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Retrait d’urgence des enfants de la rue : Les maîtres coraniques changent les horaires de mendicité en banlieue

20 Juil 2016
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Retrait d’urgence des enfants de la rue : Les maîtres coraniques changent les horaires de mendicité en banlieue Retrait d’urgence des enfants de la rue : Les maîtres coraniques changent les horaires de mendicité en banlieue

Le retrait des enfants de la rue se poursuit à Dakar. L’Etat, soucieux d’organiser la cité, est déterminé à mener cette lutte contre la traite des tout-petits, tendant la main pour des pièces d’argent, quelques grammes de riz ou de sucre à remettre aux maîtres coraniques. Ceux-ci, très attachés aux produits tirés de la mendicité des enfants, ont adopté, dans la banlieue dakaroise, une nouvelle stratégie : le réaménagement des heures de sortie des « talibés » pour aller demander l’aumône.

Aujourd’hui, aux Parcelles Assainies et à Guédiawaye, on rencontre, au petit matin, moins d’enfants mendiants dans les artères.

Ces dernières semaines, ils pullulaient, très tôt, dans les rues desdites cités dortoirs ou prenaient d’assaut les carrefours, tendant la main aux passants et aux conducteurs de véhicules pour des pièces d’argent, quelques grammes de riz ou de sucre à remettre aux maîtres coraniques. Mais, depuis le déclenchement des opérations pour leur retrait d’urgence des rues, les « talibés », sous la dictée du maître coranique, jouent à cache-cache avec les membres de la commission en charge d’arrêter l’exploitation, à travers la mendicité, des tout-petits par des adultes.

Une petite enquête aux Parcelles Assainies et à Guédiawaye a permis d’établir ce constat. Aujourd’hui, les « talibés » sont lâchés, par les marabouts à 10h du matin et 17h l’après-midi. Ils sont surtout actifs entre 19h et 23h quand ils sont presque certains qu’ils ne vont pas croiser les véhicules de la commission chargée de lutter contre la mendicité des enfants. Le réaménagement des moments de quête est la nouvelle trouvaille de certains maîtres coraniques qui semblent, ainsi, lancer un défi à l’autorité. « Notre « daara » se trouve à l’unité 18 des Parcelles Assainies », répond un « talibé », âgé de 9 ans et en piteux état, rencontré près de la mairie, sur les coups de 21h.

Au marché de l’unité 17 des Parcelles Assainies, les enfants mendiants sont légion. Et à 18h, telles des fourmis rampant au milieu des galeries, ils prennent possession des allées de ce lieu d’échanges et indisposent les vendeurs et leurs clients.

Surdité à l’appel pour l’arrêt de la mendicité
Selon le commerçant Omar Guèye, c’est parce qu’il n’y a pas de sanction infligée aux auteurs de cette traite des enfants que la mendicité n’est pas encore éradiquée. « Sans des mesures coercitives, des maîtres de « daaras » resteront toujours sourds aux appels de l’Etat pour l’arrêt de la mendicité des enfants », soutient-il.

Mor Dieng, un Sénégalais de l’extérieur en vacance à Dakar, « scandalisé par la mendicité des enfants dans les centres urbains et la promiscuité dans laquelle ils vivent », préconise « la délivrance, par les services compétents, d’une autorisation avant l’ouverture d’une école coranique ». Selon lui, une telle démarche va aider à moderniser les « daaras » qui, en retour, pourront bénéficier des subventions de l’Etat. « Tout regroupement d’enfants doit être encadré. Laisser des tout-petits à la merci de quelqu’un qui les expose à tous les vents est inadmissible dans un pays que l’on veut organiser », souligne Mor Dieng.

Selon certains de nos interlocuteurs, le travail de la commission nationale chargée du retrait d’urgence des enfants des rues n’est pas ressenti dans la banlieue. « Nous n’avons pas encore vu cette commission depuis le lancement des opérations. On les rencontre des enfants mendiants un peu partout », dit Abdoulaye Seck, rencontré au rond-point appelé « Croisement de Cambérène ». A l’en croire, les autorités ont circonscrit la lutte au centre de Dakar, à ses environs immédiats et à quelques quartiers résidentiels, ignorant la banlieue pleine d’enfants affectés à la mendicité.

Adultes nourris par des enfants
Ces tout-petits vivent le calvaire parce qu’ils tendent la main pour survivre. A Dalifort, à l’intérieur du marché au poisson, ils passent devant les étals en disant « Sarakh ngri yalla » (la charité au nom de Dieu). Selon Mme Fall Binta Dieng, rencontrée sur les lieux, nous devons aider les pouvoirs publics à éradiquer ce phénomène. « Voilà des enfants qui bravent les intempéries et des dangers de toutes sortes pour nourrir des adultes qui se prélassent à l’ombre », s’indigne-t-elle.

Beaucoup de personnes comme Mme Fall Binta Dieng appellent les partis politiques, les Ong, la société civile et les chefs religieux à soutenir le président de la République, Macky Sall, dans la lutte contre la traite des enfants. « Il faut moderniser les "daaras" pour mieux encadrer les enfants. Cependant, il faut établir un certain nombre de critères à respecter par les maîtres coraniques avant l’octroi, par l’Etat et ses partenaires, de soutiens matériels et financiers annoncés », avance Ousmane Sène. Pour l’enseignant Ibrahima Sow, l’Etat ne doit fléchir même si d’aucuns considèrent déjà la lutte contre la mendicité comme un coup porté à la religion musulmane. « L’Islam n’enseigne pas l’exploitation des enfants par des adultes », argumente Ibrahima Sow.

Cheikh Malick COLY

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