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Société & Faits divers (2813)

La commune de Nianing, dans le département de Mbour, abrite l’une des plus belles églises d’Afrique. Cette immense bâtisse, construite grâce à un mécène français, a été inaugurée par Mgr Benjamin Ndiaye en présence de nombreuses personnalités dont le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Au Sénégal beaucoup de communautés chrétiennes, en particulier catholiques, sont à la quête d’une église. Celle de Nianing, qui s’était contentée jusqu’ici d’une chapelle des frères de Sacré-Cœur pour prier, a finalement trouvé un mécène répondant du nom de Patrick Thélot. En partenariat avec l’Association enfance et nature, il a, avec d’autres partenaires, financé la construction de l’église Epiphanie du Seigneur de Nianing. Construite sous forme de coquillage, cette belle œuvre est présentée comme l’une des plus belles églises de l’Afrique au Sud du Sahara. Du point de vue architectural, elle attire les regards. D’une superficie de 455 mètres carrés hors caniveau et dallages extérieurs, l’église se présente sous forme d’un coquillage.

L’architecte s’est basé sur la particularité régionale, c’est-à-dire la « côte aux coquillages » sur laquelle se situe Nianing. Nicolas Vernoux-Thélot a expliqué qu’il a pris comme point de départ la forme d’un cymbium, ce coquillage en forme de spirale très répandu sur la Petite-Côte et le littoral sénégalais. « Cette forme a été ensuite architecturée selon les contraintes constructives du programme et orientation bioclimatique optimale », a détaillé un document remis par les services de communication de l’entreprise Eiffage. De loin, le visiteur perçoit la succession de cinq voûtes, puis la hauteur du clocher. Tout cela est fondé sur micropieux avec ce que l’architecte appelle longrines et dalle portée. L’église de 800 places assises, présente aussi 4 voûtes sous forme d’ogive avec des dimensions variées de 4 à 15 mètres de largeur et de 10 à 20 mètres de hauteur. La dernière voûte abrite le clocher qui est accessible par un escalier hélicoïdal et culmine à 4 mètres sous la croix métallique d’environ huit mètres.

Cette rare création a été mise en œuvre par Eiffage Sénégal qui avait en charge sa construction. Son président directeur général Gérard Sénac, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, l’iman de grande mosquée de Dakar, le préfet du Mbour, une forte communauté française ont assisté à l’inauguration de cette belle œuvre dédiée à Dieu. En procédant à sa bénédiction, l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, qui avait à ses côtés le cardinal Théodore Adrien Sarr, ne pouvait dire autre chose que « Merci au Seigneur d’avoir mis Patrick Thélot sur le chemin des fidèles catholiques ». Cette œuvre de Dieu, a ajouté Mgr Ndiaye, sera dans les prochaines semaines, l’un des sites religieux les plus visités du pays parce que sa beauté est attirante. Avec cette nouvelle église, le Seigneur a confié aux chrétiens de Nianing une nouvelle mission.

« Vous êtes invités à vivre un renouveau dans la foi et dans vos témoignages chrétiens. L’église est belle quand les chrétiens sont beaux, témoignent du don reçu de Dieu, en vivant dans l’amour, la fraternité, la solidarité, l’entraide, la générosité sans calcul », a fait savoir l’autorité diocésaine qui a ensuite demandé aux fidèles de Nianing de ne pas faire de cette église une simple curiosité touristique. « Il faut offrir aux visiteurs qui viennent dans ce lieu la possibilité de se recueillir dans le silence », a-t-il suggéré. Au nom des populations, Paul Marone a rendu un hommage à Monsieur Thélot pour avoir accepté de prendre financièrement en charge la réalisation de cette grande œuvre. Quant à Gérard Sénac, il a estimé que la consécration de cette église est un moment fort pour son entreprise qui l’a réalisée.

Eugène KALY

L’Observatoire national des lieux de privation de liberté (Onlpl), en partenariat avec l’Union européenne, a ouvert une session de formation de cinq jours sur les droits humains à l’intention des élèves de la 44ème promotion de l’Ecole nationale de Police.

Ils sont 500 élèves agents de la police à bénéficier d’une formation de cinq jours sur les droits humains. La session, ouverte hier à la salle de conférence de l’Ecole nationale de Police et organisée par l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (Onlpl), en partenariat avec l’Union européenne, vise à sensibiliser ces futurs policiers sur la nécessité de respecter les droits des citoyens. Pendant la session de formation, ils vont bénéficier des enseignements théoriques de magistrats et de commissaires de police sur les droits humains. Aussi, sortiront-ils des cours en étant mieux outillés sur la préservation et la protection des droits humains.

Le Sénégal a toujours été considéré comme un pays de démocratie et de respect des droits et libertés. Malheureusement, des cas de tortures et des bavures policières sont, quelquefois, notés dans les commissariats de police et autres lieux de privation de liberté. Pour éviter de pareils cas, l’Onlpl a pris les devants pour outiller les futurs policiers au respect des droits et libertés des citoyens. Les forces de police, a rappelé le directeur de l’Ecole nationale de Police, le commissaire Ousmane Guèye, ont la mission de défendre les libertés fondamentales, de respecter et de faire respecter les droits humains. M. Guèye de rappeler aux élèves policiers que « même si une personne est en conflit avec la loi, elle a droit au respect de ses droits fondamentaux ». C’est donc fondamental de former les policiers à la notion de droits humains et de liberté.

En effet, le renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie demeure une préoccupation du gouvernement, a rappelé la secrétaire générale du ministère de la Justice. Mme Aissé Tall Gassama, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette session, a souligné que « cette question est bien prise en compte dans le Plan Sénégal émergent qui est le socle de la politique économique du Sénégal dans son axe 3 ». Mieux, le Sénégal vient de rendre effectif le « règlement n°5/Cm/Uemoa relatif à l’harmonisation des règles qui régissent la profession d’avocat dans l’espace Uemoa » en signant la circulaire permettant à toute personne interpellée de bénéficier de l’assistance d’un avocat. Cela, dit-elle, constitue une preuve que le Sénégal est un pays respectueux des droits de la personne humaine car la présence d’un conseil dès l’interpellation constitue, selon elle, « une garantie supplémentaire de l’intégrité de l’enquête ».


Pour sa part, l’observateur national des lieux de privation de liberté, Mme Josette Marceline Lopez Ndiaye, a invité les élèves de la 44ème promotion de l’Ecole nationale de Police à mettre en pratique les enseignements qui seront acquis pendant ces cinq jours de formation. Elle a rappelé que « la mission de la police doit consister à protéger les individus dans le respect strict de leurs droits. A la fin de la cérémonie d’ouverture, le chef de la délégation de l’Union européenne au Sénégal, Joaquin Gonzalez Ducay, a remis à l’observateur des lieux de privation de liberté les clés des deux véhicules que l’Union européenne a offerts à l’Onlpl. Deux voitures qui permettront à Mme Josette Marceline Lopez Ndiaye et à ses agents de faire des visites dans les lieux de privation de liberté à travers tout le pays.

Aliou Ngamby NDIAYE

Fatou Traoré, trésorière du gie « Keur Tabar » : « Ce qui était facturé n’a jamais été livré »
Le juge Malick Lamotte n’a pas perdu du temps. Juste après la déclaration du maire de Dakar Khalifa Sall, il a appelé la prévenue Fatou Traoré à la barre. Mais Malick Lamotte a tenu à notifié à la dame les chefs d’inculpation de complicité, de détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics et de faux et usage de faux en écriture publique et privée.

« Reconnaissez-vous les faits ? », a demandé le juge. « Non », a répondu Fatou Traoré. Le juge de lui demander alors de s’expliquer. « C’est Yaya Bodian qui m’a demandée de lui prêter l’entête de mon Gie pour justifier les dépenses liées à la caisse d’avance », a affirmé l’accusé. Elle a précisé qu’au début, c’est elle-même qui signait les factures. « Jusqu’en 2011 », a soutenu Fatou.

Mais après 2011, poursuit-elle, j’ai remis à Yaya Bodian l’entête du Gie et le cachet. « C’est Yaya Bodian qui établissait les factures de 2011 à 2015 ». Et le juge de revenir à la charge. « Est-ce que le président du Gie, Ibrahima Traoré, était au courant ? », « Non », a dit Fatou Traoré qui s’empresse d’ajouter : « Il n’était pas au courant mais je dois rappeler que ce qui était facturé n’a jamais été livré ».

Par Abdoulaye DIALLO

YAYA BODIAN, COMPTABLE A LA VILLE DE DAKAR : « Ces factures étaient juste pour la forme afin de régler un problème comptable »
A la suite de Fatou Traoré, c’était le tour du prévenu Yaya Bodian, comptable à la ville de Dakar, de venir s’expliquer devant la barre. M. Bodian commence par dire que c’est son supérieur hiérarchique, en l’occurrence le directeur administratif et financier de la ville de Dakar, Mbaye Touré, qui lui avait demandé de « trouver des factures » pour justifier les dépenses diverses. Et quand je suis parti voir Fatou Traoré, trésorière du Gie Tabar, avance Yaya Bodian, je lui ai dit toute la vérité. « Je lui avais dit que les factures, c’était juste pour la forme, pour régler un problème comptable », a-t-il soutenu. A la question de savoir si un comptable est censé établir des factures, Yaya Bodian a été plus que précis. « Non. Mais comme je vous l’ai dit, ces factures étaient établies juste pour couvrir. Tout le monde savait que la livraison de mil et riz n’allait pas être faite ». Devant la barre, il a soutenu que ces factures n’étaient pas destinées à la livraison ».

Le juge Malick Lamotte de lui demander à nouveau : « Que signifie une facture sur le plan comptable ? ». Réponse de Yaya Bodian : « C’est une facture qu’on exécute et la livraison doit être faite et payée ».

Abdoulaye DIALLO

MBAYE TOURE, DIRECTEUR ADMINISTRATIF ET FINANCIER DE LA VILLE DE DAKAR : « CE SONT DES FONDS POLITIQUES »
Avant de répondre aux questions du juge, l’accusé Mbaye Touré, actuel directeur administratif et financier de la ville de Dakar, a tenu à faire l’historique des fonds en cause. Il dit avoir trouvé ces fonds sur place lorsqu’il est arrivé à la mairie en 1992. « Le mécanisme existe depuis 1983 », a rappelé Mbaye Touré. A l’époque, dit-il, les pièces justificatives de son utilisation étaient remises eu ministre délégué en charge de la décentralisation. Mais la forme actuelle de la caisse d’avance existe depuis 1997. « Depuis cette date, c’est cette caisse qui sert de support pour les dépenses politiques du maire », a expliqué Mbaye Touré, qui reconnaît avoir signé les factures tout en sachant que la livraison ne sera pas faite. « J’ai agi comme j’ai agi tout simplement parce que les fonds en question sont des fonds politiques », a soutenu le directeur administratif et financier de la ville de Dakar. Mbaye Touré est formel : si les receveurs percepteurs de la ville ont laissé faire pendant toutes ces années, c’est parce que « eux comme nous » considèrent que cette caisse n’est rien d’autre qu’un fonds politique. « De 1994 à maintenant, 7 à 8 percepteurs sont passés à la ville de Dakar. Et je rappelle que ce sont les mêmes justificatifs qui sont produits et acceptés par les comptables publics », a insisté Mbaye Touré. Ce sont ces fonds, dit-il, qui servent à financer les cérémonies religieuses, les réceptions publiques, les fournitures de denrées alimentaires et toutes autres aides et assistance soumises à la ville de Dakar.

Abdoulaye DIALLO

AMADOU MAKHTAR DIOP, MEMBRE DE LA COMMISSION RECEPTION DE LA VILLE DE DAKAR : « CE QUE J’AI SIGNÉ NE CORRESPONDAIT PAS À LA RÉALITÉ »
Amadou Makhtar Diop, un des co-accusés de Khallifa Sall, dit avoir intégré la ville de Dakar en 2008. « Je suis venu, j’ai pris fonction sans faire une passation de service avec mon prédécesseur », a-t-il tenu à rappeler. Amadou Makhtar Diop dit être retrouvé dans une situation où il devait signer les procès-verbaux de réception de fournitures de la ville. « Je signais deux procès-verbaux par mois. Un pour la fourniture de mil et un autre pour la fourniture du riz. Je signais et je m’arrêtais là. J’étais loin de douter que le Gie de Tabar ne recevait pas les montants indiqués », a soutenu Amadou Makhtar Diop, qui ajoute : « Je signais avec désinvolture ». Et le juge de lui demander d’être plus clair. Et Makhtar Diop de préciser : « Oui je signais avec désinvolture, je veux dire que je signais sans faire le contrôle nécessaire ». Malick Lamotte revient à la charge : « Vous voulez dire que ce vous signiez ne correspondait pas à la réalité ? ». « Oui, c’est exactement cela », a répondu Amadou Makhtar Diop.

Abdoulaye DIALLO

IBRAHIMA DIAO, MEMBRE DE LA COMMISSION RECEPTION DE LA VILLE DAKAR : « J’AI SIGNÉ SANS SAVOIR LE CONTENU DES PV »
Ibrahima Diao, co-accusé de Khalifa Sall, a dit, à la barre, avoir signé des documents sans se préoccuper de leur contenu. « Je devais signer parce que le maire avait signé. C’est tout », a affirmé Ibrahima Diao qui répondait à une question du juge Malick Lamotte.

Il a rappelé qu’il fait le travail de réception pour l’ordonnateur des dépenses, en l’occurrence le maire Khalifa Sall. Et quand le juge Lamotte lui demande la valeur du document qu’il signe du point comptable, il a répondu sans hésiter : « ma signature ne veut pas dire engagement des dépenses ». Ibrahima Diao d’ajouter : « J’ai attesté avoir reçu du mil sans en réalité recevoir du mil mais c’était la procédure parce que ce sont des fonds politiques ».

Abdoulaye DIALLO

KHALIFA SALL DEVANT LA BARRE : « JE SUIS ICI PARCE QUE J’AI DIT NON À UNE OFFRE POLITIQUE »
KhalifaLe procès Khalifa Sall a repris, hier, avec l’ouverture des débats de fond. Le maire de Dakar a réaffirmé son innocence hier. Devant la barre, Khalifa Sall a dénoncé un « procès éminemment politique » et dit être en prison pour avoir refusé une offre faite en 2012. Ses co-accusés se sont aussi longuement expliqués devant le tribunal.

Chamboulement dans l’ordre de passage des prévenus. Ce n’est pas l’accusée Fatou Traoré, comme l’avait voulu le juge Malick Lamotte, qui a parlé en premier au Palais de justice hier. Mais plutôt Khalifa Sall, « principal prévenu » dans l’affaire de la Caisse d’avance. « Khalifa Sall veut faire une déclaration », a annoncé Me Ousseynou Fall de la défense.

Et quand le maire de Dakar a pris parole, c’est d’abord et avant tout pour remercier le juge Malick Lamotte. « Je vous remercie de m’avoir donné la parole », a dit le maire de Dakar. Il a avoué ne rien savoir en matière de procédures mais dit savoir pourquoi il est attrait devant la justice. « Je suis ici parce que j'ai dit non. J'ai dit non à une offre politique.

J'ai dit non à une proposition politique qui m'a été faite en juin et en septembre 2012. On m'a proposé un marché que j'ai décliné. On a voulu me forcer à accepter en 2014 et ça n'a pas marché. Donc, monsieur le président, je vous dis et répète, ce dossier est politique, éminemment politique », a expliqué Khalifa Sall, surpris de voir le maire qu’il est attrait devant la barre. « Jamais nous n'avions pensé qu'un maire serait attrait devant vous pour des faits aussi graves », a estimé le député-maire de Dakar. Selon Khalifa Sall, ce genre de procès est une première au Sénégal. « C’est du jamais vu », lance-t-il, visiblement choqué. « J'ai accepté de venir me défendre et défendre l'honneur de la municipalité pour que l'opinion sache les véritables raisons de mon arrestation », a-t-il soutenu, en insistant que lui et ses co-accusés n’ont commis « aucune malversation, aucun détournement ». « Nous n'avons touché à aucun franc de l'Etat. Nous avons géré les fonds de la municipalité de manière transparente », s’est défendu Khalifa Sall. Et quand le procureur l’a interrompu en lui demandant d’aller dans le fond du dossier, le maire de Dakar s’est tu un moment avant de dire ceci, les yeux rivés vers Serigne Bassirou Guèye : « Je ne suis pas quelqu'un qui prend et je n'ai jamais pris de ma vie ». Khalifa Sall a ajouté, toujours sur un ton ferme : « L'objet de ce procès est de mener un combat politique contre un adversaire. Vous voyez ces messieurs et cette dame qui sont attraits devant vous, ils n'ont rien fait, leur seul tort est d'être des collaborateurs de Khalifa Sall. Libérez-les et jugez-moi tout seul. J'assume tout ce qu'on leur reproche ». Des propos qui ont indisposé le juge Malick Lamotte qui s’est voulu clair : « Le tribunal est saisi de faits commis par des personnes. Et puis ici, nous ne jugeons pas de faits politiques mais de faits ».

Abdoulaye DIALLO

LES TÉMOINS ENTENDUS MERCREDI PROCHAIN
C’est une décision du tribunal : les témoins seront entendus mercredi. « Les témoins à charge comme ceux à décharge seront entendus mercredi », a informé le président du tribunal Malick Lamotte à la reprise du procès hier. Il leur a ensuite demandé de quitter la salle d’audience. « Vous ne pouvez pas suivre les débats », a dit le juge, s’adressant aux témoins, qui ont aussitôt quitté la salle d’audience.

Abdoulaye DIALLO

L’édition 2018, 60e du genre, marquant l’anniversaire du « Diyaou Nayirayni » de Sokone, a vécu hier avec la cérémonie officielle qui a eu lieu sous la présidence du gouverneur de Fatick, Souleymane Cissé.

L’événement s’est déroulé en présence du Ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly, natif de la ville. Ils a représenté le chef de l’Etat et l’ensemble du gouvernement auprès de la famille d’El Hadji Amadou Dème, dont il est question de célébrer traditionnellement la ziarra pour son œuvre : « Diyaou Nayrayni » ou l’éclat des deux lumières (le soleil et la lune), une véritable exégèse du Coran.

Après les prières formulées par l’imam de la grande mosquée sanctionnant l’ensemble des séances de lecture du Coran qui ont été faites pour la circonstance, il revenait au maire de Sokone de souhaiter la bienvenue aux nombreux fidèles venus accomplir leurs « ziars » et se recueillir devant les mausolées. Ensuite, dans un message adressé aux propriétaires de « daaras », Ousmane Guèye a tenu à attirer leur attention sur les mauvaises conditions de prise en charge des talibés dont certains dorment à même le sol dans un espace non couvert. « J’en ai fait le constat dans un "daara" de la ville pour lequel je demande au responsable de se rapprocher des services sociaux de la mairie afin de trouver une solution à cette situation déplorable ».

2.500 œuvres éditées et remises au Khalife
Le ministre Abdou Latif Coulibaly qui est intervenu par la suite, a réitéré l’engagement de son ministère à poursuivre l’édition de ce livre d’interprétation du saint Coran d’une vingtaine de tomes cher à la famille d’El Hadji Amadou Dème et orienté vers la grammaire, la rhétorique, le droit, le théologie et la jurisprudence, la science des idéologies religieuses, la sociologie, l’atome ou énergie atomique, la physiologie, entre autres sujets.

Abdou Latif Coulibaly a également annoncé la construction d’une bibliothèque pour abriter toutes ces œuvres à Sokone. D’ailleurs, il a déjà fait éditer 2.500 exemplaires de ce livre exégèse du Coran dont le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a présidé samedi, jour de la ziarra, la cérémonie de remise au nouveau Khalife El Hadji Oumar Ahmad Dème qui a succédé au défunt El Hadji Mamadou Amadou Dème. Le gouverneur de la région, Souleymane Cissé, a transmis le message de reconnaissance et d’encouragement à la famille d’El Hadji Amadou Dème dont les fils et petits-fils ont la lourde tâche de poursuivre son œuvre aujourd’hui. Au nom du Khalife, son porte-parole Serigne Bachir Dème a  formulé des prières pour la paix et l’unité, non sans inviter les fidèles musulmans à suivre les recommandations de Dieu le Tout-puissant et de son Prophète Mohamed (Psl).

La ziarra de trois jours a été marquée par plusieurs activités de prière dont un « Hadaratoul Djouma » suivi d’une séance de Zikr Zawiya El Hadji Amadou Dème, des causeries sur l’œuvre d’El Hadji Amadou Dème, des chants religieux. Il s’y ajoute le vernissage de l’exposition et d’autres activités qui ont mobilisé de nombreux fidèles à Sokone la religieuse, qui a également connu une autre dimension économique et culturelle durant ces moments forts.

Mohamadou SAGNE

L’envoyée spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) en charge des jeunes Jayathma Wickramanayake a visité le Centre conseils adolescents et jeunes (Cca) de Mbour samedi dernier.

Faire de la jeunesse un outil de développement et de plaidoyer autour de la santé sexuelle et reproductive, c’est ce que veut l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies en charge des jeunes qui était au Centre conseils adolescents et jeunes de Mbour samedi dernier. Jayathma Wickramanayake s’est dit impressionnée par le travail accompli par le Cca de Mbour avec la qualité de ses interventions, notamment pour fournir des services appropriés de santé sexuelle et reproductive, de renforcement des capacités des adolescents et des jeunes et de prévention des Ist, Vih/Sida et autres risques liés à la sexualité des jeunes. Le directeur régional Afrique de l’Ouest et Centre du Programme des Nations unies pour la population (Unfpa en anglais) Mabigué Ngom a estimé, samedi dernier, qu’il ne peut y avoir un monde meilleur s’il n’y a pas une Afrique forte dans laquelle les jeunes auront un rôle important à jouer pour la construction de leur avenir. « Je crois que vous jeunes avez un rôle important à jouer pour la construction de votre avenir. Et ce que vous êtes en train de faire ici dans ce centre, dans le cadre d’un partenariat. C’est exactement ce qui vous permettra non seulement de vous protéger, de vous préparer à une vie adulte de qualité, mais également de contribuer à la construction d’un Sénégal plus fort, d’une Afrique plus forte », a-t-il fait valoir. Avec tous ces phénomènes qui secouent le monde, s’il y a aujourd’hui quelque chose qui nous empêche tous de dormir, partout où nous sommes, c’est vraiment la question de la paix, de la sécurité et de la stabilité, qui ne saurait se réaliser si nous avons des jeunes de plus en plus nombreux dans la rue », a-t-il estimé. Je parle de paix sociale, de sécurité et de stabilité, pas seulement dans les pays où ils sont, mais aussi chez leurs voisins et partout à travers le monde. Je pense notamment à ces jeunes qui meurent en mer, dans le désert et ceux-là même qui s’accrochent dans les trains d’atterrissage des avions et qui ont la même ambition que j’ai moi-même », a déclaré Mabigué Ngom. Le facteur important qui crée cette situation, c’est un poids démographique qui est très fort et qui, selon lui, fait qu’on génère une demande sociale que les individus, les familles, les communautés, les Etats et les partenaires ne sont pas en mesure de suivre. Fallou Sylla a invité l’envoyée spéciale des Nations unies en charge des jeunes à continuer son appui au Cca de Mbour, notamment pour le recrutement de ressources humaines compétentes, particulièrement des pairs éducateurs. Il a salué le travail du coordonnateur du Cca de Mbour, Mbacké Diouf, qui, selon lui, a beaucoup contribué à ce travail en faisant le plaidoyer et en menant des activités afin d’arriver à un lendemain meilleur pour la jeunesse qui veut s’épanouir. De son côté, le directeur de cabinet du ministre de la Jeunesse, Amadou Ndiaye, s’est félicité de cette visite qui « arrive au bon moment ». « Le gouvernement a fait beaucoup d’efforts pour rendre la jeunesse de ce pays meilleur. Si on gère une jeunesse et qu’on n’essaie pas de faire en sorte qu’elle soit un outil de développement de son pays, je pense qu’on passe à côté de l’objectif », a-t-il estimé.

Amath Sigui NDIAYE

Le cadre unitaire sur l’islam, après son lancement samedi dernier, a décliné son plan d’actions qui porte sur plusieurs points dont les plus en vue sont la vulgarisation des enseignements des grandes figures de l’islam ou la numérisation du patrimoine religieux et intellectuel du Sénégal.

Le Cadre unitaire de l’islam est né. Il a été lancé, samedi, à la maison de la presse en présence de nombreuses autorités religieuses du pays. Ce cadre se veut un espace de dialogue, d’échanges et de concertation pour préserver les acquis du Sénégal en islam. Il regroupe tous les chercheurs et intellectuels de tous les foyers religieux et toutes les associations islamiques du pays. On y retrouve la cellule de la Zawiya Tidjania, le comité scientifique en charge de la ziarra omarienne, le comité scientifique des layènes, le Rassemblement islamique du Sénégal (Ris), l’Association islam pour servir le soufisme, les écoles doctorales telles qu’Ethos… Selon son président Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, cette association va beaucoup aborder les menaces contre ce qu’il appelle « l’exception sénégalaise », c’est-à-dire la parfaite entente entre les différentes confréries religieuses du Sénégal. Cet « héritage spirituel », le Sénégal l’a hérité des premières figures de l’islam. Un legs qui, dit-il, doit être préservé. Dans un contexte de mondialisation et de conflits basés sur des divergences religieuses, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy pense que le Sénégal dispose d’un véritable atout qu’il peut exporter partout à travers le monde. En effet, le cadre unitaire de l’islam ne veut pas être seulement une organisation de plus dans la sphère religieuse sénégalaise. Juste après son lancement, ses membres ont décliné, dans la foulée, un plan d’actions portant sur plusieurs points pour « privilégier l’action à la parole », explique Serigne Abdou Aziz Mbacké, un des membres fondateurs. Parmi les initiatives de ce rassemblement religieux, il y a la « vulgarisation de contenus sur les enseignements de paix et de tolérance, sur la diversité, l’éthique dans la bonne gouvernance des grandes figures religieuses du Sénégal ». D’après le guide religieux, la quintessence des enseignements religieux des illustres figures comme El Hadj Oumar Foutiyou Tall, El Hadj Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké ou El Hadj Ibrahima Niass, entre autres, doit être mieux vulgarisée. Pour concrétiser tout cela, le cadre unitaire veut élaborer des manuels scolaires sur les enseignements des figures emblématiques de l’islam au Sénégal et compte aussi adopter un calendrier musulman commun. L’objectif étant d’arriver à des fêtes de Korité et de Tabaski célébrées dans l’unité.

Aliou Ngamby NDIAYE

30.608 ménages des départements de Matam, de Kanel, de Podor et de Ranérou vont recevoir chacun 45 000 FCfa de l’Etat pour les aider à prendre en charge leurs besoins alimentaires. 

Dr Anta Sarr Diacko, Délégué général à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn), a lancé les opérations de paiement, jeudi, à Matam et à Kanel, en présence des élus locaux et des bénéficiaires. Exactement 1,377 milliard de FCfa seront remis à 30.608 ménages issus de quatre départements (Matam, Podor, Ranérou et Kanel) en raison de 45 000 FCfa chacun pour leur permettre de prendre en charge leurs besoins alimentaires. L’argent a été mobilisé par le Gouvernement du Sénégal appuyé par le Japon. « La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn), a reçu du président de la République et de la Coopération japonaise, un don estimé à plus d’un milliard trois cents millions de franc Cfa destiné à soutenir les ménages pauvres affectés par la crise alimentaire dans les départements de Matam, de Kanel, de Ranérou et de Podor », peut-on lire dans le communiqué reçu dans notre rédaction hier. Le fonds entre dans le cadre d’un programme dénommé Projet de réponse d’urgence à l’insécurité alimentaire (Pusa) mis en place par la Dgpsn. « Ce projet vient renforcer le plan de réponse du Gouvernement du Sénégal à la crise alimentaire dans les régions de Matam et de Saint-Louis. En outre, il contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire des ménages pauvres affectés par des déficits vivriers chroniques », fait remarquer le texte, qui rappelle que ladite crise alimentaire résulte du déficit de pluviométrie de l’année dernière dans ces zones. Des Comités départementaux de développement (Cdd) ont été organisés dans les deux régions pour partager les paramètres du projet avec les différentes parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre du Pusa.

Abdoulaye DIALLO

En conférence de presse hier, Barthélémy Dias, maire de Sacré-Cœur-Mermoz, a appelé les partisans de Khalifa à se mobiliser davantage pour sa libération.

La conférence de presse s’était déroulée dans une salle de délibération pleine à craquer, avec une banderole géante montrant Khalifa Sall, maire de Dakar et Emmanuel Macron, président de la République française, se serrer la main. Barthélémy Dias accuse le pouvoir de « détention arbitraire de Khalifa Sall depuis plus de dix mois ». Car, selon lui, « l’arrestation de l’édile de Dakar procède plus d’une ignoble entreprise de liquidation » d’adversaire politique que d’une question de justice. « C’est une honte que le président français vienne au Sénégal sans être reçu par le maire de la capitale », a dénoncé le maire Diaz, qui a précisé que cela est une première depuis que le Sénégal est indépendant. Barthélémy Dias n’a pas manqué d’interpeler Emmanuel Macron afin d’échanger avec Macky Sall dans sa conduite qui passe outre la consolidation des acquis de la démocratie. « Nous invitons le président français à réagir sur les dangers qui menacent la stabilité de notre pays et l’invitons à tenir un langage de vérité à Macky Sall », clame-t-il.

Pour le maire de Sacré-cœur- Mermoz, depuis 2012 le Sénégal, jadis laboratoire des avancées démocratiques en Afrique, est marqué, sous l’instigation du régime de Macky Sall, « par des violations des droits humains, la manipulation des institutions, la perversion des valeurs républicaines et la remise en cause des acquis démocratiques ». Toutefois, le maire de Sacré-Cœur-Mermoz appelle les partisans de Khalifa Sall à poursuivre le combat et à ne pas se laisser dicter une conduite. « Le peuple sénégalais est déterminé à engager la bataille par tous les moyens pour sauvegarder l’Etat de droit, la démocratie et les libertés », a-t-il avisé.

Barthélémy Dias s’est dit surpris du rejet par le tribunal de tous les recours en annulation des exceptions soulevées par la défense lors de sa délibération. Pour l’adjointe au maire de Dakar, Soham El Wardini, « la lutte va continuer même si nous irons de défaite en défaite ». « Tous les droits de Khalifa Sall ont été bafoués depuis le début de son arrestation. Il est dans une situation de non-assistance de maire en danger », relève l’avocat Me Ousseynou Fall, qui « fera tout » pour qu’il recouvre ses droits. Ousseynou Fall parle même de « dictat du parquet avec le procureur Serigne Bassirou Guèye qui livre la conduite à tenir ».

Cheikh Malick COLY

Les avocats de la défense avaient demandé au tribunal de renvoyer le procès pour permettre aux conseils de rencontrer leurs clients. Pour avoir plus de temps afin de préparer la riposte. Les conseils de Khalifa Sall voulaient que le proces reprenne pour mardi 06 février. Toutefois, Me Yérim Thiam de la partie civile a rejeté cette demande de la défense. Finalement, le président de l’audience Malick Lamotte a accepté le renvoi mais jusqu’à lundi et non mardi, comme l’avaient souhaité les conseils de la défense. 

Le tribunal s’est déclaré, hier, compétent à juger l’affaire Khalifa Sall et a, en même temps, rejeté toutes les exceptions soulevées par la défense. 

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, et ses co-prévenus doivent encore attendre en prison. Le tribunal correctionnel de Dakar a rejeté la demande de liberté provisoire sous cautionnement et toutes les autres exceptions de nullité soulevées par les avocats de la défense. Pour obtenir la liberté provisoire de leur client, les conseils de la défense avaient déposé une demande de liberté provisoire sous cautionnement de 13 immeubles.

Le juge Lamotte se fonde sur l’article 172 bis du Code de procédure pénale qui, dit-il, « limite son pouvoir uniquement sur les biens du prévenu ». Or, dans l’affaire Khalifa Sall, Malick Lamotte révèle que sur les 13 immeubles offerts en garantie, 8 appartiennent à des tiers. « Ni le juge civil, ni le tribunal ne peut saisir le bien appartenant à des tiers non concernés par l’affaire », précise le président Malick Lamotte, selon qui « les attestations d’engagement des tiers produites au dossier ne peuvent valoir de carte de cautionnement réel que si elles sont exclusivement conventionnelles ». Même des terrains relevant du domaine national sont dans le dossier soumis à cautionnement. Donc, en « l’absence de bases légales », le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire sous cautionnement déposée par les avocats de la défense.

En plus de la demande de liberté provisoire sous cautionnement, le juge Malick Lamotte a aussi rejeté toutes les exceptions qui ont été formulées par les conseils de Khalifa Sall et co-prévenus. En effet, les avocats de Khalifa Sall avaient soutenu que le tribunal correctionnel n’avait pas la compétence pour juger cette affaire dite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar attestant que seule la Cour des comptes est habilité à trancher sur cette affaire qui concerne une collectivité locale. Mais, en vidant les exceptions, le président d’audience Malick Lamotte a réfuté cet argument.

Selon lui, « l’exception d’incompétence n’est pas fondée » car les délits de faux et usage de faux en écriture publique, de faux et usage de faux dans des documents administratifs, de détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics et d’association de malfaiteurs pour lesquels Khalifa Sall et ses co-prévenus sont poursuivis relèvent de la compétence du tribunal. « Il n’y a pas de conflits de compétence entre la Cour des comptes et le tribunal de séance en matière correctionnelle. L’exception d’incompétence soulevée n’est pas fondée », démonte le président de l’audience.

D’après le juge Lamotte, « la main levée de mandat de dépôt ne peut être ordonnée par un tribunal correctionnel que sur la base de dispositions pertinentes de l’article 127 bis du Code de procédure pénale que les conseils de Khalifa Ababacar Sall n’ont pas invoqué ». Toutes les autres exceptions soulevées par les avocats de la défense ont été jointes au fond par le tribunal correctionnel de Dakar.

Aliou Ngamby NDIAYE

L’Ordre des avocats a pris la décision d’interdire à Me El Hadji Diouf de se constituer avocat pour la suite du procès Khalifa Sall.

« Pour la suite du procès, vous ne verrez plus Me El Hadj Moustapha Diouf comme avocat de la mairie de Dakar ou de l’Etat du Sénégal, car le bâtonnier a pris la décision de le lui interdire, décision que j’ai moi-même notifiée au principal concerné qui l’a accepté de bonne foi », a dit Me Ibrahima Diéguène en conférence de presse hier. Le Secrétaire général de l’Ordre des avocats a rappelé que la question de la constitution d’un avocat dans un dossier quelconque ne relève pas d’un tribunal. « S’il y a un contentieux sur cette question, c’est l’arbitrage du bâtonnier qui est sollicité et c’était le cas en espèce », souligne Me Dièguène. Pour l’ordre des avocats, « il est question de déontologie et le Conseil a l’obligation de veiller à cela parce que le respect des règles, c’est d’abord la protection de nos avocats ». Pour lui, l’expulsion d’un avocat de la salle d’audience est une violation de la loi. Et le Conseil de l’Ordre des avocats dit tirer toutes les conséquences de cette situation. « Le Bâtonnier et l’Ordre des avocats ont décidé de prendre ce problème à bras le corps », a fait savoir Me Aly Fall. Par souci d’anticipation, Me Ibrahima Diéguène, Secrétaire général du Conseil des avocats, évoque plusieurs hypothèses qui peuvent découler à la suite de ce délibéré. « Les exceptions soulevées aux fins d’annulation des procédures ou aux fins de soulever l’incompétence du tribunal peuvent, si elles prospèrent, mettre fin au procès. Dans le cas contraire, celui-ci va continuer. C’est pourquoi on attend le délibéré-là », a-t-il relevé. Même si pour le Sg de l’Ordre des avocats, l’article 5 de l’Uemoa sur la présence de conseils lors de l’interpellation du prévenu est clair et ne souffre d’aucune ambiguïté. « On peut bien demander l’annulation de la procédure si celle-ci n’a pas respecté les règles », précise Me Diéguène. « Notre confrère Me El Hadj Moustapha Diouf s’était déjà constitué pour Khalifa Ababacar Sall. Le bâtonnier, saisi de cette question, avait estimé qu’il ne le pouvait pas en se référant aux règles qui gouvernent notre profession. Il lui avait demandé de se retirer. Ce qu’il avait fait sans poser de problème », précise Me Ibrahima Diéguène. Il a rappelé que cette mesure d’interdiction s’appliquerait à tout avocat qui serait dans les mêmes conditions que notre confrère Me El Hadj Moustapha Diouf qui, « de bonne foi », a accepté cette interdiction. « Nous lui avons fait comprendre que le même texte qui lui interdisait de se constituer pour Khalifa Sall, c’est le même qui lui interdit de le faire pour la mairie de Dakar en tant que partie civile », explique le Secrétaire général de l’Ordre qui assure qu’on ne verra plus Me Diouf comme avocat pour la suite dans cette affaire, conformément l’article 11, alinéa 7 et 8 de la loi 2009-25 du 08 juillet 2009 portant modification de la loi n° 84-09 du 4 janvier 1984 complétée par la loi n° 87-30 du 28 décembre 1987 relative à l’Ordre des avocats.

Cheikh Malick COLY

Les fidèles catholiques de Grand Yoff ont célébré leur saint patron dimanche 28 janvier. La messe de la fête patronale a été présidée par Mgr André Guèye, évêque du diocèse de Thiès, en présence tous les prêtres de la paroisse. Mgr Guèye a invité les chrétiens de Grand Yoff à vivre pour le Christ.

Les fidèles catholiques de la paroisse Saint Paul de Grand Yoff ont réservé, week-end dernier, un accueil chaleureux à l’évêque du diocèse de Thiès, Mgr André Guèye. L’évêque est choisi cette année pour présider la messe de la conversion de Saint Paul marquant la fête patronale de ladite paroisse. Une fête patronale qui a mobilisé tous les paroissiens, en particulière la communauté sérère marraine de cet événement religieux, après les Manjacques l’année dernière. A cette occasion, les Sérères, aidés par les choristes, ont sorti tous les instruments de musique pour montrer les différentes facettes culturelles de cette communauté. Une forte ambiance qui n’a pas empêché Mgr Benjamin Guèye de donner des conseils aux fidèles catholiques de Grand Yoff en les exhortant de faire de Saint Paul leur modèle de tous les jours. Dans son homélie, après les deux lectures tirées des récits de Saint Paul, l’évêque de Thiès est largement revenu sur ce passage de Paul qui, au début de sa vie, était un ennemi des chrétiens. Un jour, une voix se leva : « Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? demanda Jésus à Paul sur la route de Damas. Cette rencontre avec le Christ ressuscité a complètement bouleversé le cours de la vie de Paul. Depuis cette rencontre, Paul vivra pour le Christ qui a donné sa vie pour l’humanité », a souligné Mgr Guèye. Il a ajouté que cette conversion a été le socle de sa vie. « C’était aussi une source de motivation, de force, de joie et de réconfort pour l’apôtre Paul », a expliqué le pasteur, qui a magnifié le fait que Saint Paul est resté fidèle jusqu’au bout pour mener un combat de la foi.

En le faisant, il a accepté de se convertir. Cette conversion de Paul est une réponse totale à celle de la foi entière sans feinte car cette conversion a été sincère et cohérente. Mgr André Guèye a demandé  aux fidèles de cette paroisse de se convertir pour être libérés de tous les obstacles qui peuvent les empêcher d’attendre et de répondre à cette voix de Jésus qui s’adresse aussi à tous les chrétiens. « Viens et suis moi ». « Pour répondre à cet appel, il faut accepter de se convertir pour encore une fois être libre de tout. Libérons-nous des liens, de toutes sortes d’obstacles qui empêchent de suivre Jésus », a lancé le père évêque.

Ces liens sont, entre autres, la mauvaise habitude dans notre vie, le lieu de travail, la mauvaise fréquentation, la rancune, le recours à des pratiques mystiques incompatibles avec la foi. « C’est cela la conversion », a prêché Mgr Guèye. « Marchons sur les pas de Saint Paul qui a mené un combat positif pour la foi. Ce combat demande que nous ayons recours aux armes qui sont la prière, les sacrements de l’eucharistique et de la pénitence mais surtout une écoute régulière de la parole de Dieu », a-t-il dit.

Eugène KALY

Après la sortie du collectif des avocats de Karim Wade et Cie dans un communiqué en date du 1er février 2018 (Ndlr : hier) soulignant que « le Tribunal de première instance de Monaco n’a pas accepté la validation de la saisie-arrêt pratiquée par l’Etat du Sénégal » et « a prononcé le sursis à statuer », les avocats de l’Etat ont répliqué hier dans un autre communiqué pour soutenir le contraire.

La bataille « juridique » hors tribunal se poursuit entre conseils de Karim Wade et Cie et ceux de l’Etat. Après que les avocats de M. Wade et Cie ont qualifié, dans un communiqué, de « mensonge d’Etat » le fait que l’Etat du Sénégal veut faire croire que « Karim Wade et Cie perdent à Monaco », ceux de l’Etat, notamment Mes Yérim Thiam, Félix Sow et Samba Bitèye, ont également sorti un communiqué hier pour affirmer mordicus que Karim Wade et Cie qui avaient demandé au Tribunal de Monaco que « soit prononcée la nullité de l’exploit de saisie-arrêt » délivré par l’Etat du Sénégal sur certains comptes à Monaco, « ont été entièrement déboutés ». Et de rappeler que dans son dispositif, le jugement a statué que « l’acte de saisie-arrêt et assignation en date du 22 mars 2016 signifié par l’Etat du Sénégal est régulier et qu’il doit produire ses entiers effets, déboute en conséquence les défendeurs (Karim Wade et Cie) de leurs demandes tendant à en voir prononcer la nullité ».

Par ailleurs, l’Etat du Sénégal relève que le collectif des avocats de Karim Wade et Cie se « contredit gravement » en relevant que l’Etat aurait subi « un revers judiciaire incontestable » alors qu’il reconnaît dans le même temps que la « procédure est toujours en cours ». Et de conclure que la « saisie-arrêt pratiquée par l’Etat est régulière, les demandes de Karim Wade et Cie en annulation ont été rejetées et que les comptes saisis sont toujours indisponibles, étant ici précisé qu’ils sont bloqués par la saisie-arrêt évoquée plus haut, mais également, sur le plan pénal, par une demande d’entraide internationale ». Mes Yérim Thiam, Félix Sow et Samba Bitèye disent « restés concentrés sur l’exécution de l’arrêt de la Crei » et ne se « laisseront pas divertir par les affirmations parfaitement mensongères relatives à une prétendue intrusion d’un magistrat étranger dans la procédure ».

Daouda MANE

Maître de conférences agrégé à l’Université de Thiès, médecin de formation et spécialiste en neurologie, Mamadou Moustapha Sarr vient de publier un ouvrage intitulé : « Le Coran, exégèse par Cheikh Ibrahima Niass (Baye) de Kaolack » (tome I). Il y est question d’une traduction en langue française des nombreuses séances d’exégèse du Coran que ce guide religieux faisait annuellement.

Le travail de Mamadou Moustapha Sarr mérite les éloges les plus enthousiastes. Son action est utile en cela qu’elle consigne une œuvre de vie inspirante, une mémoire de toute une communauté dévote. Revisiter une once de l’immense production scientifique de Cheikh Ibrahima Niass, comme il s’y est employé, est une réalisation de haute portée. Et quand il s’agit d’ouvrir une fenêtre sur l’exégèse coranique faite par lui, l’on parlera, sans exagération aucune, d’un acte de foi. Mamadou Moustapha Sarr, dans ce qui pourrait être considéré comme des précautions oratoires et sans doute par modestie, sollicite l’indulgence des musulmans pour les « imperfections ». Celles-ci, si elles existent, sont absorbées par le monceau d’informations contenues dans son ouvrage et les valeurs qui y sont exaltées.

L’auteur a fixé son regard sur un pan d’un mur de connaissances et de sens pour donner à voir une étendue illimitée de possibilités ; celles-là octroyées à ceux qui sont couverts par la grâce du Seigneur. Cheikh Ibrahima Niass, dont le Coran était le miracle, a marqué les esprits par sa science et touché les cœurs par son humanité. Le travail accompli par ce docteur en neurosciences de l’Université d’Aix-Marseille en est une belle illustration. Qu’en est-il exactement ? Mamadou Moustapha Sarr en dit ceci : « Cet ouvrage est une traduction en langue française des nombreuses séances d’exégèse du saint Coran que Mawlânâ Cheikh Ibrahima Niass faisait chaque année au cours du mois béni de Ramadan à l’entrée de sa maison sise au quartier de Médina Baye à Kaolack. Ce travail remarquable que le Cheikh a effectué pendant plusieurs années auprès de ses fidèles a été compilé dans des Cd audio. Sur l’ensemble des Cd audio, le Cheikh transmet son message en Wolof ».

Il s’agit donc d’une heureuse contribution à la propagation du message de celui qui est aussi appelé Cheikh Al Islam. Cela est d’autant plus important qu’El Hadj Ibrahima Niass « a aujourd’hui des millions de fidèles répartis dans le monde et seule une infime minorité parmi eux comprend le Wolof », a-t-il confié, non sans insister sur la maîtrise du Coran par cette figure emblématique du monde islamique et la pédagogie dont il faisait montre dans la transmission.

Il nous fait redécouvrir ce guide religieux d’érudition fascinante, de vaste culture ; cette culture-là qui est une exigence intellectuelle pour tout travail d’interprétation surtout quand il s’agit de la parole de Dieu. Baye Niass, riche d’une production livresque fournie, avait un lien particulier avec le Coran. Et Dieu l’a rétribué en l’outillant et en lui donnant une progéniture qui n’a jamais quitté ce sillon et qui s’est fabriquée un destin enviable. Mamadou Moustapha Sarr a axé son travail exaltant sur deux sourates : « L’Ouverture » (Al Fatiha) et « La vache » (Al Baqara). Et sur 263 pages, dans un style simple, clair et précis, il rapporte l’exégèse de ces deux sourates. Le lecteur se rend compte, page après page, de la richesse et de l’utilité des informations contenues dans l’ouvrage et relatives, entre autres, à l’histoire des prophètes, à la consolidation de la foi, aux leçons de vie et à la jurisprudence islamique. Cet ouvrage rappelle que le Coran reste pour le croyant un viatique mais aussi un rempart.

Le Coran, ce rempart
Une belle présentation de Cheikh Ibrahima Niass par une figure importante de l’Islam au Sénégal, Barham Mahmoud Diop, « assaisonne » aussi l’ouvrage d’un sublime portrait dont ne sont dignes que les élus de Dieu. On peut y lire ces mots d’une grande portée : « Cheikh Ibrahima Niass avait des rapports privilégiés avec le Coran. Il l’a, en effet, mémorisé très tôt et ne l’a jamais oublié. Il a aidé beaucoup de personnes, directement ou indirectement, à le mémoriser.

Une fois que Cheikh Ibrahim démarrait l’exégèse, il la poursuivait habituellement tous les jours jusqu’à la fin ; la seule exception connue à cette règle concernait sa dernière séance d’exégèse, car, en ce moment-là, sa santé était chancelante et ses occupations plus que jamais nombreuses. Cheikh Ibrahima réunissait toutes les qualités d’un bon exégète.

Alassane Aliou MBAYE

5.561 femmes ont bénéficié, mardi dernier, au Grand Théâtre, de 255 millions de FCfa pour le financement de leurs activités génératrices de revenus. Le ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, Ndèye Saly Diop Dieng, a également remis 658 attestations de fin de formation.

Dans le département de Dakar, 152 Unités économiques pour l’entreprenariat féminin (Ueef) vont bénéficier d’un financement de 255 millions de FCfa dont 75 millions en équipements de production au profit de 5.561 femmes et jeunes filles des 19 communes que compte la capitale. « Je suis heureuse de vous informer que le cumul des interventions dans les quatre départements s’élève à 565 millions devant générer 338 Unités économiques au profit de 12.000 femmes et jeunes filles », a déclaré, le ministre Ndèye Saly Diop Dieng en charge de la Femme, de la Famille et du Genre.

Cette cérémonie a été mise à profit pour remettre 658 attestations de fin de formation aux femmes s’activant dans l’aviculture, le commerce, la transformation de produits halieutiques, l’élevage, la saponification, la pâtisserie, les céréales locales, la boulangerie, la réparation de téléphone, le pressing, le micro-jardinage, l’artisanat, les fruits et légumes, etc.

Le ministre a salué la qualité des conclusions liées aux concertations à la base, autour des trois thèmes que sont l’entreprenariat féminin, l’autonomisation de la femme, le renforcement du partenariat entre le ministère et le mouvement associatif féminin qui lui a remis un mémorandum lu par Mme Oumou Barro Diouf, présidente du Comité consultatif des femmes de Dakar. « En entreprenant cette démarche de recherche-action, l’objectif était, suivant les orientations présidentielles du Conseil des ministres du 13 septembre 2017, de relancer l’entreprenariat féminin sans alourdir inutilement l’endettement des femmes. C’est d’ailleurs ce souci qui explique les apports en équipement qui sont des actifs sous forme de subvention », a affirmé le ministre de la Femme.

Cette innovation, ajoute Ndèye Saly Diop, assise sur les apports des membres avec l’appui financier du département, devrait faciliter l’accès aux ressources financières des vendeuses au détail et, en même temps, les soustraire de certaines pratiques usurières qui les maintiennent, au quotidien, dans la précarité et hypothèquent leur potentiel malgré de très lourds sacrifices consentis.

Dans une note remise à la presse, il est écrit qu’un crédit révolving de près de 450 millions de FCfa est actuellement en cours au profit de 430 entreprises bénéficiant à plus de 3.000 femmes et jeunes filles des communes de Médina Gounass, Yène, Guinaw Rail sud et Cambérène. La somme des financements du programme pilote des Unités économiques pour l’entreprenariat féminin (Ueef) dans quatre départements de la région de Dakar se chiffre à 790 millions de FCfa dont 225 millions en équipements de vie et de production mis à la disposition des 337 unités créées. Soit une intervention cumulée de 1.240.000.000 FCfa qui contribuera à l’autonomisation économique de plus de 16.000 femmes réparties dans 767 entreprises.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Assemblée annuelle de la Ligue islamique des Oulémas du Sénégal (Rabita) s’est tenue le 29 janvier 2018, à la mosquée El Hadj Oumar Al Foutiyou Tall à Dakar, en présence de ses membres venus d’horizons divers. Tenue sous la présidence de Thierno Madani Tall, président du Rabita, par ailleurs serviteur de la communauté omarienne, elle s’est essentiellement penchée sur les questions nationales et internationales les plus importantes. A l’issue de ses travaux, elle s’est félicitée de la brave position du gouvernement du Sénégal qui s’est érigé contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Aussi, a-t-elle magnifié l’action du président de la République du Sénégal, Macky Sall, dans la défense des droits et la sauvegarde des intérêts des pays africains. Elle approuve la position du gouvernement du Sénégal sur la tenue du colloque des francs-maçons à Dakar en février 2018. Toutefois, elle appelle l’Etat « à redoubler d’effort et d’efficacité dans sa politique de lutte contre le chômage, l’analphabétisme et les disparités sociales ». Cela doit se traduire, pour elle, par « un dialogue social sincère, loyal et inclusif, afin d’atteindre les objectifs souhaités ».

L’Assemblée invite les musulmans à prêter une forte attention à l’éducation islamique par l’enseignement islamique et l’initiation aux valeurs nobles comme vécues par nos valeureux devanciers des écoles soufies, valeurs sous-tendues par la sagesse et le bon conseil. Elle a invité la communauté internationale, particulièrement les dirigeants africains et arabes, à poursuivre les efforts pour la sécurité, la paix et la stabilité dans le monde entier. Elle demande l’arrêt des massacres des personnes innocentes et des actes de barbarie en Palestine, en Syrie, en Lybie, chez les musulmans Rohingya en Birmanie, au Mali, au Niger, au Nigéria, au Cameroun, etc. Elle a salué la position de l’Organisation des Nations unies à propos du statut de Jérusalem comme Cité internationale telle que l’a toujours reconnue les Nations unies, rejetant ainsi la décision de Donald Trump, président des Etats-Unis, voulant faire de Jérusalem la capitale de l’Etat d’Israël. Des prières ont été formulées pour que la justice, la sécurité et la paix règnent dans notre pays, particulièrement en Casamance, dans tous les pays musulmans, entre les pays du Golf et Qatar, au Proche-Orient, ainsi que dans le monde entier. Et surtout que notre pays puisse bien profiter de ses ressources minières, pétrolières et gazières pour qu’elles soient une source de bénédiction et d’unité et non de violence et de division.

Souleymane Diam SY

Dans le cadre de la traque des biens mal acquis, l’Etat du Sénégal qui avait demandé que soient bloqués les comptes ouverts au nom de Karim Wade et Cie notamment Bibo Bourgi et Mamadou Pouye, à Monaco, vient d’obtenir gain de cause. Le Tribunal de première instance de Monaco, statuant publiquement, par jugement contradictoire et en premier ressort, le 25 janvier dernier, ordonne « la jonction des procédures enregistrées sous les numéros 2016/000641 et 2017/000335 » et dit que « l’acte de saisie-arrêt et assignation en date du 22 mars 2016 signifié par l’Etat du Sénégal est régulier et qu’il doit produire ses effets immédiats.

Le Tribunal de Première instance de Monaco, présidé par Mme Martine Coulet-Castoldi, président, Chevalier de l’Ordre de Saint-Charles, assistée de Mme Florence Taillepied, Greffier, en présence de M. Olivier Zamphiroff, Premier Substitut du Procureur général, dans son arrêt de jugement du 25 janvier dernier, vient, en effet, d’ordonner que lesdits comptes soient bloqués, déboutant ainsi Karim Wade et Cie qui avaient demandé une main levée. L’Etat du Sénégal, était représenté par l’Agent judiciaire de l’Etat, Antoine Diom ayant élu domicile en l’étude de Me Thomas Ciaccardi, avocat-défenseur près la Cour d’appel de Monaco et plaidant ledit avocat-défenseur alors que Karim Wade a été défendu par Me Joëlle Pastor-Bensa, avocat-défenseur près la Cour d’appel de Monaco, substituée par Me Bernard Bensa, avocat-défenseur en cette même Cour.

Plusieurs comptes sont concernés dont l’un était au nom de Karim Wade, un de Bibo Bourgi, un de Mamadou Pouye et d’autres au nom de sociétés présumées écran dans la traque des biens mal acquis. Entre autres sociétés, on peut citer Dahlia Corporate S.A., Coral Services Management Ltd, Abs Corporate Ltd, Menzies Afrique Centrale Ltd, Ma Engineering Corp, La Société Aviation Handling Service Int, La Société Menzies Middle East & Africa S.A (Soparfi) (ex-Menzies Afrique S.A.).

C’est par requête en date du 17 novembre 2015 que l’Etat du Sénégal avait sollicité du Président du Tribunal de première instance de Monaco l’autorisation de saisir les comptes ouverts dans les livres de la société Julius Baër Bank Monaco au nom des personnes condamnées ainsi qu’au nom diverses sociétés dont ils seraient les bénéficiaires économiques ou les mandataires. Toutefois, par arrêté en date du 26 novembre 2015, cette requête a été rejetée par le Président du Tribunal de première instance de Monaco. Motif : « des mesures de blocage des comptes concernés avaient été signifiées à la banque de 7 juillet 2014 suite à la commission rogatoire délivrés à cette fin le 26 juin 2014 par les autorités sénégalaises, ces mesures produisant toujours les mêmes effets et permettant de garantir le recouvrement de la créance alléguée par l’Etat du Sénégal à l’encontre des consorts Wade, Aboukhalil et Pouye ».

En outre, « l’Etat du Sénégal ne justifiait pas d’être titulaire d’une créance à l’encontre des sociétés titulaires des comptes bancaires au sein de cette banque ». Mais, par arrêt du 25 février 2016, « la Cour d’appel de Monaco a infirmé partiellement ladite ordonnance et, statuant à nouveau, autorisé l’Etat du Sénégal à pratiquer une saisie arrêt à concurrence de la somme de 10 milliards de FCfa ou son équivalent en euros sur toutes sommes, avoirs, deniers ou valeurs détenus par Karim Wade et Ibrahima Aboukhalil, Mamadou Pouye ainsi que les sociétés Dahlia Corporate S.A., Coral Services Management Ltd, Abs Corporate Ltd, Menzies Afrique Centrale Ltd, Ma Engineering Corp, La Société Aviation Handling Service Int, La Société Menzies Middle East & Africa S.A (Soparfi) (ex-Menzies Afrique S.A.) Ce qu’il a pratiqué en date du 22 mars 2016, tout en assignant les personnes et sociétés en vue « de voir déclarer régulière et valable les saisies-arrêts pratiquées et d’obtenir la condamnation des défenseurs au paiement ».

Longue bataille juridique
Comme il fallait s’y attendre, Karim Wade, a déposé, le 5 octobre 2016, une demande pour que soit prononcée « la nullité de l’exploit de saisie-arrêt et assignation en date du 22 mars 2016 avec toutes les conséquences de droit et subsidiairement, le renvoi des parties à conclure au fond ». Il s’oppose également à la « jonction de la présente procédure avec celle initiée par exploit en date du 3 novembre 2016 sollicitée par l’Etat du Sénégal ». Selon Karim Wade, la saisie-arrêt a été pratiquée « sans titre puisque l’arrêt de la Crei du 23 mars 2015 n’est pas exécutoire à Monaco et que l’exploit de saisie-arrêt et assignation a été notifié à la société Julius Baër Wealth Management qui n’est pas tiers saisi car non mentionné dans l’arrêt de la Cour d’appel du 25 février 2016 ayant autorisé la saisie-arrêt de sorte que cet exploit est entaché de nullité ». Il souligne, en outre, que les demandes formées par ce même exploit de saisie-arrêt du 22 mars 2016 sont « irrecevables puisque cet acte n’a pas été délivré au tiers saisi et que l’erreur commise ne saurait s’envisager comme une simple erreur matérielle ». S’agissant de la demande de jonction, il considère qu’il y a lieu de « la rejeter en ce qu’il ne s’agit pas d’une mesure d’administration judiciaire ».

Toutefois, l’Etat du Sénégal est revenu à la charge par requête du 5 juillet 2016, mais le 11 juillet de la même année, le Président du Tribunal de première instance dit n’y avoir lieu de faire la requête et par arrêt du 16 septembre 2016, la Cour d’appel a réformé cette ordonnance et déclaré « irrecevable la requête du 5 juillet » au motif que l’arrêt du 25 février 2016 continuait de « produire ses effets dès lors que, le 22 mars 2016, l’huissier l’avait signifié, à tort, à la société Julius Baër Wealth Management, personne morale distincte de la société Julius Baër Bank, entre les mains de laquelle la saisie a été autorisée ».

Une fois de plus l’Etat sénégalais charge. Le 4 octobre 2017,, sous le n°2017/335, il demande que soit ordonnée « la jonction de cette procédure avec celle introduite par exploit de saisie-arrêt et assignation du 22 mars 2016 » et que soit ordonné, « un sursis à statuer dans l’attente du jugement d’exequatur à intervenir dans le cadre de l’instance introduite par exploit d’assignation du 13 février 2017 » et enfin qu’il soit donné « acte de ce qu’il se réserve le droit de conclure sur le fond ». Karim Wade, également, le 8 mars 2017, demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, que la procédure introduite selon exploit de saisie-arrêt et assignation du 3 novembre 2016 soit déclarée « irrecevable et que la main levée de cette mesure soit ordonnée ».

Jonction ordonnée
C’est après avoir rappelé toute cette bataille juridique, les différentes requêtes introduites par les différentes parties, les jugements et recours introduits avec les différentes dates précises, que le Tribunal de première instance de Monaco, statuant publiquement, par jugement contradictoire et en premier ressort, ordonne « la jonction des procédures enregistrées sous les numéros 2016/000641 et 2017/000335 » et dit que « l’acte de saisie-arrêt et assignation en date du 22 mars 2016 signifié par l’Etat du Sénégal est régulier et qu’il doit produire ses effets immédiats ».

Dès lors, le Tribunal « déboute les défenseurs de leurs demandes tendant à en prononcer la nullité avec toutes les conséquences de droit ».

Par ailleurs, le tribunal constate que la deuxième saisie-arrêt pratiquée par l’Etat du Sénégal le 3 novembre 2016 est « sans objet » et « ordonne en tant que de besoin sa main levée. Il sursoit à statuer sur le surplus des demandes des parties dans l’attente de l’issue de la procédure d’exequatur engagée par l’Etat du Sénégal selon l’exploit d’assignation en date du 13 février 2017 et ordonne le placement de l’affaire au « Rôle général » et dit qu’elle sera « à toute audience utile à la requête de l’une ou l’autre des parties ».

Daouda MANE

La défense a déposé, hier, un cautionnement de 12 villas pour la libération de Khalifa Sall. Et continue de demander l’annulation de la procédure.

Pour obtenir la liberté provisoire de leur client, les avocats de Khalifa Sall ont déposé, hier matin, sur la table du juge Malick Lamotte, une offre de cautionnement de titres de propriété de 12 villas et leurs rapports d'expertise. Dans ce sens, Me Seydou Diagne a tenu à préciser: « Nous vous avons communiqué ce matin 12 rapports d'expertise et 12 titres de propriété. S'il y a des contestations, nous demandons à votre juridiction de nous désigner un expert pour qu’il aille faire les contre-expertises nécessaires. Les titres de propriétés de 12 villas, c’est largement au-dessus de 1 milliard 800 millions que vous nous reprochez », a-t-il estimé. 

« Annulation de la procèdure »
« Le débat sur les exceptions est un débat de procédure. C’est un débat hautement technique qui mérite une attention. Aujourd’hui, si on suit la cohérence et la logique, M. Khalifa Sall devrait être justiciable de la haute cour de justice. Nous volons une bonne application de la loi et nous n’avons rien de plus à demander », a fait savoir Me Khassimou Touré, hier, sixième jour du procès Khalifa Sall et Cie. Lui emboitant le pas, Me Amadou Sall a dénoncé la précipitation avec la quelle le dossier a été mené. « Nous avons en face de nous un dossier géré précipitamment et illégalement. En tout cas, j’ai peur. Mais ce qui sera rendu sera commenté et on l’enseignera aux étudiants », a-t-il prévenu. D’autres avocats de la défense ont convoqué les dispositions du règlement 5 de l’Uemoa pour demander au tribunal de constater  la nullité qui est « incontournable » et de dire que cette procédure ne peut pas continuer. « A partir du moment où la cour des comptes n’a pas dit qu’il eu une infraction, je considère que le juge pénal que vous êtes ne peut pas statuer, prendre la place du juge financier », a exposé Me Amadou Aly Kane s’adressant au juge Malick Lamotte. Selon lui, Khalifa et Cie sont en « détention arbitraire ». « On ne peut rien leur reprocher. Nous vous demandons d’ordonner la main levée des mandants parce qu’ils sont en détention arbitraire.  Vous ne pouvez pas statuer en ce moment », a-t-il insisté. De son côté, Me Bamba Cissé qui a plaidé la nullité de la procédure du fait qu'elle est entachée de beaucoup de manquements, a invité le tribunal à dire le droit. « Les textes disent que la mention est obligatoire à peine de nullité. La première obligation est d'informer la personne interpellée sans délai.

La mention n'a pas été faite. La procédure est nulle. Il est clair que dans ce dossier, cette exception ne peut pas être contournée », a-t-il défendu. Demandant l’arrêt immédiat des poursuites, Me Seydou Diagne a invité au respect des fondements de notre Etat. « Respectons les textes ! Le règlement de l’Uemoa s’applique à cette affaire », a-t-il dit. Et à Me Moustapha Ndoye d’énoncer : « Si la procédure est nulle, c’est le travail du parquet.  Dire que Kalifa a pris, c’est une violation. Vous êtes très pressé M. le procureur. Vous ne devez que vous en tenir à la loi, en demandant l’application de la loi », a-t-il dit au procureur. Le Juge Malick Lamotte était là pour rappellé à l’ordre. « votre interlocuteur est le tribunal. Le plus important est de convaincre le tribunal mais pas d’attaquer le procureur », dit le président du tribunal.

Amadou DIOP

L’AGENT JUDICAIRE DE L’ETAT : « LE PROCÈS VERBAL, C’EST TOUT CE QU’IL Y A DE PLUS RÉGULIER »
Prenant la parole pour « apporter des éléments de réponse », l’agent judiciaire de l’Etat, Antoine Diome, a soutenu à l’endroit du juge que toutes les demandes qui ont été faites ont pour objectif de vous dire que vous ne pouvez pas aller au fond, que cette procédure devait s’arrêter. « Il y a eu des contradictions manifestes de la part de la défense. On a fait ici un tort extrêmement grave  à la chambre d’accusation.  Vous n’avez pas pu caractériser l’effectivité d’un grief. Ce qui fait malheureusement défaut à votre démonstration.

Vous n’avez pas été en mesure de démontrer l’effectivité de ce grief. La violation alléguée n’est pas suffisamment caractérisée », a indiqué l’agent judiciaire de l’Etat.  Avant de préciser: « Le procès-verbal, c’est tout ce qu’il y a de plus régulier. Il y a une jurisprudence abondante qui établit à suffisance que les griefs sont insuffisants pour établir l’annulation de la procédure ». « Que quelqu’un montre ici que le rapport de l’Ige s’est retrouvé dans le dossier de manière clandestine », a-t-il lancé à l’endroit de la défense.

A. DIOP

Le tribunal a suspendu le jugement jusqu’à vendredi prochain pour donner suite à la requête de la défense sur la liberté provisoire des prévenus.

Le tribunal a pris la décision de délibérer cette question relative à la liberté provisoire formulée par la défense vendredi, mieux de statuer sur toutes les questions urgentes. Le juge Malick Lamotte veut en finir avec les exceptions soulevées pour rentrer dans le fond du dossier. « La séance est suspendue jusqu’à vendredi pour rendre le délibéré sur les questions urgentes », a précisément dit le président Malick Lamotte qui a interpelé Barthélémy Diaz, le maire de Sacré-Cœur pour lui demander de déposer sa constitution de partie civile auprès du tribunal. « Je le ferai très prochainement », a dit le maire Diaz. Pour Me Ndèye Fatou Touré, la défense n’a pas besoin de formuler une demande de mise en liberté provisoire. Elle se fonde sur les dispositions du Code de procédure pénale habituelle. « Nous estimons que c’est une libération d’office. Khalifa Sall est un député qui bénéficie de plein droit de son immunité parlementaire qui n’a pas été levé et pour laquelle aucune autorisation en bonne et due forme n’a été donnée par l’Assemblée nationale dans les règles de l’art », a soutenu Me Touré, pour qui le tribunal n’est pas compétent, donc ne peut pas statuer sur les exceptions qui sont jointes au fond.

Cheikh Malick COLY

L’Archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, a invité, dimanche 28 janvier à Fatick, les chrétiens à avoir la foi en Jésus-Christ et à se départir du charlatanisme.

L’Archevêque Benjamin Ndiaye, qui présidait à la cathédrale Sainte Jeanne d’Arc la messe solennelle commémorative du jubilé de 33 ans d’existence de l’Union des femmes catholiques du Diocèse de Dakar dont il est l’Evêque, a beaucoup insisté dans son homélie sur le fait que de plus en plus les hommes croient beaucoup plus de nos jours à cette pratique dont la définition renvoie à plusieurs formes pour gagner ou tout autre avantage mais aussi est utilisée dans le domaine médical.

L’Archevêque de Dakar a ainsi invité aux fidèles chrétiens à se départir de ces pratiques et avoir la foi qui mène au salut et qui doit être centrée sur le Seigneur Jésus-Christ. Et, avoir foi en Jésus-Christ signifie lui faire confiance et obéir à ses commandements. La foi est beaucoup plus qu’une croyance passive. Nous exprimons notre foi par l’action, par la manière dont nous vivons, a indiqué le prélat. Mgr Benjamin Ndiaye a ensuite rendu un vibrant hommage aux femmes catholiques en général et celles du diocèse de Dakar en particulier dont le jubilé de plus d’une trentaine d’années qu’elles fêtent marque un couronnement d’efforts au sein des associations de base et au sein de l’union nationale. La présidente des femmes du Diocèse de Dakar, Mme Madeleine Bassène, a manifesté, au nom de ses sœurs, l’engagement de leur union à contribuer au développement économique et social du Sénégal à travers surtout les activités génératrices de revenus mais aussi et surtout à maintenir la dynamique de mobilisation au sein des paroisses et ne plus attendre les grands évènements de ce genre.

Pour la coordinatrice nationale des unions diocésaines du Sénégal, Mme Monique Faye Thiandoum, « ce jubilé marque surtout un nouveau départ pour consolider les acquis et continuer le travail afin de relever encore des défis. Et, le thème "Femme, source d’amour et de vie" nous interpelle à vivre le premier commandement de Dieu qui nous invite à nous aimer les uns les autres. Car, cet amour que nous cherchons tous les jours est matérialisé dans l’exploitation des thèmes dont les orientations nous amènent à œuvrer pour le renforcement du dialogue interreligieux, à s’engager dans l’éducation à la paix, à mener des actions pour apporter l’espérance aux personnes souffrent et à accompagner les jeunes ».

Auparavant, le curé de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc, l’abbé Simon Niakh, a évoqué « cette nette évolution de la femme dans la société et dans l’église, caractéristique de notre époque et qui représente, avec toutes ses chances et ses dangers, une interpellation toute particulière pour l’Eglise et les femmes chrétiennes de notre temps ». Plusieurs intervenants dont l’Abbé Léon Marcel Ngom, Mme Astou Bâ au nom des femmes musulmanes pour marquer le dialogue islamo-chrétien et Alphonse Ndiaye au nos des autorités, se sont succédé à la tribune pour magnifier ce jubilé dont le doyenné de Fatick à eu l’honneur d’abriter.

Mohamadou SAGNE

La procédure d’urgence intentée, hier, à Abuja, par la défense de Khalifa Sall en vue d’arrêter les poursuites n’a pas prospéré. Conséquence : le procès de Dakar ne sera pas suspendu.

Me Ousmane Diagne, avocat de l’Etat, jubile ; à juste titre. La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a estimé, hier, « qu’il n’y a aucune urgence » justifiant l’arrêt des poursuites contre le maire de Dakar, Khalifa Sall. « C’est un revers, une grosse défaite pour la défense », s’est réjouit Me Diagne, joint par téléphone depuis Abuja, capitale du Nigeria. « Si l’objectif était de stopper les poursuites, c’est peine perdue. Le procès de Dakar va se dérouler comme prévu, conformément à la loi », a dit Me Ousmane Diagne, qui a défendu les intérêts de l’Etat devant la Cour de justice de la Cedeao. « La défense a sortie de grossièretés, allant même jusqu’à comparer le Sénégal à la Lybie en matière de respect de droits de l’homme. C’est grave et inadmissible », a regretté Me Diagne, qui a vivement salué la décision de la Cour qui, a-t-il relevé, a été « lucide » en renvoyant l’affaire au 20 février. « Il est clair qu’avant cette date, le procès de Khalifa Sall sera terminé et le droit dit », a estimé Me Diagne qui était à Abuja en compagnie de Mafal Fall, numéro de 2 de l’agence judiciaire de l’Etat.

« Le simple fait que la Cour ait décide de renvoyer l’affaire au 20 février est une victoire de l’Etat. Cela veut dire que les droits de Khalifa Sall n’ont pas été violés, ne sont pas violés », a insisté Me Diagne, qui se veut catégorique : quand il y a délibéré, cela veut dire qu’il y a aucune urgence. De son côté, Me Ciré Clédor Ly, avocat de la défense, a soutenu devant la Cour de la Cedeao que les droits de Khalifa Sall n’étaient pas respectés par l’Etat du Sénégal. Me Ly est longuement revenu sur l’enquête concernant la caisse d’avance de la ville de Dakar. Une enquête qui, a-t-il dit, n’a pas été menée dans les règles de droit. Me Ly a dit et soutenu devant la Cour que les poursuites contre le maire de Dakar sont « discriminatoires et sélectives en violation » des instruments internationaux. Il a, par conséquent, purement et simplement demandé la fin de ces poursuites « jusqu’à satisfaction et respect par l’Etat des exigences et droits de Khalifa Sall ».

Abdoulaye DIALLO


LIBERTÉ PROVISOIRE DE KHALIFA SALL : LA DÉFENSE DÉPOSE UN CAUTIONNEMENT DE 12 VILLAS
La défense a déposé, hier, un cautionnement de 12 villas pour la libération de Khalifa Sall. Et continue de demander l’annulation de la procédure.

Pour obtenir la liberté provisoire de leur client, les avocats de Khalifa Sall ont déposé, hier matin, sur la table du juge Malick Lamotte, une offre de cautionnement de titres de propriété de 12 villas et leurs rapports d'expertise. Dans ce sens, Me Seydou Diagne a tenu à préciser: « Nous vous avons communiqué ce matin 12 rapports d'expertise et 12 titres de propriété. S'il y a des contestations, nous demandons à votre juridiction de nous désigner un expert pour qu’il aille faire les contre-expertises nécessaires. Les titres de propriétés de 12 villas, c’est largement au-dessus de 1 milliard 800 millions que vous nous reprochez », a-t-il estimé. 

« Annulation de la procèdure »
« Le débat sur les exceptions est un débat de procédure. C’est un débat hautement technique qui mérite une attention. Aujourd’hui, si on suit la cohérence et la logique, M. Khalifa Sall devrait être justiciable de la haute cour de justice. Nous volons une bonne application de la loi et nous n’avons rien de plus à demander », a fait savoir Me Khassimou Touré, hier, sixième jour du procès Khalifa Sall et Cie. Lui emboitant le pas, Me Amadou Sall a dénoncé la précipitation avec la quelle le dossier a été mené. « Nous avons en face de nous un dossier géré précipitamment et illégalement. En tout cas, j’ai peur. Mais ce qui sera rendu sera commenté et on l’enseignera aux étudiants », a-t-il prévenu. D’autres avocats de la défense ont convoqué les dispositions du règlement 5 de l’Uemoa pour demander au tribunal de constater  la nullité qui est « incontournable » et de dire que cette procédure ne peut pas continuer. « A partir du moment où la cour des comptes n’a pas dit qu’il eu une infraction, je considère que le juge pénal que vous êtes ne peut pas statuer, prendre la place du juge financier », a exposé Me Amadou Aly Kane s’adressant au juge Malick Lamotte. Selon lui, Khalifa et Cie sont en « détention arbitraire ». « On ne peut rien leur reprocher. Nous vous demandons d’ordonner la main levée des mandants parce qu’ils sont en détention arbitraire.  Vous ne pouvez pas statuer en ce moment », a-t-il insisté. De son côté, Me Bamba Cissé qui a plaidé la nullité de la procédure du fait qu'elle est entachée de beaucoup de manquements, a invité le tribunal à dire le droit. « Les textes disent que la mention est obligatoire à peine de nullité. La première obligation est d'informer la personne interpellée sans délai.

La mention n'a pas été faite. La procédure est nulle. Il est clair que dans ce dossier, cette exception ne peut pas être contournée », a-t-il défendu. Demandant l’arrêt immédiat des poursuites, Me Seydou Diagne a invité au respect des fondements de notre Etat. « Respectons les textes ! Le règlement de l’Uemoa s’applique à cette affaire », a-t-il dit. Et à Me Moustapha Ndoye d’énoncer : « Si la procédure est nulle, c’est le travail du parquet.  Dire que Kalifa a pris, c’est une violation. Vous êtes très pressé M. le procureur. Vous ne devez que vous en tenir à la loi, en demandant l’application de la loi », a-t-il dit au procureur. Le Juge Malick Lamotte était là pour rappellé à l’ordre. « votre interlocuteur est le tribunal. Le plus important est de convaincre le tribunal mais pas d’attaquer le procureur », dit le président du tribunal.

Amadou DIOP

L’AGENT JUDICAIRE DE L’ETAT : « LE PROCÈS VERBAL, C’EST TOUT CE QU’IL Y A DE PLUS RÉGULIER »
Antoine DiomePrenant la parole pour « apporter des éléments de réponse », l’agent judiciaire de l’Etat, Antoine Diome, a soutenu à l’endroit du juge que toutes les demandes qui ont été faites ont pour objectif de vous dire que vous ne pouvez pas aller au fond, que cette procédure devait s’arrêter. « Il y a eu des contradictions manifestes de la part de la défense. On a fait ici un tort extrêmement grave  à la chambre d’accusation.  Vous n’avez pas pu caractériser l’effectivité d’un grief. Ce qui fait malheureusement défaut à votre démonstration.

Vous n’avez pas été en mesure de démontrer l’effectivité de ce grief. La violation alléguée n’est pas suffisamment caractérisée », a indiqué l’agent judiciaire de l’Etat.  Avant de préciser: « Le procès-verbal, c’est tout ce qu’il y a de plus régulier. Il y a une jurisprudence abondante qui établit à suffisance que les griefs sont insuffisants pour établir l’annulation de la procédure ». « Que quelqu’un montre ici que le rapport de l’Ige s’est retrouvé dans le dossier de manière clandestine », a-t-il lancé à l’endroit de la défense.

A. DIOP


LE DÉLIBÉRÉ SUR LA LIBÉRATION PROVISOIRE RENDU VENDREDI
Le tribunal a suspendu le jugement jusqu’à vendredi prochain pour donner suite à la requête de la défense sur la liberté provisoire des prévenus.

Le tribunal a pris la décision de délibérer cette question relative à la liberté provisoire formulée par la défense vendredi, mieux de statuer sur toutes les questions urgentes. Le juge Malick Lamotte veut en finir avec les exceptions soulevées pour rentrer dans le fond du dossier. « La séance est suspendue jusqu’à vendredi pour rendre le délibéré sur les questions urgentes », a précisément dit le président Malick Lamotte qui a interpelé Barthélémy Diaz, le maire de Sacré-Cœur pour lui demander de déposer sa constitution de partie civile auprès du tribunal. « Je le ferai très prochainement », a dit le maire Diaz. Pour Me Ndèye Fatou Touré, la défense n’a pas besoin de formuler une demande de mise en liberté provisoire. Elle se fonde sur les dispositions du Code de procédure pénale habituelle. « Nous estimons que c’est une libération d’office. Khalifa Sall est un député qui bénéficie de plein droit de son immunité parlementaire qui n’a pas été levé et pour laquelle aucune autorisation en bonne et due forme n’a été donnée par l’Assemblée nationale dans les règles de l’art », a soutenu Me Touré, pour qui le tribunal n’est pas compétent, donc ne peut pas statuer sur les exceptions qui sont jointes au fond.

Cheikh Malick COLY

A la suite du décès de Fallou Diakhaté, un pêcheur originaire de Guet Ndar tué par les garde-côtes mauritaniens samedi dernier, les populations ont manifesté leur courroux. Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye annonce l’arrivée d’un patrouilleur de l’armée sénégalaise pour participer à la sécurisation des côtes.

La venue du ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye a permis de détendre une atmosphère tendue toute la journée durant. Sur le parvis de la gouvernance, que les manifestants avaient pris d’assaut dès la fin de l’après-midi après de rudes empoignades avec les forces de l’ordre, Aly Ngouille Ndiaye a rappelé les actions de l’Etat depuis la survenue de « cette terrible nouvelle ». Ainsi, poursuit-il, « un patrouilleur de l’armée sénégalaise est en chemin afin de sécuriser nos frontières maritimes avec la Mauritanie. Et nous étudions comment il pourra rester ici pour toujours ». En effet, concernant cette question, les pêcheurs dénonçaient souvent le fait que les garde-côtes mauritaniens les poursuivaient jusque dans les eaux sénégalaises pour, après, leur tirer dessus.

Le ministre est aussi revenu sur les échanges à Addis-Abeba, où se déroule le Sommet de l’Ua, entre le président Macky Sall et son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dès la survenue de cet évènement. Dans cette même logique, les présidents Sall et Aziz avaient eu entretien téléphonique, il y a une dizaine de jours, pour un contrat à signer dans le cadre de l’exploitation du pétrole et du gaz. Mais « des questions subsidiaires, comme les licences de pêche, entre ces deux partenaires devaient être abordées », renseigne-t-il.

Le ministre a condamné cet acte tout en soulignant avoir dit aux autorités mauritaniennes de garder le corps afin de faire une autopsie et un rapport sur le déroulé de ce malheureux incident. Cela, après que les Mauritaniens ont voulu remettre la dépouille aux autorités sénégalaises. Pour l’heure, le restant des membres de l’équipage est toujours détenu en Mauritanie et on a enregistré un blessé par balle parmi eux.

Grande tension en ville
Saint-Louis a connu une grande tension hier avec des populations de Guet Ndar. Ces derniers ont, dès le début de l’après-midi, commencé a jeté des pierres aux forces de l’ordre. Il faut aussi noter qu’un bus de transport « Tata » de même que deux voitures ont été incendiées par les populations. A noter aussi que des cantines détenues par des ressortissants mauritaniens ont été saccagées par les manifestants. En un moment donné, la tension était telle que le comité régional de sécurité réuni depuis le matin a jugé bon de faire intervenir l’armée pour sécuriser les abords de la gouvernance.

Dans la soirée, une réunion s’est tenue entre les plénipotentiaires des manifestants, les ministres Aly Ngouille Ndiaye et Mansour Faye en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement et maire de la ville. Au demeurant, le ministre de l’Intérieur a condamné ces tueries car, « même si les pêcheurs sont dans le tort, il existe des tirs de sommation, des arraisonnements et des amendes ; mais tirer pour tuer, c’est trop ». Sur cette même question, le ministre a dit la volonté du gouvernement de voir comment protester sur le plan diplomatique face aux nombreux morts qu’enregistre la Langue de Barbarie.

Amadou Maguette NDAW

Le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, est monté au créneau, pendant l’après-midi d’hier, pour contester les arguments des avocats de la défense qui ont soulevé plusieurs exceptions de nullité. Il a requis du président du tribunal l’irrecevabilité de ces exceptions.

Pour l’après-midi, les nombreux curieux et proches du maire de Dakar qui avaient envahi la salle d’audience depuis le matin ont conservé leur place. Dans la salle archicomble, seule la voix du procureur de République, Serigne Bassirou Guèye, tonnait. Debout, documents en main parfois, le procureur de la République a tenu à démonter point par point toutes les exceptions de nullité soulevées par les avocats de la défense qui ont demandé l’annulation de la procédure. D’abord, sur la nullité des procès-verbaux de l’enquête demandée par Me Demba Ciré Bathily et compagnie, faute d’assistance de leur avocat comme le veut l’article 5 du règlement de l’Uemoa, le procureur indique que les personnes concernées ont été interrogées dans le respect de la loi. Pour lui, les prévenus, lors de leur audition, n’ont pas été interpelés mais juste convoqués. Concernant le débat sur l’immunité parlementaire, le procureur Serigne Basssirou Guèye a expliqué que cette immunité a été correctement levée par les autorités compétentes de l’Assemblée nationale et la preuve de cela a été rapportée. Sur ce, il rappelle qu’il ne peut y avoir de nullité de la procédure.

Le procureur qui demande aux avocats de la défense de se conformer à la loi, a sous-entendu que toute cette bataille de procédure est faite pour refuser d’entrer dans le fond du dossier qui intéresse les Sénégalais. « On ne peut pas déconstruire la loi. Je sais que ce je dis est clair, les élucubrations ne m’intéressent pas. Après tout ce qu’on a dit ; que la personne est en prison depuis 9 mois, cette personne a maintenant l’occasion de d’être jugée et vous dites non », regrette-t-il. Pour le chef du parquet, ce n’est pas comme ça que l’on doit gérer la défense de son client. Sur les des témoins qu’aurait refusé d’entendre le juge, le procureur, convaincu « que la loi va gagner », rappelle que d’après les dispositions juridiques, « le juge n’entend que les personnes dont la déposition parait utile ». Revenant sur la demande de liberté provisoire demandée par la défense, le magistrat reconnaît que c’est le tribunal qui va trancher, mais réaffirme que jusqu’à présent, il n’a la preuve du cautionnement de la défense. Insistant sur l’importance d’aller dans le fond pour édifier les Sénégalais sur cette affaire dite de la Caisse d’avance, le procureur argue que la défense à l’occasion de l’expliquer mais elle semble ne pas vouloir le faire. En tout cas, le parquet a estimé avoir les preuves de ses accusations contre le prévenu et compte le démontrer comme il l’a toujours répété. Après son plaidoyer, le procureur de la République a demandé au président du tribunal de rejeter toutes les exceptions de nullité soulevées par la défense pour qu’on aille dans le fond du dossier.

La défense insiste sur la nullité de la procédure
Après avoir écouté le réquisitoire du parquet, le juge Lamotte a accordé 3 heures de réplique à la défense et à la partie civile. Sur ce, les avocats de la défense ont tous argumenté qu’avec l’absence d’assistance d’avocats à l’enquête, la procédure doit être annulée car cela est une exigence avec l’article 5 du règlement de l’Uemoa. Me Mbaye Sène, un des avocats de Khalifa Sall, a confirmé qu’avec cette disposition communautaire, dès qu’une personne est convoquée à la brigade de gendarmerie ou à la police, elle doit bénéficier de l’assistance de son avocat et « s’il y a omission de cette mention, le procès-verbal est sanctionné par la nullité ». Même avis chez l’avocat de Mbaye Touré, un co-prévenu de Khaliofa Sall. Me Pape Leyti Ndiaye, qui fait remarquer que le dossier ne se limite pas au maire de Dakar, affirme que « le procès-verbal concernant Mbaye Touré est nul » car ne respecte pas l’article 5 de ce règlement. Il a accusé le procureur de vouloir contourner cette disposition en soutenant que son client n’était pas suspect au moment de son audition. ment de son audition.

Oumar KANDE

Des avocats de l’Etat du Sénégal et ceux de Khalifa Sall sont à Abuja aujourd’hui, devant la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

L’audience est prévue à 10 heures. Me Ciré Clédore Ly est le seul parmi les membres du pool d’avocats de Sall à faire le déplacement au Nigéria. Du côté de l’Etat, deux représentants annoncés : le magistrat Mafal Fall, numéro de 2 de l’agence judiciaire de l’Etat et Me Ousmane Diagne, avocat, spécialiste en droit public et en droit international. Khalifa Sall estime que ses droits n’ont pas été respectés, que l’enquête sur la caisse d’avance de la ville de Dakar n’a pas été menée avec les règles de droit. Les conseils du maire de Dakar vont profiter de cette audience de ce matin pour demander à l’Etat du Sénégal de respecter ses engagements internationaux mais aussi et surtout d’organiser un procès équitable et qui soit placé dans des conditions d’égalité.

Pour les avocats de l’Etat, la procédure engagée par la défense vise à paralyser la justice. « En réalité, Khalifa Sall et ses avocats ont peur parce que les pièces du dossier sont très claires », soutient Me Félix Sow, qui rappelle que la procédure engagée n’aura aucune incidence sur le déroulement du procès à Dakar.

A. DIALLO

Le juge Malick Lamotte a signifié, hier, à Me El hadj Diouf qui s’est constitué partie civile de la ville de Dakar qu’il ne pouvait plus prendre part au procès Khalifa Sall et Cie.

Malick Lamotte tient au respect des règles et principes de droit. Me El Hadj Diouf l’a appris à ses dépens hier. L’avocat commis par la ville de Dakar a tout simplement été exclu du procès Khalifa Sall contre l’Etat du Sénégal. « Vous venez de démontrer avec pertinence que vous défendez le prévenu. Les dispositions de l’article 372 du Code de procédure pénale ne vous permettent pas de le faire. Nous sommes au regret de vous dire que vous ne pouvez plus continuer à plaider dans ce procès », a dit le juge Lamotte pour signifier à Me Diouf son exclusion de ce procès.

L’avocat venait de faire une brillante plaidoirie en faveur de Khalifa « en violation », selon Malcik Lamotte, de l’article 372 » qui est clair : « Le tribunal, saisi de l’action publique, est compétent pour statuer sur toutes exceptions proposées par le prévenu pour sa défense, à moins que la loi n’en dispose autrement, ou que le prévenu n’excipe d’un droit réel immobilier ». En fait, Me El Hadj Diouf, avocat de la partie civile, s’est comporté comme un défenseur du prévenu Khalifa Sall. Ce n’est pas la première récusation de Me Elhadj Diouf dans ce procès. Il avait vu sa constitution en tant qu’avocat de Khalifa Sall rejetée, conformément à  l’article 11 de la loi qui régit le corps des avocats. Selon cet article, un ancien ministre ou ancien député ne peut pas plaider contre l’État du Sénégal pendant une durée de trois ans depuis la cessation de ses fonctions. Il faut dire qu’avant cette exclusion de Me Diouf, le président du tribunal correctionnel de Dakar n’a cessé d’appeler au respect des règles de procédure. « Une partie civile n'a pas besoin de soulever des exceptions de nullité », avait insisté le magistrat Malick Lamotte, qui, juste après avoir notifié à Me Diouf son exclusion, a suspendu l’audience. Bien entendu, l’avocat a clairement dit qu’il n’allait pas se plier à cette décision. « Je suis et reste dans le procès », a réagi Me Diouf, qui a crié « au complot ». Il a qualifié le procès « d’une hérésie judicaire » dont le seul but est de liquider un adversaire politique.

« Une défense dilatoire »
Avant l’exclusion de Me Diouf, les avocats de l’Etat ont fait « un ratissage » de toutes les exceptions soulevées par la défense. Et c’est pour démontrer qu’elles sont irrecevables. Selon Me Baboucar Cissé, avocat de l’Etat, la défense semble ignorer toutes les décisions rendues par les juridictions du pays. « Cela est inadmissible, inacceptable », a-t-il regretté. Me Cissé a soutenu que les exceptions soulevées par la défense sont « purement dilatoires ». « L’argument consistant à dire qu’il y a violation des droits de la défense ne peut pas progresser. Et il y a lieu de le rejeter », a dit Me Cissé. Revenant sur la mise en liberté provisoire sous caution demandée par la défense, Me Cissé soutient que cette requête est « mal fondée », rappelant les dispositions des articles 140, 130 et 133 du Code de procédure pénale. « Ici, on a affaire à un cautionnement d’un manquant initial qui ne peut se faire qu’en espèces », a expliqué Me Cissé. Dans cette mémé dynamique, Me Félix Sow a vigoureusement dénoncé le  mode opératoire de la défense qui a décidé de fonder sa plaidoirie que sur trois « faux postulats » : les fonds politiques, l’incompétence du tribunal et le réquisitoire introductif du procureur. Me Sow se veut clair : il n’y a pas de fonds politiques dans la comptabilité publique. « Ce qui existe, ce sont des crédits ordinaires. Et il est manifestement incohérent de dire que ces fonds sont politiques donc ne relèvent que de la compétence de la Cour des comptes », a défendu Me Sow, qui a aussi dit et redit que ce n’est pas Khalifa Sall député qui est poursuivi mais Khalifa Sall maire de Dakar. « Par conséquent, dire que Khalifa Sall bénéficie d’une immunité parlementaire ne peut aussi prospérer ». De même, poursuit Me Sow, trouver à redire sur le réquisitoire du procureur est « tout simplement malhonnête et sans fondement ». « Le rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) et le procès-verbal préliminaire suffisent pour valider ce réquisitoire », soutient Me Sow, qui a demandé au tribunal de rejeter toutes les exceptions soulevées par la défense parce que « non conformes » à la loi.

Abdoulaye DIALLO

LE PROCUREUR BAT EN BRÈCHE LES EXCEPTIONS SOULEVÉES PAR LA DÉFENSE
Serigne B Gueye ProcLe procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, est monté au créneau, pendant l’après-midi d’hier, pour contester les arguments des avocats de la défense qui ont soulevé plusieurs exceptions de nullité. Il a requis du président du tribunal l’irrecevabilité de ces exceptions.

Pour l’après-midi, les nombreux curieux et proches du maire de Dakar qui avaient envahi la salle d’audience depuis le matin ont conservé leur place. Dans la salle archicomble, seule la voix du procureur de République, Serigne Bassirou Guèye, tonnait. Debout, documents en main parfois, le procureur de la République a tenu à démonter point par point toutes les exceptions de nullité soulevées par les avocats de la défense qui ont demandé l’annulation de la procédure. D’abord, sur la nullité des procès-verbaux de l’enquête demandée par Me Demba Ciré Bathily et compagnie, faute d’assistance de leur avocat comme le veut l’article 5 du règlement de l’Uemoa, le procureur indique que les personnes concernées ont été interrogées dans le respect de la loi.

Pour lui, les prévenus, lors de leur audition, n’ont pas été interpelés mais juste convoqués. Concernant le débat sur l’immunité parlementaire, le procureur Serigne Basssirou Guèye a expliqué que cette immunité a été correctement levée par les autorités compétentes de l’Assemblée nationale et la preuve de cela a été rapportée. Sur ce, il rappelle qu’il ne peut y avoir de nullité de la procédure.

Le procureur qui demande aux avocats de la défense de se conformer à la loi, a sous-entendu que toute cette bataille de procédure est faite pour refuser d’entrer dans le fond du dossier qui intéresse les Sénégalais. « On ne peut pas déconstruire la loi. Je sais que ce je dis est clair, les élucubrations ne m’intéressent pas. Après tout ce qu’on a dit ; que la personne est en prison depuis 9 mois, cette personne a maintenant l’occasion de d’être jugée et vous dites non », regrette-t-il. Pour le chef du parquet, ce n’est pas comme ça que l’on doit gérer la défense de son client. Sur les des témoins qu’aurait refusé d’entendre le juge, le procureur, convaincu « que la loi va gagner », rappelle que d’après les dispositions juridiques, « le juge n’entend que les personnes dont la déposition parait utile ». Revenant sur la demande de liberté provisoire demandée par la défense, le magistrat reconnaît que c’est le tribunal qui va trancher, mais réaffirme que jusqu’à présent, il n’a la preuve du cautionnement de la défense. Insistant sur l’importance d’aller dans le fond pour édifier les Sénégalais sur cette affaire dite de la Caisse d’avance, le procureur argue que la défense à l’occasion de l’expliquer mais elle semble ne pas vouloir le faire. En tout cas, le parquet a estimé avoir les preuves de ses accusations contre le prévenu et compte le démontrer comme il l’a toujours répété. Après son plaidoyer, le procureur de la République a demandé au président du tribunal de rejeter toutes les exceptions de nullité soulevées par la défense pour qu’on aille dans le fond du dossier.

La défense insiste sur la nullité de la procédure
Après avoir écouté le réquisitoire du parquet, le juge Lamotte a accordé 3 heures de réplique à la défense et à la partie civile. Sur ce, les avocats de la défense ont tous argumenté qu’avec l’absence d’assistance d’avocats à l’enquête, la procédure doit être annulée car cela est une exigence avec l’article 5 du règlement de l’Uemoa. Me Mbaye Sène, un des avocats de Khalifa Sall, a confirmé qu’avec cette disposition communautaire, dès qu’une personne est convoquée à la brigade de gendarmerie ou à la police, elle doit bénéficier de l’assistance de son avocat et « s’il y a omission de cette mention, le procès-verbal est sanctionné par la nullité ». Même avis chez l’avocat de Mbaye Touré, un co-prévenu de Khaliofa Sall. Me Pape Leyti Ndiaye, qui fait remarquer que le dossier ne se limite pas au maire de Dakar, affirme que « le procès-verbal concernant Mbaye Touré est nul » car ne respecte pas l’article 5 de ce règlement. Il a accusé le procureur de vouloir contourner cette disposition en soutenant que son client n’était pas suspect au moment de son audition. ment de son audition.

Oumar KANDE


KHALIFA SALL ET L’ETAT DU SÉNÉGAL DEVANT LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO AUJOURD’HUI
Des avocats de l’Etat du Sénégal et ceux de Khalifa Sall sont à Abuja aujourd’hui, devant la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

L’audience est prévue à 10 heures. Me Ciré Clédore Ly est le seul parmi les membres du pool d’avocats de Sall à faire le déplacement au Nigéria. Du côté de l’Etat, deux représentants annoncés : le magistrat Mafal Fall, numéro de 2 de l’agence judiciaire de l’Etat et Me Ousmane Diagne, avocat, spécialiste en droit public et en droit international. Khalifa Sall estime que ses droits n’ont pas été respectés, que l’enquête sur la caisse d’avance de la ville de Dakar n’a pas été menée avec les règles de droit. Les conseils du maire de Dakar vont profiter de cette audience de ce matin pour demander à l’Etat du Sénégal de respecter ses engagements internationaux mais aussi et surtout d’organiser un procès équitable et qui soit placé dans des conditions d’égalité. Pour les avocats de l’Etat, la procédure engagée par la défense vise à paralyser la justice. « En réalité, Khalifa Sall et ses avocats ont peur parce que les pièces du dossier sont très claires », soutient Me Félix Sow, qui rappelle que la procédure engagée n’aura aucune incidence sur le déroulement du procès à Dakar.

A. DIALLO


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