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Société & Faits divers (3260)

Le maire de Mermoz Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, a été condamné, hier, à six mois de prison ferme pour outrage à magistrat et appel à un attroupement non armé. La peine est assortie d’une amende de 100 000 FCfa. La défense va interjeter appel.

Quand le juge Yakham Keita a énoncé le verdict, le maire de Mermoz Sacré-Cœur a d’abord esquissé un sourire avant de lever la main droite. Barthélémy Dias attendait visiblement sa condamnation. Devant la barre, le maire socialiste est resté de marbre, incroyablement serein, chuchotant, par moments, à l’oreille de son avocat Me Ousseynou Fall. Que lui disait-il ? Difficile à savoir.

Toujours est-il que Barthélémy Dias a été attentif et très concentré durant toute la lecture du jugement. Tout le contraire de ses partisans qui ont vigoureusement réagi, dénonçant un verdict « injuste ». Leur colère était visible. « J’ai honte pour mon pays », lance une fille qui tombe en syncope. Juste à côté d’elle, une dame d’âge mur se tient à peine debout. Elle crie et profère des menaces contre l’exécutif, accusé d’être derrière cette condamnation. Devant la salle d’audience, l’atmosphère est agitée. Partout des cris de détresse. Un sentiment d’amertume et de désolation.

Le tribunal des flagrants délits a reconnu Barthélémy Dias coupable des délits d’outrage à des magistrats de l’ordre judiciaire dans l’exercice de leur fonction et discrédit sur une décision juridictionnelle dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice. Délits pour lesquels le parquet avait requis deux ans de prison ferme. Mais le tribunal les a requalifiés en condamnant le maire de Mermoz Sacré-Cœur à six mois de prison ferme et à une amende de 100 000 FCfa. Sans surprise, la défense a vivement dénoncé ce verdict jugé « trop sévère » contre un maire. « Nous sommes en train de vivre les heures les plus sombres de notre démocratie. J’ai mal pour mon pays. Le Sénégal ne mérite pas ça », a dénoncé Me El Hadji Diouf, qui a dit « constater avec regrets » que le Sénégal est « devenu un régime à pensée unique où la liberté d’expression n’est plus garantie ». Il a annoncé un appel, mais sans se faire d’illusions. « Nous allons interjeter appel. Mais, il n y a pas lieu de se voiler la face, tout le monde sait qui est derrière cette condamnation », a dit Me Diouf, qui a demandé aux amis, parents et sympathisants venus nombreux soutenir le maire de Mermoz Sacré-Cœur de rester sereins et optimistes.

« Barthélémy est un vrai «Diambar» (guerrier). Un homme digne et engagé pour le respect des valeurs de la République. Il n’est ni un criminel, ni un voleur encore moins un trafiquant. Il a le droit, par conséquent, de s’exprimer librement contre une décision de justice. Soyez fiers de lui. Le combat continue », a dit Me Diouf s’adressant aux partisans du maire socialiste de Mermoz Sacré-Cœur.

Abdoulaye DIALLO

Les 16 et 17 avril prochains, la communauté layène va célébrer la 138ème édition de l’Appel de Seydina Limamoulaye Thiaw. «Le Soleil» est allé à la rencontre Seydina Issa Thiaw Laye, fils-aîné du khalife et coordonnateur général de l’évènement. Il s’est prononcé sur l’organisation et sur l’actualité marquée par le jihadisme, appelant à l’Islam modéré.

Dans quelques jours, la communauté layène va célébrer la 138ème édition de l’Appel. Où est-ce que vous en êtes avec les préparatifs ?
Je profite d’abord de l’occasion pour saluer le travail que «Le Soleil» a l’habitude de faire à chaque édition. Nous sommes pleinement dans les préparatifs avec certains points à améliorer. Au moment où je vous parle, le comité d’organisation que je dirige depuis 20 ans fait un travail remarquable. On ne peut pas parler de l’Appel des Layènes et avoir des considérations de « tariqa » (confrérie). La manifestation est au bénéfice de toute la Oumah islamique.

Quel est le sens et la pertinence du thème « L’Islam, une religion d’équilibre et du juste milieu à travers les enseignements de Seydina Limamoulaye ?
Dans le passé, nous avons eu à traiter la paix parce que les gens en ont vraiment besoin. Ensuite, on a parlé de la zakat pour réduire les inégalités. Nous avons aussi abordé le dialogue entre tous. L’année dernière, la bonne gouvernance était notre thème. D’ailleurs, le Chef de l’Etat a créé un ministère qui s’en charge. Pour 2018, nous avons choisi la modération. Si nous voyons ce que l’extrémisme a causé dans le monde islamique, cela doit interpeller toutes les communautés. Mais, le plus dramatique, c’est que l’Islam est plus touché par le fondamentalisme. Il y a un déséquilibre dans les relations humaines. Alors que Dieu dit que « la meilleure des communautés est celle de l’Islam » car étant modérée. Tout excès est nuisible.

Quelles seront les améliorations à apporter cette année dans l’organisation de l’Appel ?
Nous allons voir les couacs pour améliorer au fur et à mesure. Mais le plus important, c’est de savoir que la religion doit cimenter notre unité nationale. La confusion ne conduit pas au développement. Que chacun respecte ses croyances, mais aussi celles des autres. Le vrai jihad pour moi est celui contre les inégalités sociales afin de permettre aux Sénégalais de s’épanouir et de vivre en paix. C’est ça le sens de notre appel.

Des citoyens décrient certains types de relations qui existent entre le temporel et le spirituel. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je ne suis pas d’accord sur une différence entre pouvoir temporel et marabout. Le vrai rôle d’un marabout est d’éduquer le disciple en le mettant sur le droit chemin. L’Etat gère tout. Et dans cette gestion étatique, le marabout est compris. Mais, ces relations doivent être bâties sur la sincérité. Depuis le temps des colons, ces relations ont toujours existé. C’est Dieu qui donne le pouvoir et le marabout ne peut pas arrêter ce processus. Les relations dont vous parlez dépendent des gens qui les développent. A commencer par Léopold Sédar Senghor, tous les Présidents de la République du Sénégal ont été accompagnés par nos érudits.

Je précise qu’il y a deux catégories de marabouts : ceux qui le sont de par leur ascendance seulement et d’autres qui ont aussi des diplômes. Donc, ce sont des hommes d’Etat, même s’ils ne sont pas dans l’administration. Je pense que la collaboration est bénéfique pour tout le monde. Nous avons collaboré avec tous les Chefs d’Etat sénégalais. Mais, le Président Macky Sall a fait ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réalisé pour notre communauté. Sénégalais à part entière, nous tenons toujours un discours de vérité aux personnalités qui incarnent l’Etat.

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé à l’installation du Bureau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent (Pse) avant-hier. Après l’enrôlement, cette année, de 100.000 ménages à la Bourse de sécurité familiale dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 400.000 aujourd’hui, l’on travaille à mettre en œuvre des projets d’autonomisation des femmes.

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé à l’installation du Bureau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent (Pse) avant-hier. Après l’enrôlement, cette année, de 100.000 ménages à la Bourse de sécurité familiale dont le nombre de bénéficiaires est estimé à 400.000 aujourd’hui, l’on travaille à mettre en œuvre des projets d’autonomisation des femmes.

L’installation du réseau régional des bénéficiaires des filets sociaux du Plan Sénégal émergent a servi d’occasion pour la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale de réaffirmer sa volonté de réduire les fractures sociales et de renforcer les capacités économiques des couches vulnérables, dont un grand nombre de femmes. En dehors des programmes de filets sociaux comme la couverture médicale universelle, les bourses de sécurité familiale, la carte d’égalités de chances, la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale dirigée par le Dr Anta Sarr Diacko compte matérialiser les projets d’autonomisation en vue de mieux sécuriser les populations et de relever leur niveau de vie.

Les représentants du Ministère du Genre et de la Femme, de l’Economie solidaire et de la Microfinance, présents à la rencontre ont réitéré leur engagement à accompagner cette politique. Les femmes qui sont les principales bénéficiaires de ces programmes ont exprimé leur satisfaction lors de la cérémonie d’installation du bureau régional. Elles se sont réjouies, à travers des témoignages, de la volonté du gouvernement sénégalais de les aider à maximiser leurs chances de réussite. En effet, pour le Dr Anta Sarr Diacko, la mise en place des réseaux de bénéficiaires des filets sociaux du Pse permettra de sortir des populations de la pauvreté grâce aux nouvelles dynamiques de développement engageant ces couches sociales qui pourront ainsi exercer des activités génératrices de revenus.

Selon le Dr Anta Sarr Diacko, il est avéré que les filets sociaux en général, les transferts monétaires en particulier, constituent des instruments efficaces de protection sociale des personnes vulnérables en ce sens qu’ils favorisent, entre autres, l’interruption de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté, la prévention à court terme de la vulnérabilité aux chocs, la contribution au développement du capital humain des enfants, l’amélioration de la productivité des ménages et la réduction des inégalités. La mise en place de ce réseau régional qui regroupe des femmes de plusieurs départements devra permettre de créer des conditions d’une inclusion financière et sociale.

Des financements aux bénéficiaires
« L’idée d’un regroupement et l’organisation des bénéficiaires du Programme national des bourses de sécurité familiale (Pnbsf) en associations locales, puis en réseaux, vont leur faciliter l’accès aux services des projets de développement officiant dans leurs terroirs respectifs. Ces réseaux, une fois mis en place et bénéficiant d’un statut reconnu, pourront capter des financements, profiter des structures d’accompagnement et générer ainsi pour leurs membres des ressources additionnelles primordiales », a expliqué Dr Anta Sarr Diacko, qui a écouté plusieurs intervenants magnifier la décision du Chef de l’Etat Sénégal d’enrôler cette année 100 000 nouveaux ménages dans la Bourse de sécurité familiale.

Le Dr Anta Sarr Diacko a tenu à rappeler que tous les allocataires de la Bourse de sécurité familiale ont pu être enrôlés dans la Couverture maladie universelle (Cmu) et que les personnes vivant avec un handicap et titulaires de la Carte d’égalité des chances soient également intégrées dans le Pnbsf, sur instruction du chef de l’Etat. Selon elle, les bénéficiaires du programme de bourse sont issus du Registre national unique (Rnu) des personnes vulnérables constitué à partir d’une sélection à base communautaire suivie d’une consolidation par l’Ansd. Ce Rnu est d’ailleurs utilisé par de nombreux programmes de filets sociaux. Le secrétaire général de la Délégation à l’entreprenariat rapide, Djaligué Bâ, en a profité pour annoncer l’octroi, dès la fin du mois d’avril courant, de financements variant entre un million et 200 millions de FCfa aux femmes bénéficiaires des filets qui soumettront un projet bancable.

Matel BOCOUM

La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale s’est résolue à trouver des solutions durables aux inégalités sociales. Elle compte s’inspirer des recommandations des 100 experts attendus lors du quatrième forum de la communauté des pratiques sur les transferts sociaux monétaires en Afrique francophone prévu à Dakar du 23 au 27 avril prochains. La rencontre devra permettre de créer de nouvelles synergies et de favoriser une dynamique d’échanges entre les différents acteurs à l’échelle sous-régionale.

La communauté de pratiques sur les transferts qui regroupe 17 pays et qui a été lancée en 2011 s’est assignée comme mission de faciliter le développement de la circulation des connaissances, mais aussi de vulgariser les bonnes pratiques entre acteurs de projets de protection sociale, renseigne une note d’information de la délégation générale.

L’Etat du Sénégal qui a décrété 2018 année sociale, entend s’appuyer sur un développement inclusif pour sortir des groupes vulnérables de la pauvreté. Il a octroyé, à cet effet, un budget de 30 milliards de FCfa par an dans le cadre du programme de bourses familiales et a fait passer le nombre de bénéficiaires de 300.000 à 400.000 cette année.

M. BOCOUM

La conférence annuelle du mouvement de la jeunesse khadriya dirigé par Cherif Bakhayda Aïdara a vécu sur l’esplanade du Cinéma Awa à Pikine ce samedi. Devant une assistance nombreuse et en présence du maire de Pikine Abdoulaye Timbo, le responsable moral du mouvement de la jeunesse khadriya a magnifié les relations cordiales entre El Hadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba et Cheikhna Cheikh Saad Bouh.

Le centenaire de la disparition de Cheikhna Cheikh Saad Bouh continue d’être commémoré. C’est ainsi que Chérif Bakhayda Aïdara a animé la conférence annuelle du mouvement de la jeunesse khadriya. Chérif Bakhayda Aïdara a entretenu l’assistance des enseignements de Cheikhna Cheikh Saad Bou qui vouait beaucoup de considération à ses disciples à qui il ne cessait de recommander l’adoration de son Seigneur et sans association. Bakhayda a exhorté les fidèles à rester soumis à Dieu et ne point lui trouver un associé. Car, a-t-il souligné, « c’est Dieu qui donne la vie et la mort, c’est lui qui gratifie des bienfaits et prive qui il veut, quant il le veut. Il est le seul digne d’adoration ». Chérif Bakhayda Aïdara a invité les jeunes à respecter les anciens et que ces derniers soient aussi indulgents avec les moins âgés.

Bakhayda Aïdara est, par ailleurs, revenu sur la vie Cheikhna Cheikh Saad Bouh « entièrement consacrée à l’Islam et à la crainte de son Créateur, le Tout-Puissant ». C’est pourquoi, dit-il, « le seul titre dont il se réclamait et qu’il aimait qu’on lui donnait, c’est le serviteur du Dieu ». Il a ajouté que « Cheikhna Cheikh Saad Bouh aimait rappeler que l’homme doit toujours rendre grâce à Dieu, mais lui il rend grâce à Allah du fait qu’il a fait de lui un disciple, fils de son vénéré père Cheikh Mohamed Fadel et descendant du Prophète Mohamed (Psl) ». Evoquant les relations d’amitié, de fraternité entre les hommes de Dieu, Cheikh Bakhayda a salué la très grande estime et la considération que Cheikhna Cheikh Saad Bou avait envers El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba.

De ce dernier, Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait dit du départ en exil « qu’il part en lune et rentrera comme un soleil ».

En ce qui concerne El Hadji Malick Sy, Cheikhna Cheikh Saad Bouh dit que son immense connaissance se lit dans la « Salatoul Fatihi » et son « Wird ». Bakhayda a aussi rapporté les bonnes paroles d’El Hadji Malick Sy avec sa célèbre prière pour que le Bon Dieu rétribue et protège les « Chérifs » descendants du Prophète Mohamed (Psl). Il en est de même pour Cheikh Ahmadou Bamba qui a lui aussi chanté les « Chérifs». Le responsable moral du mouvement de la jeunesse khadriya a ajouté que Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait aussi de très bonnes relations avec les tenants du pouvoir temporel de l’époque comme Lat Dior Diop.

Chérif Bakhayda Aïdara a lancé un appel aux chefs religieux du Sénégal et de la Mauritanie d’organiser des séances de prières pour que le gaz découvert et en partage entre nos deux pays profite aux populations et ne se transforme pas en malédiction. Il a suggéré que dans les mosquées, les lieux de cultes que des lectures du Coran soient faites pour la paix et la stabilité de nos deux pays.

Mbaye Sarr DIAKHATE

De nombreux fidèles venus célébrer le Kazu-rajab, hier, sont retournés chez eux déçus de n’avoir pas pu accéder au mausolée de Serigne Fallou. Tellement il y avait du monde.

La scène incroyable a suscité une vive émotion à la grande mosquée de Touba hier : un sexagénaire assis en face du mausolée de Serigne Fallou, versant de chaudes larmes. Au début, beaucoup pensaient qu’il ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. Grosse erreur. A la question d’une dame qui s’est approchée de lui pour savoir ce qui se passe, Mame Badara Niang, c’est son nom, répond : « Je pleure. Et je continuerai de pleurer. Que voulez-vous ? Je me taise, non. Ce que je demande, c’est simple : aidez-moi s’il vous plait à rentrer et dire bonjour à Serigne Fallou ». Et l’homme de conclure : « J’ai fait des kilomètres et depuis 6 heures que je suis sur cette place, je n’arrive toujours pas à entrer. Aidez-moi au nom de Cheikhoul Khadim ».

Des propos qui ont éclaboussé plus d’un. Une dame qui était juste à côté n’a pu retenir ses larmes. « Ndeyesane, Thiey Serigne Fallou », dit Sokhna Diarra Mbaye, fidèle en provenance de Koungheul. Les commentaires qui fusent de partout ont interpellé un pompier qui passait. Le soldat du feu, visiblement très ému, a tout simplement soulevé le vieux en lui disant : « Viens, incha Allah, tu diras bonjours à Serigne Fallou ».

L’émotion est devenue plus forte quand le pompier et Mame Badara Niang se sont mis à arpenter les marchepieds en direction du mausolée de Serigne Fallou. Quelques minutes plus tard, notre sexagénaire est ressorti, toujours avec l’aide du pompier, mais cette fois avec une mine joyeuse. Un visage radieux et éblouissant. Comme si on venait de lui annoncer une très bonne nouvelle.

« Alhamdoulilahi (Ndlr ; Dieu merci) j’ai eu ce que je voulais. Maintenant, je peux rentrer tranquille chez moi », lance Mame Badara Niang. En réalité, Mame Badara est un chanceux, un privilégié. De nombreuses personnes, plus jeunes que lui, n’ont pu accéder au mausolée de Serigne Fallou. La foule était immense. Femmes et hommes de tous âges avaient pris d’assaut la grande mosquée dès les premières heures de ce vendredi, jour d’anniversaire de ce grand guide religieux. C’est que le Magal de Kazu-rajab, c’est d’abord et avant tout cela : venir à Touba, se rendre à la Grande mosquée, entrer dans le mausolée de Serigne Fallou, s’agenouiller et formuler des prières. « J’ai fini par me résigner. J’ai tout fait pour entrer dans le mausolée de Serigne Fallou, mais en vain. La prochaine fois sera la bonne », fait savoir Alioune Mbengue, debout devant le mausolée de Serigne Moustapha, premier khalife de Serigne Touba. Mame Diarra, elle aussi, n’a pas réussi à entrer, mais dit remercier Dieu et son époux qui a accepté qu’elle vienne prendre part à ce Magal. « Serigne Fallou sait que je suis venue. C’est l’essentiel », a affirmé Mame Diarra, qui dit retourner chez elle à Louga, déçue mais compréhensive. « Serigne Fallou appartient à tout le monde. Je voulais accéder au mausolée, comme tout le monde. Mais bon Dieu en a décidé autrement… Je comprends », dit-elle avec le sentiment d’avoir néanmoins accompli une mission… divine.

Par Abdoulaye DIALLO et Mamadou DIEYE (textes) Assane Sow (photo)

RENOVATION DU MAUSOLEE DE SERIGNE FALLOU MBACKE : LE « NDIGUEUL » DE SERIGNE ABO À LA FÉDÉRATION DES « TOUREUNDO »
Mausole S Fallou 18Très active dans les travaux d’intérêt général, la fédération des «Toureundo» (homonymes) a été désignée par Serigne Abo Mbacké, khalife de Serigne Fallou, pour réaliser les travaux de réfection du mausolée de Serigne Fallou, rappelé à Dieu en 1968. Conformément au «ndiguël» de Serigne Abo, béni par le Khalife général des Mourides Serigne Mountakha Bassirou, la fédération des «Toureundo» ou homonymes hommes et femmes de Serigne Fallou Mbacké a procédé, mi-mars, au lancement des travaux de rénovation de ce mausolée au grand bonheur de la famille de Khadim Rassoul. La fédération des «Toureundo» invite l’ensemble de ses membres, amis et sympathisants, les cheikhs et disciples de la communauté à contribuer financièrement à la réalisation de cette action de grâce et de reconnaissance envers le deuxième khalife général de la communauté mouride.

A. DIALLO et M. DIEYE

DES PRIÈRES ÉGALEMENT POUR SERIGNE BARA MBACKÉ FALILOU
Touba a également vécu d’intenses moments de prières à Alieu, au domicile du défunt Khalife général des Mourides Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou. Les talibés sont venus de partout pour prendre part, jeudi, à cette journée de prières dont le parrain cette année est Serigne Sidy Moctar Mbacké, arraché à notre affection il y a quelques mois. Le ministre du Budget, Birima Mangara, a conduit la délégation officielle en compagnie du ministre de l’Environnement Dr Mame Thierno Dieng. Birima Mangara était porteur d’un message du Président de la République, Macky Sall, qui, a-t-il dit, était très lié au parrain. Le ministre a ensuite sollicité des prières en ce jour béni pour une paix durable et un bon hivernage pour le Sénégal. Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole et représentant le Khalife général Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, a pris la parole pour magnifier les rapports d’estime et de respect mutuels qui existent entre Serigne Mouhamadou Lamine Bara Fallilou et le parrain et saluer l’initiative de la famille de Serigne Bara qui, à travers cette journée de prières, perpétue l’immense œuvre de Khadim Rassoul.

A. DIALLO et M. DIEYE

CONSULTATIONS MEDICALES GRATUITES : UN MILLIER DE PERSONNES PRIS EN CHARGE
La journée de consultations gratuites organisée dans le cadre du Magal de Kazu rajab a permis la prise en charge d’un millier de personnes dans différentes spécialités : cardiologie, échographie, ophtalmologie, kinésithérapie, etc. Ces consultations ont enregistré la présence de spécialistes marocains qui ont partagé leur savoir-faire avec des médecins sénégalais. Au terme de la journée, le médecin chef du district sanitaire de Touba a compté plus de consultations en échographie. « En valeur, les consultations dans cette spécialité ont dépassé un million de francs ; ce qui constitue une véritable aubaine pour ces populations sans ressources », s’est félicité le Dr Mamadou Dieng. L’organisation de ces consultations gratuites répond, selon Serigne Cheikh Abdou Gaindé Fatma, à la volonté du Khalife général des Mourides Serigne Mountaga Bassirou Mbacké qui vient de lancer un grand appel en faveur des couches vulnérables.

A. DIALLO et M. DIEYE

BALLET DES HOMMES POLITIQUES
Le Magal de Kazu-rajab, ce n’est pas que des prières et des « khassaides ». L’événement religieux est aussi une belle tribune pour les politiques. Presque tous ont été aperçus hier aux abords de la grande mosquée et aux domiciles des fils de Serigne Fallou. Idrissa Seck, Madické Niang, Pape Diop, Souleymane Ndéné Ndiaye, Aïda Mbodji et plusieurs ministres du gouvernement de Mohamamed Boun Abdallah Dionne ont fait le déplacement à Touba. Peu d’entre eux ont accepté de parler. Mais on sait ce qui les emmène : se recueillir, réaffirmer leur appartenance et solliciter des prières. Quant au ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, il est attendu dans la ville sainte aujourd’hui pour conduire la délégation officielle du gouvernement.

A. DIALLO et M. DIEYE

Les amis pèlerins de Gorée organisent la 12ème édition de la ziarra annuelle de l’imam Hamzatou Dia. Cette manifestation religieuse est, cette année, l’occasion de formuler des prières pour son initiateur, le défunt religieux rappelé à Dieu en août dernier, mais aussi pour la paix au Sénégal.

L’île de Gorée va abriter, ce samedi 14 avril 2018, la 12ème édition de la ziarra annuelle de l’imam Hamzatou Dia. Cette manifestation religieuse est organisée chaque année sur ce lieu pour rendre hommage à l’imam Hamzatou Dia. Elle est l’occasion de prier et d’implorer le bon Dieu pour la paix au Sénégal et dans le monde. L’actuel khalife de l’Imam Hamzatou Dia, Cheikh Ahmed Tidiane Dia, a indiqué que « ce n’est ni un Dahira, ni une confrérie, qui organise cette ziarra, mais plutôt un collectif appelé « les amis pèlerins de Gorée» qui avait l’habitude de tenir cette rencontre religieuse avec le défunt imam. C’est donc ce collectif qui se charge de la perpétuation de la tradition.

«C’est Elhadji Ibou Sakhou (Rta) qui avait recommandé aux fidèles de tenir ces prières annuelles à Gorée sous la direction de l’imam Hamzatou Dia. Gorée est un lieu propice à la prière. Et l’imam avait travaillé pour faire de cette île un site religieux que l’on peut considérer comme un mouroir des angoisses existentielles », a indiqué Cheikh Ahmed Tidiane Dia, actuel imam de l’île. Cette 12ème édition, la première après le rappel à Dieu de l’Imam Hamzatou Dia survenu le 06 août  2017, sera l’occasion pour les fidèles de réciter le Coran, de déclamer des « zikr », de suivre la causerie religieuse et de formuler des prières pour la paix au Sénégal et pour le repos de l’âme de nos disparus. 

Pour la tenue de la conférence religieuse, un dispositif est mis en place pour faciliter le déplacement sur l’île. Le départ de la première chaloupe est prévue à 10 heures ; une autre chaloupe pourra transporter les pèlerins à 12 heures 30 minutes. Pour cette édition, beaucoup d’hommes religieux y sont attendus, notamment des membres de familles chérifiennes, Baye Dame Diène, le grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, etc. L’association des imams et oulémas du Sénégal est invitée de même que religieux du pays. Le responsable de l’église, qui participe chaque année à l’accueil des pèlerins, est aussi attendu.

« Gorée est une terre de brassage culturel où le dialogue islamo-chrétien est un exemple pour tout le pays», a affirmé Cheikh Ahmed Tidiane Dia, qui s’est déplacé dans les locaux de la rédaction du Soleil pour annoncer cette manifestation. Le maire de Gorée, Augustin Senghor qui «était très proche de l’imam Hamzatou Dia», est très impliqué dans l’organisation de même que Doudou Dia de Gorée Institute. L’événement est placé sous l’égide de tous les khalifes généraux du pays et sous haut patronage du président Mack Sall.

Oumar KANDE

Cheikh Mahi Niasse, guide religieux et frère cadet de l’imam ratib de la grande mosquée de Médina Baye, a offert 3000 sacs de pommes de terre à des personnes démunies. Des actions sociales réalisées en partenariat avec l’entreprise Senegindia qui évolue dans l’agro-industrie dans les Niayes

L’Ong Al Fityanou Humanitaire dirigée par le guide religieux Mahi Cissé, frère cadet de l’imam ratib de la grande mosquée de Médina Baye, vient de s’illustrer par une importante aide à des populations démunies de la commune de Kaolack. Le don composé de 3.000 sacs de 25 kg de pommes de terre a été distribué au camp pénal de Koutal, à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Kaolack, à des écoles coraniques et à des populations dans le besoin dans le voisinage de la cité religieuse fondée par Cheikh al islam El Hadj Ibrahima Niasse « Baye ».

La cérémonie de remise du don, organisée dans la cour de l’institut islamique africain-américain, a été l’occasion pour le généreux donateur et ses partenaires dans cette action sociale, les responsables de la société Senegindia, de s’exprimer sur la portée de leur démarche. « C’est une initiative à saluer. Le fait de choisir Médina Baye pour la remise de ce don est symbolique car Cheikh Al Islam Baye, qui est notre guide, a de tout le temps prôné le partage. Donc, pour nous, toutes les ressources sont disponibles sur terre, mais c’est la répartition équitable qui fait défaut », a souligné Cheikh Mouhamadoul Mahi Cissé réputé dans cette cité religieuse pour son érudition et la diversité de ses disciples venant de toutes les parties du monde, mais principalement des Usa.

Le choix des bénéficiaires décidé par la personne morale de l’Ong Al Fityanou Humanitaire, de concert avec la direction de la clinique Assia de Dakar, a fait la part belle aux lieux de détention de la capitale régionale et aux pensionnaires des nombreuses écoles coraniques ouvertes dans ce quartier périphérique de la commune de Kaolack. « Médina Baye est une cité où les populations qui s’y sont  installées ont en partage l’amour de Dieu et leur vénération de Cheikh Al Islam Elhadj Ibrahima Niasse. C’est donc tout à fait indiqué qu’on y perpétue des valeurs de solidarité et de partage qu’il nous a enseignées », a souligné le Dr Mamadou Oumar Dia, président du conseil d’administration de ladite clinique.

Rappelons que la veille l’imam ratib de Kaolack à travers la clinique créée par son frère Cheikh Hassan Cissé avait offert un important lot de produits et matériels chirurgicaux à la région médicale de Kaolack, à charge pour la structure de la répartir aux établissements de santé publique de la circonscription administrative.

Elimane FALL

 

Le gamou de la Hadara Mame Cheikh Seydi Elhadji Rawane Ngom de Thiès aura lieu demain. Cette rencontre annuelle, qui en est à sa 19ème édition, est initiée par Serigne Mouhamed Bachir Ngom, fils cadet d’Elhadji Serigne Lamine Ngom, fils aîné et premier khalife de Mame Rawane Ngom, va se dérouler au quartier Grand Standing, en face de la mosquée Wamy.

Le thème retenu cette année est « La place de l’éducation dans l’utilisation des nouvelles technologies ». Il est d’une actualité brulante parce qu’il intervient dans ce contexte de dérives en tout genre notées dans les réseaux sociaux. Selon l’initiateur de cette rencontre religieuse, au rythme où progresse la technologie, si on ne pose pas le problème maintenant, la situation risque d’être incontrôlable dans l’avenir. « Ce ne sont pas les conférences ou les serments dans les mosquées qui vont régler le problème. Il faut une éducation spirituelle. Malheureusement, celle-ci est, aujourd’hui, au dernier rang des priorités », a déploré Serigne Mouhamed Bachir Ngom.

Selon lui, ceux qui éduquent aujourd’hui ont, eux-mêmes, besoin d’être éduqués. « Avant d’enseigner, il faut d’abord apprendre. Avant de redresser une personne, il faut d’abord être droit. L’autre problème est que les gens n’ont plus cette patience de suivre une éducation spirituelle. En tant que responsables religieux, il est de notre ressort de rappeler aux gens la place que l’éducation spirituelle doit occuper dans ce contexte des technologies de l’information et de la communication. Parce que les dégâts que les Tic causent sont énormes », a-t-il ajouté. Sur l’origine de ce gamou, retenons qu’après ses études en Egypte, sur recommandations des dignitaires religieux comme feu Elhadji Mansour Sy « Borom Daara-j », Serigne Mouhamed Bachir Ngom s’est fixé à Thiès.  

« Après mon installation, j’ai entamé des visites de courtoisie auprès des sympathisants. Parmi ceux que j’ai rencontrés, certains sont originaires du Mali, d’autres du Sénégal, mais ayant longtemps séjourné au Mali. Des retraités m’ont dit que c’est Mame Rawane Ngom qui leur avait offert le « Wird». D’autres m’ont fait savoir que c’est le saint homme qui avait prié pour eux lorsqu’ils étaient engagés dans l’armée française lors de la première Guerre mondiale 14-18. Parfois ils allaient lui rendre visite à Mpal ou bien quand le saint homme passait à Thiès. Et à leur âge, il leur sera difficile de faire le déplacement jusqu’à Mpal. D’où l’organisation de ce gamou à Thiès », a fait savoir Serigne Mouhamed Bachir Ngom.

D’autres raisons ont également poussé à l’initiation de cette manifestation religieuse. « Nous avons également initié le gamou de Thiès pour mieux raffermir les liens entre la famille de Mame Elhadji Malick Sy et celle de Mame Rawane Ngom. Le gamou est aussi une tradition qui a uni les deux saints hommes. Thiès est également un carrefour pour toutes les confréries qui doivent se réunir le plus souvent, se connaître, se faire confiance, s’aimer, etc. Ce genre de rencontre est donc essentiel pour cela. Sur le plan syndical et politique, Thiès représente beaucoup. Donc, elle a besoin de personnes qui rappellent aux gens les paroles de Dieu », a précisé Serigne Mouhamed Bachir Ngom.

Ndiol Maka SECK

 

Serigne Fallou Mbacké dont la naissance est célébrée aujourd’hui aura imprimé une marque indélébile dans la trajectoire de la communauté mouride.

Prières, lecture du saint Coran et zikr ont rythmé la vie de tous les fils de Khadim Rassoul, fondateur du mouridisme. Chacun ayant quelque chose de particulier qui le lie aux talibés. Serigne Fallou, deuxième khalife de son père, a une trajectoire particulière dans cette famille prestigieuse. Et hier, il fallait venir à Touba pour le savoir. Les talibés sont venus de tous les coins du Sénégal et de la diaspora pour participer à la célébration de sa naissance. En charrettes, en motos «Jakarta», en voitures, ils sont nombreux à faire le déplacement. Sans surprise. Les bienfaits de Serigne Fallou qui a totalisé 23 ans de khalifat transcendent les confréries et les confessions. On trouve ses homonymes dans toutes les familles religieuses du Sénégal. «Il était un grand savant, un unificateur qui se distinguait par sa générosité», confie Serigne Makhtar Mbacké. L’homme dit avoir eu le privilège de connaître le guide religieux. «J’avais 11 ans quand Serigne Fallou a été rappelé à Dieu», dit-il. Notre interlocuteur ajoute : «Je me souviens de ce personnage emblématique comme si c’était hier. Le chef religieux aimait s’asseoir devant la grande mosquée pour regarder les architectes en activité. On le voyait même donner des consignes, orienter. Il tenait beaucoup à cet édifice religieux».

C’est que Serigne Fallou, grand savant, fut avant tout un guide d’une grande ouverture d’esprit. Un homme généreux qui trouvait toujours le mot pour dérider, redonner sourire et espoir. Orphelins, nécessiteux et personnes désœuvrées trouvaient en lui un protecteur. «Une fois, il avait dit qu’il est le Sénégal, qui est symbolisé par deux emblèmes, le baobab plein de bienfaits par ses écorces, ses fruits, son ombre et le lion», témoigne Serigne Ahmadou Rafai, fils de Serigne Fallou.
 
Action de grâce


Revenant sur l’importance de cette célébration plus connue sous l’appellation de «Kazu rajab», son frère Serigne Ahmadou Badawi parle d’une action de grâce, d’une reconnaissance envers Dieu. «Serigne Fallou a démontré à travers sa personne le lien sacré entre les cinq prières et sa venue au monde. C’était un homme exceptionnel à tout point de vue», a fait savoir Serigne Ahmadou Badawi. Causeries sur les recommandations du Tout-Puissant, des récitals du Coran, zikr et chants religieux (khassaides) vont rythmer cette célébration. En réalité, le jour de naissance de Serigne Fallou a vu l’accomplissement de deux événements majeurs dans l’histoire de la religion musulmane. Ce sont des miracles auxquels il a plu à Dieu de recourir pour descendre sa miséricorde sur l’humanité. Il y a eu d’abord «Al Isrâ» (Le voyage nocturne) par lequel Seydina Mouhamed (Psl) a été transporté à Jérusalem. Ensuite «Al Micraj» (L’Ascension) ou la traversée des sept cieux pour arriver à la proximité du Trône du Maître des Mondes afin de recevoir des recommandations divines concernant les dogmes et bases de sa religion. Tous ces événements ont eu lieu cette nuit-là. «C’est Cheikh Mouhamadou Fadel Mbacké qui a fini et inauguré la grande mosquée de Touba, puis en a assuré l’imamat tout au long de sa présence à Touba», souligne Serigne Ahmadou Badawi, «heureux» de constater que l’événement prend de plus en lus une dimension mondiale.

Abdoulaye DIALLO
et Mamadou DIEYE

La dimension scientifique de Cheikh Ahmadou Bamba, thème central de l’événement

Le thème central retenu cette année est «La dimension scientifique dans l’œuvre de Khadim Rassoul». Thème de prédilection de Serigne Fallou qui a consacré toute sa vie à rappeler les enseignants de son illustre père et à enseigner le coran et la souna. Serigne Fallou avait implanté plusieurs «daaras» (écoles coraniques) et assurait lui-même l’instruction de ses disciples permettant à certains d’aller à l’étranger à la quête du savoir. Aujourd’hui, nombreux sont ses talibés qui perpétuent son œuvre en répandant l’islam sur toute l’étendue du territoire. Cette année, Serigne Ibrahima Bousso et Serigne Mbaye Sall, contemporains de Serigne Fallou et Cheikh Ibrahima Fall qui entretenaient d’excellentes relations avec le défunt Khalife sont les parrains des conférences qui sont organisées dans le cadre de cette célébration. Conférences qui sont délocalisées dans les villages de Ndindy, Khaïra et Madina Mbooba.

A. DIALLO et M. DIEYE

Les autorités sont disposées à revoir les dispositions du Comité sénégalais des droits de l’homme pour une meilleure présence à l’échelle régionale et internationale. C’est l’annonce faite par le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, à la cérémonie d’ouverture de la Consultation régionale des institutions nationales des droits de l’homme d’Afrique de l’Ouest.

Un des premiers pays de l’Afrique de l’Ouest à disposer d’une institution des droits de l’homme dénommée Comité  des droits de l’homme créé en 1970, le Sénégal n’est toujours pas aux standards internationaux. Aujourd’hui, le pays est placé statut B, avec la Côte d’ivoire et le Mali. Selon Andrea Ori, représentant du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest, «le Comité sénégalais des droits de l’homme fait beaucoup d’efforts, mais il faut que l’on réforme la loi dudit comité pour la mettre en conformité avec les derniers standards de Paris pour qu’elle soit complètement indépendante et retrouver le statut A que le Sénégal a déjà perdu. Avec le statut A, la Comité sénégalaise des droits de l’homme pourra s’asseoir et prendre des décisions dans les instances régionales et mondiales», a-t-il expliqué. Une injustice que le Sénégal est disposé à corriger. Selon le ministre de la justice Ismaïla Madior Fall qui présidait la cérémonie, «le Sénégal va poursuivre intelligemment cette réforme. Le gouvernement est aujourd’hui disposé à mobiliser les initiatives nécessaires pour que le Comité sénégalais des droits de l’homme, si importante pour la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit, soit conforme aux meilleurs standards», a-t-il assuré. Par ailleurs, selon M. Ori, même si le Sénégal a fait des pas importants dans la jouissance des droits de l’homme, un défi majeur reste à être relevé, c’est celui des enfants de la rue.

«À Dakar seulement, on parle de 50.000 enfants dans la rue. Ils ont le droit d’être protégés. Aujourd’hui, ils n’ont aucune formation. Et s’ils grandissent dans ces conditions, ils sont exposés parce que sans emploi adéquat. Ils peuvent même devenir des cibles pour les recruteurs terroristes», a-t-il alerté.

Oumar FEDIOR

Saliou Ndiaye alias Baye Zale voulait rejoindre la Syrie sur proposition du djihadiste franco-sénégalais Omar Diaby alias Omar Omsen considéré par les services de renseignement français comme « un des principaux recruteurs du djihad en France ».

Saliou Ndiaye alias Baye Zale est le premier accusé à craquer devant la barre. Alors qu’il répondait aux interrogations de Me Mounir Balal hier, il a versé de chaudes larmes. Taille moyenne, teint clair dans son boubou bleu, ce natif de Kaolack est domicilié non loin du « daraa » de l’imam Alioune Ndao. Baye Zale, qui effectuait toutes les prières du vendredi à la mosquée de l’imam Ndao, n’a jamais étudié dans le «daraa» du prêcheur. «Imam Ndao est un homme pieux. Il fait des prêches importants en relation avec l’actualité», a-t-il expliqué. Au fur et à mesure, Saliou Ndiaye a fait de l’imam Ndao «son guide». C’est l’imam Ndao qui l’a dissuadé de partir en Syrie. C’était en 2013. En racontant un fait anecdotique sur la «bonté» de son «guide», Saliou Ndiaye a fini par craquer. Il a versé de chaudes larmes, obligeant son avocat Me Etienne Ndione à lui apporter un mouchoir et une bouteille d’eau.

L’accusé Baye Zale voulait rejoindre la Syrie pendant la guerre entre l’Etat et les islamistes pour «prêter main-forte» aux populations victimes de cette confrontation. «Cela ne veut pas dire que je voulais partir en Syrie pour combattre. Je voulais y aller pour aider les victimes», a-t-il précisé. L’accusé devait regagner la Syrie sur financement d’Omar Diaby. Saliou Ndiaye a connu le Franco-sénégalais Omar Diaby par l’intermédiaire d’Ibrahima Bâ, un de ses amis qui a regagné la Libye. Omar Diaby, le djihadiste franco-sénégalais, a tenu une rencontre avec le candidat au voyage en Syrie à Grand-Yoff en présence de son frère Moussa Massoud, un autre djihadiste qui a  combattu en Syrie.

«Omar Diaby est un Franco-sénégalais. Il avait de l’argent. C’est pourquoi il s’était s’engagé à financer mon voyage», a-t-il répondu à la question de savoir s’il connaissait réellement son interlocuteur. Omar Diaby alias Omar Omsen était l’un des plus redoutables djihadiste en France. Ce dernier était un des principaux recruteurs du djihad dans ce pays. En 2013, Omar Omsen a dirigé la principale brigade francophone de Syrie.

Malheureusement, il n’a pas pu l’obtenir. Malgré ce premier revers, Omar Omsen lui a demandé d’insister pour disposer de cet agrément précieux pour pouvoir faire le voyage en terre syrienne. Selon le procureur, l’exploitation des données du téléphone de Baye Zale a montré que l’accusé a discuté via skype avec une personne anonyme dont le pseudo est Khamsalla45 lui demandant de faire des recherches sur Omsen. « J’ai fait des recherches sur Omsen parce que je ne le connaissais pas », a répondu l’accusé au maître des poursuites.

Finalement, le voyage en Syrie n’a pas eu lieu. Il a été dissuadé par l’imam Ndao, selon ses dires. Mais, avant le voyage en terre syrienne, le prévenu avait un projet de voyage pour l’Afghanistan. Une entreprise qui n’a pas abouti. Selon lui, il voulait se rendre en Afghanistan pour son expérience et « non pas pour combattre aux côtés des talibans car je ne suis pas un terroriste. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui font l’apologie du terrorisme », a-t-il ajouté.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Un colloque international s’est tenu les 10 et 11 avril 2018 à la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l’Ucad. Des universitaires français et sénégalais ont échangé sur la Responsabilité sociale des entreprises, baromètre de compétitivité et instrument de mesure de la prise de conscience des enjeux de l’heure.

Echanger sur la Responsabilité sociale des entreprises (Rse) que les circonstances et les exigences de l’heure ont installée au cœur des préoccupations. Tel a été l’objectif majeur poursuivi à travers la tenue d’un colloque à la Faculté des Sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Ucad. La Rse s’inscrit, aujourd’hui, dans le cadre global de la compétitivité de l’entreprise. La création, par certaines entreprises, de fondations entièrement dédiées à cette problématique révèle les enjeux à la fois économiques, sociaux et environnementaux qu’elle revêt. C’est pourquoi, estime Mamadou Badji, doyen de la Fsjp, cette initiative est heureuse. Elle a pour objectif de «porter un regard croisé d’universitaires sénégalais et français sur la Rse, en sondant sur chacun des thèmes abordés les apports de la Rse et en s’interrogeant sur la portée et l’intérêt, notamment en Afrique de l’Ouest, de la loi française. La France, pionnière en Europe, a souhaité aller au-delà du droit souple», dit-il. Promue sur le plan international, la Rse est entendue, à ses yeux, comme la prise en considération, par les entreprises, des conséquences négatives que peut générer leurs activités sur les personnes ou sur l’environnement.

La France, en plus d’être un précurseur en matière de développement de la Rse, avec d’autres pays européens, s’est employée à rendre la législation plus contraignante et plus adaptée aux nouvelles évolutions. Un processus législatif y a été démarré, en 2001, avec la loi sur les nouvelles régulations économiques. Il s’est achevé, en 2017, avec la loi sur le devoir de vigilance des entreprises. En cela, elle est inspirante pour des pays comme le Sénégal qui s’inscrivent dans cette démarche. En sus, ce colloque est rendu plus opportun par la présence économique de la France au Sénégal à travers ses entreprises qui, à en croire Vincent Toussaint, chef du Service économique de l’ambassade de France, « emploient 12.000 salariés, représentent un quart des recettes fiscales et presque un quart du Pib du Sénégal».

Problématique transversale
Ces entreprises «franco-sénégalaises» mènent, selon lui, de nombreuses actions de responsabilité sociale (insertion professionnelle de la jeunesse, des personnes handicapées, respect de l’environnement…). « Le concept de Rse est au cœur du renouvellement de notre relation économique avec le Sénégal. C’est, en quelque sorte, le laboratoire du renouvellement de notre relation économique avec l’Afrique. La responsabilité sociale des entreprises françaises et franco-sénégalaises, c’est une politique positive, un axe de différenciation par rapport à la concurrence, une démarche de compétitivité. C’est pour compenser également d’éventuels impacts environnementaux et sociaux de certaines activités.

Il est essentiel d’échanger dans ce domaine. Le Sénégal se développe vite et saute des étapes, et on a des choses à apprendre de la pratique sénégalaise dans beaucoup de domaines », souligne M. Toussaint.
Le professeur Yaya Bodian, directeur du Centre de recherche d’études et de documentation pour les institutions et les législations africaines (Credila), n’en pense pas moins. La Rse est, à son avis, au cœur de la réflexion scientifique et du développement économique et social. Elle implique donc des contributions pluridisciplinaires, en cela qu’elle est une problématique transversale soulevant beaucoup de questions.

Alassane Aliou MBAYE

 

Le présumée terroriste Ibrahima Diallo alias Abu Umar a fait face au maitre des poursuites, Aly Ciré Ndiaye, hier. Il a avoué avoir le surnom d’Abu Oumar depuis la Mauritanie pour respecter une tradition prophétique.

Ibrahima Diallo alias Abu Umar a réitéré au procureur qu’il était parti au Nigéria pour se perfectionner dans l’apprentissage du Coran. Aly Ciré Ndiaye lui a demandé la signification du djihad, selon les enseignements du prophète. Alors que le prévenu a pris du temps pour répondre à cette question, le maître des poursuites lui a rappelé ses déclarations devant les enquêteurs : «Je crois au djihad et nous devrions mener ce combat jusqu’à ce que la charia soit appliquée au Sénégal». «Ce ne sont pas mes réponses», a subitement répondu l’accusé. Sa compréhension du djihad, a-t-il dit, est : «juste appeler les gens, leur rappeler les enseignements du Prophète et les amener à instaurer cela. C’est ça mon djihad». Selon toujours le procureur, Abu Oumar a déclaré devant le juge d’instruction ceci : «J’ai subi la formation en armement de type Kalachnikov à Fatwoul Moubine auprès d’un Nigérian du nom de Seydou».

La Casamance comme base arrière

Toutefois, l’accusé nie encore avoir tenu de tels propos devant le juge d’instruction. Par contre, il reconnaît avoir connu le Nigérian Seydou qui, une fois, s’est présenté à lui avec une Kalachnikov. C’est ainsi, a-t-il dit, que «je lui ai demandé comment manier cette arme et il m’a montré». Cependant, avant leur retour au Sénégal, après la rencontre avec Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, Matar Diokhané a présidé une réunion à laquelle ont participé Ibrahima Diallo, Moussa Aw, Moustapha Faye, Abu Jaffar, Oumar Yaffa. Pendant cette réunion, leur leader, Matar Diokhané a posé les conditions pour un retour au Sénégal.

Parmi ces conditions, a rappelé le procureur, il apparaît : «Matar Diokhané est le leader incontesté du groupe pour l’exécution d’un projet au Sénégal». «Nous avions accepté qu’il soit notre guide juste pour sortir de ce territoire», a précisé Abu Umar.

La deuxième condition posée par Diokhané au groupe, selon le procueur, est qu’il va trouver au Sénégal une personne qui va leur servir de guide moral. Un guide moral qui n’est personne d’autre que l’imam  Ndao. La troisième et dernière condition est que le groupe devait rester à son écoute pour l’implantation d’un projet au Sénégal.

Face au refus du prévenu de ne pas reconnaître avoir assisté à une telle réunion, le procureur lui a rappelé un autre aveu de taille fait devant le juge. «Nous avions un projet de mettre en place une «wilaya» (province)». Lors de cette réunion, une décision a été prise pour chercher des terres au Sud du Sénégal. L’endroit c’est quelque part en Casamance. Lors de la réunion au Nigéria, Oumar Yaffa, Oumar Mballo et Ibrahima Bâ étaient désignés pour piloter le projet. Après leur arrestation, la mission a été confiée à Latyr Niang». Malgré tous ces rappels, l’accusé a réfuté catégoriquement être l’auteur de ces propos devant le juge.

A. Ng. NDIAYE

 

Le règlement du passif social était au centre de la conférence de presse du collectif des ex-travailleurs des sociétés liquidées. Les ex-agents réclament le paiement du passif global qui s’élève à 25 milliards de FCfa.

«Les décisions annoncées par le Premier ministre n’ont jamais connu de règlement». Ces propos du coordonnateur du collectif des ex-travailleurs des sociétés liquidées par l’Etat, Moustapha Guèye, expliquent toute l’inquiétude qui anime les 7.500 familles affectées par cette situation. En conférence de presse au siège de la Cnts/Fc hier, les ex-travailleurs ont réclamé le paiement immédiat de leur passif global d’un montant de 25 milliards de FCfa. «Le Premier ministre avait pris l’engagement, lors du Conseil interministériel du 10 mars 2017, de payer les ex-travailleurs des sociétés publiques et parapubliques que sont Hamo, Frigocap, Sias, Sotrac, la Communauté urbaine, etc. Mais, cet engagement n’est pas exécuté », a-t-il dit.

Aussi, a-t-il rappelé que les autorités s’étaient engagées à accompagner le paiement des ex-travailleurs de la Bceao, d’Air Afrique, de Transrail et de la Sotexka, qui sont des sociétés privées. Le règlement de ce passif social constitue une préoccupation majeure des secrétaires généraux de la Cnts/Fc et du Rassemblement des travailleurs africains du Sénégal (Rta/S), au point de l’inscrire dans leur plateforme revendicative. C’est pourquoi le responsable de la

Cnts/Fc Cheikh Diop a invité les organisations syndicales à mutualiser leurs forces et à se mobiliser pour le règlement de ce passif social.
«L’engagement du Chef de l’Etat à vouloir régler le passif social ne fait l’objet d’aucun doute. Il a posé des actes concrets dans ce sens et donné des instructions. Néanmoins, l’exécution de ces décisions traîne encore. D’où l’intérêt pour nous, organisations syndicales, de fédérer nos forces pour que les droits des ex-travailleurs soient respectés », a conseillé M. Diop, qui a précisé que le protocole d’entente signé entre les deux groupes défendant les ex-travailleurs de la Sias entre dans cette perspective. « Après avoir constaté des lenteurs dans l’exécution des décisions sorties du Conseil interministériel du 10 mars 2017, nous nous sommes réinvestis à amener les deux groupes qui portent le même combat à se retrouver et à accepter qu’un seul dossier soit payé au profit de tous », a expliqué le secrétaire général de la Cnts/Fc.  

Pour Cheikh Diop, l’ensemble du dossier du collectif des 7.500 ex-travailleurs avec leurs familles doit être réglé de façon définitive. Il a réitéré l’engagement de sa centrale syndicale à porter le combat du passif social. Le secrétaire général du Rta/S, El hadji Momar Samb, par ailleurs facilitateur dudit collectif regroupant environ 18 sociétés liquidées, s’est réjoui des retrouvailles entre les deux groupes qui portent le combat des ex-travailleurs de la Sias. «La fusion de ces deux groupes va faciliter le traitement du dossier de tout le collectif », a salué M. Samb, qui a relevé un déficit de communication dans ce dossier.

Tata SANE

 

Ouverture à Dakar de la réunion délocalisée de la Commission mixte de la Cedeao autour de la double problématique du respect des droits humains et de la lutte contre le terrorisme hier. La rencontre devait se tenir à Conakry. Mais, en raison des tensions sociopolitiques qui secouent présentement la Guinée, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a choisi la capitale sénégalaise pour abriter ses travaux.

Le choix de Dakar pour abriter la rencontre a été salué à juste titre par le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, qui a présidé l’ouverture de la réunion en présence des membres de la société civile, des experts en migration et des parlementaires venus des 15 pays membres de la Cedeao hier. Au total quatre commissions permanentes du Parlement de la Cedeao prennent part à cette réunion délocalisée de la commission mixte : Droits de l’homme, protection de l’enfant et des couches vulnérables / Affaires politiques, paix, sécurité et Mécanisme d’évaluation par les paires / Genre, promotion de la femme et protection sociale / Affaires juridiques et judiciaires.

Les travaux qui se dérouleront jusqu’au 15 avril prochain s’articulent autour du thème « la situation des droits humains dans les zones en crise sécuritaire en Afrique de l’Ouest ». C’est une rencontre interactive avec des communications suivies de débats. Il s’agit pour les parlementaires de s’informer de la situation des droits humains dans les zones en crise sécuritaires afin de proposer des solutions durables aux Etats. Experts et politiques s’accordent aujourd’hui à dire qu’il y a un lien entre sécurité, droits humains et développement. « La lutte contre le terrorisme pose l’épineux défi du respect des droits humains de l’homme avec des arrestations souvent arbitraires et des détentions illégales, des persécutions de civils, des cas de viol et de mutilation », fait savoir la co-présidente de la commission mixte Mme Fatoumata Niabaly. Elle est « convaincue » que la réunion formulera « des propositions pertinentes » sur le respect des droits des personnes victimes des crises sécuritaires dans l’espace communautaire. Même sentiment noté chez le président du Parlement de la Cedeao. « Il s’agit aujourd’hui de reposer la question du respect des droits humains dans un contexte marqué par une crise sécuritaire sans précédent et de violation des libertés », a dit Moustapha Cissé Lô. Devant ses collègues, il a rappelé l’attachement du Sénégal au respect des droits de l’homme. « En réunissant les différents acteurs et intervenants autour de la problématique de protection des populations victimes des crises sécuritaires, le  Parlement de la Cedeao montre clairement la voie à suivre pour faire face au terrorisme sans bafouer les droits des citoyens », a soutenu le président Moustapha Cissé Lô.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le président Moustapha Niasse s’est réjoui du choix du thème de la réunion qui pose une problématique majeure qui risque de plomber les efforts de développement des Etats. « L’être humain sans les droits humains n’est pas un être humain », a insisté le président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Le Parlement de la Cedeao pose ainsi, selon le président Niasse, les jalons qui permettront de prévenir les conflits, de protéger les populations et de promouvoir les droits humains dans l’espace communautaire.

Abdoulaye DIALLO

 

L’accusée Coumba Niang, épouse de Matar Diokhané, a répondu aux interrogations du juge, du procureur et des avocats, hier, au troisième jour du procès Imam Ndao et co-accusés. Le maître des poursuites, Aly Ciré Ndiaye, a révélé la liste des documents trouvés dans la chambre de l’accusée, au moment de son arrestation.

 Selon le procureur, les enquêteurs qui ont procédé à une perquisition de la pièce où résidait Coumba Niang ont trouvé sur place un livre intitulé : «Le manifeste religieux» écrit par son époux Matar Diokhané, des documents sur «les stratégies de combat et de déstabilisation de l’Etat (Kufar)», «le djihadiste et les techniques d’exécution, de rapts et d’assassinats», «la légitimation des exécutions sommaires des enfants et des femmes de tout musulman opposé aux actes terroristes»,

«les stratégies d’infiltration, de dissimulation et de déstabilisation des forces de défense et de sécurité».
Les enquêteurs ont aussi mis la main sur un document détaillé sur «les retours d’expériences sur les techniques pratiquées en Afghanistan» et des documents sur «l’incitation à la falsification de la monnaie et des documents administratifs». Toutefois, l’accusée a indiqué à la barre qu’elle n’a jamais lu les livres trouvés dans sa chambre. Les gendarmes ont aussi retrouvé dans la même chambre la somme de 14.500 euros, soit près de 10 millions de FCfa.

Cette somme est le reste du montant que lui avait confié son époux Matar Diokhané avant son voyage au Niger où il a été arrêté. Coumba Niang a aussi avoué avoir donné 15 millions de FCfa à l’accusé Ibrahima Diallo.
«Je lui avais remis d’abord 17 billets de 500 euros. Il m’a demandé d’en rajouter. Ce que j’ai fait en lui remettant à nouveau 24 billets de 500 euros», a-t-elle reconnu. Ibrahima Diallo, malgré  les 15 millions de FCfa reçus, a continué à demander sans cesse de l’argent à Coumba Niang. La preuve, un télégramme envoyé à l’épouse de Matar Diokhané pour lui demander le reste du montant.
«Je lui ai dit qu’il restait 31 billets de 500 euros», a-t-il dit au juge. L’accusée a aussi reconnu, à la barre, avoir donné 500.000  FCfa à Aboubacry Guèye, sur demande de son mari.

Répondant aux questions du juge et du procureur, Coumba Niang a reconnu avoir reçu l’argent de son époux avant son voyage au Niger. «Une importante somme d’argent», s’est-elle contentée de dire, refusant de donner le montant exact et la provenance de la devise. Pourtant, face aux enquêteurs qui voulaient savoir si elle avait une idée de la provenance des fonds en question, la dame avait répondu : «Il m’avait dit que c’est de l’argent licite et qu’une partie lui appartenait et une autre partie aux «mbok» (parents) qui étaient en route pour le Sénégal et qui devaient l’utiliser pour financer une activité dans le pays».

Connexions avec Imam Ndao

Une version que Coumba Niang a niée devant la barre. Mais le juge lui a encore rappelé cette assertion qu’elle avait servie devant les enquêteurs : «Mon mari (Matar Diokhané) m’avait dit que l’argent provenait d’Aboubakar Shekau le chef de Boko Haram». Elle a encore réfuté avoir tenu de tels propos devant le juge instructeur. Par ailleurs, c’est sur la route de Kaolack que Coumba Niang a appris l’arrestation de son mari Matar Diokhané au Niger. Ce jour, a-t-elle informé, elle se rendait dans cette ville pour rendre visite à son amie Rama Bâ qui était souffrante. A Kaolack, Coumba Niang admet avoir trouvé Rama Bâ dans un «daraa» où elle se soignait. «Je ne savais pas en ce moment que Rama se soignait chez l’imam Ndao», a-t-elle répondu au juge Samba Kane.

Le lendemain de sa visite, Coumba Niang a rencontré l’imam Ndao. Celui-ci a demandé des nouvelles de Matar Diokhané. «Je lui ai répondu qu’on nous a informés, en cours de route, de son arrestation au Niger», a-t-elle répondu. Après son retour à Dakar, Coumba Niang est repartie à Kaolack dès le lendemain. Cette fois-ci, c’était pour voir un disciple de Matar Diokhané du nom d’Abu Wakhab.
Après l’arrestation de son mari, Coumba Niang nourrissait l’idée de partir au Niger. Devant le juge d’instruction, elle aurait dit : «J’avais projeté de partir au Niger. J’en ai parlé à l’imam Ndao mais il m’en a dissuadé. Il m’a tout simplement dit de ne pas partir parce que ce n’est pas sûr. Mais, nous n’avions pas discuté des raisons de son arrestation».

Aliou Ngamby NDIAYE

Une demi-douzaine de scieries clandestines a été découverte dans la commune de Toubacouta par des membres du comité de sauvegarde de l’environnement de ladite localité. Les coupeurs de bois qui opèrent dans cette partie du département de Foundiougne s’attaquent à des forêts communautaires du Niombato.

Le département de Foundiougne, une des zones éco-géographiques parmi les plus verdoyantes du pays, est devenu la cible des coupeurs de bois qui se sont attaqués à des forêts communautaires de la commune de Toubacouta. A la tête d’un comité local de protection de l’environnement, Moussa Seydi, par ailleurs conseiller municipal, est au bord de la crise de nerfs. « C’est un patrimoine séculier que nous a légué nos aïeuls qui est aujourd’hui sérieusement menacé. Nous avons alerté vainement l’agent forestier. De guerre lasse, nous avons investi les scieries clandestines pour y chasser les coupeurs de bois », fulmine ce natif du village Dassilamé Sérère. Au village de Mbiskit, à la sortie est de Ndoumboudj, trois scieries clandestines ont été découvertes. Sur place, un gigantesque cailcédrat gît de tout son long sur un terrain aménagé en scierie. Des planches de bois amoncelées pêle-mêle à côté du tronc renseignent sur l’importance du trafic. Quelques centaines de mètres plus loin, des fours artisanaux dissimulés derrière une clairière font apparaître une nouvelle facette des trafiquants. Rien du bois illicitement coupé n’est perdu, les feuilles épaisses sont destinées à l’ébénisterie, alors que petits morceaux sont recyclés pour servir de bois de chauffe.

Dans la forêt communautaire des villages de Dassilamé Sérère, Ndoumboudj et Sourou, le spectacle offert par des arbres immenses abattus à la tronçonneuse défigure le paysage. Surpris ici en pleine opération, les trafiquants ont, dans leur fuite, abandonné une partie de leur matériel. Des pinces, des scies à main et du carburant sont dissimulés dans les buissons à côté de reliefs de repas. Après des prélèvements substantiels, ils sont repartis en laissant derrière eux une zone dévastée au grand dam des populations.

Interpellé, l’agent des Eaux et Forêts de l’arrondissement dément tout laxisme de la part de son service. « La situation est maîtrisée. Tout le bois est saisi et fait l’objet d’un triage sur instruction de notre hiérarchie », indique M. Diatta, qui ne veut pas s’épancher davantage sur la question préférant nous orienter vers sa direction. En attendant cette question des scieries clandestines reste un sujet de préoccupation dans la capitale du Ndiombato réputée pour être une zone éco-touristique.

Elimane FALL

Des malfaiteurs ont sévi, dans la nuit du dimanche au lundi, dans la cité de l’ancien khalife général des Mourides, le regretté Serigne Sidy Makhtar Mbacké, Keur Nganda. Quatre boutiques ont été dévalisées. Des épouses du défunt khalife font partie des victimes de ces malfaiteurs.

D’après les témoignages de Abdou Ndiaye, habitant de la cité et résident de la concession du défunt khalife général, dans la nuit du dimanche au lundi, des malfaiteurs ont débarqué et profité du calme et de l’insécurité du patelin pour mettre à sac trois boutiques et un atelier de couture. De l’avis du M. Ndiaye, le réveil avait été brutal pour les habitants, les malfaiteurs se sont enfui et n’ont été aperçu nulle part, emportant une somme de 150.000 FCfa et des tissus. Les deux des commerces dévalisés, poursuit-il, appartiennent à Sokhna Faty Wone et à Sokhna Adji Ndiaye, des épouses du défunt Khalife actuellement en veuvage. Ces dernières ont préféré s’en remettre à Dieu. La troisième boutique est la propriété de Sokhna Samb, l’épouse du chauffeur du défunt Khalife général.

Jadis havre de paix où le khalife général effectuait ses retraites spirituelles, la localité située à 45 km de Diourbel, est une commune dans l’arrondissement de Ndindy. Abdou Ndiaye révèle que depuis la disparition de Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, la localité est devenue la cible des malfaiteurs à travers le vol de bétail. D’après Abdou Ndiaye, les populations ne dorment plus que d’un seul œil. Il a lancé un appel aux autorités, particulièrement au président Macky Sall «qui connait bien la cité» pour l’érection d’un poste de gendarmerie». A signaler que la gendarmerie de Diourbel, souvent en patrouille dans la zone, s’est portée sur les lieux. Elle a constaté le délit et ouvert une enquête.

Mamadou DIEYE

Les présumés meurtriers de Moustapha Guèye, membre du comité de surveillance de la forêt de la commune de Niaming, seront bientôt remis au Sénégal par les services de sécurité gambiens qui les ont arrêtés samedi.

L’enquête sur le meurtre de Moustapha Guèye, membre du comité villageois de surveillance de la forêt et domicilié au village de Same Yoro Guèye, dans la commune de Niaming, Nord du département de Médina Yoro Foulah, avance à grands pas. Les trois présumés auteurs de ce meurtre ont été interpelés samedi dernier, dans la ville gambienne de Bansan, par les services de sécurité de ce pays. Ces trois suspects, qui seraient de nationalité gambienne, doivent, en principe, être remis aux autorités sénégalaises pour répondre de leur acte.

Les enquêteurs tentent à présent de retrouver un quatrième suspect dont l’identité et la nationalité n’ont pas été révélées. Il serait soupçonné d’avoir fourni des renseignements aux trafiquants de bois qui ont attenté à la vie de Moustapha Guèye. Parallèlement, les forces de sécurité sénégalaises ont arrêté, samedi dernier à Kolda, un autre individu dans le cadre de cette enquête. Mais, après son audition par la brigade de gendarmerie, il a été purement et simplement relaxé pour manque de preuve. Les enquêteurs ont estimé qu’il n’avait absolument rien à voir avec le meurtre de Moustapha Guèye. En tous les cas, ces arrestations intervenues 48 heures après le drame survenu dans la nuit de jeudi à vendredi près de la frontière entre les deux pays témoignent, selon certains, de la volonté des autorités gambiennes de coopérer avec leurs homologues sénégalais pour combattre la coupe abusive de bois dans les trois régions de la Casamance naturelle.

D’autres se sont interrogés sur le retard pris par la partie gambienne pour remettre ces trois suspects au Sénégal afin qu’ils soient entendus par la justice. « Toutes les démarches nécessaires ont été effectuées par le Sénégal pour le transfèrement des trois suspects », a déclaré un de nos interlocuteurs. Il estime toutefois que ce retard est tout à fait compréhensible dans la mesure où ces arrestations ont eu lieux durant le week-end qui n’est pas un jour ouvrable. Ce retard pourrait aussi s’expliquer pour des raisons liées aux lenteurs des procédures administratives de la Gambie.

Mais, ces procédures devraient en principe s’accélérer durant cette semaine si ce n’est pas déjà fait.

Mamadou Aliou DIALLO

Les avocats de l’Imam Alioune Ndao et de ses co-prévenus jugent la procédure contre leurs clients «irrégulière» car manquant de «base légale». Ils ont maintenu les mêmes exceptions hier, au deuxième jour du procès.

Les avocats de la défense ont apporté, hier, la réplique au maître des poursuites, Aly Ciré Ndiaye. Dans son intervention d’avant-hier, le procureur avait apporté des précisions sur les exceptions soulevées par les conseils des prévenus, notamment sur l’ordonnance de renvoi rectificative du doyen des juges d’instruction et sur le principe de la non-réactivité de la loi. Me Samba Ametti, dans son intervention, a indiqué que la loi de 2016 sur le terrorisme ne peut pas s’appliquer contre les accusés parce que les faits commis sont antérieurs à son entrée en vigueur. De même, les prévenus, a-t-il dit, ne peuvent pas être condamnés sur la base de la loi de 2007 qui a été abrogée et remplacée par la loi de 2016. «En matière pénale, on ne peut être poursuivi que sur la base d’une loi qui existait au moment des faits», a ajouté Me Ametti pour conforter son argumentaire. Selon le conseil de la défense, l’abrogation de la loi de 2007 est comme «une sorte d’amnistie» pour ses clients. Me Abdou Gningue, avocat de l’accusé Youssouph Mballo, a abondé dans le même sens en précisant que l’acte préparatoire ne peut pas être réprimé aujourd’hui.

Dans cette affaire, l’avocat considère la loi de 2016 comme les actes préparatoires contre le terrorisme. Ce qui lui a fait dire qu’on ne peut pas poursuivre quelqu’un sur la base d’une nouvelle loi qui étend le champ d’incrimination.

«Cette procédure est irrégulière, elle manque de base légale», a dénoncé Me Gningue. Me Mounir Balale a ajouté que «les faits sont antérieurs à cette nouvelle loi». Celle-ci étant plus sévère, «elle ne peut pas rétroagir», a-t-il argumenté. Apportant sa réplique, le procureur Aly Ciré Ndiaye a rappelé à la défense que l’ordonnance de renvoi rectificative a été notifiée à l’ensemble des accusés. Pour étayer son propos, il a brandi deux ordonnances de renvoi notifiées aux accusés Mohamed Mballo alias Zir Kif Lee et Mohamed Abou Diallo. «Maintenant, qu’on ne me dise pas que l’ordonnance n’a pas été notifiée», a démonté le procureur.

Sur la légalité de la procédure qui, selon lui, est «le cheval de bataille de la défense», le procureur a indiqué que toutes les infractions retenues contre les accusées résultent de la loi de 2007.

Cas du mineur
Selon lui, la loi 2016-29 est intitulée : «loi 2016-29 modifiant». «C’est une loi qui modifie. L’article 3 qui est agitée dit que les articles 279-1 et 279-5 sont abrogés et remplacés», a ajouté le procureur tout en précisant que toutes les dispositions de la loi de 2007 ont été intégralement reprises dans la nouvelle loi. «Il n’y a pas quelque chose qui a été enlevé et jeté. Ce sont juste des améliorations qui ont été apportées. Toutes les infractions qui leurs sont reprochées ont été reprises intégralement dans les dispositions de la loi de 2016», a renchéri le maître des poursuites. Aussi, les avocats de la défense ont-ils soulevé la compétence du tribunal à juger le prévenu, Mamadou Seck qui était mineur au moment de son arrestation. Le prévenu avait exactement 16 ans quand il a été arrêté. C’est pourquoi son avocat Me Hilal a demandé que le benjamin du groupe soit jugé par le tribunal des mineurs. Mais, pour le procureur, c’est une question de choix du législateur sénégalais de juger un mineur devant un tribunal pour adulte pour des faits liés au terrorisme. Donnant l’exemple du Cameroun, Aly Ciré Ndiaye a révélé que «dans ce pays qui vit le terrorisme, tous les actes de terrorisme sont déférés devant le tribunal militaire qui est le seul compétent à les juger».

Donc, c’est une question de choix. «La chambre est compétente pour juger Mamadou Seck», a martelé le procureur. Son avis est loin d’être partagé par Me Demba Ciré Bathily, qui apporte cette réponse : «Si un avocat commet un acte terroriste ou un magistrat, est-ce qu’ils seront jugés ici ou est-ce qu’ils seront jugés devant leur juridiction ?» «Si on a les réponses à cette question, on a les réponses concernant le mineur», a ajouté Me Bathily. Finalement, la chambre s’est déclarée incompétente pour le cas du mineur. Toutes les autres exceptions ont été jointes au fond par le juge.

Aliou Ngamby NDIAYE

LES RÉVÉLATIONS FRACASSANTES DES PRÉVENUS MOHAMED NDIAYE ET IBRAHIMA DIALLO
Les prévenus Ibrahima Diallo et Mohamed Ndiaye ont fait de graves révélations devant la barre hier. Les deux co-accusés confirment avoir été dans les rangs de Boko Haram non pas pour combattre mais pour apprendre le Coran.

L’audition des prévenus a commencé hier. L’accusé Mohamed Ndiaye alias Abu Yusuf est le premier à répondre aux interrogations du juge et du procureur. Entouré de son avocat Me Ndéné Ndiaye et d’un interprète, le prévenu a confirmé avoir participé à deux réunions à Rosso et à Richard-Toll. «Quel a été le motif de ces deux réunions ?», demande le juge au prévenu. Réponse : «Nous voulions partir en Syrie sur proposition d’un nommé Moustapha Diop». Mais, au lieu d’aller en Syrie, Mohamed Ndiaye s’est rendu au Nigéria pour apprendre le Coran, avoue-t-il. L’accusé a indiqué, devant le juge, qu’il n’est pas «un homme violent» et il n’a jamais commis un acte violent.

Son voyage au Nigéria, dit-il, a été financé par le nommé Ibrahima Bâ établi en Mauritanie. Pour se rendre au Nigéria, rappelle-t-il, il a pris un bus à partir de Kaolack pour atterrir au Niger. Ensuite, il a regagné des localités contrôlées par le groupe Boko Haram. «Est-ce que tu n’étais pas parti rejoindre les rangs de Boko Haram ?», lui demande à nouveau le juge. «Non», répond l’accusé.

Cependant, le juge lui a rappelé qu’il y a beaucoup de contradictions entre ses dires pendant l’enquête préliminaire et ses réponses devant la barre. Mais l’accusé reconnaît avoir fait les localités d’Abbadam, Goza et Sambissa. Une fois dans les territoires contrôlées par Boko Haram, Mohamed Ndiaye avoue avoir trouvé sur place les nommés Ibrahima Coulibaly, Ibrahima Diallo alias Abu Omar, Abou Diallo alias Abu Jendel. «Avez-vous subi une formation au Nigéria ?», lui demande le procureur. «Non je n’ai fait aucune formation », persiste-t-il. Le procureur Aly Ciré Ndiaye continue, lui rappelant sa déclaration devant le magistrat instructeur. Le prévenu Mohamed Ndiaye a confirmé : «Pendant mon séjour, j’ai appris le Coran. Nous avons fait aussi la formation du maniement des armes et les techniques de conduite des chars de combat. Je n’ai participé à aucun combat mais j’en étais témoin». «Connais-tu Moustapha Diallo alias Abu Dardar ?», demande encore le procureur. «Oui», confirme l’accusé, qui révèle que c’est Moustapha Diallo qui lui a effectivement appris à manier les armes. «Avez-vous connu Cheikh Ibrahima Dieng», ajoute Aly Ciré Ndiaye. «Oui, je le connais », répond l’accusé. «Où se trouve-t-il ?», interroge le procureur. «Il a rendu l’âme au cours d’un bombardement aérien à Goza», dit le présumé. «As-tu tenté de le sauver ?», demande le procureur. «Non, ce n’était pas possible parce que les avions bombardaient la zone», répond-il.

Rencontre avec Aboubakr Chekau de Boko Haram
Le procureur a aussi rappelé au prévenu qu’il a répondu ceci devant les enquêteurs : «Avant de partir au Nigéria, je savais conduire et je disposais déjà d’un permis de conduire. C’est pourquoi je n’ai eu aucune difficulté pour conduire des chars de combat légers. J’ai également maîtrisé toutes les positions de tirs, à savoir la position à genou, la position couchée et la position debout.

Mais, je n’ai pas appris à tirer sur un avion en plein vol. Je regrette d’avoir intégré ce réseau de djihadiste. J’ai été victime de l’influence de certains compagnons». Mais Mohamed Ndiaye nie avoir avoué devant les enquêteurs qu’il a appris les positions de tir. Après Mohamed Ndiaye alias Abu Yusuf, son co-accusé Ibrahima Diallo est appelé pour audition. Celui-ci a aussi avoué s’être rendu au Nigéria sur demande d’un certain Zaid Bâ qu’il a rencontré en Mauritanie. «Aller au Nigéria pourquoi faire ?», lui demande le procureur. «Il m’avait dit que c’est la charia qui était de rigueur en Mauritanie. J’y étais pour apprendre», répond Ibrahima Diallo. Il a alors quitté le territoire sénégalais en compagnie de Mouhamadou Lamine Mballo, Ibrahima Bâ et Abdou Aziz Dia. Il a été accueilli au Nigéria par Abu Amir. «J’ai trouvé sur place Yaffa, Moussa Mbaye, Abu Djahid», ajoute-t-il. «Que faisiez-vous au Nigéria», demande le juge. «Personnellement je n’étais pas au Nigéria pour combattre et je n’ai pas combattu», dément Ibrahima Diallo. «As-tu vu Aboubakr Chekau ?», lui demande à nouveau le juge.

L’accusé confirme qu’il a rencontré Chekau suite à une dispute dans les rangs des Sénégalais. C’est après cette rencontre avec le chef de Boko Haram qu’Ibrahima Diallo, Mohamed Ndiaye et Matar Diokhané ont emprunté le chemin du retour. «On nous avait demandé de déchirer nos cartes d’identité et nos passeports avant de quitter le Nigéria», révèle l’accusé.

Face aux questions pressantes du juge, Ibrahima Diallo finit par avouer qu’il a reçu, une fois à Dakar, 44 billets de 500 euros, soit près de 15 millions de FCfa des mains de Coumba Niang, la femme de Matar Diokhané. Après avoir reçu cette somme, dit-il, il a remis 4 millions de FCfa à Latyr Niang. «Et le reste ?», questionne encore le juge. «Le lendemain, je suis parti à Kaolack et j’ai remis 8 millions de FCfa à imam Alioune Ndao parce que je devais me rendre en Gambie», révèle Ibrahima Diallo. «Imam Aliou Ndao savait-il d’où tu venais ?», lui demande le juge. «Non je pense pas», répond-il.

A. Ng. NDIAYE

(Podor) - Lors de la célébration de la première édition de la rencontre historique entre Cheikh Oumar Al Foutihou Tall et son marabout, Thierno Abdou Kari Diallo à Donaye-Taredji, le khalife Thierno Madany Tall a prié pour la paix au Sénégal et une présidentielle apaisée.

Au croisement de Donaye-Taredji, les populations étaient sorties en masse pour recueillir des prières du khalife de la famille omarienne et lui souhaiter la bienvenue. C’était également une occasion de célébrer la rencontre entre deux grands érudits. De Podor à Ndioum en passant par le Dandé Mayo, l’Île à Morphil et les confins du Fouta, les habitants se sont déplacés en nombre. Au cours de cette cérémonie religieuse durant laquelle on notait la présence de presque tous les dignitaires religieux du Fouta et au-delà, le marabout a rappelé l’importance de la paix et de la concorde, surtout pour notre pays. «Durant ces moments de passion, avec la campagne présidentielle qui pointe à l’horizon, j’appelle les différentes responsables de tous bords à travailler à ce qu’il y ait le calme dans notre pays», dit-il. Pour ce faire, le khalife de la famille omarienne a dit «prier pour plus de concorde et que ces consultations se déroulent dans le calme, et que le pays sorte grandi de la présidentielle de février 2019». Aussi, a-t-il dit avoir consacré le séjour à Donaye-Taredji «à prier pour notre pays et pour toute la Ummah islamique».

Cette commémoration célèbre la première édition de la rencontre entre Cheikh Oumar Al Foutihou Tall et son marabout, qui s’est tenue en 1823, et consacre aussi l’introduction du «wird» tidiane à Donaye, cité éminemment religieuse, souligne Amadou Macktar Tall de la cellule de communication. Pour lui, la célébration de cette rencontre «mystique entre deux hommes» a permis de rappeler les enseignements de Cheikh Oumar Al Foutihou Tall basés essentiellement sur le respect des préceptes islamiques, en suivant la route tracée par le Prophète Mohamed (Psl). M. Tall a aussi rappelé l’importance de Thierno Abdou Karim Diallo dans la formation de Cheikh Omar Al Foutihou Tall, tout en évoquant la place de choix de Donaye-Taredji, «c’est pourquoi le marabout s’est personnellement déplacé pour l’évènement», a fait savoir le chargé de communication.

Amadou Maguette NDAW

L’inauguration de la grande mosquée de Tindody s’est déroulée vendredi dernier en présence d’une forte délégation conduite par le Premier ministre Mohammed Boun Abdallah Dionne.

La prière inaugurale de la grande mosquée de Tindody a été présidée par Serigne Mouhammadou Fallilou Mbacké Ibn Serigne Abdou Khadre, vendredi. Le Premier ministre, Boun Abdalah Dione, avait fait le déplacement pour représenter le Président de la République Macky Sall. Devant un parterre d’invités, Serigne Cheikh Aliou Mbacké et le chef du gouvernement ont échangé sur l’importance de ce jour, de cette réalisation et des rapports que le chef religieux entretient avec le chef de l’Etat. Le Premier ministre a loué les qualités du chef religieux de Tindody, avant de rappeler les liens d’amitié qui existent entre le guide et le Chef de l’Etat.

Il a ensuite évoqué l’impact de la politique sociale du Président Macky Sall qui intègre toute les couches de la population avec les bourses de sécurité familiale. Selon le Premier ministre, le Président Macky Sall conduit les destinées de ce pays avec beaucoup d’indulgence et de soutien aux démunis à travers une politique sociale qui intègre toute les couches de la population. «Nous sollicitons des prières pour lui et pour le Sénégal», a demandé Mohammad Boun Abdallah Dionne.

A l’endroit de Serigne Cheikh Aliou, le Premier ministre de dire : «Nous vous remercions aussi pour cette belle réalisation qu’est la grande mosquée de Tindody. En lieu et place, vous auriez pu construire un palais pour vous, mais vous avez préféré un palais à la gloire du Tout-Puissant, qui saura récompenser ce sacrifice qui ne sera pas vain». Le ministre conseiller, Arona Ndoffène Diouf, a salué en Serigne Cheikh Aliou, un véritable acteur de développement au chevet des populations. Serigne Cheikh Aliou Mbacké a fait savoir qu’en ce jour de vendredi, Tindody abrite deux événements que sont l’inauguration de la grande mosquée et la pose de la première pierre d’un institut islamique. Du fait de la présence massive des chefs religieux venus de tous les foyers religieux du pays, Serigne Cheikh Aliou a fait savoir que le Sénégal est «un et indivisible», et il faut œuvrer à la préservation du legs des pères fondateurs et promouvoir les échanges et le dialogue entre les confréries.

Le chef religieux a fait la genèse de la construction de cette grande mosquée qu’il a démarrée en 2009 et c’est Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, l’actuel Khalife général des Mourides, qui avait posé la première prière, informe-t-il. Serigne Cheikh Aliou Mbacké a vivement remercié le Premier ministre en louant sa disponibilité et les valeurs et qualités qu’il incarne.

Mamadou DIEYE

Le ministre du Tourisme et des Loisirs, Mame Mbaye Niang, a expliqué les politiques publiques liées à l’emploi au Sénégal à la jeunesse de Wakhinane Nimzatt. Sur place, il est largement revenu sur les nombreuses opportunités offertes par la Délégation pour l’entreprenariat rapide (Der).

A la commune de Wakhinane Nimzatt, l’heure est à la réflexion pour maximiser les chances d’insertion des jeunes. C’est ce qui justifie la tenue de ce forum initié par la commune et où des structures d’aide à la création d’emplois ont été représentées. Le ministre de la Jeunesse, Pape Gorgui Ndong, étant empêché, c’est son homologue et prédécesseur à ce ministère, Mame Mbaye Niang, qui s’est employé à apporter des réponses aux questions posées par les jeunes en matière d’emploi au Sénégal. En somme, le ministre a laissé entendre que l’emploi est à régler dans le long et moyen termes et dans l’immédiat. Concernant les solutions dans le long terme, il a souligné que les réformes universitaires cherchent à adapter l’enseignement supérieur aux besoins du marché de l’emploi. A ce propos, il a affirmé que dans les universités Cheikh Ibrahima Niass et Amadou Makhtar Mbow, on reçoit des enseignements spécifiques sur l’agriculture et les nouvelles technologies », a-t-il soutenu. Dans le moyen terme, il note que l’enseignement professionnel a été transformé de manière radicale. « Nous avons changé de paradigmes à tel point qu’on ne parle plus de micro, mais de macro. C’est ainsi qu’en quatre ans, nous avons quadruplé nos capacités en matière de formation professionnelle. La construction de 17 lycées techniques, d’espaces numériques ouverts (Eno) qui absorbent 30 à 40 % de nos jeunes qui ne vont pas à l’université, mais qui ont soit le bac ou le Bfem.

Aujourd’hui, tout le monde est d’accord qu’il y a un problème de qualification. C’est ce qui justifie l’orientation en amont qui prouve qu’il y a une prévision et que le programme politique est approprié». Mame Mbaye Niang a rappelé que le Président de la République a décidé d’accompagner le stock d’étudiants sortis de l’université et qui n’ont que le bac en vue de les pousser vers l’entreprenariat pendant ces trente ans. Il s’agit de l’entreprenariat agricole avec les fermes Anida, les domaines agricoles communautaires et les fermes « Natangué » qui, selon lui, peuvent absorber ces jeunes sans emploi et participer à la production. « Il faut le reconnaître, il y a eu une réponse positive. C’est qui explique la prouesse réalisée dans l’agriculture où la production a été quadruplée. Cinq ans en arrière, on ne produisait que 350.000 tonnes d’arachide, aujourd’hui on en a produit 1,4 million de tonnes. C’est dû à l’augmentation de la main-d’œuvre, à la mécanisation et à la sélection des semences », a avancé le ministre. Mame Mbaye Niang est d’avis que c’est cela qui justifie ces performances. « Avec l’orientation politique et les efforts consentis dans l’investissement, il y a beaucoup plus d’opportunités. L’Anpej a ses particularités, le Papej et le Fongip aussi », a-t-il ajouté. Dans le même ordre, il a indiqué que le Président de la République a appris de ses trois formes d’entreprenariat qui ciblent des jeunes en particulier. Mais, soutient-il, il y a une masse critique qui ne sait ni lire ni écrire, donc ne pouvant pas répondre à ces procédures et qui ont besoin de financements. « C’est ce qui justifie la Der », conclut-il. Le maire Racine Talla a promis de continuer à accompagner les jeunes dans la recherche d’emploi.

Abdou DIOP

Le député maire de Tambacounda, Mame Balla Lô, vient de remettre 1000 gilets et autant de plaques confectionnées au niveau local à l’Union des conducteurs de moto-taxi de Tambacounda (Umtt).

La remise symbolique des accessoires de sécurité à l’Union municipale des conducteurs de moto-taxi de Tambacounda s’est déroulée dans la sale de délibération de l’hôtel de ville prise d’assaut dès les premières heures de la matinée par les jeunes enthousiastes. Selon le premier magistrat de la ville de Tambacounda, il urge de réorganiser ce secteur occupé par les jeunes en les formant sur le Code de la route. « La municipalité, à travers la commission en charge du transport et fort de l’accompagnement sans faille des autorités administratives, a décidé de former ces jeunes et de mettre à leur disposition des gilets de protection et d’identification des motos afin de mettre fin aux nombreux vols constatés », a fait savoir le maire Mame Balla Lô, rappelant que cet équipement a été financé sur fonds propres. « Nous avons jugé nécessaire de les aider, de les encadrer pour qu’ils puissent faire normalement leur boulot », a expliqué l’édile de Tambacounda. L’ambition de la municipalité est d’aller à une production de 2.500 gilets et autant de plaques. Quant aux casques, le nombre souhaité n’est pour le moment pas disponible. C’est dans ce cadre qu’il dit compter sur le soutien du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3Fpt) pour dérouler une série de formations au bénéfice des conducteurs de moto-taxi de Tambacounda. Ce qui leur permettra, dit le maire, de maîtriser les rudiments du Code de la route et d’épargner la ville des nombreux accidents enregistrés.

Pape Demba SIDIBE


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