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Société & Faits divers (2992)

Dans un contexte de crise sécuritaire marqué par la montée du radicalisme religieux et des arrestations de présumés terroristes, des réflexions sont engagées de part et d’autre pour barrer la route aux recruteurs jihadistes. Dans une étude publiée au mois de mars dernier, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, le socio-anthropologue, le Pr Sylvain Andry Faye, attire l’attention sur leur présence dans l’espace carcéral. Il exhorte les dirigeants à renforcer le dispositif dans la mesure où ils ont changé de mode opératoire.

L’étude intitulée « Visages de la radicalisation religieuse dans les espaces carcéraux africains » du Pr Sylvain Andry Faye, spécialisé en anthropologie de la petite enfance et de la santé, se décline comme une note d’alerte. L’enseignant de l’Ucad, titulaire d’un doctorat d’anthropologie sociale et culturelle, attire l’attention des dirigeants africains sur un phénomène inquiétant : l’endoctrinement des détenus par des mouvements jihadistes.
Avec une approche assez originale, qui permet de s’imprégner des réalités du monde carcéral, il révèle la manière dont le processus du radicalisme religieux vers l’extrémisme violent se construit dans les prisons africaines.
Il encourage, à cet effet, les autorités à éviter l’inertie et à poser des jalons dans le sens d’améliorer le séjour carcéral. Si la sécurité nationale est en jeu aussi bien au Sénégal que dans la sous-région, pour l’auteur, il ne faut pas perdre de vue que la forte concentration humaine dans ces espaces est propice à l’enrôlement d’esprits fragiles à ces idéologies.

Pour l’auteur, des mesures doivent être renforcées pour éviter cette radicalisation ne contamine ou n’endoctrine certains détenus faibles facilement soumis aux influences de mentors ou recruteurs radicaux. L’auteur tient à apporter une précision de taille : « Les prisons ne créent pas la radicalisation mais favorisent son expansion dans la mesure où elle prend forme dans la société globale ». « Le fait qu’un détenu se convertisse en prison ne fait pas de lui un potentiel radical », ajoute-t-il. Seulement, dit-il, les conditions de vie en milieu carcéral activent des mécanismes psycho-sociologiques pouvant conduire à adopter des attitudes violentes. »

Stabilité et reconnaissance sociale

Par ailleurs, pour l’auteur, il faut reconnaître que les détenus, souvent en rupture sociale, recherchent un certain degré de stabilité que leur font miroiter ces recruteurs. Le visage de la radicalisation commence à se dessiner dans les quartiers. « La précarité socio-économique des jeunes crée les conditions d’une vulnérabilité, d’une frustration, d’une critique sociale qui peut les rendre disponibles et les conduire à une critique sociale », explique-t-il. La pré-radicalisation y prend forme. L’auteur souligne que « la frustration les amène à être plus agressifs et à être un peu plus sensibles à l’offre radicale et au discours extrémiste ambiant ». Ils s’identifient à ce discours qui apparaît comme la réponse adéquate à leur situation.  « Cela fait que certaines personnes incarcérées dans les prisons africaines y arrivent avec une certaine critique sociale, un sentiment d’injustice ou quelques fois une sensibilité aux idées extrémistes en réaction à la société globale ». « Les conditions carcérales, les types d’interactions sociales associées aux trajectoires individuelles et socio-familiales des détenus peuvent contribuer à créer, à déclencher le processus d’identification qui est un des premiers paliers à franchir dans l’échelle de la radicalisation ».

 


Des recruteurs qui ne sont pas barbus

Les recruteurs jihadistes, difficiles à détecter dans nos prisons qui manquent de moyens logistiques, semblent avancer à grand pas dans l’espace carcéral. Il est bien difficile de brosser leur portrait surtout qu’ils ont eu l’intelligence de changer de mode opératoire.

Le Pr Sylvain Faye révèle, à cet effet, que les mentors qui opèrent dans les prisons sont divers. « Ils ne sont plus des barbus, évitent les interactions avec les imams pour ne pas être repérés, mais ambitionnent de contester la légitimité de ces derniers. Ils sont porteurs d’un discours d’insatisfaction et s’intéressent aussi à quelques détenus faibles qu’ils cherchent à endoctriner afin d’en faire des relais et des lieutenants afin de mener le travail de recrutement pour l’endoctrinement dans les prisons ».

Les autorités compétentes sont ainsi invitées à intensifier leurs stratégies de lutte surtout que la plupart parviennent à échapper à la surveillance et au contrôle des gardes pénitentiaires. Ils misent sur une relation interpersonnelle avec des détenus fragiles, évitant les séances de récitation ou les causeries publiques, pour faire passer leur message et leur promettre une protection sociale. « Ils se présentent d’abord comme un soutien social et une offre sécuritaire », ajoute le Pr Faye.  

Pire, fait savoir l’auteur, ils parviennent aussi à créer une rupture entre le détenu et leur famille. « Quand le travail d’endoctrinement se met en place pour identifier les détenus et les rendre sensibles à l’idéologie radicale dont ils sont porteurs, ils se présentent comme la seule alternative crédible. En créant une coupure avec le milieu social d’origine, ils intensifient l’engagement moral dans le groupe radical et l’idéologie qu’il promeut. Une fois cet endoctrinement réalisé, le passage à l’action peut s’opérer soit à l’intérieur de la prison soit à l’extérieur ».

Des messages religieux en phase avec les besoins

Si les Etats africains sont invités à lutter contre la surpopulation carcérale combinée à l’absence d’offre limitée d’opportunités de programmes et de travail productif…, les religieux doivent aussi revoir leur discours. En effet, si la contribution des islamologues ou théologiens musulmans a été jugée utile au Sénégal, pour accompagner les détenus en les  dotant d’une interprétation adéquate du Coran,  le Pr Faye craint que leur prêche ne soit contre-productif. « Ces imams essaient d’expliquer les textes afin de lutter contre les fausses interprétations. Souvent focalisés dans le discours religieux, ils agissent souvent comme s’ils avaient en face d’eux de mauvais musulmans et oublient que les jeunes détenus se posent aussi des questions d’ordre social qui méritent d’être prises en compte. En se focalisant sur le contre-discours religieux et en s’écartant de leurs préoccupations majeures, les imams créent directement des conditions de rejet. Ils poussent les jeunes à se réfugier dans les offres radicales qui instrumentalisent la radicalité. »

Matel BOCOUM

« La situation est sous contrôle. Nous avons mis en place un dispositif opérationnel qui, à terme, aidera à ce qu’il n’y ait plus enlèvement ou rapt d’enfants ». Dans l’entretien qui suit, la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance partage le dispositif mis en place. Ndèye Rahmatoulaye Guèye Diop précise ses attributions et nous fait aussi le point sur la deuxième opération de retrait des enfants de la rue.

Comment avez-vous vécu la rafale médiatique de ces derniers jours ?
Je l’ai vécu sereinement parce que je savais que la plupart des attaques dont j’ai fait l’objet se nourrissaient du déficit de connaissance des attributions de mon ministère. C’est, à la limite, gênant de rappeler que la question des meurtres et enlèvements, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, relève de la sécurité nationale, donc du sectoriel étatique compétent en cette matière, le ministère de l’Intérieur. Mais, en le disant, je ne cherche nullement à me défausser sur un collègue car le travail gouvernemental est une synergie positive qui nous rend collectivement et solidairement responsables devant le peuple. J’ai en charge la protection de l’enfance contre les abus, les maltraitances, les sévices corporels, la traite, etc. Il y a eu une confusion entretenue par les réseaux sociaux et une partie de la presse qui n’avaient pas idée de mes attributions. Mon collègue Aly Ngouille Ndiaye et moi-même avons organisé un point de presse pour apporter des précisions. Cette incompréhension est aujourd’hui derrière nous. Je rappelle que tout un dispositif est mis en place pour traquer les auteurs de ces regrettables événements. Il est heureux de constater que la situation est bien gérée.

Avec le recul, auriez-vous changé votre stratégie de communication ?
Du tout. C’était un choix. Et je l’assume. Dans mon esprit, la communication se fait d’abord par l’action. Et, pour un ministère comme le nôtre, la présence est sociale et non forcément médiatique. Je viens de faire juste un semestre à la tête de ce département. Il fallait d’abord et avant tout faire un état des lieux. Nous avons rencontré tous les acteurs qui gravitent autour de la protection de l’enfance. Je viens de faire le tour de toutes les familles religieuses du Sénégal. Le ministère a aussi tenu des séances de travail avec des associations privées, le clergé, des associations et fédération de maîtres coraniques, des prêcheurs et animateurs d’émissions religieuses, de la société civile. Des rencontres ont été également organisées avec les Comités départementaux de protection de l’enfance (Cdpe). Rencontres au cours desquelles, les dispositifs de protection de l’enfance mis en place par l’Etat ont fait l’objet de riches échanges. L’objectif était d’échanger, mais surtout de recueillir les préoccupations de tous ces acteurs. Nous pensons que seule une démarche inclusive peut nous permettre d’avoir une politique qui nous donnera les résultats attendus.

Où en êtes-vous justement avec la deuxième opération du retrait des enfants de la rue ?
Les opérations de retrait entamées le 28 mars 2018 dans le département de Dakar se poursuivent. A ce jour (Ndlr : 19 avril 2018), il y a eu huit opérations qui ont permis de retirer 184 enfants de la rue répartis ainsi : 121 Sénégalais, 49 Bissau-guinéens, 3 Guinéens   6 Gambiens, 3 Maliens et 2 Nigériens. Cette fois-ci, ce sont tous les ministères concernés qui travaillent en parfaite synergie. Chacun joue sa partition. N’oublions pas qu’il s’agit d’un dispositif transversal qui intègre plusieurs ministères (Bonne gouvernance et Protection de l’enfance, Intérieur et Justice, Ndlr). Il revient au ministère de l’Intérieur, par la préfecture de Dakar et la Brigade des mineurs, d’aller retirer les enfants de la rue par le biais d’une logistique appropriée composée de véhicules banalisés que nous avons mis à sa disposition. Cette équipe est appuyée sur le terrain par des travailleurs sociaux. Je précise que nous avons opté pour des véhicules banalisés pour ne pas traumatiser les enfants. Tous les enfants retirés sont placés au centre Ginddi. Et, une fois à Ginddi qui est le centre de tri au niveau de Dakar, ils sont accueillis par des travailleurs sociaux qui procèdent à l’identification par photo, l’enregistrement, la consultation médicale, l’écoute, l’accompagnement, les soins d’hygiène, l’hébergement et un suivi (au daara de Thierno Macky Tall sis à la mosquée omarienne de la Medina qui a hébergé l’ensemble des 120 talibés retirés pour le moment). Les talibés sont référés à des « daaras » répertoriés et triés minutieusement selon un nombre de critères bien définis. Nous prenons en charge tous les frais afférents à leur séjour dans ces lieux d’apprentissage grâce à des conditions négociées. Les autres sont orientés vers des centres d’accueil dédiés. A ce jour, tout se passe bien, la situation est sous contrôle et très bientôt nous partagerons les résultats obtenus sur le terrain. Pour le moment, ces opérations sont financées sur les fonds propres du ministère. Permettez-moi de saluer l’initiative de la Fédération nationale des maîtres coraniques qui est prête à nous accompagner en hébergeant ces talibés. Il reviendra au ministère de les appuyer dans la limite de ses moyens. Nous exhortons l’ensemble des Sénégalais à nous accompagner dans ce processus. Nous souhaiterions également bénéficier d’un accompagnement de la société civile, des entreprises – dans le cadre de la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) – et  des partenaires techniques et financiers. Nous réfléchissons sur un système de parrainage qui, à la longue, pourrait peut-être régler définitivement ce fléau.

Quel est le dispositif prévu pour que ces enfants ne reviennent pas dans la rue ?
Comme je viens de le dire, cette fois-ci, nous avons eu à travailler avec plusieurs ministères. Les discussions se poursuivent avec les ministères de la Justice, de la Famille, de la Santé et de l’Action sociale et celui des Transports. Nous voulons désormais que la Police des frontières soit encore plus vigilante sur le transport des enfants. Pour cela, nous mettrons à contribution les associations et fédérations de transporteurs dans les gares routières pour qu’elles n’acceptent plus de transporter des enfants non accompagnés. Même pour les enfants accompagnés, il faut des documents attestant l’autorisation de la tutelle. Donc, il y a tout un dispositif qui est mis en place. Tout a été bien réfléchi, bien mûri. Mieux, on va évaluer, rectifier et corriger au besoin tout au long du processus de retrait des enfants. La démarche vise à améliorer le dispositif pour que cette fois-ci nous arrivions à éradiquer ce fléau au Sénégal. Je dois dire qu’en revanche, les enfants retirés de la rue ne sont pas revenus. Ils sont retournés dans leurs familles et réinsérés. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de les placer dans des centres d’accueil ou des « daaras ». On les aide psychologiquement à se préparer à réintégrer leurs familles et on les aide à y rester durablement grâce à un paquet de services sociaux complémentaires. Mais c’est un processus long et compliqué. Retirer un enfant définitivement de la rue peut prendre jusqu’à six mois ou même plus. Parfois, le simple fait de trouver le nom de l’enfant pose problème. Il y a donc tout un travail d’enquête et d’accompagnement à faire. Maintenant, quand on annonce une opération de retrait des enfants de la rue, certains se cachent et attendent que cela se calme pour revenir. C’est donc un travail de longue haleine.

Après le meurtre du petit Fallou Diop de Rufisque, beaucoup ont pensé que votre ministère avait failli à sa tâche de protection. Quelles sont exactement les attributions de votre département ?
Les attributions de mon ministère en matière de protection de l’enfance sont assez claires. Le décret n° 2017-1598 relatif aux attributions du ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance est explicite en la matière : « Il (le ministre, ndlr) veille au respect des droits fondamentaux des enfants et à leur protection contre la maltraitance et toutes les formes d’exploitation dont celles liées à la mendicité. Il s’assure de la bonne intégration des jeunes enfants dans la vie familiale et sociale. Il est responsable des politiques à l’égard des enfants abandonnés, des enfants des rues et des enfants en voie de marginalisation. Il met en œuvre les actions permettant de donner un cadre de vie décent à ces enfants ». Encore une fois, au vu des attributions de mon ministère en la matière, certaines personnes ont attaqué mon département à tort. Les populations ont fini par comprendre, et c’est le plus important.

Votre ministère s’occupe aussi de la bonne gouvernance. Pouvez-vous préciser vos missions dans ce domaine ?
Au terme du décret portant attributions du ministre, nous sommes chargés de promouvoir la bonne gouvernance dans l’administration et la société. La promotion se fait à travers trois leviers : appui ou initiation des innovations institutionnelles (comme la loi sur l’accès à l’information) ; animation de mécanisme de dialogue (cadre multi-acteurs de suivi budgétaire) et éducation et sensibilisation sur la bonne gouvernance.
La stratégie nationale de bonne gouvernance fait référence à des principes dont la redevabilité, la transparence, l'accès à l'information, la participation citoyenne et la gestion des deniers publics. Il s’agit de mettre en place des politiques de gestion rigoureuses mettant en avant ces principes et valeurs de bonne gouvernance dans les administrations publiques. Depuis mon arrivée à la tête de ce département, des actions sont régulièrement menées et nous ne sommes pas seuls. Nous travaillons avec d’autres acteurs privés comme institutionnels pour plus d’efficacité sur le terrain.

Quel est le lien entre la protection de l’enfance et la bonne gouvernance ?
Il existe deux liens entre la protection de l’enfance et la bonne gouvernance, un lien organique qu’est le Plan Sénégal émergent (Pse). En effet, ce sont la Bonne gouvernance par l’axe 3 et la Protection de l’enfance par l’axe 2 qui misent sur le développement du Capital humain qui commence par la protection de l’enfance. Et un autre lien matériel : la protection de l’enfance fait partie des droits humains qui est une composante de la bonne gouvernance d’où l’éducation à la gouvernance à travers l’enfance. L’axe 2 du Pse mise sur le développement du capital humain. Et qui parle de capital humain engage les jeunes dès le bas âge. La bonne gouvernance commence d’abord par protéger les droits de l’enfant. Ensuite, c’est dès le bas âge qu’on commence à inculquer à l’enfant les valeurs et notions de bonne gouvernance. L’enfant doit grandir avec ces notions, ces concepts pour se les approprier plus tard.  L’objectif, à long terme, est d’arriver à construire au Sénégal un nouveau type de citoyen modèle, soucieux du devenir de son pays. Dans une perspective plus immédiate, mon département, conformément à la vision du chef de l'Etat, poursuit ses efforts de promotion des principes et valeurs de bonne gouvernance dans l'administration et dans tous les segments de la société. Donc, bonne gouvernance et protection de l’enfance sont intimement liés et en parfaite conformité avec l’ambition du président de la République Macky Sall.

On vous reproche de ne pas donner suite aux rapports des corps de contrôle de l’Etat. Que répondez-vous à cela ?
L’Office nationale de lutte contre la corruption et la concussion (Ofnac) a un pouvoir d’auto-saisine. Il ne me revient pas, en tant que ministre de la Bonne gouvernance, de me prononcer sur ces rapports. C’est un aspect qui ne relève pas de mon département. En revanche, sur la bonne gouvernance, je suis à mesure de vous dire que tous les voyants sont au vert. L’indice Mo Ibrahim, Transparency international, le Fmi et bien d’autres structures nous décernent régulièrement des satisfecit. Nous sommes sur une bonne dynamique. Ce n’est pas un combat gagné d’avance. Il faut toujours voir la situation de référence, de là d’où nous venons. C’est seulement depuis 2012 que le concept de bonne gouvernance est pris réellement en charge, développé pour devenir aujourd’hui une réalité dans notre pays. Je comprends que la perception auprès des Sénégalais soit mitigée. Cela résulte en partie d'un non accès au grand public de certaines données objectives en la matière. Mon département est en train de développer des stratégies pour améliorer l'accès à l'information sur les grandes avancées du Sénégal en matière de bonne gouvernance qui feront d'ailleurs l'objet d'une publication. Bien sûr, il reste encore des efforts à faire. Nous ne dormons pas sur nos lauriers, nous continuons le travail enclenché pour que le Sénégal devienne, sous peu, le champion en Afrique en la matière.

Quel rapport avez-vous avec des structures comme l’Ofnac et la Cour des comptes ?
De très bons rapports. Nous travaillons en parfaite synergie. Nous déroulons certaines activités ensemble. Il y a aussi des activités que nous confions à ces structures. J’ai visité l’Ofnac, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat (Ige) et l’Agence de régulation des marchés publics (Armp). C’est pour vous dire qu’entre ces structures et mon ministère, il y a une excellente collaboration. C’est un partenariat, une approche à développer pour qu’il y ait une synergie et une cohésion entre les institutions de l’Etat.


Propos recueillis par Abdoulaye DIALLO (texte) Sarakh DIOP (photo)

 

Des pas importants déjà faits et des contraintes majeures à relever. Cela résume la revue annuelle conjointe du Ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions.

Pour l’année 2017, des résultats très satisfaisants ont été enregistrés dans les domaines des relations de travail et des organisations professionnelles, des statistiques du travail, du dialogue social, de la protection sociale, de la promotion de la santé, de la sécurité au travail et des relations avec les institutions. « Une nouvelle convention collective des personnels de l’enseignement privé est entrée en vigueur en janvier 2018, suite à sa révision en décembre 2017. La réforme de l’assurance maladie obligatoire a été parachevée à travers l’Institution de coordination de l’assurance maladie obligatoire devenue fonctionnelle. L’organisation des élections générales de représentativité des centrales syndicales de travailleurs et des élections de représentativité syndicale dans le secteur public de l’Education et de la Formation constitue l’une des satisfactions majeures du département dans sa démarche de consolider et d’approfondir le dialogue social », s’est réjoui le ministre Samba Sy.

Aussi, la tenue de la deuxième conférence sociale en avril 2017 a abouti à l’adoption d’une feuille de route thématique consensuelle pour la mise en œuvre de mesures de réformes des systèmes de retraite, avec comme objectif d’assurer aux Sénégalais un système de retraite viable et inclusif à long terme. Le ministre Samba Sy a aussi révélé que les contrats de travail visés par les Inspections du travail et de la sécurité sociale sont passés de 55.427 à 56.328, soit un taux de variation de 2%. Il a fait savoir que 1.618 établissements, ouverts entre 2016 et 2017, ont généré 9043 emplois directs.

«Depuis quelques années, les efforts menés au sein des Institutions de prévoyance sociale ont abouti à une revalorisation de 10% des rentes d’accidents du travail, à l’augmentation de 10% des pensions de retraite et à l’amélioration de la prise en charge sanitaire des travailleurs et des retraités », a-t-il souligné. Toutefois, certaines contraintes ont été notées dans le dialogue social, la promotion du travail décent, etc. « C’est pourquoi, il faut des hommes outillés, des moyens techniques, des ressources financières et humaines. Si tous ces moyens sont renforcés, ce serait une bonne chose pour le département. Mais, nous sommes satisfaits du chemin parcouru », a conclu Samba Sy.

Oumar FEDIOR

Les accusés Boubacar Decoll Ndiaye et Omar Keïta, tous deux professeurs en Mauritanie avant leur arrestation, ont répondu, hier, à l’interrogatoire du juge, du maître des poursuites et des avocats dans le cadre du procès de l’imam Aliou Ndao et co-prévenus.

Omar Keïta et Boubacar Decoll Ndiaye ont tous été arrêtés en Mauritanie. Le premier est professeur de Sciences de la vie et de la terre (Svt). Le second, titulaire d’un Brevet de technicien supérieur (Bts) en bâtiment, dispensait des cours de mathématiques en Mauritanie. En début 2016, il a été arrêté dans ce pays pour « acte de terrorisme par menace, acte de terrorisme par association de malfaiteurs, financement du terrorisme et apologie au terrorisme ». Cependant, l’accusé a nié tous ces chefs d’inculpation devant la barre. Boubacar Decoll Ndiaye avait, en Mauritanie, fait la connaissance de Mohamed Ndiaye et de Matar Diokhané.

Ces derniers ont eu à séjourner au Nigéria dans le fief de Boko Haram. Tout le contraire d’Omar Keïta qui, selon ses dires, n’est pas terroriste, n’a jamais été au Nigéria. « Je ne suis membre d’aucune cellule terroriste. Je n’ai reçu aucun fonds destiné au terrorisme. Jusqu’à présent, je ne sais pas pourquoi on m’a arrêté », s’est défendu l’accusé devant la barre. Toutefois, il a reconnu avoir fréquenté Matar Diokhané qu’il a rencontré à son retour du Nigéria. Mais, selon lui, c’était pour avoir des nouvelles de ses amis Abdallah Dièye, Abdallah Bâ, Moussa Mbaye qui avaient rejoint les rangs des djihadistes. Boubacar Decoll Ndiaye a rencontré l’imam Aliou Ndao pendant ses vacances au Sénégal en 2015.

Mais, il a catégoriquement refusé de communiquer à la barre le motif de son voyage à Kaolack où il a vu l’imam Ndao. Tout ce qu’il s’est contenté à dire est qu’il avait profité d’un voyage de son ami Moustapha Dièye qui se rendait à Kaolack pour voir la femme d’Abdallah Dièye tué en Libye. C’était une occasion, selon lui, de rencontrer l’imam Ndao et de l’interroger sur une sortie de l’ancien ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio qui avait annoncé qu’il y avait, en Libye, des camps djihadistes où des gens parlaient wolof. Il a profité de ce voyage pour demander à imam Ndao son point de vue sur la question. « J’ai pensé à lui parce qu’il maîtrisait la géopolitique. Un imam doit savoir ce qui se passe dans le monde », a-t-il ajouté.

Son co-accusé Omar Keïta n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés. Contrairement aux autres accusés, son interrogatoire n’a pas duré plus de 30 minutes. Le juge et le procureur lui ont juste posé quelques questions avant de céder la place à ses avocats. Mais, l’accusé n’a pas varié dans ses réponses. « Personne n’a tenté de me recruter pour aller faire le djihad. Que ce soit au Sénégal ou en Mauritanie, je n’ai jamais assisté à une quelconque réunion », a-t-il répondu. Parmi les accusés, Omar Keïta avoue avoir connu Mohamed Ndiaye. Le seul qu’il connaît parmi les 29 autres accusés.

Aliou Ngamby NDIAYE

La direction générale de la Police nationale dispose de deux nouvelles divisions en charge de la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité. Ces réalisations, fruit de la coopération franco-sénégalaise, entrent dans le cadre global du Plan d’action contre le terrorisme (Pact).

Dans le cadre du Plan d’action contre le terrorisme (Pact), un volet de la coopération en sécurité intérieure sénégalo-française, la direction générale de la Police nationale dispose de deux nouveaux offices : la division spéciale de cybersécurité de la Police Judiciaire et la division nationale de lutte contre le trafic de migrants de la direction de la Police de l’air et des frontières. Inaugurant les deux nouvelles structures, le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, Mamadou Diop, a déclaré que « cet acte est une preuve des excellentes relations entre la France et le Sénégal.

Les défis de sécurité sont énormes aujourd’hui. C’est donc la coopération qui peut nous permettre de faire face. « Au-delà de la lutte contre la cybercriminalité, la division spéciale de cybersécurité, à travers ses services chargés de la cyberpatrouille, de la veille technologique et de la documentation opérationnelle, participe activement à l’analyse prospective et à l’anticipation pour apporter des réponses à la cybercriminalité. La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées permet de combattre les filières d’immigration irrégulière », a-t-il salué. Pour l’Ambassadeur de France au Sénégal, M. Christophe Bigot, « la criminalité est telle qu’il faut des moyens nouveaux pour y faire face. Nous espérons que cette contribution renforcera l’efficacité de la politique sénégalaise ». En tout cas, ce soutien vient s’ajouter aux 10 millions d’euros que la Police sénégalaise avait obtenus du Fonds européen de développement (Fed) et du Fonds fiduciaire d’urgence (Fud). « C’est grâce à ces fonds que les capacités logistiques, humaines et techniques de certaines structures de la Police nationale seront renforcées », a fait savoir Mamadou Diop.

Pour plus d’efficacité dans cette lutte, le commissaire Abdoul Wahab Sall, directeur de la Police de l’air et des frontières, a insisté sur la nécessaire modernisation de l’état civil. «Le Sénégal, qui a reçu 28 millions d’euros dans le cadre du fonds fiduciaire, n’attend que sa mise en œuvre. Nous contrôlons la fraude documentaire. Si l’état civil est modernisé, nous serons plus efficaces pour l’identification des Sénégalais de l’extérieur notamment », a-t-il indiqué.

O. FEDIOR

Soixante-douze (72) ans après, Cheikh Béthio Thioune a célébré à Madinatou Salam (département de Mbour) sa rencontre avec Serigne Saliou Mbacké qui a eu lieu le 17 avril 1946. Une commémoration dans la ferveur pour le Cheikh entouré de ses fidèles appelés «Thiantacônes». Lors de la cérémonie officielle, il a sollicité le bitumage de la route et la reconnaissance de son village au plan administratif.

La bourgade de Madinatou Salam a renoué, entre mardi et jeudi, avec l’ambiance des grands jours. C’était à l’occasion de la célébration du 72ème anniversaire de la rencontre entre le cinquième Khalife général des Mourides et le guide des « Thiantacônes ».

Une journée de grâce et de reconnaissance pour Cheikh Béthio dont la vaste résidence a été le point de ralliement de milliers de fidèles. Ici, le Cheikh a tenu à rappeler que c’est Serigne Saliou Mbacké qui a fait de lui ce qu’il est. « Je suis né dans une famille « tiéddo » et c’est lui qui a fait de moi un talibé mouride », a-t-il dit.

C’était lors de la cérémonie officielle où le chef de l’Etat Macky Sall était représenté par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, le Pr Mame Thierno Dieng, accompagné de son collègue en charge de la Jeunesse Pape Gorgui Ndong, du préfet de Mbour, Saër Ndao et du sous-préfet de Sindia, Mountaga Daha Sall. Les autorités politiques du département de Mbour étaient également de la partie, à l’image des maires Maguette Sène (Malicounda), Elhadj Fallou Sylla (Mbour), Pape Songhé Diouf (Nguékokh) et du directeur général de l’Adm, Cheikh Issa Sall.


Le chef de la délégation officielle a d’abord invité à s’inspirer du dévouement de Serigne Béthio à Serigne Saliou Mbacké qui lui a valu cette reconnaissance et ses innombrables talibés. Le Pr Dieng a ensuite sollicité des prières « pour que le président puisse poursuivre sa mission à la tête du pays ». Des prières formulées par son hôte du jour pour que « Dieu exauce les souhaits de Macky Sall ». Deux principales doléances ont été formulées par le Cheikh Béthio.

D’abord, la reconnaissance de son patelin comme village « à inscrire sur le registre administratif ». Pour lui, c’est Serigne Saliou Mbacké qui lui avait intimé l’ordre de dénommer l’espace qu’il occupe avec ses talibés Madinatou Salam.

Après son développement tentaculaire, cette partie du département de Mbour doit être érigée en village, d’autant plus qu’avec « quelque 4.000 carrés, nous sommes plus grands que beaucoup de localités de la région de Thiès ». L’autre préoccupation a trait au bitumage de l’axe Mbour-Madinatou Salam. Une voie pour laquelle Cheikh Béthio Thioune sollicite l’intervention des pouvoirs publics afin de faciliter le déplacement des habitants et des visiteurs. « C’est un tronçon de 1,5 à 2 kilomètres. Et nous sollicitions du président que cet axe soit goudronné ». Après la réception de la délégation officielle, d’autres activités ont ponctué la journée du 17 avril qui a démarré par un récital du Coran et de «khassaïdes», des chants à l’honneur de Serigne Saliou et de son illustre disciple. Cheikh Béthio a également reçu, dans la matinée, ses tabilés venus des 14 régions du pays sous la conduite de leurs «dieuwrignes» universels mais aussi des représentants des autres familles religieuses. Ses épouses ont également été reçues. C’était l’occasion, pour elles, de lui renouveler leur allégeance et de lui apporter des cadeaux (adyas) à l’image des talibés.

La nuit, c’est l’animation qui a tenu en haleine l’assistance avec à la manœuvre, les talibés chanteurs que sont Ibrahima Diagne, Tawfekh Mbaye ou encore Oumaro. Sans oublier la causerie religieuse et la participation du Cheikh qui a gratifié le public de ses «doukatt» ou pas de danse.

Ousseynou POUYE

Pour venir à bout des accidents de la circulation, les assureurs comptent créer des centres de formation pour les chauffeurs, a fait savoir un responsable du secteur, dans un contexte de la Semaine de la prévention routière.

Le président de l’Association des sociétés d’assurance et patron du groupe Sunu Assurances, Moustapha Noba, a annoncé, hier à Dakar, la création par les assureurs de centres de formation à Dakar et dans les régions pour venir à bout des accidents de la route. Les chauffeurs, principaux bénéficiaires de ces centres, y recevront gratuitement un encadrement psychologique « pour leur faire comprendre les conséquences néfastes des accidents », a déclaré M. Noba, à l’occasion de la Semaine de la prévention routière. Il a surtout insisté sur le caractère gratuit des services de ces centres.

Des ingénieurs devraient aussi y assurer une formation didactique aux chauffeurs. « La formation se fera dans toutes les régions », a-t-il précisé face aux transporteurs. Les accidents ont fait 651 morts en 2016 et 635 en 2017, a fait savoir le directeur exécutif de la Nouvelle prévention routière, Matar Faye, peu satisfait de cette baisse légère. La route fait perdre au Sénégal 77 milliards de FCfa chaque année, soit 1 % du Pib, révélait, lors de l’édition de 2016, le ministre des Transports terrestres d’alors. Pour venir à bout du fléau, les foyers religieux seront mis à contribution.

D’ailleurs, la cérémonie d’hier a démarré avec les prières d’un prêtre et d’un imam.

L’annonce de la création de centres de formation a été accueilli positivement par les chauffeurs et leurs responsables syndicaux, qui n’ont pas manqué d’égrener le chapelet des causes des accidents. D’abord, reconnaissent-ils, il y a la responsabilité des chauffeurs, souvent coupables d’indiscipline sur la route. « Si nous respectons tous le Code de la route, il y aura moins d’accidents.
Si les chauffeurs ne sont pas bien éduqués, toute solution sera vaine », avertit le taximan M. Sarr. Il suggère la présence permanente d’une brigade routière dans la circulation, surtout sur l’axe Dakar-Mbour, ajoute le chauffeur Diadia Wade.

Les autres intervenants ont mis l’accent sur l’état des routes, le comportement parfois dangereux des piétons, l’absence d’aires de repos sur certains axes, obligeant les camionneurs à rouler sur de longues distances sans pause. Les conducteurs de motos « Jakarta » ont aussi fait entendre leur voix, s’estimant les grands oubliés de la circulation routière et les victimes de l’indiscipline des automobilistes. L’autre inquiétude des chauffeurs, c’est l’absence de leur prise en charge en cas d’accident, contrairement à leurs passagers couverts par l’assurance.

Mais sur ce point, M. Noba leur a rappelé que des produits comme Trans-Vie jouent déjà ce rôle.

Pour rassurer l’assistance, il a déclaré que la prévention est un processus continu. Et pour donner le bon exemple, un trophée sera annuellement décerné aux meilleurs chauffeurs, a-t-il ajouté.

Malick CISS

Le maire de Mermoz Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, a été condamné, hier, à six mois de prison ferme pour outrage à magistrat et appel à un attroupement non armé. La peine est assortie d’une amende de 100 000 FCfa. La défense va interjeter appel.

Quand le juge Yakham Keita a énoncé le verdict, le maire de Mermoz Sacré-Cœur a d’abord esquissé un sourire avant de lever la main droite. Barthélémy Dias attendait visiblement sa condamnation. Devant la barre, le maire socialiste est resté de marbre, incroyablement serein, chuchotant, par moments, à l’oreille de son avocat Me Ousseynou Fall. Que lui disait-il ? Difficile à savoir.

Toujours est-il que Barthélémy Dias a été attentif et très concentré durant toute la lecture du jugement. Tout le contraire de ses partisans qui ont vigoureusement réagi, dénonçant un verdict « injuste ». Leur colère était visible. « J’ai honte pour mon pays », lance une fille qui tombe en syncope. Juste à côté d’elle, une dame d’âge mur se tient à peine debout. Elle crie et profère des menaces contre l’exécutif, accusé d’être derrière cette condamnation. Devant la salle d’audience, l’atmosphère est agitée. Partout des cris de détresse. Un sentiment d’amertume et de désolation.

Le tribunal des flagrants délits a reconnu Barthélémy Dias coupable des délits d’outrage à des magistrats de l’ordre judiciaire dans l’exercice de leur fonction et discrédit sur une décision juridictionnelle dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice. Délits pour lesquels le parquet avait requis deux ans de prison ferme. Mais le tribunal les a requalifiés en condamnant le maire de Mermoz Sacré-Cœur à six mois de prison ferme et à une amende de 100 000 FCfa. Sans surprise, la défense a vivement dénoncé ce verdict jugé « trop sévère » contre un maire. « Nous sommes en train de vivre les heures les plus sombres de notre démocratie. J’ai mal pour mon pays. Le Sénégal ne mérite pas ça », a dénoncé Me El Hadji Diouf, qui a dit « constater avec regrets » que le Sénégal est « devenu un régime à pensée unique où la liberté d’expression n’est plus garantie ». Il a annoncé un appel, mais sans se faire d’illusions. « Nous allons interjeter appel. Mais, il n y a pas lieu de se voiler la face, tout le monde sait qui est derrière cette condamnation », a dit Me Diouf, qui a demandé aux amis, parents et sympathisants venus nombreux soutenir le maire de Mermoz Sacré-Cœur de rester sereins et optimistes.

« Barthélémy est un vrai «Diambar» (guerrier). Un homme digne et engagé pour le respect des valeurs de la République. Il n’est ni un criminel, ni un voleur encore moins un trafiquant. Il a le droit, par conséquent, de s’exprimer librement contre une décision de justice. Soyez fiers de lui. Le combat continue », a dit Me Diouf s’adressant aux partisans du maire socialiste de Mermoz Sacré-Cœur.

Abdoulaye DIALLO

Les 16 et 17 avril prochains, la communauté layène va célébrer la 138ème édition de l’Appel de Seydina Limamoulaye Thiaw. «Le Soleil» est allé à la rencontre Seydina Issa Thiaw Laye, fils-aîné du khalife et coordonnateur général de l’évènement. Il s’est prononcé sur l’organisation et sur l’actualité marquée par le jihadisme, appelant à l’Islam modéré.

Dans quelques jours, la communauté layène va célébrer la 138ème édition de l’Appel. Où est-ce que vous en êtes avec les préparatifs ?
Je profite d’abord de l’occasion pour saluer le travail que «Le Soleil» a l’habitude de faire à chaque édition. Nous sommes pleinement dans les préparatifs avec certains points à améliorer. Au moment où je vous parle, le comité d’organisation que je dirige depuis 20 ans fait un travail remarquable. On ne peut pas parler de l’Appel des Layènes et avoir des considérations de « tariqa » (confrérie). La manifestation est au bénéfice de toute la Oumah islamique.

Quel est le sens et la pertinence du thème « L’Islam, une religion d’équilibre et du juste milieu à travers les enseignements de Seydina Limamoulaye ?
Dans le passé, nous avons eu à traiter la paix parce que les gens en ont vraiment besoin. Ensuite, on a parlé de la zakat pour réduire les inégalités. Nous avons aussi abordé le dialogue entre tous. L’année dernière, la bonne gouvernance était notre thème. D’ailleurs, le Chef de l’Etat a créé un ministère qui s’en charge. Pour 2018, nous avons choisi la modération. Si nous voyons ce que l’extrémisme a causé dans le monde islamique, cela doit interpeller toutes les communautés. Mais, le plus dramatique, c’est que l’Islam est plus touché par le fondamentalisme. Il y a un déséquilibre dans les relations humaines. Alors que Dieu dit que « la meilleure des communautés est celle de l’Islam » car étant modérée. Tout excès est nuisible.

Quelles seront les améliorations à apporter cette année dans l’organisation de l’Appel ?
Nous allons voir les couacs pour améliorer au fur et à mesure. Mais le plus important, c’est de savoir que la religion doit cimenter notre unité nationale. La confusion ne conduit pas au développement. Que chacun respecte ses croyances, mais aussi celles des autres. Le vrai jihad pour moi est celui contre les inégalités sociales afin de permettre aux Sénégalais de s’épanouir et de vivre en paix. C’est ça le sens de notre appel.

Des citoyens décrient certains types de relations qui existent entre le temporel et le spirituel. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je ne suis pas d’accord sur une différence entre pouvoir temporel et marabout. Le vrai rôle d’un marabout est d’éduquer le disciple en le mettant sur le droit chemin. L’Etat gère tout. Et dans cette gestion étatique, le marabout est compris. Mais, ces relations doivent être bâties sur la sincérité. Depuis le temps des colons, ces relations ont toujours existé. C’est Dieu qui donne le pouvoir et le marabout ne peut pas arrêter ce processus. Les relations dont vous parlez dépendent des gens qui les développent. A commencer par Léopold Sédar Senghor, tous les Présidents de la République du Sénégal ont été accompagnés par nos érudits.

Je précise qu’il y a deux catégories de marabouts : ceux qui le sont de par leur ascendance seulement et d’autres qui ont aussi des diplômes. Donc, ce sont des hommes d’Etat, même s’ils ne sont pas dans l’administration. Je pense que la collaboration est bénéfique pour tout le monde. Nous avons collaboré avec tous les Chefs d’Etat sénégalais. Mais, le Président Macky Sall a fait ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réalisé pour notre communauté. Sénégalais à part entière, nous tenons toujours un discours de vérité aux personnalités qui incarnent l’Etat.

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé à l’installation du Bureau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent (Pse) avant-hier. Après l’enrôlement, cette année, de 100.000 ménages à la Bourse de sécurité familiale dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 400.000 aujourd’hui, l’on travaille à mettre en œuvre des projets d’autonomisation des femmes.

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé à l’installation du Bureau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent (Pse) avant-hier. Après l’enrôlement, cette année, de 100.000 ménages à la Bourse de sécurité familiale dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 400.000 aujourd’hui, l’on travaille à mettre en œuvre des projets d’autonomisation des femmes.

L’installation du réseau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent a servi d’occasion pour la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale de réaffirmer sa volonté de réduire les fractures sociales et de renforcer les capacités économiques des couches vulnérables, dont un grand nombre de femmes. En dehors des programmes de filets sociaux comme la couverture médicale universelle, les bourses de sécurité familiale, la carte d’égalités de chances, la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale dirigée par le Dr Anta Sarr Diacko compte matérialiser les projets d’autonomisation en vue de mieux sécuriser les populations et de relever leur niveau de vie.

Les représentants du Ministère du Genre et de la Femme, de l’Economie solidaire et de la Microfinance, présents à la rencontre ont réitéré leur engagement à accompagner cette politique. Les femmes qui sont les principales bénéficiaires de ces programmes ont exprimé leur satisfaction lors de la cérémonie d’installation du bureau régional. Elles se sont réjouies, à travers des témoignages, de la volonté du gouvernement sénégalais de les aider à maximiser leurs chances de réussite. En effet, pour le Dr Anta Sarr Diacko, la mise en place des réseaux de bénéficiaires des filets sociaux du Pse permettra de sortir des populations de la pauvreté grâce aux nouvelles dynamiques de développement engageant ces couches sociales qui pourront ainsi exercer des activités génératrices de revenus.

Selon le Dr Anta Sarr Diacko, il est avéré que les filets sociaux en général, les transferts monétaires en particulier, constituent des instruments efficaces de protection sociale des personnes vulnérables en ce sens qu’ils favorisent, entre autres, l’interruption de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté, la prévention à court terme de la vulnérabilité aux chocs, la contribution au développement du capital humain des enfants, l’amélioration de la productivité des ménages et la réduction des inégalités. La mise en place de ce réseau régional qui regroupe des femmes de plusieurs départements devra permettre de créer des conditions d’une inclusion financière et sociale.

Des financements aux bénéficiaires
« L’idée d’un regroupement et l’organisation des bénéficiaires du Programme national des bourses de sécurité familiale (Pnbsf) en associations locales, puis en réseaux, vont leur faciliter l’accès aux services des projets de développement officiant dans leurs terroirs respectifs. Ces réseaux, une fois mis en place et bénéficiant d’un statut reconnu, pourront capter des financements, profiter des structures d’accompagnement et générer ainsi pour leurs membres des ressources additionnelles primordiales », a expliqué Dr Anta Sarr Diacko, qui a écouté plusieurs intervenants magnifier la décision du Chef de l’Etat Sénégal d’enrôler cette année 100 000 nouveaux ménages dans la Bourse de sécurité familiale.

Le Dr Anta Sarr Diacko a tenu à rappeler que tous les allocataires de la Bourse de sécurité familiale ont pu être enrôlés dans la Couverture maladie universelle (Cmu) et que les personnes vivant avec un handicap et titulaires de la Carte d’égalité des chances soient également intégrées dans le Pnbsf, sur instruction du chef de l’Etat. Selon elle, les bénéficiaires du programme de bourse sont issus du Registre national unique (Rnu) des personnes vulnérables constitué à partir d’une sélection à base communautaire suivie d’une consolidation par l’Ansd. Ce Rnu est d’ailleurs utilisé par de nombreux programmes de filets sociaux. Le secrétaire général de la Délégation à l’entreprenariat rapide, Djaligué Bâ, en a profité pour annoncer l’octroi, dès la fin du mois d’avril courant, de financements variant entre un million et 200 millions de FCfa aux femmes bénéficiaires des filets qui soumettront un projet bancable.

Matel BOCOUM

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale s’est résolue à trouver des solutions durables aux inégalités sociales. Elle compte s’inspirer des recommandations des 100 experts attendus lors du quatrième forum de la communauté des pratiques sur les transferts sociaux monétaires en Afrique francophone prévu à Dakar du 23 au 27 avril prochains. La rencontre devra permettre de créer de nouvelles synergies et de favoriser une dynamique d’échanges entre les différents acteurs à l’échelle sous-régionale.

La communauté de pratiques sur les transferts qui regroupe 17 pays et qui a été lancée en 2011 s’est assignée comme mission de faciliter le développement de la circulation des connaissances, mais aussi de vulgariser les bonnes pratiques entre acteurs de projets de protection sociale, renseigne une note d’information de la délégation générale.

L’Etat du Sénégal qui a décrété 2018 année sociale, entend s’appuyer sur un développement inclusif pour sortir des groupes vulnérables de la pauvreté. Il a octroyé, à cet effet, un budget de 30 milliards de FCfa par an dans le cadre du programme de bourses familiales et a fait passer le nombre de bénéficiaires de 300.000 à 400.000 cette année.

M. BOCOUM

La conférence annuelle du mouvement de la jeunesse khadriya dirigé par Cherif Bakhayda Aïdara a vécu sur l’esplanade du Cinéma Awa à Pikine ce samedi. Devant une assistance nombreuse et en présence du maire de Pikine Abdoulaye Timbo, le responsable moral du mouvement de la jeunesse khadriya a magnifié les relations cordiales entre El Hadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba et Cheikhna Cheikh Saad Bouh.

Le centenaire de la disparition de Cheikhna Cheikh Saad Bouh continue d’être commémoré. C’est ainsi que Chérif Bakhayda Aïdara a animé la conférence annuelle du mouvement de la jeunesse khadriya. Chérif Bakhayda Aïdara a entretenu l’assistance des enseignements de Cheikhna Cheikh Saad Bou qui vouait beaucoup de considération à ses disciples à qui il ne cessait de recommander l’adoration de son Seigneur et sans association. Bakhayda a exhorté les fidèles à rester soumis à Dieu et ne point lui trouver un associé. Car, a-t-il souligné, « c’est Dieu qui donne la vie et la mort, c’est lui qui gratifie des bienfaits et prive qui il veut, quant il le veut. Il est le seul digne d’adoration ». Chérif Bakhayda Aïdara a invité les jeunes à respecter les anciens et que ces derniers soient aussi indulgents avec les moins âgés.

Bakhayda Aïdara est, par ailleurs, revenu sur la vie Cheikhna Cheikh Saad Bouh « entièrement consacrée à l’Islam et à la crainte de son Créateur, le Tout-Puissant ». C’est pourquoi, dit-il, « le seul titre dont il se réclamait et qu’il aimait qu’on lui donnait, c’est le serviteur du Dieu ». Il a ajouté que « Cheikhna Cheikh Saad Bouh aimait rappeler que l’homme doit toujours rendre grâce à Dieu, mais lui il rend grâce à Allah du fait qu’il a fait de lui un disciple, fils de son vénéré père Cheikh Mohamed Fadel et descendant du Prophète Mohamed (Psl) ». Evoquant les relations d’amitié, de fraternité entre les hommes de Dieu, Cheikh Bakhayda a salué la très grande estime et la considération que Cheikhna Cheikh Saad Bou avait envers El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba.

De ce dernier, Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait dit du départ en exil « qu’il part en lune et rentrera comme un soleil ».

En ce qui concerne El Hadji Malick Sy, Cheikhna Cheikh Saad Bouh dit que son immense connaissance se lit dans la « Salatoul Fatihi » et son « Wird ». Bakhayda a aussi rapporté les bonnes paroles d’El Hadji Malick Sy avec sa célèbre prière pour que le Bon Dieu rétribue et protège les « Chérifs » descendants du Prophète Mohamed (Psl). Il en est de même pour Cheikh Ahmadou Bamba qui a lui aussi chanté les « Chérifs». Le responsable moral du mouvement de la jeunesse khadriya a ajouté que Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait aussi de très bonnes relations avec les tenants du pouvoir temporel de l’époque comme Lat Dior Diop.

Chérif Bakhayda Aïdara a lancé un appel aux chefs religieux du Sénégal et de la Mauritanie d’organiser des séances de prières pour que le gaz découvert et en partage entre nos deux pays profite aux populations et ne se transforme pas en malédiction. Il a suggéré que dans les mosquées, les lieux de cultes que des lectures du Coran soient faites pour la paix et la stabilité de nos deux pays.

Mbaye Sarr DIAKHATE

De nombreux fidèles venus célébrer le Kazu-rajab, hier, sont retournés chez eux déçus de n’avoir pas pu accéder au mausolée de Serigne Fallou. Tellement il y avait du monde.

La scène incroyable a suscité une vive émotion à la grande mosquée de Touba hier : un sexagénaire assis en face du mausolée de Serigne Fallou, versant de chaudes larmes. Au début, beaucoup pensaient qu’il ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. Grosse erreur. A la question d’une dame qui s’est approchée de lui pour savoir ce qui se passe, Mame Badara Niang, c’est son nom, répond : « Je pleure. Et je continuerai de pleurer. Que voulez-vous ? Je me taise, non. Ce que je demande, c’est simple : aidez-moi s’il vous plait à rentrer et dire bonjour à Serigne Fallou ». Et l’homme de conclure : « J’ai fait des kilomètres et depuis 6 heures que je suis sur cette place, je n’arrive toujours pas à entrer. Aidez-moi au nom de Cheikhoul Khadim ».

Des propos qui ont éclaboussé plus d’un. Une dame qui était juste à côté n’a pu retenir ses larmes. « Ndeyesane, Thiey Serigne Fallou », dit Sokhna Diarra Mbaye, fidèle en provenance de Koungheul. Les commentaires qui fusent de partout ont interpellé un pompier qui passait. Le soldat du feu, visiblement très ému, a tout simplement soulevé le vieux en lui disant : « Viens, incha Allah, tu diras bonjours à Serigne Fallou ».

L’émotion est devenue plus forte quand le pompier et Mame Badara Niang se sont mis à arpenter les marchepieds en direction du mausolée de Serigne Fallou. Quelques minutes plus tard, notre sexagénaire est ressorti, toujours avec l’aide du pompier, mais cette fois avec une mine joyeuse. Un visage radieux et éblouissant. Comme si on venait de lui annoncer une très bonne nouvelle.

« Alhamdoulilahi (Ndlr ; Dieu merci) j’ai eu ce que je voulais. Maintenant, je peux rentrer tranquille chez moi », lance Mame Badara Niang. En réalité, Mame Badara est un chanceux, un privilégié. De nombreuses personnes, plus jeunes que lui, n’ont pu accéder au mausolée de Serigne Fallou. La foule était immense. Femmes et hommes de tous âges avaient pris d’assaut la grande mosquée dès les premières heures de ce vendredi, jour d’anniversaire de ce grand guide religieux. C’est que le Magal de Kazu-rajab, c’est d’abord et avant tout cela : venir à Touba, se rendre à la Grande mosquée, entrer dans le mausolée de Serigne Fallou, s’agenouiller et formuler des prières. « J’ai fini par me résigner. J’ai tout fait pour entrer dans le mausolée de Serigne Fallou, mais en vain. La prochaine fois sera la bonne », fait savoir Alioune Mbengue, debout devant le mausolée de Serigne Moustapha, premier khalife de Serigne Touba. Mame Diarra, elle aussi, n’a pas réussi à entrer, mais dit remercier Dieu et son époux qui a accepté qu’elle vienne prendre part à ce Magal. « Serigne Fallou sait que je suis venue. C’est l’essentiel », a affirmé Mame Diarra, qui dit retourner chez elle à Louga, déçue mais compréhensive. « Serigne Fallou appartient à tout le monde. Je voulais accéder au mausolée, comme tout le monde. Mais bon Dieu en a décidé autrement… Je comprends », dit-elle avec le sentiment d’avoir néanmoins accompli une mission… divine.

Par Abdoulaye DIALLO et Mamadou DIEYE (textes) Assane Sow (photo)

RENOVATION DU MAUSOLEE DE SERIGNE FALLOU MBACKE : LE « NDIGUEUL » DE SERIGNE ABO À LA FÉDÉRATION DES « TOUREUNDO »
Mausole S Fallou 18Très active dans les travaux d’intérêt général, la fédération des «Toureundo» (homonymes) a été désignée par Serigne Abo Mbacké, khalife de Serigne Fallou, pour réaliser les travaux de réfection du mausolée de Serigne Fallou, rappelé à Dieu en 1968. Conformément au «ndiguël» de Serigne Abo, béni par le Khalife général des Mourides Serigne Mountakha Bassirou, la fédération des «Toureundo» ou homonymes hommes et femmes de Serigne Fallou Mbacké a procédé, mi-mars, au lancement des travaux de rénovation de ce mausolée au grand bonheur de la famille de Khadim Rassoul. La fédération des «Toureundo» invite l’ensemble de ses membres, amis et sympathisants, les cheikhs et disciples de la communauté à contribuer financièrement à la réalisation de cette action de grâce et de reconnaissance envers le deuxième khalife général de la communauté mouride.

A. DIALLO et M. DIEYE

DES PRIÈRES ÉGALEMENT POUR SERIGNE BARA MBACKÉ FALILOU
Touba a également vécu d’intenses moments de prières à Alieu, au domicile du défunt Khalife général des Mourides Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou. Les talibés sont venus de partout pour prendre part, jeudi, à cette journée de prières dont le parrain cette année est Serigne Sidy Moctar Mbacké, arraché à notre affection il y a quelques mois. Le ministre du Budget, Birima Mangara, a conduit la délégation officielle en compagnie du ministre de l’Environnement Dr Mame Thierno Dieng. Birima Mangara était porteur d’un message du Président de la République, Macky Sall, qui, a-t-il dit, était très lié au parrain. Le ministre a ensuite sollicité des prières en ce jour béni pour une paix durable et un bon hivernage pour le Sénégal. Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole et représentant le Khalife général Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, a pris la parole pour magnifier les rapports d’estime et de respect mutuels qui existent entre Serigne Mouhamadou Lamine Bara Fallilou et le parrain et saluer l’initiative de la famille de Serigne Bara qui, à travers cette journée de prières, perpétue l’immense œuvre de Khadim Rassoul.

A. DIALLO et M. DIEYE

CONSULTATIONS MEDICALES GRATUITES : UN MILLIER DE PERSONNES PRIS EN CHARGE
La journée de consultations gratuites organisée dans le cadre du Magal de Kazu rajab a permis la prise en charge d’un millier de personnes dans différentes spécialités : cardiologie, échographie, ophtalmologie, kinésithérapie, etc. Ces consultations ont enregistré la présence de spécialistes marocains qui ont partagé leur savoir-faire avec des médecins sénégalais. Au terme de la journée, le médecin chef du district sanitaire de Touba a compté plus de consultations en échographie. « En valeur, les consultations dans cette spécialité ont dépassé un million de francs ; ce qui constitue une véritable aubaine pour ces populations sans ressources », s’est félicité le Dr Mamadou Dieng. L’organisation de ces consultations gratuites répond, selon Serigne Cheikh Abdou Gaindé Fatma, à la volonté du Khalife général des Mourides Serigne Mountaga Bassirou Mbacké qui vient de lancer un grand appel en faveur des couches vulnérables.

A. DIALLO et M. DIEYE

BALLET DES HOMMES POLITIQUES
Le Magal de Kazu-rajab, ce n’est pas que des prières et des « khassaides ». L’événement religieux est aussi une belle tribune pour les politiques. Presque tous ont été aperçus hier aux abords de la grande mosquée et aux domiciles des fils de Serigne Fallou. Idrissa Seck, Madické Niang, Pape Diop, Souleymane Ndéné Ndiaye, Aïda Mbodji et plusieurs ministres du gouvernement de Mohamamed Boun Abdallah Dionne ont fait le déplacement à Touba. Peu d’entre eux ont accepté de parler. Mais on sait ce qui les emmène : se recueillir, réaffirmer leur appartenance et solliciter des prières. Quant au ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, il est attendu dans la ville sainte aujourd’hui pour conduire la délégation officielle du gouvernement.

A. DIALLO et M. DIEYE

Les amis pèlerins de Gorée organisent la 12ème édition de la ziarra annuelle de l’imam Hamzatou Dia. Cette manifestation religieuse est, cette année, l’occasion de formuler des prières pour son initiateur, le défunt religieux rappelé à Dieu en août dernier, mais aussi pour la paix au Sénégal.

L’île de Gorée va abriter, ce samedi 14 avril 2018, la 12ème édition de la ziarra annuelle de l’imam Hamzatou Dia. Cette manifestation religieuse est organisée chaque année sur ce lieu pour rendre hommage à l’imam Hamzatou Dia. Elle est l’occasion de prier et d’implorer le bon Dieu pour la paix au Sénégal et dans le monde. L’actuel khalife de l’Imam Hamzatou Dia, Cheikh Ahmed Tidiane Dia, a indiqué que « ce n’est ni un Dahira, ni une confrérie, qui organise cette ziarra, mais plutôt un collectif appelé « les amis pèlerins de Gorée» qui avait l’habitude de tenir cette rencontre religieuse avec le défunt imam. C’est donc ce collectif qui se charge de la perpétuation de la tradition.

«C’est Elhadji Ibou Sakhou (Rta) qui avait recommandé aux fidèles de tenir ces prières annuelles à Gorée sous la direction de l’imam Hamzatou Dia. Gorée est un lieu propice à la prière. Et l’imam avait travaillé pour faire de cette île un site religieux que l’on peut considérer comme un mouroir des angoisses existentielles », a indiqué Cheikh Ahmed Tidiane Dia, actuel imam de l’île. Cette 12ème édition, la première après le rappel à Dieu de l’Imam Hamzatou Dia survenu le 06 août  2017, sera l’occasion pour les fidèles de réciter le Coran, de déclamer des « zikr », de suivre la causerie religieuse et de formuler des prières pour la paix au Sénégal et pour le repos de l’âme de nos disparus. 

Pour la tenue de la conférence religieuse, un dispositif est mis en place pour faciliter le déplacement sur l’île. Le départ de la première chaloupe est prévue à 10 heures ; une autre chaloupe pourra transporter les pèlerins à 12 heures 30 minutes. Pour cette édition, beaucoup d’hommes religieux y sont attendus, notamment des membres de familles chérifiennes, Baye Dame Diène, le grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, etc. L’association des imams et oulémas du Sénégal est invitée de même que religieux du pays. Le responsable de l’église, qui participe chaque année à l’accueil des pèlerins, est aussi attendu.

« Gorée est une terre de brassage culturel où le dialogue islamo-chrétien est un exemple pour tout le pays», a affirmé Cheikh Ahmed Tidiane Dia, qui s’est déplacé dans les locaux de la rédaction du Soleil pour annoncer cette manifestation. Le maire de Gorée, Augustin Senghor qui «était très proche de l’imam Hamzatou Dia», est très impliqué dans l’organisation de même que Doudou Dia de Gorée Institute. L’événement est placé sous l’égide de tous les khalifes généraux du pays et sous haut patronage du président Mack Sall.

Oumar KANDE

Cheikh Mahi Niasse, guide religieux et frère cadet de l’imam ratib de la grande mosquée de Médina Baye, a offert 3000 sacs de pommes de terre à des personnes démunies. Des actions sociales réalisées en partenariat avec l’entreprise Senegindia qui évolue dans l’agro-industrie dans les Niayes

L’Ong Al Fityanou Humanitaire dirigée par le guide religieux Mahi Cissé, frère cadet de l’imam ratib de la grande mosquée de Médina Baye, vient de s’illustrer par une importante aide à des populations démunies de la commune de Kaolack. Le don composé de 3.000 sacs de 25 kg de pommes de terre a été distribué au camp pénal de Koutal, à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Kaolack, à des écoles coraniques et à des populations dans le besoin dans le voisinage de la cité religieuse fondée par Cheikh al islam El Hadj Ibrahima Niasse « Baye ».

La cérémonie de remise du don, organisée dans la cour de l’institut islamique africain-américain, a été l’occasion pour le généreux donateur et ses partenaires dans cette action sociale, les responsables de la société Senegindia, de s’exprimer sur la portée de leur démarche. « C’est une initiative à saluer. Le fait de choisir Médina Baye pour la remise de ce don est symbolique car Cheikh Al Islam Baye, qui est notre guide, a de tout le temps prôné le partage. Donc, pour nous, toutes les ressources sont disponibles sur terre, mais c’est la répartition équitable qui fait défaut », a souligné Cheikh Mouhamadoul Mahi Cissé réputé dans cette cité religieuse pour son érudition et la diversité de ses disciples venant de toutes les parties du monde, mais principalement des Usa.

Le choix des bénéficiaires décidé par la personne morale de l’Ong Al Fityanou Humanitaire, de concert avec la direction de la clinique Assia de Dakar, a fait la part belle aux lieux de détention de la capitale régionale et aux pensionnaires des nombreuses écoles coraniques ouvertes dans ce quartier périphérique de la commune de Kaolack. « Médina Baye est une cité où les populations qui s’y sont  installées ont en partage l’amour de Dieu et leur vénération de Cheikh Al Islam Elhadj Ibrahima Niasse. C’est donc tout à fait indiqué qu’on y perpétue des valeurs de solidarité et de partage qu’il nous a enseignées », a souligné le Dr Mamadou Oumar Dia, président du conseil d’administration de ladite clinique.

Rappelons que la veille l’imam ratib de Kaolack à travers la clinique créée par son frère Cheikh Hassan Cissé avait offert un important lot de produits et matériels chirurgicaux à la région médicale de Kaolack, à charge pour la structure de la répartir aux établissements de santé publique de la circonscription administrative.

Elimane FALL

 

Le gamou de la Hadara Mame Cheikh Seydi Elhadji Rawane Ngom de Thiès aura lieu demain. Cette rencontre annuelle, qui en est à sa 19ème édition, est initiée par Serigne Mouhamed Bachir Ngom, fils cadet d’Elhadji Serigne Lamine Ngom, fils aîné et premier khalife de Mame Rawane Ngom, va se dérouler au quartier Grand Standing, en face de la mosquée Wamy.

Le thème retenu cette année est « La place de l’éducation dans l’utilisation des nouvelles technologies ». Il est d’une actualité brulante parce qu’il intervient dans ce contexte de dérives en tout genre notées dans les réseaux sociaux. Selon l’initiateur de cette rencontre religieuse, au rythme où progresse la technologie, si on ne pose pas le problème maintenant, la situation risque d’être incontrôlable dans l’avenir. « Ce ne sont pas les conférences ou les serments dans les mosquées qui vont régler le problème. Il faut une éducation spirituelle. Malheureusement, celle-ci est, aujourd’hui, au dernier rang des priorités », a déploré Serigne Mouhamed Bachir Ngom.

Selon lui, ceux qui éduquent aujourd’hui ont, eux-mêmes, besoin d’être éduqués. « Avant d’enseigner, il faut d’abord apprendre. Avant de redresser une personne, il faut d’abord être droit. L’autre problème est que les gens n’ont plus cette patience de suivre une éducation spirituelle. En tant que responsables religieux, il est de notre ressort de rappeler aux gens la place que l’éducation spirituelle doit occuper dans ce contexte des technologies de l’information et de la communication. Parce que les dégâts que les Tic causent sont énormes », a-t-il ajouté. Sur l’origine de ce gamou, retenons qu’après ses études en Egypte, sur recommandations des dignitaires religieux comme feu Elhadji Mansour Sy « Borom Daara-j », Serigne Mouhamed Bachir Ngom s’est fixé à Thiès.  

« Après mon installation, j’ai entamé des visites de courtoisie auprès des sympathisants. Parmi ceux que j’ai rencontrés, certains sont originaires du Mali, d’autres du Sénégal, mais ayant longtemps séjourné au Mali. Des retraités m’ont dit que c’est Mame Rawane Ngom qui leur avait offert le « Wird». D’autres m’ont fait savoir que c’est le saint homme qui avait prié pour eux lorsqu’ils étaient engagés dans l’armée française lors de la première Guerre mondiale 14-18. Parfois ils allaient lui rendre visite à Mpal ou bien quand le saint homme passait à Thiès. Et à leur âge, il leur sera difficile de faire le déplacement jusqu’à Mpal. D’où l’organisation de ce gamou à Thiès », a fait savoir Serigne Mouhamed Bachir Ngom.

D’autres raisons ont également poussé à l’initiation de cette manifestation religieuse. « Nous avons également initié le gamou de Thiès pour mieux raffermir les liens entre la famille de Mame Elhadji Malick Sy et celle de Mame Rawane Ngom. Le gamou est aussi une tradition qui a uni les deux saints hommes. Thiès est également un carrefour pour toutes les confréries qui doivent se réunir le plus souvent, se connaître, se faire confiance, s’aimer, etc. Ce genre de rencontre est donc essentiel pour cela. Sur le plan syndical et politique, Thiès représente beaucoup. Donc, elle a besoin de personnes qui rappellent aux gens les paroles de Dieu », a précisé Serigne Mouhamed Bachir Ngom.

Ndiol Maka SECK

 

Serigne Fallou Mbacké dont la naissance est célébrée aujourd’hui aura imprimé une marque indélébile dans la trajectoire de la communauté mouride.

Prières, lecture du saint Coran et zikr ont rythmé la vie de tous les fils de Khadim Rassoul, fondateur du mouridisme. Chacun ayant quelque chose de particulier qui le lie aux talibés. Serigne Fallou, deuxième khalife de son père, a une trajectoire particulière dans cette famille prestigieuse. Et hier, il fallait venir à Touba pour le savoir. Les talibés sont venus de tous les coins du Sénégal et de la diaspora pour participer à la célébration de sa naissance. En charrettes, en motos «Jakarta», en voitures, ils sont nombreux à faire le déplacement. Sans surprise. Les bienfaits de Serigne Fallou qui a totalisé 23 ans de khalifat transcendent les confréries et les confessions. On trouve ses homonymes dans toutes les familles religieuses du Sénégal. «Il était un grand savant, un unificateur qui se distinguait par sa générosité», confie Serigne Makhtar Mbacké. L’homme dit avoir eu le privilège de connaître le guide religieux. «J’avais 11 ans quand Serigne Fallou a été rappelé à Dieu», dit-il. Notre interlocuteur ajoute : «Je me souviens de ce personnage emblématique comme si c’était hier. Le chef religieux aimait s’asseoir devant la grande mosquée pour regarder les architectes en activité. On le voyait même donner des consignes, orienter. Il tenait beaucoup à cet édifice religieux».

C’est que Serigne Fallou, grand savant, fut avant tout un guide d’une grande ouverture d’esprit. Un homme généreux qui trouvait toujours le mot pour dérider, redonner sourire et espoir. Orphelins, nécessiteux et personnes désœuvrées trouvaient en lui un protecteur. «Une fois, il avait dit qu’il est le Sénégal, qui est symbolisé par deux emblèmes, le baobab plein de bienfaits par ses écorces, ses fruits, son ombre et le lion», témoigne Serigne Ahmadou Rafai, fils de Serigne Fallou.
 
Action de grâce


Revenant sur l’importance de cette célébration plus connue sous l’appellation de «Kazu rajab», son frère Serigne Ahmadou Badawi parle d’une action de grâce, d’une reconnaissance envers Dieu. «Serigne Fallou a démontré à travers sa personne le lien sacré entre les cinq prières et sa venue au monde. C’était un homme exceptionnel à tout point de vue», a fait savoir Serigne Ahmadou Badawi. Causeries sur les recommandations du Tout-Puissant, des récitals du Coran, zikr et chants religieux (khassaides) vont rythmer cette célébration. En réalité, le jour de naissance de Serigne Fallou a vu l’accomplissement de deux événements majeurs dans l’histoire de la religion musulmane. Ce sont des miracles auxquels il a plu à Dieu de recourir pour descendre sa miséricorde sur l’humanité. Il y a eu d’abord «Al Isrâ» (Le voyage nocturne) par lequel Seydina Mouhamed (Psl) a été transporté à Jérusalem. Ensuite «Al Micraj» (L’Ascension) ou la traversée des sept cieux pour arriver à la proximité du Trône du Maître des Mondes afin de recevoir des recommandations divines concernant les dogmes et bases de sa religion. Tous ces événements ont eu lieu cette nuit-là. «C’est Cheikh Mouhamadou Fadel Mbacké qui a fini et inauguré la grande mosquée de Touba, puis en a assuré l’imamat tout au long de sa présence à Touba», souligne Serigne Ahmadou Badawi, «heureux» de constater que l’événement prend de plus en lus une dimension mondiale.

Abdoulaye DIALLO
et Mamadou DIEYE

La dimension scientifique de Cheikh Ahmadou Bamba, thème central de l’événement

Le thème central retenu cette année est «La dimension scientifique dans l’œuvre de Khadim Rassoul». Thème de prédilection de Serigne Fallou qui a consacré toute sa vie à rappeler les enseignants de son illustre père et à enseigner le coran et la souna. Serigne Fallou avait implanté plusieurs «daaras» (écoles coraniques) et assurait lui-même l’instruction de ses disciples permettant à certains d’aller à l’étranger à la quête du savoir. Aujourd’hui, nombreux sont ses talibés qui perpétuent son œuvre en répandant l’islam sur toute l’étendue du territoire. Cette année, Serigne Ibrahima Bousso et Serigne Mbaye Sall, contemporains de Serigne Fallou et Cheikh Ibrahima Fall qui entretenaient d’excellentes relations avec le défunt Khalife sont les parrains des conférences qui sont organisées dans le cadre de cette célébration. Conférences qui sont délocalisées dans les villages de Ndindy, Khaïra et Madina Mbooba.

A. DIALLO et M. DIEYE

Les autorités sont disposées à revoir les dispositions du Comité sénégalais des droits de l’homme pour une meilleure présence à l’échelle régionale et internationale. C’est l’annonce faite par le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, à la cérémonie d’ouverture de la Consultation régionale des institutions nationales des droits de l’homme d’Afrique de l’Ouest.

Un des premiers pays de l’Afrique de l’Ouest à disposer d’une institution des droits de l’homme dénommée Comité  des droits de l’homme créé en 1970, le Sénégal n’est toujours pas aux standards internationaux. Aujourd’hui, le pays est placé statut B, avec la Côte d’ivoire et le Mali. Selon Andrea Ori, représentant du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, «le Comité sénégalais des droits de l’homme fait beaucoup d’efforts, mais il faut que l’on réforme la loi dudit comité pour la mettre en conformité avec les derniers standards de Paris pour qu’elle soit complètement indépendante et retrouver le statut A que le Sénégal a déjà perdu. Avec le statut A, la Comité sénégalaise des droits de l’homme pourra s’asseoir et prendre des décisions dans les instances régionales et mondiales», a-t-il expliqué. Une injustice que le Sénégal est disposé à corriger. Selon le ministre de la justice Ismaïla Madior Fall qui présidait la cérémonie, «le Sénégal va poursuivre intelligemment cette réforme. Le gouvernement est aujourd’hui disposé à mobiliser les initiatives nécessaires pour que le Comité sénégalais des droits de l’homme, si importante pour la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit, soit conforme aux meilleurs standards», a-t-il assuré. Par ailleurs, selon M. Ori, même si le Sénégal a fait des pas importants dans la jouissance des droits de l’homme, un défi majeur reste à être relevé, c’est celui des enfants de la rue.

«À Dakar seulement, on parle de 50.000 enfants dans la rue. Ils ont le droit d’être protégés. Aujourd’hui, ils n’ont aucune formation. Et s’ils grandissent dans ces conditions, ils sont exposés parce que sans emploi adéquat. Ils peuvent même devenir des cibles pour les recruteurs terroristes», a-t-il alerté.

Oumar FEDIOR

Saliou Ndiaye alias Baye Zale voulait rejoindre la Syrie sur proposition du djihadiste franco-sénégalais Omar Diaby alias Omar Omsen considéré par les services de renseignement français comme « un des principaux recruteurs du djihad en France ».

Saliou Ndiaye alias Baye Zale est le premier accusé à craquer devant la barre. Alors qu’il répondait aux interrogations de Me Mounir Balal hier, il a versé de chaudes larmes. Taille moyenne, teint clair dans son boubou bleu, ce natif de Kaolack est domicilié non loin du « daraa » de l’imam Alioune Ndao. Baye Zale, qui effectuait toutes les prières du vendredi à la mosquée de l’imam Ndao, n’a jamais étudié dans le «daraa» du prêcheur. «Imam Ndao est un homme pieux. Il fait des prêches importants en relation avec l’actualité», a-t-il expliqué. Au fur et à mesure, Saliou Ndiaye a fait de l’imam Ndao «son guide». C’est l’imam Ndao qui l’a dissuadé de partir en Syrie. C’était en 2013. En racontant un fait anecdotique sur la «bonté» de son «guide», Saliou Ndiaye a fini par craquer. Il a versé de chaudes larmes, obligeant son avocat Me Etienne Ndione à lui apporter un mouchoir et une bouteille d’eau.

L’accusé Baye Zale voulait rejoindre la Syrie pendant la guerre entre l’Etat et les islamistes pour «prêter main-forte» aux populations victimes de cette confrontation. «Cela ne veut pas dire que je voulais partir en Syrie pour combattre. Je voulais y aller pour aider les victimes», a-t-il précisé. L’accusé devait regagner la Syrie sur financement d’Omar Diaby. Saliou Ndiaye a connu le Franco-sénégalais Omar Diaby par l’intermédiaire d’Ibrahima Bâ, un de ses amis qui a regagné la Libye. Omar Diaby, le djihadiste franco-sénégalais, a tenu une rencontre avec le candidat au voyage en Syrie à Grand-Yoff en présence de son frère Moussa Massoud, un autre djihadiste qui a  combattu en Syrie.

«Omar Diaby est un Franco-sénégalais. Il avait de l’argent. C’est pourquoi il s’était s’engagé à financer mon voyage», a-t-il répondu à la question de savoir s’il connaissait réellement son interlocuteur. Omar Diaby alias Omar Omsen était l’un des plus redoutables djihadiste en France. Ce dernier était un des principaux recruteurs du djihad dans ce pays. En 2013, Omar Omsen a dirigé la principale brigade francophone de Syrie.

Malheureusement, il n’a pas pu l’obtenir. Malgré ce premier revers, Omar Omsen lui a demandé d’insister pour disposer de cet agrément précieux pour pouvoir faire le voyage en terre syrienne. Selon le procureur, l’exploitation des données du téléphone de Baye Zale a montré que l’accusé a discuté via skype avec une personne anonyme dont le pseudo est Khamsalla45 lui demandant de faire des recherches sur Omsen. « J’ai fait des recherches sur Omsen parce que je ne le connaissais pas », a répondu l’accusé au maître des poursuites.

Finalement, le voyage en Syrie n’a pas eu lieu. Il a été dissuadé par l’imam Ndao, selon ses dires. Mais, avant le voyage en terre syrienne, le prévenu avait un projet de voyage pour l’Afghanistan. Une entreprise qui n’a pas abouti. Selon lui, il voulait se rendre en Afghanistan pour son expérience et « non pas pour combattre aux côtés des talibans car je ne suis pas un terroriste. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui font l’apologie du terrorisme », a-t-il ajouté.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Un colloque international s’est tenu les 10 et 11 avril 2018 à la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l’Ucad. Des universitaires français et sénégalais ont échangé sur la Responsabilité sociale des entreprises, baromètre de compétitivité et instrument de mesure de la prise de conscience des enjeux de l’heure.

Echanger sur la Responsabilité sociale des entreprises (Rse) que les circonstances et les exigences de l’heure ont installée au cœur des préoccupations. Tel a été l’objectif majeur poursuivi à travers la tenue d’un colloque à la Faculté des Sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Ucad. La Rse s’inscrit, aujourd’hui, dans le cadre global de la compétitivité de l’entreprise. La création, par certaines entreprises, de fondations entièrement dédiées à cette problématique révèle les enjeux à la fois économiques, sociaux et environnementaux qu’elle revêt. C’est pourquoi, estime Mamadou Badji, doyen de la Fsjp, cette initiative est heureuse. Elle a pour objectif de «porter un regard croisé d’universitaires sénégalais et français sur la Rse, en sondant sur chacun des thèmes abordés les apports de la Rse et en s’interrogeant sur la portée et l’intérêt, notamment en Afrique de l’Ouest, de la loi française. La France, pionnière en Europe, a souhaité aller au-delà du droit souple», dit-il. Promue sur le plan international, la Rse est entendue, à ses yeux, comme la prise en considération, par les entreprises, des conséquences négatives que peut générer leurs activités sur les personnes ou sur l’environnement.

La France, en plus d’être un précurseur en matière de développement de la Rse, avec d’autres pays européens, s’est employée à rendre la législation plus contraignante et plus adaptée aux nouvelles évolutions. Un processus législatif y a été démarré, en 2001, avec la loi sur les nouvelles régulations économiques. Il s’est achevé, en 2017, avec la loi sur le devoir de vigilance des entreprises. En cela, elle est inspirante pour des pays comme le Sénégal qui s’inscrivent dans cette démarche. En sus, ce colloque est rendu plus opportun par la présence économique de la France au Sénégal à travers ses entreprises qui, à en croire Vincent Toussaint, chef du Service économique de l’ambassade de France, « emploient 12.000 salariés, représentent un quart des recettes fiscales et presque un quart du Pib du Sénégal».

Problématique transversale
Ces entreprises «franco-sénégalaises» mènent, selon lui, de nombreuses actions de responsabilité sociale (insertion professionnelle de la jeunesse, des personnes handicapées, respect de l’environnement…). « Le concept de Rse est au cœur du renouvellement de notre relation économique avec le Sénégal. C’est, en quelque sorte, le laboratoire du renouvellement de notre relation économique avec l’Afrique. La responsabilité sociale des entreprises françaises et franco-sénégalaises, c’est une politique positive, un axe de différenciation par rapport à la concurrence, une démarche de compétitivité. C’est pour compenser également d’éventuels impacts environnementaux et sociaux de certaines activités.

Il est essentiel d’échanger dans ce domaine. Le Sénégal se développe vite et saute des étapes, et on a des choses à apprendre de la pratique sénégalaise dans beaucoup de domaines », souligne M. Toussaint.
Le professeur Yaya Bodian, directeur du Centre de recherche d’études et de documentation pour les institutions et les législations africaines (Credila), n’en pense pas moins. La Rse est, à son avis, au cœur de la réflexion scientifique et du développement économique et social. Elle implique donc des contributions pluridisciplinaires, en cela qu’elle est une problématique transversale soulevant beaucoup de questions.

Alassane Aliou MBAYE

 

Le présumée terroriste Ibrahima Diallo alias Abu Umar a fait face au maitre des poursuites, Aly Ciré Ndiaye, hier. Il a avoué avoir le surnom d’Abu Oumar depuis la Mauritanie pour respecter une tradition prophétique.

Ibrahima Diallo alias Abu Umar a réitéré au procureur qu’il était parti au Nigéria pour se perfectionner dans l’apprentissage du Coran. Aly Ciré Ndiaye lui a demandé la signification du djihad, selon les enseignements du prophète. Alors que le prévenu a pris du temps pour répondre à cette question, le maître des poursuites lui a rappelé ses déclarations devant les enquêteurs : «Je crois au djihad et nous devrions mener ce combat jusqu’à ce que la charia soit appliquée au Sénégal». «Ce ne sont pas mes réponses», a subitement répondu l’accusé. Sa compréhension du djihad, a-t-il dit, est : «juste appeler les gens, leur rappeler les enseignements du Prophète et les amener à instaurer cela. C’est ça mon djihad». Selon toujours le procureur, Abu Oumar a déclaré devant le juge d’instruction ceci : «J’ai subi la formation en armement de type Kalachnikov à Fatwoul Moubine auprès d’un Nigérian du nom de Seydou».

La Casamance comme base arrière

Toutefois, l’accusé nie encore avoir tenu de tels propos devant le juge d’instruction. Par contre, il reconnaît avoir connu le Nigérian Seydou qui, une fois, s’est présenté à lui avec une Kalachnikov. C’est ainsi, a-t-il dit, que «je lui ai demandé comment manier cette arme et il m’a montré». Cependant, avant leur retour au Sénégal, après la rencontre avec Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, Matar Diokhané a présidé une réunion à laquelle ont participé Ibrahima Diallo, Moussa Aw, Moustapha Faye, Abu Jaffar, Oumar Yaffa. Pendant cette réunion, leur leader, Matar Diokhané a posé les conditions pour un retour au Sénégal.

Parmi ces conditions, a rappelé le procureur, il apparaît : «Matar Diokhané est le leader incontesté du groupe pour l’exécution d’un projet au Sénégal». «Nous avions accepté qu’il soit notre guide juste pour sortir de ce territoire», a précisé Abu Umar.

La deuxième condition posée par Diokhané au groupe, selon le procueur, est qu’il va trouver au Sénégal une personne qui va leur servir de guide moral. Un guide moral qui n’est personne d’autre que l’imam  Ndao. La troisième et dernière condition est que le groupe devait rester à son écoute pour l’implantation d’un projet au Sénégal.

Face au refus du prévenu de ne pas reconnaître avoir assisté à une telle réunion, le procureur lui a rappelé un autre aveu de taille fait devant le juge. «Nous avions un projet de mettre en place une «wilaya» (province)». Lors de cette réunion, une décision a été prise pour chercher des terres au Sud du Sénégal. L’endroit c’est quelque part en Casamance. Lors de la réunion au Nigéria, Oumar Yaffa, Oumar Mballo et Ibrahima Bâ étaient désignés pour piloter le projet. Après leur arrestation, la mission a été confiée à Latyr Niang». Malgré tous ces rappels, l’accusé a réfuté catégoriquement être l’auteur de ces propos devant le juge.

A. Ng. NDIAYE

 

Le règlement du passif social était au centre de la conférence de presse du collectif des ex-travailleurs des sociétés liquidées. Les ex-agents réclament le paiement du passif global qui s’élève à 25 milliards de FCfa.

«Les décisions annoncées par le Premier ministre n’ont jamais connu de règlement». Ces propos du coordonnateur du collectif des ex-travailleurs des sociétés liquidées par l’Etat, Moustapha Guèye, expliquent toute l’inquiétude qui anime les 7.500 familles affectées par cette situation. En conférence de presse au siège de la Cnts/Fc hier, les ex-travailleurs ont réclamé le paiement immédiat de leur passif global d’un montant de 25 milliards de FCfa. «Le Premier ministre avait pris l’engagement, lors du Conseil interministériel du 10 mars 2017, de payer les ex-travailleurs des sociétés publiques et parapubliques que sont Hamo, Frigocap, Sias, Sotrac, la Communauté urbaine, etc. Mais, cet engagement n’est pas exécuté », a-t-il dit.

Aussi, a-t-il rappelé que les autorités s’étaient engagées à accompagner le paiement des ex-travailleurs de la Bceao, d’Air Afrique, de Transrail et de la Sotexka, qui sont des sociétés privées. Le règlement de ce passif social constitue une préoccupation majeure des secrétaires généraux de la Cnts/Fc et du Rassemblement des travailleurs africains du Sénégal (Rta/S), au point de l’inscrire dans leur plateforme revendicative. C’est pourquoi le responsable de la

Cnts/Fc Cheikh Diop a invité les organisations syndicales à mutualiser leurs forces et à se mobiliser pour le règlement de ce passif social.
«L’engagement du Chef de l’Etat à vouloir régler le passif social ne fait l’objet d’aucun doute. Il a posé des actes concrets dans ce sens et donné des instructions. Néanmoins, l’exécution de ces décisions traîne encore. D’où l’intérêt pour nous, organisations syndicales, de fédérer nos forces pour que les droits des ex-travailleurs soient respectés », a conseillé M. Diop, qui a précisé que le protocole d’entente signé entre les deux groupes défendant les ex-travailleurs de la Sias entre dans cette perspective. « Après avoir constaté des lenteurs dans l’exécution des décisions sorties du Conseil interministériel du 10 mars 2017, nous nous sommes réinvestis à amener les deux groupes qui portent le même combat à se retrouver et à accepter qu’un seul dossier soit payé au profit de tous », a expliqué le secrétaire général de la Cnts/Fc.  

Pour Cheikh Diop, l’ensemble du dossier du collectif des 7.500 ex-travailleurs avec leurs familles doit être réglé de façon définitive. Il a réitéré l’engagement de sa centrale syndicale à porter le combat du passif social. Le secrétaire général du Rta/S, El hadji Momar Samb, par ailleurs facilitateur dudit collectif regroupant environ 18 sociétés liquidées, s’est réjoui des retrouvailles entre les deux groupes qui portent le combat des ex-travailleurs de la Sias. «La fusion de ces deux groupes va faciliter le traitement du dossier de tout le collectif », a salué M. Samb, qui a relevé un déficit de communication dans ce dossier.

Tata SANE

 

Ouverture à Dakar de la réunion délocalisée de la Commission mixte de la Cedeao autour de la double problématique du respect des droits humains et de la lutte contre le terrorisme hier. La rencontre devait se tenir à Conakry. Mais, en raison des tensions sociopolitiques qui secouent présentement la Guinée, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a choisi la capitale sénégalaise pour abriter ses travaux.

Le choix de Dakar pour abriter la rencontre a été salué à juste titre par le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, qui a présidé l’ouverture de la réunion en présence des membres de la société civile, des experts en migration et des parlementaires venus des 15 pays membres de la Cedeao hier. Au total quatre commissions permanentes du Parlement de la Cedeao prennent part à cette réunion délocalisée de la commission mixte : Droits de l’homme, protection de l’enfant et des couches vulnérables / Affaires politiques, paix, sécurité et Mécanisme d’évaluation par les paires / Genre, promotion de la femme et protection sociale / Affaires juridiques et judiciaires.

Les travaux qui se dérouleront jusqu’au 15 avril prochain s’articulent autour du thème « la situation des droits humains dans les zones en crise sécuritaire en Afrique de l’Ouest ». C’est une rencontre interactive avec des communications suivies de débats. Il s’agit pour les parlementaires de s’informer de la situation des droits humains dans les zones en crise sécuritaires afin de proposer des solutions durables aux Etats. Experts et politiques s’accordent aujourd’hui à dire qu’il y a un lien entre sécurité, droits humains et développement. « La lutte contre le terrorisme pose l’épineux défi du respect des droits humains de l’homme avec des arrestations souvent arbitraires et des détentions illégales, des persécutions de civils, des cas de viol et de mutilation », fait savoir la co-présidente de la commission mixte Mme Fatoumata Niabaly. Elle est « convaincue » que la réunion formulera « des propositions pertinentes » sur le respect des droits des personnes victimes des crises sécuritaires dans l’espace communautaire. Même sentiment noté chez le président du Parlement de la Cedeao. « Il s’agit aujourd’hui de reposer la question du respect des droits humains dans un contexte marqué par une crise sécuritaire sans précédent et de violation des libertés », a dit Moustapha Cissé Lô. Devant ses collègues, il a rappelé l’attachement du Sénégal au respect des droits de l’homme. « En réunissant les différents acteurs et intervenants autour de la problématique de protection des populations victimes des crises sécuritaires, le  Parlement de la Cedeao montre clairement la voie à suivre pour faire face au terrorisme sans bafouer les droits des citoyens », a soutenu le président Moustapha Cissé Lô.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le président Moustapha Niasse s’est réjoui du choix du thème de la réunion qui pose une problématique majeure qui risque de plomber les efforts de développement des Etats. « L’être humain sans les droits humains n’est pas un être humain », a insisté le président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Le Parlement de la Cedeao pose ainsi, selon le président Niasse, les jalons qui permettront de prévenir les conflits, de protéger les populations et de promouvoir les droits humains dans l’espace communautaire.

Abdoulaye DIALLO

 

L’accusée Coumba Niang, épouse de Matar Diokhané, a répondu aux interrogations du juge, du procureur et des avocats, hier, au troisième jour du procès Imam Ndao et co-accusés. Le maître des poursuites, Aly Ciré Ndiaye, a révélé la liste des documents trouvés dans la chambre de l’accusée, au moment de son arrestation.

 Selon le procureur, les enquêteurs qui ont procédé à une perquisition de la pièce où résidait Coumba Niang ont trouvé sur place un livre intitulé : «Le manifeste religieux» écrit par son époux Matar Diokhané, des documents sur «les stratégies de combat et de déstabilisation de l’Etat (Kufar)», «le djihadiste et les techniques d’exécution, de rapts et d’assassinats», «la légitimation des exécutions sommaires des enfants et des femmes de tout musulman opposé aux actes terroristes»,

«les stratégies d’infiltration, de dissimulation et de déstabilisation des forces de défense et de sécurité».
Les enquêteurs ont aussi mis la main sur un document détaillé sur «les retours d’expériences sur les techniques pratiquées en Afghanistan» et des documents sur «l’incitation à la falsification de la monnaie et des documents administratifs». Toutefois, l’accusée a indiqué à la barre qu’elle n’a jamais lu les livres trouvés dans sa chambre. Les gendarmes ont aussi retrouvé dans la même chambre la somme de 14.500 euros, soit près de 10 millions de FCfa.

Cette somme est le reste du montant que lui avait confié son époux Matar Diokhané avant son voyage au Niger où il a été arrêté. Coumba Niang a aussi avoué avoir donné 15 millions de FCfa à l’accusé Ibrahima Diallo.
«Je lui avais remis d’abord 17 billets de 500 euros. Il m’a demandé d’en rajouter. Ce que j’ai fait en lui remettant à nouveau 24 billets de 500 euros», a-t-elle reconnu. Ibrahima Diallo, malgré  les 15 millions de FCfa reçus, a continué à demander sans cesse de l’argent à Coumba Niang. La preuve, un télégramme envoyé à l’épouse de Matar Diokhané pour lui demander le reste du montant.
«Je lui ai dit qu’il restait 31 billets de 500 euros», a-t-il dit au juge. L’accusée a aussi reconnu, à la barre, avoir donné 500.000  FCfa à Aboubacry Guèye, sur demande de son mari.

Répondant aux questions du juge et du procureur, Coumba Niang a reconnu avoir reçu l’argent de son époux avant son voyage au Niger. «Une importante somme d’argent», s’est-elle contentée de dire, refusant de donner le montant exact et la provenance de la devise. Pourtant, face aux enquêteurs qui voulaient savoir si elle avait une idée de la provenance des fonds en question, la dame avait répondu : «Il m’avait dit que c’est de l’argent licite et qu’une partie lui appartenait et une autre partie aux «mbok» (parents) qui étaient en route pour le Sénégal et qui devaient l’utiliser pour financer une activité dans le pays».

Connexions avec Imam Ndao

Une version que Coumba Niang a niée devant la barre. Mais le juge lui a encore rappelé cette assertion qu’elle avait servie devant les enquêteurs : «Mon mari (Matar Diokhané) m’avait dit que l’argent provenait d’Aboubakar Shekau le chef de Boko Haram». Elle a encore réfuté avoir tenu de tels propos devant le juge instructeur. Par ailleurs, c’est sur la route de Kaolack que Coumba Niang a appris l’arrestation de son mari Matar Diokhané au Niger. Ce jour, a-t-elle informé, elle se rendait dans cette ville pour rendre visite à son amie Rama Bâ qui était souffrante. A Kaolack, Coumba Niang admet avoir trouvé Rama Bâ dans un «daraa» où elle se soignait. «Je ne savais pas en ce moment que Rama se soignait chez l’imam Ndao», a-t-elle répondu au juge Samba Kane.

Le lendemain de sa visite, Coumba Niang a rencontré l’imam Ndao. Celui-ci a demandé des nouvelles de Matar Diokhané. «Je lui ai répondu qu’on nous a informés, en cours de route, de son arrestation au Niger», a-t-elle répondu. Après son retour à Dakar, Coumba Niang est repartie à Kaolack dès le lendemain. Cette fois-ci, c’était pour voir un disciple de Matar Diokhané du nom d’Abu Wakhab.
Après l’arrestation de son mari, Coumba Niang nourrissait l’idée de partir au Niger. Devant le juge d’instruction, elle aurait dit : «J’avais projeté de partir au Niger. J’en ai parlé à l’imam Ndao mais il m’en a dissuadé. Il m’a tout simplement dit de ne pas partir parce que ce n’est pas sûr. Mais, nous n’avions pas discuté des raisons de son arrestation».

Aliou Ngamby NDIAYE

Une demi-douzaine de scieries clandestines a été découverte dans la commune de Toubacouta par des membres du comité de sauvegarde de l’environnement de ladite localité. Les coupeurs de bois qui opèrent dans cette partie du département de Foundiougne s’attaquent à des forêts communautaires du Niombato.

Le département de Foundiougne, une des zones éco-géographiques parmi les plus verdoyantes du pays, est devenu la cible des coupeurs de bois qui se sont attaqués à des forêts communautaires de la commune de Toubacouta. A la tête d’un comité local de protection de l’environnement, Moussa Seydi, par ailleurs conseiller municipal, est au bord de la crise de nerfs. « C’est un patrimoine séculier que nous a légué nos aïeuls qui est aujourd’hui sérieusement menacé. Nous avons alerté vainement l’agent forestier. De guerre lasse, nous avons investi les scieries clandestines pour y chasser les coupeurs de bois », fulmine ce natif du village Dassilamé Sérère. Au village de Mbiskit, à la sortie est de Ndoumboudj, trois scieries clandestines ont été découvertes. Sur place, un gigantesque cailcédrat gît de tout son long sur un terrain aménagé en scierie. Des planches de bois amoncelées pêle-mêle à côté du tronc renseignent sur l’importance du trafic. Quelques centaines de mètres plus loin, des fours artisanaux dissimulés derrière une clairière font apparaître une nouvelle facette des trafiquants. Rien du bois illicitement coupé n’est perdu, les feuilles épaisses sont destinées à l’ébénisterie, alors que petits morceaux sont recyclés pour servir de bois de chauffe.

Dans la forêt communautaire des villages de Dassilamé Sérère, Ndoumboudj et Sourou, le spectacle offert par des arbres immenses abattus à la tronçonneuse défigure le paysage. Surpris ici en pleine opération, les trafiquants ont, dans leur fuite, abandonné une partie de leur matériel. Des pinces, des scies à main et du carburant sont dissimulés dans les buissons à côté de reliefs de repas. Après des prélèvements substantiels, ils sont repartis en laissant derrière eux une zone dévastée au grand dam des populations.

Interpellé, l’agent des Eaux et Forêts de l’arrondissement dément tout laxisme de la part de son service. « La situation est maîtrisée. Tout le bois est saisi et fait l’objet d’un triage sur instruction de notre hiérarchie », indique M. Diatta, qui ne veut pas s’épancher davantage sur la question préférant nous orienter vers sa direction. En attendant cette question des scieries clandestines reste un sujet de préoccupation dans la capitale du Ndiombato réputée pour être une zone éco-touristique.

Elimane FALL


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