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Société & Faits divers (3163)

La récente déclaration du khalife général des mourides, dite par son porte-parole Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, a suscité des interprétations et plusieurs commentaires. Aussi le guide religieux a-t-il jugé nécessaire de repréciser ses propos. Serigne Moustapha Mbacké « Lakram » s’est prêté, hier, à l’exercice.  

« Les propos tenus par le porte-parole émanaient bel et bien du khalife général des mourides, mais ils auraient créé des remous parce que dévoyés de leur sens véritable par d’autres personnes », a d’emblée expliqué Lakram. Son intervention a été faite dans le but de « repréciser les propos du khalife général ». Pour lui, le khalife « n’envisage en aucun cas (de) poser des actes allant dans le sens contraire aux recommandations d’Allah, du prophète Mohamed et du legs de Khadim Rassoul qu’il endosse ». Aussi a-t-il appelé, au nom du khalife, tout le monde à la retenue, mais surtout à revivifier les valeurs et la bonne conduite et prêcher le pardon, pour l’amour de Dieu. « Le khalife veut faire savoir également, qu’à travers sa déclaration, il n’a point voulu expulser quelqu’un de la voie mouride, attester ou non de la foi musulmane, de la mouridité de qui que ce soit. Cheikh Bassirou Abdou Khadre l’a bien dit : il faut d’abord être un musulman, avant d’être un mouride, à commencer par lui-même. A partir de ce moment donc, personne n’est visé. Il ne parle pas d’Idrissa Seck, ni d’une autre personne », a insisté Serigne Moustapha Lakram. Aussi, il a précisé que le khalife général n’est pas dans la politique et ne le recommande pas, mais se contente plutôt de gérer le legs de Serigne Touba Khadime Rassoul. « Que tous les mourides retiennent ces propos et s’y conforment : il ne compte jamais se départir des enseignements du Cheikh ou de vous y entraîner. Si jamais vous faites l’objet d’offenses, il vous invite à pardonner, et si vous êtes conscient d’avoir offensé quelqu’un, demander pardon, présenter des excuses. Car toute personne qui sollicite le pardon après avoir offensé, le pardon est la seule réponse qui sied », a fait savoir Serigne Abdou « Lakram », qui a, à nouveau, transmis ses amitiés à toutes les familles religieuses, aux autorités du temporel et à tous les Sénégalais. Il a fini par inviter tout le monde à cultiver la paix.  

Mamadou DIEYE

Des populations de 10 communes de la région de Dakar vont bénéficier de subventions et de dons d’actifs visant à les aider à tendre vers l’autonomisation. Ce sera dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (Padess), financé par l’Italie à hauteur de 12 milliards de FCfa.

A côté des bourses de sécurité familiale initiées pour accompagner les couches vulnérables, le gouvernement du Sénégal va mettre en place une autre stratégie pour accompagner l’autonomisation     des femmes, des jeunes et des couches extrêmement vulnérables.  Ce choix,  porté par le Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (Padess), sera matérialisé par la mise en place de subventions économiques qui permettront aux familles ciblées de tendre vers l’autonomisation. « Il est prévu d’accompagner par des dons d’actifs. Les groupes vulnérables ne seront pas financés, mais ils bénéficieront de subventions économiques et seront préparés vers l’autonomisation », a déclaré Aissatou Ayo Mbène Bâ Diop, coordonnatrice du Padess.

C’était lors de l’atelier de lancement des activités des « Etudes diagnostiques et de ciblage en vue de l’identification des groupes vulnérables et des familles pauvres potentiels bénéficiaires de filets de protection sociale dans la région de Dakar ». La cérémonie a eu lieu en présence des représentants de l’administration territoriale, des maires, des experts de la lutte contre la pauvreté et des acteurs du développement communautaire. « L’objectif visé est de contribuer à la mise à niveau des différentes parties prenantes et acteurs clés du sous-secteur de la région de Dakar sur les enjeux et le processus de mise en œuvre opérationnelle de l’étude afin de susciter leur engagement et leur mobilisation pour l’atteinte des objectifs poursuivis par la mission », a dit Mme Diop.

Au total, 10 communes de la région de Dakar, dont Cambérène et Guinaw-Rail Sud, seront accompagnées. Les bénéficiaires seront ciblés après le processus diagnostic qui sera fait sur le terrain. « Après l’atelier, la prochaine étape est la descente sur le terrain. Nous allons procéder au ciblage des groupes vulnérables et des familles pauvres potentielles bénéficiaires de filets sociaux », a souligné la coordonnatrice.
D’un montant de 12 milliards de FCfa, le Padess est financé par le gouvernement italien. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) et des Objectifs du développement durable (Odd).  

Il fait suite à la mise en œuvre du Programme intégré de développement économique et social (Pides). Selon Mme Diop, il vise, entre autres  objectifs, « à contribuer à la réduction de la pauvreté par le soutien à l’opérationnalisation des politiques et stratégies nationales de lutte contre la pauvreté à travers  l’autonomisation socio-économique des groupes les plus défavorisés (femmes, jeunes et familles) et le développement économique local durable ». Le  projet va intervenir dans les régions de Dakar, Kaolack  et Sédhiou. Hormis l’accompagnement économique, les communes ciblées bénéficieront d’infrastructures sociales de base : écoles, postes de santé, foyers de la femme, etc.

Babacar DIONE

Le collectif des avocats de l’imam Aliou Ndao va remettre à la chambre criminelle les 9 millions de FCfa que son co-accusé Ibrahima Diallo lui avait remis, a informé, hier, Me Mounir Balal, lors de sa plaidoirie. Le verdict de ce procès est attendu le 19 juillet.

Me Mounir Balal est formel : « L’imam Aliou Ndao n’avait aucun doute sur le caractère licite ou illicite des 9 millions » de FCfa que lui avait remis Ibrahima Diallo à son retour du Nigéria. Il avait confié huit millions de FCfa à l’imam Ndao et un million de FCfa en guise de prêt. C’est à cause de cet argent que l’accusé doit répondre des délits de financement du terrorisme et de blanchiment de capitaux. Devant la barre, l’imam Aliou Ndao avait soutenu qu’il n’avait même pas utilisé le million de FCfa que lui avait prêté son co-accusé.

En fait, quelques heures après, Coumba Niang, la seconde épouse de Matar Diokhané, a débarqué au domicile de l’mam Ndao et révélé au maître des céans qu’elle a remis à Ibrahima Diallo la somme de 15 millions de FCfa. Cet argent, avait-elle révélé à l’imam Aliou Ndao, appartenait à son époux Matar Diokhané. « Lorsque Coumba Niang est venue lui raconter cela, c’est en ce moment qu’il a eu des doutes sur le propriétaire de l’argent », précise l’avocat. Suite au départ de Coumba Niang, l’imam Aliou Ndao, selon les dires de son avocat, avait mis tout l’argent dans une enveloppe et attendait le retour d’Ibrahima Diallo pour le lui restituer. Mieux, l’imam Aliou Ndao, dit-il, avait l’intention de persuader Ibrahima Diallo pour qu’il retourne l’argent à Coumba Niang.
Malheureusement, ajoute Me Balal, il n’est pas arrivé au bout de sa logique car il fut arrêté par la gendarmerie avant le retour d’Ibrahima Diallo. Cependant, par ce geste, souligne Me Balal, l’imam Aliou Ndao « prouve sa bonne foi ».

L’enveloppe qui était soigneusement gardée chez lui a été remise à ses avocats après son arrestation. Lors de sa plaidoirie, Me Mounir Balal a indiqué que le collectif des avocats de l’imam a décidé de déposer la somme sur la table du juge « pour conforter la bonne foi de l’imam ». Le conseil de la défense des intérêts de l’accusé estime que l’imam Aliou Ndao ne peut pas être poursuivi pour apologie du terrorisme.

« Je défie l’accusation de relever en quoi certains propos de l’imam Ndao correspondent à des propos apologiques ayant suscité la provocation ou l’apologie », indique l’avocat. Selon lui, le simple fait de détenir des ouvrages qui traitent du djihad ou de la charia n’est pas un crime. « Tous ces ouvrages sur le terrorisme, le fascisme ou la nazisme sont accessibles en librairie. La liberté d’expression est un droit sacrosaint consacré par notre Constitution. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de communiquer et de recevoir des informations », informe le conseil de l’accusé.

L’imam Aliou Ndao et ses co-accusés seront fixés sur leur sort le 19 juillet 2018. C’est à cette date que le juge Samba Kane va annoncer le verdict du procès des présumés terroristes.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Le Conseil pontifical pour le dialogue inter religieux a adressé un message de félicitation aux musulmans qui, depuis  deux semaines, observent le mois de Ramadan. Son président, le cardinal Jean Louis Tauran, invite chrétiens et musulmans à collaborer et à dépasser l’esprit de la compétition.  

« Dans sa Providence, Dieu le Tout-Puissant vous a donné l’occasion d’observer le jeûne du Ramadan et de célébrer Id al-Filyr. »  C’est par cette phrase que le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux félicite les musulmans qui ont entamé le mois de Ramadan depuis 15 jours. Dans une lettre signée par le président du Conseil pontifical pour le dialogue inter religieux, le cardinal Jean Louis Tauran, l’on souligne l’importance du Ramadan, un mois où les musulmans déploient des efforts pour jeûner, prier et partager  les dons du Tout-Puissant avec les pauvres.

« Conscients des dons du Ramadan, nous, chrétiens, nous vous rejoignons dans votre action de grâce au Dieu Miséricordieux pour sa bienveillance, sa générosité et nous vous présentons, en cette occasion, nos meilleurs vœux », peut-on lire. Dans sa réflexion, le cardinal Tauran parle des relations entre chrétiens et musulmans, surtout de la nécessité de passer de la compétition à la collaboration. Selon lui, l’esprit de la compétition a souvent marqué les relations entre chrétiens  et musulmans. « Ses conséquences négatives  sont évidentes : jalousie, récriminations et tensions. Dans certains cas, celles-ci ont parfois conduit à des affrontements violents, notamment lorsque la religion a fait l’objet de manipulations motivées par des intérêts particuliers et des desseins politiques », a énuméré Mgr Jean Louis Tauran.

Pour prévenir  et surmonter les conséquences négatives qui en dérivent, il est important, selon lui, que chrétiens et musulmans s’appuient sur les valeurs religieuses et morales qu’ils partagent, tout en reconnaissant leurs différences. « En témoignant de ce que nous avons en commun et du respect de nos légitimes différences, nous pouvons établir une base solide pour des relations pacifiques, loin de la compétition et de la confrontation, pour fonder une coopération efficace en vue du bien commun », a souligné  le cardinal Jean Louis Tauran. Pour poursuivre des relations fraternelles, les chrétiens et les musulmans sont invités à travailler ensemble. Aussi, faut-il que les deux communautés continuent de prier pour une société multi ethnique, multi religieuse et multi culturelle.

Eugène KALY

 

Après avoir examiné le quatrième rapport périodique du Sénégal, les 25 et 26 avril 2018, le Comité des Nations Unies contre la torture s’est félicité des nombreuses mesures législatives prises par l’Etat du Sénégal. Cependant, des efforts sont à faire sur certains aspects pour une meilleure application de la convention contre la torture.

Selon Moustapha Kâ, directeur des droits humains au ministère de la Justice, qui faisait face à la presse pour détailler lesdites conclusions, «le Sénégal s’affirme de plus en plus comme un pionnier en matière de droits humains et ne cesse de poursuivre ses efforts ». Selon lui, le Comité des Nations Unies a salué la modification du Code de procédure pénale qui renforce, entre autres, les garanties juridiques fondamentales et institue la tenue permanente des audiences des chambres criminelles. « Cette mesure permet non seulement de résorber le gap des longues détentions, mais aussi de désengorger les prisons », dit-il.

Par ailleurs, dans le souci de renforcer l’efficacité de la justice, le Sénégal a revu la loi n°2017-11 de 2017 portant sur l’organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. «Aujourd’hui, le magistrat qui est exclu a un droit de recours en matière disciplinaire et peut exiger le vote de la majorité des membres dans les décisions de révocation ou mise à la retraite. Et le plus important, c’est que le comité qui décide n’est composé que de magistrats qui votent. Avec cette loi, l’indépendance de la justice est renforcée et le comité des Nations Unies l’a reconnu », salue Moustapha Kâ.

Par ailleurs, jusque dans un passé récent, les victimes de détention longue durée ne bénéficiaient d’aucune indemnisation. Une anomalie que la loi organique n° 2017-09 de 2017 sur la Cour suprême a corrigée. « Désormais, avec les commissions juridictionnelles, il y a une procédure d’indemnisation des victimes de détention de longue durée. C’est une des dispositions que le Comité des Nations Unies a beaucoup salué », se réjouit M. Kâ. Un des premiers pays africains à matérialiser la création des chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions, ce qui a permis de juger Hissène Habré, le Sénégal a reçu les félicitations du Comité des Nations Unies qui salue également la mise à disposition de la circulaire précisant les modalités d’exercice du droit à l’assistance de l’avocat.

Réduction de la durée des gardes à vue

Même si les efforts sont réels et à saluer, il n’en demeure pas moins que des défis importants sont à relever. « Le Comité recommande de limiter pour toutes les infractions la garde à vue à 48 h pour les majeurs et 24 h pour les enfants », révèle M. Kâ. Et le directeur des droits humains de préciser que le Sénégal a pris acte et « verra l’applicabilité d’une telle recommandation ». Par ailleurs, le Comité demande de redéfinir la torture de l’article 295-1 du code pénal pour prendre en compte la torture commise sur une tierce personne. Aussi, même si le Sénégal a fait d’énormes efforts dans le retrait des enfants de la rue, le Code de l’enfant est toujours en attente. « Le Comité demande d’accélérer la finalisation du Code de l’enfant et de systématiser l’examen médical du détenu lors des formalités d’écrou, de remplacer la fouille corporelle d’écrou par des portiques de détection », liste-t-il. Et pour des ressources humaines de qualité et à suffisance, le Comité recommande d’annualiser le recrutement du barreau et augmenter le nombre d’avocats en plus d’accroître la formation des acteurs sur l’interdiction de la torture.  Mais, selon le directeur des droits humains, cette série de recommandations n’est point une sanction. C’est plutôt une invitation à prendre les mesures nécessaires à la bonne application de la convention. Tous les Etats parties sont soumis à l’examen et reçoivent des recommandations.

Oumar FEDIOR

 

S’acquitter d’un devoir républicain édicté par ses responsabilités et charges en sa qualité de Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la justice militaire. C’est ainsi qu’il faut lire le déplacement, hier, du général de Corps d’Armée Meïssa Niang à Patar, terre d’origine de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène décédé lors des malheureux événements survenus, le 15 mai 2018, à l’Université Gaston Berger de Saint Louis.

La délégation du Haut Commandant de la Gendarmerie a été « chaleureusement reçue par la famille éplorée dont le porte-parole a tenu à magnifier ce noble geste du commandement », selon le communiqué de la Division de la Communication de la Gendarmerie qui nous est parvenu. Ledit document a aussi mis l’accent sur l’« exigence religieuse envers une famille sénégalaise ayant perdu un fils dans des circonstances regrettables, en tant que musulman ».  Les condoléances du général Niang dénotent également de sa volonté de « compatir à la douleur de la famille, surtout en ce mois béni de ramadan ». Le général de Corps d’Armée a aussi « déploré cette perte en vie humaine survenue lors d’une opération de maintien de l’ordre ». Tout en réaffirmant sa « ferme volonté à accomplir les tâches qui lui sont assignées conformément aux dispositions réglementaires et dans les conditions les plus favorables », selon la même source.  

I. K. NDIAYE

 

En prélude au colloque prévu à Dakar, les 27 et 28 novembre prochains, sur le thème « Religion, laïcité et contrat social », la Fondation Konrad Adanauer a convié des acteurs du monde scientifique, universitaire et religieux à un «ndogou » pour dégager de nouvelles pistes menant au respect de la diversité religieuse.

La Fondation allemande Konrad Adanaeur Stiftung a profité du mois Ramadan, moment de partage et de solidarité, selon Thomas Volk, pour inviter à réfléchir sur le plaidoyer pour le dialogue inter-religieux. Cette rencontre précède le colloque qui va, les 27 et 28 novembre 2018, aborder cette problématique et proposer de nouvelles méthodologies. Si la cohabitation harmonieuse, entre les différents foyers religieux de notre pays, est magnifiée, il faut veiller à maintenir les acquis car l’on n’est pas à l’abri des tendances néfastes qui découlent de la montée de l’extrémisme religieux susceptible de mettre en péril l’équilibre social déjà établi.

Pour Thomas Volk, représentant-résident de la Fondation Konrad Adanaeur, comme pour Mgr Mikael Bana, il faut continuer à « miser sur les œuvres fédératives qui annihilent les querelles religieuses et renforcent la solidarité agissante entre les différentes religions qui ont en point commun : leur belle humanité ». Pour Thomas Volk, si le dialogue inter-religieux ne touche pas le niveau le plus bas de la société, tous nos efforts seront vains. « Le Sénégal a une expérience unique et bénie si l’on prend l’exemple des pays voisins », a-t-il souligné, avant d’ajouter que c’est une bénédiction à préserver, en renforçant la coopération entre toutes les religions et en mettant en avant les vertus du dialogue et du consensus pour contrecarrer le radicalisme religieux.

S’exprimant au nom du comité scientifique mis en place à cet effet, Mme Fatima Ndoye a touché du doigt « les soubresauts de certains mouvements extrémistes qui revendiquent la mise en place de gouvernements soumis aux principes de la religion dominante sans pour autant oublier les privilèges et autres faveurs politiques, sociales ou économiques que s’octroie cette majorité religieuse dans l’Etat ». La rencontre a aussi servi de cadre aux universitaires, étudiants, religieux et journalistes pour proposer de nouveaux axes basés sur un vécu quotidien. Dans cette optique, Seydi Djamil Niane, membre du comité scientifique, a rappelé cette nécessité de mener des actions concrètes pour donner un sens à la diversité religieuse.

« En France, il nous arrivait, en tant qu’étudiant, de fédérer nos actions pour sauver des vies et venir en aide aux couches vulnérables. Ce bel élan de solidarité était porté par des juifs, des chrétiens et des musulmans », a-t-il rappelé. Les différents intervenants, qui ont abondé dans le même sens, ont mis l’accent sur l’importance de promouvoir le respect dans la différence et de préserver la cohésion sociale. Ils ont jugé utile de s’approprier les recommandations du précédent colloque tenu les 6 et 7 décembre 2017 et qui s’était penché sur l’exemple du Sénégal et autour des points tels que la promotion de l’éducation à la culture de la paix, la création d’espaces d’échange dans la famille, la promotion des valeurs traditionnelles africaines pour renforcer l’esprit communautaire.

Matel BOCOUM

Un grave accident de la circulation a eu lieu à hauteur du village de Satté, à moins de 10 km de la commune de Mbacké sur la route de Diourbel. Il s'agit d'une collision entre un bus en provenance de Diourbel et un véhicule particulier roulant en sens inverse, aux environs de midi. Il y a eu un mort sur le coup et de deux blessés dont un grave évacué à l'hopital matlaboul fawzeini de Touba par les sapeurs pompiers. Finalement, le blessé grave a rendu l’âme. Ce qui fait un bilan de deux morts et un blessé. La brigade de gendarmerie de Mbacké a ouvert une enquête.

Mamadou DIEYE

La récente sortie de Idrissa Seck a eu comme conséquence une cascade d’invectives, d’injures déversées sur la toile. Des « dérives inacceptables », selon Serigne Mountakha Mbacké qui avertit : « Serigne Touba n’est pas quelqu’un pour qui on se prête à des règlements de comptes».

Le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a fait une sortie, hier, pour condamner la cascade d’invectives, d’injures notées ces derniers jours sur la toile et qui ont pour cible des talibés mourides et tidianes. Ce sont « des dérives inacceptables », a fait savoir le guide religieux, par le biais de son porte-parole Serigne Bass Abdou Khadre Mbacké. « À l’heure actuelle des choses, Touba n’aura aucune autre priorité que de travailler à l’unité de la Ummah Islamique. Tout ce qui va dans le sens de la diviser n’est pas le bienvenu chez lui. C’est conformément aux enseignements du Prophète Mohamed (Psl) dont le message ne souffre d’aucun brouillard. Tout est clair et clairement dit dans le Coran. C’est chez l’homme que la compréhension a failli. Serigne Touba est l’héritier du Prophète Mohamed (Psl). C’est la raison pour laquelle, il s’est fait appeler '' Serviteur du prophète », a dit Serigne Mountakha Bassirou Mbacké. Dans son message transmis par Serigne Bass Abdou Khadre, le guide religieux souhaite que tout le monde adopte un comportement décent capable de juguler tout trouble et que chacun s’évertue à promouvoir la paix. « Serigne Touba a toujours vécu sous ce registre et ses enseignements n’ont jamais dévié de cette voie. Serigne Touba a été victime de toutes sortes d’attaques et de pièges. Il n’a jamais rien fait d’autre que de pardonner. Serigne Touba n’est pas quelqu’un pour qui on se prête à des règlements de comptes. C’est que nul ne peut devenir talibé sans au préalable être un musulman. Notre première préoccupation, c’est de veiller à être un bon musulman. C’est à cette seule condition que nous serions en mesure d’être un bon talibé mouride. Le contraire n’est guère possible », a expliqué Serigne Bassirou Mbacké. Selon lui, le fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba, n’a jamais manqué de respect aux autres tarikhas. ''Durant son passage sur terre, Serigne Touba a donné à des personnes, les wird Tidiane, Khadr. Et quand le gouverneur général a cherché à connaître le Mouridisme, sa quintessence, ses origines et ses objectifs, Serigne Touba avait répondu que tout croyant ayant attesté de l’unicité de Dieu fait partie de sa famille. Il n’a jamais créé des clivages. Qui ne se voit dans la famille du prophète ne saurait figurer dans la sienne. S’il avait refusé, en son temps, de porter la médaille qui lui était destinée, c’était juste pour éviter cette division entre musulmans », rappelle Serigne Bassirou Mbacké qui compte suivre les mêmes pas que ces prédécesseurs. En 1979, ce genre de comportements avait eu lieu. Et en son temps, se souvient-il, Serigne Abdou Lahad Mbacké, soutenu par Serigne Moustapha Bassirou Mbacké, avait adopté la même conduite. « Serigne Touba « du kunuy xulol aka xeexal. C’est quelqu’un à suivre », insiste le Khalife général des Mourides qui a réitéré sa volonté de maintenir les bonnes relations de fraternité qui lient Touba aux autres familles religieuses du pays. Serigne Bassirou Mbacké termine son propos en s’adressant aux talibés mourides : « Sachez que Serigne Touba n’a pas de principes autres que la politesse et la déférence. Par conséquent, quiconque choisit d’être derrière Serigne Touba ne saurait avoir des comportements non déférents. Tout talibé qui dévie de la voie tracée en verra les conséquences. Quiconque tente de détruire les relations fraternelles entre familles religieuses en souffrira seul. Serigne Touba n’a pas besoin que l’on se prête à des règlements de comptes pour lui ».

Abdoulaye Diallo et Mamadou Dièye

Les travailleurs de l’Office national d’assainissement (Onas) réclament la régularisation de l’ancienne station d’épuration de la Patte d’Oie à titre d’habitation, à travers sa coopérative d’habitat. En assemblée générale, hier, ils ont demandé la restitution totale des parcelles.

Toutes les composantes de l’Onas ont répondu à l’assemblée générale organisée, hier,  par le cadre unitaire des syndicats de la structure. Une réunion, à l’allure d’un sit-in, qui s’est tenue à l’esplanade de la station d’épuration de l’Onas à Camberène. Chaque travailleur a soulevé une pancarte. Sur ces nombreuses pancartes, on peut retenir quatre messages principaux : « Restituez-nous ce qui nous revient de droit », « ne touchez pas à nos terrains », « sans terrain pas d’assainissement », « nous réclamons la totalité de nos parcelles ». Tout le monde est à l’écoute des représentants du collège des délégués qui doivent communiquer avec le personnel sur le problème du terrain de la Patte d’Oie qui abritait l’ancien site d’épuration de l’Onas. Ababacar Kane, le délégué du personnel de l’Onas qui a fait la genèse de l’attribution de ce site de 9 hectares devant les employés, a rappelé que toutes les démarches ont été faites pour l’obtention des « TF n°14.046/DG et n°26.718/DG ». La preuve, a-t-il informé, les travailleurs ont obtenu un avis favorable de la commission de contrôle des opérations domaniales qui a donné son approbation lors de sa séance du 1er février 2018 et une « notification globale » de la direction du domaine. Mieux, a-t-il ajouté, les travailleurs ont obtenu une « restitution d’une partie des baux ».

Malgré toutes ces démarches, les travailleurs de l’Onas ont constaté « un blocage dans la délivrance » de la seconde partie. Le président de la coopérative d’habitat de l’Onas, Omar Barry, a souligné que ce blocage est survenu depuis que « (leur) tutelle, en l’occurrence le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a envoyé une correspondance en demandant de surseoir le processus ». « A chaque demande d’explication, c’est le flou total qui nous est servi pour une affaire qui ne devrait même pas durer un mois, ce que nous considérons  comme un acte de provocation et de sabotage », a renchéri A. Kane. Celui-ci voit derrière cette affaire « une volonté manifeste de certaines autorités à vouloir faire capoter le processus, mais surtout remettre en cause les instructions du Président Macky Sall ». O. Barry a invité le chef de l’Etat qui, selon lui, a toujours été favorable à ce projet, à intervenir pour prendre le dossier en main. Si rien n’est fait, a-t-il mis en garde, les travailleurs n’excluent pas d’aller en grève. Déjà, a indiqué Ibrahima Mbodj, délégué du personnel, un préavis de grève sera déposé si dans les 48 heures aucune évolution n’est notée sur ce dossier. « Nous n’avons pas demandé plus, nous voulons juste ce qui nous revient de droit. Quand ça va chauffer, Dakar sera invivable », a menacé Massamba Thiam. Ce dernier a également rappelé que les travailleurs de l’Onas qui s’occupent de l’assainissement n’ont bénéficié d’aucun avantage de l’Etat alors qu’ils évoluent dans un environnement fortement pollué. Conséquence : « en moins de deux décennies, nous avons un lot de morts parce que nous sommes dans un secteur pollué», a déploré M. Thiam. Le président de la coopérative d’habitat de l’Onas a appelé à une mobilisation générale des travailleurs jusqu’à obtenir gain de cause.

Aliou Ngamby NDIAYE

L’association internationale Kirikou, déjà active au Maroc, va étendre ses activités au Sénégal où elle compte créer, dans les zones reculées du pays, des crèches. La mise en place de ces loges recevant des enfants permettra d’alléger les travaux des femmes, ces actrices du développement local qui pourront mieux se consacrer à leurs activités génératrices de revenus.

L’association internationale Kirikou, déjà active au Maroc, va créer des crèches dans les zones les plus reculées du Sénégal en vue de faciliter la mise en place de pôles de développement.

L’annonce a été faite lors du lancement de son antenne sous régionale à Dakar. Pour Mountaga Diop, président de ladite association créée en 2014, l’installation de crèches dans les profondeurs du Sénégal est une stratégie qui devra permettre aux femmes des zones isolées du pays de jouer pleinement leur rôle d’agents du développement. « Notre objectif est de créer, à partir de septembre, 10 crèches dans certains villages et dans le rural urbain », a-t-il fait savoir.

Selon lui, son association veut maximiser les chances de réussite des femmes qui sont dans le maraîchage, les « loumas » et le secteur informel, en leur permettant, en premier lieu, de confier leurs enfants aux monitrices et en les plaçant dans des structures adéquates. « Nous comptons les accompagner techniquement et financièrement pour rentabiliser leurs activités. Des projets pilotes seront lancés dans 10 régions du pays dont Matam, Thiès, Kolda, et Ziguinchor. Nous voulons faire de sorte que ces femmes puissent exercer des activités génératrices de revenus », a-t-il souligné.

D’après Mountaga Diop, par ailleurs chercheur en droit et fervent militant des droits des migrants au Maroc, cette approche facilitera la création de nouveaux pôles de développement. Ce que certains élus locaux, présents à la cérémonie de lancement de l’antenne sous régionale de Dakar de l’association internationale Kirikou, ont salué. C’est le cas du maire de Gandiaye, Pape Songhe Diop, qui s’est engagé à apporter l’appui nécessaire à ladite association dont l’approche est susceptible de créer une plus-value économique. « Toutes les énergies doivent être mobilisées dans ce sens » a-t-il conseillé.

L’association internationale Kirikou s’est fixée comme mission principale de promouvoir le développement et l’éveil des mineurs migrants et marocains, tout en adoptant une approche interculturelle favorisant le dialogue et l’échange entre les différentes cultures. « Nous avions mis en place des structures mixtes au Maroc pour faciliter l’intégration des enfants des migrants. Nous n’avons pas voulu créer des crèches spécifiques aux Africains. Depuis, nous avons pu contribuer à la scolarisation des enfants de migrants. Après quatre ans d’existence, nous avons décidé d’étendre nos activités au Sénégal pour faire bénéficier nos sœurs et nos collègues de ce système », a-t-il indiqué.

Matel BOCOUM

Malgré la lourdeur de la peine requise contre Matar Diokhané, l’avocat de celui-ci se dit serein. Ayant fait sa plaidoirie, hier, Me Alassane Cissé a informé qu’il n’a vu « aucun élément à charge démontré pour condamner Matar Diokhané à la perpétuité ». Le conseil de la défense n’a aucun doute sur l’acquittement très probable de son client.

Me Alassane Cissé, avocat de Matar Diokhané, ne peut pas concevoir que son client soit considéré comme le sergent recruteur des présumés terroristes qui ont effectué le voyage au Nigéria.

Devant la barre, il s’est attelé, pendant sa plaidoirie, à démonter le réquisitoire du représentant du ministère public. Celui-ci a requis les travaux forcés à perpétuité contre M. Diokhané pour les délits d’actes de terrorisme en relation avec une entreprise terroriste, de financement du terrorisme et d’apologie du terrorisme. Malgré la lourdeur de la peine demandée et les nombreuses infractions retenues par le procureur, Me Cissé se dit serein car il ne voit « aucun élément à charge démontré pour condamner Matar Diokhané à la perpétuité ».

« M. le président, je pense que votre juridiction n’aura aucune difficulté à l’acquitter », dit-il, avant de demander au juge de bien motiver la décision qu’il va prendre. Selon lui, l’infraction d’actes de terrorisme ne peut être retenue contre son client. A ses yeux, cela constitue « une défaillance du dossier » car Matar Diokhané, pendant tout son parcours, du Sénégal au Nigéria en passant par la Mauritanie où il a eu à séjourner, « n’est complice à un quelconque acte terroriste ». « Le terrorisme suppose un élément matériel dont l’existence doit être démontrée. Aucun acte n’a été imputé à Matar Diokhané. Son intention de commettre un acte est absent dans ce dossier », clame Me Cissé. Selon lui, un acte terroriste doit avoir un théâtre d’opération. Ce qui, à son avis, n’est pas le cas dans ce dossier.

Au-delà de son client Matar Diokhané, Me Alassane Cissé a demandé au juge d’acquitter tous les accusés de ce délit d’actes de terrorisme en relation avec une entreprise terroriste. « Rien n’a été établi. Si les actes ne peuvent être situés ni dans le temps ni dans l’espace, comment une juridiction peut-elle entrer en voie de condamnation ? », se demande Me Cissé. Celui-ci d’ajouter que depuis l’ouverture de ce procès, aucune victime des actes de terrorisme pour lesquels les accusés sont poursuivis n’a été trouvée.

« Précipitation »
Concernant le délit d’apologie du terrorisme, l’avocat de la défense a estimé qu’il n’a pas sa raison d’être parce qu’il «n’est pas constitué en ce qui concerne Matar Diokhané ». Le seul tort que son client aurait commis est d’avoir connu Abu Hamza Ndiaye qui avait menacé le président de la République, Macky Sall, à travers un message posté sur sa page Facebook. « Personne n’a jamais entendu Matar Diokhané faire l’apologie du terrorisme. Il n’a jamais tenu un discours intimidant à l’encontre de qui que ce soit », précise l’avocat qui indique ensuite que le délit d’apologie du terrorisme a été pris avec « précipitation » dans cette affaire pour être appliqué à tous les accusés.

Me Alassane Cissé fait remarquer que le délit de financement du terrorisme retenu contre son client par le procureur « n’est pas avéré ». Matar Diokhané, qui avait négocié le retour des « combattants » sénégalais avec le chef de Boko Haram, Aboubakr Shekau, avait reçu 6 millions de nairas de celui-ci pour les frais de transport des présumés djihadistes. Dans son réquisitoire, le procureur a soutenu que cet argent de Shekau était destiné à financer le projet d’installation d’un camp djihadiste au Sénégal. Un argument « trop léger », d’après Me Cissé, qui soutient que cette « somme dérisoire, qui ne permet même pas au groupe des Sénégalais de sortir du Nigéria », ne peut pas financer l’implantation d’une cellule djihadiste au Sénégal. « Si on finançait le terrorisme avec cette somme dérisoire, il ne réussirait pas au Sénégal », réplique l’avocat.

Aliou Ngamby NDIAYE

I - ABOU BAKR
9- Le maintien de l’intégrité de l’espace musulman
Dès sa prise de fonction, Abou Bakr adopta une démarche s’inscrivant dans le sens de la consolidation des acquis et de la poursuite des actions initiées par le Prophète, en veillant notamment au respect des engagements pris et à la réalisation de ses projets et promesses. A cet égard, le premier Calife recueillait surtout l’opinion avisée du Compagnon Omar ibn Al-Khattab et l’associait à la prise de ses décisions majeures. Il consultait aussi ses collaborateurs nommés à des postes de responsabilité.

Dans ce cadre, il procéda au renforcement de l’Armée. A cette époque, les soldats étaient des volontaires, mus par leur foi et prêts à mourir en martyr pour la cause d’Allah. Abou Bakr installa une base militaire à Dhal Qassa en banlieue médinoise et une garnison à Tayma. En effet, l’option militaire s’imposa rapidement au Calife, ses ennemis ayant pris l’initiative d’entamer les hostilités. Ils considéraient que les musulmans étaient trop faibles, sans leur Prophète, pour pouvoir rétablir l’ordre sur les territoires musulmans.

Dès lors, Abou Bakr mobilisa onze brigades, placées sous le commandement de ses hommes de confiance. Il rédigea deux documents, l'un portant définition du cadre de mission des chefs militaires et l'autre ayant valeur de déclaration/avertissement aux rebelles. La lettre de mission adressée aux chefs militaires contenait les principales directives ci-après :

- faire preuve d'une profonde crainte d'Allah, en se conformant à Ses ordres et en évitant Ses interdits,

- lancer un avertissement aux renégats, tout en les invitant à retourner à l'Islam, et leur expliquer leurs droits et devoirs,

- laisser en paix ceux qui acceptent de se repentir,

- veiller à assurer aux soldats, les meilleures conditions de manouvre, et ne pas leur imposer un rythme insupportable,

- empêcher les faux repentis de s'infiltrer au sein des musulmans et de servir d'espions à l'ennemi.

Dans sa déclaration aux rebelles, le Calife rappela les fondamentaux du message du Prophète et le sens du combat qu'il a eu à mener tout au long de sa vie. Il y intégra des versets du Coran qui mettent en évidence le caractère mortel du Messager d’Allah, pour souligner que la disparition de Muhammad (Paix et Salut sur lui) ne saurait justifier des changements dans l'attitude des musulmans envers ses enseignements. Aussi, fit-il part de sa décision d’envoyer des contingents pour restaurer l’ordre et la stabilité sur tout l’espace musulman. Dans ce cadre, il donna l’ordre à ses émissaires, de procéder à la lecture de la déclaration aux rebelles, d’appeler ensuite les gens à la prière et d’attendre leur réaction, en l’occurrence la manifestation de la volonté de la partie adverse à renouer avec l’Islam.

Nonobstant sa ferme détermination à recourir aux moyens militaires, le Calife savait montre d’une grande sagesse. Ainsi la grâce fut accordée à certains dignitaires, dans la perspective de leur contribution à l'apaisement des populations. A contrario, étaient l’objet d’un châtiment exemplaire, les chefs de tribus récalcitrantes qui, outre la commission de crime de haute trahison, avaient tué nombre de leurs anciens coreligionnaires. Par ailleurs, les troupes armées respectèrent les croyances des habitants des territoires conquis, épargnant les églises, les temples et les synagogues.

Le Calife parvient grâce à la vaillance de ses soldats, à réduire les rebelles au silence, à mettre un terme à l’occupation persane de territoires de la Péninsule arabique, notamment le Yémen, l’Oman, le Bahrain et une bonne partie de l’Irak et d’une manière générale, à ramener l’ordre et la stabilité, propices à la propagation de l’Islam à travers le monde.

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan

Faire baisser au moins de 35% le taux des accidents de la route sur toute l’étendue du territoire national. Tel est l’objectif que se fixent les autorités sénégalaises d’ici à 2020. Pour gagner ce pari, voire le dépasser, un programme de formation complémentaire de 1 à 2% des chauffeurs professionnels a été élaboré.

Après Dakar où 500 professionnels ont fini d’être formés, Thiès a pris le relais, hier, avec une centaine de chauffeurs répartis en deux groupes, pour se renforcer toute la semaine durant. Ensuite, ce sera au tour des pôles de Kaolack, Fatick, Kaffrine, Saint-Louis, Louga, Matam, Tambacounda, Kédougou, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Venu représenter le directeur national des Transports routiers, Modou Kane Diaw a noté que le développement du pays souffre beaucoup de la recrudescence des accidents de la circulation. « Ils causent une perte sèche de plus de 168 milliards de FCfa, soit deux points du produit intérieur brut, sans compter les dégâts matériels », a-t-il indiqué. L’étude du secteur a aussi montré que 90% des accidents de la route sont dus aux conducteurs.

Ce qui explique le choix fait par les autorités de renforcer les compétences des chauffeurs professionnels à travers un tel programme de formation. « Au-delà du renouvellement du parc en général, des efforts à consentir davantage sur la matérialisation des routes, l’information et la sensibilisation sur les méfaits liés aux accidents de la route, ce programme de formation complémentaire de 1 à 2% des chauffeurs professionnels vise à faire reculer d’au moins 10% sur les 35% fixés », a-t-il précisé. Pour une route sûre, il faut que les chauffeurs veillent sur les signalisations routières, les limitations de vitesse, les capacités de chargement, le temps de conduite et de repos, le respect de l’hygiène de vie.

L’adjoint au gouverneur de Thiès en charge des affaires administratives, Amdy Mbengue, a souligné l’importance capitale du programme au vu des 750 victimes dénombrées, au moins, chaque année, sur les routes du pays. « Thiès, région carrefour avoisinant la capitale Dakar, abrite des événements religieux qui drainent du monde. D’où l’impérieuse nécessité d’inciter les chauffeurs professionnels à maîtriser davantage leur métier pour faire reculer sensiblement les accidents de la route », a-t-il déclaré.

Qu’il s’agisse des chauffeurs bénéficiaires de cette formation, des opérateurs économiques, des représentants des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture ou des métiers, le sentiment est partagé. Pour eux, ce programme, qui met l’accent sur les chauffeurs professionnels, va indubitablement les responsabiliser davantage en fouettant leur estime de soi. C’est, d’ailleurs, l’effet recherché pour faire baisser les accidents de la route au Sénégal.

Mbaye BA

Pour la 10ème année consécutive, l’association Wakeur Kadimou Rassoul a mené son activité de solidarité dans le cadre du mois béni du Ramadan. Elle a organisé une journée de partage marquée par une distribution de repas à plusieurs citoyens de Mbour à l’heure de la coupure du jeûne.

Comme à chaque mois de Ramadan, les camarades de Mamadou Penda Guèye, coordonnateur de l’association «Wakeur Khadimou Rassoul», se sont investis pour le bien de la communauté. « Nous organisons une distribution de « ndogou » aux malades de l’hôpital de Tefess et du centre de santé de Grand Mbour, aux détenus à la prison centrale, aux pensionnaires des « daaras » ciblés et aux familles démunies, pour suivre la volonté de Dieu, les recommandations du Prophète Mouhamad (Psl) et les enseignements de Serigne Touba, notre guide », a dit M. Guèye. Selon lui, le but principal est de se conformer à l’esprit de partage durant ce mois béni de Ramadan.

Cette année encore, les membres de ladite association disent avoir compté d’abord sur eux-mêmes avec des cotisations individuelles à hauteur de 50.000 FCfa. Faut-il ajouter à cela l’apport des bonnes volontés comme Elhadj Ndiouga Dieng, président de l’Association d’entraide pour la récitation du Coran et des sciences islamiques (Aersci). En plus des sacs de riz, du sucre, des dattes et du bœuf qu’il avait l’habitude de donner, le bienfaiteur a, cette année, remis une enveloppe de 500.000 FCfa.

« C’est ainsi qu’un budget de 1.200.000 FCfa a été bouclé pour organiser cette journée de partage qui a démarré par une séance de récital du Coran. Avant la distribution des repas, de ferventes prières ont été formulées pour le repos de l’âme de nos morts et pour une paix durable et une prospérité au Sénégal.

O. POUYE

Le Sénégal a réalisé des performances dans l’atteinte de l’Objectif de développement durable (Odd2) relative à l’éradication totale de la faim à l’horizon 2030, révèle une revue consacrée à la question présentée hier. Dans leurs recommandations, les auteurs ont préconisé l’élaboration d’une politique nationale de lutte contre la faim.

La Revue stratégique «Faim Zéro» présentée, hier, a noté des progrès significatifs réalisés par le Sénégal concernant l’Objectif pour le développement durable (Odd2) qui consiste à : «éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable». La prospective faite par le Millenium institute s’est focalisée sur les performances du Sénégal par rapport à l’Objectif 2 et ses cibles dans deux scenarii : le scénario «Faim Zéro» et le scénario tendanciel. Dans le scénario «zéro faim», les projections montrent des progrès très importants de l’Odd2 (72,3%) reflétant les résultats de la trajectoire de croissance (+ 7% en moyenne annuelle) et de la production agricole voulue à l’horizon 2035. Présentant la revue, le ministre conseiller, Ndioro Ndiaye de Lead convener Sénégal, explique que ces efforts sont dus aux effets positifs des politiques mises en œuvre dans le Pse en particulier, les interventions du Pracas, du Pudc, Puma, Anida…et l’ensemble des dispositifs de protection sociale mis en œuvre ces 5 dernières années.

Par contre, nuance Mme Ndiaye, dans le scénario tendanciel, les simulations indiquent un taux d’achèvement «très bas», de l’ordre 9,2% pour l’Odd2 à l’horizon 2030. Elle ajoute que cette situation peut être expliquée, entre autres, par une augmentation des inégalités combinée à une baisse de la production agricole due à une stagnation des rendements dans le secteur.

Elaborer une politique nationale intégrée
De son côté, Lena Savelli, directrice et représentante-résidente du Programme alimentaire mondial (Pam) au Sénégal, affirme que notre pays ´est dejà sur la bonne voie pour atteindre l'Odd 2». Avec l’ensemble des parties prenantes, le Pam compte traduire les recommandations de la revue en actions, à travers des programmes innovants dotés de budgets conséquents pour adresser les questions de résilience et de protection sociale en faveur des personnes vulnérables, en particulier les jeunes et les femmes. Mme Savelli se dit convaincue que l’insécurité alimentaire et la malnutrition peuvent être totalement éliminées au Sénégal au cours des prochaines années. «Le contexte actuel mondial, marqué par une raréfaction des ressources et une multiplicité de chocs, nous enjoint à changer d’approche dans notre intervention auprès des pays que nous appuyons», a indiqué la représentante-résidente du Pam au Sénégal. Elle ajoute que le Pam, à lui seul, ne saurait contribuer efficacement à l’atteinte de l’Odd2; d’ou à l’importance de travailler en synergie avec tous les partenaires dans une optique d’assister les communautés vulnérables à travers un paquet de services qui réponde à leurs multiples besoins. Dans leurs recommandations, les auteurs de la revue ont préconisé l’élaboration d’une politique nationale intégrée de lutte contre la faim qui assure un accès à une alimentation saine, nutritive et suffisante, toute l’année, en particulier aux pauvres et personnes en situation vulnérable. Ils ont également invité les autorités à réviser et à mettre en œuvre une politique nationale intégrée de protection sociale pour atteindre une plus grande couverture des cibles et une élimination de la faim et de la malnutrition auprès des ménages pauvres.

Abdou DIAW

ABDOULAYE SECK, MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DE L’EQUIPEMENT RURAL : « LES RECOMMANDATIONS DE CETTE REVUE PEUVENT ÊTRE UN INPUT DANS L’ÉLABORATION DE LA PHASE 2 DU PSE »
Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Pape Abdoulaye Seck, qui a présidé la cérémonie de présentation de la revue s’est réjoui des résultats issus de cette étude. Selon lui, la plupart des recommandations formulées dans la revue sont en harmonie avec les orientations du Pse. Elles peuvent être, d’après lui, un input précieux dans l’élaboration de la phase 2 du Pse.

Analysant la place du secteur agricole dans la l’éradication de la faim, le ministre a souligné que grâce à une mutualisation des intelligences, il est possible de changer en profondeur et durablement, de façon positive, les agricultures en Afrique. Au Sénégal, dit-il, le pari est de construire une agriculture productive dans la durée pour avoir une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable. Cela suppose un certain nombre de préalables essentiels : disposer des infrastructures de base, assainir l’environnement de la production et de la commercialisation pour optimiser les revenus des acteurs intervenant dans le secteur, miser sur les coopérations d’innovation technologiques. «Il n’est pas possible de transformer structurellement les agricultures en Afrique sans une science domestiquée qui propose des thérapies opérationnelles nous permettant de produire plus et mieux», a soutenu Papa Abdoulaye Seck.

A. DIAW

MOUBARACK LO, DIRECTEUR DU BUREAU DE PROSPECTIVE ECONOMIQUE : « ELARGIR LA REVUE AUX 16 AUTRES ODD »
A en croire le directeur du Bureau de prospective économique, Moubarack Lô, le gouvernement va démultiplier la revue stratégique nationale aux 16 autres Odd. «D’autres stratégies seront mises en place et nous allons poursuivre l’exercice», a déclaré l’économiste. Il promet de veiller à ce que toutes les bonnes idées sorties de la revue soient incorporées dans la définition du Pap 2 du Pse. Il estime que la présentation de la revue est un exercice très important en ce qu’elle permet de faire un diagnostic approfondi de la situation de la faim et de l’insécurité alimentaire.

Elle permet également de voir les forces et faiblesses des stratégies d’intervention ainsi que les points sur lesquels le gouvernement doit travailler dans le futur pour atteindre les objectifs. Ce qui intéresse le gouvernement, dit-il, «c’est de disposer d’un document, réalisé en collaboration avec tous les acteurs, qui dessine une perspective». Autrement dit, il s’agit, pour le gouvernement, à partir de ce document, dans planification et de la programmation des politiques publiques, de s’inspirer des analyses et des recommandations de la revue.

A. DIAW

4 SUR 20 DÉPARTEMENTS EN SITUATION D’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE
La question de la disponibilité et de l’accès aux aliments se pose avec «acuité» au Sénégal, note la revue stratégique nationale pour l’éradication totale de la faim au Sénégal. Au terme de cette étude, il ressort une vingtaine de départements du pays qui présentaient des niveaux «chroniquement élevés» de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire. Il s’agit des départements de Kédougou, Salémata, Saraya, Kolda, Médina Yoro Foulah, Vélingara, Matam, Kanel, Ranérou, Podor, Sédhiou, Bounkiling, Goudomp, Tambacounda, Koumpentoum, Goudiry, Bakel, Ziguinchor, Bignona et Oussouye. Mais d’après les conclusions des travaux, des 20 départements en situation d’insécurité alimentaire au début de la Revue, seuls 4 sont à risque à ce jour : Matam, Kanel, Ranérou, Podor. On constate, par ailleurs, que les régions du Centre, du Sud et du Sud-Est présentent des prévalences beaucoup plus élevées que celles du Nord et de l’Ouest notamment la région de Sédhiou qui enregistre une prévalence à 29,6 % et les régions de Kédougou, Kaffrine, et de Tambacounda avec des taux dépassant 25%.

A. DIAW

PRIYA GAJRAJ, REPRESENTANTE DU PNUD AU SENEGAL : « LA REVUE STRATÉGIQUE FAIT APPEL À UNE APPROCHE MULTISECTORIELLE »
Pour la représentante du Pndu au Sénégal, Priya Gajraj, la revue stratégique nationale pour l’éradication totale de la faim appelle à une approche multisectorielle de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Selon elle, l’éradication totale de la faim nécessite des politiques nationales et des plans d’investissement ambitieux qui ne se concentrent pas uniquement sur le développement du secteur agricole, mais sur la pauvreté, la faim et la résilience aux changements climatiques. «Nous avons aussi besoin d’approche communautaires qui renforcent la cohésion sociale et la capacité des institutions et des acteurs locaux à fourni des services équitables», a soutenu Mme Gajraj. Elle ajoute que la faim, l’insécurité alimentaire et la pauvreté restent plus que jamais étroitement liées.

A son avis, une croissance agricole durable et inclusive est essentielle pour atteindre l’Odd 1 sur la pauvreté mais qui aura un effet accélérateur sur d’autres objectifs notamment celui qui touche à la santé, à l’éducation, au genre et à l’environnement. Elle encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts d’intégration dans la formulation du deuxième Plan d’actions prioritaire (Pap) du Pse ; mais surtout dans l’actualisation et la formulation de politiques sectorielles qui suivront.

A. DIAW

I - ABOU BAKR
8- Le combat contre l’apostasie
Dès la diffusion de la nouvelle du décès du Prophète Mouhammad (Paix et Salut sur lui), de nombreuses tribus arabes musulmanes renoncèrent à leur nouvelle religion et d’autres rejetèrent l’autorité mise en place. En dehors des fidèles qui fréquentaient la Mosquée de Médine, seuls les Qourayches de La Mecque, les Thaquif de Taif et quelques autres clans restèrent au sein de l'Islam.

Le mouvement d'apostasie et de révolte toucha particulièrement des tribus du centre, du nord-est et du sud de l'Arabie, notamment les Ghatafan dirigés par Toulayhah ibn Khouwaylid Al-Assadi, les Banou Hanifah dirigés par Moussaylima Al-Khadhab, surnommé « le menteur », et des Yéménites ayant à leur tête Al-Aswad al-Ansi. Au coeur des zones agitées, une minorité de gens, restée fidèle à l’Islam, parvint à convaincre un grand nombre d’apostasiés à changer d'avis. L’attitude de cette minorité s’expliquait notamment par le poids des valeurs traditionnelles locales, à savoir notamment le sens de l'honneur et le respect de la parole donnée qui continuaient de peser sur les consciences.

Quant à Moussaylima Al-Khadhab, l'un des dirigeants rebelles de la contrée d’Al-Yamâma, il s'était rendu, un jour, auprès du Prophète, pour lui proposer sa conversion à l’Islam, sous réserve d’être effectivement associé à l'exercice du pouvoir. Le rejet sans appel de la proposition de cet imposteur qui prétendait être un prophète, n’est pas étranger au rôle qu’il joua ensuite au sein de la rébellion. La résurgence des rivalités tribales et le mouvement d'apostasie s’accentuèrent. Des personnages qui aspiraient au pouvoir et certaines gens qui devaient leur prédominance à leur conversion à l'Islam, virent leurs anciens adversaires profiter de la confusion qui régnait, pour régler leurs comptes.

Certains gouverneurs se convertirent pour conserver leurs postes. Des chefs, dont Moussaylima, Toulayhah et Sadjâh Bint Al-Hârîth At-Tamîmîyah, une voyante puis poétesse du clan des Banou Taghlib, proclamèrent même leur mission prophétique, dans l'espoir de parvenir au même succès que celui enregistré par le Messager de Dieu. D’autres retournèrent à l’adoration des idoles, considérant que « s’il était vraiment prophète, il ne serait pas mort ! ». En outre, certains musulmans, tout en confirmant leur appartenance à l’Islam, refusèrent de s’acquitter de la Zakât (Aumône canonique). Cette situation suscita une divergence d’opinions entre les deux premières personnalités de l'Etat, Abou Bakr et Omar ibn Al-Khattab. En effet, le Calife avait décidé de combattre les renégats sans distinction alors qu'Omar considérait que seuls ceux qui venaient de renoncer totalement à l'Islam, méritaient d'être combattus. Omar demanda ainsi au Calife comment pouvait-il se battre contre lesdites gens alors que le Prophète a déclaré : « J'ai reçu l'ordre de combattre gens jusqu'à ce qu'ils témoignent qu’il n'y a pas de divinité en dehors d’Allah, L’Unique et que Mouhammad est son Messager. Celui qui en atteste, il jouira de ma part, la protection de sa personne et de ses biens, à moins qu’il ne transgresse les prescriptions de l’Islam. Il appartient à Dieu de le juger. »

Dans sa réponse, Abou Bakr considéra qu'une remise en cause de l’un des principes fondamentaux de l'Islam est assimilable à son reniement, étant donné le lien indissociable qui existe entre ses cinq piliers, notamment entre la Zakât et la Prière (Salat) : « Au nom d'Allah, je combattrai quiconque fait la différence entre la Prière de la Zakat, celle-ci étant un droit prescrit sur leurs biens. Par Dieu, s'ils refusent de me remettre ne serait-ce qu'une jeune chamelle qu'ils avaient l'habitude de donner au Messager d'Allah, je leur livrerais un combat pour qu’il me la remette ».

Omar reconnut alors le bien-fondé de la décision d’Abou Bakr qui reflétait « la vérité même ». Devant la détermination du Calife, les musulmans se rallièrent à sa position.

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan

 

Me Khoureychi Bâ, conseil de l’accusé Moustapha Diatta, a dénoncé, hier, « un procès injustice dans son essence, dans son application ». Dans sa plaidoirie, il a décrit cette affaire comme celle de tous les paradoxes.

Le procureur, dans son réquisitoire, a requis 20 ans de travaux forcés contre l’accusé Moustapha Diatta pour les délits d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et détention de munitions. Un de ses avocats, Me Khoureychi Bâ, pense que « les monstrueuses accusations portées contre Moustapha Diatta constituent un condensé d’incohérences ». M. Diatta est accusé d’avoir aidé la femme d’Abdallah Bâ (un présumé terroriste) à rejoindre son mari en Libye. Cependant, Me Bâ, qui a plaidé en faveur de l’accusé, estime qu’au-delà de son client, « le procès est injuste dans son essence, dans son application » et est « l’échec d’une enquête longue et bâclée avant terme ».

Me Bâ décrit aussi le procès de l’imam Aliou Ndao et co-accusés comme « le procès des paradoxes ». La preuve, dit-il, c’est dans ce procès que les peines les plus lourdes ont été requises par le maître des poursuites dans la petite histoire de la justice sénégalaise. L’avocat, qui s’est attelé à faire un exerce d’addition de toutes les peines requises par le procureur, révèle qu’Aly Ciré Ndiaye a demandé 135 ans de prison et 11 perpétuités. Il constate, dans le même sillage, que le tribunal a eu droit à « un réquisitoire méchant » du représentant du ministère public et à un « dossier volumineux alors qu’il n’y a absolument rien » Me Babacar Ndiaye, ayant plaidé pour Moustapha Diatta, de faire remarquer qu’il est trop léger de condamner son client sur la base de simples suppositions. Selon le conseil de la défense, depuis le début du procès, il n’y a aucun acte qui démontre que Moustapha Diatta a aidé la femme d’Abdallah Bâ à rejoindre son époux en Libye. Son confrère, Me Ousseynou Ngom, se demande si « aider son prochain, de surcroît l’épouse de son ami, à rejoindre son mari est un délit ». D’après Me Ngom, il y a, dans ce dossier, « une volonté manifeste de mettre Moustapha Diatta dans les liens de la détention et de continuer à l’enfoncer ».

« Absence de documents »
En outre, Me Babacar Ndiaye indique que son client ne peut pas être poursuivi pour le délit d’association de malfaiteurs car « il n’a aucune relation avec les co-accusés ». « Moustapha Diatta a répondu ici qu’il n’a aucune relation avec Matar Diokhané et jusqu’à présent, cette entreprise terroriste n’a pas été démontrée par le parquet », précise Me Ndiaye. Celui-ci souligne qu’il est inconcevable qu’on taxe les accusés de terroristes qui sont revenus du Nigéria avec un projet d’installation d’un camp djihadiste. Or, cela n’apparaît dans aucun document. « Il n’y a pas de documents à l’appui dont Matar Diokhané et sa bande sont les auteurs », reproche l’avocat. Ce qui lui fait dire que « l’infraction d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste n’est pas fondée dans cette affaire ». Me Babacar Ndiaye ajoute que le parquet n’a trouvé « aucun élément factuel » pour démontrer son accusation.

En outre, pour le délit de détention de munitions, Me Ndiaye souligne que son client a reconnu devant la barre qu’il avait une arme mais ne la détenait plus pour l’avoir vendue. Toutefois, il fait savoir que Moustapha Diatta est un passionné de chasse et passe toutes ses heures perdues à faire une telle activité grâce à cette arme. Mais, au moment de son arrestation, il ne lui restait que les munitions. Pour l’avocat, on ne peut pas utiliser des munitions sans une arme adéquate.

Aliou Ngamby NDIAYE

ME DEMBA CIRE BATHILY, AVOCAT DE MAME BA : « NE PAS OUVRIR LA PORTE À L’ARBITRAIRE »
Me Demba Ciré Bathily invite le président de la chambre criminelle à faire preuve de sagesse à l’heure du verdict dans le cadre du procès des présumés terroristes. « Il ne faut pas que, par les décisions que vous rendez, vous ouvrez la porte à l’arbitraire, vous portez atteinte à la liberté d’expression », a mis en garde l’avocat qui défendait, hier, l’accusé El Hadj Mamadou Bâ dit Mame Bâ. D’après Me Bathily, en France, nombre de présumés terroristes sont revenus de la Syrie sans être arrêtés. Ces derniers font juste l’objet de « fiche S » qui est juste une fiche signalétique de la direction générale de la sécurité intérieure pour permettre de pouvoir suivre ces personnes supposées dangereuses.

A. Ng. NDIAYE

Pionnier dans l’adoption d’une loi sur la parité, le Sénégal est aujourd’hui cité en exemple. Huit ans après la mise en œuvre de cette disposition, la gent féminine de notre pays se réjouit des acquis considérables enregistrés.

Le 19 mai 2010, le Sénat adoptait la loi sur la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives. Huit ans après, les femmes tirent un bilan plus que satisfaisant. « C’était un moment fort pour les femmes. Depuis lors, il y a eu des acquis considérables. A l’Assemblée nationale et dans la gouvernance locale, nous sommes, respectivement, 42% et 47% de femmes. Ainsi, avons-nous eu beaucoup d’acquis, en termes de promotion de la femme », a déclaré Mme Ndèye Saly Dieng, ministre de la Femme et du Genre, à l’occasion de la célébration du 8e anniversaire de cette loi.

Cette cérémonie, organisée par l’Observatoire national de la parité (Onp), a été l’occasion pour la présidente de celui-ci, Mme Fatou Kiné Dop, de revenir sur les différents rapports que sa structure a produits. « Nous avons la prérogative de jouer un rôle de veille, d’alerte et d’anticipation, mais surtout d’identifier les obstacles à la mise en œuvre de la loi sur la parité dans tous les domaines. 2017 ayant été marquée par les élections législatives, nous avons jugé important de documenter ce que nous avons observé », a-t-elle dit. Aussi, l’on a partagé le rapport sur la mise en œuvre de la loi sur la parité sur la période 2012/2016. « Nous avons examiné la parité lors des premières élections législatives paritaires au Sénégal en 2012, en 2014 pour les locales et en 2016 pour le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct). Ce qui est important, c’est que des avancées significatives ont été notées. On a une loi extraordinaire qui est unique en son genre. Ailleurs, on a des lois sur la parité, mais ce n’est qu’au Sénégal qu’on impose l’alternance des sexes et la condition d’irrecevabilité. Parce qu’au niveau institutionnel, quand la loi a été adoptée, elle a été transcrite dans le code électoral.

A l’Assemblée nationale, le règlement intérieur a été modifié pour permettre au bureau d’être paritaire. Lors de la mise en place du Hcct, immédiatement, le principe de parité a été adopté. De l’observation que nous faisons, en Afrique, il n’y a pas un seul pays qui a ce niveau de représentation de 47,9%. C’est un acquis important», s’est-elle réjouie.

Mais, selon la ministre de la Femme et du Genre, la lutte n’est pas terminée. « Nous devons faire en sorte que les femmes contribuent davantage à l’essor du pays. Des efforts restent à faire, notamment dans l’autonomisation des femmes par rapport à leurs droits, dans la prise en charge effective et sur la discrimination basée sur le genre », a-t-elle dit. Et pour y arriver, Mme Ndiaye a estimé qu’il faut « une synergie des acteurs pour mener le combat ».

Oumar FEDIOR

Le gouvernement entend consolider la dynamique d’échanges et de collaboration avec la société civile suite à son passage devant le Comité contre la torture, les 25 et 26 avril derniers, à Genève. Il manifeste ainsi sa volonté d’être en phase avec les préoccupations des populations sénégalaises qui exigent des solutions appropriées face aux brutalités exercées sur des tierces personnes, mais aussi sur le respect des droits humains.

En effet, les deux parties ont abordé, lors d’une rencontre, le 22 mai dernier, au Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme - Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest (Hcdh-Brao), des points relatifs à la surpopulation carcérale, à l’indépendance de la justice, l’usage excessif de la force par les agents de l’Etat, la question de la traite et des abus à l’égard des enfants, celle des décès et disparitions dans le cadre du conflit en Casamance.  Des points qui figurent parmi les préoccupations majeures du Brao qui encourage la société civile à renforcer le plaidoyer pour une mise en œuvre de ses recommandations. D’ailleurs, le communiqué de presse renseigne que « le but de cette rencontre était pour le gouvernement du Sénégal de partager les recommandations faites par le Comité contre la torture et d’encourager la société civile à se les approprier ».  La réunion a également servi de tribune pour relancer le débat sur la parité au Sénégal 8 ans après la promulgation de la loi sur celle-ci en vue d’évaluer le niveau de réalisations.

En effet, la mission du Hcdh-Brao est d’appuyer les Etats dans leur obligation de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et, en particulier, de mettre en œuvre les recommandations des mécanismes des Nations Unies, tel que le Comité contre la torture. Le Hcdh encourage la société civile et le public à s’approprier ces questions car chacun a un rôle à jouer pour que les pays tels que le Sénégal réalisent les recommandations qui leur sont faites au plan international.

Matel BOCOUM

 

Un apprenti chauffeur a été abattu, hier, à Diaobé lors d’une tentative de cambriolage d’une maison. Ces deux complices ont été interpelés par la brigade de gendarmerie.

La famille d’Ibrahima Diallo, un commerçant domicilié à Diaobé 1, un quartier de la commune du même nom, dans le département de Vélingara, n’oubliera pas de sitôt, la peur qu’elle a vécue dans la nuit du jeudi à vendredi dernière. Un groupe de trois individus armés de barres de fer a tenté de s’introduire dans la maison dans les environs de 4 heures alors que le père de famille se trouvait à Kolda. Ils sont passés par le mur de derrière pour tenter de s’introduire par la fenêtre dans une chambre occupée par un nouveau locataire du nom d’Ousmane Tanou Barry qui a aménagé dans  cette maison, il y a à peine, une semaine. Mais c’était sans compter avec le courage de ce dernier qui n’hésita pas à se servir de son arme contre ces visiteurs nocturnes indésirables. « Il a été grièvement blessé à la tête et aux mains par les assaillants qui l’ont attaqué à l’aide de barres de fer. Il a alors pris son arme pour tirer sur eux, atteignant l’un d’eux, en plein front. Ce dernier est tombé, avant de rendre l’âme quelques temps plus tard. Les autres ont immédiatement pris la fuite pour sauver leur peau », déclare Ibrahima Diallo. Alertée, la  brigade de gendarmerie de Diaobé-Kabendou s’est aussitôt, rendue sur les lieux pour faire le constat.

Ousmane Tanou Barry qui ne semble pas disposé d’une autorisation de détention d’arme, a été acheminé au Centre de santé de Diaobé pour bénéficier des soins médicaux avant d’être placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie. Le corps de la victime a  été acheminé à la morgue de l’hôpital régional de Kolda pour les sapeurs-pompiers. Les deux fugitifs qui ont été interpelés vendredi, à Diaobé et remis à la brigade de gendarmerie seront présentés au parquet de Kolda lundi. Les trois assaillants qui sont des apprentis chauffeurs d’un camion de marchandises se trouvant en ce moment au marché hebdomadaire de Diaobé seraient originaires de Mbour. La victime, dont le nom n’a pas été révélé, est le frère de même mère du chauffeur du camion qui a facilité leur arrestation après avoir constaté l’absence de son jeune frère.

Le maire de Diaobé, Moussa Diao, se réjouit de l’arrestation de ces deux fugitifs et espère que cela permettra d’avoir plus d’information sur cette bande qui certainement n’est pas à son premier essai.

Mamadou Aliou DIALLO

 

La cité religieuse de Popenguine va bientôt entrer dans sa phase de modernisation. En session ordinaire de l’année pastorale 2017-2018, au Foyer du Cap des Biches, les évêques du Sénégal ont  annoncé que les travaux du nouveau sanctuaire démarreront en juillet prochain.

Les évêques du Sénégal ont tenu au lendemain du pèlerinage marial de Popenguine, du 22 au 25 mai, leur deuxième session ordinaire de l’année pastorale. Ils ont profité d’une rencontre avec la presse pour remercier le chef de l’Etat pour l’important soutien apporté à l’organisation du pèlerinage de Popenguine. Ils ont associé son épouse aux remerciements, mais aussi les chefs de services, les forces de défense et de sécurité ainsi que toutes les personnes  qui ont contribué à la réussite de cette  130ème édition du pèlerinage.  Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar et président de la Conférence épiscopale des évêques du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau, a indiqué que le président de la République a réaffirmé l’engagement de l’Etat à entamer les travaux de construction du nouveau sanctuaire marial de Popenguine dès le mois de juillet. Le projet concerne aussi la construction des sanctuaires des autres diocèses dédiés à la Vierge Marie.  Mgr Ndiaye a annoncé qu’en octobre 2018, se tiendra à Rome le Synode des évêques sur les jeunes et en janvier 2019 à Panama, seront célébrées les journées mondiales de la jeunesse autour du Pape François. « Dans ce contexte de la vie de l’Eglise universelle, les évêques exhortent les jeunes chrétiens à se mettre quotidiennement à l’écoute du Christ et à l’école de la Vierge Marie, l’humble servante du Seigneur qui, par son oui à Dieu, s’est rendue toute disponible à collaborer à l’œuvre de Dieu », a déclaré Mgr Benjamin Ndiaye. Il a rappelé que l’ouverture de la deuxième session des évêques du Sénégal s’est faite en présence de Mgr Michael Banach, nonce apostolique à Dakar. Les évêques ont remercié les femmes catholiques pour leur engagement au service de l’Eglise. « Ils leur ont assurées de leurs prières et leur soutien dans l’organisation de la prochaine Assemblée mondiale des femmes catholiques », a affirmé Mgr Benjamin Ndiaye. Cette assemblée générale aura lieu au Sénégal du 15 au 22 octobre 2018.   Les évêques ont rencontré également le président du conseil d’administration et le directeur général de la Coopérative autonome pour le renforcement des initiatives économiques par la microfinance (Caurie-Mf). Cette structure financière a été mise en place par les évêques pour permettre aux femmes d’avoir accès  au crédit.  

Crises scolaires, universitaires, sociales…
Les évêques invitent à privilégier la concertation

Les évêques du Sénégal se sont prononcés sur les différentes crises qui secouent le monde scolaire, universitaire et social. « L’actualité dans notre pays fait état d’événements regrettables et malheureux. Les évêques s’inclinent devant la mémoire de toutes les personnes décédées et ils adressent leurs sincères condoléances aux familles éplorées », s’est exprimé Mgr Benjamin Ndiaye, parlant au nom des évêques du Sénégal.  Ces guides religieux ont lancé encore une fois un appel pressant à tous les concitoyens, afin que toutes violences physiques ou verbales soient bannies, particulièrement envers les enfants et les plus faibles. « Face aux grèves récurrentes qui freinent le développement du pays, face à la crise scolaire et aux nombreuses perturbations qui ont entraîné un important retard dans les apprentissages, les évêques appellent tous les acteurs à la juste retenue, au sens accru de la responsabilité et du bien commun », a dit le porte-parole des évêques. Selon lui, les évêques tiennent à  préserver le droit des enfants et des jeunes à une éducation de qualité. Ceux-ci ont exhorté tous les responsables au courage et à l’honnêteté pour situer les responsabilités et prendre des mesures idoines pour mettre fin à toutes ces perturbations. Mgr Benjamin Ndiaye a demandé aux étudiants en grève de reprendre  les cours.  « Je ne pense pas qu’une grève illimitée soit la solution. Il faut privilégier la concertation pour arriver à la solution », a recommandé Mgr Ndiaye.      

Eugène KALY

 

La ville de Fatick va abriter deux unités de formation et de recherche (Ufr) de la nouvelle Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niass (Ussein).

Le Pr Amadou Tidiane Guiro, recteur de l’Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niass (Ussein), a procédé au lancement des travaux de réalisation des infrastructures devant abriter les deux Unités de formation et de recherche (Ufr) de Fatick. Ces dernières, selon M. Guiro, « vont concerner les deux secteurs du tourisme et de la restauration ainsi que la pêche et les ressources halieutiques ». A juste titre, puisque cette région centre à la particularité de disposer d’importantes zones à vocation touristique (Foundiougne, Toubacouta, les îles du Saloum, Palmarin et Ndangane Sambou). Elle abrite aussi un énorme potentiel en ressources halieutiques avec des zones de pêcheries et de cueillette de crustacés dont le village de Djiffer se positionne parmi les plus importants quais de débarquement de pêcheurs.

Le recteur de l’Ussein a tenu à énumérer tout ce potentiel qui, mis en corrélation avec l’adéquation formation-emploi, devrait ouvrir des portes aux futurs étudiants qui seront orientés dans ces deux Ufr. « Et cela devrait démarrer déjà pour

l’année universitaire à venir (2018-2019) avec une première cohorte de 2.000 étudiants qui seront répartis entre les campus de Fatick, Kaolack et Kaffrine, une directive du ministère de l’Enseignement supérieur. Pour l’entame, les cours vont se tenir à Fatick, dans des locaux qui seront mis à la disposition de l’université par les autorités locales », a indiqué Amadou Tidiane Guiro.
Le recteur et sa délégation ont visité le nouveau Centre régional de formation des personnels de l’éducation (Crfpe) de Fatick pour voir les possibilités d’utiliser les locaux. Cela, en attendant la livraison des nouveaux bâtiments de

l’université dont les autorités s’attèlent à faire démarrer les travaux des amphithéâtres et autres annexes qui vont abriter les autres services comme le bloc administratif et pédagogique, le service social ainsi que le campus. Le tout sera confiné sur un site de 400 ha attribué par les communes de Diouroup et Niakhar, et pour lequel les impactés seront indemnisés le plus rapidement possible, selon M. Guiro. « Nous allons aussi, en plus des indemnisations, leur attribuer des terres de cultures pour leur permettre de poursuivre leurs activités agricoles », a-t-il ajouté.

Le délai d’exécution par un consortium sénégalo-chinois, d’après le directeur des travaux pour le compte de l’entreprise sénégalaise, Ibrahima Diao, « est de 24 mois qui pourrait être ramené à 20 mois compte tenu des retards notés dans le processus d’attribution et de l’urgence qu’il convient maintenant d’accorder à ces travaux ».

Le coût total de cette université à vocation agricole, a rappelé Amadou Tidiane Guiro, «est évalué à 65 milliards de FCfa. Les 60 milliards sont destinés à la réalisation des travaux de construction, les 4 milliards de FCfa aux équipements et le milliard restant à la logistique. A terme, ce haut temple du savoir pourrait recevoir 30.000 étudiants».

Mohamadou SAGNE

« Remporter la lutte contre la corruption en Afrique ». C’est autour d’un tel thème que l’Institut africain de développement et de la planification (Idep), en partenariat avec le groupe des ambassadeurs accrédités au Sénégal, a axé la réflexion dans le dessein de disposer d’une feuille de route dont le déroulé permettra de vaincre ce fléau des temps modernes.

Malgré les avancées enregistrées en termes de bonne gouvernance dans bon nombres de pays africains, la lutte contre la corruption demeure un défi important à relever pour le continent. Le sondage afro baromètre, publié en juillet 2017 dans 36 pays d’Afrique, rapporte que 55% des Africains le confirment. C’est dans ce contexte que l’Institut africain de développement économique et de la planification (Idep) a organisé, hier, à Dakar, un séminaire de réflexion autour du thème : «Remporter la lutte contre la corruption en Afrique», en collaboration avec le groupe des ambassadeurs africains accrédités au Sénégal.

Selon la directrice de l’Idep, Mme Karima Bounemra Ben Soltane, cette rencontre vise à approfondir la réflexion sur les efforts de lutte anti-corruption en Afrique, les progrès réalisés et les meilleures pratiques en matière de politiques nationales de développement du continent. Aussi, a-t-elle rappelé la déclaration des dirigeants africains lors de la 30ème session ordinaire du Sommet des chefs d’Etats de l’Ua où l’on a soutenu que « la corruption est un phénomène qui freine les efforts de développement à l’échelle du continent et annihile fortement l’économie des Etats africains qui, malgré les mesures prises, n’arrivent pas à endiguer le fléau ». D’où le choix du thème de ce conclave qui offre à l’Afrique une bonne occasion de dresser le bilan de ses efforts, mais surtout une feuille de route en vue de gagner la lutte contre ce fléau des temps modernes.

Réunissant le groupe des ambassadeurs accrédités au Sénégal, les hauts fonctionnaires et les représentants d’organisations internationales travaillant sur des questions relatives au développement économique du continent, la session a été l’occasion pour le secrétaire général du ministère de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, Oumar El Foutiyou Bâ, de se réjouir de cette initiative. Il a ensuite souligné que « la corruption est reconnue au plan mondial comme une menace pour la stabilité sociale, le fonctionnement des institutions et l'efficacité de la mise en œuvre des stratégies de développement ». D’après lui, à l'image de beaucoup de pays africains, le Sénégal n'échappe pas à ce phénomène qui s’incruste, se généralise dans les pratiques quotidiennes et se manifeste dans plusieurs secteurs de l'économie.

Mise en place d’instruments de contrôle
Oumar El Foutiyou Bâ a affirmé que la lutte contre la corruption constitue une dimension majeure de la politique pour le renforcement de la bonne gouvernance au Sénégal, en droite ligne des perspectives tracées par le chef de l’Etat. La mise en place d’un ensemble d'instruments de contrôle, de mécanismes et des stratégies de prévention au niveau de l'administration, de la société civile et du secteur privé, entre dans cette vision. Au plan institutionnel, la Cellule nationale d'enquête et de traitement de l'information financière (Centif), la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), l'Inspection générale d'Etat (Ige), mais surtout la création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) par la loi 2012-30 du 28 décembre 2012 traduisent une évolution notable du dispositif juridique dédié à la lutte contre ce fléau.

Ainsi, les réformes initiées depuis 2012 dans ce domaine ont amplement contribué à repositionner le Sénégal en Afrique et dans le monde. «Entre 2012 et 2017, l'indice de perception de la corruption, publié depuis 1995 par l’Ong Transparency International, s'est amélioré de 9 points, passant de 36 à 45 sur 100. Au plan africain, le Sénégal est parmi les 10 premiers depuis 2014, alors qu'en 2012, deux années auparavant, il occupait la quinzième place », a laissé entendre Oumar El Foutiyou Bâ qui a réaffirmé l’engagement du gouvernement à maintenir cette dynamique.

Tata SANE

I - ABOU BAKR 

5- La vision du nouveau calife
Abou Bakr était reconnu pour sa compréhension de la religion qui était inégalable dans sa profondeur. Il avait mémorisé la totalité du Coran et était l’un des plus grands Savants de la Sunna du Prophète de l’Islam. Il se distinguait égale- ment par sa bonne maitrise du fonctionnement de l’Etat. En effet, il était étroitement associé aux décisions prises à l’issue des séances de concertation quotidiennement tenues sous la présidence du Messager d’Allah. Abou Bakr avait ainsi une claire vision du Califat. Elle se reflétait à travers ses discours et déclarations. A l’occasion de son investiture, il délivra le message ci-après, dans la Mosquée du Prophète à Médine : « O gens ! Je viens d'être désigné parmi vous pour diriger notre Communauté. Pourtant, je n’en suis certes pas le meilleur. Apportez-moi votre soutien aussi longtemps que je ferai preuve de droiture. Dans le cas contraire, corrigez-moi. La vérité est un dépôt qui m’a été confié pour un temps (Amânat) et j’y veillerai. Et le mensonge, c’est de la traitrise. Le plus faible d’entre vous sera fort auprès de moi, aussi longtemps que je n'aurai pas assuré le respect de son droit. Et le plus fort restera faible auprès de moi, aussi longtemps que je ne lui aurai pas retiré le droit qui revient aux autres, par la Volonté d'Allah. O Gens ! Qu'aucun d'entre vous ne délaisse le combat sur le Sentier de Dieu (Djihâd) car chaque fois qu'un peuple le néglige, Allah lui inflige l’humiliation. Et chaque fois que le vice sévit au sein d’un peuple, Dieu l’éprouve par des calamités ! Obéissez-moi, aussi longtemps que j'obéirai à Allah et à Son Messager. Si je leur désobéis, vous ne me devrez plus aucune obéissance. Levez-vous pour accomplir la prière. Puisse Allah vous accorder Sa Bénédiction. »

L’analyse de ce discours historique laisse apparaître les enseignements essentiels ci-après, qui découlent de la politique éclairée du nouveau calife : - Veiller à ce que celui qui exerce le pouvoir suprême ainsi que ses proches collaborateurs, soient d’une moralité au-dessus de tout soupçon. - Assurer l'égalité entre tous les citoyens, en particulier entre les gouvernants et les gouvernés.

Cette approche s’avère en rupture totale avec la tradition arabe qui voulait que les personnes appartenant aux « classes supérieures » soient au-dessus des lois appliquées aux personnes jugées de rang inférieur. En atteste l’intervention auprès du Prophète, afin d’éviter l’application d’une peine légale à une femme issue de la noblesse Qourayche. Cette intervention avait suscité le courroux de l’Envoyé de Dieu qui avait saisi l’occasion pour mettre en garde les gens, contre la tolérance de l’inégalité au sein d’une société, gage le plus sûr de sa désintégration. - Promouvoir et garantir la liberté d'expression que traduit la critique constructive qui aide les gouvernants à se corriger, de manière à instaurer durablement la bonne gouvernance. - Moraliser la vie publique, en promouvant notamment l'Ethique et la gouvernance vertueuse et transparente. - Assurer la défense de la Nation et créer les conditions d’une participation effective des citoyens aux efforts déployés à cet effet.

- Veiller au respect strict des dispositions de la Constitution, de nature à promouvoir la loyauté des gens vis-à-vis de l'Etat et de ses institutions.

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan


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