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Société & Faits divers (2698)

Un incendie d’une rare violence a ravagé 8 concessions, soit 53 cases, au village de Sara Niana, à 13 km de Néttéboulou, chef-lieu de la commune du même nom à 30 km de Tambacounda.

Les flammes ont réduit en cendre 10,595 tonnes d’arachide, 8,200 tonnes de mil « souna », 1,10 tonne de maïs et 3 tonnes de sorgho. En outre, des habits, du bétail et autres matériels ont été emportés par les flammes qui se sont déclarées peu après 8h30mn le mercredi dernier. Les sources indiquent que le feu serait venu d’une des maisons. La vitesse du vent a fait qu’il n’était pas du tout possible de maîtriser le feu qui s’est vite propagé. C’est dire qu’avant l’arrivée des soldats du feu venus de Tambacounda,  à 40 km de Sara Niana, l’incendie avait déjà fini de ravager le maximum de cases.

Pape Demba SIDIBE

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye a présidé, samedi, à Louga, la cérémonie officielle de la 54ème édition de la « ziarra » (visite pieuse) dédiée à Thierno Mountaga Daha Tall. La rencontre s’est déroulée au stade Djiby Diouf (ex-Wattel) en présence d’une foule immense. Serigne Mbaye Sy Mansour, Khalife général des Tidianes, était présent. De même qu’un parterre d’érudits et d’oulémas venus de l’intérieur du pays et de la sous-région. Le cadre était donc propice pour formuler des prières. Et le ministre Aly Ngouille Ndiaye l’a bien compris. Lui qui a saisi cette belle et rare occasion pour demander à prier « encore et plus » pour son mentor, le président de la République Macky Sall. « C’est une chance que de voir deux Khalifes généraux, Thierno Bachir et Mbaye Sy Mansour, assis côte à côte. Cela n’arrive pas souvent et c’est une bénédiction. Je n’ai pas de doute. Tout ce qui est formulé comme prières sous cette tente sera exaucé. Pas de doute là-dessus », a dit et insisté Aly Ngouille Ndiaye.

Le ministre a profité de « ce beau cadre béni par Dieu » pour demander à tous les chefs religieux du Sénégal de soutenir et d’accompagner le président Macky Sall. « Prier pour Macky Sall, c’est opter et prier pour un Sénégal qui s’inscrit durablement sur la voie de l’émergence », a soutenu le ministre de l’Intérieur qui a magnifié la présence à cette cérémonie de Serigne Mbaye Sy Mansour. « C’est une présence qui mérite d’être relevée et magnifiée. Mais je ne suis pas surpris. Serigne Mbaye Sy Mansour ne fait que suivre les traces de ses prédécesseurs », a fait remarquer Aly Ngouille Ndiaye qui s’est félicité de la « parfaite entente et cohésion » qui existe entre les deux familles Sy et Tall et, au-delà, de toutes les familles religieuses du Sénégal. « C’est beau de voir les deux guides ensemble. L’image magnifique renvoie au Sénégal de nos rêves, un Sénégal uni, solidaire et constructif », a dit le ministre qui est aussi revenu sur le bilan de Macky Sall à la tête de l’Etat. « Pas besoin de chercher longtemps. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir les réalisations du chef de l’Etat, visibles sur l’étendue du territoire national », a-t-il dit, soulignant que tous les secteurs d’activité ont enregistré des progrès significatifs de 2012 à nos jours. « En six ans, tout a augmenté au Sénégal sauf les prix », a relevé Aly Ngouille Ndiaye, qui a particulièrement salué les efforts accomplis par l’Etat pour développer le stratégique secteur agricole. « Malgré ces réalisations, beaucoup reste à faire. Et c’est pourquoi, nous sollicitons encore vos prières pour permettre au président Macky Sall de réaliser ses ambitions pour le Sénégal », a expliqué le ministre.

La demande d’Aly Ngouille Ndiaye a trouvé un écho favorable chez Thierno Bachir Tall. « Tous les guides religieux du Sénégal prient pour le président Sall qui a énormément fait pour l’islam. Le projet de modernisation des foyers religieux est un exemple parmi tant d’autres », a indiqué le Khalife général de la famille omarienne. Thierno Bachir Tall qui a demandé et obtenu de Serigne Mbaye Sy Mansour qu’il prie pour les fidèles, le Sénégal, l’Afrique et le monde entier.

Par Abdoulaye DIALLO (Textes), Assane SOW (Photos)

SERIGNE MBAYE SY MANSOUR, KHALIFE GENERAL DES TIDIANES : « EL HADJ MALICK SY DOIT PRESQUE TOUT À EL HADJ OMAR TALL »
Serigne Mb M Sy LougaCe qu’El Hadj Malick Sy Maodo fut et reste, il le doit en grande partie au vénéré Cheikh Omar Foutihou Tall, a confié, samedi, à Louga, Serigne Mbaye Sy Mansour, Khalife général des Tidianes.
C’était sa première participation à cette « ziarra » en tant que Khalife général des Tidianes. Une première donc, mais qui restera dans les annales. C’est que Serigne Mbaye Sy Mansour a séduit tout le monde. Les fidèles ont eu le privilège de voir et d’écouter un homme doté d’une vaste culture générale. Un homme qui a une parfaite connaissance de l’histoire de son pays et des tarîqa.

« Je suis venu parce que quand on aime Dieu et qu’on a choisi l’islam, on est obligé de passer par la maison de Cheikh Omar Tall.

Et Cheikh Omar aujourd’hui, c’est vous Thierno Bachir », a d’emblée dit Serigne Mbaye Sy, s’adressant au Khalife général de la famille omarienne. Thierno Bachir renchérit, s’adressant à l’assistance : « La venue de Serigne Mbaye Sy Mansour est votre chance. Je vous demande de l’écouter religieusement ». C’était le début d’un riche exposé sur les liens de sang et d’amitié qui lient les deux familles Sy et Tall. Maîtrisant incroyablement son sujet, le guide religieux faisait toujours référence aux enseignements de son grand-père El Hadj Malick Sy, la sounna et le Coran.

Et Serigne Mbaye Sy Mansour l’a clairement dit : El Hadj Malick doit beaucoup à El Hadj Omar. « Si Maodo est devenu ce qu’il est devenu, c’est en grande partie grâce à Cheikh Omar Foutiyou Tall. Cela est une certitude », a insisté le Khalife général des Tidianes qui a invité les deux familles qui ont donc « tout en partage » de consolider leurs liens basés sur le Coran et les enseignements prophétiques. « C’est Dieu qui nous uni, nous devons le savoir. Les guides religieux doivent constamment échanger et partager. Restons donc unis, solidaires et échangeons sur toutes les questions », a préconisé Serigne Mbaye Sy Mansour. Il a rappelé que cette invite est également lancée à tous les autres acteurs du pays. « Que tout le monde érige le dialogue en règle.

Les politiques, les acteurs économiques etc., tous doivent s’asseoir et parler. Il y va de l’intérêt du pays », a souligné Serigne Mbaye Sy Mansour qui a recommandé aussi à un retour aux valeurs qui fondent l’islam. « Aujourd’hui les mosquées sont remplies, les gens prient. C’est une bonne chose. Mais on a beaucoup à dire sur les comportements quotidiens des personnes », fait observer le Khalife général des Tidianes, rappelant que l’islam, c’est avant tout un style de vie, un comportement et des actes qui doivent être conformes aux enseignements du prophète Mohamet (Psl) », a expliqué le marabout qui a formulé des prières pour la jeunesse et pour un Sénégal paisible et prospère.

Par Abdoulaye DIALLO (Textes), Assane SOW (Photos)

« L’ETAT A RESPECTÉ SES ENGAGEMENTS », SELON LE COMITÉ D’ORGANISATION
Le Comité d’organisation de la « ziarra » a tiré un bilan satisfaisant. Tout s’est bien passé. « Rien à dire sinon merci à l’Etat et à ses démembrements qui ont tous respecté leurs engagements », a dit Chérif Ly, s’exprimant au nom du Comité d’organisation de la 54e édition de cette « ziarra » dédiée à Thierno Mountaga Daha Tall. « Les instructions données ont été respectées. Nous remercions le président de la République et tous ceux qui ont participé pour la bonne réussite de cet événement. C’est un pari qui vient d’être gagné », a ajouté Chérif Ly qui a demandé au Khalife général de la famille omarienne de prier pour le gouvernement et les bienfaiteurs.

Par Abdoulaye DIALLO (Textes), Assane SOW (Photos)

Au total, 22 personnes ont été interpellées par des éléments du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (Gign), hier, dans le cadre de la traque des auteurs et commanditaires de la tuerie dans la forêt classée de Bayotte-est, le samedi 6 janvier dernier.

« Les investigations de la gendarmerie nationale ont abouti, hier, à l’interpellation de 22 personnes, à la suite de pistes intéressantes dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte à la suite de la tuerie de 14 personnes dans la forêt de Bayotte-est du 6 janvier dernier », indique un communiqué de la Division Communication de l’institution qui nous est parvenu. Le document rappelle qu’un « groupe de plus d’une vingtaine de coupeurs de bois a été pris à partie par des assaillants armés dans ladite forêt. L’attaque s’était soldée par la blessure de sept autres personnes pendant que trois autres parvenaient à s’échapper pour en sortir indemnes ». Cette opération d’interpellation, note le communiqué, a été menée sous la houlette de la Légion de gendarmerie sud, par la Section de recherches appuyée par le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (Gign) et la Légion de gendarmerie d’intervention (Lgi), déployées à Ziguinchor la veille, par voie aérienne. Les unités de l’armée nationale, en manœuvre dans la zone, ont soutenu le bon déroulement de l’opération.

Parmi les personnes interpellées, figurent quatre personnes originaires de Toubacouta et membres du comité villageois de surveillance des forêts. Ces personnes avaient été condamnées à un mois de prison ferme à Ziguinchor, après une altercation avec des exploitants forestiers clandestins. Elles ont été libérées en fin décembre 2017. Par ailleurs, le Gign a saisi quatre cartons de cartouches d’arme à feu au domicile d’un certain Omar Diédhiou, habitant la localité de Toubacouta. Un autre homme, bien au fait du conflit armé en Casamance, a été appréhendé également, hier matin, dans la ville de Ziguinchor.

Un médecin légiste requis
D’après le document de la gendarmerie, le Haut-commandement a déployé, eu égard à la « gravité et la sensibilité des faits », la Section de recherches de Dakar pour appuyer les enquêteurs de la Légion sud, ajoutant qu’« un médecin légiste a été requis à l’hôpital le Dantec de Dakar pour procéder à l’autopsie des corps sans vie ». « Le résultat a permis de déterminer formellement les causes de la mort, les conditions dans lesquelles les victimes ont été exécutées, le calibre et le type d’arme utilisés », révèle le communiqué.

Aussi, des premières auditions des témoins et constatations sur les décédés, la gendarmerie a conclu que les victimes ont été prises dans une embuscade tendue depuis les premières heures du 6 janvier 2018. « Elles ont été ainsi regroupées, couchées par terre et sauvagement exécutées. L’identification des victimes par les gendarmes a permis d’établir le bilan. Tous les blessés en mesure d’être entendus ont été auditionnés, de même que les parents des victimes décédées », explique la Division Communication.

Populations rassurées
Parallèlement à ces investigations, l’armée est en train de poursuivre ses opérations de ratissage sur les lieux du drame et environs, installant la peur dans le camp des fossoyeurs de nos ressources forestières et de la paix en Casamance. Quant aux populations locales, elles apprécient bien « le travail titanesque » que les forces de défense et de sécurité mènent en ce moment sur le terrain. Dans la ville de Ziguinchor également, on se félicite « des efforts énormes » que l’Etat est en train de déployer pour assurer la sécurité des personnes, ainsi que la libre circulation de ces dernières et de leurs biens sur l’ensemble du territoire régional. En effet, hommes, femmes et jeunes continuent de vaquer tranquillement à leurs occupations habituelles. Et la vie active bat toujours son plein dans tous les secteurs socioprofessionnels.

El Hadj Moussa SADIO
et Ibrahima K. NDIAYE

LES IMAMS DE LA RÉGION PRIENT POUR LA PAIX
Après la tuerie qui a été perpétrée le 6 janvier dernier dans la forêt classée de Bayotte-est, les imams de la région ont organisé, hier, une séance de lecture du Coran à la grande mosquée de Ziguinchor et formulé des prières pour le repos de l’âme des victimes. Ils ont également prié pour que la Casamance et le Sénégal retrouvent la paix.

Le coordonnateur des imams de la région de Ziguinchor, Djibril Dème, a indiqué que la paix est la chose que les guides religieux de la Casamance souhaitent le plus dans leurs villages respectifs. « Parce que sans la paix, a-t-il rappelé, rien de durable ne peut se faire en Casamance ». L’imam Dème a souhaité que l’accalmie, qui est observée ici depuis 2012, se poursuive pour favoriser le retour de la paix et le développement dans la région méridionale du Sénégal. IÒÒl a exhorté ses collègues à poursuivre les séances de lecture du Saint Coran et les prières pour le retour à la normale de la situation dans les régions de Ziguinchor, de Sédhiou et de Kolda, qui constituent la Casamance naturelle.

Quant à l’initiateur de cette séance de lecture du saint Coran, Doudou Kâ, administrateur général du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip), il a lancé un appel solennel au gouvernement pour que les enfants des victimes de la tuerie du samedi 6 janvier dans la forêt classée de Bayotte-est soient considérés comme des pupilles de la Nation. Il a estimé que « cela est très important pour la recherche de la paix en Casamance ». M. Kâ n’a pas manqué d’engager les acteurs du problème casamançais, ainsi que ses compatriotes d’ici et le reste du peuple sénégalais pour tout soit fait, afin qu’on retrouve la paix définitive en Casamance.

El Hadj Moussa SADIO

Un grave accident de la circulation s’est produit hier aux environs de 13 heures sur la route nationale n° 3, à la hauteur du village de Darou Khafor, à une quinzaine de kilomètre de la ville de Mbacké. Le bilan provisoire fait état de 5 morts sur le coup et de 15 blessés graves. Les victimes ont été évacuées à l’hôpital Matlaboul Fawzeyni de Touba.

La route nationale numéro 3, très fréquentée cette semaine avec la disparition du Khalife général des mourides, a enregistré un grave accident de la circulation hier. Il était loisible de constater sur le bas-côté de la route le camion transportant du ciment tout affalé. Les sapeurs-pompiers et la gendarmerie en alertes sont présents sur les lieux pour évacuer les victimes et procéder aux constats de ce violent choc qui vient d’allonger la liste macabre des accidents.

En effet, le camion immatriculé DK-9066A-L en provenance de Diourbel transportait du ciment. Le chauffeur a pris par dessus bord des passagers clandestins à destination de Touba. Une fois au  village de  Darou Khafor, un véhicule qui roulait derrière le camion a tenté le dépassement, malheureusement la manœuvre enclenchée fut interrompue car, en face, une voiture roulant en sens inverse s’est retrouvée en face des deux véhicules.

Le chauffeur du camion qui tentait une manœuvre pour éviter le choc, a perdu le contrôle de son véhicule qui s’est retrouvé dans le décor, entraînant une chute des passagers et de la marchandise. La violence du choc, associée au poids des sacs de ciment, a occasionné la mort de cinq passagers sur le coup et des blessés graves.

La prompte intervention des sapeurs-pompiers a permis l’évacuation de l’ensemble des victimes à l’hôpital Matlaboul Fawzeyni de Touba. L’attente a été longue cependant pour dégager le camion à l’aide d’une grue qui a été transportée sur les lieux. Une fois de plus l’indiscipline sur la route a fait des victimes, d’où l’imminence des mesures idoines pour une solution définitive.

Mamadou DIEYE

 

Depuis le départ du président Macky Sall, le ballet des autorités se poursuit dans les domiciles respectifs du défunt et du nouveau Khalife général de la communauté mouride. Les disciples sont également venus des différentes localités pour apporter leur soutien et renouveler leur allégeance de part et d’autre dans les concessions de Gouye Mbind et de Darou Minam.

Touba a célébré hier, dans le recueillement, le troisième jour de la disparition de Cheikh Sidy Mokhtar. Le vendredi a coïncidé avec la prière hebdomadaire ; ce qui a expliqué la grande affluence des disciples et des autorités dans la cité religieuse de Touba et particulièrement dans les « pinthes » respectifs de Gouye Mbind et de Darou Minam.

A Gouye Mbind plusieurs files indiennes sur plus d’un kilomètre ont été notées. Les hommes se rendant au mausolée du défunt khalife pour prier. Ils sont des centaines sous une bâche, d’autres assis à même l’asphalte ou sur des nattes lisent le saint Coran ou les panégyriques de Khadim Rassoul. Il y en avait des disciples, hommes et femmes de tous âges et la foi en bandoulière, qui venaient dire aussi leurs souhaits sur des billets ou des pièces d’argent qu’ils abandonnent sur place à côté du mausolée en tôles ondulées dressées dans la cour de la concession. Un soulagement indescriptible se lit sur les visages de ceux qui ont déjà effectué leur « ziarra » (visite). Modou Khoudia est un disciple venu du Saloum pour faire sa « ziarra ». « Je suis vraiment soulagé et maintenant je m’en remets à Dieu. Je vais renouveler mon allégeance à Sérigne Moustapha  et retourner tranquillement au village attendre les « ndiguel » (recommandations), c’est cela que j’ai hérité de mes pères », a-t-il assumé. Des femmes et des enfants distribuent à tous les coins de rues du café, du thé, du lait, des bonbons etc. Sous les tentes, des chanteurs déclament les panégyriques et en sourdine une sono diffuse des versets du saint Coran.

Le scénario est le même du côté de Darou Minam, où les autorités continuent de défiler depuis la visite du président Macky Sall. Les autorités religieuses et temporelles ont défilé au domicile du nouveau Khalife général hier. Le président du Hcct Ousmane Tanor Dieng, Me Ousmane Ngom, le ministre Omar Guèye, Idrissa Seck étaient tous présents. A signaler aussi le passage du ministre mauritanien de l’Orientation islamique et l’Enseignement originel, Ahmed Ould Ehil Daoud, qui a réaffirmé les liens entre les érudits mauritaniens et la famille de Khadim Rassoul. Son appui conséquent est constitué de 15 chameaux et d’une somme équivalente à 20.000 euros, a été remis, sous forme de don.

Auparavant, il y a eu les autorités de la communauté mouride, de la famille Baye Fall ainsi que celle de Cheikh Issa Diène. Le guide des thiantacones Cheikh Bethio Thioune, qui a déjà été reçu par Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, a fait préparer 100 grosses marmites à l’intention des disciples venus en masse à Touba. Le Khalife général n’a pas rompu d’avec la tradition ; il s’est rendu, comme tous les vendredis, à la grande mosquée pour la prière hebdomadaire. A son retour, il a continué à recevoir les délégations et les personnalités.

Mamadou DIEYE

 

Les séances de prières organisées hier à Touba pour le repos de l’âme de Serigne Sidy Moctar Mbacké ont vécu. Cette rencontre a mobilisé les membres de l’auguste famille de la Mouridiya ainsi que les disciples en provenance de toutes les parties du Sénégal.

Des milliers de disciples ont pris part, hier à Touba, aux prières dédiées à Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké. Ils ont afflué des quatre coins de notre pays pour rallier le quartier de Gouye Mbind où repose, depuis mercredi dernier, Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké, septième khalife de Cheikh Ahmadou Bamba et savant de la pensée islamique. Des Mbacké-Mbacké, des disciples ainsi que des frères et sœurs en Dieu se sont réunis autour de son fils aîné Serigne Moustapha Mbacké pour magnifier l’œuvre de l’illustre disparu et témoigner sur son apport majeur à l’expression de l’Islam et de la Mouridiya au Sénégal.

Plusieurs personnalités, dont le président Macky Sall, accompagné du Premier ministre Mouhamed Boune Abdallah Dionne, le président de l’Assemblée nationale, le Khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, avaient déjà effectué le déplacement pour présenter leurs condoléances au nouveau Khalife général Serigne Mountakha Bassirou Mbacké et à la grande famille mouride. Ils avaient, tous, vanté les qualités du défunt Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké et  regretté sa disparition qui est une grande perte pour toute la communauté musulmane du Sénégal.

Selon Ibrahima Thiam, un talibé en provenance de Thiès, les membres de notre « dahira » (regroupement de fidèles) se sont consacrés à toutes leurs dévotions et se sont souvenus intensément de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké, une éminente personnalité religieuse à qui toutes les prières sont dédiées. Sur la vie et l’œuvre du khalife disparu, il a laissé entendre que « de sa naissance en 1925 à son rappel à Dieu en 2018, c’est une vie de dévotions et d’enseignement des grandes valeurs morales et spirituelles de l’Islam ». Pour Adja Ndèye Anta Tall, une disciple venue de Dakar, Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké symbolisait la lumière dans la cour de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du Mouridisme.  « Il a donné satisfaction à Khadimou Rassoul et à tous ceux qui étaient à la recherche de la Vérité et qui désiraient illuminer leurs cœurs des lumières éternelles », a dit notre interlocutrice. Son fils Elhadj Dieng de renchérir en ces termes : « Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké a mis tout le monde d’accord sur sa vaste érudition et ses capacités de persuasion sur la voie de Dieu. Ce guide hors norme a amené des milliers d’individus à être plus réceptifs à la Bonne Parole, celle de Dieu ».

C. A. AMATH et M. DIEYE

 

Tristesse et consternation hier à Touba. Plusieurs milliers de fidèles y ont convergé à l'occasion des cérémonies de prières dédiées au défunt Khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké. Sa disparition a plongé toute la communauté musulmane dans une ambiance morose et bien triste.

Touba, lieu de prières aux pieds de Cheikh Ahmadou Bamba, était le point de convergence de plusieurs milliers de fidèles mourides hier. Dans une cité noire de monde, ils ont, au troisième jour de la disparition de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké, glorifié Dieu, rendu hommage au Meilleur de tous, le prophète Mouhamad (Psl) et prié pour le repos de l’âme du défunt Khalife général. A Gouye Mbind, la résidence du disparu, les talibés sont venus, dans la prière et la méditation, rendre hommage à leur guide spirituel monté au Ciel dans la nuit du mardi au mercredi dernier. Des milliers de fidèles mourides ont rallié Gouye Mbind hier pour prendre part aux cérémonies de prières organisées au troisième jour du rappel à Dieu de Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké. Et durant toute la journée, une localité si calme s’est animée mieux qu’une fourmilière éclatée. Une image portant tout son sens, tant le déferlement des fidèles était frappant. De partout, ils sont venus se recueillir au mausolée de l’illustre disparu avant de participer aux récitals du Coran. C’est d’abord la densité de la circulation sur les principaux axes aboutissant à Gouye Mbind que l’on remarque.  En plus des véhicules particuliers, les transports en commun et même les poids lourds ont charrié du monde par ici. Les voitures hippomobiles ont remué les sols des pistes, venant des villages environnants. D’autres fidèles sont venus à pied, à vélo, à dos d’âne. Sous la force de la ruée du vendredi, la grande masse est venue. Alors, plus une maison sans hôtes de Gouye Mbind. Les vérandas, les cours et même les rues seront squattées. Çà et là, des nattes et tapis sont étalés à même le sol.

Un peu partout, de grandes marmites, juchées sur de gros cailloux, sont léchées par les flammes de feux alimentés par du bois de chauffe. Tout cela, pour faire manger les fidèles qui ont pris d’assaut Gouye Mbind. Partout la fumée s’élève, pique les yeux, vicie la respiration. Bref, c’est l’affluence des grands jours à Gouye Mbind où des milliers de fidèles ont tenu à venir se recueillir au mausolée du septième khalife de Cheikh Ahmadou Bamba disparu dans la nuit du mardi au mercredi dernier.

Cheikh Aliou AMATH
et Mamadou DIEYE

 

L’on attendait, avant-hier, après son échange de propos avec le président Macky Sall, sa première adresse aux fidèles en tant que nouveau Khalife général des Mourides. « C’est pour plus tard », nous répond un de ses proches qui préfère garder l’anonymat. « En tout cas, les croyants seront bien servis par cet homme de Dieu », ajoute notre interlocuteur. Selon lui, à chacune de ses adresses aux fidèles, en sa qualité de dépositaire du legs de Cheikh Ahmadou Bamba, le huitième Khalife général des Mourides ne manquera d’appeler les Musulmans à opérer un retour à Dieu pour être couverts de Ses bienfaits. Serigne Mountakha Bassirou Mbacké laissera parler son cœur gorgé de foi et de soumission, délivrera la parole du Seigneur et l’énonciation des normes sociales à respecter par les croyants de notre pays.

Dans des adresses limpides à des fidèles recueillis, il fera toujours savoir que Dieu devra être l’objet de notre adoration et de notre soumission. L’amour, l’écoute réciproque et le travail, autres formes de dévotion, vont, nous dit-on, être exaltés par le tout nouveau guide spirituel des Mourides. « Egal à lui-même et fidèle à sa ligne de conduite, il sera constant », ajoute notre interlocuteur. Selon lui, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké abordera, à coup sûr, des thèmes de haute portée : unicité de Dieu, conformité à la charia et à la sunna, éducation des enfants.

L’écoute réciproque, l’union des cœurs et des esprits, la cohésion sociale, la solidarité nationale et le rapprochement des peuples sont parmi les sujets de prédilection du nouveau guide. Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, écouté par des millions de Sénégalais, à travers le pays et la diaspora,va appeler à suivre la direction indiquée par Dieu.

Des propos d’un sage auprès de qui des milliers de disciples viendront se ressourcer à Touba, en ce jour de prières pour le repos de l’âme de son prédécesseur, Serigne Cheikh Sidy Moctar.

En effet, voudront-ils le voir, l’approcher, le toucher, le saluer. C’est vrai que cet homme de Dieu attire et fascine. Le nouveau Khalife général des Mourides tel qu’en lui-même : un physique entamé par l’âge (88 ans), dans un grand boubou, le visage avenant.Il a, nous dit-on, une mémoire fidèle et un argumentaire centré sur les enseignements du prophète Mouhamad (Psl), de Cheikh Ahmadou Bamba et une âme scellée autour de Dieu.

Serigne Mountakha Bassirou Mbacké a toujours le Coran comme bréviaire, soutiennent quelques-uns de nos interlocuteurs. Et certains d’ajouter : « Le nouveau guide spirituel de la communauté mouride est bien imprégné des problèmes du pays ». De l’avis de tous, le Khalife général des Mourides, avec discours au ton paternaliste, nous poussera à avoir foi en l’avenir, mais surtout à faire l’effort qui permet de dépasser les fausses querelles et les fausses oppositions. Ses prières pour un Sénégal uni et prospère, un bon hivernage, la réussite des politiques de développement initiées par le président de la République vont séduire totalement et rassurer les populations et les gouvernants.

Il ne pourrait en être autrement chez un homme qui vit dans la crainte de l’Être suprême qu’il n’a jamais cessé de prier pour que le Sénégal soit sous sa sainte protection.

Cheikh Aliou AMATH

Pendant les sept années passées à la tête de la communauté mouride, Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké n’a cessé de poser des actes pour continuer l’œuvre de ses prédécesseurs. C’est ainsi qu’il a, durant son khalifat, engagé des travaux dans plusieurs domaines.

Cheikh Abdoul Lahat Mbacké, quatrième khalife, est connu dans le monde mouride comme le « bâtisseur » pour avoir engagé de grands travaux, mais aussi pour avoir assaini la ville sainte. Il aura marqué son époque par son dévouement pour la bonne cause. En tant que deuxième petit-fils, après Serigne Mouhamadou Lamine Bara, à accéder au khalifat, Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké avait pris le même élan que Baye Lahat.

C’est pourquoi, une fois aux commandes en 2010, il avait engagé des travaux dans la grande mosquée. En plus de donner de nouvelles couleurs au lieu de culte, cher à son grand père, Cheikh Ahmadou Bamba, il avait décidé de porter les minarets à sept. Deux nouveaux minarets sont venus s’ajouter aux cinq autres. En plus des travaux de la mosquée de Touba, il a continué les travaux de Massalikoul Djinane, la mosquée mouride de Dakar.

Autres travaux engagés, ceux de l’Université Cheikh Abdoul Lahat Mbacké pour faire de Touba un centre d’études de renom. Dans la même lancée, la résidence Khadim Rassoul située en face de la grande mosquée a connu, sous Serigne Sidy Moctar, une cure de jouvence pour mieux accueillir les hôtes lors du magal. Les autres résidences, comme celle située sur la route de l’héliport et celle de Darou Marnane, sont sorties de terre dans le but d’agrandir la capacité d’accueil des hôtes de la ville sainte. Dans le souci d’améliorer les conditions de vie des populations, Serigne Sidy Moctar a aussi construit des voies de communication, des forages ainsi que des postes de santé. Certes, son prédécesseur Cheikh Mouhamadou Lamine Bara avait commencé un important travail sur les routes en goudronnant des axes à Gouye Mbind, Alieu, Darou Khoudoss, Darou Marnane et le marché Ocass, mais il avait décidé d’en augmenter le nombre. « En 2012, rappelle Serigne Cheikh Thioro Mbacké, un de ses plus proches collaborateurs, il avait dégagé une enveloppe d’un milliard de FCfa pour aider les victimes des inondations. Il avait financé le réseau électrique dans d’autres localités telles que Touba Pété, Boulkam, Mbarakane, etc., à hauteur de 700 millions de FCfa ».  A ces projets du Khalife, viennent s’ajouter les efforts de l’Etat dans la ville sainte. C’est le lieu d’évoquer l’autoroute Ila Touba qui tenait à cœur Serigne Sidy Moctar et que le président Macky Sall a tenu à réaliser pour satisfaire cet homme de Dieu qui vient de nous quitter.

C. A. AMATH

Suite à la disparition de Cheikh Sidy Makhtar Mbacké, Khalife général des Mourides, l’ancien Président de la République, Me Abdoulaye Wade, a présenté ses condoléances à la communauté mouride et au Sénégal. Il a, par ailleurs, annoncé, dans une déclaration, qu’une forte délégation composée par des membres du comité directeur du Pds se rend à Touba ce vendredi matin pour présenter, sous la direction du coordonnateur général Oumar Sarr et du président du groupe parlementaire Madické Niang, les condoléances du Secrétaire général national Abdoulaye Wade, du candidat du parti Karim Wade et de l'ensemble des membres du parti.

 « La communauté mouride vient d’être lourdement frappée par le départ vers le Tout-Puissant de Serigne Sidy Makhtar Mbacké, mon khalife, mon marabout et mon ami, mais nous savons que c’est la volonté divine et nous nous soumettons à la volonté d’Allah. Je présente mes condoléances à tous ses fils, à ses épouses, à ses frères et sœurs et à tous ses parents pour cette perte immense qui frappe l’ensemble du peuple sénégalais et l’Afrique. Je prie pour qu’il soit accueilli par Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul, fondateur de notre communauté qui le conduira vers notre Prophète Mohamed (Psl) où il retrouvera les khalifes qui l’ont précédé. Je suis son disciple. Il aimait rappeler ce qu’avait dit de moi le vénéré Serigne Saliou Mbacké : « Ce que je vous souhaite, Abdoulaye, je ne le demanderai à personne d’autre qu’à Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Puisse la terre lui être légère et qu’Allah l’accueille en son paradis avec, à ses côtés, le vénéré Khadimou Rassoul ». Selon Me Wade, toutes les actions de la vie de Serigne Sidy Makhtar Mbacké étaient «des leçons de vie pour nous».   Appliquant fidèlement les principes qui nous ont été légués par Khadimou Rassoul, la prière, la science et le travail, il demeurait attaché à cette trilogie des piliers de la doctrine du mouridisme.

A toute sa famille, d’abord au Khalife général Serigne Mountakha Mbacké, à sa sainte famille, à tous les talibés mourides, à tous mes compatriotes, je présente mes condoléances attristées et prie pour qu’Allah l’accueille en son paradis ».

M. L. DIEYE

Les témoignages s’enchaînent suite au rappel à Dieu le 7 janvier dernier de Serigne Sidy El Moukhtar Mbacké, 7e Khalife général des Mourides. Les politiques et la société civile continuent d’exprimer leur peine  suite à cette immense perte pour la communauté musulmane.

A la suite du retour à Dieu du Khalife général des Mourides Serigne Sidy Moukhtar Mbacké, le Secrétariat exécutif national (Sen) de l’Alliance Pour la République (Apr), le parti présidentiel, à travers un communiqué signé de son porte-parole, Seydou Guèye, a présenté ses condoléances à la famille de Serigne Touba Khadimou Rassoul, à la communauté mouride et à toute la Ummah.

« Le Sénégal vient de perdre un chantre de l’unité des confréries,  un bâtisseur de paix et de concorde » « Le Sen du l’Apr, l’ensemble des militants et responsables du parti, présentent leurs sincères condoléances à la Ummah islamique, à la famille de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké Khadimou Rassoul et à la communauté mouride. Avec la douloureuse  disparition de Serigne Sidy Moukhtar Mbacké, le Sénégal vient de perdre un illustre défenseur de l’Islam, un chantre de l’unité des confréries,  un bâtisseur de la paix et de la concorde. Il avait inscrit sa mission et sa vie dans l’ascétisme, la générosité, la piété et l’altérité, incarnant ainsi les valeurs positives qui doivent innerver notre vivre ensemble et féconder notre pratique religieuse conformément aux recommandations divines et à la Sunna du Prophète Mahomet (Psl). Soufi avéré comme peuvent en attester sa vie terrestre et ses enseignements, fervent disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, le vénéré Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké aura également marqué son khalifat et son époque par un grande œuvre de modernisation de la ville sainte de Touba, la construction de la Grande mosquée de Massalikoul Jinaane à Dakar.

Puisse Allah le couvrir de sa grâce et de sa miséricorde en lui réservant comme demeure éternelle son Paradis céleste. L’ensemble des responsables et militants de l’Alliance pour la République, à l’unisson du Président Macky Sall et  de notre communauté nationale, réitèrent leurs condoléances attristées à la nation sénégalaise et expriment au nouveau Khalife général des Mourides Serigne Mountakha Bassirou Mbacké leur soutien et leur solidarité dans sa noble mission en lui souhaitant une longue vie et une excellente santé ».

Mamadou Lamine DIEYE

La saison touristique se déroule de façon satisfaisante, voire excellente en plusieurs endroits de la région de Ziguinchor, contrairement à ce que redoutaient beaucoup d’acteurs professionnels du secteur. Surtout que le Quai d’Orsay déconseillait formellement aux ressortissants français de se rendre dans la zone située au Sud de Ziguinchor à cause des opérations de ratissage que l’armée sénégalaise pour traquer les auteurs de la tuerie de samedi dernier dans la forêt classée de Bayotte.

Les hôtels et autres réceptifs touristiques fonctionnent à merveille dans la ville de Ziguinchor et dans toute la zone du Cap-Skirring (Oussouye). Les clients, notamment des touristiques, s’y succèdent sans interruption. Selon le chef de service régional du Tourisme de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, Marie Louise Faye, cette décision des autorités françaises déconseillant à leurs compatriotes de se rendre dans la zone située au sud de Ziguinchor à cause des opérations de ratissage de l’armée n’a pas eu d’incidences négatives sur le taux de remplissage des hôtels de Ziguinchor et du Cap-Skirring. Ziguinchor et Cap-Skirring sont les plus proches du lieu du drame de la semaine dernière que les zones touristiques de Kafountine, Abéné, Kabadio, etc. D’après la patronne du tourisme en Casamance, cette décision de la France n’a entraîné aucune annulation ou quelque désistement que ce soit dans les réservations qui ont été faites au niveau des hôtels et autres réceptifs touristiques de la région de Ziguinchor.

En tout cas, le visiteur qui débarque à Ziguinchor ou au Cap-Skirring peut constater de visu que la plupart des hôtels affichent le plein en cette période de l’année. Le chef de service régional du Tourisme a révélé que les hôtels de Ziguinchor sont entre 70 à 75% de taux de remplissage.

El H. M. SADIO  

Le Khalife général des Tidianes était à Touba pour présenter ses condoléances à la communauté mouride et au nouveau Khalife général. Il était en compagnie de toute la famille de Tivaoune. Serigne Mountakha Bassirou, très ému par cet acte de haute portée religieuse et parentale, a conforté Serigne Mbaye Sy Mansour et a promis d’approfondir davantage les relations entre les familles de Maodo Malick Sy et de Cheikh Ahmadou Bamba.

Serigne Mbaye Sy Mansour était à Touba hier pour compatir à la douleur qui a frappé la communauté mouride et pour partager avec Serigne Mountakha Bassirou Mbacké les moments difficiles que la famille de Cheikh Ahmadou Bamba vit, suite au rappel à Dieu de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké. « Unis par les liens du sang, les Sy et les Mbacké ont tout en commun. Voilà ce qui explique ma présence à Touba ou je ne compte que des parents », a dit Serigne Mbaye Sy Mansour qui s’est ensuite appesanti sur les qualités de l’illustre disparu qu’est Serigne Sidy Mokhtar Mbacké qu’il a qualifié « de véritable homme de Dieu ».

Selon lui, c’est tout le Sénégal qui est aujourd’hui orphelin car le défunt Khalife général des Mourides était ouvert à tous, servait les bonnes causes, réussissant à mettre tout le monde d’accord sur l’union des cœurs et des esprits autour des pratiques cultuelles. « Serigne Sidy Mokhtar, qui s’est toujours investit dans le champ des dévotions, nous a quittés, mais avec les bénédictions de tous les croyants », a souligné Serigne Mbaye Sy Mansour, avant de dire que « les œuvres laissées par le défunt guide de la communauté mouride sont de belle facture et portent témoignage sur son investissement prononcé dans la vivification de l’Islam ». Citant les membres de sa délégation dont Serigne Mawdo Abdoul Aziz Sy, Serigne Mansour Sy Djamil, Serigne Mansour Abdoul Aziz, Serigne Mouhamadou Habib Abdoul Aziz, le Khalife général des Tidianes a fait savoir que « son porte-parole, Serigne Pape Malick Sy, est déjà venu présenter les condoléances de la famille religieuse de Tivaoune. «Mais, j’ai tenu à venir personnellement partager avec vous ces moments difficiles et vous manifester mon estime et ma sympathie », a-t-il dit, soulignant que Tivaouane, «la maison de Mawdo Malick Sy, ne peut pas rester insensible à quelque chose qui touche Touba et la famille de Cheikh Ahmadou Bamba».

Abordant ses relations avec la famille du nouveau Khalife général des Mourides, Serigne Mbaye Sy Mansour a souligné « les liens particuliers qu’il entretient jusqu’à présent avec Serigne Issakha Mbacké, ancien diplomate et jeune frère de Serigne Mountakha Mbacké ».

Il a ensuite évoqué l’admiration qu’il portait à Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké, ascendant de l’actuel Khalife des Mourides, qu’il venait voir à chaque fois qu’il était en visite chez son talibé, Ibou Camara, un commerçant établi à Mbacké. « Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké m’attirait et me fascinait », a dit Serigne Mbaye Sy Mansour, avant de tendre la main au nouveau Khalife général des Mourides, en l’assurant de sa disponibilité à œuvrer pour le rayonnement de l’Islam et le raffermissement des relations entre Tivaouane et Touba. Enfin il a formulé des prières pour la longévité de Serigne Mountakha et pour l’accomplissement de toutes les actions qu’il aura à entreprendre duraant son khalifat. En réponse, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké a, malgré la gravité du moment, exprimé toute la joie que lui procurent la venue et les propos émis par son hôte : « Je prends à témoin le Seigneur que la joie que j’éprouve aujourd’hui, je l’ai rarement eue dans ma vie. Je rends grâce à Dieu en vous ayant à mes côtés. Merci d’être venu nous soutenir en ces moments difficiles », a dit le nouveau Khalife général des Mourides qui a ensuite exprimé « sa volonté de travailler au renforcement des relations déjà excellentes entre Touba et Tivaouane, deux pôles religieux dont le renom tient de ces deux hommes de Dieu que sont Cheikh Ahmadou Bamba et Mawdo Malick Sy ».Après avoir redit toute son admiration à Serigne Mbaye Sy Mansour, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké a prié pour le Khalife général des Tidianes, avant de lui demander de faire de même pour lui.

Cheikh Aliou AMATH et Mamadou DIEYE


SERIGNE MANSOUR SY « DJAMIL » : « IL APPELAIT À LA SOLIDARITÉ ENTRE TOUTES LES CONFRÉRIES »
« Aujourd’hui le Sénégal tout entier, toutes confessions confondues et la Ummah, pleure la disparition d’un guide exceptionnel. Je suis meurtri devant la disparition d’un Cheikh qui était une chance pour le Sénégal, surtout à l’heure  actuelle où nous avons besoin d’humilité et de sens de dépassement pour davantage de cohésion nationale; qualités qu’incarnait pleinement Cheikh Sidy Makhtar Mbacké. Grand rassembleur, nous lui devons aujourd’hui de célébrer les fêtes religieuses musulmanes en communion. Par sa générosité, sa lucidité, et son sens des responsabilités, il a su gagner les cœurs de milliers d’hommes et de femmes d’ici et d’ailleurs. Et c’est de cela qu’il s’agit : assumer ses responsabilités vis-à-vis de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba face aux exigences du monde moderne tel que évoqué dans le Coran (Surat Al Ahzab- Les coalisés S33, v72-73)».

Mamadou Lamine DIEYE

Le chef d’état-major général des armées, le général de Corps d’armée, Cheikh Guèye, était hier à Ziguinchor dans le cadre de ses tournées régulières dans les différentes garnisons et zones de déploiement de nos forces. Sa visite a coïncidé avec l’évènement malheureux du 6 janvier 2018 dans la forêt classée de Bayotte, le massacre de jeunes partis chercher du bois. Une tuerie qui a motivé le déclenchement d’une opération « particulière pour rechercher, traquer et neutraliser les auteurs de l’acte odieux». D’après le patron des armées sénégalaises, « au-delà même de ces criminels qui ont eu à commettre cet acte, il sera question de nettoyer cette zone pour que les populations puissent faire leur travail normalement ».

Le chef d’état-major général des armées (Cemga) s’est rendu à Toubacouta, un village de la commune de Nyassia (Ziguinchor) situé à quelques encablures de la forêt classée de Bayotte-est, pour rencontrer les populations locales et les rassurer sur la protection de l’armée. « J’ai eu à leur dire que notre raison d’être ici, c’est d’abord de vous permettre d’aller vaquer paisiblement et librement à vos occupations», a révélé le Cemga. A l’en croire, les populations ont beaucoup salué l’action qui est menée par les armées. Selon le général Guèye, « les opérations, qui se mènent également, vont les rassurer davantage ». Le patron des armées a indiqué que lesdites opérations visent à protéger l’environnement. Pour lui, « il n’est pas question qu’on puisse laisser notre environnement être détruit par des gens qui sont mus par des intérêts privés ». Il a rassuré que l’armée sera partout où ce sera nécessaire et force restera à la loi.

Le chef d’état-major général des armées n’a pas manqué de faire remarquer que « ceux-là qui sont chargés de négocier continueront certainement de faire leur travail, et nous également, en ce qui nous concerne, assureront la sécurité des populations et de leurs biens ». En termes de bilan des opérations de ratissage qui sont en cours, le corps sans vie d’une 14ème victime de la tuerie de samedi dernier a été retrouvé hier matin dans la forêt classée de Bayotte. Il s’agit de celui de Daouda Vieux Manga, la cinquantaine, marié et père de quatre enfants. Le défunt était vigile. Ce jour-là, il était allé chercher du bois chauffe pour pouvoir joindre les deux bouts. Compte tenu de son état de dégradation très avancée, la dépouille a été mise en terre à Toubacouta.

El Hadj Moussa SADIO

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye s’est engagé, mardi, à tout mettre en œuvre pour un bon déroulement de la ziarra annuelle de Thierno  Saïdou Nourou Tall et de Thierno Mountaga Tall prévue du jeudi 25 au lundi 29 janvier prochains à Dakar.

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye a présidé, avant-hier, la réunion consacrée aux préparatifs de la ziarra annuelle de la famille omarienne à la salle de conférence dudit ministère. Les points liés à la sécurité, à la santé, à l’hydraulique, à l’hygiène et aux eaux et forêts ont été abordés. Le comité d’organisation a émis le vœu de voir une augmentation du montant alloué aux médicaments. Si l’année dernière, 2,3 millions de FCfa ont été remis aux fidèles, pour l’édition 2018 une enveloppe de 4 millions a été demandée, comme l’a révélé le gouverneur de la région de Dakar, Mohamet Fall. En ce qui concerne le curage des réseaux, il est préférable que les travaux s’effectuent 10 jours avant l’évènement. La mairie de Dakar s’est  engagée à mettre à la disposition du comité d’organisation 30 toilettes mobiles, un entretien de l’éclairage public autour des sites et un  pré-positionnement d’un camion hydro-cureur. L’année dernière, les organisateurs avaient décerné un satisfécit à la Senelec qui a pris l’engagement de mettre  la zone de la ziarra hors délestage pendant au moins cinq jours. Il est aussi prévu, par les services compétents, de procéder à une opération d’abattage des chiens errants une semaine avant la ziarra. Pour ce qui concerne la cuisson des repas, le ministre Aly Ngouille Ndiaye a précisé qu’il est important de revoir la méthode, au lieu d’utiliser à chaque fois du bois mort. « D’ici le 29 janvier, il y aura une appréciation positive, une amélioration par rapport à l’année dernière, si chacun de nous tient ses engagements », a exhorté le ministre de l’Intérieur, non sans ajouter que l’augmentation des toilettes mobiles, des bâches… été mise en suspens. La cérémonie officielle se tiendra le dimanche 28 janvier. Le représentant du khalife, Thierno Macky Tall, a prié pour un Sénégal de paix et de prospère.

«Violence, éducation et paix», thème de la ziarra
La ziarra annuelle sera marquée par un programme important, selon Mamadou Dia du comité d’organisation qui rencontrait les journalistes à la moquée Omarienne hier, lors d’une conférence de presse.  

En préambule, Mamadou Dia, membre du comité d’organisation, a indiqué que 90 % des travaux sont terminés. « Nous donnons une mention spéciale au gouvernement, particulièrement au ministre de l’Intérieur, au gouverneur de la région de Dakar. Des avancées significatives sont notées ; l’Etat du Sénégal a compris la dimension de la ziarra », a dit M. Dia.

Pour les 10 % restants, il convient de résoudre quelques problèmes liés à l’assainissement, au branchement de la maison des hôtes et du khalife omarien, Thierno Madani Tall, sise à la Médina pour une meilleure amélioration, le problème d’intendance, la circulation sur la rue 6 avec l’affluence des fidèles. « Nous devons faire ces réglages pour trouver des solutions », a-t-il expliqué.  Pour cette 37ème édition, le comité organisera, le jeudi 25 janvier, une conférence au King Fahd Palace sous le thème : « Violence, éducation et paix dans l’islam » en présence du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dione, suivie d’un concours de lecture du saint Coran. Le vendredi 26 sera marqué par des prières, zikr et la « Hadratoul Jumah ». Le samedi 27, le comité d’organisation prévoit des séances de lecture du saint Coran rythmées par des causeries religieuses. Dans l’après-midi, le thème de la ziarra sera expliqué en « pulaar ». Le dimanche 28, la cérémonie officielle sera l’attraction et le lendemain 29 janvier, un congrès annuel de la Ligue islamique des Oulémas de la Rabita se tiendra de 9 à 21 heures. Cette rencontre de haut niveau sera clôturée par des bénédictions du khalife, Thierno Madani Tall. Les lauréats du concours de lecture du saint Coran recevront aussi leurs prix.

Serigne Mansour Sy CISSE

Toute personne interpellée a désormais droit à un avocat. La mesure est effective après la signature, hier, par le ministre de la Justice, d’une circulaire relative à la présence d’un conseil dès l’interpellation.

A partir d’aujourd’hui, toute personne interpellée a droit à un avocat dès son interpellation. La circulaire relative à la présence de l’avocat a été signée hier. Ce qui fait que la mesure est désormais effective sur l’ensemble du territoire sénégalais. Avant la signature du document, le Ministère de la Justice a organisé, le même jour, une cérémonie de présentation de la circulaire à l’ensemble des acteurs judiciaires. En rendant effective cette mesure, le Sénégal applique le « règlement n°5/Cm/Uemoa relatif à l’harmonisation des règles qui régissent la profession d’avocat dans l’espace Uemoa ».

Ce règlement stipule : « Toute personne interpellée a droit à un avocat qui peut s’entretenir avec lui et aussi à l’assistance de l’avocat à l’enquête préliminaire, devant le procureur de la République, à l’assistance et à la défense de l’avocat devant le juge d’instruction dès sa première comparution ». L’application de ce règlement 5 de l’Uemoa, se félicite le garde des Sceaux, est « un pas important dans notre cheminement vers la consolidation de l’Etat de droit ». Le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Guèye, a, pour sa part, salué l’utilité de cette disposition permettant au Sénégal de retrouver son rang de leader en matière de respect des droits humains. D’après le ministre de la Justice, la présence de l’avocat dès les premières minutes de l’interpellation constitue « une garantie du respect des droits de la personne humaine ». Mieux, elle permet de mieux prévenir et protéger les agents chargés de mener les enquêtes. Ces derniers, rappelle le ministre, sont souvent «indexés à tort » de brutaliser les personnes interpellées pour les pousser à passer à l’aveu. « Cette recherche effrénée de l’aveu, explique le procureur général de Saint-Louis, Ciré Aly Bâ, conduit le plus souvent à des dérapages ».

Désormais, avec la présence d’un conseil, tous ces dérapages pourront être évités car l’avocat peut maintenant assister son client dès son interpellation. Ainsi, la circulaire signée par le garde des Sceaux va « donner plein effet » à l’article 5 du règlement de l’Uemoa. Ismaïla Madior Fall reconnaît, cependant, que tous les acteurs judiciaires n’avaient pas la même compréhension du texte. Il fallait, dès lors, renseigne-t-il, réunir tout le monde autour d’une table pour « s’accorder sur le contenu ainsi que sur les bonnes pratiques de nature à rendre effectif le droit à l’assistance de l’interpelé par son avocat ». « Il nous revient de veiller à ce que l’ineffectivité du droit à un conseil à toutes les étapes requises ne révèle plus une faiblesse dans les évaluations de notre pays », précise le ministre.

Présence passive de l’avocat
Par ailleurs, il indique que la circulaire permet de « définir la notion d’interpellation au sens de la procédure pénale », de « déterminer la consistance des formalités pesant sur les officiers de police judiciaire après l’interpellation » mais aussi de « préciser les modalités pratiques de l’intervention de l’avocat ». Sur ce dernier point, le directeur des Affaires criminelles et des Grâces au Ministère de la Justice, Mandiaye Niang, informe que « les avocats ont le droit d’assister leurs clients dès leur interpellation, au début de l’enquête préliminaire et dans les locaux de la police ».

Toutefois, M. Niang de préciser que l’avocat n’a pas une part active dans le déroulement de l’enquête. Ce qui signifie qu’il ne peut pas poser des questions à son client encore moins de lui souffler des réponses. Cependant, ajoute-t-il, le conseil a le droit d’assister de son client « comme témoin passif » au moment de l’audition et de s’entretenir en privé avec le suspect. A la fin de l’audition, explique M. Bâ, l’avocat peut faire des observations écrites à l’officier de police judiciaire. Ce dernier, dit-il, est tenu d’annexer ces recommandations dans le dossier à transmettre.

Aussi est-il « obligé d’informer le suspect de son droit à l’assistance d’un avocat ». La deuxième obligation à laquelle l’officier de police judiciaire doit s’acquitter est d’informer l’avocat de la personne interpellée de la nature de l’infraction. La dernière obligation, précise Mandiaye Niang, est de « faciliter les délais pour la comparution de l’avocat ». Toutefois, il précise qu’il n’est pas indiqué de délai de comparution du conseil. Pour cela, il souligne qu’il faut dès lors trouver « un délai raisonnable qui devrait s’apprécier en fonction de la distance et de tout autre facteur objectif ». Dans la région de Dakar, ajoute-t-il, il a été retenu que « l’attente ne doit pas excéder les deux heures ».

Aliou Ngamby NDIAYE

358 AVOCATS AU SÉNÉGAL
« Le Sénégal compte, en 2018, 358 avocats », a déclaré, hier, le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Ce nombre, indique le garde des Sceaux, est « réduit et sa répartition est disproportionnée sur l’étendue du territoire national ». A preuve, sur ces 358 avocats, seule une vingtaine officie en dehors de la région de Dakar. « Par conséquent, notre système judiciaire est encore loin d’être conforme aux standards internationaux en matière de ratio avocats/justiciables. Toute chose qui conforte mon invitation adressée à l’Ordre des avocats pour nourrir la plus grande attention pour cette importante question des droits de l’homme. Vous avez à cœur d’assurer une meilleure couverture par le Barreau, une couverture qui passera par l’accroissement raisonnable et rapide du nombre d’avocats », a ajouté le ministre. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Guèye, a reconnu que le nombre d’avocats au Sénégal reste encore insuffisant.

« Je considère que nous avons encore besoin de bras dans le Barreau », a-t-il reconnu. Me Guèye de révéler que le concours d’entrée au Barreau sera organisé cette année.

A. Ng. NDIAYE

« Le Sénégal compte, en 2018, 358 avocats », a déclaré, hier, le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall.

Ce nombre, indique le garde des Sceaux, est « réduit et sa répartition est disproportionnée sur l’étendue du territoire national ». A preuve, sur ces 358 avocats, seule une vingtaine officie en dehors de la région de Dakar. « Par conséquent, notre système judiciaire est encore loin d’être conforme aux standards internationaux en matière de ratio avocats/justiciables. Toute chose qui conforte mon invitation adressée à l’Ordre des avocats pour nourrir la plus grande attention pour cette importante question des droits de l’homme. Vous avez à cœur d’assurer une meilleure couverture par le Barreau, une couverture qui passera par l’accroissement raisonnable et rapide du nombre d’avocats », a ajouté le ministre. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Guèye, a reconnu que le nombre d’avocats au Sénégal reste encore insuffisant. « Je considère que nous avons encore besoin de bras dans le Barreau », a-t-il reconnu.

Me Guèye de révéler que le concours d’entrée au Barreau sera organisé cette année.

A. Ng. NDIAYE

Face aux menaces sécuritaires, le Sénégal n’est pas resté les bras croisés. Avec le soutien des Etats-Unis d’Amérique, dans le cadre de l’accord de coopération en matière de défense, un centre de formation d’un coût de 850 millions de FCfa est en construction. Il sera réceptionné au courant de l’année 2018.

Les travaux de construction du Centre de formation régionale d’aide à la lutte contre le terrorisme logé au Centre d’entraînement tactique n° 7 de Thiès (Cet-7) ont été lancés hier. Financé à hauteur de 830 millions de FCfa par les Etats-Unis, ce centre, d’une capacité d’accueil de 200 stagiaires, sera la première grande réalisation des Américains dans le cadre de l’accord de coopération en matière de défense signé avec le Sénégal. « Dans le contexte sécuritaire actuel difficile, sur fond de menaces croissantes des groupes extrémistes violents dans la région, le besoin de formation et d’instruction se trouve au premier plan des efforts de lutte contre le terrorisme », a dit l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal.

Pour Dr Tulinabo Mushingi, l’investissement dans le capital humain est crucial dans cette lutte, et des salles de cours adaptées font partie intégrante du renforcement des capacités. Selon le diplomate, le financement de ce centre n’est qu’une partie de « l’engagement dynamique » entre le Groupe des experts en sécurité de l’ambassade des Etats-Unis et les forces de défense et de sécurité du Sénégal. « Au cours de ces douze derniers mois, le Groupe des experts en sécurité de l’ambassade a donné plus 400 millions de FCfa de matériel non létal à la Police nationale, inauguré un nouveau Laboratoire national de drogue pour la gendarmerie, organisé une rencontre régionale des anciens de l’Académie nationale du Fbi, etc. », a énuméré l’ambassadeur.

Dynamisme de la coopération
A l’en croire, les Etats-Unis souhaitent une Afrique stable et prospère, capable de répondre aux besoins de ses citoyens et de gérer les menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité au plan national et international. Et c’est ce que fera précisément le centre.

Cette infrastructure, a estimé le général de corps d’armée Cheikh Guèye, est un témoignage supplémentaire du dynamisme de la coopération entre le Sénégal et les Etats-Unis. « Cette coopération très ancienne est inscrite dans une compréhension commune des défis sécuritaires auxquels nous ferons face, notamment le terrorisme. La construction de ce centre nous offrira une capacité d’accueil additionnelle pour nos propres activités, mais aussi des formations dédiées à la gendarmerie et à la police, ainsi qu’aux autres membres des forces de défense et de sécurité », a laissé entendre le chef d’état-major général des armées. Cette infrastructure, a-t-il ajouté, cadre bien avec les objectifs du partenariat avec les Etats-Unis dont l’un des volets majeurs est le renforcement des capacités de leurs personnels pour mener efficacement la lutte contre les menaces sur la paix et la stabilité dans la sous-région.

Le général de brigade Cheikh Wade, chef d’état-major de l’armée de terre, a renchéri en soulignant que « l’infrastructure permettra de mieux préparer les contingents dédiés aux opérations extérieures, mais aussi d’aider à mieux s’engager à l’interne en cas de besoin ». Le centre sera aussi ouvert aux pays de la sous-région avec qui les armées sénégalaises partagent beaucoup d’expériences dans le cadre de la lutte contre toutes les formes d’extrémisme violent et le terrorisme.

Ndiol Maka SECK

La présidente de l’Ofnac, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, et son équipe étaient, lundi dernier, au Ministère du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et de Pme pour échanger avec les responsables de ce département sur les assujettis et sur la déclaration de patrimoine en général, plus particulièrement les critères d’assujettissement.

L’objectif de cette rencontre était d’amener les responsables de ce département à avoir une même lecture des textes qui régissent la déclaration de patrimoine. La cérémonie était présidée par le ministre Alioune Sarr, qui a apprécié la démarche pédagogique voire didactique adoptée par l’Ofnac pour sensibiliser l’opinion sur l’importance de cet acte de civisme et d’amener les assujettis à se soumettre aux exigences de la loi. Le ministre et ses collaborateurs ont félicité l’Ofnac pour la pertinence et la clarté des communications présentées qui leur ont permis d’avoir une meilleure compréhension des critères d’assujettissement.

La présidente de l’Ofnac, a dirigé la délégation de l’institution. Elle a profité de l’occasion pour remercier le ministre et ses collaborateurs et expliquer les raisons de la démarche adoptée. Elle a ensuite expliqué aux assujettis que la Déclaration de Patrimoine est un dispositif de prévention qui protège les deniers publics et encadre l’évolution du patrimoine de l’assujetti. Cette démarche qui se fait en amont (avec la déclaration préalable) permet de suivre l’évolution des biens d’un administrateur et de vérifier en aval si après sa mission cette évolution se justifie. Au terme de cette séance de partage, un point focal de l’Ofnac a été désigné pour diligenter les opérations de déclaration de patrimoine pour tout administrateur dont les fonds cumulés (budget et ressources extérieures) atteignent un milliard de FCfa.

(Communiqué)

Après le massacre de 13 personnes par des hommes armés dans la forêt classée de Bayotte-est samedi dernier, l’armée s’est aussitôt déployée sur les lieux. Les militaires mènent, depuis lors, d’intenses opérations de ratissage pour traquer les auteurs de cet acte odieux condamné par tous.

Depuis samedi dernier, les populations des villages riverains de la forêt classée de Bayotte-est, communément appelée « forêt de Toubacouta », et celles habitant la périphérie de la commune de Ziguinchor ont renoué avec les détonations des armes à feu de tous les calibres, après cinq ans d’accalmie qui laissaient entrevoir des solutions pour une paix définitive et durable en Casamance. Jusqu’à hier encore, on entendait des coups de feu provenant de la forêt classée de Bayotte-est.

Ces détonations ont fini par plonger les habitants des villages situés dans les communes de Nyassia, Boutoupa-Camaracounda, Niaguis et Adéane dans la peur. La même peur habite les gens installés dans localités situées à la périphérie de la ville de Ziguinchor, notamment Kantène, Brigadier, Bourofaye-Diola, Bourofaye-Baïnounck, Toubacouta, Mpack et environs, ainsi que nos compatriotes des quartiers de Kandialang, Alwar et Néma 2. Dans ces endroits, la plupart des populations ont dû interrompre certaines de leurs activités économiques par mesure de prudence. D’autres habitants se sont terrés chez eux. C’est vrai que l’armée a déployé d’importants moyens matériels et beaucoup d’hommes pour traquer les auteurs de la tuerie de samedi dernier dans la forêt classée de Bayotte-est. De la ville de Ziguinchor, on perçoit l’intensité des opérations de ratissage qui se poursuivent de façon soutenue.

Cependant, il n’a été relevé aucun échange de tirs.C’est seulement l’armé qui pilonne des secteurs susceptibles de servir de caches aux auteurs de la tuerie de samedi dernier. A propos de ce drame, les deux blessés graves qui étaient restés internés au service des urgences de l’hôpital régional de Ziguinchor ont tous été libérés lundi dernier.

El Hadj Moussa SADIO

COMMANDANT DE LA ZONE MILITAIRE N° 5 : LE COLONEL KHAR DIOUF APPELLE LES POPULATIONS À COLLABORER
Cl Khar DioufPar rapport à l’évènement tragique survenu samedi dernier dans la forêt classée de Bayotte-est, le colonel Khar Diouf, commandant de la zone militaire N° 5 de Ziguinchor, a fait savoir que toutes les mesures opérationnelles sont prises pour que pareil cas ne se reproduise plus. Il a appelé tout le monde, notamment les populations locales, à collaborer afin que les auteurs de ce drame soient mis hors d’état de nuire.

Le colonel Khar Diouf, qui était interrogé par nos confrères de la chaîne IV de la Rts/Ziguinchor, a tenu à rassurer les populations, notamment celles des villages riverains de la forêt classée de Bayotte-est, de ne pas s’inquiéter pour les détonations qu’elles entendent depuis samedi dernier. Le commandant de la zone militaire N° 5 a précisé que « ces détonations entrent dans le cadre de l’exécution de la mission régalienne que nous avons reçue et qui est exécutée de façon très professionnelle ».

Pour lui, les villageois de la zone n’ont pas d’inquiétude à se faire. Ils peuvent continuer à vaquer à leurs occupations. « Nous travaillons pour la sécurité des populations et de leurs biens », a affirmé le colonel Khar Diouf. Et dans la traque des auteurs de la boucherie de samedi dernier que l’armée mène, le patron de la zone militaire N° 5 a demandé la collaboration de tous. « Cette collaboration est déterminante pour capturer ceux qui ont abattu froidement 13 personnes la semaine dernière dans la forêt de Bayotte », a-t-il dit.

El H. M. SADIO

Avec la disparition de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké accède au khalifat à Touba. L'information a été livrée par la Rts.

Il devient ainsi le 8e khalife général des mourides. Le nouveau khalife général, Serigne Mountakha Mbacké, a été connu de nombre de Sénégalais après la disparition de son frère aîné, Serigne Moustapha Bassirou. Homme discret, il a fait de Porokhane, sa chasse gardée.

Comme Serigne Sidy Mbacké, il est un grand cultivateur. Très respectueux de ses aînés, il aime rappeler aux fidèles que «les Ndigels sont à exécuter d'abord ».

Il a été l'homme de confiance de Serigne Saliou Mbacké, de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké et de Serigne Sidi Mokhtar Mbacké qui fut de lui son bras droit. Il le représentait presque partout.

D. MANE

Serigne Cheikh Sidy Mactar Mbacké, khalife général des Mourides, a été rappelé à Dieu, hier, à l’âge de 92 ans, plongeant le Sénégal dans un autre deuil. Septième khalife général de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, il souffrait, depuis quelques mois, d'une maladie qui l'a éloigné des grands rassemblements comme le dernier grand Magal de Touba.

Alors que le Sénégal n’a pas fini de pleurer ses khalifes tidianes et ses morts de la tragédie de la forêt de Bayotte, il vient d’enregistrer une autre grande perte. En effet, après la disparition des Khalifes généraux des tidianes, Al Makhtoum et Al Amine et celui de Léona Niassène, le septième khalife de Touba a été rappelé à Dieu hier. Il avait succédé à Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké en 2010.

Agé de 92 ans, il a fait 7 ans de khalifat. Serigne Cheikh Sidy Mactar Mbacké avait, en effet, 85 ans quand il a succédé à son défunt prédécesseur. Durant tout son magistère, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké n’a de cesse œuvré pour l’unité de la communauté musulmane du Sénégal. Son vœu reste le raffermissement des liens à travers une solidarité. Le discours est toujours unificateur. En fait, le regretté khalife a entretenu une relation solide avec tous les foyers religieux du pays tout en préservant le patrimoine spirituel et culturel de Cheikh Ahmadou Bamba. Une communauté de croyants, c’est à cela qu’il a travaillé tout son khalifat durant. Il n’a jamais manqué, dans ses sorties, d’appeler les croyants à la fraternité en Dieu. Très respecté de tous, son sens de la mesure et sa piété fascinaient plus d’un. Véritable ascète, il vivait souvent éloigné du train-train de Touba.

Son attachement aux seules valeurs de l’Islam, « une religion de paix », comme il aimait le rappeler, est également très connu. Appelé par certains « le serviteur de toutes les confréries », il n’a de préoccupation que la propagation de la religion du prophète Mouhamad (Psl), l’unité des croyants et la sauvegarde du patrimoine de Cheikh Ahmadou Bamba. Il n’a pas manqué de dénoncer la situation des Rohingas en Birmanie, allant jusqu’à les inviter au Magal. Formé dans les meilleurs « daaras » de son grand-père, Cheikh Ahmadou Bamba, et de son ascendant, Serigne Bara Ibn Khadimou Rassoul, dans le Baol et le Ndiambour, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké est d’un solide savoir. Deuxième petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba à assumer la charge de khalife général des Mourides, il est «une source d’enseignements». Bâtisseur ayant suivi les traces de ses prédécesseurs, il a porté le nombre de minarets de la Grande mosquée de Touba de cinq à sept et lancé plusieurs chantiers.

Daouda MANE


En conférence de presse, le Collectif des cadres casamançais (Ccc) s’est prononcé, hier, sur la tuerie survenue samedi dernier et ayant occasionné 13 morts. Selon ses membres, la tuerie est liée au pillage des forêts en Casamance. Ainsi, proposent-ils un plan quinquennal pour sauvegarder ce patrimoine naturel et créer plus de 300.000 emplois.

« L’heure est grave ». C’est par ces mots que Pierre Goudiaby « Atepa » a conclu la conférence de presse animée, hier, à Dakar, par le Collectif des cadres casamançais (Ccc) suite au massacre de 13 jeunes en Casamance, plus précisément dans la forêt classée de Bayotte-est. Le Ccc, par la voix de Pierre Goudiaby «Atepa », condamne cet acte « barbare ». Toutefois, au-delà de l’émotion qui anime tous les Sénégalais, le président du Cercle des cadres casamançais invite tout le monde à s’interroger sur les causes de ce crime. La racine du mal, dit-il, est « cette mafia qui s’est installée en Casamance et qui pille les forêts de la Casamance ».

D’après M. Goudiaby, cette « tuerie n’est pas liée à un quelque désir d’indépendance ». Il s’agit, selon lui, « d’un règlement de compte isolé ». Car les différentes factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mdfc) se sont regroupés pour demander à tous les membres « d’essayer de voir comment arrêter le pillage des forêts en Casamance ». Malheureusement, déplore Pierre Goudiaby, il y a eu un « dérapage » dans cette interdiction. A cet effet, le Collectif des cadres casamançais demande à ce que la traque des malfaiteurs à l’origine de ce crime soit menée de pair avec la traque des « criminels » de la forêt casamançaise. « Si on n’y prend garde, ils vont faire disparaître toute la forêt de la Casamance. Au Nord, plus de la moitié des forêts sont parties. Nous pensons que c’est un signal fort que nous aurions pu éviter », dénonce le président du Ccc.

Par ailleurs, pour mettre fin à ce pillage organisé, le Collectif des cadres casamançais propose un plan de sauvegarde de la forêt casamançaise. Ce plan, selon Pierre Goudiaby « Atepa », doit s’accompagner d’un plan quinquennal qui va permettre de créer plus de 300.000 emplois pour « reverdir la Casamance ». Le Collectif des cadres casamançais est accompagné dans la conception de ce plan par l’ancien ministre de l’Environnement, Aly Haidar. Pour la mise en œuvre de ce plan, il faut 50 milliards de FCfa, estime M. Goudiaby. Cependant, il estime que l’argent pour le financement peut être trouvé grâce aux Fonds verts climat. « Ce plan quinquennal sera notre modeste contribution à tous les efforts que le gouvernement est en train de faire. Notre gouvernement fait beaucoup d’efforts mais ils sont en train d’être sapés. Tout le monde sait qu’il faut protéger les forêts de la Casamance », ajoute-t-il.

Aliou Ngamby NDIAYE

Les réactions continuent à Ziguinchor après le drame survenu samedi dernier dans la forêt classée de Bayotte-est située dans la commune de Nyssia. Acteur du processus de paix en Casamance, Nouha Cissé, historien de formation et ancien proviseur du lycée Djignabo de Ziguinchor, estime que le massacre peut s’expliquer par des conflits d’intérêts importants dans l’exploitation de la forêt casamançaise. M. Cissé n’a pas exclu que cela puisse être une manière, pour une fraction assez significative du Mfdc, celle du Sud, de manifester son existence et sa présence.

Quelle appréciation faites-vous de la tuerie, par des hommes armés, de gens qui s’adonnaient à la coupe illicite de bois, à la fabrication de charbon de bois et au ramassage de bois mort dans la forêt classée de Bayotte-est ?
C’est une tragédie absolument regrettable, mais qui devrait attirer notre attention sur le fait que certes, il y a l’accalmie en Casamance, mais l’accalmie n’est pas la paix. Des armes se sont tues en Casamance, mais les armes sont encore gardées. Cela signifie donc qu’il y a beaucoup de choses encore à faire, et personne ne devrait être dupe pour penser que le conflit armé en Casamance est définitivement enterré. Le drame de samedi dernier peut se lire à travers des conflits d’intérêts importants dans l’exploitation de la forêt casamançaise. Ici, on note qu’il y a, comme par hasard, la convergence de positions de l’Etat et du Mfdc (Mouvement des forces démocratiques de Casamance).

L’Etat engage tous les moyens pour que l’exploitation de la forêt soit interdite dans sa forme anarchique. Et pour cela, il déploie tous les moyens. Le Mfdc, dans toutes ses fractions, interdit également formellement l’exploitation de la forêt. Mais, l’exploitation clandestine de bois est là. Et si on n’y prend garde, des situations comme celle du samedi 6 janvier 2018, qui sont absolument regrettables, peuvent se reproduire. C’est pour ces raisons qu’il est bon que chacun se tienne pour dit que l’exploitation anarchique de la forêt est interdite, d’une part, et, d’autre part, pour des raisons de bon sens également, mais de sauvegarde de l’avenir de la Casamance, que nous devons tous nous astreindre au respect de l’intégrité de l’environnement.

Mais est-ce que cela peut expliquer le massacre ?
La tuerie est absolument regrettable. Rien ne peut la justifier, mais c’est en même temps un coup de semonce. N’oublions pas qu’il y a quatre ans de cela, à Diagnon, un village de la commune d’Adéane situé dans l’arrondissement de Niaguis, département de Ziguinchor, des éléments armés dont on dit qu’ils sont non identifiés ont également exécuté 11 jeunes une après-midi, pratiquement dans les mêmes conditions. Il faudra qu’on soit particulièrement prudent.

Ne pensez-vous pas que cet événement tragique a des liens avec la libération des deux détenus du Mfdc par l’Etat ?
Même si les faits ne sont pas indéniablement liés, on peut également penser que c’est une manière pour une fraction assez significative du Mfdc, celle du Sud, de manifester son existence et sa présence. San Edigio est dans la facilitation entre les émissaires de l’Etat et ceux du chef de guerre Salif Sadio. Il y a donc de fait d’autres fractions qui sont exclues. Et tout le monde sait que le Mfdc, dans son aile politique et son aile militaire, est très fractionné. Si on discute avec une seule fraction et que les autres sont laissés en rade (et cela depuis bientôt trois ans que ça dure), on peut penser que les fractions qui ne sont pas impliquées veuillent bien montrer à la face du monde leur existence.

Et je crois qu’un coup d’éclat comme ça est certainement l’une des meilleures preuves qu’il faut compter aussi avec cette fraction qui existe. Et il y a lieu d’envisager véritablement une approche beaucoup plus inclusive dans le processus de gestion de la paix, surtout dans les négociations qui sont engagées. C’est à ce prix-là qu’on peut neutraliser les différentes fractions du Mfdc et les guider vers le même objectif, celui de se retrouver tous autour d’une table de négociation. Sinon, la dispersion ne peut produire, à mon sens, qu’une situation comme celle de la tuerie de samedi dernier. Aujourd’hui, Salif Sadio observe un cessez-le-feu tacite. Même si ce n’est pas signé, c’est au moins un cessez-le-feu par sa volonté. Si les autres étaient impliqués, probablement qu’eux aussi, par respect pour la table de négociation, ils auraient fait prendre des dispositions pour éviter des choses comme le drame qui a eu lieu dans la forêt classée de Bayotte-est. C’est une manière, certainement aussi, implicitement ou explicitement, de montrer qu’on existe et qu’on doit prendre compte de cette existence-là. Je crois que c’est ce que cela peut signifier. C’est un coup d’éclat, un véritable baroud d’honneur qui s’inscrit dans cette indispensable nécessité de prendre en compte tout le monde dans le processus de paix.

Propos recueillis par Elhadj Moussa SADIO

A la suite des événements survenus dans le département de Niaguis, l’Apr, par la voix de son porte-parole, condamne ces faits avec la plus grande fermeté. Selon le document signé par le député Abdou Mbow, le Secrétariat exécutif national de l’Apr indique que cet acte barbare, qui a malheureusement occasionné la mort de 13 jeunes, en plus des sept blessés, dont trois dans un état grave, est intervenu dans un contexte où le Président de la République et son gouvernement s’emploient, tous les jours, à construire les bases d’une paix durable et définitive en Casamance. Selon le Sen, un tel acte ne saurait rester impuni. Le Secrétariat exécutif national condamne ainsi, avec la plus grande fermeté, cet acte odieux et demande à l’Etat du Sénégal d’engager des poursuites pour que les auteurs soient recherchés et traduits en justice, afin que force reste à la loi. Aussi, l’Apr présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes de l’attaque de Bofa et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Il suggère également au gouvernement de poursuivre le travail engagé depuis 2012 et qui a permis une accalmie augurant une paix définitive en Casamance.

Enfin, le Sen de l’Apr exprime son soutien total au Président de la République et au gouvernement dans leur action patriotique en Casamance et leur demande de garder le cap pour une paix définitive, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation.

El Hadj A. THIAM


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