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Société & Faits divers (3260)

Ivoire traficSelon un communiqué, trois présumés trafiquants d’ivoire et de défenses de phacochères ont été arrêtés ce jeudi lors d’une opération. More Cissé, El hadji Bèye et Massamba Mbaye sont aujourd’hui entre les mains de la justice. Ils sont poursuivis pour détention, circulation et commercialisation d’espèces protégées au Sénégal.

Deux opérations menées par des éléments de la Sureté urbaine, du ministère de l’Environnement et du développement durable et ceux du projet Sénégal application de la loi faunique (Salf) ont permis de mettre la main sur trois personnes. Il s’agit des nommés More Cissé, El hadji Bèye et Massamba Mbaye. Ces hommes ont été arrêtés en flagrant délit pour détention, circulation et commercialisation d’espèces protégées au Sénégal. Ils étaient en possession de 271 objets en ivoire sculptés, d’un poids de 5,5 kilogrammes, ainsi que 256 défenses de phacochères pour une valeur totale estimée à 8,5 millions de FCfa.

Le communiqué indique que l’éléphant, une espèce intégralement protégée parce qu’étant en voie d’extinction rapide en Afrique, fait aujourd’hui l’objet d’un trafic international colossal. Selon l’Onu, 100 éléphants sont tués chaque jour sur le continent pour leur ivoire. Le commerce illégal d'espèces sauvages, précise le texte, est un crime organisé transnational. Il occupe le cinquième rang du commerce illicite dans le monde après la drogue, les armes, le blanchiment d’argent et le trafic d’êtres humains, amassant des bénéfices d’environ 20 milliards de dollars chaque année. En outre, le communiqué souligne que ce commerce illicite est lié à la corruption, au blanchiment d'argent et au trafic d'autres produits tels que les armes et la drogue. Il engendre l’instabilité en Afrique et entretient le terrorisme.

Le trafic d’ivoire d’éléphant, lit-on dans le texte, finance de plus en plus les mouvements terroristes comme Al-Shaabab, les Jenjawids, Boko Haram, etc. « Ces djihadistes sont les pivots du trafic d’ivoire en Afrique. En effet, l’ivoire fournirait environ 40% des fonds nécessaires au groupe Al-Shaabab pour se maintenir en activité et déstabiliser l’Afrique de l’Est et du Centre. Ces mêmes mouvements terroristes dont le Sénégal se soucie beaucoup actuellement en renforçant sa sécurité sur l’ensemble du territoire », note le document. Désormais, poursuit-il, cette inquiétude concerne aussi l’Afrique de l’Ouest. Au Mali, un cinquième des éléphants ont été tués pour alimenter le trafic d’ivoire depuis début 2015. Selon la Minusma, mission de maintien de la paix de l’Onu, dans ce pays, cette recrudescence est liée aux activités des groupes djihadistes dans le pays.

Le communiqué de préciser aussi que pour ce qui est des 271 défenses de phacochère saisies, soit 136 animaux abattus, la valeur est estimée à 4.500.000 FCfa. L’ivoire de ce suidé bien connu dans nos régions est certes moins luxueux que celui de l’éléphant mais très prisé par les amateurs de sculpture. Si l’on se fie au communiqué, ces trois présumés trafiquants arrêtés ne possèdent aucune autorisation d’abattage, de capture, de ramassage ou de commercialisation de cet animal hautement braconné au Sénégal. L’affaire est entre les mains de la justice sénégalaise.

Ndiol Maka SECK


ChapeletLa sécurité sera renforcée sur le site du daaka et à Médina Gounass durant le gamou de cette année.

Le gamou annuel de Médina Gounass aura lieu le 11 avril prochain. Les autorités administratives, les chefs de services techniques, les forces de défense et de sécurité et les représentants du comité d’organisation sont déjà à pied d’œuvre pour une bonne organisation de ce gamou. La Senelec va installer deux groupes électrogènes de 400 Kw/h chacun à Médina Gounass et deux autres groupes électrogènes de même puissance sur le site du daka pour assurer l’alimentation en électricité.

Des mesures sont également prises par le service de l’hydraulique pour faciliter l’approvisionnement en eau de la cité religieuse. Une vingtaine de camions citernes et une cinquantaine de bâches à eau seront mobilisés pour assurer une alimentation correcte en eau des certains quartiers de Médina Gounass qui ne disposent pas de bornes fontaine. Le second forage du daaka sera également réhabilité pour permettre aux pèlerins de disposer de suffisamment d’eau durant toute durée de leur retraite spirituelle. Pour ce qui concerne le volet santé, la région médicale de Kolda, en collaboration avec la Croix-Rouge sénégalaise, le Service des sapeurs-pompiers, la Brigade régionale d’hygiène et le Service régional de l’assainissement, assure que toutes les dispositions nécessaires sont déjà prises pour faire face à toute éventualité.

Des mesures exceptionnelles sont par ailleurs prises pour assurer la sécurité des pèlerins qui viendront de tout le Sénégal et des pays de la sous-région. La décision de renforcer la sécurité de la cité religieuse s’explique par le contexte sous-régional et international marqué par la menace terroriste qui plane sur les pays d’Afrique de l’Ouest. « Toutes les forces de sécurité et de défense, notamment l’Armée, la Gendarmerie et la Police, seront mobilisées pour que les gens se sentent en sécurité en venant au daka, pour que les contrôles qui doivent être effectués le soient et pour que les patrouilles qui doivent être faites le soient aussi », assure Alhassane Sall, gouverneur de la région de Kolda lors du Crd préparatif du gamou de Médina Gounass tenu ce jeudi à Kolda.

Mamadou Aliou DIALLO


Mame Diarra BoussoEn marge de la commémoration du magal, les responsables de l’institut islamique Maam Jaaratulah ont organisé une exposition sur le fonctionnement de l’établissement et les différentes étapes du cursus des pensionnaires qui portent toutes le nom de Mame Diarra.

Dans un hangar aménagé pour la circonstance, le fruit du travail des jeunes filles du « daara » est exposé sur des stands bien achalandés sous la supervision des formatrices des différentes filières de l’enseignement technique féminin dans  l’établissement. Ouvert en 2005, l’institut islamique est une œuvre de feu Serigne Moustapha Bassirou Mbacké, le bâtisseur à qui la ville sainte de Porokhane doit beaucoup de réalisations. Un établissement qui a fait figure de « daara moderne » avant la lettre.

Selon la directrice des études, Mame Awa Dème, les 450 pensionnaires, uniquement des filles, y sont admises à l’âge de six ans et reçoivent, sous le régime de l’internat, une éducation religieuse et une formation professionnelle décomposée en deux cycles. Dans la première phase, a-t-elle précisé, « il s’agit de l’initiation au Coran et aux valeurs religieuses islamiques pendant un cursus de cinq ans. Le second cycle de trois ans est consacré à l’approfondissement des connaissances coraniques et à une formation professionnelle pour préparer l’insertion des filles à leur sortie après les huit ans passés dans l’établissement ».

D’après Mme Dème, la prise en charge des élèves est entièrement gratuite parce que c’est Serigne Moustapha Bassirou Mbacké qui l’avait voulu ainsi pour soutenir les parents démunis qui y envoyaient leurs enfants. Toutefois beaucoup de bonnes volontés contribuent au fonctionnement à travers des actions ponctuelles. S’agissant de la formation professionnelle, c’est le centre d’enseignement technique féminin de Nioro du Rip qui est mis à contribution pour assurer des sessions de formation à l’intention des pensionnaires du « daara » Maam Jaara.

Mme Anta Samb, formatrice audit centre, indique que divers métiers, allant de la restauration, à la pâtisserie en passant par le modélisme et la transformation des produits alimentaires, sont proposés aux filles. Le responsable de l’exposition Moustapha Diop justifie le projet de construction de nouvelles classes et dortoirs pour satisfaire la forte demande de plus d’un millier de filles qui veulent intégrer le « daara ». L’objectif étant, selon lui, de doubler les effectifs en trois ans. Evoquant la disparition d’Aida Ndiaye Bada Lô, une des illustres marraines, Mame Awa Dème  parle « d’une immense perte pour toute la communauté mouride ». Elle s’investissait beaucoup pour soutenir le « daara », mais aussi l’organisation du magal et l’accueil des pèlerins. Tout cela lui avait valu le vibrant hommage que lui avait rendu Serigne Mountakha Mbacké, khalife de Porokhane, lors de son décès à Mina en Arabie Saoudite.

B. Dramé


Paulin HountondjiPour le professeur de philosophie émérite des Universités et président du Conseil national de l’éducation, Paulin J. Hountondji, qui a récemment participé au Colloque international sur les religions et les défis du temps moderne tenu à Dakar, le fanatisme n’épargne aucune religion. Auteur de : « Philosophie africaine : critique de l’ethnophilosophie », publié aux Editions Maspero à Paris, fin 1976, Paulin J. Hountondji, revient ici, entre autres, sur l’humain, son rapport avec Dieu, avec la religion, sur ce qu’il retient de ce colloque. Aussi se prononce-t-il sur l’existence « d’une philosophie africaine » qu’il conteste d’ailleurs en tant que système de pensée clos auquel auraient adhéré ou devraient adhérer tous les Africains.

Comment avez-vous évalué  le Colloque international sur : « l'Afrique et l'héritage d'Alioune Diop » ?
J’ai eu plaisir à participer à ce colloque, moi qui ne suis pas catholique, mais protestant. Et j’ai eu plaisir à suivre les interventions de plusieurs musulmans, hommes et femmes qui réfléchissent de manière responsable.

Au cours de votre conférence inaugurale, vous avez déploré le fait que « parfois, en son nom [Dieu], on justifie (ou on tente de justifier) l'injustifiable ». Faites-vous référence à la montée en puissance du djihadisme ?
Oui, mais pas seulement. On se souvient des croisades du Moyen-âge, où l’agresseur était le monde chrétien fanatisé. Le fanatisme, hélas, n’épargne aucune religion.

En quoi le dialogue religieux pourrait-il apaiser ou contribuer à annihiler ces conflits ?
Je me suis employé à montrer qu’avant d’être chrétiens ou musulmans, avant même d’être animistes, nous sommes des humains, et qu’au-delà du dialogue des religions, l’important est que nous retrouvions, les uns et les autres, le sens de l’humain : les règles, les prescriptions immédiatement dictées par la conscience. Dieu ne saurait servir d’excuse à nos multiples méfaits ni, à plus forte raison, à nos crimes. En ce sens, un athée vertueux vaut infiniment mieux qu’un dévot immoral. J’ai dit qu’à la limite, nous devrions « économiser Dieu », c’est-à-dire parler de Dieu le moins possible, au lieu d’en faire un prétexte pour justifier nos actes les plus abjects.

Globalement que devrions-nous retenir de vos trois jours de débats ?
 Ce n’est pas tout. J’ai dit aussi qu’il était urgent, de nos jours, de  « moraliser Dieu », c’est-à-dire de moraliser l’usage que nous faisons de Dieu, notre usage du mot « Dieu » dans les nombreux discours où nous  l’invoquons si souvent comme prétexte pour justifier des positions et des actes injustifiables. De ces trois jours de débats, je retiens, au fond, que personne n’a soutenu la position contraire. Personne n’a prétendu que Dieu, ou que la religion bien comprise, nous commandait de tuer ou de massacrer. Tous ont admis, au contraire, que si la Bible, ou le Coran, sont des livres sacrés parce qu’inspirés, cette croyance, d’un côté comme de l’autre, ne saurait interdire l’interprétation, et celle-ci engage, forcément, la responsabilité humaine.

Dans vos travaux autour de la philosophie et la pensée en Afrique, il transparait que vous revendiquez une idée de dépassement pour une véritable philosophie africaine. Celle-ci devrait, selon vous, « assimiler et aller au-delà de la philosophie occidentale ». Qu’entendez-vous par là ?
Ce que je refuse, au fond, c’est l’enfermement. Je défends le droit à l’universel, le droit à une pensée responsable, largement informée de ce qui se passe ailleurs, des problèmes et des thèmes qui font l’actualité en Occident et dans toutes les cultures non africaines. Mais je défends en même temps non seulement le droit, mais le devoir d’une appropriation critique de l’héritage ancestral. Les systèmes de connaissances transmis par nos sociétés dans les domaines les plus divers, la médecine traditionnelle, la pharmacopée traditionnelle, de même que les traditions de pensée qui y sont liées, nous devons les redécouvrir, les apprécier librement à la lumière de nos exigences d’aujourd’hui, et nous les réapproprier.

Cela sous-entend aussi qu'il y aurait une philosophie africaine qui ne serait pas « véritable » ?
Une philosophie africaine conçue comme un système de pensée clos auquel auraient adhéré ou devraient adhérer tous les Africains d’hier, d’aujourd’hui et de demain, un système de croyances sans histoire, qui n’aurait jamais évolué et ne devrait jamais évoluer dans le temps, c’est une invention des ethnologues. Je me suis employé à montrer que, même si l’on appelle philosophie africaine les traditions de pensée de l’Afrique précoloniale, il faudrait les replacer dans l’histoire et les saisir dans leur mouvement propre. Et que la philosophie africaine, correctement entendue, ne se limite pas à ces traditions de pensée, mais comprend aussi les productions intellectuelles de l’Afrique d’aujourd’hui.

Pouvez-vous dire que ce séjour sénégalais s'est mieux passé que celui au cours duquel vous deviez rendre hommage à Senghor, en 2013, et que les étudiants de l'Ucad avaient saboté avant même votre discours sur le thème : « De la négritude à la Renaissance africaine »?
Vous savez, les étudiants de l’Ucad ne sont pas très différents de ceux des universités nationales du Bénin. C’est toujours un peu le même scénario : un petit groupe de militants très déterminés et un tantinet politisés, parfois dans le bon sens, parfois dans le mauvais sens, qui entraîne les autres et impose sa loi à une masse d’étudiants plutôt passifs. Il arrive qu’ils défendent une cause juste. On peut alors s’en réjouir. Mais dans le cas d’espèce, quand je me suis renseigné, les choses ne s’étaient pas passées exactement comme ils le disaient.  Hélas, ça arrive souvent. De plus, je me suis dit que les étudiants qui accusaient injustement Bachir [Ndlr: Souleymane Bachir Diagne], ne savent pas quelle chance ils ont. J’aurais tellement aimé que Bachir vienne passer au Bénin la moitié, voire le dixième du temps qu’il passe au Sénégal ! Il pourrait ainsi contribuer davantage à la formation de nos étudiants et à l’animation de notre communauté de chercheurs.

Vous avez commis plusieurs ouvrages sur l'économie, l'autosuffisance et la société béninoise. Plus d’une dizaine d'années après, avez-vous le sentiment d'avoir eu tort ou raison, particulièrement à l'heure où surgit le mot « Émergence » ? Comment une rencontre autour d'Alioune Diop peut-elle faire œuvre de prospective pour le Bénin et nos pays africains ?
Oui, j’ai dirigé, voici quelques années, sous l’impulsion de Samir Amin, un ouvrage collectif sur « Economie et société au Bénin », publié chez Karthala, il y a 16 ans. J’ai beaucoup d’admiration pour Samir Amin. Sa critique de l’extraversion économique a largement inspiré ma propre critique de l’extraversion du discours ethno-philosophique et de l’extraversion culturelle en général. N’étant pas moi-même économiste, j’ai eu un immense plaisir à écouter, en élève attentif, les économistes que j’avais cooptés avec Samir Amin dans ce groupe de travail. Le résultat, c’est ce livre. Quel rapport avec l’émergence dont on parle tant aujourd’hui, au Bénin comme au Sénégal ? Ma première réaction est qu’il ne suffit pas, en cette matière, de dire où l’on veut aller ou ce qu’on veut devenir, mais qu’il faut aussi et surtout indiquer le chemin, définir la méthode. Peut-on aller à l’émergence en faisant l’économie de la déconnexion ? La question reste posée.

Propos recueillis par
Amadou DIOP


Amnesty InterAmnesty international Sénégal, la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et la Société internationale des droits de l’homme (Sidh - Sénégal) appellent l’Etat du Sénégal à « accorder une autorisation de sortie du territoire national » à Ibrahim Aboukhalil dit Bibo Bourgi qui doit se rendre en France pour recevoir des soins médicaux.

Dans leur communiqué commun, Assane Dioma Ndiaye, Aboubacry Mbodji, Seydi Gassama et Oumar Diallo ont signalé que « la demande des avocats de Bibo Bourgi, adressée au ministre de la Justice accompagnée d’un dossier médical complet, est restée sans suite ».


Flintlock oriental 2016Les régions de Kédougou et de Tambacounda vont recevoir, pendant l’exercice multinational « Flintlock 2016 » regroupant une trentaine de pays européens et africains, ainsi que des agences et organisations gouvernementales américaines, deux sites de formation et d’entraînement. Ces manœuvres militaires profiteront aux populations, à travers des consultations médicales gratuites à Samécouta (Kédougou) et Aroundou (Bakel).

Déjà le ballet d’engins et véhicules militaires, coordonné par l’unité opérationnelle sise au camp Mamadou Lamine  Dramé, a fini de camper l’exercice multinational « Flintlock 2016 » à Tambacounda.

Selon le colonel Souadou Badji, adjoint au commandant de la Zone Est, ces manœuvres militaires visent à monter une stratégie de lutte contre les organisations extrémistes violentes et les trafics illicites. Des consultations médicales gratuites et une campagne de sensibilisation des populations sur le terrorisme sont également prévues.  Pour le lieutenant-colonel Amadou Ndir, adjoint opération du commandant de la Zone Est, les régions de Tambacounda et de Kédougou vont recevoir des militaires américains, autrichiens et estoniens dans cet exercice qui vise à accroître la sureté et la sécurité en Afrique de l’Ouest, tout en renforçant les institutions gouvernementales. Cet exercice, favorisé par le commandement militaire en Afrique (Africom), va travailler à la promotion du multilatéral d’information et au développement de l’interopérabilité entre les nations participantes. Le centre de commandement est basé à Tambacounda.

Deux sites de formation et d’entraînement sont prévus à Bakel et Kédougou. Pour les activités militaro-civiles, des consultations médicales gratuites auront lieu à Samécouta (Kédougou) et Aroundou (Bakel). Pour sa part, le lieutenant-colonel Babacar Sané a mis l’accent sur le rôle de la communauté dont la vigilance est requise face à la menace terroriste. Selon lui, les gens doivent se mobiliser aux côtés des forces de sécurité et de défense pour les renseigner sur toute personne ou mouvement suspect partout au Sénégal.

Pape Demba SIDIBE

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PikineL’amicale des femmes du Port autonome de Dakar (Pad) était, samedi dernier, au chevet des enfants atteints de la trisomie et pensionnaires du centre « papillon bleu » se trouvant dans le département de Pikine. Son don, en nature et en espèces, a été apprécié à sa juste valeur par la directrice dudit établissement.

L’amicale des femmes du Port autonome de Dakar (Pad) a offert un don aux pensionnaires du centre « papillon bleu » de Pikine. Des denrées de première nécessité, du matériel pédagogique et un chèque de cinq cent mille destiné à motiver le personnel d’encadrement ont été remis à la directrice de cet établissement spécialisé dans l’encadrement d’une vingtaine d’enfants souffrant de la trisomie.

Rokhaya Ly, présidente de l’amicale, a indiqué que « la remise du don entre dans le cadre du plan d’actions de son association dont le geste est également à mettre sur le compte de la responsabilité sociale des entreprises telle que conçue par le directeur général du Pad, Cheikh Kanté qui a appuyé l’amicale pour lui permettre de mener à bien cette action de bienfaisance ». Elle a assuré que d’autres bonnes actions de l’amicale des femmes du Pad vont suivre pour aider le centre à faire face à ses difficultés.

La directrice du centre « papillon bleu », Nancy Diakhaté Diop, a saisi l’occasion offerte par la cérémonie de remise du don pour souligner « la situation de précarité qui affecte le bon fonctionnement de (son) établissement ». En effet, après avoir évoqué « l’exigüité du papillon bleu » logé dans le centre social de Pikine, elle a abordé « le déficit de matériel logistique ». Toutes choses qui, selon Nancy Diakhaté Diop, font que beaucoup d’enfants souffrant de la trisomie ne peuvent pas être accueillis dans ledit établissement où tout appui est attendu.

Abdou DIOP


Taxi dkrLes taximen de Dakar ont pris la décision de s’impliquer dans la lutte contre l’insécurité, mais particulièrement contre le terrorisme. C’est ce qui justifie d’ailleurs la mise sur pied du mouvement dénommé «taxi anti terrorisme» qui entend soutenir l’Etat dans son combat contre l’extrémisme.

Les responsables du mouvement dénommé « taxi anti terrorisme » ont fait face à la presse hier, à Keur Massar, pour préciser leurs objectifs à l’opinion. Ils sont partis du constat que « l’insécurité ne peut pas réellement être circonscrite sans l’implication de la population, principalement les taximen, convoyeurs des étrangers en séjour au Sénégal. A l’heure où l’actualité est fortement marquée par des actes terroristes à travers le monde et que des faits récents ont prouvé qu’aucun pays n’est à l’abri, ils ont jugé utile de soutenir l’Etat dans son combat contre le terrorisme.

Au cours de cette conférence de presse, les taximen ont rappelé que ce sont eux qui conduisent les étrangers dans les hôtels, les gares routières et partout ailleurs au centre-ville et en banlieue. Par conséquent, ils considèrent qu’il serait bien qu’ils s’investissent dans la prévention d’éventuelles actions terroristes. C’est ainsi qu’ils ont sollicité des autorités des outils d’alerte, notamment un numéro vert afin de pouvoir entrer directement en contact avec la police ou la gendarmerie pour leur signaler tout cas suspect.  Une campagne de sensibilisation sera menée en direction de tous les taximen et un vaste rassemblement aura lieu afin de leur donner des consignes pour plus d’efficacité dans ce rôle qu’ils se sont assignés. Abdourakhmane Niang, un des responsables du mouvement, a révélé que pour prouver que cette nouvelle structure est créée dans l’unique but d’appuyer les efforts de l’État dans la lutte contre le terrorisme, les membres prêteront serment publiquement.

Il a invité tous les chauffeurs de taxi à toujours faire preuve de méfiance vis-à-vis des clients prompts à proposer, à certaines heures de la nuit, le double ou le triple du tarif. Dans le même ordre d’idées, il a demandé à tous de redoubler de vigilance vis-à-vis des clients dont le comportement est douteux et, au cas échéant, d’alerter les forces de sécurité.

Abdou DIOP


Thies 2Avant-hier, la cour du service d’éducation et de rééducation des enfants souffrant d’infirmité motrice cérébrale, une activité portée par le Groupe de recherches et d’appui aux initiatives mutualistes (Graim), a accueilli une cérémonie de partage, le temps d’un mardi gras. Un Jour qui marque le début du carême chez les catholiques.

Un moment de ferveur religieuse choisi par les responsables des établissements du préscolaire Mgr François-Xavier Ndione et Mgr Jacques Sarr, deux évêques qui ont marqué la vie de l’église Sainte-Anne de Thiès, pour conduire leurs pensionnaires à communier avec d’autres enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale (Imc). Aux sons du tam-tam, des chœurs  des enfants visiteurs et de leurs maîtresses, les 20 enfants  vulnérables de la crèche du service d’éducation et de rééducation ont passé une agréable matinée.  « C’est un énorme plaisir pour nous et nos pensionnaires d’accueillir cette belle  initiative de solidarité en ce début du carême », a confié Mme Marie Françoise Sène  Diédhiou, la directrice de la crèche des enfants Imc. Selon elle, outre ces moments de partage de joie, il est aussi important que des enfants valides puissent découvrir qu’ils ont d’autres camarades à besoins spéciaux. « Je trouve l’idée de ce brassage géniale et bénéfique pour tous les enfants », a-t-elle ajouté.

Travaillant sur une cible de 120 enfants souffrant d’Imc grâce à des relais formés et qui travaillent directement avec les familles dans les quartiers, Mme Marie Françoise Sène Diédhiou indique que sa crèche dispose d’un effectif de 20 enfants issus surtout de familles démunies. « Et nos enfants, ayant des besoins spécifiques, demandent une prise en charge complexe. C’est pourquoi nous sollicitons un appui conséquent de la part des autorités locales et de l’Etat en termes de nourriture, de couches… », a-t-elle lancé.

Mbaye BA


Autoroute DakarUn violent accident sur l’autoroute, à hauteur de l’école Saïda Mariama Niasse, a fait trois morts dont deux sur le coup, hier. La troisième victime a succombé à ses blessures, avant d’arriver à l’hôpital.

Un violent accident s’est produit hier aux environs de 13h sur l’autoroute, près de l’école Saïda Mariama Niasse. C’est une collision entre une Citroën C4 immatriculée DK 1802 AK et une Renault Laguna numérotée  DK 4274 X. Le conducteur de la Citroën est sorti indemne de l’accident, tandis que son passager s’est retrouvé avec des blessures à la poitrine qui lui ont valu son évacuation à l’hôpital.

A bord de la Laguna, il y avait le conducteur et trois autres passagers dont deux femmes. Les dames sont mortes sur le coup. Quant au troisième passager, il a rendu l’âme en cours d’évacuation. Le chauffeur de la Laguna s’est lui retrouvé avec des blessures. Selon les témoignages recueillis sur place, la Laguna tentait de dépasser un minibus, qui n’a rien voulu lâcher. Les deux conducteurs ont, chacun, appuyé sur le champignon, roulant à tombeau ouvert.

C’est dans cette situation que la Citroën est apparue, venant en sens inverse. Sa collision avec la Laguna était inévitable, surtout que la rapidité du mouvement a fait perdre aux deux conducteurs leur sang froid, partant la maîtrise de leur volant. Et l’irréparable s’est donc produit.

O. BA


Mbacke cadior 2016La gouvernance de Louga a abrité, hier, le Comité régional de développement (Crd) préparatoire du Magal de Mbacké Cadior. Le gouverneur Elhadji Abdou Ange Faye a promis un déroulement exceptionnel de l’édition 2016 du magal de Mbacké Cadior. Les chefs de service régionaux ont tous pris des engagements fermes à ne ménager aucun effort pour la réussite du magal.

Les chefs de services ont rassuré le comité d’organisation d’un magal exceptionnel sur tous les plans. Evoquant le volet sécuritaire, la gendarmerie a promis de prendre les mesures adéquates pour une sécurisation « sans faille » avec un effectif complet sur les routes pour éviter les accidents. Egalement, un dispositif va mailler l’intérieur des concessions des chefs religieux, les principaux axes de la cité religieuse de Mbacké Cadior et les endroits ciblés de la ville. La Senelec mettra hors délestage la cité religieuse, le temps nécessaire.  Le service des Eaux et Forêt a déjà réagi comme d’habitude. Les autres services comme la Sonatel ne sont pas en reste, de l’avis du coordonnateur du Magal.

Serigne Cheikh Thioro a beaucoup insisté, de la part du Khalife, sur le statut du centre de santé de Mbacké Cadior. En effet, il souhaite voir ce centre de santé autonome sous la tutelle du district sanitaire de la région de Louga. L’Ageroute a été bien sensibilisée sur l’exécution correcte des axes routiers en lieu et place du rafistolage des nids de poule. Il a aussi souligné la volonté du Khalife général de voir, au moins, en latérite l’axe qui relie Nguiguiss Bamba à Mbacké Cadior. C’est une distance à bitumer puisqu’étant le seul point d’accès des engins aux travaux entamés sur le site et aussi du fait de son état sablonneux. Il explique que les camions transportant le matériel lourd pour l’exécution des travaux ne peuvent pas accéder au site et cette situation retarde les délais d’exécution des travaux, a-t-il souligné.

Satisfaction de Serigne Cheikh Thioro
En conclusion, les services administratifs du gouverneur, Abdou Ange Faye, ont promis de ne ménager aucun effort pour un déroulement exceptionnel du magal de Mbacké Cadior qui sera célébré le 08 mars. Une date confirmée par le comité d’organisation.

L’opération de désinfection de sites et de nettoyage de la cité religieuse de Mbacké Cadior est prévue sous la conduite de Serigne Cheikh Bara Lahad, les 03 et 04 mars prochain.

Serigne Cheikh Thioro, coordonateur du comité d’organisation, a dit ensuite toute sa satisfaction. Un satisfécit a été adressé aux différents chefs de services qui ont suivi les recommandations de leurs tutelles respectives. Le coordonnateur du comité d’organisation, par ailleurs porte-parole permanent du Khalife général des mourides, a remercié le président Macky Sall, son gouvernement et les chefs de services régionaux.

Pour rappel, le Magal de Mbacké Cadior qui est le berceau du mouridisme, commémore la venue au monde de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, père de Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, l’actuel khalife général de la communauté mouride.

Mamadou DIEYE


Habre dessinLes plaidoiries du procès Hissein Habré se sont poursuivies hier devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae). Se relayant au prétoire, les avocats des parties civiles ont tous chargé l’ancien président tchadien. Pour eux, il est l’unique responsable des massacres qui se sont passés au Tchad de 1982 à 1990. Aujourd'hui, on aura droit au réquisitoire du parquet général.

C'est toujours muré en lui-même que Hissein Habré a assisté au deuxième jour des plaidoiries des avocats des parties civiles. Me Soulgan Lambi, septième robe noire à plaider, a sonné la charge en mettant l’accent sur « la répression ethnique menée systématiquement » sous Habré. Elle concerne les communautés Zaghawa et Hadjaraï. Selon l'historique fourni par l'avocat, l’ancien président tchadien et les membres influents de ces communautés avaient pourtant tissé une belle alliance.

Les Zaghawa et les Hadjaraï avaient d’ailleurs assuré à Hissein Habré leur soutien indéfectible, selon les dires de Me Lambi. Ses plus proches collaborateurs ont même obtenu des postes au gouvernement par la suite. Mais l'alliance s'est très vite effritée. Selon l’avocat, les prémices de la répression Hadjaraï se sont manifestées avec la mort d'Idriss Miskine, le 7 janvier 1984, probablement intoxiqué. Alors ministres des Affaires étrangères, Miskine connaissait Habré depuis qu'il avait intégré son cabinet lorsque ce dernier était Premier ministre.

Plus tard, une commission spéciale de la répression des Hadjaraï est mise en place par le Sénat.

Composée des grands bourreaux de la Dds dont Abakar Torbo, Mahmat Djibrine dit El Djonto, sa mission était de traquer et d’arrêter des personnes en vue d'obtenir les noms d'autres individus. Les premiers étant, bien sûr, emprisonnés, a estimé l’avocat. Même modus operandi pour la traque les Zaghawa, et dans tout le pays.

Répression des Zaghawa et des Hadjaraï
Parmi les membres des deux communautés ethniques persécutés, figure le journaliste Saleh Ngaba, correspondant de l'Agence France presse (Afp), arrêté parce qu’étant contre le régime Habré. Pour Me Lambi, les autorités ont donné comme motif d'arrestation que le journaliste faisait du trafic d'armes. Plus tard, quand un journaliste viendra  interroger le président sur le sort de Ngaba, le « Lion de l'Unir » lui répondra : « C'est trop tard, il est mort ». Et quand il lui demandera comment : « De quoi voulez-vous qu'il meure dans une prison au Tchad ? Il est mort de mauvais traitements ».

Autre plaidoirie d’hier, celle de Maître Georges Henry Beautier, avocat belge qui a ciblé le traitement des femmes sous le gouvernement Habré. Il a introduit sa plaidoirie avec une étude menée par un expert sur le taux de mortalité quotidien dans les prisons tchadiennes. « Ce taux est […] substantiellement supérieur au pire des taux de mortalité de prisonniers enregistrés au XXe siècle », a dit l'avocat qui a souligné que « pour contenir l'équivalent du nombre des victimes sous la dictature Habré (90 mois), il faudrait placer 300 personnes dans 133 salles : ce qui fait un peu moins de 40.000 victimes ».

La condition féminine
Me Beautier demande que soient aussi considérés comme crime contre l'humanité, les viols, actes d'esclavages sexuels et de prostitution. Il n'a pas cherché à peser ses mots pour évoquer l'horreur des traitements réservés aux femmes dans les prisons et les camps. S'il n'y avait que les femmes... L'avocat évoque des jeunes filles âgées d'à peine huit ans. Le témoignage de Khadija Hassan Zidan est rappelé à la Cae par la robe noire. Cette femme a déclaré avoir été violée par Habré lui-même…

Les femmes étaient aussi forcées, toujours selon l'avocat, à servir les militaires et cadres de la Dds en leur faisant la cuisine, la lessive et assurant la corvée de bois. Pis, la plupart du temps, c'étaient les femmes esclaves qui construisaient les camps lorsque des transferts de prisonniers avaient lieu. Par chance, ces femmes étaient épargnées de violences sexuelles.

Quel héritage va laisser ce petit monsieur ? s’est demandé l'avocat. Sur le plan moral et idéologique, « nada ». Concernant le « fric », Me Bottier a estimé que Hissein Habré a pillé le « pognon des Tchadiens ». La conclusion sera une adresse directe à l'accusé : « L'Histoire ne s'écrira pas avec vous si ce n'est en lettres de sang ». Me Assane Diomma Ndiaye a pris le relais. Selon l’avocat sénégalais, la Dds recevait des ordres directs de Hissein Habré. « Il pouvait donner des ordres  à n’importe quel endroit », a-t-il dit. Pour lui, dans ce dossier, tout a été rabâché et les preuves sont produites à la Cae. Il est revenu sur le cas Demba Gaye, du nom de ce bijoutier sénégalais qui a perdu la vie dans les prisons tchadiennes. « Il a été gardé volontairement jusqu’à ce que mort s’en suive, malgré l’absence d’éléments compromettants contre lui. Une mineure a aussi été séquestrée pendant deux ans. Elle espérait retrouver la liberté lorsque sa mère s’est présentée. Malheureusement, elle sera transférée à la piscine et violée chaque nuit par les militaires », a relaté Me Assane Diomma Ndiaye. A son avis, la Cae a maintenant toutes les preuves sur la culpabilité de Hissein Habré. « Ce serait une erreur que de penser que seuls les Tchadiens sont victimes. Ce tribunal doit augurer des perspectives pour l’Afrique. La justice n’est pas de la vengeance. Nous cherchons simplement justice. Chacun doit payer sa dette », a-t-il mentionné.

Les plaidoiries des avocats des parties civiles ont été bouclées par celle de Me William Bourdon. Pour l’avocat français, le mot dignité ne sera jamais dans le vocabulaire de Hissein Habré. « Le mal absolu n’a aucun visage. Habré a souillé la terre tchadienne. Il est hors norme. C’est un criminel qui dépasse tout le monde, même Pinochet », a soutenu Me Bourdon. Poursuivant, il a fait savoir que Hissein Habré est le partenaire de son propre malheur. « Il est un criminel du bureau et un très grand bourreau. Ce procès va permettre aux victimes de retrouver un bout de leur dignité perdue. Nous espérons que votre décision sera un début d’espoir pour l’humanité. Elle sera commentée demain dans les bibliothèques du monde entier », a-t-il conclu.

Ndiol Maka SECK et
Nicolas CERTES (stagiaire)


Porokhane 2016La communauté  mouride célèbre demain le magal de Porokhane (département de Nioro du Rip). L’événement religieux est dédié à Sokhna Diarra Bousso, mère de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, le fondateur de la Mouridya.

L’agglomération de Porokhane va renouer ce jeudi avec la grande affluence du magal de Mame Diarra Bousso qui polarise chaque année des milliers de pèlerins venus de toutes les régions du Sénégal pour célébrer la vertueuse ascendante de Cheikh Ahmadou Bamba. Symbole de piété, de foi et de soumission aux préceptes islamiques, Sokhna Diarra Bousso a marqué son époque. Elle est aujourd’hui vénérée par toute la communauté musulmane du Sénégal.

Même si  elle n’a vécu que 33 ans, son œuvre faite de fidélité et de dévouement à son époux Mame Mor Anta Sally Mbacké, a traversé les âges pour servir de modèle à toutes les femmes. De son ascendance aussi bien paternelle que maternelle, Sokhna Diarra a hérité d’une forte tradition d’érudition en sciences coraniques et d’une profonde piété. Sous la conduite de sa vénérable mère Sokhna Asta Wallo, elle a achevé de mémoriser le Coran à l’âge de 14 ans.

En hommage à cette grande figure de l’Islam, le magal a été institué depuis 1951 par Serigne Bassirou Mbacké à qui Serigne Touba avait confié la charge de Porokhane où vécurent ses parents. Il avait d’abord pour mission de délimiter le mausolée et de refaire la concession familiale. Toutefois, c’est son fils Serigne Moustapha Bassirou qui a été le véritable bâtisseur de Porokhane car il a transformé ce qui n’était qu’un petit hameau en une cité moderne qui accueille chaque année des milliers de pèlerins à l’occasion de la célébration du magal dédié à Sokhna Diarra Bousso.

Depuis le rappel à Dieu de Serigne Moustapha Bassirou, c’est Serigne Mountakha Mbacké qui a pris le relais en sa qualité de khalife de la famille de Serigne Bassirou. Une importante délégation représentera le gouvernement à la cérémonie officielle qui sera présidée par Serigne Mountakha Mbacké, en présence de Serigne Bass Abdou Khadre, porte-parole du khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké.

Babacar DRAME


Thies« Tikaara », c’est-à-dire cuisine en sérère, un restaurant sis sur l’esplanade de la Promenade des Thiessois, a été vidé par des malfaiteurs. Des bonbonnes de gaz, des denrées alimentaires, des ventilateurs et une somme de plus de 200.000 FCfa ont été emportés par les voleurs. C’est le matin, à l’heure d’ouverture du restaurant, que la gérante, Amsatou Guèye Sèye et son personnel ont constaté le forfait. La police, saisie, s’est déplacée pour faire les constats d’usage. Une plainte a été déposée.

« Tikaara », situé juste en face du siège de Senelec, est pourtant bien éclairé. Selon la gérante, ce vol a beaucoup perturbé la prise en charge de la clientèle venant des structures publiques et privées installées autour de la Promenade des Thiessois.

La police a ouvert une enquête.

Mbaye BA


Mt Rolland GrotteLe pèlerinage diocésain au sanctuaire marial de Mont-Rolland (dans la région de Thiès) est organisé cette année les 13 et 14 février autour du thème « Comme Marie, accueillons et vivons la Miséricorde en Famille ».

Cette 21e édition sera présidée par son Excellence Monseigneur André Guèye, évêque de Thiès, le dimanche 14 février, à 10h, à la Grotte de Mont-Rolland.

La manifestation verra la participation des fidèles catholiques des régions de Diourbel et Thiès.


Darou AlphaLa famille Thiombane de Darou Alpha, près de la commune de Notto Gouye Diama (région de Thiès), célébre la 85é édition du gamou de Serigne Alpha Thiombane, dans la nuit du 13 février.

L’événement, selon un document signé par le président par Serigne Moukhtar Mame Mor Thiombane, revêtira cette année un cachet particulier, puisque pour la première fois, un symposium sera organisé sur « Vie et œuvre de Mame Alpha Thiombane, le propagateur de l’Islam en pays Sereer du Ndut ». Le thème sera animé par Thomas Gana Diouf, chercheur en tradition orale et directeur de la radio “Biyen Fm” de Mont-Rolland.

Il sera évoqué lors de ce symposium, l’humanité de Serigne Alpha Thiombane, ses enseignements, etc.


Hissene habreLes avocats des parties civiles, qui ont plaidé hier devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), ont tous essayé de démontrer la culpabilité de Hissein Habré. Selon eux, la responsabilité de l’ancien président tchadien sur les exactions commises, sous son régime au Tchad, ne souffrent d’aucun doute. Leurs plaidoiries se poursuivent aujourd’hui.

Après les débats clos depuis fin décembre, place maintenant aux plaidoiries des avocats et réquisitoires du parquet avec la deuxième phase du procès Hissein Habré. C’est Me Yaré Fall des parties civiles qui a ouvert le bal hier à la salle 4 du palais de justice de Dakar. Il a axé son intervention sur la responsabilité pénale individuelle de l’accusé. « Chacun répond de ses actes », a-t-il dit, faisait allusion à la responsabilité pénale de Hissein Habré sur les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, malgré ce qui se dit dans la rue et par les avocats de l’ancien président tchadien,  le procès reste  équitable à tous points de vue.

Pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures pour lesquels Habré est jugé devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae), l’avocat a estimé que la responsabilité de celui-ci est totalement engagée. « C’est lui qui faisait exécuter les prisonniers. Sa responsabilité hiérarchique est engagée. En plus de cela, il n’a pris aucune mesure pour empêcher que les fautes se commettent. Et même étant informé, il n’a pris aucune sanction en l’encontre des fauteurs. Il faut qu’il assume aujourd’hui la responsabilité de ces actes », a soutenu Me Yaré Fall.

L’avocat a aussi dénoncé l’attitude de Hissein Habré à la Chambre d’assises, qui, a-t-il relevé, n’a aucune considération pour les institutions du Sénégal. « Lorsque la Chambre arrive, tout le monde se lève, sauf lui. Il regarde avec mépris ce pays qui lui a offert l’hospitalité depuis des années », a regretté Me Fall. A sa suite, Me  Lamina Djindammadji a pris le relais au prétoire. Il a bâti sa plaidoirie sur les crimes de guerre dont Hissein Habré serait coupable. Selon l’avocat tchadien, des témoins ont fait état de l’horreur que Hissein Habré leur a fait subir durant son régime.

La loi du silence
« C’est grave de dire aujourd’hui que cet homme n’a rien fait. Au Tchad, tout le monde a subi cette horreur, la loi du silence. Vous avez l’obligation de rendre justice à tout ce monde », a-t-il adressé à la Cae. Pour lui, s’il y a aujourd’hui peu d’intellectuels au Tchad, c’est à cause de Hissein Habré qu’il compare à Hitler. A l’en croire, à cette époque, c’est l’ethnie de Habré qui était la race supérieure au Tchad. Tout le reste était considéré comme des moins que rien. « Il fallait subir dans le silence. Personne n’était  épargné : enfants, femmes, vieillards, cultivateurs, etc.

Habré a commis des crimes de guerre au nord du Tchad. Il y avait  des  homicides volontaires dans les villages. Aussi, beaucoup de cadres civils et militaires ont été exécutés », a déclaré l’avocat des parties civiles. Si l’on se fie à sa plaidoirie, des tortures, il y en avait aussi. « Les prisonniers étaient entassés dans une petite pièce de 12 mètres carrés. L’alimentation laissait  à désirer, les prisonniers n’avaient pas droit aux soins, les infirmiers n’avaient pas de médicaments pour les prendre en charge etc. », a énuméré l’avocat. Il a également noté que les traitements étaient inhumains dans les geôles de l’ancien homme fort de Ndjamena.

Il y avait à la fois des tortures physiques et morales. « Les droits des prisonniers de guerre étaient violés parce qu’ils n’étaient présentés à aucun juge. Les transferts de prisonniers de guerre étaient illégaux. Le seul objectif était de leur rendre la vie difficile. Habré était présent en personne lors du combat de Faya ; il a donc commis des crimes de guerre », a argumenté l’avocat. Quant à Hissein Habré, il est toujours isolé au premier rang, entouré de trois gardes. Il est impassible face à la liste interminable de crimes qui lui sont reprochés.

Le troisième avocat de la partie civile, Me Philippe Houssine, s'attèle à relever tous les actes de tortures qui ont été commis sous Habré et à démontrer la culpabilité de l'ancien président tchadien en tant que supérieur hiérarchique. Tout d'abord en rappelant la date de la signature du décret (005-PP) de la création de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds) : le 26 janvier 1983. « Trois lettres qui seront synonyme de terreur et de souffrance », a insisté l'avocat. Ce service avait été conçu au départ pour agir dans le contre-espionnage, mais sa mission a été progressivement modifiée par le président lui-même.

Tortures physiques et morales
Selon l’avocat, la Dds est devenue un organe de répression sous les ordres directs du président Habré, contrairement à ce qui est dit par la défense dans leurs conclusions écrites. Une des preuves étant l'obligation de tous les agents du service de prêter serment devant Hissein Habré – chef suprême des armées – à leur entrée en service. En plus, a précisé Me Houssine, l'article 1 du décret 005-PP confirme que la Dds est directement reliée à la présidence de la République en raison du caractère confidentiel des affaires qu'elle traitait.

Ces arguments pour contredire l'argument principal de la défense – le fait qu'il y avait des failles dans la hiérarchie faisant qu'Habré n'était pas au courant de tous les actes commis – étaient légion. Concernant la torture, justifiée par la défense dans leurs conclusions écrites, au nom de la guerre contre la Libye et au nom de la fragilité des institutions, Me Philippe Houssine a cité l'article 8 du statut des (Cae) : « Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, […] ne peut être invoquée pour justifier la torture ».

L'avocat a ensuite donné une liste de quelques cas (parmi des milliers) de tortures physiques et mentales usitées sous Habré pour appuyer son propos. Un des nombreux moyens de torture physique cité était le « supplice du pot d'échappement ». Particulièrement atroce, un pot d'échappement était directement introduit dans la bouche de la victime alors que le véhicule était en marche. Provoquant asphyxie et brûlures importantes. Des tortures psychologiques étaient également employées. Outre les conditions déplorables de détention des prisonniers de guerre, certains actes incriminaient directement le président Habré, a estimé l’avocat des parties civiles.

C’est le cas de  l'humiliation d’un certain Moussa, directement frappé par Habré qui l'obligeait à imiter en même temps des animaux en pleurant. « S'il s'agit d'un Libyen, il faut le torturer normalement », disait le chef de l'État à ses hommes, si l’on en croit aux propos de Me Houssine… La Dds, véritable « Gestapo » tchadienne comme l'avait qualifiée Me Djindammadji, était autorisée à s'en prendre aux familles des prisonniers. En les expulsant de chez eux, pour les plus chanceux... Le lien du sang ou de l'appartenance ethnique comme simple facteur de culpabilité, c'est toute la procédure pénale classique qui était renversée, a noté Me Philippe Houssine.

Droit de vie et de mort
Me Jacqueline Mondeina a aussi plaidé la cause des parties civiles. Selon l’avocate tchadienne, ce moment est historique et plein d’émotion car constituant l’aboutissement d’un long processus.  Pour Me Mondeina, Hissein Habré, qui était aussi nommé « le lion de l’Unir (Union nationale pour l’indépendance et la révolution) était adoré comme un Dieu au Tchad. Il avait droit de vie et de mort sur le peuple tchadien. D’ailleurs, a-t-elle relevé, l’appartenance aux groupes de danse qui l’accueillaient lorsqu’il revenait de voyage était obligatoire. Selon Me Moudeina, Hissein Habré a gouverné le Tchad pendant huit ans d’une main de fer.
« Ce sont des personnes complètement traumatisées qui ont défilé devant la barre M. le président. Rien que la prononciation des initiales Dds rappelle la terreur au Tchad. Elle était directement subordonnée à la présidence de la République. La Dds était maitresse de la répression, et Hissein Habré était au cœur de cette répression », a avancé la robe noire. A l’en croire, tous les agents de la Dds prêtaient serment avant de prendre service. Ils prenaient l’engagement d’être fidèles au président de la République et aux institutions de la troisième République et à garder les secrets de la Dds.

Ndiol Maka SECK
et Nicolas CERTES (stagiaire)


Moustapha Diop MinAu nom du chef de l’Etat, le ministre délégué chargé de la microfinance et de l'économie solidaire, Moustapha Diop, a présidé samedi dernier, au stade municipal de Matam, la cérémonie officielle de financement du Réseau des femmes pour l’émergence de cette région du Fouta, qui polarise les communautés Hall Pular du Bosséa, du Nguénar et du Damga.

Le ministre délégué en charge de la Microfinance et de l'Economie solidaire, Moustapha Diop, a annoncé un financement global de 600 millions de FCfa destiné aux groupements de promotion féminine de la région de Matam. Ces fonds seront gérés par les mutuelles d’épargne et de crédit à des conditions très souples. Ainsi, les prêts à contracter, au taux exceptionnel de 5%, se feront sans apport personnel de l’emprunteur, mais aussi sans frais d’ouverture de dossier et frais de gestion.

Après Pikine, Fatick, Thiès, Mbacké, Kolda, Ziguinchor, Sédhiou, Louga, Saint-Louis et Kaolack, le ministre délégué Moustapha Diop  s’est donc rendu à Matam. En présence des autorités administratives, politiques, municipales, coutumières et religieuses, il s’est réjoui du travail productif des femmes du Fouta constituant un pilier du Plan Sénégal émergent (Psl). Au regard des potentialités agricoles, pastorales et forestières de Matam, le président Macky Sall veut que l’on développe de nombreux projets pour valoriser tous les atouts de la région.

« Dans la perspective du rayonnement économique et social de Matam, le chef de l’Etat m’a instruit d’apporter un appui substantiel aux femmes à travers le financement de projets structurants, créateurs d’emplois décents et de richesses », a souligné Moustapha Diop. Cette cérémonie est la concrétisation de la vision prospective du président Macky Sall de faire des femmes, sans discrimination aucune, les leviers de notre émergence économique. Il s’agit, à travers le Réseau des femmes pour l’émergence, de  connecter les organisations féminines à travers le territoire national en vue de financer leurs projets à des conditions souples et avantageuses.

Le ministre délégué Moustapha Diop a précisé que « cet exercice permettra, à terme, la couverture des besoins en financements du plus grand nombre de femmes, avec plus de 40 milliards de FCfa par an ». Ainsi, son souhait est d’accorder une grande importance à l’élaboration de projets de femmes qui contribuent à l’exploitation  des nombreuses opportunités que recèle la région de Matam dans des secteurs prioritaires du Pse comme l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’industrie et l’artisanat.

Moustapha Diop a exhorté les femmes de Matam à respecter rigoureusement les délais de remboursement pour permettre à leurs autres sœurs de bénéficier également des mêmes avantages  dans le court et le moyen terme. Il a enfin exprimé sa gratitude au président Macky Sall qui a aidé à la création, dans notre pays, du Réseau des femmes pour l’émergence et à son financement.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Flintock 2016 3Plus de 1.700 soldats sont sur les différents théâtres de manoeuvres choisis dans le cadre de l’exercice multinational « Flintlock 2016 » qui a été lancé hier à la base militaire de Thiès.

C’est le général de brigade, Amadou Kane, chef d’état-major de l’Armée de Terre du Sénégal qui a donc lâché les hommes en présence du gouverneur de la région de Thiès, Amadou Sy, du général de brigade américain, Donald Bolduc, commandant les Opérations spéciales américaines en Afrique. On a également noté la présence de quelques ambassadeurs de pays participants dont celui des Etats-Unis, Son Excellence James P. Zumwalt, ainsi que des personnalités militaires et civiles.

« La particularité de cet exercice, qui se déroule pour la troisième fois au Sénégal, se trouve d’abord dans le nombre de pays participants. Ce qui est un record par rapport aux éditions précédentes, ensuite ces opérations se tiennent dans un contexte marqué par la recrudescence de l’activité terroriste dans nos pays. Ce qui nécessite alors un renforcement de nos capacités de lutte afin de faire face à la menace », a rappelé le général de brigade, Amadou Kane.

Le chef d’état-major de l’Armée de Terre du Sénégal à qui d’ailleurs il a été remis le drapeau des Forces spéciales par son homologue américain chef des Opérations spéciales américaines en Afrique, a insisté sur l’effort qu’il convient de fournir pour une parfaite acquisition des connaissances nécessaires à une bonne prise en charge et une gestion efficace de ce fléau des temps modernes. « Il faut considérer que ces opérations consistent en un grand entrainement en commun, pour les unités commandos de plusieurs pays et dont l’objectif principal est de développer l’inter opérationnalité entre les différentes armées », a indiqué le général Kane.

Il s’est félicité, au nom du général de division, Mamadou Sow, chef d’état-major général des armées sénégalaises du choix de notre pays pour l’organisation de ces manœuvres militaires. Les soldats sillonneront des zones situées dans les régions de Thiès, de Saint-Louis et de Kédougou ainsi que dans les départements de Bakel et de Podor. Aussi, selon le général de brigade Donald Bolduc, chef des Opérations spéciales américaines en Afrique, l’exercice touchera également un site de la Mauritanie.

Il également a tenu à faire un rappel des objectifs assignés à cet exercice grandeur nature consistant à mener des actions de sécurité, de mettre en place des stratégies de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites et de mener des actions humanitaires, en parfaite synergie ». Le chef des Forces spéciales américaines a aussi indiqué l’importance qui sera accordée à la formation. Celle-ci, selon le général Bolduc, sera axée sur l'accroissement de la coopération militaire dans la région,  le partage de l'information, les communications, les premiers soins, la logistique et les affaires civiles. En outre, la formation couvrira les opérations maritimes et fluviales, ainsi que des opérations de l'administration centrale.

Quand à l'ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Son Excellence James P. Zumwalt, il a insisté sur la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les forces armées des pays participants pour mieux faire face à l’extrémisme. Il a ensuite magnifié l’excellence de la coopération militaire entre son pays et le Sénégal en particulier, tous les pays liés aux Forces spéciales en général, à travers le commandement américain en Afrique (Africom).

La cérémonie a été clôturée par un défilé d’une compagnie des blindés et des troupes des pays participants à l’exercice, sous l’animation de la Musique principale des Forces armées sénégalaises.

Les manœuvres militaires regroupent une trentaine de pays européens et africains, ainsi que des agences et organisations gouvernementales des Etats-Unis.

El Hadji Mohamadou SAGNE

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Rokhaya Diallo« Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué le complexe d’infériorité, (…), le désespoir… ». Fanon cite ainsi Césaire. Inspirée, entre autres, par ses deux grands auteurs, qui font aujourd’hui l’unanimité, Rokhaya Diallo est souvent accusée de sectarisme et de communautarisme. Personnage clivant en France, la documentaliste et militante antiraciste a « envie de (s)’investir » davantage au Sénégal, le pays de ses parents.

L’agacement est à fleur de peau.
Il n’est pas sans fard mais maquillé dans un questionnement : « pourquoi il ne vient pas nous voir ? ». Puis refréné mais pas pour longtemps.

« On peut commander ?! », finit-elle par lancer au serveur, dans un restaurant parisien, qui passait devant notre table pour la énième fois sans un regard. Le ton est courtois mais ferme. Le débit rapide de sa phrasée essaie de suivre les pas cadencés d’une activité trépidante. En mode accéléré, Rokhaya Diallo est militante activiste, journaliste, animatrice, documentaliste et essayiste. Entre les plateaux de radio ou de télévision, elle trouve le moyen de sortir deux livres (« Afro », avec Brigitte Sombie, aux éditions Les Arènes et « Comment parler de laïcité aux enfants », avec Jean Baubérot, aux éditions Le Baron Perche) et termine le montage de son dernier documentaire. A 37 ans, Rokhaya Diallo est cumularde. Sa politique est axée sur un meilleur traitement de toutes les minorités en France. Un raccourci ? « On aime coller des étiquettes en France », paraît-il. Ce sera la sienne depuis une prise de bec avec Henri Guaino, alors l’homme qui murmurait à l’oreille d’un président en 2007.

Le changement, c’est la fac !
Pourtant Rokhaya Diallo qui a grandit dans le très métissé 19ème arrondissement de Paris n’était pas portée outre mesure sur les aspérités de sa couleur de peau. « Le déclic se passe à la fac, on a commencé à me poser des questions sur mes origines alors que je pensais venir tout simplement de Paris. C’est là où j’ai commencé à réfléchir sur le racisme. J’ai compris alors que j’étais une française pas comme les autres ». En effet, Rokhaya Diallo est née à Paris d’un « père venu du Sénégal au début des années 1970 pour travailler comme mécanicien chez Fiat ». Sa mère le rejoint en 1976. « C’est une femme extrêmement volontaire et forte. Elle avait plusieurs jobs en même temps pour acquérir des biens. Elle s’est construite dans un pays qui n’était pas le tien. Grâce à elle, je ne me suis jamais fixé de frontière ». Enfant, sa limite est de ne pas passer la porte d’entrée de l’école coranique où ses parents l’avaient inscrite tous les mercredis. C’était le jour du Club Dorothée, une émission de jeunesse qui fait la part belle aux dessins animés. « C’était dure de rater une émission dont j’étais une fan absolue ». Rokhaya rêve de devenir une dessinatrice de mangas japonais. En 1989, la jeune adolescente et sa famille déménagent à la Courneuve, en banlieue parisienne. « Mon père était ouvrier mais il tenait à ce que nous (elle un frère cadet de trois ans) soyons parmi les premiers de nos classes ». Plus tard, à l’université, elle se souvient avoir « manifester le 21 avril 2002, comme tout le monde », pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen qui venait d’accéder au second tour de la présidentielle française. Pourtant, c’est une autre personnalité politique qui va la « traumatiser » : Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur.

Sarko traumatisme
Son discours du 14 janvier 2007 et celui de Dakar ont encore un écho désagréable dans un coin de sa tête. Mais aussi les sorties « au Kärcher » à la Courneuve. « En plus, c’est chez nous », souffle la jeune femme. Elle se sent concernée « quand Sarko parle de racaille ». Son environnement au quotidien attaqué, Rokhaya Diallo réplique par un contre discours en créant l’association : « les indivisibles » en 2007, puis les « Ya bon awards » en 2009, une cérémonie parodique de remise de prix aux propos racistes tenus par des personnalités publiques dans les médias français. Le racisme est présent en France « sous couvert parfois de laïcité », selon Rokhaya Diallo. Il est également dans « le déni du vécu des gens »,  « dans la présentation des minorités à la tv », il est « institutionnel comme avec la loi sur le voile » ou quand « Gilles Clavreul, délégué interministériel contre le racisme, dit qu’il est opposé aux associations qui luttent contre l’islamophobie, la Négrophobie.

Il y a un problème ! ». Son explication de ce « problème » est au sein des institutions françaises qui ont longtemps eu « la culture des minorités dociles ». « Nous devons être contents d’être là. Il faut dire « merci et y a bon ». Certains ne supportent pas que les minorités soient autonomes dans leur prise de parole, qu’elles définissent elles-mêmes les moyens de leurs luttes, qu’elles ne soient pas dans la reconnaissance éternelle ou qu’elles soient compétentes et en dehors des clichés ». Christiane Taubira, ex-ministre de la justice, en est le meilleur exemple à travers la « haine » constante que certains lui vouent.

Régression historique
Dans la représentation politique française, l’Assemblée nationale est à quelques exceptions près exclusivement blanche. Ce qui contraste avec l’époque des Lamine Gueye, Blaise Diagne ou Gaston Monnerville. C’est une régression historique en termes de représentativité des noirs en politique. « On est dans le déni, martèle-t-elle. On adore parler du racisme aux Etats-Unis. A propos de ce qui s’est passé à Fergusson (Etats-Unis), en France on dit volontiers « le policier blanc a tué un jeune homme noir ». Alors que quand il s’agit de Zyed et Bouna (morts électrocutés en 2005 dans un poste électrique alors qu’ils tentaient de fuir un contrôle de police, ndlr), il n’y a plus personne pour parler de la couleur de peau de jeunes noir et arabe.». La stratégie de lutte des minorités aux Etats-Unis est une référence intéressante pour la journaliste.

« En France, je fais partie d’un collectif de femmes journalistes qui s’appelle « Prenons la Une ».

Pourquoi ce n’est pas accepté pour les Asiatiques, les Noirs et les Arabes alors que cela existe aux Etats-Unis ? On a peur d’être valorisé en temps que couleur. L’idéologie républicaine nous a lavé le cerveau ». En revanche, la déchéance de nationalité en phase d’être inscrite dans la loi française est un signe de deux catégories de citoyens : « On ne nous voit pas comme des Français ». Au point d’envisager de se retourner vers le Sénégal ?

Peut-être pas mais Rokhaya Diallo souhaite se rapprocher du pays de ses parents où elle séjourne régulièrement. « Je comprends le wolof même si je ne le parle pas », précise-t-elle tout en souhaitant disposer un jour de la nationalité sénégalaise.

Moussa DIOP

 

Soleil diaspora Clic


ToubaL’église du Sénégal  a dépêché une forte délégation à Keur Nganda auprès du khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar, pour condamner fermement la caricature de Cheikh Ahmadou Bamba par le magazine Jeune Afrique. Des foyers religieux musulmans ont également manifesté leur indignation et appelé au respect de la croyance des autres.

La délégation de l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, conduite par l’évêque de Thiès, Mgr André Guèye, a été reçue par le khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Compatissant avec la communauté mouride, l’émissaire a manifesté toute la sympathie du clergé, suite à la publication d’une caricature du fondateur du mouridisme par le magazine Jeune Afrique. Mgr André Guèye  a laissé entendre que « nul ne doit jouer avec la croyance des autres ».

Au nom du khalife général des mourides, Serigne Cheikh Thioro Mbacké a magnifié le bon voisinage entre les communautés musulmane et chrétienne, se réjouissant de la sympathie et du  soutien manifestés par l’église et ses dirigeants. Il a demandé à Mgr André Guèye d’être l’interprète de Serigne Cheikh Sidy  Mokhtar Mbacké auprès du clergé pour lui transmettre toute sa reconnaissance pour cette belle démarche qui vient consolider les bons rapports unissant les deux communautés.

Des chefs religieux musulmans continuent de condamner et de manifester leur solidarité à Touba. C’est le cas d’El Hadji Mame Bouh Mohamed Kounta, khalife général des khadres de Ndiassane. Le saint homme a laissé entendre que « Serigne Touba est un symbole de l’Islam. Donc l’offenser, c’est offenser l’Islam». Quant au khalife général de la famille omarienne, Cheikhou Oumar Tall, il a réitéré au tout son soutien au khalife général Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Selon lui, ce n’est pas seulement la communauté mouride qui est touchée, mais toute la grande famille musulmane du Sénégal. Son Excellence Mohamed Saleh Al-Thuwaikh, ambassadeur du Koweït au Sénégal, s’est aussi rendu à Keur Nganda où il n’a pas manqué de condamner la caricature de Jeune Afrique. Il a réaffirmé la solidarité de son pays à toute la communauté mouride.

Mamadou DIEYE

...LES MUSULMANS DE SAINT-LOUIS MARCHENT
Les populations de la capitale du Nord, plus précisément les fidèles mourides, tidianes, layènes, khadres, niassènes, etc., ont battu le macadam pour crier leur indignation, suite à la caricature offensante de Jeune Afrique sur la personne du fondateur du mouridisme, le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba.

Les manifestants ont brandi des pancartes, des banderoles et autres posters à l'effigie de Serigne Touba et ont sillonné toutes les ruelles et grandes artères du faubourg de Sor, de l'île de Ndar et des quartiers de la Langue de Barbarie. Une foule de fidèles musulmans très remontés contre Jeune Afrique a occupé, durant toute la journée, la voie publique pour se faire entendre. Cette marche, organisée par le « kurel des deux raakas », a été encadrée par les forces de l’ordre.

Elle a enregistré un succès éclatant et a été marquée par la participation du premier magistrat de la commune, le maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye. Accompagné de ses condisciples, l’édile de la ville tricentenaire a aussi crié toute son indignation. La communauté mouride de Saint-Louis lui a rendu un vibrant hommage pour l’intérêt particulier qu’il a accordé à cette marche. « Jeune Afrique nous a blessés en touchant à notre guide Cheikh Ahmadou Bamba. On ne pouvait pas rester insensible à cette impiété. C’est pourquoi nous avons tenu à battre le macadam avec les populations pour manifester bruyamment notre colère », a-t-il expliqué.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Hissene habreSuite à l’audition de plus de 90 témoins  et après une longue pause, le procès Hissein Habré reprend ses droits aujourd’hui avec les plaidoiries des avocats des parties civiles, les 08 et 09 février. L’audience avait été suspendue à la fin du mois de décembre 2015, après 52 jours d’audition.

Le parquet général fera son réquisitoire le 10 février. De leur côté, les avocats commis d’office pour la défense de l’ancien président tchadien plaideront le 11 et, probablement, le 12 février. Hissein Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 avant de s’exiler au Sénégal où il est jugé depuis le 20 juillet 2015 devant les Chambres africaines extraordinaires (Cae) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures.

Le procès est qualifié « d’historique ». Parce que c’est pour la première fois que les tribunaux d’un Etat jugent un ancien président d’un autre Etat pour violations des droits humains. Dans un communiqué, le conseiller juridique à Human rights watch, Reed Brody, estime que « le procès Hissein Habré est le résultat de 25 années d’une détermination infatigable de la part des victimes ». Il marque aussi, dit-il, un tournant dans la lutte contre l’impunité des puissants pour les  crimes les plus graves. « Le procès a été marqué par le courage des survivants qui ont livré des témoignages bouleversants sur la torture, les viols, l’esclavage sexuel, les massacres et la destruction de villages entiers », déclare Reed Brody dans le communiqué.

Trois avocats ont été commis d’office pour défendre les intérêts de Hissein Habré. Il s’agit de Mes Mbaye Sène, Abdou Gningue et Mounir Balal. Même s’ils ont été plus ou moins timides au début, ils ont pris de l’assurance avec le temps, malgré le refus du président Habré de les recevoir. Ayant boycotté le procès, les autres avocats de Hissein Habré que sont Mes Ibrahima Diawara et François Serres ont, lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier, reproché à leurs confrères commis d’office de mener une défense de connivence. Ils accusent aussi le président de la chambre d’assises de partialité. Mes Diawara et Serres rejettent d’ores et déjà le verdict qui sera rendu au mois de juin prochain.

Des témoins de leur propre cause
Dans sa plaidoirie publiée sur le site internet de Hissein Habré, Me Ibrahima Diawara relève que le doit pénal distingue les parties au procès pénal qui ont chacune des qualités exclusives : l’accusé, le témoin, la partie civile et le ministère public. Il dénonce le caractère à charge de « l’instruction qui s’est contentée simplement à des auditions sur procès-verbal de personnes se déclarant partie civile et portant des accusations fantaisistes à l’encontre de Hissein Habré sans qu’une enquête n’ait été menée pour vérifier leur réalité ». Pour lui, un témoin est celui qui relate ce qu’il a vu ou entendu des faits de la poursuite pendant l’instruction ou le jugement.

« On s’est rendu compte au cours des auditions que certaines parties civiles, témoins de leur propre cause, n’ont pas manqué de se lancer dans des accusations personnelles et des jugements de valeur. Sous le regard bienveillant des juges des Cae, certains ont même fait un réquisitoire politique contre M. Habré », déplore Me Diawara. Dans sa conclusion, l’avocat de Hissein Habré ironise en ces termes : « Voilà comment se passe un procès politique, devant  des Chambres africaines extraordinaires. La mission est au dessus de tout. Il faut juger et condamner ».

Dans ce procès, plus de 4 500 « victimes » se sont constituées parties civiles. Si Habré est condamné, il pourra interjeter appel comme pourra le faire le parquet en cas d’acquittement. S’il y a condamnation, une deuxième session d’audience se tiendra sur les dommages et intérêts pour les parties civiles  et autres « victimes ».

Ndiol Maka SECK


Cathedrale Dkr 80 ansLa cathédrale Notre Dame des Victoires de Dakar a fêté ses 80 ans hier au cours d’une messe coprésidée par le cardinal Miloslav Vlk, archevêque émérite de Prague, Mgr Benjamin Ndiaye Ndiaye, archevêque de Dakar et son Eminence le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Consacrée le 02 février 1936 sous le patronage de Notre-Dame des Victoires par le cardinal Jean Verdier, archevêque de Paris, la cathédrale a fêté ses 80 ans. Les 80 ans de l’existence de l’église mère de l’archidiocèse de Dakar ont été célébrés hier, à l’occasion de la fête patronale de la paroisse de la cathédrale devant le ministre de la Fonction Publique, Mme Viviane Laure Bampassy, du maire de Dakar, Ababacar Khalifa Sall, de plusieurs ambassadeurs et représentants des corps diplomatiques africains et européens.

La messe de cette fête anniversaire a été présidée par le cardinal Miloslav Vlk, archevêque émérite de Prague, république Tchèque, en présence de Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar et de son Eminence le cardinal Théodore Adrien Sarr. L’œuvre du Souvenir africain en vue de la construction d’une cathédrale dans la capitale sénégalaise, qui sera édifiée en mémorial des Français morts en Afrique et des Africains morts en France, a débuté en 1911. L’idée est de Mgr Hyacinthe Jalabert, qui était à l’époque vicaire apostolique de la Sénégambie. Il était assisté par le bienheureux père Daniel Brottier. Ces derniers donnèrent le feu vert à l’architecte Charles Albert Wulfflef pour la concrétisation de ce projet, au sortir de la première guerre mondiale. C’est ainsi que les travaux commencent sur le site qui était un ancien cimetière désaffecté en 1921.

Le 11 novembre 1923, Mgr Luis Lehusnsec procède à la pose et bénédiction de la première pierre. Six ans après, en mars 1929, Mgr Augustin Grimault ouvre la nef centrale aux célébrations liturgiques. Cette ouverture est suivie en septembre 1933 par la consécration des cinq cloches logées dans les tatas soudanais, les deux tours qui veillent sur l’édifice de part et d’autres. Mais la date 02 février 1936 marque la consécration de la cathédrale de Dakar, sous le patronage de Notre-Dame des Victoires. Plusieurs archevêques qui ont servi à Dakar, ont fait de cette église leur siège. Parmi ces évêques et cardinaux, il y a trois Sénégalais. Il s’agit Mgr Hyacinthe Thiandoum, premier archevêque et cardinal sénégalais à diriger l’archidiocèse de Dakar.

Le natif de Popenguine a été remplacé par le cardinal Théodore Adrien Sarr, aujourd’hui archevêque émérite de Dakar. L’actuel archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, est intronisé il y a seulement un an. Dans son mot de bienvenu, le vicaire général de l’archidiocèse, par ailleurs curé de la cathédrale abbé Gérard Marie Diène, ne s’est empêché de dire à ses hôtes, notamment la communauté française représentée par une délégation des apprentis orphelin d’Auteuil et des travailleurs de  l’ambassade de la République Tchèque à Dakar, que la cathédrale de Dakar est belle. Selon lui, cette beauté se voyait à travers les lignes architecturales sobres mais splendides de l’édifice.

Cette beauté, a poursuivi le curé de la cathédrale, se voyait aussi par des couleurs et décorations discrètes mais combien apaisantes. « En plus d’être vue, la beauté de la cathédrale de Dakar s’entend avec les voix des hommes qui s’y retrouvent pour chanter les merveilles de Dieu », a dit abbé Gérard Marie Diène. « Elle s’étend par son grand et paisible silence qui nous met dans les dispositions pour écouter le Seigneur murmurer à nos cœurs. Sa beauté s’étend également avec les grandes orgues de la cathédrale de Dakar qui se marient à merveille avec l’ambiance », a-t-il ajouté. C’est tout cela qui est la cathédrale de Notre-Dame des victoires de Dakar. Elle abrite les grandes manifestations de l’archidiocèse de Dakar, car étant l’église mère.  Abbé Gérard Diène a profité de cet anniversaire pour rendre un vibrant hommage aux hommes riches comme pauvres ainsi qu’aux services de l’Etat du Sénégal qui se sont investis au service du projet de la cathédrale. Toutes les personnes sont invitées à poursuivre leur élan de solidarité, parce que, selon l’abbé Diène, la cathédrale a besoin aujourd’hui d’un espace aménagé, de jardins, d’espaces verts, entre autres structures. Lesquels permettront de rendre la cathédrale agréable afin qu’elle puisse préparer son centenaire dans 20 ans.

Eugène KALY


Mansour Sy MinistrePour une gestion, à tous points de vue, marquée par des résultats positifs, le ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions a procédé, vendredi dernier, à la signature de contrats de performance avec ses différentes directions pour mieux mesurer les succès du service public.

La recherche de performances reste une préoccupation majeure du ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec des institutions. Dans cette logique, ledit département ministériel a signé des contrats de performance avec les directions du Travail et de la Sécurité sociale, de l’Administration générale et de l’équipement et des Relations avec les institutions. Selon le ministre Mansour Sy, la modernisation des outils de gestion de son département constitue un impératif pour accroître les performances du service public.

Ce dispositif innovant ouvre une nouvelle page pour la recherche de l’efficience, surtout dans un contexte marqué par l’adoption du cadre harmonisé des finances publiques de l’Uemoa et du Plan Sénégal émergent (Pse). La tendance au niveau mondial, c’est l’appropriation de la gestion axée sur les résultats. Il s’agit d’investir peu et d’obtenir de meilleurs résultats. « Dans ce contexte, l’atteinte des résultats exige de nouveaux outils visant à améliorer l’efficacité et l’efficience de la dépense publique, à travers la mise en place de budgets, de programmes et la qualité du service rendu aux usagers», a souligné le ministre Mansour Sy.

A l’en croire, ce nouveau dispositif va contribuer assurément à « instaurer au ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec des Institutions, la promotion de la culture du résultat qui devra désormais constituer le crédo et le bréviaire de tous les agents à quel que niveau qu’ils se situent ». Pour mieux mesurer ces performances, il est prévu un système de suivi-évaluation et de redevabilité à la fin de l’année pour rendre compte des réalisations et des insuffisances dudit département ministériel.

Le coordonnateur de la Cellule d’études et de planification du ministère, Mansour Fall, s’est réjoui de cette nouvelle démarche, estimant que dans un contexte de gestion axée sur les résultats, la reddition des comptes est indispensable. «Lorsqu’on reçoit l’argent du contribuable, il est tout à fait normal de justifier les dépenses faites. Voilà pourquoi les contrats de performance sont signés entre le ministère et ses différentes directions », a indiqué M. Fall, qui a fait savoir que les moyens sont disponibles pour l’exécution des missions assignées. « Il est normal qu’à la fin de l’année, on fasse une évaluation pour voir si les objectifs ont été atteints », a-t-il soutenu.

Tata SANE


ChapeletFoi en Dieu, respect de la famille et des guides religieux fondent l’exception sénégalaise selon Papa Abdoulaye Seck qui représentait le Premier ministre.

« Les incertitudes du monde, ses turbulences et ses tentatives sont aujourd’hui décuplées. Ici, chaque homme, chaque femme est dépositaire d’une richesse et d’une foi, qui sont autant de boucliers contre la montée des périls qui secouent actuellement le monde. Chez nous, la tolérance est une vertu quasi divine ». Ces mots ont été prononcés hier par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Papa Abdoulaye Seck portait les propos de Boun Abdallah Dionne, parrain de la cérémonie. « La foi en Dieu, le respect à nos familles et guide, sont autant de valeurs qui marquent une forte singularité et une exception : l’exception sénégalaise, notre bouée de sauvetage », disait-il.

Selon le ministre, en décidant de miser sur l’éducation religieuse de plus de 2000 femmes, ce « daara » dont le guide moral est Cheikh Mbacké Thiaw Laye a décidé de préserver la famille en s’appuyant sur ses principaux piliers que sont la mère, la sœur, etc. « Depuis toujours, Serigne Cheikh Mbacké Thiaw Laye a compris que le développement des sociétés passe par la conjonction entre savoir, éthique et engagement pour la patrie.

Pour lui, ces actions sont en parfaite harmonie avec les politiques du chef de l’Etat qui a fait un pari sur le développement humain, avec une place de choix pour les femmes et pour les jeunes, sachant que sans ces deux catégories, il est vain d’espérer un avenir radieux. Dans son allocution, le ministre de l’Agriculture a souligné que les activités économiques portées par les talibés, à côté de l’éducation religieuse, sont autant de paravents pour assurer certes le développement individuel, mais aussi l’émergence du Sénégal, dans un environnement d’équité.

De son côté, la marraine du « daara », le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Maimouna Ndoye Seck, a demandé au marabout de prier pour Macky Sall afin qu’il puisse continuer son œuvre dans la sérénité. Après les discours d’ouverture, le marabout Cheikh Mbacké Thiaw Laye, très percutant,  a tenu en haleine les nombreux talibés qui ont rempli le Grand Théâtre de Dakar pendant des heures.

Ndiol Maka SECK



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