banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Gestion transparente des ressources naturelles : Macky Sall promet de larges concertations ce mois-ci

06 Mai 2018
1335 times

Le Président Macky Sall entend faire profiter aux Sénégalais du fort potentiel gazier et pétrolier récemment découvert dans notre pays. Il a réitéré cette volonté lors de la 3eme assemblée générale annuelle de l’Association des autorités anti-corruption (Aaac), qui se tient depuis hier à Dakar. Aussi, a-t-il annoncé la tenue, ce mois de mai, de grandes concertations avec toutes les forces vives de la nation.

Le Chef de l’Etat, Macky Sall, qui a présidé, hier, la cérémonie d’ouverture de la 3eme assemblée générale de l’Aaac, a réaffirmé sa ferme volonté d’exercer une souveraineté stratégique sur les ressources pétrolières et gazières découvertes au Sénégal. Pour ce faire, il envisage de mener de larges concertations, ce mois-ci, avec toutes les forces vives de la nation dans l’optique de contribuer au développement socio-économique du pays.

Le président de la République souligne que cette démarche collaborative devra contribuer au bien-être social. «Pour traduire mon ambition de gérer les ressources pétrolières et gazières de façon inclusive dans l’intérêt des populations, je vais convoquer, au courant de ce mois, de grandes concertations nationales. J’espère que tout le monde répondra à cet appel parce qu’il sera question de discuter de l’avenir des ressources pétrolières et gazières et de voter une loi qui définira les modes de répartition des revenus générés par ces ressources, avant même le début de l’exploitation. Cette réflexion impliquera la société civile, l’opposition et toutes les forces vives qui auront des idées pour une gestion efficiente de ces ressources», a-t-il souligné.

Renégocier les contrats avec les multinationales
En présence des organisations africaines de lutte contre la corruption, il a estimé qu’il est bien possible, pour l’Afrique qui n’a su tirer profit de ses richesses naturelles, de changer la donne. S’il y a lieu de s’attaquer à la mauvaise gouvernance et à la corruption qui érodent les bases du développement du continent, il en appelle aussi à «une conjugaison d’efforts pour marquer des ruptures».

Les dirigeants africains sont aussi invités à prendre des «décisions audacieuses» à travers la renégociation des contrats signés avec les multinationales. «J’ai mené un combat depuis 5 ans au niveau du G 7, du G20 et de l’Union africaine. J’estime que l’Afrique doit se battre et lutter farouchement contre l’évasion fiscale et redéfinir les termes du contrat les liant aux compagnies internationales qui agissent sous le couvert des codes miniers, des codes pétroliers, qui ont été élaborés dans un contexte où l’Afrique tenait à s’ouvrir au marché international. Il fallait tout donner gratuitement avec quasiment très peu de fiscalité. Le moment est venu de renégocier tous ces contrats», a-t-il martelé.

Pour le Chef de l’Etat sénégalais, l’Afrique risque d’être «une grande perdante» si elle se maintient dans cette dynamique. Elle aura également du mal à améliorer ses recettes budgétaires et transformer ses richesses en abondance. Il juge qu’il n’est pas normal que «l’Afrique peine à atteindre la prospérité à la hauteur de ses immenses potentialités malgré des ambitions fortes portées par des forces vives du continent». Il a plaidé aussi pour une «harmonisation des législations» au niveau sous-régional pour des ressources naturelles moteurs de la transformation structurelle de notre continent.

La corruption n’est pas une fatalité
Le Chef de l’Etat en a également profité pour saluer la dynamique de collaboration entre l’Ofnac et les institutions africaines de lutte contre la corruption à travers la mise en place de l’Aaac depuis 2011. Des stratégies de lutte communes qui devront permettre de lutter contre la corruption. «Elle n’est pas du reste une fatalité. Il faut beaucoup de volonté et conjuguer nos efforts pour arriver à une lutte correcte contre ce fléau qui est la maladie des temps modernes, car il faut considérer que la corruption n’est pas une affaire de l’Afrique, c’est le monde entier qui est menacé par ce fléau», a fait remarquer le Président Macky Sall.

Aussi, s’est-il félicité de la tenue de cette rencontre. «Je me réjouis que l’Ofnac a su développer des modèles de coopération dynamiques avec des institutions fortes dans le cadre de la lutte contre la criminalité économique et financière. Je salue cette excellente initiative en faveur de la gestion, l’effectivité de la coopération entre les institutions africaines de lutte contre la corruption qui favorisera une gestion transparente des ressources naturelles».

Pour Macky Sall, «de toutes les formes de corruption, celles touchant aux ressources naturelles sont les plus pernicieuses en ce qu’elles empêchent à la grande majorité des populations d’accéder aux services sociaux de base». Même si, a-t-il ajouté, «la corruption, dans sa globalité, reste l’obstacle significatif à l’émergence de beaucoup pays d’Afrique».

Matel BOCOUM

EMMANUEL ONDONGO, PRESIDENT DE L’ASSOCIATION DES AUTORITES ANTI-CORRUPTION D’AFRIQUE : « L’AFRIQUE PERD 148 MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN »
Il a souligné que des pertes sont estimées à 148 milliards de dollars par an des faits de corruption. Il a déploré aussi que «l’Afrique assiste impuissante à la dilapidation de ses richesses à cause des comportements inciviques  de certains de ses fils». L’organisation panafricaine qu’il dirige a également désigné le chef de l’Etat sénégalais pour porter sa voix au sein de l’Union africaine en vue de remporter la bataille contre un fléau qui mine le continent. Le président de l’Aaca, qui regroupe des autorités des institutions engagées dans la lutte contre la corruption en Afrique, a pensé qu’il est temps d’agir. «La situation économique et sécuritaire de l’Afrique est, de nos jours, au bas niveau. Or, c’est justement lorsque les économies et la sécurité chancellent, se fragilisent, que la corruption, la concussion, la fraude et les infractions assimilées trouvent leur berceau, évoluent allègrement, détruisent les racines morales et civiques des sociétés, les déstabilisent et finalement ralentissent, sinon arrêtent carrément leur développement», a-t-il rappelé.

Selon lui, il faut mener une «guerre soit menée contre les grands corrupteurs qui sont particulièrement puissants et riches. Ils jouissent d’une autorité  certaine. L’abus d’autorité est l’une des causes de la corruption, la concussion et la fraude. L’abus d’autorité est foncièrement malfaisant : il corrompt».

M. BOCOUM

LA PRESIDENTE DE L’OFNAC, SEYNABOU NDIAYE DIAKHATE : « LE SÉNÉGAL A FAIT DES AVANCÉES SIGNIFICATIVES »
Seynabou Diakhate OfnacLa rencontre s’inscrit aussi dans la série d’activités organisée en cette année considérée comme l’année africaine de lutte contre la corruption avec comme thème : « Gagner la bataille contre la corruption : une voie durable vers la transformation de l’Afrique. » Pour elle, le choix porté sur Dakar pour abriter la rencontre s’explique par le fait que le pays, en dehors de l’attractivité qu’il offre, bénéficie d’une confiance toujours renouvelée par des membres de l’Aaaca. «Cela traduit aussi le sentiment profond de reconnaissance des efforts entrepris par le Sénégal pour asseoir une gouvernance sobre et vertueuse», a-t-elle indiqué.

Elle s’est réjouie du fait que le Sénégal ait initié plusieurs réformes pour manifester son attachement aux principes de transparence. «Ces différentes réformes constituent des avancées significatives en matière de transparence et de bonne gouvernance au Sénégal. Elles démontrent à suffisance l’engagement des autorités sénégalaises à lutter contre le phénomène de la corruption et des pratiques assimilées», a affirmé la présidente de l’Ofnac.

M. BOCOUM

RÉFLÉCHIR SUR DES MODES DE FINANCEMENT DE L’AAACA
Le chef de l’Etat a exhorté les membres de l’organisation panafricaine, Aaaca, qu’il présente comme «un instrument de premier plan dans le renforcement de l’intégration africaine et de l’amélioration de la gouvernance de nos pays», de réfléchir un modèle de financement qui puisse leur assurer des résultats probants. «Vous m’avez chargé d’être votre interprète auprès des collègues de l’Union africaine (Ua). Je le ferais volontiers, mais je pense qu’il serait mieux de faire un appel aux partenaires de certains pays. Car, il ne sera pas facile pour l’Ua d’instituer une taxe dans les transactions puisque c’est très compliqué dans les pays.

Même pour le financement de l’Union africaine, nous avons mis plus de deux ans afin d’aboutir au 0,2% des importations. Il faut donc qu’on trouve, ensemble, les mécanismes pour financer vos institutions», a-t-il suggéré.

Il a encouragé ses pairs africains à appuyer ces institutions de lutte contre la fraude. Pour autant, il a pris l’engagement de faire le plaidoyer à la suite des conclusions qui seront tirées de cette rencontre de Dakar qui se tient du 04 au 05 mai. «J’attends avec beaucoup d’intérêt les conclusions de vos travaux qui devraient, outre les questions juridiques, prendre en compte les aspects liés à l’éthique à l’éducation, à la sensibilisation et à l’accès à l’information».

Il a estimé, dans cette optique, que des restrictions ne sont pas contraires à la liberté d’information. Il souligne qu’il faut relancer le débat sur le droit de réserve. «Nous sommes pour l’accès à l’information sans pour autant en faire une arme aussi contre les citoyens ou de chantage contre les citoyens parce qu’on ne peut pas non plus donner des pouvoirs à des personnes, le pouvoir d’agir, de jouer avec des données personnelles des informations professionnelles contre d’autres citoyens. Cela pose problème. Le devoir de réserve doit être préservé dans notre pays. De plus en plus, malheureusement, ce droit de réserve est en train de disparaître. Et ce n’est pas acceptable non plus dans un Etat de droit. Ce débat, vous devez aussi l’évoquer entre vous», a-t-il proposé.

M. BOCOUM

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.