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Société & Faits divers (3090)

Des hommes puissamment armés ont, dans la nuit de mercredi à hier, attaqué et pillé le village des pêcheurs qui jouxte le pont de Niambalang (Oussouye), puis endommagé à l’explosif une partie dudit pont. Un homme, marié et père de plusieurs enfants, y a trouvé la mort.

Les populations de la région de Ziguinchor sont encore sous le choc et plongées dans la consternation. Selon les témoignages recueillis sur place, les assaillants ont fait irruption vers une 1 heure du matin dans le village des pêcheurs, qui est implanté au pied du pont de Niambalang. Ce pont, situé sur le marigot de Niambalang, constitue la frontière entre les départements de Ziguinchor et d’Oussouye. Il se trouve à une trentaine de km à l’ouest de la ville de Ziguinchor, et à 10 km d’Oussouye. Le marigot de Niambalang, très poissonneux en plusieurs endroits, constitue une importante voie de communication qui dessert les villages de Kaguitte (Ziguinchor), Youtou et Effoc (Oussouye). La bande d’hommes armés, qui a donc pris au dépourvu ses victimes, s’est scindée en petits groupes pour opérer, semant la terreur dans les familles de pêcheurs qui habitent les lieux. « Ils se sont emparés de nos biens (argent, bijoux, téléphones portables, radios, etc.) de façon violente, avant de braquer les trois boutiques qui sont là », a confié un homme qui a requis l’anonymat.

Après, les assaillants ont incendié 5 cabanes à usage d’habitation sur les 17 existantes. Avant de se replier, ils ont endommagé à l’explosif une partie du pont de Niambalang, tuant du coup un pêcheur qui avait aménagé sous ledit pont un espace de fortune où il passait souvent la nuit. Une partie du corps du défunt a été calcinée. « Apparemment, une charge a été posée sur une des culées du pont située du côté est vers Ziguinchor, et l’explosion a un peu endommagé deux poutres. En surface aussi, l’explosion a un peu soulevé une partie de la dalle de transition et des blocs d’enrobée », d’après cet ingénieur des ponts et chaussées,.

Ces dégâts ont entraîné une interruption du trafic sur l’axe Ziguinchor-Cap-Skirring  pendant plusieurs heures. A notre départ des lieux, hier, vers midi, ils étaient en train d’être réparés, sous la vigilance des forces de sécurité et de défense qui y ont été déployées fortement. Les populations de la zone n’ont pas manqué d’insister - pour leur sécurité - sur la nécessité de renforcer les cantonnements de Kaguitte et de Youtou et de remettre celui qui était au niveau du pont de Niambalang. Elles ont déploré « une certaine fréquence des braquages dans leurs terroirs ces temps derniers » dont celui qui a eu lieu, lundi passé, à  Kaguitte, un village de la commune de Nyassia, situé dans le département de Ziguinchor.  

El Hadj Moussa SADIO

 

La décision prise par le Chef de l’Etat sénégalais de maintenir le prix du package pour l’édition 2018 du Hadj, à 2 600 000 F cfa risque d’engendrer des frustrations si des précisions ne sont pas apportées selon Cheikh Bamba Diouf.

Pour Cheikh Bamba Dioum, l’auteur de l’ouvrage sur « les chemins du Hadj », qui s’est exprimé hier, au nom des voyagistes privés, le gouvernement du Sénégal, qui s’inscrit dans une dynamique de privatisation du Hadji, doit apporter des réajustements pour éviter que l’édition 2018 du Hadj n’enregistre des couacs.

Les voyagistes privés ont manifesté, hier, leur mécontentement suite à une demande de la délégation générale du Hadj de fournir leur compte d’exploitation, ce qui est, disent-ils, du domaine du privé et dénote d’un manque de considération envers les voyagistes qui convoient plus de 90% des pèlerins en partance pour la Mecque, soit les 10 860 pèlerins sur 12 860.
Ils demandent à l’Etat d’édifier l’opinion publique sur le maintien du prix du package à 2 600 000 F Cfa. « Des pèlerins pensent que c’est le prix officiel alors qu’il ne concerne que les 2000 pèlerins de la Délégation générale. » ajoute M Dioum. Ils déplorent également le fait que le package ne soit plus disponible depuis l’annonce de cette mesure, le 20 avril dernier, à l’issue d’un conseil interministériel.

Par ailleurs, pour M Bamba Dioum et ses collègues, les populations doivent être édifiés sur la vérité des prix. Il explique que les coûts supportés par les voyagistes ne permettent pas de s’aligner sur les prix de l’Etat surtout qu’ils font face à des coûts additionnels. Loin de verser dans la surenchère, ils soulignent qu'ils sont dans l’obligation de proposer des forfaits Hadj à plus de 3 millions de F Cfa.
« En matière de prix, il est difficile de faire fi des réalités du marché. Le coût de revient du billet pour la Mecque dépasse, depuis 2016, largement les 2 600 000 F cfa. Des couts additionnels, d’un montant de 120 000 f cfa, se sont greffés en 2017 avec la mesure prise par l’Arabie Saoudite d’augmenter les titres de séjour, nous avons payé 10% de taxes supplémentaires » ajoute M Dioum. 

Ils soulignent aussi que le nouveau cahier des charges qui exige aux voyagistes privés de convoyer au minimum la moitié de leurs pèlerins par le biais de la compagnie affrétée par l’Etat, n’est pas à leur avantage. «  Cette situation a entrainé une hausse du prix de façon fulgurante avec un billet d’avion qui nous revient à 1 190 000 Fcfa alors qu’il variait, en 2016, entre  800 000 f cfa et 1 000 000 f cfa.  Nous n’avons pas la liberté de choisir notre avionneur. Avec cette structuration du prix, nous ne pouvons pas procéder à des baisses au risque de mourir. L’Etat doit réagir dans l’intérêt de tous les pèlerins » fait savoir M Dioum.

Matel BOCOUM

 

L’imam Aliou Ndao s’est expliqué, hier, devant la barre, sur les 9 millions de FCfa reçus d’Ibrahima Diallo (un million en guise de prêt et 8 millions à garder).

L’imam Aliou Ndao s’est expliqué, hier, pour la première fois, devant la barre.  Sept chefs d’inculpation pèsent sur le présumé terroriste.  Avant de répondre, l’imam Ndao commence par dire : « Alhamdoulilah » (Dieu merci), suivi de quelques versets coraniques. On entend des murmures partout dans la salle. Il a fallu que le juge Samba Kane rappelle aux partisans, amis et parents du prévenu qu’il n’y a ni approbation ni désapprobation dans la salle. La cause est entendue. Le président peut alors continuer son interrogatoire. Durant toute la journée, Aliou Ndao alterne ses réponses entre aveux et dénégation. Parfois, il s’explique en récitant quelques sourates du Coran. On sent à travers ses réponses qu’il maîtrise très bien ce livre sacré. Selon ses dires, c’est à la fin de l’année 1970 qu’il a mémorisé le Coran au « daraa » de Coki. Imam Ndao, né à Ndalane (Kaolack), a rejoint ce « daraa » en 1967 alors qu’il n’avait que 7 ans. En trois ans, il a  assimilé le Coran. Imam Aliou Ndao a fait plusieurs localités du pays pour continuer son apprentissage des sciences islamiques. Après ses études coraniques, il a réussi le concours de la Ligue mondiale islamique. Ce qui l’a conduit en Mauritanie où il a fait deux ans de formation. De retour de Nouakchott, il a implanté un « daraa » dans son village natal Ndalane. Face à la forte affluence, il a délocalisé l’école coranique à Kaolack où on lui avait prêté une maison. En 1998, a-t-il dit devant la barre, il a obtenu un terrain à Ngane (périphérie de Kaolack) où il a construit un « daraa » et une mosquée. Imam Ndao avait aussi des terres. C’est grâce à l’agriculture qu’il nourrissait ses talibés. Jusqu’en 2015, a-t-il informé, le « daraa » était fréquenté par pas moins de 400 talibés. Si certains enfants dont les parents avaient les moyens payaient à la fin de chaque mois, les cas sociaux apprenaient gratuitement.

C’est dans ce « daraa » que l’imam a connu son co-accusé Matar Diokhané. Ce dernier, à l’époque élève dans un collège à Kaolack, était une fois venu voir imam Ndao pour lui faire part de son désir de continuer ses études islamiques. Très touché par le geste de Diokhané, a-t-il raconté, il l’a mis en rapport avec un de ses amis pour l’encadrer. Toutefois, il a précisé ne pas connaître les parents de Matar Diokhané. « Depuis qu’il a quitté Kaolack, je n’avais plus de ses nouvelles. C’est quand il a rédigé un livre qu’il m’a appelé pour la correction. Je n’ai jamais discuté avec Matar Diokhané ni avec un autre sur l’implantation d’une cellule djihadiste au Sénégal », a-t-il déclaré. Parmi les autres accusés, imam Ndao admet qu’il connaît Saliou Ndiaye qui est son voisin, Ibrahima Hann, Coumba Niangla, épouse de Matar Diokhané, et Ibrahima Diallo que Matar avait envoyé chez lui pour récupérer le livre. « Tout le reste du groupe, je ne les connais pas. Je me demande pourquoi on parle d’association ou de complot par menace », s’est interrogé l’accusé. L’imam Aliou Ndao a ajouté qu’il n’a jamais été au courant des voyages de Matar Diokhané au Nigéria. « Matar ne m’a jamais remis de l’argent. Quand il m’a amené son enfant au ‘’daraa’’, je l’avais pris comme un cas social. Si je savais que Matar Diokhané avait de l’argent, il allait payer comme tout le monde », a affirmé le prévenu.

Par ailleurs, il a admis avoir reçu de l’argent d’Ibrahima Diallo alias Abu Oumar. La première rencontre entre les deux a eu lieu quand Ibrahima Diallo est venu récupérer le livre de Matar Diokhané. « Je ne le connaissais pas avant », a-t-il tenu à préciser. Ibrahima Diallo est encore retourné chez imam Ndao une deuxième fois. Cette fois-ci, a rappelé l’accusé, c’était pour solliciter un poste d’enseignant dans le « daraa ». « Je lui avais répondu qu’au ‘’daraa’’, on ne recrute pas d’enseignants. Tous ceux qui y enseignent ont été formés à l’école. Après la formation, on prend certains pour l’encadrement des plus jeunes ». Son co-accusé est encore reparti à Kaolack une troisième fois. Ibrahima Diallo, qui était en route pour la Gambie, a fait un crochet à l’école coranique d’imam Aliou Ndao. Au fil des discussions, a-t-il dit, Ibrahima Diallo lui a demandé les difficultés auxquelles est confronté le « daraa ».

Imam Ndao lui a fait part de son désir d’installer du solaire dans son école. Ibrahima Diallo, qui avait déjà reçu 15 millions de FCfa de Coumba Niang, l’épouse de Matar Diokhané, a prêté à l’imam 1.500 euros, soit 1 million de FCfa avant de lui confier 25 billets de 500 euros l’unité. « Quand il m’a remis l’argent, je lui ai demandé qu’il y ait une décharge. Nous avons tout signé. Je lui ai remis une copie et j’ai gardé une autre. Jusqu’à présent, la copie est avec moi », a-t-il révélé.

A la question du procureur de savoir pourquoi il n’a pas demandé la provenance de l’argent, l’imam a répondu : « dans notre jurisprudence, on n’a pas le droit d’avoir de mauvais préjugés sur une personne ».

Des vidéos de l’Etat islamique trouvées dans son ordinateur

Le tribunal a projeté, hier, des vidéos trouvées dans l’ordinateur de l’imam Aliou Ndao. Dans l’une des vidéos qui a duré plus de 40 mn, on voit les soldats de l’Etat islamique en train d’exécuter des militaires. Les captifs étaient criblés de balles par les djihadistes. Un vrai film de guerre où les soldats avec le drapeau de l’Etat islamique tiennent des kalachnikov, détruisent des maisons ou tuent des innocents. Selon le juge, une trentaine de vidéos de l’Etat islamique ont été trouvées dans l’ordinateur d’Aliou Ndao. Mais, d’après l’accusé, il y a plus de centaines de vidéos dans son ordinateur. Toutefois, accuse-t-il, le tribunal s’est juste intéressé aux vidéos sur l’Etat islamique alors que dans la même machine il y a des vidéos sur la Birmanie, la Centrafrique, l’Irak, l’Iran, la Somalie, Israël, la Palestine, etc. « Je suis un chercheur. Je fais des recherches sur tout ce qui se passe dans le monde. J’ai gardé ces fichiers pour mes connaissances religieuses », explique-t-il. Selon ses dires, il a commencé ses recherches sur tous les domaines d’activité et sur la géopolitique mondiale en 1979. Jusqu’à son arrestation, il n’a jamais cessé de faire des recherches. Après la diffusion de la vidéo, imam Ndao, invité par le juge à faire un commentaire, informe que la vidéo peut être divisée en deux parties : dans la première, dit-il, « on voit des sunnites massacrés par l’Etat irakien ». Dans la seconde partie, ajoute-t-il, « les sunnites ripostent et tuent des soldats irakiens ». Toutefois, il précise qu’il n’a jamais diffusé ces vidéos pour un large public. « C’est un devoir pour moi de savoir ce qui se passe dans le monde musulman », renchérit-il. A travers cette vidéo, imam Ndao invite  tous les savants du monde à s’interroger sur les causes du terrorisme pour en trouver une solution définitive. En outre, l’accusé indique qu’il ne partage pas cette façon de faire des terroristes. Selon lui, ceux qui commettent ces exactions ne peuvent pas être considérés comme des musulmans. « Je ne suis pas d’accord avec les islamistes comme je ne suis pas d’accord avec ceux qui jettent des bombes sur d’honnêtes citoyens », ajoute-t-il.

Les enquêteurs ont aussi trouvé un pistolet et des seringues après une perquisition au domicile d’imam Ndao. Celui-ci de préciser que l’arme est un pistolet artisanal qu’il a acheté pour surveiller ses champs et la maison. Pour les seringues, il informe qu’il les utilise pour vacciner ses poussins. A la question du procureur de savoir s’il enseigne le djihad, l’imam Ndao répond : « demander à un maître coranique s’il enseigne le djihad, c’est comme demander à un enseignant de mathématiques s’il enseigne l’addition et la soustraction ». Dans son entendement, le djihad, c’est le travail, la recherche.

Aliou Ngamby NDIAYE

La célébration du 1er mai, la Journée internationale des travailleurs, à l’instar des autres capitales régionales, s’est tenue à Kaolack où les centrales syndicales ont défilé sur la principale avenue de la ville et remis leurs cahiers de doléance à l’autorité administrative.

Kaolack, la capitale de la région éponyme, n’a pas dérogé à la règle nationale en célébrant ce mardi la journée internationale des travailleurs. Défilé sur l’avenue Basile Diogoye Senghor, le principal boulevard de la ville, et remise symbolique du cahier de doléances aux autorités administratives. Une parade unitaire où les travailleurs arborant des tenues aux couleurs de leur centrale syndicale ont exprimé par des pancartes ou des banderoles leurs préoccupations de l’heure. Ce fut le cas de l’union régionale de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) pour laquelle l’édition 2018 du 1er mai a rimé avec la revendication de la réintégration de travailleurs licenciés « Dans le cahier de doléance remis à l’autorité administrative , figurent en bonne place la situation de 300 pères de familles abusivement licenciés par la direction de la Société nouvelle des salins du Sine Saloum (Snsss) et pour laquelle nous avons déposé un recours au niveau de l’inspection régionale du travailleurs pour leur réintégration sans délai et sans conditions», a indiqué Abdou Ndiaye, le patron de l’union régionale de la Cnts, très remonté contre cette société privée présente au large du fleuve depuis près d’un siècle pour l’exploitation du sel. Un bras de fer entre la direction et les travailleurs qui ne fait que commencer, selon le camarade de Mody Guiro.

Autre affaire entre les mains du patron local de la Cnts, la réintégration des ex-journaliers de la mairie de Kaolack. « Au niveau de la commune de Kaolack, 39 travailleurs ont été injustement licenciés par l’autorité municipale qui a été déboutée par la Cour d’Appel, la condamnant outre à payer à ces derniers 34 millions au lieu des 17 millions de FCfa requis en première instance.

Aujourd’hui, nous en appelons au président de la République pour que la commune de Kaolack respecte la décision de la justice dans cette affaire qui perdure au grand dam de ses pères de familles qui ne savent plus à quel saint se vouer », a renchéri le responsable syndical. Du côté de la commune, on informe un ultime recours au niveau de la Cour de Cassation aux fins d’infirmer les décisions en première et seconde instance dans cette affaire que l’institution a héritée des équipes municipales en place depuis 2009.

A signaler qu’en plus du défilé, les centrales et les syndicats ont organisé séparément des rassemblements pour réfléchir et échanger sur la situation des travailleurs dans leurs secteurs respectifs.

Elimane FALL

La fête du 1er mai à Tambacounda a été l’occasion pour les partenaires sociaux de saluer les actes posés par l’Etat pour régler la crise scolaire.

Ce 1er mai 2018, les unions régionales des centrales affiliées à la coalition des Confédérations syndicales du Sénégal, composées de la Cnts, de l’Unsas, de la Csa, de la Cnts/Fc et de l’Udts ont célébré la fête du Travail à travers un grand rassemblement à la place Léopold Sédar Senghor de Tambacounda, suivi du dépôt du cahier des doléances à la gouvernance après partage du document avec les travailleuses et les travailleurs. Cette année, la coalition a retenu comme thème : « Unis pour des salaires dignes et décents ».

En recevant le cahier de doléances des travailleurs, le gouverneur El Hadji Bouya Amar, s’est félicité de la situation normale qui est revenue dans l’enseignement grâce au Président Macky Sall. Ce qui montre, a dit le gouverneur, l’engagement de l’Etat dans le respect du droit à l’éducation malgré les ressources budgétaires très limitées. « L’ensemble des doléances au niveau de la région de Tambacounda seront diligentées, les autres seront remontées à qui de droit », a fait savoir le gouverneur El Hadji Bouya Amar, qui a annoncé aux travailleurs l’affectation, depuis mars, des spécialistes à l’hôpital régional pour en faire un véritable hub.

Les efforts de l’Etat dans la fourniture de l’électricité ont également été salués. Malang Souané, coordinateur de la coalition et secrétaire général de l’Uden, a mis l’accent sur le paiement de salaires dignes et décents. Dans la région, même si les préoccupations des travailleurs restent quasiment les mêmes faute de prise en charge optimale au cours de l’année écoulée, la coalisation des centrales syndicales se félicite du traitement fait du cahier des doléances 2017 sous l’égide du gouverneur, avec l’inspecteur du travail comme maître d’œuvre.

Dans le secteur de l’éducation et de la formation, les travailleurs et même les populations se félicitent de la suspension du mot d’ordre suite aux accords signés entre les parties prenantes. Seulement, Malang Souané a insisté sur le respect des accords signés. Dans le secteur de la santé, le non-respect des accords signés depuis 2014, le paiement de la dette des établissement publics de santé, les conditions d’accueil, de sécurité et d’hospitalisation, la prise en charge des patients, le remboursement par l’Etat des sommes dues aux structures de santé dans le cadre de la Cmu (498 millions de FCfa pour la région), le non-paiement des salaires des contractuels depuis 8 mois, de personnel de santé, y compris les agents communautaires, l’amélioration des conditions de travail et la motivation du personnel, sont, entre autres, les principales préoccupations.

Dans le secteur de l’énergie, la Senelec est invitée à recruter les prestataires occupant des postes vacants depuis plus de quinze ans. Pour Malang Souané, malgré les efforts, l’emploi des jeunes reste une préoccupation de taille de même que l’application des décisions de justice en faveur des travailleurs.

Pape Demba SIDIBE

La célébration de la fête du 1er mai à Sédhiou a été marquée par un imposant défilé qui a réuni les membres de la coalition des confédérations syndicales des travailleuses et travailleurs du Sénégal (Cnts, Cnts/Fc, Udts, Unsas). Le défilé parti de l’hôpital régional a parcouru l’itinéraire autorisé entonnant des slogans comme : « Payez nos salaires » ; « Recrutez les agents de santé communautaire (Acs) » etc. Les responsables ont pris conscience que l’union fait la force surtout quand on se bat pour la satisfaction des mêmes doléances.

Les difficultés que connaissent les corps socioprofessionnels ont été mentionnées dans le cahier de doléances. La santé se taille la part du lion. Le non-remboursement de la Cmu a presque mis à genou bien des structures sanitaires. L’ouverture immédiate de la Fonction publique locale est demandée avec l’espoir de voir régler définitivement le problème d’intégration des agents de santé communautaire grâce à qui toutes les performances réalisées dans le domaine de la santé ont été possibles. Le recrutement des diplômés est une exigence. « On ne peut plus admettre qu’un diplômé reste plus de 10 ans sans être recruté et même s’il a la chance de l’être, il ne pourra plus être fonctionnaire pour raison d’âge », ont-ils déploré.
L’ouverture d’une pharmacie d’approvisionnement est souhaitée.

Malamine KAMARA

Darou Mouhty, la deuxième capitale du mouridisme, refuse du monde depuis hier pour la célébration du magal des retrouvailles entre Mame Thierno Ibra Faty Mbacké et Cheikh Ahmadou Bamba.

La gare routière de Darou Mouhty, point de départ des taxis et bus, a refusé du monde toute la journée d’hier. Le jalonnement des forces de l’ordre aura contribué à fluidifier la circulation jusqu'à la ville fondée par Mame Thierno Birahim. De l’entrée de la ville à la grande mosquée, des disciples marchent le long de la route, les charrettes arpentent les ruelles. Tous les moyens sont bons, pour atteindre le centre de la ville. Le beau et imposant bâtiment de l’extension de la résidence Borom Darou attire la curiosité des disciples. L’appel à la prière à travers les hauts parleurs de la grande mosquée rappelle aux disciples la mission hautement religieuse du fondateur de Darou Mouhty. C’est la grande affluence vers la grande mosquée. Le domicile de Serigne Abass est plein comme un œuf. Les autorités religieuses et politiques défilent, pour renouveler leur sympathie et recueillir les bénédictions du saint homme. Serigne Abass, en dépit de son âge, prend le temps de discuter avec certains dignitaires ou éminents disciples. Il effectue des prières et libère ses hôtes. Le scénario est le même dans le domicile de Serigne Cheikh Astou Faye, le chef du village de Darou Mouhty, et les autres autorités religieuses de la ville. A la devanture de la concession de Serigne Modou Kara, chants et zikrs sont assurés par des disciples organisés en cohorte. Un défilé incessant de ceux-ci entre les différents lieux de culte, est remarqué. Du grand cimetière de Darou, « Baity », qui abrite le mausolée de Borom Darou, aux domiciles des différents chefs religieux de la descendance de Borom Darou, des environs de la mosquée aux quartiers de la périphérie, l’atmosphère de fête bat son plein à travers les déclamations des panégyriques et les distributions de victuailles. Demain se tiendra la cérémonie officielle avec la délégation du gouvernement attendue pour transmettre le message du Président Macky Sall, qui entretient de très bonnes relations avec la famille de Borom Darou Mouhty, Mame Thierno Ibra Faty.

Mamadou DIEYE

LE LEGS DE MAME THIERNO IBRA FATY MBACKÉ REVISITÉ
Dans la nuit du lundi au mardi, le comité d’organisation, de concert avec Alwaffah et les petits fils de Borom Darou, a organisé une conférence religieuse animée par Serigne Cheikh Awa Balla Guèye sur le thème : « Borom Darou ak kham-kham ak toop Ndiguël ». Le conférencier a séduit son assistance en revisitant le legs de Mame Thierno Ibra Faty Mbacké, le lieutenant de Khadim Rassoul qui a privilégié la quête des connaissances par l’apprentissage et leur application dans la vie active. Serigne Abdou Samath Mbacké, qui représentait Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khoudoss empêché, a interpellé la jeunesse pour revisiter l’histoire de Mame Thierno qui peut leur servir de référence dans leurs activités au quotidien. Ceci, dit-il peut les amener à avoir une bonne éducation et accepter volontiers l’autorité de leur supérieur. La conférence, suivie du reste par beaucoup d’initiés, a pris fin tard dans la nuit.

M. DIEYE

APPUI AUX DAARAS ET PERSONNES VIVANT AVEC UN HANDICAP
Des centaines d’enfants et adultes étaient présents au rendez-vous annuel à la résidence Borom Darou. Mariama Diouf Sall, coordonnatrice de l’Association culturelle aide à l’enfance défavorisée, (Acaed) qui organisait la sixième édition de cette cérémonie humanitaire, n’a pas lésiné sur les moyens pour apporter sa partition à travers cette action humanitaire à la lutte contre la mendicité et la précarité qui plombent le quotidien de cette frange importante de la société. Une belle prestation de récital et des causeries religieuse ont précédé la remise de dons aux bénéficiaires. Un important don de plus d’une tonne de riz en plusieurs sacs de 25kgs, du sucre, des effets de toilette, des exemplaires du saint coran, entre autres cadeaux, ont été distribués aux enfants, pensionnaires des différents daaras et personnes vivant avec un handicap, recensés dans la commune de Darou Mouhty et des villages environnants. Serigne Djily Mbacké Ibn Serigne Ahmadou Makhtar et Serigne Abo Sall, conseiller spécial du Premier ministre et petit fils de Borom Darou, présents à la cérémonie ont, tour à tour, magnifié la démarche de Mme Mariama Diouf Sall. Une action humanitaire, disent-ils, qui entre en droite ligne dans la politique sociale initiée par le gouvernement. Il a déploré la mendicité des talibés, « un moyen d’éducation dépouillé de sa fonction première, une aubaine pour les bénéficiaires ». Maître coranique à la daara S. M. Kane, Khadim a prié pour plus de moyens à Mme Sall pour étendre son action à tous les daaras du Sénégal. Sokhna S. Diop, au nom des personnes vivant avec un handicap, a déclaré que l’acte de Mme Sall est salutaire puisqu’elle vient à son heure et leur permettra d’avoir un répit dans leur mendicité quotidienne. Pour rappel, cette cérémonie phare, organisée à la veille du magal de Darou Mouhty qui commémore les retrouvailles entre Mame Thierno Birahim et Cheikh Ahmadou Bamba, entre en droite ligne dans la philosophie humanitaire et éducative qu’ils ont léguée à la postérité.

M. DIEYE

Les pays africains ont mis en place un comité tripartite pour protéger et promouvoir les droits des travailleurs migrants. Ce comité a tenu sa première session, hier.

Le comité consultatif tripartite africain sur la migration de la main-d’œuvre s’est réuni pour la première fois, hier, à Dakar, pour se pencher sur la coordination des lois, pratiques et politiques à mettre en place. Les flux migratoires de main-d’œuvre, s’ils sont bien gérés, représentent un important enjeu de développement pour les pays africains, a indiqué le directeur de cabinet du ministre du Travail. Aboubacar Wade, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette première session du comité consultatif, rappelle que l’Afrique accorde une importance capitale à cette « question stratégique ». C’est ce qui justifie, à son avais, la mise en place d’une plateforme de dialogue tripartite continentale sur la législation et les pratiques en matière de migration. « Ce phénomène demeure au cœur des préoccupations de nos Etats au regard des opportunités qu’il offre en matière de création et de redistribution de revenus et de promotion d’emplois», ajoute M. Wade. Toutefois, cela ne doit pas, dit-il, occulter l’impact négatif que la migration de la main-d’œuvre peut avoir si elle est mal gérée. D’après lui, les flux migratoires irréguliers peuvent être à l’origine de la traite et du trafic d’êtres humains. Une mauvaise gestion de ces flux peut aussi avoir des conséquences négatives sur « les Etats, les travailleurs migrants et sur les relations entre les communautés d’accueil et les migrants ».

Par ailleurs, c’est pour éviter cela que le comité consultatif tripartite africain sur la migration de la main-d’œuvre veut amener tous les Etats africains à coordonner leurs actions pour faire des flux migratoires un enjeu de développement aussi bien pour le pays de départ que pour celui de destination. La mise en place de « politiques cohérentes » entre les pays africains permettra, d’après Cynthia Samuel-Olonjuwon, directrice régionale de l’Organisation internationale du travail (Oit), de mieux protéger les travailleurs migrants. A l’intérieur du continent, nombre d’Africains migrent d’un pays à un autre pour chercher du travail. Selon le directeur de cabinet du ministre du Travail, « le continent africain, contrairement aux idées reçues, enregistre les plus importants flux migratoires internes ». Malheureusement, ce qui est le plus médiatisé ce sont les flux de migrants africains qui tentent de rejoindre les autres continents à travers des embarcations de fortune.

D’ailleurs, Boubacar Wade rappelle que dans beaucoup de pays du continent, les montants cumulés des transferts financiers des migrants dépassent l’aide publique au développement.

Aliou Ngamby NDIAYE

Le Ministère des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur (MAESE) a appris, avec tristesse et consternation, le décès de deux compatriotes, Cheikh GUISSE et Issagha DIALLO, le Mardi 01 Mai 2018, vers 14h, à Bangui, en République Centrafricaine (RCA). Ils ont étés attaqués par des manifestants, alors qu’ils sortaient de la mosquée du quartier de PK5 de Bangui.
Notre Ambassadeur à Yaoundé et notre Consul Honoraire à Bangui suivent le dossier, en relation avec les familles des victimes.
En cette douloureuse circonstance, le Gouvernement présente ses condoléances à la famille du défunt et l’ensemble de la communauté sénégalaise établie en Centrafrique.
Fait à Dakar, le 02 Mai 2018

Matar Diokhané a été entendu lundi. A la place des « révélations » qui étaient attendues, l’accusé a presque  tout nié, confirmant tout de même avoir reçu 12.000 euros d’Aboubakar Shekau, le chef de Boko Haram.

La salle 4 du tribunal Lat-Dior a refusé du monde lundi lors de l’audition de Matar Diokhané. C’est lui qui était la vedette du jour. Considéré comme l’un des « cerveaux » des présumés terroristes pour avoir réussi à sortir les « combattants » sénégalais des geôles de Boko Haram, Matar Diokhané n’a pas fait de révélations. Devant la barre, il a tout nié. Maître coranique à Handick (Nigéria), Matar Diokhané dit avoir regagné cette localité sur proposition de Moustapha Diop, un étudiant sénégalais basé en Arabie Saoudite. Ce dernier l’avait mis en rapport avec Abu Saïd qui avait besoin d’un maître coranique. Après échange, Abu Saïd qui est un Tchadien basé en Arabie Saoudite, a accepté de rémunérer Matar Diokhané à hauteur de 1.500 euros par mois, environ 975.000 FCfa. Le contrat signé, M. Diokhané a récupéré des mains d’Ibrahima Bâ la somme de 150 000 FCfa pour le voyage au Nigéria. Toutefois, M. Diokhané a tenu à préciser au juge qu’il était au Nigéria pour enseigner et non pour combattre aux côtés du groupe Boko Haram.

Cependant, le juge lui a rappelé ses propos soutenus devant les enquêteurs : « Deux éléments de Boko Haram se présentaient régulièrement pour me remettre mon salaire ». Matar Diokhané de repréciser sa parole devant la barre : « Je ne savais pas que ce sont des gens de Boko Haram. Je n’ai jamais eu de relation avec Boko Haram ». Pourtant, c’est grâce à lui que des Sénégalais qui étaient dans le fief de ce groupe terroriste ont pu emprunter le chemin du retour. Matar Diokhané qui est parti dans la forêt de Sambissa a pu rencontrer Shekau pour négocier le retour de ses compatriotes. L’accusé a tenu à informer qu’il est intervenu juste pour sauver ses compatriotes mais cela ne veut pas dire qu’il était influent chez les autorités de Boko Haram. « J’avais juste vu que des Sénégalais étaient en difficulté, c’est pourquoi j’ai eu à intervenir. Si je savais que cela va me créer ces problèmes, je ne l’aurais pas le fait», explique le prévenu. Suite à cette rencontre, Aboubakr Shekau a remis à Matar Diokhané la somme de 12.000 euros, environ 15 millions de FCfa, pour le transport des Sénégalais. Ces derniers pouvaient, dès lors, embarquer pour Handack où logeait M. Diokhané.

Les Français, principaux cibles

A la question du juge de savoir est-ce qu’il n’y avait pas une coordination entre le groupe des Sénégalais du Nigéria et leurs compatriotes en Lybie pour l’installation d’un Etat islamique au Sénégal, Matar Diokhané répond : « Je ne savais même pas qu’il y avait des Sénégalais en Lybie ». Pourtant, d’après le juge, Matar Diokhané aurait avoué devant les enquêteurs ceci : « Je n’avais certes pas cette idée d’installation d’un Etat islamique mais Daesch projetait d’installer un Etat islamique au Sénégal, en Gambie, au Mali et les deux Guinées. J’ai lu ça et ceux qui m’ont arrêté au Niger m’en ont parlé. Le projet est déjà élaboré dans un document. La stratégie consistait à perpétrer un coup d’Etat en Gambie orchestré par Dawla. Cela va créer une instabilité qui permettra au mouvement de rayonner dans les autres pays. Le projet devrait être exécuté à l’horizon 2016-2017 ».

Après ce rappel du juge, l’accusé indique qu’il ne s’agit pas de son projet. « Je ne l’ai pas rédigé. Je n’ai fait que lire et après je ne le prenais pas pour un projet sérieux », a ajouté l’accusé. Cependant, il aurait encore révélé devant les enquêteurs le mode opératoire du projet en ces termes : « Les cibles prioritaires sont les Français. Je pense, comme ils le font d’habitude, ils vont agir selon la méthode des attentats suicides. Ils vont attaquer des bâtiments administratifs et publics, des hôtels. Il était aussi prévu des attaques contre des casernes et des installations militaires. Pour ce mode opératoire, il fallait avoir un effectif de 300 hommes ». Matar Diokhané ajoute qu’il n’a jamais adhéré à ce projet qu’il a su à travers ses recherches.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

La 73ème édition du Magal de Darou Mouhty qui sera célébrée demain a vu les disciples de la communauté mouride converger en masse vers l’une des capitales du mouridisme. Le gouvernement du Sénégal a, comme à son habitude, apporté sa  contribution pour la réussite de l’événement, mais aussi dans le cadre de sa politique de modernisation des cités religieuses.

Le directeur de cabinet du président de la République, El hadji Omar Youm,  a été reçu, dimanche dernier, avec une forte délégation par Serigne Abass Mbacké, le khalife de Mame Thierno Ibra Faty.  Me Youm a annoncé le lancement de la deuxième phase de modernisation de la cité en affirmant que « tout ce qui devrait être fait le sera » et que « toutes les contraintes ont été identifiées et l’Etat s’affaire à mettre en place le financement des infrastructures.
Au même moment, l’Ageroute mène les études y affairant ». Me Youm a annoncé la construction, dans le programme  Promovilles, d’une voirie intérieure, non sans rappeler les réalisations d’un forage à haut débit, d’une piste vers « Yari Dakhar » longue de plusieurs kilomètres. 

Le directeur de cabinet a aussi annoncé au khalife de « Borom Darou » le démarrage des travaux de la nouvelle résidence « Borom Darou » entièrement financé par l’Etat et évalué à 400 millions de FCfa. Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khoudoss, porte-parole de la famille et président du comité d’organisation du Magal, a dit toute la satisfaction du khalife qui a formulé des prières pour le Président Macky Sall. Auparavant, le ministre de l’Environnement,  Pr Mame Thierno Dieng, avait, dans le cadre du bon déroulement de l’événement, fourni deux véhicules remplis de près de 150 outils (brouettes, balais, etc.) pour rendre propre la cité religieuse et 15 camions de bois mort et promis 5 camions citernes pour renforcer la distribution de l’eau. Seyni Ndao, le directeur de l’Ofor, a, lui aussi, déclaré, à l’issue de sa visite de travail marathon que toutes les dispositions sont prises conformément aux engagements du service de l’hydraulique pour une bonne distribution de l’eau à l’occasion de ce grand événement religieux.

« Aujourd’hui, nous sommes rassurés par les réparations ébauchées et la mise à disposition, à temps, des camions citernes et bâches souples. Nous pensons que ce Magal ne connaîtra pas de problème de disponibilité d’eau ».
Pour rappel, ce rendez-vous de recueillement et de dévotion célèbre les retrouvailles entre Mame Thierno Birahim Mbacké et son frère Cheikh Ahmadou Bamba à son retour de déportation. Elle est célébrée chaque année à une date précise du calendrier lunaire, le Niçfu Sha’ban, qui coïncide avec la date du 02 mai 2018.

M. DIEYE

 

Le terrain vague de la gare a été choisi pour abriter la cérémonie de remise de financement aux femmes et filles, en présence des autorités administratives et locales. Mme Ndèye Salimata Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et des Organisations féminines, a remis un financement d’un montant de 180 millions à 259 unités entrepreneuriales pour le compte de 14.645 femmes et filles évoluant dans les secteurs de l’agriculture, de la transformation de céréales locales et de l’embouche, au sein d’organisations de groupement féminin.

Ce financement, a fait savoir Mme la ministre, devrait « contribuer largement à la promotion économique et du dialogue social autour de l’autonomisation de la femme et du renforcement du partenariat entre le mouvement associatif féminin et mon département ». Par ailleurs, Mme Dieng a remis à la Cedaf de Mbacké que dirige Mme Mbacké Mariama Mbacké un important lot de matériel, des machines à coudre, trois congélateurs et deux mini boulangeries afin de diversifier les activités des femmes et des filles du département. Elle a magnifié la forte mobilisation qui, a-t-elle dit, est une « illustration de votre adhésion  à la politique du Président Macky Sall ». A la suite du maire Abdou Mbacké Ndao, qui a souhaité la bienvenue au ministre et à sa délégation, Mme Aïda Gaye, au nom du Conseil départemental et des femmes du département, a souligné la bravoure des femmes et salué l’impact de la politique sociale du chef de l’Etat à travers les bourses sociales et la couverture maladie universelle. Elle a également sollicité un appui financier plus conséquent pour les femmes. Auparavant, Mme la ministre qui a effectué une « ziarra » auprès du Khalife général des Mourides, a reçu  prières et bénédictions pour la réussite de sa mission.

Mamadou DIEYE

 

Un Sénégalais de plus de 60 ans a perdu la vie en France hier, à l’hôpital Pompidou à Paris, suite à une altercation avec la police. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de sa mort.

Originaire de la région de Matam, précisément de Sinthiou Bamambé, dans le département de Kanel, Ismaëla Bocar Deh a succombé à ses blessures hier à 11h 57 à l’hôpital Pompidou, à Paris. Âgé de plus de 60 ans, M. Deh aurait était heurté par une patrouille de police aux alentours de 13h (heure locale) suite à une course poursuite de vendeurs à la sauvette dans un marché hebdomadaire à Versailles sur la rue Carnot. Sa famille, alertée vers 23h lundi soir, est tout de suite allée à son chevet pour constater son état de santé dégradant avec des côtes brisées, une jambe cassée et sa nuque greffée, entraînant ainsi le pronostic vital de la victime. Aussitôt informées, les autorités sénégalaises se sont saisies de l’affaire et le Consul général Amadou Diallo a fait le déplacement à l’hôpital pour rencontrer le médecin et les membres de la famille.

 « Ismaëla est mort en ma présence et aux côtés de sa famille », a affirmé Amadou Diallo, très touché par la perte d’un concitoyen dans de telle circonstance. L’autorité consulaire dit attendre le résultat de l’autopsie pour connaître les raison exacte du décès d’Ismaëla Bocar Deh dont il sait déjà qu’il n’est pas mort naturellement, de l’avis du médecin avec qui il a pu échanger. Le corps de la victime est encore entre les mains de la police scientifique au centre médico-légal. En attendant les résultats de l’autopsie, le Consul général du Sénégal à Paris dit qu’il rentrera en contact avec la préfecture de Versailles dès ce matin pour suivre de très près l’enquête sur les circonstances du décès de notre compatriote. Ismaëla Bocar Deh vivait en France depuis plus de 20 ans en situation irrégulière. Il était marié et avait des enfants au Sénégal.

Ousmane Noël MBAYE

En recevant les cahiers des doléances des travailleurs hier, le Chef de l’Etat Macky Sall a réitéré sa volonté de bâtir une paix sociale durable et propice à la productivité.

Le président de la République Macky Sall a reçu, à la présidence de la République, les cahiers de doléances des différentes centrales syndicales à l’occasion de la célébration de la fête du travail hier.

Malgré la forte demande sociale, Macky Sall rappelle que le gouvernement a toujours montré sa disponibilité à satisfaire les revendications des organisations syndicales. Toutefois, il appelle les leaders syndicaux au sens de la responsabilité. « Si l’on ne fait pas de croissance, on ne peut pas satisfaire les revendications. Il faut que nous continuons à travailler pour une paix sociale durable et propice à la productivité », invite-t-il. Il promet que le gouvernement va apporter les réponses appropriées aux cahiers de doléances déposées par les différentes centrales syndicales.

Le Chef de l’Etat a saisi cette occasion pour « rendre hommage aux vaillants travailleurs du Sénégal et de la diaspora qui participent, par leur travail, à l’épanouissement des populations ». Dans son discours, Macky Sall est revenu sur les « avancées notables » réalisées par le gouvernement en matière de dialogue social et de négociation collective. Avec la signature du Pacte de stabilité sociale et d’émergence économique en 2015, « le Sénégal, dit-il, a parachevé un modèle cité en exemple qui lui a permis de rationnaliser le champ syndical et de mener, de façon plus efficace, les concertations avec les partenaires sociaux ». « Notre bilan sur le dialogue social est plus que reluisant. Les partenaires sociaux ont presque finalisé les conventions collectives dans le secteur de la presse et de la sécurité privée », s’est réjoui le président de la République. Toujours dans le domaine social, le chef de l’Etat rappelle les acquis réalisés avec la politique nationale de sécurité et de santé au travail, le régime simplifié de protection sociale aux acteurs de l’informel, la réduction de la fiscalité sur les salaires, la baisse de l’électricité, la revalorisation significative de la pension des enseignants du supérieur ou l’effectivité de la retraite à 60 ans dans le secteur privé. « Il faut reconnaître que beaucoup a été fait au cours de six dernières années », indique Macky Sall.

Le chef de l’Etat a aussi salué l’accord tripartite entre le gouvernement, le patronat et les centrales syndicales pour la revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garantie (Smig) et du Salaire minimum agricole garantie (Smag). « Ces initiatives fortes témoignent de la maturité de notre système de dialogue social », informe le Président Sall. Le chef de l’Etat a aussi magnifié l’important accord trouvé, avant-hier, avec les syndicats d’enseignants membres du G6. Après plusieurs mois de grève, le gouvernement a pu trouver une solution à la crise en signant un protocole d’accord avec les syndicats. « Cet accord, magnifie le président de la République, révèle notre détermination à placer l’enseignant au cœur de l’école du futur ».

EMPLOI DES JEUNES : 75000 À 80000 EMPLOIS POUR L’ANNÉE 2018
Le président de la République Macky Sall a rappelé, hier, lors de la cérémonie de réception des cahiers de doléances, que l’emploi des jeunes reste « une haute priorité du gouvernement du Sénégal ». Ainsi, le chef de l’Etat a informé qu’au moins 75 000 à 80 000 emplois sont attendus pour l’année 2018. Cependant, pour régler la lancinante question de l’emploi des jeunes, Macky Sall invite les secrétaires généraux des centrales syndicales à tempérer sur la demande de la généralisation de la retraite à l’âge de 65 ans. « Si tout le monde demande la retraite à 65 ans, comment on va donner de l’emploi aux jeunes ? », se demande le président de la République. Pour lui, porter la retraite des médecins et des Professeurs d’université à 65 ans est logique mais elle ne peut pas être généralisée à tous les secteurs d’activité.
 
MACKY SALL FÉLICITE SERIGNE MBAYE THIAM
Le président de la République a réitéré « son soutien, sa félicitation et son encouragement » au ministre de l’Education nationale Serigne Mbaye Thiam. Ce dernier est sous le feu des critiques depuis le début de la crise dans le secteur de l’éducation. Cependant le chef de l’Etat lui a réaffirmé son soutien. De même, Macky Sall a aussi encouragé le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr et à la présidente du Haut conseil du dialogue social, Innonce Ntap Ndiaye.
 
LA SAR NE DISPARAÎTRA PAS, RASSURE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a rappelé hier que l’Etat du Sénégal reste majoritaire à la Sar avec un capital de 46%.  Répondant à une interpellation du secrétaire général de la Cnts/Fc, Cheikh Dop, qui a peur de voir ce fleuron de l’économie sénégalaise disparaître, le président de la République indique : « Ce n’est pas le moment pour faire disparaitre la Sar ».  « Elle ne va pas disparaître. Nous venons d’installer un nouveau directeur. Aujourd’hui, nous avons du pétrole et du gaz. Les vraies questions doivent être traitées pour que d’ici 2021, lorsque nous allons entamer l’exploitation du pétrole, que le Sénégal puisse avoir un outil pour transformer ses produits », promet-il.
 
493 TRAVAILLEURS DE LA SENELEC RÉTABLIS DANS LEURS DROITS
Longtemps cantonnés au statut de journaliers, ils étaient 493 travailleurs de la Senelec à vivre le même sort. Mécontents de leur situation, ils ont saisi la Cnts pour mener le combat. Selon Mody Guiro, ils ont été d'abord organisés en syndicat. « C'est ainsi que nous avons demandé à rencontrer le Directeur général de la Senelec qui s'est montré très disponible. Il a respecté tous ses engagements. La semaine dernière, nous avons signé l’ensemble du protocole et aujourd'hui tous ces travailleurs ont été rétablis dans leurs droits. Ils vont réintégrer l’entreprise avec des contrats à durée indéterminée. Ils ont retrouvé leur dignité », a-t-il salué.

REVERSER LES TRAVAILLEURS DU PTP DANS LE TER
Alors que les travaux du Train express régional (Ter) avancent à grands pas, l’inquiétude commence à s’installer dans le camp des travailleurs du Petit Train de la Banlieue (Ptb).
En effet, jusqu’ici aucun acte n’a été posé allant dans le sens de les intégrer. Une situation qui interpelle les organisations syndicales. Pour Mouhamadou Lamine Fall, secrétaire général de la Cnts, « il y a des travailleurs qui risquent d’être liquidés. Il faut les recycler pour qu’ils soient opérationnels dans le Ter. Il faut y songer dès à présent », souhaite-t-il.
 
LE SMIG PASSE DE 36.243 À 52.500 FCFA À COMPTER DU 1ER JUIN
Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) connaît une hausse substantielle. Il passera d’abord de 36.243 à 52.500 FCfa à compter du 1er juin 2018, puis à 55 000 FCfa à partir du 1er janvier 2019 et enfin à 58.900 FCfa à compter du 1er décembre 2019.

C’est un communiqué du Ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions qui donne l’information. « Réunis ce lundi 30 avril 2018 au Ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions, les secrétaires généraux de la Cnts, de l’Unsas, de la Csa et de la Cnts/Fc ont signé avec les présidents du Cnp et de la Cnes le protocole d’accord favorable à la revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) horaire ainsi qu’il suit : 302,890 FCfa à compter du 1er juin 2018 au lieu de 209,10, montant jusque-là en vigueur, 317, 313 FCfa à compter du 1er janvier 2019 et 333, 808 FCfa à compter du 1er décembre 2019 », fait savoir le document reçu à notre rédaction.  

Le texte souligne également que le Smag (Salaire minimum agricole garanti) passera de 182,95 à 213,92 FCfa à compter du 1er juin 2018. « Ainsi, le Smig mensuel qui était, depuis 1996, fixé à 36.243 FCfa passe à compter du 1er juin 2018 à 52.500 FCfa, à compter du 1er janvier 2019, à 55.000 FCfa et enfin à compter du 1er décembre 2019, à 58.900 FCfa », précise le communiqué, qui indique que cette revalorisation, outre son caractère protecteur, va entraîner une augmentation de certaines primes dont le mode de calcul est basé sur la valeur du Smig. Le document rappelle que ce protocole d’accord relatif à la revalorisation du Smig et du Smag a été signé au terme des négociations entamées, il y a deux ans, entre les organisations syndicales et patronales les plus représentatives. « La dernière augmentation du Smig horaire et du Smag remonte à 1996, soit à plus de 20 ans.

Les partenaires sociaux, dans le cadre du protocole d’accord signé en 2015 et portant sur les cahiers de doléances de 2013 avaient retenu le principe de revalorisation des salaires minima », soutient le communiqué qui nous dit que la commission mixte mise en place, à cet effet, avait entamé ses travaux en février 2016. « Un décret du président de la République confirmera ces nouveaux montants dans les prochains jours », conclut le texte.

Abdoulaye DIALLO


MODY GUIRO, CNTS : « IL FAUT QUE LES ENGAGEMENTS PRIS SOIENT RESPECTÉS »
« La fête de cette année est marquée par un bouillonnement du front social. Nous demandons à un sursaut patriotique de la part de tous pour renouer le dialogue et permettre l’établissement de rapport de confiance mutuelle. Mais pour plus de stabilité, nous devons ensemble engager la révision du système de rémunération et d’indemnisation qui doit être basé sur l’équité, la justice et la transparence. L’Etat doit apporter un soutien constant au secteur privé pour sauvegarder les emplois existants et faciliter la création d’autres. Nous ne voulons pas la grève, mais il en faut. Il faut que les engagements pris soient respectés. Il ne faut pas attendre que la situation s’envenime pour dialoguer. Le dialogue doit être permanent ».

A. Ng. Ndiaye et o. Fedior


CHEIKH DIOP CNTS/FC : « TRAVAILLER À PACIFIER L’ESPACE SCOLAIRE »
« Nous avons obtenu des acquis importants, notamment dans le secteur de l'éducation. Mais il nous faut aller bien au-delà. Il faut un système éducatif  avec un espace scolaire serein. Nous devons dépasser l'étape des « sauver l'année scolaire ». Il faut encourager le dialogue social qui prenne en compte les conditions de travail des gens. Il faut travailler à pacifier l’espace scolaire.
 La revendication est l'instrument de progrès social. C'est pourquoi il faut un dialogue constant et fécond ».

A. Ng. Ndiaye et o. Fedior


MBALLO DIA THIAM, REPRESENTANT SG UNSAS : « ELARGIR LA CARTÉ D’ÉGALITÉ DES CHANCES »
« Le pacte social est important mais si les revendications sociales ne sont pas respectées, il y aura forcément problème. Pour ce qui est du régime indemnitaire, il y a eu des accords en 2014, mais qui ne sont pas encore matérialisés. Il faut que les centrales syndicales s'unissent pour qu'on se fasse entendre. Il y a eu des efforts dans le social, mais nous souhaiterions que la carte d'égalité des chances aille jusqu'à la gratuité dans les transports publics et une réduction dans le privé pour les personnes à mobilité réduite ».

A. Ng. NDIAYE et O. FEDIOR


LE MINISTRE SAMBA SY REND HOMMAGE AUX TRAVAILLEURS
Le ministre du Travail a écouté les doléances des travailleurs hier. Samba Sy a représenté le gouvernement à la place de la Nation où se réunissait la coalition des centrales syndicales. Il a rendu un vibrant hommage à tous les travailleurs du pays grâce à qui le visage du Sénégal est en train de se transformer radicalement ». « Si on a une croissance supérieure à 7%, c’est grâce aux travailleurs. Nous avons ensemble des conquêtes à réaliser, des obstacles à surmonter et des étapes à franchir », déclare le ministre. Samba Sy invite l’ensemble des forces vives du pays à « un esprit de conjugaison des efforts » pour le développement économique et social du pays. « Les moyens de la République sont les moyens de tous les fils de la République. Nous devons avoir partout des postes de santé, de l’électricité, de l’eau, des routes. Nous devons le faire avec l’argent de tout le monde », explique le ministre Samba Sy, qui appelle l’ensemble des acteurs sociaux à la « patience » et à la « générosité ».

A. Ng. NDIAYE et O. FEDIOR


ELIMANE DIOUF, SG CSA : « POUR UNE AUGMENTATION DES SALAIRES DANS LE PRIVÉ »
« Il faut se mobiliser pour l'augmentation des salaires dans le secteur privé. Depuis 2009, il n’y en a pas eu. Même si le système de retraite à connu des réformes intéressantes, il faut matérialiser le minimum vieillesse pour une retraite tranquille au Sénégal. Il faut aussi penser à la prise en charge du secteur informel. Par ailleurs, pour ce qui est des points du cahier des doléances de l’année dernière, le démarrage tardif des négociations sur les points inscrits dans les cahiers et sur la plateforme minimale de la coalition des centrales syndicales n’a pas permis des avancées significatives ».

A. Ng. NDIAYE et O. FEDIOR


MALICK FALL, UNSAS : «L’UNSAS SE FÉLICITE DES RÉPONSES QUE L’ETAT A APPORTÉES AUX DEMANDES DE L’ÉCOLE »
« Nous avons noté une revalorisation du Smig et du Smag qui passe de 36.250 FCfa à 52.000 FCfa en 2018 et à 57.250 FCfa en 2019. Il y a aussi le relèvement de l’indemnité de logement des enseignants, l’augmentation des salaires des contractuels, l’amélioration de la pension de retraite pour les enseignants du supérieur… Mais force est de reconnaître que des difficultés persistent encore. La politique de protection sociale, l’allègement fiscal appliqué sur les salaires, le programme d’autosuffisance en riz sont autant d’actes qui nécessitent d’être renforcés.

Beaucoup de fléaux guettent plusieurs pays dans le monde et l’éducation est la meilleure réponse. C’est pourquoi l’Unsas se félicite des réponses que l’Etat a apportées aux demandes de l’école ».

A. Ng. NDIAYE et O. FEDIOR

FORTE MOBILISATION DES TRAVAILLEURS SUR TOUTE L’ÉTENDUE DU TERRITOIRE
A l’image de la capitale Dakar, les travailleurs se sont fortement mobilisés dans toutes les régions du pays pour célébrer la fête du 1er mai.
 
ZIGUINCHOR : LES DOLÉANCES FERONT L’OBJET D’UN EXAMEN, DIT LE GOUVERNEUR
Une forte mobilisation a été notée à Ziguinchor, à l’occasion de la fête du travail. Le gouverneur a assuré que toutes les doléances feront l’objet d’un examen.

Auparavant, le secrétaire général de l’union régionale des syndicats Cnts de Ziguinchor, Amadou Camara, avait souhaité que le cahier des doléances 2018, « comme celui de l’année dernière », soit discuté à temps pour que des solutions idoines puissent être trouvées rapidement aux revendications qu’il renferme.

M. Camara a cité, entre autres, les doléances des travailleurs de la chambre de commerce. Ces derniers demandent la régularisation, sans délai, des salaires des agents mis abusivement à la retraite, ainsi que des arriérés de cotisations à l’Ipres, à la Css et à l’Ipm. Ils dénoncent également les retards de salaires et demandent le reclassement des agents méritants, ainsi que le respect de l’application des jugements du 7 août 2006 et du 31 mars 2008. Par ailleurs, il a déploré le fait que le centre franco-arabe « Thierno Marsassoum » paie ses enseignants en dessous du Smig. Il n’a pas occulté les multiples problèmes auxquels les travailleurs de l’hôpital régional sont confrontés, tout en souhaitant des « discussions franches et sérieuses » afin que des solutions urgentes leur soient apportées. Amadou Camara a formulé les mêmes vœux pour que la situation « douloureuse » d’un certain nombre de travailleurs des hôtels du Cap Skirring s’améliore grandement.             

El Hadj Moussa SADIO

Thiès : Le gouverneur promet un « suivi correct » des revendications
A Thiès, les travailleurs ont tenu un rassemblement sur la  place Mamadou Dia. Un format qui a, cette année, remplacé la traditionnelle procession à travers les artères de la ville pour la remise du cahier de doléances au gouverneur.

Fortement mobilisés, les travailleurs étaient endimanchés pour marquer la fête. Devant l’autorité administrative, Alpha Ndiaye, porte-parole du jour de la coalition des centrales syndicales des travailleurs à Thiès, a lu la déclaration. « Nul n’ignore que le Pacte national de stabilité et d’émergence économique entre l’Etat, les employeurs du privé et leurs partenaires sociaux, les organisations syndicales, est perturbé et s’achemine vers une impasse jamais vécu dans notre pays », a-t-il indiqué.

Selon la coalition des centrales syndicales, les enseignants ont été hors des classes durant plusieurs mois, les travailleurs de la santé déposent leurs blouses avec pour conséquence une recrudescence des maladies naguère maîtrisées ou en voie, le monde du transport, en ordre de bataille est en face de beaucoup  de goulots d’étranglement que ce soit pour la route, la mer, l’aéronautique et le rail (qui se trouve mal en point dans sa capitale du rail; une situation due à un échec lamentable de la transition après le départ  du privé). « En outre, l’industrie minière comme textile pour lesquelles  la région de Thiès peut être considérée comme un pôle important, reste un creuset de conflits devant les tribunaux », a-t-il noté parmi tant d’autres difficultés.

Alpha Ndiaye affirme qu’en dehors de toute considération politicienne, la coalition des centrales syndicales veut offrir son expérience et son expertise pour toute étude allant dans le sens de revenir aux fondamentaux du Pacte national de stabilité sociale et d’émergence économique. Car, il s’agit pour les centrales syndicales de veiller à la sauvegarde du pouvoir d’achat et des acquis sociaux des travailleurs qui passe par le respect scrupuleux des engagement pris par le gouvernement, la promotion effective du salaire digne et décent, etc.

Très ravis par l’exploitation pratique du cahier de revendications des travailleurs de la région de Thiès grâce à la rencontre tripartite entre les travailleurs, les syndicats et les autorités administratives instaurée depuis plusieurs années et qui s’attèle à régler toutes les questions à incidence locale, les travailleurs, par la voix de leur porte-parole, ont remercié le gouverneur et ses collaborateurs.

Le gouverneur Amadou Sy s’est félicité de l’ambiance sereine dans laquelle se déroule son face-à-face avec les responsables syndicaux de la région de Thiès à l’occasion de la fête du travail. « Avec la diligence d’antan, toutes vos doléances exposées dans votre cahier seront examinées avec minutie. Celles que l’on peut résoudre à l’échelle régionale seront  prises en charge dans le cadre de la commission tripartite », a-t-il affirmé. Pour les revendications qui nécessitent d’être traitées au niveau central, elles seront certes transmises à la hiérarchie. Et M. Sy d’assurer qu’un suivi correct sera fait.

Mbaye BA

SAINT-LOUIS : PLAIDOYER POUR L'AMÉLIORATION DES SALAIRES DANS L'INDUSTRIE AGRO-ALIMENTAIRE
A l’instar des autres régions de notre pays, celle de Saint-Louis a célébré la fête internationale du travail hier. A cette occasion,  les différentes centrales syndicales se sont mobilisées dans la grande cour de la gouvernance pour communier, faire des déclarations et remettre leurs cahiers de doléances au gouverneur Alioune Aïdara Niang.

Dans l’ensemble, ces responsables syndicaux ont encore plaidé pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs militants. Auparavant, ils ont aussi organisé des processions dans les rues, de la vieille cité, pour permettre à leurs militants d’exprimer publiquement leurs dures conditions de travail.

Mamadou Diallo, secrétaire général du Syndicat national des complexes agro-industriels alimentaires du Sénégal/section Grands domaines du Sénégal (Gds), a déploré, avec la dernière énergie, les remous notés dans les secteurs de la santé, de l’éducation, etc. Il a surtout exhorté les pouvoirs publics à être plus sensibles aux préoccupations des travailleurs.

Il a indiqué que dans le domaine de l’industrie agro-alimentaire, les salaires ne sont pas attractifs et ne permettent pas aux travailleurs de survivre correctement.
« L’Etat doit trouver les solutions les plus adéquates aux problèmes liés à la modicité des salaires ».

Le chef de l’exécutif régional a pris bonne note de l’ensemble de ces doléances et a promis de les examiner avec ses proches collaborateurs et ses supérieurs hiérarchiques.

Mbagnick Kharachi DIAGNE



 

 

Le Conseil national du patronat du Sénégal (Cnp) a, dans le cadre de la décentralisation de ses activités de sensibilisation, mis à profit ce mois d’avril  de la prévention dédié au niveau international à la santé et la sécurité au travail pour venir à Thiès.

Au cours d’un atelier de partage, les responsables du Cnp, de l’Organisation internationale du travail (Oit) et du ministère du Travail et de la Formation professionnelle représenté par l’inspecteur régional du travail de Thiès se sont adressés aux étudiants de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel de Thiès (Isep), de futurs travailleurs ou employeurs.

Pour coller au thème à savoir « améliorer la santé et la sécurité des jeunes travailleurs », Amadou Massar Sarr du Cnp s’est attelé à montrer aux jeunes futurs  travailleurs qu’il y a des risques dans toutes les zones du travail. « C’est pourquoi, il faut avoir une bonne appréciation du risque pour pouvoir anticiper, agir en amont pour l’éviter. Mais, pour cela, nous devons développer la culture de prévention », a-t-il lancé.

Ainsi, tout au long de la projection, il a eu à montrer dans le quotidien des Sénégalais ce manque d’attention face au risque ; un comportement qui trouve son prolongement jusque dans l’entreprise. D’ailleurs, Amadou Massar Sarr a indiqué que 1700 accidents professionnels déclarés ont été répertoriés l’an dernier. « Donc, il appartient à chacun de nous d’avoir le bon réflexe de sécurité car prévenir vaut mieux que guérir », a-t-il noté.

Dans le même sillage, Marie Diallo, directrice de la prévention des risques professionnels à la Caisse de sécurité sociale, a soutenu que l’accident de travail pénalise doublement l’entreprise en ce sens qu’elle lui prive d’une compétence mais aussi fait perdre de l’argent dans la prise en charge l’accidenté et le payement des dommages. A ce propos, environ 4 milliards de FCfa ont été payés en guise de réparation du préjudice. Une hémorragie financière à stopper et que seule une culture de la prévention, inculquée aux jeunes élèves en formation professionnelle devrait pouvoir juguler.  Selon Julie Kazagui, spécialiste principal pour les activités des employeurs, représentante régionale de l’Organisation internationale du travail à Dakar, 2,78 millions de travailleurs meurent par an dont 387.000 décèdent dans des accidents du travail, soit 13,7 %. « D’où toute la pertinence de cette approche du Cnp qui vise à préparer les jeunes en formation professionnelle à la culture de prévention du risque », a-t-elle soutenu. Au nom du ministre du Travail, l’inspecteur régional du travail de Thiès, Amadou Baldé, a indiqué qu’en matière de protection et de prévention, l’arsenal juridique est bien fourni au Sénégal. « Cependant, une bonne sensibilisation sur la question sur les jeunes en formation professionnelle est la meilleure approche », a-t-il confié.

Mbaye BA

Les accords interétatiques sur l’émigration en Afrique, avec ses implications et contraintes, la portée de la coopération interafricaine et l’intégration africaine ont été les principales thématiques qui ont occupé les boursiers et anciens boursiers de la Fondation Konrad Adenauer.

Les boursiers et anciens boursiers de la Fondation Konrad Adenauer ont mis l’accent sur les accords interétatiques sur l’émigration en Afrique avec en toile de fond les implications et contraintes sur la portée de la coopération interafricaine et enfin sur le modèle à adopter, dans le cadre de l’Union africaine, pour une intégration réussie.

Évaluant que la gestion des migrations est l’un des défis les plus critiques pour les Etats et qu’elle nécessite des politiques de migration bien planifiées, à travers une approche gouvernementale intégrée et une coopération approfondie avec les pays de destination, les panelistes et participants ont ainsi mis à nu les insuffisances liées à l’application des textes sous régionaux en matière de libre circulation des personnes et des biens, la faiblesse des échanges commerciaux et de la coopération économique africaine, entre autres. Ils ont ainsi invité à promouvoir le potentiel existant sur le continent. «Avec toutes les richesses et les potentialités dont nous disposons, nous pouvons nous unir comme des Etats-Unis, nous pouvons ouvrir nos frontières pour que le Sénégalais, le Béninois, le Malien, peu importe l’Africain qui se retrouve sur ce continent, se sente partout chez lui. Parce que quand nous nous déplaçons à travers les divers pays africains, nous apportons de la valeur ajoutée à ces pays-là, on crée de la richesse. Pourquoi forcément penser que l’eldorado se retrouve de l’autre-côté», a ainsi réagi Seliwa Geraldo, présidente sortante du Réseau des boursiers et anciens boursiers de la Fondation Konrad Adenauer (Rebafka).  «Nous sommes venus dans le cadre d’un séminaire pour discuter à peu près de comment faire pour réorienter l’émigration clandestine et autre sur notre continent. Et il y a du potentiel à développer sur le continent », a-t-elle ajouté. En clair, «c’est une conférence annuelle que nous organisons avec le Rebafka. Nous sommes ici pour échanger et parler des défis, notamment de la migration. Pour nous, c’est très important de soutenir des jeunes talents et en même d’avoir un réseau de personnes ressources qui sont importantes pour l’avenir du Sénégal», a appuyé Thomas Volk.

Il a poursuivi : «Nous les formons et en même temps c’est important pour nous de prendre aussi part aux discussions sur différents thèmes et sujets et de profiter aussi des qualités et savoirs des différentes personnes ressources que sont nos anciens boursiers». Au sujet de l’intégration africaine, les interventions ont pour la plupart convergé vers une intégration des peuples avec un accent mis sur les valeurs culturelles et pour une monnaie unique africaine pour que cette intégration soit réussie. D’aucuns sont d’avis que les ensembles sous-régionaux peuvent servir de palliatifs pour créer le déclic. Aussi les bousiers ont-ils invité à une intégration par les migrations, convaincus que l’émigration reste un moteur de l’intégration africaine. «Nous avons voulu mettre en exergue les potentialités, les possibilités des migrations interafricaines pour voir quelles sont les possibilités qui existent pour les africains à émigrer dans d’autres pays africains pour y travailler, pour y fonder des entreprises, faire des affaires.

Pour cela, il fallait analyser toutes les structures, les contrats, les conventions ratifiées entre les africains et pour ensuite venir à des exemples concrets», a élucidé Mme Ute Gierczynski Bocandé, conseillère scientifique. Mieux, «nous organisons tous les ans une sortie pour nos boursiers. C’est un séminaire résidentiel de trois jours où nous parlons des potentialités de l’émigration et de migration africaine dans le cadre de l’intégration africaine. Et chaque boursier élabore un exposé ou une contribution pour élucider ces questions de fond en comble et pour discuter sur les potentialités et perspectives», a-t-elle soutenu.

Amadou DIOP

 

El Hadj Mamadou Bâ a été convoqué devant la barre hier. L’accusé a reconnu qu’il a été abusé par ses amis Moustapha Faye et Pape Moussa Sow qui ont tout fait pour le convaincre à rejoindre la Libye ou le Nigéria mais en vain.

El Hadj Mamadou Bâ dit Mame Bâ est titulaire d’un baccalauréat S2 en 2014-2015. Orienté à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), il n’a pas pu terminer sa première année d’étude. Au courant de l’année 2016, il a est arrêté pour les délits « d’actes de terrorisme par association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, acte de terrorisme par menace ou complot, financement du terrorisme, apologie du terrorisme, blanchiment de capitaux ». Devant la barre hier, l’étudiant à l’Uvs a raconté comment il a été endoctriné par ses amis Moustapha Faye et Pape Moussa Sow. Ces derniers fréquentaient la même mosquée que lui à Yoff. Après la prière du soir, Mame Bâ et son ami Abdou Lahad Diop restaient avec Moustapha Faye pour écouter ses causeries religieuses. Selon l’accusé, ce dernier était une personne très ouverte et adulée dans le quartier. « J’avais beaucoup d’estime pour lui », a-t-il témoigné devant la barre hier.

Pendant ces causeries, Moustapha Faye passait en revue l’actualité internationale avec les persécutions dont sont victimes les musulmans à travers le monde. Sur interpellation du juge Samba Kane, El Hadj Mamadou Bâ a avoué qu’il a eu à regarder, avec ses amis, une vidéo sur l’exécution de musulmans en Birmanie. « A force de fréquenter la mosquée, j’ai fini par avoir une certaine familiarité avec les fidèles, notamment Moustapha Faye et Pape Moussa Sow. Moustapha Faye m’avait tenu un discours contre la laïcité et les occidentaux au point que j’étais prêt à rejoindre la Libye, mais pas pour combattre », aurait dit l’accusé devant le magistrat instructeur. Cependant il a nié, à la barre, avoir tenu de tels propos.

Installation de l’application
« Telegram »

Par ailleurs, Moustapha Faye a une fois séjourné dans le fief de Boko Haram en compagnie de Pape Moussa Sow. Mais, avant son voyage pour le Nigéria où il a finalement rendu l’âme, Moustapha Faye a présenté le nommé Ibrahima Bâ à Mame Bâ. Ce même Ibrahima Bâ a financé le voyage de beaucoup de djihadistes sénégalais qui ont rejoint la Lybie ou le Nigéria. Devant le président de la chambre criminelle, El Hadj Mamadou Bâ a indiqué que c’est Ibrahima Bâ lui-même qui l’a aidé à installer l’application « Telegram » dans son téléphone que son père lui avait acheté comme cadeau après l’obtention de son baccalauréat. Avec cette application, il pouvait communiquer avec Moustapha Faye et ses autres amis qui ont rejoint le rang des djihadistes. Mais, selon le procureur Aly Ciré Ndiaye, El Hadj Mamadou Bâ a fait la connaissance d’Ibrahima Bâ pour que ce dernier puisse financer son voyage en Libye ou au Nigéria. La preuve par cette assertion que le prévenu aurait tenue devant le magistrat instructeur : « Moustapha Faye nous avait mis en rapport avec Ibrahima Bâ pour s’occuper de nos conditions de voyage ». L’accusé a rejeté la paternité de ces propos. Moustapha Faye lui a mis en rapport avec Ibrahima Bâ avant son voyage au Nigéria, a-t-il précisé devant la barre. « Ibrahima Bâ ne m’a jamais proposé de l’argent pour un voyage », a-t-il ajouté. L’application « Telegram » installée dans son téléphone portable lui a permis d’entrer en contact avec des Sénégalais en Lybie parmi lesquels Ibrahima Bâ et Abu Hakim. « Ibrahima Bâ nous avait suggéré de ne plus utiliser Facebook. Il a commencé à nous envoyer des photos de lui sur lesquels il était en tenue et tenait une arme », aurait-il déclaré durant son interrogatoire devant le juge. Le procureur de rappeler encore une autre déclaration devant le juge où il aurait soutenu : « Abu Hakim a commencé à nous demander de les rejoindre en Lybie. D’un ton ferme, il nous a demandé de quitter cette terre d’injustice souillée par les mécréants. Cette période a coïncidé avec l’arrestation de 8 terroristes sénégalais en Mauritanie. Nous lui avons fait part de nos craintes d’être arrêtés. Il nous a demandé de rejoindre la Gambie où nous serons accueillis par une autre personne en attendant de les rejoindre. Le jour prévu pour notre départ, j’ai eu une dispute avec Abou Lahad Diop parce qu’il voulait qu’on parte sans aviser nos parents. Il est parti seul ».

Le départ de son ami Abdou Lahad Diop pour la Gambie a sonné comme le déclic de son arrestation. La famille d’Abdou Lahad Diop qui est restée sans nouvelle de leur fils est venue vers Mame Bâ pour lui demander où se trouve son ami. « Quand son grand-frère m’a demandé où est parti son petit-frère je lui ai répondu d’emblée : "je ne sais pas". Par la suite, je leur ai expliqué les motifs de son voyage », a-t-il avoué. Suite à une plainte déposée par la famille, El Hadj Mamadou Bâ est convoqué à la gendarmerie de Foire pour être entendu.

Sur place, le Commandant de la brigade l’a sermonné. « Le Commandant de brigade, en bon père de famille, m’a donné de bons conseils. Quand je suis resté pendant longtemps sans nouvelle de Moustapha Faye et de Pape Moussa Sow, la pression de faire le voyage n’y était plus. Entre temps, je me suis rapproché de ma mère que je négligeais à cause de mon radicalisme », aurait déclaré le prévenu à l’enquête. Au-delà de Moustapha Faye, El Hadj Mamadou Bâ a aussi fréquentait Pape Kimil Coulibaly, Lamine Coulibaly et Abdallah Coulibaly. Ce dernier qui avait annoncé un voyage pour la Turquie se trouve, selon ses amis, au Nigéria. Toutefois, El Hadj Mamadou Bâ a réitéré devant la barre qu’il n’a jamais eu la volonté de rejoindre la Libye ou Boko Haram. « Mes amis ont tout fait pour me convaincre mais ils n’ont pas réussi. Ma conception du djihad est de faire des efforts dans la pratique de ma religion », a-t-il indiqué. Pour lui, il a été abusé par Moustapha Faye et Pape Moussa Sow.
Aliou Ngamby NDIAYE

 

Le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf) veut mettre à profit les technologies créées par le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao/Waapp) en matière de genre pour partir à la croisade contre les disparités liées à cette question dans l’agriculture en Afrique. Un atelier de cinq jours réuni depuis le 23 avril dernier, des spécialistes genres sur la problématique afin de renforcer leur capacité en leadership scientifique dans la prise en charge du genre dans les projets agricoles.

Eviter la subordination des femmes dans l’agriculture et mesurer à juste valeur le poids de leur travail dans le secteur. Tel est le défi que les spécialistes du genre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao/Waapp) veulent relever dans le cadre des activités du fonds additionnel mobilisé grâce au concours de la Banque mondiale.

Venues du Bénin, du Togo, du Niger, de la Guinée, elles se sont donné rendez-vous à Dakar avec leurs collègues du Sénégal pour discuter de la prise en charge réelle des questions sensibles du genre. Durant cinq jours, les spécialistes du genre ont décidé de mettre à contribution tout ce qui a été capitalisé à ce sujet dans le cadre des activités du Ppaao/Waapp ces dernières années pour mettre fin à toutes les formes de discrimination que les femmes agricultrices rencontrent dans l’exercice de leur métier. « Elles sont souvent victimes d’un travail intensif en temps et en énergie », a déploré Mariame Maïga, conseillère régionale genre et développement social du Ppaao/Waapp. Il s’agit d’inverser cette tendance défavorable à la gent féminine dans le secteur agricole en mettant en œuvre les théories sur le genre et leurs variables. Pour mieux appréhender la question, Mme Maïga a invité ses collègues à lier l’analyse genre aux tâches domestiques des femmes agricultrices dans les ménages et aider à corriger tout cela à travers des indicateurs. Elle a estimé que le développement de nos pays passe forcément par la prise en charge des questions sensibles au genre. Les spécialistes du genre et femmes chercheurs du Ppaao comptent ainsi profiter des acquis engrangés par ledit programme pour faciliter le développement sensible dans les communautés ciblées sur le terrain. Depuis 2013, le Ppaao/Waapp est en train de développer une stratégie genre dans les pays bénéficiaires avec des résultats significatifs, a souligné Mariame Maïga. Selon les statistiques, 45% des bénéficiaires des projets développés dans le cadre de ce programme sont des femmes.

Seydou Prosper SADIO

 

Les pays africains vont désormais disposer d’un outil qui permettra d’harmoniser leurs réponses judiciaires dans la lutte contre le terrorisme. C’est tout le sens de l’atelier de validation d’un module sur le terrorisme organisé par le Centre de formation judiciaire (Cfj) à l’initiative du Réseau africain francophone de formation judiciaire.   

«Le terrorisme est aujourd'hui l'une des criminalités les plus fortes auxquelles les États font face. Souvent c'était la réponse militaire, l'accent était mis sur la sécurité. Ici, il s'agit d'envisager la réponse judiciaire. Parce que les auteurs d'actes terroristes doivent faire l'objet d'enquêtes, de poursuites, et tout ça doit se faire dans les standards du droit et du respect des droits de l'homme». Cette conviction est celle du ministre de la Justice, le Pr Ismaïla Madior Fall, qui s’exprimait ainsi à l’occasion de l’ouverture d’un atelier de validation d’un module sur le terrorisme. Selon lui, «ce module vient à son heure». Car, a-t-il dit, en formulant une réponse didactique à travers l’élaboration d’un module en matière de lutte contre le terrorisme, vous apportez une contribution hautement pédagogique à la croisade contre ce fléau. Ce module en plus de définir un canevas pour les futurs magistrats du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Togo et du Sénégal, appelés à connaître de cette criminalité, permettra d’harmoniser les approches d’investigations, inspirées des techniques les plus modernes, mais aussi de sécuriser les procédures en évitant les violations des droits fondamentaux des personnes poursuivies ».

La quête est aussi, selon toujours le ministre, de « doter » les magistrats « d'outils adéquats ». Aussi, la nature du terrorisme, crime transfrontalier, requiert la mise en place d’« instruments juridiques et judiciaires pour enquêter instruire et faire des jugements qui respectent les standards internationaux ». Coordonnateur de ce module qui est une initiative du Réseau africain francophone de formation judiciaire, le directeur du Cfj en a expliqué le contenu. Selon Mamadou Diakhaté, il s’agit de 11 leçons dont une leçon introductive purement pédagogique. «Nous avons commencé la première leçon par la compréhension du phénomène suivi du cadre logique, du cadre juridique qui gouverne la répression du terrorisme et toutes les autres questions relatives aux droits humains qui prend fin avec l'exécution des peines », a-t-il précisé.  Il a révélé par ailleurs qu’au total 10 écoles africaines vont l'introduire dans leurs curricula de formation pour un nivellement de la formation. «C'est déterminant. Il y a eu des conventions internationales. Une chose est d'avoir un dispositif légal, une autre est d'avoir la bonne interprétation du dispositif. Ce module va permettre de régler ce problème », a-t-il espéré.

Oumar FEDIOR

 

La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel a eu la main lourde avant-hier en condamnant à perpétuité et aux travaux forcés les accusés Bassirou Bâ dit « Akhma », Ousmane Bâ dit « Mbaye Bâ », Abdou Sow dit « Boydo » et Mor Thioub  dit « Mor Noop ». Ils devront aussi s’acquitter d’une amende de 100 millions de FCfa.

Ils étaient poursuivis pour association de malfaiteurs de vol en réunion, avec violence, commis la nuit avec usage d’armes et de moyens de transport. En effet c’est dans la nuit du 18 au 19 janvier 2015, aux environs de 4 heures, que les malfrats ont pris pour cibles deux magasins du centre ville de Mbacké, l’un appartenant au nommé Khadim Sek et un autre aux frères Samy et Naby Daou de la communauté libano-syrienne.
Les malfaiteurs, une fois à l’intérieur du magasin de M. Seck, ont pris possession du coffre-fort qui contenait la somme de 2.150.000 FCfa et de deux titres fonciers. Pesant près d’une tonne, le coffre a été abandonné dans les carrières de Ndindy à la périphérie de Touba. Chez les frères Daou, la pêche a été fructueuse, ils ont emporté 92 millions de FCfa en billet de banque et 600.000 en petite monnaie, deux téléphones portables et un chéquier.
Samy Daou a expliqué que la nuit des faits, il a descendu les escaliers après avoir entendu des bruits suspects dans le magasin situé au bas de son immeuble, il a été assommé par un violent coup, qui lui a valu un mois de coma. Son frère gisant devant lui, Nabil Daou a dit avoir remis les clés des coffres aux malfaiteurs.  

L’enquête préliminaire menée par les éléments de la brigade gendarmerie de Mbacké a révélé que Bassirou Bâ dit Ahmed, né le 1er janvier 1975 à Mbacké, a reconnu sans ambages avoir participé au cambriolage. Il a également reconnu avoir recruté le chauffeur Mor Thioub, Ousmane Bâ dit Mbaye Bâ qui était armé d’un bâton et d’une torche.

A la barre, les accusés qui soutenaient avoir fait connaissance lors de leur séjour carcéral, ont été confondus par les appels téléphoniques, qu’ils se sont passés avant, pendant et après leur forfait, mais aussi avec des déclarations décousues et contradictoires. Le ministère public représenté par Me Moussa Guèye a requis 20 ans de travaux forcés contre les six accusés. Me Abdoulaye Babou, conseil de la partie civile, a sollicité et obtenu cent millions de FCfa en guise de dommages et intérêts. La Chambre criminelle les a reconnus coupables et a eu la main plus lourde. Elle a condamné, les quatre prévenus à la perpétuité. Mais Moussa Kâ dit « Mbodiery » et Déthié Mbaye, accusés dans cette même affaire de vol avec violence, ont été acquittés au bénéfice du doute par la chambre criminelle. Les avocats de la défense comptent interjeter appel.

Mamadou DIEYE

C’est en plein jour qu'un individu armé de Kalachnikov et encagoulé a attaqué le Crédit mutuel de Diawara. Opérant comme au cinéma, il met hors d’usage le vigile en le  blessant à la main et n’a pas de difficultés pour se faire une importante somme d'argent qu’il a emportée.

Le dernier braquage après une longue série de ces derniers mois en date remonte dans la journée du lundi dernier. C’est à 9 heures qu'un individu encagoulé et armé de Kalachnikov a fait irruption dans l'enceinte du Crédit mutuel de la commune de Diawara. Une fois sur les lieux, le malfrat a tiré quatre coups de feu à l'intérieur avant de tenir en respect le vigile vers qui il a pointé l'arme à feu sur la poitrine avant de lui demander de se coucher au sol. Ce dernier obéit aux ordres du malfrat et se couche à même le sol. Le gérant qui s'est levé pour sortir de son bureau sera également menacé à son tour par le bandit qui lui a également signifié de se coucher à son tour. C'est ainsi que le bandit s'est dirigé directement vers la caisse où il a demandé au caissier de lui remettre l'argent qui s'y trouvait. C'est au moment de sortir de la caisse avec l'argent qu'il a mis dans un sac que le vigile lui a opposé son véto. Il s'en est suivi une bagarre entre le bandit et le vigile qui sera blessé à la main avant que le bandit ne batte en retraite à bord d'une moto qu'il avait garé devant la porte de l'institution financière.

Les populations du département de Bakel restent  terrorisées par les  bandes de malfaiteurs qui se relaient dans les institutions financières. Et les occupants, surpris, ne peuvent qu'assister impuissants à la dépossession de leurs biens. Ce braquage a été précédé d'un cambriolage à la Poste de Gabou dans la nuit du vendredi  30 au samedi 31 mars. En effet, des brigands ont pénétré dans les locaux de la Poste où ils sont partis avec la somme de 13 millions de FCfa.

Les cambrioleurs ont défoncé la fenêtre de derrière, brisé les grilles,  avant de s’introduire à l’intérieur et s’emparer de l’argent qui se trouvait dans le coffre-fort.
Auparavant, dans la nuit du mercredi 24 au jeudi 25 janvier 2018, une bande armée avait fait irruption dans les locaux de l’entreprise chargée de la construction de la route Bakel-Ourosogui. C’est ainsi qu’ils ont emporté un véhicule de marque Toyota Hi lux double cabine. C’est deux jours après que la 4x4 Hilux a été retrouvée à Touba grâce au GPS intégré à l’intérieur du véhicule. Mais le vitre de la porte du chauffeur était déjà brisée.

Pape Demba SIDIBE

 

Appelé hier devant la barre au 10ème jour du procès Imam Ndao et co-accusés, Ibrahima Ndiaye a démenti la thèse d’un projet de voyage avec Mohamed Ndiaye pour rejoindre le rang des djihadistes sénégalais en Libye.

L’accusé Ibrahima Ndiaye a comparu, hier, pour répondre aux délits « d’actes de terrorisme par association de malfaiteurs, actes de terrorisme par menace ou complot visant à troubler l’ordre public, financement du terrorisme et apologie du terrorisme et blanchiment de capitaux ». Devant le juge, il a nié tous ces faits qui lui sont reprochés. Ibrahima Ndiaye a été arrêté en 2016 en Mauritanie suite aux arrestations des Sénégalais Oumar Keïta, Boubacar Decoll Ndiaye, Alpha Diallo et Mohamed Ndiaye. S’il a été arrêté en Mauritanie, c’est parce que l’accusé Mohamed Ndiaye avait révélé aux forces de sécurité mauritaniennes que la moitié des 400.000 FCfa trouvés par devers lui appartenait à Ibrahima Ndiaye. Mohamed Ndiaye, qui était de retour du Nigéria après avoir séjourné dans le fief de Boko Haram, avait avoué aux policiers mauritaniens qu’il avait aussi un projet de voyage en Libye avec le nommé Ibrahima Ndiaye. Sur la base de ces allégations, les autorités de la cellule anti-terroriste de Nouakchott ont mis Ibrahima Ndiaye aux arrêts. Devant la barre, l’accusé a précisé qu’il n’a jamais eu un projet de voyage avec Ibrahima Ndiaye qu’il a connu en 2014 à Dakar. Selon ses dires, il a rencontré Mohamed Ndiaye en Mauritanie pour avoir des informations sur les nommés Moussa Mbaye, Zaïd Bâ, Abdallah Dièye, Assane Dièye qui avaient rejoint les rangs des djihadistes. « Pourquoi vous avez jugé nécessaire de se rapprocher de Mohamed Ndiaye pour avoir des informations sur ces personnes ? », lui a demandé le juge. « J’ai demandé Mohamed Ndiaye parce qu’on m’avait annoncé qu’il avait fait le voyage dans le fief de Boko Haram. Il m’a confirmé que Zaïd Bâ, Abdallah Dièye et Assane Dièye sont décédés en Lybie mais Moussa Mbaye n’est pas mort », a-t-il répondu.

La deuxième rencontre entre Mohamed Ndiaye et Ibrahima Ndiaye a eu lieu encore en Mauritanie. Les deux « amis » ont discuté, à cette occasion, de la situation des Sénégalais en Lybie. Mais, selon l’accusé, « c’est Mohamed Ndiaye lui-même qui m’a raconté qu’il discutait avec des Sénégalais en Lybie dont Moustapha Diop ». Etant donné que ses amis Lamine Ndiaye, Adama Bodian et Sidy Sarr avaient regagné la Libye, Ibrahima Ndiaye voulait entrer en contact avec l’un deux pour, dit-il, les convaincre à revenir au pays. « Depuis des années, leurs parents sont à leur recherche. Ils ont laissé des femmes, des enfants. Je lui ai demandé le contact de Lamine Ndiaye, mais il m’a dit que c’est seulement avec l’application « Telegram » que je pouvais entrer en contact avec eux », révèle-t-il. Le juge Samba Kane a aussi rappelé à l’accusé qu’il a eu une troisième rencontre avec Mohamed Ndiaye à la Place clinique de Nouakchott. La preuve par ces propos qu’il a tenus devant le magistrat instructeur : « Nous nous sommes revus à la Place clinique. A cette occasion, je lui avais exprimé mon souhait de rejoindre les rangs des combattants sénégalais en Libye ou au Nigéria. Il m’a dit qu’il faut au moins 200.000 F Cfa pour faire le voyage ». Toutefois, l’accusé nie avoir tenu de tels propos devant le juge d’instruction. « C’est lui qui m’a dit qu’il voulait voyager. Je lui ai dissuadé de partir. Mais il m’a répondu qu’il doit quitter le Sénégal et la Mauritanie sinon il risque d’être arrêté après son séjour au Nigéria », rétorque-t-il. Le juge a encore rappelé à l’accusé sa réponse devant le magistrat instructeur à la question de savoir « pourquoi vous voulez aller combattre dans les rangs djihadistes ? » Ibrahima Ndiaye aurait répondu : « J’étais frustré par le traitement réservé aux musulmans en Centrafrique et en Palestine ». Le prévenu dément avoir tenu ces propos devant le juge. « Je n’ai jamais eu l’intention de rejoindre les rangs des djihadistes. Si j’avais cette intention, j’allais le dire ici devant la barre », ajoute-t-il.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Dans la banlieue dakaroise, on assiste à une prolifération des structures médicales privées, que ce soit des dispensaires, cases de santé, cliniques ou même officines dans les maisons. Même si certains gérants clament qu’ils disposent d’une autorisation, on ne peut pas en dire de même pour la majorité. Du fait de la pauvreté et de la rareté des structures publiques dans certaines zones, les populations choisissent en premier le privé pour se soigner avec tous les risques que cela peut comporter.

Après presque une demi-heure de marche dans les rues étroites et sablonneuses de ce populeux quartier de la commune de Yeumbeul Sud et plusieurs détours, nous voilà devant la case de santé privée « La Source » située à Médina Yeumbeul 2. Du nom de l’Ong « La Source » qui a financé son installation, il y a plus de 10 ans, cette case de santé privée est à l’image des maisons. Petite bâtisse sur laquelle est posé un plafond en ardoise, la mention « La Source », inscrite au-dessus de la porte, différencie le local des maisonnettes.

Le décor modeste, voire précaire, n’a rien d’une case de santé digne de son nom. Des briques et de grosses pierres sont posées sur la fragile toiture pour la permettre de tenir. A l’intérieur, un rideau de fortune sépare une petite pièce en deux. Une partie sert de salle d’attente et l’autre espace,dédié au personnel médical, est composé d’une petite table et d’un lit d’hôpital faisant face à une autre petite salle de soins. C’est tout ce qu’il y a dans cette case de santé privée dans laquelle officie le quarantenaire Ndiogou Niang, agent de santé communautaire. Pourtant ce sont ces structures privées que l’essentiel des patients de la banlieue sollicite pour bénéficier d’une prise en charge médicale dès qu’ils ont des problèmes de santé.

M. Niang qui s’occupe de cette case de santé indique que ce qui explique le choix des patients peut être lié à la question de la pauvreté et du problème d’accès aux structures de santé publiques. Il révèle ainsi qu’ils offrent des soins accessibles, car le ticket de consultation dans leur structure est de 300 FCfa pour les adultes, 200 FCfa pour les enfants et même gratuit pour les personnes âgées. « Les populations ont parfois des problèmes pour payer les tickets de 200 à 300 FCfa par patient, et même si on leur prescrit une ordonnance de 2000 FCfa, on est obligé de leur donner le médicament et elles payent par tranche. C’est très difficile d’avoir aussi des médicaments », explique cet agent de santé communautaire qui travaille dans cette case avec une matrone et deux relais (des jeunes filles) qui font souvent du porte-à-porte pour le suivi. Pour lui, à part les 25.000 FCfa par mois servant pour le paiement du loyer, il n’y a pas beaucoup de revenus dans cette structure, contrairement à ce que pensent certains.

Rush pendant la saison des pluies

Pour mieux prendre en compte les préoccupations des populations, « La Source » travaille avec des Ong pour faire des consultations dans le cadre des stratégies avancées. Elle amène aussi des spécialistes (ophtalmologues, dentistes) sous la supervision de l’infirmier chef de poste de Yeumbeul Sud. Ce qui fait dire à M. Niang que, contrairement à d’autres structures privées qui n’ont pas d’autorisation, cette case de santé en a. « On fait partie des 4 cases de santé privées de la commune qui sont sous la supervision de l’infirmier chef de poste de Yeumbeul Sud. Chaque mois, on fait un rapport qu’on lui remet. Nous n’avons pas un problème d’autorisation malgré les difficultés dans lesquelles nous travaillons. Car j’ai même des problèmes à retourner chez moi avec un revenu de 5000 FCfa. Mais j’ai l’âme d’un bénévole », soutient l’agent de santé communautaire.

Par ailleurs, il fait savoir que pendant la saison des pluies, c’est le rush dans leur petite case privée qui est prise d’assaut par les populations. Ces dernières y trouvent leur intérêt parce qu’en plus d’être accessibles financièrement, ces structures sont dans leur environnement immédiat.

Pour Ndiogou Niang, au-delà des critiques des gens et de certaines structures publiques qui rêvent de les voir baisser pavillon, la santé est une question de confiance. Et « c’est cette confiance qu’il y a entre les populations et nous », martèle-t-il.

Au nom du service public de la santé qu’ils fournissent, M. Niang pense que les autorités devraient les soutenir vu que les populations de la banlieue n’ont pas souvent les moyens d’aller dans les structures publiques de l’Etat. Il indique que la seule fois qu’ils ont été appuyés, c’est par la mairie de Yeumbeul Sud avec une subvention de 500 000 FCfa. « On a besoin du soutien des Ong. Avec l’ancienne ministre de la Santé, on devait avoir des badges de reconnaissance et des motivations », confesse l’agent de santé communautaire.

Forte frequentation

Les tarifs attractifs, la proximité et la familiarité parmi les causes

Selon une propriétaire d’une case de santé privée qui s’est exprimée sous le couvert de l’anonymat, les prix abordables, la proximité et la familiarité avec le personnel justifient, dans la majeure partie des cas, la forte fréquentation des structures privées dans la banlieue.

A quelques jets de pierre de la case de santé « La Source », on est sur la « rue des tuyaux » comme on l’appelle ici du fait de la grande conduite d’eau en ciment de la Sde qui longe cette voie entourée, à certains endroits, de maisons abandonnées et envahies par de hautes herbes à cause des inondations d’il y a plus de dix ans.

Sur cette rue, est logé le dispensaire privé « Entraide islamique » installé également dans un local du quartier Oumar Diop (Yeumbeul Sud). Celle qui a géré ce dispensaire privé pendant plusieurs années, préférant se prononcer sous le couvert de l’anonymat, indique que le local était loué à 27.000 FCfa. A son avis, les gens venaient s’y faire consulter parce que les prix sont abordables et ils n’ont pas à payer le transport, en plus de la familiarité qu’il y a entre eux et les soignants.

Cette dame, qui a acquis une vingtaine d’années d’expérience dans plusieurs structures sanitaires de la banlieue, nous confie qu’elle avait ouvert ce dispensaire privé pour faire plus dans le social, même si certaines autorités faisaient dans les menaces. « Les cases de santé publiques voulaient qu’on ferme parce que je faisais un meilleur travail dans l’accueil et même dans le traitement. Nos tickets sont aussi accessibles ; et s’il s’agit de nos voisins malades qui n’ont pas d’argent, on peut les soigner et ils payent comme ils peuvent. Certaines autorités proches de la mairie me menaçaient aussi », explique la dame qui nous a reçus dans son salon.

Le personnel médical était composé de jeunes diplômés qui n’avaient pas encore la chance d’avoir du travail. Elle assure que ces derniers avaient juste envie d’accumuler de l’expérience et venaient travailler presque gratuitement dans son dispensaire privé. Par rapport aux soins fournis, la dame jure qu’elle avait une autorisation des autorités médicales. Cependant, elle nous souffle que beaucoup de gens travaillent dans la clandestinité, sous le regard complice de certaines autorités. « Moi je ne me cache pas. J’ai une autorisation et je n’ai jamais reçu aucun soutien des autorités. Et ce, malgré le travail que je fais. Que toutes les structures privées sans autorisation soient fermées, moi je ne suis pas concernée », martèle la dame qui indique toutefois qu’on ne peut pas arrêter la mer avec ses bras. Car les gens de la banlieue font plus confiance aux structures privées que publiques, « souvent plus chères et éloignées des populations ».

Pour le moment, elle a suspendu les activités de sa « clinique », car elle a été contactée par la mairie de Yeumbeul Sud pour intégrer l’équipe du nouveau poste de santé Cheikh Sidaty Fall (du nom du défunt rappeur Pacotille) qui attend toujours de fonctionner.

O. KANDE

La parole a…

«Pa Docteur», un agent du public propriétaire d’une clinique

A force d’être sollicité par ses voisins malades, « Pa Docteur », un agent du secteur public, a fini par aménager une petite clinique chez lui. Aujourd’hui, il dit avoir une « relation de confiance avec les patients ».

Dans le quartier de Fass Mbao, la rue « Tally Mame Diarra » est très animée en cette après-midi avec les mouvements des taxis-clandos, des vendeurs à la sauvette, des tabliers de café Touba, etc. A quelques jets de pierre de là, une petite clinique très bien connue du coin. Après quelques conciliabules, son propriétaire accepte de nous parler sous la condition de préserver son identité. Celui que nous appelons « Pa Docteur » (nom d’emprunt) tient une clinique privée dans son quartier, mais reconnait qu’il n’a pas d’autorisation. Actuellement, il est toujours patricien dans une structure médicale publique de la place. Cependant, il exerce ce métier chez lui dès sa descente. D’ailleurs, notre entretien a été entrecoupé, car il était sollicité de temps en temps par des patients, pour l’essentiel, des habitants du quartier.

« Pa Docteur » nous confie qu’il est dans le quartier depuis plus de 25 ans et c’était difficile pour lui de refuser d’aider des voisins malades. A force d’être sollicité, il a fini par aménager une petite clinique chez lui. C’est comme cela qu’il a eu la confiance des populations. «Il y a des gens que j’ai soignés une fois et, du coup, à chaque fois qu’ils ont un problème, ils me contactent et viennent chez moi. Des gens quittent les Parcelles assainies et d’autres quartiers de Dakar pour venir se soigner chez moi à Fass Mbao », souligne-t-il. Il poursuit aussi qu’avec la pauvreté qui sévit en banlieue, il vient beaucoup en aide aux populations démunies. « Des fois, les gens n’ont pas les moyens d’aller à l’hôpital ou même dans les postes de santé publics. Dans le public, il y a le problème des médicaments, de l’accueil, etc. J’ai cette relation de confiance avec les patients. Il y a des gens qui ne cherchent que de l’argent, mais moi, c’est plutôt faire mon travail dans le respect de l’éthique. C’est pourquoi mes patients me trouveront n’importe où », dit le spécialiste.

Par rapport à la régularisation, il indique qu’il est preneur mais est d’avis que ce sera très compliqué d’arrêter le phénomène, car c’est un problème de choix entre le privé et « le public qui n’est pas accessible ni attirant ». « Tant que les gens ne seront pas satisfaits du travail du public, le privé aura des patients. Même si on décide de fermer les cliniques qui n’ont pas d’autorisation, ce ne sera pas la bonne méthode, car les gens pourraient aller consulter les patients chez eux », indique notre interlocuteur.

Pour lui, c’est parce que le petit personnel médical n’est pas bien motivé et qu’il y a la demande dans la banlieue qu’il y a des activités connexes. Par rapport aux risques, il ajoute qu’ils sont les mêmes aussi bien dans le privé que dans le public. « Il s’agit juste d’avoir des garanties », soutient-il. « Malheureusement, on n’a pas ces garanties si on n’a pas d’autorisation, mais personne ne souhaite avoir un accident », laisse entendre la blouse blanche.

Oumar KANDE

Confidences… prise en charge

Une erreur médicale à l’origine des angoisses de Fatou Dia

Après une perfusion dans une clinique privée de la banlieue de Dakar, Fatou Dia est confrontée à des bourdonnements d’oreilles. Malgré les médicaments prescrits, ses douleurs ne sont pas estompées. Maintenant, elle a perdu le sommeil. « Ce qui me fatigue et me rend beaucoup faible », confie-t-elle.
Si les structures privées sont très sollicitées en banlieue, il est difficile de dire qu’elles s’entourent de toutes les garanties médicales pour faire certains traitements. Fatou Dia, 32 ans, que nous avons rencontrée au quartier de Yeumbeul Afia 5, en est la preuve parfaite. Cette dernière, petite par la taille, teint clair, dit avoir les oreilles qui bourdonnent depuis plus de 2 mois. Cela, à la suite d’une hospitalisation dans une structure privée de la banlieue.

« Il y a plus de 2 mois, j’avais le paludisme et j’avais mal partout. Quand la maladie m’a très fatiguée, on m’a recommandée une clinique privée dans la zone. J’y suis allée, le responsable m’a fait une perfusion (2 bouteilles). Mais après, mes oreilles ont commencé à bourdonner d’une manière forte. Il m’a prescrit une ordonnance que j’ai achetée, mais un mois après, mes oreilles n’ont pas arrêté de bourdonner alors que ma tension était normale », raconte la jeune dame.
Conscient des problèmes, le propriétaire de la clinique a recommandé à Fatou Dia d’aller à l’hôpital de Pikine. « Ils ont dit que j’étais allergique aux médicaments que j’avais pris à la clinique lors de la perfusion. Après d’autres médicaments, le bourdonnement n’a pas arrêté et je ne dors plus la nuit ; ce qui me fatigue et me rend beaucoup faible », raconte-t-elle d’une voix tremblotante.

Le jour de notre rencontre, Fatou revenait d’un rendez-vous à l’hôpital de Pikine et nous a montré les ordonnances avec une recommandation d’une radio qu’elle devra faire pour qu’on puisse identifier son mal. En attendant son prochain rendez-vous, elle lance, inquiète, que ses oreilles continuent de bourdonner. Cependant, elle n’en veut pas à la clinique, car « ils ont soigné beaucoup de personnes sans problème. Peut-être que c’est la volonté divine avec mon cas », sérine-t-elle stoïque.  

Oumar KANDE


Rendez-vous avec… docteur Henriette Cécile Diop, chef de la division des etablissements prives au ministere de la santé

«(…) On n’a pas le droit d’exercer à titre privé sans autorisation préalable de l’autorité…»

Selon le Dr Henriette Cécile Diop, chef de la Division des établissements privés au ministère de la Santé et de l’Action sociale, « tout exercice de la médecine à titre privé doit bénéficier d’un arrêté portant autorisation de ce service ». Des textes comme la loi 66/069 du 4 juillet 1966 relative à l’exercice de la médecine et à l’Ordre des médecins régissent cela. Toutefois, elle reconnait la demande existante en banlieue et rappelle que l’autorité n’est pas là uniquement pour faire la police. A son avis, les secteurs privé et public « sont complémentaires parce que le secteur public, à lui tout seul, ne peut pas couvrir les besoins en matière de santé ». Elle ne manque pas de demander aux structures en situation irrégulière de se rapprocher du ministère pour avoir une autorisation sous peine de sanctions.

Qu’est-ce que la réglementation prévoit pour l’ouverture d’une structure privée sanitaire au Sénégal ?
L’ouverture d’une structure sanitaire privée est soumise à une règlementation. Plusieurs textes juridiques encadrent cet exercice. Parmi ces derniers, nous pouvons citer la loi 66/069 du 4 juillet 1966 relative à l’exercice de la médecine et à l’Ordre des médecins ;  l’Arrêté n° 5396 du 7 juillet 1994 fixant la composition et les modalités d’instruction des dossiers de création, de cession et de transfert de cabinets médicaux, dentaires et paramédicaux et des cliniques privées. L’ouverture d’une structure médicale privée est soumise à autorisation préalable délivrée par arrêté du ministre en charge de la Santé. Différents types de structures peuvent faire l’objet d’une demande d’autorisation d’ouverture dans le secteur privé du cabinet paramédical (tenu par un personnel paramédical diplômé d’état) à l’hôpital privé en passant par le cabinet médical et la clinique mixte (tenu par un médecin). Une demande est adressée au ministre en charge de la Santé indiquant l’adresse et l’emplacement du cabinet accompagnée d’une copie certifiée conforme du diplôme, d’un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois mois, d’un certificat de nationalité sénégalaise, d’un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois, d’un acte attestant que l’intéressé n’est plus en activité dans la fonction publique. Il y a aussi le certificat de salubrité délivré par le Service d’hygiène et, enfin, l’avis du médecin-chef du district du lieu d’implantation  Que cela soit le privé ou le public, tous les deux secteurs sont sous la responsabilité d’un médecin-chef de district. C’est pourquoi le médecin-chef de district doit donner son aval parce que le secteur public, à lui tout seul, ne peut pas couvrir les besoins en matière de santé. Les deux secteurs sont complémentaires.

On a constaté qu’en banlieue certaines structures exercent sans autorisation des autorités. Qu’est-ce qui explique cela ?
Du point de vue réglementaire, on n’a pas le droit d’exercer à titre privé sans autorisation préalable de l’autorité de tutelle. Mais, nous ne sommes pas là pour faire la police ; nous sommes là pour augmenter l’offre de soins. N’importe où se trouve le Sénégalais, il doit avoir des soins de qualité ; on est là vraiment pour promouvoir l’accessibilité à des soins de qualité pour tous les citoyens. Ceux qui exercent sans autorisation, peut-être qu’ils ne connaissent pas la loi, mais nul n’est censé ignorer la loi. Ils doivent venir auprès du ministère et déposer une demande pour avoir cet arrêté s’ils sont vraiment diplômés, parce que pour exercer la médecine à titre privé, il faut être Sénégalais ou ressortissant d’un pays de la Cedeao, mais il faudrait également être titulaire d’un diplôme d’Etat (Doctorat, voire diplôme d’infirmier d’Etat ou de sage-femme). Il faut voir aussi si ces personnes-là ont ces diplômes et ne sont pas également agents de l’Etat, parce qu’on ne peut pas exercer dans le public et en même temps être dans le privé, ni être agent des collectivités locales. Si toutes ces conditions sont réunies, ces personnes doivent se rapprocher du ministère de la Santé et de l’Action sociale pour être en règle. Par contre, si ce n’est pas le cas, ils sont en exercice illégal de la médecine et, par conséquent, passibles de peines.

On a constaté aussi que les populations de ces quartiers ont besoin de ces structures qu’elles choisissent en premier lieu. Qu’est-ce que l’Etat doit faire pour mieux encadrer et sécuriser cette pratique ?
Tout Sénégalais, là où il se trouve, doit avoir accès à des soins de qualité par un personnel formé. Avec l’organisation pyramidale du système de santé, tout est encadré. Le secteur public et le secteur privé sont sous la supervision technique du médecin-chef de district, lui-même encadré par le médecin-chef de la région. Il existe une parfaite collaboration entre ces deux secteurs et les politiques de santé sont appliquées dans le public comme dans le privé. Le seul problème est que les activités du secteur privé ne sont pas toujours capitalisées dans la collecte des données sanitaires et cela constitue un grand défi pour le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Les populations peuvent bénéficier de soins accessibles dans les deux secteurs. Nous ne sommes pas là pour empêcher l’exercice de la médecine à titre privé, mais il faudrait que ces acteurs respectent toutes les conditions.

Propos recueillis par  O. KANDE



Dans un contexte de crise sécuritaire marqué par la montée du radicalisme religieux et des arrestations de présumés terroristes, des réflexions sont engagées de part et d’autre pour barrer la route aux recruteurs jihadistes. Dans une étude publiée au mois de mars dernier, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, le socio-anthropologue, le Pr Sylvain Andry Faye, attire l’attention sur leur présence dans l’espace carcéral. Il exhorte les dirigeants à renforcer le dispositif dans la mesure où ils ont changé de mode opératoire.

L’étude intitulée « Visages de la radicalisation religieuse dans les espaces carcéraux africains » du Pr Sylvain Andry Faye, spécialisé en anthropologie de la petite enfance et de la santé, se décline comme une note d’alerte. L’enseignant de l’Ucad, titulaire d’un doctorat d’anthropologie sociale et culturelle, attire l’attention des dirigeants africains sur un phénomène inquiétant : l’endoctrinement des détenus par des mouvements jihadistes.
Avec une approche assez originale, qui permet de s’imprégner des réalités du monde carcéral, il révèle la manière dont le processus du radicalisme religieux vers l’extrémisme violent se construit dans les prisons africaines.
Il encourage, à cet effet, les autorités à éviter l’inertie et à poser des jalons dans le sens d’améliorer le séjour carcéral. Si la sécurité nationale est en jeu aussi bien au Sénégal que dans la sous-région, pour l’auteur, il ne faut pas perdre de vue que la forte concentration humaine dans ces espaces est propice à l’enrôlement d’esprits fragiles à ces idéologies.

Pour l’auteur, des mesures doivent être renforcées pour éviter cette radicalisation ne contamine ou n’endoctrine certains détenus faibles facilement soumis aux influences de mentors ou recruteurs radicaux. L’auteur tient à apporter une précision de taille : « Les prisons ne créent pas la radicalisation mais favorisent son expansion dans la mesure où elle prend forme dans la société globale ». « Le fait qu’un détenu se convertisse en prison ne fait pas de lui un potentiel radical », ajoute-t-il. Seulement, dit-il, les conditions de vie en milieu carcéral activent des mécanismes psycho-sociologiques pouvant conduire à adopter des attitudes violentes. »

Stabilité et reconnaissance sociale

Par ailleurs, pour l’auteur, il faut reconnaître que les détenus, souvent en rupture sociale, recherchent un certain degré de stabilité que leur font miroiter ces recruteurs. Le visage de la radicalisation commence à se dessiner dans les quartiers. « La précarité socio-économique des jeunes crée les conditions d’une vulnérabilité, d’une frustration, d’une critique sociale qui peut les rendre disponibles et les conduire à une critique sociale », explique-t-il. La pré-radicalisation y prend forme. L’auteur souligne que « la frustration les amène à être plus agressifs et à être un peu plus sensibles à l’offre radicale et au discours extrémiste ambiant ». Ils s’identifient à ce discours qui apparaît comme la réponse adéquate à leur situation.  « Cela fait que certaines personnes incarcérées dans les prisons africaines y arrivent avec une certaine critique sociale, un sentiment d’injustice ou quelques fois une sensibilité aux idées extrémistes en réaction à la société globale ». « Les conditions carcérales, les types d’interactions sociales associées aux trajectoires individuelles et socio-familiales des détenus peuvent contribuer à créer, à déclencher le processus d’identification qui est un des premiers paliers à franchir dans l’échelle de la radicalisation ».

 


Des recruteurs qui ne sont pas barbus

Les recruteurs jihadistes, difficiles à détecter dans nos prisons qui manquent de moyens logistiques, semblent avancer à grand pas dans l’espace carcéral. Il est bien difficile de brosser leur portrait surtout qu’ils ont eu l’intelligence de changer de mode opératoire.

Le Pr Sylvain Faye révèle, à cet effet, que les mentors qui opèrent dans les prisons sont divers. « Ils ne sont plus des barbus, évitent les interactions avec les imams pour ne pas être repérés, mais ambitionnent de contester la légitimité de ces derniers. Ils sont porteurs d’un discours d’insatisfaction et s’intéressent aussi à quelques détenus faibles qu’ils cherchent à endoctriner afin d’en faire des relais et des lieutenants afin de mener le travail de recrutement pour l’endoctrinement dans les prisons ».

Les autorités compétentes sont ainsi invitées à intensifier leurs stratégies de lutte surtout que la plupart parviennent à échapper à la surveillance et au contrôle des gardes pénitentiaires. Ils misent sur une relation interpersonnelle avec des détenus fragiles, évitant les séances de récitation ou les causeries publiques, pour faire passer leur message et leur promettre une protection sociale. « Ils se présentent d’abord comme un soutien social et une offre sécuritaire », ajoute le Pr Faye.  

Pire, fait savoir l’auteur, ils parviennent aussi à créer une rupture entre le détenu et leur famille. « Quand le travail d’endoctrinement se met en place pour identifier les détenus et les rendre sensibles à l’idéologie radicale dont ils sont porteurs, ils se présentent comme la seule alternative crédible. En créant une coupure avec le milieu social d’origine, ils intensifient l’engagement moral dans le groupe radical et l’idéologie qu’il promeut. Une fois cet endoctrinement réalisé, le passage à l’action peut s’opérer soit à l’intérieur de la prison soit à l’extérieur ».

Des messages religieux en phase avec les besoins

Si les Etats africains sont invités à lutter contre la surpopulation carcérale combinée à l’absence d’offre limitée d’opportunités de programmes et de travail productif…, les religieux doivent aussi revoir leur discours. En effet, si la contribution des islamologues ou théologiens musulmans a été jugée utile au Sénégal, pour accompagner les détenus en les  dotant d’une interprétation adéquate du Coran,  le Pr Faye craint que leur prêche ne soit contre-productif. « Ces imams essaient d’expliquer les textes afin de lutter contre les fausses interprétations. Souvent focalisés dans le discours religieux, ils agissent souvent comme s’ils avaient en face d’eux de mauvais musulmans et oublient que les jeunes détenus se posent aussi des questions d’ordre social qui méritent d’être prises en compte. En se focalisant sur le contre-discours religieux et en s’écartant de leurs préoccupations majeures, les imams créent directement des conditions de rejet. Ils poussent les jeunes à se réfugier dans les offres radicales qui instrumentalisent la radicalité. »

Matel BOCOUM

« La situation est sous contrôle. Nous avons mis en place un dispositif opérationnel qui, à terme, aidera à ce qu’il n’y ait plus enlèvement ou rapt d’enfants ». Dans l’entretien qui suit, la ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance partage le dispositif mis en place. Ndèye Rahmatoulaye Guèye Diop précise ses attributions et nous fait aussi le point sur la deuxième opération de retrait des enfants de la rue.

Comment avez-vous vécu la rafale médiatique de ces derniers jours ?
Je l’ai vécu sereinement parce que je savais que la plupart des attaques dont j’ai fait l’objet se nourrissaient du déficit de connaissance des attributions de mon ministère. C’est, à la limite, gênant de rappeler que la question des meurtres et enlèvements, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, relève de la sécurité nationale, donc du sectoriel étatique compétent en cette matière, le ministère de l’Intérieur. Mais, en le disant, je ne cherche nullement à me défausser sur un collègue car le travail gouvernemental est une synergie positive qui nous rend collectivement et solidairement responsables devant le peuple. J’ai en charge la protection de l’enfance contre les abus, les maltraitances, les sévices corporels, la traite, etc. Il y a eu une confusion entretenue par les réseaux sociaux et une partie de la presse qui n’avaient pas idée de mes attributions. Mon collègue Aly Ngouille Ndiaye et moi-même avons organisé un point de presse pour apporter des précisions. Cette incompréhension est aujourd’hui derrière nous. Je rappelle que tout un dispositif est mis en place pour traquer les auteurs de ces regrettables événements. Il est heureux de constater que la situation est bien gérée.

Avec le recul, auriez-vous changé votre stratégie de communication ?
Du tout. C’était un choix. Et je l’assume. Dans mon esprit, la communication se fait d’abord par l’action. Et, pour un ministère comme le nôtre, la présence est sociale et non forcément médiatique. Je viens de faire juste un semestre à la tête de ce département. Il fallait d’abord et avant tout faire un état des lieux. Nous avons rencontré tous les acteurs qui gravitent autour de la protection de l’enfance. Je viens de faire le tour de toutes les familles religieuses du Sénégal. Le ministère a aussi tenu des séances de travail avec des associations privées, le clergé, des associations et fédération de maîtres coraniques, des prêcheurs et animateurs d’émissions religieuses, de la société civile. Des rencontres ont été également organisées avec les Comités départementaux de protection de l’enfance (Cdpe). Rencontres au cours desquelles, les dispositifs de protection de l’enfance mis en place par l’Etat ont fait l’objet de riches échanges. L’objectif était d’échanger, mais surtout de recueillir les préoccupations de tous ces acteurs. Nous pensons que seule une démarche inclusive peut nous permettre d’avoir une politique qui nous donnera les résultats attendus.

Où en êtes-vous justement avec la deuxième opération du retrait des enfants de la rue ?
Les opérations de retrait entamées le 28 mars 2018 dans le département de Dakar se poursuivent. A ce jour (Ndlr : 19 avril 2018), il y a eu huit opérations qui ont permis de retirer 184 enfants de la rue répartis ainsi : 121 Sénégalais, 49 Bissau-guinéens, 3 Guinéens   6 Gambiens, 3 Maliens et 2 Nigériens. Cette fois-ci, ce sont tous les ministères concernés qui travaillent en parfaite synergie. Chacun joue sa partition. N’oublions pas qu’il s’agit d’un dispositif transversal qui intègre plusieurs ministères (Bonne gouvernance et Protection de l’enfance, Intérieur et Justice, Ndlr). Il revient au ministère de l’Intérieur, par la préfecture de Dakar et la Brigade des mineurs, d’aller retirer les enfants de la rue par le biais d’une logistique appropriée composée de véhicules banalisés que nous avons mis à sa disposition. Cette équipe est appuyée sur le terrain par des travailleurs sociaux. Je précise que nous avons opté pour des véhicules banalisés pour ne pas traumatiser les enfants. Tous les enfants retirés sont placés au centre Ginddi. Et, une fois à Ginddi qui est le centre de tri au niveau de Dakar, ils sont accueillis par des travailleurs sociaux qui procèdent à l’identification par photo, l’enregistrement, la consultation médicale, l’écoute, l’accompagnement, les soins d’hygiène, l’hébergement et un suivi (au daara de Thierno Macky Tall sis à la mosquée omarienne de la Medina qui a hébergé l’ensemble des 120 talibés retirés pour le moment). Les talibés sont référés à des « daaras » répertoriés et triés minutieusement selon un nombre de critères bien définis. Nous prenons en charge tous les frais afférents à leur séjour dans ces lieux d’apprentissage grâce à des conditions négociées. Les autres sont orientés vers des centres d’accueil dédiés. A ce jour, tout se passe bien, la situation est sous contrôle et très bientôt nous partagerons les résultats obtenus sur le terrain. Pour le moment, ces opérations sont financées sur les fonds propres du ministère. Permettez-moi de saluer l’initiative de la Fédération nationale des maîtres coraniques qui est prête à nous accompagner en hébergeant ces talibés. Il reviendra au ministère de les appuyer dans la limite de ses moyens. Nous exhortons l’ensemble des Sénégalais à nous accompagner dans ce processus. Nous souhaiterions également bénéficier d’un accompagnement de la société civile, des entreprises – dans le cadre de la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) – et  des partenaires techniques et financiers. Nous réfléchissons sur un système de parrainage qui, à la longue, pourrait peut-être régler définitivement ce fléau.

Quel est le dispositif prévu pour que ces enfants ne reviennent pas dans la rue ?
Comme je viens de le dire, cette fois-ci, nous avons eu à travailler avec plusieurs ministères. Les discussions se poursuivent avec les ministères de la Justice, de la Famille, de la Santé et de l’Action sociale et celui des Transports. Nous voulons désormais que la Police des frontières soit encore plus vigilante sur le transport des enfants. Pour cela, nous mettrons à contribution les associations et fédérations de transporteurs dans les gares routières pour qu’elles n’acceptent plus de transporter des enfants non accompagnés. Même pour les enfants accompagnés, il faut des documents attestant l’autorisation de la tutelle. Donc, il y a tout un dispositif qui est mis en place. Tout a été bien réfléchi, bien mûri. Mieux, on va évaluer, rectifier et corriger au besoin tout au long du processus de retrait des enfants. La démarche vise à améliorer le dispositif pour que cette fois-ci nous arrivions à éradiquer ce fléau au Sénégal. Je dois dire qu’en revanche, les enfants retirés de la rue ne sont pas revenus. Ils sont retournés dans leurs familles et réinsérés. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de les placer dans des centres d’accueil ou des « daaras ». On les aide psychologiquement à se préparer à réintégrer leurs familles et on les aide à y rester durablement grâce à un paquet de services sociaux complémentaires. Mais c’est un processus long et compliqué. Retirer un enfant définitivement de la rue peut prendre jusqu’à six mois ou même plus. Parfois, le simple fait de trouver le nom de l’enfant pose problème. Il y a donc tout un travail d’enquête et d’accompagnement à faire. Maintenant, quand on annonce une opération de retrait des enfants de la rue, certains se cachent et attendent que cela se calme pour revenir. C’est donc un travail de longue haleine.

Après le meurtre du petit Fallou Diop de Rufisque, beaucoup ont pensé que votre ministère avait failli à sa tâche de protection. Quelles sont exactement les attributions de votre département ?
Les attributions de mon ministère en matière de protection de l’enfance sont assez claires. Le décret n° 2017-1598 relatif aux attributions du ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance est explicite en la matière : « Il (le ministre, ndlr) veille au respect des droits fondamentaux des enfants et à leur protection contre la maltraitance et toutes les formes d’exploitation dont celles liées à la mendicité. Il s’assure de la bonne intégration des jeunes enfants dans la vie familiale et sociale. Il est responsable des politiques à l’égard des enfants abandonnés, des enfants des rues et des enfants en voie de marginalisation. Il met en œuvre les actions permettant de donner un cadre de vie décent à ces enfants ». Encore une fois, au vu des attributions de mon ministère en la matière, certaines personnes ont attaqué mon département à tort. Les populations ont fini par comprendre, et c’est le plus important.

Votre ministère s’occupe aussi de la bonne gouvernance. Pouvez-vous préciser vos missions dans ce domaine ?
Au terme du décret portant attributions du ministre, nous sommes chargés de promouvoir la bonne gouvernance dans l’administration et la société. La promotion se fait à travers trois leviers : appui ou initiation des innovations institutionnelles (comme la loi sur l’accès à l’information) ; animation de mécanisme de dialogue (cadre multi-acteurs de suivi budgétaire) et éducation et sensibilisation sur la bonne gouvernance.
La stratégie nationale de bonne gouvernance fait référence à des principes dont la redevabilité, la transparence, l'accès à l'information, la participation citoyenne et la gestion des deniers publics. Il s’agit de mettre en place des politiques de gestion rigoureuses mettant en avant ces principes et valeurs de bonne gouvernance dans les administrations publiques. Depuis mon arrivée à la tête de ce département, des actions sont régulièrement menées et nous ne sommes pas seuls. Nous travaillons avec d’autres acteurs privés comme institutionnels pour plus d’efficacité sur le terrain.

Quel est le lien entre la protection de l’enfance et la bonne gouvernance ?
Il existe deux liens entre la protection de l’enfance et la bonne gouvernance, un lien organique qu’est le Plan Sénégal émergent (Pse). En effet, ce sont la Bonne gouvernance par l’axe 3 et la Protection de l’enfance par l’axe 2 qui misent sur le développement du Capital humain qui commence par la protection de l’enfance. Et un autre lien matériel : la protection de l’enfance fait partie des droits humains qui est une composante de la bonne gouvernance d’où l’éducation à la gouvernance à travers l’enfance. L’axe 2 du Pse mise sur le développement du capital humain. Et qui parle de capital humain engage les jeunes dès le bas âge. La bonne gouvernance commence d’abord par protéger les droits de l’enfant. Ensuite, c’est dès le bas âge qu’on commence à inculquer à l’enfant les valeurs et notions de bonne gouvernance. L’enfant doit grandir avec ces notions, ces concepts pour se les approprier plus tard.  L’objectif, à long terme, est d’arriver à construire au Sénégal un nouveau type de citoyen modèle, soucieux du devenir de son pays. Dans une perspective plus immédiate, mon département, conformément à la vision du chef de l'Etat, poursuit ses efforts de promotion des principes et valeurs de bonne gouvernance dans l'administration et dans tous les segments de la société. Donc, bonne gouvernance et protection de l’enfance sont intimement liés et en parfaite conformité avec l’ambition du président de la République Macky Sall.

On vous reproche de ne pas donner suite aux rapports des corps de contrôle de l’Etat. Que répondez-vous à cela ?
L’Office nationale de lutte contre la corruption et la concussion (Ofnac) a un pouvoir d’auto-saisine. Il ne me revient pas, en tant que ministre de la Bonne gouvernance, de me prononcer sur ces rapports. C’est un aspect qui ne relève pas de mon département. En revanche, sur la bonne gouvernance, je suis à mesure de vous dire que tous les voyants sont au vert. L’indice Mo Ibrahim, Transparency international, le Fmi et bien d’autres structures nous décernent régulièrement des satisfecit. Nous sommes sur une bonne dynamique. Ce n’est pas un combat gagné d’avance. Il faut toujours voir la situation de référence, de là d’où nous venons. C’est seulement depuis 2012 que le concept de bonne gouvernance est pris réellement en charge, développé pour devenir aujourd’hui une réalité dans notre pays. Je comprends que la perception auprès des Sénégalais soit mitigée. Cela résulte en partie d'un non accès au grand public de certaines données objectives en la matière. Mon département est en train de développer des stratégies pour améliorer l'accès à l'information sur les grandes avancées du Sénégal en matière de bonne gouvernance qui feront d'ailleurs l'objet d'une publication. Bien sûr, il reste encore des efforts à faire. Nous ne dormons pas sur nos lauriers, nous continuons le travail enclenché pour que le Sénégal devienne, sous peu, le champion en Afrique en la matière.

Quel rapport avez-vous avec des structures comme l’Ofnac et la Cour des comptes ?
De très bons rapports. Nous travaillons en parfaite synergie. Nous déroulons certaines activités ensemble. Il y a aussi des activités que nous confions à ces structures. J’ai visité l’Ofnac, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat (Ige) et l’Agence de régulation des marchés publics (Armp). C’est pour vous dire qu’entre ces structures et mon ministère, il y a une excellente collaboration. C’est un partenariat, une approche à développer pour qu’il y ait une synergie et une cohésion entre les institutions de l’Etat.


Propos recueillis par Abdoulaye DIALLO (texte) Sarakh DIOP (photo)

 


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La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

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Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.