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Proces des présumes terroristes : Imam Aliou Ndao s’explique sur les 9 millions de FCfa reçus d’Ibrahima Diallo

04 Mai 2018
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L’imam Aliou Ndao s’est expliqué, hier, devant la barre, sur les 9 millions de FCfa reçus d’Ibrahima Diallo (un million en guise de prêt et 8 millions à garder).

L’imam Aliou Ndao s’est expliqué, hier, pour la première fois, devant la barre.  Sept chefs d’inculpation pèsent sur le présumé terroriste.  Avant de répondre, l’imam Ndao commence par dire : « Alhamdoulilah » (Dieu merci), suivi de quelques versets coraniques. On entend des murmures partout dans la salle. Il a fallu que le juge Samba Kane rappelle aux partisans, amis et parents du prévenu qu’il n’y a ni approbation ni désapprobation dans la salle. La cause est entendue. Le président peut alors continuer son interrogatoire. Durant toute la journée, Aliou Ndao alterne ses réponses entre aveux et dénégation. Parfois, il s’explique en récitant quelques sourates du Coran. On sent à travers ses réponses qu’il maîtrise très bien ce livre sacré. Selon ses dires, c’est à la fin de l’année 1970 qu’il a mémorisé le Coran au « daraa » de Coki. Imam Ndao, né à Ndalane (Kaolack), a rejoint ce « daraa » en 1967 alors qu’il n’avait que 7 ans. En trois ans, il a  assimilé le Coran. Imam Aliou Ndao a fait plusieurs localités du pays pour continuer son apprentissage des sciences islamiques. Après ses études coraniques, il a réussi le concours de la Ligue mondiale islamique. Ce qui l’a conduit en Mauritanie où il a fait deux ans de formation. De retour de Nouakchott, il a implanté un « daraa » dans son village natal Ndalane. Face à la forte affluence, il a délocalisé l’école coranique à Kaolack où on lui avait prêté une maison. En 1998, a-t-il dit devant la barre, il a obtenu un terrain à Ngane (périphérie de Kaolack) où il a construit un « daraa » et une mosquée. Imam Ndao avait aussi des terres. C’est grâce à l’agriculture qu’il nourrissait ses talibés. Jusqu’en 2015, a-t-il informé, le « daraa » était fréquenté par pas moins de 400 talibés. Si certains enfants dont les parents avaient les moyens payaient à la fin de chaque mois, les cas sociaux apprenaient gratuitement.

C’est dans ce « daraa » que l’imam a connu son co-accusé Matar Diokhané. Ce dernier, à l’époque élève dans un collège à Kaolack, était une fois venu voir imam Ndao pour lui faire part de son désir de continuer ses études islamiques. Très touché par le geste de Diokhané, a-t-il raconté, il l’a mis en rapport avec un de ses amis pour l’encadrer. Toutefois, il a précisé ne pas connaître les parents de Matar Diokhané. « Depuis qu’il a quitté Kaolack, je n’avais plus de ses nouvelles. C’est quand il a rédigé un livre qu’il m’a appelé pour la correction. Je n’ai jamais discuté avec Matar Diokhané ni avec un autre sur l’implantation d’une cellule djihadiste au Sénégal », a-t-il déclaré. Parmi les autres accusés, imam Ndao admet qu’il connaît Saliou Ndiaye qui est son voisin, Ibrahima Hann, Coumba Niangla, épouse de Matar Diokhané, et Ibrahima Diallo que Matar avait envoyé chez lui pour récupérer le livre. « Tout le reste du groupe, je ne les connais pas. Je me demande pourquoi on parle d’association ou de complot par menace », s’est interrogé l’accusé. L’imam Aliou Ndao a ajouté qu’il n’a jamais été au courant des voyages de Matar Diokhané au Nigéria. « Matar ne m’a jamais remis de l’argent. Quand il m’a amené son enfant au ‘’daraa’’, je l’avais pris comme un cas social. Si je savais que Matar Diokhané avait de l’argent, il allait payer comme tout le monde », a affirmé le prévenu.

Par ailleurs, il a admis avoir reçu de l’argent d’Ibrahima Diallo alias Abu Oumar. La première rencontre entre les deux a eu lieu quand Ibrahima Diallo est venu récupérer le livre de Matar Diokhané. « Je ne le connaissais pas avant », a-t-il tenu à préciser. Ibrahima Diallo est encore retourné chez imam Ndao une deuxième fois. Cette fois-ci, a rappelé l’accusé, c’était pour solliciter un poste d’enseignant dans le « daraa ». « Je lui avais répondu qu’au ‘’daraa’’, on ne recrute pas d’enseignants. Tous ceux qui y enseignent ont été formés à l’école. Après la formation, on prend certains pour l’encadrement des plus jeunes ». Son co-accusé est encore reparti à Kaolack une troisième fois. Ibrahima Diallo, qui était en route pour la Gambie, a fait un crochet à l’école coranique d’imam Aliou Ndao. Au fil des discussions, a-t-il dit, Ibrahima Diallo lui a demandé les difficultés auxquelles est confronté le « daraa ».

Imam Ndao lui a fait part de son désir d’installer du solaire dans son école. Ibrahima Diallo, qui avait déjà reçu 15 millions de FCfa de Coumba Niang, l’épouse de Matar Diokhané, a prêté à l’imam 1.500 euros, soit 1 million de FCfa avant de lui confier 25 billets de 500 euros l’unité. « Quand il m’a remis l’argent, je lui ai demandé qu’il y ait une décharge. Nous avons tout signé. Je lui ai remis une copie et j’ai gardé une autre. Jusqu’à présent, la copie est avec moi », a-t-il révélé.

A la question du procureur de savoir pourquoi il n’a pas demandé la provenance de l’argent, l’imam a répondu : « dans notre jurisprudence, on n’a pas le droit d’avoir de mauvais préjugés sur une personne ».

Des vidéos de l’Etat islamique trouvées dans son ordinateur

Le tribunal a projeté, hier, des vidéos trouvées dans l’ordinateur de l’imam Aliou Ndao. Dans l’une des vidéos qui a duré plus de 40 mn, on voit les soldats de l’Etat islamique en train d’exécuter des militaires. Les captifs étaient criblés de balles par les djihadistes. Un vrai film de guerre où les soldats avec le drapeau de l’Etat islamique tiennent des kalachnikov, détruisent des maisons ou tuent des innocents. Selon le juge, une trentaine de vidéos de l’Etat islamique ont été trouvées dans l’ordinateur d’Aliou Ndao. Mais, d’après l’accusé, il y a plus de centaines de vidéos dans son ordinateur. Toutefois, accuse-t-il, le tribunal s’est juste intéressé aux vidéos sur l’Etat islamique alors que dans la même machine il y a des vidéos sur la Birmanie, la Centrafrique, l’Irak, l’Iran, la Somalie, Israël, la Palestine, etc. « Je suis un chercheur. Je fais des recherches sur tout ce qui se passe dans le monde. J’ai gardé ces fichiers pour mes connaissances religieuses », explique-t-il. Selon ses dires, il a commencé ses recherches sur tous les domaines d’activité et sur la géopolitique mondiale en 1979. Jusqu’à son arrestation, il n’a jamais cessé de faire des recherches. Après la diffusion de la vidéo, imam Ndao, invité par le juge à faire un commentaire, informe que la vidéo peut être divisée en deux parties : dans la première, dit-il, « on voit des sunnites massacrés par l’Etat irakien ». Dans la seconde partie, ajoute-t-il, « les sunnites ripostent et tuent des soldats irakiens ». Toutefois, il précise qu’il n’a jamais diffusé ces vidéos pour un large public. « C’est un devoir pour moi de savoir ce qui se passe dans le monde musulman », renchérit-il. A travers cette vidéo, imam Ndao invite  tous les savants du monde à s’interroger sur les causes du terrorisme pour en trouver une solution définitive. En outre, l’accusé indique qu’il ne partage pas cette façon de faire des terroristes. Selon lui, ceux qui commettent ces exactions ne peuvent pas être considérés comme des musulmans. « Je ne suis pas d’accord avec les islamistes comme je ne suis pas d’accord avec ceux qui jettent des bombes sur d’honnêtes citoyens », ajoute-t-il.

Les enquêteurs ont aussi trouvé un pistolet et des seringues après une perquisition au domicile d’imam Ndao. Celui-ci de préciser que l’arme est un pistolet artisanal qu’il a acheté pour surveiller ses champs et la maison. Pour les seringues, il informe qu’il les utilise pour vacciner ses poussins. A la question du procureur de savoir s’il enseigne le djihad, l’imam Ndao répond : « demander à un maître coranique s’il enseigne le djihad, c’est comme demander à un enseignant de mathématiques s’il enseigne l’addition et la soustraction ». Dans son entendement, le djihad, c’est le travail, la recherche.

Aliou Ngamby NDIAYE

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