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Société & Faits divers (2698)

L’année 2017 sera certainement inoubliable pour le maire de Dakar et certains de ses collaborateurs inculpés dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie. Leur procès, prévu le 03 janvier 2018, pourrait s’étaler sur une partie de 2018 avant de livrer son verdict.

L’arrestation et la détention provisoire du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a été l’une des actualités majeures qui ont fait les choux gras de la presse en 2017. Ce dossier polico-judiciaire continuera de faire couler beaucoup d’encre et de salive en 2018. En effet, le procès de l’édile de la capitale a été renvoyé au 03 janvier 2018 en audience spéciale par le Tribunal correctionnel de Dakar. L’ancien ministre socialiste est poursuivi pour escroquerie portant sur les deniers publics, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écritures. Le procureur de la République a dit, lors d’une conférence de presse tenue le 03 mars 2017, avoir reçu le rapport n°12/2016 du 24 mars 2016 de l’Inspection générale d’Etat demandant, dans sa recommandation n°1, l’ouverture d’une information pour élucider la manière dont les fonds de la caisse d’avance ont été gérés. Cette inspection, selon le maître des poursuites, a eu à relever un montant de 1,830 milliard de FCfa qui a été dépensé sans que justification soit faite.

Auparavant, M. Sall avait été convoqué et entendu sur sa gestion les 21 et 22 février, pendant plusieurs heures d’affilée, à la Division des investigations criminelles (Dic). Malgré les dénégations du mis en cause, la machine judiciaire a été mise en marche quelques jours après la sortie du procureur, Serigne Bassirou Guèye. Le mardi 08 mars, Khalifa Sall et ses co-inculpés ont été placés sous mandat de dépôt par le doyen des juges Samba Sall.

Il s’en est ensuivi une longue bataille juridique entre le parquet et l’accusé. Les avocats de la défense ont, à plusieurs reprises, vainement sollicité une liberté provisoire devant les juridictions compétentes. Mais partout, c’est un revers. Récemment, la procédure aux fins d’obtenir la liberté provisoire contre cautionnement qu’ils avaient déclenchée n’a également abouti à rien.

Aujourd’hui, le destin de Khalifa Ababacar Sall est entre les mains du juge Maguette Diop, ancien président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) et ses deux assesseurs Pape Abdoulaye Dondé et Elisabeth Thiam qui sont chargés de dire le droit.

Ndiol Maka SECK

L’affaire Cheikh Tidiane Gadio a été l’une des grosses surprises de la fin de l’année 2017. L’ancien ministre des Affaires étrangères est supposé être trempé dans une affaire de pots-de-vin aux Etats-Unis. La justice américaine se prononcera sur son cas en début d’année.

L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a été inculpé par la justice fédérale américaine dans une sombre affaire de corruption et de blanchiment. Cette affaire a aussi été l’une des surprises de l’année. Jusque-là dépeint  comme un homme intègre et transparent par beaucoup de Sénégalais, l’image de l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise a pris un sacré coup avec cette affaire de pots-de-vin.

Dans les relations internationales, un carnet d’adresses bien fourni a certes des avantages, mais aussi beaucoup d’inconvénients. L’ancien ministre d’Abdoulaye Wade (2000-2009) ne dira pas le contraire. Après son score peu honorable à la présidentielle de 2012, le fondateur du Mouvement panafricain et citoyen « Luy Jot Jotna » (Mpcl) a mis sur pied l’Institut panafricain de stratégies (Ips), un think tank censé œuvrer à « l’unité continentale ». En même temps, il dirige un cabinet de consultance.

Ce mélange des genres, selon Jeune Afrique, est en partie à l’origine de ses ennuis. Car en 2014, l’une de ses connaissances, Patrick Ho Chi-ping, le sollicite pour aider la société chinoise Cefc China Energy à obtenir des concessions au Tchad. Gadio, qui entretient des liens étroits avec Idriss Déby Itno, accepte de jouer les entremetteurs. Ainsi, en novembre 2014, selon les échanges de courriers aux mains des enquêteurs, Gadio écrit à son interlocuteur pour se féliciter des résultats de son intervention.
Il lui suggère, au passage, de remercier le président Déby Itno par « un joli package financier », évoquant la possibilité d’une donation au profit de ses « projets sociaux » ou la création d’un hôpital.

Même si, pour l’instant, rien dans l’acte d’accusation ne démontre un quelconque échange d’argent entre la société chinoise et l’État tchadien, les traces de deux virements de 200.000 dollars (165.000 euros) à son profit valent à Cheikh Tidiane Gadio la menace d’un procès pour violation du Foreign Corrupt Practices Act.

Ndiol Maka SECK

La première promotion de formation 2018 en sécurité nationale du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds) a, officiellement, démarré ses apprentissages, hier, après le cours inaugural du séminaire de rentrée. Le groupe est composé de 15 auditeurs, tous des cadres nationaux des secteurs public et privé, ainsi que des officiers de l’armée sénégalaise.

Quinze auditeurs (11 civils et 4 officiers) vont constituer la première promotion 2018 de formation en sécurité nationale du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds). Le programme a été lancé hier par un cours inaugural prononcé par le Pr Babacar Guèye, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), en présence de Demba Diouf, directeur de cabinet du ministre des Forces armées. Cette formation de cinq mois va permettre à ces cadres civils venus des secteurs public et privé ainsi qu’à des officiers militaires d’approfondir leurs connaissances en matière de défense et de sécurité.

Il s’agit, selon le directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye, de mettre à la disposition des autorités « des cadres civils des secteurs public et privé et des forces de défense et de sécurité les compétences adéquates pour concevoir, construire, au niveau stratégique, une vision intégrée de la défense et de la sécurité au service du développement et de la paix ». Selon lui, l’accent sera mis, au cours de cette formation, sur « les facteurs de puissance dans un monde en recomposition » mais aussi sur les « forces et faiblesses des dispositifs de sécurité au niveau national ». Les cours magistraux et les travaux de groupes seront dispensés par des experts civils et militaires. Les auditeurs vont aussi effectuer des visites de terrain pour mieux maîtriser « l’organisation et les moyens majeurs de la sécurité nationale ».

En présidant le lancement officiel du démarrage des cours de la première promotion de la formation en sécurité nationale, Demba Diouf, directeur de cabinet du ministre des Forces armées, s’est inquiété de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, surtout avec l’avènement de menaces déstabilisatrices comme le terrorisme. Avec les bandes terroristes qui sévissent dans le Sahel, la question sécuritaire est devenue, a-t-il dit, une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics et les populations. Les réponses à apporter à cette question, a ajouté Demba Diouf, « vont au-delà des seules actions militaires ». Elles requièrent, selon lui, « des acteurs civils bien préparés pour faire face à ces nouveaux défis ».

S’adressant aux auditeurs de cette première cohorte, le directeur de cabinet du ministre des Forces armées a laissé entendre que l’on attend d’eux « de la curiosité intellectuelle, de l’ouverture d’esprit et de l’humilité ». Le directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye, a invité les auditeurs à faire des « efforts individuels et collectifs en termes d’assiduité, de recherche et de suivi des enseignements théoriques et pratiques » qui seront dispensés pendant ces cinq mois de formation.

Aliou Ngamby NDIAYE

Un meilleur traitement salarial encadré par un statut, c’est ce que réclament les géologues du Sénégal qui étaient en assemblée générale le vendredi dernier.

« Ce qu’on peut gagner dans la communication en une journée, nous les géologues, nous le gagnons à la fin du mois. Ce traitement salarial n’est pas normal ; nous avons un cursus scolaire trop long. Le travail que nous faisons sur le terrain est très difficile ». Ce cri du cœur est de l’ingénieur hydrogéologue Oumou Bâ, présidente de l’Association des femmes géologues du Sénégal (membre de la filiale Société géologique d’Afrique). Elle l’a dit le vendredi dernier, lors de la journée nationale de la géologie marquée par une assemblée générale tenue à la Place du souvenir africain.

« Nous voulons regrouper toutes les associations pour avoir une force, parce que nous avons de modiques salaires. Moi je travaille dans le contrôle des forages ; je fais un travail d’homme et je ne suis pas très bien payée. Nous devons être unis pour pouvoir changer tous ces statuts au sein des entreprises publiques et privées », a-t-elle fait savoir. Prenant la parole, Ibra Seck, président de l’Association des géologues du Sénégal, a abondé dans le même sens. « Notre objectif, à long terme, est la mise en place d’un Ordre des géologues avec le regroupement de Vision géologie, l’Association des jeunes géologues de l’Ist, le Club de géologie et l’Association des jeunes géologues et environnementalistes du Sénégal et Wim Sénégal », a-t-il affirmé.

Cette association, riche de 150 membres, est dénommée Société géologique du Sénégal et a obtenu son récépissé en 2004.

Interpellé sur l’exploitation du zircon dans la zone de Niafrang, M. Seck a précisé que l’étude d’impact environnemental a révélé les différents problèmes liés à l’Aire marine protégée et a préconisé des mesures d’accompagnement. Un dîner-débat s’est tenu aujourd’hui au King Fahd Palace sous le thème « apport des géosciences au Pse ». Les géosciences sont les métiers du Btp, de l’hydrogéologie, etc.

Serigne Mansour Sy CISSE

En marge de la célébration de son 30ème anniversaire et des sept ans de son bureau régional Sénégal/Afrique de l’Ouest, Article 19 a organisé à Guédiawaye un forum sur la liberté d’expression avec comme thème: « la Liberté d’expression : un regard croisé des jeunes de divers horizons ».

En présence du parrain, ≈ des jeunes de Dakar et de sa banlieue ont longuement échangé sur le thème et formulé des recommandations pour que la liberté d’expression soit effective et durable en Afrique. D’ailleurs, c’est à cela que travaille Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest qui accorde un intérêt particulier au respect et à la protection de la liberté d’expression, ainsi qu’à l’accès à l’information. Ces points constituent, pour les responsables, la pierre angulaire de la protection des droits humains. Ainsi, dans l’exercice de cette mission, ladite organisation a mené beaucoup d’activités afin de créer les conditions pour une démocratie participative et un espace public ouvert aux idées et à la diversité.

Président du bureau régional Sénégal/Afrique de l’Ouest d’Article 19, Fatou Diagne Senghor a rappelé que cette célébration est une opportunité de faire une rétrospective sur les questions liées à la liberté d’expression en donnant la possibilité de s’exprimer librement et d’apprécier les contours et défis actuels de la liberté d’expression aux jeunes qui constituent une frange importante pour le développement d’un Etat. « L’activité est également une occasion pour les jeunes, dont les clubs Article 19 formés dans le cadre d’un programme de sensibilisation sur les questions de liberté d’expression, de discrimination et de fondamentalisme, de mener les réflexions et partager leurs perspectives sur les enjeux de l’heure », a indiqué Fatou Diagne Senghor. A l’en croire, Article 19 donne la voix à la jeunesse afin d’apprécier avec elle les contours et défis actuels de la liberté d’expression face à un monde en pleine ébullition.

Abdou DIOP

La démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de droit sont les socles fondamentaux sur lesquels l’Afrique doit s’appuyer pour faire face aux multiples menaces qui pèsent sur elle.

Le Pr Babacar Guèye, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), a prononcé, hier, le cours inaugural du séminaire de rentrée de la formation en sécurité du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds). Le thème de cette leçon est : « L’Afrique face aux enjeux géopolitiques et stratégiques d’aujourd’hui ». L’enseignant-chercheur a d’abord indiqué que le continent africain a tous les atouts de son côté pour pouvoir réussir : ressources humaines, ressources naturelles, dynamisme économique avec un taux de croissance moyen de 5% sur ces 10 dernières années. Bref, le Pr Guèye a noté que « l’Afrique est engagée sur la voie du développement ». Cependant, le continent fait face à de nouveaux défis : faiblesse des Etats, pauvreté persistante, inégalités sociales. A cela s’ajoutent les maux qui l’affectent et qui ont nom : terrorisme, criminalité transnationale et internationale. La menace la plus réelle, selon l’enseignant à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Ucad, est le terrorisme avec deux zones qui abritent ces groupes en Afrique de l’Ouest : le Lac Tchad où le groupe le plus en vue est Boko Haram et la zone sahélo-sahélienne avec Aqmi (AlQaida au Maghreb islamique). Si l’Afrique de l’Ouest est vulnérable au terrorisme, a expliqué le Pr Guèye, c’est parce que malgré l’instauration de la démocratie, il existe encore, dans certaines zones, une instabilité politique, des violences ethniques, un chômage des jeunes, un sous-emploi et une économie fortement dominée par l’informel.

Avec la porosité des frontières et l’existence d’espaces non contrôlés, ces bandes armées entrent facilement. La résurgence de ces groupes terroristes constitue, aujourd’hui, une menace pour la paix et la sécurité internationales. Malgré toutes ces menaces qui pèsent sur le continent, le Pr Babacar Guèye a estimé que l’avenir du continent est plein d’espoirs.

Toutefois, a-t-il indiqué, l’Afrique ne doit laisser aucunement le champ à la fatalité. En fédérant ses hommes et ses femmes, il est possible d’amorcer « une refonte économique » qui va permettre au continent de s’affirmer comme un acteur clé dans la scène internationale. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, « l’Afrique suscite un intérêt stratégique ». Pourtant, le continent était mal parti au lendemain des indépendances, avec des conflits armées dans toutes les zones. Cependant, pour redonner cet espoir à des millions d’Africains, le Pr Guèye a indiqué que « la démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de droit » doivent être les bases de la refondation de ce continent.

A. Ng. NDIAYE

Dakar a vibré dans la nuit du dimanche à lundi. A la place de la Nation ou à celle de l’Indépendance, les populations sont sorties massivement pour célébrer le réveillon du nouvel an.

De l’allée du Centenaire se dresse, devant nous, une majestueuse sculpture qui pointe vers le ciel : le monument de l’I≈ndépendance. Par vagues, des populations dakaroises se dirigent vers cette mythique Place de la Nation ou ex-Place de l’obélisque. Ces lieux bien embellis grouillent de monde. Enfants, jeunes, femmes et adultes ont pris d’assaut cet endroit pour célébrer le réveillon du nouvel an. Mouhadou Lamine Sow et ses enfants sont assis au pied de ce monument. Il est 22h 45mn. Nous sommes toujours en 2017. Dans une heure 15 mn, 2017 va tirer à sa fin. Bonjour le nouvel an ! Une année 2018 que Mouhamadou Lamine Sow et ses enfants attendent avec espoir. Pour lui, l’année 2017 s’est écoulée avec ses lots de « malheurs et de bonheurs ». Pour la première fois, M. Sow est venu à la Place de la Nation pour célébrer la fête du nouvel an. Il veut permettre à ses trois « bouts de bois de Dieu » de vivre ces moments magiques. La Place de la Nation est drapée de ses nouveaux habits. Le dernier embellissement qui y a été réalisé a rendu à l’endroit toute sa splendeur. Des jeux de lumière illuminent la place. L’instant est magique. Tous les visiteurs veulent immortaliser ce moment. Partout, on voit les flashes des Smartphones. Les jeunes prennent des photos, des « selfies ». Ils immortalisent les derniers instants de l’année 2017.

Les aires de jeu construites sur cette place sont remplis d’enfants. Ces derniers ne sentent pas le fort vent frais qui souffle sur cet espace à cette heure de la nuit. Ils jouent, sursautent sous le regard avisé de leurs parents assis sur les rebords pour veiller au moindre mouvement des petits. Les marchands ambulants ne veulent rien rater. Cheikh Guèye, sac en bandoulière, tenant entre ses deux mains des articles pour enfants (des sapins, des masques…) se faufile dans la foule. Selon M. Guèye, ce petit commerce marche bien. Ambulant de son état, il a commencé la vente des feux d’artifices et autres articles depuis quelques jours, le temps des fêtes de fin d’année. Passé le 1er janvier, Cheikh Guèye va retourner au marché Petersen où il vend des habits pour femmes.

Plus on s’approche du nouvel an, plus la Place de la Nation grouille de monde. Ils sont assis partout, par famille, en couple ou de simples amis pour célébrer la nouvelle année qui se profile. La sécurité veille au grain. Non loin de la place, deux véhicules pick-up de la police nationale sont stationnés. Quelques policiers sont restés à l’intérieur au moment où d’autres sont dans la foule pour veiller à la sécurité des milliers de personnes venues sur cette place. Au dehors de la place, on entend parfois le bruit des feux de pétards allumés par les jeunes qui marchent sans destination fixe. Mais de l’intérieur, les forces de l’ordre veillent à l’application de la mesure du ministère de l’Intérieur « interdisant l’utilisation des feux d’artifice, sur toute l’étendue du territoire national du 28 décembre 2017 au 15 janvier 2018 pour prévenir tout trouble à l’ordre public à l’occasion des fêtes du nouvel an ». La mesure du gouvernement est appliquée à la lettre à la place de l’Obélisque. Mais sur les allées du Centenaire en passant le rond-point Doudou Ndiaye Coumba Rose jusqu’aux allées Papa Guèye Fall, les jeunes sont sortis massivement avec des feux d’artifice.

Des allées Papa Guèye Fall, des groupes de jeunes prennent la direction de la Place de l’indépendance. Comme la Place de l’obélisque, celle de l’Indépendance est aussi pris d’assaut par des populations dakaroises. Toutes les routes qui mènent à cette place sont barrées à la circulation des véhicules. Pour y accéder, il faut aller à pied pour retrouver les milliers de personnes qui se sont regroupées sur les lieux pour fêter le réveillon du nouvel an.

Les enfants, accompagnés de leurs parents, sont bien habillés. Ils rivalisent par la beauté de leurs masques. Nous sommes à quelques minutes de minuit. Tout le monde est dans la rue à Dakar-Plateau armé de leurs feux d’artifice attendant l’heure fatidique. A 00h, à partir du théâtre national Daniel Sorano, on entend, en plein centre-ville, les feux d’artifice malgré l’interdiction du ministère de l’Intérieur. Tous les endroits magiques de Dakar : Place du Souvenir, Sea Plaza sur la corniche, grouillent de monde. Jusque dans les quartiers populaires comme Grand-Dakar, Niary Tally, les populations sont sorties massivement pour fêter le réveillon du nouvel an. Dakar était en lumière jusque tard dans la nuit.

Aliou Ngamby NDIAYE

La fête de fin d’année a été marquée par de grands concerts animés avec brio, sur la Place Faidherbe de Saint-Louis, par le « roi du Mbalakh », Youssou Ndour, ainsi que Waly Balago Seck et plusieurs autres artistes. Ces manifestations culturelles de grande envergure ont été clôturées en apothéose par un beau défilé du Fanal et une exposition d’art plastique organisée au centre Crds pour rendre hommage à Feu Jacob Yacouba Diallo.

Les populations de la ville de Saint-Louis ont encore eu droit à deux événements culturels typiquement saint-louisiens qui se déroulent chaque année sur la Place Faidherbe, durant la dernière semaine de décembre. Il s’agit, cette année, de la fête de la Saint Sylvestre organisée par le maire Mansour Faye et de la 19ème édition du Fanal de Saint-Louis. Tous les artistes qui se sont produits sur la Place Faidherbe, notamment Youssou Ndour et Waly Seck, ont communié, à travers de belles prestations, avec les populations, dans la joie et l’allégresse.

Les habitants de la vieille cité et leurs illustres hôtes ont admiré la belle parade des différents fanaux de l’île de Ndar, du faubourg de Sor et de la Langue de Barbarie. Un nombreux public en délire a fait corps avec ces véritables œuvres d’art qui ont pu retracer les sémantiques de la vie artistique et culturelle de la vieille cité et du « concept de l’émergence » qui stimule aujourd’hui le Domou-Ndar dans tout ce qu’il fait.

Un défilé nocturne qui a encore impressionné les touristes, vacanciers et autres visiteurs qui ont pu découvrir en même temps notre culture. C’était en présence du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis, des autorités administratives, municipales, coutumières, religieuses, des notables de la Langue de Barbarie, de Mme Oumou Sy, styliste et costumière de film, etc.

Cette année encore, grâce à Mme Marie Madeleine Diallo, fondatrice de « Jalloré Productions », qui a pu relever avec brio les défis de l’organisation de la 19ème édition du Fanal de Saint-Louis, le nombreux public massé aux alentours de la Gouvernance et des immeubles Rogniat, a pu admirer ces images sublimes, le trousseau vestimentaire exceptionnel des Signares.
Pour les besoins de la fête, la styliste Oumou Sy a mis à la disposition des organisateurs plus de 200 costumes, le maire Mansour Faye a apporté une contribution financière importante qui a été bien appréciée par les responsables de « Jalloré Productions ».

Malgré un froid de canard, les Saint-Louisiens nostalgiques ont tenu vaille que vaille à participer à cette fête de fin d’année 2017. Des instants magiques, un spectacle sons et lumières, des déguisements atypiques… Les vocables ne manquent pas pour illustrer ce que nous avons vécu sur cette mythique et mystique Place Faidherbe. Point de convergence culturelle qui disqualifie les appartenances religieuses, politiques et ethniques au profit d’un besoin commun. C’est une lapalissade, le fait de dire que le Fanal est à Saint-Louis ce qu’est le carnaval à Rio.

Pour Mansour Faye, le Fanal est une identité culturelle de la ville et fait partie du patrimoine, au même titre que d’autres événements comme les régates et le festival de jazz. « Il faut tout mettre en œuvre pour associer à l’organisation annuelle de ce fanal tous les partenaires de Saint-Louis », a-t-il indiqué. Dans le même sens, d’autres intervenants ont rendu un vibrant hommage à Marie Madeleine Diallo qui, malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée chaque année pour organiser ce fanal, arrive à maintenir le programme.

A 23 heures, l’animation était au beau fixe. Les populations ont eu droit à de beaux moments de communion avec les vacanciers et autres invités. Les retrouvailles entre parents, amis, voisins et sympathisants ont été fort délirantes. On n’avait pas où mettre les pieds. Car, tout le monde tenait à admirer ces véritables ouvrages charpentés, représentant des bâtisses de la ville de Mame Coumba Bang et pouvant atteindre 5 mètres de haut. Des ouvrages recouverts de papier peint aux couleurs vives. Une acuité de couleurs qui illumine cette place symbolique, cet endroit idyllique et paradisiaque, témoin des hauts faits de l’histoire de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Dans le cadre de la redevabilité et de la reddition des comptes, le ministère du Travail procède, depuis avant-hier, à Saly, à une revue annuelle des actions programmées et une planification des activités à venir. Pour l’année 2018, a assuré le ministre Samba Sy, son département mettra en œuvre des mécanismes du dialogue social et de négociation collective pour bien préserver la paix sociale dans le monde du travail.

Le ministère du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions est engagé à contribuer fortement à faire de l’ambition du président Macky Sall, qui a déclaré 2018 comme étant année sociale, une réalité. Au cours de l’atelier d’évaluation des activités de son département, le ministre Samba Sy a indiqué que la contribution de son ministère est très attendue à travers la mise en œuvre de mécanismes du dialogue social et de la négociation collective en vue de préserver la paix sociale dans le monde du travail. Un défi qu’ils comptent bien relever, a-t-il assuré. Cette mise en œuvre devra également se traduire, selon M. Sy, par une plus grande implication dans la mise en œuvre des actions au titre de l’extension de la protection sociale aux acteurs de l’économie informelle. L’objectif de cet atelier de deux jours qui a réuni les directeurs et chefs de services régionaux est de faire le bilan des actions réalisées en 2017 et des résultats obtenus, mais aussi de présenter les Plans de travail annuel (Pta) 2018 de chaque structure.

Pour le ministre du Travail, une programmation optimale des activités et l’utilisation judicieuse des outils de la planification stratégique et opérationnelle permettront de garantir l’atteinte des objectifs. En outre, a indiqué Samba Sy, son département est aussi appelé à relever les défis de la mise en œuvre efficace du Plan Sénégal émergent (Pse) qui est aujourd’hui une exigence qui s’impose à toutes les administrations. « Cette nouvelle vision du développement basée sur de nouveaux paradigmes induit des changements de comportement, d’attitude, de pratique, de méthode et d’approche pour améliorer la qualité du service public et une prise en charge efficace des besoins des populations », a-t-il dit. Les Pta qui condensent l’ensemble des interventions programmées pour l’année à venir constituent la première étape des activités de planification. Ils doivent cependant être articulés au mieux avec les projets et programmes des directions et services du département ainsi que les priorités retenues dans nos différents secteurs d’intervention que constituent le travail, le dialogue social et les relations avec les institutions.

Le ministre du Travail s’est félicité de la hausse des visites d’entreprises. « Il a été noté une forte augmentation du nombre de contrôles effectués par les Inspections du Travail et de la Sécurité sociale passé de 1931 en 2015 à 2607 en 2016. Cette tendance positive doit se poursuivre et se renforcer pour déboucher sur une amélioration des conditions de travail, de la conformité des lieux de travail et du climat social », a indiqué le ministre. Il a également invité le directeur général du Travail et de la Sécurité sociale à prendre les dispositions pour un plus grand nombre de contrôles dans les entreprises, mais aussi pour une lutte accrue contre l’évasion sociale. Les défis sont nombreux pour le prochain exercice. Et, à en croire le ministre, l’organisation de l’enquête nationale pour la détermination de la représentativité des organisations patronales figure parmi les actions prioritaires de son département.

Amath Sigui NDIAYE

La cérémonie traditionnelle de présentation au drapeau et de remise des insignes du Prytanée militaire de Saint-Louis (Pms) aux élèves des classes de 6ème s’est déroulée à Dakhar Bango. Elle a été marquée par des allocutions, un défilé impeccable des enfants de troupe, des soldats du 12ème bataillon et un cocktail dînatoire.

Cet événement majeur de la vie du Prytanée militaire de Saint-Louis s’est déroulé en présence d’une forte délégation du Chef d’état-major général des Armées (Cemga), du commandant de la zone militaire nord, du commandant de la Légion nord de gendarmerie, de plusieurs autres autorités administratives, civiles et militaires, des représentants des pays amis, des parents d’élèves et autres invités de marque.

Ainsi, ils étaient au total 68 nouveaux enfants de troupe, dont 18 élèves originaires des pays de la sous-région à recevoir les attributs du Prytanée militaire après trois mois de formation. Cette cérémonie de présentation au drapeau, empreinte de solennité, était une occasion pour leurs aînés de la promotion colonel Mayata Ndiaye de transmettre tout un code d’honneur et de comportement qui singularise la grande famille des enfants de troupe et que traduit si bien la devise de l’école : « Savoir pour mieux servir ».

Selon le commandant du Prytanée militaire de Saint-Louis, le lieutenant-colonel Alioune Guèye, cet événement constitue, de par son caractère symbolique et émotionnel, un moment de retrouvailles entre les nouveaux enfants de troupe, leurs anciens et les parents d’élèves. Il a laissé entendre que « cette cérémonie traditionnelle marque l’intégration de ces bleus dans la grande famille des enfants de troupe ».

Mbagnick Kharachi DIAGNE

La 102ème édition du Gamou annuel de Mbeuleukhé sera célébrée le 30 décembre prochain. Cette rencontre religieuse sera l’occasion pour les fidèles de prier pour les illustres personnalités religieuses ou politiques disparues en 2017, selon le porte-parole du khalife, Aliou Dia.

La 102ème édition du Gamou annuel de Mbeuleukhé sera célébrée le 30 décembre prochain. L’annonce a été faite avant-hier par Aliou Dia, porte-parole du khalife. L’édition 2017 sera marquée par d’intenses moments de prières pour les guides religieux et les fidèles disparus cette année. « Une khaadra sera organisée pour prier pour les illustres disparus. Cette année, nous avons perdu Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, Khalife général des Tidianes, El Hadj Abdoul Aziz Sy Al Amine, Serigne Moustapha Cissé de Pire, Serigne Ibrahima Niass de Léona », a-t-il souligné. « Nous avons aussi perdu d’illustres talibés qui ont tout fait pour Mbeuleukhé. Parmi ceux-ci, Djibo Leyti Kâ et Adja Diama Dieng », a ajouté M. Dia, par ailleurs, maire de Mbeuleukhé.

Selon lui, la cité religieuse va également prier pour le président de la République et son gouvernement et l’ensemble des Sénégalais. « Nous prierons pour que le pays connaisse la paix, l’entente et la prospérité », a dit Aliou Dia. Des réflexions seront aussi menées sur des sujets d’actualité. « Le Sénégal fait partie des pays phares pour la lutte contre le terrorisme et la protection des droits inaliénables des Palestiniens. La question de l’heure est la position de Donald Trump qui a reconnu Jérusalem comme capitale de l’Israël. Cela est inacceptable. Nous allons démontrer que Jérusalem ne peut, en aucune manière, être la capitale d’Israël », a-t-il promis. S’agissant du chômage des jeunes, il a dit que le Gamou sera aussi l’occasion de développer des thèmes pour inviter l’Etat sénégalais à prendre des mesures afin de permettre aux diplômés d’avoir du travail. « C’est bien de former, mais c’est encore mieux de faire travailler », a-t-il lancé.

Un symposium sur la vie et l’œuvre d’El Hadji Daouda Dia aura lieu. « Relation entre le talibé et son marabout : le modèle d’El Hadji Malick Sy et d’El Hadji Daouda Dia » sera le thème de cette rencontre. Le porte-parole a rappelé que cet événement religieux date de 1916. « Notre grand-père, El Hadji Daouda Dia, a organisé en 1916 le Gamou sous l’ordre d’El Hadji Malick Sy. Il regroupait tous les talibés tidianes du Djoloff et des autres contrées. De 1916 à 1949, El Hadji Daouda Dia l’organisait avec tous les dignitaires religieux et tous les talibés et a répandu la Tarikha tidianya à travers tout le Djoloff », a dit le maire.

Mbeuleukhé était le carrefour des saints hommes. Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké est de Mbacké Bari. Il visitait Mbeuleukhé trois fois l’an car El Hadji Daouda Dia était son parent et confident. La mère de Cheikh Ibrahima Niass, Mame Astou Diankha est originaire de Mbeuleukhé. El Hadji Daouda Dia a été installé par El Hadji Oumar Foutiwou Tall. « De 1949 à 1967, son premier Khalife, El Hadji Mouhammadou Lamine Dia, a organisé le Gamou comme le faisait son père. A partir de 1967, l’actuel khalife l’a organisé avec tous les moukhadames. Mais en 1986, El Hadji Moussa Dia a jugé utile de créer un comité d’organisation.

Babacar DIONE

Le syndicat des transporteurs routiers de Kolda affilié à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) a observé, le jeudi dernier, un mouvement de grève de 24 heures. Il reproche au préfet de vouloir s’immiscer dans leurs affaires.

Le transport interurbain a été sérieusement perturbé le jeudi dernier à Kolda par un mouvement de grève organisé par le syndicat des transporteurs routiers affilié à la Cnts. Ils reprochent au préfet de Kolda, Mactar Diop, de vouloir repêcher un candidat au poste de président du regroupement des transporteurs de la gare routière alors que ce dernier avait déjà été éliminé de la liste des 9 candidats en lice. Le choix des quatre prétendants dont la candidature remplissant les conditions avait été fait par le Secrétaire national de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal qui s’était rendu à Kolda pour décanter la situation. « Il y avait 9 candidats qui avaient levé la main. Le Secrétaire général en a éliminé 5 et a ensuite remis la liste au préfet qui a repêché un pour qu’il fasse partie des candidats. C’est ce qui est à l’origine du blocage. C’est pourquoi, le regroupement des transporteurs de la gare routière observe aujourd’hui une journée sans travail pour régler cette situation. C’est un cri de cœur que nous lançons à l’autorité », déclare Yaya Diallo, président sortant du regroupement des transporteurs de la gare routière de Kolda dont le mandat a expiré depuis trois mois. Les transporteurs ne parviennent pas, depuis lors, à lui trouver un successeur. Le candidat en question n’a jamais payé, selon lui, le mandat qui est versé par tous les transporteurs sans compter d’autres cotisations.

Le préfet du département de Kolda nie toute intention de vouloir s’immiscer dans les affaires internes des transporteurs. De nombreux passagers en partance pour Ziguinchor, Dakar, Diaobé et Vélingara étaient bloqués à la gare de Kolda dans la matinée faute de véhicule. Des voyageurs voulant se rendre à Salikégné ou à Pata pour rallier respectivement la Guinée-Bissau et la Gambie ont également été obligés de renoncer momentanément à leur déplacement en attendant le retour à la normale. C’est le cas de Sira Bangoura, une commerçante de nationalité guinéenne qui voulait se rendre au marché hebdomadaire de Diaobé où elle devait prendre un véhicule pour retourner dans son pays. « Depuis 7 heures, je suis là, mais je n’ai pas pu trouver un véhicule pour Diaobé. On m’a dit que les chauffeurs sont en grève. Je suis obligée d’attendre de voir si la situation va se normaliser avant la fin de la journée », dit-elle.

Mamadou Aliou DIALLO

Engager les communautés à tester la capacité opérationnelle des services et forces de  défense et de santé, entre autres, en cas d’attaque terroriste outre frontières en intégrant la prise en charge des refugiés. Tel est le défi de l’exercice de simulation organisé sous l’égide de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) à Kidira dans la région de Tambacounda, à la frontière avec le Mali.

Un groupe de personnes traverse la frontière pour entrer à Kidira afin d’échapper à des attaques terroristes dans un pays voisin. Sur place, un dispositif regroupant toutes les forces de défense et de sécurité sous un commandement unique, du préfet du département, s’affaire pour gérer la crise. Les sapeurs-pompiers, la Croix-Rouge, la gendarmerie, l’armée sont mobilisés. Les radios de la place sont mises à contribution pour calmer les populations. Les blessés pris en charge et regroupés dans un site d’accueil, les autres réfugiés dans un autre site où ils ont été répertoriés et dotés de bracelet aux couleurs distinctes par groupes d’arrivée et d’affinité, ont reçu les premiers kits alimentaires. Le maire de la commune a servi d’interface entre les forces de sécurité et les populations en demandant aux dernières, à travers une radio communautaire de la place, de rester chez elles, le temps que la sécurité revienne dans la ville.

C’est le résumé de l’opération d’accueil de réfugiés fuyant des attaques terroristes dans un pays voisin, mobilisant aussi bien les forces de défense et de sécurité que des populations de la commune. La situation d’ « insécurité grandissante » qui prévaut dans la sous-région fait que cette simulation a été une occasion de « tester la capacité opérationnelle » des forces de sécurité, avec le « grand défi » d’impliquer les communautés, a relevé Mamadou Mbaye, le préfet de Bakel qui a supervisé l’opération. Il y a aussi l’opérationnalité des forces de défense et de sécurité, soutient le prefet de Bakel. Il a salué la « bonne réactivité » des forces engagées, même s’il précise que des correctifs seront apportés à l’issue d’un bilan qui sera tiré à l’interne entre les différentes parties prenantes.

Cette simulation, selon Aboubacry Wellé, chargé de programme de l’Oim, est inscrite dans la deuxième phase d’un projet dénommé « Engagement des communautés frontalières dans la gestion et la sécurisation des frontières au Sénégal » financé par le gouvernement des Etats-Unis et mis en œuvre par l’Oim. Elle a mobilisé le long de la frontière sur 56 km, de Bakel à Kidira, au total quelque 500 personnes, dont 150 rescapés de l’attaque parmi lesquels des blessés et 200 membres des communautés locales, a souligné M. Wellé.

La deuxième phase de ce projet couvre la période de mai 2017 à mai 2019, après que la première avait donné lieu, en 2016, à deux simulations à Matam et Saint-Louis (Nord), débouchant sur un plan d’urgence de gestion de crise frontalière. Celui-ci devrait aussi être testé à Kidira à la lumière des expériences passées. Aboubacry Wellé, chargé de projet à l’Oim, a salué la coordination et la dynamique unitaire qui ont prévalu entre les différentes forces mises à contribution. L’idée était de montrer la collaboration qui doit être de mise entre communautés locales et forces de sécurité pour gérer des crises de grande envergure, a-t-il expliqué. Le maire de la commune, Demba Thiam, a indiqué que la population a appris la conduite à adopter au cas où une telle éventualité se produirait. Pour lui, vu sa position de porte d’entrée du Sénégal par voie terrestre des personnes en provenance du reste du continent, lieu ne pouvait être plus indiqué que cette ville pour la tenue d’un tel exercice.

Pape Demba SIDIBE

La 29ème édition de la célébration de la disparition du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhammad Fadel  a eu lieu. L’occasion a été saisie par Chérif Cheikh Al Hadrame Baakhaida Aïdara pour inviter la classe politique à privilégier « le dialogue et l’échange ».

Le terrain des Hlm 4 s’est avéré petit pour contenir le monde qui s’est déplacé. Les fidèles sont venus de partout pour prendre part à la 29ème édition de la célébration de la disparition du vénéré Cheikh Sadibouh Ibn Cheikh Mouhamadal Ibn Cheikh Adrami Ibn Cheikh Mouhammad Fadel. Dans son intervention, Chérif Cheikh Al Hadrame Bakhayda Aïdara, initiateur de la rencontre, a appelé à « l’union des cœurs » et à « un retour aux valeurs de paix, de partage, de dialogue ». Reconnaissant la liberté pour chacun « de faire son choix », il appelé au « respecter du choix d’autrui ». Il a invité la classe politique à privilégier « le dialogue et l’échange ».

Dans son intervention, Pape Maël Thiam, premier vice-président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), a, au nom du président Macky Sall, loué les qualités de Chérif Bakhayda Aïdara qui entretient « d’excellentes relations d’amitié avec le chef de l’Etat ». Selon lui, Cherif Bakhayda Aïdara est un homme d’une grande dimension spirituelle, mais très affable et engagé aux côtés des populations. Le gouvernement du Sénégal, ayant compris le rôle central que jouent les foyers religieux dans la cohésion sociale, est toujours disposé à les soutenir. « Nous devons beaucoup aux guides religieux comme Bakhayda Aïdara qui ne cessent d’organiser et de canaliser la jeunesse du pays dans les « daaras » et « dahiras », a-t-il dit. C’est d’ailleurs ce qui explique, entre autres projets, le vaste programme de modernisation des cités religieuses lancé et exécuté par le chef de l’Etat et son gouvernement. Sur le plan politique, Pape Maël Thiam a rappelé le soutien constant et déterminant que Chérif Bakhayda Aïdara apporte au président Macky Sall.

Oumar BA

Un livre et un film documentaire reviennent sur la vie et l’œuvre du guide religieux Cheikhna Cheikh Saad Bouh. La cérémonie de dédicace des publications s’est tenue récemment au Centre ouest-africain de recherches (Warc).

« Le Cheikh des deux rives », c’est le titre du livre et du film documentaire en hommage à Cheikhna Cheikh Saad Bouh. La cérémonie de dédicace de l’ouvrage a eu lieu au Centre ouest-africain de recherches (Warc). Le livre est un condensé des actes du colloque international sur la vie et l’œuvre de l’illustre homme tenu du 23 au 24 mars 2017 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) sur le thème : « Questionner l’actualité du message de Cheikhna Cheikh Saad Bouh ». Cette rencontre internationale a réuni des « chercheurs, historiens et universitaires de renommée » venus du Sénégal, de la Mauritanie, de la Gambie, du Maroc, du Mali, du Soudan, de la France, des Etats-Unis d’Amérique, etc.

Selon l’initiateur du colloque sur Cheikhna Cheikh Saad Bouh et fondateur de l’Association Sadikhina Wa Sadikhate, Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara, ce livre est l’aboutissement d’un long processus qui a démarré en 2007 pour préparer le centenaire de la disparition de cette grande figure emblématique de l’Islam en Afrique de l’Ouest.

« Cette volonté fut portée à l’opinion, à travers une déclaration dite de Nimzat-Hallar, village sénégalais (fondé en 1939 par  Cheikh Hadramé, premier petit-fils de Cheikhna Cheikh Saad Bouh à s’installer au Sénégal) situé à 24 km de Saint-Louis 8 kilomètres du barrage de Diama dans la zone de Hallar qui regroupe plusieurs villages », a révélé M. Haïdara.

Dix ans après cette déclaration dite de Nimzat-Hallar, le livre retraçant l’histoire et l’œuvre du Cheikh a vu le jour. Cette œuvre, d’après Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara, peut être utile aux historiens, chercheurs et universitaires.

La production, a-t-il ajouté, peut leur « ouvrir des voies nouvelles à la recherche sur nos hommes religieux et leur apport inestimable au monde ». Dans son intervention, Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara a remercié tous ceux qui se sont impliqués pour la réussite du colloque du 23 et 24 mars 2017. Il a cité, entre autres,  le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Professeur Ibrahima Thioub, le département d’histoire de l’Ucad, la direction du livre et de la lecture, le Warc et tous les chercheurs venus d’horizons divers pour prendre part à cette rencontre de haute portée historique.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Serigne Saliou Mbacké, 5ème khalife général de la communauté mouride, dernier fils de Cheikh Ahmadou Bamba, a quitté ce bas monde le 28 décembre 2007. Dix ans après, son souvenir est encore vivace dans les esprits. Son legs résiste au temps.

A sa descendance, actuellement sous la guidée de son fils aîné, Serigne Cheikh Ahmadou Mbacké, il avait intimé la recommandation de ne point commémorer sa mémoire sous la forme connue. D’ailleurs, la date retenue par sa progéniture pour les récitals de Coran et déclamation de panégyriques en son honneur est fixée en fonction du calendrier hégirien. Dix ans après sa disparition, son image, son œuvre et son empreinte sont vivaces dans la mémoire des Sénégalais. Ce 28 décembre marque donc la décennie de sa disparition selon le calendrier grégorien mais aussi prouve combien les populations restent attachées à sa personnalité multidimensionnelle. Cette date coïncide avec l’exécution des travaux de battage de l’arachide dans les champs de « Khelcom » où l’on note une forte affluence.

Grand visionnaire, Serigne Saliou Mbacké avait lancé plusieurs chantiers durant son magistère : l’attribution de 10 000 parcelles aux disciples, l’assainissement de la cité avec l’érection de stations de pompage, l’autoroute Touba-Ngabou sur 8 km, un champ de 45 000 ha dénommée « Khelcom », lieu de réalisation de milliers de jeunes... Doter ces jeunes du sens de l’humain, de la responsabilité devant Dieu et devant les hommes, de sagesse incarnant les vertus et valeurs léguées par les anciens constituait un de ses objectifs. Il suffit de voir ces jeunes des «daaras» de « Khelcom » pour comprendre qu’il a atteint son objectif.

Un homme multidimensionnel
Serigne Cheikhouna Guèye, livret de panégyriques en main, psalmodie des versets sous le grand caïlcédrat trônant dans la cour de la concession du défunt khalife général. « Je suis sûr qu’il entend mes prières qui, certainement, seront exaucées. Un jour, il nous avait dit : «Si vous venez et qu’il vous est impossible d’accéder à moi, contenter vous de me perler à partir du caïlcédrat, c’est comme si je vous tendais une oreille» », raconte le ressortissant de « Khelcom ». Ils étaient nombreux sous l’arbre et s’adonnaient tous à la même activité, dans une grande sérénité.

La grande spiritualité de Serigne Saliou Mbacké était connue de tous. « Tout en lui renvoyait à Allah », révèle Cheikh Béthio Thioune, le guide des « Thiantacones », un de ses grands disciples. « Il n’avait de lien avec ce bas monde que la miséricorde divine », ajoute-t-il tout en refusant toute idée de disparition de celui qui, dit-il, l’a fait. Et Cheikh Béthio de rappeler le célèbre poème de Birago Diop intitulé : « Les morts ne sont pas morts ».

Dix ans après sa disparition, l’empreinte de Serigne Saliou Mbacké reste indélébile pour plusieurs raisons. « Durant sa vie, il a revêtu les manteaux de l’humanitaire, de l’orthodoxe, du pédagogue, pour ne pas dire de l’homme universel. Serigne Saliou Mbacké était une autorité religieuse de dimension universelle ; il ne laissait personne indifférent », affirme Cheikh Béthio Thioune.

Né en 1915 à Diourbel, il était le dernier khalife des fils de Cheikh Ahmadou Bamba. Il fut khalife de mai 1990 jusqu’à sa disparition, le 28 décembre 2007, à l’âge de 92 ans. Pendant 17 ans donc, il a dirigé la communauté mouride et a légué 17 milliards de FCfa dans les comptes de Khadim Rassoul. Le Sénégal lui a rendu un vibrant hommage a travers un deuil national d’une semaine. Toutes les communautés religieuses du pays (musulmane et chrétienne) lui avaient aussi rendu hommage.

Mamadou DIEYE

 

 

Les 47 auditeurs, composant la deuxième promotion du Master 2 en Défense, sécurité et paix dispensé par le Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds) en partenariat avec la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), ont reçu leurs diplômes. La cérémonie avait pour cadre l’Institut Confucius en présence du ministre des Forces armées, Augustin Tine.

La sortie de la promotion 2016-2017 a été couplée avec le démarrage officiel de la session 2017-2018 dont le cours inaugural a été prononcé par le général de corps d’armée Babacar Gaye, ancien chef d’état-major des Armées, sur le thème : « Les réformes des opérations de maintien de la paix ». En présidant la cérémonie, le ministre des Forces armées, Augustin Tine, a, en présence du Doyen de la Fsjp, Mamadou Lamine Badji, et plusieurs autorités militaires, salué l’initiative commune de l’Ucad à travers la Faculté des sciences juridiques et politiques et le Centre des hautes études de défense et de sécurité de mettre en place ce Master 2.

Selon lui, cette option vise à mettre à la disposition du Sénégal et des autres pays africains « des ressources humaines de haut niveau disposant de l’expertise nécessaire dans les domaines de la défense et de la sécurité ». Cela, a-t-il ajouté, va permettre de « mieux appréhender les phénomènes sociaux et politiques afin de favoriser une prise de décisions efficace ». Aujourd’hui, le continent africain est miné par des conflits de toutes sortes : extrémisme violent, criminalité transfrontalière, conflits armées, crises humanitaires. Face à cette situation d’insécurité, a expliqué Augustin Tine, les réponses doivent aller au-delà des seules actions militaires. Il faut, a-t-il souligné, « des ressources humaines bien préparées à ce nouveau défi ». « Aujourd’hui, la situation sécuritaire du continent africain est marquée par l’existence d’une nouvelle forme de conflictualité violente et complexe. La violence a atteint un niveau tel que la situation est devenue l’une des principales préoccupations des autorités publiques et des populations sur le continent », a constaté le ministre des Forces armées. Quant au directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye, il est persuadé que « face à la complexité des problèmes actuels de défense, sécurité et paix », il faut des réponses multidimensionnelles grâce à « des ressources humaines à la compétence plurielle et bien préparées ». Selon lui, les cadres civils et des forces de défense et de sécurité formés dans le cadre de ce master ont, aujourd’hui, acquis « les compétences adéquates pour concevoir et construire, au niveau stratégique, une vision intégrée de la défense et de la sécurité au service de la paix ».

Aliou Ngamby NDIAYE

AUDITEURS EN DEFENSE ET SECURITE : IBRAHIMA KHALIL NDIAYE DU « SOLEIL » PARMI LES LAURÉATS
Le journaliste du quotidien national « le Soleil », Ibrahima Khalil Ndiaye, par ailleurs président du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics), fait partie des auditeurs du Master 2 en défense, sécurité et paix dispensé par le Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds) en partenariat avec la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Ucad. Il a reçu son diplôme des mains du directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye.

A. Ng. NDIAYE

Le journaliste du quotidien national « le Soleil », Ibrahima Khalil Ndiaye, par ailleurs secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics), fait partie des auditeurs du Master 2 en défense, sécurité et paix dispensé par le Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds) en partenariat avec la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Ucad.

Il a reçu son diplôme des mains du directeur général du Cheds, le général de brigade Paul Ndiaye.

A. Ng. NDIAYE

Le barreau s’est enrichi de 14 nouveaux avocats stagiaires. Ils ont prêté serment hier à la salle 4 du Palais de justice de Dakar devant le premier président de la Cour d’Appel de Dakar. Avant eux, 20 greffiers stagiaires de la promotion 2016 du Centre de formation judiciaire (Cfj) avaient, à la salle 2 de la même juridiction, fait pareil devant la même autorité judiciaire.

Quatorze avocats stagiaires de la promotion 2017 ont prêté serment hier au Palais de justice de Dakar. L’audience était présidée par le premier président de la Cour d’Appel de Dakar, Demba Kandji. Ils ont, tous, levé la main droite et prononcé ceci : « Je jure, en tant qu’avocat, exercer ma profession avec honneur, indépendance, probité, délicatesse, loyauté et dignité dans le respect des règles de mon Ordre ». En disant « oui » au premier président de la Cour d’Appel, ces jeunes embrassent désormais la profession d’avocat. Une profession qui, a tenu à rappeler Demba Kandji, est pleine d’embûches. Toutefois, le président Kandji a invité les uns et les autres à se référer au parrain de la promotion : l’avocat Ely Ousmane Sarr, inscrit au barreau du Sénégal en 1974. Selon lui, le parrain était un homme de « courage moral et intellectuel ». Ces qualités, a-t-il ajouté, sont utiles pour tout bon avocat en devenir. Aussi, les a-t-il invités à « toujours assumer leurs positions même dans la solitude ». A sa suite, Me Mbaye Guèye, bâtonnier de l’Ordre des avocats, a fait savoir que « Ely Ousmane Sarr est l’exemple achevé de l’excellent avocat », car il a allié « maîtrise de sa science, courage, respect de l’autre et élégance dans le verbe et le port vestimentaire ».

Me Mbaye Guèye, qui a garanti aux avocats stagiaires que le bâtonnier sera toujours présent pour les défendre quand ils auront raison, n’a pas manqué d’inviter ses jeunes confrères à cultiver l’humilité pour apprendre la profession d’avocat pendant les trois ans de stage. Pour une bonne réussite de cette phase d’apprentissage, il leur a demandé « d’éviter d’être obnubilés par l’argent, le bien matériel ou la célébrité médiatique ». « Vous pouvez les obtenir lorsque vous maîtriserez votre art et deviendrez des avocats dignes de confiance », a-t-il conseillé. Avant les avocats, 20 greffiers stagiaires de la promotion 2016 du Centre de formation judiciaire (Cfj) avaient prêté serment à la salle 2 de la Cour d’Appel de Dakar. Le directeur adjoint du Cfj, Madieyna Diallo, a appelé les nouveaux greffiers à respecter les valeurs déontologiques de la justice pour servir honorablement le Sénégal.

A. Ng. NDIAYE

Le procès de l’Imam Alioune Badara Ndao et ses co-inculpés a été renvoyé au 14 février 2018 en audience spéciale. Les accusés vont encore attendre 45 jours avant d’être fixés sur leur sort.
A 9h 50mn, l’Imam Alioune Badara Ndao est appelé devant la barre. Un long silence envahit subitement la salle 4 du tribunal de Dakar où se déroule le premier procès pour affaire de terrorisme au Sénégal. D’un pas cadencé, l’Imam Ndao, poursuivi pour apologie du terrorisme, se dirige vers la barre. Il jette un regard vers la foule et dit : « Assalouma aleyka ». La nombreuse assistance lui répond en chœur.

Tour à tour, ses co-inculpés sont appelés. Ils sont une trentaine à répondre devant la justice pour apologie du terrorisme. L’accusé Abdou Diallo alias Abdou Djendel est le seul qui manque à l’appel car n’étant pas extrait de sa cellule. Après avoir appelé l’ensemble des avocats qui se sont constitués pour défendre l’Imam Ndao et compagnie, le premier président de la Cour d’Appel de Dakar a prononcé le renvoi du procès pour le 14 février 2018 en audience spéciale. Il a estimé que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour la bonne tenue d’un procès. Selon lui, le renvoi va permettre à tous les avocats qui se sont nouvellement constitués de mieux s’imprégner du dossier. Toutefois, il a promis que la Cour veillera à ce que toutes les conditions pour un procès équitable soient réunies. L’un des avocats de la défense, Me Mouhamadou Moustapha Dieng, a, à son tour, abondé dans le même sens avant de révéler « de nombreux manquements dans la procédure ».

Selon lui, le dossier que détient le premier président de la Cour « ne correspond pas au petit extrait qui a été communiqué aux avocats commis. « Pour un procès équitable, nous devons avoir accès au même dossier », a plaidé Me Dieng. L’avocat de la défense d’ajouter que « le dossier qui a été communiqué aux avocats de l’Imam Ndao comporte des failles, des lacunes ». Selon lui, le 1/3 du dossier est constitué de pages blanches, ce qui ne permet pas à la défense de connaître l’ensemble des pièces du dossier.

Me Mouhamadou Moustapha Dieng, s’adressant au premier président de la Cour d’Appel, lui a dit : « Vous qui êtes à équidistance entre la défense et le parquet, je vous demande de bien vouloir les inviter à nous communiquer l’entier dossier. Nous voulons que vous nous permettiez d’être à égal distance dans ce procès ».

Le président de la Cour d’appel a, à nouveau, rassuré les conseils de la tenue « d’un procès équitable » avant de rappeler le renvoi jusqu’au 14 février 2018. L’imam Alioune Ndao et ses co-inculpés vont encore attendre 45 jours avant d’être fixés sur leur sort.

A. Ng. NDIAYE

Le district sanitaire de Guédiawaye, en partenariat avec Onu Femmes, a organisé une journée de mobilisation sociale pour sensibiliser les hommes sur la nécessité de mettre fin de manière totale et définitive aux violences faites aux femmes et aux filles. Un plaidoyer a été mené pour une meilleure prise de conscience de ce phénomène en vue de l’éradiquer le plus vite possible.

Les estimations mondiales et régionales de la violence à l’encontre des femmes concernant la prévalence et les conséquences de la violence sur la santé du partenaire intime et la violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire montrent que les violences subies par les femmes et les filles engendrent des conséquences sur leur santé physique et mentale. C’est ce que révèle une étude de l’organisation mondiale pour a psanté (Oms). Laquelle précise que ces conséquences sont, entre autre, les fractures, les complications de la grossesse, les problèmes mentaux, la détérioration du tissu social.

Ces violences accroissent fortement la vulnérabilité des femmes face à toute une série de problèmes de santé à court et à long terme. En effet, trop de femmes et d’enfants sont exposés aux risques de mortalité maternelle du fait des mariages et grossesses précoces, des mutilations génitales féminines, des violences physiques, sexuelles, morales, économiques et juridiques ainsi que la mal gouvernance. Au Sénégal, les dernières enquêtes de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie sur la santé ont révélé que sur la période 2000-2015, la mortalité infantile aurait baissé, passant de 68 % pour atteindre 39 % mais reste encore élevée avec 315 morts pour 100 000 naissances vivantes.

Onu Femmes est convaincue que cette situation est évitable si les populations sont sensibilisées sur la question. C’est dans ce cadre que s’inscrit la mobilisation sociale tenue à l’esplanade de la mairie de ville de Guédiawaye en présence de toutes les autorités locales. Une tribune dont le représentant d’Onu Femmes, Dieynaba Wone Ndiaye, a profité pour constater l’engagement de toute la communauté à combattre les violences faites aux femmes. « Nous attendons une prise de conscience de la population à tous les niveaux. Il que la population sache que la violence s’exerce dans les ménages, les lieux de travail, les lieux publics. Il est temps que tout soit mis en œuvre pour qu’elle cesse », a-t-elle indiqué. Dieynaba Wone Ndiaye a aussi rappelé les efforts de Onu Femmes pour aller vers une participation équitable des femmes à tous les aspects de la vie, en mettant l’accent sur cinq domaines prioritaires que sont le renforcement du leadership des femmes et leur participation, l’éradication de la violence à l’égard des femmes, leur intégration dans tous les aspects des processus de paix et de sécurité, le renforcement de leur autonomisation économique, la volonté de placer l’égalité des sexes au cœur des processus de planification et de budgétisation au niveau mondial.

Médecin chef du district sanitaire de Guédiawaye, Pape Samba Dièye a estimé que la campagne est venue à son heure du fait de la prévalence de la violence exercée sur les femmes et ses conséquences sur leur santé. « Nous avons mené des activités de sensibilisation à travers des visites à domicile et accompagné les femmes à travers des programmes pour leur permettre de s’autonomiser », a soutenu le médecin-chef qui, dans le même ordre, a précisé qu’au-delà de cette campagne, le district sanitaire va continuer à mener ses activités de lutte contre les violences faites aux femmes.

Abdou DIOP

La présentation au drapeau et l’adoubement ont conféré solennellement à 33 élèves leur entrée dans les rangs de la gendarmerie nationale. Le cérémonial avait pour cadre l’Ecole des officiers de ce corps d’élite militaire sise à la caserne général Mame Bounama Fall de Ouakam.

Le drapeau national, flottant au vent, est placé devant la 11ème promotion des élèves-officiers de la gendarmerie nationale. Il est porté par un jeune officier. Cela marque l’entrée dans les rangs de la gendarmerie nationale de 33 stagiaires (29 Sénégalais et 4 Guinéens). C’est fini « l’esprit libre et indépendant » pour ces élèves-officiers qui intègrent ce corps d’élite militaire. Leur seul leitmotiv doit être, désormais, la loyauté, la discipline et l’obéissance. Du haut du pupitre et devant le Haut commandant de la gendarmerie nationale, le général Meissa Niang, le commandant de l’Ecole nationale des officiers de la gendarmerie a expliqué aux futurs officiers le sens du drapeau national.

Le colonel Macodou Fall s’est d’abord adressé aux stagiaires en ces termes : « Elèves-officiers de la 11ème promotion, voici le drapeau de votre école. Il s’agit du drapeau du Sénégal, symbole de notre indépendance nationale. Le drapeau est constitué de trois bandes verticales de couleur verte, jaune, rouge et d’une étoile verte au centre de la bande jaune. Le vert est la couleur de l’islam, celle de l’espérance, de la fécondité. Le jaune couleur du soleil et de l’or. Il symbolise la fertilité du sol, la moisson, la prospérité. Il est également la couleur de l’esprit, des arts et des lettres. Le rouge évoque le courage et le sacrifice. C’est la couleur de la valeur militaire. L’étoile verte représente la perfection, la lumière. Elle symbolise l’unité du peuple sénégalais dans la voie du progrès ». Le colonel Fall a ensuite appelé les jeunes officiers en cours de formation pour les deux prochaines années à être toujours prêts à « honorer » ce drapeau, à le « servir », à le « vénérer », mais surtout à le « défendre » au péril de leur vie.

Ces 33 élèves-officiers sont entrés à l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale le 4 septembre dernier. Depuis plus de trois mois, ils ont subi une formation militaire et professionnelle. Cette phase, selon le colonel Macodou Fall, est appelée « formation initiale » et marque « l’accointement entre la vie civile et la vie militaire ». Pendant toute cette période, les stagiaires sont formés « au sens de la vie ». Ils acquièrent le « savoir-faire et le savoir-être » qui sont essentiels pour tout militaire. L’adoubement marque ainsi l’entrée de ces officiers dans la grande famille militaire. C’est pourquoi le colonel Fall leur a rappelé ceci : « Vous avez désormais des privilèges et des droits, mais surtout des obligations et des devoirs car nous vous comptons maintenant parmi ceux qui défendront la patrie au péril de leur vie ». Quant au général de division Meissa Niang, Haut commandant de la gendarmerie nationale et directeur de la Justice militaire du Sénégal, il a invité les élèves-officiers à faire preuve, en toute circonstance, de discipline, d’obéissance, de respect de l’autorité et de loyauté. « Ce drapeau représente des valeurs sacrées. Vous lui devez respect. Je vous engage à cultiver le sens de l’honneur, de la dignité et du désintéressement qui sont autant de vertus cardinales de l’officier. Il faut actualiser, en permanence, les connaissances de vos métiers d’officier de gendarmerie », a conseillé le général de division Meissa Niang.


Mieux affiner la formation des gendarmes
Le général de division Meissa Niang, patron de la gendarmerie nationale, a informé que le commandement est en train de mettre en œuvre, de manière progressive, son plan stratégique 2017-2019 consistant à la « réorganisation de notre commandement, à la mise en place de ressources humaines et matérielles plus conséquentes et à l’opérationnalisation de la légion d’appui à la surveillance des frontières ».
 
Cela, a-t-il dit, va permettre à la gendarmerie nationale de « se consolider dans sa stratégie d’avant-garde de la lutte contre les menaces liées à la sécurité intérieure ». Sur un autre chapitre, il a exprimé sa « profonde gratitude » au chef de l’Etat, Macky Sall, qui, a-t-il souligné, ne cesse de consentir d’importantes ressources financières pour permettre à notre institution de disposer d’un potentiel de qualité. Il a instruit le commandant des écoles ainsi que les commandants de subdivisions d’armes « à revisiter le programme de formation des écoles, des centres de formation de la gendarmerie pour adapter les curricula aux exigences du moment ».

Aliou Ngamby NDIAYE

 

L’ancien promoteur de lutte, Gaston Mbengue était, hier, devant les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane pour livrer sa version dans une affaire présumée de chantage et d’extorsions de fonds.

Le promoteur de lutte, Gaston Mbengue, cité dans une affaire de chantage et d’extorsions de fonds a fait face, hier, aux enquêteurs. L’ancien prometteur de lutte était venu livrer sa version dans une affaire présumée de chantage et d’extorsions de fonds.  Une bande de deux hommes, Moise Rampino et Cheikh Gadiaga, sont accusés d’avoir mis en place un site d’informations pour s’attaquer à des personnalités de la République dont le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, avant de les faire chanter.

Le Colonel Issa Niang, chef de visite du Môle 2 du port de Dakar, Mamour Diallo, Cheikh Ahmet Tidiane Bâ, respectivement directeurs des Impôts et des Domaines, le transitaire Ass Ndao, l’ex-Dg des Douanes, Pape Ousmane Guèye et Pape Maël Diop auraient été victimes de cette bande. Ces personnalités auraient été entendues par les enquêteurs dans le cadre de ce dossier. Le promoteur, au bout d'un face-à-face qui a duré une heure, a nié toute implication dans cette affaire. Aux dernières nouvelles, Moise Rampino et Cheikh Gadiaga ont été déférés en prison.

Oumar BA

 

Le directeur général du Cices a tenu, hier, à rassurer les sinistrés de l’incendie du pavillon Vert, survenu en 2015, que leur dossier d’indemnisation a été remis à l’Agent judiciaire de l’Etat. Aussi, a déclaré Cheikh Ndiaye, « ils (les sinistrés) n’ont jamais été oubliés par le Cices encore moins par l’Etat ». « C’est un Etat responsable qui veut couver et protéger tout le monde. Il ne faut pas qu’ils se sentent abandonnés par l’Etat ou le Cices », a-t-il soutenu. Cheikh Ndiaye a, à l’occasion, rappelé qu’après l’incendie, le Cices a pris ses responsabilités en relogeant les rescapés, avant de commanditer une étude qui se décline sous deux formes : commerciale et incendie.

Sur la seconde forme, il a indiqué que l’expert en incendie n’a pas trouvé la cause matérielle du feu. Alors que le spécialiste en évaluation de marchandises a fait une simulation, et glané des données. C’est sur la base de cette étude qu’un montant d’indemnisation a été retenu. « Entre ce montant et celui déclaré par les sinistrés, il y avait un gap de 500 millions de FCfa », précise Cheikh Ndiaye, tout en soulignant que « le Cices ne peut pas se prononcer sur ce montant». Car, dit-il, « le dossier est entre les mains de l’Agent judiciaire de l’Etat qui est en train d’étudier les contingences et les conditions de dédommagement des sinistrés ».

Sur la durée du dédommagement qui est relativement longue (2 ans), il rappelle qu’une indemnisation doit être juridiquement encadrée. « Sinon, ce n’est plus une indemnisation, mais plutôt quelque chose qui se fait à la volonté », a-t-il indiqué.

S. Diam SY

Des milliers de chrétiens ont, ces deux derniers jours, célébré l’anniversaire de la naissance de Jésus-Christ appelé fête de Noël ou « l’Emmanuel, Dieu est avec nous ». A cette occasion, l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, a présidé la messe de la veillée à la cathédrale de Dakar où il a appelé les chrétiens à marcher résolument derrière le prince de la paix qui est Jésus-Christ.  

« Voici que je vous annonce une bonne nouvelle qui sera un grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». C’est par ces écrits du prophète Isaïe que l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, a ouvert son homélie de la messe de la veillée de la nativité du Seigneur Jésus-Christ dans une cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar archi-comble. Le père évêque a confirmé cette venue de Jésus en faisant savoir, à son tour, que « Oui, un enfant nous est né, un fils nous est donné ». Le prélat a profité de cette belle nuit pour évoquer le thème de l’année pastorale 2017-2018 de l’archidiocèse de Dakar qui colle avec l’événement de la naissance de Jésus.

Il a invité les nombreux fidèles présents à la Cathédrale à « marcher à la suite du Christ qui est voie, chemin de sanctification et de témoignage ». Il s’agit, d’après Mgr Ndiaye, d’actualiser ce thème en cette fête de Noël et durant le temps de liturgique au cours duquel l’Eglise offre à l’humanité la grâce de méditer sur le mystère de la naissance de Jésus-Christ, d’en inspirer les fidèles durant toute leur vie de prière et de témoignage chrétien. « Demandons-nous comment le chemin de Dieu vers l’homme est aussi le chemin de l’homme vers Dieu et vers ses semblables, c’est-à-dire un chemin ouvert qui nous conduit à l’autre et qui nous conduit aux autres », a commenté l’archevêque de Dakar. Ce chemin de Jésus-Christ permettra à l’homme de sortir du monde des ténèbres évoqué dans la première lecture par le prophète Isaïe.

Il disait : « Le peuple qui marchait vers les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi ». Cette belle phrase, prononcée par Mgr Ndiaye, lui a donné d’ailleurs l’occasion de s’interroger sur : Qui est ce peuple qui marche dans les ténèbres ? En réponse, il a expliqué que le contexte historique du message prophétique nous situe au 8ème siècle avant l’ère chrétienne. « Il fait allusion à l’invasion assyrienne qui a mis fin au royaume du Nord encore appelé royaume d’Israël à partir de 732 avant Jésus-Christ. Cette invasion représentait également une menace pour le royaume de Juda et Jérusalem au Sud avec le roi Achaz mandaté par Dieu. Le prophète Isaïe annonce ainsi le renversement total de la situation », a enseigné Mgr Benjamin Ndiaye.

La lumière dans les ténèbres
Il a ajouté que l’avènement de la lumière dans les ténèbres annonce déjà le salut à venir, la joie de la moisson, d’une part et, d’autre part, la victoire militaire. Le guide religieux a indiqué que l’utilisation de ces symboles sert en réalité à mettre en valeur la naissance d’un descendant du roi David, l’élu de Dieu. « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est signe du pouvoir, son nom est proclamé : Conseiller merveilleux, Dieu Fort, Père à jamais, Prince de la Paix », a qualifié Mgr Ndiaye. A l’image du peuple qui marchait dans les ténèbres, les chrétiens d’aujourd’hui ont besoin de la lumière du Christ pour vaincre leurs ténèbres, ceci pour mieux éclairer leur foi. « Il faut que notre choix pour Jésus-Christ reste ferme, clair, sans mélange, ni syncrétisme. Ne nous laissons pas abuser par des erreurs exploitées à dessein et qui pourront freiner notre pleine adhésion à Jésus-Christ », a conseillé Mgr Benjamin Ndiaye.  Il a saisi l’occasion pour commenter l’enseignement de l’apôtre Paul dans sa lettre aux Galates où il fustige le comportement des prédicateurs passés derrière lui pour semer la confusion dans les esprits et les cœurs des fidèle par des enseignements douteux. Ce qui avait conduit, d’après le père évêque, l’apôtre Paul à faire la mise au point à la fois vigoureuse et passionnée. « J’admire avec rapidité que vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour passer à une autre Evangile. Non pas qu’il en ait un autre, il y a seulement des gens qui jettent le trouble parmi vous et qui veulent renverser l’Evangile du Christ…», écrivait l’apôtre Paul.

En reprenant ces propos, l’archevêque de Dakar a lancé un appel à tous les chrétiens en leur demandant de ne pas être comme ces Galates. « Restons fermes et fidèles dans la foi et reconnaissance de Jésus-Christ. Le chemin chrétien n’est pas celui des charlatans. Il est celui de Jésus-Christ, voie, vérité et vie. Marchons résolument derrière le Christ Jésus», a conclu l’archevêque de Dakar.

Eugène KALY

 


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