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Société & Faits divers (854)

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Jean-Louis Tauran, dans un message, a rendu un hommage à la communauté musulmane qui, après 30 jours de jeûne, a fêté, hier, la fête de la Korité ou d’Aïd-el-fitr. En plus des félicitations, le cardinal Tauran a axé son message sur la miséricorde, un mot cher aux deux communautés.  

L’Eglise catholique a félicité la communauté musulmane qui fêté, hier, Aïd-el-fitr marquant la fin du mois de Ramadan. Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, dirigé par le cardinal Jean-Louis Tauran, adresse ses félicitations aux musulmans pour avoir accompli l’un des piliers de l’Islam à travers le jeûne. Dans le message du Conseil pontifical dont copie nous est parvenue par la voie de la Nonciature, l’auteur rappelle que l’Aïd-el-fitr » est un événement religieux important, car étant centré sur la prière et les bonnes actions.

C’est pour cette raison que l’Eglise catholique a tenu à partager, avec les musulmans, ces moments de festivités qui renforcent les liens spirituels unissant les deux communautés. Les catholiques ont vécu et continuent de vivre un thème majeur de la foi décrété par le Pape François le 08 décembre 2015. Il s’agit de la miséricorde. C’est un thème cher aussi bien aux musulmans qu’aux chrétiens. Dans le message, on peut lire que chrétiens et musulmans croient tous en un Dieu miséricordieux qui montre sa miséricorde et sa compassion envers toutes les créatures, en particulier la famille humaine. « Il nous a créés à partir d’un immense amour pour nous. Il est miséricordieux à travers le soin qu’il prend de chacun de nous, et Il nous comble des dons dont nous avons besoin pour notre vie quotidienne : nourriture, logement et sécurité », signe le cardinal Jean-Louis Tauran.

Selon lui, la miséricorde de Dieu est manifeste, cependant, d’une manière spéciale, à travers le pardon de nos fautes, bien plus, Dieu est Celui qui pardonne. Dans le message, le cardinal Tauran invite ainsi chrétiens et musulmans à faire de leur mieux pour imiter Dieu. Lui, le Miséricordieux, demande aux hommes d’être miséricordieux et compatissants envers les autres, en particulier ceux qui se trouvent confrontés à toute sorte de besoin. « Il nous appelle, en outre, à pardonner les uns et les autres », appelle-t-il. « Surtout quand nous regardons l’humanité d’aujourd’hui, nous éprouvons de la tristesse à cause des nombreuses victimes de conflits et de la violence », ajoute le cardinal, qui a fait un clin d’œil aux personnes âgées, aux enfants, aux femmes et spécialement aux personnes qui sont en proie au trafic d’êtres humains. « Nous pensons aussi à tous ces nombreux gens qu’affligent la pauvreté, la maladie, la dépendance, les catastrophes naturelles et le chômage », indique-t-il.

Poursuivant, il avance : « Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ces réalités ou détourner notre regard de ces souffrances. Il est vrai que les situations sont souvent très complexes et dépassent nos capacités. Il devient vital, par conséquent, que tous œuvrent ensemble pour venir au secours de ceux qui sont dans le besoin, indépendamment de leur appartenance ethnique ou religieuse ». Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux nourrit alors l’espoir de voir musulmans et chrétiens travailler, main dans la main, pour aider les nécessiteux.

Eugene KALY

Le célèbre détenu, auteur d’évasions spectaculaires, «Boy djinné» a passé la fête de la Korité entre les mains des limiers. Sa cavale a pris fin mardi quand il a été alpagué par des éléments de la police des frontières de Kalifourou qui l’ont formellement identifié. Il revenait de la Guinée Conakry à bord d’un véhicule Bmw X6 en compagnie d’autres individus. Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, présent à Tambacounda pour les besoins de la fête de la Korité, a félicité les forces de l’ordre et assuré qu’il sera « jugé avec équité et impartialité ». 

Il était confortablement installé à bord d’une BMW X6 noire en provenance de la Guinée Conakry et en compagnie d’une jeune dame que l’on présente comme étant son épouse gambienne. Avec un passeport parmi plus d’une dizaine qu’il avait par devers lui dont un diplomatique d’un pays étranger. Malgré les faux titres de voyage qu’il a présentés, il a été démasqué au cours de son contrôle par les éléments de la Police des frontières qui l’ont reconnu avant de procéder à son arrestation. Il y avait aussi dans le véhicule un autre jeune mécanicien qu’il aurait appelé au Sénégal pour lui apporter des pneus de rechange.

«Boy djinné» ne pouvait pas imaginer un seul instant qu’il allait tomber ce mardi veille de l’Aïd-el-fitr. Selon le commissaire urbain de Tambacounda, c’est au cours de leurs contrôles de routine que les limiers de Kalifourou, village frontalier avec la Guinée, qu’ils l’ont identifié, puis mis la main sur le célèbre malfrat qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Selon le commissaire Yakhya Tamba de Tambacounda, « dès qu’elles ont été informées de son arrestation, les autorités supérieures de la police nous ont instruits d’aller le chercher à Kalifourou avec des éléments du Groupement Mobile d’Intervention en poste à Tambacounda. A son arrivée au commissariat urbain, «Boy djinné» a donné de la voix pour dire qu’il est hors de question pour lui d’attendre une instruction qui n’en finit pas. Le prisonnier le plus recherché du Sénégal qui s’était exilé en Gambie, Modou Fall alias « Boy Djinné », n’a rien perdu de son assurance. Il défie l’autorité publique en disant qu’il ne restera pas en prison. « Tout ce qu’on me rapproche n’est que pur mensonge », a-t-il soutenu ». « Mon nom a été sali partout dans le monde. Si on ne me juge pas une bonne fois pour toutes, je ne vais pas rester en prison. Au Sénégal, il n’y a pas de justice ni de respect des droits de l’homme », a-t-il lancé. Lui et ses compagnons qui faisaient l’objet d’une stricte surveillance au commissariat urbain ont été remis aux éléments de la Dic qui sont venus les chercher.

Pape Demba SIDIBE

Sidiki Kaba, garde des sceaux ministre de la Justice : « Boy Djinné sera jugé dans le respect de ses droits »
À Tamba où il se trouve pour les besoins de la fête de Korité, Me Sidiki Kaba, le ministre de la Justice, a réagi à l’interpellation de « Boy Djinné » qui leur demande, lui et le président Macky Sall, de le juger sinon il ne va pas plus subir une longue détention préventive. Il a indiqué : « Les juges le jugeront avec équité et impartialité ». Selon Me Sidiki Kaba, « Boy Djinné n’est ni un coup de vent ni un lézard ou un djinné. »

Il a tenu à féliciter les forces de défense et de sécurité du Sénégal qui viennent de démontrer que lorsque ont est en conflit avec la loi, où que vous soyez, l’Etat a la possibilité de mettre la main sur vous. Il a soutenu qu’il avait des complicités et c’est ce qui lui a permis de quitter le pays et d’aller se refugier dans un pays voisin. Cela ne lui a pas assuré l’impunité.

Aujourd’hui, il est entre les mains de la justice qui va le juger. « Toutes les prouesses qu’on lui attribue n’ont pas empêché son arrestation. Ce qui prouve que cela n’a rien à voir avec le mythe qu’il faut casser. C’est un individu qui a eu des complicités et cela a révélé que s’il avait des pouvoirs mystiques il aurait dû échapper pour toujours. Mais le voilà entre les mains de la justice grâce au professionnalisme des forces de sécurité du Sénégal », a ajouté le ministre.

P. D. SIDIBE

À Tamba où il se trouve pour les besoins de la fête de Korité, Me Sidiki Kaba, le ministre de la Justice, a réagi à l’interpellation de « Boy Djinné » qui leur demande, lui et le président Macky Sall, de le juger sinon il ne va pas plus subir une longue détention préventive. Il a indiqué : « Les juges le jugeront avec équité et impartialité ». Selon Me Sidiki Kaba, « Boy Djinné n’est ni un coup de vent ni un lézard ou un djinné. »

Il a tenu à féliciter les forces de défense et de sécurité du Sénégal qui viennent de démontrer que lorsque ont est en conflit avec la loi, où que vous soyez, l’Etat a la possibilité de mettre la main sur vous. Il a soutenu qu’il avait des complicités et c’est ce qui lui a permis de quitter le pays et d’aller se refugier dans un pays voisin. Cela ne lui a pas assuré l’impunité.

Aujourd’hui, il est entre les mains de la justice qui va le juger. « Toutes les prouesses qu’on lui attribue n’ont pas empêché son arrestation. Ce qui prouve que cela n’a rien à voir avec le mythe qu’il faut casser. C’est un individu qui a eu des complicités et cela a révélé que s’il avait des pouvoirs mystiques il aurait dû échapper pour toujours. Mais le voilà entre les mains de la justice grâce au professionnalisme des forces de sécurité du Sénégal », a ajouté le ministre.

P. D. SIDIBE

C’est encore l’émoi et la consternation à Diawar, Ross-Béthio, Mboundom, Débi-Tiguet et dans les autres localités du delta du fleuve Sénégal. Des pèlerins qui étaient à bord d’un bus affrété par les populations de Diawar pour les besoins d’un déplacement vers Nimzatt, à l’occasion des préparatifs de la célébration de l’Aïd-el-fitr (Korité), sont portés disparus, après que leur car s’est retrouvé dans les eaux. Pour rallier Rosso-Mauritanie à partir de Rosso-Sénégal, ces pèlerins, qui étaient toujours à bord du bus, étaient obligés d’emprunter le bac. Ce véhicule, dont le frein ne répondait plus, a fini par glisser pour se retrouver dans le fleuve. De nombreux voyageurs ont pu se sauver par la nage et d’autres ont été repêchés. Malheureusement, cinq d’entre eux ont été portés disparus. 

C’est à la suite d’une fausse manœuvre pour se ranger à bord du bac que le chauffeur du bus s’est retrouvé avec ses passagers dans le fleuve. Les commentaires et autres supputations vont bon train et les recherches pour retrouver les cinq disparus sont restées vaines. 

 Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les honneurs de la République ont été rendus hier, dans la matinée, à l’hôpital Principal de Dakar, au Casque bleu sénégalais Racine Diène, un brigadier-chef de la police nationale tué à Bangui en République centrafricaine. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, le directeur général de la police, des officiers de l’armée et la gendarmerie ont assisté à la levée du corps, rendant un dernier hommage au soldat de la paix disparu.

Devant la morgue de l’hôpital Principal, parents, amis et collègues du défunt étaient réunis à l’occasion de la cérémonie de levée du corps du brigadier-chef de la police nationale, Racine Diène. La tristesse et l’émotion ont étreint les membres de sa famille pleurant « un bon parent », mais aussi les éléments des forces de sécurité regrettant « un précieux collaborateur ». Au nom du président de la République, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, entouré du directeur général de la police et de ses proches collaborateurs, a présenté les condoléances de l’Etat et prié pour le repos de l’âme du disparu.

Le Casque bleu sénégalais, qui avait intégré, le 15 avril 2016, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), a été abattu, le 24 juin dernier, par un milicien « anti-balaka » à Bangui en République Centrafricaine. Le 29 juin 2016, la Minusca a aussi rendu hommage au brigadier-chef Racine Diène, né en 1963 et sortant de la 20ème promotion de l’Ecole nationale de police. Marié à deux épouses et père sept enfants dont certains sont déclarés pupilles de la nation, donc pris en charge par l’Etat jusqu’à leur majorité, Racine Diène a servi dans les commissariats de Dieuppeul, de l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor et de Kolda.

Cheikh M. COLY

Il était  impossible de voir le croissant lunaire à l’œil nu, hier soir, lundi. C’était la conviction de l’Association sénégalaise pour la promotion de l’astronomie (Aspa). Ainsi, la Korité sera logiquement célébrée mercredi, car le croissant lunaire sera visible ce mardi soir.

Pour étayer son argumentaire scientifique, la présidente de l’Association sénégalaise pour la promotion de l’astronomie (Aspa), Maram Kaïré, à travers un communiqué, a soutenu que « la conjonction qui correspond au moment précis où la Lune se trouve entre le Soleil et la Terre, aussi appelée « Nouvelle Lune », a eu lieu le lundi 04 juillet à 11h 03mn 23s Gmt.

Ce moment marque la fin d’un tour de la Lune autour de la Terre et le début d’un nouveau tour. Dans cette position, il était impossible de voir le croissant lunaire à l’œil nu». Selon l’Aspa, «le lundi 04 juillet, il était impossible de voir la Lune à l’œil nu au Sénégal ou en Afrique, de même que dans la majorité des pays du monde. Elle s’est  couchée à 19h 49, soit 06 minutes après le Soleil qui s’est couché à 19h 43. Elle était âgée de 08h. Sa surface éclairée était de 0,32% et son altitude de 0,9°. Sa faible surface éclairée et sa proximité apparente avec le Soleil empêchent toute observation à l’œil nu». Rappelant que pour le début du Ramadan, le dimanche 05 juin, le croissant n’avait pas pu être observé avec 0,88% de surface éclairée, Mme Kaïré estimera qu’il «était donc plus difficile avec 0,32% pour ce lundi 04 juillet».

ar contre,   aujourd’hui, « mardi 05 juin, il sera possible de voir la Lune à l’œil nu au Sénégal. La zone de visibilité à l’œil nu couvrira l’ensemble des pays d’Afrique. La Lune se couchera à 20h 42, soit 1h après le Soleil qui se couche à 19h 43. Cet intervalle de temps (60mn dans le ciel) est largement suffisant, avec un ciel dégagé, pour apercevoir le croissant. La Lune sera alors âgée de 1j 08h et sa surface éclairée sera de 2,35%». Autre chose importante que relève l’Aspa, c’est que si avec l’approche de l’hivernage, pour une raison liée à la météo (pluie ou couverture nuageuse), le croissant serait difficile à percevoir le mardi 05 au Sénégal, en revanche, « le croissant du mercredi 06 juillet sera âgé de 2j 08h et se couchera à 21h 31mn, ce qui est très tardif pour démarrer un mois lunaire ».

M. L. DIEYE

Dans un magma d’acheteurs, de curieux et de voleurs, les vendeurs déroulent leurs activités sans discontinuité. A deux jours de la Korité, le marché des Hlm renoue avec son ambiance traditionnelle des fêtes. Cette année, le getzner, le basin brodé et la coupe Vip sont bien côtés.

Dans un tumulte de genres musicaux, le désordre bruyant et confus des joueurs de tam-tams, l’agitation des clients marchandant le prix des marchandises, le marché des Hlm ressemble à un match de foot ou un combat de lutte qui a mal fini. Difficile de se frayer un chemin. Sur les allées, les gens se bousculent. On dirait que toute Dakar est là. Mais, la sécurité est de mise. A l’intérieur de chaque magasin, une caméra de vidéo surveillance. Ceux qui n’en possèdent font monter un grand gaillard devant leur magasin. Il est chargé de veiller au grain. Des tissus de toutes couleurs sont exposés et proposés à la vente. Ils sont accrochés à des cintres ou étalés sur des tables.

Cette année, la fête a coïncidé avec la fin du mois. Alors les activités marchent bien. Les tissus en vogue sont le getzner, le basin brodé, la coupe Vip et le brodé en Autriche. Un morceau de tissu rose fuchsia sur les cuisses, elle sort de son portefeuille 80.000 FCfa pour acheter 8 mètres de basin getzner. Deux, en couleur bleue turquoise, et six en couleur jaune. « Meïssa, donne-moi quand même le transport comme tu as refusé de me faire un prix en gros », dit la dame. D’un petit geste, le vendeur plonge sa main dans sa poche et lui donne trois pièces de cent francs. « Pour ton transport », dit-il à la dame. Réaction de cette dernière : « Prochainement, je ne reviendrai pas. Tu sais qu’avec cela je ne peux pas prendre un taxi ». Khady est couturière. Venue de Castors pour chercher trois tissus pour des tenues qu’elle doit livrer sous 24 heures, elle s’inquiète de n’avoir pas trouvé un. « J’avais vendu une robe à une de mes clientes. Comme elle devrait passer la prendre la veille de la Korité, je l’ai revendue à une autre. Maintenant, je peine à trouver un autre du même motif », renseigne-t-elle. A deux jours de la Korité, elle soutient qu’elle peut faire encore une dizaine de tenues grâce à ses tailleurs qui sont assez nombreux. « Pour cette Korité, j’ai cousu plus avec le basin getzner qu’avec les autres tissus », renseigne-t-elle sur la tendance Korité.

Des habits pour toutes les bourses
Quelques minutes après, à la même place, ces propos se confirment. Un homme d’âge mûr, accompagné de sa femme, vient demander six (6) mètres de basin getzner. Une dame, assise sur une chaise, a, entre les mains, sa coupe vip qui lui est revenue à 30.000 FCfa.

A quelques encablures, deux dames exténuées, se reposent à l’intérieur de la boutique où elles ont fait leurs achats. Chacune d’elles a acheté cinq mètres de getzner 10.000 FCfa l’unité. « On est venu acheter des tissus pour l’après Korité. Nous profitons de ces moments de réduction pour en acheter », soutient Alima Diop qui laisse découvrir sa tête déjà bien coiffée. Plus loin, une place remplie d’hommes et de femmes attire l’attention. « Le mètre de basin à 1.800 FCfa, celui de Sosso à 500 FCfa », cet appel commercial trouve écho auprès des acheteurs au portefeuille léger et auprès de ceux qui veulent, à l’occasion de la Korité, poser un acte symbolique pour eux-mêmes, leurs enfants ou leurs femmes.

L’échine courbée, elle se redresse et emprunte une rue. Qu’est-ce qu’elle a dans ce sachet qu’elle tient minutieusement ? Sept mètres de tissus basins simples. « J’ai quitté Rufisque rien que pour acheter quelque chose pour mes deux filles. Je suis tombée sur ces basins qui sont d’un prix très accessible. En plus, ils sont cotonnés », informe cette mère de famille qui est venue un peu tard parce qu’obligée d’attendre la « tombée » du salaire de son époux. Autre activité parallèle qui marche en cette période où les Sénégalais veulent réussir leur mise le jour de la Korité, la couture. A deux jours de la fête, les tailleurs prennent toujours les tissus des clients. « Nous prenons les modèles simples qui ne prennent pas beaucoup de temps, surtout pour les enfants. En moins de deux heures, on peut confectionner une tenue pour un client », rassure un tailleur. De peur de ne pas avoir à temps leur tenue, certaines femmes se sont rabattues sur le prêt-à-porter. Même avec 2.000 FCfa, elles sont servies.

Marame Coumba SECK

La jeunesse d’aujourd’hui doit s’armer de savoirs pour ne pas tomber dans les travers de l’extrémisme. L’invite est de l’islamologue Tafsir Abdou Rahmane Gaye qui animait, hier, au Grand Théâtre de Dakar, une conférence religieuse.

« La place de la jeunesse musulmane face à la lutte contre le terrorisme» est le thème qui a réuni des responsables religieux et hommes politiques au Grand Théâtre de Dakar. Selon le conférencier Tafsir Abdou Rahmane Gaye, l’islam soutient la légitime défense et bannit la provocation. « Même dans les propos, notre religion n’accepte pas qu’on terrorise son interlocuteur. Ceux qui tentent d’écorner l’Islam, n’y feront rien. Je demande aux jeunes de s’instruire et d’être responsables », a dit Tafsir Gaye, qui invite ces derniers à refuser d’être manipulés pour des intérêts bassement politiques ou matériels.

« N’acceptons pas d’être des marionnettes. Il ne faut pas accepter qu’on passe par la jeunesse pour mettre notre pays sens dessus-dessous. Les efforts que le président de la République fait pour préserver le pays de la menace terroriste doivent nous pousser en faire autant. Ce Sénégal nous appartient », a-t-il dit devant l’envoyée spéciale du chef de l’Etat, Mme Aminata Touré.

« Il n’existe pas une religion qui donne un passe-droit aux violences pour aller au Paradis. Cela n’a même pas de sens », a affirmé l’islamologue. Il invite les jeunes à une meilleure compréhension des textes islamiques pour ne pas se laisser emporter par les faux dévots. « On ne peut pas jeter par la fenêtre les enseignements de Serigne Touba, de Seydi Hadji Malick Sy, de Cheikhna Cheikh Saad Bouh..., pour de nouvelles interprétations nous venant d’ailleurs. Le plus étrange dans tout cela, c’est que ceux qui le font vivent en concubinage, trafiquent de la drogue, pillent les biens d’autrui, tuent en toute impunité », a renseigné le conférencier. Dès lors, il veut qu’on barre la route à ces mauvais pratiquants de l’Islam. La conférence religieuse organisée par la Convergence des jeunes républicains (Cojer) était une occasion pour sa coordonnatrice Thérèse Faye Diouf de souligner que « le terrorisme doit interpeller tout un chacun ».

Serigne Mansour Sy CISSE

L’interdiction de la mendicité ne déplait pas à des maîtres coraniques. Toutefois, ils plaident pour un accompagnement des autorités.   

« Les maîtres coraniques ne sont pas d’accord avec cette mendicité galopante. Jusqu’à la Place de l’Indépendance, en centre-ville, nous voyons des talibés à trois heures du matin. Cela n’honore personne », a dit Kéba Gaye, président du collectif des « daaras » de Pikine. Selon lui, la mendicité a atteint des proportions inquiétantes au Sénégal. « C’est comme du temps du prophète Mouhamed (Psl) avec le phénomène de la consommation de l’alcool.

Mais, avant son interdiction, Dieu y est allé par étapes. C’est de cette façon que l’Etat doit procéder. Nous invitons le gouvernement à un dialogue franc avec tous les acteurs du secteur », a dit Kéba Gaye.

« Combien de fois cette loi a été brandie ? », s’est-t-il interrogé. « Je pense que le fléau de la mendicité, son éradication n’intéresse pas les autorités. Nous avons fait des propositions allant dans le sens de réguler la mendicité au Sénégal. Cette proposition a été faite au maire de Pikine depuis 2006. Nous disions, dans ce document, qu’il fallait coudre deux uniformes : l’un pour identifier les talibés et l’autre pour restreindre l’enfant dans la commune où il mendie. Pour cet exemple, tout talibé qui quémande devra rentrer au plus tard à 10 heures », a-t-il ajouté. Et de marteler : « L’Etat doit distinguer les vrais des pseudos Serigne daara ».

Mesures d’accompagnement
Kéba Gaye est pour l’accompagnement des maîtres coraniques par l’Etat. « S’il y a des "daara" qui n’ont pas assez de moyens, les autorités doivent les accompagner au lieu d’appliquer une loi sans concertation », poursuit-t-il, refusant de croire à une volonté de l’Etat de plaire aux Américains qui, dans un rapport, lui ont demandé de mieux se conformer au respect des droits des enfants.

Imam Khalifa Diop du centre islamique Tafsir Ahmed Fall de Tivaouane, joint au téléphone, affirme d’emblée qu’il soutient la décision du gouvernement, lequel doit toutefois mettre des mécanismes d’accompagnement pour les « daaras ».

Autrefois, dit-il, le temps n’était pas contraignant comme aujourd’hui. « Les maîtres coraniques qui n’ont pas les moyens conséquents pour se prendre en charge et s’occuper de leurs « daara » obligent les enfants à aller mendier.

Maintenant, avec des heures passées dans les rues, l’enfant peut rester des années dans un « daara » sans mémoriser le Coran. Cela, l’Etat doit y veiller », indique-t-il. Selon lui, la meilleure façon d’aider les maîtres coraniques c’est de leur donner les moyens d’assurer les besoins des talibés. Quant à Sokhna Ndombour Sène du « daara » Aïcha Oumoul Moumine de Grand Yoff, elle estime aussi que l’Etat doit subventionner les « daara ». « Nous sommes vraiment les premiers à être peinés quand on parle de mendicité des enfants, car on nous pointe du doigt. Cette interdiction doit faire tache d’huile», affirme-t-elle.

Serigne Mansour Sy CISSE

Après la mesure de retrait d’urgence prise par le Conseil des ministres du 22 juin dernier, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance mène, depuis jeudi dernier, des opérations de retrait. En trois jours, 119 enfants ont été retirés de la rue. Nombre d’entre eux ont été remis à leurs parents ou aux « daaras ».

Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance est réellement déterminé à éradiquer le phénomène de la mendicité des enfants qualifié par certains de traite des enfants. Depuis jeudi, jour de lancement de la lutte contre la traite des enfants, des opérations sont menées à Dakar en compagnie des éléments de la Brigade des mineurs du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. En témoigne la participation, le premier jour, du ministre de la Femme, Mme Mariama Sarr, à l’opération de retrait, comme le fait remarquer le directeur des droits, de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables, Niokhobaye Diouf.

« Elle a conduit les opérations de 11h à 17h », a-t-il dit. Au total, 119 enfants ont été retirés des rues dont 83 garçons et 33 filles.

Parmi eux, 26 sont bissau-guinéens, 1 gambien, 1 guinéen, 3 maliens. Il y a eu 34 familles sénégalaises concernées, 12 maliennes et une guinéenne. 116 enfants ont été retournés à leurs familles ou « daraas » et il ne reste que 3 au centre Ginddi. Selon M. Diouf, une fois récupérés, les enfants sont d’abord acheminés dans des centres d’accueil comme Ginddi, villages SOS où ils ont identifiés et pris en charge (santé, hébergement, habillement…)

Mise en place d’un groupe de suivi
Quant aux parents, « ils ont été sensibilisées sur la loi et ont reçu une sommation qu’en cas de récidive, les enfants seront transférés au commissariat central et déférés. Beaucoup de parents ont fait leur mea culpa », a ajouté Niokhobaye Diouf. Des parents, notamment des femmes, ont échangé avec Mme le ministre sur les mesures d’accompagnement. « Certaines d’entre elles ont dit avoir besoin d’appui en alimentation tandis que d’autres souhaitent avoir des activités génératrices de revenus. Des propositions que le ministère va prendre en charge », a noté M. Diouf.

La tournée d’inspection et de repérage du samedi a montré que presque les rues sont désertes d’enfants. Ce qui veut dire que la mesure commence à produire des effets. Quoi qu’il en soit, le ministère est engagé, a promis M. Diouf, de ne pas lâcher du lest.

« Lundi (ndlr : aujourd’hui), il y a une réunion d’évaluation à 10h et des opérations à 11h. Une quatrième opération aura lieu le mardi à partir de très bonne heure », a-t-il assuré. Il a annoncé la mise en place d’un groupe de suivi qui va intégrer la société civile, des maîtres coraniques, des représentants des chefs religieux, des personnes ressources pour définir ensemble les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre.

D. MANE

La campagne de retrait des enfants de la rue, démarrée il y a à peine quatre jours, commence déjà à donner satisfaction. A Dakar, l’image des jeunes mendiants, postés aux carrefours en quête d’aumône, commence à s’effacer.

Partout à travers les artères de Dakar, on ne voit presque plus de « talibé » traîner en tendant la main pour quelques pièces de monnaie. De Colobane aux Parcelles assainies, dans la proche banlieue, en passant par Castor et Niary Tally, le constat est le même. Difficile de rencontrer des enfants mendiants. Moussa Ngom, un commerçant installé à Colobane, apprécie la mesure : « Les autorités ont mis du temps à appliquer la mesure, parce que l’utilisation de ces enfants pour ce genre d’activités en se cachant derrière la religion est intolérable ». M. Ngom soutient que des sanctions doivent être infligées à ceux-là qui exploitent ces enfants.

A Castor, l’absence de ces petits en quête d’aumône au marché est au centre des discussions entre vendeurs. « Il faut vraiment protéger ces enfants. Nous saluons la mesure prise par les autorités de l’Etat pour éradiquer le phénomène de la mendicité au Sénégal », confie Sokhna Sène, vendeuse de légumes. Tous sont unanimes à reconnaître les bienfaits de la loi visant à mettre un terme à la situation difficile des enfants.

Le message semble entendu du côté des personnes exploitant ces jeunes enfants qui ont abdiqué depuis l’application de la mesure. Dans les marchés, comme au niveau des carrefours, les enfants mendiants ne sont plus visibles. Fatou Thiam, vendeuse au marché Gueule Tapée de Cambérène, estime qu’il faut continuer la lutte contre cette traite des personnes. « Ce sont des risques énormes pour ces enfants qui passent toute la journée dans les allées de nos marchés, mais aussi dans la rue », soutient-elle. Son voisin de table confirme les mêmes inquiétudes sur le sort des enfants laissés en traîne sur la voie publique. « Nous sommes habités par le doute lorsqu’on nous dit que ces enfants apprennent le Coran. Ma conviction est que les maîtres coraniques les utilisent pour leur propre intérêt », soutient Gora Dièye.

A la Patte d’Oie, le décor est le même : le plan de retrait d’urgence des enfants de la rue commence à donner des résultats probants car les rues sont désertes, les carrefours fluides et les nombreuses « agressions » de visiteurs par ses enfants ne sont pas constatées. « Voyez, les gens sont en train de vaquer tranquillement à leurs occupations, parce qu’on ne voit plus d’enfants à leurs trousses », avance Issa Diop. Seulement, il faut noter que des familles entières venues des pays limitrophes squattent encore la rue. Comme au Carrefour de la Cité des eaux où elles occupent l’espace publique, s’adonnant à la mendicité. L’objectif final étant de retirer progressivement tous les mendiants de la rue.

Cheikh M. COLY

« La décision prise par le président de la république du Sénégal de mettre un terme au phénomène des enfants de la rue est jugée salutaire par les membres du Cercle des amis et défenseur des enfants (Cade)», mentionne le communiqué du président de cette association Pédre Ndiaye. Selon lui, une telle mesure permet de protéger les enfants contre les pratiques de certains maîtres coraniques qui les poussent à mendier pour leur propre compte, sans pour autant leur garantir un enseignement coranique viable. 

D’après le Cade, outre les enfants en rupture avec la société, la plupart des enfants de la rue sont issus d’écoles coraniques devenues un véritable business au point d’attirer de nombreux ressortissants de pays limitrophes. « Nous demandons aux associations des maîtres coraniques, à la société civile et aux parents d’accompagner cette décision du président de la République et de démasquer les auteurs de ces agissements qui ternissent l’image de vaillants éducateurs émérites et donnent l’occasion aux esprits malveillants de dénigrer et de stigmatiser l’Islam et l’héritage extraordinaire légué par nos guides religieux dont les daaras sont de véritable référence », plaide M. Ndiaye. « Lutter contre le phénomène des enfants de la rue, c’est les protéger, assurer un meilleur avenir. Il faudrait cependant, pour y arriver, des mesures d’accompagnement conséquentes de la part de l’Etat et des autres entités intervenant dans ce domaine », conclut le communiqué.

S. M. S. CISSE

Militante de la cause des enfants mendiants depuis plusieurs années, Hulo Guillabert est partagée entre joie et doute après l’annonce du président de la République d’avoir ordonné « le retrait d’urgence des enfants de la rue ».

Le président Macky Sall a annoncé, en fin de semaine, sur son compte twitter, avoir ordonné « le retrait d’urgence des enfants de la rue » sous peine de sanctions contre les parents fautifs. Certains membres de la société civile s’en félicitent, mais restent tout de même sceptiques. C’est le cas des militants de « Doyna Stop à la mendicité des enfants ». La coordonnatrice dudit collectif est Mme Hulo Guillabert, par ailleurs directrice de Diasporas noires.

Selon elle, au sein du collectif « Doyna Stop à la mendicité des enfants », leur première réaction a été une joie profonde, mais la seconde d’après nous étions plutôt sceptiques, vu tous les espoirs déçus précédemment, vu cette fameuse loi contre la mendicité et la traite des enfants non appliquée, vu les conventions internationales ratifiées et non respectées, vu les classements des dossiers judiciaires sans suite pour des tortionnaires avérés d’enfants mendiants. A titre d’exemple, elle a évoqué « le dossier des 20 talibés enchaînés avec des fers comme des esclaves à Diourbel ». Si l’on en croit Mme Guillabert, l’euphorie est donc vite retombée et le collectif « Doyna Stop à la mendicité des enfants » s’est dit : « Vigilance, ne baissons surtout pas les armes tant que le dernier enfant mendiant n’est pas sorti de la rue… 

lle, au sein du collectif « Doyna Stop à la mendicité des enfants », leur première réaction a été une joie profonde, mais la seconde d’après nous étions plutôt sceptiques, vu tous les espoirs déçus précédemment, vu cette fameuse loi contre la mendicité et la traite des enfants non appliquée, vu les conventions internationales ratifiées et non respectées, vu les classements des dossiers judiciaires sans suite pour des tortionnaires avérés d’enfants mendiants. A titre d’exemple, elle a évoqué « le dossier des 20 talibés enchaînés avec des fers comme des esclaves à Diourbel ». Si l’on en croit Mme Guillabert, l’euphorie est donc vite retombée et le collectif « Doyna Stop à la mendicité des enfants » s’est dit : « Vigilance, ne baissons surtout pas les armes tant que le dernier enfant mendiant n’est pas sorti de la rue… 

Plan de sensibilisation
Nous réservons nos félicitations et nos remerciements pour plus tard, lorsque ce plan sera vraiment réalisé ! » Pour Mme Guillabert, son collectif compte surtout soutenir cette mesure en restant vigilant, critique mais constructif, en mettant le doigt sur les manquements et dysfonctionnements qu’ils voient déjà actuellement.  « Le plan d’action est loin d’être précis, le budget n’est pas vraiment cadré, les centres d’accueil sont très insuffisants, vu le grand nombre d’enfants à gérer, etc. Les premiers reportages montrent des gens qui ramassent les enfants alors qu’ils n’ont aucun signe distinctif clair, des kidnappeurs peuvent très bien en profiter, c’est urgent de créer un signe distinctif, un uniforme ou un simple tee-shirt reconnaissable, ce n’est quand même pas cher un tee-shirt », relève Mme Hulo Guillabert. Selon elle, l’organisation doit être bien pensée et irréprochable car on ne sort pas 50.000 enfants de la rue en n’étant pas bien préparé ! « Nous serons là, plus vigilants que jamais ! Et nous exhortons l’État à mettre en place un grand plan de sensibilisation nationale dans les langues nationales à travers tous les médias, principalement les radios et télévisions afin d’informer les citoyens, les parents et obtenir l’adhésion la plus large possible. C’est cela qui facilitera l’exécution de ce plan de retrait dans tout le Sénégal », recommande Mme Hulo Guillabert, cette militante de la cause des enfants.

Ndiol Maka SECK

La Commission de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) qui, en juin 2015, avait organisé à Dakar, à travers sa direction de l’Alerte précoce, un atelier de lancement du projet régional d’accompagnement des Etats membres de l’organisation pour l'éradication du phénomène des enfants de la rue, a accueilli avec satisfaction la décision prise par le président Macky Sall de « retirer d’urgence les enfants des rues » sous peine de sanctions contre les parents fautifs. Elle l’a fait savoir dans un communiqué parvenu, ce week-end, à notre rédaction.

En lançant à Dakar, en juin 2015, le projet pour l'éradication du phénomène des enfants de la rue dans l’espace Cedeao, la première d’une série d’activités prévues par son plan d’action biannuel (2015-2017), ladite organisation veut que les tout-petits de la région ouest-africaine soient protégés contre toutes formes d’exploitation et de traitement indécent et dégradant. C’est pourquoi la décision prise par le président Macky Sall de « retirer d’urgence les enfants des rues » est fortement encouragée par la Commission de la Cedeao qui, à travers sa direction de l’Alerte, soutient le cadrage du phénomène et l’établissement d’une approche de lutte fondée sur des lois et stratégies de mise en œuvre appropriées. La Cedeao, qui a toujours souligné l'énorme impact négatif de ce phénomène sur le développement socio-économique et la sécurité de la région, souhaite que ce projet du président Sall visant à éradiquer ce fléau et à créer un environnement protecteur pour les enfants vulnérables soit mis en œuvre par tous les Etats membres.

Selon la définition de l’Unicef, «les enfants de la rue» sont des garçons et filles, âgés de moins de 18 ans et pour lesquels "la rue" (y compris les maisons inhabitées et les terrains vagues) est devenue le domicile et/ou la source de subsistance, et qui ne bénéficient ni d’une protection ni d’une supervision adéquates.

Appuyer le gouvernement
Dakar, la capitale sénégalaise, compte plus de 50.000 de ces enfants. Et il en existe plus de 100.000 dans les autres villes du pays, d’après l’Unicef.

Essentiellement des talibés, ces garçons âgés de six à douze ans sont confiés par leurs familles à des maîtres appelés marabouts pour leur apprendre le Coran. Les causes du phénomène sont variées, mais elles sont souvent liées à un bouleversement domestique, économique ou social, notamment la pauvreté, l’éclatement des foyers et/ou des familles. Durant la période d’apprentissage, ces enfants sont envoyés dans la rue à la recherche de leur pitance quotidienne par la demande de l’aumône. Ils sont également forcés, le plus souvent, de reverser une partie, voire la totalité de leur collecte au maître coranique, faute de quoi ils sont soumis à des traitements sévères.

Pour éradiquer ce phénomène, la Cedeao demande aux acteurs de la société civile, aux leaders religieux et coutumiers, aux communautés et aux familles, ainsi qu’aux partenaires au développement d’« appuyer le gouvernement sénégalais dans la mise en œuvre de cette campagne qui, dans ses principes, garantit l’intérêt supérieur de l’enfant, l’accès à l’éducation, à la santé et la protection. Ladite organisation dit « suivre de très près la mise en œuvre de cet important projet », s’engage à « accompagner le gouvernement sénégalais dans sa mise en œuvre » et réitère ses « félicitations aux autorités sénégalaises pour cette mesure courageuse qui protège les enfants ».

Cheikh Aliou AMATH

Lutte contre la traite des enfants : Dakar se vide de ses « talibés »
mendiciteLa campagne de retrait des enfants de la rue, démarrée il y a à peine quatre jours, commence déjà à donner satisfaction. A Dakar, l’image des jeunes mendiants, postés aux carrefours en quête d’aumône, commence à s’effacer.

Partout à travers les artères de Dakar, on ne voit presque plus de « talibé » traîner en tendant la main pour quelques pièces de monnaie. De Colobane aux Parcelles assainies, dans la proche banlieue, en passant par Castor et Niary Tally, le constat est le même. Difficile de rencontrer des enfants mendiants. Moussa Ngom, un commerçant installé à Colobane, apprécie la mesure : « Les autorités ont mis du temps à appliquer la mesure, parce que l’utilisation de ces enfants pour ce genre d’activités en se cachant derrière la religion est intolérable ». M. Ngom soutient que des sanctions doivent être infligées à ceux-là qui exploitent ces enfants. A Castor, l’absence de ces petits en quête d’aumône au marché est au centre des discussions entre vendeurs. « Il faut vraiment protéger ces enfants. Nous saluons la mesure prise par les autorités de l’Etat pour éradiquer le phénomène de la mendicité au Sénégal », confie Sokhna Sène, vendeuse de légumes. Tous sont unanimes à reconnaître les bienfaits de la loi visant à mettre un terme à la situation difficile des enfants.

Le message semble entendu du côté des personnes exploitant ces jeunes enfants qui ont abdiqué depuis l’application de la mesure.

Dans les marchés, comme au niveau des carrefours, les enfants mendiants ne sont plus visibles. Fatou Thiam, vendeuse au marché Gueule Tapée de Cambérène, estime qu’il faut continuer la lutte contre cette traite des personnes. « Ce sont des risques énormes pour ces enfants qui passent toute la journée dans les allées de nos marchés, mais aussi dans la rue », soutient-elle. Son voisin de table confirme les mêmes inquiétudes sur le sort des enfants laissés en traîne sur la voie publique. « Nous sommes habités par le doute lorsqu’on nous dit que ces enfants apprennent le Coran. Ma conviction est que les maîtres coraniques les utilisent pour leur propre intérêt », soutient Gora Dièye. A la Patte d’Oie, le décor est le même : le plan de retrait d’urgence des enfants de la rue commence à donner des résultats probants car les rues sont désertes, les carrefours fluides et les nombreuses « agressions » de visiteurs par ses enfants ne sont pas constatées. « Voyez, les gens sont en train de vaquer tranquillement à leurs occupations, parce qu’on ne voit plus d’enfants à leurs trousses », avance Issa Diop. Seulement, il faut noter que des familles entières venues des pays limitrophes squattent encore la rue. Comme au Carrefour de la Cité des eaux où elles occupent l’espace publique, s’adonnant à la mendicité. L’objectif final étant de retirer progressivement tous les mendiants de la rue.

Cheikh M. COLY

Selon Niokhobaye diouf : 119 enfants ont été retirés des rues depuis jeudi
niokhobaye dioufAprès la mesure de retrait d’urgence prise par le Conseil des ministres du 22 juin dernier, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance mène, depuis jeudi dernier, des opérations de retrait. En trois jours, 119 enfants ont été retirés de la rue. Nombre d’entre eux ont été remis à leurs parents ou aux « daaras ».

Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance est réellement déterminé à éradiquer le phénomène de la mendicité des enfants qualifié par certains de traite des enfants. Depuis jeudi, jour de lancement de la lutte contre la traite des enfants, des opérations sont menées à Dakar en compagnie des éléments de la Brigade des mineurs du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. En témoigne la participation, le premier jour, du ministre de la Femme, Mme Mariama Sarr, à l’opération de retrait, comme le fait remarquer le directeur des droits, de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables, Niokhobaye Diouf.

« Elle a conduit les opérations de 11h à 17h », a-t-il dit. Au total, 119 enfants ont été retirés des rues dont 83 garçons et 33 filles. Parmi eux, 26 sont bissau-guinéens, 1 gambien, 1 guinéen, 3 maliens. Il y a eu 34 familles sénégalaises concernées, 12 maliennes et une guinéenne. 116 enfants ont été retournés à leurs familles ou « daraas » et il ne reste que 3 au centre Ginddi. Selon M. Diouf, une fois récupérés, les enfants sont d’abord acheminés dans des centres d’accueil comme Ginddi, villages SOS où ils ont identifiés et pris en charge (santé, hébergement, habillement…)

Mise en place d’un groupe de suivi
Quant aux parents, « ils ont été sensibilisées sur la loi et ont reçu une sommation qu’en cas de récidive, les enfants seront transférés au commissariat central et déférés. Beaucoup de parents ont fait leur mea culpa », a ajouté Niokhobaye Diouf. Des parents, notamment des femmes, ont échangé avec Mme le ministre sur les mesures d’accompagnement. « Certaines d’entre elles ont dit avoir besoin d’appui en alimentation tandis que d’autres souhaitent avoir des activités génératrices de revenus. Des propositions que le ministère va prendre en charge », a noté M. Diouf.

La tournée d’inspection et de repérage du samedi a montré que presque les rues sont désertes d’enfants. Ce qui veut dire que la mesure commence à produire des effets. Quoi qu’il en soit, le ministère est engagé, a promis M. Diouf, de ne pas lâcher du lest. « Lundi (ndlr : aujourd’hui), il y a une réunion d’évaluation à 10h et des opérations à 11h. Une quatrième opération aura lieu le mardi à partir de très bonne heure », a-t-il assuré. Il a annoncé la mise en place d’un groupe de suivi qui va intégrer la société civile, des maîtres coraniques, des représentants des chefs religieux, des personnes ressources pour définir ensemble les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre.

D. MANE

Le Cade salue la décision
 « La décision prise par le président de la république du Sénégal de mettre un terme au phénomène des enfants de la rue est jugée salutaire par les membres du Cercle des amis et défenseur des enfants (Cade)», mentionne le communiqué du président de cette association Pédre Ndiaye. Selon lui, une telle mesure permet de protéger les enfants contre les pratiques de certains maîtres coraniques qui les poussent à mendier pour leur propre compte, sans pour autant leur garantir un enseignement coranique viable.

D’après le Cade, outre les enfants en rupture avec la société, la plupart des enfants de la rue sont issus d’écoles coraniques devenues un véritable business au point d’attirer de nombreux ressortissants de pays limitrophes. « Nous demandons aux associations des maîtres coraniques, à la société civile et aux parents d’accompagner cette décision du président de la République et de démasquer les auteurs de ces agissements qui ternissent l’image de vaillants éducateurs émérites et donnent l’occasion aux esprits malveillants de dénigrer et de stigmatiser l’Islam et l’héritage extraordinaire légué par nos guides religieux dont les daaras sont de véritable référence », plaide M. Ndiaye. « Lutter contre le phénomène des enfants de la rue, c’est les protéger, assurer un meilleur avenir. Il faudrait cependant, pour y arriver, des mesures d’accompagnement conséquentes de la part de l’Etat et des autres entités intervenant dans ce domaine », conclut le communiqué.

S. M. S. CISSE

Des maîtres coraniques veulent un accompagnement de l’Etat…
maitre coraniqueL’interdiction de la mendicité ne déplait pas à des maîtres coraniques. Toutefois, ils plaident pour un accompagnement des autorités.   

« Les maîtres coraniques ne sont pas d’accord avec cette mendicité galopante. Jusqu’à la Place de l’Indépendance, en centre-ville, nous voyons des talibés à trois heures du matin. Cela n’honore personne », a dit Kéba Gaye, président du collectif des « daaras » de Pikine. Selon lui, la mendicité a atteint des proportions inquiétantes au Sénégal. « C’est comme du temps du prophète Mouhamed (Psl) avec le phénomène de la consommation de l’alcool. Mais, avant son interdiction, Dieu y est allé par étapes. C’est de cette façon que l’Etat doit procéder. Nous invitons le gouvernement à un dialogue franc avec tous les acteurs du secteur », a dit Kéba Gaye.

« Combien de fois cette loi a été brandie ? », s’est-t-il interrogé. « Je pense que le fléau de la mendicité, son éradication n’intéresse pas les autorités. Nous avons fait des propositions allant dans le sens de réguler la mendicité au Sénégal. Cette proposition a été faite au maire de Pikine depuis 2006. Nous disions, dans ce document, qu’il fallait coudre deux uniformes : l’un pour identifier les talibés et l’autre pour restreindre l’enfant dans la commune où il mendie. Pour cet exemple, tout talibé qui quémande devra rentrer au plus tard à 10 heures », a-t-il ajouté. Et de marteler : « L’Etat doit distinguer les vrais des pseudos Serigne daara ».

Mesures d’accompagnement
Kéba Gaye est pour l’accompagnement des maîtres coraniques par l’Etat. « S’il y a des "daara" qui n’ont pas assez de moyens, les autorités doivent les accompagner au lieu d’appliquer une loi sans concertation », poursuit-t-il, refusant de croire à une volonté de l’Etat de plaire aux Américains qui, dans un rapport, lui ont demandé de mieux se conformer au respect des droits des enfants.

Imam Khalifa Diop du centre islamique Tafsir Ahmed Fall de Tivaouane, joint au téléphone, affirme d’emblée qu’il soutient la décision du gouvernement, lequel doit toutefois mettre des mécanismes d’accompagnement pour les « daaras ». Autrefois, dit-il, le temps n’était pas contraignant comme aujourd’hui. « Les maîtres coraniques qui n’ont pas les moyens conséquents pour se prendre en charge et s’occuper de leurs « daara » obligent les enfants à aller mendier.

Maintenant, avec des heures passées dans les rues, l’enfant peut rester des années dans un « daara » sans mémoriser le Coran. Cela, l’Etat doit y veiller », indique-t-il. Selon lui, la meilleure façon d’aider les maîtres coraniques c’est de leur donner les moyens d’assurer les besoins des talibés. Quant à Sokhna Ndombour Sène du « daara » Aïcha Oumoul Moumine de Grand Yoff, elle estime aussi que l’Etat doit subventionner les « daara ». « Nous sommes vraiment les premiers à être peinés quand on parle de mendicité des enfants, car on nous pointe du doigt. Cette interdiction doit faire tache d’huile», affirme-t-elle.

Serigne Mansour Sy CISSE

… Le collectif « doyna stop à la mendicité des enfants » entre joie et scepticisme
Militante de la cause des enfants mendiants depuis plusieurs années, Hulo Guillabert est partagée entre joie et doute après l’annonce du président de la République d’avoir ordonné « le retrait d’urgence des enfants de la rue ».

Le président Macky Sall a annoncé, en fin de semaine, sur son compte twitter, avoir ordonné « le retrait d’urgence des enfants de la rue » sous peine de sanctions contre les parents fautifs. Certains membres de la société civile s’en félicitent, mais restent tout de même sceptiques. C’est le cas des militants de « Doyna Stop à la mendicité des enfants ». La coordonnatrice dudit collectif est Mme Hulo Guillabert, par ailleurs directrice de Diasporas noires.

Selon elle, au sein du collectif « Doyna Stop à la mendicité des enfants », leur première réaction a été une joie profonde, mais la seconde d’après nous étions plutôt sceptiques, vu tous les espoirs déçus précédemment, vu cette fameuse loi contre la mendicité et la traite des enfants non appliquée, vu les conventions internationales ratifiées et non respectées, vu les classements des dossiers judiciaires sans suite pour des tortionnaires avérés d’enfants mendiants. A titre d’exemple, elle a évoqué « le dossier des 20 talibés enchaînés avec des fers comme des esclaves à Diourbel ». Si l’on en croit Mme Guillabert, l’euphorie est donc vite retombée et le collectif « Doyna Stop à la mendicité des enfants » s’est dit : « Vigilance, ne baissons surtout pas les armes tant que le dernier enfant mendiant n’est pas sorti de la rue… 

Plan de sensibilisation
Nous réservons nos félicitations et nos remerciements pour plus tard, lorsque ce plan sera vraiment réalisé ! » Pour Mme Guillabert, son collectif compte surtout soutenir cette mesure en restant vigilant, critique mais constructif, en mettant le doigt sur les manquements et dysfonctionnements qu’ils voient déjà actuellement.  « Le plan d’action est loin d’être précis, le budget n’est pas vraiment cadré, les centres d’accueil sont très insuffisants, vu le grand nombre d’enfants à gérer, etc. Les premiers reportages montrent des gens qui ramassent les enfants alors qu’ils n’ont aucun signe distinctif clair, des kidnappeurs peuvent très bien en profiter, c’est urgent de créer un signe distinctif, un uniforme ou un simple tee-shirt reconnaissable, ce n’est quand même pas cher un tee-shirt », relève Mme Hulo Guillabert. Selon elle, l’organisation doit être bien pensée et irréprochable car on ne sort pas 50.000 enfants de la rue en n’étant pas bien préparé ! « Nous serons là, plus vigilants que jamais ! Et nous exhortons l’État à mettre en place un grand plan de sensibilisation nationale dans les langues nationales à travers tous les médias, principalement les radios et télévisions afin d’informer les citoyens, les parents et obtenir l’adhésion la plus large possible. C’est cela qui facilitera l’exécution de ce plan de retrait dans tout le Sénégal », recommande Mme Hulo Guillabert, cette militante de la cause des enfants.

Ndiol Maka SECK

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a félicité le président Macky Sall, pour l’action de haute portée sociale consistant à retirer de la rue des milliers d’enfants jetés en pâture aux fléaux de la ville. C’est dire que l’histoire retiendra cette décision noble, courageuse et significative, prise par le chef de l’Etat, visant la protection de l’enfance. Une enfance souvent utilisée pour une mendicité avilissante, qui nous interpelle tous. Protéger l’enfant, c’est bâtir une société dans laquelle les chances de chacun sont préservées. Il est d’ailleurs dit qu’en chaque enfant sommeille un Mozart.

En effet, combien parmi ces enfants peuvent, demain, devenir de brillants ingénieurs, architectes, médecins, musiciens, etc. Bref, de talentueux citoyens pouvant être utiles à leur pays, parce que très tôt tirés des griffes de soi-disant maîtres coraniques, des bourreaux plutôt, qui les font mendier, traversant la ville pieds nus, à la recherche d’une pitance souhaitée en espèces sonnantes et trébuchantes ? Dans un de ses ouvrages, Cheikh Aliou Ndao, écrivain et poète sénégalais, magnifiait la vie au sein du « daara », une école de savoirs islamiques et coraniques, une école de la vie, qui a positivement marqué beaucoup de Sénégalais qui l’ont fréquentée.

Mais, ce « daara » d’hier, on en dénombre encore bien peu. Il y en a certes à l’intérieur du pays, à l’image de la célèbre école de Cokki, où des maîtres coraniques dévoués participent à la formation des enfants confiés par leurs parents. Ces talibés des « daaras » de l’intérieur du pays, alliant études et travaux champêtres, sont bien différents de ces milliers de jeunes qui arpentent les rues de Dakar et des capitales régionales, s’adonnant à la mendicité déplorée depuis des décennies. « La grève des bàttu », de Aminata Sow Fall, a connu un éclatant succès dans les années 1979-80 et lui a valu le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1980, en raison de cette dénonciation que l’auteur avait portée, interpellant toute la société sénégalaise.

Depuis quelques années, de nombreuses associations se sont distinguées dans la lutte contre la mendicité des enfants, d’autres ont mis en place des centres d’accueil avec de faibles moyens, utilisant la dénonciation et l’interpellation de toutes les composantes de la société afin que ce fléau soit éradiqué. L’acte de haute portée sociale posé la semaine dernière par le président Macky Sall, bien apprécié, par de nombreux pans de la société, mérite un soutien massif. Le gouvernement vient d’ouvrir des centres d’accueil pour héberger et préparer le retour définitif de ces enfants dans leurs familles respectives.

Il s’agit d’aider et de soutenir ces « daaras » qui restent dans l’esprit premier de ces écoles coraniques, c’est-à-dire des centres d’éducation par excellence. Il y a une dizaine d’années, le concept de « daara » moderne avait émergé, et l’Etat du Sénégal, à travers le ministère de l’Education nationale, avait l’ambition de proposer un modèle incluant un internat, des études mieux encadrées et même une formation à des métiers pouvant faciliter l’insertion des jeunes apprenants.

Ici à Dakar, des initiatives de « daaras » modernes ont été menées et sont des modèles à dupliquer, mais surtout à soutenir : les jeunes de ces écoles coraniques sont pris totalement en charge, contre une participation forfaitaire du parent. Nourris et habillés par les promoteurs, ces jeunes subissent une formation qui les prédestine à des métiers pouvant leur permettre de s’intégrer facilement dans la vie active.

Maintenant que la décision est effective de retirer de la rue ces milliers d’enfants, il urge de créer une dynamique autour de la problématique des « daaras », à travers une concertation avec toutes les parties prenantes. Les ministères de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, de l’Education et de l’Action sociale doivent être au cœur de cet élan réformateur, pour que l’enfant des « daaras » subisse la formation qui en fera demain un citoyen utile à son pays, et non pas cet enfant-objet jeté dans la rue pour mendier, nourrir et enrichir celui qui se donne le titre usurpé de maître coranique. En effet, le maître coranique, tel que cela se pratique dans les « daaras » modèles, est un formateur qui prépare les enfants à la vie en leur inculquant le savoir et le savoir-être.

Dans la même foulée, il s’agit aussi de dissocier le phénomène des enfants venus des pays limitrophes, que l’on rencontre à tous les carrefours de Dakar, aux côtés de leurs parents, tendant la main aux automobilistes et passants. Pour résoudre ce phénomène aussi, une coopération avec les pays de provenance de ces familles démunies est à envisager.

Par Cheikh THIAM

Cette année, le concours de récital de Coran organisé annuellement par le groupe Lamp Fall Communication a été remporté par Mohamed Sèye, pensionnaire du « daraa » Cheikhoul Khadim. Il a convaincu le jury de par sa bonne lecture, sa qualité de son écriture et sa maîtrise de la grammaire arabe.

Agé de 15 ans, le jeune Mohamed Sèye a gagné le concours de récital de Coran organisé par le groupe Lamp Fall Communication. La finale s’est jouée ce jeudi au Centre du commerce extérieur du Sénégal (Cices). Sur les cinq candidats qui étaient encore en compétition pour cette édition 2016, le pensionnaire du « daara » Cheikhoul Khadim de la cité Keur Khadim a le plus convaincu le jury dirigé par Serigne Mame Mor Mbacké. Mohamed Sèye a totalisé 2.670 points. Il est suivi par Sokhna Diarra Bousso, 7 ans, élève au « daara » de Porokhane. Ensuite, arrivent respectivement Sokhna Faty Guèye, Baye Cheikh Mbaye et Habiboulah Diop.

Le premier a empoché un million de FCfa, une tablette, un ordinateur portable, un bon pour un lit et une bibliothèque, tandis que le deuxième se retrouve avec la somme de 500.000 FCfa et divers autres objets. Au bout du compte, aucun candidat n'a perdu. Les apprenants se sont partagé les trois millions mis en jeu par le groupe Lamp Fall et ses partenaires. Les cinq finalistes ont été évalués par le jury selon des critères relatifs à la lecture, à la prononciation, à l'écriture et à la grammaire, entre autres.  Le concours s'est déroulé en présence d'une foule nombreuse composée d'autorités religieuses dont le représentant du khalife général des mourides à Dakar, Mbackiyou Faye, et de l'ambassadeur de la Palestine qui a promis d'apporter son soutien financier et matériel à l’occasion de la treizième édition prévue en 2017.

Ndiol Maka SECK avec Lamp Fall TV

Le commissariat spécial de Touba a mis la main sur une Guinéenne, propriétaire d’une quantité importante de médicaments destinés à ravitailler le marché noir de Touba. Cette saisie, effectuée en collaboration avec la douane, entre dans le cadre de la lutte contre la vente illicite de médicaments.

Exploitant une information, les hommes du commissaire spécial de Touba ont procédé hier à l’interpellation, au quartier Gouye Ziar, d’une Guinéenne se nommant A. Kaba. Selon le communiqué du Bureau des relations publiques de la police, la dame est née en 1969 à Conakry et est commerçante de profession. Le document explique que Mme Kaba a chargé mercredi dernier, à partir de Diaobé, dans un camion frigorifique de transport de marchandises, 20 sacs remplis de produits pharmaceutiques, essentiellement composés de comprimés, camouflés dans des balais traditionnels. Arrivés à Koumpentoum le jeudi 30 juin, ses convoyeurs O. Dieng et B. Ndiaye ont été arrêtés par la douane. Pour mettre la main sur le vrai propriétaire de la marchandise estimée à  643 kilogrammes, le chef du service des douanes de cette localité a partagé l’information avec la police qui a aussitôt lancé les investigations. Elles se sont révélées payantes puisque la propriétaire de la marchandise qui l’attendait tranquillement à Touba sera interpellée au quartier Gouye Ziar.

D’après la police, c’est une parfaite synchronisation des opérations et un échange d’information qui ont permis de réussir ce coup. Selon toujours le communiqué, il ressort des déclarations de la dame qu’elle est habituée des faits. Elle a soutenu avoir payé cette fois-ci la marchandise frauduleuse en Guinée pour un montant de 1.800.000 FCfa et comptait la commercialiser à Touba dans des dépôts informels. La douane de Koumpentoum a confirmé que le camion frigorifique transportant ladite marchandise a été immobilisé au service. Pour la poursuite de la procédure d’enquête, la police devra, sans tarder, mettre la mise en cause à la disposition des soldats de l’économie. Le procureur de Diourbel est déjà avisé.

Ndiol Maka SECK

Les responsables du Mouvement Action Sénégal (Mas), mobilisés derrière leur président Yérim Thioub, girecteur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam), s’évertuent chaque année à être au chevet des populations démunies. Depuis le début du Ramadan, ils aident les fidèles musulmans des communes de Saint-Louis, Gandon, Fass, Mpal et Ndiébène Gandiole, à faire face aux nombreuses dépenses et charges relatives au jeûne.

Yérim Thioub et ses proches collaborateurs, pour traduire en actes la vision du chef de l’Etat en matière de développement économique et social, ont préparé hier une « marmite du cœur » en vue d’offrir aux fidèles musulmans un « ndogou » (repas de rupture du jeûne) copieux, composé de plats somptueux et autres victuailles. Au nom des bénéficiaires de ce geste humanitaire, Fatou Diop, ménagère, Amadou Sow, maître coranique, Samba Fall, chaudronnier, ont rendu un vibrant hommage à Yérim Thioub qui n’a pas hésité à offrir cette marmite du cœur aux familles en difficulté. Et ce n’est pas une première. Chaque année, Yérim Thioub envoie à ses représentants à Saint-Louis une enveloppe financière importante pour faire manger, durant le mois du Ramadan, beaucoup de personnes démunies. Les responsables du Mas, Massar Gaye, Maguette Sankharé, Badjane Fama, Djiby Ndiaye, etc., ont réaffirmé la volonté de Yérim Thioub d’assistance régulièrement les populations vulnérables. Ils ont rappelé que Yérim Thioub a récemment offert aux communes de Gandiole, Ross-Béthio et Saint-Louis trois ambulances médicalisées d’une valeur globale de 30 millions de FCfa.  

… Et les dons de Saint-Louis Jazz et des notaires à la Mac

En ce mois béni du Ramadan, les détenus de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Saint-Louis ont reçu la visite des responsables de l’association « Saint-Louis Jazz » et de la chambre des notaires. Ces deux structures ont uni leurs efforts pour offrir des matelas, une importante quantité de sucre, des produits  détergents, des nattes, des balais et autres matériels de nettoiement aux 300 pensionnaires de la prison de Saint-Louis.

Un don bien apprécié par ces détenus qui ont vivement remercié les généreux donateurs et autres bonnes volontés qui ont accompagné ce geste. L’association Saint-Louis Jazz, selon son président Me Ibrahima Diop, a toujours soutenu les détenus et affirme que « ce geste vient encore confirmer l’intérêt particulier que cette association accorde à l’assistance de certains de nos concitoyens retenus dans les liens de la prévention. C’est une association qui ne s’occupe pas uniquement que de jazz et de culture ».

Au nom du président de la chambre des notaires, Mahmoudou Aly Touré, la vice-présidente Marie Bâ s’est réjouie de « ce geste humanitaire de haute portée sociale et citoyenne qui prouve que l’association Saint-Louis Jazz et la chambre des notaires se soucient des conditions difficiles dans lesquelles évoluent les détenus ». Elle a laissé entendre que le fidèle musulman doit avoir le réflexe d’aider son prochain à tout moment et sans ostentation. Le régisseur de la Mac de Saint-Louis, Thiaka Diouf et les membres de son staff ont rendu un vibrant hommage aux donateurs, invitant d’autres bienfaiteurs à s’inspirer de cet exemple pour soutenir les détenus, surtout durant ce mois du Ramadan.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les habitants du quartier Médina Ndiaye, dans la commune de Dahra, sont toujours sous le choc. Un conducteur de moto Jakarta a été retrouvé mort sur la terrasse du domicile familial. Il s’agit de Tamsir Diaw, âgé de 20 ans. La découverte macabre a été faite par un proche parent qui venait faire sécher ses habits. Grande fut sa surprise de découvrir le corps sans vie de son ami. Selon des sources dignes de foi, après le thé, la victime, armée d’un matelas, est montée sur la terrasse pour dormir à la belle étoile, ignorant complètement qu’il avait rendez-vous avec la mort. Selon toujours les mêmes sources, il a pris son repas pour le jeûne («  xeud ») avec les  membres de sa famille avant de retourner au lit. Mis au parfum, les gendarmes et le médecin chef du centre de santé se sont rendus sur les lieux pour procéder aux constats d’usage. Le corps sans vie  a été acheminé à la morgue du district sanitaire de Dahra. Le certificat de genre de mort, délivré par le médecin chef, atteste d’une mort naturelle. Sur instruction du procureur de la République de Louga, le corps de la victime a été remis à ses parents pour son inhumation.

Masse NDIAYE

Le Khalife de la famille de Sokhna Maïmouna Mbacké, Serigne Mahfouz Mbacké, a magnifié, jeudi à Touba, la tenue du dialogue national à l’initiative du président Macky Sall. C’était au cours de la cérémonie officielle de la célébration de la nuit du destin (Leylatoul Khadry) à Touba, en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadre, porte-parole du Khalife général des mourides et d’une forte délégation du gouvernement conduite par le ministre des Mines et de l’Industrie Aly Ngouille Ndiaye.

La communauté mouride a sacrifié, jeudi, au rituel de la célébration de la nuit du destin (Leylatoul Khadry). L’événement religieux bien qu’étant une obligation cultuelle, dans le contexte mouride, il porte la marque indélébile de Sokhna Maïmouna Mbacké qui avait dédié sa vie à cet exercice religieux. En effet, de son vivant, la fille cadette de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké s’était appropriée la Leylatoul Khadry pour en faire son viatique. Cette grande figure de la Mouridya avait volontairement troqué son statut de fille pour celui de simple disciple avec pour mission  de  sublimer le Coran en hommage à son père, à travers le Livre Saint qu’il adorait plus que toute autre chose ici-bas. 

L’édition 2016 de Leylatoul a démontré encore une fois que l’héritage de Sokhna Maïmouna Mbacké est bien tenu par sa famille qui a donné à la manifestation religieuse une dimension exceptionnelle. La cérémonie officielle à la résidence Sokhna Maïmouna à Touba Hlm en est l’illustration parfaite avec la mobilisation de toutes les branches de la grande famille de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké qui étaient représentées à cette occasion.

Tolérance
Le ministre Aly Ngouille Ndiaye a, au nom du président Macky Sall, « félicité la famille de Sokhna Maïmouna Mbacké, avec à sa tête son Khalife Serigne Mahfouz Mbacké et sa sœur Sokhna Baly qui ont repris le flambeau de très belle manière depuis la disparition de leur vénérée mère ». Parlant du Leylatoul Khadry, il est revenu sur l’importance que revêt cette nuit dans l’Islam et tous les bienfaits que peuvent en tirer les fidèles musulmans. C’est la raison pour laquelle, a-t-il indiqué, se basant sur les enseignements de son illustre père, Sokhna Maïmouna Mbacké avait choisi ce sacerdoce en faisant de sa célébration sa mission personnelle avec la bénédiction des aînés. Aly Ngouille Ndiaye a également évoqué le dialogue national afin de solliciter des prières pour la réussite de cette initiative pour la promotion de l’unité nationale et de la paix sociale.

Le Khalife de Sokhna Maïmouna Mbacké, Serigne Mahfouz, a pour sa part remercié le gouvernement pour le respect de ses engagements dans le cadre de l’organisation de l’événement religieux. Il a salué l’heureuse initiative du dialogue national qu’il a mis au crédit du Chef de l’Etat Macky Sall. Cette démarche, a-t-il soutenu, « est la bienvenue, parce qu’elle contribuera à apaiser le champ politique en favorisant l’entente au sein de la société, recoupant ainsi les recommandations du fondateur de la Mouridya. Il a exhorté les fidèles et autres acteurs politiques à faire preuve de tolérance et de sacrifier à l’amour de son prochain, quelle que soit leur confession religieuse ou appartenance politique. A ce sujet, il a rappelé les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké qui, en apôtre de la paix, demandait toujours à ses disciples et fidèles de cultiver la fraternité et la solidarité entre eux et avec  tous les humains. Avant de prier pour un bon hivernage, Serigne Mahfouz Mbacké a « exhortés les fidèles au travail qui, selon lui, est la seule alternative pour rendre sa dignité et sa fierté à la personne humaine ». 

Auparavant, Serigne Bassirou Abdou Khadre, porte-parole du Khalife général des mourides, avait rendu hommage à Sokhna Maïmouna Mbacké qui, selon lui, n’avait d’autres préoccupations que les deux événements que sont le Leylatoul Khadry et le grand Magal de Touba. « Nous lui devons tous les bienfaits que nous procurent ce sublime exercice qu’elle nous à légué comme patrimoine cultuel », a-t-il souligné.

De nos envoyés spéciaux Babacar DRAME (textes) et Ndèye Seyni SAMB (Photos)

La campagne de retrait des enfants de la rue, entrant dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes, a été lancée hier. En décidant d’agir, le gouvernement démontre que la situation des tout-petits est une préoccupation au Sénégal où il faut encore des efforts pour mieux promouvoir leurs droits. Dans ce combat, les autorités étatiques ont besoin du soutien de tous les militants de la cause de l’enfance. Le slogan doit être ceci : « Tous ensemble pour construire une dynamique de sauvetage des enfants mendiants ». En effet, les « ndongos » sont en danger à Dakar et dans les autres grands centres urbains.

Cette campagne de retrait des enfants de la rue demande une gestion rigoureuse et, surtout, nécessite un examen lucide du « daara » qui, aujourd’hui, est corrompu. La vocation première d’une école de formation religieuse était, dans le passé, de donner à ses pensionnaires les ressorts spirituels et les ressources intérieures leur permettant de retrouver leurs repères et de construire leur destin, ici-bas et dans l’au-delà. Et l’on tenait, dans les grands espaces qui abritaient les « daaras » installés loin des grandes agglomérations, à former des paysans, des pasteurs et des pêcheurs lettrés. Bref, des citoyens à la fois courageux, humbles et imbus des problèmes qui se posaient à leur contrée, à leur pays.

Les mirages de Dakar ont fini par attirer les maîtres coraniques. Issus de la campagne ou provenant des pays voisins, ils débarquent dans la capitale sénégalaise, avec bagages et « ndongos ». Ils laissent ces derniers prendre possession des rues et avenues, braver les intempéries, tendant la main pour quelques pièces d’argent, des grammes de riz, chapardant quelques petits effets pour honorer le « contrat » qui les lie au maître du « daara ». N’est-ce pas là une pire forme de travail de l’enfant ? C’est justement pour lutter contre cela que les services de l’Etat et leurs partenaires sont entrés en action. Ils veulent ces enfants cessent de squatter, dès la tombée de la nuit, les bâtiments désaffectés ou en construction à Dakar, la devanture des commerces, le pavé de certaines avenues et rues.

Ces enfants en situation difficile vivent dans un univers peuplé d’ombres. Couchés à même le sol ou en mouvement, leurs habits en haillons dénotent leur indigence. Pour certains, des nattes usagées ou cartons tiennent lieu de divan. L’oppressant environnement ajoute à la tristesse de ces tout-petits qui ont fait de la rue leur « empire ». Et ici, la santé physique et mentale du plus grand nombre de « sujets » est sérieusement éprouvée : une descente aux enfers. Pourtant, ils sont nombreux à vouloir s’échapper des « griffes » du maître coranique. L’on en rencontre quelques-uns qui semblent détester le monde et tous ceux qui l’habitent. Ils n’ont aucune structure qui puisse leur permettre de s’insérer dans les circuits productifs. Ils sont laissés à eux-mêmes, dans la rue.

Depuis hier, le gouvernement a décidé d’agir. Il est temps de leur apporter le sourire, en les approchant pour qu’ils guérissent des céphalées, de la tuberculose et des dermatoses en les retirant de la rue. La tâche est immense car éradiquer ce système demande, entre autres, le développement du mécénat humanitaire qui permette d’offrir un champ d’activités alternatives aux jeunes afin de faciliter leur insertion sociale et professionnelle, la mise sur pied d’espaces d’accueil, d’écoute et de stabilisation, l’application rigoureuse de la loi dans la lutte contre la traite des enfants.

Par Cheikh Aliou AMATH

Un protocole d’accord a été signé entre la direction générale de la Société nationale d’électricité (Senelec) et la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts). Les deux parties s’engagent à faire respecter la régularisation de 493 contractuels de la société concessionnaire d’électricité sur une période de trois ans (2016, 2017, 2018).

La direction générale de la Senelec a signé un protocole d’accord avec la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) pour le règlement définitif du contentieux des ex-travailleurs contractuels qui, après plusieurs années de service à la société concessionnaire d’électricité, n’ont jamais été régularisés. A travers le protocole, l’on procédera à l’embauche des 493 anciens prestataires le souhaitant, sur une période de trois années (200 en 2016 ; 200 autres en 2017 ; 93 en 2018). Un concours sera à cet égard organisé pour procéder à un classement des prestataires. Ce processus dictera l’ordre d’insertion.

« A l’issue du concours, les 200 premiers seront recrutés durant l’exercice 2016. Les prestataires restants seront mis à la disposition des sociétés d’intérim pour, qu’en cas de besoin, la Senelec fasse appel à eux en priorité. Le présent protocole sera soumis au visa de l’inspecteur régional du travail et de la sécurité sociale de Dakar », a informé Mody Guiro, secrétaire général de la Cnts qui a, par ailleurs, lancé un appel à la direction générale de la Senelec à « capitaliser l’expérience de ces jeunes, qualifiés, diplômés compétents, motivés et utiles dans la lutte contre la fraude ». Pour rappel, ces jeunes ont, dans les délégations régionales et départementales, contribué à l’élaboration du programme dit « Perte non technique » après le départ des Canadiens.

Manifestation de reconnaissance aux autorités
Selon Mody Guiro, la direction générale de l’époque, au lieu de créer des conditions d’un dialogue serein en vue de trouver une solution, avait préféré la confrontation et le bras de fer avec les travailleurs. C’est alors que la Cnts a pris en charge le dossier et entrepris les démarches nécessaires auprès du ministre de tutelle de l’époque, Mme Maïmouna Ndoye Seck. « La bonne volonté du ministre de tutelle à trouver un consensus s’était heurtée à une radicalisation du directeur général d’alors qui avait même interdit l’accès des agences de la Senelec aux travailleurs », a-t-il informé. Après l’échec des multiples tentatives de règlement à l’amiable, les travailleurs ont cessé leurs activités et exigé le rétablissement de leurs droits.

Le président Macky Sall, saisi du dossier, a donné des instructions fermes pour trouver une solution au problème. Les travailleurs de la Senelec qui seront sous peu réhabilités ont tenu, par la voix de Mody Guiro, à manifester leur « gratitude et leur reconnaissance au chef de l’Etat». Le syndicaliste confond dans ses remerciements Mouhamadou Makhtar Cissé, directeur général de la Senelec et son équipe. Selon lui, ils ont fait preuve de compétences managériales incontestables pour une issue heureuse à la situation des travailleurs. Ces derniers ont vivement remercié l’ancien ministre de tutelle Mme Maïmouna Ndoye Seck.

Oumar BA

Le nonce apostolique, Mgr Michael W. Banach, a présidé, mercredi dernier, jour de fête des apôtres Saint Pierre et Paul, sa première messe à la cathédrale de Dakar. Le diplomate religieux d’origine américaine est heureux d’être affecté au « Sénégal, pays béni pour avoir accueilli, en 1992, un saint, le pape Jean Paul II ». La messe a été dite en présence de tous les évêques du Sénégal.

Après avoir présenté ses Lettres de créance au président Macky Sall, Mgr Michael W. Banach, nouveau nonce apostolique au Sénégal, a, au cours d’une messe à la cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar, montré aux évêques du Sénégal la Lettre de recommandation signée par le cardinal secrétaire d'Etat du Vatican. La lettre a été remise à Mgr Benjamin Ndiaye, en tant que président de la Conférence épiscopale des évêques du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Cette lettre constitue la modalité ordinaire par laquelle le nonce apostolique est présenté aux évêques, comme celui à qui est confié l'office de représenter le Pape, de façon stable, auprès des églises particulières auxquelles il est envoyé.

C’était aussi l’occasion pour le nonce Mgr Michael W. Banach de présider sa première messe à la cathédrale, l’église mère de l’archidiocèse de Dakar. Cette messe a coïncidé avec la solennité des saints apôtres Pierre et Paul. Dans son adresse, Mgr Michael W. Banach a fait savoir aux fidèles qu’il a rencontré, en mai dernier au Vatican, le Pape François qui lui a demandé de « transmettre au peuple sénégalais deux messages : le premier : Dieu vous aime ! Le deuxième : Pape François aussi vous aime ! ». « C'est un message simple, mais quel message ! », a commenté le nonce apostolique qui a indiqué que le Sénégal est béni, « puisqu'il peut se vanter d'avoir eu des relations spéciales avec un Pape de notre temps : le Pape Jean-Paul II ».

Le saint père, de son vivant, a visité le Sénégal. Il est rentré dans cette cathédrale. « Qu'est-ce que vous êtes bénis ! Le Pape Jean-Paul II maintenant est un saint. Il est possible de dire qu'un saint a marché dans les rues de Dakar et sur les routes du Sénégal !

Cette visite est un signe de l'attention toute particulière que le Pape, successeur de Saint Pierre, a pour votre noble Pays », a ajouté le nonce apostolique. Après cette parenthèse, il a abordé sa nouvelle mission, en déclarant : « Je viens parmi vous en tant que représentant du Pape, mais aussi comme frère dans le Christ et dans l’Épiscopat ».

Eugene KALY

La banalisation du mariage est la source principale des problèmes qui polluent les couples de nos jours. C’est la conviction du maître coranique Lamine Diédhiou qui animait une conférence portant sur les rôles de chacun des conjoints.

Le maître coranique Lamine Diédhiou n’est pas surpris par la fréquence des problèmes au sein des couples. Il a mis en cause la banalisation du mariage. Pour lui, les gens ne tiennent plus compte du fondement sur lequel l’islam demande de bâtir le mariage.

« Beaucoup de couples traversent des problèmes liés à l’ignorance et au non-respect de ce que l’Islam recommande en matière de mariage », a laissé entendre le maître coranique lors d’une conférence religieuse organisée par le « dahira » de Tandiman de Ziguinchor à l’ancienne mairie de la même ville.

Il a constaté que le matérialisme est à la source des divorces au Sénégal. Selon lui, les parents s’attardent sur le statut socioprofessionnel de la personne qui vient demander la main de leur fille. « Lorsque l’on cherche une fille en mariage, la famille s’intéresse avant tout à la profession de l’époux. Aujourd’hui, les filles veulent tout obtenir au début du mariage », a regretté Lamine Diédhiou avant d’ajouter que « la bourse du prétendant doit compter peu dans les négociations entre les deux familles voulant unir leurs deux enfants ». Selon lui, l’essentiel, c’est que les conjoints s’accrochent aux valeurs de l’Islam et que chacun d’eux respecte sa belle famille.

« L’Islam exhorte tout homme capable d’assurer les trois repas quotidiens à une femme de se marier. L’homme ne doit pas conditionner son mariage à une accumulation de richesses », avertit Lamine Diédhiou. Pour sa part, le parrain de la conférence, Saliou Sané, a salué l’engagement des jeunes de Tandiman à acquérir des connaissances en Islam. « Nous avons de nombreux jeunes qui s’investissent dans la diffusion de la parole de Dieu. Nous prions pour que cela se poursuive », a formulé Saliou Sané.

I. SANE

Fondateur et directeur de la « Maison de la gare » à Saint-Louis, la contribution du Sénégalais Issa Kouyaté a été saluée par les Etats-Unis. Notre compatriote a été cité parmi « les héros de la lutte contre la traite des enfants » par le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors de la cérémonie de publication du 16e Rapport annuel sur la traite des personnes.

Neuf personnes, provenant de divers pays du monde, ont été honorées par le secrétaire d’Etat américain John Kerry comme étant des « héros de la lutte contre la traite des personnes ». Parmi celles-ci, le Sénégalais Issa Kouyaté, nous apprend un communiqué le l’ambassade des Etats-Unis à Dakar. C’était lors de la cérémonie de publication, hier, du 16e Rapport annuel sur la traite des personnes. M. Kouyaté est le fondateur et directeur de la « Maison de la gare » à Saint-Louis, un lieu de refuge pour les « talibés » et autres jeunes enfants à risques. Ancien « talibé », Issa Kouyaté travaille étroitement avec les autorités locales sur les questions liées à la mendicité forcée des enfants.

« Nous saluons ses efforts et son travail remarquable à Saint-Louis », lit-on dans le texte. Toutefois, souligne l’ambassade des Etats-Unis, malgré les contributions de M. Kouyaté et d’autres partenaires dans cette lutte, au Sénégal, plus particulièrement sur la question de la mendicité forcée des enfants, il reste encore du travail à faire. A ce titre, le rapport sur la traite des personnes classe le Sénégal au niveau dit « Tier 2 Watch List », une désignation pour les gouvernements n’ayant pas totalement respecté les normes minimales fixées par le Congrès américain pour lutter contre la traite des personnes, mais faisant cependant des efforts importants pour se conformer aux normes.

 Le rapport recommande au Sénégal de faire des enquêtes plus approfondies, des poursuites et des condamnations des personnes reconnues coupables de délit de traite des personnes. Le rapport conseille aussi la formation des personnes travaillant avec les victimes, la standardisation et l’augmentation des ressources disponibles pour les victimes, l’augmentation des inspections dans les secteurs informels, la poursuite de la cartographie des « daaras », l’élargissement du plan d’action national de lutte contre la traite des personnes et la tenue de campagnes de sensibilisation du public sur les problèmes liés à la traite des personnes.

« Les progrès réalisés par nos partenaires dans ce domaine nous encouragent et nous félicitons le gouvernement du Sénégal pour tous les efforts déployés afin d’asseoir un large consensus afin de résoudre ces problèmes. Cependant, nous demandons instamment à tous ceux qui sont concernés par la traite des personnes à redoubler d’efforts. Le gouvernement américain s’engage à travailler avec le Sénégal et les Ong locales partenaires pour trouver des solutions à ces problèmes complexes et difficiles », rassurent les Américains. Le Congrès américain exige la production de ce rapport pour mesurer les progrès annuels réalisés par 187 pays (dont le Sénégal et les Etats-Unis) dans la lutte contre la traite des personnes.  

Ndiol Maka SECK


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