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Société & Faits divers (2814)

L’Assemblée nationale a, dans un communiqué « condamné fermement » l’attaque du samedi dernier survenu dans la commune de Boutoupa-Camaracounda dans le département de Ziguinchor et qui s’est soldé par treize morts et sept blessés, dont un dans un état grave. Le communiqué de rappeler que « cet acte odieux [survient] dans un contexte où les efforts conjugués du chef de l’Etat et des médiateurs ont conduit à des avancées significatives dans la recherche de la paix dans la région Sud du Sénégal ». Aussi, le président de l’Assemblée nationale a demandé à son député 3ème vice-président de se rendre sur les lieux pour présenter ses « condoléances et exprimer sa solidarité et celle de l’ensemble des députés aux familles des victimes ».

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, qui conduisait une forte délégation ministérielle, s’est rendu, hier, à l’hôpital régional de Ziguinchor au chevet des blessés par balles du massacre perpétré par des hommes armés, le samedi dernier, dans la forêt classée de Boyotte-Est, dans la commune de Nyassia (Ziguinchor). Il était venu en urgence, sur instruction du président de la République, Macky Sall, pour voir l’état des malades et présenter les condoléances du chef de l’Etat et de la Nation toute entière aux familles des victimes.

Après l’étape de l’hôpital régional, le ministre s’est rendu au quartier Néma 2 pour présenter les condoléances du président de la République et de la Nation aux 8 familles des victimes. Il a ensuite renouvelé le même exercice auprès des quatre familles de victimes du quartier Kandialang. Par la même occasion, le ministre a apporté le soutien financier du chef de l’Etat aux familles éplorées : un million de FCfa à chacune, pour les obsèques de leurs défunts. Le préfet du département, Ibra Fall, a été chargé de faire le dispatching. Les parents des personnes décédées n’ont pas manqué d’exprimer leur gratitude au président Macky Sall pour ce « beau geste » et « la solidarité » qu’il vient ainsi de leur manifester. Pour ce qui est des blessés, le ministre a assuré qu’il va prendre toutes les dispositions, avec l’hôpital de Ziguinchor, « pour évacuer aujourd’hui (Ndlr, hier) les trois malades qui sont dans un état critique à Dakar ». Parlant de ce drame qui vient de frapper le département de Ziguinchor, le ministre a fait remarquer de c’est un « acte odieux que nous n’avons pas l’habitude de voir dans notre pays ». Il a assuré que l’enquête suit son cours et que toutes les dispositions seront prises pour poursuivre et arrêter les auteurs. Aly Ngouille Ndiaye a tenu à rappeler qu’il « faut reconnaître que nous avions, avec le chef de l’Etat, pris beaucoup d’initiatives pour amener la paix en Casamance. Et ne ce n’est pas avec cet incident qu’il va falloir reculer. Nous allons continuer pour que la paix revienne définitivement dans cette partie méridionale du Sénégal ».

El Hadj Moussa SADIO

C’est avec une extrême diligence que l’Etat a réagi suite à l’annonce du massacre de treize paisibles citoyens dans la forêt Bayotte, en Casamance, avant-hier. Parallèlement à la publication d’un communiqué du Gouvernement condamnant cet acte ignoble, le Chef de l’Etat a convoqué immédiatement le Conseil national de sécurité aux fins de prendre des décisions qui annoncent une traque impitoyable des mis en cause afin de les arrêter et les traduire en justice.

Le Chef de l'Etat, informé de l’attaque armée «d’une rare barbarie» survenue dans l’arrondissement de Nyassia, a «immédiatement convoqué le Conseil national de sécurité» qui s’est dans la soirée de samedi au Palais de la République, de 22h30 jusqu’au-delà de minuit.

Chef suprême des armées, Macky Sall a aussi dans la foulée «instruit les forces de défense et de sécurité, activement engagées dans cette partie de la Basse Casamance, pour que force reste à la Loi», selon le communiqué signé du Secrétaire général et porte-parole du gouvernement, tout en ordonnant de tout faire pour que «les auteurs de cet acte criminel soient recherchés et traduits en justice». Des instructions qui ont été immédiatement suivies d’effet avec la mobilisation, sur le terrain, des forces de défense. Ce qui annonce le lancement de la traque aux auteurs de cet ignoble acte.

L’attaque de samedi a occasionné la mort de treize jeunes hommes dont dix par balles, deux par armes blanches et un brûlé et sept blessés par balles, dont un blessé grave. Le communiqué a rappelé le contexte dans lequel est survenu l’attaque : «une semaine à peine après l'appel solennel du président de la République pour une paix définitive en Casamance, sans vainqueur ni vaincu». Mais aussi de l’interpréter comme étant «un acte désespéré de forces sans ambition autre que la violence gratuite, au moment où la paix se consolide chaque jour davantage dans la partie sud du pays».

Le Président de la République a, par ailleurs, dépêché une délégation ministérielle qui s’est rendu hier dans le sud du pays pour «évaluer la situation sécuritaire et présenter en même temps les condoléances de la Nation aux familles éprouvées».
Le gouvernement a aussi demandé aux populations de ne «point céder à la peur et réitère son engagement à faire régner l'ordre et la sécurité sur l'ensemble du territoire national».

Ibrahima K. Ndiaye

Le tragique événement de samedi dernier a provoqué une souffrance chez les populations ziguinchoroises. Au premier des rangs, le gouverneur de la région, Guedj Diouf, qui s’est rendu au chevet des blessés. Il a déploré la tuerie, soulignant qu’il s’agissait là d’un acte que « tout le monde regrette ». Mais, il a aussi souligné que l’acte criminel n’aura pas d’impact négatif sur le processus de paix qui est « dans une dynamique irréversible ». Pour lui, « les uns et les autres sauront raison garder et vont poursuivre cette dynamique pour consolider la paix qui est là ». A propos des auteurs de cet acte odieux, le chef de l’administration territoriale régionale a révélé que l’armée a ouvert une enquête. « Elle s’est déjà déployée sur le terrain pour traquer, neutraliser et arrêter les auteurs de cet acte jugé ignoble », a affirmé le gouverneur. D’autres voix se sont élevées pour appeler l’Etat et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) à redoubler d’efforts pour aller à des négociations plus inclusives et parvenir à une paix définitive et durable en Casamance. Nous en avons recueilli celle de la coordinatrice de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance, Ndèye Marie Thiam, de sa collègue du comité régional de Solidarité des femmes pour la paix en Casamance Usoforal, Seynabou Maal Cissé et d’Henry Ndecky de la « Dynamique de paix en Casamance ».

El H. M. SADIO 

Des jeunes, adultes et vieux, qui s’adonnaient à la coupe illicite de bois, à la fabrication de charbon de bois et au ramassage de bois mort dans la forêt classée de Bayotte-est (Ziguinchor), communément appelée forêt de Toubacouta, ont été froidement abattus par des hommes armés, samedi dernier, vers les coup 14 heures, plongeant tout le département de Ziguinchor dans la consternation.

Au total, 13 corps sans vie ont été retrouvés et 6 blessés graves. Les morts ont été évacués dans les différentes morgues de la commune de Ziguinchor. Quant aux blessés, ils ont été admis au service des urgences de l’hôpital régional. Trois d’entre eux devraient être acheminés à Dakar hier après-midi. Le gouverneur de la région, Guedj Diouf, qui s’est rendu au chevet des blessés, a assuré que les auteurs de l’ « acte ignoble » seront « traqués, neutralisés et arrêtés ».

Selon les témoignages, les victimes de cette boucherie ont été interpellées les unes après les autres, suivant leur arrivée, samedi dernier, dans la forêt classée de Bayotte-est, est située dans la commune de Nyassia (département de Ziguinchor). Leurs bourreaux les ont ensuite entraînées en profondeur dans la forêt, puis ils les ont obligées à se coucher à plat vendre à même le sol, et les ont criblées de balles avec leurs armes automatiques. « D’autres exploitants forestiers ont été égorgés », a révélé le rescapé Ousmane Baldé interné à l’hôpital régional. Il a confié que l’image était indescriptible : « Ce qui vient de se passer dans la forêt de Toubacouta est à la fois tragique, triste, douloureux et inexplicable ». Il a ajouté que « c’est la première fois de ma vie que je vois des personnes qu’on a étalées à même le sol, puis criblées de balles pour avoir simplement voulu exploiter une forêt ». Les corps sans vie ont été d’abord acheminés dans le village de Bourofaye-Baînounk à bord de charrettes par de bonnes volontés parmi lesquelles des populations des villages riverains de la forêt classée de Bayotte-est (Boffa-Bayotte, Bouhouyou et Toubacouta), avant d’être évacués par les sapeurs-pompiers à l’hôpital régional de Ziguinchor. D’après Ousmane Baldé sorti sain et sauf de cette tuerie, ces jeunes, adultes et vieux qui viennent d’être massacrés par des hommes armés, n’ont que cette forêt de Bayotte-est à exploiter pour survivre.

Le centre régional hospitalier de Ziguinchor (hôpital régional) qui les a accueillis, a naturellement, à l’annonce de la mise en mort de ces exploitants forestiers, été pris d’assaut par des parents, amis et autres connaissances des victimes. Ces dernières habitaient essentiellement les quartiers Cité Peulh, Néma 2, Kandialang, Lyndiane, Grand-Dakar, Grand Yoff et Lyndiane, sis dans la commune de Ziguinchor. Donc, jusque tard dans la soirée de samedi, les gens ont continué à affluer à l’hôpital régional pour venir aux nouvelles. Ce soir-là, vers les coups de 22h48mn, le directeur de l’hôpital, Marcel Coly Bopp, qui faisait face aux journalistes, a expliqué que son établissement hospitalier a reçu six blessés dont « deux vont être opérés tout de suite. Donc, la prise en charge est en train de se dérouler de façon très correcte par les médecins et les paramédicaux », a-t-il fait savoir. « Egalement, a-t-il ajouté, nous avons reçu deux corps qui sont gardés à la morgue de l’hôpital régional parce que la capacité d’accueil de celle-ci ne peut pas permettre de prendre tous les 13 corps. Mais, il y a une répartition qui a été faite dans les autres morgues de la ville ». Dans la foule, la tristesse se lisait sur tous les visages.

El Hadj Moussa SADIO 

Treize jeunes ont été tués et sept autres blessés dont un gravement dans une attaque attribuée à des éléments armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), samedi après-midi à Boffa, dans le département de Ziguinchor.

Partis en brousse à la recherche de bois, ils auraient dépassé la zone tampon séparant les positions de l’armée sénégalaise de celles des combattants du MFDC, mouvement combattant pour l’indépendance de la Casamance depuis 1982.

Ils ont été capturés par des hommes armés dans la forêt de Boffa, située dans les environs de la commune de Boutoupa Camaracounda, avant d’être exécutés.

Les corps sans vie se trouvent à la morgue de l’hôpital régional de Ziguinchor, où ont également été acheminés les sept blessés graves pour des soins.

De nombreux parents se sont rendus dans l’établissement pour s’enquérir de la situation de leurs enfants. Plusieurs autorités locales, dont le maire de Boutoupa Camaracounda, ainsi que diverses autres personnalités sont également venues aux nouvelles.

Cette attaque survient au lendemain de la libération de deux combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) détenus dans un cantonnement militaire. Ils ont été libérés par l’Armée à la suite d’une médiation initiée par la communauté de Saint Egidio de Rome entre l’Etat du Sénégal et les combattants du MFDC.

Ces deux éléments du MFDC appartiendraient au camp de Salif Sadio. Ils ont été libérés suite à un accord signé à Rome en décembre dernier entre l’Etat du Sénégal et la communauté Saint Egidio, selon RFI.

Source : APS

Le Groupement mobile d’intervention (Gmi) a créé, durant l’année 2017, des groupes opérationnels à Saint-Louis, Kaolack et Tambacounda ainsi qu’une compagnie spéciale d’intervention rapide des « primo intervenants » pouvant faire face à une attaque terroriste. Fidèle à sa mission de maintien et de rétablissement de l’ordre public, de sécurisation des grands évènements et des endroits stratégiques à risque, entre autres, le Groupement mobile d’intervention (Gmi) a mené 12.557 opérations qui ont mobilisé 94.534 agents. « Le dispositif du maillage du territoire qui vise la dissuasion et la répression commence à faire ses effets notamment dans les zones frontalières du Nord et du Sud », lit-on dans le rapport. Seulement, il a été noté, de plus en plus, l’utilisation de mineurs et de femmes dans le trafic de cannabis.
 
Ibrahima Khaliloullah NDIAYE
La Division des investigations criminelles (Dic, relevant de la Direction de la police judiciaire (Dpj), garde sa réputation intacte par le nombre de dossiers reçus et traités. Elle serait même en suractivité, selon le rapport, avec 2.912 dossiers pour l’année 2017. « Plusieurs affaires ont été traitées par la Dic et ont abouti à des procédures pour divers délits dont association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, apologie du terrorisme, financement du terrorisme, appartenance à un réseau de recrutement de combattants djihadistes et trafic de drogue. 185 personnes ont été déférées au parquet et 75 kg de cocaïne ont été saisis. La Dpj a procédé à plusieurs interpellations et déféré au parquet des contrevenants généralement pour atteinte aux biens ou délits liés au terrorisme », insiste le rapport.
 
I. Kh. NDIAYE

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille, a réuni, avant-hier, au siège du ministère, tous les services de l’administration sous la conduite du gouverneur de la région de Louga pour la réunion préparatoire de la Ziarra annuelle de Thierno Mountaga Tall. Cet évènement religieux va se dérouler à Louga du 12 au 13 janvier 2018.

Le gouverneur de la région de Louga, Alioune Badara Mbengue, a rappelé, d’emblée, à l’ensemble des services concernés leurs engagements lors du Comité régional de développement (Crd) qu’il a présidé le 6 décembre dernier à Louga. Concernant les engagements pris par les services de l’Etat en perspective de cet évènement qui réunit des milliers de fidèles venus du Sénégal et de la sous-région, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers a promis de mobiliser 50 éléments plus deux véhicules incendies pour la couverture de la Ziarra. La Police nationale a promis de mettre à la disposition du comité d’organisation un détachement de policiers pour assurer la libre circulation des personnes et de leurs biens. La Police a aussi invité les fidèles à éviter la surcharge des véhicules. Sur ce point, le ministre de l’Intérieur a exhorté les éléments de la Police à être intransigeants. Il leur a demandé de faire descendre tous les clients en surcharge pour éviter que l’accident tragique qui a eu lieu sur la route de Kébémer pendant le dernier Magal de Touba ne se reproduise.

En outre, la Senelec a promis, de son côté, de « mettre hors délestage toute la zone de Louga pendant la période de la ziarra ». Le représentant du directeur de la Senelec a aussi promis que la Senelec va respecter tous les engagements qu’elle avait pris. Les organisateurs de l’évènement ont, en même temps, émis des inquiétudes sur la couverture en eau pendant la ziarra annuelle de Thierno Mountaga Daha Tall. Toutefois, le représentant de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones) a tenu à rassurer que « tous les besoins en eau seront couverts ». Les services de l’Hydraulique ont même promis de mobiliser trois camions citernes et 20 bâches à eau comme l’avaient demandé les organisateurs.

L’Office nationale d’assainissement (Onas) a, à son tour, pris l’engagement d’apporter un appui au comité d’organisation en mettant à sa disposition 30 toilettes mobiles. Avant le démarrage de la Ziarra, l’Onas promet de procéder à l’entretien de ses réseaux dans la ville de Louga. La direction du matériel et du transit administratifs, quant à elle, s’est engagée à mettre à la disposition des organisateurs 1.500 chaises. La Protection civile mettra à disposition 59 tentes.

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille a invité l’ensemble des services de l’Etat à se mobiliser pour la réussite de la Ziarra annuelle de Thierno Mountaga Daha Tall qui, à son avis, « est un évènement majeur de la Ummah islamique ». Sur l’ensemble des points évoqués, le ministre a souligné que c’est seulement sur le besoin en chaises et en tentes que les services de l’Etat n’ont pas respecté la volonté des organisateurs. Cependant, il a promis de s’investir pour que cette demande soit satisfaite.

Le représentant du Khalife, Thierno Nourou Tall, au nom de la famille omarienne, a exprimé « sa profonde gratitude au gouvernement ». Thierno Nourou Tall a aussi remercié le chef de l’Etat, Macky Sall, pour ses projets en faveur des foyers religieux du Sénégal.  

Aliou Ngamby NDIAYE

Le Rapport d’activités 2017 du Ministère de l’Intérieur est une mine d’informations sur le travail des différentes directions et services dudit ministère. Chiffres à l’appui, le rapport donne des statistiques sur chaque entité. Il révèle, entre autres, la construction prochaine de quinze commissariats de police, une baisse de la criminalité, mais aussi la nécessité de préparer les élections présidentielle et locales de 2019.

« La criminalité a baissé de 35 % entre 2015 et 2017 en raison des opérations de sécurisation organisées, tout au moins hebdomadairement sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement à Dakar, notamment à Guédiawaye, Parcelles Assainies et Grand Yoff », révèle le Rapport d’activités 2017.

Très riche en chiffres, le rapport souligne aussi que sur les 8.409 individus déférés au parquet en 2017, seuls 291 sont dans un cas de délinquance pathologique ou d’exclusion, soit 3,46 %. Mais également que « seuls 5 armes à feu, 108 armes blanches et 15 coupe-coupe ont été saisis ». Pour aboutir à la conclusion que la « criminalité est sous contrôle et n’a pas franchi le niveau maximum tolérable dans notre pays ».

Les différentes arrestations de la Police nationale ont permis de démanteler 79 bandes d’individus dangereux. Ces arrestations révèlent différentes caractéristiques et amènent à sérier les 193 malfaiteurs notables dont 58 individus spécialisés dans les vols à main armée avec violence, 40 pour cambriolage, 19 pour homicide, 76 pour association de malfaiteurs. Compte non tenu des 157 personnes ont été interpellées pour atteinte aux mœurs.

Érection prochaine de 15 commissariats de police
Le Ministère de l’Intérieur met l’accent, dans son Rapport d’activités 2017 intitulé « L’impact des réalisations au service des citoyens », sur la construction prioritaire de 15 commissariats de police à Dakar et dans les régions. L’érection de commissariats entre dans le cadre du « renforcement du maillage sécuritaire ». Dans la capitale, Rufisque et les Parcelles Assainies qui se retrouveront avec deux commissariats chacun, mais aussi Hann-Mariste, Thiaroye, Keur Massar, Zac Mbao, Yeumbeul, Diamaguène Sicap Mbao et Guédiawaye. « A l’intérieur du pays, des commissariats seront érigés incessamment à Bignona, Nioro du Rip, Koungheul, Kanel et Vélingara », renseigne le rapport.

C’est aussi dans la dynamique de renforcer la sécurité que le ministère entend mettre en place un système de vidéosurveillance qui couvrira toute la capitale sénégalaise. Le document relève « une commande de 123 véhicules, en prenant en compte les besoins de la police qui sera dotée de 109 véhicules tactiques d’intervention ». L’augmentation du parc automobile est, selon le rapport, « au rythme de l’évolution des besoins en mobilité pour lutter efficacement  contre l’insécurité et le terrorisme ». Présentant le bilan des différentes directions du ministère, le rapport revient sur la formation prodiguée à la Direction de l’Ecole nationale de Police et de la Formation permanente (Depfp). Celle-ci « assure la formation initiale des personnels de police ». C’est ainsi qu’au titre de la 44ème promotion, « elle a accueilli, cette année, 1.910 élèves dont 51 élèves commissaires, 21 élèves officiers, 301 élèves sous-officiers de police et 1.537 élèves agents de police. Les élèves de la 43ème promotion, au nombre de 892, ont bouclé leur formation le 11 juillet 2017 », révèle le rapport. Ces différents recrutements sont à mettre en corrélation avec la volonté des pouvoirs publics de combler le déficit que la police traîne depuis 1987.

Préparer la présidentielle et les locales de 2019
Le Rapport d’activités de 2017 ouvre des perspectives pour l’année charnière de 2018 qui précède l’élection présidentielle de 2019 et des élections locales de la même année. Ainsi, dans cette perspective, la Direction générale des élections compte « s’atteler à préparer une révision exceptionnelle des listes électorales tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger ». Aussi,  l’acquisition du matériel électoral à utiliser pour ces élections de 2019 doit se faire au courant de l’année 2018.

La Direction générale des élections envisage aussi « une campagne de formation des autorités administratives et des présidents de commissions administratives de révision au Sénégal, tout comme une formation des personnels des missions diplomatiques et consulaires ».

Elle appelle, dans le rapport, à mener une « campagne soutenue d’information et de sensibilisation des citoyens, notamment de la frange jeune qui aura l’âge électoral (18 ans), les jours de scrutin en vue de les amener à s’inscrire sur les listes électorales ». Pour une réussite de ces échéances électorales, la Direction des élections envisage une revue du Code électoral, mais aussi de consolider le fichier électoral avec les nouvelles inscriptions attendues.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

 

 

L’auditorium de l’université Gaston Berger de Saint-Louis a refusé du monde à l’occasion du 10ème congrès du Syndicat des travailleurs des établissements scolaires et universitaires affilié à la Cnts. En présence du recteur, le Pr Baydallaye Kâne, du secrétaire général de la Cnts, Mody Guiro, et de plusieurs responsables nationaux de différentes centrales syndicales, Birima Ndiaye, conseiller technique spécial du directeur général du Crous, a été réélu, à l’unanimité, secrétaire général national du Stesu/Cnts.

Birima Ndiaye entame ainsi un troisième mandat qui lui permettra de continuer de défendre les intérêts des travailleurs des établissements scolaires et universitaires. Des militants et sympathisants, issus des différentes centrales syndicales des universités publiques et privées du Sénégal, ont communié avec leurs responsables et ont bien apprécié leur décision unanime de donner un troisième mandat à Birima Ndiaye, un responsable syndical rompu à la tâche, résolument engagé à défendre les travailleurs, sur tous les plans et à tous les niveaux.

Quant à Birima Ndiaye, il a placé son troisième mandat sous le signe du rassemblement et du respect. « Nous voulons que tous les militants participent au combat, je vais servir les travailleurs, en défendant leur cause ». Ce secrétaire général réélu pour cinq ans, est revenu largement sur son bilan, mettant en exergue ses projets et perspectives qui consistent à améliorer les conditions de vie et de travail de ses militants. Il convient de rappeler que le thème de ce congrès était axé sur « le rôle du syndicat dans la réforme de l’enseignement supérieur ».                   

Mb. Kh. DIAGNE

Le président du Conseil de l’ordre des huissiers de justice du Sénégal, Jean Baptiste Kamaté, a été élu secrétaire général de l’Union africaine des huissiers de justice et officiers judiciaires (Uahj). Son élection est intervenue à l’issue du congrès constitutif de l’union en mi-décembre 2017 au Maroc.

Selon un document parvenu à notre rédaction, la cérémonie officielle de proclamation de la création de l’Uahj s’est tenue sous la présidence effective du ministre marocain de la Justice et des Libertés. Suite à son élection comme secrétaire général de l’Union africaine des huissiers de justice et officiers judiciaires, Jean Baptiste Kamaté a déclaré, d’après le communiqué, que « la mutualisation contribuera de manière significative à l’amélioration des conditions d’exercice de la profession d’huissier de justice dans les différents Etats africains».  Dans le document, Jean Baptiste Kamaté a souligné que « L’Union est le moyen optimal de participation collective et individuelle des professionnels à l’exécution des décisions et titres exécutoires et à la consolidation de l’Etat de droit ». La durée du mandat de Jean Baptiste Kamaté comme secrétaire général de l’Uahj est de trois ans. L’Union africaine des huissiers de justice et officiers judiciaires, qui vient d’être créée, a pour objectif, selon le communiqué, de « promouvoir, coordonner et développer la profession d’huissier de justice et d’officiers judiciaires sur le continent » et de « collaborer aux travaux d’amélioration et d’harmonisation des traités régionaux, internationaux de même que des droits nationaux notamment procéduraux ».

A. Ng. NDIAYE

 

Dans un ouvrage intitulé : « Le traitement juridictionnel du crime de génocide et des crimes contre l’humanité », Mlle Astou Fall, Docteur en droit de l’Université d’Auvergne (France), explique comment la communauté internationale et le gouvernement d’unité nationale du Rwanda ont pu traiter, de manière juridique, ces crimes contre l’humanité. Elle aborde dans le livre l’aspect social du génocide.  

Quand Mlle Astou Fall, auteur de l’ouvrage: « Le traitement juridictionnel du crime de génocide au Rwanda et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda », raconte ce génocide, la tristesse se lit sur son visage.

Elle est passée à notre rédaction le mardi  pour expliquer son ouvrage paru en avril 2017 à la maison d’édition l’Harmattan France. Ce génocide de 1994, elle s’en souvient encore. A travers les images qui défilaient sur les écrans de télévision à l’époque, la petite Astou Fall voyait des corps allongés avec, à côté, des machettes. Ainsi, se rappelle-t-elle, elle ne cessait de demander à son père pourquoi toutes ces personnes sont « charcutées » avec des machettes, ces outils devant servir à couper seulement du bois.

Vingt ans plus tard, Mlle Astou Fall a trouvé un début de réponse aux questions qu’elle a toujours posées à son papa. Etudiante en master à l’Université d’Auvergne (France), elle a commencé à travailler sur la protection des droits de l’homme dans la région des Grands Lacs. Avant la France, elle a obtenu sa maîtrise à l’université Gaston Berger de Saint-Louis en 2003. Toutefois, le Rwanda revenait régulièrement dans ses travaux. Ainsi, avec l’aval de son professeur, elle a décidé, après son master, de se focaliser sur le cas spécifique du Rwanda qui a connu, entre le 6 avril et le 4 juillet 1994, le dernier génocide du 20ème siècle. Depuis la fin de cette tragédie, beaucoup de chercheurs et d’écrivains ont fait des productions sur le Rwanda. Mlle Astou Fall qui est venue allonger cette longue liste de personnes qui se sont penchées sur le génocide du Rwanda.

Elle s’est surtout intéressée à la partie « répression pénale », c’est-à-dire la poursuite des responsables du génocide en intitulant son ouvrage : « Le traitement juridictionnel du crime de génocide et de crimes contre l’humanité commis au Rwanda ». Après plusieurs voyages de terrain dans ce pays, elle a eu des entretiens avec des responsables du génocide, des rescapés, des victimes. Elle a recueilli un ensemble de témoignages pour démontrer au grand public que «ce pays qui a été déchiré, au plan social, par un crime si grave que le génocide, a pu recoller les morceaux pour revivre ensemble ». L’ouvrage, explique-t-elle, ne traite pas seulement de l’aspect pénal du génocide. L’auteure aborde, en même temps, « l’aspect sociologique » de ce crime.

Genèse
Dans son ouvrage, Mlle Astou Fall est revenue sur la genèse du génocide au Rwanda. Selon elle, ce n’est pas l’attentat perpétré le 6 avril 1994 contre l’avion de Juvénal Habyarimana, alors président du Rwanda, qui est la cause principale du dernier génocide du 20ème siècle. Celui-ci, explique-t-elle, est la  « cause de plusieurs crimes perpétrés au Rwanda depuis 1960 ». L’auteure charge les colons belges d’être derrière cette division ethnique car, au Rwanda,  « c’était le vivre ensemble entre Hutu et Tutsi ». Mais les colonisateurs ont adopté la politique du « diviser pour mieux régner » en favorisant une ethnie contre l’autre. Avec la colonisation, la minorité Tutsi a été discriminée. Les membres de cette communauté n’avaient presque accès à rien : ni à la terre, encore moins à certains postes stratégiques de l’administration. Ils sont, principalement, les victimes de ce génocide.

« Le génocide est l’aboutissement de plusieurs crimes qui ont été perpétrés et qui n’ont pas été punis. Ce phénomène d’impunité a accéléré le processus génocidaire au Rwanda. A l’époque, même ceux qui étaient jugés étaient amnistiés après. Il y avait une loi d’amnistie qui a été votée spécialement pour eux », révèle l’ancienne « Legal researcher » au Bureau du Procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda. C’est après ces crimes commis entre avril et juin 1994 que les Nations-Unies ont mis en place le tribunal pénal international pour le Rwanda. L’objectif de cette Cour était, d’après l’auteur de l’ouvrage, « de juger les principaux responsables, c’est-à-dire les commanditaires du génocide ». Selon elle, le but de ce tribunal n’était pas de poursuivre tous les auteurs, mais seulement les commanditaires. « A ce jour, je peux dire que 80% des commanditaires ont été poursuivis. Il reste environ quatre fugitifs au total sur la liste des principaux accusés qui étaient censés être jugés par le tribunal pour le Rwanda. Le bilan du tribunal est positif parce que la plupart des génocidaires ont été jugés », apprécie-t-elle. Au-delà de ce tribunal, le nouveau gouvernement rwandais né après le génocide a mis en place un processus de réconciliation nationale. L’auteur indique que le gouvernement rwandais considérait « qu’il n’y a pas d’autres solutions que le vivre ensemble entre Tutsi et Hutu ». Cependant, cette réconciliation ne signifie pas, pour autant, que les responsables de ces crimes contre l’humanité devraient rester impunis. C’est pourquoi, rappelle Mlle Astou Fall, le Rwanda a fait revenir les « Gacaca » (Justice sur le gazon au Rwanda) qui étaient « un système traditionnel pour juger les conflits mineurs entre voisins. Pour éviter de compromettre le processus de réconciliation nationale, le gouvernement a, avec les « Gacaca », poussé tous les responsables qui passaient devant ces tribunaux communautaires à avouer leurs actes tout en demandant pardon aux victimes. « Cela a permis aux familles des victimes de comprendre comment leurs parents ont été tués. Ainsi, certains Rwandais ont pu faire le deuil et commencer à réfléchir sur comment pardonner », explique-t-elle. Aujourd’hui, la réconciliation nationale est enclenchée. Les Rwandais continuent de panser les plaies de ces crimes odieux. Plus de 20 ans après l’un des pires carnages de l’histoire de l’humanité, le pays est aujourd’hui plus que soudé et est devenu un modèle de développement en Afrique.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Depuis un certain temps, l’indépendance de la justice fait débat au Sénégal. Les magistrats faisant l’objet de nombreuses critiques. Certains soutiennent que c’est normal. Ils le disent. D’autres pensent le contraire. Ils le défendent.  En tout état de cause, ce débat contradictoire n’est pas forcément mauvais pour l’institution judiciaire.  Et il est même heureux qu’il en soit ainsi dans un pays qui se veut démocratique et soucieux de préserver la dignité humaine, les droits de l’homme. Les critiques, les récriminations visant Dame justice sont donc recevables. Pas de désaccord là-dessus.  

Mais au vu de ce qui s’est passé, hier, à l’audience spéciale statuant sur l’affaire Khalifa Ababacar Sall, député-maire de Dakar, il y a de quoi relativiser. Et c’est Malick Lamotte qui nous emmène à le dire. Ce magistrat a prouvé qu’il n’a pas usurpé sa réputation de juge professionnel, rigoureux, respectueux et soucieux de rendre la justice. Le caractère « très sensible » du dossier ne l’a nullement perturbé. Du début à la fin de l’audience d’hier, il est resté disponible, brillant, incroyablement serein. Son comportement a véritablement séduit tout le monde. Pourfendeurs comme partisans de l’édile de la capitale. Calme et courtois, mais surtout doté d’une forte capacité d’écoute, le président Malick Lamotte a rarement interrompu les avocats.

Et quand il le fait, c’est juste pour rappeler les principes de droit qui doivent guider la bonne marche des travaux. « Nous allons faire tout notre possible pour rendre ce dossier propre », a-t-il promis. Au vu de son attitude si proffessionelle, on peut parier qu’il tiendra promesse. Et il ne peut en être autrement le 23 janvier prochain. La démarche pédagogique du juge Lamotte est rassurante. Reste à prier pour que dans ce dossier le droit et la justice priment sur les sentiments, le sensationnel et la politique. Pour que la défense et la partie civile observent la même sérénité que celle affichée par le brillant juge. Prier enfin pour que l’institution judiciaire ne sorte pas affaiblie de ce procès. En attendant, disons bravo au juge Malick Lamotte. Bravo d’avoir posé les jalons d’un procès juste et équitable.

  

Me Félix Sow, partie civile ne comprend pas l’attitude de la défense qui a soulevé l’absence d’avis à conseils pour demander le renvoi du procès. Cette absence d’avis ne saurait, a-t-il dit, justifier ce renvoi. Et l’ancien bâtonnier de dénoncer ce qu’il a appelé un « moyen dilatoire », une « stratégie savamment orchestrée » pour éviter la tenue du procès. « En réalité, ce que veulent les avocats de la défense, c’est de gagner du temps et retarder le procès. Bien évidemment, cela ne participe pas à une bonne administration de la justice », a déploré Me Félix Sow. Me Yérim Thiam a embouché la même trompette en dénonçant le comportement d’une défense qui, visiblement, « a peur d’aller dans le fonds » du dossier. « En réalité, la défense veut que cette affaire traverse l’année judiciaire. Nous ne l’accepterons pas », a averti Me Yérim Thiam qui a dit et répété que le dossier « est aujourd’hui en état d’être jugé ».

Serigne Mansour Sy CISSE

Le juge Malick Lamotte a accédé à la demande formulée par la défense de Khalifa Sall et Cie. Il a renvoyé le procès au 23 janvier prochain.

Le procès du maire de Dakar a repris hier en audience spéciale (salle 4), qui s’est ouverte sous les refrains de sympathisants, chantant un maire qui fait bonne mine, en témoigne sa main droite levée et qui galvanisait ses nombreux souteneurs. C’est exactement à 9 heures 10 minutes que Khalifa Sall a quitté le box des accusés pour rejoindre le prétoire. Vêtu d’un grand boubou blanc. Juste après, le président du tribunal spécial de Grande instance, Malick Lamotte, a ouvert les travaux. D’emblée, Malick Lamotte s’est montré serein en fixant les règles et rappelant les principes. En tout, l’audience a duré près de deux tours d’horloge. C’était connu : la défense du maire de Dakar ne voulait pas la tenue du procès ce 3 janvier.

Son argument réaffirmé hier est simple : l’affaire n’est pas encore en état. Des régularisations d’avocats sont aussi à faire. Tout cela, selon Me François Sarr, milite pour le renvoi du procès. « L’affaire ne peut pas être tranchée car certains avocats constitués n’étaient pas entrés en possession de leur avis d’audience », plaide Me Sarr, soutenant que la défense est en train de rassembler les papiers d’état civil de certains témoins résidant à l’étranger. « Les dispositions légales en matière de convocations des témoins renvoient au droit commun ; par conséquent, il faut un délai de deux mois pour que ces témoins puissent être régulièrement cités », a expliqué Me Sarr. Devant la barre, il a précisé que d’autres citoyens, « de manière spontanée », ont manifesté le désir de témoigner.

Prenant son contrepied, Me Moussa Félix Sow, avocat de l’Etat, a affirmé « qu’à ce rythme nous n’allons jamais épuiser la liste des témoins ». Me Sow dit connaître la stratégie utilisée qui consiste à faire gagner du temps. Nous sommes prêts pour plaider ce dossier », a-t-il dit. Selon lui, il n’y a pas d’avocats constitués devant le juge d’instruction et qui n’ait pas reçu d’avis d’audience. « C’est l’article 538 du Code de procédure pénal qui organise la citation des témoins ; la défense aurait pu prendre toutes les dispositions », a soutenu Me Sow. Son confrère, Me Baboucar Cissé, a dénoncé lui aussi le « mode dilatoire » des avocats de la défense. « Le premier argument, tiré de l’absence d’avis à conseil, ne saurait entraîner le renvoi de cette affaire. On attend la veille pour essayer de provoquer un renvoi du dossier. Nous allons vers 500 témoins », a-t-il défendu. Me Cissé a fait remarquer que le droit de la défense est sacré, mais qu’on ne doit pas en abuser ».  

Après avoir entendu les deux parties et le procureur Serigne Bassirou Guèye, le juge Malick Lamotte a accepté la demande de renvoi, mais précise que l’affaire sera jugée le mardi 23 janvier quelles que soient les causes soulevées. « Nous travaillerons pour un jugement propre », a-t-il assuré. Khalifa Sall et ses co-inculpés sont attraits dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Ils sont poursuivis pour détournement de deniers publics, association de malfaiteurs, escroquerie, faux et usage de faux et blanchiment de capitaux.

Me Ousseynou Fall de la défense : «Ne pas entendre les témoins, c’est faire obstruction à la vérité»
La défense de Khalifa Sall a produit 70 témoins à entendre. Et cette liste, a précisé Me François Sarr, n’est pas exhaustive. Mieux, a-t-il soutenu, il y a des « témoins essentiels » qu’il va falloir entendre pour la manifestation de la vérité dans cette affaire dite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Dans cette liste de témoins, figurent le nom du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, et celui de son collègue en charge du Budget. Me Oussynou Fall a rappelé que le tribunal « doit absolument entendre les témoins à charge et à décharge ». C’est la meilleure manière de garantir, dit-il, un procès juste et équitable. « Ne pas entendre les témoins, c’est faire obstruction à la vérité », a estimé Me Ousseynou Fall qui a demandé et obtenu le renvoi du procès.      

Serigne Mansour Sy CISSE

         

Par Abdoulaye DIALLO

 

L’année 2017 sera certainement inoubliable pour le maire de Dakar et certains de ses collaborateurs inculpés dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie. Leur procès, prévu le 03 janvier 2018, pourrait s’étaler sur une partie de 2018 avant de livrer son verdict.

L’arrestation et la détention provisoire du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a été l’une des actualités majeures qui ont fait les choux gras de la presse en 2017. Ce dossier polico-judiciaire continuera de faire couler beaucoup d’encre et de salive en 2018. En effet, le procès de l’édile de la capitale a été renvoyé au 03 janvier 2018 en audience spéciale par le Tribunal correctionnel de Dakar. L’ancien ministre socialiste est poursuivi pour escroquerie portant sur les deniers publics, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écritures. Le procureur de la République a dit, lors d’une conférence de presse tenue le 03 mars 2017, avoir reçu le rapport n°12/2016 du 24 mars 2016 de l’Inspection générale d’Etat demandant, dans sa recommandation n°1, l’ouverture d’une information pour élucider la manière dont les fonds de la caisse d’avance ont été gérés. Cette inspection, selon le maître des poursuites, a eu à relever un montant de 1,830 milliard de FCfa qui a été dépensé sans que justification soit faite.

Auparavant, M. Sall avait été convoqué et entendu sur sa gestion les 21 et 22 février, pendant plusieurs heures d’affilée, à la Division des investigations criminelles (Dic). Malgré les dénégations du mis en cause, la machine judiciaire a été mise en marche quelques jours après la sortie du procureur, Serigne Bassirou Guèye. Le mardi 08 mars, Khalifa Sall et ses co-inculpés ont été placés sous mandat de dépôt par le doyen des juges Samba Sall.

Il s’en est ensuivi une longue bataille juridique entre le parquet et l’accusé. Les avocats de la défense ont, à plusieurs reprises, vainement sollicité une liberté provisoire devant les juridictions compétentes. Mais partout, c’est un revers. Récemment, la procédure aux fins d’obtenir la liberté provisoire contre cautionnement qu’ils avaient déclenchée n’a également abouti à rien.

Aujourd’hui, le destin de Khalifa Ababacar Sall est entre les mains du juge Maguette Diop, ancien président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) et ses deux assesseurs Pape Abdoulaye Dondé et Elisabeth Thiam qui sont chargés de dire le droit.

Ndiol Maka SECK

L’affaire Cheikh Tidiane Gadio a été l’une des grosses surprises de la fin de l’année 2017. L’ancien ministre des Affaires étrangères est supposé être trempé dans une affaire de pots-de-vin aux Etats-Unis. La justice américaine se prononcera sur son cas en début d’année.

L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a été inculpé par la justice fédérale américaine dans une sombre affaire de corruption et de blanchiment. Cette affaire a aussi été l’une des surprises de l’année. Jusque-là dépeint  comme un homme intègre et transparent par beaucoup de Sénégalais, l’image de l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise a pris un sacré coup avec cette affaire de pots-de-vin.

Dans les relations internationales, un carnet d’adresses bien fourni a certes des avantages, mais aussi beaucoup d’inconvénients. L’ancien ministre d’Abdoulaye Wade (2000-2009) ne dira pas le contraire. Après son score peu honorable à la présidentielle de 2012, le fondateur du Mouvement panafricain et citoyen « Luy Jot Jotna » (Mpcl) a mis sur pied l’Institut panafricain de stratégies (Ips), un think tank censé œuvrer à « l’unité continentale ». En même temps, il dirige un cabinet de consultance.

Ce mélange des genres, selon Jeune Afrique, est en partie à l’origine de ses ennuis. Car en 2014, l’une de ses connaissances, Patrick Ho Chi-ping, le sollicite pour aider la société chinoise Cefc China Energy à obtenir des concessions au Tchad. Gadio, qui entretient des liens étroits avec Idriss Déby Itno, accepte de jouer les entremetteurs. Ainsi, en novembre 2014, selon les échanges de courriers aux mains des enquêteurs, Gadio écrit à son interlocuteur pour se féliciter des résultats de son intervention.
Il lui suggère, au passage, de remercier le président Déby Itno par « un joli package financier », évoquant la possibilité d’une donation au profit de ses « projets sociaux » ou la création d’un hôpital.

Même si, pour l’instant, rien dans l’acte d’accusation ne démontre un quelconque échange d’argent entre la société chinoise et l’État tchadien, les traces de deux virements de 200.000 dollars (165.000 euros) à son profit valent à Cheikh Tidiane Gadio la menace d’un procès pour violation du Foreign Corrupt Practices Act.

Ndiol Maka SECK

La première promotion de formation 2018 en sécurité nationale du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds) a, officiellement, démarré ses apprentissages, hier, après le cours inaugural du séminaire de rentrée. Le groupe est composé de 15 auditeurs, tous des cadres nationaux des secteurs public et privé, ainsi que des officiers de l’armée sénégalaise.

Quinze auditeurs (11 civils et 4 officiers) vont constituer la première promotion 2018 de formation en sécurité nationale du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds). Le programme a été lancé hier par un cours inaugural prononcé par le Pr Babacar Guèye, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), en présence de Demba Diouf, directeur de cabinet du ministre des Forces armées. Cette formation de cinq mois va permettre à ces cadres civils venus des secteurs public et privé ainsi qu’à des officiers militaires d’approfondir leurs connaissances en matière de défense et de sécurité.

Il s’agit, selon le directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye, de mettre à la disposition des autorités « des cadres civils des secteurs public et privé et des forces de défense et de sécurité les compétences adéquates pour concevoir, construire, au niveau stratégique, une vision intégrée de la défense et de la sécurité au service du développement et de la paix ». Selon lui, l’accent sera mis, au cours de cette formation, sur « les facteurs de puissance dans un monde en recomposition » mais aussi sur les « forces et faiblesses des dispositifs de sécurité au niveau national ». Les cours magistraux et les travaux de groupes seront dispensés par des experts civils et militaires. Les auditeurs vont aussi effectuer des visites de terrain pour mieux maîtriser « l’organisation et les moyens majeurs de la sécurité nationale ».

En présidant le lancement officiel du démarrage des cours de la première promotion de la formation en sécurité nationale, Demba Diouf, directeur de cabinet du ministre des Forces armées, s’est inquiété de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, surtout avec l’avènement de menaces déstabilisatrices comme le terrorisme. Avec les bandes terroristes qui sévissent dans le Sahel, la question sécuritaire est devenue, a-t-il dit, une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics et les populations. Les réponses à apporter à cette question, a ajouté Demba Diouf, « vont au-delà des seules actions militaires ». Elles requièrent, selon lui, « des acteurs civils bien préparés pour faire face à ces nouveaux défis ».

S’adressant aux auditeurs de cette première cohorte, le directeur de cabinet du ministre des Forces armées a laissé entendre que l’on attend d’eux « de la curiosité intellectuelle, de l’ouverture d’esprit et de l’humilité ». Le directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye, a invité les auditeurs à faire des « efforts individuels et collectifs en termes d’assiduité, de recherche et de suivi des enseignements théoriques et pratiques » qui seront dispensés pendant ces cinq mois de formation.

Aliou Ngamby NDIAYE

Un meilleur traitement salarial encadré par un statut, c’est ce que réclament les géologues du Sénégal qui étaient en assemblée générale le vendredi dernier.

« Ce qu’on peut gagner dans la communication en une journée, nous les géologues, nous le gagnons à la fin du mois. Ce traitement salarial n’est pas normal ; nous avons un cursus scolaire trop long. Le travail que nous faisons sur le terrain est très difficile ». Ce cri du cœur est de l’ingénieur hydrogéologue Oumou Bâ, présidente de l’Association des femmes géologues du Sénégal (membre de la filiale Société géologique d’Afrique). Elle l’a dit le vendredi dernier, lors de la journée nationale de la géologie marquée par une assemblée générale tenue à la Place du souvenir africain.

« Nous voulons regrouper toutes les associations pour avoir une force, parce que nous avons de modiques salaires. Moi je travaille dans le contrôle des forages ; je fais un travail d’homme et je ne suis pas très bien payée. Nous devons être unis pour pouvoir changer tous ces statuts au sein des entreprises publiques et privées », a-t-elle fait savoir. Prenant la parole, Ibra Seck, président de l’Association des géologues du Sénégal, a abondé dans le même sens. « Notre objectif, à long terme, est la mise en place d’un Ordre des géologues avec le regroupement de Vision géologie, l’Association des jeunes géologues de l’Ist, le Club de géologie et l’Association des jeunes géologues et environnementalistes du Sénégal et Wim Sénégal », a-t-il affirmé.

Cette association, riche de 150 membres, est dénommée Société géologique du Sénégal et a obtenu son récépissé en 2004.

Interpellé sur l’exploitation du zircon dans la zone de Niafrang, M. Seck a précisé que l’étude d’impact environnemental a révélé les différents problèmes liés à l’Aire marine protégée et a préconisé des mesures d’accompagnement. Un dîner-débat s’est tenu aujourd’hui au King Fahd Palace sous le thème « apport des géosciences au Pse ». Les géosciences sont les métiers du Btp, de l’hydrogéologie, etc.

Serigne Mansour Sy CISSE

En marge de la célébration de son 30ème anniversaire et des sept ans de son bureau régional Sénégal/Afrique de l’Ouest, Article 19 a organisé à Guédiawaye un forum sur la liberté d’expression avec comme thème: « la Liberté d’expression : un regard croisé des jeunes de divers horizons ».

En présence du parrain, ≈ des jeunes de Dakar et de sa banlieue ont longuement échangé sur le thème et formulé des recommandations pour que la liberté d’expression soit effective et durable en Afrique. D’ailleurs, c’est à cela que travaille Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest qui accorde un intérêt particulier au respect et à la protection de la liberté d’expression, ainsi qu’à l’accès à l’information. Ces points constituent, pour les responsables, la pierre angulaire de la protection des droits humains. Ainsi, dans l’exercice de cette mission, ladite organisation a mené beaucoup d’activités afin de créer les conditions pour une démocratie participative et un espace public ouvert aux idées et à la diversité.

Président du bureau régional Sénégal/Afrique de l’Ouest d’Article 19, Fatou Diagne Senghor a rappelé que cette célébration est une opportunité de faire une rétrospective sur les questions liées à la liberté d’expression en donnant la possibilité de s’exprimer librement et d’apprécier les contours et défis actuels de la liberté d’expression aux jeunes qui constituent une frange importante pour le développement d’un Etat. « L’activité est également une occasion pour les jeunes, dont les clubs Article 19 formés dans le cadre d’un programme de sensibilisation sur les questions de liberté d’expression, de discrimination et de fondamentalisme, de mener les réflexions et partager leurs perspectives sur les enjeux de l’heure », a indiqué Fatou Diagne Senghor. A l’en croire, Article 19 donne la voix à la jeunesse afin d’apprécier avec elle les contours et défis actuels de la liberté d’expression face à un monde en pleine ébullition.

Abdou DIOP

La démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de droit sont les socles fondamentaux sur lesquels l’Afrique doit s’appuyer pour faire face aux multiples menaces qui pèsent sur elle.

Le Pr Babacar Guèye, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), a prononcé, hier, le cours inaugural du séminaire de rentrée de la formation en sécurité du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds). Le thème de cette leçon est : « L’Afrique face aux enjeux géopolitiques et stratégiques d’aujourd’hui ». L’enseignant-chercheur a d’abord indiqué que le continent africain a tous les atouts de son côté pour pouvoir réussir : ressources humaines, ressources naturelles, dynamisme économique avec un taux de croissance moyen de 5% sur ces 10 dernières années. Bref, le Pr Guèye a noté que « l’Afrique est engagée sur la voie du développement ». Cependant, le continent fait face à de nouveaux défis : faiblesse des Etats, pauvreté persistante, inégalités sociales. A cela s’ajoutent les maux qui l’affectent et qui ont nom : terrorisme, criminalité transnationale et internationale. La menace la plus réelle, selon l’enseignant à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Ucad, est le terrorisme avec deux zones qui abritent ces groupes en Afrique de l’Ouest : le Lac Tchad où le groupe le plus en vue est Boko Haram et la zone sahélo-sahélienne avec Aqmi (AlQaida au Maghreb islamique). Si l’Afrique de l’Ouest est vulnérable au terrorisme, a expliqué le Pr Guèye, c’est parce que malgré l’instauration de la démocratie, il existe encore, dans certaines zones, une instabilité politique, des violences ethniques, un chômage des jeunes, un sous-emploi et une économie fortement dominée par l’informel.

Avec la porosité des frontières et l’existence d’espaces non contrôlés, ces bandes armées entrent facilement. La résurgence de ces groupes terroristes constitue, aujourd’hui, une menace pour la paix et la sécurité internationales. Malgré toutes ces menaces qui pèsent sur le continent, le Pr Babacar Guèye a estimé que l’avenir du continent est plein d’espoirs.

Toutefois, a-t-il indiqué, l’Afrique ne doit laisser aucunement le champ à la fatalité. En fédérant ses hommes et ses femmes, il est possible d’amorcer « une refonte économique » qui va permettre au continent de s’affirmer comme un acteur clé dans la scène internationale. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, « l’Afrique suscite un intérêt stratégique ». Pourtant, le continent était mal parti au lendemain des indépendances, avec des conflits armées dans toutes les zones. Cependant, pour redonner cet espoir à des millions d’Africains, le Pr Guèye a indiqué que « la démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de droit » doivent être les bases de la refondation de ce continent.

A. Ng. NDIAYE

Dakar a vibré dans la nuit du dimanche à lundi. A la place de la Nation ou à celle de l’Indépendance, les populations sont sorties massivement pour célébrer le réveillon du nouvel an.

De l’allée du Centenaire se dresse, devant nous, une majestueuse sculpture qui pointe vers le ciel : le monument de l’I≈ndépendance. Par vagues, des populations dakaroises se dirigent vers cette mythique Place de la Nation ou ex-Place de l’obélisque. Ces lieux bien embellis grouillent de monde. Enfants, jeunes, femmes et adultes ont pris d’assaut cet endroit pour célébrer le réveillon du nouvel an. Mouhadou Lamine Sow et ses enfants sont assis au pied de ce monument. Il est 22h 45mn. Nous sommes toujours en 2017. Dans une heure 15 mn, 2017 va tirer à sa fin. Bonjour le nouvel an ! Une année 2018 que Mouhamadou Lamine Sow et ses enfants attendent avec espoir. Pour lui, l’année 2017 s’est écoulée avec ses lots de « malheurs et de bonheurs ». Pour la première fois, M. Sow est venu à la Place de la Nation pour célébrer la fête du nouvel an. Il veut permettre à ses trois « bouts de bois de Dieu » de vivre ces moments magiques. La Place de la Nation est drapée de ses nouveaux habits. Le dernier embellissement qui y a été réalisé a rendu à l’endroit toute sa splendeur. Des jeux de lumière illuminent la place. L’instant est magique. Tous les visiteurs veulent immortaliser ce moment. Partout, on voit les flashes des Smartphones. Les jeunes prennent des photos, des « selfies ». Ils immortalisent les derniers instants de l’année 2017.

Les aires de jeu construites sur cette place sont remplis d’enfants. Ces derniers ne sentent pas le fort vent frais qui souffle sur cet espace à cette heure de la nuit. Ils jouent, sursautent sous le regard avisé de leurs parents assis sur les rebords pour veiller au moindre mouvement des petits. Les marchands ambulants ne veulent rien rater. Cheikh Guèye, sac en bandoulière, tenant entre ses deux mains des articles pour enfants (des sapins, des masques…) se faufile dans la foule. Selon M. Guèye, ce petit commerce marche bien. Ambulant de son état, il a commencé la vente des feux d’artifices et autres articles depuis quelques jours, le temps des fêtes de fin d’année. Passé le 1er janvier, Cheikh Guèye va retourner au marché Petersen où il vend des habits pour femmes.

Plus on s’approche du nouvel an, plus la Place de la Nation grouille de monde. Ils sont assis partout, par famille, en couple ou de simples amis pour célébrer la nouvelle année qui se profile. La sécurité veille au grain. Non loin de la place, deux véhicules pick-up de la police nationale sont stationnés. Quelques policiers sont restés à l’intérieur au moment où d’autres sont dans la foule pour veiller à la sécurité des milliers de personnes venues sur cette place. Au dehors de la place, on entend parfois le bruit des feux de pétards allumés par les jeunes qui marchent sans destination fixe. Mais de l’intérieur, les forces de l’ordre veillent à l’application de la mesure du ministère de l’Intérieur « interdisant l’utilisation des feux d’artifice, sur toute l’étendue du territoire national du 28 décembre 2017 au 15 janvier 2018 pour prévenir tout trouble à l’ordre public à l’occasion des fêtes du nouvel an ». La mesure du gouvernement est appliquée à la lettre à la place de l’Obélisque. Mais sur les allées du Centenaire en passant le rond-point Doudou Ndiaye Coumba Rose jusqu’aux allées Papa Guèye Fall, les jeunes sont sortis massivement avec des feux d’artifice.

Des allées Papa Guèye Fall, des groupes de jeunes prennent la direction de la Place de l’indépendance. Comme la Place de l’obélisque, celle de l’Indépendance est aussi pris d’assaut par des populations dakaroises. Toutes les routes qui mènent à cette place sont barrées à la circulation des véhicules. Pour y accéder, il faut aller à pied pour retrouver les milliers de personnes qui se sont regroupées sur les lieux pour fêter le réveillon du nouvel an.

Les enfants, accompagnés de leurs parents, sont bien habillés. Ils rivalisent par la beauté de leurs masques. Nous sommes à quelques minutes de minuit. Tout le monde est dans la rue à Dakar-Plateau armé de leurs feux d’artifice attendant l’heure fatidique. A 00h, à partir du théâtre national Daniel Sorano, on entend, en plein centre-ville, les feux d’artifice malgré l’interdiction du ministère de l’Intérieur. Tous les endroits magiques de Dakar : Place du Souvenir, Sea Plaza sur la corniche, grouillent de monde. Jusque dans les quartiers populaires comme Grand-Dakar, Niary Tally, les populations sont sorties massivement pour fêter le réveillon du nouvel an. Dakar était en lumière jusque tard dans la nuit.

Aliou Ngamby NDIAYE

La fête de fin d’année a été marquée par de grands concerts animés avec brio, sur la Place Faidherbe de Saint-Louis, par le « roi du Mbalakh », Youssou Ndour, ainsi que Waly Balago Seck et plusieurs autres artistes. Ces manifestations culturelles de grande envergure ont été clôturées en apothéose par un beau défilé du Fanal et une exposition d’art plastique organisée au centre Crds pour rendre hommage à Feu Jacob Yacouba Diallo.

Les populations de la ville de Saint-Louis ont encore eu droit à deux événements culturels typiquement saint-louisiens qui se déroulent chaque année sur la Place Faidherbe, durant la dernière semaine de décembre. Il s’agit, cette année, de la fête de la Saint Sylvestre organisée par le maire Mansour Faye et de la 19ème édition du Fanal de Saint-Louis. Tous les artistes qui se sont produits sur la Place Faidherbe, notamment Youssou Ndour et Waly Seck, ont communié, à travers de belles prestations, avec les populations, dans la joie et l’allégresse.

Les habitants de la vieille cité et leurs illustres hôtes ont admiré la belle parade des différents fanaux de l’île de Ndar, du faubourg de Sor et de la Langue de Barbarie. Un nombreux public en délire a fait corps avec ces véritables œuvres d’art qui ont pu retracer les sémantiques de la vie artistique et culturelle de la vieille cité et du « concept de l’émergence » qui stimule aujourd’hui le Domou-Ndar dans tout ce qu’il fait.

Un défilé nocturne qui a encore impressionné les touristes, vacanciers et autres visiteurs qui ont pu découvrir en même temps notre culture. C’était en présence du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis, des autorités administratives, municipales, coutumières, religieuses, des notables de la Langue de Barbarie, de Mme Oumou Sy, styliste et costumière de film, etc.

Cette année encore, grâce à Mme Marie Madeleine Diallo, fondatrice de « Jalloré Productions », qui a pu relever avec brio les défis de l’organisation de la 19ème édition du Fanal de Saint-Louis, le nombreux public massé aux alentours de la Gouvernance et des immeubles Rogniat, a pu admirer ces images sublimes, le trousseau vestimentaire exceptionnel des Signares.
Pour les besoins de la fête, la styliste Oumou Sy a mis à la disposition des organisateurs plus de 200 costumes, le maire Mansour Faye a apporté une contribution financière importante qui a été bien appréciée par les responsables de « Jalloré Productions ».

Malgré un froid de canard, les Saint-Louisiens nostalgiques ont tenu vaille que vaille à participer à cette fête de fin d’année 2017. Des instants magiques, un spectacle sons et lumières, des déguisements atypiques… Les vocables ne manquent pas pour illustrer ce que nous avons vécu sur cette mythique et mystique Place Faidherbe. Point de convergence culturelle qui disqualifie les appartenances religieuses, politiques et ethniques au profit d’un besoin commun. C’est une lapalissade, le fait de dire que le Fanal est à Saint-Louis ce qu’est le carnaval à Rio.

Pour Mansour Faye, le Fanal est une identité culturelle de la ville et fait partie du patrimoine, au même titre que d’autres événements comme les régates et le festival de jazz. « Il faut tout mettre en œuvre pour associer à l’organisation annuelle de ce fanal tous les partenaires de Saint-Louis », a-t-il indiqué. Dans le même sens, d’autres intervenants ont rendu un vibrant hommage à Marie Madeleine Diallo qui, malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée chaque année pour organiser ce fanal, arrive à maintenir le programme.

A 23 heures, l’animation était au beau fixe. Les populations ont eu droit à de beaux moments de communion avec les vacanciers et autres invités. Les retrouvailles entre parents, amis, voisins et sympathisants ont été fort délirantes. On n’avait pas où mettre les pieds. Car, tout le monde tenait à admirer ces véritables ouvrages charpentés, représentant des bâtisses de la ville de Mame Coumba Bang et pouvant atteindre 5 mètres de haut. Des ouvrages recouverts de papier peint aux couleurs vives. Une acuité de couleurs qui illumine cette place symbolique, cet endroit idyllique et paradisiaque, témoin des hauts faits de l’histoire de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Dans le cadre de la redevabilité et de la reddition des comptes, le ministère du Travail procède, depuis avant-hier, à Saly, à une revue annuelle des actions programmées et une planification des activités à venir. Pour l’année 2018, a assuré le ministre Samba Sy, son département mettra en œuvre des mécanismes du dialogue social et de négociation collective pour bien préserver la paix sociale dans le monde du travail.

Le ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions est engagé à contribuer fortement à faire de l’ambition du président Macky Sall, qui a déclaré 2018 comme étant année sociale, une réalité. Au cours de l’atelier d’évaluation des activités de son département, le ministre Samba Sy a indiqué que la contribution de son ministère est très attendue à travers la mise en œuvre de mécanismes du dialogue social et de la négociation collective en vue de préserver la paix sociale dans le monde du travail. Un défi qu’ils comptent bien relever, a-t-il assuré. Cette mise en œuvre devra également se traduire, selon M. Sy, par une plus grande implication dans la mise en œuvre des actions au titre de l’extension de la protection sociale aux acteurs de l’économie informelle. L’objectif de cet atelier de deux jours qui a réuni les directeurs et chefs de services régionaux est de faire le bilan des actions réalisées en 2017 et des résultats obtenus, mais aussi de présenter les Plans de travail annuel (Pta) 2018 de chaque structure.

Pour le ministre du Travail, une programmation optimale des activités et l’utilisation judicieuse des outils de la planification stratégique et opérationnelle permettront de garantir l’atteinte des objectifs. En outre, a indiqué Samba Sy, son département est aussi appelé à relever les défis de la mise en œuvre efficace du Plan Sénégal émergent (Pse) qui est aujourd’hui une exigence qui s’impose à toutes les administrations. « Cette nouvelle vision du développement basée sur de nouveaux paradigmes induit des changements de comportement, d’attitude, de pratique, de méthode et d’approche pour améliorer la qualité du service public et une prise en charge efficace des besoins des populations », a-t-il dit. Les Pta qui condensent l’ensemble des interventions programmées pour l’année à venir constituent la première étape des activités de planification. Ils doivent cependant être articulés au mieux avec les projets et programmes des directions et services du département ainsi que les priorités retenues dans nos différents secteurs d’intervention que constituent le travail, le dialogue social et les relations avec les institutions.

Le ministre du Travail s’est félicité de la hausse des visites d’entreprises. « Il a été noté une forte augmentation du nombre de contrôles effectués par les Inspections du Travail et de la Sécurité sociale passé de 1931 en 2015 à 2607 en 2016. Cette tendance positive doit se poursuivre et se renforcer pour déboucher sur une amélioration des conditions de travail, de la conformité des lieux de travail et du climat social », a indiqué le ministre. Il a également invité le directeur général du Travail et de la Sécurité sociale à prendre les dispositions pour un plus grand nombre de contrôles dans les entreprises, mais aussi pour une lutte accrue contre l’évasion sociale. Les défis sont nombreux pour le prochain exercice. Et, à en croire le ministre, l’organisation de l’enquête nationale pour la détermination de la représentativité des organisations patronales figure parmi les actions prioritaires de son département.

Amath Sigui NDIAYE


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