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Souleymane Bachir Diagne : Un exemple à offrir à la jeunesse

18 Aoû 2016
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Normalien, agrégé de philosophie, Souleymane Bachir Diagne est actuellement professeur aux départements de français et de philosophie de la prestigieuse université Columbia de New York.

Silhouette élancée, visage souriant, cet homme aux cheveux poivre sel est né en 1955 à St-Louis du Sénégal. Si surdoué il y a, il en demeure un incontesté. Il est « crack », comme on dit, par la précocité de son esprit scientifique qui s’est révélé dès sa tendre jeunesse au lycée Van Vollenhoven de Dakar. Le jeune élève Souleymane Bachir Diagne s’est très tôt fait remarquer par des résultats hors du commun, dans les disciplines autant littéraires que scientifiques. Qui pourrait parier que ce jeune garçon, féru de mathématiques, titulaire du Bac C, emprunterait la carrière philosophique à une époque de séparation des disciplines ?

Bachir est cependant l’un de ces rares philosophes qui parlent aussi bien qu’ils écrivent. Ce normalien pensionnaire d’hypokhâgne, qui a décroché l’agrégation de philosophie, à titre français, à l’âge où beaucoup de jeunes se battent pour le baccalauréat, est un logicien hors pair qui a soutenu sa thèse de doctorat d’Etat sur « Les lois de la pensée de George Boole ». Auparavant, il avait produit une thèse de troisième cycle à la Sorbonne intitulée « De l’algèbre numérique à l’algèbre de la logique ». Spécialiste de philosophie islamique, en particulier du soufisme, il est philosophe et historien des sciences. Il a enseigné au Sénégal pendant 20 ans avant d’aller aux États-Unis où il exerce aux départements de français et de philosophie de l'université Columbia (New York).

Ce natif de Saint-Louis a grandi entre la Casamance et Dakar. Souleymane Bachir Diagne a étudié à Paris (Louis-le-Grand) avant d’être le premier Sénégalais à intégrer l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Un parcours d’exception pour un homme modeste qui enseigne aujourd’hui à l’université Columbia (New York). Cet homme qui n’a jamais tourné le dos à son pays n’oublie pas d’où il vient. Il a bénéficié d’un excellent enseignement au lycée Van Vollenhoven, établissement dakarois réservé aux meilleurs et d’une bourse d’études que le président Senghor avait doublée lorsqu’il a été reçu à Ulm pour qu’il « puisse avoir le même niveau de vie que les autres ».

Un formateur hors pair
Souleymane Bachir Diagne choisit de ne pas s’enfermer dans une identité imposée et s’intéresse à l’algèbre. Il y consacre sa thèse avant de créer un séminaire spécifique à l’université de Dakar où il est vu comme « excellent pédagogue, toujours disponible et très aimable avec ses étudiants et ses collègues », précise une de ses connaissances, Mamadou Diouf, de l’Institut d’études africaines de Columbia. Dans les années 1980, après la révolution iranienne, des filles voilées arrivent sur le campus de Dakar. Il était primordial que les enseignants rappellent qu’il existe une tradition de libre-pensée dans l’Islam. Souleymane Bachir Diagne se rappelle alors les enseignements de son père. « J’ai formé toute une génération de logiciens et j’ai créé une sorte d’école à Dakar.

Mais, il est vrai que lorsque l’on est sur le continent, on ne peut pas être sourd au débat sur la philosophie africaine », reconnaît-il, dans la tribune « Jeune Afrique ». « Je suis issu d’une famille de lettrés musulmans de Saint-Louis, qui a été un centre d’études religieuses important. Enfant, j’ai grandi parmi les livres, et mon père, fonctionnaire des postes, était aussi théologien. Il m’a mis à l’école coranique, mais aussi à l’école catholique, puis publique. M’intéresser à l’Islam, c’était renouer avec mon héritage et rappeler aux voix fondamentalistes qu’il existe une tradition des lumières dans l’Islam », raconte-t-il dans les mêmes colonnes.

Diagne s’intéresse à la rencontre de l’Islam et de l’Afrique, mais aussi à celle de l’Islam et de la pensée grecque et hellénistique sur le continent. Il consacre un ouvrage à l’un des pères du Pakistan, Islam et Société ouverte. La fidélité et le mouvement dans la pensée de Muhammad Iqbal.

Son installation aux États-Unis a permis à ses collègues occidentaux de s’ouvrir à un autre monde. Pourtant, quand l’université Northwestern à Chicago l’avait invité à rejoindre son équipe enseignante en 1999, le philosophe sénégalais avait hésité. « Je ne voulais pas quitter Dakar, mais la crise de l’université était telle que j’avais le sentiment d’être devenu inutile ». Une situation que l’ancien normalien, proche de l’Union des étudiants communistes, a essayé d’endiguer lorsqu’il était le conseiller à l’Éducation et à la Culture du président Abdou Diouf (1993-1999). Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions africaines et aux philosophes de l’époque des « lumières musulmanes » qu’il enseigne aux Etats-Unis.

Un exemple à suivre
En effet, Souleymane Bachir s’évertue particulièrement dans ses derniers écrits à entreprendre un exercice d’extraction et même de création d’un discours islamique ouvert en se fondant sur la grande tradition de l’Ijtihad philosophique qui est consubstantiel à l’Islam. Ses écrits sur le penseur pakistanais Muhammad Iqbal sont d’une luminosité telle qu’ils pourraient éclairer bien des ténèbres de l’ignorance. Son classement parmi les 25 grands penseurs du monde par le journal français « Le nouvel observateur » confirme qu’il fait incontestablement partie des « exemples à suivre ».

Par Oumar BA

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