arguments de Khalifa Ababacar Sall, le maire de Dakar et de ses coprévenus. L’Aje a axé son argumentaire sur le double préjudice qu’a subi l’Etat du Sénégal dans cette affaire : un préjudice moral et un autre matériel. Depuis le début du procès, le maire de Dakar et le directeur administratif et financier (Daf) de la ville, Mbaye Touré, persistent à dire que les sommes d’argent pour lesquelles ils sont poursuivis constituent des fonds politiques. Mais Antoine Diome ne partage pas cet avis.

Selon lui, si l’argent était des fonds politiques qui étaient décaissés, les prévenus n’auraient pas besoin de produire de fausses factures de riz et de mil pour pouvoir faire de nouveaux décaissements. Pire, ajoute l’Aje, ils ont encore payé de la Tva. Ce qui ne peut pas se faire dans le cadre de fonds politiques. M. Diome de rappeler, devant la barre, qu’il n’existe pas deux caisses de l’Etat.

Il n’y a qu’une seule et unique caisse. C’est pourquoi, il y a « la notion d’unité de caisse ». « Le receveur-percepteur municipal ne dépend pas de la ville de Dakar. C’est un agent de l’Etat. Si la ville avait sa propre caisse, elle n’aurait pas besoin de fournir de fausses pièces pour faire des décaissements », indique Antoine Diome.

L’agent judiciaire ajoute que le receveur-percepteur n’allait jamais décaisser cet argent si on ne lui avait pas présenté des pièces justificatives. Malheureusement, ces pièces ne sont rien d’autres que de fausses factures. « Quand l’Etat l’a su, il a tout de suite arrêté les décaissements. Si vous n’aviez pas produit de fausses factures, l’argent n’allait jamais sortir du Trésor. De faux justificatifs ont servi aux décaissements de la caisse d’avance de la mairie de Dakar », accuse l’agent judiciaire de l’Etat. Selon lui, le comptable matières à la ville de Dakar est venu conforter la thèse selon laquelle de fausses factures de riz et de mil ont été produites pour alimenter la caisse d’avance de la mairie de Dakar.

Dans son témoignage, explique-t-il, M. Diagne a avoué qu’il n’a jamais reçu du riz et du mil. « La ville de Dakar est un démembrement de l’Etat. Elle est autonome. Mais, cette autonomie est limitée. S’il y a aujourd’hui un incident à la ville de Dakar, c’est l’Etat qui doit y faire face. Je vous parle d’un Etat unitaire. La mairie de Dakar n’a pas un statut juridique. Il n’y a qu’un seul Etat au Sénégal », ajoute l’agent judiciaire. Celui-ci demande la somme de 6,830 milliards de FCfa pour la réparation des préjudices subis par l’Etat : 1,830 milliard de FCfa pour le préjudice matériel et 5 milliards de FCfa pour le préjudice moral.

Aliou Ngamby NDIAYE


ME THOMAS AMICO, AVOCAT DE L’ETAT : « CE PROCÈS N’EST PAS POLITIQUE, IL EST JUDICIAIRE »
L’avocat Me Thomas dément toute ingérence politique dans le procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Selon lui, le procès du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, n’est pas politique comme l’a toujours répété ce dernier. Me Amico qui a fait sa plaidoirie devant le tribunal indique que « ce procès est judiciaire et qu’il restera dans les annales de l’histoire ». Pour lui, personne ne doit parler d’un procès politique car « le tribunal n’est pas composé de marionnettes. Et les juges ne sont pas des marionnettes ».

Ces propos de l’avocat français qui défend les intérêts de l’Etat du Sénégal dans le procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar ont fait bondir un avocat de la défense, Me Ousseynou Fall, qui s’est exprimé en ces termes : « Maîtrisez vos propos ! Il ne faut pas insulter. Soyez correct car vous parlez à des pères de familles ». Malgré tout, l’avocat français a continué sa plaidoirie.

L’avocat indique que dans cette affaire, les faits de détournement et d’escroquerie sont constitués. « Cette qualification de fonds politiques, c’est habiller le détournement de l’argent destiné aux Dakarois et Dakaroises », accuse Me Amico.

A. Ng. NDIAYE

Le collectif des travailleurs de Wari peut compter sur le soutien de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (Cnts/Fc). Celle-ci s’est engagée, hier, lors d’un point de presse, à accompagner les employés travailleurs dans leur combat pour le rétablissement de leurs droits suite à la proposition de départ négocié émanant de leur employeur.

Le collectif des travailleurs de Wari n’est plus seul dans le combat qui l’oppose à la direction générale. Le renfort est venu de la Cnts/Fc qui s’est engagée à lutter aux côtés des 24 travailleurs menacés de licenciement pour motif économique par la direction générale de Wari. Le secrétaire général de la Cnts/Fc Cheikh Diop l’a fait savoir au cours d’un point de presse tenu hier en présence du député Cheikh Omar Sy. « La procédure est totalement irrégulière dans sa forme et son fond. Elle n’obéit à aucune norme juridique. D’où l’engagement de notre centrale aux côtés des ces travailleurs pour le respect de leurs droits et acquis », a souligné le secrétaire général de la Cnts/Fc.

Aussi, Cheikh Diop a rappelé que tout licenciement pour motif économique doit se faire autour d’une table de négociations. C’est pourquoi, la Cnts/Fc est prête à combattre aux côtés du collectif des travailleurs de Wari pour faire entendre raison à l’employeur qui, délibérément, propose un protocole unilatéral. « Les violations des droits et libertés font légion dans le monde du travail. Toutes ces raisons nous font croire que l’heure est à la mobilisation pour mettre fin à ces forfaitures », a laissé entendre Cheikh Diop.

Après avoir magnifié le soutien de la Cnts/Fc, Madické Dramé, membre dudit collectif des travailleurs, a révélé les dysfonctionnements relevés dans la proposition de départ négocié émanant de l’employeur.

« La direction de Wari nous a informé de son désir de procéder à une réorganisation, une restructuration et une suppression de postes pour rendre la société plus compétitive. Et elle nous a notifié sa volonté de se séparer de nous à l’amiable. Ce que nous avons accueilli favorablement », a expliqué M. Dramé. Mais, selon lui, le protocole proposé par Wari ne prend pas en compte les préoccupations des travailleurs. Les agents concernés réclament un paiement de 24 mois de salaire et le respect total de tous leurs droits. « L’employeur veut nous imposer trois (3) mois de bonus. Ce que nous n’allons jamais accepter », a dit Madické Dramé.

Tata SANE

Pendant trois jours, des historiens, des détenteurs du savoir traditionnel, des communicateurs, etc., au nombre de 200, passeront en revue l’histoire de la région de Thiès. Le deuxième séminaire régional du projet de réécriture de l’Histoire Générale du Sénégal se déroule depuis hier dans la capitale du Cayor.

Après le séminaire de lancement de ses activités sur le terrain tenu à Tambacounda, c’est Thiès qui accueille depuis le séminaire régional du projet « Histoire Générale du Sénégal, des origines à nos jours ». Selon le Pr Iba Der Thiam, coordonnateur du projet, le choix de la capitale du rail n’a pas été opéré par hasard de n’importe quelle conjoncture. « Thiès occupe dans l’histoire de notre pays une position centrale et stratégique qui lui confère un intérêt de tout premier plan. Carrefour de peuples, de cultures et de civilisations, ses populations ont joué dans l’histoire aussi bien du Cap-Vert, du Cayor, du Baol, du Sine, du Saloum, que du Djolof et du Walo, différents rôles au plan aussi bien politique, syndical, religieux, culturel, qu’économique et social, qui confèrent à leur région, une position de référence et de symbole dans de nombreux domaines », a fait savoir le coordonnateur.

A en croire l’historien, ce projet s’est fixé l’objectif de réécrire notre histoire pour mettre à la disposition de notre peuple, l’outil qui lui manque le plus pour prendre pleinement en main son destin, en s’appuyant sur une connaissance approfondie de son passé, pour mieux connaître son présent et définir son avenir avec lucidité, clairvoyance et pertinence. En effet, il souhaite rendre compte aux générations actuelles et futures de tout ce que cette région aux multiples facettes a déjà apporté à notre pays et peut encore lui apporter dans le présent et dans le futur pour jouer pleinement sa partition dans le développement du Sénégal.

« Aucune région autant que celle de Thiès ne résume mieux les différentes péripéties de notre histoire politique, dont quelques-unes des pages les plus glorieuses ont été écrites dans cette province du Sénégal colonial, qui incarne la résistance à l’occupation étrangère et le combat libérateur inlassable mené par les patriotes pour la liberté, la dignité et la justice », a-t-il fait savoir.

Pour le gouverneur, Amadou Sy, l’histoire du Sénégal mérite d’être mieux connue. Et pour cela, il faut qu’elle soit réécrite. « Une bonne frange des Sénégalais ne se trouve pas parfois dans l’histoire telle qu’elle est enseignée. Nous avons tous besoin de savoir comment l’histoire du Sénégal s’est faite », a-t-il estimé. Cette rencontre de Thiès, a mentionné le Pr Bouba Diop, permet de jeter un regard sur notre histoire très complexe. Elle permettra aussi de faire un point sur le projet de façon globale mais aussi de rendre hommage à trois personnes qui étaient dans le projet, mais emportées par la mort : Pr Yoro Fall, Abdou Séga Sy et Issa Laye Thiaw.

Ndiol Maka SECK

C’est aujourd’hui que Mbacké Cadior célèbre la 127ème édition de son magal. Commémorant la venue au monde de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, fils du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba, l’évènement coïncide avec la cérémonie de prières du 40ème jour de la disparition de Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, Khalife général des Mourides rappelé à Dieu en janvier 2018.

Le magal de Mbacké Cadior de cette année est placé sous le signe du recueillement, avec des récitals du Coran, déclamations de panégyriques de Khadim Rassoul et « zikrs ». Depuis plusieurs jours, la localité ne cesse de recevoir des fidèles. Pour rappel, Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, dont la naissance est célébrée à travers ce magal, a vu le jour en 1891. Il a vécu, sous le « ndigël » (injonction) de son vénéré ascendant Cheikh Ahmadou Bamba, pendant 23 ans à Mbacké Cadior, cette localité à cheval entre le Baol, le Cayor et le Ndiambour. Père du défunt Khalife général des Mourides, il disait à ceux qui lui rendaient visite : « Il suffit de poser les pieds à Mbacké Cadior pour voir ses soucis disparaître ». Jeune frère du premier Khalife général des Mourides Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké a laissé à la postérité l’image d’une personne exemplaire, d’un orthodoxe très attaché à la sunna du prophète Mouhamad (Psl) et aux enseignements de Khadim Rassoul. Ses deux premiers successeurs comme khalife de Gouye Mbind sont Serigne Modou Bara M’backé (de 1936 à 1952) et Serigne Aziz Bara Mbacké (de 1952 à 1990).

Cumulativement avec ses fonctions de Khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, rappelé à Dieu en janvier, était le khalife de Gouye Mbind et de Mbacké Cadior. Pendant les 28 ans qu’il a dirigé Mbacké Cadior, il a fait plusieurs réalisations qui ont fini de  moderniser la cité religieuse, berceau de la voie mouride. Le fils aîné de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, Serigne Moustapha Mbacké appelle à la prière et au recueillement lors de cette 127ème édition du magal de Mbacké Cadior, correspondant au 40ème jour de la disparition du septième Khalife général de la communauté mouride.

Mamadou DIEYE

Le procès de l’imam Alioune Ndao et compagnie a été renvoyé au 14 mars 2018. Alors qu’il devait se tenir hier à la salle 4 du tribunal de Dakar, le président de l’audience a décidé de son renvoi en raison du changement intervenu dans la composition du tribunal.

Tout de blanc vêtu, l’imam Alioune Ndao se dirige vers la barre où il est appelé par le président Samba Kane. Il tend ses deux mains vers l’assistance en guise de salutation. La salle était pleine d’hommes barbus et de femmes voilées venus bien avant le démarrage du procès à 9 heures. La foule, jusque-là silencieuse, répond en chœur aux salamalecs de l’imam Ndao. Le prévenu, qui a laissé pousser une longue barbe blanche, se tient debout devant la barre. Il croise ses bras en attendant l’arrivée de ses co-prévenus qui sont au nombre de 30. Ils doivent tous être jugés pour des faits de terrorisme.

Un à un, ces derniers quittent le box des accusés pour rejoindre la barre. Pendant ce long moment d’attente, un homme, avec une barbe qui commence à pousser, craque. Il a été très vite maîtrisé par la sécurité. Le dispositif sécuritaire était bien assuré. A l’intérieur de la salle 4 du palais de justice Lat-Dior comme à l’extérieur, les forces de sécurité se sont déployées, surveillant toutes les voies menant à ce temple de la justice. Les parents, amis, proches et sympathisants de l’imam Alioune Ndao et compagnie, venus assister à l’audience, sont en file indienne devant la grande porte du palais de justice.

Pour franchir le premier portail, il faut montrer patte blanche. Au deuxième portail, il faut passer par le portique de sécurité de la gendarmerie et se soumettre au scanner. Il reste alors la dernière étape pour entrer dans la grande salle. Ici, des gendarmes procèdent à la fouille corporelle. Un rang est réservé aux hommes et un autre aux femmes. Tout ce qui est coupe-ongle, briquet, allumette, cigarette et autres objets tranchants sont laissés à la porte. Mais, le propriétaire peut reprendre son bien à sa sortie. Pour éviter toute confusion, les forces de sécurité prennent le temps de tout recenser.

Bien avant l’arrivée du tribunal, la salle d’audience était déjà pleine. Les gendarmes font respecter les consignes de sécurité. Aucun téléphone portable n’est autorisé. Ils doivent tous être éteints avant d’entrer, rappelle un préposé à la sécurité. Cependant, après l’appel de tous les prévenus et de leurs conseils, le président de l’audience criminelle, le juge Samba Kane, a prononcé le renvoi du procès jusqu’au 14 mars prochain. Le président justifie ce nouveau renvoi par le changement intervenu dans la composition du tribunal.

Avant ce renvoi, Me Moussa Sarr, qui a parlé au nom du pool des avocats de l’imam Ndao, a demandé la comparution, à la prochaine audience, du commissaire Ibrahima Diop de la Division des investigations criminelles et du capitaine Issa Diack de la section de recherches. Me Massokhna Kane, abondant dans le même sens, a dit ceci : « Nous demandons à ce que ces deux (Ibrahima Diop et Issa Diack) comparaissent par le seul souci de faire éclater la vérité. Il n’y a rien qui fait obstacle à leur comparution ». Toutefois, le procureur était contre cette demande de la défense.

Finalement, le président Samba Kane a rejeté la demande des avocats de l’imam Alioune Ndao. Selon lui, à l’état actuel de la procédure, il n’est pas opportun de convoquer le commissaire Diop et le commandant Diack. L’imam Ndao et ses 30 co-inculpés devront encore attendre un mois en prison avant d’être jugés. Les mis en cause ont d’ailleurs bouclé plus de deux ans en prison.

Aliou Ngamby NDIAYE

LES DEMANDES DE LIBERTÉ PROVISOIRE REJETÉES
Le président Samba Kane a rejetée les demandes de liberté provisoire introduites par les avocats des prévenus Omar Keita, Assane Camara et Ibrahima Ly. Il a fondé son rejet par les motifs qu’il n’y a aucune garantie de représentation en justice pour ces prévenus et qu’il y avait aussi des risques de trouble à l’ordre public. Ainsi, ces trois prévenus doivent encore patienter en prison jusqu’au mois de mars prochain pour voir le tribunal se prononcer sur leur sort.
 
A. Ng. NDIAYE

Le Premier ministre a présidé, hier, un Conseil interministériel consacré à l’état de mise en œuvre de la loi d’orientation sociale relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées.

Ce Conseil interministériel a été convoqué pour faire l’état des lieux des progrès accomplis par le Sénégal dans le domaine de la gestion du handicap. L’occasion a été aussi saisie pour identifier les manquements et contraintes. Mieux, des orientations ont été formulées en vue d’une meilleure intégration des handicapés dans la société sénégalaise. Membres de la société civile, ministères concernés, partenaires au développement et associations des personnes en situation de handicap ont pris part à la rencontre. De riches échanges ont été enregistrés. En adoptant la loi d’Orientation sociale, a rappelé le Premier ministre, le Sénégal a voulu créer un cadre de référence à une politique publique capable d’assurer la pleine participation des personnes handicapées et leur inclusion dans notre société. « Aujourd’hui, dans le cadre des programmes de filets sociaux, des milliers de personnes handicapées détentrices de la carte d’égalité des chances sont inscrites dans les mutuelles de santé et bénéficient de la bourse de sécurité familiale conformément aux directives présidentielles du 30 avril 2015 formulées lors du lancement officiel du programme », a relevé Mouhammed Boun Abdallah Dionne, soutenant que le chef de l’Etat a posé « un acte fort » en signant, dès son accession au pouvoir le 02 octobre 2012, le premier décret d’application de la loi d’orientation sociale. « Cela prouve la détermination du Président Macky Sall à réduire les inégalités sociales », explique le Premier ministre. Cependant, beaucoup ont relevé l’existence de problèmes dans l’application de la ladite loi. Problèmes liés notamment à l’accès des personnes en situation de handicap à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’insertion socio-économique. « C’est vrai, nous constatons encore des manquements dans la prise en charge des personnes en situation de handicap », reconnaît le chef du Gouvernement. Ce Conseil, a-t-il assuré, est justement l’occasion de débattre des difficultés rencontrées sur le terrain pour y apporter des solutions. « Sept ans après la promulgation de la loi, il nous a paru nécessaire de procéder à l’évaluation de l’état de mise en œuvre de cet instrument législatif fondamental dans notre politique d’intégration socio-économiques des personnes handicapées », s’est exprimé Mouhammed Boun Abdallah Dionne. Selon le recensement général des populations de 2013, le Sénégal compte 797.014 personnes en situation de handicap, soit un taux de prévalence de 5,9 % en valeur relative. Le Premier ministre a rappelé que ce nombre était de 138.897 en 2002 avec un taux de prévalence de 1,4 %. La Loi d’orientation sociale n° 2010-15 du 6 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées est l’aboutissement d’un long processus d’élaboration avec la participation effective au cours des travaux préparatoires des représentants d’organisations de personnes handicapées et des départements ministériels concernés. Elle prend en compte les perspectives en matière de stratégies de réadaptation, de mobilisation des ressources et d’encadrement.

Abdoulaye DIALLO

SEULS 2 SUR 11 DÉCRETS D’APPLICATION VALIDÉS
La contrainte principale identifiée au cours de ce Conseil interministériel est l’absence de textes d’application qui devaient accompagner l’opérationnalisation de la Loi d’orientation sociale.

Les personnes en situation de handicap l’ont dit et répété : l’adoption de la loi d’orientation sociale est une bonne chose mais son effectivité est limitée par l’absence de décrets d’application. En effet, seuls deux des 11 décrets d’application sont validés. Il s’agit du décret 2010-99 du 27 janvier 201 portant Code de la construction dont les articles R18 et R20 portent sur les mesures d’accessibilité physique aux bâtiments. Et le décret 2012-1038 du 02 octobre 2012 mettant en place deux commissions techniques départementales chargées d’instruire les demandes de cartes d’égalité des chances et de la promotion de l’éducation spéciale. « Les raisons qui avaient poussé le gouvernement à l’adoption de la loi sont aujourd’hui toujours d’actualité et nécessitent un engagement plus soutenu du gouvernement dans la prise en charge de la question du handicap », fait savoir la Primature dans un communiqué publié juste après ce Conseil interministériel. Le document précise que l’absence de textes d’application est « la contrainte principale » qui a été identifiée sur le terrain. L’autre contrainte identifiée est l’absence de mécanisme de suivi et d’évaluation de la loi et le manque de moyens matériels et financiers des services de l’Action sociale, notamment au niveau déconcentré. Deux cents (200) millions seront alloués au Programme national de réadaptation à base communautaire (Pnrbc) conformément au souhait du Premier ministre pour la confection des cartes d’égalité des chances. Ce Conseil a été justement une occasion pour le Premier ministre de demander au ministre chargé de la Santé et de l’Action sociale de finaliser, au plus tard fin mars 2018, le décret validant le Programme national de réadaptation à base communautaire (Pnrbc). Ledit programme est le bras technique du département en matière d’action sociale afin que le gouvernement examine les conditions d’une allocation budgétaire complémentaire de ce programme. Mouhamed Boun Abdallah Dionne a aussi demandé à Abdoulaye Diouf Sarr de finaliser tous les autres textes d’application au plus tard fin juin 2018 et de soumettre au Conseil des ministres pour validation du Plan national du handicap dans les meilleurs délais afin de l’adosser au Plan d’action prioritaire (Pap) II. De même, le Premier ministre lui a demandé de procéder à une revue de la Loi d’orientation sociale pour finaliser l’étude sur l’opportunité de création du Haut Conseil chargé du Handicap et de systématiser le cadre de suivi évaluation de la loi. La rencontre a également permis de constater que beaucoup d’initiatives sont en train d’être menées par le ministère chargé de l’Action sociale et par les départements sectoriels, notamment en termes de délivrance de cartes d’égalité des chances, de couverture médicale, de renforcement des capacités techniques de l’Institut national de formation des jeunes aveugles de Thiès et le Centre Talibou Dabo pour une éducation inclusive.

A. DIALLO


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