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Société & Faits divers (3260)

La capitale du Nord a connu l’affluence des grands jours à l’occasion de la grande ziarra annuelle organisée par la sainte famille de feu Serigne El Hadj Madior Cissé. Des milliers de fidèles musulmans issus de toutes les tarikhas, venus des quatre coins du pays et même de l’étranger, se sont retrouvés au sud de l’île de Saint-Louis pour chanter les panégyriques à la gloire du prophète Mohammed (Psl).

A cette occasion, l’Imam Ratib de la grande mosquée « Ihsan » du sud, Serigne Mouhammedou Abdoulaye Cissé Ibn Serigne Elhadj Madior Cissé, a déploré, avec la dernière énergie, les dérives et autres comportements exécrables des charlatans et marabouts imposteurs qui passent le plus clair de leur temps à tromper la vigilance de nos concitoyens. Il a invité les pouvoirs publics et les différentes familles religieuses de notre pays à réfléchir sur comment mettre définitivement un terme aux agissements de ces personnes mal intentionnées qui se font passer pour des chefs religieux.

L’Imam a également plaidé pour l’amélioration des conditions de vie de ces centaines de familles sinistrées de la langue de Barbarie, victimes des derniers raz-de-marée. Il a laissé entendre que les Sénégalais doivent nécessairement respecter les recommandations divines « s’ils veulent se retrouver dans un pays prospère où règnent l’unité, la cohésion et la paix sociale ». Et pour ce faire, a-t-il précisé, les fidèles musulmans doivent s’inspirer des hadiths du prophète Mohammed (Psl) et des enseignements de nos guides spirituels pour se remettre sur le droit chemin. La mission du guide religieux, a-t-il poursuivi, est noble et exaltante car elle consiste à éduquer, à enseigner et à montrer la voie qui mène à Dieu, le Tout-Puissant, le Clément et le Miséricordieux. Une mission qui n’a rien à voir avec ces pratiques malsaines, visant à se servir des musulmans pour se faire de l’argent. Sous  des tentes,  la charia est piétinée, des mariages célébrés sans aucune  référence à l’Islam, des versets et des hadiths travestis pour le gain facile. Les marabouts-imposteurs rassemblent des milliers de filles et garçons, qui, durant toute la nuit mangent, boivent,   battent des tam-tams et dansent au nom de Dieu.

De l’avis de l’Imam de la mosquée « Ihsan », il est grand temps que l’Etat interdise de telles pratiques qui ne militent pas en faveur de l’expansion et du rayonnement de l’Islam.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

 

Dans le département de Thiès, un financement cumulé de 149. 800.000 FCfa est mobilisé pour la mise en place de 245 unités économiques d’entrepreneuriat au profit de 16. 991 femmes et jeunes filles dans les 15 communes que compte le département.

Les projets sélectionnés portent essentiellement sur les filières agro-alimentaires et avicoles, la pêche et l’artisanat.
Les notifications de financements ont été remises, hier, par le ministre de Femme, de la Famille et du Genre. « Je félicite les promotrices sélectionnées et les encourage à ne ménager aucun effort pour optimiser les ressources mises à leurs dispositions et à veiller aux échéances de remboursement », a exhorté Ndèye Saly Diop Dieng. Ce programme d’animation économique procède d’un déploiement d’un mécanisme public de financement des activités génératrices de revenus. Il s’agit principalement du Fonds national de crédit pour les femmes, du Fonds national de promotion de l’entrepreneuriat féminin, etc.   « Parallèlement à ce processus, je compte avec votre concours, développer dans chaque circonscription départementale des actions pilotes de structuration de l’entrepreneuriat féminin à travers des paquets technologiques sur les chaînes de valeurs allant de la transformation primaire à la commercialisation en passant par le raffinage et le conditionnement.

Consultations régionales

Au département de Thiès, cette expérience pourrait porter sur l’arachide, les fruits et légumes. J’attends des propositions sur les sites d’implantions et les filières qui pourront être investies en fonction du profil socio-économique », a annoncé la ministre de la Femme, chaleureusement accueillie dans la capitale du Rail.

Après Dakar et Diourbel, Thiès constitue la troisième étape des consultations régionales avec les organisations féminines autour des enjeux de l’année sociale. « L’année sociale est une initiative du président de la République, Macky Sall, visant à renforcer l’inclusion des groupes vulnérables et optimiser le capital humain national à travers les jeunes, les femmes, les enfants, les personnes âgées et celles vivant avec un handicap. Sous ce rapport, elle s’inscrit dans une parfaite cohérence dans le cadre stratégique du Plan Sénégal émergent (Pse) avec les différents programmes nationaux de protection sociale et d’amélioration des conditions de vie des populations », a fait savoir Mme Dieng. Dans ses articulations, a-t-elle poursuivi, l’année sociale vise la relance de l’emploi des jeunes et de l’entrepreneuriat féminin dans une approche territorialisée épousant les contours de la troisième phase de la décentralisation. « Mes chères sœurs, conformément aux missions de promotion des valeurs familiales, du genre et de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, j’ai présenté au conseil des ministres du 03 janvier 2018 le Plan d’actions de la composante féminine de l’année sociale. Ledit plan visant à permettre aux Sénégalaises de tirer le meilleur profit de cette opportunité articulée autour du renforcement de leurs capacités, de l’élargissement de l’accès aux services sociaux de base et de la promotion de l’entrepreneuriat féminin », a-t-elle déclaré.
Un mémorandum du Comité consultatif des femmes

Le Comité consultatif des femmes a procédé à des consultations et remis un mémorandum au ministre.

Ndiol Maka SECK

 

Le Service civique national s’est impliqué dans la formation des volontaires d’appui aux collectivités locales. Pour ce premier exercice, qui a duré trois semaines, 88 ont été initiés dans différents domaines de développement local.

88 volontaires d’appui aux collectivités locales dont 59 garçons et 29 filles, venus de 11 communes du pays, ont été formés au Centre national d’éducation sportive et populaire (Cneps) de Thiès, pendant trois semaines, par le Service civique national. Ce stage, comprenant une partie militaire et une autre technique et professionnelle, a été axé sur la gestion foncière, les compétences transférées, l’éducation citoyenne, l’état-civil, le recouvrement fiscal, la communication de crise, etc. Ils ont reçu, dernièrement, leur parchemin.
« Les participants vont retourner dans leurs collectivités locales où ils participeront, pendant deux ans, aux activités de développement  et d’éducation citoyenne», a souligné le coordonnateur du stage, le commandant Mouhamadou Moustapha Sylla.

L’officier militaire en a profité pour faire un plaidoyer pour un retour aux valeurs civiques. « Le civisme est un état d’esprit qui doit motiver et amener le citoyen à adopter une certaine conduite.
Le constat est amer. Une dégradation du comportement civique est notée en général, et chez les élèves en particulier », a déploré le commandant Sylla.
Selon lui, l’indiscipline semble être le sport national, se dire bonjour devient un rituel auquel très peu de gens se consacrent. A l’école, a souligné l’officier, le culte de l’excellence est remplacé par la promotion de l’indiscipline, les infrastructures scolaires sont souvent détruites.

D’après lui, ce manque de civisme n’est pas seulement noté à l’école. Dans les rues, des ordures sont jetées sans aucune excuse, etc.

Nd. M. SECK

 

Le ministère de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance a fait, hier, un bilan d’étape de la deuxième phase du Plan de retrait des enfants de la rue.

Partenaires techniques, maîtres coraniques, directeurs et chefs de services du ministère en charge de la Protection de l’enfance se sont retrouvés, hier, au Centre de Gindi  pour faire un bilan d’étape de la deuxième phase du Plan de retrait des enfants de la rue. « La deuxième phase du plan d’urgence du retrait des enfants de la rue, qui a démarré le 28 mars 2018, se poursuit et a permis, à la date du 11 mai 2018, de retirer 219 enfants de la rue ainsi répartis : 135 Sénégalais, 69 Bissau-guinéens, 3 Guinéens de Conakry, 3 Maliens, 7 Gambiens et 2 Nigériens », a fait savoir le conseiller technique du ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Abdoulaye Dieng, en conférence de presse. L’occasion a été saisie pour rappeler le dispositif transversal mis en place, intégrant plusieurs ministères : Bonne gouvernance et la Protection de l’enfance, Intérieur et Sécurité publique,  Santé et Action sociale et  Justice. « Il revient à la préfecture et à la brigade des mineurs d’aller retirer les enfants de la rue par le bais d’une logistique appropriée composée de véhicules banalisés que nous avons mis à sa disposition », a expliqué Abdoulaye Dieng, précisant que cette équipe du ministère de l’Intérieur est appuyée sur le terrain par des travailleurs sociaux. Il a soutenu que les enfants retirés sont placés au Centre Gindi. Sur place, ils sont accueillis par les travailleurs sociaux qui procèdent à l’identification par photo, l’enregistrement, la consultation médicale, l’écoute, l’accompagnement, les soins d’hygiène, l’hébergement et le suivi. « Les talibés sont référés à des daaras répertoriés et triés minutieusement selon un nombre de critères bien définis. Le ministère de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance prend en charge tous les frais afférents à leur séjour dans ces lieux d’apprentissage grâce à des conditions négociées. Les autres sont orientés vers des centres d’accueil dédiés », a confié Abdoulaye Dieng qui a vivement salué l’implication de la Fédération nationale des maîtres coraniques du Sénégal. Alioune Sarr, directeur de la Protection de l’enfance a souligné que prendre les enfants de la rue et les retourner dans les familles ne se fait pas en un claquement de doigts. C’est un processus long et compliqué qui nécessite tout un travail d’enquête et d’accompagnement. Parfois, le simple fait de trouver le nom de l’enfant pose problème. Retirer un enfant de la rue peut prendre jusqu’à six mois ou même plus », a dit M. Sarr. Il a lancé un appel aux parents en leur demandant d’être « plus responsables », rappelant que la place des enfants n’est pas dans la rue mais dans les familles, entourés et encadrés.

« L’enfant est un trésor à garder jalousement pour le préserver des fureurs de la rue », a insisté M. Sarr qui a rappelé l’ambition du gouvernement du Sénégal : retirer tous les enfants de la rue.

Abdoulaye DIALLO

 

Dans le cadre du 63ième anniversaire de l’armistice de 1945, l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, s’est rendu, hier, au cimetière de Thiaroye où il a fleuri le mémorial érigé en l’honneur des Tirailleurs sénégalais. Il a magnifié le rôle de ces anciens combattants pour la liberté.

L’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, a exprimé un témoignage de solidarité et de reconnaissance envers tous ceux qui ont combattu pour la liberté sur les fronts africains et européens. Il s’agit des soldats européens, mais aussi de leurs alliés (Etats-Unis, Union soviétique, Royaume-Uni, Canada, Australie, Tirailleurs sénégalais). Sa présence dans ce cimetière traduit sa volonté de fleurir ce mémorial en l’honneur des Tirailleurs sénégalais et de se recueillir ensuite devant une page sombre de l’histoire commune au Sénégal et à la France.

«Les Tirailleurs sénégalais sont des figures emblématiques généreuses qu’on retrouve dans cette histoire commune qui est la nôtre, dès 1857, sous l’autorité de Faidherbe», a-t-il estimé. Il a trouvé que « cette histoire est longue et remarquablement forte », comme l’a illustré l’hommage récemment rendu par le Président Macky Sall au sergent Malamine Camara lors de sa visite au Congo. «Ces tirailleurs ont joué un rôle remarquable dans la libération de la France lors de la Seconde guerre mondiale», a ajouté M. Bigot. «Des noms de bataillons et régiments résonnent toujours dans nos mémoires. Premier régiment des Tirailleurs sénégalais, le régiment de Marche, de Tchad. Suite à l’appel du général De Gaulle, les régiments français ont joué un rôle essentiel dans la reconquête de la victoire», a-t-il soutenu.

Devoir de vérité

Il s’est souvenu qu’au sein de la France combattante, les Tirailleurs sénégalais ont participé à de nombreuses batailles en Tunisie, en Italie et dans les Vosges, ainsi que lors du débarquement et pendant la libération de la Provence. «Certains animaient des réseaux de résistance», a-t-il poursuivi. Aussi, a-t-il évoqué le souvenir de certains anciens combattants présents à cette cérémonie et qui se souviennent de leur enrôlement dans les armées françaises, ainsi que de leur participation dans des combats en Indochine et en Algérie pour actions de formation. Selon lui, ces combats partagés constituent notre histoire, notre fierté. D’après lui, nous retrouvons, aujourd’hui, ce même esprit de solidarité au Mali où soldats français et sénégalais luttent ensemble. «Les Sénégalais, dans le cadre de la Minusma, et les Français, dans celui de Barkane, travaillent ensemble contre les forces radicales pour stabiliser le Mali, l’Afrique de l’Ouest», a-t-il souligné.  Christophe Bigot a rappelé la visite qu’il a effectuée dans ce cimetière dès son arrivée au Sénégal, le 16 juin 2016. «Je suis venu, ici, seul, un dimanche matin, et j’ai rencontré le gardien. J’ai souhaité me recueillir seul devant ces tombes de manière anonyme. Car je sais le poids des symboles et de l’histoire avec la répression sanglante intervenue en 1944 à Thiaroye qui comporte des pages particulièrement sombres», a-t-il indiqué avant de marteler ceci : «Nous vous devons un devoir de vérité. Le Président Hollande l’a dit avec le Président Macky Sall en venant ici». Selon lui, c’est dans cet esprit que des archives officielles ont été remises.

Référence à Léopold Sédar Senghor

«Il reste aux historiens de faire leur travail. Ils le font, je le sais, avec beaucoup de talent et de conviction, comme le professeur Iba DerThiam. Ils ne ménagent aucun effort dans cette quête de vérité qui est essentielle», a-t-il affirmé. Christophe Bigot a convoqué des vers de Léopold Sédar Senghor qui disait : «Non, vous n’êtes pas morts gratuits, vous êtes les témoins de l’Afrique immortelle. Vous êtes les témoins du monde nouveau qui sera demain». Dans le même ordre, dans «Hosties noires», dans cette ballade sanglante et mélancolique, l’ambassadeur a rappelé que Senghor proposait une vibrante célébration des trajectoires de ses compatriotes sénégalais : «Vous, Tirailleurs sénégalais, mes frères noirs à la manche chaude sous la glace et la mort, qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ?». Christophe Bigot de préciser que « ces vers, ces mots du poète-président ont marqué des générations sénégalaises comme françaises et doivent nous guider pour nous permettre de marcher sur ce chemin de la mémoire, de la solidarité, de la vérité, de la liberté sans rien oublier.

Abdou DIOP

Il est, depuis mercredi, officiellement le commandant de la zone militaire n°7. Le colonel Magatte Ndiaye ne cherche pas à réinventer la roue. Il compte consolider les acquis de ses prédécesseurs et les renforcer, au besoin.

La zone militaire n°7, qui englobe les régions de Thiès et Diourbel, a un nouveau patron. Le colonel Magatte Ndiaye a été installé, mercredi, dans ses nouvelles fonctions de commandant de celle-ci par le chef d’état-major général des Armées, le général de Corps d’armée Cheikh Guèye, en remplacement du colonel Papa Souleymane Sarr qui, jusque-ici, assurait l’intérim. Il mesure à juste titre l’ampleur de la tâche qui l’attend et compte consolider les acquis et, au besoin, les renforcer.

« Mes prédécesseurs ont abattu un beau travail ici. Ils ont tout mis en œuvre pour réussir la mission qui leur a été confiée. Je m’efforcerai à assurer la sécurité des populations et de leurs biens, à contribuer à la stabilité du pays, en liaison avec les autres forces de défense et de sécurité ». Selon lui, les Armées sont une force de troisième catégorie. « Donc, il y a d’autres qui interviennent en premier. C’est quand elles sont débordées que viennent les Armées. Je travaillerai en étroite collaboration avec eux. Je compte également sur le soutien des populations, des autorités politiques, administratives et coutumières, mais aussi la presse qui joue un rôle déterminant dans la sensibilisation et la stabilisation », a déclaré le colonel Ndiaye.

Il avait, auparavant, rendu grâce à Dieu et un hommage vibrant à ses deux parents, tout en remerciant le commandement pour la confiance placée en sa personne pour diriger cette zone militaire « particulièrement sensible et importante pour la stabilité et le développement économique du Sénégal ». « Les régions de Thiès et Diourbel abritent beaucoup de foyers religieux, notamment Touba, Tivaouane, Ndiassane, Thiénaba, Popenguine, Pire, etc. Cette région a aussi beaucoup de sites d’exploitations minières. Il y a également la découverte récente d’hydrocarbures au large de Cayar, sans oublier les ressources halieutiques. Bref, sur le plan économique, cette région est d’une importance capitale pour le Sénégal », a-t-il fait savoir.

Aussi, a-t-il mentionné que sur le plan militaire, l’essentiel des forces de défense et de sécurité, pour ce qui est des unités de réserve générale, sont positionnées à Thiès. « Ce qui en fait une réserve stratégique pour le commandement, mais également une cible potentielle pour tous ceux qui veulent faire du mal au Sénégal. Je veux bien citer le terrorisme qui attaque souvent des cibles très sensibles qui sont d’une importance capitale pour les intérêts du pays, mais aussi étrangers. De la même manière, la Petite-Côte abrite des sites touristiques très fréquentés par des étrangers qui pourraient faire l’objet d’attaques de la part de ces terroristes », a relevé le com zone 7.
Le colonel Ndiaye a le profil intellectuel et militaire pour réussir sa mission.

Ndiol Maka SECK

 

Le ministre du Budget, Birima Mangara, a présidé, hier, à la Somone, la 29ème réunion plénière de la commission technique du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba). Une occasion, pour lui, de souligner les efforts du Sénégal dans le combat contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

En présidant la 29ème réunion plénière de la commission technique du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), le ministre du Budget, Birima Mangara, a évoqué les récentes évolutions du dispositif sénégalais en la matière et apprécié les efforts réalisés par notre pays dans la mise en œuvre des normes internationales. Selon lui, le Sénégal a très tôt réaffirmé son engagement dans le combat contre la criminalité financière, comme le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, combat engagé de manière concertée entre les membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

‘’La présente rencontre se tient dans un contexte régional marqué par la récurrence des crises et la résurgence des menaces terroristes susceptibles de remettre en cause la stabilité des Etats membres de notre communauté. Il me plaît, dès lors, de saluer les actions déployées par nos chefs d’Etat ainsi que les résultats importants enregistrés dans la résolution des conflits et la restauration de la sécurité et de la stabilité dans notre région’’, a souligné M. Mangara. A son avis, l’importance de la mission du Giaba et des cellules de renseignement financier dans leur lutte inlassable contre les activités financières criminelles entre dans le cadre global de la mise en œuvre de la politique des Etats en matière de sécurité et de préservation de l’intégrité du système financier. En 2017, a-t-il poursuivi, le Sénégal a fait l’objet d’une évaluation à l’effet d’examiner le  niveau de conformité et d’efficacité de son dispositif national de lutte au regard des 40 recommandations du Groupe d’action financière (Gafi). Cette évaluation par les pairs, effectuée 10 ans après celle du premier cycle, a été précédée par l’évaluation nationale qui a permis d’identifier les risques sectoriels et globaux, mais aussi de formuler des mesures de prévention et d’atténuation appropriée. Quant au directeur général du Giaba, il a rappelé les principaux axes de son intervention lors de sa prise de fonction, le 1er mars 2018.

Ceux-ci incluent les chantiers ci-après : la poursuite des actions déjà planifiées conformément au plan stratégique 2016-2020, le renforcement des capacités du secrétariat en termes de ressources humaines, l’accompagnement de tous les Etats membres pour le renforcement de leur dispositif de Lbc/Ft, la mobilisation de ressources financières pour soutenir les actions du Giaba, le respect scrupuleux des principes de transparence et de reddition des comptes, etc. Kimélabalou Aba est revenu sur « le devoir de coopérer, de mener des actions concrètes pour prévenir les actes terroristes et de priver les criminels de leurs produits illicites qu’ils n’hésitent pas à investir dans la commission de violences et d’attentats terroristes aux fins de déstabiliser des institutions légalement établies et de sabotage des économies nationales ». D’après lui, cette rencontre de Somone constitue l’une des tribunes idéales par excellence de collaboration fructueuse entre parties prenantes.

Amath Sigui NDIAYE

 

Les travailleurs de la Société sénégalaise de presse et de publications (Sspp), éditrice du «Soleil», ont sacrifié, hier, à la célébration de la «Journée internationale du travail». Sous le signe de l’unité des trois syndicats-maison. Cette commémoration a constitué une occasion privilégiée d’échanges entre la direction générale et le personnel. Il est ressorti des discussions, l’incontournable nécessité d’asseoir un climat de dialogue, de travail et de persévérance dans l’effort.

La célébration du 1er mai revêt plusieurs symboles. Elle est un moment de retrouvailles, mais également d’introspection, pour les travailleurs. Une rare occasion où autour d’un idéal commun de partage et de communions, dirigeants et travailleurs échangent, pour apporter des améliorations dans les conditions de travail,  des uns et des autres. Le personnel du quotidien national Le Soleil, a, hier, comme à l’accoutumée, perpétué à la tradition.  Les travailleurs se sont donné rendez-vous dans le restaurant de la boîte afin d’échanger et  de communier. A cette occasion, des discours ont été tenus. Dans cet ordre, c’est Cherif Thiam, qui s’est le premier adressé au public au nom de l’ensemble des centrales syndicales que compte l’entreprise. En effet, pour la première fois, les trois organisations syndicales de l’entreprise ont fait une pour fêter la «Journée internationale du travail». Dans son discours, M. Thiam est revenu sur les « faits marquants de l’exercice 2017 émaillés de tensions sociales au sein de l’entreprise ».  De nombreux points de discorde étaient venus assombrir le climat social entre les travailleurs et la direction générale, se remémore-t-il. Le salut est, selon lui, venu de l’Etat,  à travers diverses concertations qui ont pu renouer le fil du dialogue.  Partant de ce constat et de cette expérience, il appelle à  une médiation sur les méfaits engendrés par une crise sociale, car on peut l’éviter en instaurant «un dialogue permanent et sincère».  Il rappelle, dans son discours, le principal souci des travailleurs qui est «la pérennisation de leur outil de travail».  Cet acquis passe inéluctablement par un dialogue social permanent, seul mécanisme apte à garantir un climat social apaisé, propice au développement de l’entreprise.

Il a exprimé l’espoir de l’ensemble des travailleurs de voir, «avec l’arrivée de Monsieur Yakham Mbaye, s’ouvrir de nouvelles perspectives pour le quotidien national Le Soleil ». Il n’a pas manqué de transmettre au directeur général des suggestions « utiles » tendant à l’amélioration de l’organisation et du rendement de l’entreprise. Parmi les points inscrits dans la plateforme revendicative de l’intersyndical figurent : la distribution du journal, la réhabilitation des bureaux régionaux, le cadre de vie, le parc automobile, la situation de l’Adp et de Soleil Business, la régularisation des pigistes et prestataires,  notamment ceux atteints par la limite d’âge, la gestion des carrières sur une base objective et les arriérés Ipres.  L’intersyndicale réitère sa volonté de travailler avec la direction générale pour la  préservation des acquis  et la pérennisation de l’outil de travail.

Oumar BA

YAKHAM MBAYE, DIRECTEUR GÉNÉRAL : « LE CULTE DU TRAVAIL, SEULE GARANTIE DE RÉSULTATS »
Le directeur général de la Société sénégalaise de presse et de publications (Sspp), éditrice du «Soleil», Yakham Mbaye, a profité,  hier, de la célébration de la Journée internationale du travail,  pour s’adresser à son personnel. Il s’est d’emblée réjoui de la belle mobilisation  observée par l’ensemble  des travailleurs,  sans discrimination aucune, dans le cadre de la célébration de la journée qui leur est consacrée. Il a rappelé sa détermination à relever les défis allant dans le sens de rendre davantage performante cette institution. Le Dg n’a cependant pas manqué de rappeler l’incontournable nécessité d’instaurer « le culte du travail,  seule garantie de résultats probants ». La réussite se trouve au bout de l’effort, d’où la nécessité de  promouvoir la  franche implication de tous, pour un avancement plus conséquent, dans les résultats de l’entreprise.  Le Directeur general annonce une restructuration en profondeur des instances de l’entreprise. Sur le plan social, Yakham Mbaye promet la régularisation d’une vague de prestataires, courant mai. L’autre vague sera également régularisée d’ici à janvier prochain.
 
Oumar BA
AMADOU TAMINOU WANE, PCA : « PROMOUVOIR LE DIALOGUE ET CRÉER UN CADRE D’ÉCHANGE »
Par la voix de Mme Fatou Ly Sall Croquette, qui portait la parole de Monsieur Amadou Taminou Wane, président du conseil d’administration du quotidien national Le Soleil, il est demandé au personnel de «se hisser au zénith, tout en installant un climat apaisé, propice aux échanges qui va dans le sens d’embellir davantage l’institution que constitue le Soleil ». Dans cet élan, le Pca réitère toute sa disponibilité à pleinement jouer son rôle d’intermédiaire entre le  personnel et la direction générale, pour un bénéfice de part et d’autre.
 
O. BA
UNE MOTION DE SOUTIEN ADRESSÉ AUX PARTENAIRES SOCIAUX
Les travailleurs du quotidien national Le soleil ont lu une motion de soutien adressée aux partenaires sociaux. Dans celle-ci, rapportée par Mareme Kane, les travailleurs saluent « la grande cohésion qui existe entre les trois syndicats de l’entreprise ». Les travailleurs, se félicitant des nombreux succès engrangés par l’intersyndicale, se réjouissent de la « défense sans relâche des intérêts moraux et matériels des travailleurs ». Considérant le dévouement de l’ensemble des partenaires sociaux  et leur engagement au quotidien, les travailleurs de la SSPP Le Soleil renouvellent leur entière confiance à l’intersyndicale.                       

Oumar BA

ASSEOIR DES MÉCANISMES DE BONNE RELÈVE
A tour de rôle, les travailleurs se sont exprimés, sur leurs conditions, au sein de l’entreprise. Dans ce cadre, c’est le journaliste El hadji Ibrahima Thiam qui a parlé au nom des jeunes de l’entreprise.  Il souligne «cette responsabilité qui incombe à la jeune génération à pérenniser et à continuer, à faire rayonner cet outil dans le paysage médiatique sénégalais, en perpétuelle mutation».
 
Il fait remarquer au passage le respect dont jouit l’institution que constitue Le Soleil, non sans manquer de rappeler « le devoir pour la jeune génération de sauvegarder cette image, en érigeant le travail en sacerdoce ». I. Thiam met en exergue le dynamisme des jeunes  qui ont pleine conscience que l’avenir du Soleil se trouve entre leurs mains. Il invite la direction générale à davantage responsabiliser les jeunes, « histoire de leur mettre le pied à l’étrier ».  A sa suite, Cheikh Aliou Amath Niasse a pris la parole au nom des doyens de la boîte. Il invite les jeunes à « tendre vers un perpétuel perfectionnement des connaissances acquises ». Le métier de journaliste appelle à se doter d’esprit de «remise en question permanente, gage incontournable de bonification des compétences».  Sidy Diop, rédacteur en chef adjoint, appelle à «la prise en charge de la relève». Celle-ci passe par la « responsabilisation des jeunes». La meilleure façon d’imprégner la relève, c’est de responsabiliser la jeunesse, bien avant que les anciens ne partent à la retraite, préconise-t-il.                

Oumar BA

Lyndiane, l’un des plus grands et peuplés quartiers de la ville de Ziguinchor (avec Kandialang)  manque presque de tout. Ses jeunes ont organisé un forum, samedi dernier, pour recenser les problèmes, en vue de les soumettre aux autorités locales compétentes ou à des partenaires afin que des solutions durables soient trouvées.

Certes, le forum a enregistré une faible présence des habitants de Lyndiane, notamment des adultes (hommes et femmes), mais il a permis d’exposer tous les problèmes auxquels sont confrontées les populations du quartier. Il s’agit, entre autres, du manque d’infrastructures. D’après les participants, cette partie de la ville de Ziguinchor ne dispose pas de routes bitumées, hormis celle qui part du quartier Grand-Dakar et aboutit au village de Djibélor, à la sortie ouest de la commune. « Nous éprouvons beaucoup de difficultés pour évacuer nos malades vers les hôpitaux de la place, surtout pendant l’hivernage, à cause du mauvais état des routes, qui ne sont pas goudronnées », a expliqué le coordonnateur du comité d’organisation du forum, Famara Vieux Mokossoro Diédhiou. Il n’a pas occulté l’absence de mur de clôture dans plusieurs établissements scolaires et le « petit nombre de structures sanitaires, d’écoles et de collèges, par rapport aux besoins ». Des voix se sont également élevées pour déplorer le fait que plusieurs endroits de Lyndiane, comme le sous-quartier de Djibékel, ne soient pas électrifiés, exposant du coup leurs populations à l’insécurité dès la tombée de la nuit.

Par ailleurs, les habitants de Lyndiane n’ont pas du tout apprécié le fait que les véhicules de ramassage des ordures ménagères n’arrivent pas dans leur zone, ce qui les expose aux maladies. Autres problèmes : les inondations récurrentes pendant l’hivernage, notamment dans le sous-quartier de Koboda, le manque de bornes fontaines et le « nombre réduit » de pharmacies. Ils ont également pointé du doigt le non-lotissement de certaines zones, ce qui empêche les populations de construire des maisons solides. En plus, un plaidoyer fort a été fait pour que les femmes et les personnes vivant avec un handicap aient des financements afin qu’elles puissent mener des activités génératrices de revenus et améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs familles.   

El Hadj Moussa SADIO                                                 

L’imam Aliou Ndao était encore devant la barre pour répondre aux questions des avocats. Selon l’accusé, c’est par le dialogue que la question du terrorisme sera réglée et non par les armes.

L’accusé est revenu, hier, sur son arrestation par les gendarmes dans son domicile à Kaolack, sa conception du djihad, l’évolution du terrorisme et les solutions. Sur ce dernier point, l’imam Ndao a rappelé que ce problème ne sera pas réglé par les armes mais plutôt par la négociation. « Ce n’est pas par les armes qu’on va régler le terrorisme, mais par le dialogue », a-t-il dit, convaincu. Il fonde son argumentaire sur l’évolution qu’a connue le terrorisme et sur la détermination des forces qui le compose à poursuivre le combat. En effet, Aliou Ndao voit derrière cette lutte acharnée contre le terrorisme, un prétexte pour abattre l’Islam. Selon lui, il y a autre chose derrière les nombreux attentats perpétrés à travers le monde au nom du terrorisme. Interrogé sur l’origine des fonds ayant permis la construction de sa mosquée en 2003 à Kaolack, l’imam a informé que celle-ci a été financée par l’Association de la jeunesse pour l’appel islamique. « Je n’étais même pas au courant de la construction de la mosquée. C’est un certain Niane qui m’a appelé pour m’informer que l’Association de la jeunesse pour l’appel islamique voulait financer la construction», a expliqué l’accusé. Il a rappelé, toutefois, qu’il entretient de « très bonnes relations » avec toutes les familles religieuses à Kaolack, de même qu’avec les populations. D’ailleurs, l’accusé a souligné qu’il a cédé une partie de son « daraa » aux populations de son quartier pour la construction d’une école franco-arabe. Avant la réalisation des salles, il avait mis à la disposition de l’Etat six salles de classe de son « daraa » pendant une période de deux ans.

L’imam Ndao a indiqué, devant la barre, que ses champs n’ont jamais été des lieux d’endoctrinement et de gîte pour des candidats au djihad, comme cela a été mentionné dans les procès-verbaux des enquêteurs. « Mes champs, a-t-il avancé, étaient plutôt des espaces de formation pour les talibés qui y apprenaient à cultiver la terre ». « On ne m’a jamais proposé de placer des combattants dans mes champs. Ce n’est pas exact », a-t-il dit. L’imam Aliou Ndao a ajouté que depuis l’ouverture de son « daraa », aucun de ses talibés n’a quitté pour rejoindre les mouvements djihadistes. « Tous ceux qui ont fréquenté mon « daraa » sont aujourd’hui devenus des commerçants, des agriculteurs, des éleveurs, mais pas des djihadistes », a-t-il tenu à préciser.

Par ailleurs, l’accusé a dénoncé la manière dont les gendarmes ont fait une descente chez lui. Selon lui, ces derniers sont venus vers 4 h du matin pour faire une perquisition à son domicile en brutalisant certains. D’ailleurs, a-t-il révélé, cette descente avait créé la panique dans son maison. Depuis lors, deux filles qui étaient présentes pendant la scène se sont retrouvées avec des troubles psychiques. « Elles ont des crises d’épilepsie depuis cette perquisition », a déclaré l’accusé.

Le Sénégal, premier pays à avoir une loge maçonnique, selon l’imam Ndao

L’imam Aliou Ndao a précisé, hier, devant la barre qu’il n’a pas seulement des vidéos de l’Etat islamique dans son ordinateur. D’après lui, on peut trouver dans sa machine, des vidéos sur la Centrafrique où des gens sont découpés en morceaux et mangés tout cru, des vidéos sur la Birmanie, des documents et des vidéos sur la franc-maçonnerie. « Est-ce que cela veut dire que j’adhère à ce qui se fait en Centrafrique ou en Birmanie ? Non », a-t-il répondu à sa propre interrogation. Cependant, il a indiqué qu’il fait des recherches dans tous les domaines. Sur la franc-maçonnerie, l’accusé a révélé que cette secte est l’ennemie de l’islam, du christianisme et du judaïsme. A la question de l’avocat de savoir s’il y a des francs-maçons au Sénégal, l’imam Aliou Ndao a déclaré : « en Afrique de l’Ouest, le Sénégal est le premier pays à avoir une loge franc-maçonnique ».                                     

 

 

Ibrahima Ba, Moustapha Diop, Abdallah Dieye, Moussa Aw...  Les absents les plus présents au procès 

31 accusés sont poursuivis pour apologie du terrorisme, financement du terrorisme dans l’affaire dite procès Imam Ndao et co-accusés. Pendant l’audition, des noms de Sénégalais, ayant regagné les zones de conflits, ont été cités. Si certains sont morts sur le terrain, les autres sont introuvables.

La phase interrogatoire des prévenus dans l’affaire dite procès imam Aliou Ndao et autres a été bouclée, hier, par l’audition du présumé « cerveau ». Pendant l’audition des prévenus, plusieurs noms ont été cités devant la barre. Ils sont jusqu’à présent invisibles et se trouvent entre le Nigéria, la Libye ou même la Syrie. D’autres ne sont plus en vie. C’est le cas du nommé Moustapha Faye notamment. Celui-ci était présenté dans le dossier comme le chauffeur de l’imam Aliou Ndao. Mais, devant la barre, l’imam Ndao a indiqué qu’il n’a jamais eu un chauffeur du nom de Moustapha Faye.

Moustapha Faye habitait à Yoff où il fréquentait la même mosquée que les nommés Ibrahima Bâ et Pape Moussa Sow avant de regagner Boko Haram. L’étudiant à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), El Hadj Mamadou Bâ dit Mame Bâ, a révélé qu’il a été convaincu par Moustapha Faye pour rejoindre le Nigéria. Au-delà de Mame Bâ, Moustapha Faye a aidé nombre d’accusés à regagner les rangs des groupes djihadistes. Selon l’accusé Abou Diallo, Moustapha Faye est mort au Nigéria. Il a été arrêté à son retour de Sambissa, une localité contrôlée par Boko Haram, par les forces de sécurité nigérianes. Suite à de nombreuses tortures, il a rendu l’âme dans une prison.

Le nom d’Ibrahima Bâ est aussi revenu à plusieurs reprises. Ce dernier, qui a regagné le Nigéria, a aussi financé beaucoup de candidats au djihad. Lamine Coulibaly et Cheikh Ibrahima Bâ ont avoué devant le juge avoir reçu chacun la somme de 150.000 FCfa de ses mains. D’autres noms tels que Zaïd Bâ, Abdallah Dièye, Assane Dièye, Moussa Aw ont été cités comme étant des Sénégalais qui ont regagné les zones djihadistes. Pour les trois premiers cités, l’accusé Matar Diokhané a révélé, lors de son audition, qu’ils sont décédés en Libye. Quant à Moussa Aw, il est mort lors de son retour dans une prison nigérienne.

Le nommé Moustapha Diop alias Abu « Hatem » fait partie des as du recrutement pour le djihad. Son nom est revenu plusieurs fois. Moustapha Diop a encouragé Matar Diokhané et Abdou Aziz Dia à rejoindre les rangs des djihadistes. Abdou Aziz Dia a avoué au juge que c’est Moustapha Diop qui lui a proposé d’aller au Soudan ou au Nigéria pour parfaire ses études en sciences islamiques. Le même Moustapha Diop a mis en rapport Matar Diokhané avec le Tchadien basé en Arabie Saoudite pour un poste de maître coranique au Nigéria moyennant 1 500 euros par mois, environ 1 million de FCfa. L’accord trouvé, Matar Diokhané a regagné son poste d’enseignant à Handick (Nigéria).
D’autres noms tels que Saliou Fadiga, Pape Moussa Sow, Abdou Lahad Diop, Moussa Mbaye, Abdallah Coulibaly sont dans les fiefs des djihadistes. Cependant, beaucoup d’entre eux sont morts, selon les accusés.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Trente cinq auditeurs, en provenance de 17 pays d’Afrique francophone et du Maghreb, ont entrepris, depuis hier, une formation d’attachés de défense à Dakar. Il s’agit du 10è cours d’orientations pour attachés de défense et hauts fonctionnaires, organisé par le Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds), en partenariat avec le Centre de politique de sécurité de Genève (Gcsp) et l’Etat-major général des armées (Emga) du Sénégal. La cérémonie a été ouverte par l’ambassadeur Suisse au Sénégal, en présence des généraux Luc Fellay et Paul Ndiaye du Cheds.

Les participants doivent se familiariser avec la géopolitique mondiale pour faire face aux défis professionnels en tant qu’attachés de défense. Parmi eux, on dénombre une quinzaine de Sénégalais issus des forces de défense et de sécurité, de la commission de l’Assemblée nationale et de la diplomatie. Le cours  vise à consolider leurs connaissances avec une formation de base et une sensibilisation sur leurs futurs rôles au sein d’un environnement multiculturel. Au cours de cinq jours de session, les interventions seront articulées autour des trois modules suivants : l’environnement sécuritaire international et régional, la fonction de l’attaché de défense et une visite d’unité sur le terrain. Ainsi, pour son excellence, l’ambassadeur suisse au Sénégal, les dix années de cours montrent la crédibilité de celui-ci. Et selon Marion Weichelt Krupski, le cours apporte une valeur ajoutée certaine à trois niveaux : la Francophonie, la multi-culturalité en ce qui concerne la formation continue d’adultes et les défis, puisque l’Afrique en général et l’Afrique de l’Ouest plus particulièrement sont confrontées à de nombreux défis. « Pour créer la sécurité et la stabilité dans le monde, la politique de sécurité dispose de différents instruments. Les Forces Armées sont l’instrument traditionnel de contrainte par le recours à la force ou la menace de recours à la force. C’est le «Hard Power» », a-t-elle dit. Toutefois, d’après la diplomate helvétique, il existe une forme plus subtile de convaincre  le « soft power » qui renvoie à la puissance d’attraction de la culture, de produits, de références. « Personne n’oblige les gens à acheter des iPhones, à manger du chocolat suisse, à danser sur des rythmes africains. Vous, comme diplomates ou futures diplomates, devez connaître à fond le concept du soft power. Ce cours en est un bel exemple, un concept que vous devez maîtriser », a-t-elle lancé aux auditeurs. Pour le général de corps d’armées suisse, Luc Fellay, les risques pour la sécurité ont changé de nature au cours des 25 dernières années. Ce ne sont plus tellement les guerres opposant deux Etats qui menacent la sécurité internationale le plus, mais les cyber-risques, la criminalité, le trafic illicite d’armes, la prolifération des armes de destruction massive, l’utilisation abusive des nouvelles technologies ou d’autres formes de danger résultant d’une répartition inéquitable des richesses.  

C’est pourquoi, de l’avis du général Luc Fellay, cette rencontre permet  de poursuivre le développement des liens privilégiés que les deux Etats entretiennent depuis 2009 avec les forces de défense et de sécurité (10 ans)  et de la sous-région. « Cette collaboration qui, je le crois, porte ses fruits, et nous permet de participer au développement des capacités des forces, particulièrement sollicitées dans un monde en pleine mutation et secoué par de nombreux défis sécuritaires ! », a indiqué l’officier. Dans un monde en mutation continue, a déclaré le général Luc Fellay, il est important aussi de se rencontrer entre personnes responsables d’horizons différents pour échanger et se renseigner. Non sans se référer à l’adage  qui dit qu’« on n’est rien sans les autres ».

Pour le général de division Paul Ndiaye, il s’agit d’offrir le maximum d’outils pouvant leur permettre de relever les défis professionnels qui se présenteront dans le cadre de leurs fonctions. « Vos expériences personnelles ainsi que la diversité de vos origines et parcours individuels constituent également un facteur important d’enrichissement mutuel. De la même manière, les témoignages de diplomates et d’attachés de défense en activité de service ou à la retraite contribueront certainement à vous éclairer sur quelques uns des défis professionnels majeurs auxquels vous pourriez faire face à l’avenir », a-t-il dit.  

Cheikh Malick COLY

Le marché du travail connaît un réel dynamisme selon le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions qui a présidé, hier, l’ouverture de l’atelier de partage du rapport des statistiques du travail 2017. 1.618 établissements ouverts en 2017 ont pu générer 9.043 emplois. 56.328 contrats de travail ont été visés par ses services.

L’environnement du travail connaît des améliorations et des innovations. Selon le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions,Samba Sy, de belles perspectives se dégagent en termes d’employabilité dans notre pays.

Il s’est appuyé  sur les données économiques contenues dans le rapport des statistiques 2017, qui a été au centre d’un atelier de partage. Il a exprimé son intention de maintenir un climat de paix et préserver un dialogue social en vue de tendre vers de meilleures performances

En effet, l’ouverture en  2017 de 1.618 établissements déclarés a pu engendrer la création de 9.043 nouveaux emplois contre 275 établissements fermés desquels ont résulté 1.764 emplois perdus. Le rapport souligne, à cet effet, un solde de 1.343 établissements et 7.279 emplois crées.

Des avancées salutaires, surtout que le rapport des statistiques révèle que 56.328 contrats ont été visés par les inspections du travail et de la sécurité sociale dans la même période, avec 871 contrats de travail des travailleurs déplacés visés par la direction générale du Travail et de la Sécurité sociale. Des marges de progression qui font dire à la directrice des Statistiques, du Travail et des Etudes, Mme Seynabou Thiam, que la courbe est ascendante en termes de création d’emplois.

Sur la même lancée, le rapport des statistiques souligne que 4.581.797.214 FCfa ont été versés par les employeurs à 569 travailleurs dans le cadre des ruptures de contrat à l’amiable encadrées par les inspections du travail et de la sécurité sociale.  Et sur les 33 demandes d’autorisation de licenciement de délégués du personnel introduites au niveau des inspections du travail et de la sécurité sociale, 20 ont été refusées et 12 accordées.

La direction des Statistiques du travail et des Etudes (Dste) a aussi enregistré la tenue de 145 élections de délégués du personnel au niveau des inspections du travail et de la sécurité sociale en 2017, présentée comme une année assez mouvementée, avec la tenue de rencontres tendant à améliorer le niveau de vie des travailleurs et des retraités.

Samba Sy a magnifié le dynamisme des inspections du travail et de la sécurité sociale, mais aussi de la Dste dans le cadre de la collecte, du traitement et de la diffusion des statistiques sur le  marché du travail.
Pour autant, des inspecteurs du travail, ayant contrôlé 2.557 établissements, en ont profité pour demander un renforcement de leur effectif pour plus d’efficience dans le travail. Ils tiennent à ce qu’il y ait au moins trois éléments au niveau de chaque bureau régional.

Défi de la dématérialisation

Par ailleurs, le ministre du Travail, estimant que le rapport leur sera d’un apport considérable dans l’évaluation des politiques publiques, mais aussi dans la contribution du secteur du travail à l’atteinte des objectifs fixés, s’est engagé à relever le défi de la dématérialisation. Il faut s’attendre, à cet effet, à une digitalisation des procédures de dépôt et de traitement du bilan social, de la déclaration annuelle sur la situation de la main d’œuvre, de l’attestation de régularité et du contrat de travail.  

« La réalisation de ce chantier permettra de disposer de plus de données fiables, de réduire les délais de traitement des données, d’élargir le champ de la production statistique, mais aussi de publier les données dans une périodicité conforme aux exigences de la Norme spéciale de diffusion des données ». Il a aussi annoncé qu’« en dehors de la révision de la convention collective de l’enseignement privé dont l’extension est en perspective, d’autres travaux se rapportant aux conventions collectives du gaz et du pétrole, de la sécurité privée, des journalistes et techniciens de la communication sociale et de la boulangerie sont en cours ».

Matel bocoum

 

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions fait le bilan de la célébration du 1er mai. Samba Sy revient aussi sur les défis multiples et pressants à relever, dans un monde où la question de l’emploi est de plus en plus préoccupante. Entretien.

Monsieur le ministre, on sort de la fête du 1er mai. Quel bilan tirez-vous ?
Nous sortons effectivement de la Fête internationale du travail. A l’évaluation, nous avons des motifs d’être satisfaits de ce qui s’est passé. Les centrales syndicales, les organisations de travailleurs se sont, sur toute l’étendue du territoire, mobilisées. Il y a eu différentes manifestations. Les travailleurs se sont exprimés dans la joie. Ils ont surtout profité de ce moment pour dire quelles étaient les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Nous avons pu vivre un tel événement de manière sereine, ce qui en dit long sur la nature de notre pays. Nous ne faisons pas suffisamment attention à cet aspect, mais ce pays dispose d’une respiration démocratique avérée. Il est bien qu’il en soit ainsi. C’est un rendez-vous inscrit dans le calendrier ordinaire de la vie de la République. C’est un événement qui a été vécu, me semble-t-il, de manière heureuse. La cérémonie de remise des cahiers de doléances au Palais de la République a également constitué un moyen, pour les travailleurs, de rencontrer les plus hautes autorités dont Son Excellence le Président de la République. Ce dernier en a profité aussi pour apporter des éléments de réponse, autant que faire ce peut, aux légitimes préoccupations des partenaires sociaux.

Justement, la remise des cahiers de doléances a été une occasion pour les leaders syndicaux d’énumérer une kyrielle de maux dont souffriraient les travailleurs. Pensez-vous que l’Etat a répondu à leurs attentes ?
Tout d’abord, le fait que des problèmes aient été relevés démontre qu’il y a de la vie dans notre pays. Je disais à certains travailleurs, le jour où nous n’aurions plus de doléances, en tant qu’être humain, de défis à relever, d’écueils à franchir, d’obstacles à surmonter, je me demande ce que la vie serait. La vie n’a de sens que pare ce qu’il y a encore des défis à relever. Les travailleurs ont effectivement des revendications. Ils aspirent à de meilleurs salaires. Ils veulent que leurs droits soient davantage reconnus dans les entreprises. Ils veulent que le passif social soit soldé. Ils formulent des revendications nouvelles, qui tournent globalement autour de l’amélioration de leur sort, parce qu’ils savent bien que dans notre pays des performances ont été réalisées. Ils pensent que le temps du partage est arrivé. Tout cela est absolument compréhensible. Du côté de l’autorité, la tâche a consisté à essayer d’expliquer que les moyens de la République servent à toute la République. Elle couvre, en réalité, un champ plus large que le seul spectre des travailleurs. Si on prend ceux qui sont dans les organisations syndicales, ce sont eux qui interviennent dans le champ du formel. Mais, au-delà de ces femmes et de ces hommes très importants dans la marche du pays, il y a également d’autres honnêtes citoyens qui ont besoin d’avoir accès, par exemple, à l’eau potable, un peu partout dans le pays. Il nous faut de l’électricité dans les villages, les hameaux, les coins et recoins les plus reculés. Il nous faut des écoles qui répondent à leur fonction sociale et qui donnent envie d’apprendre. Il nous faut des postes de santé. Il nous faut des routes carrossables. Il nous faut tout cela, un peu partout, à travers le Sénégal. Devoir le faire avec les moyens de tout le monde suppose également gérer, distribuer de manière équitable et rationnelle, essayer de penser, surtout à ceux-là qui, pendant trop longtemps, ont été laissés au bord de la route.

Quelles sont les avancées notées et que faire pour améliorer le reste ?
Le Président de la République a patiemment rappelé aux travailleurs ce qui a été fait depuis 2012. Les prix de denrées de première nécessité sont globalement contenus. Bien qu’un peu partout dans le monde, avec l’infléchissement des prix, par exemple, pour le pétrole ça remonte de manière spectaculaire. Pourtant, nous avons à côté des prix des denrées qui ont été gelés depuis 2012. Nous accusons également la baisse du coût de l’électricité de 10%. La fiscalité sur les salaires a diminué. Ce qui a permis aux moins fortunés d’avoir en supplément l’équivalent de quoi au moins acheter un sac de riz. Il y a un nombre d’efforts qui ont été consacrés à ce niveau. Il y a également le relèvement de l’âge de la retraite pour les médecins, l’accord, dernièrement noué, avec les enseignants. Beaucoup d’efforts ont été faits.

Durant cette rencontre, les syndicalistes ont aussi dénoncé des licenciements abusifs. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement pour apporter des solutions ?
Si nous faisons le bilan, il faut le faire de manière exhaustive. Oui, il y a des emplois perdus. Mais, à côté, des emplois ont également été créés. La dynamique de la vie, malheureusement -je me demande d’ailleurs, s’il faut dire malheureusement-, c’est un peu cela. C’est la mort qui enfante la vie. Je ne dis pas que nous devons prier pour que des entreprises ferment. Mais, très objectivement, il y a des entreprises qui vont s’essouffler du fait de devoir disparaître au fil du temps et d’autres seront crées. Une des questions les plus agitées, dans le monde, c’est celle de l’avenir du travail. Nous sommes à une ère de renouvellement et il faut que nous nous mettions en perspective. Le fait qu’il y ait des entreprises qui ne puissent plus suivre, cela entraîne des pertes d’emplois. Mais, à côté, il y a des créations d’emplois. A côté, il y a tous les efforts du gouvernement pour maîtriser la situation. Des entreprises ont été portées par le gouvernement.

Maintenant, que faut-il faire pour relancer l’emploi et donner davantage de possibilités aux Sénégalais, pour en trouver ? C’est ce qui en train d’être fait autour du Programme Sénégal émergent (Pse). Nous relançons notre agriculture. Personne ne peut contester les performances réalisées à ce niveau. Cette année, nous avons même un problème d’achat de nos graines d’arachide, puisque la production est d’un million quatre cent mille tonnes. Cette récolte n’est pas tombée du ciel. Il a fallu mettre des intrants, de la logistique, de l’accompagnement, pour la production.

Ce qui a été fait dans le secteur de l’arachide vaut également pour d’autres secteurs : ognons, tomates, riz où les performances sont nettes. Les Domaines agricoles communautaires sont là et cela donne des opportunités d’emplois à la jeunesse. Ensuite, l’idée de faire en sorte que les différentes contrées de notre pays soient « vivables » confirme que s’il y a des possibilités d’épanouissement dans d’autres localités du Sénégal. Tout le monde ne va pas s’engloutir à Dakar pour vivre d’expédient. Qui n’est pas frappé par le fait qu’à longueur de journée, il n’y a pas que de très jeunes garçons, mais il y a aussi de très jeunes filles qui courent derrière les voitures avec de « petits riens » entre les bras, respirant à pleins poumons les effluves des voitures ?

Tout cela est à corriger et à revoir. Par cette approche, le gouvernement veut veiller à ce que nos campagnes soient plus porteuses. Des efforts sont faits dans le domaine du tourisme, de la pêche. On essaye, aujourd’hui, de permettre à certains de nos jeunes d’avoir un pied à l’école et l’autre dans l’entreprise. L’un des problèmes que notre pays rencontre découle du fait qu’il n’y a pas d’adéquation entre le profil et les emplois disponibles. Tout cela est à corriger. Il y a, bien entendu, la grande perspective des ressources naturelles dans nos pays. Nous en sommes à une période où la nuit n’a pas fini de passer. Nous en sommes à une sorte d’aube. Mais, cette aube est prometteuse. Il faut, ensemble, que nous préservions l’existant afin que les fruits puissent répondre à la promesse des fleurs.

Vous avez en charge le département du Travail. Selon le Président de la République, plus de 400.000 emplois ont été créés depuis 2012. Ce que d’aucuns contestent. Que leur répondez-vous ?
C’est toujours facile de contester. Prenons le seul exemple de Diamniadio qui est en train d’être transfiguré. Les bâtiments construits là-bas sont en train de changer le visage de cette partie du pays. On peut toujours contester, mais les faits sont visibles. Il y a le Train express régional (Ter), ce sont des choses qui sont tangibles. Le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma), le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) à l’intérieur du pays, ce sont des réalisations tangibles. Tout cela enclenche bien évidemment une dynamique. Des efforts faits permettent de dire que sur le plan de l’emploi, des réalisations sont là. La question est maintenant de savoir si celles-ci sont à l’aune de ce que nous souhaitons tous en tant que pays. C’est évident que la réponse est non. Mais, incontestablement, en termes de bilan, il y a des choses sur lesquelles il faut se féliciter. Le problème d’emplois transcende le Sénégal. C’est une question quasi planétaire.

Le Président Macky Sall annonce aussi la création de 75.000 à 80.000 emplois en 2018. Pouvez-vous revenir sur les domaines ciblés ?
Il y a deux secteurs qu’il faut prendre en compte : le formel et l’informel. Au niveau de la Fonction publique, il y a des recrutements, dans les domaines de la santé, de l’enseignement, de l’éducation et de la formation. Il y a les Domaines agricoles communautaires. Des efforts sont faits pour accompagner le monde de la pêche. Tout cela crée des niches d’emplois. Des efforts sont faits dans la reconstruction et la transfiguration de nos cités. Cela génère des emplois dans le domaine du bâtiment. Pour la Sphère ministérielle de Diamnadio, c’est entre 900 et 1.300 jeunes sénégalais qui ont eu à travailler. Cela, c’est du concret. Dans différents domaines, nous avons des possibilités de faire bouger des lignes.

Qu’est-ce que le gouvernement entrevoit de faire pour la promotion de l’auto-emploi ?
Un plan a été spécialement mis sur pied pour pourvoir de l’emploi et très rapidement. Nous avons une Délégation à l’emploi rapide (Der). Les cibles, ce sont essentiellement les jeunes et les femmes. Ce sont aussi les personnes qui ont des compétences qu’il faut renforcer. Des personnes qui peuvent être utiles dans différents domaines pour pouvoir eux-mêmes s’élargir et éventuellement il y aura un appel d’air, ce qui va créer des emplois supplémentaires. Tout le monde ne peut pas émarger à la Fonction publique. On va aider les gens qui sont dans des métiers de la coiffure, de la couture, de la menuiserie… Bref, il y a beaucoup de choses à faire. A côté, l’agriculture est un domaine important sans pour autant négliger d’autres secteurs de la société.

Nous venons de célébrer, ce 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Que comptez-vous faire pour améliorer les conditions de travail dans ce secteur ?
Sans faire de l’intrusion dans votre profession, je crois qu’il faudra que nous nous parlions de manière nette et claire. Il faut que les travailleurs dans le secteur de la presse s’organisent et défendent rigoureusement leurs droits. Il faut également que les entreprises jouent leur rôle. Elles doivent le faire de manière intégrale et totale. Nous sommes en train d’aboutir à la conclusion de la signature de la convention collective des médias. Seulement, le tout n’est pas de disposer d’instruments, il faut également qu’il y ait une organisation et que chacun joue son rôle et qu’on parvienne à reconnaître les uns et les autres. Vous parlez d’entreprise de presse. Sans vouloir juger, j’en arrive à me demander s’il n’y a pas suffisamment à « manger et à boire » là dedans.

N’est-il pas nécessaire de regarder dans le fond pour que les choses se passent comme il faut ? N’y a-t-il pas nécessité à réviser un certain nombre de choses pour que les professionnels du métier soient là dedans. Il faut qu’il y ait un personnel dédié aux métiers de la presse qui dispose des compétences et des attributs requis. C’est compliqué quand tout le monde veut en faire partie. Il nous faut être plus attentif à la formalisation si des outils viables sont mis en place, l’Etat accompagne les entreprises de presse. Il faut juste que tous les acteurs concernés jouent le jeu.

Propos recueillis par Abdoulaye DIALLO et Oumar BA

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La 22ème édition de la journée africaine de la prévention des risques professionnels a été célébrée lundi dernier à Dakar. Cette année, « la promotion des structures de santé au travail au sein de l’entreprise : exigences légales et gouvernances des risques professionnels » a été le thème central qui a mobilisé les acteurs professionnels du Sénégal.

Le bilan des accidents du travail demeure préoccupant d’année en année. Ce sont un peu plus de 8500 accidents recensés l’année précédente, une donnée qui perturbe les consciences des acteurs qui pensent accroitre les moyens de la prévention des risques professionnels. Oumar Sarr, conseiller technique du ministre en charge du Travail en appelle à la responsabilité des Etats membres et des différents acteurs sur la sécurité et la santé au travail. Il admet qu’ « il faudrait une synergie d’actions en ce qui concerne la prévention des travailleurs dans leur milieu professionnel ». Les autorités ne cessent de rappeler les entreprises devant leurs responsabilités en matière de santé et sécurité au travail. Selon Oumar Sarr, « par sa nature l’activité de prévention des risques professionnels visant à la protection de la santé et de la sécurité ainsi que l’intégrité des travailleurs devrait être l’affaire de tous ». C’est ainsi qu’il salue le travail de la Caisse de sécurité sociale qui consacre ce mois à la réflexion de tous les acteurs socioprofessionnels. M. Sarr rappelle ainsi que l’Etat du Sénégal a mis un dispositif de suivi en la matière. L’objectif visé par celui-ci consiste à préserver le capital humain dans son milieu de travail. Soulignant la lourde responsabilité de mettre les travailleurs dans des conditions requises par le code du travail.

Pour le directeur général de la Caisse de sécurité sociale, la célébration de la Journée africaine de prévention (Jap) s’impose dans le calendrier professionnel national. Il s’agit pour Assane Soumaré de sensibiliser davantage sur les politiques de santé et sécurité au sein des entreprises. « La protection des travailleurs contre les maladies professionnelles et les accidents de travail est l’un des objectifs visés par le bureau international du travail », a dit le Dg de la Css qui a insisté sur « la nécessité de l’internationalisation en matière de santé et sécurité par l’impulsion d’une gouvernance pertinente ». A l’en croire, la culture de prévention en matière de santé, sécurité au travail est également un facteur dynamisant qui valorise les valeurs sociales.

Il faut noter que le concours en matière de santé sécurité travail a été remporté par la Société africaine de raffinage (Sar), suivi de Cfao Motors et de Gco de Thiès. Le groupe Bolloré est classé à la troisième position sur un total de 14 entreprises qui ont présenté « des dossiers solides », selon le jury.

Cheikh M. COLY

Le Ministère des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a appris, avec tristesse et consternation, le décès de notre compatriote Mansour Nalla Bâ en République du Congo Brazzaville. Son corps a été retrouvé le vendredi 04 Mai au matin, dans un parc forestier, du quartier de Diata. Le Gouvernement du Sénégal condamne énergiquement ce meurtre et demande qu’une enquête impartiale soit ouverte pour déterminer les causes et circonstances de la mort de notre compatriote. Notre Ambassadeur au Congo-Brazzaville qui suit le dossier, s’occupe du rapatriement du corps au Sénégal. En cette douloureuse circonstance, le Gouvernement présente ses condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble de la communauté sénégalaise établie en République du Congo Brazzaville.

L’affaire opposant Cheikh Bâ et son épouse Sokhna Soumaré aux éléments de “Safinatoul Amane” avait défrayé la chronique. Jeudi dernier, le tribunal d’instance de Mbacké a condamné les accusés, poursuivis pour violation de domicile, usurpation de fonction et menaces.

Deux d’entre eux, Mbacke Kandji et Modou Fall, ont été condamnés à deux mois avec sursis, sans amende, le troisième Massaer Diop a écopé d’un mois ferme et le quatrième, Saër Dieng, en cavale, à deux mois avec sursis avec une amende de 100.000 FCfa. Ils devront payer à  la partie civile 250. 000 FCfa à titre de dommages et intérêts. Il y a deux mois, Cheikh Bâ, polygame, a vu sa deuxième épouse Sokhna Soumaré lui demander le divorce pour avoir épousé une troisième femme parce que, soutient-elle, il lui est impossible de partager son homme. Des démarches pour arrondir les angles à la maison de justice ayant échoué, le dossier arrive au tribunal pour l’entame de la procédure de divorce. C’est ainsi que la dame s’en ouvre à des éléments de “Safinatoul Amane” dont la mission est d’assurer la police des mœurs, en étroite collaboration avec les forces de sécurité. Ces derniers, forts de leur «ndiguël» et de la crainte qu’ils inspirent à Touba, débarquent chez Cheikh Bâ, à Darou Tanzil sur, disent-ils, instruction de leur responsable moral. Cheikh Bâ les suivit jusqu'à leur bureaux. C’est alors que les éléments de “Safinatoul Amane” se muèrent en homme de loi. Devant la femme, Cheikh Bâ est battu et humilié, puis séquestré. Ils lui demandent de divorcer d’avec sa deuxième femme et de lui laisser la garde des enfants, tout en proférant des menaces s’il n’obéissait pas à leurs instructions. Une fois libéré, Cheikh Bâ déposa une plainte devant le procureur contre ses agresseurs.

A la barre, Mbacké Kandji, Modou Fall et Massaer Diop ont reconnu les faits. Ils ont été jugés coupables de violation de domicile, usurpation de fonction et menaces, puis  condamnés. Saër Dieng, en cavale, a été jugé par contumace et condamné. Le procureur a tancé les coupables qui se croyaient intouchables les a mis en garde contre une éventuelle récidive. La partie civile a dit toute sa satisfaction.

Mamadou DIEYE

Dans la dynamique de lutte pour le respect des principes fondamentaux des droits de l’enfant, la Raddho et Tostan, en partenariat avec Anti Slavery International, ont sollicité le concours des communautés pour leur prise en charge.

La Rencontre africaine pour la défense des Droits de l’homme (Raddho) en partenariat avec Tostan, Anti Slavery International et l’Inspection des Daara a convié 120 acteurs intervenant en faveur des «daaras» à un atelier de renforcement des capacités des inspecteurs en langue arabe et des « daaras » sur les droits des enfants. Une rencontre qui s’est achevée, samedi, à Saly Portudal. Une occasion pour les responsables de ces organisations de réaffirmer la nécessité d’encadrer l’apprentissage des enfants dans de bonnes conditions. Mais également, la nécessité de former les maîtres sur les principes fondamentaux des droits et protection de l’enfant.

Pour ce faire, Babacar Samb, Inspecteur des daara au ministère de l’Éducation nationale a renseigné que l’État du Sénégal fournit beaucoup d’efforts pour améliorer l’environnement physique des daaras pour que les apprentissages se déroulent dans les normes requises. «Ce que nous voulons faire, c’est réglementer le sous-secteur pour que les apprenants du Coran soient dans de bonnes conditions», a-t-il dit, annonçant que plusieurs stratégies sont en train d’être mises en œuvre à travers le Projet d’appui à la modernisation des «daaras» (Pamod) avec l’appui financier de la Banque islamique de développement (Bid) à hauteur de 32 milliards de FCfa. « Ce projet consiste à construire des daaras équipés où est enseigné le Coran avec des compétences modernes et en recrutant même des maîtres coraniques fonctionnaires. Nous avons déjà des quota dans les centres de formation pour suivre la formation comme tous les autres ordres d’enseignement», a-t-il souligné.

Également, à travers le Paquet, un test est mené dans 100 daaras via un appui consistant (cantines scolaires, prise en charge médicale, appui aux responsables de ces établissements en français et en mathématiques pour donner aux enfants, la possibilité de poursuivre leurs études dans le moyen secondaire). Tout cela vise à apporter plus de dignité aux pensionnaires des daaras et surtout à éradiquer la mendicité «qui nécessite un changement de paradigme», selon Mouhamed Chérif Diop, représentant de l’Ong Tostan, prônant plus d’organisation de la part des maîtres coraniques.

Le Secrétaire général de la Raddho, Sadikh Niass, a abondé dans le même sens, sollicitant l’implication de l’ensemble des acteurs, y compris des populations. Il a ainsi salué le travail de Tostan au niveau communautaire pour renforcer la sensibilisation des familles et leur implication dans le cadre de cette lutte contre la mendicité et l’errance des enfants. «Les communautés ont un grand rôle a joué à côté de l’État et les acteurs qui sont dans le secteur et les partenaires comme Anti Slavery», a-t-il estimé.

Ousseynou POUYE

Le Président Macky Sall entend faire profiter aux Sénégalais du fort potentiel gazier et pétrolier récemment découvert dans notre pays. Il a réitéré cette volonté lors de la 3eme assemblée générale annuelle de l’Association des autorités anti-corruption (Aaac), qui se tient depuis hier à Dakar. Aussi, a-t-il annoncé la tenue, ce mois de mai, de grandes concertations avec toutes les forces vives de la nation.

Le Chef de l’Etat, Macky Sall, qui a présidé, hier, la cérémonie d’ouverture de la 3eme assemblée générale de l’Aaac, a réaffirmé sa ferme volonté d’exercer une souveraineté stratégique sur les ressources pétrolières et gazières découvertes au Sénégal. Pour ce faire, il envisage de mener de larges concertations, ce mois-ci, avec toutes les forces vives de la nation dans l’optique de contribuer au développement socio-économique du pays.

Le président de la République souligne que cette démarche collaborative devra contribuer au bien-être social. «Pour traduire mon ambition de gérer les ressources pétrolières et gazières de façon inclusive dans l’intérêt des populations, je vais convoquer, au courant de ce mois, de grandes concertations nationales. J’espère que tout le monde répondra à cet appel parce qu’il sera question de discuter de l’avenir des ressources pétrolières et gazières et de voter une loi qui définira les modes de répartition des revenus générés par ces ressources, avant même le début de l’exploitation. Cette réflexion impliquera la société civile, l’opposition et toutes les forces vives qui auront des idées pour une gestion efficiente de ces ressources», a-t-il souligné.

Renégocier les contrats avec les multinationales
En présence des organisations africaines de lutte contre la corruption, il a estimé qu’il est bien possible, pour l’Afrique qui n’a su tirer profit de ses richesses naturelles, de changer la donne. S’il y a lieu de s’attaquer à la mauvaise gouvernance et à la corruption qui érodent les bases du développement du continent, il en appelle aussi à «une conjugaison d’efforts pour marquer des ruptures».

Les dirigeants africains sont aussi invités à prendre des «décisions audacieuses» à travers la renégociation des contrats signés avec les multinationales. «J’ai mené un combat depuis 5 ans au niveau du G 7, du G20 et de l’Union africaine. J’estime que l’Afrique doit se battre et lutter farouchement contre l’évasion fiscale et redéfinir les termes du contrat les liant aux compagnies internationales qui agissent sous le couvert des codes miniers, des codes pétroliers, qui ont été élaborés dans un contexte où l’Afrique tenait à s’ouvrir au marché international. Il fallait tout donner gratuitement avec quasiment très peu de fiscalité. Le moment est venu de renégocier tous ces contrats», a-t-il martelé.

Pour le Chef de l’Etat sénégalais, l’Afrique risque d’être «une grande perdante» si elle se maintient dans cette dynamique. Elle aura également du mal à améliorer ses recettes budgétaires et transformer ses richesses en abondance. Il juge qu’il n’est pas normal que «l’Afrique peine à atteindre la prospérité à la hauteur de ses immenses potentialités malgré des ambitions fortes portées par des forces vives du continent». Il a plaidé aussi pour une «harmonisation des législations» au niveau sous-régional pour des ressources naturelles moteurs de la transformation structurelle de notre continent.

La corruption n’est pas une fatalité
Le Chef de l’Etat en a également profité pour saluer la dynamique de collaboration entre l’Ofnac et les institutions africaines de lutte contre la corruption à travers la mise en place de l’Aaac depuis 2011. Des stratégies de lutte communes qui devront permettre de lutter contre la corruption. «Elle n’est pas du reste une fatalité. Il faut beaucoup de volonté et conjuguer nos efforts pour arriver à une lutte correcte contre ce fléau qui est la maladie des temps modernes, car il faut considérer que la corruption n’est pas une affaire de l’Afrique, c’est le monde entier qui est menacé par ce fléau», a fait remarquer le Président Macky Sall.

Aussi, s’est-il félicité de la tenue de cette rencontre. «Je me réjouis que l’Ofnac a su développer des modèles de coopération dynamiques avec des institutions fortes dans le cadre de la lutte contre la criminalité économique et financière. Je salue cette excellente initiative en faveur de la gestion, l’effectivité de la coopération entre les institutions africaines de lutte contre la corruption qui favorisera une gestion transparente des ressources naturelles».

Pour Macky Sall, «de toutes les formes de corruption, celles touchant aux ressources naturelles sont les plus pernicieuses en ce qu’elles empêchent à la grande majorité des populations d’accéder aux services sociaux de base». Même si, a-t-il ajouté, «la corruption, dans sa globalité, reste l’obstacle significatif à l’émergence de beaucoup pays d’Afrique».

Matel BOCOUM

EMMANUEL ONDONGO, PRESIDENT DE L’ASSOCIATION DES AUTORITES ANTI-CORRUPTION D’AFRIQUE : « L’AFRIQUE PERD 148 MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN »
Il a souligné que des pertes sont estimées à 148 milliards de dollars par an des faits de corruption. Il a déploré aussi que «l’Afrique assiste impuissante à la dilapidation de ses richesses à cause des comportements inciviques  de certains de ses fils». L’organisation panafricaine qu’il dirige a également désigné le chef de l’Etat sénégalais pour porter sa voix au sein de l’Union africaine en vue de remporter la bataille contre un fléau qui mine le continent. Le président de l’Aaca, qui regroupe des autorités des institutions engagées dans la lutte contre la corruption en Afrique, a pensé qu’il est temps d’agir. «La situation économique et sécuritaire de l’Afrique est, de nos jours, au bas niveau. Or, c’est justement lorsque les économies et la sécurité chancellent, se fragilisent, que la corruption, la concussion, la fraude et les infractions assimilées trouvent leur berceau, évoluent allègrement, détruisent les racines morales et civiques des sociétés, les déstabilisent et finalement ralentissent, sinon arrêtent carrément leur développement», a-t-il rappelé.

Selon lui, il faut mener une «guerre soit menée contre les grands corrupteurs qui sont particulièrement puissants et riches. Ils jouissent d’une autorité  certaine. L’abus d’autorité est l’une des causes de la corruption, la concussion et la fraude. L’abus d’autorité est foncièrement malfaisant : il corrompt».

M. BOCOUM

LA PRESIDENTE DE L’OFNAC, SEYNABOU NDIAYE DIAKHATE : « LE SÉNÉGAL A FAIT DES AVANCÉES SIGNIFICATIVES »
Seynabou Diakhate OfnacLa rencontre s’inscrit aussi dans la série d’activités organisée en cette année considérée comme l’année africaine de lutte contre la corruption avec comme thème : « Gagner la bataille contre la corruption : une voie durable vers la transformation de l’Afrique. » Pour elle, le choix porté sur Dakar pour abriter la rencontre s’explique par le fait que le pays, en dehors de l’attractivité qu’il offre, bénéficie d’une confiance toujours renouvelée par des membres de l’Aaaca. «Cela traduit aussi le sentiment profond de reconnaissance des efforts entrepris par le Sénégal pour asseoir une gouvernance sobre et vertueuse», a-t-elle indiqué.

Elle s’est réjouie du fait que le Sénégal ait initié plusieurs réformes pour manifester son attachement aux principes de transparence. «Ces différentes réformes constituent des avancées significatives en matière de transparence et de bonne gouvernance au Sénégal. Elles démontrent à suffisance l’engagement des autorités sénégalaises à lutter contre le phénomène de la corruption et des pratiques assimilées», a affirmé la présidente de l’Ofnac.

M. BOCOUM

RÉFLÉCHIR SUR DES MODES DE FINANCEMENT DE L’AAACA
Le chef de l’Etat a exhorté les membres de l’organisation panafricaine, Aaaca, qu’il présente comme «un instrument de premier plan dans le renforcement de l’intégration africaine et de l’amélioration de la gouvernance de nos pays», de réfléchir un modèle de financement qui puisse leur assurer des résultats probants. «Vous m’avez chargé d’être votre interprète auprès des collègues de l’Union africaine (Ua). Je le ferais volontiers, mais je pense qu’il serait mieux de faire un appel aux partenaires de certains pays. Car, il ne sera pas facile pour l’Ua d’instituer une taxe dans les transactions puisque c’est très compliqué dans les pays.

Même pour le financement de l’Union africaine, nous avons mis plus de deux ans afin d’aboutir au 0,2% des importations. Il faut donc qu’on trouve, ensemble, les mécanismes pour financer vos institutions», a-t-il suggéré.

Il a encouragé ses pairs africains à appuyer ces institutions de lutte contre la fraude. Pour autant, il a pris l’engagement de faire le plaidoyer à la suite des conclusions qui seront tirées de cette rencontre de Dakar qui se tient du 04 au 05 mai. «J’attends avec beaucoup d’intérêt les conclusions de vos travaux qui devraient, outre les questions juridiques, prendre en compte les aspects liés à l’éthique à l’éducation, à la sensibilisation et à l’accès à l’information».

Il a estimé, dans cette optique, que des restrictions ne sont pas contraires à la liberté d’information. Il souligne qu’il faut relancer le débat sur le droit de réserve. «Nous sommes pour l’accès à l’information sans pour autant en faire une arme aussi contre les citoyens ou de chantage contre les citoyens parce qu’on ne peut pas non plus donner des pouvoirs à des personnes, le pouvoir d’agir, de jouer avec des données personnelles des informations professionnelles contre d’autres citoyens. Cela pose problème. Le devoir de réserve doit être préservé dans notre pays. De plus en plus, malheureusement, ce droit de réserve est en train de disparaître. Et ce n’est pas acceptable non plus dans un Etat de droit. Ce débat, vous devez aussi l’évoquer entre vous», a-t-il proposé.

M. BOCOUM

La 12e édition du Magal du « Ndiguel » de Serigne Touba à Cheikh Alassane Sène sera célébrée ce samedi 05 mai à Tivaouane, précisément au quartier Tivaouane mouride sur la route de Saint-Louis.

Récital du coran, prières, invocation du nom d’Allah, lecture d’écrits de Serigne Touba et causerie sur la vie de Cheikh Alassane Sène et Cheikh Sidi Ba seront au menu. Ce marabout mouride a vu le jour à Keur Madialé, un village situé dans le département de Louga, vers 1865. Il est le fils de Serigne Massamba Sène et de Sokhna Ndiaya Mbaye Seck. Dès son jeune âge, son père le confia à Tafsir Oumar Thioune, un grand érudit de Saint-Louis très réputé pour sa sagesse et sa pédagogie.

Cette ville cosmopolite, carrefour des sciences religieuses à l’époque, accueillit donc le jeune Ndiambour-Ndiambour en quête de savoir, de savoir-faire et de savoir-être vers 1875. Après quelques années d’études, il maîtrisa parfaitement le coran et découvrit en même temps la région du fleuve puisqu’il accompagnait très souvent son maître durant ses tournées dans le Gandiol et le Walo. Il quitta l’ancienne capitale du Sénégal vers 1885 pour revenir dans son Ndiambour natal. Toujours dans sa quête perpétuelle de connaissance, il découvrit Cheikh Amadou Bamba qui prêchait encore dans le Mbacké Cadior. C’est avec lui qu’il paracheva sa formation dans plusieurs domaines de la science religieuse.  Son séjour auprès de Khadim Rassoul durera jusqu’en 1895, date à laquelle le fondateur du mouridisme fut déporté au Gabon. Sans démordre de sa volonté d’acquérir le maximum de connaissances, il se rendît à Gawane chez Serigne Cheikh Anta Mbaké, frère de Serigne Touba. Il y resta jusqu’au retour d’exil de son maitre en 1902.

Cheikh Alassane Sène s’est ensuite  installé à Tivaouane vers 1905. Déjà, la ville avait la réputation de foyer religieux de la tidianya avec l’installation de Seydi Elhadj Malick depuis 1902, venant de Diarné dans le Cayor où il résidait depuis 1895. En effet, les statistiques des écoles coraniques de l’année 1911 révèlent la présence de 21 marabouts établis à Tivaouane, qui dispensent l’enseignement coranique à plus de 300 enfants. Cheikh Alassane Sène, un mouride « Sadikh », a vécu en bon voisinage avec les hommes de Dieu vivant dans la sainte ville de Tivaouane dans la crainte référentielle de Dieu et l’humilité jusqu’en 1934, date à laquelle il rejoint son créateur à l’âge de 69 ans.

Ndiol Maka SECK

 

Suite à l'arrestation, avant-hier, par la Section de recherches de la gendarmerie, du président de l’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (Asred), Ibrahima Sall, qui ne dispose d'« aucune légitimité pour traiter des affaires pénitentiaires »  et qui se sert des établissements pénitentiaires comme « fonds de commerce »,  la direction de l'Administration pénitentiaire a qualifié de mensongères ses nombreuses sorties et apporté des précisions sur les longues détentions préventives.

Le président de l'Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (Asred,) qui dénonçait « les mauvaises conditions de détention et les longues détentions provisoires dans les établissements pénitentiaires » et faisait état de mouvements d'humeur dans trois établissements pénitentiaires », a tout faux. C’est la conviction de la direction de l’'Administration pénitentiaire qui, dans un communiqué daté d’hier et signé de son directeur, souligne que « les déclarations du président de l'Asred sont fausses, imaginaires et ne soutiennent que sa volonté de faire sa promotion personnelle par le chantage et l'appel à la rébellion de nos pensionnaires au moment où des efforts considérables sont quotidiennement faits pour améliorer leurs conditions de détention dans les établissements pénitentiaires ». « Sur les longues détentions provisoires, à titre d'exemple, à la Mac de Thiès, sur 654 détenus provisoires, 45 ont fait plus de 3 ans. À la Mac de Diourbel, sur 245 détenus provisoires, 5 détenus y sont depuis plus de 3 ans », poursuit le texte. En outre, considérant que « les établissements pénitentiaires constituent son fonds de commerce », paradoxalement l'Asred « ne figure même pas sur la liste des associations intervenant en milieu carcéral et n'a visité aucun établissement en 2018 », ajoute la même source. Par conséquent, conclut celle-ci, « l'Asred, de ce fait, ne dispose d'aucune légitimité pour traiter des affaires pénitentiaires ».

M. L. DIEYE

Des hommes puissamment armés ont, dans la nuit de mercredi à hier, attaqué et pillé le village des pêcheurs qui jouxte le pont de Niambalang (Oussouye), puis endommagé à l’explosif une partie dudit pont. Un homme, marié et père de plusieurs enfants, y a trouvé la mort.

Les populations de la région de Ziguinchor sont encore sous le choc et plongées dans la consternation. Selon les témoignages recueillis sur place, les assaillants ont fait irruption vers une 1 heure du matin dans le village des pêcheurs, qui est implanté au pied du pont de Niambalang. Ce pont, situé sur le marigot de Niambalang, constitue la frontière entre les départements de Ziguinchor et d’Oussouye. Il se trouve à une trentaine de km à l’ouest de la ville de Ziguinchor, et à 10 km d’Oussouye. Le marigot de Niambalang, très poissonneux en plusieurs endroits, constitue une importante voie de communication qui dessert les villages de Kaguitte (Ziguinchor), Youtou et Effoc (Oussouye). La bande d’hommes armés, qui a donc pris au dépourvu ses victimes, s’est scindée en petits groupes pour opérer, semant la terreur dans les familles de pêcheurs qui habitent les lieux. « Ils se sont emparés de nos biens (argent, bijoux, téléphones portables, radios, etc.) de façon violente, avant de braquer les trois boutiques qui sont là », a confié un homme qui a requis l’anonymat.

Après, les assaillants ont incendié 5 cabanes à usage d’habitation sur les 17 existantes. Avant de se replier, ils ont endommagé à l’explosif une partie du pont de Niambalang, tuant du coup un pêcheur qui avait aménagé sous ledit pont un espace de fortune où il passait souvent la nuit. Une partie du corps du défunt a été calcinée. « Apparemment, une charge a été posée sur une des culées du pont située du côté est vers Ziguinchor, et l’explosion a un peu endommagé deux poutres. En surface aussi, l’explosion a un peu soulevé une partie de la dalle de transition et des blocs d’enrobée », d’après cet ingénieur des ponts et chaussées,.

Ces dégâts ont entraîné une interruption du trafic sur l’axe Ziguinchor-Cap-Skirring  pendant plusieurs heures. A notre départ des lieux, hier, vers midi, ils étaient en train d’être réparés, sous la vigilance des forces de sécurité et de défense qui y ont été déployées fortement. Les populations de la zone n’ont pas manqué d’insister - pour leur sécurité - sur la nécessité de renforcer les cantonnements de Kaguitte et de Youtou et de remettre celui qui était au niveau du pont de Niambalang. Elles ont déploré « une certaine fréquence des braquages dans leurs terroirs ces temps derniers » dont celui qui a eu lieu, lundi passé, à  Kaguitte, un village de la commune de Nyassia, situé dans le département de Ziguinchor.  

El Hadj Moussa SADIO

 

La décision prise par le Chef de l’Etat sénégalais de maintenir le prix du package pour l’édition 2018 du Hadj, à 2 600 000 F cfa risque d’engendrer des frustrations si des précisions ne sont pas apportées selon Cheikh Bamba Diouf.

Pour Cheikh Bamba Dioum, l’auteur de l’ouvrage sur « les chemins du Hadj », qui s’est exprimé hier, au nom des voyagistes privés, le gouvernement du Sénégal, qui s’inscrit dans une dynamique de privatisation du Hadji, doit apporter des réajustements pour éviter que l’édition 2018 du Hadj n’enregistre des couacs.

Les voyagistes privés ont manifesté, hier, leur mécontentement suite à une demande de la délégation générale du Hadj de fournir leur compte d’exploitation, ce qui est, disent-ils, du domaine du privé et dénote d’un manque de considération envers les voyagistes qui convoient plus de 90% des pèlerins en partance pour la Mecque, soit les 10 860 pèlerins sur 12 860.
Ils demandent à l’Etat d’édifier l’opinion publique sur le maintien du prix du package à 2 600 000 F Cfa. « Des pèlerins pensent que c’est le prix officiel alors qu’il ne concerne que les 2000 pèlerins de la Délégation générale. » ajoute M Dioum. Ils déplorent également le fait que le package ne soit plus disponible depuis l’annonce de cette mesure, le 20 avril dernier, à l’issue d’un conseil interministériel.

Par ailleurs, pour M Bamba Dioum et ses collègues, les populations doivent être édifiés sur la vérité des prix. Il explique que les coûts supportés par les voyagistes ne permettent pas de s’aligner sur les prix de l’Etat surtout qu’ils font face à des coûts additionnels. Loin de verser dans la surenchère, ils soulignent qu'ils sont dans l’obligation de proposer des forfaits Hadj à plus de 3 millions de F Cfa.
« En matière de prix, il est difficile de faire fi des réalités du marché. Le coût de revient du billet pour la Mecque dépasse, depuis 2016, largement les 2 600 000 F cfa. Des couts additionnels, d’un montant de 120 000 f cfa, se sont greffés en 2017 avec la mesure prise par l’Arabie Saoudite d’augmenter les titres de séjour, nous avons payé 10% de taxes supplémentaires » ajoute M Dioum. 

Ils soulignent aussi que le nouveau cahier des charges qui exige aux voyagistes privés de convoyer au minimum la moitié de leurs pèlerins par le biais de la compagnie affrétée par l’Etat, n’est pas à leur avantage. «  Cette situation a entrainé une hausse du prix de façon fulgurante avec un billet d’avion qui nous revient à 1 190 000 Fcfa alors qu’il variait, en 2016, entre  800 000 f cfa et 1 000 000 f cfa.  Nous n’avons pas la liberté de choisir notre avionneur. Avec cette structuration du prix, nous ne pouvons pas procéder à des baisses au risque de mourir. L’Etat doit réagir dans l’intérêt de tous les pèlerins » fait savoir M Dioum.

Matel BOCOUM

 

L’imam Aliou Ndao s’est expliqué, hier, devant la barre, sur les 9 millions de FCfa reçus d’Ibrahima Diallo (un million en guise de prêt et 8 millions à garder).

L’imam Aliou Ndao s’est expliqué, hier, pour la première fois, devant la barre.  Sept chefs d’inculpation pèsent sur le présumé terroriste.  Avant de répondre, l’imam Ndao commence par dire : « Alhamdoulilah » (Dieu merci), suivi de quelques versets coraniques. On entend des murmures partout dans la salle. Il a fallu que le juge Samba Kane rappelle aux partisans, amis et parents du prévenu qu’il n’y a ni approbation ni désapprobation dans la salle. La cause est entendue. Le président peut alors continuer son interrogatoire. Durant toute la journée, Aliou Ndao alterne ses réponses entre aveux et dénégation. Parfois, il s’explique en récitant quelques sourates du Coran. On sent à travers ses réponses qu’il maîtrise très bien ce livre sacré. Selon ses dires, c’est à la fin de l’année 1970 qu’il a mémorisé le Coran au « daraa » de Coki. Imam Ndao, né à Ndalane (Kaolack), a rejoint ce « daraa » en 1967 alors qu’il n’avait que 7 ans. En trois ans, il a  assimilé le Coran. Imam Aliou Ndao a fait plusieurs localités du pays pour continuer son apprentissage des sciences islamiques. Après ses études coraniques, il a réussi le concours de la Ligue mondiale islamique. Ce qui l’a conduit en Mauritanie où il a fait deux ans de formation. De retour de Nouakchott, il a implanté un « daraa » dans son village natal Ndalane. Face à la forte affluence, il a délocalisé l’école coranique à Kaolack où on lui avait prêté une maison. En 1998, a-t-il dit devant la barre, il a obtenu un terrain à Ngane (périphérie de Kaolack) où il a construit un « daraa » et une mosquée. Imam Ndao avait aussi des terres. C’est grâce à l’agriculture qu’il nourrissait ses talibés. Jusqu’en 2015, a-t-il informé, le « daraa » était fréquenté par pas moins de 400 talibés. Si certains enfants dont les parents avaient les moyens payaient à la fin de chaque mois, les cas sociaux apprenaient gratuitement.

C’est dans ce « daraa » que l’imam a connu son co-accusé Matar Diokhané. Ce dernier, à l’époque élève dans un collège à Kaolack, était une fois venu voir imam Ndao pour lui faire part de son désir de continuer ses études islamiques. Très touché par le geste de Diokhané, a-t-il raconté, il l’a mis en rapport avec un de ses amis pour l’encadrer. Toutefois, il a précisé ne pas connaître les parents de Matar Diokhané. « Depuis qu’il a quitté Kaolack, je n’avais plus de ses nouvelles. C’est quand il a rédigé un livre qu’il m’a appelé pour la correction. Je n’ai jamais discuté avec Matar Diokhané ni avec un autre sur l’implantation d’une cellule djihadiste au Sénégal », a-t-il déclaré. Parmi les autres accusés, imam Ndao admet qu’il connaît Saliou Ndiaye qui est son voisin, Ibrahima Hann, Coumba Niangla, épouse de Matar Diokhané, et Ibrahima Diallo que Matar avait envoyé chez lui pour récupérer le livre. « Tout le reste du groupe, je ne les connais pas. Je me demande pourquoi on parle d’association ou de complot par menace », s’est interrogé l’accusé. L’imam Aliou Ndao a ajouté qu’il n’a jamais été au courant des voyages de Matar Diokhané au Nigéria. « Matar ne m’a jamais remis de l’argent. Quand il m’a amené son enfant au ‘’daraa’’, je l’avais pris comme un cas social. Si je savais que Matar Diokhané avait de l’argent, il allait payer comme tout le monde », a affirmé le prévenu.

Par ailleurs, il a admis avoir reçu de l’argent d’Ibrahima Diallo alias Abu Oumar. La première rencontre entre les deux a eu lieu quand Ibrahima Diallo est venu récupérer le livre de Matar Diokhané. « Je ne le connaissais pas avant », a-t-il tenu à préciser. Ibrahima Diallo est encore retourné chez imam Ndao une deuxième fois. Cette fois-ci, a rappelé l’accusé, c’était pour solliciter un poste d’enseignant dans le « daraa ». « Je lui avais répondu qu’au ‘’daraa’’, on ne recrute pas d’enseignants. Tous ceux qui y enseignent ont été formés à l’école. Après la formation, on prend certains pour l’encadrement des plus jeunes ». Son co-accusé est encore reparti à Kaolack une troisième fois. Ibrahima Diallo, qui était en route pour la Gambie, a fait un crochet à l’école coranique d’imam Aliou Ndao. Au fil des discussions, a-t-il dit, Ibrahima Diallo lui a demandé les difficultés auxquelles est confronté le « daraa ».

Imam Ndao lui a fait part de son désir d’installer du solaire dans son école. Ibrahima Diallo, qui avait déjà reçu 15 millions de FCfa de Coumba Niang, l’épouse de Matar Diokhané, a prêté à l’imam 1.500 euros, soit 1 million de FCfa avant de lui confier 25 billets de 500 euros l’unité. « Quand il m’a remis l’argent, je lui ai demandé qu’il y ait une décharge. Nous avons tout signé. Je lui ai remis une copie et j’ai gardé une autre. Jusqu’à présent, la copie est avec moi », a-t-il révélé.

A la question du procureur de savoir pourquoi il n’a pas demandé la provenance de l’argent, l’imam a répondu : « dans notre jurisprudence, on n’a pas le droit d’avoir de mauvais préjugés sur une personne ».

Des vidéos de l’Etat islamique trouvées dans son ordinateur

Le tribunal a projeté, hier, des vidéos trouvées dans l’ordinateur de l’imam Aliou Ndao. Dans l’une des vidéos qui a duré plus de 40 mn, on voit les soldats de l’Etat islamique en train d’exécuter des militaires. Les captifs étaient criblés de balles par les djihadistes. Un vrai film de guerre où les soldats avec le drapeau de l’Etat islamique tiennent des kalachnikov, détruisent des maisons ou tuent des innocents. Selon le juge, une trentaine de vidéos de l’Etat islamique ont été trouvées dans l’ordinateur d’Aliou Ndao. Mais, d’après l’accusé, il y a plus de centaines de vidéos dans son ordinateur. Toutefois, accuse-t-il, le tribunal s’est juste intéressé aux vidéos sur l’Etat islamique alors que dans la même machine il y a des vidéos sur la Birmanie, la Centrafrique, l’Irak, l’Iran, la Somalie, Israël, la Palestine, etc. « Je suis un chercheur. Je fais des recherches sur tout ce qui se passe dans le monde. J’ai gardé ces fichiers pour mes connaissances religieuses », explique-t-il. Selon ses dires, il a commencé ses recherches sur tous les domaines d’activité et sur la géopolitique mondiale en 1979. Jusqu’à son arrestation, il n’a jamais cessé de faire des recherches. Après la diffusion de la vidéo, imam Ndao, invité par le juge à faire un commentaire, informe que la vidéo peut être divisée en deux parties : dans la première, dit-il, « on voit des sunnites massacrés par l’Etat irakien ». Dans la seconde partie, ajoute-t-il, « les sunnites ripostent et tuent des soldats irakiens ». Toutefois, il précise qu’il n’a jamais diffusé ces vidéos pour un large public. « C’est un devoir pour moi de savoir ce qui se passe dans le monde musulman », renchérit-il. A travers cette vidéo, imam Ndao invite  tous les savants du monde à s’interroger sur les causes du terrorisme pour en trouver une solution définitive. En outre, l’accusé indique qu’il ne partage pas cette façon de faire des terroristes. Selon lui, ceux qui commettent ces exactions ne peuvent pas être considérés comme des musulmans. « Je ne suis pas d’accord avec les islamistes comme je ne suis pas d’accord avec ceux qui jettent des bombes sur d’honnêtes citoyens », ajoute-t-il.

Les enquêteurs ont aussi trouvé un pistolet et des seringues après une perquisition au domicile d’imam Ndao. Celui-ci de préciser que l’arme est un pistolet artisanal qu’il a acheté pour surveiller ses champs et la maison. Pour les seringues, il informe qu’il les utilise pour vacciner ses poussins. A la question du procureur de savoir s’il enseigne le djihad, l’imam Ndao répond : « demander à un maître coranique s’il enseigne le djihad, c’est comme demander à un enseignant de mathématiques s’il enseigne l’addition et la soustraction ». Dans son entendement, le djihad, c’est le travail, la recherche.

Aliou Ngamby NDIAYE

La célébration du 1er mai, la Journée internationale des travailleurs, à l’instar des autres capitales régionales, s’est tenue à Kaolack où les centrales syndicales ont défilé sur la principale avenue de la ville et remis leurs cahiers de doléance à l’autorité administrative.

Kaolack, la capitale de la région éponyme, n’a pas dérogé à la règle nationale en célébrant ce mardi la journée internationale des travailleurs. Défilé sur l’avenue Basile Diogoye Senghor, le principal boulevard de la ville, et remise symbolique du cahier de doléances aux autorités administratives. Une parade unitaire où les travailleurs arborant des tenues aux couleurs de leur centrale syndicale ont exprimé par des pancartes ou des banderoles leurs préoccupations de l’heure. Ce fut le cas de l’union régionale de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) pour laquelle l’édition 2018 du 1er mai a rimé avec la revendication de la réintégration de travailleurs licenciés « Dans le cahier de doléance remis à l’autorité administrative , figurent en bonne place la situation de 300 pères de familles abusivement licenciés par la direction de la Société nouvelle des salins du Sine Saloum (Snsss) et pour laquelle nous avons déposé un recours au niveau de l’inspection régionale du travailleurs pour leur réintégration sans délai et sans conditions», a indiqué Abdou Ndiaye, le patron de l’union régionale de la Cnts, très remonté contre cette société privée présente au large du fleuve depuis près d’un siècle pour l’exploitation du sel. Un bras de fer entre la direction et les travailleurs qui ne fait que commencer, selon le camarade de Mody Guiro.

Autre affaire entre les mains du patron local de la Cnts, la réintégration des ex-journaliers de la mairie de Kaolack. « Au niveau de la commune de Kaolack, 39 travailleurs ont été injustement licenciés par l’autorité municipale qui a été déboutée par la Cour d’Appel, la condamnant outre à payer à ces derniers 34 millions au lieu des 17 millions de FCfa requis en première instance.

Aujourd’hui, nous en appelons au président de la République pour que la commune de Kaolack respecte la décision de la justice dans cette affaire qui perdure au grand dam de ses pères de familles qui ne savent plus à quel saint se vouer », a renchéri le responsable syndical. Du côté de la commune, on informe un ultime recours au niveau de la Cour de Cassation aux fins d’infirmer les décisions en première et seconde instance dans cette affaire que l’institution a héritée des équipes municipales en place depuis 2009.

A signaler qu’en plus du défilé, les centrales et les syndicats ont organisé séparément des rassemblements pour réfléchir et échanger sur la situation des travailleurs dans leurs secteurs respectifs.

Elimane FALL

La fête du 1er mai à Tambacounda a été l’occasion pour les partenaires sociaux de saluer les actes posés par l’Etat pour régler la crise scolaire.

Ce 1er mai 2018, les unions régionales des centrales affiliées à la coalition des Confédérations syndicales du Sénégal, composées de la Cnts, de l’Unsas, de la Csa, de la Cnts/Fc et de l’Udts ont célébré la fête du Travail à travers un grand rassemblement à la place Léopold Sédar Senghor de Tambacounda, suivi du dépôt du cahier des doléances à la gouvernance après partage du document avec les travailleuses et les travailleurs. Cette année, la coalition a retenu comme thème : « Unis pour des salaires dignes et décents ».

En recevant le cahier de doléances des travailleurs, le gouverneur El Hadji Bouya Amar, s’est félicité de la situation normale qui est revenue dans l’enseignement grâce au Président Macky Sall. Ce qui montre, a dit le gouverneur, l’engagement de l’Etat dans le respect du droit à l’éducation malgré les ressources budgétaires très limitées. « L’ensemble des doléances au niveau de la région de Tambacounda seront diligentées, les autres seront remontées à qui de droit », a fait savoir le gouverneur El Hadji Bouya Amar, qui a annoncé aux travailleurs l’affectation, depuis mars, des spécialistes à l’hôpital régional pour en faire un véritable hub.

Les efforts de l’Etat dans la fourniture de l’électricité ont également été salués. Malang Souané, coordinateur de la coalition et secrétaire général de l’Uden, a mis l’accent sur le paiement de salaires dignes et décents. Dans la région, même si les préoccupations des travailleurs restent quasiment les mêmes faute de prise en charge optimale au cours de l’année écoulée, la coalisation des centrales syndicales se félicite du traitement fait du cahier des doléances 2017 sous l’égide du gouverneur, avec l’inspecteur du travail comme maître d’œuvre.

Dans le secteur de l’éducation et de la formation, les travailleurs et même les populations se félicitent de la suspension du mot d’ordre suite aux accords signés entre les parties prenantes. Seulement, Malang Souané a insisté sur le respect des accords signés. Dans le secteur de la santé, le non-respect des accords signés depuis 2014, le paiement de la dette des établissement publics de santé, les conditions d’accueil, de sécurité et d’hospitalisation, la prise en charge des patients, le remboursement par l’Etat des sommes dues aux structures de santé dans le cadre de la Cmu (498 millions de FCfa pour la région), le non-paiement des salaires des contractuels depuis 8 mois, de personnel de santé, y compris les agents communautaires, l’amélioration des conditions de travail et la motivation du personnel, sont, entre autres, les principales préoccupations.

Dans le secteur de l’énergie, la Senelec est invitée à recruter les prestataires occupant des postes vacants depuis plus de quinze ans. Pour Malang Souané, malgré les efforts, l’emploi des jeunes reste une préoccupation de taille de même que l’application des décisions de justice en faveur des travailleurs.

Pape Demba SIDIBE


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