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Procés des présumes terroristes : L’imam Ndao préconise le dialogue pour lutter contre le terrorisme

08 Mai 2018
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L’imam Aliou Ndao était encore devant la barre pour répondre aux questions des avocats. Selon l’accusé, c’est par le dialogue que la question du terrorisme sera réglée et non par les armes.

L’accusé est revenu, hier, sur son arrestation par les gendarmes dans son domicile à Kaolack, sa conception du djihad, l’évolution du terrorisme et les solutions. Sur ce dernier point, l’imam Ndao a rappelé que ce problème ne sera pas réglé par les armes mais plutôt par la négociation. « Ce n’est pas par les armes qu’on va régler le terrorisme, mais par le dialogue », a-t-il dit, convaincu. Il fonde son argumentaire sur l’évolution qu’a connue le terrorisme et sur la détermination des forces qui le compose à poursuivre le combat. En effet, Aliou Ndao voit derrière cette lutte acharnée contre le terrorisme, un prétexte pour abattre l’Islam. Selon lui, il y a autre chose derrière les nombreux attentats perpétrés à travers le monde au nom du terrorisme. Interrogé sur l’origine des fonds ayant permis la construction de sa mosquée en 2003 à Kaolack, l’imam a informé que celle-ci a été financée par l’Association de la jeunesse pour l’appel islamique. « Je n’étais même pas au courant de la construction de la mosquée. C’est un certain Niane qui m’a appelé pour m’informer que l’Association de la jeunesse pour l’appel islamique voulait financer la construction», a expliqué l’accusé. Il a rappelé, toutefois, qu’il entretient de « très bonnes relations » avec toutes les familles religieuses à Kaolack, de même qu’avec les populations. D’ailleurs, l’accusé a souligné qu’il a cédé une partie de son « daraa » aux populations de son quartier pour la construction d’une école franco-arabe. Avant la réalisation des salles, il avait mis à la disposition de l’Etat six salles de classe de son « daraa » pendant une période de deux ans.

L’imam Ndao a indiqué, devant la barre, que ses champs n’ont jamais été des lieux d’endoctrinement et de gîte pour des candidats au djihad, comme cela a été mentionné dans les procès-verbaux des enquêteurs. « Mes champs, a-t-il avancé, étaient plutôt des espaces de formation pour les talibés qui y apprenaient à cultiver la terre ». « On ne m’a jamais proposé de placer des combattants dans mes champs. Ce n’est pas exact », a-t-il dit. L’imam Aliou Ndao a ajouté que depuis l’ouverture de son « daraa », aucun de ses talibés n’a quitté pour rejoindre les mouvements djihadistes. « Tous ceux qui ont fréquenté mon « daraa » sont aujourd’hui devenus des commerçants, des agriculteurs, des éleveurs, mais pas des djihadistes », a-t-il tenu à préciser.

Par ailleurs, l’accusé a dénoncé la manière dont les gendarmes ont fait une descente chez lui. Selon lui, ces derniers sont venus vers 4 h du matin pour faire une perquisition à son domicile en brutalisant certains. D’ailleurs, a-t-il révélé, cette descente avait créé la panique dans son maison. Depuis lors, deux filles qui étaient présentes pendant la scène se sont retrouvées avec des troubles psychiques. « Elles ont des crises d’épilepsie depuis cette perquisition », a déclaré l’accusé.

Le Sénégal, premier pays à avoir une loge maçonnique, selon l’imam Ndao

L’imam Aliou Ndao a précisé, hier, devant la barre qu’il n’a pas seulement des vidéos de l’Etat islamique dans son ordinateur. D’après lui, on peut trouver dans sa machine, des vidéos sur la Centrafrique où des gens sont découpés en morceaux et mangés tout cru, des vidéos sur la Birmanie, des documents et des vidéos sur la franc-maçonnerie. « Est-ce que cela veut dire que j’adhère à ce qui se fait en Centrafrique ou en Birmanie ? Non », a-t-il répondu à sa propre interrogation. Cependant, il a indiqué qu’il fait des recherches dans tous les domaines. Sur la franc-maçonnerie, l’accusé a révélé que cette secte est l’ennemie de l’islam, du christianisme et du judaïsme. A la question de l’avocat de savoir s’il y a des francs-maçons au Sénégal, l’imam Aliou Ndao a déclaré : « en Afrique de l’Ouest, le Sénégal est le premier pays à avoir une loge franc-maçonnique ».                                     

 

 

Ibrahima Ba, Moustapha Diop, Abdallah Dieye, Moussa Aw...  Les absents les plus présents au procès 

31 accusés sont poursuivis pour apologie du terrorisme, financement du terrorisme dans l’affaire dite procès Imam Ndao et co-accusés. Pendant l’audition, des noms de Sénégalais, ayant regagné les zones de conflits, ont été cités. Si certains sont morts sur le terrain, les autres sont introuvables.

La phase interrogatoire des prévenus dans l’affaire dite procès imam Aliou Ndao et autres a été bouclée, hier, par l’audition du présumé « cerveau ». Pendant l’audition des prévenus, plusieurs noms ont été cités devant la barre. Ils sont jusqu’à présent invisibles et se trouvent entre le Nigéria, la Libye ou même la Syrie. D’autres ne sont plus en vie. C’est le cas du nommé Moustapha Faye notamment. Celui-ci était présenté dans le dossier comme le chauffeur de l’imam Aliou Ndao. Mais, devant la barre, l’imam Ndao a indiqué qu’il n’a jamais eu un chauffeur du nom de Moustapha Faye.

Moustapha Faye habitait à Yoff où il fréquentait la même mosquée que les nommés Ibrahima Bâ et Pape Moussa Sow avant de regagner Boko Haram. L’étudiant à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), El Hadj Mamadou Bâ dit Mame Bâ, a révélé qu’il a été convaincu par Moustapha Faye pour rejoindre le Nigéria. Au-delà de Mame Bâ, Moustapha Faye a aidé nombre d’accusés à regagner les rangs des groupes djihadistes. Selon l’accusé Abou Diallo, Moustapha Faye est mort au Nigéria. Il a été arrêté à son retour de Sambissa, une localité contrôlée par Boko Haram, par les forces de sécurité nigérianes. Suite à de nombreuses tortures, il a rendu l’âme dans une prison.

Le nom d’Ibrahima Bâ est aussi revenu à plusieurs reprises. Ce dernier, qui a regagné le Nigéria, a aussi financé beaucoup de candidats au djihad. Lamine Coulibaly et Cheikh Ibrahima Bâ ont avoué devant le juge avoir reçu chacun la somme de 150.000 FCfa de ses mains. D’autres noms tels que Zaïd Bâ, Abdallah Dièye, Assane Dièye, Moussa Aw ont été cités comme étant des Sénégalais qui ont regagné les zones djihadistes. Pour les trois premiers cités, l’accusé Matar Diokhané a révélé, lors de son audition, qu’ils sont décédés en Libye. Quant à Moussa Aw, il est mort lors de son retour dans une prison nigérienne.

Le nommé Moustapha Diop alias Abu « Hatem » fait partie des as du recrutement pour le djihad. Son nom est revenu plusieurs fois. Moustapha Diop a encouragé Matar Diokhané et Abdou Aziz Dia à rejoindre les rangs des djihadistes. Abdou Aziz Dia a avoué au juge que c’est Moustapha Diop qui lui a proposé d’aller au Soudan ou au Nigéria pour parfaire ses études en sciences islamiques. Le même Moustapha Diop a mis en rapport Matar Diokhané avec le Tchadien basé en Arabie Saoudite pour un poste de maître coranique au Nigéria moyennant 1 500 euros par mois, environ 1 million de FCfa. L’accord trouvé, Matar Diokhané a regagné son poste d’enseignant à Handick (Nigéria).
D’autres noms tels que Saliou Fadiga, Pape Moussa Sow, Abdou Lahad Diop, Moussa Mbaye, Abdallah Coulibaly sont dans les fiefs des djihadistes. Cependant, beaucoup d’entre eux sont morts, selon les accusés.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

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