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Procès de l’Imam Ndao et co-accusés : Le procureur invité à présenter des excuses à Decoll Ndiaye et Oumar Keïta

24 Mai 2018
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Les avocats des accusés Boubacar Decoll Ndiaye et Oumar Keïta ont invité, hier, le procureur à présenter ses excuses publiques à leurs clients qui ont séjourné plus de deux ans trois mois en prison sans qu’aucune culpabilité ne soit retenue contre eux.

Le maître des poursuites, dans son réquisitoire, avait requis l’acquittement pour les accusés Oumar Keita et Boubacar Decoll Ndiaye. Le premier était professeur de Sciences de la vie et de la terre (Svt) en Mauritanie avant son arrestation. Le second, après avoir décroché son Brevet de technicien supérieur (Bts) en bâtiment, est parti à Nouakchott pour enseigner les mathématiques. En début 2016, ils ont été arrêtés en territoire mauritanien pour « acte de terrorisme par menace, acte de terrorisme par association de malfaiteurs, financement du terrorisme et apologie au terrorisme ». Finalement, le parquet avait reconnu qu’il n’y avait aucune charge contre eux.

Les avocats de la défense qui ont plaidé, hier, demandent au procureur d’aller plus loin que l’acquittement. Selon Me Samba Ametti qui défend Boubacar Decoll Ndiaye, la place de son client n’est pas en prison mais plutôt en Mauritanie où il gagnait convenablement sa vie. « Techniquement, juridiquement, l’application de la loi ne devait pas permettre à ce que mon client soit là », dénonce le conseil lors de sa plaidoirie. Me Amadou Diallo, à la fois avocat de Boubacar Decoll Ndiaye et d’Oumar Keïta, estime, pour sa part, que ses clients sont des victimes dans ce dossier.

D’après lui, aucune infraction ne peut être retenue contre ces deux accusés qui «ont énormément souffert dans leur âme » à cause des « conditions carcérales extrêmement difficiles ». Au-delà de l’acquittement des prévenus, l’avocat invite le procureur à animer un point de presse pour présenter ses excuses publiques à Oumar Keïta et à Boubacar Decoll Ndiaye ». Me Diallo souligne que ses clients ont déjà perdu plus de deux ans en prison. La question qu’il faut désormais se poser, indique-t-il, est : « qu’est-ce que ces gens vont devenir ? » « Leur réputation a déjà pris un sacré coup. On ne doit pas jouer avec la liberté des gens. Dans cette affaire, le maître des poursuites a fait preuve d’une légèreté en ce qui concerne Boubacar Decoll Ndiaye et Oumar Keïta», déplore le conseil de la défense.

Violation des droits des accusés
Par ailleurs, Me Samba Ametti rappelle au juge que son client ne connaît toujours pas le motif de son arrestation. Son seul indice de culpabilité est d’avoir eu une discussion avec Matar Diokhané et l’imam Aliou Ndao. Hormis cela, informe-t-il, « aucun autre élément en charge » n’a été retenu contre Boubabar Decoll Ndiaye. L’avocat fait remarquer que Decoll Ndiaye n’est pas un terroriste et n’a jamais commis un acte ou attentat terroriste. Au contraire, renseigne-t-il, « un attentat a été commis contre les droits et libertés de l’accusé ». Me Assane Dioma Ndiaye, avocat d’Oumar Keïta, n’a pas trop insisté sur le sort de son client. Dans sa plaidoirie, il a plutôt mis l’accent sur les vices de procédure.

A son avis, son client Oumar Keïta a été déjà défendu par le maître des poursuites qui, dans son réquisitoire, a indiqué qu’aucune charge n’a été retenue contre lui. Toutefois, Me Ndiaye s’apitoie sur le sort des accusés. Selon lui, « quelle que soit la décision du juge, ces personnes ne pourront plus se réintégrer dans la société ». Me Hilal a soutenu que son client Oumar Keïta est innocent. Selon elle, ni le délit d’apologie du terrorisme encore moins celui de financement ne peuvent être retenus contre son client qui, dit-elle, n’a participé à aucune réunion, « n’a jamais reçu de l’argent de personne » et « n’a subi aucune formation ou entrainement militaire ». Elle demande au juge de confirmer la demande d’acquittement formulée par le procureur à l’encontre des accusés Oumar Keïta et Boubacar Decoll Ndiaye.

Aliou Ngamby NDIAYE

LA DÉFENSE NIE LA CULPABILITÉ DE MOUHAMED LAMINE MBALLO
Selon les avocats de Mouhamed Lamine Mballo, leur client a effectué un voyage au Nigéria mais aucune infraction ne peut être retenue contre lui. Dans leurs plaidoiries, hier, ils ont insisté sur la responsabilité de sa famille et de l’Etat du Sénégal qui ont laissé sortir ce garçon du pays alors qu’il était mineur.

Mouhamed Lamine Mballo, âgé de 23 ans et habitant à Fass Delorme, avait rejoint les rangs de Boko Haram au Nigéria. Son avocat Me Baba Diop n’a pas contesté ce voyage de son client dans le fief de Boko Haram. Cependant, il a plus insisté sur les raisons de ce déplacement. Selon lui, Mouhamed Lamine Mballo alias Abu « Zirkifli » a quitté Dakar alors qu’il n’avait que 16 ans pour rejoindre la Mauritanie. L’accusé, dit-il, a été convaincu par le nommé Moussa Mbaye à rejoindre Nouakchott pour apprendre le Coran. Après quelques années passées en terre mauritanienne, « Zirkifli » est parti, par la suite, au Nigéria.

Pour son avocat, Mouhamed Lamine Mballo a été amené au Nigéria. Même dans la zone de Boko Haram, ajoute le conseil de la défense, « Mouhamed Lamine Mballo n’a pas agi, il a subi ». « On lui a fait subir des entrainements. Il a tout subi dans cette affaire jusqu’à tomber malade. Finalement, il a imploré Moussa Mbaye de le faire revenir au Sénégal. C’est comme ça qu’on a organisé sa fuite de Sambissa », explique Me Diop. En outre, Me Baba Diop indique que séjourner dans un pays voisin ne veut pas dire que son client est coupable d’actes de terrorisme. D’après l’avocat, son client a même fui le Nigéria pour ne pas combattre auprès des djihadistes. « Il a juste voyagé. Jusque-là, il n’y a aucune infraction retenue contre lui », insiste-t-il. Me Abou Gningue vient d’appuyer la thèse de son confrère en demandant au tribunal de bien vouloir rectifier l’ordonnance de renvoi en décollant le pseudonyme de Abu Zirkifli » donné à son client. Pour l’avocat, « c’est une erreur sur la personne car ce garçon n’est pas le Abu Zirkifli dont on parle dans cette affaire ». D’ailleurs, ses co-accusés Oumar Yaffa et Cheikh Ibrahima Bâ ont souligné devant la barre que le Mohamed Mballo alias Abu « Zirkifli » qu’ils ont rencontré au Nigéria n’est pas celui qui est avec eux devant la barre. Me Gningue d’ajouter que son client ne peut être poursuivi pour aucune des infractions visées dans l’ordonnance de renvoi et dans le réquisitoire du procureur.

Au contraire, il considère que son client « est un garçon qu’on a torturé, transporté de la Mauritanie vers le Nigéria ». « Ce garçon est victime de ses parents, de son Etat dont il a franchi le territoire en étant mineur pour rejoindre un pays étranger », déplore Me Abou Gningue. Me Baba Diop ajoute, pour sa part, qu’il y a des indices pour son client, mais il n’y a aucune preuve qui peut étayer sa culpabilité. Ainsi, demande-t-il au président de la chambre criminelle « d’acquitter purement et simplement » Mouhamed Lamine Mballo.

Awa Kane FALL (stagiaire)

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